Confirmation des preuves de la prophétie [1]

Confirmation des preuves de la prophétie, introduction, première partie. Première partie : Chapitre sur le début de ce qui se trouve dans le Coran concernant la déclaration d’impiété 1 du Messager envers les nations et son désaveu à leur égard, alors qu’il était seul et faible. Autre chapitre : Sa sécurité, que la paix soit sur lui, malgré leur désir de lui nuire. Autre chapitre : Sa promesse, alors qu’il était dans sa solitude, qu’il serait entouré de nombreuses communautés. Autre chapitre : Le soulagement des associateurs 2 à la moindre peine qui frappait le Messager. Autre chapitre : La proposition des associateurs au Messager d’adorer leurs divinités et qu’ils adorent son Dieu. Autre chapitre : La promesse du Messager à ses compagnons, en période de faiblesse, que Dieu les secourrait. Autre chapitre : Le voyage nocturne 3 du Messager de la Mosquée Sacrée à la Mosquée Lointaine 4. Autre chapitre : Ce qui fut révélé à La Mecque concernant des hommes précis, qu’ils persisteraient dans leur association 5 jusqu’à leur mort. Autre chapitre : Ce qui eut lieu à La Mecque, à savoir la fente de la lune 6. Autre chapitre : Ce qui eut lieu à La Mecque, à savoir la victoire des Perses sur la terre de la péninsule, la terre la plus proche des Romains. Autre chapitre : Parmi ses signes, que la paix soit sur lui, la chute des étoiles filantes 7 à La Mecque. Autre chapitre : L’invocation du Messager de Dieu contre Mudar 8 et la rétention de la pluie sur eux. Chapitre : Ce qui eut lieu à La Mecque lorsque le Messager pleura sur eux, la parole du Très-Haut : « L’Heure s’est approchée » 9. Autre chapitre : Ce qui fut révélé à La Mecque de la parole du Très-Haut : « Attache-toi donc à ce qui t’a été révélé… » 10. Autre chapitre : Parmi ses signes, Sa parole, qu’Il soit exalté : « Dis : “Quand bien même les hommes et les djinns se réuniraient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran…” » 11. Autre chapitre : Parmi ses signes, son information sur le christianisme et ses sectes. Autre chapitre : Ce à quoi il a fait allusion concernant la divergence des chrétiens au sujet du Messie, que la paix soit sur lui. Autre chapitre : Ce que le Messager a apporté concernant la prétention de la crucifixion du Messie, la divergence des chrétiens sur les Évangiles, et l’influence des croyances et des mœurs des Romains sur les sociétés chrétiennes. Autre chapitre : La déclaration d’impiété du Messager, que la paix soit sur lui, envers les Arabes et toutes les autres nations, et sa colère contre elles, et comment Dieu l’a protégé de leur mal. Autre chapitre : La fraternité et l’affection qui existaient entre les compagnons. Autre chapitre : Les actes et les paroles du Messager de Dieu attestent qu’il n’a désigné personne en particulier. Autre chapitre : Comment les compagnons ont débattu de la question du commandement 12 sans mentionner qu’il avait désigné quelqu’un en particulier. Autre chapitre : Comment les Ansâr 13 ont pensé au commandement, puis s’en sont détournés après que la vérité leur est apparue. Autre chapitre : Le refus de ‘Alî 14 de ce qui lui fut proposé, à savoir le serment d’allégeance 15 pour le commandement après la mort du Messager. Autre chapitre : Autre chapitre : La demande d’Abû Bakr 16 aux musulmans de le relever de ses fonctions et leur refus. Autre chapitre : Le souhait d’Abû Bakr de ne pas avoir été investi du commandement des musulmans. Autre chapitre : Comment les musulmans ont confié l’affaire à ‘Abd ar-Rahmân ibn ‘Awf 17. Table des matières : Erreur et vérité. Deuxième partie. Deuxième partie : Chapitre sur la mention des signes de la prophétie et des preuves de la mission. Autre chapitre : Ce à quoi le Messager a fait allusion, alors qu’il était en état de faiblesse, à savoir que sa religion triompherait de toutes les religions et dominerait tous les rois. Autre chapitre : Sur le verset sacré : « Proclame donc ce qu’on t’a ordonné et détourne-toi des associateurs » 18. Autre chapitre : Sur le verset sacré : « Rusez donc tous contre moi, puis ne me laissez aucun répit » 19. Autre chapitre : Sur le verset sacré : « Et Nous avons certes écrit dans les Psaumes 20, après le Rappel 21, que la Terre sera héritée par Mes serviteurs vertueux » 22, et comment les compagnons du Messager, que la paix soit sur lui, en ont hérité. Autre chapitre : Sur le verset sacré : « Et avertis ton clan, les plus proches » 23. Autre chapitre : Sur le verset sacré : « Et dis : “Seigneur, fais-moi entrer par une entrée de vérité et fais-moi sortir par une sortie de vérité” » 24. Autre chapitre : Ce que contient le verset sacré : « Celui qui t’a imposé le Coran te ramènera certainement à un lieu de retour » 25 comme promesse réalisée. Autre chapitre : Ce que contient le verset : « Dis : “Quand bien même les hommes et les djinns se réuniraient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran…” » 11 comme défi permanent auquel personne n’a pu faire face. Autre chapitre : La science du Messager, que la paix soit sur lui, lorsqu’il les a défiés de produire quelque chose de semblable à ce Coran, qu’ils ne le pourraient pas. Autre chapitre : La tentative des juifs et des chrétiens à Médine d’anéantir l’islam et leur échec. Autre chapitre : Badr 26 et ce qu’elle contient comme signes. Autre chapitre : Sur l’attitude des juifs, des chrétiens et de ‘Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl 27. Autre chapitre : La tentative des juifs de tuer le Messager avec une pierre, et l’information du Très-Haut à ce sujet. Autre chapitre : La menace contre les juifs et les chrétiens à une époque où leurs partisans étaient nombreux. Autre chapitre : Son information, qu’Il soit exalté, sur les apostats et qu’Il ferait venir un peuple qu’Il aime et qui L’aime, luttant dans Son chemin. Autre chapitre : Sur l’expédition de Uhud 28. Autre chapitre : L’invocation du Messager aux chrétiens de Najrân 29 pour l’épreuve d’invocation réciproque 30 et leur soumission à lui. Autre chapitre : Sur le verset : « Ceux qui ont mécru dépensent leurs biens pour détourner [les gens] du chemin de Dieu. Ils les dépenseront, puis ils en éprouveront du regret, puis ils seront vaincus » 31. Autre chapitre : Son information sur les juifs. Autre chapitre : Les rumeurs répandues par les associateurs après la défaite des musulmans à Uhud. Autre chapitre : Sur le verset : « Et quel est plus injuste que celui qui empêche que dans les mosquées de Dieu Son nom soit mentionné ? » 32. Autre chapitre : Sa parole, que la paix soit sur lui, à ‘Uthmân ibn Abî Talha al-‘Abdarî 33 : les clés de La Mecque lui reviendraient, et cela se réalisa. Autre chapitre : L’annonce du Messager à ses compagnons que Dieu les établirait sur terre et les ferait succéder 34. Autre chapitre : Sa parole, que la paix soit sur lui, en période de faiblesse, que son affaire serait grandiose et sa position élevée. Autre chapitre : Sur le verset sacré : « Nous allons jeter l’effroi dans les cœurs de ceux qui ont mécru » 35, et comment cela fut comme le Très-Haut l’a annoncé. Autre chapitre : L’expulsion des juifs de Banû an-Nadîr 36 de Médine et ce qu’elle contient comme signes. Autre chapitre : Comment les miracles du Messager se suffisent les uns aux autres, contrairement aux choses dont l’imposition est acceptée et l’obligation générale. Autre chapitre : Les lettres du Messager de Dieu, que la paix soit sur lui, au roi des Romains et au roi des Perses, et ce qu’elles contiennent comme preuves. Autre chapitre : Les lettres du Messager de Dieu, que la paix soit sur lui, au roi des Romains et au roi des Perses, et ce qu’elles contiennent comme preuves entre Jarîr ibn ‘Abd Allâh al-Bajalî 37 et le juif. La biographie du Messager, que la prière et la paix soient sur lui, concernant les premiers [croyants] et les combattants de Badr. Réponse à la prétention de l’impeccabilité 38 de ‘Alî ibn Abî Tâlib, que Dieu l’agrée. Réponse à [la prétention] que les imams connaissaient les malheurs qui allaient les frapper. Réponse à [la prétention] que les astres indiquent ce qui a été et sera, ou que les imams connaissent l’invisible 39. Réponse à ce que prétend la shî‘a 40 comme miracles pour ‘Alî, que Dieu l’agrée, et pour leurs imams après lui, et démonstration que ‘Alî désapprouvait fermement de telles paroles. Sur leur parole selon laquelle Dieu a interdit au Feu la descendance de Fâtima, que Dieu l’agrée. Sur la prétention que la famille du Messager a droit au cinquième des biens des musulmans. Réponse aux récits qu’ils ont falsifiés, selon lesquels les obligations religieuses ne seraient pas imposées à sa famille, que la paix soit sur lui, et à sa shî‘a. Sur la délégation du pouvoir aux califes bien guidés 41, compagnons du Messager de Dieu. ‘Alî, que Dieu l’agrée, a suivi la pratique 42 d’Abû Bakr et de ‘Umar, que Dieu les agrée, et a agi en conséquence. Réponse à la prétention des Qarmates 43 que les compagnons ont écarté ‘Alî par aversion pour lui. Sur les paroles des Bâtinites 44 et leurs moyens d’amener les musulmans à abandonner les réalités de la foi et les obligations. Comment les Bâtinites sont apparus et leur État s’est établi au Maghreb 45, puis ailleurs. Sur certains doutes soulevés par les Bâtinites au sujet des hadiths du Messager, que la paix soit sur lui, et un long commentaire sur la médecine, les remèdes et leur usage. Ce dont les Bâtinites ont douté concernant le mariage du Messager avec la fille de son affranchi Zayd ibn Hâritha 46. Leur prétention que le Messager de Dieu, que la paix soit sur lui, se cachait derrière certains de ses actes. Table des matières de la deuxième partie. Index. Index des noms propres. Index des lieux, tribus et nations. Index des croyances, religions et sectes. Notes en bas de page.


  1. takfīr : Action de déclarer quelqu'un mécréant (kāfir).
  2. mushrikūn : Associateurs, polythéistes qui associent d'autres divinités à Dieu.
  3. isrā' : Voyage nocturne du Prophète Muhammad de La Mecque à Jérusalem.
  4. al-Masjid al-Aqṣā : La Mosquée Lointaine, à Jérusalem.
  5. shirk : Association d'autres divinités à Dieu, polythéisme.
  6. inshiqāq al-qamar : Miracle de la fente de la lune, mentionné dans le Coran (54:1).
  7. inqiḍāḍ al-kawākib : Chute d'étoiles filantes, considérée comme un signe prophétique.
  8. Muḍar : Tribu arabe, ancêtre des Quraysh.
  9. Iqtarabat al-sā‘ah : Coran 54:1 : « L'Heure s'est approchée et la lune s'est fendue. »
  10. Fa-stamsik bi-allādhī ūḥiya ilayka : Coran 43:43 : « Attache-toi donc à ce qui t'a été révélé, car tu es sur une voie droite. »
  11. Qul la-in ijtama‘at al-ins wa al-jinn ‘alā an ya’tū bi-mithli hādhā al-qur’ān : Coran 17:88 : défi de produire un texte semblable au Coran.
  12. imāra : Commandement, autorité, califat.
  13. Anṣār : Les « Auxiliaires » de Médine qui ont accueilli et soutenu le Prophète.
  14. ‘Alī : Cousin et gendre du Prophète, quatrième calife.
  15. bay‘a : Serment d'allégeance.
  16. Abū Bakr : Premier calife, compagnon et beau-père du Prophète.
  17. ‘Abd al-Raḥmān ibn ‘Awf : Compagnon éminent, membre du conseil de consultation pour le califat.
  18. Fa-iṣda‘ bi-mā tu’mar wa a‘riḍ ‘an al-mushrikīn : Coran 15:94 : ordre de proclamer ouvertement le message.
  19. Fa-kīdūnī jamī‘an thumma lā tunẓirūn : Coran 11:55 : défi aux associateurs.
  20. Zabūr : Psaumes, livre révélé à David.
  21. al-Dhikr : Le Rappel, désigne ici la Tablette préservée ou les Écritures antérieures.
  22. Wa laqad katabnā fī al-zabūr min ba‘d al-dhikr anna al-arḍ yarithuhā ‘ibādī al-ṣāliḥūn : Coran 21:105 : promesse que les serviteurs vertueux hériteront de la terre.
  23. Wa andhir ‘ashīrataka al-aqrabīn : Coran 26:214 : ordre d'avertir les proches parents.
  24. Wa qul rabbi adkhilnī mudkhala ṣidq wa akhrijnī mukhraj ṣidq : Coran 17:80 : prière pour une entrée et une sortie de vérité.
  25. Inna alladhī faraḍa ‘alayka al-qur’ān la-rādukka ilā ma‘ād : Coran 28:85 : promesse de retour à La Mecque.
  26. Badr : Bataille de Badr (624), première grande victoire des musulmans.
  27. ‘Abd Allāh ibn Ubayy ibn Salūl : Chef des hypocrites de Médine.
  28. Uḥud : Bataille de Uhud (625), défaite des musulmans.
  29. Najrān : Région du Yémen, célèbre pour sa communauté chrétienne.
  30. mubāhala : Épreuve d'invocation réciproque de la malédiction divine.
  31. Alladhīna kafarū yunfiqūna amwālahum li-yaṣuddū ‘an sabīl Allāh fa-sa-yunfiqūnahā thumma takūnu ‘alayhim ḥasratan thumma yughlabūn : Coran 8:36 : prédiction sur les mécréants.
  32. Wa man aẓlamu mimman mana‘a masājida Allāh an yudhkara fīhā ismuh : Coran 2:114 : condamnation de ceux qui empêchent la mention de Dieu dans les mosquées.
  33. ‘Uthmān ibn Abī Ṭalḥa al-‘Abdarī : Gardien de la Kaaba, à qui le Prophète a prédit que les clés lui reviendraient.
  34. istikhlāf : Faire succéder sur terre, établir comme califes.
  35. Sa-nulqī fī qulūbi alladhīna kafarū al-ru‘b : Coran 8:12 : promesse de jeter l'effroi dans les cœurs des mécréants.
  36. Banū al-Naḍīr : Tribu juive de Médine, expulsée en 625.
  37. Jarīr ibn ‘Abd Allāh al-Bajalī : Compagnon, émissaire du Prophète.
  38. ‘iṣma : Impeccabilité, protection divine contre le péché.
  39. ghayb : Invisible, connaissance de l'occulte.
  40. shī‘a : Partisans de ‘Alī et de sa descendance.
  41. al-khulafā’ al-rāshidūn : Les califes bien guidés : Abū Bakr, ‘Umar, ‘Uthmān, ‘Alī.
  42. sunan : Pratiques, traditions prophétiques.
  43. Qarāmiṭa : Secte ismaélienne extrémiste apparue au IXe siècle.
  44. Bāṭiniyya : Courant ésotérique de l'islam, notamment ismaélien.
  45. Maghrib : Occident musulman, incluant l'Afrique du Nord.
  46. Zayd ibn Ḥāritha : Affranchi et fils adoptif du Prophète.

Confirmation des preuves de la prophétie [1]

La source : https://shamela.ws/book/9789 Date d'extraction : 2026-06-17

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah, Seigneur…

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah, Seigneur des mondes, et que la prière et la paix soient sur notre maître Muhammad, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons. Ceci est le livre des éclaircissements sur les sciences des gens de la réalité [1], et des secrets des gens de la voie [2], et des lumières des gens de la vérité [3], et des états des gens de l'union [4], et des stations des gens de la distinction [5], et des connaissances des gens de la contemplation [6], et des contemplations des gens de la vision [7], et des visions des gens de la présence [8], et des présences des gens de l'extinction [9], et des extinctions des gens de la subsistance [10], et des subsistances des gens de la permanence [11], et des permanences des gens de l'unicité [12], et des unicités des gens de l'isolement [13], et des isolements des gens de la séparation [14], et des séparations des gens de la réunion [15], et des réunions des gens de la quiétude [16], et des quiétudes des gens de la sérénité [17], et des sérénités des gens de la certitude [18], et des certitudes des gens de la foi [19], et des foi des gens de la soumission [20], et des soumissions des gens de l'excellence [21], et des excellences des gens de la sincérité [22], et des sincérités des gens de la véracité [23], et des véracités des gens de la proximité [24], et des proximités des gens de l'intimité [25], et des intimités des gens de l'amour [26], et des amours des gens du désir [27], et des désirs des gens de la passion [28], et des passions des gens de l'ivresse [29], et des ivresses des gens de la sobriété [30], et des sobriétés des gens de l'éveil [31], et des éveils des gens de la vigilance [32], et des vigilances des gens de la méditation [33], et des méditations des gens de la réflexion [34], et des réflexions des gens de la considération [35], et des considérations des gens de la leçon [36], et des leçons des gens de la sagesse [37], et des sagesses des gens de la science [38], et des sciences des gens de la connaissance [39], et des connaissances des gens de la gnose [40], et des gnosés des gens de la réalisation [41], et des réalisations des gens de la vérification [42], et des vérifications des gens de l'établissement [43], et des établissements des gens de la subsistance [44], et des subsistances des gens de la persistance [45], et des persistances des gens de la stabilité [46], et des stabilités des gens de la fermeté [47], et des fermetés des gens de la constance [48], et des constances des gens de la patience [49], et des patiences des gens de la gratitude [50], et des gratitudes des gens de la louange [51], et des louanges des gens de la glorification [52], et des glorifications des gens de la sanctification [53], et des sanctifications des gens de la proclamation de l'unicité [54], et des proclamations de l'unicité des gens de l'affirmation [55], et des affirmations des gens de la négation [56], et des négations des gens de l'effacement [57], et des effacements des gens de l'empreinte [58], et des empreintes des gens de l'empreinte [59], et des empreintes des gens de l'empreinte [60], et des empreintes des gens de l'empreinte [61], et des empreintes des gens de l'empreinte [62], et des empreintes des gens de l'empreinte [63], et des empreintes des gens de l'empreinte [64], et des empreintes des gens de l'empreinte [65], et des empreintes des gens de l'empreinte [66], et des empreintes des gens de l'empreinte [67], et des empreintes des gens de l'empreinte [68], et des empreintes des gens de l'empreinte [69], et des empreintes des gens de l'empreinte [70], et des empreintes des gens de l'empreinte [71], et des empreintes des gens de l'empreinte [72], et des empreintes des gens de l'empreinte [73], et des empreintes des gens de l'empreinte [74], et des empreintes des gens de l'empreinte [75], et des empreintes des gens de l'empreinte [76], et des empreintes des gens de l'empreinte [77], et des empreintes des gens de l'empreinte [78], et des empreintes des gens de l'empreinte [79], et des empreintes des gens de l'empreinte [80], et des empreintes des gens de l'empreinte [81], et des empreintes des gens de l'empreinte [82], et des empreintes des gens de l'empreinte [83], et des empreintes des gens de l'empreinte [84], et des empreintes des gens de l'empreinte [85], et des empreintes des gens de l'empreinte [86], et des empreintes des gens de l'empreinte [87], et des empreintes des gens de l'empreinte [88], et des empreintes des gens de l'empreinte [89], et des empreintes des gens de l'empreinte [90], et des empreintes des gens de l'empreinte [91], et des empreintes des gens de l'empreinte [92], et des empreintes des gens de l'empreinte [93], et des empreintes des gens de l'empreinte [94], et des empreintes des gens de l'empreinte [95], et des empreintes des gens de l'empreinte [96], et des empreintes des gens de l'empreinte [97], et des empreintes des gens de l'empreinte [98], et des empreintes des gens de l'empreinte [99], et des empreintes des gens de l'empreinte [100].

Introduction Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. La foi en la prophétie, ou l'établissement d'un lien entre Dieu et l'homme par l'intermédiaire de l'un de Ses serviteurs que nous appelons prophète ou messager, est l'une des caractéristiques les plus importantes qui distinguent les religions révélées des autres religions. En effet, il existe des religions comme le brahmanisme qui croient en l'existence de Dieu mais nient les prophéties et ne voient pas la nécessité de ce lien entre Dieu et l'homme. Leur argument est que ce qu'ont apporté les prophètes est soit conforme à la raison, auquel cas la raison s'en passe, soit contraire à elle, et nous n'en avons donc pas besoin, car la raison est la seule source par laquelle nous déduisons la vérité des choses. En vérité, il est impossible de croire en l'idée d'un Créateur organisateur sans y ajouter la foi en Sa providence pour Sa création et Son gouvernement continu de l'univers. Quel serait l'intérêt de la création si le Créateur ne s'occupait pas des affaires de Ses créatures ? Quant au fait que la raison puisse s'opposer à ce qu'apporte la prophétie, cela n'est pas nécessaire, car toutes les choses révélées par les messages célestes sont approuvées par la raison qui s'appuie sur une pensée scientifique organisée. Ceci en plus du fait que la raison et la révélation ont chacune leur propre domaine dans de nombreuses questions. Si nous pouvons parvenir, par la logique expérimentale et mathématique, aux vérités des sciences de l'univers et de la vie, nous ne pouvons, sans la révélation, parvenir aux vérités de ce qui est au-delà de la matière. Le lien entre Dieu et les messagers s'effectue par divers moyens dont nous n'étudierons pas les détails, mais nous jetterons un coup d'œil rapide sur les plus importants pour en avoir une idée. La révélation commence souvent par des visions véridiques, et dans les récits des prophètes, il y a de nombreux incidents de ces visions. Le Coran nous a raconté comment c'est une méthode de révélation lorsqu'il nous a parlé d'Abraham et d'Ismaël, paix sur eux, et comment Abraham reçut l'ordre d'immoler son fils : « Puis quand celui-ci fut en âge de l'accompagner [dans ses efforts], [Abraham] dit : "Ô mon fils, je me vois en songe en train de t'immoler ; regarde donc ce que tu en penses." Il dit : "Ô mon père, fais ce qui t'est ordonné." » 1 Le moyen de communication peut être l'inspiration à l'état de veille, comme cela arriva au Messager Muhammad, paix et salut sur lui, lorsque cette inspiration lui vint alors qu'il était assis parmi les musulmans, et il l'exprima en ces termes : « Ceci est le Messager du Seigneur des mondes qui a insufflé dans mon cœur 2 que nulle âme ne meurt avant d'avoir reçu sa subsistance en totalité... » La communication peut aussi se faire par le fait que Dieu parle directement au messager, comme cela arriva à Moïse, paix sur lui, dont le Coran nous a raconté l'histoire : « Lorsqu'il y arriva, on l'appela du côté droit de la vallée, dans le lieu béni, à partir de l'arbre : "Ô Moïse, c'est Moi, Allah..." » 3 La méthode habituelle de communication entre Dieu et les messagers est la révélation par l'intermédiaire de Gabriel, paix sur lui : « L'Esprit fidèle est descendu avec lui sur ton cœur, pour que tu sois parmi les avertisseurs, en une langue arabe claire. » 4 Gabriel descendait parfois incarné et les musulmans le voyaient, comme cela arriva dans le hadith des piliers de la foi, de la bienfaisance et des signes de l'Heure, rapporté par 'Umar ibn al-Khattab, que Dieu l'agrée. Il est naturel que lorsqu'un homme prétend être en contact avec Dieu et apporter aux gens un message qui leur impose des obligations et des devoirs, les gens lui demandent une preuve de sa sincérité. Le Coran n'a pas vu en cela quelque chose qui sorte de la raison et de la logique, au point qu'il nous a raconté que cela est arrivé à certains prophètes : « Et quand Abraham dit : "Seigneur, montre-moi comment Tu ressuscites les morts." [Allah] dit : "Ne crois-tu pas ?" Il dit : "Si, mais pour que mon cœur soit rassuré." » 5 De là est apparu le besoin d'avoir ce qui prouve la prophétie. Les miracles comptent parmi les moyens les plus importants que Dieu a accordés à Ses messagers pour que les gens soient convaincus qu'ils ne se représentent pas eux-mêmes, mais qu'ils représentent Dieu, le Très-Haut. Il ne fait aucun doute que la foi aux messagers est étroitement liée à la foi en Dieu et à l'invisible, qui est l'une des qualités les plus importantes du musulman pieux : « Alif, Lâm, Mîm. Ce Livre, il n'y a aucun doute là-dessus, c'est un guide pour les pieux, qui croient à l'invisible. » 6 Le Coran parle d'un ensemble de miracles, matériels et immatériels. Le miracle, dans sa réalité, est un événement extraordinaire, hors des lois que les gens observent et selon lesquelles se déroulent les événements de l'univers, que Dieu accomplit en soutien aux prophètes. Certains ont tenté de donner au miracle l'apparence d'une chose ordinaire qui se produit dans la nature par hasard ou par science, mais en réalité, le miracle perd son sens et son caractère de preuve de la sincérité du prophète s'il perd son caractère extraordinaire. Si un prétendant à la prophétie dit : "La preuve de ma sincérité est que le soleil se lève à l'ouest, alors qu'il se lève habituellement à l'est", cela serait une preuve et un soutien pour lui. Mais s'il informe son peuple que le soleil se lève à l'est, son lever ne prouve aucun miracle. Parmi les miracles matériels : la chamelle de Sâlih. Le Coran a raconté son histoire : « Ils dirent : "Tu n'es qu'un ensorcelé ! Tu n'es qu'un être humain comme nous. Apporte donc un signe, si tu es du nombre des véridiques." Il dit : "Voici une chamelle : à elle de boire un jour, et à vous de boire un jour déterminé. Ne lui faites aucun mal, sinon vous saisira le châtiment d'un grand jour." » 7 Parmi eux aussi, le miracle du bâton de Moïse, dont le Coran nous a raconté l'histoire : « [Pharaon] dit : "Si tu prends une divinité autre que moi, je te mettrai parmi les prisonniers." [Moïse] dit : "Et si je t'apportais une chose évidente ?" [Pharaon] dit : "Apporte-la donc, si tu es du nombre des véridiques." Il jeta son bâton, et voilà que c'était un serpent manifeste. Et il sortit sa main, et voilà qu'elle était blanche pour les regardeurs. » 8 Et parmi eux, les miracles de Jésus, paix sur lui, que le Coran a évoqués : « Je vous créerai à partir de l'argile comme une forme d'oiseau ; puis je soufflerai dedans, et ce sera un oiseau, par la permission d'Allah. Et je guérirai l'aveugle-né et le lépreux, et je ressusciterai les morts, par la permission d'Allah. Et je vous annoncerai ce que vous mangez et ce que vous amassez dans vos maisons. Il y a là un signe pour vous, si vous êtes croyants. » 9 On remarque que la plupart des nations auxquelles les miracles sont venus ont persisté dans leur mécréance et leur impiété et n'ont pas cru. Le Coran a expliqué que la guidance est entre les mains de Dieu, et que quelle que soit la valeur du miracle, de nombreuses âmes ne se laisseront pas dissuader ou croire : « Et si Nous ouvrions sur eux une porte du ciel, et qu'ils s'y élèvent, ils diraient : "Nos yeux ont été obscurcis, mais nous sommes un peuple ensorcelé." » 10 Y a-t-il plus éloquent que ce miracle ? Certains diront que c'est de la magie ou une illusion d'optique. C'est pourquoi Dieu, le Très-Haut, informe le Messager de ce sens : « Et rien ne Nous empêche d'envoyer les signes, si ce n'est que les Anciens les ont traités de mensonges. Et Nous avons donné à Thamûd la chamelle comme signe évident, mais ils lui ont fait du tort. Et Nous n'envoyons les signes que pour effrayer. » 11 Quant aux miracles immatériels et rationnels, le plus important est le Saint Coran, descendu sur Muhammad, paix et salut sur lui. Nous pouvons remarquer à cette occasion que ce miracle est étroitement lié au message. Les miracles sont soit intrinsèques, liés à la transmission de l'essence du message, soit extérieurs à sa substance. Le miracle du Coran est du premier type, car il est rationnel, s'adresse à la pensée humaine et repose davantage sur la conviction intellectuelle que sur la conviction sensorielle qui est la base des miracles matériels. Il ne fait aucun doute que l'humanité, avant l'envoi du Messager, avait parcouru un long chemin de progrès intellectuel, de sorte qu'il était possible de s'adresser directement à leurs esprits. Et le discours de la raison est plus universel, plus durable et plus stable. C'est pourquoi le Saint Coran est le miracle du Messager jusqu'à la fin des temps. Les savants et les chercheurs ont divergé sur la réalité de l'inimitabilité 12 du Coran. On peut résumer les opinions de ces savants en trois orientations principales : 1- Une orientation qui voit que le miraculeux dans le Coran est sa formulation verbale extraordinaire et son éloquence évidente qui a rendu les Arabes incapables d'en produire un semblable. 2- Une orientation qui voit l'inimitabilité dans ce que le Coran contient d'informations sur les choses invisibles, sur les événements des nations passées, leur histoire et leurs croyances. Le Coran a fait référence à des événements qui se produiraient dans le futur, puis ils se sont produits comme il les avait racontés. Exemple : Sa parole, le Très-Haut : « Alif, Lâm, Mîm. Les Romains ont été vaincus dans le pays le plus proche, et après leur défaite, ils vaincront dans quelques années. » 13 En effet, les Perses ont vaincu les Romains, puis le Coran a annoncé cette défaite et a prédit que les Romains prendraient leur revanche sur leurs adversaires dans quelques années, et cela s'est réalisé. Puisque l'homme ne peut connaître l'invisible, le Coran est descendu de la part de Dieu et contient une inimitabilité certaine. De plus, le Coran a parlé de l'histoire des nations passées et de leurs religions en connaisseur de chaque petit et grand détail de leurs événements et de leurs affaires. Et comme le Messager, paix et salut sur lui, était illettré et n'avait pas consulté les livres des Anciens – qui, eux-mêmes, ne font pas référence avec précision à ces choses – il est nécessaire que ce soit Dieu, le Très-Haut, qui ait informé Son Prophète de ces choses. 3- Enfin, de nombreux savants se sont orientés vers le fait que l'inimitabilité du Coran réside dans ce qu'il contient de systèmes humains extrêmement avancés, dont la création n'a jamais vu l'équivalent pour garantir l'intérêt des êtres humains et assurer leur vie bonne. Le Coran contient des systèmes pour la vie humaine dans toutes les formes d'activité humaine : politique, économique, sociale, morale et spirituelle. Et comme il est impossible qu'un être humain puisse concevoir ces systèmes, il est nécessaire que le Coran soit descendu de Dieu, confirmant le message du Messager. En réalité, l'inimitabilité coranique englobe tous ces aspects : elle est dans le mot merveilleux et la composition rhétorique admirable, elle est dans ses informations sur l'invisible et les récits des nations passées, et elle est dans ses systèmes sublimes et magnifiques. Nous ne pouvons pas dire que l'inimitabilité se limite à un seul aspect, car le Coran est le miracle du Messager pour tous les hommes, à différentes époques et en différents lieux. Il devait donc contenir ces multiples facettes. Ainsi, si l'Arabe croit en lui pour son inimitabilité rhétorique, le Romain peut croire en lui pour ses informations sur les nations passées, tout comme le Perse peut croire en lui pour les systèmes qu'il contient. Le Coran est tout entier miraculeux, dans son mot, son sens et son système. Ensuite, le livre que nous avons entre les mains traite de la prophétie et de sa preuve. Le Qâdî 14 en a parlé dans plus d'un endroit de ses livres, mais il en a traité en détail dans deux ouvrages : 1- La quinzième partie de sa grande encyclopédie « Al-Mughnî fî Usûl ad-Dîn » 15, qu'il a intitulée « An-Nubuwwât » 16. 2- Le livre que nous avons entre les mains : « Tathbît Dalâ'il Nubuwwat Sayyidinâ Muhammad » 17. Dans le premier livre, il s'attache à parler du fondement de la théorie de la prophétie et de l'idée du miracle en général, puis il détaille le discours sur un certain nombre de miracles sensoriels et montre leur différence avec la magie, la sorcellerie, le hasard et la prestidigitation.

Mais dans ce livre-ci, il parle spécifiquement de la preuve de la prophétie de Muhammad, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et insiste sur l'aspect de l'annonce des choses invisibles 18, qu'elles soient dans le Coran ou dans les hadiths du Prophète. Il suit ces annonces en montrant à quel point la réalité et l'histoire les confirment. Le Qâdî 19 croit aux miracles sensoriels rapportés dans le Coran et la Sunna authentique, et désapprouve la position de certains, comme an-Naẓẓâm 20, qui les nient. Il considère que l'annonce des choses invisibles est l'un des plus importants signes de la prophétie. De même, le Coran est pour lui une preuve sous trois aspects : il est une preuve « par l'éloquence et la rhétorique, une preuve par ce qu'il contient d'annonces des choses invisibles, et une preuve par ce qu'il contient d'indications des preuves rationnelles » (10). Lorsqu'il détaille son discours sur les signes de la prophétie, le Qâdî ne se limite pas au cadre des événements ou des signes, mais aborde – comme le faisaient les Anciens – tout ce qu'il juge nécessaire de mentionner à l'occasion. Ainsi, à travers ce livre, nous pouvons connaître la position du Qâdî sur les différentes religions : célestes et non célestes, sa position sur la philosophie grecque, sur ceux qui l'ont adoptée parmi ceux qu'on appelle les philosophes de l'islam, et enfin sa position sur les différentes tendances doctrinales islamiques, en particulier la tendance bâṭiniyya 21. Le Qâdî a eu avec ces tendances des débats et des discussions longues et complexes. Le Qâdî 'Abd al-Jabbâr a attaqué la philosophie grecque en général, montrant que leurs livres parvenus jusqu'à nous contiennent beaucoup de lacunes, d'altérations et de modifications effectuées par des gens aux intentions et aux tendances doctrinales diverses pour soutenir leurs croyances et leurs opinions. Il a réservé à Aristote une attaque violente, en particulier dans son livre « Les Phénomènes célestes » 22, et a critiqué sa théorie sur l'univers et les planètes, selon laquelle elles sont indivisibles, ne peuvent augmenter ni diminuer, et sont vivantes, savantes, entendantes, voyantes, créent, pourvoient, font vivre et font mourir (11). Il est étrange qu'il critique la théorie d'ar-Râzî 23 sur le plaisir et la douleur, et son affirmation que Dieu ne peut créer l'homme que par la voie naturelle, et l'accuse d'impiété ; mais il passe outre son opinion sur la prophétie, bien qu'elle soit contraire à la tendance islamique générale (12). Quant à al-Kindî 24, il est – selon le Qâdî – l'un des impies qui ont feint l'islam, mais n'ont cessé de comploter contre lui. Il a exposé son opinion sur les marées, à savoir que la lune en est la cause, et l'a sévèrement réprimandé. Il semble qu'il critique l'idée de loi 25 en général, en raison de ce qu'il pense qu'elle limite la capacité absolue de création par Dieu et le fait qu'Il est le Créateur de toutes choses de manière continue et qu'Il les crée à partir de rien (13). Cela apparaît clairement dans son explication de l'acte de brûler par le feu 19 et de la réalité de la guérison par le médicament. Il a rappelé aux médecins à cette occasion que leur devoir doit se limiter à connaître les habitudes et les expériences, sans dépasser cela vers la connaissance des principes des choses 20. Quant à la position du Qâdî envers les astrologues et tous ceux qui prétendent connaître l'invisible et l'avenir, elle a été très sévère contre eux. Il a attiré l'attention sur une vérité évidente, mais qui, en raison de son évidence, peut échapper à l'homme : l'astrologue « ment dans mille choses et se trompe dans mille choses, sans qu'on le lui reproche, car cela n'est pas considéré comme étonnant de sa part. Mais s'il lui arrive d'avoir raison sur une seule chose, on s'étonne et on la retient, en raison de sa rareté de la part de quelqu'un comme lui, et parce qu'elle vient d'une source qui n'est pas la sienne » (14). Le Qâdî n'oublie pas de désapprouver la position des bâṭiniyya dans leur discrimination entre les Compagnons et leur affirmation qu'ils ont injustement traité 'Alî, qu'Allah soit satisfait de lui. Il a montré à cette occasion le lien étroit qui existait entre les Compagnons (15). Il a également accusé les bâṭiniyya d'être exploités par les impies et ceux dont les cœurs n'étaient pas rassurés par la foi, car ces derniers se cachaient derrière le bâṭinisme et feignaient le chiisme en faveur de 'Alî pour servir leurs objectifs de destruction de l'islam en divisant les musulmans et en présentant les Compagnons comme des agresseurs ayant transgressé les limites de l'islam. Le Qâdî a compté parmi eux un certain nombre de philosophes et d'écrivains, comme al-Ḥaddâd, al-Warrâq, al-Ḥiṣrî, Ibn ar-Râwandî, Jâbir et Ibn al-'Amîd. Le Qâdî n'a pas oublié d'aborder les religions, qu'elles soient non célestes comme les religions perses et indiennes anciennes (16), ou célestes dans leurs origines comme le christianisme. Il a consacré à cette dernière un long et intéressant développement, la considérant comme une extension de la civilisation romaine et de la philosophie grecque. Les Romains – selon le Qâdî – n'ont pas vaincu, mais le christianisme s'est romanisé, adoptant les mœurs et les traditions des Romains ainsi que les opinions et les croyances de la philosophie grecque, y compris la doctrine de la Trinité. « Cette Trinité des chrétiens, les philosophes romains tendaient vers elle, en ce que l'intellect, l'intelligent et l'intelligible deviennent une seule chose, et ils disent Hermès le Triple 26 » (17). En raison de l'importance du livre du Qâdî, de l'originalité des sujets qu'il aborde et du style avec lequel il les traite, il a été l'objet d'éloges de la part des savants et des écrivains, anciens et modernes. Ibn al-'Imâd, Ibn Shahba et Ibn Taymiyya l'ont loué. Le cheikh al-Kawtharî a écrit dans l'introduction de « Tabyîn Kadhib al-Muftarî » : « Nous n'avons rien vu qui approche le livre 'Tathbît Dalâ'il an-Nubuwwa' du Qâdî 'Abd al-Jabbâr en force d'argumentation et en belle composition pour repousser les doutes des sceptiques 20. » En vérité, nous pouvons considérer ce livre comme le premier du genre dans son domaine, et nous ne connaissons pas, parmi ce qui nous est parvenu, d'ouvrage qui le surpasse ou atteigne son rang. Ce livre est mentionné par les auteurs sous plusieurs noms. Ibn al-Mulaqqin dans les « Ṭabaqât ach-Châfi'iyya », Ibn al-'Imâd dans « Shadharât adh-Dhahab » et Ibn Ḥajar dans « al-Lisân » le mentionnent sous le nom de « Dalâ'il an-Nubuwwa ». Quant à Ibn Shahba dans ses « Ṭabaqât », il mentionne qu'il s'agit de « Tathbît Dalâ'il an-Nubuwwa ». Quant au titre inscrit sur la première page du manuscrit que nous avons, il était « Tathbît Dalâ'il Nubuwwa Sayyidinâ Muḥammad ». Il est établi pour nous que « at-Tathbît » a été écrit après « al-Mughnî ». Cela est indiqué par ce que le Qâdî lui-même mentionne en plusieurs endroits du livre, à savoir qu'il l'a écrit en l'an 385 de l'Hégire (18). Et nous savons qu'il a achevé la rédaction d'al-Mughnî en l'an 380 de l'Hégire. Quant au manuscrit sur lequel nous nous sommes appuyés pour la publication, c'est le manuscrit de Shahîd 'Alî à Istanbul, qui est la seule copie connue dans le monde jusqu'à présent. Nous nous sommes efforcés – autant que possible – de présenter le texte correct de ce livre précieux, en évitant les commentaires sauf dans les cas où cela est indispensable, comme l'identification d'une personne célèbre ou d'une idée, laissant au lecteur généreux le soin de suivre la pensée du Qâdî telle qu'il a voulu la présenter, et en toute liberté. Nous avons veillé à indiquer en marge du livre les numéros des feuilles du manuscrit pour faciliter la consultation par le chercheur. Si nous avons un souhait, c'est d'avoir contribué – par la publication de ce livre – à ajouter une nouvelle pierre à l'édifice de la culture islamique, sans espérer autre chose que la récompense et l'agrément d'Allah. 'Abd al-Karîm 'Uthmân Beyrouth – 30 Jumâdâ al-Ûlâ 1386 H 15 septembre 1966 Première partie


  1. Sourate As-Sâffât, verset 102 : Référence coranique : Sourate 37, verset 102.
  2. Nafatha fî raw'î : Expression signifiant 'a insufflé dans mon cœur' ou 'a inspiré dans mon esprit', indiquant une inspiration divine directe.
  3. Sourate Al-Qasas, verset 30 : Référence coranique : Sourate 28, verset 30.
  4. Sourate Ash-Shu'arâ', versets 193-195 : Référence coranique : Sourate 26, versets 193-195.
  5. Sourate Al-Baqara, verset 260 : Référence coranique : Sourate 2, verset 260.
  6. Sourate Al-Baqara, versets 1-3 : Référence coranique : Sourate 2, versets 1-3.
  7. Sourate Ash-Shu'arâ', versets 153-156 : Référence coranique : Sourate 26, versets 153-156.
  8. Sourate Ash-Shu'arâ', versets 29-33 : Référence coranique : Sourate 26, versets 29-33.
  9. Sourate Âl 'Imrân, verset 49 : Référence coranique : Sourate 3, verset 49.
  10. Sourate Al-Hijr, versets 14-15 : Référence coranique : Sourate 15, versets 14-15.
  11. Sourate Al-Isrâ', versets 59 : Référence coranique : Sourate 17, verset 59.
  12. I'jâz : Terme désignant le caractère miraculeux et inimitable du Coran, tant dans sa forme que dans son contenu.
  13. Sourate Ar-Rûm, versets 1-4 : Référence coranique : Sourate 30, versets 1-4.
  14. Al-Qâdî : Il s'agit du juge 'Abd al-Jabbâr al-Hamadhânî (935-1025), théologien mu'tazilite de renom, auteur de nombreux ouvrages de théologie.
  15. Al-Mughnî fî Usûl ad-Dîn : Titre de l'encyclopédie théologique majeure d'Abd al-Jabbâr, signifiant 'Le Suffisant dans les Fondements de la Religion'.
  16. An-Nubuwwât : Titre du quinzième volume de l'encyclopédie, traitant des prophéties.
  17. Tathbît Dalâ'il Nubuwwat Sayyidinâ Muhammad : Titre de l'ouvrage, signifiant 'La Confirmation des Preuves de la Prophétie de Notre Seigneur Muhammad'.
  18. al-ghuyūb : Choses invisibles, mystères divins, réalités cachées que seul Dieu connaît et qu'Il révèle à Ses prophètes.
  19. al-Qāḍī : Le juge, titre honorifique désignant ici 'Abd al-Jabbār al-Hamadhānī, théologien mu'tazilite (935-1025).
  20. an-Naẓẓām : Ibrāhīm an-Naẓẓām, théologien mu'tazilite du VIIIe-IXe siècle, connu pour ses positions rationalistes.
  21. bāṭiniyya : Courant ésotérique de l'islam, notamment ismaélien, qui privilégie le sens caché (bāṭin) des textes sacrés.
  22. al-Āthār al-‘Uluwiyya : Les Phénomènes célestes, titre d'un ouvrage d'Aristote sur la météorologie et l'astronomie.
  23. ar-Rāzī : Abū Bakr ar-Rāzī, médecin et philosophe persan (865-925), critique des religions.
  24. al-Kindī : Abū Yūsuf Ya‘qūb al-Kindī, philosophe arabe du IXe siècle, considéré comme le premier philosophe de l'islam.
  25. qānūn : Loi, ici au sens de loi naturelle ou de causalité régulière, que le Qāḍī critique car elle limiterait la puissance créatrice directe de Dieu.
  26. Hirmis al-muthallath : Hermès le Triple, figure mythique associée à Hermès Trismégiste, considéré comme un sage antique ayant enseigné des doctrines ésotériques.

La première partie

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Que la prière d'Allah soit sur notre seigneur Muhammad et sur sa famille. Louange à Allah qui a gratifié Ses serviteurs en envoyant Ses messagers, et les a scellés par leur seigneur Muhammad, que la prière et la paix d'Allah soient sur eux tous. Il l'a envoyé avec la guidée et la religion de vérité, « pour la faire prévaloir sur toute autre religion, en dépit de l'aversion des associateurs 1 ». Ceci est le livre « Confirmation des preuves de la prophétie de notre prophète Muhammad, Messager d'Allah, que les bénédictions et la paix d'Allah soient sur lui, et des preuves de ses miracles et de la manifestation de ses signes, et la réfutation de ceux qui les ont niés. » Chapitre [Ce qui commence par ce qui est dans le Coran concernant la déclaration d'incroyance du Messager envers les nations et son désaveu d'elles, alors qu'il était seul et faible] Nous commençons donc par ce qui est dans le Coran, et par ce qui est analogue, que connaît quiconque a entendu ses récits, comme la connaissance du Coran. En effet, chacun de ceux qui ont entendu ses récits, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, sait qu'il est apparu à La Mecque, a déclaré les Juifs mécréants et s'est désavoué d'eux, de même pour les Chrétiens et les Romains, les Perses et les Mages, les Indiens, et son peuple de Quraych et des Arabes. Il a blâmé leurs idoles, déclaré leurs ancêtres mécréants, égaré leurs religions, divisé leurs groupes, et leur a dit : « Allah m'a envoyé et m'a élu parmi les mondes, a fait de moi une preuve contre quiconque a reçu mon appel parmi les premiers et les derniers, a fait de moi le sceau des prophètes et le dernier des messagers. Ma religion prévaudra sur toutes les religions, ma parole et celle de mes disciples s'élèveront, et ils seront les vainqueurs, les dominateurs, les possesseurs. » Or, à ce moment-là, il était pauvre, seul, salarié, ayant des charges, ayant provoqué leur colère et leur rage par cet appel, les ayant couverts d'humiliation malgré son isolement, et ayant exaspéré leur courroux. Ils l'ont interdit et repoussé, après l'avoir blâmé et réprimandé ; puis ils l'ont menacé d'extermination et de destruction, après l'avoir tenté. Mais il les a vaincus dans leur affaire, et a dit : « J'ai dit à mon Seigneur lorsqu'Il m'a envoyé : "Si je dis cela à Quraych, ils m'écraseront la tête." Il m'a dit : "Dis-le et transmets-leur. Cela les mettra en colère, ils déchaîneront leur haine contre toi, ils se ligueront et rassembleront 2 pour te combattre, ils amasseront des armées pour te faire la guerre. Mais Je te protégerai d'eux, et J'enverrai des soldats pour toi, parmi eux et parmi d'autres, et l'issue finale sera en ta faveur." » Il a dit cela et des choses plus fortes encore. Cela est su de quiconque a entendu ses récits, qu'il l'ait cru ou démenti. Il ne cherchait refuge auprès d'aucune créature, ne se tournait vers aucun roi de son temps, ne se raccrochait à aucun être humain. Au contraire, il les a tous visés d'une même flèche d'inimitié, les a tous courroucés, et les a poussés par cet acte à lui être hostiles. Puis il ne s'est pas contenté d'en faire une parole puis de l'oublier ; il l'a plutôt immortalisée et consignée, en a fait un livre qui se lit, un Coran qui se récite, que son ennemi entend. Il a dit : « Mon Seigneur m'a dit, et votre Seigneur et le mien me l'a révélé : "Et lorsque Nous te dîmes : "Ton Seigneur cerne les gens 3." » Et Il a dit : « Ô Messager, transmets ce qui t'a été descendu de ton Seigneur. Si tu ne le fais pas, tu n'auras pas transmis Son message. Allah te protégera des gens 4. » Alors ils 5 redoublèrent de rage contre lui, et ils devinrent, avec les Juifs, les Chrétiens, les Perses et les Mages, une seule main dans leur hostilité envers lui, cherchant à l'atteindre, avides de le tuer. Ils étaient les plus haineux, les plus orgueilleux, les plus tyranniques 6, les plus enclins à la vengeance. Ils ne toléraient pas qu'on critique leurs chevaux et leurs chameaux, comment auraient-ils toléré qu'on blasphème leurs divinités, leurs pères, leurs intelligences, et qu'on égare leurs religions ? Allah le protégea d'eux, alors qu'il était un homme seul parmi eux, dans la demeure de la mort, le fossé de la peur, l'humiliation de l'orphelin, la solitude de l'isolement, ne cherchant refuge auprès d'aucune créature. Allah les écarta de lui, dans cet état. Si cela n'était pas un de ses signes et une preuve de sa prophétie, cela suffirait, serait ample et dépasserait la suffisance, car c'est une annonce de nombreuses choses invisibles. Il a dit à tous les Quraychites, à tous les Arabes, à tous les Juifs, à tous les Chrétiens, et à chacun d'eux : « Vous ne me tuerez pas », malgré ce qu'il leur avait apporté qui les avait courroucés et mis en colère. Par cette parole, il était comme celui qui les incitait contre lui-même, comme celui qui les poussait à lui nuire, tout en les en avertissant. Il fut sauf d'eux malgré ces circonstances. Ce chapitre est suffisant et guérisseur. Un autre chapitre [Sa sécurité, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, malgré leur désir de lui nuire] C'est une position que ne peut tenir un homme sensé, à moins d'être au comble de la confiance en Allah, Puissant et Majestueux, et de la sérénité dans la promesse d'Allah. Car s'il n'en était pas ainsi, les nations arabes et non-arabes n'auraient pas tardé à se fâcher pour leurs religions, à s'indigner pour elles-mêmes et leurs divinités, à l'exterminer, à le tailler en pièces 7, à le tuer et à effacer toute trace de lui. Or, puisqu'il fut sauf malgré leur désir de le tuer, et que les choses aboutirent à ce qu'il avait dit, on sut et on eut la certitude que cela venait d'Allah. Car son cas est semblable à celui qui dirait : « Je vais entrer dans ce feu allumé, et il ne me brûlera pas », ou à celui qui dirait : « Je me précipiterai d'un sommet sur les lances, nu, et elles ne me transperceront pas », ou à celui qui dirait : « J'entrerai parmi ces fauves féroces et affamés que j'ai mis en colère et dont j'ai tué les petits, et qui sont avides de me dévorer et ont besoin de me tuer et de se débarrasser de moi, et je serai sauf d'eux, ils ne me tueront pas. » Ce chapitre est guérisseur. Et un autre chapitre [Sa promesse, alors qu'il était seul, qu'il serait entouré de nombreuses foules] C'est ce qu'il promit et dit alors qu'il était seul : « Je vais avoir des foules et des armées. » Et il en fut comme il dit et annonça. Car lorsqu'il les appela, ils nièrent sa parole, le traitèrent de mécréant, l'accueillirent par le rejet et le démenti. Puis, peu à peu, groupe après groupe lui répondirent, jusqu'à ce qu'il soit entouré d'armées. Ils crurent en sa véracité et en sa prophétie, devinrent pour lui des soldats obéissants, un parti unanime, dépensant leurs biens et versant leur sang dans son obéissance, fuyant leurs pères, tuant leurs fils, quittant leurs patries pour lui et en exécution de ses ordres. Les œuvres les plus pures à leurs yeux étaient celles qui Lui plaisaient, sans qu'Il leur ait distribué de biens de ce monde, ni donné de richesses, ni exercé sur eux une autorité. Au contraire, il était orphelin, pauvre, seul, chargé de famille, nécessiteux. Puis il vint à eux d'une manière qu'aucun prophète avant lui n'était venu dans une situation semblable. Moïse, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, vint à son peuple, les Enfants d'Israël, qui étaient les enfants des prophètes, ayant cru en la Seigneurie et connu la voie vers elle, ayant cru en la prophétie et connu les prophètes avant Moïse, comme Adam, Noé, puis Abraham, Isaac, Jacob et les Tribus. Ils avaient l'habitude d'adorer Allah, croyaient en la Résurrection et la connaissaient. Puis il vint à eux dans l'humiliation, la captivité et l'oppression, sous la main des tyrans coptes et pharaoniques, qui tuaient leurs fils, épargnaient leurs femmes, leur interdisaient les métiers nobles et les professions, les réduisaient à fabriquer des briques, couper du bois et effectuer des travaux pénibles et douloureux. Moïse vint à eux avec ce qu'ils croyaient déjà de la Seigneurie et de la prophétie, puis les fit passer de l'humiliation à la gloire, de la misère au bien-être et au repos, de la pauvreté à la richesse. Puis, après Moïse, vinrent les prophètes avec ce que Moïse leur avait apporté, jusqu'à ce que la prophétie aboutisse au Messie, Jésus, fils de Marie, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Il vint aux Enfants d'Israël avec les lois de Moïse et les prescriptions de la Torah. Ainsi, lui et les prophètes avant lui vinrent à une affaire préparée, familière et connue, à un peuple qui avait l'habitude et la connaissance. Quant à Muhammad, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, il vint à un peuple qui ne connaissait pas la Seigneurie, adorait les idoles, niait la Résurrection et le Retour avec la plus grande négation, ne connaissait ni prophétie, ni pureté, ni prière, ni jeûne, ni aumône. C'étaient les gens les plus orgueilleux, tyranniques et fiers, durs et grossiers, vivant de razzias, versant leur sang, enterrant vivants leurs enfants par crainte du déshonneur. Il les appela, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, à la Seigneurie, à la reconnaissance de la prophétie, de la Résurrection et du Jugement dernier. Il les obligea à la véracité, à la loyauté, à la restitution des dépôts, à l'humilité devant la vérité, à la pureté, à la prière, au jeûne, à la retraite spirituelle, à l'aumône, au maintien des liens de parenté, à la coupure de la main du voleur, à la flagellation du calomniateur, de l'adultère et du buveur de vin, à l'égalité entre les affranchis, les pauvres, les non-Arabes et les faibles en matière de sang, à se désavouer de leurs divinités qu'ils adoraient en dehors d'Allah, de leurs pères et de leurs religions, à reconnaître leur égarement, à professer le désaveu d'eux, à offrir leurs biens et leur sang dans son obéissance, à combattre les nations et à s'opposer aux tyrans et aux rois dans son obéissance 8. Il les prit par toute rigueur, les fit passer du repos à la peine, de la paix à l'hostilité, leur imposa ce qu'ils n'avaient pas l'habitude de faire ni n'avaient promis, leur imposa des charges et des difficultés. Ils lui répondirent avec ces conditions. Sa venue fut donc conforme aux aspects que nous avons mentionnés de ses signes et preuves de sa prophétie, que la prière d'Allah soit sur lui. Nous n'avons fait de l'obéissance de ses compagnons, de la croyance du peuple en lui et de son passage à des armées et des foules une preuve de sa prophétie que parce qu'il avait annoncé auparavant que cela arriverait, et il en fut comme il avait annoncé et dit, selon les aspects que nous avons expliqués et clarifiés. Car il les appela à des choses et à des conditions dont la raison apparente, l'opinion et la prudence exigeaient qu'ils ne lui répondent ni ne le suivent, à moins que cela ne vienne d'Allah et qu'il ne soit confiant en la promesse d'Allah. Son cas est en cela semblable à celui qui dirait : « Cette faible fourmi va vaincre ces armées préparées », ou « Ce fragile verre va broyer ces montagnes dures et solides ». Car il était dans la faiblesse et la solitude, comme les gens le savaient. Puis il les appela à ce qu'ils détestaient, les prit par toute rigueur, leur imposa des choses lourdes et difficiles, comme nous l'avons expliqué précédemment. On sut et on eut la certitude qu'il était la lumière d'Allah et venait d'Allah. Si l'on dit : « Ne leur a-t-il pas permis le butin ? Qu'empêche que leur réponse à lui soit due à cette raison ? » On lui répond : « Cela n'est pas demandé par quelqu'un de raisonnable ou de réfléchi, car ces gens ont cru en sa véracité et en sa prophétie. Leur réponse à lui fut donc pour cela et pour se rapprocher d'Allah, avec satisfaction. Quiconque prétend autre chose a nié ce qui est connu, ou n'a pas entendu les récits. » En effet, ils lui répondirent en acceptant de dépenser leurs biens, de verser leur sang, de tuer leurs pères et leurs fils dans son obéissance et pour lui. Comment un homme sensé, qui réfléchit et médite, pourrait-il dire qu'ils ne lui répondirent que par recherche des biens de ce monde et désir du repos et de l'aisance, alors que c'est tout le contraire ? De plus, s'ils ne l'avaient suivi 9 que pour la razzia et le butin, ils lui auraient dit : « Notre besoin de toi est pour la razzia et le butin ; nous en savons plus que toi, c'est notre métier et notre habitude. Qu'est-ce qui nous pousserait à te suivre, toi et ce que tu as ? Nous ne t'avons suivi que parce que tu nous incites à la razzia et au butin ? Est-ce à cause de l'abondance de tes richesses, de la multitude de tes trésors, de la verdure de tes chevaux et de tes écuries, ou de tes arsenaux ? Tu nous obliges à mécroire en nos pères, à témoigner de leur égarement, à ridiculiser nos nobles, à blâmer notre choix, à nous opposer aux nations et aux rois tyrans, à verser notre sang dans ton obéissance, à tuer quiconque t'est hostile et s'oppose à toi, même s'il s'agit de nos pères, de nos fils ou de nos frères, à quitter nos patries et nos épouses, à abandonner les plaisirs comme boire du vin, porter de la soie, assouvir notre vengeance en tuant quiconque nous insulte ou blâme nos pères, selon nos coutumes en cela, puis nous n'obtenons, lorsque nous prenons quelque chose par notre force et notre épée, après avoir risqué notre vie, que de te le remettre et que tu nous en donnes une partie ? » Cela, même les femmes ne le choisiraient pas, comment donc les Émigrés et les Auxiliaires qui lui répondirent, par qui il devint puissant et protégé, et qui endurèrent ces conditions qu'il avait imposées ?

Ensuite, s'il n'était pas prophète, ils ne savent pas s'il obtiendra un butin 10 ? Peut-être que rien de ce qu'il promet ne se réalisera pour lui, alors ils ne l'auraient pas suivi, contrairement à ce que suppose l'adversaire. Si cela n'avait pas eu lieu parmi les gens de la dhimma 11 et les catégories de zindīqs 12, et s'ils n'avaient pas dépassé les bornes envers un peuple qu'ils prétendent être musulmans, nous ne l'aurions pas mentionné. Mais c'est une chose par laquelle ils font trébucher les musulmans qui ne réfléchissent pas à ce qui en est, et qui se laissent tromper par l'apparence. Ceux qui prétendent être musulmans et faire partie de la khaṣṣa al-khāṣṣa 13, et de ceux qui connaissent ce que les autres ignorent, et que les choses ont des profondeurs et des aspects cachés qu'ils ont connus, alors celui qui les entend croit, parmi les Muhājirūn 14 et les Anṣār 15, les insouciants, les sots et les faibles d'esprit. Mais celui qui réfléchit sait qu'ils sont les plus doués d'intelligence parmi les créatures de Dieu, les meilleurs dans l'acquisition, les plus rapides à saisir les choses cachées et subtiles. Il n'y a pas de différence entre celui qui accuse les Muhājirūn et les Anṣār de cela et celui qui accuse le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) de cela. Car les traces de l'intelligence des Muhājirūn et des Anṣār sont connues dans leurs actions, leur gestion du monde, leur politique envers ses habitants, l'organisation de leurs élites et de leur peuple, et leur prise en main des mains des rois rusés et des sages des gens. Le détail de cela serait long. Si l'on dit : « Qui vous accorde l'intelligence de votre compagnon pour que vous disiez que celui qui attaque l'intelligence des Muhājirūn et des Anṣār est comme celui qui attaque l'intelligence du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) ? » On lui répond : Ses ennemis ne la lui refusent pas, car ils ont dit : « Ce qui a rassemblé les Muhājirūn et les Anṣār, alors qu'il était pauvre, seul, salarié, chargé de famille, et qu'il les a appelés à ce que nous avons mentionné et aux conditions que nous avons énoncées, n'a été possible que grâce à une intelligence abondante, une clémence vaste, une douceur dans la gestion, une bonne manière d'agir, une connaissance des conséquences et une grande perspicacité. » C'est ce que dit son ennemi à son sujet. Quant à son allié, il dit : « Cela, un homme sensé ne peut l'atteindre par sa seule intelligence, même s'il était le plus parfait des hommes en intelligence, le plus vaste en science et en clémence, et le plus riche en biens. Cela ne peut se produire dans ces conditions que par la disposition de Dieu (Puissant et Majestueux), qui possède les intelligences et retourne les cœurs, et par une révélation de Sa part (Puissant et Majestueux). » Si les ennemis prétendent que ce qui s'est accompli pour lui s'est fait avec une intelligence faible, une incapacité et une confusion, alors ils sortent de toute raison, se dépouillent de tout discernement et de tout profit, se rendent ridicules, s'attirent des malheurs, donnent à leur adversaire plus qu'il n'a demandé, et témoignent que Dieu a brisé pour lui les habitudes 16 plus qu'Il ne les a brisées pour quiconque parmi tous les hommes ayant prétendu à la prophétie, à la sagesse ou autre. Car ils prétendent que ce qui s'est accompli pour lui s'est fait dans ces conditions et de cette manière avec une intelligence faible, un caractère vil, un manque de prudence et de clémence, et une longue insouciance. Lorsque son intelligence apparaît à celui qui réfléchit parmi ses ennemis, il sait que l'intelligence des Muhājirūn et des Anṣār est semblable à la sienne ou proche, et de même celle des Quraysh 17 puis des Arabes. Car les sages et les philosophes disent : « Les nations intelligentes sont : les Arabes, les Perses, les Indiens et les Romains. » Puis ils disent : « Les plus intelligentes des quatre sont les Arabes et les Perses. » Ensuite, ils divergent pour savoir lesquels sont les plus intelligents, les plus sages et les plus perspicaces : les Perses ou les Arabes ? Ils débattent de cela et mentionnent ce que chaque nation possède comme recommandations, sagesse, gestion et politique. C'est ce que ne peut nier l'homme sensé, réfléchi et méditatif. Si l'intelligence du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a été reconnue par son ennemi et son allié, alors celui dont l'intelligence est telle ne vient pas vers ces nations et ne les affronte pas avec ces difficultés que nous avons détaillées, alors qu'il est seul comme nous l'avons dit, puis il dit : « Ne me tuez pas » alors qu'ils sont avides de le tuer, et il dit : « Vous deviendrez mes alliés 18 » malgré la dureté de ce à quoi il les appelle, sans être confiant en ce qu'il dit ni tranquille sur ce qu'il annonce. Puis il ne se contente pas de cela, mais il en fait un livre à lire, un Coran à réciter, et le met dans la main de son ennemi en disant : « Nous leur montrerons Nos signes dans les horizons et en eux-mêmes, jusqu'à ce qu'il leur devienne évident que c'est la vérité » 19. Par « horizons », il entend l'apparition de l'islam sur eux et la propagation de son appel jusqu'à eux, car il avait promis cela alors qu'il était à La Mecque et lorsqu'il a revendiqué la prophétie. Ils disaient : « Muhammad espère-t-il dominer les horizons ? Non, ni même La Mecque, ni une seule maison de La Mecque. » « Et en eux-mêmes », il entend : l'islam de ceux d'entre eux qui embrassent l'islam après le rejet et le démenti, et de ceux qui persistent dans leur démenti et meurent dans leur polythéisme, selon ce que tu apprendras peut-être en détail. Dans ce sens, Sa parole (Puissant et Majestueux) : « L'homme a été créé de hâte. Je vous montrerai Mes signes, ne Me hâtez donc pas » 20. Car le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), lorsqu'il mentionnait l'apparition de sa religion, la victoire de ses compagnons et leur massacre de leurs ennemis, ils considéraient cela comme improbable, voire impossible, et juraient que cela n'arriverait jamais. Alors il répondait : « L'homme a été créé de hâte. Je vous montrerai Mes signes, ne Me hâtez donc pas. » Dans ce sens aussi, Sa parole (Puissant et Majestueux) : « Si ceux-ci y mécroient, Nous avons confié cela à un peuple qui n'y mécroit pas » 21. Il entend par « ceux-ci » : Abū Jahl, Abū Lahab, ʿUqba ibn Abī Muʿayṭ, al-Walīd ibn al-Mughīra, al-ʿĀṣ ibn Wāʾil et leurs semblables parmi les ennemis du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Dieu a ainsi consolé Son Prophète et lui a annoncé un peuple qui lui obéirait et le suivrait. Il lui a alors facilité les Muhājirūn et les Anṣār, comme Il le lui avait promis. Il lui a rappelé l'accomplissement de cette promesse et la réalisation de cette promesse, en disant (Puissant et Majestueux) : « Et s'ils veulent te tromper, alors Dieu te suffit. C'est Lui qui t'a soutenu par Son secours et par les croyants. Et Il a uni leurs cœurs. Si tu avais dépensé tout ce qui est sur la terre, tu n'aurais pas uni leurs cœurs, mais Dieu les a unis. Il est Puissant et Sage » 22. Car la réunion des Muhājirūn et des Anṣār autour de lui, leur croyance en sa prophétie, leur sincérité dans l'obéissance, dans les conditions mentionnées précédemment et selon les modalités sur lesquelles il a établi son appel, ne peut se produire ni s'accomplir par l'accord de tout ce qui est sur terre. Cela ne peut être que par la disposition de Dieu et Son action, et c'est l'un de Ses signes par lesquels Il a brisé les habitudes. De même, Sa parole : « Et rappelez-vous le bienfait de Dieu sur vous : lorsque vous étiez ennemis, Il a uni vos cœurs, et vous êtes devenus, par Son bienfait, frères. Et vous étiez au bord d'un abîme de Feu, et Il vous en a sauvés. Ainsi Dieu vous montre Ses signes, afin que vous soyez guidés » 23. Or, ils étaient des gens sensés qui connaissaient cela. Il n'est pas raisonnable qu'un chef dise à ses partisans : « Vous étiez ennemis, vous vous haïssiez les uns les autres, puis vous êtes devenus frères, vous vous témoignez mutuellement une affection sincère, et c'est par moi que Dieu vous a guidés et rassemblés », alors qu'il sait qu'ils savent qu'il leur ment. Cela, pour un chef qui ne prétend pas à la prophétie, comment en serait-il pour celui qui prétend à la vérité et à la prophétie ? Cette parole, l'ennemi du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) l'a entendue de la part des Juifs, des Chrétiens, des Quraysh et des Arabes, et sa vérité les a réduits au silence, et son accomplissement et sa réalisation ont ébloui leurs intelligences, car ils se sont rassemblés autour de lui dans les conditions déjà mentionnées, contrairement au rassemblement des partisans autour d'un orateur royal ou d'un chercheur de biens terrestres. Si l'on dit : « ʿAlī ibn ʿAbd Allāh ibn al-ʿAbbās ibn ʿAbd al-Muṭṭalib, l'oncle du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), et son fils Muḥammad, et les fils de Muḥammad, comme Ibrāhīm l'Imām et ses frères, comme Abū al-ʿAbbās, Abū Jaʿfar et autres, n'étaient-ils pas opprimés et vaincus par les Omeyyades ? Ils ont appelé à eux-mêmes au Khurāsān, ont été répondus, ont eu des armées et des rassemblements, ont vaincu les Omeyyades, les ont tués et ont pris tout ce qu'ils possédaient, sauf le pays d'al-Andalus en terre du Maghreb. Pourquoi la voie de votre Prophète et sa victoire ne seraient-elles pas cette voie ? Sinon, il vous incomberait de dire que les ʿAbbassides sont prophètes, comme vous dites que votre compagnon est prophète. » On lui répond : Nous avons déjà traité cela une fois et avons montré la réponse. Nous n'avons pas dit que Muḥammad (que Dieu prie sur lui et le salue) est prophète parce qu'il a obtenu une autorité, est devenu suivi et a eu des armées, mais parce qu'il a annoncé des choses avant qu'elles ne se produisent, d'une manière contraire au cours habituel des choses, voire une rupture des habitudes. Car il est venu aux gens seul, pauvre, salarié, les a irrités, fâchés, disputés, et ils l'ont combattu. Il a annoncé qu'ils seraient vaincus et qu'il les vaincrait et les dominerait. Ils ont dit : « Au contraire, nous te vaincrons et te détruirons. » Or, ce qu'exigeait la prudence et ce que dictait la raison, c'était que la victoire soit pour eux, non pour lui, à moins que cela ne vienne de Dieu et qu'il ne soit un messager de Dieu. Car eux, les Juifs, les Chrétiens, les Perses et les Mages 24 étaient d'une seule main dans leur inimitié envers lui, leur désir de le tuer, d'éteindre sa lumière et d'empêcher ses partisans. Les hommes, les chevaux 25 et les armes étaient avec son ennemi, non avec lui. Puis les choses ont abouti à ce qu'il avait dit, comme il l'avait annoncé et expliqué. Telle n'a pas été la voie des ʿAbbassides, car ils n'ont pas revendiqué la prophétie ni la mission, et ils n'ont pas apporté ce qu'il a apporté en matière d'annonces de l'invisible. Autre chose : les ʿAbbassides se sont adressés aux musulmans du Khurāsān, qui avaient déjà cru en la prophétie de Muḥammad (que Dieu prie sur lui et le salue), pratiquaient sa Loi, appliquaient ses limites, désapprouvaient ce qu'il désapprouvait, honoraient ceux qu'il honorait, vénéraient ceux qu'il vénérait, et méprisaient ceux qui commettaient les péchés majeurs. Ils se sont plaints à eux de ce qui était arrivé aux Banū Hāshim 26 en particulier et aux musulmans en général de la part des Omeyyades. Les Banū Hāshim étaient alors une seule parole, sans divergence ni séparation. Les descendants d'al-ʿAbbās, les descendants de ʿAlī, les descendants de Jaʿfar et les descendants de ʿAqīl 27, ainsi que tous les Banū Hāshim, étaient unanimes. Ils ne divergèrent qu'après que le pouvoir et la royauté furent passés aux ʿAbbassides, à l'époque d'Abū Jaʿfar al-Manṣūr, lorsqu'il y eut entre lui et ses cousins, les descendants d'al-Ḥasan, ce qui est connu. C'est alors qu'ils divergèrent. Les Banū Hāshim rappelèrent aux gens du Khurāsān ce que Busr ibn Arṭāt avait fait à ʿUbayd Allāh ibn al-ʿAbbās ibn ʿAbd al-Muṭṭalib : il l'avait attaqué alors qu'il était gouverneur du Commandeur des croyants ʿAlī ibn Abī Ṭālib (que Dieu l'agrée), il s'était enfui de ses mains, et Busr avait trouvé ses deux jeunes fils et les avait tués, ainsi qu'un groupe de ses compagnons 28. Ils leur rappelèrent le meurtre de Ḥujr ibn ʿAdī et de ses compagnons 29, celui de Karbalā' et des Banū Hāshim qui y furent tués, le meurtre de Muslim ibn ʿAqīl 30, la bataille de la Ḥarra 31, l'armée des Tawwābūn 32 des gens de ʿAyn al-Warda, ce qu'ils firent subir à la Kaʿba lors du combat contre la famille d'al-Zubayr 33, puis ceux qu'ils tuèrent parmi les qurrā' 34 ou les juristes qui s'étaient soulevés avec ʿAbd al-Raḥmān ibn Muḥammad ibn al-Ashʿath 35 pour désapprouver al-Ḥajjāj et ʿAbd al-Malik ibn Marwān, le meurtre de Zayd ibn ʿAlī et de Yaḥyā ibn Zayd 36, et l'action d'al-Walīd ibn Yazīd ibn ʿAbd al-Malik 37 qui but du vin et le fit publiquement. Ainsi, les ʿAbbassides et leurs prédicateurs excitèrent les gens du Khurāsān par cela. Les ʿAbbassides arrivèrent donc sur une affaire préparée, une armée rassemblée, et un peuple musulman qui avait cru au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), agréé ce qu'il avait agréé, et s'était fâché de ce qui fâchait le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Les ʿAbbassides se sont donc rapprochés du Messager de Dieu, ont cherché refuge auprès de sa communauté et de ceux qui croyaient en lui. Ce qui s'est accompli pour eux s'est donc accompli par le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), ils se sont abrités sous son ombre, et se sont couverts par lui. Telle est la voie de quiconque, après lui (que Dieu prie sur lui et le salue), revendique l'imamat 38 parmi les Banū Hāshim et tous les Quraysh, ou prétend être des Quraysh.

Tous, sans exception, se sont attachés au Messager d'Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, se sont abrités en lui, ont cherché refuge et protection auprès de lui, et c’est grâce à lui que ce qui a été accompli pour eux l’a été. Tu trouveras cela chez chacun d’eux, un par un, aux quatre coins de la terre, d’Orient en Occident, et tu discerneras le vrai du faux, le légitime de l’imposteur. Où donc cela se situe-t-il par rapport à l’appel du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – et à sa voie, telle que nous l’avons exposée et expliquée ? Si l’on dit : « N’a-t-il pas, en prétendant la prophétie, brandi l’épée contre ceux qui s’opposaient à lui, et combattu, avec ceux qui lui obéissaient, ceux qui lui désobéissaient ? Qu’avez-vous à dire contre le fait que ce qui s’est accompli pour lui, du début à la fin, ne s’est accompli que par l’épée et par la contrainte, et non par des signes et des miracles ? » On lui répondra : Nous n’avons pas nié qu’il ait brandi l’épée. Notre propos porte uniquement sur ceux qui sont devenus des épées pour lui, des armées, et par lesquels il a pris le dessus sur son ennemi. Ceux-là, en effet, ont répondu à son appel sans qu’il y ait eu ni biens matériels ni épée, comme nous l’avons déjà exposé et expliqué. C’est par leur soumission à lui que sa prophétie s’est confirmée et que les preuves de sa mission sont apparues. Car il n’a pas créé des gens qui auraient porté les armes avec lui ; ce sont les émigrés (al-Muhâjirûn) et les auxiliaires (al-Ansâr), issus de Quraysh et d’autres Arabes, qui ont répondu à son appel, alors qu’il leur apportait la déclaration d’impiété (takfîr) à leur encontre et à l’encontre de leurs pères, comme nous l’avons expliqué et détaillé, tandis qu’il se trouvait dans l’isolement et la pauvreté, comme nous l’avons mentionné. Il demeura à La Mecque, après sa prétention à la prophétie, quinze années, appelant les gens à sa religion ; des individus, un par un, lui répondaient, en proie à une grande peur, tandis que Quraysh et ses autres ennemis s’étaient déchaînés contre lui – qu’Allah prie sur lui et le salue – et contre ceux qui le suivaient et lui obéissaient. Ils les frappaient, les soumettaient à de terribles tortures, leur interdisaient les moyens de subsistance, et s’engageaient mutuellement à ne pas commercer avec eux, à ne pas les consulter, à ne pas contracter de mariages avec eux. Ils rédigèrent même des pactes écrits à ce sujet. Avant l’hégire, ils tuèrent parmi eux des hommes et des femmes, et ils guettaient le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – ainsi que ses prédicateurs lorsqu’il se rendait aux foires saisonnières (al-mawâsim) pour appeler les gens, manifester ce qu’il portait et réciter le Coran. Ils disaient aux Arabes : « Celui-ci est des nôtres ; il a apostasié (saba’a) ; c’est un sorcier, un menteur. Ne lui obéissez pas et n’écoutez pas ce qu’il apporte. Nous le connaissons mieux que vous. Il a traité nos esprits de légers, égaré nos religions, déclaré impies nos pères, divisé nos rassemblements, corrompu nos jeunes, nos esclaves et nos femmes. » Ensuite, lui-même – qu’Allah prie sur lui et le salue – était lapidé, frappé de coups violents, piétiné ; on jetait sur sa tête des excréments et de la terre ; il subissait, lui et ses compagnons, des tourments dont le récit serait long. Ses compagnons, malgré leur noblesse et celle de leurs familles, n’avaient aucun répit ; il ne leur était pas possible de rester en place à cause des épreuves qui les frappaient, jusqu’à ce qu’ils fuient avec leur religion vers les régions et les pays, traversant même les mers pour se rendre en terre d’Abyssinie. Quraysh, apprenant leur destination, envoya des émissaires à leur poursuite, les incita contre eux, les fit fuir, et dépensa des fortunes pour cela. Ils envoyèrent au Négus (al-Najâshî), roi d’Abyssinie – qui était alors chrétien – des émissaires pour le détourner des musulmans qui avaient fui avec leur religion vers la terre d’Abyssinie. Quraysh lui fit parvenir des présents, le flatta, et lui dit : « Ce sont des gens des nôtres ; ils ont suivi un homme des nôtres qui les a corrompus. Il est notre ennemi et l’ennemi des chrétiens ; il dit du Messie qu’il est un serviteur créé. Livre-les-nous. » Parmi eux se trouvaient ‘Uthmân ibn ‘Affân, accompagné de son épouse Ruqayya, fille du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, Ja‘far ibn Abî Tâlib, accompagné d’Asmâ’ bint ‘Umays, Khâlid ibn Sa‘îd ibn Abî Uḥayḥa, al-Zubayr ibn al-‘Awwâm, ‘Ammâr ibn Yâsir, Abû Ḥudhayfa ibn ‘Utba, et environ une centaine de notables émigrés. Ils eurent avec l’émissaire de Quraysh auprès du Négus des séances et de longues disputes. Finalement, la victoire revint aux musulmans ; leur argumentation prévalut, et le Négus, roi d’Abyssinie, la reconnut, embrassa l’islam et acquit la clairvoyance. Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – ne cessa de s’offrir aux gens lors des foires saisonnières, lorsque les tribus arabes se rassemblaient. Il se rendit à Tâ’if, appelant à Allah et disant : « Je suis le Messager d’Allah. Qui me protégera jusqu’à ce que je transmette le message de mon Seigneur ? » Quraysh le suivait et empêchait quiconque de le suivre. Il s’offrit aux tribus, accompagné d’Abû Bakr al-Ṣiddîq et de ‘Alî ibn Abî Tâlib, tandis que son oncle Abû Lahab disait à ces tribus : « Nous sommes ses proches et nous le connaissons mieux que vous. N’écoutez pas ce qu’il dit et n’acceptez pas sa parole. » Ces tribus accueillaient le Messager d’Allah avec rudesse, disant : « Les tiens te connaissent mieux. S’il y avait du bien en toi, ils t’auraient suivi. Laisse-nous. » Il en fut ainsi jusqu’à ce qu’il parvînt à Rabî‘a et à Dhuhl ibn Shaybân. Il leur parla et leur récita le Coran. Ils dirent : « Nous sommes sur cette eau de Dhî Qâr. Chosroès (Kisrâ) nous a imposé de ne rien innover et de ne pas accueillir d’innovateur. Ce que tu apportes et auquel tu appelles est détesté par les rois. Si tu veux, nous te protégerons, mais pas contre les rois. » Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – dit : « Vous n’avez pas mal agi en refusant, puisque vous avez dit la vérité avec franchise. Cette religion ne sera embrassée que par ceux qui la protégeront de tous côtés. Que pensez-vous si Allah vous donne la victoire sur eux, vous fait hériter de leur terre, de leurs demeures et de leurs biens, et vous donne leurs femmes en partage ? L’adorerez-vous et l’adorerez-vous comme il se doit ? » Ils furent étonnés de sa parole et de son audace à affirmer que le royaume de Chosroès disparaîtrait par son appel et que son royaume reviendrait à ses compagnons, trouvant cela improbable et considérant comme immense le royaume de Chosroès, qui ne pourrait disparaître même par des rois puissants, forts et riches, alors comment disparaîtrait-il par cet homme seul et pauvre ? Puis ils dirent : « Celui-ci est sensé ; il n’aurait pas dit cela et exposé sa personne aux rois s’il n’était pas sûr de lui. » Puis ils s’éloignèrent de lui sans lui répondre. Il ne cessa d’appeler et de s’offrir lors des foires saisonnières, lorsque les Arabes se rassemblaient, jusqu’à ce que les Auxiliaires (al-Ansâr) le rencontrèrent. Ils l’écoutèrent, lui répondirent, embrassèrent l’islam, partirent pour Médine, appelèrent à l’islam, puis d’autres revinrent l’année suivante et lui prêtèrent serment d’allégeance (bay‘a) alors qu’il résidait à La Mecque. Puis ils revinrent une troisième année avec d’autres, lui prêtèrent serment et retournèrent à Médine, et l’islam y apparut. Les Auxiliaires – qu’Allah les agrée – étaient deux grandes tribus parmi les tribus du Yémen, dotées de force, de puissance, de richesses, d’une épine redoutable (shawka), de nombreux hommes et d’équipement. Ils vinrent à lui, entendirent son appel et ses arguments, et lui répondirent en se désolidarisant de leurs religions antérieures et de leurs pères, en s’engageant à offrir leurs biens et leur sang, et à s’opposer aux rois des Arabes et des non-Arabes dans l’obéissance à lui, pour lui et à cause de lui. Combien de tribus arabes ont embrassé l’islam et répondu à l’appel sur cette même voie, comme la tribu d’Aslam, la tribu de Ghifâr – toutes deux issues des tribus de Khuzâ‘a et de Kinâna –, comme ceux qui ont embrassé l’islam parmi ‘Abd al-Qays – qui étaient parmi les cavaliers de Rabî‘a et leurs hommes –, parmi les tribus de Fazâra, parmi les tribus de Juhayna, sur cette même voie. Combien ont embrassé l’islam parmi les habitants du Yémen, parmi ses rois issus de Ḥimyar et d’autres, jusqu’à ceux qui ont embrassé l’islam parmi les rois d’Oman, issus des descendants d’al-Julandâ ibn Kurkur. Combien ont embrassé l’islam parmi les non-Arabes et les Nabatéens de Ṣan‘â’, qui étaient les soldats de Chosroès, et qu’il avait envoyés avec Sayf ibn Dhî Yazan pour le venger des rois d’Abyssinie qui avaient tué son père. Leur histoire te parviendra peut-être plus en détail que cette explication. Ceux qui ont répondu à son appel – qu’Allah prie sur lui et le salue – à ces conditions et sans guerre sont donc une multitude de créatures et des nations immenses, qui sont mentionnées, connues des gens de science. Quiconque veut connaître cela jusqu’à se trouver dans leur situation le peut et en trouve le moyen. Ce sont ceux qui ont embrassé l’islam pour Allah, par crainte et par recherche de la proximité d’Allah, et ce sont ses armées. Lorsque naquit l’innovation des Khârijites (al-Khawârij) – la première innovation apparue en islam –, puis, après elle et après un long temps, naquit l’innovation de l’irjâ’ (al-Irjâ’), puis, après elle, après un long temps, naquit l’innovation du destin (al-Qadar), et après l’innovation du destin, après un long temps, naquit l’innovation du rejet (al-Rafḍ). Les savants disaient : « N’insultez pas les compagnons de Muḥammad – qu’Allah prie sur lui et le salue –, car ils ont embrassé l’islam par crainte d’Allah, tandis que les gens ont embrassé l’islam par crainte de leurs épées. » L’islam se répandit à Médine et parmi ces tribus ; la prière y fut établie, l’aumône légale (zakât) y fut acquittée, les prières en congrégation et la prière du vendredi (jum‘a) y furent instaurées, le Coran y fut récité, et Médine devint la demeure de l’hégire (dâr al-hijra). Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – résidait à La Mecque, confiné dans le ravin (al-shi‘b), subissant des tortures et toutes sortes de maux, lui et ses compagnons, jusqu’à ce qu’il émigrât à Médine avec Abû Bakr al-Ṣiddîq, dans l’hégire bien connue. Ce sont donc ceux qui ont répondu sans guerre, et avant la guerre nous avons argumenté, et c’est là le lieu de notre preuve dans ce verset où Il a annoncé, alors qu’il était dans cet état, que vous répondriez à mon appel. Et nous avons, dans les guerres et les combattants, d’autres preuves que nous mentionnerons peut-être pour toi dans ce livre, si Allah le veut. Si l’on dit : « N’est-ce pas son oncle Abû Tâlib, bien que n’étant pas de sa religion, qui le défendait, intercédait pour lui auprès de Quraysh, les réprimandait à son sujet, leur rappelait sa véracité et sa loyauté – alors que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – était connu parmi eux avant la mission comme Muḥammad al-Amîn (le Digne de confiance) – et leur demandait de cesser de lui nuire et de l’offenser ? Abû Bakr al-Ṣiddîq l’a soutenu, l’a cru et a ouvertement pris sa défense, dépensant ses biens pour les calamités de l’islam et pour affranchir ceux qui étaient torturés pour Allah, et un groupe d’habitants de La Mecque l’a suivi. ‘Umar a embrassé l’islam avant l’hégire et a ouvertement déclaré : “Nous n’adorerons pas Allah en secret.” Comment donc prétendez-vous qu’il était seul et vaincu alors qu’il était à La Mecque ? » On lui répondra : Nous savons bien que lorsqu’il appela, il était seul, tous les gens étant contre lui. Le fait que ces gens aient répondu et qu’Abû Tâlib l’ait défendu ne porte pas atteinte à ce que nous avons avancé comme preuve ; c’est au contraire une preuve de ce que le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – avait dit avant d’être exaucé, à savoir qu’il serait exaucé et secouru. Pourtant, malgré le soutien de ces gens, leur réponse à son appel et la défense d’Abû Tâlib, ni eux ni lui ne cessèrent d’être, à La Mecque, vaincus et opprimés, jusqu’à ce qu’ils fuient leurs ennemis avec leur religion. Si l’on dit : « Puisqu’Allah avait promis à ces prophètes, selon votre prétention, la victoire et la manifestation, pourquoi ont-ils fui leurs ennemis ? Moïse a bien fui Pharaon avec les enfants d’Israël de nuit et en secret, et il a empêché d’allumer des feux de peur que Pharaon et ses soldats ne les voient et ne les repèrent, alors qu’il était accompagné de signes et de miracles. Jésus a fui d’un lieu à un autre, selon votre prétention et celle des chrétiens ; leurs récits et leurs Évangiles disent que Joseph le charpentier a fui avec Jésus et sa mère de Jérusalem vers l’Égypte, par crainte d’Hérode, roi des enfants d’Israël, et ils y demeurèrent douze ans, alors qu’il était accompagné, selon votre prétention et celle des chrétiens, de signes et de miracles. Votre compagnon a fui Quraysh et a séjourné dans la grotte avec Abû Bakr pendant trois jours, alors qu’il était accompagné, selon votre prétention, de signes et de miracles. » Nous répondons : Leur fuite ne porte pas atteinte à leurs signes (a‘lâm). Ce qu’ils ont dit – qu’ils ne fuient pas et ne se protègent pas – ne se vérifie pas, car leur fuite ne constitue pas un démenti. Tout ce qui leur a été promis et qu’ils ont annoncé avant que cela n’advienne s’est accompli et réalisé comme ils l’avaient dit et stipulé avant que cela n’advienne. Leur fuite n’implique pas non plus une proximité avec leur ennemi ni une dissimulation (mudâhana) ; au contraire, ils ont eu besoin de fuir pour éviter la dissimulation et la proximité, et en raison de la violence de leur opposition ouverte à leur ennemi, de leur acharnement à le provoquer et à l’humilier. S’ils avaient été proches de l’ennemi et s’en étaient protégés, ils n’auraient pas eu besoin de fuir. Retiens donc ceci, car tu en auras besoin. En effet, un groupe qui prétend être les disciples des prophètes parmi les musulmans a autorisé, pour les prophètes d’Allah et pour celui qui est la preuve d’Allah sur Ses créatures, la dissimulation (mudâhana).

Quant à se rapprocher des associateurs et des ennemis de la religion, et au fait que les prophètes louent les associateurs, purifient les ennemis de la religion et le manifestent, et qu'ils blâment les croyants et se désavouent des prophètes et des messagers par peur des associateurs, ils prétendent que leur argument en cela est la fuite du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et sa dissimulation dans la grotte pendant trois jours 39. Nous avons montré qu'ils n'ont aucun argument en cela, mais que c'est plutôt un argument contre eux, et que ce qui a poussé les prophètes à fuir est l'intensité de la confrontation 40 et l'abandon de la proximité. Celui qui dit cela n'a pas confiance dans les actes et les paroles des prophètes, ni dans la purification de ceux qu'ils ont purifiés, ni dans la malédiction de ceux qu'ils ont maudits, car ils ont dit qu'il est possible que l'apparent des prophètes soit contraire à leurs secrets et à leurs consciences. De plus, il n'est pas permis que l'apparent des prophètes soit contraire à leur intérieur, même s'ils craignent ou sont tués. C'est un principe important, connais-le. Si l'on dit : Vous prétendez que les ennemis de votre Prophète parmi les Quraysh, les Arabes, les Juifs et les Chrétiens ont incité à le tuer alors qu'il était à La Mecque, dans cet état d'isolement, d'humiliation et de faiblesse de ses partisans. Qui vous a donné cela ? Qui vous l'a livré ? On lui répond : Celui qui a entendu ses récits et les récits du peuple avec lui le sait d'un savoir sans aucun doute, comme il sait qu'ils l'ont traité de menteur, se sont opposés à lui, et ont été irrités par ce qu'il a apporté, légiféré et appelé. Il n'y a pas de différence entre celui qui dit qu'ils n'ont pas incité à le tuer et celui qui dit qu'ils ne l'ont pas traité de menteur, ne l'ont pas blâmé, ne se sont pas désavoués de lui, n'ont rien nié de ce qu'il a apporté, ne se sont pas opposés à lui, et prétend que lui non plus ne s'est pas opposé à eux, n'a pas blâmé leurs religions et leurs divinités, n'a pas revendiqué la prophétie, et ne s'est pas opposé à eux concernant la résurrection et la dispersion. Ils ont également incité à cela alors qu'il était à Médine, et ses ennemis parmi les Arabes, les Juifs et les Chrétiens étaient avec lui, nombreux, installés à Médine et autour d'elle dans leurs forteresses et leurs châteaux forts, l'entourant comme une couronne. Ils ont trahi, et Quraysh leur a envoyé des messages à ce sujet, et a dépêché plus d'un. Il y eut [l'affaire] de 'Amir ibn al-Tufayl et d'autres dans les situations où il était seul, mais Dieu les a détournés de lui par diverses formes de détournement, comme Il a détourné Abu Jahl, 'Uqba ibn Abi Mu'ayt et ceux qui étaient à La Mecque, comme cela est mentionné. Combien de fois lui ont-ils versé du poison dans la nourriture, mais Dieu l'en a préservé. Ils l'ont visé tout au long de sa vie. Il était avec eux à Médine dans l'humilité, l'isolement et l'abandon la plupart du temps, dans un état semblable à celui de La Mecque. Il n'était en groupe que dans ses voyages et ses guerres. Quant à ses maisons et aux chambres de ses épouses, elles étaient en branches de palmier. Les gens de raison et de savoir savent comment des tyrans parmi les rois ont été assassinés dans leurs forteresses et leurs palais, derrière des portes de fer, protégés par leurs gardes du corps partageant leurs bienfaits avec leurs esclaves, comme le fit Shirwaih avec Kisra Abrawiz 41, et avant lui parmi les rois de Perse ceux qui suivirent cette voie. Et comme il arriva à al-Mutawakkil de la part d'al-Muntasir, puis à son fils, jusqu'à ce qui arriva comme assassinat de Muhammad ibn al-Mu'tadid, surnommé al-Qahir bi-llah, puis d'al-Muttaqi, puis d'al-Mustakfi, et jusqu'à ce qui arriva à al-Ahsa' à Dhakira al-Isfahani de la part de ses soldats et de ses partisans, en l'an 356 de l'Hégire, au milieu de sa demeure et de ses palais les plus fortifiés, autour de lui et dans sa chambre, avec plus de deux mille hommes armés de gardes, et il fut tué seul parmi eux, et sa tête fut élevée. Parmi ceux-ci, nul n'a irrité les gens autant que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ne les a irrités, nul n'a revendiqué ce qu'il a revendiqué, nul n'a rappelé à son ennemi son inimitié, ne l'a éveillé et poussé à le tuer, et n'est sorti vers lui avec sa propre personne et ce qu'il voulait accomplir, comme le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Car il vint à eux de la manière que nous avons mentionnée, dans l'isolement et la pauvreté, et les frappa de cette inimitié, puis dit : "Ne me tuez pas, mais c'est moi qui vous tuerai, vous capturerai et violerai vos forteresses." Et il en fut comme il l'avait dit. Si l'on dit : Qui vous a livré que les Émigrés et les Auxiliaires croyaient en sa prophétie et en sa véracité, surtout que parmi les gens de votre religion aujourd'hui, des groupes de shi'ites disent qu'Abu Bakr, 'Umar, 'Uthman, ces groupes, les Émigrés et les Auxiliaires n'ont jamais cru en lui, n'ont jamais cru en sa véracité, ni en sa grandeur, ni en sa vénération, ni en son respect, et qu'ils n'étaient que des visiteurs 42 contre lui, croyant en son mensonge, en sa fabrication et en sa ruse, et que leur suivre n'était que moquerie de lui, traîtrise envers lui, raillerie de lui, guet de ses faux pas, corruption de son affaire, annulation de sa gestion, et lutte contre lui pour la suprématie, et qu'ils ne lui ont jamais accordé aucune valeur. Ceux qui croyaient en ce que vous prétendez n'étaient qu'un petit nombre, vaincus et opprimés par ces groupes d'Émigrés et d'Auxiliaires, et ils quittèrent ce monde en état de contrainte et de domination de la part de ces Émigrés et Auxiliaires. Ils ont à ce sujet des récits, des paroles et des textes qu'ils prétendent venir de votre compagnon, et des écrits qui ont rempli le monde. On lui répond : Nous n'avons pas dit d'Abu Bakr, 'Umar, 'Uthman et de ces nobles et notables parmi les Émigrés et les Auxiliaires qu'ils ont cru en sa sincérité et en sa véracité, à cause de la réunion de ceux que tu as mentionnés parmi les shi'ites avec nous. Nous avons plutôt dit cela en examinant leurs états et par la déduction que nous t'avons mentionnée. Cela ne portera pas atteinte à nos sciences, et ne nous rendra pas étrangers l'opposition de quiconque parmi les créatures de Dieu. Nous avons expliqué comment fut son appel et à quelle condition fut la réponse des gens. Nous savions, avant même de connaître sa prophétie et sa véracité, que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — aimait Abu Bakr, 'Umar, 'Uthman et ce groupe d'Émigrés et d'Auxiliaires, et qu'ils l'aimaient, qu'il était leur allié et ils étaient ses alliés, qu'ils étaient ses confidents, ses intimes, ses dépositaires pour sa personne, sa religion et sa famille, et que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — leur était plus cher que leurs familles, leurs pères et eux-mêmes. De même que nous savons qu'Abu Jahl, Abu Lahab, al-Walid ibn al-Mughira, 'Uqba ibn Abi Mu'ayt, al-Nadr ibn al-Harith ibn Kalada, al-'As ibn Wa'il, Ibn al-'Itila, Umayya ibn Khalaf, Ubayy ibn Khalaf, 'Utba ibn Rabi'a, Shayba ibn Rabi'a, et ces notables de Quraysh étaient ses ennemis, ainsi que les notables parmi les Juifs, les Banu Qurayza, les Banu al-Nadir, les Banu al-Qa'qa', Khaybar, et ces tribus de Thaqif et d'autres Arabes étaient ses ennemis, et il était leur ennemi, ils se haïssaient mutuellement, et ils croyaient en son mensonge et en sa fausseté. Il n'y a pas de différence entre celui qui prétend qu'Abu Bakr, 'Umar, 'Uthman et ces groupes d'Émigrés et d'Auxiliaires n'ont pas cru en sa prophétie, et celui qui prétend que ceux que nous avons mentionnés parmi Quraysh, les Arabes, les Juifs et les Chrétiens n'ont pas cru en sa haine ni en son mensonge. Celui qui en arrive là a atteint le comble de l'ignorance. Il n'y a pas de différence entre celui qui prétend cela de ces Émigrés et Auxiliaires, et celui qui prétend que les Romains, les Perses et les Indiens qui étaient à son époque et à l'époque de sa prophétie n'ont pas cru en son mensonge, même si ce qui est apparu d'eux est apparu. Si l'on dit : Comment les groupes de shi'ites ont-ils été détournés de cela ? On lui répond : Cela ne se connaît que par l'examen et la réflexion, même si c'est peu. Celui qui n'examine pas, ne réfléchit pas et ne déduit pas, cela lui échappe. Ce qui augmente ta science en cela, et que l'intérieur de ce groupe d'Émigrés et d'Auxiliaires est comme leur apparent, et leur secret comme leur public, et que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — leur était plus cher que leurs fils et eux-mêmes, c'est qu'ils sont restés après lui, ont détenu le pouvoir et s'en sont emparés, ont étendu leurs mains sur les rois du monde et leurs royaumes, les ont traversés et dépensés pour rendre sa religion puissante et renforcer sa loi, ont pratiqué le renoncement même dans le licite absolu, ont protégé leurs personnes et leurs fils de cela, ont fait entrer les nations des Perses, des Romains, des Indiens et d'autres dans sa religion, leur ont imposé de croire en lui et de le vénérer, et ont rendu leur sang licite pour quiconque refusait d'accepter, et ont infligé à ses ennemis et à ses détracteurs l'humiliation et l'épée dans les contrées de la terre, de l'est à l'ouest. Considère, que Dieu te fasse miséricorde, le renoncement du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Il était le plus renonçant des gens envers ce pour quoi les gens se querellent, s'entretuent et se sacrifient. Il — que Dieu prie sur lui et le salue — régnait depuis l'extrémité du Yémen jusqu'à la mer d'Oman, jusqu'à l'extrémité du Hedjaz jusqu'à 'Arar en Irak, et dominait la péninsule arabique qui était partagée entre cinq rois, chacun ayant une grande importance. Plusieurs rois se sont soumis à lui, il a perçu tout cela et l'a distribué, s'en est protégé lui-même et sa famille, et a donné le choix à ses épouses entre vouloir Dieu et Son Messager et la Demeure dernière, ou vouloir la vie d'ici-bas et son apparat, auquel cas il leur accorderait une jouissance et les libérerait d'une belle manière 43. Il — que Dieu prie sur lui et le salue — était, malgré cette grande royauté, le plus frugal des gens dans sa vie, le plus rude dans son vêtement. Considère à cet égard son manteau que nos califes après lui portaient, d'une valeur d'environ deux daniqs, sa coupe, son sceau, et tout ce qui est parvenu à sa famille proche et à ses partisans en général. Puis il mourut sans laisser ni dinar ni dirham, sans avoir élevé de palais, planté d'arbre, creusé de rivière pour lui-même, ni fait jaillir de source pour lui-même, et il incita sa famille et ses compagnons à faire de même. Après lui, Abu Bakr al-Siddiq — que Dieu l'agrée — régna sur tout cela, son ordre y fut exécuté, sa main s'étendit sur les Banu Hanifa et le peuple de Musaylima, il combattit la Perse, conquit al-Hira, al-Qadisiyya et 'Ayn al-Tamr 44, qui devinrent tributaires, et il perçut d'immenses richesses. Il conquit la Syrie et ses débuts, et son ordre y fut exécuté. Son état de renoncement était celui dans lequel était le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Puis 'Umar — que Dieu l'agrée — prit la relève et rassembla tout cela. Il conquit jusqu'à l'extrémité de la Syrie, en chassa les rois des Romains qui se réfugièrent dans les golfes et les montagnes. Il conquit l'Égypte et la Haute-Égypte, la Jazira, l'Irak, le Sawad, la Perse, le Kerman, le Sijistan, la région d'al-Ahwaz, ce qu'arrose le Tigre, ce qu'arrose l'Euphrate et ce qu'arrose le Nil. Les trésors des rois et leurs richesses lui furent apportés. Il resta ainsi dix ans, puis mourut, et son état de renoncement était le même. Puis 'Uthman — que Dieu l'agrée — prit la relève et rassembla tous ces royaumes. Il conquit le Khorasan jusqu'à son extrémité, captura ses rois, ainsi qu'Ispahan dans les montagnes. En son temps, les musulmans tuèrent Yazdgard ibn Shahriyar, roi de Perse. Il conquit l'Adharbaydjan, l'Arménie, le Jurjan, le Tabaristan et d'autres régions. Il domina leurs rois et leurs royaumes. Il conquit le Maghreb, qui est à plusieurs années de marche, par terre et par mer, en longueur et en largeur. Il conquit plusieurs grandes îles de la mer, d'une étendue d'un mois de marche en longueur et en largeur. Il perçut tout cela, resta ainsi douze ans — sa durée fut plus longue —, sa main s'étendit, il régna et rassembla plus que ce que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, Abu Bakr et 'Umar — que Dieu les agrée — avaient rassemblé. Puis il secoua sa main de tout cela, y renonça malgré son pouvoir, sa capacité et l'exécution de son ordre. Certains considèrent 'Umar comme plus renonçant que lui, car 'Umar — que Dieu lui fasse miséricorde — n'a pas favorisé ses proches avec l'argent ni ne les a nommés, contrairement à 'Uthman. Ainsi, son renoncement paraît moindre comparé à celui de 'Umar. Puis 'Ali — que Dieu l'agrée — prit la relève et rassembla tout ce que les califes avant lui avaient rassemblé, le perçut et y exécuta son ordre, sauf la Syrie. Il resta ainsi environ six ans, puis secoua sa main de tout cela et y renonça. Considère ensuite le renoncement des gouverneurs d'Abu Bakr et de 'Umar, et des proches de leurs partisans, comme 'Utba ibn Ghazwan 45, Abu 'Ubayda 46, Mu'adh ibn Jabal 47, Shurahbil ibn Hasana 48, Sa'd ibn Abi Waqqas 49, 'Ammar ibn Yasir 50, Bilal 51, al-Nu'man ibn...

Mouqrin 52 et ses frères, et d'autres dont l'énumération et l'exposé de leurs états allongeraient le livre, et qui sont mentionnés dans leurs passages respectifs. Nul ne doute de l'ascétisme de ceux-ci, sauf celui qui doute de l'ascétisme du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et seul l'ignorant, à l'esprit lent et à la réflexion tardive, en arrive là. Quant à celui qui réfléchit et considère, et dont l'intention est de connaître et de discerner, cela le mène à savoir qu'aucun peuple n'a jamais accompagné un prophète avec plus d'ascétisme, plus de retenue et plus de science que ceux-ci, avant même de revenir à Sa parole – qu'Il soit exalté : « Vous êtes la meilleure communauté qu'on ait fait surgir pour les hommes 53 ». Si l'intention du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et de ses Compagnons avait été la vie d'ici-bas et la royauté, même s'ils avaient commencé par mentionner l'ascétisme au début de leur affaire, lorsqu'ils auraient obtenu pouvoir et capacité, ils auraient suivi la voie de ceux qui recherchent la vie d'ici-bas, de ses rois et de ses prétendants, et leurs secrets et leurs pensées intimes n'auraient pas tardé à se manifester au moment du pouvoir. Telle est la coutume, et c'est ainsi que l'expérience l'a montré : celui qui se pare de vertus pour les gens et fait preuve de patience par crainte d'eux, par précaution et par dissimulation, lorsqu'il obtient pouvoir et capacité, change et s'éloigne de ce qu'il était, et son for intérieur apparaît. Or, comme l'affaire du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et de ceux-ci a perduré et s'est poursuivie sur une seule et même voie, l'homme d'action et de réflexion sait que leur for intérieur est comme leur apparence, et leur extérieur comme leur intérieur. Certains d'entre eux ont désiré ce qui est licite et ce que Dieu leur a permis, et il n'y a ni blâme ni reproche contre eux. Notre propos ne portait que sur celui d'entre eux qui a pratiqué l'ascétisme vis-à-vis du licite absolu, alors que ceux-ci ont possédé ce que n'ont possédé ni Abraham, ni Isaac, ni Jacob, ni les Tribus, ni Moïse, ni Aaron, ni David, ni Mathieu, ni Jésus, bien que les prophètes soient meilleurs qu'eux. Nous n'avons mentionné cela que parce que les juifs, les chrétiens, les mages et les ennemis du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – disent ouvertement, en présence des musulmans, dans les chancelleries des sultans, et dans les assemblées en présence des émirs nobles : « Quant à l'islam, nous en avons eu raison, et ses partisans se sont entre-déchirés. Nous disions secrètement entre nous, au sujet des Compagnons de Muhammad et de sa personne, des choses que les chiites disent aujourd'hui ouvertement et qu'ils ajoutent aux nôtres : que les compagnons de cet homme, ses disciples et ses partisans n'avaient aucune clairvoyance dans son affaire, ni de certitude malgré la compagnie et la longue observation, et qu'ils ne lui accordaient aucune valeur ; ils ne cherchaient que la vie d'ici-bas, le butin et la fuite. » Nous avons montré la fausseté de cela, et il y a plus d'exposé que ceci ; ce que nous avons mentionné suffit. Si l'on dit : « Vous argumentez donc de la validité de votre religion par le fait que ceux-ci ont cru à la prophétie de votre compagnon et à sa véracité, et que leur apparence est comme leur intérieur ? Or, il y a des gens parmi les juifs, les chrétiens, les mages, les manichéens 54 et les Hindous qui sont dans la même situation vis-à-vis de leurs religions. » On lui répond : « Nous ne nions pas cela, ni ne l'empêchons, et nous n'argumentons pas de la validité de l'islam par la croyance des Émigrés et des Auxiliaires en la prophétie de Muhammad – que Dieu prie sur lui et le salue –, en sa véracité, en sa prophétie, en son ascétisme et en leur ascétisme en ce monde. Nous connaissons la validité de l'islam et qu'il est la religion de Dieu par autre chose que cela. Notre propos ne portait que sur celui qui prétend que ceux-ci n'ont pas cru en sa véracité ni en sa prophétie ; nous avons donc montré la fausseté de leurs dires, la nullité de leur croyance et qu'elle est ignorance. Puis nous sommes passés à la mention des preuves et des signes. Parmi cela, il y a des choses que le Coran a révélées avant qu'elles n'aient lieu. Parmi cela, l'histoire d'Abou Lahab 55. Il était parmi ceux qui faisaient du mal au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, qui s'acharnaient à lui nuire et à chercher sa perte, et qui détournaient les gens de le suivre. Dieu lui annonça que cela ne nuirait pas au Messager – que Dieu prie sur lui et le salue –, et que ce qu'Abou Lahab avait acquis comme prestige, richesse, famille, enfants, amitié et frères ne lui servirait à rien dans son dessein, qu'il perdrait tout cela, et que lui et sa femme mourraient dans la mécréance envers lui et iraient au Feu. Cela fut révélé à La Mecque alors qu'ils étaient tous deux vivants et en bonne santé. Tout cela se produisit exactement comme il l'avait dit, comme il l'avait annoncé, comme il l'avait détaillé et expliqué. Ce sont là de nombreuses choses invisibles qui ne peuvent arriver ni par hasard, ni par divination, ni par conjecture 56, et même les astrologues les plus habiles n'atteignent pas la moindre partie de cela. Parmi les choses étonnantes, cela fut révélé à La Mecque, le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – le récita, et Abou Lahab et tous les ennemis du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – parmi les Quraychites, les Arabes et autres, qui étaient les alliés d'Abou Lahab, l'entendirent. Cette parole les excita dans leur hostilité, accrut leur rage et leur ressentiment, et les rappela à lui alors qu'il était parmi eux, entre leurs mains et en leur pouvoir. Mais cela ne lui nuisit pas, et ils ne réussirent pas à le tuer, ni à trouver une faute qui montrerait son mensonge et la chute de sa parole. Or, un homme sensé ne s'aventure pas à cela sans être extrêmement confiant en ce qu'il dit, et le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – est de ceux dont l'ennemi ne peut nier l'intelligence. Depuis la révélation de cette sourate jusqu'à aujourd'hui, les ennemis du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – s'efforcent de trouver une faille à cet égard, mais ils n'en ont pas trouvé. Certains d'entre eux se sont même consultés à ce sujet, ont délibéré, se sont entraidés et soutenus mutuellement. Mais tout ce que leur ruse a abouti, c'est qu'ils ont dit : « Lorsqu'il a vu que son oncle et sa femme persistaient à le traiter de menteur et à lui être hostiles, il a dit cela à leur sujet. » On leur répond : « Avant tout, ce qu'il a dit s'est accompli exactement comme il l'a expliqué et détaillé, et cela s'est produit d'une manière qui a brisé l'habitude. Vos conjectures ne peuvent entamer cette science, et cela suffit comme réponse. » Puis on leur dit : « Beaucoup d'autres ont agi comme Abou Lahab, mais il n'a pas dit cela à leur sujet, et certains d'entre eux ont embrassé l'islam. De plus, s'il avait dit qu'Abou Lahab embrasserait l'islam avant qu'il ne le fasse, et qu'ensuite il l'eût embrassé, l'adversaire aurait pu dire : “Cela ne prouve rien, car cet homme est son oncle, et il a vu ses frères Hamza et al-'Abbâs embrasser l'islam, ainsi que les fils de son frère Abou Talib, Ja'far et 'Alî ; comment donc lui-même n'aurait-il pas embrassé l'islam ?” Cela aurait été plus plausible et plus évident dans l'opinion et la réflexion. Mais il n'a pas dit cela ; il a dit autre chose et le contraire, afin que tu saches que cette parole est la parole du Connaisseur des mystères et Sa parole – qu'Il soit exalté. » Ils dirent : « S'il avait embrassé l'islam, il aurait pu dire : “J'ai seulement dit qu'il brûlera dans le Feu s'il n'embrasse pas l'islam et s'il persiste dans la mécréance”, comme Il a dit : “Quiconque associe à Dieu, Dieu lui interdit le Paradis 57”. » On lui répond : « Avant tout, ce qu'il a dit s'est accompli et n'a pas été contredit, et cela s'est produit d'une manière qui a brisé l'habitude, comme nous l'avons montré et exposé. Toi, ô adversaire, tu dis : “Si cela n'avait pas été et ne s'était pas accompli, par quoi 58 aurait-il pu s'excuser ?” Tu en es arrivé à imaginer ce qui n'a pas été, et tu as aussi ignoré la langue et la place de l'arabe, car la parole de Dieu – qu'Il soit exalté – : “Quiconque associe à Dieu, Dieu lui interdit le Paradis” est une condition, et non une information sur quelqu'un qu'il fera cela. C'est comme la parole de celui qui dit : “Quiconque vole mon bien, je le coupe.” Ce n'est pas une information sur quelqu'un qu'il volera son bien, et il est possible que personne ne vole jamais son bien malgré cette parole. Quant à Sa parole – qu'Il soit béni et exalté – au sujet d'Abou Lahab et de sa femme : “Ses biens et ce qu'il a acquis ne lui ont servi à rien 59” parmi ces choses, et qu'il brûlera, lui et sa femme, dans un Feu plein de flammes, c'est une information sur des choses qui auront lieu, et elles eurent lieu comme il l'avait dit, comme Sa parole – qu'Il soit exalté – : “Dis à ceux qui ont mécru : vous serez vaincus et rassemblés vers la Géhenne, et quel mauvais lit ! 60”, et comme Sa parole : “Ils seront mis en déroute et tourneront le dos 61”, et comme Sa parole – qu'Il soit exalté – : “Ils hocheront la tête vers toi 62”. Voilà un chapitre. Un autre chapitre : [La consolation des associateurs par la moindre peine qui touche le Prophète] C'est que les Quraychites et les Arabes, lorsqu'ils furent à court de stratagèmes dans l'affaire du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, se consolaient par la moindre peine qui l'atteignait – que Dieu prie sur lui et le salue. Son fils Ibrâhîm mourut, alors qu'il était son plus grand fils et qu'il était surnommé d'après lui ; son fils 'Abd Allah mourut. Les Quraychites se réjouirent de cela, et certains dirent à d'autres : « Réjouissez-vous, Muhammad est sans postérité 63 ! » Dieu – qu'Il soit exalté – révéla alors : « Nous t'avons donné l'Abondance 64. Prie donc pour ton Seigneur et sacrifie. Celui qui te hait est sans postérité 65. » Les religions des Quraychites et de tous les Arabes furent alors anéanties et abolies jusqu'à la dernière, et il ne resta plus un cil de cette religion. L'affaire du Messager – que Dieu prie sur lui et le salue – s'accomplit, sa lumière brilla, il s'éleva et triompha. Dans cela, il y a de nombreuses choses invisibles dont il a informé avant qu'elles n'aient lieu ; puis elles se produisirent d'une manière qui exaspère, met en colère, pousse à se jeter sur lui, à le tuer et à éteindre sa lumière. Ils y furent incités, mais cela ne se réalisa pas. Or, un homme sensé ne prononce pas une parole de la manière dont le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – l'a prononcée, sans être extrêmement confiant en Dieu et tranquille dans ce qu'Il lui révèle – qu'Il soit exalté –, et le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – est de ceux dont l'ennemi ne peut nier l'intelligence. Les Quraychites disaient à propos de lui, lorsque ses fils moururent : « Muhammad est un tronc sans branches 66 », c'est-à-dire dont la racine est coupée et dont la mémoire est interrompue. On dit à un Bédouin : « Comment est ton palmier ? » Il répondit : « Un tronc sans branches en bas, et un nid en haut », c'est-à-dire que sa base était faible et son sommet était un nid, donc il était entièrement perdu et inutile. Al-Kawthar 67 est sur le modèle de « faw'al », comme « nawfal » et « hawqal », et il désigne spécifiquement une grande quantité de bien. Il veut dire – qu'Il soit exalté – : « Nous t'avons donné une grande abondance de soutien, de victoire, de preuve, de puissance, de récompense et de salaire. » Cela indique la fausseté de la parole de ceux qui disent qu'Abou Bakr, 'Umar, 'Uthmân et ces groupes d'Émigrés et d'Auxiliaires étaient des ennemis du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et ses haineux, qu'ils ont cherché à altérer le Coran, à changer la religion du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, à faire mourir ses textes, à repousser son testament et son successeur, qu'ils ont fait cela, qu'ils ont dominé et vaincu, que la victoire leur est revenue, que le successeur du Messager de Dieu a été vaincu et dominé, et qu'ils ont été les vainqueurs et les dominateurs, et que le successeur du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et son légataire n'a pas pu s'établir jusqu'à ce qu'il quitte ce monde. Nous disons : si les choses étaient comme vous le dites, alors cela aurait été un mensonge, et il aurait été dit : « Celui qui te hait est le plus vaincu, le plus dominateur et le plus apparent, et toi tu es sans postérité. » S'ils étaient équitables et méditaient le Coran, ils ne diraient pas cela des Émigrés et des Auxiliaires. Un autre chapitre : [La proposition des associateurs au Prophète d'adorer leurs divinités et qu'ils adorent son Dieu] C'est que les Quraychites, lorsqu'ils eurent incité au meurtre du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, à son anéantissement et à l'extinction de sa lumière, et à la répulsion et au détournement de lui, tandis que Dieu – qu'Il soit exalté – les écartait de lui par Ses grâces, vinrent à lui – ils étaient al-Walîd ibn al-Mughîra, 'Uqba ibn Abî Mu'ayt, al-Nadr ibn al-Hârith ibn Kalada, Umayya ibn Khalaf, 'Utba ibn Khalaf, et le groupe des Quraychites – et dirent : « Ô Muhammad, tu as traité nos esprits de légers, traité nos ancêtres de mécréants, blâmé nos divinités et nos religions, divisé notre parole, et rompu nos liens de parenté. Viens donc à une affaire qui soit entre nous et toi : adore nos divinités que nous adorons, et nous adorerons ton Dieu ; puis adore nos divinités que nous avons adorées, et nous adorerons ton Dieu ; puis adore ce que nous avons adoré, et nous adorerons ce que tu as adoré. S'il y a du bien avec nous, tu en auras obtenu ; s'il y a du bien avec toi, nous en aurons obtenu. Notre parole sera égale, nous ferons la paix avec toi et tu feras la paix avec nous, tu seras pour nous et nous serons pour toi. » Dieu – qu'Il soit exalté – révéla alors : « Dis : “Ô vous les mécréants, je n'adore pas ce que vous adorez, et vous n'êtes pas adorateurs de ce que j'adore, et je ne suis pas adorateur de ce que vous avez adoré, et vous n'êtes pas adorateurs de ce que j'adore. À vous votre religion, et à moi ma religion 68.” » Il informa qu'il ne se soumettrait pas et ne répondrait pas à ce qu'ils disaient, qu'il ne les accepterait pas à cette condition, et qu'ils ne seraient pas, de cette manière, adorateurs de Dieu de la manière dont Il est adoré. Il en fut comme il l'avait dit. Dans cela, il y a de nombreuses choses invisibles détaillées qui se sont produites comme il en avait informé. Cela ne peut venir que du Connaisseur des mystères. Et s'il n'y avait de Ses signes que celui-ci, cela suffirait et serait amplement suffisant.

Cela t'indique la soumission de Quraysh, des Juifs, des Chrétiens et de tous les ennemis du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – ainsi que leur défaite entre ses mains, et qu'il n'y a aucune faille dans Ses versets. C'est pour ce sens qu'Allah a dit : « N'obéis donc pas aux dénégateurs. Ils auraient aimé que tu transiges afin qu'ils transigent à leur tour » (Coran 68, 8-9), c'est-à-dire : si tu t'étais rapproché d'eux et que tu avais répondu à ce à quoi ils t'invitaient, ils t'auraient répondu ; si tu avais été complaisant avec eux, ils auraient été complaisants avec toi. Médite donc Sa parole : « Dis : « Ô vous les mécréants ! » » (Coran 109, 1) : comment il les affronte en les traitant de mécréants, d'ignorants et d'égarés, alors qu'ils étaient, parmi les créatures d'Allah, les plus orgueilleux, les plus hautains, les plus tyranniques, les plus prompts à défendre leur propre personne et à s'élancer contre leur ennemi – et lui se trouvait à La Mecque avec eux, entre leurs mains, en leur pouvoir, alors que la puissance, la victoire et le nombre étaient pour eux, non pour lui. Il les excita ainsi contre lui-même par cette parole et les poussa à lui vouloir du mal, mais Allah le sauva d'eux. Cette parole, un homme sensé, dans la situation que nous avons décrite, ne la prononcerait que s'il avait une confiance absolue en Allah pour le défendre. Or, le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – n'est pas de ceux que sa raison défend de son ennemi. De quoi donc t'étonnes-tu, qu'Allah te fasse miséricorde ? De son audace, ou de l'aboutissement de l'affaire à sa parole et à son jugement ? Connais donc cette histoire et retiens-la, car elle est grande et noble. C'est pour cela que le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – a dit : « Quiconque récite la sourate « Dis : « Ô vous les mécréants ! » » est comme s'il avait récité le tiers du Coran. » Et au début de l'Islam, on appelait « Dis : « Ô vous les mécréants ! » » et « Dis : « Il est Allah, Unique » » (Coran 112, 1) les deux « muqashqishatān » (المقشقشتان), c'est-à-dire qu'elles sont exemptes de polythéisme. On dit d'une plaie, lorsqu'elle guérit et se cicatrise : « taqashqasha al-jurḥu » (تقشقش الجرح). Un groupe de scribes et d'employés du sultan, connus sous le nom de Banū Abī al-Baghl (بني ابي البغل), prétendent être des musulmans et des chiites, mais ils penchent vers la tendance des Qarmates, s'attachent à l'astrologie, et leurs survivants se trouvent à Bassora, dans le quartier de Quraysh. Parmi eux se trouve Abū Muḥammad ibn Abī al-Baghl, dont c'est la nature et la pratique, et il est encore vivant jusqu'à cette date, l'an 385 de l'Hégire. Ils disent, à propos de « Dis : « Ô vous les mécréants ! » » : « Cela fait partie des choses insignifiantes et des choses qui n'ont aucun sens », et ils en parlent dans leurs bureaux et leurs assemblées, et ils en donnent des exemples. Cela est dû à leur ignorance des causes. S'ils avaient eu de l'acquis, de la réflexion, s'ils avaient visé l'équité et cherché la science à ses sources, ils auraient su que cela fait partie de ses miracles. Mais l'étonnement les a occupés, alors qu'ils se comptent eux-mêmes parmi l'élite, alors qu'ils sont plus vils que la lie de la populace. Si ce n'était que cette chose s'est répandue parmi les scribes et leurs semblables dans tous les pays, je ne te l'aurais pas mentionnée. Mais c'est une chose qui a circulé, et les gens du Livre (dhimmīs), avec les Qarmates, la jettent au visage du vulgaire et des faibles parmi les musulmans. L'Islam n'a ni gardien ni soutien ; bien au contraire, toutes les épées sont contre lui. Allah est le Secoureur. Autre chose qui te montre l'ignorance de ces gens, leur contradiction et la contradiction de tout détracteur du Coran : celui qui a apporté ce Coran a prétendu que c'est la parole d'Allah et Son dire, que les djinns et les hommes ne pourraient produire son semblable, ni même le semblable d'une seule sourate, même s'ils s'entraidaient les uns les autres, et que c'est la preuve d'Allah contre Ses créatures jusqu'au Jour de la Résurrection. Tous les gens l'ont entendu de lui, et il les a mis au défi de produire le semblable d'une seule sourate, mais ils ne l'ont pas fait, malgré le besoin pressant qu'ils en avaient. Ils ont dépensé ce qu'il y a de plus précieux et de plus grand pour le repousser et annuler son ordre : biens, vies et enfants. Si donc son état est celui de la sottise et de la faiblesse, contenant mensonge et contradiction, comme le prétendent ces ennemis de l'Islam, comment un homme sensé pourrait-il argumenter avec une chose dont la voie est telle ? Comment ses ennemis ne lui ont-ils pas dit : « Tu nous mets au défi avec une chose faible, froide, insipide et contradictoire ? » Comment ses ennemis ne lui ont-ils pas dit cela ? Comment est-il suivi et obéi, alors que sa voie est telle ? Comment ses ennemis n'ont-ils pas dit à ses adeptes : « Malheur à vous ! Vous avez quitté votre religion, dépensé vos biens, versé votre sang, pris pour ennemis les nations, et suivi un homme dont la preuve est ce Coran, qui contient mensonge et contradiction ? Un tel homme n'est ni obéi ni suivi ; bien au contraire, il serait, dans l'abaissement de son rang, à l'instar de celui qui monte un roseau et galope dans les marchés en disant : « Je suis le roi, je suis le prince », qui insulte les rois, les nations et les chefs, et que les gamins suivent en se moquant. Un tel homme, personne ne le combat, ne le frappe ni ne l'insulte, encore moins ne le tue, car il ne nuit à personne et aucun homme sensé ne se fâche de son acte ou de sa parole, même s'il l'insulte et le menace. » Pourquoi donc ces hommes sensés de Quraysh, les hommes sensés parmi les Arabes, les rusés parmi les Juifs et les Chrétiens, et les différentes catégories de nations et de rois se sont-ils fâchés contre lui et contre ses actes, ont-ils dépensé leurs biens, leurs enfants et leur sang dans son inimitié, pour détourner de lui et empêcher de le suivre, ont-ils voyagé vers les rois pour se plaindre de lui et crier contre lui, les incitant à le tuer et les effrayant par ses assauts et sa domination sur leurs royaumes ? Quraysh a voyagé vers le Négus, roi d'Abyssinie, à ce sujet ; les Chrétiens arabes ont voyagé vers César, roi des Romains, à ce sujet ; al-Naḍr ibn al-Ḥārith ibn Kalada s'est rendu chez les Perses à ce sujet ; et ce qui s'est passé avec Kisrā Abarwīz à ce sujet est mentionné, et il se peut que cela te parvienne. Et ceci, bien que ce soit une réponse à tout ennemi du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – est suffisant. **Autre chapitre [La promesse du Messager à ses compagnons, dans leur état de faiblesse, qu'Allah les secourrait]** C'est ce qu'Il a promis à Ses compagnons parmi les Émigrés (Muhājirūn), les Auxiliaires (Anṣār) et les Mecquois, dans leur état de faiblesse : qu'Allah les secourrait, les établirait, les renforcerait et les ferait triompher, afin qu'ils accomplissent la prière (ṣalāt), acquittent l'aumône légale (zakāt), ordonnent le convenable et interdisent le blâmable, et que la fin heureuse (al-ʿuqba) serait pour eux. Le Coran a récité cela, l'a immortalisé, et l'a fait entendre à Son ennemi comme à Son allié. Il a dit – qu'Il soit exalté et magnifié : « Autorisation est donnée à ceux qui sont combattus, parce qu'ils ont été lésés – et Allah est certes capable de les secourir –, à ceux qui ont été expulsés de leurs demeures sans droit, seulement parce qu'ils disaient : « Notre Seigneur est Allah ». Et si Allah ne repoussait pas les gens... » (Coran 22, 39-40) jusqu'à Sa parole : « ...et à Allah appartient l'issue finale des choses. » (Coran 22, 41). Ses compagnons et ses califes furent donc établis ; ils accomplirent la prière, acquittèrent l'aumône légale, ordonnèrent le convenable, interdirent le blâmable, et la fin heureuse fut pour eux. Dans cela se trouvent de nombreuses choses de l'invisible (ghuyūb) qu'Il a annoncées avant qu'elles ne soient, et elles furent comme Il les a détaillées, annoncées et expliquées, afin que tu saches que ceci est la parole d'Allah et Son discours, et que Muḥammad est Son Messager. Ceci se trouve dans la sourate al-Ḥajj (Le Pèlerinage), qui est mecquoise. Si elle avait été médinoise, elle aurait contenu des preuves similaires, mais étant mecquoise, elle est plus forte comme argument, car leur faiblesse était alors plus grande. « ...à ceux qui ont été expulsés de leurs demeures sans droit » (Coran 22, 40), à cause de leur parole : « Notre Seigneur est Allah », et à cause de leur mécréance aux religions de Quraysh et des Arabes – ce sont les Émigrés en particulier. Dans ce verset, il y a une indication de la validité de l'imamat d'Abū Bakr, de ʿUthmān et de ʿAlī – qu'Allah soit satisfait d'eux – et un témoignage qu'ils sont des imams de guidance, et que leur obéissance est l'obéissance à Allah, car ils font partie des Émigrés, des Mecquois, des Suivants (Tābiʿūn) et de ceux qui ont été expulsés de leurs demeures sans droit à cause de leur parole : « Notre Seigneur est Allah ». Ce sont eux qui furent établis, prirent en charge l'autorité, appelèrent à Allah et firent ce qu'Allah a dit, comme cela est mentionné dans le verset. S'ils avaient été des hypocrites, des polythéistes ou des apostats, comme le prétendent à leur sujet certaines factions des Rāfiḍa (رفضة), cette annonce aurait été démentie et fausse, et celui qui l'a apportée et récitée ne serait pas un prophète, mais un menteur. Car ce sont eux qui ont possédé, ont été établis, et l'autorité, le pouvoir, la contrainte et la victoire étaient pour eux. Or, les Rāfiḍa prétendent qu'ils ont altéré le Coran et l'ont brûlé, changé les textes (nuṣūṣ), aboli la religion, modifié la pureté rituelle, l'appel à la prière (adhān), les temps de prière, la prière elle-même, le jeûne, les mariages, les divorces, fait mourir les traditions prophétiques (sunan) et fait revivre les innovations (bidaʿ). Le calife du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – et son légataire (waṣiyy) aurait été vaincu et dominé, manifestant le polythéisme qu'ils manifestent, et acceptant leurs jugements sur lui. Où est donc la véracité de ces versets ? Il aurait fallu, selon ce que prétendent les Rāfiḍa, que la récitation soit : « Et ceux qui, si Nous les établissons sur terre, abolissent la prière et l'aumône légale, font mourir les textes (nuṣūṣ), dominent le légataire désigné par le texte (al-waṣiyy al-manṣūṣ ʿalayhi), ordonnent le blâmable et interdisent le convenable ». Tu saurais alors que ces gens se sont éloignés du Coran et ont quitté la religion, et tu saurais que ces prédécesseurs (salaf) étaient dans le vrai, qu'Allah a pris en charge leur secours comme Il le leur avait promis, et qu'Allah ne secourt que Ses alliés, Ses bien-aimés et les gens de Son obéissance. Les Émigrés argumentaient avec cela. Ṣaʿṣaʿa ibn Ṣūḥān (صعصعة بن صوحان) – qui avait voyagé auprès de ʿUthmān au sujet de gens qui avaient mal agi et qu'il avait exilés, leur situation étant connue – a dit : « Je n'ai jamais vu de réponse plus rapide que celle du Prince des Croyants ʿUthmān. Nous lui dîmes : « Nous avons été expulsés de nos demeures parce que nous disions : « Notre Seigneur est Allah » ». Il dit : « Tu mens. Ce n'est pas pour toi et tes compagnons, mais cela a été révélé à notre sujet, à nous, communauté des Émigrés. Nous avons été expulsés de nos demeures parce que nous disions : « Notre Seigneur est Allah ». Parmi nous, certains sont morts en terre d'Abyssinie, d'autres sont morts à Médine. Puis Allah nous a secourus et établis, nous avons accompli la prière, acquitté l'aumône légale, ordonné le convenable et interdit le blâmable, et la fin heureuse a été pour nous. » Cela n'échappe pas à celui qui réfléchit ; seuls les gens de l'insouciance s'y trompent. **Autre chapitre [Le voyage nocturne du Messager de la Mosquée Sacrée à la Mosquée Lointaine]** C'est qu'il – qu'Allah prie sur lui et le salue – fut transporté de nuit (usriya bihi) en une seule nuit de la Mosquée Sacrée (al-Masjid al-Ḥarām) à la Mosquée Lointaine (al-Masjid al-Aqṣā), puis il revint la même nuit à La Mecque. La durée du voyage pour cela équivaut à environ deux mois, aller et retour. Allah ne fait cela que pour les prophètes, à l'époque des prophètes. Lorsque le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – revint, il en parla dans sa famille. Umm Hāniʾ bint Abī Ṭālib lui dit : « Ne parle pas de cela, car, par Allah, les gens ne te croiront pas, ceux qui ont cru en toi mécroiront en toi, et ceux qui t'ont cru te traiteront de menteur. » Il – qu'Allah prie sur lui et le salue – dit : « Mon Seigneur m'a ordonné d'informer les gens de cela, et Abū Bakr me croira et témoignera pour moi. » Il sortit donc et informa Quraysh de cela. Cela les réjouit, et ils dirent : « Maintenant son mensonge va apparaître et les gens vont se détourner de lui. Allons chez son compagnon, Ibn Abī Quḥāfa, pour l'informer de ce que son compagnon a dit. » Or, Abū Bakr était d'un poids lourd pour Quraysh et les ennemis du Messager d'Allah, car il appelait à sa prophétie, prêchait ses signes, était considéré parmi les gens, savant au sujet de Quraysh, d'un mérite éminent parmi eux. Ils le prenaient donc pour cible de leurs mauvais traitements à cause de ces qualités qui leur nuisaient. Il avait invité leurs meilleurs éléments et leurs notables à l'Islam, et avait dépensé sa fortune dans les calamités de l'Islam et pour son soutien. Ils cherchaient quelque chose qui le détournerait du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – et l'empêcherait de le suivre. Ils vinrent donc à lui et lui dirent : « Ô Abū Bakr, ton compagnon n'a cessé d'agir jusqu'à ce qu'il ait apporté un mensonge dont il est sorti des extrémités. » Abū Bakr dit : « À Dieu ne plaise ! Qu'est-ce donc ? » Ils dirent : « Il prétend avoir été transporté de nuit à Jérusalem. » Abū Bakr dit : « S'il a dit cela, il a dit vrai. »

Ils dirent : « Ô Abû Bakr, crois-tu cela alors que la caravane met un mois à l'aller et un mois au retour ? Peut-il atteindre Jérusalem en une seule nuit ? » Abû Bakr répondit : « Il m'informe que la nouvelle lui parvient du ciel à la terre en une heure, et je le crois. Or la distance du ciel à la terre est plus grande que celle de Jérusalem à La Mecque. Levez-vous, allons à lui et interrogeons-le à ce sujet. » Ils vinrent donc à lui, et Abû Bakr lui dit : « Ô Envoyé de Dieu, qu'est-ce qui m'est parvenu de toi, que tu es allé à Jérusalem en une nuit ? » Il dit : « Oui, ô Abû Bakr. J'ai prié avec vous dans cette vallée, puis un visiteur est venu à moi, m'a réveillé et fait sortir, et a amené sa monture en disant : 'Monte.' Alors elle s'est cabrée 69, et Gabriel lui dit : 'Calme-toi, car jamais tu n'as porté quelqu'un de meilleur que lui.' Elle partit avec moi, et ses sabots tombaient à la portée de sa vue. Quand je montais une pente, ses pattes se raccourcissaient, et quand je descendais, elles s'allongeaient. J'arrivai à Jérusalem. » Et il mentionna sa prière, son entrée et son retour. Abû Bakr lui dit : « Ô Envoyé de Dieu, peux-tu nous décrire Jérusalem ? » Il dit : « Oui. » Et il décrivit son entrée, la mosquée, ses toits, et tout ce qui s'y trouvait, point par point. Or, à cette époque, Jérusalem était aux mains des Romains, le royaume de Syrie leur appartenait, et une partie était aux mains des Juifs. Abû Bakr dit : « Entendez-vous ? » Et Abû Bakr fit cela pour que les gens reconnaissent la véracité de l'Envoyé de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – dans ce qu'il prétendait. Les Qurayshites dirent : « Nous avons une caravane en Syrie, en connais-tu la nouvelle ? » Il dit : « Oui. Je suis passé près d'eux à l'aller, ils étaient à tel endroit. Une de leurs bêtes s'était égarée à cause du bruit de ma monture, et je les ai guidés vers elle. Je suis repassé près d'eux alors qu'ils dormaient ; il y avait un vase d'eau qu'ils avaient couvert. Je suis descendu, je l'ai découvert, j'ai bu, puis je l'ai recouvert. » Puis il dit : « Et un autre signe : ils reviendront vers vous tel jour, à l'heure du lever du soleil, et leur caravane arrivera par tel col, précédée d'un chameau gris portant deux outres, l'une tachetée et l'autre noire. » Les Qurayshites guettèrent donc ce jour. L'un d'eux dit : « Voici le soleil qui se lève. » Un autre dit : « Voici la caravane qui arrive, précédée du chameau gris portant les deux outres, comme il l'a décrit. » Ils interrogèrent les gens de la caravane au sujet de la bête égarée et du vase d'eau, et ils leur rapportèrent les faits comme il les avait décrits, et qu'ils avaient trouvé le vase vide après qu'il y avait eu de l'eau. Médite donc ce qu'il y a dans ces signes, ces miracles et ces preuves évidentes et claires, qui, si elles n'étaient que cela, suffiraient et seraient amplement probantes pour attester de sa prophétie. Parmi elles : son aller et retour en une seule nuit ; son annonce du moment où la caravane des Qurayshites arriverait et de la manière dont elle arriverait. Combien de choses invisibles y a-t-il là ! Si l'on dit : « Qui vous accorde que cela s'est produit comme vous l'avez décrit ? Comment l'avez-vous su ? Quelle est la voie de la connaissance ? » On lui répond : Avant tout, nous savons que l'Envoyé de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – a argumenté par le Voyage nocturne 70 et en a fait un Coran récité 71. Tous ses ennemis parmi les Qurayshites, les Juifs et les Chrétiens, ainsi que ses compagnons et ses voisins, même les plus acharnés contre lui et les plus désireux de le voir trébucher ou avoir un défaut, l'ont entendu. À ce moment-là, ses compagnons et ceux qui croyaient en sa véracité et sa prophétie étaient présents ; ils ne l'avaient suivi que parce qu'il était un prophète véridique et un homme sensé. Or, un homme sensé n'argumente pas contre son ennemi et son allié avec une preuve qui ne tient pas, puis ne se contente pas de cela, mais apporte un Coran récité, l'attribue à son Seigneur et s'en prévaut contre son ennemi et son allié, sans avoir d'autre argument qu'une simple prétention dépourvue de toute preuve. Cela, un homme sensé ne le ferait pas, et la raison de l'Envoyé de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – est, aux yeux de son ennemi, sans parler de son allié, au-dessus de toutes les raisons. Autre chose : si quelqu'un agissait comme le prétend l'adversaire, personne ne le suivrait ni ne le croirait ; au contraire, ceux qui l'avaient suivi se détourneraient de lui, car il n'aurait que la prétention de ce qu'il avance, comme le prétend l'adversaire. Or, n'importe qui peut prétendre avoir été transporté de nuit en une seule nuit de Bassora à Jérusalem, ou d'Irak au pays de l'Inde, sans que cela soit établi. Ainsi, tu sais que la preuve par cela est établie et claire. Autre chose : ce qui s'est passé entre les Qurayshites et l'Envoyé de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – et entre les Qurayshites et Abû Bakr as-Siddîq, et la longue discussion qui eut lieu. Celui qui s'y intéresse sait que l'affaire est comme nous l'avons raconté et décrit, d'une science certaine, sans aucun doute, tout comme on sait la fuite des émigrants vers la terre d'Abyssinie, l'envoi par les Qurayshites de 'Amr ibn al-'Âs et de 'Umâra ibn al-Walîd ibn al-Mughîra à leur poursuite, les échanges et discussions qu'ils eurent avec le Négus, jusqu'à ce que l'issue fût favorable aux musulmans. De même, on sait la sortie de l'Envoyé de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – vers les foires, sa présentation de lui-même aux tribus, les dialogues, discussions et échanges qu'il eut avec elles. De même, on sait sa sortie vers at-Tâ'if, sa présentation de lui-même, et les discussions et échanges qu'il eut avec eux. De même, ce qu'il eut avec les Qurayshites à La Mecque, assemblée après assemblée, fois après fois, leur démarche auprès d'Abû Tâlib pour qu'il le retienne de s'opposer à eux, de les traiter d'ignorants et de mentionner leurs divinités, le pacte qu'ils conclurent de lui être hostiles ainsi qu'à ses compagnons, la persévérance à leur infliger des tourments, ce qu'ils écrivirent à ce sujet, le boycott de leurs transactions commerciales et matrimoniales, et autres événements semblables. Quiconque est bien établi dans ces affaires connaît l'histoire du Voyage nocturne et ce que l'Envoyé de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – y a vécu, comme mentionné précédemment. Quant à celui qui n'en est pas là, il ne le sait pas. Mais chacun a un moyen de le savoir. Médite donc, que Dieu te fasse miséricorde, ce qu'il y a là-dedans : le dire d'Umm Hâni' 72, l'argument des Qurayshites selon lequel le voyage prendrait deux mois, comment donc s'est-il accompli en une seule nuit ? Leur demande de preuve à ce sujet, puis leur question au sujet de leur caravane en Syrie, puis leur venue à l'endroit au moment que l'Envoyé de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – avait mentionné pour l'arrivée de la caravane, leur observation de sa forme et de ce qui la précédait, puis leur question aux gens de la caravane au sujet du vase, afin que tu connaisses l'intelligence des Qurayshites, leur grande perspicacité, leur attention à l'affaire du Prophète et leur examen de ses états. Regarde comment ils ont interrogé sur ce qu'un homme sensé peut interroger et dont il peut parler. Regarde la perspicacité d'Umm Hâni' bint Abî Tâlib et sa crainte de ce qu'on peut craindre de semblable, et que cette affaire, si la prétention n'était pas appuyée par une preuve, personne ne la croirait, mais au contraire, celui qui y croirait serait traité de menteur, et celui qui y aurait foi serait traité d'infidèle, afin que tu connaisses le mensonge d'al-Haddâd 73, d'Abû 'Îsâ al-Warrâq 74, d'al-Husrî 75 et d'Ibn ar-Râwandî 76. Ceux-ci sont les savants de l'imamisme 77 et leurs chefs ; c'est sur eux qu'ils s'appuient et à leurs livres qu'ils se réfèrent. Chacun d'eux a des livres où ils attaquent les prophètes, prétendent que les Qurayshites et les Arabes étaient ignorants, stupides et sots, et que l'Envoyé de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – les a trompés et s'est moqué d'eux. Ces livres ont été réfutés par plus d'un mu'tazilite 78. Les attaques contre les prophètes viennent toutes de ces shî'ites 79. Les imamites les prennent pour alliés et se réfèrent à leurs paroles. Reconnais cela, car c'est une des merveilles, et tu as grand besoin de le savoir. Parmi les livres d'al-Haddâd à ce sujet : son livre « al-Jârûf » et son livre « al-Arkân » ; le livre d'al-Husrî « fî taswiyati aṣḥâbi l-kalâm bi l-'awâmm » ; le livre « az-Zumurruda » ; le livre « Gharîb al-Mashriqî » ; le livre d'Abû 'Îsâ al-Warrâq ; le livre de Hunayn « al-Bahâ'im » ; le livre « at-Tâj » sur l'éternité, d'Ibn ar-Râwandî ; « az-Zumurruda » ; « al-Farîd » ; « at-Taṣaffuḥ » ; le livre « Na't al-Ḥikma » attaquant la sagesse de Dieu ; le livre « ad-Dâmiḡ » attaquant le Coran, et d'autres de leurs livres. Leur honte dans ces livres est évidente. L'Envoyé de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – n'a pas d'ennemis pareils à eux. Les shî'ites les prennent pour alliés parce qu'ils ont écrit pour eux des livres attaquant les émigrants et les auxiliaires 80. Quelle chose étonnante : des gens qui prétendent être musulmans prennent pour alliés ces gens-là et se réfèrent à leurs livres ! Reconnais donc, que Dieu te fasse miséricorde, la situation en cela, afin que tu saches que quiconque attaque les émigrants et les auxiliaires attaque aussi les prophètes – que les bénédictions de Dieu soient sur eux. Ces mécréants et ces zindîqs 81 ne se cachent derrière le shî'isme et l'imamisme que pour pouvoir attaquer les prophètes et semer le doute chez les musulmans dans la religion. Sache-le. Autre chapitre : ce qui fut révélé à La Mecque concernant des hommes en particulier, qu'ils persisteraient dans leur polythéisme jusqu'à leur mort, et que Dieu leur ferait goûter l'humiliation immédiate en ce monde. Or, d'autres gens, dont Dieu savait qu'ils entreraient dans l'islam, firent des actes semblables, mais Dieu ne révéla rien à leur sujet comme Il le fit pour ceux-là. Parmi cela, ce qui fut révélé au sujet d'Abû Jahl : « Mais il n'a ni cru ni prié ; il a plutôt traité de mensonge et s'est détourné, puis il est allé vers les siens en se pavanant. Malheur à toi, malheur ! Puis malheur à toi, malheur ! » 82 Abû Jahl dit : « Le Seigneur de Muhammad ne me menace pas, alors que je suis le plus puissant des habitants de la vallée et le plus noble ? » Dieu révéla alors, en réponse à sa moquerie au sujet du Zaqqûm 83 et à sa parole : « Ce sont des dattes avec du beurre » : « L'arbre de Zaqqûm est la nourriture du pécheur. Comme du métal en fusion, il bout dans les ventres, comme bout l'eau bouillante. 'Saisissez-le et traînez-le au milieu de l'Enfer, puis versez sur sa tête le châtiment de l'eau bouillante. Goûte ! Toi qui es puissant et noble !' » 84 c'est-à-dire, selon ta prétention. Tout cela fut révélé à son sujet alors qu'il était vivant et en bonne santé. Dieu lui fit goûter la chaleur du fer à Badr, et il mourut dans la mécréance, comme Il l'avait dit et annoncé. Et il fut révélé au sujet d'al-Akhnas ibn Sharîq ath-Thaqafî, allié des Banû Zuhra parmi les Qurayshites : « Malheur à tout calomniateur diffamateur, qui amasse des biens et les compte, pensant que ses biens l'immortaliseront. Mais non ! Il sera jeté dans la Hutama 85. » Il mourut dans sa mécréance. Parmi eux, an-Nadr ibn al-Hârith ibn Kalada, frère des Banû 'Abd ad-Dâr. Il était très hostile à Dieu et à Son Envoyé, d'une inimitié et d'une guet-apens intenses. Il avait voyagé en Perse pour combattre l'Envoyé de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – et chercher de quoi nuire à l'islam et aux musulmans. Il y trouva des récits de Rustam et d'Isfandiyâr et des Perses 86, les acheta et revint à La Mecque, où il se mit à les raconter. Quand l'Envoyé de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – se levait de son siège, an-Nadr prenait sa place et leur racontait ces récits en disant : « Le récit de Muhammad sur 'Âd, Thamûd et les nations anciennes, qu'est-ce que c'est ? Ceci est bien meilleur. » Dieu révéla alors à son sujet : « Parmi les hommes, il en est qui achètent des paroles frivoles pour égarer sans science du chemin de Dieu et pour le prendre en dérision. Ceux-là auront un châtiment avilissant. Et quand on lui récite Nos versets, il se détourne avec orgueil, comme s'il ne les avait pas entendus, comme s'il y avait une lourdeur dans ses oreilles. Annonce-lui donc un châtiment douloureux. » 87 D'autres versets furent aussi révélés à son sujet. On dit qu'à Badr, il fut blessé, ce qui emporta une partie de son crâne. Il fut fait prisonnier avec les musulmans et dit : « Je ne goûterai ni nourriture ni boisson tant que je serai entre leurs mains. » Il mourut de la blessure et alla au Feu, après que Dieu lui eut fait goûter le châtiment avilissant en ce monde, comme Il l'avait dit et annoncé. Parmi eux, al-Walîd ibn al-Mughîra al-Makhzûmî, qui était parmi les plus durs envers les musulmans. Il dit aux Qurayshites à l'approche de la saison du pèlerinage : « Les gens vont venir à vous et vous interroger au sujet de votre compagnon », désignant l'Envoyé de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue. « Que direz-vous ? » Ils dirent : « Nous dirons qu'il est fou. »

Ils lui parlent et ne le trouvent pas fou. Ils dirent : « Disons qu'il est poète. » Il dit : « Mais les poètes composent et récitent leurs vers simples et légers, et ils ne le trouvent pas poète. » Ils dirent : « Disons qu'il est devin. » Il dit : « Ils ont vu les devins, leur affectation et leurs mensonges. » Ils dirent : « Que disons-nous donc, ô Abû 'Abd Shams ? » Il réfléchit, estima, regarda, fronça les sourcils et s'assombrit 88, comme Dieu l'a décrit dans la sourate Al-Muddaththir, puis dit : « Ce n'est là que magie qui se transmet 89. » Il avait plusieurs fils et était riche ; ses fils assistaient et étaient témoins de sa raison. Dieu révéla à son sujet : « Laisse-Moi avec celui que J'ai créé seul, et à qui J'ai donné des biens abondants, et des fils présents, et pour qui J'ai aplani toutes choses, puis il convoite que Je lui ajoute ! Non ! Car il a été, face à Nos signes, obstiné 90 » jusqu'à Sa parole : « Je le brûlerai dans Saqar 91. » Dieu ne lui ajouta ni biens ni enfants après cela, comme Il l'avait annoncé, puis il mourut mécréant, comme Dieu l'a dit. Il était alors vivant et en bonne santé au moment de la révélation. Considère combien il y a là de signes : l'annonce des choses invisibles, et leur impuissance face au Coran à produire quelque chose de semblable en éloquence, en clarté et en force. Ils n'y parvinrent pas, malgré leur besoin et leurs efforts. L'éloquence, la force et la clarté du Coran sont un autre signe que l'annonce des choses invisibles. **Autre chapitre [Ce qui eut lieu à La Mecque : la fente de la lune]** C'est ce qui eut lieu à La Mecque : la fente de la lune. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, passa une nuit de pleine lune à La Mecque avec un groupe de ses compagnons. Il croisa un groupe d'associateurs, qui lui dirent : « Ô Muhammad, si tu es le Messager de Dieu comme tu le prétends, demande à ton Seigneur de fendre cette lune. » Il demanda cela à Dieu, et elle se fendit. Les associateurs dirent : « Envoûtez votre compagnon comme vous voulez, sa magie a atteint le ciel ! » L'histoire fut révélée à ce sujet 92. Ceci fait partie des grands signes et des nobles preuves de sa véracité et de sa prophétie, que Dieu prie sur lui et le salue. Si l'on dit : « D'où tenez-vous que la lune s'est fendue pour lui comme vous le prétendez ? Le savez-vous par nécessité ou par déduction ? An-Nazzâm 93 n'a-t-il pas douté de cela en disant : 'Si elle s'était fendue, les gens de l'Orient et de l'Occident l'auraient su, car ils l'auraient vue ?' Ceci est une chose qui aura lieu au moment de l'Heure et fait partie des signes de l'Heure. Par quoi répondez-vous à sa parole et montrez-vous son erreur, s'il a erré ? » On lui répond : « Nous ne le savons pas par nécessité, mais par déduction. Celui qui déduit sait, celui qui ne déduit pas ne sait pas, et celui qui néglige la déduction et l'examen se trompe, comme s'est trompé Ibrahim an-Nazzâm. La preuve de cela est que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a argumenté par cela devant les musulmans et les associateurs, et a récité cette parole de la sourate Al-Qamar : « L'Heure s'est approchée 94. » Il n'aurait pas avancé et argumenté devant l'ennemi et l'allié avec une chose qui n'était pas nécessaire, et n'aurait pas indiqué une chose apparente que les gens voient et observent. S'il avait voulu être démenti et que sa parole soit rejetée, il n'aurait pas fait plus que cela. Cela ne se produit pas chez un homme sensé, et un homme avisé ne le choisirait pas, quel qu'il soit. Comment cela se produirait-il chez celui qui prétend à la prophétie et à la vérité, alors qu'il est plus désireux que quiconque d'être cru et suivi ? S'il avait voulu être démenti et que sa parole soit rejetée, il n'aurait pas fait plus que cela. Cela n'échappe pas à celui qui réfléchit. Si l'on dit : « Que répondez-vous à celui qui dit qu'il n'a pas argumenté par cela pour sa prophétie ? » On lui répond : « Il n'y a pas de différence entre celui qui prétend cela et celui qui prétend, pour tout ce qu'il a apporté du Coran et d'autre, qu'il n'a argumenté par rien de cela pour sa véracité et sa prophétie. » Ce qui augmente ta science à ce sujet et te montre l'erreur d'an-Nazzâm et l'ignorance de quiconque défend cela, c'est la parole du Très-Haut : « L'Heure s'est approchée et la lune s'est fendue. Et s'ils voient un signe, ils s'en détournent et disent : 'Magie continue 95 !' » Regarde comment Il a dit : « L'Heure s'est approchée », et a informé d'une chose qui a eu lieu et est passée, puis a dit dans la suite du discours : « et la lune s'est fendue », amenant une chose qui a eu lieu, s'est achevée et est passée, enchaînant le passé sur le passé. Si c'était comme l'a imaginé an-Nazzâm, Il aurait dit : « L'Heure s'est approchée et la fente de la lune », ou « et la lune se fendra ». Puisqu'Il n'a pas dit cela mais a dit : « et la lune s'est fendue », on sait qu'Il a informé de deux choses réelles qui ont eu lieu, se sont produites et ont été accomplies. Puis Il a dit dans la suite du discours : « Et s'ils voient un signe, ils s'en détournent et disent : 'Magie continue !' » informant que c'est un signe visible et une preuve établie. Puis Il a dit dans la suite du discours : « Et il leur est venu des nouvelles de quoi les dissuader. Une sagesse parfaite. Mais les avertissements ne leur servent à rien 96. » Cela ne se dit pas de ce qui n'a pas eu lieu et n'a pas été. Médite cette réprimande et ce blâme pour savoir que c'est une chose qui a eu lieu. Il n'est pas permis de dire cela d'une chose qui n'a pas eu lieu et ne s'est pas produite. De plus, ce qui se produira au Jour de la Résurrection et au moment de l'Heure ne sera pas une preuve contre les responsables, et ils ne seront pas blâmés pour avoir négligé l'examen et la méditation, car la responsabilité aura alors cessé et disparu. Quant à la parole d'an-Nazzâm : « Pourquoi tous les gens n'ont-ils pas vu ce signe ? » ce n'est pas une obligation, car les gens n'avaient pas de rendez-vous pour cela. C'est une chose qui s'est produite de nuit, et ils n'avaient pas d'information qu'elle allait se produire à tel moment pour la regarder. Cela étant, ce qu'il a imaginé est invalidé. Ce qui te le montre davantage, c'est que la lune peut s'éclipser entièrement sans que ne la voient que quelques personnes, à cause de leur sommeil. Qu'en est-il donc de la fente de la lune, qui s'est fendue puis s'est refermée immédiatement après que ces gens qui l'avaient demandée l'eurent vue ? De plus, il est possible que Dieu, Puissant et Glorieux, l'ait cachée pour les intérêts des serviteurs, sauf à ces gens-là. Car il est possible que dans certaines contrées, il y ait eu à cette heure-là des menteurs et des imposteurs qui, s'ils avaient vu cela, auraient dit : « Elle ne s'est fendue que pour témoigner en ma faveur de ma véracité. » Ainsi, ce qu'a mentionné an-Nazzâm ne s'est pas produit de ce point de vue non plus, et ce qu'il a imaginé est invalidé. Le point central est que cette chose a eu lieu. Nous avons mentionné la preuve de son existence, donc il n'y a pas d'excuse pour celui qui en doute. Parmi les preuves aussi qu'elle a eu lieu, il y a le fait que les Compagnons, après le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, en ont parlé entre eux sans qu'aucun d'eux n'ait douté, hésité ou suspendu son jugement. Bien plus, il y a eu un consensus de leur part sur son existence et sa réalisation. On ne tient pas compte de ceux qui sont venus après eux et les ont contredits. Ont mentionné la fente de la lune : 'Alî ibn Abî Tâlib, 'Abd Allâh ibn Mas'ûd, Jubayr ibn Mut'im, Ibn 'Umar, Ibn 'Abbâs, Anas ibn Mâlik. Et Mâlik ibn Anas a prononcé un sermon à Al-Madâ'in dans lequel il a mentionné la fente de la lune. Ils disaient : « Cinq choses sont passées : les Romains, la lune, la fumée, la violence et l'étreinte 97 », en parlant entre eux, que Dieu leur fasse miséricorde. Nous avons mentionné ce qui, dans la raison, constitue une preuve à ce sujet, et elle lie tout homme sensé à qui l'appel est parvenu, qu'il soit musulman ou non. Cela suffit amplement. Puis nous avons mentionné le fait que les Compagnons en parlaient, ce qui est une autre preuve. Car il n'est pas permis qu'un homme sensé dise, en présence d'un groupe, s'adressant à celui qui lui raconte : « Nous étions à tel moment jusqu'à ce que telle chose se produise », en prenant à témoin ceux qui étaient présents et en les appelant, sans qu'ils aient connaissance, et qu'ils s'abstiennent de le démentir et de le contredire. Puis nous avons mentionné le consensus antérieur des Compagnons pour confirmer cela à quiconque est parmi les gens de la prière. **Autre chapitre [Ce qui eut lieu à La Mecque : la victoire des Perses sur la terre la plus proche du pays des Romains]** Cela eut lieu à La Mecque. Les Perses vainquirent les Romains sur la terre de la péninsule, qui est la terre la plus proche du pays des Romains et de leurs royaumes du côté de l'empire perse. Les associateurs de Quraysh s'en réjouirent, à cause de l'hostilité des Perses envers l'islam et les musulmans. Les Romains étaient plus doux envers les musulmans car ils étaient gens du Livre ; ils écoutaient ce qui leur parvenait des nouvelles du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, de son appel, de ses ordres, de ses interdits et de sa conduite, s'en étonnaient et le trouvaient beau. Il se peut que leur roi ait fait ce qui t'est parvenu. Les musulmans furent attristés de la victoire des Perses sur eux. Dieu informa Son Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, que les Romains vaincraient les Perses après sept ans, et que la tristesse des musulmans se changerait en joie. Il révéla à ce sujet un Coran récité. Il dit, Puissant et Glorieux : « Alif, Lâm, Mîm. Les Romains ont été vaincus dans la terre la plus proche, et après leur défaite, ils vaincront dans quelques années. À Dieu appartient le commandement, avant et après. Et ce jour-là, les croyants se réjouiront du secours de Dieu. Il secourt qui Il veut, et Il est le Puissant, le Miséricordieux. Promesse de Dieu ! Dieu ne manque pas à Sa promesse, mais la plupart des gens ne savent pas. Ils connaissent un aspect de la vie présente, tandis qu'ils sont inattentifs à l'au-delà 98. » Lorsque ce verset fut révélé, le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, le récita à Abû Bakr as-Siddîq, et lui annonça une bonne nouvelle, ainsi qu'aux musulmans. Abû Bakr sortit vers les associateurs, les informa de cela, les défia, discuta avec eux, les mit en colère et les exaspéra. Ubayy ibn Khalaf dit : « Par Dieu, les Romains ne vaincront pas les Perses et ne les chasseront pas de leur terre. » Abû Bakr dit : « Au contraire, ils les vaincront et les chasseront. Si tu veux, je parie avec toi. » Il paria avec lui sur neuf chamelles pour trois ans. Puis Abû Bakr entra chez le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et l'informa. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lui dit : « C'est sept ans. Augmente donc l'enjeu 99 et prolonge le délai. » Abû Bakr retourna vers Ubayy ibn Khalaf et lui demanda d'annuler le pari ; il l'annula, disant : « Ce que ton compagnon apporte est faux. » Abû Bakr renouvela le pari avec lui, augmenta le délai de quatre ans et augmenta l'enjeu de trois chamelles. Ubayy prit une caution d'Abû Bakr, car Abû Bakr était sur le point d'émigrer avec le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Il mentionnait cela alors que les musulmans commençaient à fuir avec leur religion. Abû Bakr donna son fils 'Abd Allâh comme caution, et Abû Bakr prit une caution d'Ubayy ibn Khalaf, qui donna son fils comme caution. Les Romains chassèrent les Perses de leur terre le jour d'Al-Hudaybiyya. 'Abd Allâh ibn Abî Bakr prit alors à Ubayy ibn Khalaf l'enjeu, qui était alors licite et libre. Considère combien il y a là de signe et de preuve évidente : Il annonça que les Romains vaincraient les Perses, et que cela aurait lieu après sept ans. Ce fut comme il l'annonça, selon ce qu'il détailla et précisa. Le « quelques » (bic') est au-dessus de trois et en dessous de dix. Regarde cette audace et cette confiance du Messager de Dieu. Regarde Sa parole : « Et ce jour-là, les croyants se réjouiront du secours de Dieu. » Il veut dire par ce secours l'apparition de la preuve du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et ce qu'Abû Bakr entreprit, luttant contre les associateurs et pariant. C'est cela le secours visé, non la victoire des Romains sur les Perses, car cela est une désobéissance. Les Perses et les Romains sont mécréants, et Dieu ne secourt pas les mécréants les uns contre les autres. Regarde cette réprimande et ce blâme, et l'affirmation de la promesse par Sa parole : « Et ce jour-là, les croyants se réjouiront du secours de Dieu. Il secourt qui Il veut, et Il est le Puissant, le Miséricordieux. Promesse de Dieu ! Dieu ne manque pas à Sa promesse, mais la plupart des gens ne savent pas. » Regarde comment Il les méprise et les traite d'ignorants alors qu'ils entendent, qu'Il est parmi eux, en leur pouvoir et sous leur contrôle, et qu'ils ont l'avantage. Regarde comment Il lui dit à la fin de la sourate : « Sois patient, car la promesse de Dieu est vraie. Et que ceux qui ne sont pas certains ne te rendent pas léger 100 ! » Médite cette clarté, cette franchise, cette découverte, cette manifestation, cette supériorité et cette domination par la preuve et la science de cela. Cela s'est déroulé comme nous l'avons mentionné et expliqué, à l'instar de la science de l'histoire des émigrants vers la terre d'Abyssinie et de ses semblables, comme nous l'avons présenté dans l'histoire de l'Isrâ' et autres. Retiens-le et réfères-y.

Médite sur la situation d'Abû Bakr al-Siddîq dans l'islam, sur son entrée dans l'islam au début de celui-ci, dans un contexte de faiblesse, de petit nombre de ses partisans, de prédominance du polythéisme et des polythéistes sur eux, et dans une situation où celui qui cherchait la vérité ne manifestait pas sa religion et cachait ce qu'il avait dans l'âme. Regarde la clairvoyance de cet homme, sa découverte 101, et comment il a échangé la paix contre l'hostilité, le repos contre la peine, la richesse contre la pauvreté, l'honneur contre l'humiliation, tout cela pour l'islam. Puis il fut la langue des musulmans, le plus grand propagateur du Messager, le plus éminent de ses soutiens et le plus illustre de ses auxiliaires ; nul parmi les musulmans n'a occupé sa place, ni comblé son absence, ni tenu auprès du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — le rang qu'il tenait. Regarde aussi sa position dans l'affaire du Voyage nocturne 102, dans l'affaire des Romains 103, et dans d'autres choses dont l'exposé serait long. Nous avons besoin de mentionner cela et d'y attirer l'attention parce que nous sommes dans un temps où beaucoup de ses gens disent qu'il n'a jamais embrassé l'islam et qu'il n'a cessé d'être un ennemi du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et des musulmans, que son inimitié était plus intense et plus nuisible que celle d'Abû Jahl, de 'Uqba ibn Abî Mu'ayt et de leurs semblables, et que le Coran descendait sur le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — en déclarant mécréants Abû Bakr, 'Umar, 'Uthmân, Sa'd, Sa'îd, Abû 'Ubayda, 'Abd al-Rahmân 104 et le groupe des Émigrés et des Auxiliaires, et que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — le récitait dans les chaires 105 et le faisait entendre à tous les gens et le leur faisait mémoriser, et qu'il resta plus de vingt ans à faire cela. Or, chez les savants, les juristes, les gens de savoir et d'équité, il était en avance sur les musulmans dans l'islam, il était le plus riche d'entre eux, et le Commandeur des croyants 'Alî ibn Abî Tâlib — qu'Allah l'agrée — le plaçait, lui et 'Umar, avant lui-même et les préférait sur ses chaires 105 alors qu'ils étaient morts, au point qu'Abû al-Qâsim al-Balkhî 106 dit : « Celui qui préfère le Commandeur des croyants, nous ne pouvons repousser sa parole, mais la meilleure de cette communauté après son Prophète est Abû Bakr et 'Umar, et celui qui a une clairvoyance dans la science ou une part de celle-ci ne le repousse pas, mais chez nous, il n'a pas voulu [dire] cela pour lui-même. Or, les premiers shî'ites 107 préféraient Abû Bakr et 'Umar à lui. » Il dit : « Quelqu'un dit à Sharîk ibn 'Abd Allâh 108 : 'Qui est le meilleur ? Abû Bakr ou 'Alî ?' Il répondit : 'Abû Bakr.' L'interlocuteur lui dit : 'Dis-tu cela alors que tu es shî'ite ?' Il répondit : 'Oui, le shî'ite est celui qui dit cela. Par Allah, le Commandeur des croyants est monté sur ces chaires 105 et a dit : 'La meilleure de cette communauté après son Prophète est Abû Bakr et 'Umar.' Allons-nous repousser sa parole ? Allons-nous le traiter de menteur ? Par Allah, il n'était pas un menteur.' » Abû al-Qâsim al-Balkhî a rapporté cela dans sa réfutation des attaques d'Ibn al-Râwandî contre Abû 'Uthmân 'Amr ibn Bahr al-Jâhiz, dans son livre « Sur l'ordonnancement du Coran et son intégrité contre l'augmentation et la diminution ». Et il faut que tu saches que ceux qui ont inventé cela visaient en réalité le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et les gens de sa maison, à cause de l'intensité de leur inimitié envers lui, et ils se sont couverts du shî'isme 107. Leur rage contre Abû Bakr, 'Umar, 'Uthmân et ce groupe venait de ce qu'ils avaient entouré le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — de leur vivant et l'avaient secouru, puis après sa mort, ils furent encore plus ardents à secourir sa religion que de son vivant, et ils entourèrent Abû Bakr, qui les combattit, tua Musaylima, captura Tulayha, réprima l'apostasie, combattit la Perse et les Romains, et humilia les ennemis du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — en tout lieu. Puis il nomma 'Umar comme successeur, qui anéantit le royaume de Perse, le plus puissant des royaumes, et fit entrer son royaume dans l'islam, repoussa les rois des Romains vers les montagnes et les golfes des Romains, les chassa du Shâm, d'Égypte et de la Jazîra 109, fit entrer ces royaumes dans l'islam, tua le polythéisme et le fit mourir, fit vivre l'islam, le propagea, le répandit, l'étendit, le bâtit, l'édifia, le rendit supérieur à toutes les religions et victorieux sur toutes les nations polythéistes. Cela les remplit de la plus extrême rage, et comme ils ne pouvaient pas ouvertement insulter le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue —, ils se vengeèrent de lui en insultant ceux-ci et trompèrent ceux qui ne les connaissaient pas, en leur disant : « Ce Coran n'est rien, il est altéré, aucune preuve ne s'y attache ; l'islam est changé ; les juristes sont des ignorants mécréants », et d'autres choses de ce genre, dont l'exposé serait long. Ils se laissèrent tromper par eux, les acceptèrent, les crurent, et les détournèrent de l'islam, les menant à ce dont ils les avaient fait sortir. Tu trouveras beaucoup de cela dans le Commentaire 110 d'Abû 'Alî 111, dans sa réfutation de l'Imamat 112 contre Ibn al-Râwandî, et dans d'autres de ses livres, ainsi que dans les livres d'autres mu'tazilites 113. Et Allah sait mieux. Autre chapitre [parmi ses signes — qu'Allah prie sur lui et le salue — : la chute des étoiles filantes à La Mecque] Parmi ses signes qui eurent lieu alors qu'il était à La Mecque — qu'Allah prie sur lui et le salue —, il y a la chute des étoiles filantes et le remplissage du ciel par elles de tous côtés, d'une manière qui brisa la coutume et sortit de l'ordinaire. C'est un signe immense, une preuve éclatante, une évidence manifeste et considérable. Le Coran en a parlé, rapportant les paroles des djinns : « Et nous avons touché le ciel et nous l'avons trouvé rempli de gardiens sévères et de météores. Et nous nous asseyions auparavant à des places pour écouter. Mais quiconque écoute maintenant trouve un météore aux aguets. » 114 Si l'on dit : « D'où tenez-vous cela, alors que votre temps nous a précédés et que nous ne croyons pas en votre Livre ni ne reconnaissons votre Prophète ? Informez-nous de la voie par laquelle vous le savez : est-ce par nécessité ou par acquisition ? » On lui répond : « La connaissance de cela a pour voie le raisonnement et l'acquisition, et il est possible à tout être raisonnable, qu'il soit mécréant ou croyant, de le savoir, et il lui est obligatoire de le savoir. Sa voie est facile et proche. Celui qui examine et raisonne le sait, et celui qui ne raisonne pas ne le sait pas. La preuve que cela a eu lieu est que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — a récité cette sourate et a argumenté par cela contre l'ennemi et l'ami. Nous savons donc que c'est une chose qui a eu lieu et s'est produite, car l'argument par elle a été établi, manifesté et a prévalu. Il n'est pas concevable qu'un être raisonnable s'adresse à un peuple qu'il appelle à croire en sa véracité et en sa prophétie, qu'il désire ardemment leur obéissance et leur soumission, et qu'il veuille cela d'eux, puis dise : 'Parmi les signes de ma prophétie et les preuves de mon message, il y a que les étoiles ne tombaient pas auparavant et qu'elles tombent maintenant', alors qu'il sait qu'ils savent que cela n'a aucun fondement et qu'il a menti dans ce qu'il prétend. Cela n'arrive pas de la part d'un être raisonnable, quel qu'il soit. Comment donc de la part de celui qui prétend la prophétie, dont l'intelligence est l'intelligence connue, prépondérante et décrite, et qui s'adresse à une chose apparente, visible dans le ciel, exposée à toutes les créatures, observée par les premiers et les derniers, surtout que les Arabes sont les plus savants des hommes en matière d'astres, de présages 115, de leurs levers et de leurs cours, et des étoiles fixes et immobiles qui ne disparaissent pas ? Les gens ont écrit d'eux leur science à ce sujet et en ont consigné beaucoup de choses. La plupart d'entre eux ont leur demeure sous le ciel, qui leur sert de toit ; leur vision du ciel et de ses astres est une chose permanente, continue, sans interruption. Ils ont précédé le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — en âge, en temps et en science des astres. Comment donc oserait-il s'adresser à un peuple dans cette situation, en faisant cette prétention, alors qu'ils sont, dans leur inimitié envers lui, dans leur recherche de ses faux pas et de ses erreurs, et dans leur désir de détourner ses compagnons de lui, dans un état sans pareil ? Où étaient-ils donc face à ce mensonge évident, qui ne laisse aucun profit à une vérité qui le précéderait ni à une vérité qui le suivrait ? Celui qui est dans cette situation n'a pas de chef, personne ne le suit, et il n'a aucune considération. Or, des gens raisonnables, intelligents, vertueux l'ont suivi, parce qu'il est un prophète, parce qu'il est véridique, par obéissance à Allah et par recherche de la proximité d'Allah. Ils ont échangé, en le suivant, l'honneur contre l'humiliation, le repos contre la peine, en quête de l'agrément d'Allah, et ils se sont imposés, en répondant à son appel, ces difficultés que nous avons déjà exposées. Comment donc seraient-ils restés auprès de lui alors qu'il mentait de ce mensonge évident ? Et parmi ses ennemis se trouvaient Quraysh, les Arabes, les Juifs et les Chrétiens, dont la ruse était grande. Comment n'ont-ils pas convenu de cela et rassemblé les gens contre lui ? Comment n'ont-ils pas dit à ses compagnons, qui étaient leurs frères, leurs enfants et des leurs : « Ô vous, vous avez abandonné vos religions, traité d'ignorants vos ancêtres, déclaré mécréants vos pères et témoigné contre eux de la honte, par obéissance à un homme qui vous a imposé de combattre les nations, de sacrifier vos sangs et vos biens pour cela, et vous a imposé les lourdes obligations de sa loi, alors qu'il ment de ce mensonge évident, visible aux intelligences et aux regards ? » Le fait qu'ils aient omis cela est une preuve de la validité de ce miracle. Et la chose la plus étonnante est qu'il leur récitait la parole d'Allah — Puissant et Glorieux — : « Ils ne te traitent pas de menteur, mais les injustes renient les signes d'Allah. » 116 C'est-à-dire : ils ne te trouvent pas menteur, et ils ne trouvent pas de mensonge dans ta parole, même s'ils s'efforcent et déploient tous leurs moyens. S'ils avaient pu trouver en lui une faute, une erreur ou la moindre ambiguïté, ils ne l'auraient pas suivi avant que tous les gens, sauf ses compagnons, ne l'aient suivi, et ne l'auraient accepté que ses proches, ses confidents et ses intimes. Si l'on dit : « Peut-être n'ont-ils pas agi ainsi envers lui, bien qu'ils aient su son mensonge, pour ne pas se couvrir de honte et ne pas donner à leurs ennemis l'occasion de se réjouir, et pour que les gens ne disent pas d'eux : 'Vous avez été trompés, alors vous l'avez toléré.' » On lui répond : « Cela n'est pas demandé à une personne douée de discernement, car s'il avait menti et qu'ils étaient restés auprès de lui tout en connaissant son mensonge, ils se seraient hâtés la honte en restant auprès de lui, auraient donné à leurs ennemis l'occasion de se réjouir d'eux, et auraient perdu ce monde et l'au-delà. » Autre réponse : Ces gens qui ont suivi les signes qui l'accompagnaient, comme le Coran et autres, ont témoigné contre eux-mêmes et contre leurs pères qu'ils étaient dans l'égarement, le faux et les hontes, et ils n'ont pas eu honte de revenir de cela. S'ils avaient senti la moindre ambiguïté, sans parler d'un mensonge, ils se seraient empressés de revenir, et cela aurait été plus reposant pour eux, plus léger, plus clair dans leur excuse et l'établissement de leur argument. Car revenir à la vérité est préférable à persévérer dans le faux. Autre réponse : S'ils avaient su quelque chose qui suscitât le doute, ils l'auraient interrogé à ce sujet, se seraient blâmés les uns les autres de rester auprès de lui et de ne pas le tuer et de se désolidariser de lui, et ils l'auraient divulgué et rendu public, même si cela leur avait nui, attristé et déplu. Car une grande communauté ne peut cacher ce qu'elle a su, même si cela lui nuit, l'attriste, lui fait perdre sa préséance et rabaisse ses dignités. Reconnais donc cela, car c'est un principe important. Cela concerne ce qu'ils savent en particulier. Qu'en est-il donc de l'affaire des météores, une chose que les gens en général, alliés et ennemis, connaissent ? Apprends donc que c'est un signe immense et une preuve évidente. Regarde comment il l'a présentée, a argumenté par elle contre l'ennemi et l'ami, et s'en est prévalu, en disant : « Dis : 'Il m'a été révélé qu'un groupe de djinns a écouté et a dit : Nous avons entendu un Coran merveilleux, qui guide vers la droiture. Nous y avons cru, et nous n'associerons personne à notre Seigneur. Et que notre Seigneur — exaltée soit Sa grandeur — ne s'est donné ni compagne ni enfant. Et que l'insensé parmi nous disait sur Allah une énormité. Et nous pensions que ni les humains ni les djinns ne diraient de mensonge sur Allah. Et que des hommes parmi les humains cherchaient protection auprès des hommes parmi les djinns, mais cela ne fit qu'accroître leur détresse. Et ils ont pensé, comme vous avez pensé, qu'Allah ne ressusciterait personne. Et nous avons touché le ciel et nous l'avons trouvé rempli de gardiens sévères et de météores. Et nous nous asseyions auparavant à des places pour écouter. Mais quiconque écoute maintenant trouve un météore aux aguets. Et nous ne savons pas si un mal est voulu pour ceux qui sont sur terre ou si leur Seigneur veut pour eux une direction droite.' » 117 Regarde comment il a mentionné sa terreur, sa grandeur, l'effroi des djinns et des humains devant son apparition, et qu'ils ne savent pas pourquoi elle est survenue, et si cela est pour châtier les habitants de la terre pour leurs péchés, ou pour les exhorter et les guider.

Il est également rapporté à ce sujet que (106) lorsque les étoiles filantes se multiplièrent, les gens se mirent à se défaire de leurs biens, disant : « Cela n’est survenu que pour l’anéantissement du monde et la fin de son terme. » Alors ‘Abd Nā’ila ibn ‘Umar ath-Thaqafī (107) dit aux gens de Thaqīf : « Attendez, car récupérer des biens après les avoir dissipés est pénible et difficile. Observez donc l’étoile filante : si elle fait partie des étoiles connues et anciennes, c’est pour l’anéantissement du monde ; mais si ce sont des étoiles apparues maintenant et créées à l’instant, c’est pour une affaire. » Une nuit, le phénomène se produisit ; ils regardèrent et voilà que c’étaient des étoiles apparues à ce moment. Ils retinrent donc leurs biens et attendirent les nouvelles qui leur parviendraient. Or, voici qu’ils apprirent qu’un homme de Quraysh à La Mecque prétendait qu’Allah l’avait envoyé à Sa création pour les avertir. Ils dirent : « Peut-être cette pluie d’étoiles est-elle un témoignage pour cet avertisseur. » Ils bénirent l’avis de cet homme qui avait conseillé, et cela devint un sujet de fierté pour lui et pour sa descendance après lui, au point qu’ils disent à Thaqīf : « Notre père est celui qui a retenu vos biens pour vous. » Si l’on dit : « N’a-t-on pas mentionné que dans la poésie des Anciens il est fait mention de la pluie d’étoiles, et dans les livres des Perses également ? » On lui répond : Abū ‘Alī et son fils Abū Hāshim (108) ainsi que leurs disciples ont dit : « Nous ne nions pas qu’avant la mission du Prophète il y ait eu quelque pluie d’étoiles, mais nous savons par la preuve que nous avons avancée qu’il s’est produit, lors de la mission du Prophète, quelque chose qui a rompu la coutume et dont le ciel s’est rempli. C’est cet accroissement par rapport à l’ordre habituel qui constitue la preuve. Cela est comparable au Déluge : l’eau avait augmenté, avant Noé (sur lui la paix), de nombreuses augmentations connues et habituelles. Mais lorsque Noé (que la prière d’Allah soit sur lui) vint, l’eau augmenta d’une augmentation qui rompit la coutume et sortit de l’ordre habituel. Cette augmentation fut le signe et la preuve. Il n’y a donc, dans la poésie des poètes ni dans ce qui se trouve dans les livres des Anciens, aucune objection contre cet indice, ni aucun démenti à cette information. Cette réponse est solide, complète et suffisante, car le Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) n’a argumenté que par le remplissage du ciel de météores, et non par l’ordre habituel. Cela, un homme sensé ne le ferait pas, et cela ne viendrait de personne, quel qu’il soit. Comment donc de celui qui prétend à la véracité et à la prophétie, et qui veut que tous les hommes le croient et le suivent, pourrait-il argumenter contre eux par une chose qu’ils connaissaient avant qu’il ne fût créé, lui et ses pères, en disant : « Ceci fait partie de mes signes, c’est à cause de moi que cela est arrivé, et c’est pour confirmer ma véracité que cela a été créé » ? Ce serait comme celui qui dirait : « Parmi les preuves de ma prophétie, le soleil ne se levait pas pour vous, et maintenant il se lève. » Quant à Abū ‘Uthmān ‘Amr ibn Baḥr al-Jāḥiẓ (qu’Allah lui fasse miséricorde), il mentionne dans le livre « Al-Ḥayawān » la pluie d’étoiles, et il mentionne ce qu’elle contient comme signe et preuve de la prophétie. Il mentionne également la poésie rapportée à ce sujet par ces poètes. Il dit, lui, Ibrāhīm an-Naẓẓām et d’autres : « Il n’y a dans cette poésie rien de clair que son auteur ait voulu désigner par la pluie d’étoiles ; c’est une chose ambiguë. » Ils mentionnent, à propos d’une partie de cette poésie, qu’elle est postérieure (à l’Islam) et a été composée en Islam, dite par quelque zindīq et attribuée aux Anciens. Ils mentionnent, à propos d’une autre partie, que son auteur, bien qu’étant un mécréant de l’époque préislamique, a vécu jusqu’à la mission et ses débuts. Ainsi, ils annulent l’idée qu’il y ait là un argument auquel se raccrocher ou qui nécessite une réponse. Abū ‘Uthmān jugea improbable que cette chose ait été manifeste avant l’Islam. Il dit : « Sinon, où étaient les poètes anciens, comme Imru’ al-Qays et ceux qui l’ont précédé, comme Kināna, Zuhayr (109) et les poètes des tribus anciennes ? Comment n’ont-ils pas mentionné cela dans leurs poèmes, alors que c’était une chose évidente à leurs yeux ? Eux qui ont décrit les serpents, les scorpions, les scarabées, les coléoptères, les puces, les poux, chaque personne et tout ce qui rampe et marche ? » Ce qu’il a dit n’est pas éloigné. Quant à la réponse d’Abū ‘Alī et de ses disciples : « Peu nous importe que la poésie des Anciens remplisse le monde, cela n’a aucun effet sur ce point. » Abū ‘Uthmān dit : « Quant à ce qui est prétendu concernant la mention des météores dans les livres des anciens Perses, c’est une chose à laquelle on ne peut parvenir par la science, car ces livres ont été transmis en Islam. Ils n’ont été transmis que par des individus isolés, ennemis de l’Islam, parmi ceux qui sont les plus ardents à vouloir démentir le Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) et à semer le doute chez les musulmans. Même s’il était un musulman intègre, on ne saurait cela par son information ; qu’en est-il donc alors que son état est celui que nous avons décrit ? » De plus, d’où tenons-nous qu’il connaît les deux langues et qu’il a visé les auteurs des livres, de sorte que l’on puisse se fier à sa transmission et à ses informations ? Il en est comme l’a dit Abū ‘Uthmān. En effet, ces livres qui ont été composés en Islam, dont certains ont été attribués à l’Inde, d’autres aux Romains, d’autres aux Grecs, d’autres aux Coptes, d’autres aux Nabatéens, d’autres aux Perses, n’ont été composés que par des individus isolés. L’un d’eux prétend l’avoir trouvé chez les gens de cette langue, et prétend être savant dans cette langue et l’avoir traduit. C’est une chose qui ne procure aucune science, et nous n’avons rien de plus que la prétention de ce compilateur. Dans la mesure où il écrit, traduit et remet aux copistes, cela circule entre les mains des gens. Alors, celui qui n’a ni science ni habitude de fréquenter les Mu‘tazilites et ceux qui ont appris d’eux, et qui n’a aucun accès aux méthodes des gens de science, dit : « Ceci fait partie des livres des Anciens. » Reconnais donc cela, car c’est une grande porte, et chacun en a le plus grand besoin. En effet, l’ignorance et le manque de réflexion dominent les gens, et les ennemis de l’Islam sont nombreux. Ils sont parmi eux, leur tendant toutes sortes de pièges sans qu’ils s’en rendent compte. Parmi cela, il y a des discours, des lettres, des testaments et des sentences composés à l’époque des Banū ‘Abbās et attribués aux nations non arabes. Il n’y a aucun moyen de savoir si ce que leurs auteurs ont prétendu, à savoir qu’ils les ont trouvés chez les Anciens, est vrai. Leur but était seulement de distraire les gens du Coran, des engagements du Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) et des testaments des prédécesseurs après lui. Peut-être même ont-ils pris cela et en ont-ils tiré les significations du Coran et des hadiths du Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue), en changeant les mots et en les attribuant aux nations non arabes et aux savants. Les gens compétents suspectent ‘Abd Allāh ibn al-Muqaffa‘ dans ce qu’il a composé de « Kalīla wa Dimna » et du livre « Al-Yatīma », ainsi que dans ce qu’il a prétendu avoir trouvé chez les Perses. Ils ont dit : « Nous n’avons rien de plus que la prétention. C’est un homme éloquent, d’une science éloquente, d’origine persane, ayant une veine de mazdéisme, car il y a longtemps séjourné. Il rapporte beaucoup les adab et les sciences des Arabes, est partial envers son peuple, s’est converti à l’Islam après un âge avancé, et était suspect dans sa religion. » Ils ont dit la même chose à propos d’Abān ibn ‘Abd al-Ḥamīd al-Lāḥiqī (110). Sahl ibn Hārūn ibn Rahbūna (111), le secrétaire persan, compagnon d’al-Ma’mūn, a composé le livre « Thughra wa Tha‘la » pour rivaliser avec le livre « Kalīla wa Dimna », le mettant dans la bouche des oiseaux et des bêtes, et y mentionnant les sentences des Arabes comme l’avait fait Ibn al-Muqaffa‘ (112) dans Kalīla wa Dimna à propos de celui qu’il a nommé Barzawayh le médecin, le plaçant en tête du livre comme s’il ne voulait que semer le doute chez les gens des religions et les adeptes des prophètes (que la prière soit sur eux) dans leurs religions. Un livre a circulé parmi certains astrologues, qu’ils prétendent avoir trouvé de Jābān, l’astrologue de Kisrā, roi de Perse. Il y annoncerait, selon leur prétention, qu’une prophétie surviendrait chez les Arabes, dont la durée serait de tant et tant d’années. Il mentionne les jours du Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue), puis les jours d’Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq, puis de ‘Umar, puis de ‘Uthmān, puis de ‘Alī (qu’Allah les agrée), sans mentionner leurs noms, et détaille beaucoup de leurs états, de leurs conduites et de leurs œuvres. Les astrologues en furent séduits au point de croire que leur art était vrai, qu’il menait à la science, et ils en séduisirent beaucoup de gens, parmi les émirs, les vizirs et les catégories de secrétaires, qui ne savaient pas. Ils en firent un témoignage en faveur de l’art des astres et le firent prospérer. Cela se passa en présence d’un homme parmi les savants mu‘tazilites. Il dit à l’astrologue qui argumentait par cela pour la validité de l’art des astres – et c’était Isḥāq ibn Fulayt le Juif, l’un des chefs des astrologues de son temps à Bagdad, qui était considéré par beaucoup d’entre eux comme supérieur aux chefs des astrologues de son temps et de son époque, comme Ibn Zakariyyā (114) an-Nawbakhtī, Ibn Farrukhān Shāh le Chrétien (115) et Ghulām Zuhal (116) : « D’où tiens-tu, ô Abā aṭ-Ṭayyib, que ce livre a été composé par Jābān pour Kisrā ? » Il répondit : « C’est célèbre et courant parmi les astrologues, ils n’en doutent pas. » Il lui dit : « C’est de cela et de son authenticité que je t’ai interrogé. Est-ce plus que le fait que tu aies trouvé un livre écrit, attribué à Jābān, l’astrologue de Kisrā ? D’où tiens-tu que c’est comme l’a écrit ce copiste et comme l’a rapporté ce rapporteur ? Nous n’avons, ni vous, rien de plus que la prétention. Cet homme n’a fait que trouver son livre en Islam, à l’époque des Banū ‘Abbās et à l’époque des Daylamites parmi eux, et il a prétendu qu’il était ancien, qu’il l’avait trouvé en persan et l’avait traduit. Il ne l’a composé qu’après que les jours du Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue), les jours de ses califes, les jours des Banū Umayya et la grande époque des Banū ‘Abbās furent passés, et qu’il les eut connus et vérifiés. Il composa donc le livre après cela, et supprima les noms des gens pour faire croire qu’il l’avait composé avant qu’Allah ne les crée. Ainsi, celui qui lira son livre parmi ceux qui n’ont pas de science lui attribuera la véracité et l’habileté, et à l’art des astres la validité. Sinon, montre-nous, s’il a annoncé quelque chose concernant ceux qui viendront parmi les califes ou autres, ou s’il a mentionné leurs jours et leurs durées de vie avec exactitude comme il l’a fait pour ceux qui l’ont précédé, afin que tu aies quelque doute à ce sujet. » Ibn Fulayt fut déconcerté par cela après un long discours, s’adoucit après sa dureté, se calma après son agitation, et dit : « Peut-être l’affaire est-elle comme tu l’as dit. » Le mu‘tazilite lui dit : « Comme tu es vite revenu sur ces prétentions ! » Il répondit : « Je vais t’informer : j’ai lu quatre copies de ce livre attribué à cet homme, et elles sont toutes différentes. Il y est mentionné que la Maison (la Kaaba) verra son pèlerinage et sa vénération cesser, et chaque année j’attends et je m’informe des pèlerins, et voilà que leur pèlerinage ne cesse pas. » Nous n’avions pas besoin de la parole d’Ibn Fulayt ni de son raisonnement, car ce n’est rien de solide. L’adversaire pourrait prétendre que cela arrivera, ou ergoter autrement. Mais ce qu’a mentionné l’auteur du livre n’est pas, dans l’art des astres, quelque chose qui relève de l’exactitude dans le détail. Les coïncidences justes leur arrivent sans science, comme elles arrivent aux joueurs de bague, de pair et d’impair, à ceux qui tirent des présages de la vue du renard, à ceux qui augurent mal du corbeau et du hibou. Les coïncidences justes de ces gens sont plus nombreuses, meilleures et plus rapides que celles des astrologues des rois les plus habiles. Cela te suffit pour la vanité de l’art des astres. Nous n’étions pas en train de les réfuter, mais cela s’est présenté et nous l’avons mentionné. Tu trouveras dans la réfutation contre eux plus que cela. Mais la mention du livre attribué à Jābān et de ses semblables : les ennemis des prophètes les composent pour semer le doute dans leurs informations, pour faire passer leurs justesses comme relevant du même ordre que les coïncidences des astrologues, pour faire prospérer l’art des astres, pour inciter les gens à recourir à eux et à compter sur eux, pour les exploiter et pour parfaire leur ruse contre eux. Cette catégorie, les astrologues l’appellent « al-hādhūr ». Tu trouveras cela fréquemment. Ils disent : « Mā shā’ Allāh ibn Abrī le Juif (117) a dit dans les conjonctions ceci et cela, et cela s’est vérifié. » « Al-Ḥasan ibn Sahl et al-Faḍl ont dit à al-Ma’mūn (118) ceci et cela avant que cela n’arrive, et il en fut ainsi. »

Il arrive peut-être à certains historiens et narrateurs, qui n'ont aucune connaissance de l'art du discours 118, de tomber sur de tels livres et récits, de les mentionner et de les inclure dans leurs ouvrages. Puis les lisent ceux qui n'ont aucune science et n'ont pas interrogé les savants à leur sujet, et ils sont alors perplexes et s'égarent. Des gens ont fait cela en islam : ils ont pris des événements qui avaient eu lieu et se sont produits, ont composé à leur sujet des poèmes qu'ils ont attribués à des gens d'autrefois, prétendant qu'ils les avaient connus avant qu'ils n'adviennent, comme ils l'ont fait pour un poème attribué à un homme appelé Ibn Abī l-'Uqab, où il mentionne la dynastie des Banū l-'Abbās, comment elle a commencé, mentionne un groupe de leurs califes, où ils sont morts et où se trouvent leurs tombes, et ils prétendent qu'il a tenu cela des imams et des exécuteurs testamentaires 119 ; c'est une chose sans fondement et un mensonge dont on ne doute pas. Sa voie est seulement celle que nous avons mentionnée. Sache-le, car c'est une porte importante ; nombreux sont ceux qui trompent par cela et qui y sont troublés, et par ignorance de cela, des groupes de cette communauté qui se sont opposés aux mu'tazilites, parmi les groupes shī'ites et autres, se sont égarés. Telle est la voie des livres attribués aux Grecs, comme Platon, Aristote et autres : ils ont été traduits en islam, et leurs traducteurs et commentateurs ne sont que des individus isolés dont on ne sait rien des récits de leur groupe ; et en plus de cela, ils sont ennemis du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et les gens les plus désireux de semer le doute en islam et d'en détourner ses adeptes. Ils se couvrent du christianisme, mais les chrétiens ne sont pas satisfaits d'eux, et ils témoignent contre eux d'impiété 120, d'annulation des lois religieuses, d'attaque contre la seigneurie et contre toutes les prophéties. Ils les ont maudits et interdits, comme Qusṭā ibn Lūqā 121, Ḥunayn ibn Isḥāq et son fils Isḥāq 122, Qawayrī 123, Mattā ibn Yūnus 124, Yaḥyā ibn 'Adī 125 ; ceux-ci, bien que peu nombreux, n'ont pas été réunis par une même époque. Yoḥannā le prêtre 126, commentateur d'Euclide, de l'Almageste et d'autres, disait : « Ceux qui ont traduit les livres de ces gens en ont supprimé beaucoup de leurs égarements et de leurs erreurs grossières, par partialité pour eux et pour les préserver, et ils leur ont prêté et donné ce qui n'est pas à eux, parmi les significations des musulmans et leurs explications. Or l'ennemi, s'il est religieux, sa rancune n'est pas à l'abri ; qu'en est-il de celui qui ne croit ni au retour 127, ni n'espère de compte, ni ne craint de châtiment ? » Puis je suis revenu à ce qui était écrit au sujet des météores 128. Les savants ont examiné le livre connu sous le nom d'« al-'Alawī » 129, attribué à Aristote : l'un de ces traducteurs l'avait traduit pour l'un des califes abbassides afin de lui offrir un cadeau. Ils n'y ont trouvé aucune mention explicite de la chute des étoiles filantes 130 ; ce n'est qu'une parole ambiguë que certains interprètent et prétendent qu'il voulait dire cela, alors qu'il est plus vraisemblable qu'il s'agisse d'une chose qui s'élève de la terre et monte dans l'atmosphère. Hārūn al-Rashīd avait pressuré les Byzantins, les avait assiégés dans leur pays et les avait humiliés jusqu'à ce qu'ils acceptent de payer la capitation 131 et qu'ils l'apaisent par elle ; il la prit d'eux et leur écrivit une lettre où il leur exposait l'unicité de Dieu, Sa singularité dans l'éternité, la véracité de Son Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, et mentionnait un passage suffisant et excellent des signes de la prophétie. Il l'envoya au roi des Byzantins avec un homme des mu'tazilites, soit Mu'ammar, soit un autre. La lettre est une composition d'Abū l-Rabī' Muḥammad ibn al-Layth al-Kātib al-Qurashī 132 ; elle se trouve dans les « Épîtres » de Tāj al-Iṣfahānī 133, je n'en doute pas. Un savant m'a raconté qu'elle est mentionnée dans « al-Manthūr wa l-Manẓūm » d'Ibn Abī Ṭāhir 134. Dans cette lettre, il a mentionné le verset des météores et la chute des étoiles filantes, et il a développé l'argument à leur sujet. Cette lettre ne fut envoyée au roi des Byzantins qu'après avoir examiné les livres des Perses et épuisé tout ce qui pouvait être dit, afin que soit connue l'authenticité de ce verset et l'investigation des savants à son sujet depuis longtemps. Abū 'Alī 135, que Dieu lui fasse miséricorde, et ses disciples ont dit, comme nous l'avons déjà mentionné à leur sujet, ce qui ne nous nuit pas. Même si tous les Anciens avaient apporté l'argument de l'augmentation qui rompt l'habitude 136 et que le ciel s'en fût rempli au moment de son envoi 137. Il est rapporté dans la tradition qu'une étoile filante tomba et le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : « Que disiez-vous de cela à l'époque préislamique 138 ? » Les disciples d'Abū 'Alī dirent aux disciples d'Abū 'Uthmān 139 : « Cela indique qu'il y avait déjà un effet de la chute des étoiles filantes, puis au moment de l'envoi, il y eut une augmentation qui rompit l'habitude. » Les disciples d'Abū 'Uthmān dirent : « Le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, voulait seulement dire par sa parole : 'Que disiez-vous de cela à l'époque préislamique ?', c'est-à-dire avant leur conversion à l'islam et avant qu'ils ne le croient. » Dans les deux cas, le signe est établi et l'argument est valide ; il n'y a pas là de divergence sur son existence et sa réalisation. Quant à cet Aristote, on ne se fie pas à ce qu'il dit. Même si ses disciples ont attesté sa véracité, il n'est pas parfait d'esprit, car ils ont rapporté de lui que ces corps célestes — le soleil, la lune et les étoiles — ne peuvent ni se diviser, ni se fragmenter, ni se morceler ; que le soleil n'est pas chaud et qu'il est impossible qu'il soit chaud ; que ces corps ne peuvent être ni chauds ni froids, ni humides ni secs, ni lourds ni légers, ni mous ni durs ; qu'il est impossible que ces étoiles soient plus nombreuses qu'elles ne le sont d'une seule étoile, ou qu'il en manque une seule ; qu'il est impossible que le soleil soit plus grand ou plus petit qu'il n'est ; qu'il est impossible qu'il ait une couleur, une odeur ou un goût. Or ce que cet homme a déclaré impossible est possible dans l'intellect, et tout homme raisonnable, savant ou ignorant, spéculateur ou non, le sait. S'il était raisonnable et que l'entêtement et l'obstination l'ont conduit à cette négation et à cette contradiction de ce qui est dans la nature de tous les intellects et dans leurs principes, qui donc le compterait ou tiendrait compte de sa parole, ou le mentionnerait parmi ceux dont on réfute les propos et dont on suit les faiblesses, alors qu'il est tout entier faiblesse, du début à la fin ? Si cette ignorance n'était que cela, cela lui suffirait et le dispenserait ; mais si l'on répartissait cette stupidité sur tous les habitants de la terre, du premier au dernier, elle abaisserait leurs rangs et ferait tomber leur valeur, au point qu'ils ne compteraient plus parmi ceux dont on réfute les propos. Comment en serait-il autrement, alors qu'il a d'autres stupidités, légères et dégradantes, que si tu les recherches, tu les trouveras et les constateras ? Parmi ses ignorances, il a cru que le ciel, le soleil, la lune et les étoiles sont doués de raison, de discernement, d'ouïe, de vue, qu'ils sont nuisibles et utiles, qu'ils font vivre et mourir, et que tout événement dans ce monde est de leur fait et de leur influence. Or savoir que le ciel, le soleil, la lune et les étoiles sont des corps inanimés et morts est comme savoir que le rayon du soleil, le rayon de la lune, la lumière des étoiles, l'éclair, le nuage, le vent, la pluie, la mer, l'eau, l'air, la terre et le feu sont des corps inanimés et morts. Il n'y a pas de différence entre celui qui prétend cela de la terre, du feu, de l'eau, de l'air et des plantes, et celui qui le prétend des étoiles ; bien plus, sa prétention concernant la nourriture, la boisson, l'air et choses semblables — qu'ils sont vivants, puissants, utiles, nuisibles, qu'ils font vivre et mourir — serait plus digne et plus propre à semer le trouble que celle de celui qui le prétend du soleil, de la lune, du ciel et des étoiles. Il dirait : « J'ai trouvé que là où l'air se trouve, il est possible que l'animal existe ; là où il n'est pas, on ne trouve guère d'animal. Quand il stagne, les bien-portants tombent malades et les malades s'affaiblissent ; les fruits, la nourriture et les plantes pourrissent à son contact. J'ai donc su qu'il est vivant, entendant, voyant, puissant, qu'il fait vivre et mourir. » Puis il passerait à l'eau et dirait : « Quand elle est présente, l'animal et la plante existent ; quand elle est absente, l'animal et la plante périssent. J'ai donc su qu'elle est vivante, parlante, entendant, voyant, utile, nuisible. » Puis il passerait à la terre et à ses bienfaits, et en dirait autant, à cause des plantes et des minéraux qu'elle contient. De même pour le feu, il dirait : « Ne vois-tu pas qu'il coagule certaines choses comme les œufs et autres, qu'il dissout certaines choses comme le cuivre, le plomb, l'or, l'argent et autres, qu'il blanchit certaines choses et en noircit d'autres ? J'ai donc su que toutes ces choses sont vivantes, parlantes, entendant, voyantes, agissantes. » C'est là la parole de Mani 140, jusqu'à ce qu'il en ait dit autant de tous les corps du monde et de chaque partie d'eux, même du fer, des pierres et du bois. Les manichéens disent des sons que l'on entend lorsqu'on grille le sésame et l'aubergine, des bruits d'ébullition des marmites et des bruits du bois lorsqu'il se fend : tout cela sont des cris et des clameurs de ces choses, à cause des douleurs qu'elles subissent. Les manichéens prétendent que les philosophes ont pris d'eux ces doctrines. Je ne t'en ai parlé en cet endroit que pour que tu connaisses la mesure de l'intelligence des zindīqs 141 et des athées. Sans la séduction de certains chefs, secrétaires et vizirs par eux, nous ne les aurions pas mentionnés. Mais ces derniers, par leur négligence et leur mauvais discernement, se sont laissé séduire par eux, comme nous l'avons mentionné. Ces bâtinites 142 les appellent à eux et forgent des récits mensongers sur les Gens de la Maison 143 à leur sujet. Il nous a donc incombé de les mentionner avec ce qui est en eux et ce qui leur est applicable, afin que les gens les connaissent. [Un autre chapitre : L'invocation du Messager de Dieu contre Muḍar et la rétention de la pluie sur eux] Parmi ses signes, que Dieu prie sur lui et le salue, il y a que lorsqu'ils l'eurent traité de menteur et lui eurent causé du tort, à lui et à ses compagnons, il invoqua Dieu contre eux en disant : « Seigneur, rends-leur ta punition sévère, envoie sur eux des années de disette comme les années de Joseph, que Dieu prie sur lui et le salue. » Alors la pluie fut retenue sur eux, au point que les plantes et les arbres séchèrent, que le bétail mourut, qu'ils firent rôtir le cuir 144 et mangèrent le 'alhar 145, et qu'ils se dispersèrent dans les pays à cause de la dureté de la situation. Ḥājib ibn Zurāra se rendit auprès de Kisrā 146 et se plaignit de ce qui les avait frappés, lui demandant la permission de faire paître dans le Sawād 147 ; il lui donna son arc en gage. C'est une histoire connue, à propos de laquelle le Coran a été révélé et où l'on a discuté ; c'est la parole de Dieu, Puissant et Majestueux : « Attends donc le jour où le ciel apportera une fumée visible, qui couvrira les gens : ce sera un châtiment douloureux 148. » La fumée est la sécheresse 149 ; on l'a appelée fumée parce que la poussière s'élève pendant l'année de sécheresse et devient comme de la fumée. C'est pourquoi l'année de sécheresse est appelée « poussiéreuse » à cause de l'élévation de la poussière. C'est une chose qui a eu lieu et qui est passée ; il n'est pas possible que ce soit quelque chose qui n'est pas encore venu, car Dieu, Puissant et Majestueux, dit : « qui couvrira les gens : ce sera un châtiment douloureux. » Puis il vient à la suite : « Nous écarterons un peu le châtiment ; mais vous reviendrez. Le jour où Nous frapperons le grand coup, Nous Nous vengerons 150 », c'est-à-dire le jour de Badr. Tout cela indique que la fumée est passée et révolue, et qu'elle a eu lieu par son invocation, car le châtiment dans l'au-delà ne peut être écarté ni allégé. Il a dit à ce sujet : « Nous écarterons un peu le châtiment ; mais vous reviendrez. » Or le retour aux péchés dans l'au-delà n'a pas lieu non plus. L'écartement du châtiment d'eux eut lieu aussi par son invocation : la pluie vint sur eux et fut abondante, puis ils revinrent à leur tyrannie. Les disciples de 'Abd Allāh ibn Mas'ūd 151 dirent : « Nous étions chez 'Abd Allāh, assis, tandis qu'il était couché parmi nous. Un homme vint et dit : 'Ô Abū 'Abd al-Raḥmān, un conteur, aux portes de Kinda — c'est-à-dire de Kūfa — raconte, prétendant que le verset de la fumée viendra, saisira les souffles des mécréants, et que les croyants en auront comme un rhume.' 'Abd Allāh dit — et il s'assit en colère — : 'Ô gens, craignez Dieu ! Que celui qui sait quelque chose dise ce qu'il sait ; que celui qui ne sait pas dise : Dieu sait mieux. Car Dieu a dit à Son Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue : « Dis : Je ne vous demande pour cela aucun salaire, et je ne suis pas de ceux qui s'imposent 152. » Le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, lorsqu'il vit les gens se détourner, dit : « Seigneur, envoie-leur sept années comme les années de Joseph, que Dieu prie sur lui et le salue. » Alors une année de disette les frappa, qui dévasta tout, au point qu'ils mangèrent les peaux puantes et les charognes ; l'un d'eux regardait le ciel et voyait une fumée à cause de la faim. Abū Sufyān ibn Ḥarb vint alors et dit : « Ô Muḥammad, tu ordonnes l'obéissance et le maintien des liens de parenté ; or ton peuple a péri ; invoque Dieu pour eux. » Ibn Mas'ūd dit : ' »

La fumée 153 dura des années comme les années de Joseph, paix sur lui, puis Il l'écarta d'eux. « Ne voyez-vous pas ? » Il dit : « Nous allons écarter un peu le châtiment ; mais vous reviendrez 154 » après qu'Il lui eut dit : « Attends donc 155 », et il attendit, que la prière et le salut soient sur lui, et cela arriva. Puis il invoqua et Il écarta. La grande saisie 156 eut lieu à Badr. Et sont déjà passés le signe des Romains 157, le signe de la fumée, la saisie et l'étreinte 158. [Chapitre] Parmi Ses signes à La Mecque, lorsque lui, que la prière et le salut soient sur lui, les rassembla, les exhorta et les appela à le suivre et à abandonner ce sur quoi ils étaient, les religions de leurs pères, ils rejetèrent sa parole, et certains d'entre eux allèrent vers d'autres et dirent :


  1. al-mushrikūn : Les associateurs, ceux qui associent d'autres divinités à Allah.
  2. yajlibūn : Ils rassembleront des troupes ou des partisans.
  3. aḥāṭa bi-n-nās : Allah cerne les gens, c'est-à-dire qu'Il les tient en Son pouvoir et les protège ou les menace.
  4. yaʿṣimuka mina n-nās : Allah te protégera des gens, c'est-à-dire qu'Il te préservera de leur mal.
  5. fa-innahum : Le pronom renvoie aux gens mentionnés précédemment, probablement les Quraychites et autres opposants.
  6. jabriyya : Tyrannie, orgueil, ou tendance à la domination.
  7. yaṣṭalimūnahu : Ils le tailleraient en pièces, le mettraient en pièces.
  8. fī ṭāʿatihī : Dans son obéissance, c'est-à-dire en obéissant à Allah et à Son messager.
  9. tabaʿūhu : Ils l'ont suivi, c'est-à-dire qu'ils sont devenus ses disciples.
  10. ghanīma : Butin de guerre, pris sur les ennemis après une victoire.
  11. ahl al-dhimma : Gens du Livre (juifs, chrétiens, sabéens) vivant sous protection musulmane en échange du paiement de la jizya.
  12. zanādiqa : Pluriel de zindīq, désignant les hérétiques, manichéens ou dualistes, souvent accusés de cacher leur mécréance.
  13. khāṣṣa al-khāṣṣa : L'élite de l'élite, les initiés les plus proches de Dieu dans le soufisme.
  14. Muhājirūn : Les émigrants de La Mecque à Médine avec le Prophète.
  15. Anṣār : Les auxiliaires médinois qui ont accueilli et soutenu le Prophète.
  16. naqḍ al-ʿādāt : Rupture des habitudes, concept théologique désignant les miracles comme dérogations aux lois naturelles établies par Dieu.
  17. Quraysh : Tribu arabe de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète.
  18. anṣārī : Mes alliés/auxiliaires, faisant référence aux Anṣār de Médine.
  19. Sourate 41:53 : Coran, Sourate Fuṣṣilat (41), verset 53.
  20. Sourate 21:37 : Coran, Sourate al-Anbiyā' (21), verset 37.
  21. Sourate 6:89 : Coran, Sourate al-Anʿām (6), verset 89.
  22. Sourate 8:62-63 : Coran, Sourate al-Anfāl (8), versets 62-63.
  23. Sourate 3:103 : Coran, Sourate Āl ʿImrān (3), verset 103.
  24. Majūs : Mages, zoroastriens, considérés comme gens du Livre par certains.
  25. kurāʿ : Chevaux de guerre, terme désignant la cavalerie.
  26. Banū Hāshim : Clan du Prophète, incluant les descendants de Hāshim.
  27. ʿAqīl : Fils d'Abū Ṭālib, frère de ʿAlī.
  28. Busr ibn Arṭāt : Général omeyyade qui tua les fils de ʿUbayd Allāh ibn al-ʿAbbās.
  29. Ḥujr ibn ʿAdī : Compagnon tué par Muʿāwiya pour avoir refusé de maudire ʿAlī.
  30. Muslim ibn ʿAqīl : Envoyé de Ḥusayn à Kūfa, tué avant la bataille de Karbalā'.
  31. al-Ḥarra : Bataille de 683 où les Omeyyades écrasèrent les Médinois.
  32. Tawwābūn : Les Pénitents, groupe chiite qui se souleva après Karbalā' pour venger Ḥusayn.
  33. Āl al-Zubayr : Famille de ʿAbd Allāh ibn al-Zubayr, rival des Omeyyades.
  34. qurrā' : Récitateurs du Coran, souvent pieux et ascètes.
  35. Ibn al-Ashʿath : Chef d'une révolte contre al-Ḥajjāj en 699-701.
  36. Zayd ibn ʿAlī et Yaḥyā ibn Zayd : Descendants de Ḥusayn, chefs de révoltes alides.
  37. al-Walīd ibn Yazīd : Calife omeyyade connu pour sa débauche.
  38. imāma : Imamat, fonction de guide politique et religieux de la communauté.
  39. الغار : La grotte où le Prophète Muhammad s'est caché avec Abu Bakr lors de l'émigration (hijra) de La Mecque à Médine.
  40. المكاشفة : Confrontation ou révélation directe ; ici, l'opposition ouverte aux ennemis.
  41. شيرويه بكسرى ابرويز : Shirwaih, fils de Kisra Abrawiz (Khosro II), qui assassina son père pour prendre le pouvoir.
  42. زائرين : Visiteurs ; ici, dans un sens péjoratif, désignant ceux qui venaient voir le Prophète sans croire en lui, par moquerie ou hostilité.
  43. خيّر أزواجه : Allusion au verset coranique (Sourate 33, verset 28-29) où le Prophète donne le choix à ses épouses entre Dieu et Son Messager ou la vie d'ici-bas.
  44. عين التمر : Localité en Irak, conquise par les musulmans sous le califat d'Abu Bakr.
  45. عتبة بن غزوان : Compagnon du Prophète, gouverneur de Bassora sous 'Umar, connu pour son ascétisme.
  46. أبي عبيدة : Abu 'Ubayda ibn al-Jarrah, compagnon et commandant militaire, gouverneur de Syrie sous 'Umar.
  47. معاذ بن جبل : Compagnon du Prophète, juriste et gouverneur du Yémen.
  48. شرحبيل بن حسنة : Compagnon du Prophète, commandant lors de la conquête de la Syrie.
  49. سعد بن ابي وقاص : Compagnon du Prophète, commandant à la bataille d'al-Qadisiyya et fondateur de Koufa.
  50. عمار بن ياسر : Compagnon du Prophète, connu pour sa piété et son ascétisme.
  51. بلال : Bilal ibn Rabah, compagnon du Prophète, premier muezzin de l'islam.
  52. Mouqrin : Nom d'un ascète musulman, probablement un compagnon ou un saint homme, mentionné dans le texte comme exemple de renoncement.
  53. Coran 3:110 : Sourate Âl 'Imrân, verset 110 : 'Vous êtes la meilleure communauté qu'on ait fait surgir pour les hommes.'
  54. manichéens : Adeptes du manichéisme, religion dualiste fondée par Mani au IIIe siècle.
  55. Abou Lahab : Oncle paternel du Prophète Muhammad, ennemi juré de l'islam, mentionné dans la sourate 111 (Al-Masad).
  56. zurq : Pluriel de 'zarq', désignant la divination par le vol des oiseaux ou des flèches, pratique préislamique.
  57. Coran 5:72 : Sourate Al-Mâ'ida, verset 72 : 'Quiconque associe à Dieu, Dieu lui interdit le Paradis.'
  58. bi-ayy : Expression signifiant 'par quoi' ou 'de quelle manière', utilisée dans le texte pour introduire une objection hypothétique.
  59. Coran 111:2 : Sourate Al-Masad, verset 2 : 'Ses biens et ce qu'il a acquis ne lui ont servi à rien.'
  60. Coran 3:12 : Sourate Âl 'Imrân, verset 12 : 'Dis à ceux qui ont mécru : vous serez vaincus et rassemblés vers la Géhenne, et quel mauvais lit !'
  61. Coran 54:45 : Sourate Al-Qamar, verset 45 : 'Ils seront mis en déroute et tourneront le dos.'
  62. Coran 17:51 : Sourate Al-Isrâ', verset 51 : 'Ils hocheront la tête vers toi.'
  63. anbata : Verbe signifiant 'être sans postérité', 'être retranché' ; les Quraychites disaient que Muhammad était 'anbata' après la mort de ses fils.
  64. Al-Kawthar : Sourate 108 du Coran, nommée d'après le mot 'kawthar' qui signifie 'abondance' ; aussi nom d'un fleuve du Paradis.
  65. Coran 108:1-3 : Sourate Al-Kawthar : 'Nous t'avons donné l'Abondance. Prie donc pour ton Seigneur et sacrifie. Celui qui te hait est sans postérité.'
  66. sanbûr : Mot arabe désignant un tronc de palmier sans branches, utilisé métaphoriquement pour quelqu'un sans descendance.
  67. Al-Kawthar : Voir note 13.
  68. Coran 109:1-6 : Sourate Al-Kâfirûn : 'Dis : "Ô vous les mécréants, je n'adore pas ce que vous adorez..."'
  69. arfaṣat : Elle s'est cabrée, a refusé d'avancer.
  70. al-isrâ' : Le Voyage nocturne du Prophète Muhammad de La Mecque à Jérusalem.
  71. qur'ânan yutlâ : Un Coran récité, c'est-à-dire un texte révélé destiné à être récité comme partie du Coran.
  72. Umm Hâni' : Fille d'Abû Tâlib et sœur de 'Alî, chez qui le Prophète aurait passé la nuit du Voyage nocturne.
  73. al-Haddâd : Un auteur shî'ite ayant écrit des livres critiquant les prophètes.
  74. Abû 'Îsâ al-Warrâq : Un penseur shî'ite connu pour ses critiques des prophètes et de l'islam.
  75. al-Husrî : Un auteur shî'ite ayant écrit sur l'égalité des théologiens et du commun des mortels.
  76. Ibn ar-Râwandî : Célèbre hérétique et critique de l'islam, souvent associé aux shî'ites.
  77. al-imâmiyya : Les imamites, branche du shî'isme qui croit en douze imams infaillibles.
  78. al-mu'tazila : École théologique rationaliste de l'islam sunnite.
  79. ash-shî'a : Les shî'ites, partisans de 'Alî et de sa descendance.
  80. al-muhâjirûn wa l-ansâr : Les émigrants de La Mecque et les auxiliaires de Médine, premiers compagnons du Prophète.
  81. az-zanâdiqa : Pluriel de zindîq, désignant les hérétiques ou mécréants cachés.
  82. Coran 75:31-35 : Versets coraniques évoquant Abû Jahl.
  83. az-Zaqqûm : Arbre infernal dont les fruits sont la nourriture des damnés.
  84. Coran 44:43-49 : Versets coraniques sur le châtiment des pécheurs.
  85. al-Ḥuṭama : L'une des appellations de l'Enfer, signifiant 'celle qui brise'.
  86. Rustam wa Isfandiyâr : Héros légendaires de l'épopée persane du Shâhnâmeh.
  87. Coran 31:6-7 : Versets coraniques évoquant an-Nadr ibn al-Hârith.
  88. ʿabasa wa basara : Expression coranique (Sourate 74:22) décrivant une expression faciale sévère et renfrognée.
  89. siḥrun yuʾthar : Expression coranique (Sourate 74:24) signifiant 'magie transmise' ou 'magie qui se transmet'.
  90. Sourate 74:11-16 : Référence aux versets 11 à 16 de la sourate Al-Muddaththir, décrivant la punition de celui qui est obstiné face aux signes de Dieu.
  91. Saqar : Nom de l'Enfer ou d'un de ses niveaux, mentionné dans le Coran (Sourate 74:26-27).
  92. Sourate 54:1-2 : Référence aux versets 1 et 2 de la sourate Al-Qamar, qui évoquent la fente de la lune.
  93. an-Nazzām : Ibrahim an-Nazzām (mort vers 845), théologien mu'tazilite connu pour ses positions rationalistes et ses doutes sur certains miracles.
  94. Sourate 54:1 : Début de la sourate Al-Qamar : 'L'Heure s'est approchée et la lune s'est fendue.'
  95. siḥrun mustamirr : Expression coranique (Sourate 54:2) signifiant 'magie continue' ou 'magie persistante'.
  96. Sourate 54:4-5 : Versets 4 et 5 de la sourate Al-Qamar : 'Et il leur est venu des nouvelles de quoi les dissuader. Une sagesse parfaite. Mais les avertissements ne leur servent à rien.'
  97. al-baṭsha wa al-lizām : Termes coraniques : 'al-baṭsha' (la violence, la rigueur) et 'al-lizām' (l'étreinte, la contrainte), faisant référence à des châtiments ou signes divins.
  98. Sourate 30:1-7 : Début de la sourate Ar-Rum, annonçant la victoire des Romains sur les Perses après quelques années.
  99. khaṭar : Terme désignant l'enjeu d'un pari ou d'une gageure.
  100. Sourate 30:60 : Dernier verset de la sourate Ar-Rum : 'Sois patient, car la promesse de Dieu est vraie. Et que ceux qui ne sont pas certains ne te rendent pas léger.'
  101. mukāshafa : Découverte spirituelle, dévoilement des réalités cachées, terme soufi.
  102. al-isrā' : Le Voyage nocturne du Prophète Muhammad de La Mecque à Jérusalem.
  103. shān al-Rūm : Allusion à la prédiction de la victoire des Byzantins (Romains) sur les Perses, mentionnée dans le Coran (sourate 30).
  104. ‘Abd al-Raḥmān : ‘Abd al-Rahmān ibn ‘Awf, un des premiers compagnons et un des dix promis au Paradis.
  105. maḥārīb : Pluriel de miḥrāb, niche de prière dans une mosquée, ou chaire (minbar) par extension.
  106. Abū al-Qāsim al-Balkhī : Théologien mu'tazilite du IXe-Xe siècle, auteur de réfutations.
  107. al-shī‘a : Partisans de ‘Alī, mais ici désigne les premiers shî'ites qui reconnaissaient la supériorité d'Abû Bakr et ‘Umar.
  108. Sharīk ibn ‘Abd Allāh : Juriste et traditionniste du IIe siècle de l'Hégire, considéré comme shî'ite modéré.
  109. al-Jazīra : La Mésopotamie, région du nord de l'Irak et de l'est de la Syrie.
  110. al-tafsīr : Commentaire coranique.
  111. Abū ‘Alī : Probablement Abū ‘Alī al-Jubbā'ī, théologien mu'tazilite du IXe-Xe siècle.
  112. al-imāma : L'imamat, doctrine sur la succession du Prophète.
  113. al-mu‘tazila : École théologique rationaliste de l'islam.
  114. Coran 72:8-9 : Sourate al-Jinn, versets 8-9.
  115. al-anwā' : Les mansions lunaires, utilisées pour la divination et la météorologie.
  116. Coran 6:33 : Sourate al-An‘ām, verset 33.
  117. Coran 72:1-10 : Sourate al-Jinn, versets 1-10.
  118. ṣan‘at al-kalām : Art du discours théologique ou dialectique, discipline des mutakallimūn (théologiens spéculatifs).
  119. awṣiyā’ : Exécuteurs testamentaires ; dans le contexte shī‘ite, désigne les imams successeurs du Prophète.
  120. ilḥād : Impiété, déviation de la religion, souvent associée à l'athéisme ou au manichéisme.
  121. Qusṭā ibn Lūqā : Médecin et traducteur chrétien (IXe siècle) ayant traduit des œuvres grecques en arabe.
  122. Ḥunayn ibn Isḥāq : Célèbre traducteur et médecin chrétien nestorien (IXe siècle), auteur de nombreuses traductions d'œuvres grecques.
  123. Qawayrī : Probablement un traducteur ou savant chrétien, non identifié avec certitude.
  124. Mattā ibn Yūnus : Traducteur et philosophe chrétien nestorien (Xe siècle), connu pour ses traductions d'Aristote.
  125. Yaḥyā ibn ‘Adī : Philosophe et traducteur chrétien jacobite (Xe siècle), disciple de Mattā ibn Yūnus.
  126. Yoḥannā l-qiss : Jean le prêtre, probablement un savant chrétien commentateur d'œuvres scientifiques grecques.
  127. ma‘ād : Retour, résurrection ; croyance en la vie après la mort et le jugement dernier.
  128. shuhub : Météores, étoiles filantes ; phénomènes célestes associés aux signes de la prophétie.
  129. al-‘Alawī : Livre attribué à Aristote, peut-être une œuvre apocryphe sur les phénomènes célestes.
  130. inqiḍāḍ al-kawākib : Chute des étoiles filantes ; phénomène interprété comme un signe divin.
  131. jizya : Capitation imposée aux non-musulmans en échange de protection et de liberté de culte.
  132. Abū l-Rabī‘ Muḥammad ibn al-Layth al-Kātib al-Qurashī : Secrétaire et écrivain de la cour abbasside, auteur de lettres officielles.
  133. Tāj al-Iṣfahānī : Auteur d'un recueil d'épîtres, probablement un écrivain ou secrétaire de l'époque abbasside.
  134. Ibn Abī Ṭāhir : Auteur de l'ouvrage « al-Manthūr wa l-Manẓūm », une anthologie de prose et de poésie.
  135. Abū ‘Alī : Probablement Abū ‘Alī al-Jubbā'ī, théologien mu'tazilite (IXe-Xe siècle).
  136. ziyāda nāqiḍa li-l-‘āda : Augmentation qui rompt l'habitude ; concept théologique désignant un miracle qui dépasse les lois naturelles.
  137. mab‘ath : Envoi, mission prophétique ; désigne l'avènement de la prophétie de Muhammad.
  138. jāhiliyya : Période préislamique, caractérisée par l'ignorance religieuse.
  139. Abū ‘Uthmān : Probablement Abū ‘Uthmān al-‘Allāf, théologien mu'tazilite (VIIIe-IXe siècle).
  140. Mānī : Fondateur du manichéisme, religion dualiste qui a influencé certaines sectes gnostiques.
  141. zanādiqa : Pluriel de zindīq, désignant les hérétiques, souvent les manichéens ou les athées.
  142. bāṭiniyya : Sectes ésotériques, notamment ismaéliennes, qui interprètent le Coran de manière allégorique.
  143. ahl al-bayt : Gens de la Maison ; famille du Prophète Muhammad, vénérée particulièrement par les shī‘ites.
  144. ishtawū l-qid : Ils firent rôtir le cuir ; expression désignant l'extrême famine où l'on consommait du cuir.
  145. al-‘alhar : Plante du désert, probablement une sorte de chardon ou de végétation comestible en période de disette.
  146. Kisrā : Titre des rois sassanides de Perse, ici probablement Khosro Ier ou II.
  147. Sawād : Région fertile de l'Irak, notamment les terres agricoles autour de Kūfa et Bagdad.
  148. dukhān mubīn : Fumée visible ; verset coranique (44:10-11) interprété comme un signe de châtiment.
  149. jadb : Sécheresse, disette ; interprétation de la fumée comme métaphore de la famine.
  150. al-baṭsha al-kubrā : Le grand coup ; référence à la bataille de Badr, victoire décisive des musulmans.
  151. ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd : Compagnon du Prophète, célèbre pour sa connaissance du Coran et ses interprétations.
  152. al-mutakallifīn : Ceux qui s'imposent ; verset coranique (38:86) où le Prophète refuse de se faire passer pour un imposteur.
  153. dukhān : La fumée : signe prophétique mentionné dans le Coran (sourate 44, verset 10) comme un châtiment envoyé aux mécréants de La Mecque.
  154. inna kāshifū al-ʿadhābi qalīlan innakum ʿāʾidūn : Citation du Coran (sourate 44, verset 15) : « Nous allons écarter un peu le châtiment ; mais vous reviendrez [à votre mécréance]. »
  155. irtaqib : Impératif signifiant « attends, guette » ; ordre divin au Prophète d'attendre l'accomplissement de la promesse.
  156. al-baṭshah al-kubrā : La grande saisie : fait référence à la bataille de Badr, considérée comme un châtiment divin contre les mécréants.
  157. āyat al-Rūm : Le signe des Romains : prophétie coranique (sourate 30, versets 2-4) annonçant la victoire des Byzantins sur les Perses.
  158. al-lizām : L'étreinte : terme désignant un châtiment ou une contrainte divine, souvent associé à la défaite des mécréants.

La première partie

«Allez, et tenez bon à vos divinités ! A-t-Il fait des divinités un Dieu unique ?» 1 Et ils le menacèrent par leur nombre, leur puissance et leurs richesses, et ils en étaient confiants. Ils furent trompés par ce qu'ils voyaient de la faiblesse du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et de son isolement. Le Messager de Dieu les menaçait, lui qui était dans cet état. Alors Dieu révéla : «C'est une armée qui, là-bas, sera mise en déroute parmi les coalisés.» 2 Il en fut comme Il l'avait annoncé, et l'issue heureuse fut pour lui. Médite donc cette affaire : tu la trouveras immense, car il les menaçait de guerre avant la guerre, avant la réunion [des forces] et en situation de faiblesse, alors qu'il était parmi eux, dans leur captivité et sous leur emprise. Cela les poussa à le tuer et à l'exterminer, et les excita à déployer tous leurs efforts et à épuiser leurs moyens pour lui nuire. Or, cela ne peut venir d'un homme sensé, à moins qu'il n'ait confiance en Dieu, tranquille par Sa révélation et Son inspiration. Si tu examines la chose comme il se doit, tu ne trouveras pour le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — parmi ses frères les prophètes et les messagers — que les prières de Dieu soient sur eux tous — aucun semblable en faiblesse et en isolement. Il s'opposa à son peuple de cette manière, les excita et les irrita à ce point, et leur annonça ce qui adviendrait de sa force et de la victoire sur les tyrans des nations, avant que cela n'arrive ou qu'il n'y ait un signe qui le laisse présager. Puis les choses devinrent, en force et en manifestation, comme il l'avait dit. Il commença comme le commencement du soleil et s'étendit comme l'étendue du jour. Chapitre [Ce qui eut lieu à La Mecque lorsque le Messager pleura sur eux — Parole de Dieu Très-Haut : «L'Heure s'est approchée»] Parmi ce qui eut lieu à La Mecque, lorsqu'il récita devant eux la sourate «L'Heure s'est approchée» 3 et leur raconta, nation après nation, ceux qui avaient traité les messagers de menteurs et ce qui leur était arrivé comme châtiment et ruine, jusqu'à ce qu'il arrive à Sa Parole : «Vos mécréants sont-ils meilleurs que ceux-là ? Ou bien avez-vous un acquit dans les Écritures ? Ou bien disent-ils : «Nous sommes un groupe vainqueur» ? Le groupe sera mis en déroute et ils tourneront le dos.» 4 Alors ils s'enorgueillirent de leur nombre et du grand nombre de ceux qui les aidaient dans leur hostilité et leur combat contre lui, et [dirent] que s'il avait un groupe, leurs groupes étaient plus nombreux, et que les richesses, les armes, les chevaux et l'équipement étaient avec eux, non avec lui. Ainsi, l'apparence du jugement et ce qu'exigeait la prudence étaient pour eux, non pour lui, à moins que cela ne vienne de Dieu — Puissant et Majestueux — le Possesseur des cœurs, Celui qui brise les coutumes pour Ses prophètes. Il en fut comme Il avait dit, et l'issue heureuse fut pour lui. Autre chapitre [Ce qui fut révélé à La Mecque de la Parole de Dieu Très-Haut : «Attache-toi donc à ce qui t'a été révélé...»] Parmi ce qui fut révélé à La Mecque, Sa Parole : «Attache-toi donc à ce qui t'a été révélé, car tu es sur une voie droite. Et c'est certes un rappel pour toi et pour ton peuple.» 5 C'est-à-dire honneur, noblesse et grandeur : c'est une puissance et un miracle. Puis Il dit : «Et vous serez interrogés» 6, c'est-à-dire sur la gratitude pour cette grâce. Il en fut comme Il l'avait annoncé et comme Il l'avait expliqué : les versets du Coran se manifestèrent, ses preuves apparurent, son argument s'établit, et la grâce fut complète pour le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et pour ses Compagnons par lui. Ainsi furent-ils honorés et puissants grâce à lui. Cela fait partie des choses évidentes et claires : tu trouves les juristes et les savants qui ont magnifié le Coran, ainsi que celui qui le récite et celui qui connaît les sciences du Coran. C'est pourquoi Dieu — Puissant et Majestueux — dit aux Qurayshites au début de la Mission : «Dis : «C'est une nouvelle immense, dont vous vous détournez.»» 7 Il veut dire le Coran, et qu'il est puissance, noblesse et honneur, et que des nations se glorifieront par lui, parmi ceux qui s'y attachent et y appellent. Or cela vous a échappé à cause de votre détournement. Il en fut comme Il l'avait annoncé. Dans ce sens, la Parole de Dieu Très-Haut : «Ne t'a-t-Il pas trouvé orphelin, alors Il t'a accueilli ? Et ne t'a-t-Il pas trouvé égaré, alors Il t'a guidé ?» 8 Médite ce qu'il y a là-dedans : le Messager — que Dieu prie sur lui et le salue — n'a pas connu la puissance par ses parents, comme la connaît celui qui est élevé par ses parents. Son père mourut alors qu'il était fœtus, et sa mère mourut alors qu'il était nourrisson. Dieu l'accueillit de la plus noble des manières. Lorsqu'il fut accompli, Il lui donna la prophétie, le préserva et le protégea, et l'informa que l'au-delà est meilleur pour lui que l'ici-bas. Car la fin de son affaire, dans la vie présente, fut le secours et la puissance, et la récompense de l'au-delà est meilleure que l'ici-bas. «Et ne t'a-t-Il pas trouvé égaré, alors Il t'a guidé ?» c'est-à-dire ignorant de la prophétie, ne sachant pas ce qu'elle est, et ne connaissant pas le Coran. Dans ce même sens, la Parole de Dieu Très-Haut : «N'avons-Nous pas ouvert ta poitrine ? Et n'avons-Nous pas déposé ton fardeau qui accablait ton dos ? Et n'avons-Nous pas élevé ta renommée ?» 9 Car sa renommée s'éleva par la véracité, la loyauté et l'établissement de la preuve. Ses ennemis ne trouvèrent en lui ni mensonge, ni bassesse, ni faux pas, malgré leur désir de cela. Aucune de ses preuves ne fut vaine, aucun de ses pas ne glissa, aucun adversaire ne le réduisit au silence, malgré le grand nombre de ses adversaires, la recherche de prétextes et la longueur des disputes. Autre chapitre [Parmi ses signes, la Parole de Dieu Très-Haut : «Dis : «Même si les hommes et les djinns s'unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran...»»] Parmi ses signes, la Parole de Dieu Très-Haut : «Dis : «Même si les hommes et les djinns s'unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils n'en produiraient pas de semblable, même s'ils s'entraidaient.»» 10 Cela contient l'annonce de nombreuses choses invisibles, car Il dit à chaque homme et à chaque djinn : «Tu ne produis rien de semblable à ce Coran, et personne ne produit rien de semblable, en toute circonstance, seuls ou réunis.» Or ils ne l'ont pas produit, malgré leur besoin de cela et leur vif désir. Est-ce de cela que tu t'étonnes ? Ou bien de son audace à annoncer cela alors qu'il ne connaissait pas tous les Arabes, ni ne pouvait dénombrer leurs tribus, leurs hommes et leurs femmes, alors que l'éloquence et la rhétorique étaient établies chez leurs hommes, leurs femmes, leurs esclaves, leurs servantes, leurs sages et leurs fous ? Il savait — que Dieu prie sur lui et le salue — qu'ils étaient avant lui en langue et en éloquence, et qu'il avait appris d'eux, et qu'il était sensé. S'il n'avait pas été certain qu'ils ne produiraient pas cela, il n'aurait pas osé l'annoncer, d'autant que ce qu'il prétendait était une chose immense et une affaire grave : la prophétie, la véracité, l'immunité, l'exécution de son ordre sur les âmes et les biens, et l'obligation de lui obéir pour tous jusqu'à l'Heure. Sa preuve en tout cela est ce Coran. Ceci fait partie des signes qui furent révélés à La Mecque. S'il avait été révélé à Médine ou ailleurs, la preuve aurait été établie de la même manière ; les lieux et les temps n'ont pas d'effet là-dessus. Mais nous mentionnons les lieux parce que les ennemis, lorsqu'ils furent à court d'arguments et démasqués, se mirent à semer le doute chez les rois, les jouisseurs, ceux qui aiment les accommodements et ceux qui n'examinent pas, ne réfléchissent pas et n'écoutent pas les savants, en disant que cette parole n'a été dite qu'à la fin de son affaire et à la fin de sa vie. Sache que le Coran est une preuve sous trois aspects : chaque sourate est une preuve du point de vue de l'éloquence et de la rhétorique ; il est une preuve par ce qu'il contient d'annonces des choses invisibles ; et il est une preuve par ce qu'il contient d'indications sur les preuves rationnelles, car cela est venu d'une manière qui a brisé la coutume. Un aperçu t'en a déjà été donné dans al-Misbâh 11, et peut-être davantage te parviendra-t-il. Tu n'es donc que dans le rappel des annonces des choses invisibles et de ce qui leur ressemble. Puis nous passerons aux deux autres aspects et aux questions des adversaires à ce sujet, ainsi qu'aux réponses, si Dieu le veut. Parmi ses preuves et ses signes — que Dieu prie sur lui et le salue — il y a son information sur ce qui est dans les Livres révélés et ce qu'ils contiennent concernant la création d'Adam — que Dieu prie sur lui —, ce qui eut lieu entre lui et les Anges — que les prières de Dieu soient sur eux —, avec sa descendance, avec Iblîs, ce qui eut lieu avec Noé et son peuple, puis Abraham, Isaac, Jacob, les Tribus, Jésus, Job, Moïse, Aaron, et d'autres prophètes — que les prières de Dieu soient sur eux tous. Or il n'avait pas lu ces Livres, ne connaissait pas ce qu'ils contenaient, ne fréquentait pas leurs gens, et ceux-ci ne venaient pas à lui. Tu sais donc qu'il n'a su cela que par la révélation de Dieu et Son information. Ce sont des informations nombreuses dont la véracité ne peut venir que de la révélation de Dieu — Puissant et Majestueux. Si l'on dit : «Où avez-vous la preuve qu'il n'a pas lu les Livres, qu'il ne fréquentait pas leurs gens et qu'ils ne venaient pas à lui, alors que vous n'avez pas vécu à son époque ? Son ennemi a dit : «Ce ne sont que des légendes des anciens qu'il a fait écrire : elles lui sont dictées matin et soir.» 12 Et ils ont dit : «Ce n'est là qu'un mensonge qu'il a inventé, et d'autres gens l'y ont aidé.» 13» Nous répondons : Nous n'avons pas prétendu que ses adversaires n'avaient pas prétendu cela contre lui. Leur prétention n'est pas une preuve contre lui. Au contraire, lorsqu'ils furent à court d'arguments et que sa preuve fut établie, ils prétendirent cela contre lui. Nous, bien que nous n'ayons pas vécu à son époque — que Dieu prie sur lui et le salue —, nous savons qu'il n'a pas lu ces Livres, ne les a pas fait écrire, n'a pas fréquenté leurs gens, et ceux-ci ne sont pas venus à lui, et qu'il n'a pas reçu cela d'aucun homme. Car il n'y a personne qui cherche un art parmi les arts sans qu'il ait pour cela des étapes et des degrés : d'abord, il est demandeur et questionneur auprès de celui qui possède cette littérature et cet art de science et de littérature ; puis il fréquente ses gens et les accompagne ; il est d'abord débutant, puis intermédiaire, puis expert et avancé. Tous ces états sont connus et notoires pour les gens de son époque ; il n'est pas possible qu'ils leur échappent, ni qu'ils soient cachés ou dissimulés à quiconque, quel qu'il soit. S'il avait pratiqué cela — que Dieu prie sur lui et le salue — puis l'avait caché, cela aurait été l'un de ses plus grands signes et de ses plus éclatants miracles. Ainsi, la coutume aurait été brisée par lui, et l'adversaire lui aurait accordé plus qu'il ne prétendait. Et s'il était possible que cela soit caché et dissimulé à quelqu'un parmi les gens, cela n'aurait pas été caché à Muhammad — que Dieu prie sur lui et le salue — car son ennemi, celui qui le poursuivait, qui enquêtait sur son affaire et qui fouillait ses états parmi les Qurayshites, les proches de sa famille, les rusés parmi les Juifs, les Chrétiens et autres, étaient nombreux ; leur recherche était intense, leur prétention personnelle était grande. Il avait prétendu contre eux la calomnie et le mensonge, et pour lui-même la véracité. Sa preuve contre eux était qu'il ne mentait en rien et ne se contredisait pas. Puis ceux qui le suivirent [le firent] parce qu'il était prophète et véridique. Or son ennemi et son allié connaissaient son lieu de naissance, ses allées et venues et sa demeure. Il voyagea avec eux, grandit et fut élevé parmi eux. Ses épouses étaient les filles de ses ennemis et de ses alliés, qui croyaient en la véracité de sa prophétie ; elles étaient de celles qui croyaient en sa véracité et en sa prophétie. Comment celui dont la situation est telle pourrait-il apprendre l'écriture avec un seul calame ou avec différents calames, écrire et lire, fréquenter les gens de ces langues, les accompagner et apprendre d'eux, et cela serait caché à sa famille, à ses épouses, à son ennemi et à son allié ? Cela, ne le croit pas celui qui médite et réfléchit sur les choses. Bien plus, si cela avait eu lieu pour lui — que Dieu prie sur lui et le salue — un seul jour ou une seule heure, les premiers et les derniers l'auraient su, en raison des circonstances qui lui étaient propres, comme nous l'avons mentionné précédemment. Il n'y a pas de différence entre celui qui prétend cela contre lui et celui qui prétendrait qu'il s'est une fois judaïsé, a manifesté le judaïsme, est sorti et a séjourné une fois à Bâbil, une fois à Jérusalem, qu'il s'est une fois christianisé, a porté le cilice et a séjourné dans les églises, qu'il est sorti et a séjourné une fois au pays des Romains, a jeûné le jeûne des Chrétiens, a célébré leurs fêtes, se rasait le milieu de la tête comme le font les moines, et que tout cela lui aurait réussi et aurait été caché à sa famille, à ses épouses, à son ennemi et à son allié. Médite donc — que Dieu te fasse miséricorde — ce signe, car il est immense et sublime. S'il n'avait que celui-ci, il suffirait et serait amplement suffisant. Regarde comment Il dit : Il a raconté l'histoire de Noé — que Dieu prie sur lui — puis dit à la fin : «Voilà des nouvelles de l'inconnaissable que Nous te révélons. Tu ne les savais pas, ni toi ni ton peuple, avant cela. Sois donc patient, car l'issue heureuse est pour les pieux.» 14 Regarde comment Il lui dit : «Ceci n'est ni de ta science ni de la science de ton peuple», tandis que l'ennemi et l'allié entendent cela.

Médite sur Sa parole – Exalté soit-Il – dans l'histoire de Joseph (paix sur lui) : « Cela fait partie des récits de l'Invisible 15 que Nous te révélons. Et tu n'étais pas auprès d'eux quand ils décidèrent de leur affaire en tramant des intrigues » 16. Puis Il le consola et lui dit : « Tes signes sont évidents et ta preuve est établie, même s'ils te désobéissent. Il n'y a ici aucun doute sur ton opposition, ni rien qui détourne de te suivre. Et tu n'es pas le premier dont la preuve a été établie sans qu'il soit suivi. » Aussi lui dit-Il : « Et la plupart des gens, même si tu le désirais ardemment, ne sont pas croyants. Et tu ne leur demandes aucun salaire pour cela : ce n'est qu'un Rappel 17 pour les mondes. Et que de signes dans les cieux et la terre auprès desquels ils passent en s'en détournant ! » 18. Regarde comment Il argumente, s'impose et domine sur l'ennemi et l'allié, en disant que cela ne lui est parvenu que par la révélation, qu'il n'a lu aucun livre ni écrit, et qu'il était auparavant insouciant de cela. Il dit : « Et tu n'espérais pas que le Livre te soit révélé ; mais c'est une miséricorde de ton Seigneur. Et tu ne récitais auparavant aucun livre, et tu n'en écrivais pas de ta main droite ; sinon, les partisans du faux auraient eu des doutes » 19. Et Il lui dit au début de la sourate Joseph : « Nous te racontons le plus beau des récits, grâce à ce que Nous te révélons de ce Coran, même si tu étais auparavant parmi les insouciants » 20. Puis Il dit à la fin de la sourate : « Dans leurs récits, il y a certes une leçon pour les doués d'intelligence 21. Ce n'est pas un récit inventé, mais une confirmation de ce qui existait avant lui, un exposé détaillé de toute chose, un guide et une miséricorde pour des gens qui croient » 22. Médite sur Sa parole – Exalté soit-Il – dans la sourate al-Qasas : « Et tu n'étais pas sur le versant occidental 23 quand Nous avons décrété l'affaire à Moïse, et tu n'étais pas parmi les témoins » 24 jusqu'à Sa parole : « Et tu n'étais pas établi parmi les habitants de Madyan 25 pour leur réciter Nos versets ; mais c'est Nous qui envoyons [les messagers]. Et tu n'étais pas sur le flanc du Mont 26 quand Nous avons appelé ; mais c'est une miséricorde de ton Seigneur » 27. Regarde cette argumentation : il n'a obtenu cela ni ne l'a connu que par une révélation de Dieu. Regarde Sa parole dans la sourate Tâ-Hâ : « Ils dirent : "Pourquoi ne nous apporte-t-il pas un signe de son Seigneur ?" La preuve de ce qui est dans les premières Écritures 28 ne leur est-elle pas venue ? » 29. Médite cette domination sur l'ennemi et l'allié : parmi Ses signes et Ses marques, il y a ce qui est dans les premières Écritures. Parmi les objections d'Ibn ar-Râwandî 30 contre ce verset, il a dit : « Si sa connaissance de cela est une preuve de sa prophétie, alors la connaissance des Juifs de cela est une preuve de leur prophétie. » C'est une ignorance de la part de cet imbécile, car les Juifs ont lu cela, l'ont écrit, l'ont reçu de leurs pères et en ont été témoins ; cela ne peut donc être un argument en leur faveur. Lui, il ne l'a ni lu, ni écrit, ni reçu d'eux ni d'aucun homme, comme l'indiquent les intelligences ; c'est donc un argument contre eux et contre les autres. Si un homme prétendait à la prophétie et donnait comme preuve qu'il t'informe d'un livre que tu possèdes, qu'il n'a pas lu ni consulté, mais que toi seul as consulté, d'une manière qui ne relève ni du hasard ni de la conjecture, cela serait une preuve de sa prophétie, mais non une preuve pour toi. De même, s'il t'informe de ce que tu as mangé, bu ou mis de côté. Mais cet hérétique s'est trompé par excès d'ignorance et manque de discernement. Si les Ash'arites 31, les Râfidites 32, les Chrétiens et les zindîqs 33 ne considéraient pas cet homme comme un expert, nous n'aurions pas mentionné ses questions à cause de leur faiblesse. Mais il a écrit un ouvrage pour les anthropomorphistes 34, un pour les jabarites 35, et un pour les Râfidites ; ils s'en sont réjouis à cause de leur imperfection, et ont témoigné de son habileté à cause de leur stupidité extrême et de leur ignorance de l'islam et de ses adeptes. Quiconque leur montre de l'approbation, ils l'acceptent à cause de leur faiblesse et de leur mauvais état. Les Juifs et les Chrétiens l'ont accepté et l'ont jugé habile, parce qu'il a insulté Muhammad, le Messager de Dieu, et a manifesté son démenti. Or, il a insulté Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Aaron, Jean, Jésus et tous les prophètes – que les prières de Dieu soient sur eux tous – et les a traités de menteurs. Mais les Juifs et les Chrétiens, sans preuve ni clairvoyance, s'opposent aux musulmans : quiconque s'oppose à Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue), ils l'adoptent, même s'il est l'ennemi de leurs prophètes, tout comme les gens des innovations en islam – anthropomorphistes, jabarites et Râfidites – manquent de clairvoyance. Ces sourates comme al-Qasas, Hûd et Yûsuf sont mecquoises ; sache-le. Un autre chapitre [parmi Ses signes : Son information sur le christianisme et ses sectes] Parmi Ses signes et Ses marques, il y a Son information sur le christianisme et les sectes des chrétiens parmi ces trois groupes qui subsistent encore aujourd'hui : leur parole selon laquelle le Messie, Jésus fils de Marie, est Dieu, et que Dieu est le troisième de trois. En effet, ces trois groupes – les Melkites 36, les Jacobites 37 et les Nestoriens 38 – ne divergent pas sur le fait que le Messie, Jésus fils de Marie, n'est pas un serviteur vertueux, ni un prophète, ni un messager, mais qu'il est Dieu en vérité, et que Dieu est en vérité, et que c'est lui qui a créé les cieux, la terre, les anges et les prophètes, et que c'est lui qui a envoyé les messagers et a manifesté les miracles par leur intermédiaire. Et que le monde a un Dieu qui est un Père, éternel, non engendré, éternel, créateur, pourvoyeur ; et un Dieu qui est un Fils engendré, qui n'est ni père ni géniteur, éternel, vivant, créateur, pourvoyeur ; et un Dieu qui est un Esprit Saint, qui n'est ni père ni géniteur, ni fils engendré, éternel, vivant, créateur, pourvoyeur. Et que celui qui est le Fils est descendu du ciel, s'est incarné de l'Esprit Saint et de Marie la Vierge, et est devenu son fils, un seul Dieu, un seul nommé, un seul créateur, un seul pourvoyeur ; Marie a conçu de lui et l'a enfanté ; il a été saisi, crucifié, a souffert, est mort, a été enterré, est ressuscité après trois jours, est monté au ciel et s'est assis à la droite de son Père. Il a donc rapporté leur parole selon laquelle le Messie est Dieu et que Dieu est le troisième de trois. Telle est leur doctrine en vérité, mais ils ne l'expriment guère clairement ; ils en défendent la réalité autant qu'ils le peuvent, au point que les auteurs de traités et ceux qui s'y intéressent parmi les écrivains parviennent difficilement à saisir leur doctrine. Tu trouves les théologiens parmi eux et ceux qui disputent en leur faveur, quand tu les interroges sur leur parole concernant le Messie, ils disent : « Notre parole à son sujet est qu'il est l'Esprit de Dieu et Sa Parole, comme la parole des musulmans, sans différence », ou ils disent : « Dieu est un. » Or, le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) a rapporté la réalité de leur doctrine, alors qu'il n'était ni parmi les disputateurs, ni parmi les devins, ni parmi ceux qui lisent les livres et rencontrent leurs gens, ni parmi ceux qui se donnent de la peine. La Mecque et le Hedjaz n'étaient pas alors des pays où l'on trouvait quoi que ce soit de cela. Cela s'est répandu de lui (que Dieu prie sur lui et le salue), et les gens ont enquêté après lui et ont trouvé que les choses étaient comme il l'avait dit et détaillé, après effort et longue recherche approfondie. Combien de fois tu rencontres parmi eux quelqu'un qui dit : « Nous n'avons pas dit que le Messie est Dieu, ni que Dieu est le troisième de trois ; celui qui rapporte cela de nous s'est trompé et a menti ! » – pour que l'on sache que la connaissance de Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue) de cela vient de Dieu – Exalté soit-Il – et que cela fait partie de Ses signes. Si l'on dit : « Leur parole à ce sujet – que Dieu est trois hypostases 39 en une seule substance – est comme la parole des musulmans : "Au nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux", et comme leur parole sur Dieu : "Il est Vivant, Puissant, Savant." » On lui répond : « C'est une erreur sur les chrétiens, et leur parole sur l'unicité n'a rien à voir avec celle des musulmans. Seul dit cela celui qui cherche à sophistiquer et à fuir l'énormité de la parole. Car pour les musulmans, Dieu est le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux, et ainsi de suite : le Savant, le Puissant ; c'est une seule essence ayant de nombreux attributs et de nombreux noms. Pour les chrétiens, le Dieu Père n'est pas le Fils engendré ; il n'est pas permis que le Père géniteur soit un fils engendré, ni que le Fils engendré soit un père géniteur ; de même pour l'Esprit Saint. Quiconque dit autre chose n'est pas chrétien. Si tu rencontres parmi eux quelqu'un qui nie cette parole énorme, dis-lui : "Si tu veux dire que c'est ta parole et que tu la choisis, qu'est-ce qui t'en empêche ?" Quant à dire que c'est la parole des chrétiens, c'est un mensonge et une calomnie. Même si tous les chrétiens de notre époque se convertissaient à l'islam, cela n'empêcherait pas que ce soit la parole de ceux qui ont précédé parmi ces trois groupes. Sache que telle est leur doctrine sur la Trinité ; on en a acquis la connaissance, et ils ont pour cela des paraboles, dans leurs liturgies et leurs paroles de culte. Ne vois-tu pas qu'ils disent dans la liturgie de l'offrande 40, à l'heure où ils sont humbles, attendant selon leur prétention la descente de l'Esprit Saint pour accepter le pain de l'offrande : « Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, fils de Marie, l'amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soient sur nous et sur vous, pour les siècles des siècles. » Et ils disent dans leur liturgie qu'ils appellent le Symbole de la foi 41, établi à Nicée 42, en pays byzantin, environ trois cents ans après le Messie (paix sur lui), lorsque Constantin, fils de Pilate 43, roi de Byzance – dont la mère était Hélène la Harranienne 44 – les rassembla pour établir une déclaration de leur foi, qu'ils imposeraient aux gens et par laquelle ils les contraindraient ; quiconque refusait, ils le tuaient. Environ deux mille hommes se rassemblèrent, établirent une déclaration puis la rejetèrent. Ensuite, trois cent dix-huit hommes se rassemblèrent – ils les appellent les Pères – et établirent cette déclaration, qu'ils appellent le Synode 45. Leur déclaration pour cette liturgie – qui est la base des bases chez tous ces groupes, et la foi de nul d'entre eux n'est complète sans elle – est : « Nous croyons en un seul Dieu, le Père, Créateur de ce qui est visible et invisible ; et en un seul Seigneur, Jésus-Christ, Fils de Dieu, Premier-né de son Père, non pas créé, vrai Dieu issu du vrai Dieu, de la substance de son Père, par qui les mondes ont été établis et toute chose créée ; qui, pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu du ciel, s'est incarné de l'Esprit Saint et de Marie la Vierge, et s'est fait homme ; Marie la Vierge a conçu de lui et l'a enfanté ; il a été saisi, crucifié, tué sous Ponce Pilate le Romain, est mort, a été enterré, est ressuscité le troisième jour comme il est écrit, est monté au ciel et s'est assis à la droite de son Père ; il est prêt à venir une autre fois pour juger les morts et les vivants. Et nous croyons en un seul Seigneur, l'Esprit Saint, l'Esprit de vérité qui procède du Père, Esprit vivifiant ; et en un seul baptême pour la rémission des péchés ; et en une seule assemblée sainte, apostolique 46, catholique 47 ; et en la résurrection de nos corps, et en la vie éternelle pour les siècles des siècles. » Médite cette explication, ce détail et cette révélation de la Trinité et de l'anthropomorphisme, et comment ils croient en Dieu les attributs des créatures gouvernées : la descente, la montée, la génération, etc. S'ils disent : « Nous ne disons pas qu'ils sont trois dieux ; comment rapportez-vous de nous la Trinité ? »

Nous leur avons dit : « Vous nous avez donné le sens de la Trinité, vous l'avez divulgué et vous en avez épuisé les réalités, tout en interdisant (certaine expression à son sujet). Ne voyez-vous pas que vous dites : "Un Dieu est Père, vivant, puissant, éternel, savant, créateur, pourvoyeur", et "Un Dieu est Fils, engendré, Verbe, vivant, éternel, créateur, pourvoyeur, qui n'est ni père ni géniteur, et qu'il ne lui est pas permis d'être géniteur ni père", et "Un Dieu est Esprit Saint, vivant, savant, éternel, créateur, pourvoyeur". Puis vous dites : "Ce sont trois hypostases (aqānīm)". Vous avez donc dit de chacune d'elles qu'elle est Dieu, Seigneur et éternel, et vous vous êtes abstenus de reconnaître l'ensemble, alors que vous en avez donné le détail. L'exemple n'en est que comme celui qui dirait : "ʿAbd Allāh l'Arabe est un homme, un être humain, un corps et une personne ; Khālid le Perse est un homme, un être humain, un corps et une personne ; Zayd le Byzantin est un homme, un être humain, un corps et une personne." Nous dirions : "Ce sont trois hommes, trois êtres humains, trois personnes et trois corps." Vous diriez : "Non, ils sont un seul homme." Nous dirions : "Votre abstention de prononcer cette expression n'affecte en rien une chose dont la réalité a été divulguée." » Parmi eux, il en est qui s'abstiennent de dire de chacune de ces trois qu'elle n'est pas son compagnon, puis ils disent : « Nous n'avons fait aucune comparaison ni aucune assimilation. » Ils sont alors comme les assimilationnistes (al-mushabbiha) qui disent : « Un Dieu qui monte, descend et s'assoit sur le Trône », puis disent : « Rien ne Lui ressemble. » Ce qui empêche les chrétiens de prononcer le fait qu'ils sont trois dieux distincts et différents, bien qu'ils en aient donné le sens, c'est uniquement parce qu'ils croient au Livre de Dieu – Puissant et Majestueux – auquel le Christ, paix sur lui, a cru, et qui est rempli de l'unicité (tawḥīd) de Dieu et de Son exclusivité dans l'éternité, et qu'Il ne ressemble à aucune chose. Ces innovations, ils les ont inventées après le Christ. Ils ont donc voulu faire porter leur innovation dans l'association (shirk) sur ce qui est dans les Livres de Dieu, mais cela n'a pas abouti, et ils ont obtenu le pur associationnisme et assimilationnisme. Si l'on dit : « Par ma vie, vous avez dit vrai dans ce que vous avez rapporté de la Trinité. Car les Melkites disent à son sujet : "Il est vrai Dieu issu du vrai Dieu, de la substance de Son Père, et que le meurtre, la crucifixion et la naissance Lui sont arrivés dans Sa totalité." Les Jacobites disent : "Marie a conçu le Dieu, a enfanté le Dieu, le Dieu a été tué, le Dieu est mort." Qu'en est-il chez vous des Nestoriens ? Car ils ont dit du Christ qu'il est composé de deux natures et de deux hypostases (ṭabʿayn wa uqnūmayn) et de deux substances, d'un Dieu et d'un homme, et que la naissance et le meurtre ne sont arrivés qu'à l'homme, qu'ils appellent le "nāsūt" (humanité). » On lui répond : « Si les Nestoriens disaient du Christ ce que disent les musulmans, cela ne nuirait pas à l'affirmation ni n'affecterait la connaissance, car la Trinité a eu lieu. Comment cela, alors que les Nestoriens reviennent, dans leur parole sur le Christ, à la parole de leurs frères melkites et jacobites ? On dit aux Nestoriens : "Vous avez dit qu'Il est vrai Dieu issu du vrai Dieu, de la substance de Son Père, et vous avez dit qu'Il est Dieu parfait issu de Dieu parfait. Puis vous avez dit que Sa divinité (lāhūtuhu) est engendrée du Père et que Son humanité (nāsūtuhu) est engendrée de la mère, et que la naissance L'a entouré de toute part et de tout côté. De plus, vous louez le Dieu par la naissance, comme les musulmans Le louent par Son exemption de la naissance, et vous dites : "S'Il n'était pas géniteur, Il serait stérile", et tout être vivant qui n'est pas géniteur n'est dû qu'à un défaut, une infirmité et une maladie. Il ne convient donc pas que vous éludiez la réalité de votre parole." » Puis on leur dit : « Informez-nous au sujet de Marie : a-t-elle conçu le Christ en vérité, a-t-elle enfanté le Christ en vérité, a-t-elle élevé le Christ et nourri le Christ en vérité, et est-elle la mère du Christ en vérité ? » S'ils disent : « Elle a enfanté le nāsūt (humanité) du Christ ou a conçu le nāsūt du Christ », nous disons : « Nous ne vous avons pas interrogés sur cela. Car le nāsūt du Christ, selon vous, n'est pas le Christ ; le Christ est plutôt le lāhūt (divinité). Et le lāhūt du Christ, selon vous, n'est pas le Christ ; c'est leur ensemble qui est le Christ. Répondez-nous : si Marie a enfanté le Christ en vérité et a conçu le Christ en vérité, alors elle a conçu le Dieu et l'homme, et a enfanté le Dieu et l'homme, et elle est la mère du Dieu et de l'homme. Et le Dieu et l'homme ont été tués, le Dieu et l'homme ont souffert, le Dieu et l'homme sont morts. Il est donc clair que votre parole et celle des Melkites et des Jacobites sont identiques à ce sujet. » S'ils disent : « Elle n'a pas enfanté le Christ en vérité, et elle n'est pas la mère du Christ en vérité », nous leur disons : « Ce n'est la parole d'aucun chrétien, ni celle des musulmans non plus ; c'est plutôt la parole des juifs, car ils ont dit que Marie ne L'a pas conçu. » S'ils disent : « Nous disons qu'elle est la mère du Christ au sens figuré (majāz), et que le Christ est mort au sens figuré », nous leur disons : « Nous ne vous avons pas interrogés sur le sens figuré ; nous vous avons interrogés sur la vérité. Car, selon cette estimation, il se pourrait aussi que la grossesse de Marie soit sans sens figuré, que sa résurrection des morts soit un sens figuré, et que tout ce qu'ils Lui attribuent soit un sens figuré. Cela n'est pas possible, car s'ils divisent Ses actes entre Sa divinité et Son humanité, tout cela devient nécessaire. En effet, lorsqu'Il ressuscite les morts et manifeste des signes, cela est l'acte de la divinité (lāhūt). Or, la divinité seule n'est pas le Christ, et la divinité, les gens ne L'ont pas vue ; il n'est donc pas permis de dire : "On a vu le Christ." Et lorsqu'Il mange, boit, dort et se réveille, cela est l'acte de l'humanité (nāsūt). Or, l'humanité seule n'est pas le Christ. Ainsi, tout ce que nous avons exposé devient nécessaire, mais ils n'y parviennent pas et ne s'y engagent pas. Celui qui y parvient sort du christianisme et de toutes les paroles des trinitaires. » Tu sais que la réalité de leur parole se trouve dans leur hymne de foi (tasbīḥat īmānihim), qui est le principe des principes. Aucune de leurs sectes ne peut s'en écarter ni s'écarter d'aucune de ses parties. Elle a été établie lorsque le roi est parvenu à cette parole, et lorsque Arius les a contredits, pour clarifier la doctrine et lever l'interprétation et les doutes dans le discours. Selon ces trois sectes, le Christ est devenu chrétien, Dieu, créateur, pourvoyeur et adoré lorsque le roi a annoncé la bonne nouvelle à sa mère et à l'heure de la conception. Le Dieu s'est alors uni à Lui, et ils sont devenus ensemble, depuis lors, un seul Christ et un seul Dieu. Cette union, selon eux, ne s'est ni rompue ni annulée, et Il n'est pas sorti de la chrétienté et de la divinité, ni au moment de la conception, ni au moment de la naissance, ni au moment du sommeil, ni au moment de la nourriture, ni au moment de l'urine et de la défécation, ni au moment de la maladie, ni au moment du meurtre, ni au moment de la mort. Et Il est, dans tous ces états, Christ, Dieu, Seigneur adoré, créateur, pourvoyeur et gouverneur. Ils disent : « Il s'est ressuscité Lui-même après la mort », car il est impossible selon eux que quelqu'un d'autre que le Christ ressuscite les morts. Tu connais l'hymne de foi et son détail ; réfère-t'y, car il y a en lui une suffisance parfaite pour connaître la tromperie des Nestoriens et de tous ceux qui disputent au sujet du christianisme. Paul (Fūlūṣ) – qui est pour eux au-dessus des prophètes, et qui a mentionné le traitement des juifs envers le Christ – a dit : « S'ils avaient su, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de gloire, à qui appartiennent la louange et les bénédictions pour les siècles des siècles. » Il a dit aussi : « Celui qui n'était pas vu a été vu, celui qui n'était pas perçu a été perçu, celui qui est au-dessus du temps a commencé, et le Fils de Dieu est devenu Fils de l'homme, et a souffert celui qui ne souffrait pas, et son Père est Dieu. » Médite donc ceci, car il révèle que Dieu n'était pas vu et est devenu vu, qu'Il n'était pas perçu et est devenu perçu et appréhendé, qu'Il était avant le temps et a commencé et est devenu dans le temps, qu'Il a souffert celui qui ne souffrait pas, et que le Fils de Dieu est devenu Fils de l'homme, et que le Fils de l'homme est devenu Fils de Dieu et son Père est Dieu. Ce sont là les attributs du Christ, qui est pour eux Dieu et Fils de Dieu. Ils ont dit : « Les Pères ont dit – et ils ont mentionné ce qu'ont fait Pilate le Romain et les juifs – : "Lorsqu'ils ont crucifié le Seigneur de gloire, ils L'ont reconnu." » Les chrétiens ont dit : « Tous ces propos sont les nôtres, et en eux se trouve la réalité de notre doctrine. » Ils ont dit : « Le vertueux Jean (Yawānis) a dit : "L'Égal du Père est venu dans le monde dans le sein de la Vierge, et Il était avant que n'existent Ses pères Abraham, Israël et David, et Il est Fils de Dieu avant d'être appelé Fils d'Abraham et de David." » Ils ont dit : « Telle est la réalité de notre religion. Si l'on y trouve que Dieu est un homme ou du genre des hommes, ou qu'Il se transforme en formes et en apparences, qu'Il se déplace et se configure, nous ne nous en éloignons pas, et nous n'abandonnons pas ce que les Pères et les guides ont établi, en raison de ce qu'exigent la dispute et ce qui est nécessaire dans l'examen. » Médite donc ceci, ainsi que leur parole : « L'Égal du Père est venu dans le monde dans le sein de la Vierge, et Il était avant que n'existent Ses pères Abraham, Israël et David, et Il est Fils de Dieu avant d'être appelé Fils d'Abraham et de David », pour savoir que leur croyance et leur parole sont que Celui que Marie a enfanté est le Fils de Dieu et qu'Il est Dieu, qu'Il est semblable au Père qui est au ciel sur le Trône selon eux, que c'est Lui qui n'a pas cessé d'être, que ce qui est arrivé et s'est renouvelé est la naissance de Marie pour Lui, qu'Abraham, Israël et David ne sont devenus Ses pères que par Sa mère, car elle est des fils d'Israël, et qu'Il était Fils de Dieu avant d'être Fils d'Abraham, d'Israël et de David. Ils ont dit : « Nos savants, et ceux qui sont l'autorité chez toutes nos sectes, ont dit : "Jésus (Yasūʿ) était au commencement le Verbe (kalima) qui n'a pas cessé d'être, et le Verbe n'a pas cessé d'être auprès de Dieu, et Dieu est le Verbe, et Jésus est ʿĪsā en syriaque." » Ils ont dit : « C'est donc Lui que Marie a enfanté, que les gens ont vu et qui était parmi eux ; Il est Dieu et Fils de Dieu, et Il est le Verbe de Dieu. » Ils ont dit : « Jean le Solitaire (Yūḥannā al-Salīḥ) a dit : "Nous vous annonçons Celui qui n'a pas cessé d'être depuis avant, et nous L'avons vu de nos yeux, et nous L'avons touché de nos mains." » Ils ont dit : « Il n'y a donc personne, parmi ceux qui sont l'autorité pour notre communauté, qui ne dévoile la chose d'un dévoilement tel que seul celui qui force son intelligence peut chercher à l'interpréter. » Ainsi, selon eux, l'Éternel, le Prééternel, le Créateur des cieux et de la terre, est Celui que les gens ont vu de leurs yeux et ont touché de leurs mains. Ils ont dit : « Le prophète Jérémie (Armiyā) a dit, mentionnant le Christ et l'annonce de Sa venue : "Celui-ci est notre Dieu, et nous ne cherchons refuge auprès d'aucun autre que Lui, et à la fin des temps, Il est apparu sur la terre et a circulé parmi les gens." Médite donc ce dévoilement. » Ils ont dit : « Pierre (Buṭrus), qui est le premier-né de notre foi et la racine de notre Église, a dit, lorsqu'on l'a interrogé sur le Fils de Dieu, non sur le fils des hommes, et sur le Verbe de Dieu, non sur la parole des hommes : "C'est Lui qui était parmi les gens et circulait avec eux, et Il a guéri ceux que le Malin avait frappés." » Ils ont dit : « Il s'est adressé aux gens depuis le ventre de sa mère Marie, et Il a dit à l'aveugle : "Crois-tu au Fils de Dieu ?" L'aveugle dit : "Qui est-Il pour que je croie en Lui ?" Il dit : "Tu L'as vu, et c'est Lui qui te parle." Il dit : "J'ai cru, mon Seigneur", et il tomba prosterné. » Ils ont dit : « Que reste-t-il donc de la clarification que Celui que Marie a conçu et qui était dans son ventre est Dieu, Fils de Dieu et Verbe de Dieu ? » Ils ont dit : « La mère de Jean, fils de Zacharie, lorsqu'elle est entrée chez Marie, qui était enceinte du Christ, alors qu'elle-même était enceinte de Jean, a dit : "Celui qui est dans mon ventre s'est prosterné devant Celui qui est dans ton ventre." » Ils ont dit : « Que reste-t-il donc dans l'explication que le Dieu adoré, qui est Dieu, Fils de Dieu et Verbe de Dieu, est Celui que Marie a conçu et a enfanté ? » Ils ont dit : « Lorsque Jean L'a baptisé dans le Jourdain, les portes du ciel se sont ouvertes et le Père a appelé : "Celui-ci est Mon Fils et Mon Bien-aimé, en qui J'ai pris plaisir." Et l'Esprit Saint est descendu sous la forme d'une colombe et a plané sur la tête du Christ. » Ils ont dit : « Le baptisé est Dieu le Fils, l'appelant est le Père, et le descendant est l'Esprit Saint. Regarde comment ils distinguent chacun d'eux par un acte différent de l'acte de son compagnon. »

Ils dirent : Et dans l'annonce faite à Marie lorsque Gabriel lui dit : « Voici que tu concevras et enfanteras », elle lui dit : « Comment cela se fera-t-il, puisque nul homme ne m'a touchée ? » Il lui dit : « Notre Seigneur est avec toi, notre Dieu est avec toi, les mains du Très-Haut reposent sur toi, l'Esprit Saint viendra sur toi, et celui qui naîtra de toi sera saint et sera appelé Fils de Dieu 48. » Ils dirent : Il lui a donc annoncé qu'elle concevrait le Fils de Dieu, non le fils des hommes, et qu'elle enfanterait le Fils de Dieu, non le fils des hommes, et que Dieu est avec elle. Ils dirent : Nous n'entendons pas par « avec elle » et « avec son Fils » au sens d'assistance, de victoire et de secours, comme Dieu est avec les prophètes, les justes et les croyants, car le Messie, selon nos trois communautés 49, n'est ni un prophète ni un serviteur juste, mais il est le Seigneur des prophètes, leur Créateur, Celui qui les envoie, les secourt et les soutient, et le Seigneur des anges. Il n'est pas non plus avec elle et avec son Fils au sens de création, de gouvernement et de prédestination, comme il l'est avec toutes les femelles des animaux, humains, chiens, ânes et porcs, par la création, la fabrication et la prédestination. Mais il est avec elle parce qu'elle l'a conçu et que son ventre l'a contenu. C'est pourquoi elle s'est distinguée de toutes les femelles des animaux, et son Fils s'est distingué de tous les prophètes. Ainsi, Dieu et le Fils de Dieu, qui est descendu du ciel, que Marie a conçu et enfanté, et celui qui est né d'elle sont un seul Dieu, un seul Messie, un seul Seigneur, un seul Créateur, depuis le moment de l'annonce de Gabriel – paix sur lui – à Marie, sans qu'aucune différence ne se produise entre eux, et sans que l'union entre eux ne soit annulée d'aucune manière, ni pendant la conception, ni pendant l'enfantement, ni en état de sommeil, ni de maladie, ni de crucifixion, ni de mort, ni d'ensevelissement. Au contraire, il est uni à lui pendant la conception, et il est en cet état : un seul Messie, un seul Créateur, un seul Dieu ; et pendant l'enfantement de même ; et pendant la mort et la crucifixion de même. Ils dirent : Parmi nous, certains expriment dans leurs paroles et leurs formulations la réalité de ce sens, et disent : Marie a conçu le Dieu, a enfanté le Dieu, le Dieu est mort. D'autres parmi nous interdisent cette formulation mais en donnent le sens et la réalité, et disent : Marie a conçu le Messie en réalité, a enfanté le Messie en réalité, elle est la mère du Messie en réalité, et le Messie est Dieu en réalité, Seigneur en réalité, Fils de Dieu en réalité, Parole de Dieu en réalité. Il n'y a de fils de Dieu en réalité que lui, et il n'y a de père du Messie en réalité que lui, et il n'y a de mère du Messie que Marie. Ils dirent : Ceux-ci s'accordent donc en sens avec ceux qui disent d'elle : elle a conçu le Dieu, a enfanté le Dieu, le Dieu a été tué, le Dieu a souffert, le Dieu est mort ; ils n'interdisent que le mot et la formulation. Ils dirent : Nous n'avons interdit cette formulation qu'ont employée nos frères que de peur qu'on ne comprenne de nous, si nous disions : elle a conçu le Dieu, a enfanté le Dieu, le Dieu est mort, le Dieu a souffert, que tout cela est arrivé et descendu sur le Dieu qui est le Père. Mais nous disons : tout cela est arrivé et descendu sur le Messie, et le Messie, selon nous et selon nos communautés, est Dieu parfait, vrai Dieu issu du vrai Dieu, de la substance de son Père 50. Ils dirent : Nous n'entendons pas par « il est avec nous » au sens de victoire et d'assistance, ni au sens de création et de gouvernement, car il est ainsi avec tous les prophètes et les justes, et avec toutes les créatures par la création et le gouvernement ; alors notre parole et celle des musulmans et des juifs seraient une seule et même chose dans l'unicité 51. Ils dirent : Les Pères et les docteurs 52 parmi nous disent : Le Fils de Dieu est appelé Fils de l'homme, et le Fils de l'homme est appelé Fils de Dieu ; le nouvel Adam est le Dieu souffrant qui a été tué et est mort. Ils dirent : Selon nous, le Messie a dit : « Le Fils de l'homme est le Seigneur du sabbat 53. » Il a dit aussi : « Je suis en mon Père et mon Père est en moi 54 », et « Nul ne connaît le Père sinon le Fils, et nul ne connaît le Fils sinon le Père 55 », et « Tu es Dieu en moi et je suis en toi 56 ». Il a dit : « Je suis en mon Père, et mon Père est en moi 57. » Il a dit : « Je suis avant Abraham, et j'ai vu Abraham, mais il ne m'a pas vu 58. » Les juifs lui dirent : « Tu mens ! Comment serais-tu avant Abraham, alors que tu es un homme d'une trentaine d'années ? » Il dit : « J'ai pétri la glaise d'Adam, et en ma présence il a été créé ; je viens et je vais, je vais et je viens 59. » Ils dirent : Cette parole, selon nous, est du Messie en réalité ; si elle était du Dieu qui n'est pas le Messie, elle n'aurait pas de sens. Selon nous, le Messie est le fils d'Adam et son Seigneur, son Créateur et son Pourvoyeur ; le fils d'Abraham et son Seigneur, son Créateur et son Pourvoyeur ; le fils d'Israël et son Seigneur, son Créateur et son Pourvoyeur ; le fils de Marie et son Seigneur, son Créateur et son Pourvoyeur. Ils dirent : Certains de ceux qui disputent pour nous ont argumenté que Dieu est Père en réalité, et que son Fils est engendré de lui comme la lumière du soleil est engendrée du soleil, et comme la parole est engendrée de l'intellect. Mais nous, nous n'avons pas dit qu'il est Père et qu'il a un Fils en réalité par cet argument, mais par ce que nous avons avancé des Pères et des docteurs. Cependant, ceux-ci ont admis cette parole en assimilant Dieu à ceux qui procréent et s'accouplent parmi les créatures, Le comparant ainsi aux choses mortes et inanimées, tombant ainsi dans le pire de ce qu'ils fuyaient et repoussant la nécessité, car Marie a enfanté le Messie, Dieu de l'univers, d'un enfantement véritable, réel, intelligible, l'enfantement des êtres vivants doués de parole, sans accouplement ni procréation. Quiconque dit que Marie n'a pas conçu le Messie en réalité, ni enfanté le Messie en réalité, ni qu'elle est la mère du Messie en réalité, n'est pas des communautés chrétiennes. De même, quiconque dit que le Messie n'est pas Dieu en réalité, ni Seigneur des créatures en réalité, n'est ni des melkites 60, ni des jacobites 61, ni des nestoriens 62. Ils dirent : Le docteur parmi nous a dit : « La main que les juifs ont clouée sur le bois est la main qui a pétri la glaise d'Adam et l'a créé ; c'est la main qui a mesuré le ciel ; c'est la main qui a écrit la Torah pour Moïse. » Ils dirent : Ils ont décrit le traitement des juifs envers le Messie : ils ont giflé le Dieu et frappé sa tête, et s'étonnent qu'un Dieu soit frappé à la tête. « Venez et voyez le Dieu giflé et frappé à la tête 63. » Ils dirent : Dans l'annonce des prophètes, le Dieu vient, une femme vierge conçoit de lui et l'enfante, il est pris, crucifié et tué. Ils dirent : Nous avons un synode 64 auquel ont participé environ sept cents Pères et docteurs, où il est dit que Marie a conçu le Dieu, l'a enfanté, allaité, abreuvé et nourri. Et cela est en deçà de ce qui est dans le Symbole de la foi 65 concernant la naissance, la mise à mort, la souffrance, la crucifixion, la mort et l'ensevelissement. Ils dirent : Toutes nos paroles, du début à la fin, que nous vous avons mentionnées, proviennent du fondement de notre religion et de sa réalité, et elles sont explicites à ce sujet. Telle est la réalité de notre religion et de notre foi. Et nous avons de ce sens, en syriaque et en arabe, plus que ce que nous avons mentionné. Voilà, que Dieu te fasse miséricorde, comme tu vois et entends. Si nous n'avions pas vu des gens sensés dire cela, et ne l'avions pas entendu d'eux lorsque nous les avons interrogés sur ce que Dieu a dit et rapporté d'eux, et qu'ils l'ont exprimé après effort et l'ont sorti des profondeurs de leurs secrets, les gens n'auraient pas cru qu'il existe au monde quelqu'un qui dit cela ou l'exprime. Lorsque l'homme sensé examine les choses, cherche, prolonge sa recherche et s'efforce, il voit que l'ignorance parmi les nations et les doctrines pleines de sottise existait parmi les nations avant l'islam. Les philosophes prétendent que ces corps inertes et morts – le soleil, la lune, les astres et le ciel – sont vivants, doués de raison, distincts, créent et pourvoient, et ils les adoraient. Les chrétiens, comme tu l'as appris. Les mazdéens 66 croient que le diable a vaincu Dieu, qu'il est descendu sur terre, que la guerre entre eux a duré mille ans, que le diable l'a vaincu et assiégé dans son paradis avec ses anges, et qu'alors les anges ont intercédé entre eux pour la paix, et une trêve a été conclue entre eux à des conditions connues et mentionnées chez ceux qui rapportent les doctrines ; leur explication serait longue. Puis il est remonté avec ses anges à son ciel, sauf qu'ils n'ont pas dit qu'il a été tué comme l'ont dit les chrétiens, et ils n'ont pas atteint ce degré, bien qu'ils aient été grossiers dans leur parole. Les Coptes 67 professaient la divinité de Pharaon, le maître d'Égypte. Les manichéens 68, parmi les zindīqs 69, leur parole est proche de celle des mazdéens. Les doctrines des Indiens concernant le budd 70 sont connues. Lorsque l'islam est venu avec ces lumières, et que celui qui est un corps et a besoin ne peut être Dieu, et qu'un corps n'agit pas, comme je te l'ai exposé dans « al-Miṣbāḥ 71 », et cela est aussi mentionné ailleurs. Et parmi la miséricorde de Dieu envers Ses créatures, la puissance de l'islam a triomphé de toutes les religions, et les porteurs d'armes étaient les pieux, les saints, les savants et les juristes. Les gens des innovations 72 eurent honte d'eux, se replièrent, et eurent la crainte de la piété. Ceux-là moururent – que Dieu les agrée – et le temps s'allongea. Après eux vinrent des rois tyrans, mais ils étaient porteurs de l'islam. Puis l'affaire ne cessa de décliner, jusqu'à ce que toutes les épées se tournent contre l'islam, que ses gens meurent, et que l'épée et la royauté passent au zandaqa 73 et à l'impiété. Ils revinrent alors à ce qu'ils étaient dans l'ignorance 74. Ne vois-tu pas que ceux d'al-Aḥsā' 75 parmi les Qarmates 76 et les Bāṭiniyya 77, lorsqu'ils triomphèrent, insultèrent les prophètes, abolirent les lois religieuses, tuèrent les pèlerins et les musulmans jusqu'à les anéantir, se servirent des exemplaires du Coran, de la Torah et de l'Évangile comme papier hygiénique, amenèrent leur Zakarawayh al-Iṣfahānī le mazdéen 78 et dirent : « Celui-ci est le Dieu en réalité », et l'adorèrent, et ils eurent avec lui ce qui est connu et mentionné. De même fit Abū l-Qāsim al-Ḥasan b. Ḥawshab b. Zādān al-Kūfī al-Najjār 79 lorsqu'il apparut dans les montagnes de Lā‘a 80 au Yémen. De même firent ceux d'entre eux à al-Jand 81 et Aden au Yémen, et ils capturèrent les femmes alides 82. Tous ceux-là, au début de leur affaire, trompaient les gens en se disant shī‘ites 83 et que le Mahdī 84 les avait envoyés. De même firent ceux d'entre eux à Raqqāda 85 et Kairouan au Maghreb, jusqu'à ce que se lève Abū Yazīd Makhlad b. Kaddād 86 avec ceux qui étaient avec lui, les combattit pendant cinq ans et les mit en difficulté, comme fit al-Aṣfar 87 avec les gens d'al-Aḥsā'. Lorsque l'affaire d'Abū Yazīd se découvrit à ceux du Maghreb, ils cessèrent de divulguer au public l'insulte aux prophètes et l'abolition des lois religieuses, et se mirent à tromper les gens en secret et à les faire passer de l'islam par des ruses et des serments, sans qu'ils s'en aperçoivent, peu à peu. Ils se répandirent et s'étendirent, et propagèrent cela dans leurs royaumes, visant par leur prédication les Daylamites 88, les Bédouins et quiconque a peu de recherche et d'examen, et a un désir pour ce monde et en est occupé. Puis ils les coupent de la recherche et de l'examen par des pactes et des serments solennels. Quiconque entre dans leurs pays, voit leurs armées et examine leur conduite, connaît cela de leur intention. Bien plus, quiconque interroge et cherche sait cela, même s'il ne va pas chez eux. Ils sont devenus un refuge pour les athées, les zindīqs, les philosophes, les matérialistes 89 et tous les ennemis de l'islam. Quiconque émigre chez eux est en sécurité dans son impiété et dit ce qu'il veut comme il veut. Quelle calamité que la disparition de l'islam, la mort de ses gens et le petit nombre de ceux qui le connaissent, lui et ses droits ! Car ceux qui restent et que l'on croit être de ses gens, certains assimilent Dieu à Ses créatures, d'autres Lui attribuent l'injustice dans Son jugement, et ainsi de suite. Et une autre porte [ce qu'il a indiqué des divergences des chrétiens au sujet du Messie – paix sur lui].

Ces trois sectes de chrétiens sont, parmi les créatures de Dieu, les plus exagérées dans la vénération du Messie, dans leur attachement à lui et dans leur amour pour lui. Ils prétendent être ses partisans et ses disciples, être les plus obéissants des hommes envers lui, avoir reçu de lui ce sur quoi ils se trouvent, s'être conformés à lui en cela, et avoir agi selon ses commandements. Or le Prophète 90 a dit : « Le Messie est le serviteur d'Allah et Son messager ; il est venu aux hommes avec ce que les prophètes avant lui, depuis Adam, Noé, Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob, les Tribus 91, Moïse, Aaron et les autres prophètes – que les bénédictions d'Allah soient sur eux tous – leur avaient apporté : l'appel à l'adoration d'Allah, à Son unicité exclusive, et à la sincérité envers Lui seul dans l'adoration, la préséance 92 et la seigneurie. Les chrétiens ont menti sur lui, ont altéré sa religion, ont abandonné ses commandements, et leurs paroles ressemblent à celles des mécréants d'avant, qui ont pris les créatures comme divinités et seigneurs, les ont invoquées et implorées – comme les philosophes et les sabéens 93 de Harran 94 – car ils ont cru au soleil, à la lune, aux astres et au ciel ce que nous avons mentionné plus haut, comme les Coptes qui ont dit de Pharaon ce que nous avons rapporté, et comme d'autres. Beaucoup de créatures ont professé la seigneurie des créatures et des créés ; exposer leurs états serait long. Le Messie est l'ennemi de ces chrétiens et se désolidarise d'eux. » Les gens ont trouvé les choses comme il l'a dit, selon ce qu'il a expliqué et détaillé. Combien cela est étonnant : un homme arabe illettré 95 informe au sujet d'un homme qui l'a précédé d'environ mille ans, dont la langue n'est pas la sienne, dont le pays n'est pas le sien, dont le peuple n'est pas le sien ; il rapporte de lui des choses qui étaient les siennes. Or le Prophète a trouvé des nations d'avant lui qui prétendaient être attachées à cet homme et suivre sa voie et ses méthodes. Si cela avait été transmis 96, il aurait hésité à s'avancer ainsi, et n'aurait pas été à l'abri que ces gens qui l'avaient précédé dans le temps et étaient attachés à cet homme aient dit vrai à son sujet, et qu'ils fussent ses disciples comme ils le prétendaient ; alors il n'aurait pas été à l'abri que son mensonge ne fût découvert, surtout après avoir revendiqué la véracité, la prophétie et le message pour tous les habitants de la terre, avec une intelligence incontestable. Considère donc comment il s'expose aux plus grandes affaires et aux plus graves périls. Il a rapporté de son Seigneur que les chrétiens ne suivent rien de ce qu'aucun prophète a apporté, disant : « Interroge ceux de Nos messagers que Nous avons envoyés avant toi : Avons-Nous établi, en dehors du Tout Miséricordieux, des divinités à adorer ? » 97 Il s'est ainsi avancé sur des choses par lesquelles les gens sensés et les rois tyrans avant lui auraient été déshonorés et discrédités, et pourtant les choses se sont trouvées comme il l'a dit. Si cela n'était que ce signe parmi ses signes, cela suffirait, guérirait et dispenserait. Si l'on vous dit : « Qui vous a donné que la religion du Messie est différente de celle des chrétiens, et qu'ils l'ont contredit ? » Nous répondons : Quiconque examine la chose trouve qu'ils sont les plus opposés à lui et les plus négligents de ses commandements, tant dans les principes 98 que dans les branches 99. Quant aux principes, ils ont cru et adoré trois dieux et trois seigneurs, comme nous l'avons exposé et montré, et ils ne divergent pas sur le fait que le Messie, Jésus fils de Marie, n'est pas un prophète ni un serviteur vertueux, mais qu'il est un vrai Dieu issu d'un vrai Dieu, de la substance de son Père, un Dieu parfait issu d'un Dieu parfait, créateur des cieux et de la terre, des premiers et des derniers, leur pourvoyeur, celui qui les fait vivre et mourir, les ressuscite, les rassemble, les juge, les récompense et les punit. Nous avons mentionné ce que disent les nestoriens 100 – qu'il est un Dieu composé de deux espèces et deux natures – et nous avons montré la sophistique qu'ils recherchent. S'ils disent : « Nous n'adorons pas ces dieux individuellement, mais nous les adorons tous par une seule adoration », on leur répond : Cela ne vous fait pas sortir du fait que vous avez associé dans la préséance et associé dans l'adoration, et cela n'invalide pas ce que nous avons rapporté de vous, car il est possible d'adorer cent mille objets d'adoration par une seule adoration. De plus, nous constatons que vous les adorez individuellement, chacun d'eux, par la grâce et la foi, comme cela est mentionné dans le Trisagion 101 et l'hymne de l'offrande 102 ; vous les adorez aussi individuellement pour l'action, les actes, la création et la gouvernance, comme vous l'avez dit à propos de ses actes lorsqu'il fut baptisé par Jean, comme mentionné plus haut. Vous dites que celui qui est descendu du ciel jusqu'à entrer dans le ventre de la femme, et qu'il est devenu, lui et son fils, par l'union qu'il a faite, un seul Dieu et un seul Messie ; que c'est lui qui a manifesté les signes sur terre, le tué, le crucifié, celui qui s'est ressuscité après la mort, est monté au ciel et s'est assis à la droite de son Père. Tous ces actes, c'est le Fils qui les a accomplis, non le Père. S'ils disent : « Chacun de ces actes a été accompli par les trois dieux », on leur répond : Ceci est contraire au christianisme, et cela est clair dans ce que nous avons exposé et rapporté d'eux. De plus, un seul acte ne peut être accompli par plus d'un être vivant, et une seule chose possible ne peut être rendue possible par plus d'un tout-puissant ; cela est démontré dans les livres des savants, mais les chrétiens ne le comprennent pas et ne t'en font pas besoin. Sache que les chrétiens croient que le Père s'est dépouillé de toute sa royauté et l'a donnée à son Fils ; ainsi, c'est lui qui crée, pourvoit, fait vivre et mourir. Nous avons entendu cela de ceux qui argumentent pour eux et rapportent d'eux, et cela est aussi clair dans le Trisagion de leur foi. N'entends-tu pas qu'ils disent : « Nous croyons en l'unique Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, Premier-né du Père, non créé, vrai Dieu issu de vrai Dieu, de la substance de son Père, par qui les mondes ont été établis et tout a été créé », jusqu'à leur parole : « Il est prêt à venir une autre fois pour juger les morts et les vivants. » Et ils disent dans leurs cultes, prières et invocations : « C'est toi, ô Jésus-Christ, qui nous fais vivre, qui nous pourvois, qui crées nos enfants, qui ressuscites nos corps », et d'autres choses de ce genre, dont l'énumération serait longue. Ainsi, tantôt ils adorent chacun d'eux individuellement pour un acte, tantôt ils disent que tout est revenu au Fils, et tout cela est association 103. Si l'on dit : « Qu'avez-vous donc du Messie qui contredit cela et ce que vous avez rapporté des chrétiens ? » Nous répondons : Quant aux principes, il leur a dit : « Allah est mon Seigneur et votre Seigneur, mon Dieu et votre Dieu », attestant ainsi qu'il est le serviteur d'Allah, gouverné, dirigé, créé, comme il a attesté qu'ils le sont, et qu'il est comme eux dans la servitude, la faiblesse et le besoin. Il a mentionné qu'il est le messager d'Allah à Ses créatures, et qu'Allah l'a envoyé comme Il a envoyé les prophètes avant lui. Jean rapporte dans son Évangile que Jésus-Christ a dit dans sa prière : « La vie éternelle consiste en ce qu'ils reconnaissent que Toi, Tu es le seul vrai Dieu, et que Tu as envoyé Jésus-Christ » 104. Regarde comment il professe l'unicité et revendique la prophétie. Jean rapporte aussi qu'il a dit aux enfants d'Israël : « Vous voulez me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité que j'ai entendue de Dieu » 105. Il rapporte aussi qu'il a dit : « Je ne suis pas venu pour faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m'a envoyé » 106. Il a dit : « Les paroles que vous entendez de moi ne sont pas de moi, mais de Celui qui m'a envoyé ; malheur à moi si je dis quelque chose de moi-même » 107. Il pratiquait assidûment l'adoration, la prière et le jeûne, et disait : « Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir » 108. Il disait : « Ce n'est pas moi qui juge les serviteurs ni qui les récompense pour leurs œuvres, mais Celui qui m'a envoyé s'occupe de cela » 109. Cela se trouve dans l'Évangile de Jean. Il y est aussi que le Messie a dit : « Ils ont su, Seigneur, que Tu m'as envoyé, et je leur ai fait connaître Ton nom » 110. Le Messie a dit : « Le Dieu unique, Seigneur de toute chose, a envoyé le Fils de l'homme à tout le monde pour qu'ils soient conduits à la vérité » 111. Il a dit aussi : « Les œuvres que j'accomplis témoignent pour moi que Dieu m'a envoyé dans ce monde » 112. Il a dit aussi : « Loin de moi d'avoir inventé quoi que ce soit de moi-même ; mais je parle et réponds selon ce que mon Seigneur m'a enseigné » 113. Il a dit aussi : « Dieu m'a oint et m'a envoyé ; je n'adore que le Dieu unique pour le jour du salut » 114. Ils l'interrogèrent sur l'Heure : quand est-elle ? Il dit : « Je ne sais pas quand cela sera, ni aucun des hommes ; seul Dieu le sait » 115. Il dit : « Dieu n'a pas mangé et ne mange pas, n'a pas bu et ne boit pas, n'a pas dormi et ne dort pas, n'a pas engendré et n'engendre pas, n'est pas engendré ; nul ne L'a vu et ne Le verra sans mourir » 116. Un homme lui dit : « Ô bon maître, enseigne-moi. » Jésus lui dit : « Ne m'appelle pas bon ; nul n'est bon que Dieu seul » 117. Un homme lui dit : « Ordonne à mon frère de partager avec moi l'héritage de mon père. » Il dit : « Qui m'a établi sur vous comme partageur ? » 118 Dans sa prière, lorsqu'il demanda à son Seigneur de ressusciter le mort appelé Éléazar, il dit : « Ô Dieu 119, je Te remercie et Te loue de ce que Tu exauces ma prière en ce moment et en tout temps ; je Te demande de ressusciter ce mort afin que les enfants d'Israël sachent que Tu m'as envoyé et que Tu exauces ma prière » 120. Dans sa prière, alors qu'il craignait la mort et ne cessait de prier, supplier, implorer et pleurer, il dit : « Ô Dieu, s'il est de Ta volonté d'éloigner cette coupe de quelqu'un, éloigne-la de moi ; mais non pas comme je veux, mais comme Tu veux » 121. Il vomissait du sang par la bouche, par angoisse de la mort, suait et s'agitait 122. Lorsqu'il mentionnait la résurrection, le jugement et le compte, il pleurait, s'inquiétait et s'angoissait comme personne ; sa prière, son jeûne, son adoration et son humilité étaient tels que personne de son temps n'en avait. De telles paroles et actions de sa part sont trop nombreuses pour être comptées ; elles sont avec eux, dans leurs Évangiles. Les gens de connaissance et de science ont compté et ont trouvé que le Messie a confessé sur lui-même la servitude, la faiblesse, le besoin, la pauvreté et l'indigence, et à Dieu la richesse et la seigneurie, d'une manière qu'ils n'ont guère trouvée chez aucun des prophètes et des saints. Pourtant, les chrétiens disent de lui ce que tu as entendu. S'ils disent : « Matthieu a rapporté de lui dans son Évangile qu'il a dit à ses disciples : “Allez dans le monde et baptisez les gens au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit” 123. Et ils ont rapporté de lui qu'il a dit : “J'étais avant Abraham” 124, et d'autres choses semblables. » On leur répond : Le Messie n'est pas le premier sur qui on ait menti. Vous savez que Mani le prêtre 125 prétend être attaché au Messie et être de ses disciples, et que nul n'est sur sa loi et ses commandements sauf lui et ses disciples, et que l'Évangile qu'il a est son Évangile. Il rapporte de lui qu'il interdisait à tous les hommes et à lui-même les femmes, les sacrifices d'animaux et la consommation de viandes, et que cela n'a jamais été permis ni ne le sera, maudissant quiconque le permet. Il se désolidarise d'Abraham, Moïse, Aaron, Josué, David et de quiconque pratiquait le sacrifice d'animaux, leur nuisance, la consommation de viandes, etc. Il s'appuie sur des passages des Évangiles que vous avez, et vous considérez qu'il a menti sur le Messie, calomnié et erré dans son interprétation, et que la justification du Messie pour ces prophètes est une évidence qui ne peut être détournée par l'interprétation. Nous disons : Telle est votre voie dans vos prétentions sur le Messie, et vous êtes en cela plus honteux que les manichéens, car l'attestation du Messie pour les prophètes et son témoignage en faveur de ce qu'ils ont témoigné – l'unicité de Dieu, Sa distinction par la préséance, la seigneurie et la sagesse – est plus claire que toute évidence et plus manifeste que toute chose manifeste.

Les gens sensés ramènent l'inconnu au connu, ce qui est ambigu à ce qui est clair, et ce qui est susceptible d'interprétation à ce qui ne l'est pas. L'ignorance des chrétiens dans leurs innovations a atteint le point où ils s'en prennent à des expressions de la Torah et des livres des prophètes qui sont susceptibles d'interprétation, les chargeant de leurs mauvaises conjectures et de leurs innovations abominables. Ils disent : « Abraham, Moïse, Aaron et tous les prophètes n'ont voulu dire que ce que nous voulons dire : que Dieu est le troisième d'une trinité, que les seigneurs sont une pluralité, et que Dieu monte, descend, naît et est tué. » Ils s'en prennent ainsi à ce qui est dans la Torah, comme lorsque Dieu dit : « Nous voulons créer un être humain à Notre image et à Notre ressemblance 126. » Ils disent : « Ceci est un discours d'une pluralité. N'entendez-vous pas qu'Il dit : “Nous voulons”, et non “Je veux créer un être humain semblable à Moi”, pour que vous sachiez que les divinités sont une pluralité, qu'elles ont des formes et des apparences semblables à celles des humains ? » Et ainsi de suite pour d'autres expressions susceptibles d'interprétation. Ils en sont même venus au Coran, disant à propos de « Nous l'avons fait descendre pendant la nuit du Destin 127 » : « Ceci est un discours d'une pluralité, non d'un seul. » Ils ont dit à propos de Sa parole – qu'Il soit exalté – « Je ne jure pas par le Seigneur des levers et des couchers 128 » : « Voici l'un des dieux et des seigneurs qui jure par les seigneurs. » Ils ont dit à propos de Sa parole – qu'Il soit exalté – « Par le père et ce qu'il engendre 129 » : « Le Dieu jure par Lui-même et par Son fils. » Ils disent : « Mohammed a apporté le christianisme et notre doctrine, mais ses compagnons ne l'ont pas compris. » Ils disent à propos de Sa parole – qu'Il soit exalté – « Le Messie, Jésus fils de Marie, n'est que le Messager de Dieu, Sa parole qu'Il a projetée vers Marie, et un esprit venant de Lui 130 » : « Voici ce que nous disons : qu'il est de la substance de Son Père, et nous ne voulons pas dire par “de Lui” qu'il est une partie de Lui, mais qu'il est de Son genre et Son semblable. » Ils s'en prennent à des gens comme Abraham et les prophètes – que les prières de Dieu soient sur eux – et à leurs semblables, dont on connaît les doctrines et les intentions, et ils les détournent de celles-ci par des interprétations et des expressions susceptibles. Leurs doctrines sont pourtant établies de manière à ne pas supporter l'interprétation, car la science que le Messie était, dans son monothéisme, sur la voie d'Abraham, de Moïse, d'Aaron, de David et de Mohammed – que les prières de Dieu soient sur eux – n'est pas douteuse pour quiconque connaît leurs récits, leurs biographies et leur appel avant même de connaître leur prophétie. Sache donc cela, car c'est un principe important que connaît celui qui réfléchit et veut voir clair, et beaucoup de gens sensés se sont égarés dans des choses semblables. Ensuite, il y a, au-delà de l'interprétation de ce qui est dans leurs livres, des mensonges sur les prophètes, comme leur dire que les prophètes ont dit avant la venue du Messie : « Dieu viendra, une femme vierge concevra de Lui, Il sera saisi, crucifié, tué, mourra et sera enterré. » Cela est trop abondant pour être compté. On dit aux chrétiens : Il n'y a pas de différence entre celui qui prétend que le Messie a revendiqué la seigneurie, que Dieu est son géniteur et qu'il est Son fils, selon ce que vous croyez et prétendez, et celui qui prétend qu'il a composé la prière de la foi 131 et la prière de l'offrande 132, qu'il a institué l'église, fixé sa fête le dimanche, et pris les gens de son temps pour qu'ils disent : « Jésus-Christ est vrai Dieu de vrai Dieu, de la substance de son Père », qu'il les prenait pour qu'ils jurent par « serviteur de Jésus » et « serviteur du Christ », qu'il a rendu licite le porc et sa consommation, qu'il priait vers l'Orient, qu'il a abrogé la circoncision, les ablutions, la purification et le lavage rituel après les rapports sexuels, qu'il a pris ses compagnons pour le jeûne de la Pentecôte 133, qu'il a légiféré cela et y a appelé. Celui qui va jusque-là a atteint le comble de l'obstination et de la négation, à moins qu'il ne connaisse pas les récits du Messie et des chrétiens de son temps, ni des chrétiens après sa mort et son départ, et qu'il ne s'en soit pas soucié. La voie de celui qui prétend contre lui ce que ces chrétiens prétendent et rapportent de lui en l'interprétant est comme la voie de celui qui prétend contre lui les choses que nous avons mentionnées précédemment. Parmi les chrétiens, il y a des gens qui ont vu clair, se sont convertis à l'islam, ont examiné les passages et les expressions que les chrétiens attribuent au Messie, et leur ont dit : « Nous ne savons pas que le Messie a dit cela, et s'il l'avait dit, son sens et son interprétation ne seraient pas étroits », comme leur dire qu'il a dit : « Le Fils de l'homme est le Seigneur du Sabbat 134 », « Avant Abraham, je suis 135 », « Moi et le Père, nous sommes un 136 », et autres choses semblables. Ils leur ont dit : « Dans la Torah, Moïse est le dieu de Pharaon et le dieu d'Aaron 137, et Aaron est le messager de Moïse auprès de Pharaon 138, et Joseph a dit aux Égyptiens : “Le Puissant est notre seigneur 139.” » Ils leur ont mentionné beaucoup de choses d'Abraham, de Lot, de David, de Salomon et d'autres prophètes, et tu n'as pas besoin de les mentionner ni de les connaître ; si tu les connaissais, il n'y aurait pas de mal, mais reviens toujours au principe de l'appel et de la religion, à ce qui est connu de la parole du Prophète, et ramène l'inconnu au connu ; tu t'es passé de l'interprétation comme cela t'a été présenté précédemment. Semblable à cela est ce que les astrologues 140 prétendent du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – à savoir qu'il allait dans leur sens, parce qu'il a dit dans Son Livre : « Il jeta un regard vers les étoiles, puis dit : “Je suis malade” 141 », et qu'il a dit : « En un jour néfaste et continu 142 » et « En des jours néfastes 143 », et autres choses. Les gens de science leur ont dit : « Avant toute chose, nous avons connu de l'appel de cet homme et de son intention, avant même de connaître sa prophétie, que ce qui sera demain, ni un roi interprète 144 ni un prophète envoyé ne le connaît, et que seul l'Unique, le Seul dans l'éternité, le connaît. Il n'y a donc aucune raison de s'attacher aux apparences des expressions et à l'interprétation. Cela, un homme sensé ne le fait pas, et l'erreur là-dessus n'échappe pas à un homme accompli. On ne trompe avec cela que les gens insouciants. » De même, les Bâtinites 145 et ceux qui suivent leur voie ont dit : « Le sens caché des prières 146 est des personnes, et de même pour les actes d'adoration, et pour chaque sens apparent il y a un sens caché, différent de ce que soutiennent les juristes et le commun des musulmans. » Ils leur ont dit : « Vous prétendez être des musulmans, alors que nous avons connu de l'appel de ce Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – avant même de connaître sa prophétie, que ce qu'il a interdit – la fornication, la sodomie, l'usure, le vin, le porc, les mères, les filles, les sœurs, etc. – est interdit à tout homme sensé à qui son appel est parvenu, quel qu'il soit, et que c'est comme le soutiennent les juristes et le commun des musulmans, sans interprétation ni sens caché. Et tout ce qu'il a rendu obligatoire – les purifications, les prières, les jeûnes et les actes d'adoration – n'est pas abrogé pour un homme sensé, quel qu'il soit, conformément à ce que soutiennent les juristes et le commun des musulmans, sans interprétation ni sens caché. Quiconque dit que ces choses ont un sens caché ou une interprétation a mécru, a commis l'association et est sorti de l'islam de manière manifeste. » Nous n'avons pas besoin de vous expliquer l'interprétation des versets que vous avez interrogés, car nous avons connu de son intention – que Dieu prie sur lui et le salue – que son sens à cet égard n'est pas le vôtre, et que son intention n'est pas la vôtre. C'est ce qu'ils ont dit à ceux qui, parmi Hicham ibn al-Hakam 147 et ses partisans, disaient : « Dieu ne sait pas ce qui sera avant que cela ne soit », parce qu'Il a dit : « Nous vous éprouverons jusqu'à ce que Nous sachions qui parmi vous sont les combattants et les endurants 148 », et qu'Il commet l'injustice et la tyrannie. Et à ceux qui disaient : « Il ordonne la perversité », à cause de Sa parole : « Nous avons ordonné à ses gens aisés, et ils ont perversi en elle 149 ». Sache donc cela, car c'est un principe important. Ensuite, revenons à notre propos sur les chrétiens. Si l'on dit : « Tout ce que vous avez rapporté du Messie se trouve dans les livres qui sont chez les chrétiens. Comment donc avez-vous considéré ce que votre Prophète a rapporté de lui et d'eux comme miracles et signes ? » Nous disons : « Nous avons déjà traité cela plus d'une fois et avons montré que ce Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – n'a pas lu les livres, ni ne les a lus pour lui, ni n'a fréquenté leurs gens, ni ceux-ci ne l'ont fréquenté, et cela n'est connu que par révélation, même si cela se trouve dans leurs livres. De même, il n'a connu l'histoire de Noé, d'Abraham, de Joseph, de Moïse et d'Aaron que par révélation, bien qu'elle soit mentionnée dans leurs livres. » Si l'on dit : « Par ma vie, celui qui connaît l'appel du Messie sait que son appel au monothéisme de Dieu est comme l'appel de Moïse, d'Aaron, de Mohammed et de leurs semblables parmi les prophètes – que les prières de Dieu soient sur eux tous – et qu'il est innocent de l'appel de ces groupes de chrétiens comme il est innocent de l'appel des manichéens 150, et comme Mohammed, Moïse et Aaron sont innocents de tout cela. Mais il est rapporté de lui qu'il disait de Dieu qu'Il est son Père, disant : “Mon Père m'a envoyé”, “Mon Père m'a dit”, et beaucoup de choses semblables. Qu'avez-vous à dire là-dessus ? » On lui répond : « S'il a dit cela, cela ne constitue pas un argument pour les chrétiens, car ils ont dit qu'il leur a dit : “Je vais vers mon Père et votre Père, mon Seigneur et votre Seigneur 151”, ne se donnant ainsi aucune supériorité sur eux. S'il fallait que cette parole fasse de lui un dieu, un seigneur et un adoré, il faudrait qu'ils le soient aussi. Certains ont dit que le mot “fils” en hébreu, qui est la langue du Messie, s'applique au serviteur pieux, obéissant, au saint dévoué, et que le mot “père” peut s'appliquer au maître, au possesseur, au gérant. Ils ont dit : “Il est dit dans la Torah : ‘Israël est mon fils premier-né 152’ et ‘Ses enfants sont mes fils 153’. Selon la prétention des chrétiens, la divinité leur serait due. Ésaïe le prophète – que la paix soit sur lui – a dit dans son livre : ‘Dieu est le père de tout le monde 154.’ Et vous, chrétiens, vous mentionnez que Matthieu a rapporté dans son Évangile que le Messie a dit : ‘Heureux êtes-vous, vous qui réconciliez les gens, car vous serez appelés fils de Dieu 155.’ Matthieu a dit dans son Évangile que le Messie a dit aux gens : ‘Votre Père céleste est un et unique 156.’ Ils ont dit que le Messie disait dans sa prière qu'il priait et enseignait aux gens : ‘Dites : Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel, ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du mal 157.’ Il faudrait donc, selon la parole des chrétiens, que tous ceux-ci soient des dieux et des seigneurs, pour que tu saches que le nom de ‘père’ dans cette langue s'applique au maître et au possesseur. » Le Messie a dit aux enfants d'Israël : « Si vous étiez fils d'Abraham, vous m'auriez obéi, car je suis fils d'Abraham 158. » Or nous savons que tous les enfants d'Israël sont les enfants d'Abraham, mais il voulait dire : « Si vous étiez les saints d'Abraham. » De plus, les chrétiens rapportent de Paul qu'il a mentionné dans l'Épître : « L'Esprit lui-même rend témoignage à nos esprits que nous sommes enfants de Dieu 159. » Et ils disent des méchants qu'ils sont « enfants des démons 160 ». Il y a beaucoup de cela dans leur langue et dans leur usage du mot « fils » dans le sens de saint dévoué, et du mot « père » dans le sens de maître, possesseur, élevé. C'est pourquoi les chrétiens disent du catholicos 161 : « Notre père. » Tout cela est dans leur usage. Mais lorsqu'ils ont cru de Dieu – qu'Il soit exalté – qu'Il est un homme, un être humain, une personne, et ainsi de suite, ils n'ont pas accepté de Lui attribuer des fils autrement que par la réalité de la naissance et de la procréation, comme cela t'a été expliqué précédemment. Ils disent : « Dieu le Père a dit à son Fils Jésus-Christ : “Je t'ai engendré avant de créer l'étoile du matin 162.” » Parmi ces trois groupes de chrétiens, aucun ne dit que le Messie est fils de Dieu par voie d'honneur et de métaphore ; il est plutôt Dieu parfait de Dieu parfait, vrai Dieu de vrai Dieu, de la substance de son Père. Sache donc cela. [Autre chapitre : Ce que le Messager a apporté concernant la prétention de la crucifixion du Messie, les divergences des chrétiens sur les Évangiles, et l'influence des croyances et des mœurs des Romains sur les sociétés chrétiennes]

De ce genre, à savoir que ces chrétiens et ces juifs prétendent tous que Pilate le Romain, roi des Romains, a pris le Christ, que les Juifs se sont plaints de lui et l'ont livré à eux ; ils le firent monter sur un âne, tournèrent son visage vers la croupe de l'âne, mirent sur sa tête une couronne d'épines, et le promenèrent en châtiment. Ils le frappaient par derrière 163 et venaient devant lui en disant : « Ô roi des fils d'Israël, qui t'a fait cela ? » se moquant de lui 164. Lorsqu'il eut souffert de la fatigue et de la peine, il eut soif et demanda à boire, disant : « Donnez-moi de l'eau. » Ils prirent du bois amer, en exprimèrent le suc, mirent du vinaigre dans ce suc et le lui donnèrent. Il le prit, croyant que c'était de l'eau, but une gorgée ; quand il en sentit l'amertume, il le recracha, puis ils lui en firent ingurgiter de force et le torturèrent tout le jour et toute la nuit 165. Le lendemain, qui est le vendredi qu'ils appellent vendredi de la Passion 166, ils demandèrent à Pilate de le flageller ; il le fit flageller, puis ils le prirent, le crucifièrent et le percèrent de lances. Il ne cessait de crier, crucifié sur le bois : « Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? Mon Dieu, pourquoi m'as-tu délaissé ? » jusqu'à ce qu'il meure. Ils le descendirent et l'enterrèrent 167. Les juifs et les chrétiens prétendent avoir eu connaissance de cela, l'avoir vu de leurs yeux et en avoir été témoins, et avoir reçu cette tradition de la multitude 168 par la multitude, des nations par les nations. Les chrétiens en particulier se moquent des musulmans quand ceux-ci disent que cela n'a pas eu lieu, et ils disent : « Quel profit votre compagnon 169 tire-t-il de contredire les nations qui s'accordent là-dessus, alors qu'elles l'ont précédé et étaient avant lui, qu'elles sont les gens de cet homme et ses compagnons, qu'il est né parmi eux et a grandi avec eux, et que son ennemi, les juifs, et son ami, les chrétiens, se sont accordés là-dessus ? Votre prophète a donc nié. » N'est-ce pas comme on dit : « Les deux adversaires sont satisfaits, mais le juge refuse » ? Les gens de science ont examiné la parole de Dieu, paix et salut sur lui, et voilà qu'il a annoncé qu'ils disaient cela sans le savoir, sans avoir de science à ce sujet, mais seulement une conjecture qu'ils conjecturent. Ainsi la chose est comme il a dit et comme il a annoncé. La science que la croyance est science, ignorance ou conjecture, ne la connaît que celui qui a fréquenté les théologiens et les dialecticiens, s'est consacré à l'art de la dialectique, y a excellé et s'y est fatigué. Or cet homme 170 est un homme qui s'est imposé une tâche difficile ; on sait donc qu'il n'a su cela que par révélation de Dieu, et c'est là un de Ses signes merveilleux. Considère son audace envers deux grandes nations, douées de raison et d'intelligence, qui s'étaient accordées sur une chose et l'avaient précédé dans le temps, alors qu'il était le plus désireux de les gagner, de leur répondre et de les attirer. Il les traita de menteurs et les repoussa. S'il avait été un imposteur, il aurait craint et n'aurait pas osé cela, de peur que la chose ne fût comme ils disaient et comme ils prétendaient, ce qui aurait révélé son mensonge et fait revenir ceux qui l'avaient suivi. Car il est possible que les prophètes soient tués et crucifiés ; bien plus, certains d'entre eux ont été tués. De plus, le meurtre du Christ ne porte pas atteinte à sa personne ni ne déshonore sa mission ; il n'avait pas besoin de les contredire là-dessus ; au contraire, il aurait dû avoir plus besoin de les croire sur ce point, pour que son blâme contre les chrétiens fût plus fort, car ils ont cru qu'il était Dieu et Seigneur, et ils l'ont vu captif, humilié entre les mains de son ennemi, crucifié et tué. Cela ajoute à l'horreur du crime des juifs, car ils ont tué un autre prophète en plus des autres prophètes qu'ils avaient tués avant le Christ. Or, le Prophète, paix et salut sur lui, a évité tout cela, malgré le besoin qu'il en avait, et a dit : « Ils prétendent avoir su cela, mais ils ne le savent pas et ne sont pas d'accord ; ils n'ont là-dessus que la conjecture. » Il a dit : « Et leur parole : "Nous avons tué le Messie, Jésus, fils de Marie, le Messager de Dieu." Or, ils ne l'ont pas tué, ni ne l'ont crucifié ; mais cela leur a été rendu équivoque. Et ceux qui ont divergé à son sujet sont dans le doute à son égard ; ils n'en ont aucune science, mais suivent une conjecture. Et ils ne l'ont pas tué avec certitude 171. » C'est-à-dire qu'il n'y a là ni certitude ni tranquillité d'âme. Les Arabes disent, pour une information certaine : « Je l'ai tué avec science » et « Je l'ai tué avec certitude ». Puis Il dit : « Mais Dieu l'a élevé vers Lui 172 », c'est-à-dire qu'Il l'a préservé et honoré, de sorte que la main de son ennemi ne pût l'atteindre par le meurtre et la crucifixion. Car la conjecture peut être vraie parfois, et une grande multitude peut s'accorder sur la vérité d'un rapport unique, en raison de la bonne opinion qu'elle a de son auteur ; il se peut que celui-ci ait dit vrai dans ce qu'il a rapporté, et ils sont alors véridiques, même s'ils ne connaissent pas sa véracité, et même s'ils croient que leur croyance est science. Regarde comment cela a été expliqué de toutes les manières. Si l'on dit : « D'où savez-vous que les multitudes de leurs ancêtres n'ont pas vu cela ni n'en ont été témoins, comme ils le prétendent ? » On lui répond : Celui qui réfléchit sait par sa raison que la chose est comme l'a dit le Prophète, paix et salut sur lui, et non comme ils disent. Car si ces multitudes avaient vu cela et l'avaient su, ceux qui les auraient rencontrés et auraient entendu cela d'eux seraient dans la même situation qu'eux quant à la science de cela ; ainsi, quiconque aurait rencontré des chrétiens et des juifs et aurait entendu cela d'eux aurait su cela. Nous serions alors dans la même situation qu'eux quant à la science de cela. Ne vois-tu pas que, lorsque nous les avons informés du meurtre de Hamza, Ja'far, 'Omar, 'Othman et 'Ali, que Dieu les agrée, ils ont partagé avec nous la science de cela, et leur situation est devenue semblable à la nôtre à cet égard ? Or, lorsque nous revenons à nous-mêmes, nous ne nous trouvons pas savants, malgré notre fréquentation d'eux et notre fréquente audition de leur part ; nous savons donc qu'ils ne sont pas savants de cela, et que leur croyance à ce sujet n'est pas science. C'est par ce raisonnement que nous avons connu la vérité de la prétention du Prophète, paix et salut sur lui, et la fausseté de leur prétention à savoir cela. Par cette considération, tu sauras, que Dieu te fasse miséricorde, la fausseté de la prétention de ceux qui, parmi les juifs, affirment que Moïse, paix sur lui, s'est adressé à leurs ancêtres qui étaient avec lui, au nombre de six cent mille jeunes hommes, sans compter les vieillards et les femmes, en disant que sa Loi est maintenue jusqu'à la Résurrection, qu'il n'est absolument pas permis d'en changer quoi que ce soit, et que quiconque prétend le contraire ment et est infidèle. Les juifs prétendent savoir cela. Nous disons : Si vous saviez cela, et si votre croyance à ce sujet était science, et si ceux de vos ancêtres que vous avez rencontrés vous en avaient informés, vous seriez un argument contre les gens de votre temps, et quiconque vous entendrait le saurait par vos paroles et vos informations. Or, puisque nous ne savons pas cela, votre croyance à ce sujet n'est pas science. Ne vois-tu pas que nous, et quiconque vous entend, savons que Moïse, paix sur lui, prétendait être le Messager de Dieu, que Dieu l'a élu et envoyé, qu'il interdisait les mères, les filles, les sœurs, la chair morte, le porc et les sacrifices des païens, ainsi que d'autres choses qu'il a interdites, et qu'il observait le sabbat ? Si ce que vous prétendez, à savoir la perpétuité de sa Loi, était vrai, notre science de cela serait semblable à notre science de ce que nous venons de mentionner ; bien plus, elle serait plus forte que la science de cela. Or, puisqu'il n'en est pas ainsi, nous savons et nous sommes certains que Moïse, paix sur lui, n'a pas dit cela, n'y a pas appelé, ne l'a pas imposé, et que la chose ne s'est pas passée comme vous le prétendez. Ce qui te rend cela encore plus clair, c'est que lorsque le Messager de Dieu, paix et salut sur lui, a annoncé que sa Loi est abrogée, tous ceux qui ont entendu les récits, qu'ils l'aient cru ou démenti, l'ont su. Si la chose était comme ils le prétendent, nous le saurions par leurs récits, comme ils ont su, par nos récits et par ce qu'ils ont entendu de nous, ce qui concerne notre Prophète. C'est là un principe important : tu dois t'y intéresser et veiller à l'observer. Par lui, tu sauras aussi la fausseté des prétentions des chrétiens concernant la résurrection du Christ de son tombeau, et qu'il est resté avec eux quarante jours après sa résurrection, puis est monté au ciel sous leurs yeux. Ils confirment ce mensonge en instituant une fête un jour déterminé. De même, tu sauras la fausseté de leur prétention que le bois sur lequel le Christ a été crucifié a été placé sur un mort, et voilà que celui-ci est vivant et se meut, et que cela s'est passé à Jérusalem publiquement, un jour où étaient présents des chrétiens, des juifs, des Romains et des nations que Dieu seul peut compter tant elles étaient nombreuses. Il y a d'autres exemples analogues de leurs prétentions. Par cela, tu connaîtras la fausseté des prétentions des mages concernant les miracles de Zoroastre. De même, tu sauras la fausseté des prétentions des Rafidites 173 selon lesquelles le Prophète, paix et salut sur lui, a désigné le Commandeur des croyants, 'Ali, comme son successeur sur sa communauté, a imposé l'obéissance à lui à tous, hommes libres et esclaves, hommes et femmes, et l'a établi comme argument contre eux. Ils prétendent savoir cela par les récits de multitudes qui les en ont informés, et que leur croyance à ce sujet est science. Nous disons : Si vous saviez cela et si votre croyance à ce sujet était science, nous serions vos égaux dans la science de cela, en raison de notre fréquente audition de votre part et de nos discussions fréquentes avec vous à ce sujet. Or, puisqu'il n'en est pas ainsi, nous savons et nous sommes certains que cette affaire n'a aucun fondement. La science de la fausseté des prétentions des Rafidites à cet égard est plus forte et plus évidente, et les preuves en sont plus nombreuses, en raison de la proximité de cette époque, de la fréquence des discussions à ce sujet, et du fait que celui qui a prétendu cela ne le prétendait pas et n'y tendait pas, et pour de nombreuses autres raisons. Les preuves de cela sont plus nombreuses que les preuves d'autre chose. Les Rafidites sont interrogés à ce sujet comme le sont les juifs, les chrétiens et les mages au sujet de leur attaque contre le Messager de Dieu, paix et salut sur lui, et contre sa prophétie. Ils disent : « Puisque vous avez cru en la véracité de Muhammad et en sa prophétie, et qu'il vous a dit que le Christ n'a pas été crucifié et que Moïse n'a pas dit que sa Loi est perpétuelle, votre reconnaissance de cela est une contradiction de votre parole, une corruption de votre religion et une annulation de vos principes. Vous vous en êtes écartés 174 et ne l'avez pas reconnu. » On leur répond : Nous vous avons fait savoir que nous n'avons connu la fausseté de ces prétentions que par le raisonnement et la considération que nous avons exposés et expliqués avant de connaître la prophétie du Prophète, paix et salut sur lui, et avant d'en venir à sa parole et à celle de ses compagnons. De sorte que si un athée raisonnait comme nous avons raisonné, il saurait de cela ce que nous savons. De sorte que si Dieu, béni et exalté soit-Il, ne l'avait pas envoyé, quiconque réfléchirait et raisonnerait saurait la fausseté de toutes ces prétentions. Car nous avons trouvé des nations semblables à nous, à notre époque, qui prétendent des choses et des époques qui ont eu lieu dans les siècles passés qui nous ont précédés, et qui prétendent les savoir. Nous sommes revenus à notre raison et avons examiné ; la raison a montré que leur croyance à ce sujet n'est pas science, que leur information à ce sujet n'est pas véridique, qu'il n'y a rien eu de ce qu'ils prétendent qui ait été transmis jusqu'à eux, et qu'ils sont des gens à qui la chose a été rendue équivoque, qui ont cru à des choses qui leur ont été fardées, et qui ont appelé leur croyance science et leur information transmission. De plus, si nous reconnaissions cela par crainte du déshonneur que causerait la fausseté de notre religion, il faudrait que nous le sachions, même si nous ne le reconnaissions pas, comme le voleur sait qu'il a volé, même s'il ne le reconnaît pas par crainte du déshonneur. De plus, si les gens savaient que nous savons, mais que nous nions et contredisions, nous aurions aussitôt subi le déshonneur, et tous les gens auraient connu notre imposture et notre contradiction ; nous n'aurions donc pas échappé au déshonneur immédiat. Cela n'échappe pas à la raison de tout homme intelligent qui réfléchit et médite. S'ils disent : « Vous savez cela, même si vous ne le reconnaissez pas », on leur répond : Lorsque nous revenons à nous-mêmes, nous savons que vous mentez sur notre conscience ; cela nous suffit comme science de votre mensonge à notre sujet et de votre imposture contre nous. Car nous ne savons pas cela, bien plus, nous ne le croyons pas, à plus forte raison le savoir. Au contraire, nous croyons et savons la fausseté de cela, comme nous savons que le monde a un Créateur, qu'Il est unique, et que Muhammad, paix et salut sur lui, est Son Messager à Ses créatures.

De plus, les grands groupes ne peuvent pas cacher ce qu'ils ont vu et entendu, même si cela leur nuit et leur déplaît, tout comme ils ne peuvent pas inventer ce qui n'a pas eu lieu en disant : « Cela s'est produit, nous l'avons vu et entendu », alors qu'ils n'ont rien vu ni entendu, même si cela leur plaît et leur profite. Cela est encore plus fort, plus évident et plus clair en matière de dissimulation, car la dissimulation est plus lourde, l'endurance plus difficile, la préservation plus ardue, tandis que les gens sont plus prompts à parler, plus légers à le faire, et y trouvent joie et soulagement. Leur souffrance dans la dissimulation est comparable à l'angoisse et à la douleur ; ils se soulagent en divulguant et se libèrent en s'en déchargeant, au point qu'ils racontent même ce qui entraîne la perte de leurs bienfaits et l'effusion de leur sang. Nous avons même prétendu 175 que ce qui se passe entre le souverain et son vizir, et autres cas similaires où la dissimulation est possible, peut être caché. Car la dissimulation peut être le fait d'un individu, de deux personnes ou d'un petit groupe. Il en va de même pour l'invention, bien que l'invention soit plus aisée que la dissimulation. C'est pourquoi les gens sensés se recommandent mutuellement le silence et la dissimulation bien plus qu'ils ne se recommandent la parole, et ils les redoutent plus qu'ils ne redoutent la parole, au point que le silence et la dissimulation ne sont possibles que chez les hommes sensés et chez des individus isolés, et même chez eux, ils sont plus rares que rares. Sache donc cela, car ces mécréants 176, comme Abū ʿĪsā al-Warrāq, al-Ḥaddād et Ibn al-Rāwandī, n'ayant trouvé aucun motif de critique contre le Messager de Dieu, ont prétendu qu'il avait eu des scandales, des mensonges et des ruses que ses compagnons et sa famille avaient dissimulés par amour pour lui et pour ne pas être déshonorés en suivant un imposteur. Or, il n'est possible de cacher que ce qui se passe entre deux personnes d'un petit groupe pendant un certain temps, puis cela apparaît. Quant à ce qui se passe au sein d'un groupe, cela ne peut être caché, et l'homme sensé n'espère pas le cacher ni ne se le promet, même si cela lui nuit et lui déplaît. Ne vois-tu pas que le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) a prôné la mécréance des juifs, des chrétiens et des mages, le désaveu à leur égard, l'effusion de leur sang, la captivité de leur descendance, la spoliation de leurs biens, la perception de la capitation 177 de ceux avec qui il avait un pacte, et d'autres choses encore qu'il a légiférées contre eux ? Tout cela leur a nui et déplu, a fait disparaître leur autorité et a abaissé leur rang. Ils auraient souhaité que cela n'ait jamais eu lieu et que Dieu l'ait retiré de leurs cœurs et des cœurs de toutes les créatures. Or, ils l'ont su lorsqu'il l'a prononcé, dit et légiféré, alors qu'il était seul, faible et pauvre, et ils l'ont transmis, divulgué, répandu et raconté, malgré ce qu'ils y subissaient, alors que la puissance, la gloire et la victoire étaient alors de leur côté, non du sien. Il en va de même pour la situation du Commandeur des croyants 178 avec Muʿāwiya et les Banū Umayya : ils ont détesté le serment d'allégeance que les habitants de Médine lui ont prêté après ʿUthmān, ils ont détesté ce à quoi il les a appelés en les déclarant égarés, ce qu'il a imposé comme lutte contre eux et combat, et ce qu'il a exposé comme leur perfidie et leur sottise. Ils auraient souhaité que cela n'ait pas eu lieu, mais ils n'ont pas espéré cacher quoi que ce soit de cela, ni les vertus qu'il possédait, comme le fait qu'il priait 179 parmi les combattants de Badr et les premiers convertis, parmi les juristes, les ascètes et les saints, parmi les dix 180, parmi les gens de l'arbre 181 et parmi les membres du conseil 182. Tout cela leur a déplu, mais malgré leur pouvoir et leur royaume, ils n'ont pu en écarter quoi que ce soit, bien qu'ils l'eussent souhaité et qu'ils en aient détesté l'existence. Ils n'ont pas non plus pu faire entrer Muʿāwiya, leur seigneur et chef, parmi les Émigrés 183 ni parmi les Auxiliaires 184, bien qu'ils eussent souhaité que cela fût, et ils n'ont pu le faire sortir du fait qu'il était parmi les affranchis 185 et les fils d'affranchis. Considère les poètes qui ont insulté le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) parmi les Qurayshites et d'autres, ainsi que les livres composés par les mécréants et les catégories de zindīqs 186, comme al-Ḥaddād, Abū ʿĪsā al-Warrāq, Ibn al-Rāwandī et al-Ḥuṣrī, et leurs espoirs de critiquer la Seigneurie, d'injurier les prophètes (que les prières de Dieu soient sur eux) et de les traiter de menteurs. Ils les ont composés à l'époque des Banū al-ʿAbbās, au cœur de l'islam et de sa puissance, alors que les musulmans étaient plus nombreux et plus forts qu'auparavant, détenant la domination, la victoire et la gloire, tandis que ceux qui composaient ces livres étaient au plus bas de l'humiliation. Chacun d'eux composait son livre en secret, craintif et aux aguets, le cachant même à sa famille et à ses enfants, ne le dévoilant qu'à un autre, dans la même situation de peur, d'humiliation et de contrainte. Puis cela se répandait en un temps très court et apparaissait, au point d'être vendu sur les marchés des musulmans, connu de leurs élites et de leurs masses, raconté, colporté et mentionné, bien que cela les attristât et leur déplût, et qu'ils eussent souhaité que cela n'ait pas eu lieu. Il en va de même pour ce qui s'est passé à Bahreïn avec Abū Saʿīd al-Ḥasan ibn Bahrām al-Jannābī 187 et ses enfants, ce qui s'est passé avec Abū al-Qāsim al-Ḥasan ibn al-Faraḥ ibn Ḥawshab ibn Zādān al-Najjār al-Kūfī dans les montagnes de Lāʿa et ʿAdan Lāʿa au Yémen, ce qui s'est passé avec Abū al-Ḥusayn Muḥammad ibn al-Faḍl 188 à Jīshān, al-Jand et al-Mudhaykhira au Yémen, et ce qui s'est passé avec ʿUbayd, surnommé ʿUbayd Allāh al-Mahdī 189, au Maghreb, ainsi que ce qui s'est passé après lui avec ces groupes. Tous, lorsqu'ils ont pris le pouvoir – alors qu'au début ils se cachaient sous le couvert du chiisme 190 –, une fois apparus et devenus des groupes et des armées, ils ont attaqué leurs voisins et ceux qui étaient proches d'eux, insulté les prophètes, utilisé les exemplaires du Coran comme papier hygiénique 191, outragé les femmes musulmanes et les femmes alides 192, et attaqué La Mecque. L'attaque de La Mecque fut le fait des Qarmates 193 de Bahreïn, descendants d'Abū Saʿīd, qui trahirent les pèlerins après leur avoir accordé la sécurité. Leurs actions contre l'islam et leurs méfaits envers les musulmans sont bien connus et consignés. Tout cela a nui aux musulmans et leur a déplu, et ils ont souhaité que cela n'ait pas eu lieu. Pourtant, ils le mentionnent, le colportent et le consignent par écrit. Sache donc que les États, les royaumes, la contrainte et la victoire ne couvrent pas les choses qui ont eu lieu et se sont produites, et que les gens sensés ne se promettent pas de cacher leurs défauts qui ont eu lieu, se sont produits et ont été connus des gens une fois pour toutes, ni ne se promettent de cacher les mérites de leurs ennemis, même si cela leur déplaît et les attriste. Pour t'en convaincre davantage, sache que les Perses, les Romains et les Indiens ont des qualités et des mérites que leurs ennemis musulmans ne cachent ni ne dissimulent, même si cela leur déplaît. De même, les musulmans et les Arabes ont des qualités et des mérites que leurs ennemis parmi ces nations ne nient pas. Les rois omeyyades ont des défauts et des erreurs qui étaient mentionnés et répandus à leur époque et sous leur règne, de même que les rois abbassides. Les rois omeyyades ont aussi des mérites que leurs ennemis abbassides ne nient pas. Sache donc ce chapitre et exerce longuement ta réflexion pour reconnaître l'erreur des mécréants et la fausseté des prétentions des chiites selon lesquelles la première génération de musulmans aurait modifié les textes et le Coran, les aurait altérés, aurait inventé ce qui n'existait pas et l'aurait attribué au Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), que les successeurs 194 l'auraient reçu d'eux, et que cela serait devenu, chez les savants, les théologiens et les juristes postérieurs, une religion, alors qu'il n'en est rien. Ils prétendent que cette ruse a réussi contre les muʿtazilites 195, les juristes, les traditionalistes 196, les murji'ites 197 et les kharijites 198, et que le point faible de la ruse leur a échappé, que l'autorité d'Abū Bakr, de ʿUmar et de ʿUthmān (que Dieu les agrée) a couvert cela et empêché qu'on en parle, et que ʿAlī ibn Abī Ṭālib (que Dieu l'agrée), lorsqu'il a régné, a suivi la voie des califes et l'a acceptée, sans pouvoir déclarer leur égarement jusqu'à sa mort, car ses partisans et son armée étaient des partisans d'Abū Bakr, de ʿUmar et de ʿUthmān (que Dieu les agrée) ; s'il avait fait allusion à leur égarement, ils l'auraient tué et anéanti. Or, l'argument contre ces prétentions est le même que contre les mécréants et tous les ennemis du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). D'ailleurs, cette critique contre les prédécesseurs 199 a été inventée par les mécréants que nous avons mentionnés ; ils ont tous écrit des livres pour soutenir les prétentions des rāfiḍites 200 contre les Émigrés et les Auxiliaires. Ce sont eux qui les ont trompés et leur ont inculqué ces critiques, par excès d'hostilité envers le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Leur ruse a réussi contre eux sans qu'ils s'en rendent compte. D'ailleurs, ils ne se séparent pas des critiques des mécréants contre le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) tant qu'ils persistent dans leurs innovations, et l'argument contre eux est plus fort que contre tout innovateur, tout comme l'argument contre les chiites est plus fort que cela. Ensuite, je me suis tourné vers les juifs et les chrétiens à propos de ce qu'ils prétendent concernant la crucifixion et autres choses que nous avons mentionnées 201, et je leur ai dit : « Si la connaissance de cela s'est répandue parmi les nations et que les gens sensés qui en ont entendu parler l'ont su, alors Muḥammad (que Dieu prie sur lui et le salue) et ceux de son époque parmi les nations qui l'ont cru et ont reconnu sa prophétie l'ont nécessairement su. Comment donc a-t-il pu prétendre que cela n'a pas eu lieu ? Un homme sensé, quel qu'il soit, ferait-il cela ? Comment un homme sensé qui prétend à la prophétie et à la vérité, et qui veut que toutes les nations le croient et le suivent, alors qu'il est le plus désireux de les convaincre, agirait-il ainsi ? Comment ces groupes de Qurayshites, d'Aws, de Khazraj, de juifs et de chrétiens, nombreux dans la péninsule arabique, l'ont-ils suivi alors qu'ils l'entendaient mentir et calomnier, sachant qu'il mentait à ce sujet ? Cela ne peut se produire ni arriver de la part de gens sensés. » Quiconque réfléchit aux choses reconnaît l'ignorance de celui qui prétend que les juifs et les chrétiens savaient ce que nous avons mentionné, avec un minimum de réflexion. Comment se fait-il qu'aucun de ses ennemis parmi les Qurayshites et autres n'ait dit : « Tu prétends à la vérité et à la prophétie, puis tu as menti d'un mensonge évident et calomnié les nations d'une calomnie éclatante, en disant : 'Le Messie n'a pas été tué ni crucifié', alors que ces nations le savent d'une science certaine, comme elles savent que Moïse et Jésus ont existé dans le monde. Celui qui est ainsi ne sera cru par aucun homme sensé et n'aura aucune autorité. » Comment n'ont-ils pas dit à ceux qui l'ont suivi : « Ô vous, avez-vous renié vos pères, déclaré égarés vos ancêtres, dépensé vos biens, pris pour ennemis les rois de la terre, leurs tyrans et toutes les nations, et versé votre sang dans l'obéissance à un imposteur dont vous avez connu le mensonge et la calomnie ? » On a dit à l'un des disputeurs juifs et de leurs théologiens, qui avait lu les livres, fréquenté assidûment les savants, copié leurs livres, et prétendait surpasser les savants de son époque : « N'est-ce pas que les récits ne sont connus que de ceux qui viennent après ceux qui les ont précédés ? » Il répondit : « Oui. » On lui dit : « Les juifs qui étaient avec Muḥammad (que Dieu prie sur lui et le salue) et à son époque ne savaient-ils pas que Moïse avait dit que sa Loi était perpétuelle ? » Il répondit : « Oui. » On lui dit : « Pourquoi n'ont-ils pas dit à Muḥammad : 'Tu as loué Moïse, tu l'as cru et tu l'as confirmé, alors qu'il a dit et recommandé que sa Loi soit perpétuelle ?' » Cela suffit à montrer ton mensonge et la fausseté de ta parole. C'est une chose évidente, claire, que même les femmes stupides comprennent, sans parler des hommes sensés. Où étaient-ils donc, alors qu'ils sont sortis avec lui et dans son hostilité, affrontant les pires difficultés : l'insulter, le satiriser, le trahir, aider les Qurayshites dans leur guerre contre lui, dépenser leurs biens et leurs vies pour lui nuire ? » Il dit : « Ils lui ont dit cela et ont établi l'argument contre lui. » On lui dit : « D'où tiens-tu cette prétention ? » Il dit : « Je le sais. » On lui dit : « Pourquoi tes adversaires ne le savaient-ils pas comme tu le sais ? » Il dit : « Les oreilles l'ont rejeté. » On lui dit : « Tu n'ajoutes que des prétentions : tu as prétendu que cela a eu lieu, on t'a dit : 'D'où le sais-tu ? Pourquoi tes adversaires ne le savaient-ils pas ?' Tu as alors prétendu que les oreilles l'avaient rejeté, passant d'une prétention à une autre, joignant prétention à prétention. Il n'y a aucune différence entre ta prétention et celle de quelqu'un qui dirait : 'Quand les juifs lui ont dit cela, Dieu a ressuscité Moïse et Aaron, a manifesté par leurs mains des signes et des miracles, les a fait parler face à face avec Muḥammad, et ils ont établi l'argument contre lui en présence des juifs et de ses compagnons. Cela a eu lieu et a été su, mais les oreilles l'ont rejeté.' » Il n'a rien apporté.

Sache que l'argument le plus fort des juifs est leur prétention que Moïse a stipulé cela et l'a recommandé. Nous avons déjà parlé de cela sous plusieurs angles, donc il n'y a pas besoin de plus pour réfuter les juifs. Si l'on dit : « Vous avez demandé à ces groupes qui ont prétendu ces choses et prétendu en avoir connaissance, et vous avez dit aux juifs et aux chrétiens : "Si votre connaissance de la crucifixion de cette personne vous était parvenue par l'information de nombreux groupes qui en avaient été témoins, nous l'aurions su par votre information et en l'entendant de vous, comme vous avez su par notre information de la mort de Ja'far, Hamza, 'Umar, 'Uthman et 'Ali, que Dieu les agrée. Et vous avez dit : "Si Moïse avait stipulé la stipulation que vous prétendez et que vous l'aviez su par l'information des groupes, nous l'aurions su par votre information, comme vous avez su par notre information au sujet de notre Prophète que sa Loi est perpétuelle." Et vous avez dit aux imamites et aux couches des rafidites : "Si le Prophète avait stipulé ce que vous prétendez et avait recommandé cela à sa communauté et le leur avait imposé, et que votre croyance à ce sujet était une connaissance obtenue par les groupes qui vous en ont informés, nous l'aurions su par votre information et en l'entendant de vous, comme vous avez su et nous avons su la désignation de 'Umar pour les gens de la consultation 202, et comme vous avez su et nous avons su la désignation des gens de Médine pour 'Ali, que Dieu l'agrée, comme calife après 'Uthman, et comme vous avez su et nous avons su la désignation d'Abu Bakr pour 'Umar, la désignation de Mu'awiya pour Yazid, la désignation d'Abd al-Malik pour al-Walid, la désignation d'al-Mansur pour al-Mahdi. Pourquoi donc les juifs, les chrétiens et les rafidites n'ont-ils pas su que ces choses n'étaient pas comme vous l'avez su ?" » On lui répond : « Si cela avait été le cas, cela serait venu comme sont venues les choses semblables que nous avons mentionnées, et nous en aurions eu connaissance comme nous avons eu connaissance de ces choses. On sait que cela n'a pas été par ce que l'on utilise comme preuve, comme nous l'avons fait. Celui qui n'utilise pas la preuve peut croire que cela a eu lieu même si ce n'est pas le cas, parce qu'il a négligé l'examen et la déduction, et sa croyance à ce sujet n'est pas une connaissance et son information n'est pas véridique, même s'il la croit connaissance et vérité. Nous ne prétendons pas que ces groupes ont tous su et ont obstinément nié. Cela peut avoir pour origine qu'une ou deux personnes, ou un petit groupe, informent, et ils disent : "Nous avons pris cela de nombreux groupes", alors ceux qui les entendent les croient par bonne opinion d'eux. Puis viennent ceux qui les suivent et les croient, et le nombre de ceux qui croient cela augmente, et ils disent : "Ceux qui m'ont précédé ont pris cela de groupes." Ainsi, les gens de ces prétentions deviennent nombreux après cela et sont trompés par leur nombre. Il se peut que l'origine de la doctrine soit l'interprétation d'un verset du Livre ou d'une parole de quelqu'un qui est suivi, et celui qui la suit croit qu'il s'agit d'un texte explicite, et il dit : "Moïse, Jésus ou Muhammad, que la paix soit sur eux, a stipulé telle chose dans tel verset, tel jour", et il mentionne cette parole. Or, celui qui a dit cela n'a pas voulu dire ce que cet interprète a voulu, ni n'a visé cela. Comme l'interprétation des Qarmates 203 de la parole de Dieu, béni et exalté soit-Il : « Et quiconque y entre est en sécurité » 204. Ils ont dit : "Il a donc informé que quiconque entre à La Mecque est en sécurité contre le meurtre et la peur, mais nous voyons les gens y avoir peur et être tués. Sa parole s'est donc révélée fausse, car nous y avons tué des musulmans. Mais les adeptes de Muhammad, que la paix soit sur lui, sont des ânes qui ne comprennent pas." Or, Dieu, béni et exalté soit-Il, n'a pas voulu ce qu'ils ont pensé, et ce n'est pas une information, même si sa forme est celle d'une information ; c'est plutôt un ordre : que celui qui y entre doit être en sécurité et ne pas craindre, et qu'il n'est permis à personne de l'effrayer. C'est comme Sa parole : « Et les divorcées attendront par elles-mêmes » 205 et « Les mères allaiteront leurs enfants » 206 et ce qui y ressemble. Car l'apparent de cette information est un ordre, c'est-à-dire qu'il incombe à la divorcée d'attendre et à la mère d'allaiter. Mais les ésotériques 207 visent les bédouins, les non-Arabes et ceux qui ne se sont pas occupés de science, et ils les trompent par toutes sortes de tromperies, et ils leur font prêter serment de taire ce qu'ils entendent, de sorte qu'ils sont séduits par eux. Ce sont eux qui ont corrompu ceux du Bahreïn, et le début de leur affaire avec eux fut le chiisme, puis ils les ont élevés par degrés jusqu'à ce qu'ils viennent à eux et les affrontent en accusant les prophètes de mensonge. Ainsi, dans ces régions, l'hostilité à l'islam persiste jusqu'à aujourd'hui. C'est à cause de l'excès d'ignorance de ces gens que leur affaire ne s'est pas réalisée contre eux. Sinon, dans le texte du Coran, il y a la permission de tuer dans la Mosquée sacrée. N'entends-tu pas Sa parole, puissant et majestueux : « Et ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée jusqu'à ce qu'ils vous y combattent. S'ils vous y combattent, tuez-les » 208 ? Y a-t-il quelque chose de plus clair que cela ? De même, Sa parole, puissant et majestueux : « Ils t'interrogent sur le mois sacré, sur la guerre qui y est menée. Dis : "Y guerroyer est grave" » 209. Or, des gens qui avaient cru au Prophète, que la paix soit sur lui, avant l'émigration y ont été tués, et d'entre eux y ont été tués avant la conquête, et lui-même, que la paix soit sur lui, y a tué des gens le jour de la conquête. La chose est claire, et seul celui qui est dans l'extrême insouciance peut ignorer cela. Si la chose était comme l'ont pensé ces ignorants, pourquoi les Qurayshites, les Arabes, les juifs, les chrétiens et les ennemis du Messager de Dieu qui étaient avec lui, cherchant une occasion de le prendre en défaut, n'ont-ils pas dit ce qu'ont dit ces ignorants et ne lui ont-ils pas reproché cela ? Parmi ce qu'ont dit ces mécréants 210 également : que Muhammad est revenu sur ce qu'il prétendait comme certitude dans son affaire et a montré le doute par sa parole dans son Livre : « Et je ne sais pas ce qui sera fait de moi ni de vous » 211, et il a dit : « Si tu es dans le doute sur ce que Nous avons fait descendre vers toi, interroge ceux qui lisent le Livre avant toi » 212. On leur a répondu : « Si cela avait apporté ce que vous avez pensé, pourquoi ses ennemis parmi les Qurayshites, les bédouins, les juifs et les chrétiens n'ont-ils pas nié ce que vous niez ? » De même, nous disons à celui qui dit : « Les compagnons de Muhammad, que la paix soit sur lui, ont apostasié et il s'est éloigné d'eux. » On lui dit : « D'où tiens-tu cela ? » Il dit : « Du texte du Coran, car Il a dit : "Si donc il meurt ou est tué, vous retournerez sur vos talons" 213. » On lui dit : « Tu es en plus mauvaise situation que ceux-là, car ce n'est pas une information, ni son apparent n'est une information ; son apparent est une interrogation, et Dieu n'interroge pas, car Il est omniscient. Ce qui est visé est l'affermissement et l'avertissement, comme Il a dit : "Nous n'avons accordé l'immortalité à aucun homme avant toi. Si donc tu meurs, seront-ils éternels ?" 214 c'est-à-dire qu'ils ne seront pas éternels et qu'il ne leur convient pas d'être éternels. De même, ceux-là n'apostasieront pas et il ne leur convient pas d'apostasier. » Lorsque certains innovateurs 215 ont dit cela au sujet de l'anthropomorphisme 216 et ont interprété les textes, nous leur avons dit cela. Les innovations et les mensonges contre les prophètes, avec ce qu'ils n'ont pas dit ni voulu, se sont multipliés. Les innovateurs prétendent avoir des prédécesseurs semblables à eux, jusqu'à ce qu'ils se rattachent aux prophètes, et leur nombre les trompe, et leurs chefs les trompent. Cependant, si les chrétiens revenaient à leurs récits et à ce qui est dans leurs quatre Évangiles, ils sauraient que le tué crucifié n'est pas le Messie, puisque ces Évangiles sont leur référence. Car lorsqu'ils sont arrivés à la mention du tué crucifié et de la crucifixion, ils ont dit : « Les juifs, le jeudi de la Pâque, se sont rendus chez Hérode, le gouverneur de Pilate, roi des Romains, et ont dit : "Voici un homme parmi nous qui a corrompu nos jeunes et les a égarés. Nous avons une condition avec toi : que tu nous permettes de prendre celui qui est dans cette situation pour exécuter notre jugement sur lui." Il dit à ses assistants : "Allez avec ceux-ci et amenez leur adversaire." Les assistants sortirent avec les juifs et arrivèrent à la porte de ce souverain. Les juifs dirent aux assistants : "Connaissez-vous notre adversaire ?" Ils dirent : "Non." Les juifs dirent : "Nous non plus, nous ne le connaissons pas, mais marchez avec nous, car nous ne manquerons pas de quelqu'un qui nous le montre." Ils marchèrent, et ils rencontrèrent Judas Iscariote, qui était l'un des intimes du Christ, de ses confiants, de ses grands compagnons et l'un des douze. Il leur dit : "Cherchez-vous Jésus le Nazaréen ?" Ils dirent : "Oui." Il dit : "Qu'y a-t-il pour moi si je vous le montre ?" Un des juifs détacha des dirhams qu'il avait, compta trente dirhams et les lui remit en disant : "Ceci est pour toi." Il leur dit : "Il est, comme vous le savez, mon ami, et j'ai honte de dire : 'C'est lui', mais soyez avec moi et regardez celui que je saluerai et embrasserai sur la tête. Quand j'aurai retiré ma main de sa main, prenez-le." Ils marchèrent avec lui, et les gens étaient nombreux à Jérusalem, rassemblés pour la célébration de cette fête de tous les endroits. Judas Iscariote salua un homme et l'embrassa sur la tête, puis retira sa main de sa main et se fondit dans la foule. Les juifs et les assistants le prirent. Le pris dit : "Qu'avez-vous contre moi ?" et il fut très effrayé. Ils dirent : "Le souverain te veut." Il dit : "Qu'ai-je à faire avec le souverain ?" Ils l'amenèrent et le firent entrer chez Hérode, alors que son esprit s'était envolé de peur et d'effroi, et il pleurait sans se maîtriser. Hérode le lapida 217 quand il vit en lui la peur, puis il leur dit : "Laissez-le." Il le fit approcher, l'assit, le calma et lui dit : "Que dis-tu de ce que ceux-ci prétendent contre toi, que tu es le Christ, roi des enfants d'Israël ? As-tu dit cela ou y as-tu appelé ?" Il nia avoir dit cela ou l'avoir prétendu, mais malgré cela, son agitation ne se calmait pas. Hérode le calmait et lui disait : "Rappelle-toi ce que tu as comme preuve, si tu en as." Il ne fit qu'ajouter à son déni, disant qu'il ne disait pas cela, que c'étaient eux qui disaient cela, pas lui, et qu'ils l'avaient opprimé par cette prétention et avaient inventé des mensonges contre lui. Hérode dit aux juifs : "Je ne vois pas qu'il soit d'accord avec vous ni qu'il dise ce que vous prétendez. Je ne vois en vous que des inventeurs de mensonges contre lui et des oppresseurs. Apportez le bassin et l'eau pour que je me lave les mains du sang de cet homme." Et Pilate, le grand roi des Romains, envoya dire à Hérode : "Il m'est parvenu que les juifs ont porté devant toi un adversaire contre lequel ils ont une affaire et une connaissance. Envoie-le-moi pour que je l'interroge et voie ce qu'il a." Il le lui envoya. Il fut introduit chez Pilate dans un état d'effroi, de peur et de terreur. Le roi le calma et l'interrogea sur ce que les juifs prétendaient contre lui, qu'il était le Christ. Il nia avoir dit cela. Il ne cessa de l'interroger et de causer avec lui pour qu'il mentionne ce qu'il avait et ce qu'il possédait, et pour entendre de lui une sagesse ou tirer de lui une bonne éducation ou un conseil, mais il ne trouva rien chez lui, et il n'ajouta rien à son anxiété, sa peur, son effroi, ses pleurs et ses sanglots. Il le renvoya à Hérode et lui dit : "Je n'ai trouvé chez cet homme rien de ce qui a été dit, et il n'a aucun bien." Et il le qualifia de manque et de stupidité. Hérode dit : "Maintenant c'est la nuit, emmenez-le en prison." Ils l'emmenèrent. Le lendemain matin, les juifs se hâtèrent, le prirent, le diffamèrent de cette diffamation, le torturèrent et lui infligèrent toutes sortes de tortures. Puis, à la fin de la journée, ils le frappèrent avec un fouet, l'amenèrent à un potager et un champ de melons 218, le crucifièrent et le percèrent de lances pour qu'il meure rapidement. Il ne cessa de crier à haute voix, crucifié sur le bois : "Mon Dieu, m'as-Tu abandonné ? Mon Dieu, pourquoi m'as-Tu laissé ?" jusqu'à ce qu'il meure. Judas Iscariote rencontra les juifs et leur dit : "Qu'avez-vous fait de l'homme que vous avez pris hier ?" Ils dirent : "Nous l'avons crucifié." Il s'étonna de cela et le tint pour improbable. Ils lui dirent : "Nous l'avons fait, et si tu veux le savoir, va à tel potager." Il s'y rendit, et quand il le vit, il dit : "Ceci est du sang innocent, ceci est du sang pur." Il insulta les juifs, sortit les trente dirhams qu'ils lui avaient donnés comme récompense, les jeta à leurs visages, alla chez lui et s'étrangla. Vois combien il y a de merveilles dans cela !"

Parmi ces preuves : le fait que les Juifs et les Romains aient reconnu ne pas l'avoir connu 219 ; et une autre : si celui qui l'avait dénoncé 220 avait été d'une justice apparente, on n'aurait rien su par son rapport ni par son témoignage ; et une autre : son angoisse, son trouble et son déni ; s'il avait été le Messie, il l'aurait annoncé et aurait dit : « C'est moi que les prophètes ont annoncé, et je suis tel et tel », d'autant plus que le gouverneur entre lui et les Juifs était le roi des Romains, qui étaient les ennemis des Juifs, et il aurait établi la preuve contre eux, s'il avait été prophète 221. Qu'en est-il donc alors qu'il est, selon les chrétiens, un dieu ? Car les prophètes commencent l'appel et la preuve même envers ceux qui ne le demandent pas, alors qu'en est-il de celui qui demande et les implore ? Et une autre : Judas Iscariote 222 a dit : « Ce sang est innocent », et il s'est désolidarisé d'eux, a rendu les pièces d'argent, est retourné chez lui et s'est tué par remords de ce qu'il avait fait. Nous avons donc dit aux chrétiens : Combien y a-t-il là de preuves que le tué crucifié n'est pas le Messie ! Vous ne recourez ni aux arguments des intelligences, ni ne méditez ce que vous avez écrit et consigné, ni ne vous appuyez sur ce que nous savons, mais vous marchez en rampant sur vos visages. Et dans l'Évangile selon eux, le Messie a pris un coffre où il conservait l'or et l'argent, et son trésorier était Judas Iscariote, celui qui l'a dénoncé ; et une femme adultère lui a offert un parfum d'une valeur de trois cents deniers, et elle s'est mise à en oindre ses pieds et à essuyer ses cheveux avec le bas de ses pieds ; et Simon 223 est venu et a désapprouvé cela, disant : « C'est du gaspillage et de la corruption ; il aurait fallu donner le prix de cela en aumône aux pauvres » 224. C'est pourquoi un groupe de Juifs a dit : « Jésus, fils de Marie 225, que les musulmans et les chrétiens croient être Seigneur, qui a été crucifié et tué, est le fils de Joseph le charpentier, un homme juif pieux et vertueux qui avait une autorité parmi les Juifs. Certains, par jalousie pour cette autorité, l'ont dénoncé et l'ont humilié jusqu'à ce qu'il soit tué crucifié. Il n'a jamais prétendu ce que disent les chrétiens ni ce que disent les musulmans, à savoir qu'il est le Messie et qu'il est prophète. » Ils dirent : « Ne voyez-vous pas qu'il a été interrogé à ce sujet devant Hérode et devant Pilate, et qu'il a tout nié ? S'il avait été prophète, il aurait argumenté avec des preuves et des miracles, et les annonces le concernant, et qu'il est né sans père. » Ils dirent : « Ce qui confirme cela, c'est que les chrétiens ont écrit dans leurs Évangiles que ce Jésus a dit à ses compagnons : 'Que disent les gens de moi ?' Ils répondirent : 'Certains disent que tu es Élie, d'autres que tu es Jean le Baptiste 226.' Il dit : 'Et vous, mes compagnons, que dites-vous de moi et qui suis-je pour vous ?' Ils dirent : 'Pour nous, tu es le Messie.' Il dit : 'Ne dites pas cela.' » Ce groupe de Juifs dit : « Ne voyez-vous pas qu'il leur a interdit de dire 227 qu'il est le Messie ? Que reste-t-il après cela comme preuve ? » Ils dirent : « Les Juifs l'ont contesté pendant trois ans, et ils l'ont déféré aux rois, mais on n'a pas obtenu de lui qu'il reconnaisse avoir prétendu être le Messie ni être prophète, et ni son allié ni son ennemi n'a témoigné contre lui à ce sujet. Les signes et les miracles que les chrétiens lui attribuent n'ont aucun fondement ; ni lui ni aucun de ses compagnons ne les ont revendiqués de son temps, ni dans les générations suivantes. On ne les lui a attribués qu'après sa disparition et celle de ses compagnons, au fil des temps et des âges, comme les chrétiens les ont attribués à Paul le Juif 228, dont la situation, les ruses, les mensonges et la chute sont connus, et comme ils les ont attribués à Georges 229 et à Abba Marc 230, et comme ils les attribuent en tout temps à leurs moines et à leurs moniales, tout cela sans fondement. Retiens donc cela, que Dieu te fasse miséricorde, car cela confirme la situation : le Messie n'a pas été crucifié, et le crucifié est un autre que lui – que Dieu prie sur lui – et cela est accablant pour les chrétiens de tous côtés. Et dans l'Évangile, le Messie se tenait à l'écart, près du lieu de la crucifixion, et Marie, mère du Messie, vint à cet endroit ; le crucifié la regarda et lui dit, étant sur le bois : « Voici ton fils », et il dit au Messie : « Et voici ta mère » ; et Marie prit sa main et s'en alla au milieu de la foule 231. Et dans l'Évangile aussi, le Messie est mort sans que rien ne le touche ; et il y est dit qu'une femme samaritaine dit au Messie : « Tu es un homme juif, et nous ne donnons pas d'eau aux Juifs. » Il lui dit : « Tu as dit vrai, ô femme, dans tout ce que tu as dit. » Et il y est dit que le Messie dit à ses compagnons : « Les prêtres et les rabbins se sont assis sur la chaire de Moïse et vous donnent des avis juridiques ; acceptez leurs avis, mais n'agissez pas comme eux, car ils disent et ne font pas. » Et il y est dit que Marie-Madeleine et l'autre Marie se sont abstenues d'embaumer notre seigneur le Messie le jour du sabbat, par respect pour l'observance du sabbat. Et il y est dit que le Messie a dit : « J'ai comparé l'attitude de cette mauvaise génération à des enfants assis sur la place publique, que leurs compagnons appellent : 'Nous avons joué de la flûte pour vous, et vous n'avez pas dansé ; nous avons chanté des lamentations pour vous, et vous n'avez pas pleuré.' Jean est venu à vous, ne mangeant ni ne buvant 232, et vous avez dit : 'Il ne mange ni ne boit.' Et un être humain est venu à vous, mangeant et buvant, et vous avez dit : 'C'est un glouton et un buveur, il entre dans les maisons des prostituées et s'assied avec les pécheurs.' » Et il y est dit qu'il passa 233 près de Simon Pierre et lui dit : « Ô Satan. » Et il y est dit qu'il dit aux enfants d'Israël : « Ô serpents, engeance de vipères ! Vous lisez l'Écriture et vous ne comprenez pas ; vous lavez l'extérieur du vase, et l'intérieur est plein d'immondices ; vous cherchez sur terre, sur mer, dans la plaine et sur la montagne un compagnon pour vous ; si vous en trouviez un, vous lui enseigneriez vos voies jusqu'à ce qu'il devienne pire que vous ; ainsi vous n'entrez pas dans le royaume des cieux, et vous ne laissez pas les gens y entrer, puisque vous n'y entrez pas. » Si quelqu'un dit : « Par ma vie, il est devenu clair que les chrétiens ont dit de Jésus, fils de Marie – paix sur lui – qu'il n'est ni prophète ni envoyé de Dieu, ni un serviteur vertueux, mais qu'il est dieu, seigneur, créateur et pourvoyeur, que Dieu est un troisième de trois, et qu'il a été tué et crucifié. Or votre compagnon a dit dans votre Livre : 'Est-ce toi qui as dit aux gens : "Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors de Dieu" ?' 234 Les chrétiens ont dit : 'C'est un mensonge, car même si nous disons de lui qu'il est dieu, nous n'avons jamais dit de sa mère qu'elle est déesse.' » On lui répondit : « Ce qui est rapporté d'eux, c'est qu'ils ont dit cela ; et il n'y a ici aucun récit qui puisse être vrai ou faux ; Il a seulement dit : 'Est-ce toi qui as dit aux gens : "Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors de Dieu" ?' Ce n'est pas un récit, et cela n'est pas ignoré de quiconque connaît un peu ou beaucoup l'arabe. L'apparence de cette parole est une interrogation et une demande d'information ; or Dieu – exalté soit-Il – ne peut être sujet à cela, car on ne s'informe et n'interroge que celui qui ignore ce sur quoi on l'interroge et ce qu'on lui demande. Son sens est plutôt une confirmation pour extraire la réponse de l'interrogé. C'est comme Sa parole à Moïse – paix sur lui : 'Qu'est-ce que tu as dans ta main droite, ô Moïse ?' 235 alors qu'Il – puissant et majestueux – le savait mieux que Moïse. Et comme Sa parole à Iblis : 'Qu'est-ce qui t'a empêché de te prosterner quand Je te l'ai ordonné ?' 236 alors qu'Il – puissant et majestueux – savait mieux qu'Iblis ce qui l'en avait empêché. Il a donc dit au Messie : 'As-tu dit cela en toi-même, ou à propos de ta mère qui t'a enfanté, elle qui est la plus proche de toi, la plus en droit sur toi et la plus grande à tes yeux ?' afin que l'innocence de sa situation – paix sur lui – soit manifeste de tout côté. Ainsi, ce que le questionneur a supposé – que c'est un récit – est annulé, et ceci est une réponse suffisante et complète. De plus, parmi les chrétiens, certains ont dit le sens de cela, même s'ils n'en ont pas prononcé le terme, car ils ont dit que Marie s'est purifiée 237 lorsqu'elle a conçu la substance divine et l'a enfantée ; or toute substance ne conçoit que ce qui est dans sa substance et de son espèce 238, et n'enfante que ce qui est dans sa substance. Ceci est une deuxième réponse, et il y a parmi eux un feu 239 de ceux qui ont explicitement dit cela. Cela est clair dans les livres de l'Église 240 qui existent dans les districts d'Ahwaz et d'autres districts d'Irak, en écriture syriaque. On en a traduit une partie dans une lettre écrite par Abd Yassou' ibn Bahrin, évêque de Harran, de Raqqa et de Masira 241, puis devenu métropolite de Mossoul et de la Jazira, à un prêtre jacobite nommé Baddous : « Tu ne nies pas que la Vierge pure est dieu, comme tu le vois, mais plutôt un être humain, comme nous le voyons. » Ceci est une déclaration explicite de ces gens que Marie est dieu ; les nestoriens les contredisent sur ce point et les disputent. C'est évident, et seuls ceux qui ignorent les doctrines des chrétiens et la réalité du christianisme le nient. De plus, parmi ces trois sectes, certains disent de Marie qu'elle est la mère du Christ, fils de Dieu en vérité, et sa génitrice en vérité ; il n'y a pas de mère du Fils de Dieu divin autre qu'elle, ni de génitrice du Fils de Dieu autre qu'elle ; le Fils n'a pas de père autre que Dieu, et le Fils n'a pas de parent autre que Dieu ; et Dieu l'a choisie pour Lui-même et pour la naissance de Son fils et enfant, parmi toutes les femmes. Si elle avait été comme les autres femmes, elle n'aurait enfanté que par l'accouplement des hommes avec elle ; elle n'a été distinguée par cela que parce qu'elle a conçu le Fils de Dieu et a enfanté le Fils de Dieu, qui n'a de fils en vérité que Lui, et n'a d'enfant que Lui ; et elle est assise sur le Trône, à la gauche du Seigneur, père de son fils, et son fils à Sa droite. Ils l'invoquent et lui demandent l'abondance de la subsistance, la santé du corps, la longue vie, le pardon des péchés, et qu'elle soit pour eux, auprès de son fils et du père de son fils, un rempart, un soutien, un trésor, un intercesseur et un pilier. Si un homme magnifiait un autre homme un dixième de cette magnification et disait de lui un dixième de ces paroles, il serait permis, dans la langue des Arabes, et même dans toute langue, de dire qu'il l'a pris pour dieu. Ne vois-tu pas la parole de Dieu – exalté soit-Il : « Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines pour seigneurs en dehors de Dieu » 242 ? Or ils n'ont pas jeûné pour eux ni prié, mais ils les ont imités ; ils leur ont interdit le licite, et ils l'ont interdit ; ils leur ont permis l'illicite, et ils l'ont permis. Ceci est moindre que ce qu'ils ont dit de Marie. Dans ce sens, le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – a dit : « Périssent l'esclave de la vie d'ici-bas, l'esclave du dirham, l'esclave du vêtement rayé 243 », parce que l'amour de cela et l'attachement passionné à cela l'ont emporté sur lui, au point qu'il est devenu comme un esclave pour cela. Si nous n'avions pas ces textes 244 concernant ceux d'entre eux qui ont dit qu'elle est dieu, et que nous avions un récit et un texte 245 disant qu'ils n'ont pas dit qu'elle est dieu, il serait permis, avec cette magnification, de le dire. Qu'en est-il donc alors qu'Il a informé qu'ils n'ont pas dit qu'elle est dieu ? Ils l'ont magnifiée et élevée au-dessus des anges et des prophètes, ont dit d'elle ce qu'on dit de la divinité, et lui ont demandé ce qu'on demande à la divinité : la santé et la suffisance en ce monde et dans l'au-delà, comme cela t'a déjà été présenté, au point que les jacobites disent dans leur prière à Marie – paix sur elle : « Ô Marie, mère du Christ, sois pour nous un rempart, un soutien, un trésor et un pilier. » Les nestoriens disent : « Ô mère du Christ, sois pour nous ainsi », et ils blâment la demande des jacobites et disent aux jacobites : « Ne dites pas : 'Ô mère de Dieu', mais dites : 'Ô mère du Christ'. » Les jacobites leur répondent : « Le Christ, selon nous et selon vous, est dieu en vérité ; quelle différence y a-t-il donc entre nous et vous dans le sens de cela ? Mais vous voulez faire illusion à ceux qui ne connaissent pas cela de notre parole et de la vôtre, en leur faisant croire que vous vous élevez au-dessus de cela et que vous vous rapprochez des musulmans dans l'unicité divine. » Sache que les foules des chrétiens croient que Dieu a choisi Marie pour Lui-même et pour Son enfant, et l'a prise comme épouse 246, comme un homme choisit une femme et la prend pour épouse pour son désir d'elle. Al-Nazzam et al-Jahiz l'ont rapporté, et ont dit : « Ils ne le déclarent ouvertement qu'à ceux en qui ils ont confiance. » Ibn al-Akhshid a dit cela d'eux dans « al-Ma'ouna » 247 et a dit : « C'est à cela qu'ils font allusion. » Ne vois-tu pas qu'ils disent : « S'Il n'avait pas eu d'enfant, Il aurait été stérile, et la stérilité est une imperfection. » C'est la parole de tous, et ils font allusion à l'accouplement. Tu trouveras cela dans le livre « al-Ma'ouna » et dans le livre d'al-Jahiz contre les chrétiens. Je pense qu'Abu Ja'far al-Iskafi a mentionné cela dans son livre contre les chrétiens. Quiconque a fréquenté les moines et les prêtres des églises, a conversé avec eux et s'est familiarisé avec eux, le sait d'eux.

Si quelqu'un dit : « Vous prétendez que ces groupes ont contredit le Christ dans les principes fondamentaux et les branches, et nous avons su par ce que vous avez mentionné leur contradiction avec lui dans les principes fondamentaux ; d'où tenez-vous qu'ils l'ont contredit dans les branches ? » On lui répond : Le Christ pratiquait la pureté rituelle, le lavage après les rapports sexuels 248, et l'obligation du bain pour la femme menstruée. Ces groupes ne diffèrent pas sur le fait que cela n'est pas obligatoire, et qu'un homme peut prier sans être purifié ni s'être nettoyé après les besoins naturels 249, et qu'il peut prier en état d'impureté majeure 250. Ils ne diffèrent pas non plus sur le fait que l'impureté majeure, l'urine, les excréments et autres n'interrompent pas la prière, et que celui qui prie peut le faire tout en urinant, en déféquant, en ayant des rapports sexuels, même si ces rapports sont adultères ; rien de tout cela n'interrompt ni ne corrompt la prière. Bien plus, selon eux, il est préférable de prier en état d'impureté majeure, en déféquant, en urinant et en pétant, car cela est plus éloigné de la prière des musulmans et des juifs. Tout cela est contraire à la prière du Christ. Le Christ récitait dans sa prière ce que les prophètes et les enfants d'Israël avant lui et à son époque récitaient : les paroles de Dieu, tirées de la Torah et du Psautier de David 251. Ces groupes de chrétiens ne disent dans leur prière que des paroles composées pour eux par ceux qui les dirigent et prient avec eux, ce qui ressemble à des lamentations et des chants. Ils disent : « Ceci est la messe 252 d'Untel », l'attribuant à ceux qui l'ont établie. Ils prient vers l'orient, alors que le Christ n'a prié, jusqu'à ce que Dieu le rappelle à Lui, que vers l'occident et vers Jérusalem 253. Avant lui, David et les prophètes, les enfants d'Israël, faisaient de même. Le Christ a été circoncis et a rendu la circoncision obligatoire, comme l'avaient fait avant lui Moïse, Aaron et les prophètes. Lui et ses compagnons n'ont jeûné, jusqu'à sa sortie de ce monde, que le jour où jeûnaient les enfants d'Israël. Quant aux cinquante jours que jeûnent les chrétiens 254, au jeûne de Ninive 255, et au jeûne des vierges 256, il n'a jamais jeûné aucun d'eux. Il n'a pas mangé pendant le jeûne ce qu'ils mangent, ni interdit ce qu'ils interdisent. Il n'a jamais pris le dimanche comme jour de fête, n'a jamais construit d'église, n'a jamais chômé le samedi une seule heure, n'a jamais mangé de porc, mais l'a interdit et a maudit ceux qui en mangent, comme l'avaient fait les prophètes avant lui. Les chrétiens prétendent qu'il a exorcisé Marie-Madeleine, chassant d'elle sept démons, et que les démons lui ont dit : « Où irons-nous ? » Il leur répondit : « Entrez dans cet animal impur », c'est-à-dire les porcs. Il a interdit les sacrifices de ceux qui ne sont pas du peuple du Livre 257 et a interdit de se marier avec eux. Il a suivi, en matière de mariage, de divorce, d'héritage et de peines légales 258, la voie des prophètes avant lui. Or, chez ces chrétiens, il n'y a absolument aucune peine pour celui qui commet l'adultère, la sodomie, la calomnie ou l'ivresse, ni châtiment dans ce monde ni dans l'au-delà. En résumé, le Christ est venu pour revivifier la Torah et l'établir. Il a dit : « Je suis venu à vous pour agir selon la Torah et les commandements des prophètes avant moi. Je ne suis pas venu pour détruire, mais pour accomplir. Il est plus facile pour Dieu que le ciel tombe sur la terre que de voir s'annuler quoi que ce soit de la loi de Moïse. Quiconque annule quoi que ce soit de cela sera appelé manquant dans le royaume des cieux. » Lui et ses compagnons sont restés ainsi jusqu'à sa sortie de ce monde. Il a dit à ses compagnons : « Agissez comme vous m'avez vu agir, recommandez aux gens ce que je vous ai recommandé, soyez avec eux comme j'étais avec vous, soyez pour eux comme j'étais pour vous. » Ses compagnons après lui sont restés sur cette voie, ainsi que ceux du premier siècle, puis ceux qui les ont suivis pendant longtemps. Ensuite, ils ont commencé à changer, à altérer, à innover dans la religion, à rechercher le pouvoir, à se rapprocher des gens en suivant leurs désirs, à lutter contre les juifs et à assouvir leur rancune, même si cela impliquait d'abandonner la religion. Cela est clair dans les Évangiles qu'ils possèdent et auxquels ils se réfèrent, ainsi que dans leur livre connu sous le nom de Livre d'Afrasiks 259. Celui-ci rapporte que des chrétiens sont sortis de Jérusalem et sont allés à Antioche et dans d'autres régions de Syrie ; ils ont appelé les gens à la pratique de la Torah, à l'interdiction des sacrifices de ceux qui n'en font pas partie, à la circoncision, à l'observance du sabbat, à l'interdiction du porc, et à tout ce que la Torah interdit. Cela a pesé sur les nations 260 et elles l'ont trouvé difficile. Les chrétiens se sont réunis à Jérusalem et ont délibéré sur la manière de manœuvrer pour que les nations leur répondent et leur obéissent. Leur avis a été de s'immiscer parmi les nations, de leur faire des concessions, de s'abaisser à leurs désirs, de ne pas les contredire, de se mêler à eux, de manger de leurs sacrifices, d'adopter leurs mœurs, et de les approuver dans ce qu'ils faisaient. Ils ont rédigé un livre à ce sujet. Paul a dit dans le livre qu'ils appellent « l'Apôtre » 261 : « Je leur ai dit : Jusqu'à quand judaïserez-vous les gens ? » Il a dit aussi dans « les Apôtres » 262 : « J'étais avec le Juif en tant que Juif, avec le Romain en tant que Romain, avec l'Araméen en tant qu'Araméen. » Ce Paul est, selon eux, plus grand que Moïse, Aaron, David et tous les prophètes. Lorsqu'on lit ses épîtres et ses paroles dans l'église, ils se lèvent par respect et vénération pour lui et ses paroles ; ils ne font pas cela pour la Torah, qui est pourtant, selon eux, la parole du Christ, qui l'a écrite pour Moïse et l'a envoyée à sa création, a fendu la mer pour lui et a transformé son bâton en serpent, ni pour les Évangiles qui contiennent la parole du Christ. Il dit aux Juifs : « La Torah est une bonne pratique pour celui qui l'observe », et il dit aux Romains et autres ennemis de Moïse et des prophètes : « La Torah excite les êtres humains, et si l'on supprime les lois de la Torah, la justice de Dieu est accomplie et sa grâce est parfaite. » Tout cela se trouve chez les chrétiens, et bien pire encore. Ils ont abandonné l'action du Christ selon la Torah et son ordre aux gens de la pratiquer. Vois comment les gens se dépouillent de l'application des lois des prophètes qu'ils prétendent suivre et en sortent. Réfléchis et sois sur tes gardes, car cette conduite est apparue dans cette communauté 263. Combien parmi eux ont abandonné les commandements du Prophète 264, rejeté sa Sunna 265 et délaissé son Livre, sous prétexte qu'il a été altéré et modifié ! Tel autre dit qu'il a un sens ésotérique différent de ce que disent les juristes et les savants, sans parler des autres sortes d'innovations 266 qui ont surgi dans l'islam et dont les adeptes, par leur nombre, ont vaincu les gens de la vérité, les traitant d'innovateurs, les insultant et les fuyant. C'est ainsi que les religions des prophètes, paix sur eux, se transforment et que la science meurt, comme l'a dit le Messager de Dieu 267 : « Dieu n'enlève pas la science en l'arrachant des poitrines des hommes, mais la science meurt avec la mort des savants. Quand les savants meurent, les gens prennent pour chefs des ignorants ; on les interroge, ils donnent des avis sans science, s'égarent et égarent les autres. » Ensuite, il y a ceux qui vivent de la religion et en font un métier. Dieu, le Puissant et le Glorieux, a dit : « Ô vous qui croyez, beaucoup de rabbins et de moines dévorent les biens des gens injustement et détournent du chemin de Dieu » 268. Voilà ces dévots et ces savants ; Dieu t'a fait connaître l'état de beaucoup d'entre eux. Qu'en est-il de celui qui n'est ni savant ni dévot ? Sois donc sur tes gardes, comme Dieu t'a mis en garde, et accepte la recommandation du Messager de Dieu. Sache que la religion du Christ et les religions des messagers, paix sur eux, n'ont pas changé et n'ont pas été altérées d'un seul coup, mais peu à peu, à chaque époque et à chaque instant, jusqu'à ce que leur altération soit complète. Les gens de la vérité n'ont cessé de diminuer et les gens du faux d'augmenter, jusqu'à ce qu'ils triomphent et que la vérité meure avec eux. Les compagnons du Christ, après lui, étaient avec les Juifs et les enfants d'Israël dans leurs synagogues, accomplissant leurs prières et leurs fêtes au même endroit, malgré leurs divergences au sujet du Christ. Les Romains les dominaient. Les chrétiens se plaignaient des Juifs aux rois romains, leur montrant leur faiblesse et implorant leur pitié, et ceux-ci avaient pitié d'eux. Cela se répéta, et les Romains leur dirent : « Entre nous et les Juifs, il y a un pacte de ne pas changer leurs religions. Si vous sortez de leur religion, vous séparez d'eux, priez vers l'orient comme nous, mangez ce que nous mangeons et tenez pour licite ce que nous tenons pour licite, nous vous soutiendrons et vous rendrons puissants. Les Juifs n'auront plus d'emprise sur vous, et vous deviendrez plus puissants qu'eux. » Ils répondirent : « Nous le ferons. » Les Romains dirent : « Allez donc chercher vos compagnons et votre Livre. » Ils amenèrent leurs compagnons et leur rapportèrent ce qui s'était passé entre eux et les Romains, en disant : « Apportez l'Évangile et levez-vous pour que nous allions vers eux. » Ceux-ci leur répondirent : « Vous avez mal agi. Il ne nous est pas permis de livrer l'Évangile aux Romains impurs, car vous êtes déjà sortis de la religion en amenant les Romains. Il ne nous est pas permis de vous fréquenter ; au contraire, nous devons nous désolidariser de vous et vous empêcher d'accéder à l'Évangile. » Une vive discorde éclata entre eux. Ceux-là retournèrent vers les Romains et leur dirent : « Aidez-nous contre nos compagnons, avant même les Juifs, et prenez pour nous notre Livre. » Les premiers se cachèrent des Romains et s'enfuirent à travers le pays. Les Romains écrivirent à leurs gouverneurs dans les régions de Mossoul et de la péninsule arabique pour les rechercher. Certains furent capturés et brûlés, d'autres tués. Ceux qui avaient répondu aux Romains se réunirent et délibérèrent sur ce qu'ils pourraient substituer à l'Évangile, puisqu'il leur avait échappé. Ils décidèrent de composer un Évangile. Ils dirent : « La Torah contient les généalogies des prophètes et les chronologies de leurs vies ; construisons l'Évangile sur ce modèle, et que chacun de nous rapporte ce qu'il a retenu des paroles de l'Évangile et de ce que les chrétiens ont rapporté du Christ. » Un groupe écrivit un Évangile. Puis d'autres vinrent après eux et écrivirent un Évangile, et plusieurs Évangiles furent écrits. Une grande partie de ce qui se trouvait dans l'original fut perdue. Parmi eux, il y avait des individus qui connaissaient beaucoup de choses de l'Évangile authentique, mais ils les turent pour préserver leur autorité. Il n'y était pas question de la croix ni de la crucifixion. Ils prétendent qu'il y avait quatre-vingts Évangiles, mais ils n'ont cessé de diminuer et d'être abrégés jusqu'à ce qu'il n'en reste que quatre Évangiles, rédigés par quatre personnes, chacun ayant composé un Évangile à son époque. Celui qui venait après trouvait le précédent insuffisant et en composait un qu'il jugeait plus correct et plus proche de la vérité. Or, aucun de ces Évangiles n'est dans la langue du Christ, celle qu'il parlait avec ses compagnons, à savoir l'hébreu, la langue d'Abraham, le Patriarche 269, et de tous les prophètes. C'est dans cette langue qu'ils ont parlé, que les Livres de Dieu sont descendus sur eux et sur les autres enfants d'Israël, et que Dieu s'est adressé à eux. Ces gens l'ont abandonnée. Les savants leur ont dit : « Malheur à vous, communauté chrétienne ! Vous avez délaissé la langue hébraïque, qui est la langue du Christ et des prophètes avant lui, pour d'autres langues, au point qu'aucun chrétien ne récite ces Évangiles dans aucune de ses obligations religieuses en hébreu, par ruse, stratagème et pour éviter le déshonneur. » Les gens leur dirent : « Ce changement n'a eu lieu que parce que vos prédécesseurs voulaient introduire des ambiguïtés dans les doctrines, dissimuler les mensonges qu'ils ont inventés, cacher leurs manœuvres pour obtenir le pouvoir, et parce que les hébréophones étaient les gens du Livre et les savants de cette époque. Ces individus ont changé la langue, l'ont complètement abandonnée, afin que les savants ne comprennent pas leur doctrine et leur intention, et qu'ils ne soient pas démasqués avant que leur doctrine ne soit établie et ne réussisse. Ils sont donc passés à de nombreuses langues que le Christ et ses compagnons ne parlaient pas, et dont les locuteurs ne sont pas des gens du Livre et n'ont aucune connaissance des Livres de Dieu et de Ses lois, comme les Romains, les Syriaques, les Perses, les Indiens, les Arméniens et autres non-Arabes 270. Ce fut une tromperie et un stratagème pour cacher leur honte et atteindre leur but de domination, de la part de ce petit groupe qui recherchait le pouvoir par la religion. Sans cela, ils auraient conservé la langue d'Abraham, de ses descendants et du Christ, par qui la preuve a été établie et à qui les Livres ont été révélés. Cela aurait été plus approprié pour établir l'argument contre les enfants d'Israël et les Juifs mécréants, s'ils avaient plaidé dans leur langue et été confrontés dans leur propre langue, qu'ils ne peuvent réfuter. Reconnais donc cela, car c'est un principe fondamental.

Sache, qu'Allah te fasse miséricorde, que ces trois sectes de chrétiens ne croient pas qu'Allah ait fait descendre sur le Christ un Évangile ou un Livre d'aucune manière. Au contraire, selon eux, le Christ a créé les prophètes, a fait descendre sur eux les Livres et leur a envoyé les anges. Ils ne possèdent que quatre Évangiles 271 de quatre personnes, chacun ayant écrit son Évangile en son temps ; celui qui venait après n'agréait pas l'Évangile d'un autre, et son propre Évangile était plus digne. Ils s'accordent sur certains points et divergent sur d'autres ; certains contiennent ce que d'autres n'ont pas. Ce sont des récits de gens, hommes et femmes, parmi les Juifs, les Romains et autres, disant qu'ils ont dit ceci et fait cela. Ils contiennent beaucoup d'absurdités, de mensonges évidents et de contradictions flagrantes. Les gens les ont examinés et en ont fait l'objet d'études ; quiconque les lit avec attention le reconnaît. Ils contiennent peu de paroles du Christ, de ses recommandations et de ses récits. L'un de ces Évangiles a été composé par Jean, un autre par Matthieu ; puis Marc vint après eux et n'agréa pas leurs deux Évangiles ; puis Luc vint après eux et n'agréa pas ces Évangiles, et composa un autre Évangile. Chacun d'eux estimait que son prédécesseur, qui avait composé un Évangile, avait retenu certaines choses et en avait omis d'autres, et qu'un autre était plus savant et plus précis. Si celui qui l'avait précédé avait retenu et visé juste, il n'aurait pas eu besoin de composer un autre Évangile différent de celui de son compagnon. Aucun de ces Évangiles n'est un commentaire de l'autre, comme celui qui vient après commente le livre de celui qui l'a précédé, en rapportant ses paroles textuellement puis en les expliquant. Sache cela : il n'a composé le sien que parce que l'autre avait été insuffisant. Selon ces sectes de chrétiens, ces quatre hommes sont les compagnons du Christ et ses disciples ; mais ils ne savent pas qui ils sont et n'ont pour cela que de simples prétentions. Luc a même mentionné dans son Évangile qu'il n'a pas vu le Christ. S'adressant à celui pour qui il a composé son Évangile, Luc dit : « J'ai connu ton désir de bien, de science et de culture ; j'ai donc composé cet Évangile parce que j'étais proche de ceux qui ont servi la Parole et l'ont vue 272. » Ainsi, avant toute chose, il déclare clairement qu'il n'a pas vu la Parole – ils entendent par « Parole » le Christ – puis il prétend avoir vu ceux qui ont vu le Christ. Il n'y a là qu'une prétention d'avoir vu ces gens ; même s'il était digne de confiance, on ne saurait rien par son récit. De plus, il a mentionné que son Évangile est plus digne que celui d'un autre. Si les chrétiens réfléchissaient, ils sauraient qu'ils ne tiennent rien de ces Évangiles qu'ils possèdent, et qu'ils n'ont aucune science de ce que leurs auteurs prétendent.


  1. Sourate 38, verset 5 : Référence coranique : Sourate 38 (Ṣād), verset 5, paroles des mécréants.
  2. Sourate 38, verset 11 : Référence coranique : Sourate 38 (Ṣād), verset 11.
  3. Sourate 54 : Sourate 54 (al-Qamar), dont le premier verset est «L'Heure s'est approchée».
  4. Sourate 54, versets 43-45 : Référence coranique : Sourate 54 (al-Qamar), versets 43 à 45.
  5. Sourate 43, versets 43-44 : Référence coranique : Sourate 43 (al-Zukhruf), versets 43-44.
  6. Sourate 43, verset 44 : Suite du verset 44 de la sourate 43 : «Et vous serez interrogés».
  7. Sourate 38, verset 67-68 : Référence coranique : Sourate 38 (Ṣād), versets 67-68.
  8. Sourate 93, versets 6-7 : Référence coranique : Sourate 93 (al-Ḍuḥā), versets 6-7.
  9. Sourate 94, versets 1-4 : Référence coranique : Sourate 94 (al-Sharḥ), versets 1-4.
  10. Sourate 17, verset 88 : Référence coranique : Sourate 17 (al-Isrā'), verset 88.
  11. al-Misbâh : Ouvrage de l'auteur, probablement une référence à son propre livre intitulé «al-Misbâḥ fī uṣūl al-dīn» ou similaire.
  12. Sourate 25, verset 5 : Référence coranique : Sourate 25 (al-Furqān), verset 5.
  13. Sourate 25, verset 4 : Référence coranique : Sourate 25 (al-Furqān), verset 4.
  14. Sourate 11, verset 49 : Référence coranique : Sourate 11 (Hūd), verset 49.
  15. al-ghayb : L'invisible, le monde caché que seuls Dieu et Ses prophètes connaissent par révélation.
  16. Sourate Yûsuf 12:102 : Référence coranique.
  17. dhikr : Rappel, avertissement, ou mention de Dieu.
  18. Sourate Yûsuf 12:103-105 : Référence coranique.
  19. Sourate al-‘Ankabût 29:48 : Référence coranique.
  20. Sourate Yûsuf 12:3 : Référence coranique.
  21. ûlî al-albâb : Ceux qui sont doués d'intelligence, de discernement spirituel.
  22. Sourate Yûsuf 12:111 : Référence coranique.
  23. al-jânib al-gharbî : Le côté ouest du mont Sinaï, où Moïse reçut la révélation.
  24. Sourate al-Qasas 28:44 : Référence coranique.
  25. Madyan : Madian, région où Moïse séjourna après avoir fui l'Égypte.
  26. al-Tûr : Le mont Sinaï, où Dieu parla à Moïse.
  27. Sourate al-Qasas 28:45-46 : Référence coranique.
  28. al-ṣuḥuf al-ûlâ : Les premières Écritures, les livres révélés avant le Coran.
  29. Sourate Tâ-Hâ 20:133 : Référence coranique.
  30. Ibn ar-Râwandî : Théologien et hérétique musulman du IXe siècle, connu pour ses critiques de l'islam.
  31. Ash‘arites : École théologique sunnite fondée par Abû al-Hasan al-Ash‘arî, mettant l'accent sur la raison et la révélation.
  32. Râfidites : Terme péjoratif désignant les chiites duodécimains, qui 'rejettent' la légitimité des premiers califes.
  33. zindîq : Hérétique, souvent manichéen ou libre-penseur, accusé de dualisme ou d'athéisme.
  34. mushabbiha : Anthropomorphistes, ceux qui attribuent à Dieu des attributs humains de manière littérale.
  35. jabariyya : Jabarites, partisans du fatalisme absolu, niant le libre arbitre humain.
  36. Melkites : Chrétiens byzantins orthodoxes, suivant le concile de Chalcédoine.
  37. Jacobites : Chrétiens monophysites syriaques, suivant Jacques Baradée.
  38. Nestoriens : Chrétiens suivant Nestorius, mettant l'accent sur les deux natures du Christ.
  39. aqânîm : Hypostases, les trois personnes de la Trinité dans la théologie chrétienne.
  40. qurbân : Offrande, sacrifice ; dans le christianisme, l'Eucharistie.
  41. tashbîḥ al-îmân : Symbole de la foi, le Credo.
  42. Nîqîya : Nicée, ville d'Asie Mineure où eut lieu le premier concile œcuménique en 325.
  43. Qusṭanṭânûs ibn Fîlâṭus : Constantin, fils de Pilate ; confusion historique : Constantin Ier, dont la mère était Hélène, et Ponce Pilate n'ont aucun lien.
  44. Hélène la Harranienne : Sainte Hélène, mère de Constantin, originaire de Drepanum (Hélénopolis) ; 'Harranienne' pourrait être une erreur pour 'Hélénopolitaine'.
  45. sanehûdus : Synode, concile ecclésiastique.
  46. sulayḥiyya : Apostolique, relative aux apôtres.
  47. jâthulîqiyya : Catholique, universelle.
  48. Fils de Dieu : Terme chrétien désignant Jésus-Christ comme la deuxième personne de la Trinité, engendré du Père avant tous les siècles.
  49. nos trois communautés : Les trois principales confessions chrétiennes : melkite, jacobite et nestorienne.
  50. de la substance de son Père : Référence au credo de Nicée-Constantinople : 'Dieu vrai de Dieu vrai, engendré non créé, consubstantiel au Père'.
  51. unicité : Tawḥīd en arabe, concept islamique de l'unicité absolue de Dieu.
  52. Pères et docteurs : Les Pères de l'Église et les docteurs de la foi, autorités théologiques chrétiennes.
  53. Le Fils de l'homme est le Seigneur du sabbat : Parole attribuée à Jésus dans les Évangiles (Mc 2,28 ; Mt 12,8 ; Lc 6,5).
  54. Je suis en mon Père et mon Père est en moi : Parole de Jésus dans l'Évangile de Jean (Jn 14,10-11).
  55. Nul ne connaît le Père sinon le Fils... : Parole de Jésus dans l'Évangile de Matthieu (Mt 11,27) et Luc (Lc 10,22).
  56. Tu es Dieu en moi et je suis en toi : Parole attribuée à Jésus, non littérale dans les Évangiles canoniques ; peut-être une paraphrase de Jn 17,21.
  57. Je suis en mon Père, et mon Père est en moi : Jn 14,11.
  58. Je suis avant Abraham, et j'ai vu Abraham... : Parole de Jésus dans Jn 8,58 : 'Avant qu'Abraham fût, je suis'.
  59. J'ai pétri la glaise d'Adam... : Parole apocryphe attribuée à Jésus, non présente dans les Évangiles canoniques.
  60. melkites : Chrétiens byzantins (orthodoxes) qui suivent le concile de Chalcédoine.
  61. jacobites : Chrétiens monophysites (syriaques orthodoxes) suivant Jacques Baradée.
  62. nestoriens : Chrétiens suivant Nestorius, mettant l'accent sur les deux natures du Christ.
  63. Venez et voyez le Dieu giflé... : Parole attribuée aux Pères de l'Église, soulignant l'humiliation du Christ.
  64. synode : Assemblée d'évêques et de docteurs pour définir la doctrine.
  65. Symbole de la foi : Le Credo, en particulier le Symbole de Nicée-Constantinople.
  66. mazdéens : Zoroastriens, adeptes du mazdéisme, religion dualiste de la Perse antique.
  67. Coptes : Chrétiens d'Égypte, mais ici désigne peut-être les anciens Égyptiens païens.
  68. manichéens : Adeptes du manichéisme, religion dualiste fondée par Mani.
  69. zindīqs : Terme désignant les hérétiques, souvent les manichéens ou les dualistes.
  70. budd : Bouddha, ou les idoles des Indiens.
  71. al-Miṣbāḥ : Ouvrage de l'auteur, probablement 'Le Flambeau' (al-Miṣbāḥ fī l-uṣūl).
  72. gens des innovations : Ahl al-bida‘, ceux qui introduisent des innovations religieuses blâmables.
  73. zandaqa : Hérésie, impiété, souvent associée au manichéisme.
  74. ignorance : Jāhiliyya, l'époque préislamique d'ignorance.
  75. al-Aḥsā' : Région de l'est de l'Arabie, centre des Qarmates.
  76. Qarmates : Secte ismaélienne extrémiste, active aux IXe-Xe siècles.
  77. Bāṭiniyya : Sectes ésotériques, souvent ismaéliennes, qui interprètent allégoriquement le Coran.
  78. Zakarawayh al-Iṣfahānī le mazdéen : Personnage probablement légendaire, présenté comme une divinité par les Qarmates.
  79. Abū l-Qāsim al-Ḥasan b. Ḥawshab... : Missionnaire ismaélien, fondateur de la da‘wa au Yémen (IXe siècle).
  80. Lā‘a : Région montagneuse du Yémen.
  81. al-Jand : Ville du Yémen, ancienne capitale du Hadramaout.
  82. femmes alides : Femmes descendantes d'Ali, gendre du Prophète.
  83. shī‘ites : Partisans d'Ali, branche de l'islam.
  84. Mahdī : Le guide attendu dans l'eschatologie islamique.
  85. Raqqāda : Ville du Maghreb, près de Kairouan.
  86. Abū Yazīd Makhlad b. Kaddād : Chef berbère kharijite, connu comme 'l'homme à l'âne', qui combattit les Fatimides.
  87. al-Aṣfar : Surnom d'un chef qarmate, peut-être Abū Ṭāhir al-Jannābī.
  88. Daylamites : Peuple du nord de l'Iran, souvent mercenaires.
  89. matérialistes : Dahriyya, ceux qui croient en l'éternité du monde et nient Dieu.
  90. al-Ṣallā Allāhu ʿalayhi wa-sallam : Formule de bénédiction sur le Prophète Muhammad, signifiant 'que la prière et la paix d'Allah soient sur lui'.
  91. al-Asbāṭ : Les Tribus d'Israël, descendants des douze fils de Jacob.
  92. al-Qidam : La préséance éternelle, l'antériorité absolue attribuée à Dieu seul.
  93. al-Ṣābiʾīn : Les sabéens, groupe religieux souvent identifié aux mandéens ou aux adorateurs des astres.
  94. Ḥarrān : Ville antique de Mésopotamie, centre de cultes astraux.
  95. ummī : Illettré, sans instruction humaine, signe de la révélation divine.
  96. manqūlan : Transmis par tradition orale ou écrite.
  97. Coran 43:45 : Sourate al-Zukhruf, verset 45.
  98. al-uṣūl : Les principes fondamentaux de la religion, comme la croyance en Dieu.
  99. al-furūʿ : Les branches, c'est-à-dire les prescriptions pratiques dérivées.
  100. al-Nasṭūriyya : Nestoriens, secte chrétienne mettant l'accent sur les deux natures du Christ.
  101. tasbīḥat al-īmān : Le Trisagion, hymne liturgique 'Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel'.
  102. tasbīḥat al-qurbān : Hymne de l'offrande eucharistique.
  103. shirk : Association d'autres divinités à Dieu, péché majeur en islam.
  104. Jean 17:3 : Évangile selon Jean, chapitre 17, verset 3.
  105. Jean 8:40 : Évangile selon Jean, chapitre 8, verset 40.
  106. Jean 6:38 : Évangile selon Jean, chapitre 6, verset 38.
  107. Jean 14:24 : Évangile selon Jean, chapitre 14, verset 24.
  108. Matthieu 20:28 : Évangile selon Matthieu, chapitre 20, verset 28.
  109. Jean 5:22 : Évangile selon Jean, chapitre 5, verset 22.
  110. Jean 17:6-8 : Évangile selon Jean, chapitre 17, versets 6-8.
  111. Jean 3:16-17 : Évangile selon Jean, chapitre 3, versets 16-17.
  112. Jean 5:36 : Évangile selon Jean, chapitre 5, verset 36.
  113. Jean 8:28 : Évangile selon Jean, chapitre 8, verset 28.
  114. Luc 4:18 : Évangile selon Luc, chapitre 4, verset 18.
  115. Matthieu 24:36 : Évangile selon Matthieu, chapitre 24, verset 36.
  116. Jean 1:18 : Évangile selon Jean, chapitre 1, verset 18.
  117. Matthieu 19:17 : Évangile selon Matthieu, chapitre 19, verset 17.
  118. Luc 12:13-14 : Évangile selon Luc, chapitre 12, versets 13-14.
  119. Yā Īl : Transcription de l'hébreu 'El', nom de Dieu.
  120. Jean 11:41-42 : Évangile selon Jean, chapitre 11, versets 41-42.
  121. Matthieu 26:39 : Évangile selon Matthieu, chapitre 26, verset 39.
  122. Luc 22:44 : Évangile selon Luc, chapitre 22, verset 44.
  123. Matthieu 28:19 : Évangile selon Matthieu, chapitre 28, verset 19.
  124. Jean 8:58 : Évangile selon Jean, chapitre 8, verset 58.
  125. Mānī al-Qiss : Mani, fondateur du manichéisme, considéré comme un prêtre.
  126. ṣūratinā wa-mithlinā : Expression coranique (Sourate 38, verset 71) signifiant 'Notre image et Notre ressemblance', utilisée par les chrétiens pour justifier la Trinité.
  127. laylati l-qadri : La nuit du Destin, mentionnée dans le Coran (Sourate 97, verset 1), où le Coran a été révélé.
  128. rabbi l-mashāriqi wa-l-maghāribi : Expression coranique (Sourate 70, verset 40) signifiant 'Seigneur des levers et des couchers'.
  129. wālidin wa-mā walada : Expression coranique (Sourate 90, verset 3) signifiant 'Par le père et ce qu'il engendre'.
  130. kalimatuhu alqāhā ilā maryama wa-rūḥun minhu : Parole coranique (Sourate 4, verset 171) décrivant Jésus comme la Parole de Dieu et un esprit venant de Lui.
  131. tasbīḥatu l-īmāni : La prière de la foi, probablement le Symbole de Nicée-Constantinople.
  132. tasbīḥatu l-qurbāni : La prière de l'offrande, probablement la liturgie eucharistique.
  133. ṣiyāmu l-khamsīna : Le jeûne de la Pentecôte, période de 50 jours après Pâques.
  134. ibnu l-bashari rabbu s-sabti : Parole évangélique (Marc 2:28) : 'Le Fils de l'homme est le Seigneur du Sabbat'.
  135. innī qabla ibrāhīma : Parole évangélique (Jean 8:58) : 'Avant qu'Abraham fût, je suis'.
  136. annī bi-abī wa-abī bī : Parole évangélique (Jean 10:30) : 'Moi et le Père, nous sommes un'.
  137. mūsā ilāhu fir‘awna wa-ilāhu hārūna : Référence à Exode 7:1 où Dieu dit à Moïse : 'Je te fais dieu pour Pharaon'.
  138. hārūnu rasūlu mūsā ilā fir‘awna : Référence à Exode 4:16 où Aaron est le porte-parole de Moïse.
  139. al-‘azīzu rabbuhum : Référence à Genèse 45:8 où Joseph dit : 'Ce n'est pas vous qui m'avez envoyé ici, mais Dieu'.
  140. al-munajjimūn : Astrologues, ceux qui pratiquent l'astrologie.
  141. fa-naẓara naẓratan fī n-nujūmi fa-qāla innī saqīmun : Coran, Sourate 37, versets 88-89 : Abraham regarde les étoiles et dit qu'il est malade.
  142. fī yawmi naḥsin mustamirrin : Coran, Sourate 54, verset 19 : 'En un jour néfaste et continu'.
  143. fī ayyāmin naḥisātin : Coran, Sourate 41, verset 16 : 'En des jours néfastes'.
  144. malakun mu‘arribun : Un roi interprète, peut-être un ange ou un roi qui interprète les rêves.
  145. al-bāṭiniyya : Les Bâtinites, secte ésotérique qui cherche un sens caché (bāṭin) aux textes religieux.
  146. ṣalawāt : Prière rituelle islamique.
  147. hishām ibn al-ḥakam : Hicham ibn al-Hakam, théologien chiite du VIIIe siècle, connu pour ses vues sur la connaissance divine.
  148. wa-la-nabluwannakum ḥattā na‘lama l-mujāhidīna minkum wa-ṣ-ṣābirīna : Coran, Sourate 47, verset 31 : 'Nous vous éprouverons jusqu'à ce que Nous sachions qui parmi vous sont les combattants et les endurants'.
  149. amarnā mutrafīhā fa-fasaqū fīhā : Coran, Sourate 17, verset 16 : 'Nous avons ordonné à ses gens aisés, et ils ont perversi en elle'.
  150. al-mānāniyya : Les manichéens, adeptes du manichéisme, religion dualiste fondée par Mani.
  151. anā adhhabu ilā abī wa-abīkum wa-rabbī wa-rabbikum : Parole évangélique (Jean 20:17) : 'Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu'.
  152. isrā’īlu ibnī wa-bikrī : Exode 4:22 : 'Israël est mon fils premier-né'.
  153. awlāduhu abnā’ī : Référence à Deutéronome 14:1 : 'Vous êtes les fils de l'Éternel, votre Dieu'.
  154. allāhu abū jamī‘i l-‘ālami : Référence à Ésaïe 64:8 : 'Tu es notre Père'.
  155. ṭūbā lakum ma‘shara l-muṣliḥīna bayna n-nāsi fa-innakum tusammūna abnā’a llāhi : Parole évangélique (Matthieu 5:9) : 'Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu'.
  156. abākumu s-samāwiyyu wāḥidun fardun : Référence à Matthieu 23:9 : 'Un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux'.
  157. yā abānā alladhī fī s-samā’i ... : Le Notre Père, prière chrétienne (Matthieu 6:9-13).
  158. law kuntum abnā’a ibrāhīma la-ajabtumūnī fa-innī ibnu ibrāhīma : Parole évangélique (Jean 8:39) : 'Si vous étiez enfants d'Abraham, vous feriez les œuvres d'Abraham'.
  159. ar-rūḥu nafsuhā tashhadu li-arwāḥinā annā abnā’u llāhi : Romains 8:16 : 'L'Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu'.
  160. abnā’u sh-shayāṭīni : Référence à Matthieu 13:38 : 'Les enfants du malin'.
  161. al-jāthlīq : Le catholicos, titre du chef de l'Église nestorienne.
  162. innī waladtuka qabla an akhluqa kawkaba ṣ-ṣubḥi : Référence au Psaume 110:3 ou à la liturgie chrétienne : 'Je t'ai engendré avant l'aurore'.
  163. يَقْفِدُونَهُ : Le frapper par derrière, le pousser.
  164. سخرية منه : Se moquer de lui.
  165. فغبّ فيه : Il but une gorgée.
  166. جمعة جشا : Vendredi de la Passion, probablement du syriaque ou de l'araméen.
  167. ونزلوا به ودفنوه : Ils le descendirent (de la croix) et l'enterrèrent.
  168. الجمهور : La multitude, la grande foule.
  169. صاحبكم : Votre compagnon, c'est-à-dire le Prophète Muhammad.
  170. هذا رجل متكلف : Cet homme qui s'est imposé une tâche difficile, c'est-à-dire le Prophète.
  171. وما قتلوه يقينا : Ils ne l'ont pas tué avec certitude.
  172. بل رفعه الله إليه : Mais Dieu l'a élevé vers Lui.
  173. الرافضة : Les Rafidites, terme désignant les chiites qui rejettent les premiers califes.
  174. ذهبتم عنه : Vous vous en êtes écartés, vous l'avez abandonné.
  175. ادعينا : Nous avons prétendu, affirmé sans preuve.
  176. الملحدة : Les mécréants, les athées ou les hérétiques qui s'écartent de la religion.
  177. الجزية : La capitation, impôt perçu sur les non-musulmans (dhimmis) en échange de leur protection.
  178. امير المؤمنين : Commandeur des croyants, titre du calife. Ici, il s'agit de ʿAlī ibn Abī Ṭālib.
  179. صلى الله عليه : Formule de bénédiction sur le Prophète, signifiant 'que Dieu prie sur lui'.
  180. العشرة : Les dix compagnons promis au Paradis, selon la tradition sunnite.
  181. اهل الشجرة : Les gens de l'arbre, faisant référence au serment d'allégeance sous l'arbre (Bayʿat al-Riḍwān) à Hudaybiyya.
  182. اهل الشورى : Les membres du conseil (shūrā) désignés par ʿUmar pour élire le calife après lui.
  183. المهاجرين : Les Émigrés, les premiers musulmans qui ont émigré de La Mecque à Médine.
  184. الانصار : Les Auxiliaires, les habitants de Médine qui ont accueilli et soutenu le Prophète.
  185. الطلقاء : Les affranchis, désignant les Qurayshites qui ont embrassé l'islam après la conquête de La Mecque.
  186. الزنادقة : Zindīqs, terme désignant les hérétiques, souvent les manichéens ou ceux qui professent des croyances dualistes.
  187. ابو سعيد الحسن بن بهرام الجنابي : Abū Saʿīd al-Ḥasan ibn Bahrām al-Jannābī, fondateur de l'État qarmate à Bahreïn (IXe-Xe siècle).
  188. ابو الحسين محمد بن الفضل : Abū al-Ḥusayn Muḥammad ibn al-Faḍl, chef ismaélien au Yémen au Xe siècle.
  189. عبيد الله المهدي : ʿUbayd Allāh al-Mahdī, fondateur de la dynastie fatimide au Maghreb (début Xe siècle).
  190. التشيع : Le chiisme, ici utilisé dans le sens de sympathie pour la famille du Prophète (Ahl al-Bayt).
  191. استنجوا بالمصاحف : Ils se sont essuyés avec les exemplaires du Coran, acte de profanation extrême.
  192. العلويات : Les femmes alides, descendantes de ʿAlī ibn Abī Ṭālib.
  193. قرامطة : Qarmates, secte ismaélienne radicale qui a établi un État à Bahreïn et attaqué La Mecque en 930.
  194. التابعون : Les successeurs, génération suivant celle des compagnons du Prophète.
  195. المعتزلة : Les muʿtazilites, école théologique rationaliste de l'islam.
  196. اصحاب الحديث : Les traditionalistes, partisans de la tradition prophétique (ḥadīth).
  197. المرجئة : Les murji'ites, école théologique qui reporte le jugement sur les pécheurs à Dieu.
  198. الخوارج : Les kharijites, secte dissidente ayant combattu ʿAlī.
  199. السلف : Les prédécesseurs, les premières générations de musulmans (compagnons et successeurs).
  200. الرافضة : Les rāfiḍites, terme péjoratif désignant les chiites qui rejettent les premiers califes.
  201. قدمنا : Nous avons mentionné précédemment.
  202. ahl al-shūrā : Les membres du conseil de consultation désignés par 'Umar pour choisir le calife après lui.
  203. Qarāmiṭa : Secte ismaélienne extrémiste des premiers siècles de l'islam, connue pour ses interprétations ésotériques et ses actions violentes.
  204. Coran 3:97 : Référence au verset sur la sécurité de celui qui entre dans la Mosquée sacrée.
  205. Coran 2:228 : Verset sur la période d'attente des femmes divorcées.
  206. Coran 2:233 : Verset sur l'allaitement des enfants par les mères.
  207. bāṭiniyya : Courants ésotériques de l'islam, notamment ismaéliens, qui recherchent un sens caché (bāṭin) des textes sacrés.
  208. Coran 2:191 : Verset autorisant le combat près de la Mosquée sacrée en cas d'agression.
  209. Coran 2:217 : Verset sur la gravité de la guerre pendant le mois sacré.
  210. zanādiqa : Terme désignant les hérétiques ou les mécréants, souvent utilisé pour les manichéens ou les dualistes.
  211. Coran 46:9 : Verset où le Prophète dit ne pas savoir ce qui sera fait de lui et des croyants.
  212. Coran 10:94 : Verset invitant le Prophète à interroger les gens du Livre en cas de doute.
  213. Coran 3:144 : Verset sur la possibilité que les compagnons retournent sur leurs pas si le Prophète meurt ou est tué.
  214. Coran 21:34 : Verset affirmant que nul avant le Prophète n'a été immortel.
  215. mubtadi'a : Innovateurs en matière religieuse, ceux qui introduisent des croyances ou pratiques nouvelles non conformes à la tradition.
  216. tashbīh : Anthropomorphisme, attribution de caractéristiques humaines à Dieu.
  217. rajama : Lapidation, ici utilisé de manière figurée pour exprimer la réprobation ou la condamnation.
  218. mabṭakha wa-mabqala : Lieu planté de pastèques et de légumes, indiquant un endroit banal, peut-être un jardin ou un champ.
  219. ma 'arafūhu : Ils ne l'ont pas reconnu, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas reconnu le Messie.
  220. alladhī dalla 'alayhi : Celui qui l'a dénoncé, c'est-à-dire Judas Iscariote.
  221. nabiyy : Prophète.
  222. Yahūdhā Sarkhūṭā : Judas Iscariote, l'apôtre qui a trahi Jésus.
  223. Sham'un : Simon, probablement Simon le Pharisien ou Simon Pierre.
  224. al-fuqarā' : Les pauvres.
  225. Yasū' ibn Maryam : Jésus, fils de Marie.
  226. Yūḥannā al-Ṣā'iġ : Jean le Baptiste, littéralement 'Jean l'orfèvre' ou 'Jean le plongeur'.
  227. an yaqūlū : Qu'ils disent.
  228. Būluṣ al-Yahūdī : Paul le Juif, c'est-à-dire l'apôtre Paul.
  229. Jūrjis : Georges, probablement saint Georges.
  230. al-Abā Marqus : Abba Marc, c'est-à-dire saint Marc.
  231. al-jamā'a : La foule, l'assemblée.
  232. lā ya'kulu wa lā yashrabu : Il ne mange ni ne boit, référence à Jean le Baptiste.
  233. marra : Il passa, c'est-à-dire Jésus passa.
  234. A anta qulta li-l-nāsi ittakhidhūnī wa-ummī ilāhayni min dūni llāh : Coran, Sourate 5:116 : 'Est-ce toi qui as dit aux gens : "Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors de Dieu" ?'
  235. Wa mā tilka bi-yamīnika yā Mūsā : Coran, Sourate 20:17 : 'Qu'est-ce que tu as dans ta main droite, ô Moïse ?'
  236. Mā mana'aka allā tasjuda idh amartuka : Coran, Sourate 7:12 : 'Qu'est-ce qui t'a empêché de te prosterner quand Je te l'ai ordonné ?'
  237. ṣafat : Elle s'est purifiée, ou elle est devenue pure, au sens de conception virginale.
  238. sinkhuhu : Son espèce, sa nature.
  239. nīrān : Feu, au sens de groupe ardent ou de controverse.
  240. kutub al-bay'a : Les livres de l'Église, c'est-à-dire les textes liturgiques ou canoniques.
  241. al-Muṣayyar : Masira, une localité en Irak ou en Syrie.
  242. Ittakhadhū aḥbārahum wa ruhbānahum arbāban min dūni llāh : Coran, Sourate 9:31 : 'Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines pour seigneurs en dehors de Dieu.'
  243. al-khamīṣa : Un vêtement rayé ou une étoffe précieuse.
  244. al-nuṣūṣ : Les textes, c'est-à-dire les versets coraniques.
  245. khabar wa naṣṣ : Un récit et un texte, c'est-à-dire une tradition et un verset.
  246. taḥaẓẓāhā : Il l'a prise comme épouse, littéralement 'il l'a choisie pour lui-même'.
  247. al-Ma'ūna : Le livre 'al-Ma'ouna' d'Ibn al-Akhshid, un théologien mu'tazilite.
  248. ghusl al-janāba : Lavage rituel complet après un rapport sexuel ou une éjaculation.
  249. istinjā' : Nettoyage des parties intimes après avoir satisfait les besoins naturels.
  250. junub : État d'impureté majeure nécessitant le bain rituel.
  251. Zabūr Dāwūd : Le Psautier de David, livre de psaumes.
  252. qaddās : Messe ou liturgie eucharistique dans le christianisme oriental.
  253. Bayt al-Maqdis : Jérusalem, la ville sainte.
  254. al-khamsūn yawman : Les cinquante jours de jeûne du Carême précédant Pâques.
  255. Ṣawm Nīnawī : Jeûne de Ninive, observé par certaines Églises orientales.
  256. Ṣawm al-'Adhārā : Jeûne des vierges, peut-être une référence à un jeûne spécifique.
  257. ahl al-kitāb : Gens du Livre, désignant les juifs et les chrétiens.
  258. ḥudūd : Peines légales fixes prescrites par la loi islamique.
  259. Kitāb Afrāsīks : Livre d'Afrasiks, peut-être une référence à un apocryphe ou à un écrit hétérodoxe.
  260. al-umam : Les nations, désignant les non-juifs (gentils).
  261. al-Salīḥ : L'Apôtre, titre donné à Paul ou à ses épîtres.
  262. al-Salīḥayn : Les deux Apôtres, peut-être une référence aux Actes des Apôtres.
  263. hādhihi al-umma : Cette communauté, désignant la communauté musulmane.
  264. al-nabī : Le Prophète, désignant Mahomet.
  265. sunna : Tradition prophétique, ensemble des paroles et actes de Mahomet.
  266. bida' : Innovations religieuses blâmables.
  267. Rasūl Allāh : Le Messager de Dieu, Mahomet.
  268. Sūrat al-Tawba : Sourate 9, verset 34 du Coran.
  269. al-Khalīl : Le Patriarche, Abraham.
  270. al-a'ājim : Non-Arabes, étrangers.
  271. Anājīl : Pluriel d'Injīl (Évangile) ; désigne les quatre Évangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc, Jean) selon la tradition chrétienne.
  272. al-Kalima : La Parole (Logos) ; terme utilisé par les chrétiens pour désigner le Christ, en référence au Prologue de l'Évangile de Jean.

La première partie

Et ceux qui les ont inventées 1. L'affaire est comme nous l'avons mentionné. C'est une chose connue et mentionnée dans leur abandon de la religion du Christ pour les doctrines des Romains, leur tromperie et leur hâte à tirer profit de leur autorité et de leurs richesses. Ce Paul était un Juif malveillant, mauvais, actif dans le mal, assistant les méchants, semant les troubles, cherchant la préséance et le pouvoir, usant de ruse en toute manière. On l'appelait, alors qu'il était juif, Saul, et il aidait contre les chrétiens. Puis il quitta Jérusalem et disparut longtemps, puis revint à Jérusalem et se mit à aider les chrétiens contre les Juifs, leur disant : « Dites ceci, faites cela, séparez-vous d'eux et rapprochez-vous des nations qui sont ennemies des Juifs. » Les Juifs lui dirent : « Comment es-tu devenu chrétien et qu'est-ce qui t'a amené ici ? » Il dit : « Dieu, béni et exalté soit-Il, m'a appelé à cela. Voici mon histoire : je suis sorti de Jérusalem pour aller à Damas, la nuit m'a surpris dans ses ténèbres, un grand vent m'a effrayé, ma vue s'est éteinte, et le Seigneur m'a appelé en disant : 'Ô Saul, pourquoi frappes-tu les frères et fais-tu du mal aux compagnons de mon Fils ?' Je dis : 'Seigneur, je me suis repenti.' Il me dit : 'Si c'est comme tu le dis, va chez Hayyim 2 le prêtre juif pour qu'il te rende la vue.' J'allai chez lui et l'informai ; il passa la main sur mes yeux, et il en tomba comme des écailles d'œuf et des écailles de poisson, et je vis comme avant. Dieu m'a appelé à Lui au ciel, et je suis resté auprès de Lui au ciel quatorze jours, et Il m'a recommandé beaucoup de choses, et Il m'a dit : 'Parmi vous, il y a des choses laides que je ne vous dirai pas 3.' Les Juifs se moquèrent de lui, s'étonnant de sa sottise et de son impudence, et l'amenèrent chez le gouverneur de César, roi des Romains sur eux, car ils étaient alors dominés par les Romains. Ils dirent : « Ne connais-tu pas ce Saul ? » Il dit : « Oui, je le connais pour le mal ; il vient nous dénoncer les gens. » Ils dirent : « Il a prétendu telle et telle chose », et ils lui rapportèrent ce qu'il avait dit. Le Romain s'emporta contre lui et ordonna de l'étendre pour le frapper. Paul lui dit : « Frappes-tu un Romain ? » Il dit : « Es-tu Romain ? » Il dit : « Oui, je suis de la religion de César, roi des Romains, et je suis innocent du judaïsme. » Il le laissa à cause de son entrée dans la religion du roi, et lui dit : « Il y a ici un bateau qui va à Constantinople ; tu es Romain et de la religion des Romains, sois là-bas si tu es comme tu le dis. » Il dit : « Je le ferai, envoie-moi au pays des Romains. » Il alla donc à Constantinople, fréquenta les Romains, s'attacha à la porte du roi, excita les Romains contre les Juifs, leur rappela leur inimitié envers eux, ce que les enfants d'Israël leur avaient fait, ceux qu'ils avaient tués parmi eux, leur fit craindre le mal des Juifs, qu'ils n'étaient pas en sécurité face à leur pouvoir et à leur retour contre eux, et leur mentionna l'abondance de leurs richesses. Il est de coutume chez les Romains que leurs femmes ne soient pas voilées devant les hommes ; la femme du roi monte dans le cortège royal, le visage découvert, parle aux gens, ordonne et interdit. Paul s'approcha d'elle et lui parla au sujet des Juifs. Il est de coutume chez les Romains qu'un homme ne peut épouser plus d'une femme, puis il ne peut les séparer ni par divorce, ni par vieillesse, ni par aucun défaut, d'aucune manière ni pour aucune raison ; il ne lui est pas permis d'en avoir d'autre jusqu'à ce qu'elle meure. Les femmes romaines détestent les religions des prophètes des enfants d'Israël à cause de ce qu'elles contiennent de permission du divorce et du fait que l'homme peut épouser autant qu'il peut subvenir à leurs besoins. On dit à Saul : « Tu es de la nation dont la voie est celle-ci ? » Il dit : « Non, et il n'est pas permis à un homme d'avoir plus d'une femme selon les lois des Romains. » Il gagna ainsi la faveur des femmes. Il s'approcha de la femme du roi, et elle parla au roi d'attaquer les enfants d'Israël, lui rapporta ce que disait Saul, et lui demanda de l'écouter ; il le fit. Il se rapprocha d'eux en se faisant appeler Paul, qui est un nom romain. Les Romains détestent fortement la circoncision chez les hommes et les femmes, et haïssent les nations qui la pratiquent. Ils dirent à Paul à ce sujet : « Oui, c'est comme vous le voyez ; la circoncision ne vous est pas obligatoire, elle n'est obligatoire que pour les enfants d'Israël, car c'est une nation dont le prépuce est dans son cœur 4. » Les Romains mangent du porc. Il dit : « Ce n'est pas illicite ; rien de ce qui entre dans le ventre de l'homme n'est illicite pour lui, seul le mensonge qui en sort est illicite. » Les enfants d'Israël ne mangent pas des sacrifices des païens et de ceux qui ne sont pas gens du Livre ; les Romains ne sont pas ainsi. Paul les approuva en cela et gagna leur faveur en toute chose, ne les contredisant en rien. Les religions des Romains étaient alors répandues ; la plupart d'entre eux vénéraient les astres, croyant qu'ils donnent la vie et la mort, profitent et nuisent ; ils avaient pour eux des temples et des offrandes. Certains suivaient la religion des Grecs, selon laquelle ces astres sont vivants, doués de parole, pourvoyeurs, et sont les seigneurs ; ils croyaient en la validité de la magie. Bref, toutes leurs religions étaient vaines, faibles et corrompues. Paul leur mentionnait le mérite du Christ, son ascétisme, qu'il était exaucé dans ses prières et qu'il ressuscitait les morts. Ils se rassemblaient autour de lui et l'écoutaient ; il était rusé et malveillant. Les Romains priaient vers le levant, ne considéraient pas obligatoires les ablutions, ni le bain rituel après les rapports sexuels ou les menstrues, ni la protection contre l'urine, les excréments et le sang ; ils ne les considéraient pas comme impurs. Les Romains épousaient les Grecs et toutes les nations, ce que les enfants d'Israël ne faisaient pas. Les Romains dirent à Paul à ce sujet : « Épouse la croyante avec le mécréant, car elle le purifie et il ne la souille pas, et l'enfant entre eux est pur. » Il dit : « Cela, seule la Torah l'interdit, et la Torah est tout entière un mal ; quand on ôte aux gens les lois de la Torah, la piété de Dieu est accomplie et Sa grâce est parfaite. » Paul se dépouilla donc des religions du Christ et adopta les religions des Romains. Si tu examines l'affaire, tu trouves que les chrétiens se sont romanisés et sont revenus aux religions des Romains, et tu ne trouves pas que les Romains se soient christianisés. Ensuite, les rois acceptèrent les dénonciations de Paul contre les Juifs et suivirent son avis à leur sujet. Il alla vers eux, en tua un grand nombre, prit leurs biens, les dépouilla et revint avec des présents. Le commerce de Paul prospéra parmi eux et ils l'aimèrent davantage. Ce roi qui attaqua les enfants d'Israël s'appelle Titus 5. Les Romains avaient un roi nommé Pilate, qui sortit vers la Syrie après le Christ, paix sur lui, et après ses compagnons, avec des renforts importants. Il avait une femme au pays des Romains, qui mourut ; il voulut épouser une femme à sa place. Selon la coutume des Romains, l'homme examine la femme qu'il veut épouser, la tourne, l'inspecte minutieusement ; si elle lui convient, il l'épouse ; sinon, il la laisse. On décrivit à Pilate une femme de Harran, nommée Hélène 6, qui se trouvait dans un funduq 7 à Harran. Il la fit venir, l'examina, l'agréa et l'épousa. Elle était chrétienne et gagna sa faveur. Elle lui demanda d'honorer les chrétiens et de leur faire du bien. Il lui dit : « Les Juifs prétendent que tes compagnons sont des gens de ruse, avides de ce monde et de préséance. » Elle dit : « Ils mentent ; je vais te les amener pour que tu les voies. » Elle amena un groupe de moines et lui dit : « Regarde-les, leur humilité et leur faiblesse, pour que tu saches que les Juifs mentent à leur sujet. » Il eut pitié d'eux, s'attendrit, pensa du bien d'eux, les honora, les protégea, leur donna pouvoir dans ses royaumes en Syrie et au pays des Romains, et leur fit du bien. Ils s'étendirent, se multiplièrent et prirent le dessus sur les Juifs. Ce roi avait des enfants de la femme qui était avant Hélène, et il eut d'Hélène un fils nommé Constantin. L'affaire de Paul devint grande au pays des Romains auprès du peuple et de la populace ; il les séduisit par des choses relevant des incantations, de la médecine, de la prestidigitation et de la magie. Les Romains arméniens croient tout cela ; c'est une nation d'une ignorance excessive, loin de ce qui s'atteint par la réflexion et l'examen ; la lourdeur et la stupidité dominent chez elle, surtout chez le peuple, qui ne connaît que les métiers et les arts, bien que leurs rois excellent dans l'apparence de la vie d'ici-bas et la conduite du royaume. Un de leurs rois perça à jour Paul, examina ses affaires, le cerna et sut qu'il était un imposteur rusé, avide de ce monde et de préséance. Il le fit venir, l'interrogea sur la circoncision ; Paul la blâma, ainsi que ses adeptes et ceux qui la pratiquent. Il l'interrogea sur le Christ : « Était-il circoncis ? Était-il circoncis ? Ses compagnons, les apôtres, l'étaient-ils aussi ? » Il dit : « Oui. » Puis il le découvrit et le trouva circoncis. Il constata que Paul avait secondé les Romains dans leurs religions, contraires à la religion du Christ et de ses compagnons, et que c'était mécréance et égarement selon le Christ et ses compagnons. Les compagnons de Paul avaient la maladie de l'éléphantiasis au pied, et il prétendait soigner et guérir. Le roi ordonna de le gifler, de lui raser la barbe et de le crucifier. Paul leur dit : « Ne me crucifiez pas debout comme notre Seigneur le Christ, mais crucifiez-moi couché. » Le roi qui fit cela à Paul s'appelle Pyrrhus 8. Le christianisme s'affaiblit au pays des Romains et ils furent brisés. Les enfants de Pilate régnèrent après lui, et le royaume échut à son fils Constantin. Extérieurement, il suivait les religions des Romains, mais sa mère Hélène l'avait nourri de l'amour de la croix et habitué à la coutume des chrétiens et à ce qu'ils disent du Christ. Une lèpre apparut sur son corps ; les Romains ne donnaient pas le pouvoir à un lépreux, c'était même interdit chez eux. Cela l'affligea et le préoccupa ; il le cacha et résolut de réprimer les Romains et de les détourner de cette opinion sur l'interdiction de donner le pouvoir aux lépreux. Des nations les attaquaient ; il arriva que les Serbes 9 et les Berbères les attaquèrent. Il rangea ses armées devant les temples des astres, envoya les anciens des Romains et ceux qui étaient enracinés dans les religions romaines contre l'ennemi, sans les soutenir par des ruses et des espions comme le font les rois et ceux qui dirigent les armées. Il leur arriva ce qu'ils détestaient : des morts et la déroute des survivants. Il montrait de la tristesse et de l'abattement, disant : « Nous avons triomphé et nous sommes rangés devant les temples des astres que nous vénérons et que nos pères avant nous ont vénérés ; nous leur avons offert des sacrifices, et nous ne les voyons pas nous profiter ni nous être utiles. » Il continua à les manœuvrer par cette manœuvre et à dire cette parole : « Il ne convient pas d'adorer quelqu'un qui ne profite pas ; c'est le moment du besoin et le temps de la détresse ; ces astres ne nous repoussent rien. Il faut donc que l'homme voie clair et adore ce qui lui profite et le repousse. » Puis il dit : « Il y a ici une femme qui a vu en songe quelqu'un lui disant : 'Cherchez secours par ceci', et il sortit une croix vers eux. » Il arriva que le chef de l'armée qui les attaquait mourut, et ils se retirèrent. Lui et ceux qui partageaient son opinion et son désir dirent : « C'est par la bénédiction de la croix. » Les Romains avaient coutume de mettre sur leurs étendards des croissants et ce qui ressemble à un croissant, par bénédiction de la lune et des étoiles, car la lune est le plus rapide des astres dans sa course. Ils les enlevèrent et mirent à leur place des croix ; ils sont ainsi jusqu'à présent.

Puis il entreprit d’organiser le transfert de la vénération des Romains, de la glorification des astres à celle des croix. Or, les philosophes étaient nombreux dans leur pays ; ils glorifiaient les astres, prétendaient qu’ils étaient vivants et doués de parole, se montraient hautains envers les gens, exerçaient leur autorité sur les rois, se disaient l’élite de l’élite, ne travaillaient pas pour gagner leur vie, s’adonnaient à l’oisiveté, vivaient des biens des gens, corrompaient les jeunes et quiconque les écoutait, roi ou roturier, et revendiquaient les incantations (al-‘azā’im) et les talismans (aṭ-ṭilasmāt), affirmant qu’ils en tiraient profit et nuisaient par eux, qu’ils connaissaient la science de l’invisible par l’art des astres, et qu’ils impressionnaient par la géométrie et les figures. Or, ce Constantin (Qusṭanṭīnūs) était rusé, réfléchi, patient, examinant minutieusement l’affaire de ces philosophes et ce qu’ils prétendaient concernant les astres et les talismans ; il trouva que tout cela était vain, et trouva que ces gens étaient des imposteurs, des charlatans et des corrupteurs. Il commença donc par les tuer par catégories, par brûler leurs livres et par abolir leurs temples. Il persévéra ainsi jusqu’à ce que sa ville fût vidée d’eux — et c’était la ville des philosophes —, n’en laissant qu’un laboureur, un tanneur et un teinturier. Il fit des temples qui étaient dédiés aux astres des églises (kanā’is), y installa les moines et dit : « Ces pauvres sont plus dignes d’espoir que ces ignorants charlatans menteurs. » Il donna pouvoir aux moines et au peuple contre eux en tout lieu : dès qu’ils montraient un livre de médecine ou de géométrie, il était brûlé. Il se hâta contre quiconque partageait l’opinion des philosophes, les renia et les combattit. Sa mère Hélène (Hīlāna) s’étendit dans cette affaire, déploya les moines et les chrétiens, les rassembla de tout lieu, en fit des informateurs pour son fils et des auxiliaires, et s’appuya sur eux. Quant à lui, il manifesta la glorification du Christ et de la croix. Il maintint les religions des Romains en l’état où elles étaient, telles que la prière vers l’Orient et autres pratiques déjà mentionnées, sans rien y changer, si ce n’est qu’il abolit le culte des astres, et n’y ajouta que la glorification du Christ, la proclamation de sa divinité, et la vénération de la croix. Cela n’était pas éloigné des croyances des Romains, car ceux qui croyaient que les astres, bien qu’inanimés et inertes, étaient des seigneurs, capables d’être utiles ou nuisibles, n’étaient pas loin d’affirmer, à propos d’un être humain vivant, doué de raison et de discernement, dont on leur avait dit qu’il ressuscitait les morts, qu’il était Dieu, et que lui, son Père et son épouse avaient créé les astres. Cela fut aisé pour les habitants de l’Occident. Ne vois-tu pas que les Coptes et ceux d’Égypte croyaient en la divinité de Pharaon et qu’ils n’avaient d’autre dieu que lui ? Ce même Constance se rendit en Mésopotamie (al-Jazīra), se dirigeant vers Ḥarrān et ses territoires, dont les habitants étaient, dans la vénération des astres, plus ardents encore que ceux d’Athènes et du pays des Romains. Il fit alors passer les gens au fil de l’épée jusqu’à les anéantir ; ceux qui purent fuir se réfugièrent dans les montagnes, et il les poursuivit en personne. Or, ils avaient pour coutume de mépriser les lépreux, et Constance montrait à leur égard un zèle particulier. Ses commandants lui dirent : « Ne les poursuis pas, car la neige de ces montagnes les fera périr. S’il en reste quelque survivant, nous en ferons des barbiers (ḥajjāmīn) pour les Romains, pour tous les chrétiens, pour les anachorètes et les moines, afin qu’ils apprennent d’eux la véritable nature du christianisme et ce qui doit être établi comme règle à laquelle les hommes devront se conformer, sans la transgresser ; et quiconque la transgresserait serait mis à mort. » Environ deux mille de leurs chefs se rassemblèrent alors auprès de lui, et il établit certaines formules du chant de la foi (tashbīḥat al-īmān). Parmi eux, certains s’opposaient à ces derniers, disant : « La Parole de Dieu est créée, et le Christ est la Parole de Dieu. » Il y avait là Arius (Īrls), Macédonius (Maqdīniyūs), Eunome (Ūnāmis), Aèce (Ūlūfiryānūs) et leurs partisans. Ceux qui disaient : « La Parole est créée, et la parole de Dieu, Sa Parole, est une créature parmi Ses créatures » furent contredits, et l’affaire fut suspendue, et cette déclaration fut annulée. Puis, après cela, trois cent dix-huit hommes se réunirent à Nicée, en terre des Romains (bilād al-Rūm), et élaborèrent leur profession de foi (tasbīḥa īmānihim) qui a été mentionnée. Ils la présentèrent à Constance (Qusṭanṭīnūs), qui la prit, agit en conséquence et contraignit les gens à l’adopter. Quiconque ne l’acceptait pas, il le tuait. Ceux-là durent alors feindre de l’accepter par crainte du glaive, et toute autre déclaration fut annulée. Ceux qui suivaient la religion du Christ (dīn al-Masīḥ) furent accablés de toutes sortes de maux. On les contraignit à vénérer la croix (ṣalīb), à manger du porc (khinzīr) et à adopter les coutumes religieuses des Romains (diyānāt al-Rūm). Quiconque n’en mangeait pas était tué. Parmi les Sabéens (Ṣābi’īn) de la ville de Ḥarrān, il y avait ceux qui ne mangeaient pas de fèves (bāqillā’ / fūl), prétendant qu’elles étaient hostiles à la sphère céleste (falak) parce que la fève est cubique et que la sphère est ronde. On faisait alors cuire les fèves aux portes des églises (abwāb al-bīʿa / kanā’is), on rassemblait les gens et on leur disait : « Sortez, et qu’aucun d’entre vous ne reste sans manger de fèves ! » Quiconque n’en mangeait pas était tué et sa tête jetée. Là se tenaient des bourreaux (siyāfa) l’épée dégainée, et quiconque n’en mangeait pas, ils le tuaient. Constance (Qusṭanṭīnūs) demeura dans le royaume cinquante ans, occupé à tuer quiconque ne vénérait pas la croix et ne professait pas la seigneurie du Christ (rubūbiyya al-Masīḥ), jusqu’à ce que cela fût bien établi et solidement ancré. Il recommanda cela aux rois après lui, insista auprès d’eux et leur en fit une obligation solennelle (‘ahd), disant : « Ceci est plus digne que la vénération des astres (kawākib) et les opinions des philosophes (ārā’ al-falāsifa). » Il scella cet engagement (‘ahd) sur ses enfants, ses chefs et ses proches, et établit la royauté dans sa descendance. Les Romains (Rūm) le décrivent comme un homme de fermeté (ḥazm) et de courage (shahāma), et disent qu’il est parmi eux ce qu’Ardashīr fils de Bābak, roi de Perse, fut parmi les Perses. Ses enfants lui succédèrent dans la royauté et renforcèrent ses engagements, établissant peu à peu, à chaque époque, des choses nouvelles dans le christianisme (Naṣrāniyya). Jusqu'à ce que vînt un roi parmi eux, qui décida de faire du dimanche une fête pour eux, où ils se réuniraient, comme les Juifs ont le samedi. Cela eut lieu longtemps après Constantin (Qusṭanṭīnūs). Ils tinrent pour cela un synode (sinehūdus). Les Romains et les Grecs avaient une fête qu'ils nommaient « la naissance du temps », correspondant au retour du soleil en Kanūn (décembre). Ils en firent la Nativité du Christ, en ajoutant et retranchant. C'est une grande fête pour eux, celle que les chrétiens célèbrent et qu'ils appellent la Nativité (al-Mīlād) et la nuit de la Nativité. Telle en est la cause et l'origine. Les chrétiens, au temps du Christ et de ses compagnons après lui, ne connaissaient pas cette fête et ne la célébraient pas. Les Romains et les Sabéens avaient des jours de jeûne, suivant le rite de l'offrande aux planètes, où ils s'abstenaient de manger de la viande. Lorsqu'ils en vinrent à professer la divinité du Christ, ils les maintinrent, puis y ajoutèrent et en retranchèrent certaines choses. Aujourd'hui, ils les jeûnent pendant cinquante jours, jusqu'au coucher du soleil, puis ils rompent le jeûne certains jours. C'est ainsi qu'ils jeûnent dans le pays des Romains. Les Romains sont l'origine de ces trois sectes de chrétiens. Ensuite, les Jacobites (al-Ya‘qūbiyya), partisans de Jacques (Ya‘qūb, Jacob Baradaeus), en dérivèrent, puis après les Jacobites, les Nestoriens (al-Nasṭūriyya), partisans de Nestorius (Nasṭūrus). Ils diffèrent dans le jeûne : ceux d'Irak ne jeûnent pas chaque jour à moitié comme le font les Romains. Ils ont des jours – je veux dire ceux qui sont en terre d'Islam – où, après la prière de l'après-midi (al-‘aṣr), ils sirotent du vin dans l'église (al-bī‘a, kanīsa) ; c'est leur offrande (qurbān). Paul (Būluṣ) a dit : « Le sang de cette boisson est le sang du Seigneur, et ce pain (al-burshān, qurbān) est la chair du Seigneur. » Que celui qui doute que ce soit la chair du Seigneur et son sang n’en prenne point et n’y goûte point, car cela ne lui est point licite. Les *bourshân* (برشان) sont des pains cuits au four, portés à l’église, émiettés dans du vin et mangés en offrande. Le Messager d’Allah – sur lui la paix – n’a jeûné, lui et ses compagnons, que le jeûne qu’avaient jeûné les enfants d’Israël. Ces sectes parmi les chrétiens dirent : « Si le Messie n’a pas jeûné ces cinquante jours, il a jeûné, lorsque Satan le retint captif, quarante jours avec leurs nuits ; nous les avons donc faits cinquante jours. » Nous dîmes : « Accordons-nous que vous disiez vrai en cela ; d’où vous est-il donc imposé pareille chose, alors que vous dites que Moïse jeûna quatre-vingts jours avec leurs nuits sans rien manger du tout, et cela en deux fois, et que vous prétendez qu’Élie jeûna quarante jours avec leurs nuits ? Or, le jeûne que Moïse jeûna ne fut point imposé au peuple de Moïse, ni ce jeûne-là ne vous fut imposé. De plus, le Messie revint à vous lorsque Satan l’eut relâché et demeura avec vous ; il ne jeûna point ce jeûne-ci, ni ne vous l’ordonna, et lui et ses compagnons ne jeûnèrent que le jeûne des enfants d’Israël. Vous avez donc abandonné le jeûne que vous connaissez avec certitude, et vous avez jeûné un jeûne que ni lui n’a jeûné ni ne vous a ordonné. » Et dans leur Évangile, il est dit que Satan retint le Messie captif et l’enferma quarante jours pour l’éprouver, et que le Messie s’abstint de manger et de boire par crainte que la ruse de Satan ne s’accomplît contre lui, et qu’il lui dit, étant avec lui et en son pouvoir : « Si tu es le Fils de Dieu, dis à ces pierres qu’elles deviennent du pain. » Le Messie lui répondit : « Il est écrit que la vie de l’homme n’est point par le pain, mais par toute parole qui sort de Dieu. » Puis Satan le mena à la ville de Jérusalem, le plaça sur le pinacle du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas. » Il est écrit en effet : « Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, et ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Le Messie dit : « Il est aussi écrit : Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu. » Puis il le mena sur une haute montagne et lui montra tous les royaumes du monde et leur splendeur, et lui dit : « Si tu te prosternes devant moi et m’adores, je te donnerai tout ce monde, comme je l’ai donné à ceux qui t’ont précédé. » Le Messie lui dit : « Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu. » Alors Dieu envoya un ange qui arracha Satan de sa place, le jeta dans la mer, et laissa le Messie libre. Voilà donc l’ignorance dont je t’ai parlé, qui est écrite dans leurs Évangiles, et c’est, prétendent-ils, leur argument pour leur jeûne. As-tu jamais entendu parler d’un Satan qui emprisonne son dieu, l’assiège, le transporte d’un lieu à un autre, et convoite de réduire son dieu en servitude ? Or Satan ne peut même pas s’emparer de l’âne d’un Juif. Et chez les chrétiens, il a capturé leur Seigneur jusqu’à ce qu’un ange vienne le délivrer et le libérer de sa captivité. Chez les chrétiens, lorsque le Messie est apparu, il a lié Satan loin des créatures, apaisé sa fureur, et écarté son mal et son méfait. Mais ici, ils disent qu’il était alors au plus fort de sa puissance contre lui et de sa domination sur lui, alors qu’il est son Seigneur et son Dieu. Réfléchis donc et émerveille-toi. Les Romains et les Sabéens avaient de l’encens et des fumigations dans les temples pour les planètes et les idoles. Ces pratiques subsistent chez les chrétiens, ils ne les ont pas abolies ; elles se trouvent dans les églises (kanā’is), et ils les appellent « encens de Marie » et « fumigation de Marie ». Or Marie, le Messie et ses compagnons n’en ont jamais rien su, ni ne les ont jamais employées. Ils ont donc fait de cela l’encens de Marie, comme ils ont fait de leur jeûne celui du Messie, et comme ils ont fait du vin et de l’offrande sa chair et son sang. Les Romains, tout en adorant les planètes, vénéraient les idoles et les représentaient dans les temples. Cela est resté ainsi après qu’ils eurent accepté de vénérer la croix. Il n’y eut chez eux aucune carence à cet égard, et le Messie, sa mère et ses compagnons prirent la place de ces idoles. Puis, peu à peu, au fil des jours et des siècles, ils les abandonnèrent. Or, ils considéraient la fornication comme licite et ne s’en abstenaient pas ; ils demeurèrent dans cet état après avoir exalté le Messie. Celle-ci (la fornication) est donc répandue parmi eux, dans leurs villes et leurs marchés, de manière notoire. Ils disent : « La femme, si elle n’a pas d’époux, ne choisit pas le mariage et préfère la fornication, elle est plus maîtresse d’elle-même ; il lui est loisible d’agir ainsi. » Le roi fixe le prix de cela, et les juges et gouverneurs l’établissent : pour chaque émission (inzāl) de l’homme, un fils (pièce de monnaie), et tous les quatre fils valent un dāniq d’argent. Les prostituées ont, dans leurs pays, de nombreux marchés, et elles possèdent des boutiques : elles ouvrent leur échoppe, se parent, et s’assoient à sa porte, découvertes et exposées. Chez eux, il n’y a, pour la nudité et les parties intimes des hommes et des femmes, ni interdiction ni considération. Bien plus, la femme libre parmi eux est conduite à son époux montée (sur une monture) ; elle passe parmi les gens dans les marchés, le visage et la tête découverts, ayant dénoué ses tresses et s’en étant parée, montrant tous ses attraits pour que chacun la regarde. On dit que la plupart des femmes mariées sont chastes ; quant à celle qui n’est pas épouse, sa condition est telle que nous l’avons décrite. Il arrive même qu’elle fornique dans la maison de ses parents. Celle qui, parmi ces fornicatrices, met au monde un enfant le porte à l’église (kanīsa), si elle le veut, et le remet au patriarche, au métropolite ou au prêtre, en disant : « J’ai offert celui-ci au Messie pour qu’il soit son serviteur et un gardien dans l’église. » Alors ils la récompensent en bien et lui disent : « Sainte ! »

Pure et bénie, félicitations pour l'agrément du Christ et sa récompense, et les gens prient pour elle et la félicitent pour la récompense. Il y a parmi les nourrices et les parfaites, pour des enfants comme ceux de la fornication 10, ces gens-là. Et ils refusent la circoncision, et castrent les enfants. Et lorsqu'ils insultent les musulmans, ils regardent leurs enfants, en castrent de grands troupeaux et les jettent, et beaucoup d'entre eux en meurent. Ils invoquent la clémence et la miséricorde, alors qu'au début de l'islam, ils prenaient soin des prisonniers en raison de la force de l'islam et de leur faiblesse, pour les rançonner. Mais lorsque la conduite des rois de l'islam se détériora et que leur souci pour eux diminua, et que des gens comme 'Alī ibn Ḥamdān 11, Sayf al-Dawla, et ceux d'Égypte, ennemis des musulmans, se mirent à les attaquer et à saisir les dotations des frontières, les musulmans devinrent méprisables aux yeux des Romains, et ils disent : « L'État de l'islam a disparu depuis environ quatre-vingts ans », et toi, aujourd'hui, tu es autour de l'an trois cent quatre-vingt-cinq 12. Puis je revins à l'évocation de la conduite des chrétiens. La castration ne fait pas partie de la Loi de la Torah, ni la permission de la fornication, pour que tu saches que les Romains ne se sont pas christianisés ni n'ont répondu au Christ. Au contraire, les chrétiens se sont romanisés 13 et ont apostasié la religion du Christ, en ont abandonné les principes et les branches, et sont passés aux religions de ses ennemis, ce qui est la situation de ces trois sectes de chrétiens. Ils ont agi ainsi par recherche de la préséance et des biens immédiats de ce monde, comme tu l'as trouvé dans leurs livres et dans leurs aveux, comme mentionné précédemment. Cette trinité des chrétiens, les philosophes romains en avaient une approche similaire : l'intellect, l'intelligent et l'intelligible deviennent une seule chose, et ils disent : cela fait partie du triangle, et cela vient d'un philosophe ancien 14. Le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, a dit : « L'amour de ce monde est la tête de tout péché 15 ». Et Ka'b ibn Mālik al-Anṣārī a dit : j'ai entendu le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, dire : « Il n'y a pas deux loups affamés lâchés dans un enclos de moutons qui soient plus nuisibles pour eux que l'avidité de l'homme pour l'argent et l'honneur ne l'est pour sa religion ». Et Ibn 'Umar a dit : le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, a dit : « Il n'y a pas deux loups prédateurs dans un enclos solide, mangeant et déchirant 16, plus rapides à détruire que l'amour de l'honneur et de l'argent dans la religion de l'homme musulman 17 ». Et l'action de Paul avec les Romains, en les assistant dans leur religion et en abandonnant la religion du Christ, est semblable à celle de Mani le prêtre, chef des manichéens 18. Celui-ci vint après Paul, après une longue période, et il eut la préséance. Il devint métropolite 19 des chrétiens en Irak, dans le royaume des Perses, après avoir été prêtre. Il se mêla aux Perses, loua les lumières et blâma les ténèbres selon la doctrine des mages, loua Zoroastre, prophète des mages, et dit : « La lumière l'a choisi et l'a envoyé en Orient, et a envoyé le Christ en Occident ». Il blâma Abraham, Ismaël et les prophètes que le Christ avait confirmés, alors que les Perses les renient. Mani les aida et se rapprocha d'eux en les blâmant, disant : « Satan les a envoyés ». Il écrivait : « De Mani, serviteur de Jésus », comme Paul écrivait, et il l'imitait et suivait ses traces. Il prit l'Avesta 20, le livre de Zoroastre, prophète des mages, qui n'est dans la langue des Perses ni dans aucune langue, et personne ne sait ce qu'il est : c'est le zomzama 21, ils en récitent les mots sans savoir ce qu'ils sont. Mani le prêtre prétendit l'avoir compris et en connaître le sens, et il se prétendit envoyé de la lumière. Il leur inventa des ignorances, disant : « Ceci est l'interprétation de l'Avesta ». Il séduisit le vulgaire, son commerce prospéra parmi eux, ils lui obéirent, et ils lui attribuèrent des miracles et des signes. Un roi des Perses le saisit pour l'éprouver, enquêta sur son état, et le trouva menteur, hérétique, cherchant la préséance, se rapprochant des Perses et des mages par ce qu'ils aimaient, pour s'imposer à eux avec ce qui n'est pas de la religion du Christ. Il le tua, comme ce roi avait fait avec Paul. Les disciples de Mani, après lui, continuèrent à proclamer sa prophétie et à établir ses épîtres et son Évangile. Ses épîtres sont peut-être plus nombreuses que les deux 22 et les épîtres de Paul. Beaucoup de ces trois sectes croient en sa doctrine, mais la cachent par peur des chrétiens et des musulmans, parmi ceux qui sont en terre d'islam, car les manichéens n'ont pas de protection 23 chez les musulmans. Parmi leurs coutumes, les femmes moniales 24 et les dévotes, ainsi que celles qui se sont retirées dans les églises et la dévotion, tournent autour des célibataires et des moines, et sortent vers les forteresses où se trouvent les hommes célibataires, se livrant à eux en quête de la face de Dieu et de la Demeure dernière, et par miséricorde pour les célibataires. Celle qui agit ainsi est remerciée et louée pour cet acte, on prie pour elle, et on lui dit : « Que le Christ ne t'oublie pas cette clémence et cette miséricorde ». Chez eux, il n'est pas permis à un homme d'avoir plus d'une femme, ni de prendre une concubine, ni d'avoir des rapports avec une esclave. Mais s'il fréquente une femme ou une servante, il n'y a pas de mal ni de honte. Cela est aussi célèbre au pays des Romains que la fornication. Muṣabbiḥ al-Ṭā'ī, Abū 'Abd Allāh al-Ḥusayn ibn al-Ṣaqr, 'Abd al-Raḥmān, compagnon d'Ibn al-Zayyāt, et d'autres parmi les combattants, et ceux qui ont séjourné à Constantinople de longues années en captivité ou non, en raison de la longueur de la souffrance et de l'absence de ceux qui auraient envoyé des musulmans pour rançon ou pour combattre, ont affiché le christianisme par dissimulation 25, se sont répandus parmi eux et se sont mêlés à eux. L'un d'eux, qui s'était christianisé après la dureté et la longue souffrance, raconta : « Le roi me donna et fut généreux, et dit à ses serviteurs et assistants : « Regardez pour ces nouveaux chrétiens des femmes de condition aisée, qu'ils épousent pour améliorer leur situation. » L'un d'eux dit : « Une telle, son père est mort, elle a une terre, du bétail et beaucoup de biens, marions-la à celui-ci », et il me désigna. Ils me la marièrent. Elle avait beauté et beaucoup de biens. Je restai avec elle, heureux. Puis le roi leva une expédition dont je faisais partie, pour sortir vers un lieu où il y avait une récolte mûre que l'on craignait que l'ennemi ne nous en empêche. Notre séjour devait être de quarante jours, puis une autre armée viendrait nous remplacer, et nous retournerions à nos familles. Nous partîmes, restâmes cette durée, puis l'armée arriva. J'interrogeai certains arrivants sur ma famille et ma maison. On me dit : « Ta femme s'est remariée après ton départ. » Je vérifiai bien auprès d'autres arrivants, et on me confirma cela. Je fus saisi d'une émotion qui me fit tantôt me lever, tantôt m'asseoir. Quand je revins à la ville, je me détournai de ma maison et descendis au marché aux bestiaux. J'interrogeai ma famille sur les arrivants de notre armée : ils les informèrent de mon salut et de mon arrivée. Ils apprirent où j'étais. Voilà que ma femme vint à moi avec un grand cortège de femmes voisines, parées de leurs plus beaux atours et bijoux. Ma belle-mère me dit : « Qu'as-tu à te détourner de ta maison et de ta famille, et à descendre ici, alors que nous nous informions de tes nouvelles et te désirions ? » Je dis : « Que ferais-je d'une femme qui, en mon absence, s'est remariée après moi ? Il me faut entrer chez le roi, briser mon épée en sa présence, couper ma ceinture 26 et l'informer de ce qui m'est arrivé. » Elle me dit 27 : « Celui qui a dit cela s'est trompé. Ta femme ne s'est pas remariée. Comment une Romaine épouserait-elle deux maris ? C'est son ami. Pendant ton absence, il est venu et a logé chez elle. Quand nous avons appris ton arrivée, il a pris son lit et est reparti. » Elle prit à témoin ces femmes et voisines, qui témoignèrent que ce n'était pas un mari, mais son ami. Or, chez eux, cela n'est ni un mal ni une honte. Puis ma belle-mère se tourna vers moi et dit : « Lève-toi, va à ta maison, regarde les provisions, le vin 28 et ce que tu as laissé : tu trouveras que rien n'a diminué, mais que tout est conservé et augmenté. » Elle m'annonçait comme une bonne nouvelle que l'ami de ma femme avait subvenu à ses besoins pendant mon absence, et elle me réjouissait de cela, me le confiant. Ces femmes, parées et épouses de grands personnages, dirent : « Lève-toi, que Dieu te guérisse, va à ta maison : il n'y a rien ici de blâmable ni de répréhensible. » Je me levai, chargeai mes bagages, et allai à ma maison. Je restai avec ma femme, ne trouvai rien à redire, et la jalousie disparut. Puis il dit : « Ô Abū al-Fatḥ : quiconque entre au pays des Romains, son âme s'habitue à ce que sa femme ait des amis, la jalousie disparaît de son cœur, ainsi que la pudeur et ce qu'il avait étant musulman. » Si l'on dit : « C'est une innovation dans la religion chrétienne, comme il y a des innovations dans l'islam », on lui répond : « Les Romains, avant la christianisation, mangeaient du porc, pratiquaient la castration, attaquaient les nations, capturaient, tuaient, réduisaient en esclavage, considéraient la fornication comme nous l'avons dit, et suivaient la conduite que nous avons décrite. Lorsqu'ils se christianisèrent, ils persistèrent dans cette conduite, ne la quittèrent ni ne s'en éloignèrent. Quand donc cette innovation aurait-elle eu lieu ? Il n'y a pas de différence entre celui qui prétend cela et celui qui prétend que les Romains étaient le contraire et y revinrent en se christianisant. Celui qui aboutit à cela a nié et contesté, et il n'y a pas de discussion avec la contestation. » Parmi les arguments des chrétiens, le plus grand de leurs doutes dans leur religion, et le plus important auquel ils se réfugient, et qui est la base des élites et du peuple parmi eux, est de dire : « La religion chrétienne est une religion difficile et étroite. De grandes nations et des rois y ont répondu sans contrainte, ni épée, ni force, ni domination. Ils n'y auraient répondu que par les signes et les miracles qui sont apparus par les mains de ceux qui y appelaient, parmi les moines et les moniales. » On lui répond : « Nous avons montré et fait connaître l'altération 29 du christianisme de la religion du Christ et leur inclination vers les rois des Romains. Nous avons expliqué cela et l'avons fait connaître. Nous ne trouvons donc que les chrétiens se sont romanisés, et les Romains ne se sont pas christianisés. L'origine de vos sectes, ce sont les Romains. Cela est suffisant et concluant. Même si nous ne savions pas cela, et comment en venir à bout du début à la fin, cela ne nous poserait pas de difficulté non plus quant à la fausseté et à la corruption de cet argument : les gens de cette religion, Dieu ne fait pas apparaître de miracle par leurs mains, et ne brise aucune coutume par l'un d'eux. Comment en serait-il autrement, alors que les miracles n'ont lieu que pour les prophètes, que la paix soit sur eux, et à leur époque ? » Puis on dit aux chrétiens : « Vous avez prétendu la validité de votre religion par le nombre et les rois qui ont embrassé votre religion. Or, le nombre n'est pas une preuve de la validité d'une religion. Ce qui prouve la validité d'une religion, c'est l'argument et la démonstration, rien d'autre, que les adeptes de cette religion soient peu nombreux ou nombreux. Or, le Christ et ses disciples étaient peu nombreux, tandis que les Romains et les Juifs étaient les plus nombreux et détenaient la royauté. Cela indique, selon votre raisonnement, qu'il n'a pas eu de miracle. » Puis on leur dit : « Vous, vous prétendez des miracles et des signes pour vos moines, vos moniales et vos chefs en tout temps, et qu'ils ne cessent ni ne disparaissent. Or, vous avez répondu à cette religion sans voir ni miracle ni signe. Ainsi, ceux d'avant vous ont répondu de cette manière. En cela, il y a une suffisance complète pour qui veut la vérité. » Ils se réunissent à tout moment, lorsqu'ils veulent décider de la permission ou de l'interdiction d'une chose, et tiennent pour cela un synode 30, dont l'interprétation est « réunion pour la décision ». Ils agissent ainsi. Lorsque le temps passe, ils disent : « Ceci n'a été interdit par cette assemblée que par l'apparition d'un signe ou d'un miracle. Ne vois-tu pas que la catholicosie 31 et la métropolie 32 étaient permises chez eux pour celui qui avait femme et enfant ? Puis les catholicos et les chefs ont commencé à transmettre la préséance à leurs enfants et à en hériter leur descendance. Les chrétiens se réunirent et décrétèrent son interdiction pour celui qui a femme et enfant, et le mariage fut reconnu. Cela devint une religion pour eux : ils s'y réunirent et agirent en conséquence, sans signe ni miracle. De même, le mariage de deux sœurs avec deux frères était permis chez eux. Il arriva que deux sœurs, mariées à deux frères, provoquèrent une inimitié qui mena à une hostilité entre les deux frères. Ils se réunirent et interdirent cela, et cela devint une religion pour eux, qu'ils pratiquèrent sans y voir ni signe ni miracle. De même, le mariage avec la fille du frère était permis chez eux. Il arriva qu'une parenté fut invoquée par certains d'entre eux, et ils se réunirent

Ils ont interdit cela, et cela est devenu pour eux une religion sans verset ni miracle. Cela s'est produit récemment, en islam, sous la dynastie abbasside. C'est le cas du métropolite de Samarcande qui a interdit à ses habitants les poussins, prétendant que l'Esprit Saint descendait sur cette colombe ; ils ont accepté cela de lui et en ont fait une religion. Si tu te mêles à eux, que tu les examines, que tu entres parmi eux et que tu fréquentes les catholicos et les moines, tu trouveras chez eux beaucoup de mensonge, d'ignorance, de convoitise pour ce bas monde, de recherche de la préséance, d'accumulation et de rétention. L'un d'eux se fait moine sans rien posséder, devient une charge pour les autres, et en peu de jours il amasse tant de richesses qu'il meurt parfois en laissant des dizaines de milliers. Puis on leur dit : « Vous êtes de nombreuses communautés, et il y a entre vous un grand désaccord sur le fondement de la religion : les Melkites 33 déclarent impies les Jacobites 34, de même les Nestoriens 35 n'approuvent pas les doctrines des Melkites et des Jacobites. Toutes ces communautés attribuent à leurs moines, religieuses et chefs des miracles et des signes, de même que les Manichéens 36. Selon leur raisonnement, la vérité n'appartient qu'à une seule communauté, et les autres mentent dans ce qu'elles leur attribuent. » Un sage a dit : « Il y a ici des religions et des doctrines dont on connaît le mensonge de leurs adeptes au moindre examen. » Parmi elles : le christianisme. Ils attribuent des miracles à leurs grands, prétendent qu'ils ne cessent jamais à aucune époque, et que ceux qui ont répondu au christianisme n'ont répondu que par des miracles. On leur dit : « Vous y avez répondu sans avoir vu ni miracle ni signe. » Parmi elles : les astrologues 37. Ils charlatanisent et prétendent que leurs prédécesseurs ont fait des prédictions justes. Ils disent : « Le jugement de Jânân 38 pour Kisrâ 39 sur les dynasties et leur transmission, et pour les rois sur leurs horoscopes de naissance, n'a pas manqué une seule lettre. De même, Kankah 40, astrologue de l'Inde, pour les rois de l'Inde ; de même, Dorothée 41 pour les rois de Rome ; Ptolémée 42 pour les rois d'Égypte. » Parfois, ils ont composé des livres à ce sujet, visant des dynasties et des royaumes qui ont existé, ont été trouvés, et dont on connaît les événements et les âges de leurs rois, particuliers et généraux. Ils mentionnent les généralités sans préciser les noms des rois, afin que leur mensonge n'y soit pas connu. Celui qui lit ces livres et ces registres, naïf et ignorant de la ruse des imposteurs, ou à qui on les lit, croit que cela a été mentionné par les astrologues dans un passé lointain avant que cela n'arrive, et il croit en la véracité des jugements astrologiques, et que leurs adeptes ont parlé avec science. On leur dit : « Les planètes et le ciel ne se sont ni élevés, ni arrêtés, ni brisés ; ils sont comme ils étaient. Apportez-nous donc et informez-nous de ce qui sera, ou de ce qui a été et a existé, que vous voyez de vos yeux et touchez de vos mains. Nous allons prendre un gros registre écrit et dire à vos experts : Prenez vos thèmes de naissance et informez-nous du nombre de feuilles qu'il contient, et du nombre de lignes sur chaque feuille. Nous trouverons votre mensonge de manière évidente et tangible, sans que vous ayez besoin d'annoncer une étoile qui se lèvera dans un an ou vingt ans, et de nous informer de ces événements. Nous avons simplifié la chose pour vous, afin que vous sachiez que ces prétentions sont mensonges, charlataneries et ruses contre les gens, et que vous connaissiez le mensonge de vos premiers et de vos derniers. » S'ils disent : « Pourquoi exigez-vous de nous la connaissance du nombre de feuilles de ce registre plutôt que des lignes et des lettres qu'il contient ? » Nous disons : « Une chose pareille ou plus grande peut être réalisée par des enfants et des ignorants qui jouent avec la bague, le pair et l'impair, par hasard. Apportez donc ce qui dépasse les réussites des enfants, des ignorants et des fous, si vous êtes véridiques, et si votre art est vrai. Cela vous est impossible, et votre honte en cela est semblable à la honte des chrétiens. » S'ils disent : « Nous pouvons avoir des réussites dans les thèmes de naissance et les questions. » Nous disons : « Cela peut arriver dans une petite partie d'un grand nombre où vous vous trompez, et dans des généralités sans détail. Ce qu'apportent les prophètes ne comporte aucune erreur, malgré son abondance. Ce qui vous arrive par hasard est comme ce qui arrive aux joueurs que nous avons mentionnés, comme ce qui arrive aux devins par présages, à ceux qui frappent avec des cailloux, au chamelier par l'inspection de la paume, au cri des oiseaux. Ce qui arrive à ces derniers comme réussite est plus fréquent que ce qui vous arrive, et ils sont plus rapides, et leurs états sont plus évidents. C'est comme ce qui arrive à certains qui rencontrent un renard comme bon augure, ou à ceux qui rencontrent un hibou comme épreuve, ou comme ce qui arrive dans les incantations des Indiens, des chrétiens et des conjurateurs 43 comme guérison et rétablissement. Ceux-là prétendent que cela est dû à leurs incantations et conjurations, et que ce qu'ils pratiquent est vrai, et qu'ils ont parlé avec science. » Parmi elles : les fabricants de talismans 44. Ils charlatanisent et disent : « Alexandre se plaignit à Aristote du manque d'eau pour lui et son armée lors de la rencontre de son ennemi. Aristote fit pour lui un talisman : l'eau avançait avec son avancée et s'arrêtait avec son arrêt. Il lui dit, alors qu'il était arrivé à une mer : si tu t'attardes à la traverser, cela te retardera et tu manqueras d'atteindre ton ennemi. Il lui dit : “Que préfères-tu, ô roi, que je fasse un talisman pour que ton armée marche sur l'eau comme sur terre, ou que je réunisse les deux rives pour que tu traverses ?” Il dit : “Réunis les deux rives, car c'est plus court en distance.” Il réunit donc les deux rives pour lui, et il traversa. » « Et que plus d'un a fait un talisman pour les troupeaux de bovins et de moutons et autres animaux, et ils le suivirent et marchèrent avec son avancée. Et qu'ils font des talismans contre les punaises, les scorpions, les sauterelles et autres, et les éloignent d'un pays à l'autre. Et que celui qui connaît l'art des astres peut y parvenir. » On leur dit : « Tout cela sont des charlataneries. Si vous voulez connaître le mensonge de vos prédécesseurs, connaissez-le par votre propre mensonge en votre temps. Car les planètes n'ont pas disparu ni cessé. Produisez donc quelque chose de cela. Son impossibilité pour vous est une preuve de votre mensonge et du mensonge de vos prédécesseurs. » S'ils disent : « Le pays de Homs n'a pas de scorpions ; si un scorpion y entre, il meurt. C'est un talisman qui a été fait pour elle. » Nous disons : « Nous avons démontré votre mensonge de manière tangible, comme nous avons démontré le mensonge des chrétiens et des astrologues. Si Homs est un lieu où le scorpion ne vit pas, cela vient de l'acte de Dieu, béni et exalté soit-Il. Il fait mourir certains animaux lorsqu'ils arrivent dans certains lieux, par une disposition de Lui, gloire à Lui, qu'Il connaît mieux, et pour un intérêt en cela. Ne vois-tu pas que le pays des Romains 45 ne permet guère la survie des chameaux, malgré leur désir de les voir survivre, au point que celui qui ne sait pas dit : “C'est à cause du froid intense.” On lui dit : “Le pays des Turcs est plus froid, et pourtant il y a des chameaux.” Les Turcs à Rayy 46, lorsqu'ils s'y installent, survivent à peine, mais dépérissent. L'Isfahani, lorsqu'il veut voyager à Rayy, fait son testament. Et ce n'est pas un talisman. La terre d'Égypte et d'autres lieux divers n'ont presque pas de pluie. Et ce n'est pas un talisman. La terre d'Irak, malgré sa générosité et la qualité de son eau, ne produit pas de poivre, ni de cubèbe, ni de bois d'aloès, ni de gingembre, ni de cannelle de Chine, ni de safran, ni de nard, et l'ambre ne se trouve pas dans ses fleuves. Penses-tu que ces talismans ont été placés en Irak ? Les mulets femelles ne portent presque pas, ou même ne s'accouplent presque pas. Penses-tu que ce talisman a été placé en Irak ? Les vallées d'Irak n'ont pas de crocodiles, alors qu'ils sont nombreux en Égypte. Penses-tu que ce talisman a été placé en Irak pour qu'il n'y en ait pas, ou placé en Égypte pour qu'il ne la quitte pas ? Ce crocodile se trouve dans le Nil d'Égypte, et dans certains endroits d'Égypte mais pas d'autres. Et à Kufa, Bassora, Wasit, Bagdad, Samarra, Égypte et Kairouan, toutes ces villes sont islamiques, fondées en islam, tracées en islam. De nombreuses choses nouvelles sont apparues concernant les états des animaux, plus étonnantes que ce qu'ils prétendent pour Homs et autres, sans talisman. » Les mages 47 prétendent avoir un attendu, vivant, permanent, guidé, de la descendance de Vishtaspa 48 fils de Lohrasp 49, nommé Abishawthan 50. Il serait dans une grande forteresse du Khorasan et de la Chine, avec beaucoup de gens, tous dignes de confiance, honnêtes, bons, ne mentant pas, ne désobéissant pas à Dieu, ne commettant aucun péché, petit ou grand. Leur prière serait exaucée 51. Ils auraient des signes, des miracles et des prodiges. Ils seraient allés à cet endroit à l'époque de Zoroastre 52, dont ils prétendent la prophétie. Ils seraient des lumières éclatantes, d'une grande beauté, bonté et splendeur. Ils ne pleureraient pas, ne vieilliraient pas, ne mourraient pas. Abishawthan n'aurait besoin ni de manger ni de boire, n'aurait ni urine ni excrément ni aucune souillure. Voilà ce que j'ai vérifié de ce qu'a mentionné Adharbadh 53 fils d'Umidh, le mobedh 54, dans sa description d'Abishawthan : qu'il ne mange ni ne boit, n'urine ni ne défèque. Quant à ses compagnons, je ne suis pas sûr qu'il les ait décrits comme ne mangeant ni ne buvant, mais je pense fortement qu'il les a décrits ainsi. Quant à l'immunité 55 et au fait que ses compagnons soient comme lui, je n'en doute pas. On dit aux mages : « Si vous voulez connaître le début de votre affaire, considérez-le par sa fin ; vous trouverez sa fausseté claire et évidente, comme la trouvent les chrétiens, les astrologues et les fabricants de talismans. Vous prétendez qu'il y a des gens, à notre époque, avec ces qualités et ces jugements, et vous avez en cela un avantage supplémentaire dans le faux. Car vous êtes de grandes nations anciennes, annonçant l'existence de ces gens dans le monde avec nous et à notre époque, et qu'ils sortiront avec cet Abishawthan, parleront à toute la terre, rétabliront le mazdéisme, les religions des Perses et leur royaume que l'islam a aboli, comme ils étaient. Il aurait donc fallu, si ces gens existaient dans le monde comme vous le prétendez, que nous le sachions par votre information. L'absence de connaissance à ce sujet prouve que c'est une affaire sans fondement. Il n'y a personne dans le monde qui prétende cela. C'est une chose que vous ont inventée un, deux ou un petit nombre, vous les avez crus, avez eu bonne opinion d'eux, et cela s'est répandu parmi vous. C'est un mensonge, et vous ne savez pas que c'est un mensonge, comme il est arrivé aux chrétiens et à d'autres qui étaient dans cette situation. » De même, pour celui qui prétend qu'il y a avec nous et à notre époque un imam infaillible 56 établi pour nous, qui est le preuve 57 contre nous et contre tous les habitants de la terre, on leur dit : « Vous êtes de nombreuses et grandes nations en Irak, en Syrie, en Perse, en Égypte, au Maghreb, au Hedjaz, au Yémen, au Bahreïn, dans les districts d'Ahwaz, dans les montagnes, au Daylam, au Khorasan. Vous nous informez tous qu'il y a dans le monde un homme de cette condition, qui appelle à lui. Vous êtes tous ses partisans, vous l'attendez et appelez à lui. La composition de livres à ce sujet a rempli le monde, et nous disputons à ce sujet. S'il y avait dans le monde un homme de cette condition, nous le saurions par votre information, par ce que nous entendons de vous, même si nous ne croyions pas en sa prétention, n'acceptions pas sa parole, ne voyions pas sa personne, n'entendions pas son discours. Ne vois-tu pas que notre Prophète Muhammad, que Dieu prie sur lui et le salue, lorsqu'il a prétendu être l'Envoyé de Dieu à toute la création et la preuve contre eux, cela a été su de sa prétention par quiconque a eu connaissance de lui, qu'il l'ait cru ou démenti, qu'il l'ait vu ou non. De même, la connaissance de Musaylima 58 et de sa prétention, bien que tous les gens l'aient démenti. Bien plus, si un groupe informait au sujet d'une femme derrière un rideau de sa piété ou de sa perversité, les gens le sauraient par leur information, s'ils étaient savants de ce dont ils informaient. Qu'en est-il donc de vous, nations nombreuses et grandes, qui avez rempli la terre, la terre ferme et la mer, la plaine et la montagne, vous croyez cela, vous en informez, vous y appelez, vous prétendez être les partisans et les disciples de cet homme ? Celui qui examine, regarde et réfléchit n'augmente que dans la science qu'il n'y a dans le monde aucun homme qui prétende cela ni n'y appelle. Si vous regardiez et étiez équitables, vous sauriez que votre début est comme votre fin dans le faux, et que le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, n'a professé ce que vous professez ni n'y a appelé, ni lui ni aucun de ses compagnons. » Si l'on dit : « Si quelqu'un vous disait : “Vous aussi, votre début est comme votre fin, puisqu'il n'y a en votre temps personne qui ait avec lui un miracle ou un signe ; vos prédécesseurs étaient dans cette situation”, quelle serait votre réponse ? »

On lui dit : « Il n’y a pas de question pour nous là-dessus, car nous nions qu’il y ait après notre Prophète un signe 1 ou un miracle 2. Ce que nous prétendons être un signe et un miracle, c’est ce que connaît quiconque a entendu les récits, à savoir ce Coran et ce qui vient à la manière du Coran. Et nous disons : il n’y a d’argument pour les créatures que le Messager de Dieu seul – que Dieu prie sur lui et le salue. Tu as donc connu la différence entre nous et ceux que nous avons mentionnés. Une autre réponse : quiconque a entendu les récits du Prophète – sur lui la paix –, qu’il le croie ou le démente, sait de manière nécessaire qu’il prétendait à la prophétie et qu’il prétendait avoir avec lui des signes, des preuves et des miracles. Si les chrétiens disent : « Nous interprétons le Christ comme notre prédécesseur, et vous reconnaissez qu’il avait des signes et des miracles ; comment donc dites-vous que notre prédécesseur est comme notre successeur ? » On leur dit : « Qui vous a concédé que le Christ – sur lui la paix – est votre prédécesseur ? Nous vous avons réfutés là-dessus, et nous avons montré que vous avez contredit le Christ – sur lui la paix – dans ses principes et ses branches, violé ses alliances, et abandonné ses commandements, d’une manière que vous ne pouvez repousser. Quant à nous, nous n’avons su que le Christ était un prophète et qu’il avait des signes et des miracles ni par votre parole, ni par votre transmission, ni par votre prétention ; nous l’avons su seulement par la parole de notre Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue. Mais vous avez prétendu que ces nations n’ont répondu au christianisme que par les signes et les miracles qui sont apparus chez Paul, Georges, Abba Marc 3 et leurs semblables ; vous les avez consignés dans vos livres comme les manichéens 4, les mages 5 et d’autres l’ont fait ; vous les avez prétendus en tout temps, et les gens sont avec vous et vous observent, mais ils n’en voient ni fondement ni trace ; ils ne voient que l’épée, la contrainte et la violence. Le début de cette affaire n’a été que par l’épée et la violence, comme nous l’avons montré ; cela demeure et persiste, sans cesse, et même s’est accru. Nous vous avons trouvés descendant sur les habitants de Mopsueste 6, ‘Ayn Darba 7, l’île de Crète, l’île de Chypre, l’île d’Arwad 8, les frontières syriennes, les frontières de la Jazira 9, les frontières d’Arménie, d’Azerbaïdjan, et ce qui est trop long à énumérer, ce que les experts ont estimé jusqu’à présent : mille parasanges 10 de minarets 11, une construction continue, et le nombre de captifs et de prisonniers d’environ vingt millions d’êtres humains, qui ne se soumettent pas à l’islam mais entrent dans le christianisme de force, par la crainte et la convoitise. De même, ceux qui y sont entrés parmi les Bulgares 12 et les Burgondes 13 l’ont fait entièrement par contrainte et par l’épée, même si le temps a passé et que les gens ont oublié comment cela s’est produit. Vous avez prétendu que ces gens n’entrèrent dans le christianisme que par des signes et des miracles, et que le patriarche 14 vint du pays des Romains 15, descendit avec ses troupes, portant la chasuble 16, le lin 17 et la mitre 18, sur sa tête la tiare 19, dans sa main la crosse 20 ; il ressuscita leurs morts des tombeaux, et ils se levèrent tous d’eux-mêmes et partirent vers le pays des Romains. Et Michel le moine 21 vint aux habitants de Mopsueste, transforma le fleuve Sihoûn 22 en huile, et fit de tous leurs moutons des chevaux ; ils se levèrent tous d’eux-mêmes, baisèrent la croix, et partirent vers le pays des Romains. De même pour les habitants de Samosate 23 et de Hîsn Mansûr 24. Il n’y a chez eux rien de mensonge ni de calomnie ; ce sont des gens à qui leurs chefs mentent, et ils acceptent ce mensonge d’eux. Il n’est guère de ville parmi ces cités ni de frontière parmi ces frontières où les rois des Romains ne se soient rendus de nombreuses années, n’aient campé des années consécutives, brouté leurs récoltes, assiégé, privé de nourriture jusqu’à ce qu’ils mangent chiens, chats et charognes, les aient tués par la faim et la soif, tué leurs combattants, capturé leur descendance, les aient conduits avec chaînes et cordes, et leur aient infligé des tourments trop longs à décrire. Telle est leur affaire du début à la fin. Il n’y a pas d’épée portée à tort en tous temps comme l’épée du christianisme, comme nous l’avons montré. Et là où ils n’ont ni royaume ni épée, celui d’entre eux qui se convertit à l’islam, ils empêchent sa famille, annulent ses dettes, le diffament par toute infamie, et s’efforcent par tout ce qu’ils peuvent de lui nuire et de lui causer du tort. Ceci est aussi une forme de contrainte. Ensuite, on leur dit : « Ces manichéens ont dominé l’Orient, sans épée ni argent ; ils prétendent que leur religion est la plus étroite et la plus difficile des religions, qu’ils ne mangent pas de viande, ne nuisent à aucun animal, ne mangent que ce que la terre produit ; leur culte, jeûne et prière, est abondant et grand ; ils n’amassent pas les richesses ; ils prétendent que les miracles les ont contraints à cette religion ; ils prétendent que les convertis parmi vos moines et vos chefs en sont issus, et ils prétendent [être] les Hérbadhs 25 des mages. Ils disent : “Mais nous n’avons pas de protection 26 chez les musulmans comme les juifs, les chrétiens et les mages ; et si nous montrons notre religion à ceux-ci, ils nous tuent.” Ils disent : “De même font avec nous les rois des Romains.” Ils mentionnent des signes et des miracles de Mani 27 : qu’il était une pure lumière tout entier, qu’il n’avait pas d’ombre au soleil, que les anges venaient à lui et le portaient jusqu’à le faire monter au soleil, où il entrait, et ses compagnons le voyaient ; ils ont transmis cela de multitude en multitude, de groupes en groupes. Ils prétendent pour ses disciples des miracles, et prétendent en outre qu’ils sont les compagnons du Christ et sur la religion du Christ, et que l’Évangile qui est avec eux est la vérité, non celui qui est avec vous. Il conviendrait donc, selon votre raisonnement, qu’ils soient dans le vrai, et que cela ne leur soit arrivé que par des signes et des miracles, comme vous l’avez prétendu. Ils ont des livres consignés sur ses signes et ses miracles, peut-être plus nombreux que les “deux épées” 28 que vous avez, et que les signes que vous attribuez à tous ceux qui ont appelé au christianisme depuis que le christianisme existe. Et voici l’Inde : ce sont de grandes nations, peut-être plus nombreuses que les nations chrétiennes ; ils ont des intelligences et des sagesses que les intelligences des Arméniens et des Romains n’atteignent guère ; ils adorent les idoles 29 bien avant la christianisation des Romains, pendant de nombreux siècles ; ils n’appellent pas les gens à les suivre ni par l’épée, ni par la convoitise, ni par la crainte ; celui qui y entre, ils ne l’en empêchent pas. Ils prétendent que leurs idoles leur parlent, leur ordonnent et leur interdisent, les informent des choses avant qu’elles n’adviennent, leur apportent les pluies et ce qu’ils demandent comme prospérité et bienfaits, repoussent le mal d’eux, guérissent leurs malades ; ils portent leurs infirmes sur des civières au marché des idoles, et ils guérissent et reviennent sur leurs pieds ; ils prétendent qu’elles ressuscitent les morts ; ils ont des incantations qu’ils prétendent guérir et ressusciter. Il conviendrait donc que ceux-ci soient dans le vrai et véridiques. Les mages prétendent pour Zoroastre 30 des miracles et des signes plus nombreux que ce que les chrétiens prétendent pour ceux qui les ont appelés au christianisme. Ils disent : “Nous ne contraignons personne à entrer dans notre religion, ni ne l’y incitons ; c’est une religion dont Dieu nous a distingués ; celui qui y entre, nous ne l’en empêchons pas. Nous ne combattons et ne portons l’épée contre les nations que pour la perception du tribut 31 et l’entrée dans l’obéissance seulement ; quant à la religion, nous ne faisons pas la guerre pour elle.” Les intelligences des Perses, leur sagesse et leur savoir sont connus des gens ; l’étendue de leurs royaumes dépasse de plusieurs degrés celle des Romains. Il conviendrait donc, selon votre raisonnement, qu’ils soient dans le vrai et véridiques. Si vous leur dites : “Vous avez des rois tyranniques et puissants qui vous ont fait entrer de force, par l’épée, la convoitise et la crainte, dans cette religion”, ils vous diront : “Quant à la religion, ils n’ont pas cherché à y faire entrer les gens, ni ne s’en sont occupés ; ils n’ont pris les gens que pour l’écoute, l’obéissance et la soumission au roi.” Cela est connu. L’évidence et ce qui existe de la religion chrétienne et de ce que ces groupes ont subi – la contrainte, la domination et l’épée – depuis son commencement jusqu’à maintenant, il n’y a ici d’épée portée à tort que l’épée du christianisme, de son début jusqu’à maintenant. Un juif a appelé les Khazars 32 – qui sont de nombreuses nations – et ils lui ont répondu et sont entrés dans sa religion rapidement, à l’époque des Abbassides et de leur État. Si quelqu’un voulait prétendre qu’ils n’ont répondu que par des signes et des miracles, comme les chrétiens le prétendent pour ceux qui se sont christianisés, cela lui serait possible et serait plus digne de contestation que les chrétiens. Car c’est un seul homme qui s’est rendu chez un roi de grande importance et chez un peuple d’une grande force ; ils lui ont répondu sans domination ni épée, et ont supporté ce qu’il y a dans la Loi de la Torah comme rigueur : la circoncision, les ablutions, le lavage après les rapports sexuels, l’interdiction du travail le samedi et les fêtes, l’interdiction de certains animaux dans cette Loi, etc. Peut-être les juifs prétendent-ils pour ce prédicateur des signes et des miracles ; certains d’entre eux les admettent pour leurs saints. Cela est plus digne de ressemblance que ce que prétendent les chrétiens. Mais les chrétiens sont plus menteurs et plus audacieux à prétendre ce qui n’a pas été. Ensuite, on dit aux chrétiens : « Vous avez prétendu que votre religion est étroite et difficile, et vous avez dit : “C’est l’une des preuves de sa vérité et que les nations ne l’ont acceptée et n’y sont entrées que par des signes.” Nous avons connu ce qu’ils disent des signes. Si elle était étroite, difficile et dure, cela ne prouverait pas sa vérité. Car leur prétention est comme leur prétention aux miracles. La difficulté et la dureté d’une religion ne prouvent pas sa vérité ; bien plutôt, l’imposteur et le falsificateur peuvent recourir à l’ascétisme 33, à l’austérité, à l’abondance du culte et à la rigueur dans ce à quoi il appelle, jusqu’à ce qu’il s’établisse, puis il montre ses mauvais côtés ; cela devient pour lui une ambiguïté pour celui qui voit et entend cela. Les âmes ont pitié de l’ascète, de l’austère, de celui qui multiplie prières et jeûnes, même s’il est dans le faux ; elles ont bonne opinion de lui, se hâtent d’accepter de lui avant d’examiner sa situation, se contentent de ce qui paraît de lui sans chercher à connaître son état ; or l’examen et la recherche sont pénibles et difficiles, et leurs âmes répugnent à celui qui porte l’épée, même s’il est dans le vrai. De plus, les religions manichéennes sont plus étroites que les religions chrétiennes, car elles interdisent de manger tout animal, de le monter, de lui nuire en quoi que ce soit, au point qu’elles interdisent de tuer les bêtes féroces, les serpents et les scorpions, et supportent leur nuisance ; elles interdisent d’amasser les richesses, imposent plus de jeûne et de prière que ce qu’imposent les chrétiens, et interdisent tous les mariages et les plaisirs des âmes. Il conviendrait donc que la religion de ceux-ci soit mille fois plus vraie que le christianisme. Les Indiens ont de nombreux cultes et un grand ascétisme que ne peut égaler ce que fait le plus ascète des moines chrétiens. Leur religion impose de se tuer soi-même, de se brûler vif dans le feu ; quand leur chef meurt, ils le brûlent et brûlent avec lui ses bien-aimés, ses amis, ses familiers et son épouse – son père, sa mère et sa famille le font pour elle. Il n’y a rien de tel dans la religion chrétienne. Il conviendrait donc que la religion manichéenne soit plus vraie que les doctrines de ces groupes chrétiens. De plus, nous ne connaissons pas de religion plus large, plus commode et plus facile que la religion des chrétiens, car il n’y a en elle ni empêchement redoutable comme les peines légales prescrites, ni le Feu, ni le châtiment de l’Au-delà. Le plus dur des châtiments dans l’Au-delà est que l’entêté qui a connu la vérité et l’a abandonnée subit une tristesse pour un temps, puis elle se dissipe et prend fin. Quant à celui qui n’est pas entêté, même s’il se trompe, même si sa croyance est contraire à la religion chrétienne, il n’a ni crainte ni châtiment, si son intention est saine et qu’il croit une chose comme vraie, même si elle est fausse. Quant aux chrétiens, ils n’ont pas de crainte, et on ne les tient pas pour responsables d’aucun péché ; ils disent : “Le Seigneur qui est le Père n’a envoyé son Fils que pour être crucifié et tué, afin de porter nos péchés et de pardonner nos fautes.” Il n’y a pas de religion qui incite plus au mal, pousse à commettre les turpitudes et excite à la corruption que la religion chrétienne. Et ils prétendent qu’elle est étroite, par impudence et calomnie ; elle est comme tu vois. Ils ne prétendent pour ses adeptes et pour ceux qui y appellent des miracles que parce qu’il n’y a en elle ni argument ni preuve de sa vérité. »

Ensuite, nous disons aux chrétiens : « Croyez-vous que celui qui a porté l’épée était dans l’erreur ? » S’ils répondent : « Oui », nous disons : « Alors le Messie est le premier des égarés, car selon vous 59, il a envoyé Moïse – sur lui la paix – et d’autres prophètes avec l’épée, tuant les hommes et les femmes qui s’opposaient à lui, et il leur a permis, dans certaines guerres, de tuer les hommes et toute femme ayant couché avec un homme, tout en épargnant les vierges ; il leur a permis le butin, la prise des biens et leur remise aux enfants d’Israël. Il en va de même pour tous les autres prophètes que vous vénérez et dont vous dites qu’ils étaient dans la vérité, jusqu’à ce que vienne le Messie et apparaisse aux gens, disant : “Je ne suis pas venu pour m’opposer à Moïse ni à la Torah, mais pour accomplir. Il est plus facile pour Dieu que le ciel tombe sur la terre que d’annuler quoi que ce soit de ce que Moïse a établi ; et quiconque annule [un commandement], fût-ce le plus petit, sera appelé moindre dans le royaume des cieux 60.” » De plus, chez ces gens, il n’y a pas de perception de la capitation 61 envers ceux qu’ils dominent et dont ils ont le pouvoir, ni de maintien de ceux-ci dans leur religion ; il n’y a que la réponse à la religion ou la mort. Et ceci est plus grave, plus dur et plus rigoureux que la religion de l’islam et sa loi. Nous vous voyons attribuer au Messie la clémence et la miséricorde, et le déclarer exempt de toute souffrance, difficulté, nuisance et souci. Pourtant, selon vous, il a institué la Torah, ses prescriptions et ses peines légales 62, et il a noyé les habitants de la terre dans le déluge de Noé. Selon vous, la mort, la lèpre, la cécité, la surdité, l’envoi de la gale, des maladies et de toutes sortes de souffrances sur les bêtes qui n’ont pas désobéi viennent de Son action ; puis Il a permis de les égorger, de manger leur chair, de les faire souffrir par la fatigue, la monte et le portage, et bien d’autres choses encore qu’ils ont faites. Où sont donc la clémence et la miséricorde ? Où est cela par rapport à ce que notre prophète Muhammad – que Dieu prie sur lui et lui accorde la paix – a permis, à savoir tuer quiconque mécroit en Dieu et corrompt la terre ? Et pourtant 63, si vous considériez le Messie comme un prophète envoyé, vous ne devriez pas lui reprocher d’avoir porté l’épée, car il est venu approuver le port de l’épée par les prophètes avant lui, ainsi que la permission de tuer les animaux, et [affirmer] que les maladies et les infirmités viennent de Dieu et procèdent de Lui. Qu’en est-il donc alors que vous prétendez que l’auteur de tout cela est le Messie 64 ? On n’a jamais entendu parler d’un peuple plus ignorant, plus impudent et plus calomniateur que les chrétiens, car telle est leur parole, alors qu’ils blâment Muhammad – que Dieu prie sur lui et lui accorde la paix – d’avoir porté l’épée contre ceux qui mécroient en Dieu, adorent les idoles, les astres et les feux en dehors de Dieu, et qui mentent sur eux et les calomnient encore plus. S’ils disent : « Ces prophètes ont porté l’épée sur ordre de Dieu », on leur répond : « Alors il est faux que le port de l’épée soit absolument mauvais, comme vous le prétendez ; il faut considérer celui qui la porte : s’il l’a portée avec une preuve valable, il est dans le vrai. Il convient donc d’examiner les signes 65 de Muhammad – que Dieu prie sur lui et lui accorde la paix –, ses miracles et ses versets, et de savoir qu’il est semblable aux prophètes qui l’ont précédé. Vous prétendez pratiquer le soufisme 66, l’ascétisme, les longs jeûnes et prières, et interdire le port de l’épée. Or, dans la religion des chrétiens, des manichéens 67, des disciples de Bardesane 68 et de leurs semblables, il n’y a aucun argument ; ils trompent les gens en portant la laine et en affichant le renoncement. Parmi leurs ignorances et leurs impostures, ils blâment Muhammad – que Dieu prie sur lui et lui accorde la paix – d’avoir pris des femmes, alors qu’ils savent qu’Adam, Noé, Abraham, Lot, Isaac, Jacob, les tribus 69, Moïse, Aaron, David, Josué et d’autres, dont ils professent la prophétie et attestent la justesse de la voie, ont pris des épouses et des concubines 70 comme ceux-ci en ont pris ; bien plus, certains d’entre eux en ont pris un nombre multiple, comme ce fut le cas de David et de ses semblables. Les Romains sont à l’origine du christianisme, mais n’ayant trouvé chez l’Envoyé – que Dieu prie sur lui et lui accorde la paix – aucun défaut, ils l’ont blâmé pour le port de l’épée et la prise d’épouses, alors qu’ils blâment cela chez lui – que Dieu prie sur lui et lui accorde la paix – tout en prétendant que Dieu a pris Marie comme mère pour Son fils et qu’Il s’est attribué un fils, sans pour autant appeler Marie épouse 71. Parmi les merveilles de leur religion, le pécheur dit au prêtre et au moine : « Accorde-moi le pardon et la repentance, et prends sur toi mes péchés », et il lui donne un salaire proportionné à sa richesse ou à sa pauvreté. Le prêtre étend alors son manteau, prend le salaire, puis dit au pécheur : « Viens maintenant, énumère-moi tes péchés un par un, afin que je les connaisse et les prenne sur moi. » Le pécheur, homme ou femme, roi ou roturier, commence alors à mentionner ce qu’il a fait, point par point, jusqu’à dire : « Voilà, c’est tout. » Le prêtre lui dit : « Ils sont grands, mais je les ai pris sur moi et je te les ai pardonnés ; réjouis-toi. » Parfois, il rassemble les bords du manteau, le place sur son dos et dit : « Qu’il est lourd, ce manteau, à cause des péchés ! » Parmi ce qui est rapporté d’eux et qui est courant chez eux, une femme confesse ses péchés au prêtre et dit : « Un homme m’a possédée tel jour. » Il lui demande combien de fois, elle répond : « Tant et tant. » Il lui dit : « Dis-moi, cet homme est-il chrétien ou musulman ? » Parfois elle répond : « Musulman. » Il considère cela comme très grave et exige d’elle un supplément de salaire. Si elle augmente, tant mieux ; sinon, il se fâche et s’en va en disant : « Les musulmans ont forniqué avec elle, et elle veut que je lui pardonne, alors qu’elle ne m’a donné que tant et tant ! » Elle le rappelle, augmente le salaire et l’apaise. Voilà leur religion, qu’ils prétendent étroite et conforme à la religion du Messie, alors qu’elle ne peut être une religion pour lui – que Dieu prie sur lui. On a dit à l’un de leurs prêtres : « Qu’est-ce que cette repentance ? » Il répondit : « Quel autre moyen avons-nous de les laisser sans leur demander leurs péchés et de leur donner l’espoir du pardon ? Si nous ne faisions pas cela et ne prenions pas leur argent, les églises seraient pauvres. » Tu trouves rarement parmi eux quelqu’un qui craigne le châtiment de l’au-delà, car ils croient que le Messie s’est tué lui-même pour les préserver des péchés et du châtiment, qu’il est assis à la droite de son Père, et que sa mère est assise à sa gauche ; elle reçoit les péchés lorsqu’ils montent et dit à son fils : « Demande, mon fils, à ton Père, le Seigneur, le pardon de ces péchés. » Alors, selon eux, il pardonne et demande à son Père le pardon. Les rois d’Égypte, de Syrie, d’Irak, de la Jazira 72, de Perse et des régions voisines s’appuient sur les chrétiens pour les fonctions de secrétaire, de vizir et de trésorier 73. Ils ont donc l’autorité sur les musulmans, perçoivent leurs biens et les leur prennent sous forme d’impôts imposés sur toute chose, sans que Dieu n’en ait donné l’autorisation ; ils humilient ainsi l’islam et dépensent ces biens dans ce qui déplaît aux musulmans. Les Perses ont aussi des scandales semblables à ceux des chrétiens mentionnés plus haut : Zoroastre 74 leur a prescrit de purifier la femme en période de menstrues, celle qui vient d’accoucher, et celle dont le fœtus est mort dans son ventre, avec de l’urine de vache 75. C’est le prêtre 76 qui s’en charge, après l’avoir dévêtue et mise à nu ; il s’occupe lui-même de cela de sa main et sous ses yeux, la fait s’agenouiller et lave cet endroit de sa main. Parfois elle se débat violemment, et il prend un salaire proportionné à sa valeur. La première chose qu’il prend est le vêtement qu’elle porte lorsqu’il la dénude pour la purification ; le minimum qu’il prend du plus pauvre des pauvres est de quatre mithqals 77 d’argent. Les Perses et les mages 78 prétendent que le Mobedhan Mobedh 79 recevait, à l’époque de leur roi, de cette manière, quatre millions de dinars 80, qu’il dépensait pour les prêtres. Ils ont également prescrit, pour la procréation, que si le mari est absent de sa femme ou incapable de la satisfaire, il doit charger l’un de ses amis, de ses confidents ou de ses compagnons, de son choix, d’avoir des rapports avec elle. Nous n’avons pas entrepris de réfuter les mages ni les chrétiens ; nous avons seulement voulu montrer qu’ils sont en opposition avec le Messie et sa religion dans les principes et les branches. Voilà, que Dieu te fasse miséricorde, le fondement de la doctrine chrétienne et de la doctrine de leurs lecteurs 81 et ascètes. Quant aux dialecticiens 82, aux théoriciens et à ceux qui se consacrent à la défense du christianisme et composent des livres à ce sujet, ce sont tous des hérétiques 83 et des zindīqs 84 ; ils mentent sur le Messie et sur tous les prophètes – sur eux la paix – et traitent d’ignorants les lois religieuses et ceux qui les pratiquent. Tu ne trouveras guère parmi eux que des gens de cette sorte, comme Qusṭā ibn Lūqā 85, Ḥunayn ibn Isḥāq 86, son fils Isḥāq 87, Quwayrī 88, Mattā al-Jarmaqānī 89, surnommé Abū Bishr ibn Yūnus, qui a commenté les livres des hérétiques et est mort vers les années 320 de l’hégire 90, et après lui Yaḥyā ibn ‘Adī 91, dont ont appris ces hérétiques de ton temps ; leur doctrine ne tient pas devant la dialectique. Quand on leur dit : « [Que dites-vous ?] », ils répondent : « Notre argument à ce sujet est fondé sur la parole d’Aristote 92 et sur ce qui découle de sa doctrine et de ses principes. Or Aristote ne croit ni en un Livre, ni en un prophète, ni en une loi religieuse ; il nie la fente de la mer, la transformation du bâton en serpent, la résurrection des morts et la naissance de Marie sans mâle. Il considère que croire en cela est ignorance, sottise et manque d’intelligence. Regarde donc qui mérite le plus d’être accusé de manque d’intelligence : lui, ou celui qui le prend comme argument pour sa religion et reçoit de lui [son enseignement] ? Il n’y a rien au-delà de cela dans leur scandale. Reconnais donc cela de leur méthode ; il t’est apparu clairement que les religions de ces chrétiens sont contraires à la religion du Messie, à ses commandements et à ses alliances ; tu as su que la science de Muhammad – que Dieu prie sur lui et lui accorde la paix – à ce sujet vient de Dieu, et que c’est l’un de ses miracles. Les chrétiens disent : « Par ma vie, le Messie n’a jamais rien fait de ce que nous pratiquons, et ses disciples après lui non plus ; ils se sont tenus à la loi de la Torah. Mais ceux qui sont venus après eux nous ont transmis et nous ont dit : “Le Messie a dit : Agissez après moi comme vous le voyez.” » Nous disons : « Vous les avez crus dans leurs prétentions, alors qu’ils ont obtenu l’autorité sur vous et le pouvoir de disposer de vous et de vos biens. » S’ils disent : « Nous ne les avons acceptés que sur la base de miracles », nous avons déjà traité ce point et montré comment les choses ont commencé avec Constantin, fils d’Hélène 93, et nous avons montré que le Messie leur a prescrit la loi de Moïse – sur lui la paix – et d’agir conformément à ce qu’ils l’ont vu pratiquer toute sa vie, comme nous l’avons exposé : le pur monothéisme, la transcendance de Dieu – qu’Il soit exalté et glorifié – et l’établissement de la Loi, comme nous l’avons expliqué. Quant à l’histoire de leur transfert [d’une loi à une autre] dans leur livre connu sous le nom d’Aphraxis 94 et dans leur synode 95, ils ne font que repousser ceux qui ne savent pas, en disant : « Nous suivons la loi du Messie. » Si quelqu’un de savant les contredit, ils disent : « Nous avons été transférés par des signes et des miracles. » Si on leur fait connaître l’histoire de Constantin, fils d’Hélène, et tout ce que nous avons exposé, ils disent : « Il nous a été interdit de disputer, de chercher et d’examiner. » Parmi les choses étonnantes chez eux, ils ont dans ce qu’ils ont conservé du Messie – sur lui la paix – qu’il leur a dit : « Vous viendrez à moi au Jour de la Résurrection ; les habitants de la terre seront rassemblés vers moi et se tiendront à ma droite et à ma gauche. Je dirai aux fils de la gauche : “J’ai eu faim et vous ne m’avez pas nourri ; j’ai été nu et vous ne m’avez pas vêtu ; j’ai été malade et vous ne m’avez pas visité ni soigné ; j’ai été emprisonné et vous ne m’avez pas visité.” Leur réponse sera : “Quand, Seigneur, as-tu été malade, nu, affamé ou emprisonné ? N’avons-nous pas prophétisé en ton nom, guéri les malades en ton nom, ressuscité les paralytiques, nourri les affamés, vêtu les nus, soigné les malades, mangé et bu en ton nom ?” Je leur dirai : “Vous avez mentionné mon nom, mais vous n’avez pas témoigné de la vérité sur moi ; éloignez-vous de moi, ouvriers d’iniquité.” Puis je dirai aux fils de la droite : “Venez, vous les justes, à la miséricorde de Dieu et à la vie éternelle.” Or, il n’y a ici personne qui nourrisse, vête, soigne les malades, mange et boive au nom du Messie et fasse cela pour le Messie, si ce n’est ces groupes de chrétiens. » Voilà un texte clair attestant son innocence à leur égard et son hostilité envers eux. Les Romains mangent du porc et de tous les animaux, ainsi que les sacrifices de tous les hommes ; les chrétiens les ont suivis en cela comme en d’autres choses. Quand on leur objecte cela, ils disent : « Simon Pierre 96 … »

Il vit en songe, et voici qu'un drap attaché par ses quatre coins descendait du ciel sur la terre, contenant tous les quadrupèdes, les reptiles de la terre, les oiseaux du ciel et les créatures aquatiques. Et il entendit une voix qui disait : « Lève-toi, Pierre, lève-toi, égorge et mange. » Pierre répondit : « Loin de moi, Seigneur, car jamais je n'ai rien mangé d'impur. » La voix lui dit une seconde fois : « Ne déclare pas impur ce que Dieu a purifié. » Selon eux, Pierre vit cela après la mort et l'ascension du Christ. Nous disons : Pierre a donc témoigné que cela faisait partie de ce que le Christ avait interdit et déclaré impur. Cela confirme votre honte, car il n'est venu que pour accomplir, non pour changer ou abroger. Il est étonnant qu'ils aient dans Ésaïe (44) que la pire des nations, la plus impure et la plus vile, est cette nation incirconcise, mangeuse de porc et de toutes les bêtes. Telle est leur description. Parmi les chrétiens, certains ajoutent au mensonge et à l'affabulation en disant : « Les Juifs n'ont tué le Christ que parce qu'il ressuscitait les morts et guérissait les paralytiques le jour du sabbat. » Cela prouverait qu'il a aboli le sabbat et abrogé ce qui est dans la Torah. Nous disons : Nous avons déjà montré, dans les Évangiles et dans l'Apocalypse, les recommandations du Christ concernant la Torah et ce qu'il a fait, ce qui invalide ces prétentions. Ce qui ajoute à la démonstration de leur mensonge est ce que dit Matthieu dans son Évangile : « Jésus traversait les champs de blé un jour de sabbat. Ses disciples, ayant faim, se mirent à arracher des épis et à les manger. Voyant cela, les pharisiens lui dirent : Voici que tes disciples font ce qu'il n'est pas permis de faire le jour du sabbat. Jésus leur répondit : N'avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu'il eut faim, lui et ceux qui l'accompagnaient ? Comment il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de proposition, qu'il n'était permis de manger qu'aux prêtres seuls ? » Il leur dit aussi : « N'avez-vous pas lu dans la Torah que les prêtres, dans le Temple, violent le sabbat sans être coupables ? » Regarde comment il montre que ceux-ci n'ont pas aboli le sabbat ni ce qui est dans la Torah, et qu'ils n'ont fait que ce qui est permis dans la Torah, mais vous, vous êtes ignorants. S'il avait abrogé, il leur aurait dit : « Ils ont arraché des épis le sabbat parce que Dieu a abrogé cela par moi », sans avoir besoin d'expliquer la situation de nécessité. Matthieu rapporte dans son Évangile que lorsque Jésus guérit l'homme à la main desséchée, les Juifs lui dirent : « Est-il permis de guérir le jour du sabbat ? » Il leur répondit : « Si l'un de vous a une brebis qui tombe dans un puits un jour de sabbat, ne l'en retire-t-il pas ? Or, un homme vaut bien plus qu'une brebis. Il est donc permis de faire du bien le jour du sabbat. » S'il avait aboli le sabbat, il l'aurait dit et montré, sans avoir besoin de cela. Luc dit dans son Évangile : « Jésus enseignait dans une synagogue le jour du sabbat. Il y avait là une femme possédée d'un esprit d'infirmité depuis dix-huit ans ; elle était courbée et ne pouvait pas se redresser. Quand Jésus la vit, il lui dit : Femme, tu es délivrée de ton infirmité. Et à l'heure même elle fut guérie. Le chef de la synagogue, indigné de ce que Jésus avait guéri un jour de sabbat, dit à la foule : Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non le jour du sabbat. Jésus lui répondit : Hypocrites ! Chacun de vous ne détache-t-il pas son bœuf ou son âne de la crèche le jour du sabbat pour le mener boire ? Et cette femme, qui est une fille d'Abraham, que Satan tenait liée depuis dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de ce lien le jour du sabbat ? » S'il en était comme le dit ce menteur, il aurait dit : « Le sabbat est abrogé, tous les travaux y sont permis et licites. » Matthieu rapporte dans son Évangile que Jésus annonça une calamité et un exil qui frapperaient ses disciples, puis leur dit : « Priez Dieu et implorez-le pour que votre fuite et votre exil n'arrivent pas un jour de sabbat ni en hiver. » Il leur dit cela au moment de les quitter et de leur faire ses adieux, pour que tu saches combien il insiste sur le maintien du sabbat après lui et l'attachement aux lois de la Torah. Il leur ordonne seulement de demander à Dieu que leur fuite n'ait pas lieu un jour de sabbat, car il ne leur est pas permis de porter ce jour-là quoi que ce soit de leurs bagages et de leurs biens ; seule la sauvegarde de la personne est permise, rien d'autre. Tout cela montre clairement le rejet par les chrétiens de la religion du Christ. Si on leur dit : « Pourquoi priez-vous vers l'orient, alors que vous savez que le Christ n'a cessé de prier vers Jérusalem jusqu'à sa sortie de ce monde, et que l'orient est la qibla des Romains ? » Ils répondent : « Parce que Dieu a parlé aux prophètes depuis l'orient. » Certains disent : « Quand le Christ fut crucifié, il tourna son visage vers l'orient, c'est pourquoi nous prions vers l'orient. » On leur dit : « Qui connaît le mieux les intérêts, vous ou le Christ ? Vous savez et êtes certains qu'il n'a jamais prié vers l'orient, mais vous avez adopté les religions des Romains et abandonné la religion du Christ. » Dans l'Évangile, la Samaritaine lui demanda : « Je vois que tu es un prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne, et vous dites que le lieu où il faut adorer est Jérusalem. » Jésus lui dit : « Femme, tu as raison. Mais l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. » Regarde la clarté et l'évidence dans ceci : le Christ priait vers Jérusalem, c'est-à-dire le Temple, pour que l'on sache qu'ils ont contredit ce qu'il pratiquait. Je t'ai déjà dit que notre but n'est pas de démontrer la corruption du christianisme, mais de montrer qu'ils se sont écartés de la religion du Christ et l'ont contredit dans les principes et les branches, tout en prétendant le suivre fermement, et que la connaissance qu'en a Muhammad - que Dieu le bénisse et le salue - vient de Dieu - qu'Il soit exalté - et que cela fait partie de ses miracles et de ses signes, même si nous avons rapporté de leurs propos et des réfutations ce qu'on ne trouve guère dans les livres, surtout le récit de leurs glorifications et les paroles de leurs chefs. Conserve cela, car tu ne le trouveras guère dans un livre, et tu en as le plus grand besoin. Quant aux questions qu'on leur pose et aux réfutations, elles sont nombreuses. Parmi cela, le livre d'al-Jahiz, et un autre livre de lui connu sous le nom d'Épître du miel ; d'Abu Ja'far al-Iskafi ; d'Abu Bakr Ahmad ibn Ali ibn al-Akhshid, un bon passage dans le Livre de l'assistance ; d'Abu Isa al-Warraq, un livre contre eux ; d'Abu Ali, un livre contre eux ; d'Abu Hashim, une question dans les Bagdadiennes ; dans les Fondements d'Ibn Khallad et dans son commentaire ; dans la Clarification d'Abu Abd Allah al-Basri - que Dieu leur fasse miséricorde à tous - des propos contre eux. Selon eux, le Christ n'a pas parlé au berceau, ni apporté la preuve de l'innocence de sa mère. Le plus qu'ils aient est que Marie - paix sur elle - était sous la tutelle d'un cousin appelé Joseph, le charpentier, et qu'elle était chez lui, et que les gens pensaient que le Christ était le fils de Joseph, jusqu'à ce que Jean le baptise dans le Jourdain et qu'une voix vienne du ciel : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection. » Ils dirent : « Nous avons alors su qu'il était le Fils de Dieu - Dieu soit exalté - et non le fils de Joseph le charpentier. » Ils dirent : « Cela arriva après que le Christ eut atteint trente ans, et les gens ne doutaient pas qu'il fût le fils du charpentier jusqu'à ce que cette voix vienne, selon la prétention des chrétiens. » Y a-t-il plus grande sottise, bassesse et atteinte à la sagesse de Dieu que cela ? Lui qui est, selon eux, le Seigneur des mondes, et Il a laissé Ses serviteurs calomnier Sa mère. Un groupe parmi eux, les spécialistes, soutient que leur Seigneur est un Juif fils de Juif, né d'une Juive, et que sa mère est une femme juive. Matthieu dit dans son Évangile : « Lorsque la grossesse de Marie la vierge fut manifestée, Joseph le charpentier songea à la répudier. Un ange lui apparut en songe et lui dit : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme, car ce qui a été conçu en elle vient de l'Esprit Saint. Alors il renonça à la répudier. » Regarde comment il témoigne qu'elle était l'épouse de Joseph le charpentier et sa femme, qu'il songea à la répudier, l'accusa d'adultère et voulut la répudier pour fuir le déshonneur. Certains mentionnent dans l'introduction de leur Évangile : « Voici la généalogie de Jésus, fils de Joseph le charpentier. » Matthieu dit dans son Évangile : « Voici la généalogie de Jésus-Christ. » Il dit : « Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, appelé Christ. » Regarde comment ils confirment que Joseph est son mari. Dans l'Évangile, le Christ, à sa naissance, fut circoncis après huit jours, et Joseph le charpentier le prit avec sa mère et les emmena en Égypte, où ils restèrent douze ans. Puis il les ramena à Jérusalem. Il y est dit que Joseph entra dans sa maison et dit à Marie : « Où est l'enfant ? » - c'est-à-dire Jésus le Christ. Elle dit : « Je pensais qu'il était avec toi. » Il dit : « Et moi, je pensais qu'il était à la maison avec toi. » Ils s'inquiétèrent et craignirent qu'il ne se perde. Ils sortirent tous deux à sa recherche. Joseph le charpentier dit à Marie : « Prends un chemin, et moi je prendrai un autre, peut-être l'un de nous le trouvera. » Ils marchèrent, le cœur brûlant. Marie, sa mère, le rencontra et dit : « Mon fils, où étais-tu ? Je pensais que tu étais avec ton père, et ton père pensait que tu étais avec moi. Quand nous ne t'avons pas vu, nous nous sommes inquiétés. Ton père a pris un chemin, et moi j'ai pris celui-ci. Où étais-tu ? Avec qui étais-tu ? Ton père est inquiet à cause de toi. » Il dit : « J'étais à Jérusalem, en train d'apprendre. » Matthieu rapporte dans son Évangile que Jésus se réunit avec les Juifs et leur proposa des paraboles. Quand il eut fini ces paraboles, il se rendit dans sa ville et enseignait dans leurs synagogues, de sorte qu'ils étaient étonnés et disaient : « D'où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? N'est-ce pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s'appelle-t-elle pas Marie, et ses frères Jacques, Simon, Jude ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous ? D'où lui vient tout cela ? » Et ils se scandalisaient à son sujet, le méprisaient et le calomniaient. Jésus leur disait : « Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie. » Les chrétiens sont d'accord avec les musulmans pour dire que le Christ est né sans père. Puis ils disent dans leurs Évangiles que Joseph le charpentier est l'époux de Marie, mère du Christ, l'homme de Marie, le père du Christ, qu'il était appelé ainsi et connu comme tel sans qu'ils le nient, et qu'il avait des frères et des sœurs. Dans leurs Évangiles et leurs récits, lorsqu'il fut réclamé, sa mère Marie vint avec ses enfants Jacques, Simon et Jude, et ils se tinrent devant lui. Il lui dit, alors qu'il était sur le bois : « Prends tes enfants et va-t'en. » Qu'y a-t-il après cela comme preuve que Marie a enfanté après le Christ, de Joseph le charpentier, ce groupe qui étaient les frères du Christ par sa mère ? Quelle honte plus hideuse que cela ? Il est étonnant que les auteurs des quatre Évangiles aient visé à mentionner la généalogie de Joseph le charpentier uniquement, sans qu'il y ait de généalogie pour le Christ, puisqu'il est né sans père. Sa généalogie ne remonte à Salomon fils de David - paix sur eux - que par sa mère, non par un homme. C'est une confusion évidente et une ignorance manifeste. C'est pourquoi les Juifs ont trouvé le moyen d'attaquer le Christ. Sache - que Dieu te fasse miséricorde - que ces groupes de chrétiens sont les plus ignorants de la création de Dieu concernant le Christ, ses récits et ceux de sa mère. Chacun des auteurs de ces Évangiles n'a proféré ce qu'il a écrit qu'après le Christ, longtemps après, et après la disparition de ses compagnons, d'après des gens qui ne savent pas et ne comprennent pas. Il y a en eux des divergences et des contradictions sur ce qu'ils professent, qui seraient longues à exposer. Dans leurs Évangiles, des Juifs vinrent demander un signe à Jésus. Il les réprimanda et leur répondit : « Cette génération méchante et adultère demande un signe ; il ne lui sera donné d'autre signe que celui du prophète Jonas. » Cela montre, selon leur propre dire, qu'il n'avait pas de signe avec une telle clarté, et qu'il ne prétendit pas cela quand il en avait besoin. Les chrétiens ne connaissent pas la divinité ni ne distinguent entre elle et l'humanité. Aucune preuve ne peut être établie contre quiconque par leur transmission et leur prétention, sauf par les signes du Christ. Sans le témoignage du Messager de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - en faveur de la prophétie du Christ - paix sur lui - personne ne le saurait.

Parmi les plus grandes ruses des chefs des chrétiens, il y a la prétention aux miracles pour eux-mêmes et pour leurs semblables parmi leurs prédécesseurs. Les chrétiens acceptent cela d'eux sans preuve ni argument. Quand ce chef — moine, prêtre, métropolite ou catholicos — meurt, un moine s'assoit et dit : « Je le servais et j'ai vu de lui des prodiges. Ayez pitié de lui, assemblée des chrétiens, et implorez Dieu par lui, car il est témoin. Témoignez de sa tombe et multipliez vos visites. » Les chrétiens lui disent : « Ô rabbânî 97, raconte-nous ce que tu as vu de lui. » Il refuse et dit : « Dispensez-moi d'expliquer. » Plus il se dérobe, plus ils insistent pour l'interroger. Il persiste dans son refus, et eux redoublent d'ardeur à le questionner. Alors il dit : « De son vivant, il n'en parlait pas, et je n'aime pas en parler après lui. Je vous ai seulement mentionné son mérite pour que vous imploriez Dieu par lui. Si vous me croyez, faites-le ; sinon, laissez-moi. Cela ne me nuit pas, et ce n'est ni un prodige ni un signe pour moi, mais pour lui. » Ils deviennent encore plus avides. Il dit : « L'huile était épuisée dans l'église. Il ne demandait d'huile à personne et ne me laissait pas en demander. La nuit, il allumait la lampe, se levait vers une jarre contenant du vinaigre, le versait dans la lampe, et cela devenait immédiatement de l'huile, dont il se servait pendant tant de mois. Or, dans la jarre, il y avait plus de cinquante ratls de vinaigre, que nous mangions au petit-déjeuner ; et la nuit, quand il le versait dans la lampe, cela devenait de l'huile. » Un autre raconte à propos d'un moine qu'il a côtoyé, nommé Abâ Marqus 98, qu'il était très pieux, qu'il s'en remit à Dieu et se jeta dans la mer, disant : « Que Dieu fasse de moi ce qu'Il veut : s'Il veut, Il me noie ; s'Il veut, Il me sauve et me jette où Il veut sur Sa terre. » Il dit : « Je n'osai pas faire comme lui, et je restai à ma place après lui, avec la tristesse de sa séparation, longtemps. Puis, la tristesse que j'éprouvais pour lui me poussa à faire comme lui : soit je me noie et me repose de la solitude. » Je le fis, et je restai dans la mer un certain temps. Puis Dieu me jeta sur une terre que je ne connaissais pas, où il n'y avait pas un arbuste dont un animal pût se nourrir. Je me mis à marcher, et mes yeux tombèrent sur une personne debout en prière. Je me dirigeai vers elle, et voici que c'était Abâ Marqus, mon compagnon. Je lui dis : « Ô rabbânî, depuis quand es-tu ici ? » Il dit : « Depuis que je t'ai quitté, Dieu m'a jeté sur cette terre. » Je lui dis : « De quoi vis-tu, puisqu'il n'y a ici aucun arbuste dont un animal puisse se nourrir ? » Il dit : « Le soir, quand je termine ma prière, je trouve un poisson grillé chaud dans un plat, deux pains et une petite coupelle de miel. Je romps le jeûne avec cela, et le plat s'élève sans que je voie qui le soulève ni qui le pose. » Je lui dis : « Cette quantité est ta nourriture à toi seul ; si je partage avec toi, je te gênerai. Comment ferai-je, moi, alors que cette terre est un désert sans végétation ni rien de sec ? » Il dit : « Je ne sais pas. Si tu veux rester et partager ce qui vient pour moi, fais-le. » Je restai. Le soir, voici deux plats, deux poissons, deux pains et deux coupelles, l'une pour moi, l'autre pour lui. Il me dit : « Il t'est venu de la subsistance comme à moi. » Je restai avec lui tant d'années. Il tomba malade et me recommanda de l'enterrer, puis de partir après son enterrement pour vous informer de son histoire, afin que vous ayez plus de clairvoyance dans votre religion. Sans sa recommandation, je n'aurais pas quitté l'endroit. » Un autre moine leur dit : « Réjouissez-vous, assemblée des chrétiens, car votre religion est la vérité. J'ai vu des merveilles dont j'ai reconnu la véracité. » Ils disent : « Par exemple ? » Il dit : « Ce n'est pas pour moi, mais pour un autre. J'étais avec un tel catholicos. Il me dit : « Mon frère, j'ai appris que le métropolite du Khorasan mange de la viande. Va lui dire : Ne sais-tu pas qu'un métropolite ne doit pas manger de viande ? » J'allai chez lui. Il se trouva que j'entrai chez lui alors qu'il avait devant lui une poêle pleine d'oiseaux frits, encore chauds, et il en mangeait. Il me dit : « Mange. » Je dis : « Notre père le catholicos m'envoie te dire : Ne sais-tu pas qu'un métropolite ne doit pas manger de viande ? » Il me dit : « C'est ainsi que notre père t'a dit ? » Je dis : « Oui. » Il leva la main et dit : « Faisons ce que notre père a dit. » Et il dit à ces oiseaux dans la poêle : « Kich ! » Ils s'envolèrent tous, et il souleva la poêle. » Ils le croient, consignent cela et l'écrivent. Un moine inconnu arrive chez ceux d'Irak et des environs. Ils lui disent, alors qu'il entre dans l'église : « Ô rabbânî, qui es-tu et d'où viens-tu ? » Il dit : « Laissez-moi, dispensez-moi. » Ils insistent. Il dit : « Mon péché est grand et ma honte est énorme ; ne me demandez rien. » Ils insistent. Il dit : « À condition que vous me couvriez. » Il dit : « J'étais un juif, très hostile aux chrétiens et au Messie. J'ai entendu dire dans l'Évangile que le Messie a dit : « Quiconque est un pur chrétien et dit à un arbre : « Arrête-toi sur les vagues de la mer et ne bouge pas », il s'arrête. » Je n'y croyais pas. Je vins chez le roi et lui dis : « Je suis un juif. Vous avez dit que le Messie a dit ceci et cela. Si cela est vrai et que je le vois de mes yeux, je me convertirai sur-le-champ. » Le roi envoya dans la campagne, et on lui amena un vieillard de faible constitution, vêtu d'un cilice. Il lui dit : « Cet homme est juif, il a dit ceci et cela. Montre ce que tu as à ce sujet. » Le vieillard se tourna vers moi et dit : « Ô toi, crains Dieu. Si tu es un contestataire, va en paix et ne nous importune pas. Si ce que tu dis est vrai et de bonne intention, informe-moi. » Je jurai de ma sincérité. Il me dit : « Va dans le désert, regarde n'importe quel arbre, marque-le, reviens vers moi et informe-moi du signe. » J'allai, marquai un grand arbre, revins et l'en informai. Il me dit : « Viens demain, je te montrerai ton arbre sur les vagues de la mer, comme tu l'as demandé. » Je vins le lendemain. Il me prit par la main, m'amena à la mer et me montra l'arbre que j'avais marqué, dressé, debout sur les vagues de la mer. Je me convertis. Depuis, j'erre sur la terre, pleurant mes péchés et mes jours perdus. » Ils le croient, écrivent ce qu'il a dit, et cela devient matière d'étude dans l'église, écouté par les hommes et les femmes. Un autre moine vient à eux en pleurant. Ils lui disent : « Qui es-tu et qu'est-ce qui te fait pleurer ? » Il dit : « Laissez-moi, car mon malheur est grand. » On lui dit : « Raconte-le, mon fils. » Il dit : « Je ne maîtrise pas mon affaire et ne sais que dire. » Ils lui disent : « Quoi qu'il en soit, raconte ton malheur et informe-nous de ta situation. » Il dit : « N'est-il pas mort notre père Jirjis 99 ? » On lui dit : « Qui est Jirjis ? » Il dit : « Le maître de telle cellule et de tel ermitage. » Ils disent : « Nous ne le connaissons pas. » Peut-être l'un d'eux dit : « J'ai entendu parler de lui. » Il dit : « Avez-vous eu connaissance de ses signes et de ses miracles ? » Ils disent : « Raconte-les-nous. » Il dit : « Pourquoi vous les raconterais-je ? Vous n'êtes pas chrétiens, vous êtes le contraire des chrétiens. Si vous étiez chrétiens, vous le connaîtriez, ainsi que ses signes et ses preuves. » Ils lui demandent de les raconter, il refuse et se dérobe. Ils ne cessent de le solliciter. Il les informe que tel roi envoya le chercher et lui dit : « Reviens de cette religion, je te donnerai, t'honorerai et t'associerai à mon royaume. » Il refusa. Le roi l'emprisonna dans une prison solide et étroite. Puis il le réclama au geôlier, mais ne le trouva pas dans la prison. Le geôlier subit du roi tout ce qu'il détestait. Le roi dit : « C'est toi qui l'as libéré. » Il envoya des messagers à sa recherche ; ils le trouvèrent dans son ermitage. Ils l'amenèrent au roi. Le roi lui dit : « Informe-moi du geôlier : est-ce lui qui t'a libéré ? » Il dit : « Non, c'est le Messie qui m'a fait sortir, a ouvert les portes pour moi et a voilé les regards à mon sujet. » Le roi lui dit : « Maintenant, je vais t'emprisonner dans une prison ; dis au Messie de te libérer. » Il l'emprisonna dans une prison solide, derrière des portes de fer verrouillées. Puis il le réclama, mais ne le trouva pas. Il envoya à son ermitage, et voilà qu'il y était. Il l'amena et lui dit : « Qui t'a libéré ? » Il dit : « Le Messie. » Il le renvoya en prison, le chargea de chaînes, l'alourdit de fer et augmenta les entraves. Puis il le réclama, mais ne le trouva pas dans la prison, alors que les portes et les serrures étaient comme avant, et il trouva les chaînes. Il envoya à sa recherche, le trouva dans son ermitage. On l'amena. Le roi, exaspéré par ce qui lui arrivait et par la honte qu'il lui infligeait une fois après l'autre, ordonna de lui trancher la nuque et de l'enterrer. Le lendemain de son enterrement, on le trouva dans son ermitage. On le rapporta au roi. Il envoya, le fit venir, le coupa en morceaux, le transporta et l'enterra. Le lendemain, on le trouva dans son ermitage. On le rapporta au roi. Il envoya, le fit venir, le coupa en morceaux, appela du feu, le brûla, ordonna que ses cendres soient jetées à la mer. Le lendemain, on le trouva dans son ermitage. Le roi envoya, le fit venir, s'excusa auprès de lui et se convertit. » Le moine dit : « Tout cela s'est produit avec lui, et j'étais avec lui, témoin de ce qu'il a fait et de ce que le roi lui a fait. Ce n'est pas pour cela que je pleure sur lui ni que mon malheur à cause de lui est grand. Ce qui est plus grave, c'est votre ignorance et votre insouciance, comme si vous n'étiez pas chrétiens ou n'aviez pas entendu parler du christianisme. » Il pleure. Ils le croient, s'excusent auprès de lui de leur insouciance et de leur ignorance de cet homme et de ce qui s'est passé avec lui. Ils se rassemblent — hommes, femmes et enfants — et lui demandent de leur raconter cela. Il le répète groupe après groupe. Ils s'en vont, l'ayant cru. Ils se répandent et racontent cela avec joie, le perpétuent, en font des fêtes, fixent des jours déterminés pour ces fêtes, renouvellent leur récit pour que leur souvenir se perpétue et que leurs enfants l'entendent. Ils appellent cela « dhikrân 100 » ; ils disent : « Ceci est le dhikrân de Jirjis, ceci est le dhikrân d'Abâ Marqus, ceci est le dhikrân d'un tel. » Un autre leur répond : « Savez-vous, assemblée des chrétiens, pourquoi les Arabes, les Coptes, les Abyssins et les Untels sont devenus chrétiens ? » Ils disent : « Non. » Il dit : « Mais moi, je le sais. Si vous étiez chrétiens, vous le sauriez. » Ils l'interrogent, et il les informe. Il dit : « Les premiers Pères passèrent une nuit avec une seule langue. Au matin, chacun d'eux parlait la langue d'une nation. Chacun partit vers cette nation dont il parlait la langue, les appela dans leur langue, et leur montra des signes et des miracles. Sinon, dites-nous : pourquoi les Arméniens, les Arabes, les Coptes et les Abyssins se sont-ils convertis ? » Ils lui disent : « Tu as raison, c'est une preuve éclatante. » Ils écrivent cela, le consignent, en font une fête et un dhikrân. Telle est son origine, sa source et son commencement. Quand cela se perpétue, se répand, que les temps passent et que les siècles s'écoulent, ils prétendent que c'est une chose dont l'origine est attestée par les nations, car le mensonge est plus facile quand il est ancien. Ils ne lui assignent un dhikrân, une fête et un jour précis que pour parfaire la ruse, pour que celui qui entend pense que ce n'est établi avec un jour précis, une date et une époque limitée que si c'est vrai et a une origine, afin d'affermir le mensonge et de parfaire la tromperie, et pour que les aumônes et les offrandes parviennent aux moines lors de ces fêtes. Les plus intelligents des chrétiens disent : « Ces signes et ces miracles ne sont que des ruses des catholicos et des moines, de ceux qui haïssent le travail et fuient l'effort. » Ils les appellent dans leur langue syriaque « 'âziq ma'nâthâ 101 », ce qui signifie : il s'est fait moine et a embrassé la religion pour manger sans dépenser son argent et se reposer de l'effort. Quand les moines se disputent à propos de ce qu'ils reçoivent, l'un dit à l'autre : « Les chrétiens te préfèrent à nous et te donnent plus qu'à nous, alors que tu n'as aucun mérite sur nous. Nous avons tous fui le travail, et nous ne faisons que prier pour les chrétiens. » Ils ont des révélations dont l'exposé serait long, mais il n'y a personne pour réfléchir, ni pour percer à jour l'islam, ni pour examiner.

Il arrive aussi que le moine vienne vers les chrétiens avec des propos semblables à ceux que nous avons mentionnés, et alors les moines se disent entre eux : « Regardez ce fuyard du travail, avec quoi est-il venu pour tromper les chrétiens ? Voyez s'il aura de la chance 102. » Il arrive aussi que le moine vienne vers le catholicos 103 avec de tels propos pour se faire accepter de lui, et le catholicos lui dit : « Tu as résolu de fuir le travail, tu es un 'āziq ma'nāthā 104 ! » Alors il pleure peut-être et lui dit : « Notre père, il ne t'est pas permis de me dire cela. » Le catholicos répond : « Mon frère, il ne convient pas que tu agisses ainsi avec moi, car je connais mieux le métier. Admettons que nous ayons trompé les autres ; nous nous connaissons les uns les autres, et le métier est un. Je suis un 'āziq ma'nāthā comme toi, ne pleure donc pas. » Et tu trouveras, que Dieu te fasse miséricorde, beaucoup de prêtres et de moines qui, lorsqu'ils voient un moine, un catholicos, un prêtre ou un métropolite 105 à qui l'on attribue des miracles et qui a du succès auprès des chrétiens, se disent les uns aux autres : « Voyez par quoi celui-ci a réussi auprès des chrétiens ignorants, sa ruse a eu prise sur eux et la présidence 106 lui a été acquise sur eux. » Mattā ibn Yūnus 107, le prêtre, auteur du livre de logique, disait à propos de cela : « C'est la chance du nāghūl 108. » Les savants chrétiens se hâtent vers l'impiété 109, comme nous l'avons déjà mentionné. Ce qui les rapproche de cela, c'est que le fondement du christianisme est que les signes et les miracles se produisent dans leur culte à chaque époque sans interruption ; les melkites 110 le prétendent pour leurs saints, comme le prétendent les autres sectes, et ils prétendent en être témoins en tout temps, tout en s'excommuniant mutuellement. Aucun d'eux n'a rien vu de tel ; il n'y a que les prétentions déjà mentionnées, les commémorations 111 et les fêtes. Alors ils tombent dans l'impiété et jugent de ce qui est attribué à Moïse, Aaron et Jésus – sur eux la paix – de la même manière que ce qui est attribué aux moines. On rapporte que les chrétiens étaient réunis pour la commémoration de Georges 112 et de ce qu'il a subi comme meurtre, fois après fois, alors qu'il revenait et se levait de sa tombe pour retourner à son ermitage. L'un d'eux dit : « Si nous étions sincères avec nous-mêmes, nous saurions que c'est un menteur sans fondement. Le Christ, le maître de Georges, a goûté l'amertume du fer une seule fois, il n'est pas revenu et ne s'y est pas exposé de nouveau. Comment Georges s'y exposerait-il, alors qu'il lui est inférieur en patience et en clairvoyance ? » Cela les fit rire. La plupart de ceux d'entre eux qui ont de la perspicacité disent : « Notre voie est de nous soumettre aux chefs, de nous contenter dans la religion de la tradition 113 et de n'y point chercher la preuve 114 ; car l'affaire de la Loi 115 et de l'Église 116 n'a rien à voir avec l'affaire de la nature 117. » C'est une chose que ces chefs, qui vivent à leurs dépens et se moquent d'eux, leur ont inculquée ; la plupart d'entre eux sont des impies, comme nous l'avons dit. Par « nature », ils entendent ce que disent Aristote et ses semblables parmi les impies : que le soleil, la lune et tous les corps célestes ne peuvent ni se fendre ni se disperser, ni être chauds ou froids, ni humides ou secs, ni doux ou acides, ni lourds ou légers, et autres absurdités semblables, qui dépassent de loin les absurdités des chrétiens. Ils prétendent avoir dit cela par démonstration 118. Or, la seigneurie 119, les prophéties et les lois 120 ne peuvent être démontrées. Ainsi, l'élite des chrétiens et leurs chefs sont plus ignorants que leur bas peuple, par catégories. Les Coptes 121 haïssent les enfants d'Israël à cause de ce qui est arrivé à Pharaon de la part de Moïse. Lorsque les Romains 122 eurent vaincu les enfants d'Israël et conquis l'Égypte, la Syrie et la Mésopotamie, et qu'ils eurent imposé aux gens cette religion par la persuasion et la contrainte, comme nous l'avons expliqué et comme tu le vois et l'observe, les Coptes s'y convertirent rapidement. Les Romains se mêlèrent aux tribus arabes de Ghassān 123 et autres en Syrie, les appelèrent au christianisme, leur offrirent la royauté, et leur parlèrent de la religion du Christ et des miracles qu'ils mentionnent, ce qui leur parut facile, car ils étaient adorateurs d'idoles ; cela ne leur parut donc pas étrange. Il est arrivé dans cette communauté 124 que certains suivent cette voie et appuient leur prétention en revendiquant des signes, des miracles, des dates et des jours, comme la prétention des hanbalites 125 que lorsque al-Mu‘taṣim ibn ar-Rashīd 126 frappa Aḥmad ibn Ḥanbal 127, son pagne se dénoua, une main en sortit et rattacha son pagne ; et que al-Mu‘taṣim et ce groupe de juges, de juristes et de traditionnistes, voyant cela, furent saisis de crainte, et al-Mu‘taṣim cessa de le frapper, s'humilia devant lui, lui demanda pardon après s'être excusé, et Aḥmad l'exauça ; puis il le revêtit d'honneurs, lui demanda de prier pour lui, et le renvoya chez lui. Ils prétendent aussi pour Ma‘rūf al-Karkhī 128 et d'autres ce que tu sais. D'autres ont prétendu que l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – a désigné un homme en particulier comme successeur sur sa communauté, et que sa communauté a accepté cela et a montré obéissance et soumission ; mais lorsque l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – mourut, ils ont tous abandonné cela et sont tous devenus apostats 129. C'est la doctrine des kāmiliyya 130 ; le chef de cette secte est Abū Kāmil Mu‘ādh ibn al-Ḥuṣayn an-Nabhānī al-Kūfī. Hishām ibn al-Ḥakam 131 a dit : « Ils sont tous devenus apostats, sauf un petit nombre qui ont maintenu leur croyance en cette désignation dans leurs cœurs et leurs esprits, sans la manifester par leurs langues. » Ils disent : « Ce jour est le jour de Ghadīr 132. » Lorsque cette secte apparut dans les années 350 de l'Hégire 133, ils célébrèrent ce jour pour confirmer leur mensonge concernant les Émigrés et les Auxiliaires 134, à savoir qu'ils étaient devenus apostats. Sache cela. Les hanbalites et les imamites 135 argumentent par leur grand nombre et par le fait que leur doctrine a prévalu dans les pays. On t'a déjà dit que le nombre n'indique pas la vérité d'une croyance ; ce qui l'indique, c'est l'établissement de la preuve, même si le nombre de ceux qui agissent est petit. Bien plus, si celui qui dit la vérité est un seul homme et qu'il a la preuve, il est plus digne de la vérité, même si tous les habitants de la terre s'opposent à lui. Le Commandeur des croyants ‘Alī ibn Abī Ṭālib – que Dieu l'agrée – a dit : « La vérité ne se connaît pas par les hommes ; connais la vérité, tu connaîtras ses gens ; connais le faux, tu connaîtras ses gens. » Les hanbalites argumentaient contre leurs adversaires rāfiḍites 136 par le nombre et reprochaient aux rāfiḍites leur petit nombre ; les rāfiḍites argumentaient que Dieu a blâmé le grand nombre et loué le petit nombre, et ils récitaient ce qui se trouve dans le Coran à ce sujet. Mais lorsqu'il leur arriva, depuis les années 350 de l'Hégire, d'être nombreux, ils argumentèrent à leur tour par le nombre. Les écrits de leurs anciens chefs sont remplis de blâme du grand nombre et de louange du petit nombre. Sache cela. Ensuite, on dit aux imamites : « La désignation que vous prétendez fait partie des textes qui obligent tout le monde, hommes et femmes, libres et esclaves, voyageurs et résidents, élite et peuple. Si elle avait un fondement, la connaissance en serait chez tout homme sensé qui a entendu les récits, comme la connaissance de textes similaires obligeant tout le monde, même s'il ne connaît ni le jour où elle a eu lieu, ni le lieu, ni le terme exact, car la parole du Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – : « Un tel est mon successeur sur vous et le preuve de Dieu après moi sur vous » est comme sa parole : « Je suis l'Envoyé de Dieu vers vous et la preuve de Dieu sur vous. » Tout homme sensé qui a entendu les récits, qu'il l'ait cru ou démenti, a connu cela de ses textes – sur lui la paix – même s'il ne connaît ni le moment ni le lieu où il a dit cela ; s'il le connaît, c'est un mérite. C'est clair et suffisant. Bien plus, les textes sur l'imamat 137 et la présidence, qu'ils soient authentiques ou faux, lorsqu'ils ont eu lieu, la connaissance en est acquise à quiconque a entendu ce récit. Ne vois-tu pas que le texte de ‘Umar sur ‘Alī ibn Abī Ṭālib – que Dieu les agrée – concernant l'imamat et le califat lors de la consultation 138 a été connu de tous ceux qui ont entendu les récits ? De même, le texte des Médinois sur lui après ‘Uthmān, le texte d'Abū Bakr sur ‘Umar, le texte des Compagnons sur Abū Bakr, le texte de Mu‘āwiya sur Yazīd, le texte de Marwān sur ‘Abd al-Malik, le texte de ‘Abd al-Malik sur son fils al-Walīd, le texte d'al-Manṣūr sur al-Mahdī. Si le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – avait désigné un homme parmi ses Compagnons, en quelque terme que ce soit, la connaissance en aurait été plus forte que la connaissance de ceux-ci, car aucun de ceux-ci n'a dans sa désignation et son obligation ce que les musulmans croient des textes et des ordres de l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. L'absence de connaissance de cela est une preuve que cette affaire n'a aucun fondement, d'aucune manière. C'est par un raisonnement semblable que l'on sait que le Commandeur des croyants n'a pas désigné son fils al-Ḥasan – que Dieu les agrée – et c'est par un raisonnement semblable que nous démontrons la fausseté de la doctrine de la métempsycose 139 et de ce qu'ils prétendent, à l'encontre des gens sensés, concernant les cycles et les périodes 140 ; et par cela on connaît la fausseté de la prétention des impies concernant l'âme et sa descente du monde de l'intellect 141 au monde sensible. Si l'on dit : « Les gens ont envié cet homme, se sont opposés à lui, l'ont repoussé et l'ont empêché d'exercer et de mentionner cela. » On lui répond : « Tu n'as pas attaqué la preuve, mais tu as abandonné cela et avancé une autre prétention. Ta prétention d'envie et d'opposition est comme ta prétention de désignation. Cela suffit amplement à démontrer la fausseté de ta parole. » Ensuite, on lui dit : « Cette preuve a montré qu'il n'y a pas, de la part de l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – de texte désignant un homme en particulier pour lequel on pourrait s'opposer ou envier. Si les Compagnons de l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – avaient voulu désobéir à Dieu en annulant son texte sur le Commandeur des croyants, ils n'auraient pas pu le faire et n'auraient trouvé aucun moyen d'y parvenir, car c'est une chose qui n'a jamais existé ni eu lieu. » Ensuite, on lui dit : « S'il y avait eu un texte tel qu'on puisse s'opposer à son auteur ou l'envier, cela n'aurait pas nui à la connaissance de ce texte ; bien au contraire, l'opposition ne l'aurait que renforcé. Ne vois-tu pas que lorsque les Médinois l'ont désigné après ‘Uthmān, Mu‘āwiya s'y est opposé et l'a repoussé du califat, mais cela n'a pas affecté la connaissance de l'acte des Médinois en sa faveur ; bien au contraire, cela l'a renforcé, diffusé et étendu. De même, les Kufiens ont désigné al-Ḥasan après son père – que Dieu les agrée – et Mu‘āwiya s'y est opposé, l'a combattu, rivalisé, et l'a vaincu ; cela n'a pas affecté la connaissance de cette désignation en sa faveur ; bien au contraire, cela l'a renforcée. Sa‘d ibn ‘Ubāda al-Anṣārī 142 s'est porté candidat au califat après l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – se jugeant digne de cela, mais Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq 143 l'en a repoussé et empêché. Musaylima 144 a prétendu à la prophétie, et Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq l'en a repoussé, empêché et tué. Ṭulayḥa 145 a prétendu cela, et Abū Bakr l'en a repoussé, empêché et fait prisonnier. Cela n'a pas affecté la connaissance de ce que ces gens ont prétendu et appelé ; bien au contraire, cela l'a renforcée, et les gens ont connu la prétention et le prétendant, celui qui repousse et celui qui est repoussé, celui qui empêche et celui qui est empêché. Et pourtant, personne ne professe l'imamat de Sa‘d, ne dispute à son sujet, n'écrit des livres, ne compose des poèmes, ni n'organise des lamentations. Il en va de même pour ce qu'ont prétendu Musaylima et Ṭulayḥa. Tu sais donc que c'est une chose que l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – n'a ni faite ni prétendue, que le Commandeur des croyants ne l'a ni prétendue ni appelée à elle, et qu'aucun des Compagnons ne la pratiquait religieusement, ni homme libre ni esclave, ni mâle ni femelle. Ce qui te rend cela encore plus clair, c'est que lorsque les Médinois eurent désigné le Commandeur des croyants, certains étaient avec lui, d'autres restèrent à l'écart, sans être ni avec lui ni contre lui, et ils étaient à Médine avec lui, comme Usāma ibn Zayd 146, Muḥammad ibn Maslama 147, Sa‘d ibn Mālik 148 et d'autres. Puis certains de ceux qui étaient avec lui revinrent et devinrent contre lui. Et il y avait des gens qui n'étaient pas avec lui, mais qui étaient constamment contre lui. Tout homme sensé qui a entendu les récits le sait. Or, ceux-ci prétendent que l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – a établi cette désignation générale et universelle, que les gens ont connu cette obligation et son importance, qu'il la leur a transmise selon son universalité et sa généralité, et qu'il leur a fait savoir que c'est une chose qui oblige chacun d'eux, homme libre ou esclave, mâle ou femelle, voyageur ou résident, malade ou bien portant ; et qu'ils ont montré de l'acceptation et de la satisfaction. Puis, lorsqu'il mourut, ils apostasièrent tous et revinrent sur cette désignation. »

Hishām a dit : « Ils apostasièrent tous, à l’exception de six personnes parmi eux. » Nous dîmes : « Il aurait donc dû en résulter une connaissance de cela chez quiconque entendit les récits, et cette connaissance aurait dû être plus forte, plus prépondérante et plus dominante que la connaissance de ceux qui restèrent à l’écart du Commandeur des croyants (Amīr al-Mu’minīn), n’étant ni avec lui ni contre lui, et que la connaissance des kharijites (al-Khawārij) qui furent avec lui puis se retournèrent contre lui, et que la connaissance de ce qui eut lieu entre lui et Mu‘āwiya, et que la connaissance de l’arbitrage (al-Ṭaḥkīm). Sinon, nous serions comme celui qui dit : « Vous voyez le caillou, alors qu’il est sur Abū Qubays (71), mais vous ne voyez pas Abū Qubays, alors qu’il est l’emplacement du caillou. » Car ce pacte (al-‘aqd) venant du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — est plus grand, et son obligation (farḍuhu) est plus générale et plus englobante que la désignation (al-naṣṣ) de la direction de la prière (al-qibla), que le jeûne du mois de Ramadan, que la prière du vendredi (al-Jumu‘a) et le lavage rituel après l’impureté majeure (ghusl al-janāba). Ne vois-tu pas que l’obligation de la direction de la prière (farḍ al-qibla) tombe pour celui à qui l’indication (al-dalāla) est cachée, pour celui qui accomplit une prière surérogatoire en voyage (al-muta’annif) (72), et pour le voyageur dans la prière surérogatoire, alors que ne tombe pas pour lui la croyance en l’imamat (i‘tiqād al-imāma) et l’obéissance à l’imam (ṭā‘at al-imām) ? Et la prière du vendredi (al-Jumu‘a) peut tomber pour les voyageurs, les malades, les femmes et les esclaves, alors que ne tombe pour aucun d’eux la croyance en l’imamat et l’obéissance à l’imam. Et le jeûne (al-Ṣawm) peut tomber pour les voyageurs, les malades et les femmes en période de menstrues (al-ḥayḍ), alors que ne tombe pour aucun d’eux la croyance en l’imamat et l’obéissance à l’imam. Si donc il en était comme ils le prétendent, la connaissance de cela serait, chez tout être doué de raison (kullu ‘āqil) ayant entendu les récits, plus forte, plus prépondérante et plus dominante que la connaissance de la direction de la prière (al-qibla), du jeûne du mois de Ramadan, de la prière du vendredi (al-Jumu‘a) et du lavage rituel après l’impureté majeure (ghusl al-janāba). Et il en est de même, parmi les désignations (al-nuṣūṣ), de la désignation (naṣṣ) du Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — sur le fait qu’il est le Messager d’Allāh à l’ensemble des gens. Ne vois-tu pas que la connaissance de cela est acquise chez tout être doué de raison (kullu ‘āqil) ayant entendu les récits, parmi ceux qui l’ont cru ou qui l’ont démenti ? Si donc cette désignation (al-naṣṣ) avait un fondement, tout être doué de raison ayant entendu les récits la connaîtrait, même s’il ne l’acceptait pas et même s’il ne s’y soumettait pas religieusement. De même que les Juifs, les Chrétiens et les Mages (al-Majūs) ont su qu’il — sur lui la paix — a désigné (naṣṣa) qu’il est le Messager d’Allāh à eux, et que l’obéissance à lui — sur lui la paix — leur incombe et leur est obligatoire. Et dans l’absence de connaissance de cela, il y a une preuve que cette chose, le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — ne l’a jamais faite à aucun moment, et qu’il n’y a eu de sa part ni indication (ishāra) ni geste (īmā’) d’aucune manière. Et nous ne disons pas : « S’il l’avait fait, ils l’auraient accepté et auraient agi en conséquence. » Mais nous disons : « La connaissance en serait acquise chez quiconque entendit les récits, même s’ils n’agissaient pas en conséquence, et même s’ils s’accordaient pour le laisser inappliqué (ta‘ṭīl), comme ils se sont accordés pour laisser inappliqué l’imamat de Sa‘d ibn ‘Ubāda, et la prophétie de Musaylima et de Ṭulayḥa. » Reconnais donc cela. Et ce qui t’apporte une clarté supplémentaire, c’est que le Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — a désigné (naṣṣa) des choses. Puis, lorsqu’il mourut, les Arabes apostasièrent à propos de cela par diverses sortes d’apostasie (ridda). / Musaylima prétendit la prophétie chez Rabī‘a, dans la terre d’al-Yamāma, et Ṭulayḥa prétendit la même chose chez les Banū Asad. De nombreuses tribus, parmi les Fazāra, les Quḍā‘a et d’autres, qui sont connues, revinrent sur toute la Loi religieuse (al-sharī‘a), et trouvèrent pesant ce qui leur avait été interdit : le vin (al-khamr), la fornication (al-zinā), l’usure (al-ribā), le vol (al-sariqa), le brigandage (al-ghāra) et autres. Et ceux du Bahreïn, les Banū Yarbū‘ et d’autres apostasièrent pour refuser l’aumône légale (al-zakāt). Ils dirent à Abū Bakr : « Nous attestons les deux attestations de foi (al-shahādatayn), nous accomplissons la prière (al-ṣalāt), et nous combattrons avec toi l’ennemi (al-‘aduww) ; si tu refuses cela, nous rejoindrons l’ennemi et te combattrons. » Et Abū Bakr, les Émigrés (al-Muhājirūn) et les Auxiliaires (al-Anṣār) demeurèrent fermes sur l’islam, et combattirent tous les apostats (al-murtaddūn). La connaissance de cela fut donc acquise chez quiconque entendit les récits. Si donc il y avait eu, pour ce que ces gens prétendent, la moindre indication (ishāra), la connaissance de cela aurait été semblable à la connaissance de ces affaires ; bien plus, elle aurait dû être plus forte et plus prépondérante. Or, ce n’est là qu’une chose que prétendirent Abū Kāmil et Hishām (73) après la disparition des Compagnons (al-Ṣaḥāba), des Successeurs (al-Tābi‘ūn), des Successeurs des Successeurs (Tābi‘ū al-Tābi‘īn), et des Successeurs des Successeurs des Successeurs (Tābi‘ū Tābi‘ī al-Tābi‘īn). Et pourtant, sa parole — sur lui la paix — : « Tu es pour moi à la place d’Aaron (Hārūn) auprès de Moïse (Mūsā) », et : « Quiconque je suis son maître (mawlā), ‘Alī est son maître (mawlā) », et ce qui y ressemble, ce qu’ils prennent comme argument (ḥujja) dans leurs prétentions, ne fait pas partie des termes des désignations (alfāẓ al-nuṣūṣ), de la désignation comme successeur (al-istikhlāf) et des testaments (al-waṣāyā), ni dans la langue (lugha), ni dans la raison (‘aql), ni dans la Loi religieuse (sharī‘a). Ce ne sont que des mérites (faḍā’il) que ces gens ont introduits dans ces prétentions. Et c’est une affaire pour laquelle aucun argument (ḥujja) ne peut être établi, et ils n’y trouvent aucune ruse. Ils ont donc eu recours à s’attacher à ces mérites (faḍā’il), et ils ont dit : « Ce sont des désignations (nuṣūṣ). » Si donc ne t’indiquait la fausseté de leur dire que leur attachement à ces choses, cela te suffirait et te dispenserait. Et Allāh a élevé la dignité du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — au-dessus du fait que ses désignations (nuṣūṣ) et ses testaments (waṣāyā) soient avec de tels termes. Ce qui t’apporte une clarté supplémentaire, c’est qu’il — sur lui la paix — a désigné (naṣṣa) beaucoup de créatures pour la charge de gouverneur (al-wilāya) et de commandement (al-imāra). Il dit / dans l’expédition de Mu’ta pour l’armée qu’il envoya : « Votre commandant (amīrukum) est Zayd ibn Ḥāritha ; s’il périt, alors Ja‘far ibn Abī Ṭālib ; s’il périt, alors ‘Abd Allāh ibn Rawāḥa. » Et il en est de même pour les commandants (al-umarā’), et ils sont peut-être environ un millier de commandants, sans qu’il y ait eu pour eux de désignation (naṣṣ) avec ces termes que ceux-ci prétendent. Et Abū Bakr a désigné comme successeur (istakhlafa) ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb, et ‘Umar a désigné les gens de la consultation (ahl al-shūrā). Il n’y a parmi eux personne qui ait dit : « Quiconque je suis son maître (mawlā), untel est son maître (mawlā). » Et il en est de même pour tous ceux qui ont fait un pacte (‘ahida) à quelqu’un : ils n’ont pas mentionné ce terme. Or, ils sont Arabes et éloquents (fuṣaḥā’), dans la religion de l’islam, et ils se rattachent au Messager d’Allāh et renforcent leurs contrats (‘uqūd) par tout ce qu’ils peuvent, parmi ce qui est usité dans la langue (lugha) et la Loi religieuse (sharī‘a) ; et ils ne connaissent pas ce terme dans les contrats (‘uqūd). Ce ne sont que des mérites (faḍā’il) qui n’ont pas d’entrée dans les désignations (al-nuṣūṣ), les testaments (al-waṣāyā) et les contrats (al-‘uqūd). Et le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — a dit à propos de nombreux hommes ce qui est plus affirmatif (ākad), plus englobant (ashaff) et plus clair (awḍaḥ) que cela. Ne vois-tu pas qu’il a dit : « Prenez pour guides ceux qui viendront après moi : Abū Bakr et ‘Umar (74) » ? Et il a dit — sur lui la paix — : « Ils sont tous deux comme les anges (al-malā’ika) et les prophètes (al-anbiyā’) » dans l’histoire des captifs de Badr, lorsque Abū Bakr lui conseilla de les gracier et de les laisser en vie, et que ‘Umar lui conseilla de les tuer et de les exterminer. Alors le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — dit : « Abū Bakr et ‘Umar ont, parmi les anges et les prophètes, des frères qui leur ressemblent. Abū Bakr est comme Mikā’īl parmi les anges, qui descend avec le pardon (al-‘afw), la clémence (al-ra’fa) et la miséricorde (al-raḥma) ; et il est comme Ibrāhīm al-Khalīl lorsqu’il dit : « Quiconque me suit est des miens, et quiconque me désobéit, alors Tu es Pardonneur et Miséricordieux (75) » ; et il est comme le Messie (al-Masīḥ) lorsqu’il dit : « Si Tu les châties, ils sont Tes serviteurs ; et si Tu leur pardonnes, alors Tu es le Puissant, le Sage (76). » Et ‘Umar est comme Jibrīl, qui descend avec le châtiment (al-‘uqūba) et la grâce (al-ni‘ma) ; et son exemple parmi les prophètes est comme Nūḥ lorsqu’il dit : « Seigneur, ne laisse sur la terre aucun habitant parmi les mécréants (77) », et comme Mūsā lorsqu’il dit : « Notre Seigneur, anéantis leurs biens et endurcis leurs cœurs (78). » Et Allāh raffermit dans cette religion des cœurs, les rendant comme des pierres, et Il amollit dans cette religion des cœurs, les rendant plus tendres que le lait. Et Il compara ‘Uthmān à Lūṭ — sur lui la paix — car, lorsqu’il embrassa l’islam, les Quraysh le tourmentèrent, et il fuit avec sa religion vers la terre d’Abyssinie, accompagné de son épouse Ruqayya, fille du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue. Le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — les salua, embrassa ‘Uthmān et dit : « Il est le premier à avoir émigré avec sa religion et sa famille après Lūṭ. » Et il dit — sur lui la paix — : « Que celui qui aime entendre le Coran frais comme il a été révélé l’écoute d’Ibn Umm ‘Abd (79). » Et il dit — sur lui la paix — : « J’agrée pour ma communauté ce qu’Ibn Umm ‘Abd agrée pour elle, et je réprouve pour elle ce qu’Ibn Umm ‘Abd réprouve pour elle (80). » Et il dit aux Auxiliaires (al-Anṣār) : « Vous êtes nombreux dans la frayeur et peu nombreux dans la convoitise », et : « Si les gens empruntaient un col et une vallée, et que les Auxiliaires empruntaient un col et une vallée, j’emprunterais le col et la vallée des Auxiliaires. » Et il dit : « Les Auxiliaires sont mon refuge (kirsī) et mon abri (ghaybatī) ; sans l’Émigration (al-Hijra), j’aurais été un homme parmi les Auxiliaires (81). » Et il dit à propos de son oncle al-‘Abbās, et de sa prééminence (tafḍīl) et de la prééminence de ses descendants, de nombreuses paroles. Et il dit à propos de Mu‘ādh, de ‘Abd al-Raḥmān, d’Abū ‘Ubayda (82), et d’autres parmi les Émigrés (al-Muhājirūn) et les Auxiliaires (al-Anṣār), ce qui est connu, manifeste, et dont on ne doute pas. Il aurait donc dû, selon ce que prétendent ceux-ci, que ces mérites (faḍā’il) soient des désignations (nuṣūṣ) (83), puisque les termes sont contraires à ce qui est connu d’eux dans la langue arabe. Or, ceux-ci disent : « Vous n’êtes pas des Arabes et vous ne connaissez pas l’arabe ; c’est pourquoi vous a échappé que sa parole : « Quiconque je suis son maître (mawlā), ‘Alī est son maître (mawlā) » et « Tu es pour moi à la place d’Aaron (Hārūn) auprès de Moïse (Mūsā) » [signifient la désignation comme successeur (al-istikhlāf)] (84). » Nous dîmes : « Nous avons déjà traité cela une fois et montré que cela ne fait absolument pas partie des termes de la désignation comme successeur (alfāẓ al-istikhlāf), ni dans la raison (‘aql), ni dans la langue (lugha), ni dans la Loi religieuse (sharī‘a). » Et aussi, si cela faisait partie des termes de la désignation comme successeur (alfāẓ al-istikhlāf), ces gens qui ont entendu cela du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — auraient connu sa véracité (ṣidqahu) et son intention (qaṣdahu). Et ceux qui vinrent après eux connaîtraient cela comme ils l’ont connu, même s’ils n’étaient pas des Arabes et ne connaissaient pas l’arabe, car le fondement de l’affaire, en cela et en ce qui lui ressemble, repose sur les significations (al-ma‘ānī) et non sur les termes (al-alfāẓ). Ne vois-tu pas que le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — lorsqu’il appela et désigna (naṣṣa) : « Je suis le Messager d’Allāh à l’ensemble des gens », et qu’il est le preuve (ḥujja) d’Allāh sur tout ce qui viendra jusqu’au Jour de la Résurrection, et qu’il n’y a rien avec lui ni après lui, et tout ce à quoi il appela et ce qu’il interdit parmi les choses interdites (al-muḥarramāt), cela fut connu, par son intention (qaṣdahu), ce qu’il voulait dire (‘anāhu) et ce qu’il voulait (arādahu), par tout être doué de raison (‘āqil) ayant entendu ses récits, parmi les Arabes, les Romains, les Perses, les Indiens, les Coptes et les Arméniens, parmi ceux qui maîtrisent l’arabe et parmi ceux qui ne la maîtrisent pas, dont la langue ne la parle pas, et qui ne maîtrise pas [la prononciation] (85) de la parole du Messager d’Allāh, ni ne maîtrise la prononciation de quoi que ce soit parmi les choses interdites (al-muḥarramāt) ; chacun a connu cela par son intention (qaṣdahu), par l’indication (ishāra) des sourds-muets (al-khurs) à qui l’appel (al-da‘wa) parvint, parmi les croyants et les mécréants. On connaît donc la fausseté de ces prétentions. Bien plus, s’il — sur lui la paix — avait parlé de ce qu’ils ne connaissent pas dans la langue (lugha), et avait visé par cela une signification parmi les significations, et les avait transférés de ce qu’ils connaissent dans leur langue, ils auraient connu son intention (qaṣdahu) et son but (murādahu). Ne vois-tu pas que les ablutions (al-wuḍū’) dans la langue (lugha) ne sont que le nettoyage (al-tanẓīf) ; il en fit donc un nom pour le lavage de ces quatre membres, et ils connurent son intention (qaṣdahu), même si cela n’existait pas auparavant dans la langue (lugha). Et la prière (al-ṣalāt) dans la langue (lugha) : c’est la suite (al-ittibā‘) et l’invocation (al-du‘ā’) ; ils ne connaissaient que cela. Il fit donc — sur lui la paix — de cela un nom pour l’orientation vers la direction de la prière (al-qibla) après les ablutions (al-wuḍū’), avec l’inclinaison (al-rukū‘) et la prosternation (al-sujūd) ; et ils connurent son intention (qaṣdahu), même si cela n’était pas dans leur langue (lugha). Et de même pour l’aumône légale (al-zakāt) : elle n’est dans la langue (lugha) qu’un nom pour l’accroissement (al-ziyāda) et la croissance (al-namā’) dans les biens ; il en fit donc un nom pour ce qui est prélevé de leurs biens ; et ils connurent son intention (qaṣdahu). Et ceux qui vinrent après eux, à qui parvint leur récit, connurent comme ils avaient connu. On sait donc que le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — n’a pas visé, par les récits (al-akhbār) qu’ils rapportent de lui, ce qu’ils ont supposé et visé. Et le Commandeur des croyants (Amīr al-Mu’minīn) ‘Alī ibn Abī Ṭālib a appelé à lui-même et a imposé aux gens

Obéissance à Lui, et Il l’a éprouvé par ceux qui Lui ont désobéi, / par ceux qui sont restés en retrait de Lui, par ceux qui L’ont égaré, et par ceux parmi Ses compagnons qui ont apostasié de Lui. Or, Il n’a argumenté contre Ses contradicteurs que par l’élection (al-ikhtiyār), et que Son obéissance était obligatoire parce que ceux qui ont prêté serment à Abū Bakr, ‘Umar et ‘Uthmān Lui ont prêté serment. Il a argumenté pour Lui-même, et Son fils, Sa Shī‘a (šī‘atuhu), les gens de Sa maison (ahl baytihi) ont argumenté pour Lui, et Il a correspondu et échangé des messages avec Mu‘āwiya. Puis Il se rendit au Shām (Syrie), et argumenta contre les gens du Shām, les gens de Baṣra et les gens du Nahr (Nahrawān), Lui et Ses compagnons. Or, ils n’ont argumenté, ni dans une correspondance, ni dans un message, ni oralement, si ce n’est en disant que ceux qui ont prêté serment à Abū Bakr, ‘Umar et ‘Uthmān Lui ont prêté serment, et qu’il n’est pas permis de Lui désobéir comme il n’était pas permis de leur désobéir. Et ils ne mentionnent pas dans leur argumentation, comme ces derniers le mentionnent, les versets (al-āyāt) ni les traditions (al-akhbār), ni Sa parole : « Quiconque je suis son maître (mawlā), ‘Alī est son maître », ni « Tu es pour moi à la place d’Aaron auprès de Moïse », parmi ce dont ils argumentent. Si ceux-ci étaient Sa Shī‘a – que Dieu l’agrée – ils auraient suivi Sa voie et marché sur Ses traces. Il a été éprouvé, dans cette affaire, par la dissension des gens contre Lui, par le retournement de Ses compagnons contre Lui, et par leur déclaration de Son impiété (takfīr), d’une manière dont ne furent éprouvés ni Abū Bakr, ni ‘Umar, ni ‘Uthmān, ni aucun des gens de la Consultation (ahl al-šūrā) et des participants à Badr (al-badriyyīn). Et Il a abondamment établi l’argument contre eux, alors qu’ils sont tous des gens de la Qibla (ahl al-qibla) et des gens de la prière (ahl al-ṣalāt), qu’ils se réfèrent au Coran, qu’ils argumentent par les hadiths de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et Le salue – et qu’ils recherchent l’argument de Sa part. Or, Il n’a jamais dit, ni Son fils, ni ceux de Sa maison qui argumentent pour Lui : « L’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et Le salue – a dit à mon sujet : “Quiconque je suis son maître, ‘Alī est son maître” », ni « Tu es pour moi à la place d’Aaron auprès de Moïse », et ceci est un texte (naṣṣ) de Sa part sur ma succession (istikhlāfī), et ceci est une chose dont l’interprétation (ta’wīl) est le texte (al-naṣṣ) et dont le sens caché (bāṭinuhu) est la succession (al-istikhlāf). Et Il n’a pas dit, Lui ni aucun de Ses compagnons ni de ceux qui argumentent pour Lui : « Pourquoi me déclarez-vous impie (takfirūnī) et m’égarez-vous (tuḍallilūnī), alors que le Prophète m’a désigné successeur (istakhlafanī) et a établi un texte sur moi (naṣṣa ‘alayya), a témoigné de mon infaillibilité (‘iṣmatī), et que je ne commets pas d’erreur, ne dévie pas, ne m’égare pas et qu’aucune désobéissance à Dieu ne provient de moi ? » Or Lui – que Dieu l’agrée – est le plus savant de la religion de Dieu et de l’argument, le plus juriste (afqah), le plus clairvoyant (abṣar) et le plus courageux (ašǧa‘). Si donc il y avait eu, pour cela, la moindre indication (išāra) de la part de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et Le salue – Il aurait argumenté par elle et l’aurait exposée, qu’ils l’acceptent de Lui ou non. Et dans ceci se trouve la plus complète démonstration (atammu bayān) et l’argument le plus clair (awḍaḥu ḥuǧǧa). Et sache que ces gens argumentent, depuis l’époque d’Ibn al-Rāwandī, que l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et Le salue – a établi un texte sur Lui (naṣṣa ‘alayhi), un texte manifeste (naṣṣan makšūfan) ne supportant pas l’interprétation (ta’wīl), en disant : « ‘Alī ibn Abī Ṭālib est le calife (al-ḫalīfa) sur vous après moi », et qu’Il leur a dit : « Saluez-le par le titre de Commandeur des croyants (amīr al-mu’minīn) », et que l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et Le salue – s’est tenu pour Lui, station après station, année après année, environ cent stations, depuis que Dieu l’a envoyé à La Mecque et à Médine, en voyage et en résidence, jusqu’à ce que Dieu le rappelle à Lui. Il convient donc que vous ne discutiez avec eux que sur ce texte manifeste et connu (al-naṣṣ al-makšūf al-ma‘rūf), et que vous leur disiez : « Revenir à l’ordre manifeste (al-amr al-makšūf) et à l’argument clair (al-ḥuǧǧa al-wāḍiḥa) est plus digne de nous et de vous que de revenir à ce qui est problématique et équivoque (al-muškil al-multabis) qui supporte l’interprétation (ta’wīl). » Car alors, le discours contre eux serait plus clair (awḍaḥ) et plus court (aqṣar). Et cela s’apparente à Son texte – que la paix soit sur Lui – sur la prophétie (al-nubuwwa). Or, ils fuient intensément ce texte manifeste (al-naṣṣ al-makšūf) avec celui qui sait et qui comprend. Si donc tu es éprouvé par l’un d’eux qui dit : « Je ne discute pas du texte manifeste de cette manière », dis-lui : « Si tu ne discutes pas à son sujet, alors admets-nous sa fausseté (buṭlānuhu) et le mensonge de celui qui le prétend et prétend l’avoir transmis. » S’il dit : « Je ne l’admets pas », on lui dit : « Il n’échappe pas à être soit vrai et véridique (ḥaqq wa ṣidq), et alors il convient que tu reviennes avec nous à lui, soit mensonge et fausseté (kaḏib wa bāṭil), et alors il convient que tu t’en désavoues (tabarra’a minhu) et que tu déclares erroné (tuḫṭi’a) celui qui argumente par lui. » S’il dit : « Je fais ainsi », on lui dit : « Ceci est une chose que des communautés immenses (umam ‘aẓīma) ont prétendue, et ont prétendu en avoir connaissance et l’avoir transmise. » S’il dit : « Eux aussi le prétendent ainsi, mais un homme parmi les gens l’a inventé pour eux (waḍa‘ahu lahum) et leur a dit : “Ceci, le Prophète – que Dieu prie sur lui et Le salue – l’a dit, et les communautés l’ont transmis de lui”, alors ils ont eu bonne opinion de lui (aḥsanū bihi al-ẓann) et l’ont cru, bien que cela n’ait aucun fondement (lā aṣla lahu). » On lui dit : « De même pour ce que tu prétends, toi, comme interprétation (ta’wīl) des versets (al-āyāt) et des hadiths (al-aḥādīṯ) par lesquels tu argumentes : l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et Le salue – et le Commandeur des croyants (amīr al-mu’minīn) n’ont pas voulu par eux ce que tu veux, toi, et ce que tu crois. Ce ne sont que des mérites (faḍā’il), mais Hishām ibn al-Ḥakam a dit que ce sont des textes (nuṣūṣ) et que le Prophète – que Dieu prie sur lui et Le salue – a voulu par eux la succession (al-istikhlāf). Alors des gens ont eu bonne opinion de lui (aḥsanū bihi al-ẓann), ont accepté cela de lui, l’ont cru, et ont prétendu qu’eux-mêmes et ceux avant eux avaient transmis cela de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et Le salue – alors qu’il n’y a rien qui soit transmis ni écrit. Mais ce sont des gens qui ont nommé leur croyance (i‘tiqādahum) un texte (naṣṣan) et leur prétention (da‘wāhum) une transmission (naqlan), comme les Juifs prétendent que Moïse – que la paix soit sur lui – a établi un texte pour eux (naṣṣa lahum) sur la perpétuité de sa Loi (ta’yīd šarī‘atihi) ; et comme ils prétendent, eux et les Chrétiens, au sujet de la crucifixion (al-ṣalb) ; et comme les Chrétiens en particulier prétendent à sa résurrection de sa tombe (qiyāmuhu min qabrihi) et qu’il – que la paix soit sur lui – est resté avec eux quarante jours, puis est monté au ciel (ṣa‘ida ilā al-samā’) tandis qu’ils le voyaient ; et comme ils ont prétendu qu’Hélène de Harran (Hīlāna al-Ḥarrāniyya) a trouvé le bois (al-ḫašaba) sur lequel le Christ a été crucifié, parmi d’autres bois, et ne l’a pas reconnu et cela lui a paru équivoque (aškala ‘alayhā), alors elle l’a testé avec un convoi funèbre (ǧanāza) qui passait près d’elle, et elle a placé sur lui un bois après un autre des bois des crucifiés, et le mort ne s’est levé qu’avec le dernier bois. Ils dirent : « Alors elle sut que c’était le bois sur lequel le Christ avait été crucifié. » Ils dirent : « Et de nombreuses communautés (umam kaṯīra) ont témoigné de cela à Jérusalem (Bayt al-Maqdis), parmi les Juifs et les Romains, mais les Juifs l’ont caché (kamatū). » Et ils nomment ce jour : la Fête de la Croix (‘īd al-ṣalīb) ; et le jour de la résurrection du Christ de sa tombe, selon leur prétention, la Fête du Salut (‘īd al-salāma). Et ils ont beaucoup de choses semblables. Or, ceci est une chose qui n’a aucun fondement (lā aṣla lahu), et ce n’est qu’une invention pour eux (mawḍū‘ lahum), dont ils ont eu bonne opinion (aḥsanū bihi al-ẓann), comme il est arrivé à ces Rāfiḍa (al-rāfiḍa), partisans du texte (aṣḥāb al-naṣṣ). Cependant, Hishām ibn al-Ḥakam a reconnu cela en disant : « J’ai rencontré la Shī‘a (al-šī‘a) dans la première époque (al-ṣadr al-awwal), et ils prenaient pour alliés (yatawallawna) Abū Bakr, ‘Umar et ‘Uthmān, les déclaraient corrects (yuṣawwibūnahum), et disaient : “Ceux-ci n’ont pas repoussé le Commandeur des croyants (amīr al-mu’minīn) de son droit et de sa position (ḥaqqihi wa maqāmihi). Ce sont seulement les hypocrites (al-munāfiqūn) que le Coran dénonçait qui l’en ont repoussé.” Alors ceux-ci ont considéré, et voilà que personne n’est plus digne de l’imamat (al-imāma) après ‘Alī qu’eux, alors ils ont occupé cette position (qāmū ḏālika al-maqām) à juste titre (bi-ḥaqq). » Et Hishām ibn al-Ḥakam a dit : « Et parmi eux, il y a ceux qui ont dit : “Quand le légataire (al-waṣiyy) ‘Alī ibn Abī Ṭālib a vu que les hypocrites (al-munāfiqūn) l’avaient écarté de sa place (mawḍi‘ihi), il a présenté Abū Bakr et l’a désigné successeur (istakhlafahu) pour qu’il soit à sa place jusqu’à ce qu’il puisse s’établir et l’écarter.” » Hishām a dit : « Tout ceci est rapiéçage et affabulation (talzīq wa talfīq), auquel les a poussés la lâcheté (al-ǧubn) de s’avancer à se désavouer (al-tabarru’) d’Abū Bakr, ‘Umar, ‘Uthmān, des Émigrés (al-muhāǧirīn) et des Auxiliaires (al-anṣār). S’ils les avaient connus comme je les ai connus, moi, ils se seraient avancés à se désavouer d’eux. » Et Ibn al-Rāwandī a également mentionné cela dans son livre « L’Imamat (al-Imāma) », dans lequel il a soutenu la parole des Rāfiḍa concernant le désaveu (al-barā’a) des Émigrés et des Auxiliaires, et l’a rapporté de Hishām. Voilà donc ce que l’adversaire (al-ḫaṣm) a reconnu ; qu’en est-il donc de ce qu’il n’a pas reconnu ? Et même s’il ne l’avait pas reconnu, nous saurions que l’affaire est ainsi. Or Hishām n’a vécu qu’à l’époque des Banū al-‘Abbās et est mort sous le règne de Hārūn al-Rashīd, afin que tu saches que celui qui a prétendu le texte (al-naṣṣ) et a enhardi les gens à insulter (šatm) Abū Bakr, ‘Umar, ‘Uthmān, les Émigrés et les Auxiliaires, c’est Hishām ibn al-Ḥakam. C’est lui qui l’a initié et inventé (ibtada’ahu wa waḍa‘ahu). Et personne avant lui n’a prétendu ce texte (al-naṣṣ) et cette succession (al-istikhlāf). Et si Hishām avait été parmi les gens de la Qibla (ahl al-qibla), sa prétention et la prétention de cent mille personnes comme lui avec lui n’auraient pas été un argument (ḥuǧǧa). Qu’en est-il donc alors qu’il n’est pas parmi les gens de la Qibla, qu’il est connu pour son inimitié envers les prophètes (‘adāwat al-anbiyā’), qu’il a été pris avec Abū Shākir al-Dayṣānī, le maître des Dayṣāniyya, et qu’il était connu pour cela et pour sa compagnie ? Il a prétendu être de la Shī‘a, et certains compagnons d’al-Mahdī l’ont sauvé lorsqu’il a prétendu se rallier (yatašayya‘u) aux Banū Hāshim, et il ne fut pas crucifié avec Abū Shākir. Les savants des doctrines (al-‘ulamā’ bi-l-maqālāt) l’ont mentionné comme ayant la doctrine des Dayṣāniyya. Al-Ḥasan ibn Mūsā al-Nawbakhtī l’a mentionné dans son livre « Sur les Opinions et les Religions (fī al-ārā’ wa al-diyānāt) » lorsqu’il a réfuté sa doctrine selon laquelle Dieu est un corps (ǧism) et une lumière (nūr) qui se meut. Al-Ḥasan lui dit : « Ceci est la doctrine des Manichéens (al-mānawiyya) ; nous cherchons refuge auprès de Dieu contre leur accord. » Et nous n’avons mentionné al-Ḥasan ibn Mūsā que parce qu’il est des Rāfiḍa. Et Abū ‘Īsā al-Warrāq, Ibn al-Rāwandī et Abū Sahl ibn Nawbakht ont également rapporté de Hishām. Or, tous ceux-ci sont des Rāfiḍa. Quant à ceux dont Hishām a rapporté, parmi la Shī‘a, que les hypocrites (al-munāfiqūn) ont écarté le Commandeur des croyants (amīr al-mu’minīn) de sa position (maqāmihi), ils se sont également trompés. Car nous avons montré que l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et Le salue – n’avait pas établi de texte (naṣṣ) à ce sujet, pour que quelqu’un parmi les gens l’en écarte. Et aussi, la domination (al-ġalaba) après la mort de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et Le salue – n’appartenait pas aux hypocrites (al-munāfiqūn), mais aux participants à Badr (al-badriyyīn), aux Émigrés (al-muhāǧirīn) et aux Auxiliaires (al-anṣār), qui croyaient en Sa prophétie – que Dieu prie sur lui –, en Sa véracité, en l’établissement de Ses textes (nuṣūṣihi), en la vivification de Sa Loi (šarī‘atihi), en l’humiliation de Son ennemi et en la glorification de Son allié. Ce sont eux qui ont ramené à l’islam ceux qui avaient apostasié parmi les Arabes, qui ont combattu les ennemis de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et Le salue –, les rois des Perses, des Romains, des Indiens, des Turcs et toutes les autres nations polythéistes, les ont fait entrer dans Sa religion et ont fait entrer leurs pays dans Ses royaumes – que Dieu prie sur lui et Le salue. Seul prétend que la domination appartenait aux hypocrites celui qui n’a ni science ni compréhension. Et Hishām disait : « Par ma vie, ‘Alī ibn Abī Ṭālib – que Dieu l’agrée – n’a pas argumenté pour son imamat (imāmatihi) par un texte (naṣṣ) du Prophète – que Dieu prie sur lui et Le salue – ni par Son testament (waṣiyyatihi) à la communauté en sa faveur, et qu’Il a caché cela par crainte des Émigrés et des Auxiliaires, et qu’Il s’est abstenu et a gardé le silence. » On lui dit : « Nous avons fini avec cela, et nous avons montré qu’il n’y a là ni texte (naṣṣ), ni testament (waṣiyya), ni rien à cacher ni à transmettre. » Et aussi, le Commandeur des croyants (amīr al-mu’minīn) n’a ni gardé le silence ni ne s’est abstenu. Au contraire, Il a professé la religion de l’élection (tadayyana bi-l-ikhtiyār), l’a manifesté et en a fait l’argument contre ceux qui Lui ont désobéi, en disant : « Mon obéissance et mon imamat sont obligatoires parce que les gens de la Demeure de l’Émigration (ahl dār al-hiǧra), qui ont prêté serment à Abū Bakr, ‘Umar et ‘Uthmān, m’ont prêté serment. Mon obéissance et mon imamat sont donc obligatoires comme leur obéissance l’était, et la désobéissance à moi est interdite comme la désobéissance à eux l’était. » Il a répété et exposé cela dans Ses sermons (ḫuṭabihi) et Ses écrits (kutubihi), et en a fait l’argument. Quand donc a-t-Il gardé le silence et s’est-Il abstenu ? Et aussi, l’autorité (sulṭān) d’Abū Bakr, ‘Umar, ‘Uthmān et ‘Alī n’était pas une autorité que l’on craigne, même pour une femme âgée juive (imra’a armala dhimmiyya), et à plus forte raison pour d’autres. Ne vois-tu pas que les Auxiliaires (al-anṣār) ont parlé avec Sa‘d ibn ‘Ubāda, al-‘Abbās, les Banū Hāshim, Abū Sufyān et les Banū ‘Abd Manāf au sujet de l’imamat (al-imāma) comme ils l’ont voulu, ont parlé à Abū Bakr et l’ont combattu jusqu’à ce qu’il établisse l’argument (al-ḥuǧǧa) ? Ils se sont opposés à Lui concernant l’envoi de l’armée d’Usāma ibn Zayd et lui ont dit : « Nous n’avons pas peur des Romains en ce moment, et nous n’avons pas besoin de les combattre maintenant alors que les Arabes ont apostasié et nous ont encerclés. Laisse donc cette armée pour nous. » Abū Bakr – que Dieu l’agrée – leur dit : « L’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et Le salue – dit, alors que la révélation descend sur Lui : “Envoyez l’armée d’Usāma”, et nous, nous disons : “Nous ne voyons pas cela”, par notre opinion (bi-ra’yinā) ? » Des gens Lui dirent : « Alors, place sur son armée un commandant à sa place, meilleur que lui, car il est jeune, et dans son armée se trouvent des vieillards et des hommes mûrs. » Il dit : « L’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et Le salue – le mettrait à sa tête, et moi je le retirerais ? Cela n’est pas permis (lā yaḥillu hāḏā). »

Lorsque vinrent ceux qui refusaient la zakât 149 et se rendirent auprès des émigrés 150, ils leur dirent : « Dites au calife de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – de nous dispenser de la zakât ; nous accomplirons la prière et combattrons avec vous. S’il ne le fait pas, nous rejoindrons l’ennemi et vous combattrons. » Ils allèrent donc trouver Abû Bakr – que Dieu l’agrée – et lui demandèrent d’accepter cela d’eux. Il répondit : « Je ne le ferai pas ; cela ne m’est pas licite, ni à vous. » Ils dirent : « Nous sommes en petit nombre, et les Arabes ont apostasié ; contre qui combattrons-nous et qui appellerons-nous ? Nous n’avons pas la force de combattre tous les hommes. Accepte donc d’eux jusqu’à ce que cette sédition se dissipe ; car nous craignons pour Médine, pour les biens laissés par l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et pour nos propres biens. » Il répondit : « Je ne le ferai pas, même si je reste seul. Si j’acceptais votre avis, je déferais l’islam maille par maille 151. Ô gens ! L’Envoyé de Dieu, votre Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – est mort, vos ennemis sont nombreux et votre nombre est faible ; Satan a pris possession de vous par cela. Par Dieu ! Dieu fera triompher Sa religion sur toute religion, en dépit de l’aversion des associateurs 152, et Il vous établira successeurs sur la terre comme Il vous l’a promis. » Et il récita la parole de Dieu – qu’Il soit exalté et glorifié : « C’est Lui qui a envoyé Son messager avec la guidée et la religion de vérité, pour la faire triompher sur toute religion, en dépit de l’aversion des associateurs 153 » ; et Sa parole : « Dieu a promis à ceux d’entre vous qui croient et accomplissent les bonnes œuvres qu’Il les établira successeurs sur la terre comme Il a établi successeurs ceux qui les ont précédés, qu’Il affermira pour eux leur religion qu’Il a agréée pour eux, et qu’Il leur donnera en échange, après leur peur, la sécurité : ils M’adoreront sans rien M’associer 154 » ; et Sa parole : « Combien de fois une troupe peu nombreuse a vaincu une troupe nombreuse, par la permission de Dieu ! Et Dieu est avec les patients 155. » Ils lui dirent : « Les combattras-tu et les tueras-tu alors qu’ils ont dit : “Il n’y a de dieu que Dieu” ? » Il répondit : « Elle n’est pas acceptée d’eux, car ils ont refusé la zakât. » Ils dirent : « Les tueras-tu pour une chamelle d’un an 156 et pour une chamelle de trois ans 157 et pour une brebis, alors que l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – a dit : “J’ai reçu l’ordre de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils disent : ‘Il n’y a de dieu que Dieu’ ; s’ils le disent, ils préservent de moi leur sang et leurs biens 158” ? » Abû Bakr répondit : « Mais il y a dans ce hadith : “sauf par son droit”, et cela fait partie de son droit. » Le débat se prolongea entre eux à ce sujet ; mais lorsqu’il eut établi la preuve, ils se rangèrent à son avis. Lorsqu’il eut ouvert les conquêtes et que les biens lui parvinrent de toutes parts, il établit l’égalité dans les attributions 159. Ils le contestèrent à ce sujet et dirent : « Tu as égalisé entre celui qui a embrassé l’islam maintenant et celui qui a devancé, entre celui qui a secouru et celui qui a émigré. » Il répondit : « Ce sont les ouvriers de Dieu ; leur salaire est auprès de Dieu. La vie d’ici-bas n’est qu’une jouissance passagère. Par Dieu ! Si vous vouliez, ô gens des Ansâr 160, dire : “Vous nous avez chassés, nous vous avons accueillis ; vous avez été abandonnés, nous vous avons secourus ; vous avez été dans le besoin, nous vous avons assistés”, je trouverais que notre exemple et le vôtre est semblable à la parole de Tufayl al-Ghanawî : « Que Dieu récompense pour nous Ja‘far, lorsque nous avons honoré 161 … par notre action envers ceux qui ont trébuché, et elle a glissé. Ils ont refusé de nous donner une dot, même si notre mère … rencontrait ce qu’ils rencontrent de nous, elle se serait lassée. Celui qui a la part est comblé, et chacun reçoit sa part … auprès de chambres surélevées 162 qui ont fait de l’ombre. » Fâtima, fille de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et sur elle – lui envoya un message et dit : « Qu’as-tu, ô calife de l’Envoyé de Dieu ? Tu as hérité de l’Envoyé de Dieu sans nous. » Il répondit : « Je n’ai pas hérité de lui. » Elle dit : « Où est donc notre part de ses biens à Khaybar et à Fadak ? » Il dit : « J’ai entendu l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dire : “Cet argent est pour Muhammad et sa famille durant sa vie ; quand je mourrai, il reviendra à celui qui sera chargé de l’autorité après moi.” Si tu as de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – un engagement, je me rendrai à ta parole. Par Dieu ! Je ne veux pas d’autre témoin que toi. » Le messager revint et dit : « Fâtima te dit : “Non, par Dieu ! Je n’ai pas d’engagement de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – mais l’Envoyé de Dieu est entré chez nous en récitant : ‘Ce que Dieu a accordé comme butin à Son messager des habitants des cités appartient à Dieu, au messager, aux proches parents, aux orphelins, aux pauvres et au voyageur, afin que cela ne circule pas seulement parmi les riches d’entre vous 163’ ; puis il a dit : ‘Réjouissez-vous, ô famille de Muhammad, de la richesse.’ ” » Abû Bakr dit : « Si vous avez la richesse, à vous la richesse. » Puis Abû Bakr se rendit chez elle et l’interrogea sur un engagement de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. Elle dit : « Je n’ai rien de plus que ce que j’ai dit. » Il dit : « Si tu n’as pas d’engagement de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – je ne laisserai pas ce que j’ai entendu de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – pour la parole de quiconque. » Al-‘Abbâs 164 lui parla à ce sujet et lui demanda une preuve ; il mentionna ce qu’il avait entendu de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue.


  1. al-wāḍiʿūna lahā : Ceux qui les ont inventées : référence aux doctrines ou religions précédemment mentionnées.
  2. Ḥāyīm : Nom propre, probablement une forme de 'Hayyim' (vie), un prêtre juif.
  3. lā aqūluhā lakum : Je ne vous les dirai pas : expression indiquant que Dieu ne révèle pas certaines choses.
  4. qulfatuhā fī qulūbihā : Son prépuce est dans son cœur : métaphore biblique (cf. Deutéronome 10:16, Jérémie 4:4) signifiant l'endurcissement spirituel.
  5. Ṭiṭṭus : Titus : empereur romain (79-81 ap. J.-C.), connu pour la destruction du Temple de Jérusalem en 70 ap. J.-C.
  6. Hīlāna : Hélène : mère de l'empereur Constantin, traditionnellement considérée comme ayant trouvé la Vraie Croix.
  7. funduq : Fondouk : caravansérail, auberge pour voyageurs et marchands.
  8. Bīrīn : Pyrrhus : probablement une référence à un roi ou gouverneur romain, peut-être une confusion avec un personnage historique.
  9. al-Sarjān : Les Serbes : peuple slave des Balkans, mentionné ici comme ennemi des Romains.
  10. al-zinā : Fornication, rapport sexuel illicite.
  11. ʿAlī ibn Ḥamdān : Ali ibn Hamdan, fondateur de la dynastie hamdanide, connu comme Sayf al-Dawla.
  12. sanat khams wa-thamānīn wa-thalāthumi'a : Année 385 de l'Hégire, soit environ 995 de l'ère chrétienne.
  13. tarawwamat : Se sont romanisés, ont adopté les coutumes romaines.
  14. faylasūf qadīm : Philosophe ancien, probablement Plotin ou un néoplatonicien.
  15. ḥubb al-dunyā ra's kull khaṭī'a : Hadith : 'L'amour de ce monde est la tête de tout péché.'
  16. ya'kulān wa-yafriyān : Mangent et déchirent, expression pour décrire les ravages.
  17. ḥubb al-sharaf wa-l-māl fī dīn al-mar' al-muslim : Hadith sur les dangers de l'amour de l'honneur et de l'argent.
  18. al-Māniyya : Manichéens, secte fondée par Mani.
  19. muṭrān : Métropolite, évêque principal dans l'Église chrétienne orientale.
  20. al-Ābistāq : Avesta, livre sacré du zoroastrisme.
  21. al-zamzama : Récitation ou psalmodie incompréhensible, peut-être en langue avestique.
  22. al-silīḥayn : Les deux (apôtres ?), peut-être Pierre et Paul.
  23. dhimma : Protection légale accordée aux non-musulmans en terre d'islam.
  24. dayrāniyyāt : Moniales, religieuses chrétiennes vivant dans un monastère.
  25. taqiyya : Dissimulation de sa foi par crainte de persécution.
  26. zunnār : Ceinture distinctive portée par les chrétiens en terre d'islam.
  27. qālat : Elle dit, référence à la belle-mère.
  28. al-nabīdh : Boisson fermentée, souvent à base de dattes ou de raisins.
  29. tabdīl : Altération, falsification des textes sacrés.
  30. sannhūdus : Synode, assemblée ecclésiastique.
  31. al-jathalaqa : Catholicos, titre de certains chefs d'Église orientale.
  32. al-muṭrana : Métropolie, fonction de métropolite.
  33. al-malikiyya : Melkites : chrétiens byzantins, partisans du concile de Chalcédoine.
  34. al-ya‘qūbiyya : Jacobites : chrétiens monophysites, partisans de Jacques Baradée.
  35. al-nasṭūriyya : Nestoriens : chrétiens nestoriens, suivant la doctrine de Nestorius.
  36. al-manāniba : Manichéens : adeptes du manichéisme, religion dualiste fondée par Mani.
  37. aṣḥāb al-nujūm : Astrologues : ceux qui pratiquent l'astrologie, prétendant prédire l'avenir par les astres.
  38. Jānān : Jânân : astrologue légendaire perse, associé à la cour sassanide.
  39. Kisrā : Kisrâ : titre des rois sassanides, notamment Khosro Ier.
  40. Kankah : Kankah : astrologue indien légendaire.
  41. Dhurūthiyūs : Dorothée : astrologue grec, auteur d'un poème astrologique.
  42. Baṭlamiyūs : Ptolémée : astronome et astrologue grec, auteur du Tetrabiblos.
  43. al-mu‘azzimīn : Conjurateurs : ceux qui pratiquent des incantations et des conjurations.
  44. aṣḥāb al-ṭilasmāt : Fabricants de talismans : ceux qui prétendent fabriquer des objets magiques aux pouvoirs surnaturels.
  45. bilād al-Rūm : Pays des Romains : désigne l'Empire byzantin.
  46. al-Rayy : Rayy : ancienne ville de Perse, près de Téhéran.
  47. al-majūs : Mages : adeptes du mazdéisme (zoroastrisme).
  48. Bishtāsif : Vishtaspa : roi légendaire, protecteur de Zoroastre.
  49. Bahrāsf : Lohrasp : roi légendaire de la mythologie perse.
  50. Abishāwthan : Abishawthan : figure eschatologique zoroastrienne, un sauveur attendu.
  51. mujāba : Exaucée : dont les prières sont toujours entendues.
  52. Zarādusht : Zoroastre : prophète fondateur du zoroastrisme.
  53. Adharbādh : Adharbadh : nom d'un mobedh (prêtre zoroastrien).
  54. al-mūbadh : Mobedh : prêtre zoroastrien de haut rang.
  55. al-‘iṣma : Immunité : protection divine contre le péché et l'erreur.
  56. imām ma‘ṣūm : Imam infaillible : concept chiite d'un guide spirituel protégé de l'erreur.
  57. al-ḥujja : Preuve : terme désignant l'imam comme preuve de Dieu sur terre.
  58. Musaylima : Musaylima : faux prophète contemporain de Mahomet.
  59. عندكم : Selon votre croyance, dans votre doctrine.
  60. ملكوت السماء : Royaume des cieux, concept eschatologique chrétien.
  61. الجزية : Capitation, impôt de capitation imposé aux non-musulmans en terre d'islam.
  62. حدودها : Peines légales fixes prescrites par la loi religieuse.
  63. هذا ولو : Et pourtant, même si.
  64. فكيف وانتم [تدعون ان الفاعل لذلك جميعه هو المسيح] : Comment se fait-il alors que vous prétendiez que l'auteur de tout cela est le Messie ?
  65. أعلام : Signes, preuves de la prophétie.
  66. التصوف : Soufisme, ascétisme mystique.
  67. المنانية : Manichéens, adeptes du manichéisme.
  68. الديصانية : Disciples de Bardesane, gnostique syrien.
  69. الأسباط : Les tribus d'Israël, souvent les douze fils de Jacob.
  70. السراري : Concubines, femmes esclaves.
  71. وان لم يسموا مريم زوجة : Bien qu'ils n'appellent pas Marie épouse.
  72. الجزيرة : La Jazira, région de la Haute Mésopotamie.
  73. الجهبذة : Fonction de trésorier ou d'expert financier.
  74. زرادشت : Zoroastre, prophète fondateur du zoroastrisme.
  75. بول البقر : Urine de vache, utilisée dans les rites de purification zoroastriens.
  76. الهربذ : Prêtre zoroastrien, hērbad.
  77. مثقال : Mithqal, unité de poids pour les métaux précieux.
  78. المجوس : Mages, zoroastriens.
  79. موبذان موبذ : Mobedhan Mobedh, titre du grand prêtre zoroastrien.
  80. دينار : Dinar, monnaie d'or.
  81. القراء : Lecteurs, probablement des clercs ou des religieux lettrés.
  82. أهل الجدل : Dialecticiens, théologiens spécialistes de la controverse.
  83. ملحدة : Hérétiques, athées ou déviants.
  84. زنادقة : Zindīqs, terme désignant les hérétiques dualistes ou manichéens.
  85. قسطا بن لوقا : Qusṭā ibn Lūqā, médecin et traducteur chrétien du IXe siècle.
  86. حنين بن إسحق : Ḥunayn ibn Isḥāq, médecin et traducteur nestorien du IXe siècle.
  87. ابنه إسحق : Isḥāq ibn Ḥunayn, fils du précédent, également traducteur.
  88. قويرى : Quwayrī, personnage non identifié, peut-être un traducteur ou théologien.
  89. متى الجرمقاني : Mattā al-Jarmaqānī, traducteur et philosophe chrétien du Xe siècle.
  90. سنين نيف وعشرين وثلثمائة : Années 320 de l'hégire (environ 932-942 ap. J.-C.).
  91. يحيى بن عدي : Yaḥyā ibn ‘Adī, philosophe et traducteur chrétien jacobite du Xe siècle.
  92. أرسطاطالس : Aristote, philosophe grec.
  93. قسطنطينوس بين هيلانة : Constantin, fils d'Hélène, empereur romain converti au christianisme.
  94. أفراسكس : Aphraxis, probablement un écrit apocryphe ou un terme déformé.
  95. السنهودس : Synode, concile ecclésiastique.
  96. شمعون الصفا : Simon Pierre, apôtre du Christ.
  97. rabbânî : Titre honorifique donné aux moines et aux chefs religieux chrétiens, signifiant 'mon maître' ou 'mon père spirituel'.
  98. Abâ Marqus : Nom d'un moine, 'Abâ' signifie 'père' en syriaque, équivalent de 'abbâ'.
  99. Jirjis : Nom arabe de saint Georges, figure vénérée dans le christianisme, souvent associé à des miracles.
  100. dhikrân : Terme désignant une commémoration ou une fête en l'honneur d'un saint, littéralement 'mémoire' ou 'souvenir'.
  101. 'âziq ma'nâthâ : Expression syriaque signifiant 'celui qui a fui le travail' ou 'celui qui cherche à vivre sans effort', utilisée péjorativement pour désigner les moines paresseux.
  102. بخت : Chance, fortune, destin favorable.
  103. جاثليق : Catholicos, titre du chef de l'Église nestorienne ou d'autres Églises orientales.
  104. عازق معناثا : Terme syriaque signifiant littéralement 'celui qui délie le lien' ou 'celui qui rompt le vœu', désignant un moine qui a abandonné son engagement monastique.
  105. مطران : Métropolite, évêque d'une province ecclésiastique.
  106. الرئاسة : La présidence, l'autorité suprême, ici la direction de la communauté chrétienne.
  107. متى بن يونس : Mattā ibn Yūnus (mort vers 940), philosophe et traducteur chrétien nestorien, connu pour ses travaux sur la logique aristotélicienne.
  108. النغول : Terme d'origine persane (nāghūl) désignant un oiseau de mauvais augure ou un être maléfique ; ici, 'chance du nāghūl' signifie une chance trompeuse ou maléfique.
  109. الإلحاد : Impiété, hérésie, déviation de la foi ; peut aussi signifier athéisme.
  110. الملكية : Les Melkites, chrétiens byzantins (orthodoxes) qui acceptaient le concile de Chalcédoine.
  111. الذكران : Commémorations, fêtes en l'honneur des saints ou des martyrs.
  112. جورجس : Saint Georges, martyr chrétien vénéré, dont la légende raconte qu'il fut ressuscité plusieurs fois.
  113. التقليد : La tradition, l'acceptation de l'autorité sans examen critique.
  114. البرهان : La preuve, la démonstration rationnelle.
  115. الشريعة : La Loi religieuse, ici la loi chrétienne.
  116. البيعة : L'Église, la communauté ecclésiale.
  117. الطبيعة : La nature, le monde physique régi par des lois naturelles.
  118. البرهان : Démonstration, preuve logique ou scientifique.
  119. الربوبية : La seigneurie, la divinité, le fait d'être Seigneur.
  120. الشرائع : Les lois religieuses, les révélations.
  121. القبط : Les Coptes, chrétiens d'Égypte.
  122. الروم : Les Romains, ici les Byzantins.
  123. غسان : Les Ghassanides, tribu arabe chrétienne alliée de Byzance.
  124. هذه الأمة : Cette communauté, ici la communauté musulmane.
  125. الحنبلية : Les hanbalites, adeptes de l'école juridique fondée par Ahmad ibn Hanbal.
  126. المعتصم بن الرشيد : Al-Mu'tasim bi-llah (794-842), calife abbasside.
  127. أحمد بن حنبل : Ahmad ibn Hanbal (780-855), fondateur de l'école hanbalite.
  128. معروف الكرخي : Ma'ruf al-Karkhi (mort vers 815), saint soufi de Bagdad.
  129. ارتدوا : Ils sont devenus apostats, ont abandonné l'islam.
  130. الكاملية : Les Kamilites, secte extrémiste chiite qui croyait que tous les Compagnons avaient apostasié après la mort du Prophète.
  131. هشام بن الحكم : Hisham ibn al-Hakam (mort vers 795), théologien chiite imamite.
  132. يوم الغدير : Le jour de Ghadir Khumm, où le Prophète aurait désigné Ali comme son successeur, célébré par les chiites.
  133. سني نيف وخمسين وثلثمائة للهجرة : Années 350 de l'Hégire (961-971 ap. J.-C.).
  134. المهاجرين والانصار : Les Émigrés (de La Mecque) et les Auxiliaires (de Médine), premiers musulmans.
  135. الإمامية : Les imamites, chiites duodécimains qui croient en douze imams.
  136. الرافضة : Les râfidites, terme péjoratif désignant les chiites qui 'rejettent' la légitimité des premiers califes.
  137. الإمامة : L'imamat, la fonction de guide spirituel et temporel de la communauté.
  138. الشورى : La consultation, ici le conseil qui désigna Uthman comme calife après Omar.
  139. التناسخ : La métempsycose, la transmigration des âmes.
  140. الأكوار والادوار : Les cycles et les périodes, concept de la philosophie hermétique ou gnostique.
  141. عالم العقل : Le monde de l'intellect, concept de la philosophie néoplatonicienne.
  142. سعد ابن عبادة الأنصاري : Sa'd ibn 'Ubada al-Ansari, compagnon du Prophète, candidat au califat.
  143. أبو بكر الصديق : Abu Bakr as-Siddiq, premier calife de l'islam.
  144. مسيلمة : Musaylima, faux prophète contemporain de Mahomet.
  145. طليحة : Tulayha, faux prophète arabe vaincu par Abu Bakr.
  146. أسامة بن زيد : Usama ibn Zayd, compagnon du Prophète.
  147. محمد بن مسلمة : Muhammad ibn Maslama, compagnon du Prophète.
  148. سعد بن مالك : Sa'd ibn Malik, probablement Sa'd ibn Abi Waqqas, compagnon du Prophète.
  149. zakāt : Aumône légale obligatoire, l'un des piliers de l'islam.
  150. muhājirūn : Émigrés de La Mecque à Médine avec le Prophète.
  151. naqaḍtu l-islāma ‘urwatan ‘urwatan : Expression signifiant défaire l'islam complètement, comme on défait un vêtement maille par maille.
  152. mushrikūn : Associateurs, polythéistes.
  153. Coran 9:33 : Sourate at-Tawba, verset 33.
  154. Coran 24:55 : Sourate an-Nūr, verset 55.
  155. Coran 2:249 : Sourate al-Baqara, verset 249.
  156. ibn labūn : Chamelle mâle d'un an, âge minimal pour la zakāt sur les chameaux.
  157. ḥiqqa : Chamelle de trois ans entrant dans sa quatrième année, catégorie de zakāt.
  158. hadith : Parole prophétique rapportée.
  159. ‘aṭā’ : Allocation ou pension versée par le trésor public.
  160. Anṣār : Auxiliaires de Médine ayant accueilli les émigrés.
  161. sharafat : Le texte dit 'sharafat' (honoré) mais le sens est obscur ; peut-être une erreur de copie.
  162. athfāt : Pluriel de 'thufāt' : chambres ou maisons surélevées.
  163. Coran 59:7 : Sourate al-Hashr, verset 7.
  164. al-‘Abbās : Oncle du Prophète, ancêtre des Abbassides.

La première partie

Il dit : « Je destine cet argent aux mêmes fins que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) l’affectait. » Abou Bakr rendit ces biens à Ali ibn Abi Talib et lui dit : « Fais-en ce que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) en faisait. » De même fit le Commandeur des croyants (que Dieu l’agrée) lorsque le califat lui échut après Othman. Telle fut la conduite des quatre califes et de tous les Compagnons et des Successeurs après eux. Sache-le. Ils s’opposèrent à lui lorsqu’il les consulta pour la succession de Omar. Certains lui dirent : « Il est le meilleur après toi, mais il est sévère et redoutable. Or, parmi le peuple, il y a la veuve, le faible et l’indigent. Nomme donc sur nous quelqu’un de plus doux que lui. » Ils eurent avec lui à ce sujet des réclamations et des discussions, et Omar les entendait et les savait, jusqu’à ce qu’Abou Bakr leur dit : « Je ne le nomme sur vous que parce qu’il est le plus fort d’entre vous pour vous, le plus utile pour vous et celui qui vous ramène le plus à moi. Dieu m’est témoin : je ne voulais que cela. A perdu celui qui se munit de vos œuvres par injustice. Omar n’est ni mon fils ni de ma famille ; je n’ai voulu que votre bien. Je l’ai observé : quand je me montrais doux en une chose, il me paraissait sévère ; quand j’étais sévère, il me paraissait doux. S’il prend le pouvoir sur vous, il sera doux et sévère. » Puis il dit : « Omar n’a pas honte d’apprendre. » Lorsqu’il eut établi l’argument, ils se soumirent et furent satisfaits. Puis il dicta ces fameux engagements. Combien de choses auxquelles ils s’opposèrent, exigeant de lui une preuve, et cela plus encore que ceci. Leur opposition à Omar au sujet du Sawad 1, des conquêtes de la Syrie, de la nomination des gouverneurs, de la fatwa et du jugement ; au point que même une femme ou un bédouin l’opposait, sans parler des Émigrés, cela est bien connu, jusqu’à ce qu’il établisse l’argument ou se range à l’avis de celui qui détenait l’argument. Quant à Othman, ils s’opposèrent à lui au sujet de l’achèvement de la prière à Mina, du domaine réservé 2, d’Al-Hakam ibn Abi al-As, de ceux de sa famille qu’il nomma, et ils le contraignirent à appliquer les peines légales contre eux et à fournir la preuve de ce qu’il faisait, comme c’est connu. Quant à Ali (que Dieu l’agrée), ils s’opposèrent à lui au sujet de la nomination de ses proches et du jugement qu’il exécuta, comme c’est connu. Il arriva même à ces quatre califes, de la part des plus petits de leurs sujets, dans les branches et les petites affaires, ce qui est connu. Comment donc un homme sensé, qui a médité leurs affaires et connu leur conduite, pourrait-il imaginer qu’ils étaient inférieurs aux gens, qu’ils les craignaient de leur rappeler la vérité, de parler en leur présence, ou qu’ils se gardaient de leur rappeler un engagement du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) ou une recommandation du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) ? Cela ne peut être imaginé que par le plus ignorant des gens à leur sujet et à propos de leur état, ou par un homme sensé qui compare leur état à celui des tyrans et des gouverneurs injustes qu’il a vus et dont il a entendu parler. Sache-le. Ce sont des gens, ennemis des prophètes, qui ont jeté cela aux imamites dans ce qu’ils ont composé pour eux, prétendant au chiisme et se couvrant du rejet 3, pour détourner les gens de ceux qui ont édifié l’islam, l’ont construit, ont secouru le Messager de sa vie et après sa mort, afin de les faire sortir de l’islam sans qu’ils s’en rendent compte. De même qu’ils ont composé des écrits pour accuser les Émigrés et les Auxiliaires, ils ont aussi composé des écrits pour accuser les prophètes, les insulter et les traiter de menteurs, disant qu’ils parlaient avec mensonge et calomnie devant leurs peuples, et que ceux-ci se taisaient par peur d’eux. Cela a été fait contre les prophètes par Omar ibn Ziyad al-Haddad, Abou al-Warraq, Abou al-Husayn ibn al-Rawandi, Abou Sa’id al-Hasan ibn Ali al-Husri, Jabir ibn Hayyan, Hisham ibn al-Hakam, et leurs semblables, comme le savent les savants 4. Tous ceux qui ont attaqué Abou Bakr, Omar, les Émigrés et les Auxiliaires l’ont fait par excès de rage contre le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui), parce que ceux-ci ont soutenu sa cause, l’ont secouru de son vivant, ont maintenu sa religion après sa mort, l’ont propagée en Orient et en Occident, ont tué ses ennemis parmi les Arabes, les rois perses, les rois byzantins, les rois coptes, les rois de l’Inde, les Turcs, les nations polythéistes, et ont fait entrer leurs peuples dans sa religion (que la paix et la bénédiction soient sur lui). Voilà leur crime aux yeux des savants rafidites 5, mais le vulgaire d’entre eux ne s’en rend pas compte. C’est pourquoi les savants, lorsque ces innovations sont apparues, ont dit : « N’insultez pas les Compagnons de Muhammad (que la paix et la bénédiction soient sur lui), car ils ont embrassé l’islam par crainte de Dieu, et les gens après eux ont embrassé l’islam par crainte de leurs épées. » Puis on dit à ces gens : « Nous avons trouvé que le Commandeur des croyants Ali ibn Abi Talib (que Dieu l’agrée) s’est montré franc avec la vérité en toutes circonstances, ne craignant aucune créature, même seul et les gens contre lui. Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) l’avait laissé à La Mecque, qui était alors une demeure de mécréance, et il ne les craignit pas ni ne les quitta, malgré sa solitude et son isolement. Il s’opposa à Mu’awiya alors qu’il avait cent mille épées, le maudit de sa langue, pria contre lui dans sa prière, le frappa de son épée, et lui exposa la vérité bien qu’il sût qu’il n’accepterait pas. Il s’opposa aux kharijites, se désolidarisa d’eux bien qu’il sût qu’ils n’accepteraient pas, alors qu’ils étaient ses compagnons et qu’avec eux il avait triomphé de son ennemi et étendu son pouvoir. Il persista à s’opposer à eux, bien qu’ils aient dispersé ses compagnons et l’aient tué 6. Il ne se rapprocha pas d’eux par une parole, car ils lui dirent : « Si tu te repens de l’arbitrage, nous reviendrons à toi comme avant et combattrons ton ennemi ; si tu refuses, nous te ferons la guerre jusqu’à te tuer ou que tu nous tues. » Il répondit : « C’est vous qui m’avez appelé à l’arbitrage. » Ils dirent : « Tu as raison, nous nous sommes repentis ; il ne nous convenait pas de t’y appeler, et il ne te convenait pas de répondre et de faire arbitrer des hommes dans la religion de Dieu. » Il dit : « Au contraire, il m’était permis d’arbitrer ; si cela avait été une désobéissance, je n’aurais pas répondu à votre appel. Celui qui prétend que l’arbitrage est un égarement est lui-même plus égaré ; celui qui prétend que je m’en repens ment. » Il patienta (que Dieu l’agrée) et ne se rapprocha pas d’eux par une parole susceptible d’interprétation. Car s’il avait dit : « Je me repens à Dieu de tout péché et de toute faute », en entendant autre chose que l’arbitrage, la parole aurait été susceptible d’interprétation, et il les aurait apaisés, les aurait ramenés, aurait eu avec eux une grande armée comme avant leur défection, et aurait triomphé de son ennemi. Mais il ne le fit pas ; il persista à les combattre jusqu’à ce qu’il les tuât et qu’ils le tuassent (que Dieu l’agrée). Il ne fléchit pas par une parole susceptible d’interprétation, afin de montrer aux premiers et aux derniers la vérité de la religion. Il ne les ménagea ni ne se rapprocha d’eux, malgré son besoin d’eux et sa crainte de leurs épées. S’il ne craignait pas les tyrans et les vivants qui sont dans les armées et que les gens craignent, comment craindrait-il Abou Bakr, Omar et Othman de leur vivant et après leur mort ? De leur vivant et sous leur autorité, aucun homme véridique, fût-il un esclave, une femme veuve ou une dhimmie, ne les a craints. Seul parle ainsi celui qui ne connaît ni Ali, ni Abou Bakr, ni Omar, ni Othman. Attache-toi donc à la connaissance, car elle est vie, et s’éloigner de sa quête est mort. Les gens de connaissance et de soin savent qu’Ali, à l’époque d’Abou Bakr, d’Omar et d’Othman, jouissait d’une parole élevée et d’un ordre exécutoire, comme sous son propre pouvoir. Il était, sous le pouvoir de ceux-ci, plus exécutoire dans ses ordres, plus élevé dans sa parole et plus libre dans son langage qu’à l’époque du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) et de sa vie. Il n’y a pas de différence entre celui qui prétend qu’Ali craignait ces califes et celui qui prétend que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) les craignait aussi, et que c’est par peur d’eux qu’il leur témoignait du Paradis et les purifiait. Cela leur est nécessaire, c’est même la parole des rafidites, car ils disent : « Ali ibn Abi Talib est la preuve de Dieu sur Ses créatures, comme le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui), et il est infaillible comme l’infaillibilité des prophètes. » Et ils disent en même temps : « Il a purifié Abou Bakr, Omar et Othman, s’est allié à certains d’entre eux par mariage, a prié derrière eux, a fait le pèlerinage avec eux, est entré dans la consultation 7 et a agi par élection, a prié derrière Suhayb comme Omar l’avait recommandé, a obéi à Omar comme Abou Bakr l’avait recommandé, a accompli pour eux de nombreux actes, a manifesté leur purification, les a loués pour leur foi, bien qu’ils fussent mécréants, tout cela par peur d’eux et de leurs partisans après eux, jusqu’à ce que la vérité ne se manifeste qu’à sa sortie de ce monde. » Nous disons : Si celui qui est la preuve, l’infaillible et le représentant du Messager a agi ainsi sans droit, nous ne pouvons être sûrs que quiconque s’est allié au Prophète par mariage, l’a loué, a témoigné pour lui du Paradis et a ordonné aux gens de lui obéir, n’ait pas agi de même, et qu’il ait fait comme cette preuve. C’est un point sur lequel ils n’ont aucun recours, et il corrompt toutes les religions. C’est à cela que visait Hisham ibn al-Hakam en instituant cette innovation. Sache-le 8. Autre chapitre [L’anathème du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) contre les Arabes et les autres nations, sa colère contre elles, et comment Dieu le protégea de leur mal] Tu connais l’attitude que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) manifesta lorsqu’il prétendit à la prophétie et appela à Dieu : il déclara mécréantes toutes les nations, se désolidarisa d’elles, les rabaissa, les mit en colère et les irrita. Il ne se protégea par aucune créature, comme cela a été mentionné précédemment. Les Arabes, les Juifs, les Chrétiens, les Quraychites et les autres étaient d’un seul cœur dans leur hostilité envers lui, cherchant à le prendre en défaut et désireux de le tuer, tandis qu’il était seul parmi eux. Dieu les détournait de cela par des moyens qu’il ne connaissait pas, ni eux, et par des moyens qu’il connaissait et qu’ils connaissaient. Cependant, ils l’insultaient, le frappaient, le jetaient à terre, le piétinaient, jetaient des excréments et de la terre sur sa tête. Puis, un par un, groupe par groupe, ils lui répondaient, malgré cette situation, et subissaient avec lui coups et humiliation, étaient torturés, affamés, confinés dans les défilés, et certains étaient tués. Ils ne pouvaient demeurer avec lui à La Mecque ; ils fuyaient avec leur religion, traversaient les mers, tandis que le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) restait à La Mecque avec Abou Bakr et un petit groupe. Il sortait pendant les saisons 9 vers les Arabes, récitait le Coran, appelait à Dieu et établissait l’argument. Les Quraychites, de sa propre famille, sortaient vers les Arabes et disaient : « Ne l’écoutez pas, c’est un sorcier menteur ; nous sommes sa famille et le connaissons mieux. » Ils disaient : « N’écoutez pas ce Coran et faites du bruit pendant sa récitation, peut-être serez-vous vainqueurs 10 », et l’empêchaient de s’expliquer et de développer. Parfois, ils le distrayaient en le frappant. C’était son oncle Abou Lahab et ses semblables qui s’en chargeaient. Les Arabes lui disaient : « Ta famille te connaît mieux ; nous ne te répondons pas. Va-t’en, tu nous as rendus hostiles, tu t’es opposé à nous, tu nous as fait entendre sur nos divinités, nos pères et nous-mêmes ce que nous n’aimons pas. » Une tribu après l’autre, parmi les tribus de Tayy et d’Aslam, lui répondait. Les tribus d’Abd al-Qays, de Rabi’a, entendirent parler de lui, vinrent à lui, l’écoutèrent et embrassèrent l’islam volontairement, à ces conditions. Les Banu Qayla, des tribus d’Aws et de Khazraj, entendirent parler de lui, vinrent à lui, écoutèrent le Coran et l’argument, et embrassèrent l’islam. Ils retournèrent vers leur peuple et les amenèrent à lui année après année ; ils embrassèrent l’islam et lui prêtèrent serment d’allégeance. Ils retournèrent vers leur peuple, qui étaient de nombreuses tribus, et la plupart d’entre eux embrassèrent l’islam volontairement, à ces conditions.

Ses compagnons émigrèrent vers Médine après ceux qui avaient émigré vers l'Éthiopie. Les Ansâr dirent au Prophète, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui : « Nous sommes nombreux, nous te protégerons, nous combattrons toutes les nations avec toi, nous t'obéirons dans la vie et après la mort, et aucun blâme ne nous atteindra en Dieu. » Il prit cet engagement sur eux et ils s'en allèrent. Puis il se rendit auprès d'eux avec Abû Bakr al-Siddîq 11, que Dieu l'agrée, et il fut dans la force, la protection et une armée. Il appela à Dieu, et il eut des expéditions et des batailles. Sa puissance ne cessa de croître jusqu'à ce que les Juifs et les Chrétiens de la péninsule arabique, qui étaient de nombreuses tribus, fussent humiliés, jusqu'à ce qu'ils lui payent la jizya 12, et jusqu'à ce que quiconque ne croyait pas en sa prophétie dans la péninsule arabique ne pût le manifester, en raison du grand nombre d'émigrés et d'auxiliaires et de leurs semblables qui croyaient en sa prophétie et sa véracité. Il mena même l'expédition de Tabûk 13 contre les Romains, sa dernière expédition, avec trente mille hommes, sans compter ceux qu'il avait laissés comme gouverneurs et compagnons dans la péninsule arabique, qui est plus vaste que le pays des Romains. Le Prophète, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, mourut à Médine, et la domination y appartenait à ceux qui croyaient en sa véracité et sa prophétie parmi les émigrés, les auxiliaires et leurs disciples et semblables. Ce sont eux qui entourèrent Abû Bakr, l'établirent comme calife, combattirent ceux qui apostasièrent de la religion du Messager de Dieu, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, jusqu'à les vaincre, les humilier et les tuer. Ils combattirent les Perses, les Romains, les nations polythéistes et tous les ennemis du Messager de Dieu, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, et les humilièrent. Ils tuèrent leurs rois et les firent entrer, de gré ou de force, dans la religion du Messager de Dieu et dans sa Loi, et ils firent entrer leurs pays dans les pays de l'islam. Leur seule occupation était de rendre puissante sa religion, d'établir ses textes, de faire revivre sa Loi, de la diffuser, de la propager et de la manifester, de rendre puissant celui qui pratiquait sa religion et d'humilier celui qui s'opposait à quoi que ce soit de cela. Après sa mort, ils eurent une perspicacité plus grande que de son vivant, car de son vivant ils parlaient sous sa direction. Quand il mourut et que l'affaire leur revint, leur vigilance augmenta. Ils rejetèrent tout repos, abandonnèrent tout plaisir, et s'attachèrent à établir ses textes et à faire revivre sa Loi, jusqu'à ce qu'ils remplissent toute la terre de cela. Ils n'avaient pas d'œuvre plus pure que celle-ci. Seul celui qui n'a pas regardé ni réfléchi peut penser que ses textes furent altérés, que son Livre fut changé, que sa Loi fut frappée. C'est comme celui qui dit qu'à Médine, il était frappé, insulté et piétiné en présence des émigrés, comme à La Mecque. Seul le plus ignorant de la condition des émigrés et des auxiliaires peut penser cela. Si l'on dit : « Le peuple de Moïse n'a-t-il pas adoré le veau de son vivant et de celui de son frère Aaron ? Pourquoi niez-vous que les émigrés et les auxiliaires aient apostasié de la religion de Muhammad, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui ? N'étaient-ils pas capables de le faire ? » On lui répond : Cette question n'est pas posée par celui qui comprend ce que nous avons dit. Car nous n'avons pas dit que ces gens n'ont pas apostasié par pureté d'intention à leur égard, ni par bonne opinion d'eux, ni par partialité, ni parce qu'ils n'en étaient pas capables. Au contraire, ils en étaient capables, mais ils ne l'ont pas choisi ni fait, de même que nous savons que leur compagnon, le Messager de Dieu, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, n'est pas revenu de ce sur quoi il était, bien qu'il en fût capable, et bien que son ennemi ait prétendu qu'il était revenu et ait montré du doute dans son affaire par sa parole : « Je ne sais pas ce qui sera fait de moi ni de vous » 14 et par sa parole : « Si tu es dans le doute sur ce que Nous avons fait descendre vers toi, interroge ceux qui lisent le Livre avant toi » 15. C'est ce que les chefs des Râfidites 16, que nous avons mentionnés précédemment, ont prétendu à son sujet. L'apostasie ne se déduit pas par analogie, en disant : « De même que le peuple de Moïse a apostasié, de même le peuple de Muhammad, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, doit apostasier. » Seul le plus ignorant, le plus stupide et le plus imparfait peut penser cela. Ceux-ci disent : « De même que Yazîd ibn Mu‘âwiya a tué al-Husayn, de même Abû Bakr a dû frapper Fâtima et tuer al-Hasan. » Or, la connaissance qu'il n'est pas revenu de sa religion, et qu'Abû Bakr, ‘Umar, les émigrés et les auxiliaires ne sont pas revenus de sa religion après lui, précède la connaissance de sa prophétie et de sa véracité, et qu'il a appelé à la vérité. La connaissance de la persévérance d'Abû Bakr, de ‘Umar, des émigrés et des auxiliaires dans sa religion, que la paix soit sur lui, est comme la connaissance de sa propre persévérance. La connaissance de cela précède la connaissance de sa prophétie. La position de celui qui prétend cela contre eux est comme celui qui nous dit : « J'étais à Constantinople, dans le pays des Romains, et j'ai trouvé qu'ils insultaient Paul, le désavouaient et crachaient sur la croix. » Nous lui disons : « Tu mens. » Il dit : « Pourquoi me traitez-vous de menteur alors que vous n'étiez pas avec moi ? Paul n'est-il pas un mécréant qui mérite d'être insulté, et ne faut-il pas cracher sur la croix et ne pas la vénérer ? » Nous disons : « Même si nous n'étions pas avec toi, notre raison est avec nous. Nous savons que la domination là-bas appartient à ceux qui vénèrent la croix et Paul. » Ou comme celui qui nous dit : « J'étais en Andalousie et j'ai trouvé qu'ils maudissaient Mu‘âwiya, le désavouaient, ainsi que Marwân ibn al-Hakam et ses enfants, comme on le fait à Koufa et à Médine. » Nous dirions : « Tu mens. » Il dirait : « Vous n'étiez pas avec moi, croyez-moi ou doutez de mon information. » Nous dirions : « Même si nous n'étions pas avec toi, notre raison est avec nous. Nous savons que la domination là-bas appartient à ceux qui professent l'imamat de Mu‘âwiya, de Marwân et de ses enfants. » Telle est la voie de celui qui prétend contre Abû Bakr, ‘Umar, les émigrés et les auxiliaires ce que les Râfidites prétendent. Parmi leurs choses étonnantes, il y a leur parole : « Ceci est comme l'adoration du veau par le peuple de Moïse. » Ils comparent l'apostasie, la mécréance et la foi par analogie. Or, Celui qui nous a informés que le peuple de Moïse a adoré le veau est Celui qui nous a fait connaître par notre raison que les compagnons de Muhammad, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, ont persévéré dans sa religion. Et Celui qui nous a fait connaître par la tradition que Yazîd ibn Mu‘âwiya a tué al-Husayn et emmené sa descendance en Syrie est Celui qui nous a fait connaître par notre raison qu'Abû Bakr n'a pas frappé Fâtima ni tué al-Muhsin 17. Ceci est, par analogie, comme celui qui dit : « Puisque Yazîd ibn Mu‘âwiya a attaqué Médine et La Mecque et les a pillées, Abû Bakr a dû faire de même. Puisque Mu‘âwiya a tué ‘Ammâr ibn Yâsir, Abû Bakr a dû tuer al-‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muttalib. Puisque Mu‘âwiya a tué deux fils de ‘Abd Allâh ibn al-‘Abbâs, Abû Bakr a dû tuer quatre enfants de la descendance d'al-‘Abbâs, et ‘Umar et ‘Uthmân ont dû faire de même. » Ou comme celui qui dit : « Puisque les enfants d'Israël ont tué les prophètes, les compagnons de Muhammad, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, ont dû faire de même. » On dit aussi aux Râfidites : « Si Abû Bakr avait frappé Fâtima et tué al-Muhsin, la connaissance de cela aurait dû parvenir à tous ceux qui ont entendu les récits, et cette connaissance aurait dû être comme la connaissance du meurtre d'al-Husayn par Yazîd, et comme le meurtre de Hujr ibn ‘Adî par Mu‘âwiya, et de Muslim ibn ‘Aqîl par ‘Ubayd Allâh ibn Ziyâd. Bien plus, la connaissance de ce que vous prétendez aurait dû être plus forte que celle de ces meurtres, car cet événement que vous imputez à Abû Bakr s'est produit à Médine, et en furent témoins al-‘Abbâs et ses enfants, ‘Alî ibn Abî Tâlib et ses enfants, ‘Aqîl et ses enfants, tous les Banû Hâshim, leurs clients et leurs femmes, tous les émigrés et les auxiliaires, leurs enfants et leurs femmes. Or, à Médine, à la mort du Messager de Dieu, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, il y avait plus de cent mille personnes. La connaissance de cela aurait donc été plus forte que celle de Karbalâ’. Mais les prétentions des Râfidites concernant le fait de frapper Fâtima, que la paix soit sur elle, de tuer son enfant, et l'ordre d'Abû Bakr à Khâlid ibn al-Walîd de tuer ‘Alî ibn Abî Tâlib, sont comme leurs prétentions concernant les textes 18 qu'ils attribuent au Messager de Dieu, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui. Quiconque examine leur affaire voit clairement la fausseté de cela, aussi clairement que le soleil. Ce qui augmente encore ta clarté sur la condition de ces califes, des émigrés et des auxiliaires, et leur attachement aux recommandations du Messager de Dieu, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, c'est que lorsque ‘Uthmân ibn ‘Affân accomplit la prière complète à Minâ 19, ‘Alî ibn Abî Tâlib le lui reprocha immédiatement, en présence de tout le monde, en disant : « N'as-tu pas prié ici avec le Messager de Dieu, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, deux rak‘a 20 ? » Il dit : « Si. » Il dit : « N'as-tu pas prié ici avec Abû Bakr deux rak‘a ? » Il dit : « Si. » Il dit : « N'as-tu pas prié ici avec ‘Umar deux rak‘a ? » Il dit : « Si. » Il dit : « N'as-tu pas prié ici avec nous pendant la première partie de ton califat deux rak‘a ? » Il dit : « Si. » Il dit : « Pourquoi as-tu complété ? Quelle est ton excuse ? » Il dit : « J'ai épousé une femme à La Mecque, et j'ai entendu le Messager de Dieu, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, dire : 'Quiconque se marie dans un pays en fait partie.' J'ai des biens à Tâ'if et j'ai l'intention de les inspecter. De plus, il m'est parvenu que des gens vils du Yémen disent : 'La prière du résident est de deux rak‘a ; voici le Commandeur des croyants ‘Uthmân qui prie deux rak‘a.' » Lorsque ‘Uthmân interdit le tamattu‘ 21 et ordonna aux gens de faire le pèlerinage seul, cela parvint à ‘Alî. Il entra chez lui et lui dit : « Il m'est parvenu que tu as interdit le tamattu‘. » Puis ‘Alî dit : « Me voici, ô Dieu, me voici, pour un pèlerinage et une ‘umra 22 ensemble. » ‘Uthmân lui dit : « Pourquoi fais-tu cela alors que nous l'avons interdit ? » Il dit : « Je ne vais pas abandonner une chose que le Messager de Dieu, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, a permise à cause de la parole de quelqu'un. » Lorsque al-Walîd ibn ‘Uqba, gouverneur de ‘Uthmân sur Koufa et son frère utérin, fut accusé d'avoir bu du vin, ‘Alî lui dit : « Fais-le venir et entends le témoignage. » Il le fit venir, entendit le témoignage, et ‘Alî le flagella de sa propre main. Al-Walîd était parmi les nobles de Quraysh, et le Messager de Dieu, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, l'avait employé, ainsi que ‘Umar et ‘Uthmân. Il avait accompli de nombreuses conquêtes en islam, et il était le frère du Commandeur des croyants, mais ‘Alî ne le craignit pas. Lorsque certains parlèrent de ‘Uthmân parce qu'il nommait ses proches et les favorisait, et dirent à ‘Alî que ‘Umar n'avait pas fait cela avec ses proches, ‘Alî se rendit chez ‘Uthmân et lui dit : « Derrière moi, il y a des gens qui m'ont parlé de toi, et je ne sais que te dire. Je ne connais rien que tu ignores, je ne te guide pas vers une chose que tu ne connais pas, je ne t'ai pas devancé dans une affaire pour te l'enseigner, je n'ai pas été seul avec une affaire pour t'en informer, et je n'ai pas été privilégié par une affaire à ton détriment. Tu sais ce que nous savons. Par Dieu, Ibn Abî Quhâfa 23 n'est pas plus digne d'agir avec justice que toi, ni Ibn al-Khattâb 24 n'est plus digne de quelque bien que toi. Tu es plus proche du Messager de Dieu, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, par le lien de parenté, et tu as obtenu de son alliance matrimoniale ce qu'ils n'ont pas obtenu. Crains Dieu dans ton affaire, car, par Dieu, tu ne connais pas l'ignorance, tu ne vois pas l'aveuglement, la vérité est claire et évidente, et les étendards de la religion sont dressés. » ‘Uthmân lui dit : « Je savais que tu dirais ce que tu as dit. Si j'étais à ta place, je ne t'aurais ni affranchi ni livré. Je n'ai commis aucun acte répréhensible en maintenant les liens de parenté, en comblant une lacune, en accueillant un nécessiteux, et en nommant quelqu'un de semblable à ceux que ‘Umar nommait. Je t'adjure par Dieu, ô ‘Alî, sais-tu que al-Mughîra ibn Shu‘ba n'est pas là ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Sais-tu que ‘Umar le nommait ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Pourquoi me blâmes-tu d'avoir nommé Ibn ‘Âmir, malgré son lien de parenté ? » ‘Alî lui dit : « Je vais t'informer. ‘Umar, lorsqu'il nommait quelqu'un, le tenait fermement par la nuque ; si une parole lui parvenait, il le traînait et lui infligeait le maximum. Toi, tu ne fais pas cela ; tu as été faible et indulgent envers tes proches. » ‘Uthmân lui dit : « Ils sont aussi tes proches. » ‘Alî lui dit : « Certes, leur parenté avec moi est proche, mais le mérite est chez d'autres. » ‘Uthmân lui dit : « Sais-tu que ‘Umar a nommé Mu‘âwiya ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Je l'ai donc nommé comme il l'a nommé. » ‘Alî lui dit : « Je t'adjure par Dieu, sais-tu que Mu‘âwiya craignait plus ‘Umar que le serviteur de ‘Umar ne craignait ‘Umar ? » ‘Uthmân dit : « Oui. » ‘Alî lui dit : « Or, Mu‘âwiya ne te craint pas, il tranche les affaires sans toi, et dit aux gens : 'Voici le Commandeur des croyants ‘Uthmân.' »

Et Ali le réprimandait au sujet de ses proches, et lui disait en leur présence : « Que Marwân, al-Walîd et Sa‘îd 25 ne prennent pas le dessus sur toi ; ne leur obéis pas. » Alors sa famille lui disait : « Voilà ce qu’il te dit en face et devant nous ; que dit-il donc aux gens dans ton dos, alors que tu es son imam et son cousin ? » ‘Uthmân leur répondait : « Il est plus sincère envers moi que vous. » Ali – que Dieu l’agrée – était d’accord avec lui sur les petites et grandes affaires et gérait ses affaires. Mais quand ‘Uthmân n’acceptait pas son avis sur une question, Ali le réprimandait, le blâmait et se tenait à l’écart. Alors ‘Uthmân lui envoyait quelqu’un et le faisait venir, et lui disait : « Tu t’es éloigné de moi, alors que tu étais plus sincère envers Abû Bakr et ‘Umar ; je mérite cela plus que toi, car je suis ton imam et ton cousin. » Ali lui répondait : « Eux acceptaient [les conseils], mais toi tu n’acceptes pas. Je suis d’accord avec toi sur une affaire, puis Marwân, Sa‘îd et al-Walîd viennent et t’en détournent. » Puis Ali – que Dieu l’agrée – disait aux gens : « Qui me délivrera de cet homme ? Je suis d’accord avec lui sur une affaire, mais il délaisse mon avis et suit celui de Marwân et d’al-Walîd. Si je me tiens à l’écart de lui, il se plaint de moi et dit : “Il a rompu mes liens de parenté et n’a pas respecté mon droit à l’allégeance.” » Vois donc comment il agit avec lui dans les petites affaires que d’autres méritent davantage, et comment il le prend par ce qui est meilleur, et lui conseille de suivre la voie d’Abû Bakr et de ‘Umar avec les musulmans, de prendre le meilleur, de ne pas user de concessions et de ne pas s’écarter de leur conduite. Quel homme sensé, après réflexion, pourrait penser que ces gens-là auraient opprimé la fille du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, changé le Coran, abrogé les textes et altéré la Loi, et qu’ils seraient restés silencieux ? C’est de cette manière que ‘Â’isha – que Dieu l’agrée – lui donnait des conseils et le mettait en garde contre le fait de s’écarter de la conduite d’Abû Bakr et de ‘Umar. Et c’est ainsi que Umm Salama lui écrivit : « Ô mon fils, pourquoi vois-je tes sujets détournés de toi, fuyant ta compagnie ? Tu n’empruntes pas un chemin que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – aimait emprunter 26, et tu n’allumes pas un feu qu’il avait éteint. Suis la voie qu’ont suivie tes deux compagnons, car ils ont bien mené l’affaire et n’ont pas été injustes 27. Paix. » Il lui répondit par la réponse bien connue 28. Certaines personnes lui reprochèrent d’avoir établi une réserve 29, ainsi que sa décision concernant le butin d’Ifrîqiya après sa conquête, et son exil des joueurs de pigeons et des tireurs à l’arc 30 mentionné dans la lettre qui lui est attribuée au sujet de Muhammad ibn Abî Bakr as-Siddîq et du groupe d’Égyptiens. Ce fut la cause majeure du mécontentement et de la réprobation à son égard. Il n’a pas reconnu avoir écrit cette lettre, et aucune preuve n’a été établie contre lui. Ils dirent : « Ton secrétaire l’a écrite, mais il ne l’a pas reconnue. » Il leur dit : « Une écriture peut ressembler à une autre. » La réprobation à son sujet dans ces affaires ne cessa jusqu’à ce qu’il fût poignardé et tué. Or, dans tout cela, il n’y a ni abrogation d’un texte, ni changement du Coran, ni altération de la Loi. Ce ne sont que des questions relevant de l’opinion et de l’effort d’interprétation 31 qu’il avait le droit de faire, et qui lui ont valu ces critiques. Tout cela concerne des choses de cette nature, alors qu’il était le calife, le souverain et le roi ; à lui le fouet et le bâton, entre ses mains le bien et le mal, avec l’honneur de son clan, la proximité de sa parenté, l’éclat de sa richesse, la multitude de ses ennemis et de ses partisans, et de ceux qui prenaient fait et cause pour lui. Comment un homme sensé, après réflexion, pourrait-il imaginer que les textes auraient été abrogés, le Coran changé et la Loi altérée, tandis qu’ils seraient restés silencieux ? Voici ‘Alî ibn Abî Tâlib, malgré son mérite, son ascèse, sa science, ses antécédents et ses belles actions en Islam, et la proximité de sa parenté : on lui a reproché d’avoir nommé ses proches. On lui dit : « Pourquoi as-tu tué ‘Uthmân hier ? » – c’est-à-dire parce qu’il avait nommé ses proches. Il leur répondit : « Je ne sais que du bien de lui. Si vous le désapprouvez, alors désapprouvez. » Lorsqu’il envoya al-Hakam 32, ils se détournèrent de lui et dirent : « Tu as faibli et tu as soumis le jugement à des hommes dans la religion de Dieu, alors que cela ne t’était pas permis. Tu as douté de toi-même. Repens-toi à Dieu, sinon nous te combattrons et lutterons contre toi, jusqu’à ce que tu nous tues ou que nous te tuions. » Il leur dit : « Si l’arbitrage était une désobéissance, je ne m’y serais pas engagé. J’avais le droit d’arbitrer. Dieu a ordonné l’arbitrage dans un différend entre une femme et son mari, et dans le cas d’un lièvre tué dans l’enceinte sacrée 33 qui vaut un quart de dirham. Il a dit : “Que deux hommes justes parmi vous en jugent” 34. Qu’en est-il donc d’une affaire d’imamat qui a troublé les musulmans, au point qu’ils l’ont combattu et qu’il les a combattus, qu’ils l’ont tué et qu’il les a tués, pour une question où il n’y a ni abrogation d’un texte ni changement du Coran, mais seulement une chose relevant de l’effort d’interprétation, qu’il avait le droit de faire ? Ils sont allés si loin dans la réprobation à son sujet, alors qu’en serait-il du changement du Coran et des textes, et de l’oppression de la fille du Messager de Dieu ? Sache donc la gravité de l’erreur de ces gens. Si Abû Bakr, ‘Umar, ‘Uthmân et ‘Alî – que Dieu les agrée – avaient tous ensemble tenté d’abroger un texte du Messager de Dieu, ou de changer un seul verset du Livre de Dieu, ou d’opprimer une femme veuve sous protection 35, ils auraient tous été tués. Les gens de science et de savoir savent que les hommes de clairvoyance, ceux qui croient en la religion de Muhammad – que Dieu prie sur lui et le salue –, en sa prophétie et en sa véracité, et qui vénèrent ceux qu’il a vénérés, glorifient ceux qu’il a glorifiés et méprisent ceux qu’il a méprisés, étaient plus nombreux et plus puissants à l’époque d’Abû Bakr et de ‘Umar. La victoire était à eux, l’autorité était entre leurs mains, et ils étaient les dominateurs et les vainqueurs. Ce sont eux qui ont investi Abû Bakr, l’ont glorifié, vénéré et placé en avant par recherche de l’agrément de Dieu, parce que le Messager de Dieu l’avait placé en avant, glorifié, vénéré et honoré. C’est pourquoi les chefs de l’époque, parmi les proches du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, voyant la vénération des Émigrés et des Auxiliaires pour Abû Bakr, leur obéissance, et l’exécution de ses recommandations et de celles de son successeur après lui, disaient : « Par Dieu, il était doux à leurs bouches, grand à leurs yeux, imposant dans leurs poitrines, malgré la douceur de son caractère et sa mansuétude. » Ne pense donc pas ce que disent les groupes des imamites et des rafidites 36 à leur sujet, car c’est le comble de l’insouciance et du manque de réflexion. C’est la passion des hommes qui jette les gens dans l’égarement. Autre aspect : la fraternité et l’amitié qui existaient entre les Compagnons. Entre Abû Bakr, ‘Umar et ce groupe, d’une part, et les Banû Hâshim, d’autre part, il y avait, en plus de la fraternité islamique, une affection et une amitié particulières. Ils se louaient mutuellement, se recommandaient mutuellement, contractaient des alliances matrimoniales, se considéraient mutuellement dignes de l’imamat et de l’autorité, et se conseillaient mutuellement. Ne vois-tu pas qu’ils ont prêté allégeance à Abû Bakr, prié derrière lui, combattu avec lui, exécuté sa recommandation après sa mort en faveur de ‘Umar, et se sont tous rassemblés dans l’obéissance à celui-ci ? Ils ont exécuté les recommandations de ‘Umar après sa mort, prié derrière Suhayb, et se sont référés à ‘Abd ar-Rahmân comme il l’avait ordonné. Le Commandeur des croyants ‘Alî ibn Abî Tâlib a combattu avec Abû Bakr – que Dieu les agrée – à ar-Rabadha et jusqu’à Dhî l-Qissa 37. Lorsqu’Abû Bakr voulut quitter Médine et marcher vers le foyer de l’apostasie, le Commandeur des croyants ‘Alî prit la bride de son cheval et lui dit : « Je te dis ce que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – t’a dit le jour d’Uhud : “Rengaine ton épée, retourne à ta place, et fais-nous profiter de ta personne.” Et moi je te dis : “Envoie ton armée et retourne à Médine, car si tu périssais, l’Islam n’aurait après toi aucun ordre.” » Il accepta son avis et revint. Plusieurs Banû Hâshim ont combattu à l’époque de ‘Umar. Au cours de ses expéditions, al-Fadl ibn al-‘Abbâs périt en Syrie lors de la peste d’‘Amwâs sous le califat de ‘Umar. Al-‘Abbâs sortit avec lui en Syrie, ainsi que d’autres Banû Hâshim. ‘Umar laissa ‘Alî comme gouverneur de Médine lors de certains de ses voyages en Syrie – il s’y rendit quatre fois, y entrant certaines fois et d’autres non. Le Commandeur des croyants ‘Alî lui donna sa fille Umm Kulthûm en mariage, dont la mère était Fâtima, fille du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. Elle lui donna Zayd et Ruqayya. Avant cela, le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – avait marié Abû Bakr as-Siddîq à Asmâ’ bint ‘Umays al-Khath‘amiyya. Celle-ci occupait auprès du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – la place d’une fille de sœur ; elle était proche de lui et de ses femmes, et séjournait dans ses maisons. Elle faisait partie de celles qui avaient émigré pour leur religion en Abyssinie et à Médine. Auparavant, elle avait été l’épouse de Ja‘far ibn Abî Tâlib, dont elle eut plusieurs enfants. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – fit d’Abû Bakr le protecteur des Banû Hâshim et l’éducateur de leurs enfants. Il éleva donc les enfants de Ja‘far ibn Abî Tâlib, les protégea et les éduqua, parmi lesquels ‘Abd Allâh ibn Ja‘far ibn Abî Tâlib et son frère Muhammad. ‘Abd Allâh ibn Ja‘far mentionnait la bonté d’Abû Bakr envers eux, sa compassion et son éducation, d’une manière trop longue à décrire. Le Commandeur des croyants ‘Alî et ‘Umar restèrent à Médine lors de l’expédition du pont de Mihrân 38. ‘Alî conseilla à ‘Umar, lorsque les Perses se coalisèrent, de faire sortir les musulmans de leurs foyers 39. Yazdajird ibn Shahriyâr, roi de Perse, que ‘Umar avait chassé de son royaume vivant, résidait chez le Khâqân, roi des Turcs, dont il avait épousé la fille, cherchant son aide contre les musulmans. Il écrivit aux habitants de son royaume pour leur ordonner d’expulser les musulmans de leurs foyers, promettant de les rejoindre avec des armées, de marcher sur Médine, de tuer ‘Umar et d’anéantir l’Islam. Les musulmans résidant dans les royaumes perses écrivirent aux musulmans de Kûfa, et les Kûfiens écrivirent au Commandeur des croyants ‘Umar. Celui-ci fit un discours aux gens : « Ô gens, Satan a rassemblé ses troupes. Les Perses de Jurjân, Tabaristân, Rayy, Ispahan, Hamadân et Nihâwand se sont coalisés et ont juré d’expulser les musulmans de leurs foyers et de marcher sur vos terres. Ce jour aura des lendemains. Conseillez-moi. » Talha ibn ‘Abd Allâh se leva et parla. ‘Umar le remercia et lui ordonna de s’asseoir. Puis il dit : « Conseillez-moi. » ‘Uthmân ibn ‘Affân se leva et dit : « Je pense, ô Commandeur des croyants, que tu devrais écrire aux Yéménites pour qu’ils viennent à toi de leur Yémen, aux Syriens pour qu’ils viennent de leur Syrie, et que tu partes avec les habitants des deux sanctuaires 40 et des deux métropoles, Kûfa et Basra, pour affronter toi-même l’ennemi. Quand il te verra avec tes troupes et tes armées, ta puissance l’effraiera, et lui et ses armées paraîtront petits aux yeux des musulmans. Tu feras ceci et cela. » ‘Umar le remercia et lui ordonna de s’asseoir. Puis il dit : « Conseillez-moi. » ‘Alî ibn Abî Tâlib se leva et dit : « Ô Commandeur des croyants, quant à ce que tu répugnes dans leur marche, Dieu – qu’Il soit exalté – le répugne encore plus. Si tu fais venir les Yéménites de leur Yémen, les Abyssins marcheront sur leurs foyers ; si tu fais venir les Syriens de leur Syrie, les Romains marcheront sur leurs foyers ; si tu pars avec les habitants des deux sanctuaires, les Arabes se révolteront contre toi, et ce qui est derrière toi sera plus important pour toi que ce qui est devant toi. Si l’ennemi te voit, sa haine contre toi augmentera, et il dira à ses compagnons : “Voici le chef des Arabes ; si vous le supprimez, vous supprimerez tous les Arabes.” Mais je pense que tu devrais écrire aux Yéménites pour qu’un tiers reste avec leurs alliés, un tiers dans leurs garnisons, et qu’un tiers vienne à toi ; écrire de même aux Syriens ; rester à ta place et envoyer un commandant à leur rencontre. S’il périt, tu en enverras un autre à sa place. Tu sais que du temps du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – nous combattions avec clairvoyance, non par le nombre. » ‘Umar le remercia et lui ordonna de s’asseoir, puis dit : « Voilà, par Dieu, l’avis juste. Si je fais venir les Yéménites de leur Yémen, les Abyssins marcheront sur leurs foyers ; si je fais venir les Syriens de leur Syrie, les Romains marcheront sur eux. Voilà, par Dieu, l’avis juste, si vous m’y aidez. » Ils dirent : « Nous t’aidons. » Il agit donc ainsi, envoya l’armée et resta sur ce que ‘Alî lui avait conseillé. Combien d’exemples semblables entre eux, dont l’exposé serait long ! Combien de fois al-‘Abbâs lui donna des conseils et des avis sincères, qui sont mentionnés et connus des savants.

Combien de fois tous deux ont-ils consulté 'Uthmān et d'autres Banū Hāshim, et combien de fois al-Ḥasan, al-Ḥusayn, 'Abd Allāh ibn Ja'far, 'Abd Allāh ibn al-'Abbās et d'autres Banū Hāshim ont-ils participé aux expéditions des gouverneurs de 'Uthmān vers le Khurāsān et ailleurs ! Combien de fois 'Umar disait-il sur le minbar : « Le plus savant d'entre nous en matière de jugement est 'Alī », et disait-il : « Qu'aucune affaire ne survienne sans que 'Alī ibn Abī Ṭālib y assiste. » Il lui confia la judicature à Médine, et il l'exerça, rendant des jugements et émettant des fatwas. Il implora la pluie par l'intercession d'al-'Abbās, et il accorda à al-Ḥasan et al-Ḥusayn la même part dans les allocations qu'aux combattants de Badr. Lorsqu'il organisa les registres 41, ils inscrivirent son nom en tête du registre. Il leur dit : « Pourquoi avez-vous fait cela ? » Ils répondirent : « Tu es le Commandeur des croyants. » Il dit : « Commencez par les deux proches parents du Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — Hāshim et Zuhra, et placez 'Umar et la famille de 'Umar là où Dieu les a placés. » Et il fit entrer 'Alī dans la consultation 42. Or 'Alī avait parmi ses enfants ceux qui étaient nommés Abū Bakr, 'Umar et 'Uthmān, comme un homme nomme ses enfants d'après les noms de ses bien-aimés et de ses guides. Al-Ḥusayn — que la paix soit sur lui — avait un fils appelé Abū Bakr, tué avec lui à Karbalā'. Laylī, fils d'al-Ḥusayn, avait un fils nommé 'Umar. Il y avait beaucoup d'exemples similaires parmi leurs descendants. L'explication de cela serait longue, de même que l'explication de l'affection et de l'amitié qui existaient entre eux, de leur protection mutuelle et de leurs éloges réciproques. Les savants ont consacré à ce sujet des ouvrages indépendants et durables ; tu les trouveras si tu les recherches. Mais le temps a passé et l'ignorance a prévalu, si bien que ceux qui n'ont pas de science ont pensé qu'ils étaient éloignés et pleins de haine les uns envers les autres, et que l'inimitié et la haine entre eux étaient plus intenses qu'entre eux et Mu'āwiya, ses enfants, Marwān ibn al-Ḥakam et ses enfants, comme les Manichéens 43 et ceux qui suivent leur voie ont pensé que Jésus, fils de Marie — que la paix soit sur lui — était un ennemi de Moïse, Aaron, David et Salomon, et qu'il interdisait la consommation des viandes et l'abattage des animaux, et comme le pense celui qui ignore que ces groupes de chrétiens suivent la religion du Messie et lui obéissent. La haine, que Dieu te fasse miséricorde, a un état manifeste, et l'amour a des traces et des signes. Ne vois-tu pas que Mu'āwiya, la famille d'Abū Sufyān et la famille de Marwān, lorsqu'ils les haïrent et leur furent hostiles, ne les mentionnèrent pas pour l'imamat, ne recoururent pas à eux pour la judicature et la fatwa, mais les maudirent, les combattirent, les tuèrent et recommandèrent cela à leurs enfants ? De même firent les Banū Hāshim, descendants d'al-'Abbās et d'Abū Ṭālib, envers les Banū Umayya. Si les Rāfiḍa 44 disent : « Abū Bakr et 'Umar n'ont agi ainsi envers les Banū Hāshim que par ruse et tromperie, pour les écarter de la direction », on leur répond : « La ruse et la tromperie auraient consisté à ne pas les faire entrer dans la consultation, à ne pas les mentionner pour la direction, à ne pas implorer la pluie par leur intercession, à ne pas rechercher l'intercession auprès de Dieu par leur rang et leur position, à ne pas témoigner qu'ils sont au Paradis, et à ne pas reconnaître leur science et leur connaissance. Ne vois-tu pas que Mu'āwiya, lorsqu'il leur fut hostile, ne les jugea pas dignes du califat, ne les mentionna pas pour la direction, n'implora pas la pluie par leur intercession, ne leur demanda pas de fatwa, ne les nomma pas juges, et ne témoigna pas qu'ils sont au Paradis ? Sa conduite envers eux est connue de tous. Il n'y a pas de différence entre celui qui prétend cela et celui qui prétend que les éloges du Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — envers sa famille et ses Compagnons n'étaient que par dissimulation et ruse, ou celui qui prétend que la conduite de Mu'āwiya envers les Banū Hāshim était par bienveillance et miséricorde. » De plus, quel besoin Abū Bakr et 'Umar avaient-ils, selon votre dire, de dissimuler et de tromper les gens au sujet des Banū Hāshim, alors que selon vous les gens savaient que le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — avait désigné 'Alī comme successeur et l'avait explicitement mentionné, et que tout le monde savait qu'il était l'argument 45 sur la terre ? Puis Abū Bakr les appela à s'opposer à cela, et ils répondirent tous à son appel, selon certains d'entre vous — les Kāmiliyya 46 — et selon les Hishāmiyya 47, seuls quelques-uns, vaincus, refusèrent. Lui, 'Umar après lui, et 'Uthmān après eux deux, les appelèrent à modifier le Coran et la Loi, concernant la purification, l'appel à la prière, la prière et ses moments, le jeûne et ses moments, les héritages, les mariages, le divorce, l'affranchissement, etc., et ils leur obéirent. On n'a jamais entendu chose plus étonnante que la prétention de ces gens au sujet d'Abū Bakr et 'Umar : qu'ils n'ont loué les Banū Hāshim — comme al-'Abbās, 'Alī et autres —, ne les ont fait entrer dans la consultation, ne les ont placés en tête pour la judicature, la fatwa et la direction, que pour les rabaisser et les tromper. C'est comme celui qui dirait : « Abū Bakr, 'Umar et 'Uthmān n'ont pris les Romains, les non-Arabes et les rois arabes pour les faire entrer dans la religion du Prophète — que Dieu le bénisse et le salue —, faire entrer leurs nations dans sa religion, témoigner de sa mission, établir ses lois, aimer ses alliés et combattre ses ennemis, que par hostilité envers lui — que Dieu le bénisse et le salue —, par ruse contre lui, pour l'écarter de la direction et de la prophétie, et pour faire mourir sa mémoire. » Toute leur affaire est étonnante et sort de ce qui est raisonnable et compréhensible. S'ils disent : « 'Umar ne l'a fait entrer dans la consultation et n'a dit qu'il était apte au califat et à la direction que pour effacer la désignation 48 du Prophète en sa faveur et sa succession », nous répondons : « Cela a déjà été effacé selon votre dire, et les gens ont accepté de l'effacer et de le supprimer. Quel besoin avait-il donc de le faire entrer dans la consultation, sinon par amour pour lui et pour attirer l'attention sur son mérite ? S'il avait voulu l'écarter de la direction, il ne l'aurait pas fait entrer dans la consultation et n'aurait pas dit qu'il était apte au califat et à la direction. La consultation, 'Umar ne l'a instituée que pour que les gens cherchent quelqu'un d'apte, dans la religion du Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue —, à prendre en charge les affaires de sa communauté — que la paix soit sur lui —, et pour qu'ils se réfèrent à ses recommandations et à ses engagements concernant celui qui est apte à cela dans sa religion et sa Loi. S'il y avait eu quelqu'un de désigné, ou quelqu'un ayant la moindre indication, 'Umar ne l'aurait pas fait entrer dans la consultation et la direction s'il avait voulu faire mourir cela, comme ils le prétendent. Aucun homme sensé ne penserait cela. C'est comme celui qui dirait : « Il n'a imploré la pluie par l'intercession d'al-'Abbās et recherché l'intercession auprès de Dieu par lui que pour faire mourir sa mémoire, l'écarter du mérite et de la direction, et de la désignation du Prophète en sa faveur. » Car les Rāwandiyya 49, parmi les partisans des Banū al-'Abbās, prétendent que le Prophète — que Dieu le bénisse et le salue — a désigné al-'Abbās comme successeur, l'a établi comme son héritier et a fait de lui l'héritier de sa position, et que le califat sera dans sa descendance jusqu'au Jour de la Résurrection, comme le prétendent les Rāfiḍa au sujet du Commandeur des croyants. De plus, si ce que 'Umar a fait dans la consultation était une ruse contre le Commandeur des croyants pour l'écarter de la direction, pourquoi celui-ci y est-il entré et a-t-il accepté ? Pourquoi a-t-il prié derrière Ṣuhayb ? Pourquoi s'en est-il remis à 'Abd al-Raḥmān pour le choix ? Comment avez-vous perçu cela alors que cela lui a échappé ? S'ils disent : « Il a fait cela par crainte et par dissimulation 50 », nous avons montré que l'autorité de ces quatre califes n'était pas une autorité qu'un homme de bien, fût-il un esclave ou un dhimmī 51, aurait crainte, et nous l'avons exposé de plusieurs manières. Sache que lorsque le discours aboutit à de telles extrémités, il n'y a plus qu'à se taire, car expliquer ce qui est déjà expliqué et discuter d'une affaire évidente est une peine inutile et une manière de la rendre obscure et cachée. Reviens donc — que Dieu te fasse miséricorde — à ce qui s'est passé entre Abū Bakr et 'Umar, à leurs paroles mutuelles et à leurs actions réciproques : tu les trouveras alliés, frères et amis. Il t'a été présenté au début de ce livre qu'Abū Bakr, 'Umar et ce groupe d'Émigrés et d'Auxiliaires étaient les bien-aimés du Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue —, qu'il les aimait et les chérissait, qu'il imposait aux gens de les aimer et leur prescrivait de les affectionner, et qu'ils l'aimaient, lui qui leur était plus cher que leurs enfants et eux-mêmes, aimant ceux qu'il aimait et haïssant ceux qu'il haïssait. La connaissance de cela précède la connaissance de sa prophétie. Reviens-y donc. [Autre chapitre : Les actes et les paroles du Messager de Dieu témoignent qu'il n'a fait de testament pour aucun homme en particulier] Les actes et les paroles du Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue —, ses recommandations et ses engagements, témoignent qu'il n'a fait de testament pour aucun homme en particulier, que la question du califat après lui est laissée à ses proches et à ses Compagnons pour qu'ils choisissent qui ils voient, et que les califes après lui peuvent commettre des erreurs et des fautes. N'entends-tu pas sa parole — que Dieu le bénisse et le salue : « Faites partir l'armée d'Usāma » 52, et sa parole : « Ne laissez pas après moi deux religions dans la péninsule arabique, et n'y réunissez pas deux religions » 53, et sa parole : « Soyez droits envers les Qurayshites tant qu'ils seront droits envers vous ; s'ils ne sont pas droits envers vous, prenez vos épées sur vos épaules et anéantissez leur verdure ; sinon, soyez des misérables laboureurs marchant derrière les queues des bœufs et mangeant le fruit de vos mains. Obéissez-leur tant qu'ils obéissent à Dieu et à Son Messager ; s'ils désobéissent à Dieu et à Son Messager, alors nul devoir d'obéissance envers eux ; nulle obéissance à une créature dans la désobéissance au Créateur » 54, et sa parole : « Cette affaire [le califat] est dans les Qurayshites tant qu'ils, lorsqu'on implore leur miséricorde, sont miséricordieux ; lorsqu'ils jugent, ils sont équitables ; lorsqu'ils partagent, ils sont justes ; lorsqu'ils font une promesse, ils la tiennent. S'ils ne font pas cela, que la malédiction de Dieu, des anges et de tous les hommes soit sur eux ; on n'acceptera d'eux ni compensation ni rachat. » Il y a beaucoup de paroles semblables de sa part, et cela est connu de sa religion, comme il est connu de sa religion que l'enfant appartient au lit 55 et que la pierre 56 revient au fornicateur, que le serment incombe à celui qui nie et la preuve à celui qui affirme, que la dépense incombe au mari et non à la femme, et autres choses semblables de sa Loi. Ces recommandations de sa part ne s'adressent qu'à ses Compagnons et à ses proches. Celui pour qui il est obscur après cela qu'il n'a pas désigné un homme en particulier, que les califes après lui peuvent commettre des erreurs et des fautes, et qu'aucun d'eux n'est à l'abri de cela, celui-là a trouvé obscur ce qui est clair dans la Loi du Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue —, manifeste dans sa conduite, et évident dans sa Loi et ses recommandations. Si l'on dit : « Comment cela est-il obscur pour ces gens ? », on répond : « Cela ne se connaît pas par la seule perfection de l'intelligence, même si c'est clair ; cela se connaît par l'abondance de l'audition, la bonne écoute, la réflexion, la qualité de l'assimilation et l'authenticité de la transmission. » Ne vois-tu pas que parmi eux il y a ceux qui disent que le Coran contient des ajouts, et parmi eux ceux qui disent qu'il contient des manques, et parmi eux ceux qui disent que la purification, la prière, le jeûne et toute la Loi ont un sens ésotérique 57 contraire à ce que suivent les juristes et le commun des gens, et à ce que professent les partisans de la métempsychose 58 et un groupe de soufis ? Quiconque fréquente les savants, écoute beaucoup et assimile bien, sait avec une certitude certaine que cela est contraire à la religion du Prophète — que Dieu le bénisse et le salue. Ses Compagnons ont connu de sa conduite la possibilité du choix pour les imams et les gouverneurs, et ils ont agi ainsi de son vivant — que Dieu le bénisse et le salue. Ne vois-tu pas que lorsqu'il envoya une armée pour combattre les Romains, il dit : « Votre commandant est Zayd ibn Ḥāritha ; s'il meurt, alors Ja'far ibn Abī Ṭālib ; s'il meurt, alors 'Abd Allāh ibn Rawāḥa. » Ces trois commandants moururent, et l'armée choisit après eux Khālid ibn al-Walīd al-Makhzūmī comme commandant ; il les dirigea, les gouverna et affronta l'ennemi avec eux. Le Prophète — que Dieu le bénisse et le salue — ne désapprouva pas cela, mais l'approuva, et il appela Khālid ibn al-Walīd « l'Épée de Dieu ». De même, le Prophète — que Dieu le bénisse et le salue — avait envoyé 'Ammār avec Abū Mūsā al-Ash'arī comme commandant d'un groupe ; celui-ci mourut, et ils choisirent après lui Abū Mūsā. Le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — ne désapprouva pas cela, mais l'approuva. Ils n'agirent ainsi que parce qu'ils connaissaient cela de sa conduite. Le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — nomma Abū al-'Alā' ibn al-Ḥaḍramī 59 au Bahreïn et l'y envoya.

Un groupe, et il lui confia une charge bien connue. Le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) dit à propos de cette charge : « Et je prends Dieu à témoin contre tout homme à qui j’ai confié une affaire parmi les affaires des musulmans et qui n’a pas été équitable, que ce soit peu ou beaucoup : il n’y a pas d’obéissance à lui, et il est dépouillé de ses deux tentatives 60. Et je déclare les musulmans qui sont avec lui déliés de leur pacte et de leur foi envers lui et envers son autorité. Qu’ils consultent Dieu à ce sujet, puis qu’ils placent à leur tête le meilleur d’entre eux à leurs yeux. » Et il y a beaucoup d’exemples similaires dans ses recommandations, ses charges et sa conduite. Tu les trouveras chaque fois que tu les chercheras, et ce que tu as en ta possession est amplement suffisant. Un autre chapitre [Comment les Compagnons ont débattu de la question du commandement sans mentionner qu’il y avait un texte désignant une personne en particulier] C’est que les Compagnons ont débattu de la question du commandement pendant la maladie du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) et avant cela à différentes époques. Ils se sont engagés dans ce débat plus que dans toute autre chose, qu’il s’agisse de grandes ou de petites affaires. Leurs paroles et leurs actes sont ceux de gens qui n’ont aucun pacte concernant un homme en particulier, et que les imams après le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) peuvent commettre des péchés et des fautes. Parmi cela, les Compagnons ont interrogé Ali pendant la maladie du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) en disant : « Comment va le Messager de Dieu ce matin, ô Abou al-Hassan ? » Il répondit : « Le Messager de Dieu, grâce à Dieu, est guéri. » Al-Abbas lui dit : « Je jure par Dieu que j’ai reconnu la mort sur le visage du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) comme je la reconnais sur les visages des fils d’Abd Manaf. Je vois que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) va mourir de cette maladie. Allons donc vers le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) et demandons-lui : si cette affaire [le califat] est en nous, nous le saurons ; si elle est en d’autres que nous, nous lui ordonnerons de recommander les gens à notre sujet. » Ali lui dit : « Je ne lui demanderai jamais cela. Car si nous lui demandons et qu’il dit : “Elle n’est pas en vous”, les gens nous en priveront et diront : “Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) a dit qu’elle n’est pas en vous.” Par Dieu, je ne la demanderai jamais. » Vois combien cela montre la vérité de ce que nous avons dit. Voici Al-Abbas, voici Ali, et voici les Compagnons. Si le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) avait désigné [un successeur] par un texte 61, il n’aurait pas été possible que sa connaissance leur échappe. Ou s’il avait dit une parole dont l’interprétation pouvait avoir ce sens, elle ne leur aurait pas échappé. Car la recherche, l’examen et le débat font apparaître les choses cachées et rappellent les subtilités et ce dont le pacte et le temps sont passés. Qu’en est-il donc d’une chose claire et récente, alors que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) était vivant parmi eux ? Comment Ali n’a-t-il pas dit à Al-Abbas : « Ô mon oncle, ne sais-tu pas que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) a désigné 62 par un texte et a fait de moi l’argument 63 sur le monde, m’a nommé successeur 64 ainsi que mes deux fils sur sa communauté jusqu’au Jour de la Résurrection ? Comment as-tu oublié, si récemment ? N’a-t-il pas dit : “Quiconque a pour maître 65 Ali a pour maître”, et “Tu es pour moi comme Aaron pour Moïse” ? Ceci est un texte et une désignation comme successeur. » Si le Commandeur des croyants Ali (que Dieu l’agrée) avait oublié que le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) l’avait désigné comme successeur, comme Al-Abbas l’avait oublié, comment les Compagnons, qui entendaient ce qui se passait, ne le leur ont-ils pas rappelé ? Cela n’échappe pas à un observateur attentif. Tu as donc trouvé, que Dieu te fasse miséricorde, qu’Ali, Al-Abbas et les Compagnons se sont accordés sur le fait que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) n’a pas désigné par un texte ni nommé un homme en particulier comme successeur, et n’a pas dit une parole visant ce sens. Si l’on dit : « Qui vous accorde que cela s’est produit entre Ali et Al-Abbas (que Dieu les agrée) ? » On lui répond : « Cela est comme ce qui s’est passé à Saqifa 66 et lors de la consultation 67. Les gens de science n’en doutent pas. Et il est étonnant que vous disiez que le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) a dit : “Quiconque a pour maître Ali a pour maître”, tout en niant quelque chose comme cela, qui est plus authentique et dont la connaissance est plus forte. Les descendants d’Al-Abbas et les descendants d’Ali n’ont cessé, depuis les temps anciens, de se rappeler ce qui s’est passé entre leurs pères, à savoir qu’ils avaient eu la meilleure opinion. Et les gens de science en débattent, comme al-Sha’bi et Abd al-Razzaq 68. Cela n’échappe qu’à un obstiné ou à quelqu’un qui n’a aucune part dans la science. » Dans ce chapitre, lorsque le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) tomba malade, ses Compagnons furent angoissés par sa maladie. Ils étaient avec lui, autour de lui, et sa mosquée était pleine d’eux comme une grenade. Dans sa maison se trouvaient ses épouses, ses tantes et ses filles. Lorsqu’il se sentait un peu mieux, il sortait et priait avec eux. Un jour, sa maladie s’aggrava et ils dirent : « La prière, ô Messager de Dieu ! » Il dit : « Je ne peux pas sortir. Priez. » Ils dirent : « Ô Messager de Dieu, qui va prier ? » Il dit : « Que Bilal fasse l’appel à la prière et qu’Abou Bakr prie. » Le fait qu’ils aient dit : « Qui va prier ? » prouve qu’il n’avait pas désigné un homme en particulier comme successeur. Car s’il l’avait fait, ils n’auraient pas dit « Qui va prier ? » et sa place ne leur aurait pas échappé, tout comme la direction de la prière 69 ne leur échappe pas, au point qu’ils ne disent pas : « Vers où allons-nous prier ? » Cela est également confirmé par sa parole : « Qu’Abou Bakr prie avec vous. » S’il avait désigné un homme en particulier comme successeur, il aurait dit : « N’ai-je pas désigné Ali comme successeur sur vous ? Comment avez-vous oublié, si récemment ? » Et il aurait ordonné à Ali de prier. Si l’on dit : « Qui vous accorde cela ? C’est plutôt Aïcha qui lui a dit : “Non, ô Messager de Dieu”, et le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui), lorsqu’il se sentit mieux, sortit et l’écarta. » On leur répond : « Il n’y a pas de pacte plus sûr ni plus clair de la part du Messager de Dieu que son pacte à Abou Bakr pour la prière avec les gens pendant sa maladie. C’était un engagement pris par lui dans sa maison, en présence de ses Compagnons, dont la description est, comme nous l’avons dit, qu’ils veillaient à préserver sa religion. La connaissance de cela est aussi évidente que celle de sa maladie dans la maison d’Aïcha et de son enterrement là, et que celle du fait qu’Abou Bakr et Omar ont été enterrés près de lui. Il est étonnant que quelqu’un dise : “Nous savons que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) a dit : ‘Quiconque a pour maître Ali a pour maître’ et ‘Ali est pour moi comme Aaron pour Moïse’, et ‘Mettez en marche l’armée d’Oussama 70’, tout en niant l’ordre d’Abou Bakr pour la prière avec les gens.” Cela relève d’un entêtement extrême et d’une ignorance débordante. C’est comme quelqu’un qui dirait : “Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) n’a pas choisi Abou Bakr pour l’émigration avec lui, ni n’a été avec lui dans la grotte 71, ni ne l’a distingué en étant avec lui sous l’abri 72 le jour de Badr à l’exclusion de tous les autres, ni n’a été avec lui lors du serment d’allégeance d’al-Ridwan 73, ni ne l’a établi à sa place pour la prière avec les gens lors du pèlerinage en l’an neuf 74, sans présenter personne d’autre à sa place. Et il fut le premier commandeur du pèlerinage après lui (que la paix et la bénédiction soient sur lui) de son vivant, depuis Médine.” Certes, Abou Bakr reçut l’ordre de prier, et il pria avec tous ses Compagnons et les gens de sa maison, comme Al-Abbas, Ali, tous les Banu Hashim et ses clients, tandis que le Prophète les regardait depuis sa maison et sa mosquée, alors qu’ils priaient derrière Abou Bakr. Abou Bakr pria avec eux pendant plusieurs jours. Certains de ces jours, le Messager de Dieu sortait et priait avec eux ; d’autres jours, il sortait alors qu’Abou Bakr avait déjà fini, et il s’asseyait avec eux ; d’autres jours, Abou Bakr le sentait, se retirait et le faisait avancer, et il priait avec eux. Les gens de science parmi les Compagnons, les Successeurs 75, ceux qui les suivent et ceux qui les suivent encore ne contestent pas cela. Abou Bakr pria avec eux la prière du midi le jour où le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) mourut, avant son enterrement et avant le serment d’allégeance 76 pour ce pacte qui venait du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui), sans que personne ne le conteste. Ce hadith et l’ordre du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) à Abou Bakr pour la prière ont été rapportés par Ali ibn Abi Talib, qui l’a mentionné pendant son califat et sur sa chaire à plusieurs reprises. Il a été rapporté par Al-Abbas et son fils Abd Allah, mentionné par Omar sur sa chaire pendant son califat, rapporté par Abou Ubayda, Abd Allah ibn Mas’ud, Anas ibn Malik, al-Bara’ ibn Azib, Salim ibn Abd Allah, Abd Allah ibn Zam’a, et d’innombrables personnes parmi les Émigrés 77 et les Auxiliaires 78. La raison pour laquelle ils l’ont mentionné est qu’ils évoquaient la maladie du Messager de Dieu et comment il avait agi. Seul quelqu’un qui ne connaît pas les Émigrés et les Auxiliaires, la force de leur perspicacité et leur vénération pour la place du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) – au point que personne ne s’y tienne à sa place, surtout dans son intimité, sans son ordre – peut penser qu’Abou Bakr s’est avancé et a prié avec les Émigrés et les Auxiliaires sans un pacte du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui). De plus, sa mosquée était dans sa maison, sous ses yeux. Il entendait depuis sa maison la voix de ceux qui étaient dans sa mosquée et les voyait. Son ordre à Abou Bakr de prier eut lieu en présence de ses Compagnons, et toutes ses épouses, ses filles et ses tantes l’entendirent. Elles s’étaient toutes rassemblées chez lui, dans la maison d’Aïcha, pendant cette maladie. Il lui ordonna cela à plusieurs reprises. Les Compagnons entraient aux heures de prière ; s’il se sentait mieux, il sortait avec eux ; sinon, il disait : « Qu’Abou Bakr prie avec vous. » Au début, il ordonna cela. Aïcha dit : « Ô Messager de Dieu, mon père est un homme sensible 79 qui ne peut pas faire entendre sa voix aux gens. Si tu ordonnais à quelqu’un d’autre ? » Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) refusa et ne l’exauça pas. Elle demanda l’aide de certaines de ses épouses pour intercéder auprès de lui afin qu’il ordonne à quelqu’un d’autre qu’Abou Bakr de prier. Le Messager de Dieu les repoussa et se fâcha, disant : « Dieu et les croyants refusent autre qu’Abou Bakr. Éloignez-vous de moi, compagnes de Joseph 80 ! » Voilà ce qui s’est passé de la part d’Aïcha. N’inventez donc pas contre elle ce qui n’a pas été. Telle est leur habitude. On demanda à Aïcha : « Pourquoi as-tu détesté que ton père prie avec les gens pendant la maladie du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui), au point d’insister auprès du Messager de Dieu jusqu’à ce qu’il se fâche ? » Elle répondit : « À cause de ma jeunesse, j’ai pensé qu’il ne pourrait pas supporter cela et que les musulmans le considéreraient comme un mauvais augure. » Certains savants ont dit, à propos de la parole du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) : « Éloignez-vous de moi, compagnes de Joseph », que ces femmes avaient pensé que Joseph (la paix soit sur lui), s’il était livré à une épreuve sévère, faiblirait et céderait au péché, mais il n’en fut pas comme elles l’avaient pensé. Le Messager de Dieu voulait dire qu’Abou Bakr serait livré à des épreuves sévères, mais qu’il patienterait et endurerait. Ensuite, on leur dit : « Comment Abou Bakr a-t-il osé s’avancer avec les Compagnons du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) alors qu’il savait que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) avait désigné Ali comme successeur et leur avait fait savoir qu’il était l’argument de Dieu sur eux et sur le Messager de Dieu, en présence de tous les Compagnons témoins ? Comment un homme sensé peut-il imaginer cela ? » De plus, comment le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) aurait-il gardé Aïcha parmi ses épouses et serait-il resté avec elle après qu’elle eut apostasié par cet acte, alors que Dieu (puissant et majestueux) a dit : « Et ne retenez pas les liens des mécréantes 81 » ? Vous prétendez qu’Abou Bakr a usurpé cette position, que cela est parvenu au Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui), qu’il s’est fâché et l’a désavoué, qu’il est sorti et a écarté Abou Bakr, et qu’il a désapprouvé l’obéissance des Compagnons à Abou Bakr en priant derrière lui. C’est une affaire grave, avec de nombreuses contestations. Car si cela avait eu lieu, la connaissance en aurait été plus forte que la connaissance des contestations et des échanges avec le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) le jour d’al-Hudaybiyya avec Suhayl ibn Amr 82 et autres choses similaires. Mais vos doctrines se limitent à vos prétentions. Il est étonnant que vous, qui prétendez que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) s’est fâché, est sorti et a écarté Abou Bakr, n’ayez pas prétendu qu’il a alors présenté Ali pour prier avec les gens, afin de parachever votre calomnie. Si vous étiez sincères dans votre prétention du texte [le désignant], ce serait le moment de le présenter et de se fâcher pour lui. Vous auriez pu prétendre que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) n’avait pas choisi la maison d’Aïcha pour sa maladie, son enterrement et sa mort, mais qu’il avait choisi la maison de sa fille Fatima, mais qu’Abou Bakr était allé, l’avait usurpée, l’avait porté et amené à la maison d’Aïcha. Ceci, que Dieu te fasse miséricorde, fait partie des preuves qui témoignent que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) n’a pas désigné Ali comme successeur ni n’a fait de texte sur lui comme le prétendent ces gens. Ils ne font que nier les récits. »

S'ils disent : « Si le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, avait désigné un successeur, nous saurions de manière certaine qu'il ne l'a pas fait. » On leur répond : « Ce que le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, n'a pas fait ne se connaît pas de manière certaine, mais seulement par déduction. Celui qui déduit sait, et celui qui ne déduit pas peut penser qu'il l'a fait. » S'il avait fait quelque chose ou imposé quelque chose à la communauté parmi les autres prescriptions de la Loi, cela serait venu de la même manière que la science est venue pour d'autres choses. Et c'est là le principe, comme nous l'avons expliqué et exposé précédemment. **Autre chapitre [Comment les Ansâr 83 ont pensé au commandement, puis s'en sont détournés après que la vérité leur est apparue]** De cela, lorsque le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, mourut, les Ansâr furent affligés par sa séparation. Leur chagrin s'intensifia et leur épreuve devint grande. Ils dirent : « Allah nous a guidés par lui, a rassemblé notre union par son appel, et ses bénédictions ont été grandes sur nous. » Certains d'entre eux se tournèrent vers d'autres et dirent : « Louez Allah, car Il l'a rappelé alors qu'Il était satisfait de vous. » Ils dirent : « Louange à Allah, mais les nations nous ont rendus orphelins, et le Messager d'Allah est mort sans désigner de successeur. Il nous faut absolument un émir que nous établissions, avec qui nous ferons des expéditions et combattrons. » L'un d'eux dit : « Il vous faut absolument cela. Établissez donc un homme parmi vous. » Vois comment ils ont clairement exprimé qu'il n'avait pas désigné de successeur. S'il en était comme ces gens le prétendent, on le leur aurait dit et on aurait réfuté cette parole, alors que le Prophète, paix et bénédiction sur lui, n'était pas encore enterré. Comment n'ont-ils pas été réfutés par les versets et les hadiths que vous rapportez et par lesquels vous argumentez ? Si cela seul existait, cela suffirait comme preuve de la fausseté de ce que ces gens prétendent, ainsi que les `Abbâssides 84 et les Bakrites 85. Si l'on dit : « Le Prophète, paix et bénédiction sur lui, a dit : "Les imams sont de Quraysh 86" dans de nombreuses assemblées, et cela a échappé aux Ansâr. Qu'empêche qu'il ait désigné `Alî, al-`Abbâs et Abû Bakr, et que cela leur ait échappé ? » Nous disons : « Nous ne prétendons pas que le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, a dit : "Les imams sont de Quraysh" dans de nombreuses assemblées, ni qu'il s'est levé parmi eux en prédicateur comme vous le dites dans votre prétention pour `Alî, ni qu'il l'a imposé aux gens. Cela ne fait pas non plus partie des obligations générales, mais des obligations des juristes et de l'élite. Quatre ou cinq personnes le concluent pour une seule. Cela relève de sa parole, paix et bénédiction sur lui : "Pas de legs pour un héritier" 87, "Les gens de deux religions différentes n'héritent pas les uns des autres" 88, "Le profit est à la charge de la garantie" 89. Il n'en va pas de même de ce qu'ils prétendent, à savoir qu'il a désigné un homme en particulier, imposé son obéissance à toute sa communauté et fait de lui l'argument 90 après lui, obligeant hommes et femmes, libres et esclaves, résidents et voyageurs à lui obéir, les informant de cet objectif et le leur transmettant selon son obligation et l'universalité de sa portée. Cela relève alors du même objectif que sa parole : "Je suis le Messager d'Allah pour vous et l'argument d'Allah contre vous." Cela n'échappe pas même à un petit groupe inférieur aux Ansâr en rang et en proximité du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, alors qu'il dit : "Les Ansâr sont mon ventre et mon réceptacle" 91, voulant dire par là qu'ils sont le lieu de mon secret et de mon intimité. Où est l'obligation de cela par rapport à sa parole : "Les imams sont de Quraysh" 92 ? Et bien que cela relève des obligations de l'élite, au moment du besoin, il a été mentionné, et les Ansâr l'ont tous accepté et agi en conséquence. Si votre prétention était également ainsi, on l'aurait dit et agi de même. **Autre chapitre [Le refus par `Alî de ce qui lui a été proposé comme serment d'allégeance pour le commandement après la mort du Messager]** De cela, al-`Abbâs et les Banû Hâshim 93 apprirent la parole des Ansâr et ce qu'ils avaient résolu. Ils ne nièrent pas leur parole selon laquelle le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, était mort sans désigner de successeur, et que l'imamat devait être par élection. Au contraire, al-`Abbâs les loua et les félicita, puis se tourna vers `Alî et lui dit : « Je t'avais dit, alors que le Messager d'Allah était vivant et malade : "Allons vers lui et demandons-lui à qui reviendra cette affaire. Si elle est parmi nous, nous ne disputerons pas." Mais tu ne l'as pas fait. Maintenant, tends ta main, je te fais allégeance, et on dira : "Voici l'oncle du Messager d'Allah qui fait allégeance au cousin du Messager d'Allah", et personne ne te contestera. » Médite, qu'Allah te fasse miséricorde, sur cette clarté et cette franchise de tous : le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, n'a pas désigné ni nommé de successeur. Comment `Alî n'a-t-il pas dit à son oncle : « Comment dis-tu que si tu me faisais allégeance, personne ne me contesterait, alors que le Messager d'Allah a conclu un pacte pour moi et a fait de moi l'argument, et ils m'ont désobéi ? » Sa parole, qu'Allah l'agrée, à al-`Abbâs, lorsqu'il lui dit : « Tends ta main », fut : « C'est l'affaire des musulmans, et je ne vais pas prendre de décision sans eux. S'ils me veulent, ils connaissent ma place. » On lui dit : « Accepte, car ils ne te contrediront pas et ne te détesteront pas. » Abû Sufyân 94 lui dit : « Accepte, ô Abû al-Hasan, ce que dit Abû al-Fadl, et je te fais allégeance. » Al-`Abbâs lui dit : « Accepte, voici le chef des Banû `Abd Manâf 95 qui te fait aussi allégeance. » Abû Sufyân dit : « À moi les Banû `Abd Manâf tout entiers, plutôt à moi Quraysh tout entière, pour faire allégeance et ne pas contredire. » Al-`Abbâs lui dit : « Fais-le. » Il répondit : « Non, mon oncle, seulement après consultation des musulmans. » Vois comment il a clairement expliqué, qu'Allah l'agrée, que l'affaire de l'imamat revient aux musulmans et à leur choix, et qu'il ne se précipite pas à l'accepter de peur qu'on ne pense qu'il convoite le commandement. Un des Banû Hâshim lui dit : « Informe les gens que le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, l'a placée parmi les Banû Hâshim. » Il répondit, qu'Allah l'agrée : « Par Allah, si j'ai été le premier à croire en lui, je ne serai pas le premier à mentir sur lui. » **Autre situation** Al-`Abbâs sortit vers Abû Bakr qui était dans la mosquée, l'informa de ce qu'il avait appris des Ansâr, et lui demanda d'aller vers eux pour leur expliquer, car al-`Abbâs connaissait la grande valeur d'Abû Bakr parmi les Muhâjirûn 96 et les Ansâr. Abû Bakr se leva, suivi de `Umar et d'Abû `Ubayda 97, et ils se rendirent auprès des Ansâr. Abû Bakr leur reprocha ce qu'ils avaient résolu. Ils furent étonnés de son reproche et dirent : « Pourquoi nies-tu que le commandement soit parmi nous ? Le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, est mort sans désigner de successeur, et il a dit ceci et cela à notre sujet, et nous a loués de telle manière. » Abû Bakr dit : « Vous avez dit vrai. Le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, a dit : "Si les gens empruntaient un col et une vallée, et que les Ansâr empruntaient un col et une vallée, j'emprunterais le col et la vallée des Ansâr." Puis Abû Bakr dit : « Mais cette affaire doit être dans la tribu des Muhâjirûn de Quraysh. Ne jalousez donc pas le commandement : nous avons embrassé l'Islam avant vous, Allah nous a donné la prééminence sur vous dans le Coran, et il n'y avait pas d'hypocrisie à Quraysh. » Al-Hubâb ibn al-Mundhir ibn al-Jamûh 98 dit : « Si vous refusez, qu'il y ait un émir de chez nous et un émir de chez vous. » Puis il se tourna vers son peuple, les Ansâr, et leur dit : « Le pays est votre pays, la campagne est votre campagne, vous êtes le refuge de l'Islam vers lequel il s'est tourné, et l'Islam n'a été honoré que par vos épées. Si ces gens refusent qu'il y ait un émir de chez nous et un émir de chez vous, chassez-les de votre pays. » Puis il se tourna vers les Muhâjirûn et dit : « Si vous voulez, nous recommençons l'affaire depuis le début. Je suis son soutien solide et son tronc solide 99. » Abû `Ubayda dit : « Craignez Allah, assemblée des Ansâr ! Vous avez été les premiers à secourir et à aider, ne soyez donc pas les premiers à changer et à altérer. » Abû Bakr dit à Sa`d ibn `Ubâda 100 : « Tu sais, ô Sa`d, que le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, a dit : "Les gens suivent Quraysh : les meilleurs des gens suivent leurs meilleurs, et les pires suivent leurs pires" 101. » Il dit : « Tu as dit vrai. » Bashîr ibn Sa`d al-Ansârî 102 dit : « Par Allah, si nous avons eu du mérite dans le combat contre notre ennemi, nous n'avons cherché par là que l'agrément de notre Seigneur et l'effort pour nous-mêmes. Il ne nous convient pas de nous prévaloir sur les gens. La grâce est à Allah et à Son Messager sur nous. » Les Ansâr revinrent sur leur position et se tournèrent vers Abû Bakr en disant : « Qui agrées-tu pour nous, ô Abû Bakr ? » Il dit : « J'agrée pour vous `Umar, Abû `Ubayda. Le Messager d'Allah a reçu des gens qui lui dirent : "Envoie avec nous un homme digne de confiance, vraiment digne de confiance." Il envoya avec eux Abû `Ubayda. Et il a dit ceci et cela à propos de `Umar. » `Umar dit : « Quant à moi, si je suis égorgé sans péché, cela m'est plus agréable que de précéder un peuple parmi lequel se trouve Abû Bakr. Mais toi, ô Abû `Ubayda, si tu veux, je te fais allégeance. » Abû `Ubayda dit à `Umar : « Je n'ai jamais entendu de toi une parole plus stupide en Islam avant celle-ci. Dis-tu cela pour moi alors que parmi vous se trouve as-Siddîq 103, le second des deux quand ils étaient dans la grotte 104, le calife du Messager d'Allah, et qu'il nous a dirigés dans la prière du vivant du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui ? » `Umar dit : « Assemblée des Ansâr, vous savez que le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, a fait précéder Abû Bakr et l'a établi à sa place pour la prière avec les gens. Lequel d'entre vous accepte de précéder celui que le Messager d'Allah a fait précéder ? » Ils dirent : « Qu'Allah nous préserve de précéder Abû Bakr ! » Bashîr ibn Sa`d al-Ansârî, puis al-Khazrajî 105, dit : « Levez-vous pour faire allégeance au calife du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui. » Ils affluèrent vers Abû Bakr et tendirent sa main, mais il la retira et dit : « Faites allégeance à `Umar ou à Abû `Ubayda. » Il les repoussa de lui de toutes ses forces et serra sa main. `Umar tendit sa main, mais Abû Bakr lui dit : « Toi, toi, ô `Umar, tu es plus fort et plus ferme. » `Umar dit : « Ma force est pour toi. Tu es plus digne. Tu es le calife du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, et Il t'a agréé pour nous. » Ils ne cessèrent de le presser jusqu'à ce qu'il accepte leur allégeance. Vois la longueur de ces échanges entre les Muhâjirûn et les Ansâr, alors qu'ils cherchaient et examinaient ce qui est permis dans la religion du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, se référaient à ses actes et à ses recommandations, et recherchaient Son agrément. Trouves-tu quelqu'un parmi eux mentionnant une désignation explicite de la part du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, pour un homme en particulier, ou quelque chose qui ressemble à une désignation, ou dont l'interprétation serait une désignation, comme le Livre d'Allah ou un hadith du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, alors que l'époque est proche, le jour de sa mort, et qu'il n'est pas encore enterré, et que c'est le moment du besoin de le mentionner ? La discussion et le débat rappellent les choses lointaines et font sortir les obscurités, qu'en est-il donc d'une chose claire avec une époque si proche ? Les Ansâr n'ont voulu, par leur empressement à établir un émir sur les gens, que la satisfaction d'Allah et la revivification de l'Islam.

Et il réprima les ennemis du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – afin que l'affaire fût ordonnée et qu'elle ne se dispersât point (45) ; car il y avait avec eux et autour d'eux les Juifs et les tribus arabes chrétiennes, et ils avaient correspondu avec les rois des Romains et les avaient convoités contre l'islam. Musaylima persistait à leur faire la guerre, de même que Tulayha, et ceux qui avaient apostasié avaient apostasié. La juste décision était donc de se hâter d'établir un chef. Lorsqu'on leur dit : « Le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – a dit : "Les imams (al-a'imma) sont de Quraysh" », ils écoutèrent et obéirent, et ils se tournèrent vers le meilleur de Quraysh à leurs yeux, lui prêtèrent serment (fa-'aqadū lahu) et combattirent sous ses ordres comme ils combattaient sous les ordres du Messager d'Allah, et ils se consumèrent dans son obéissance. S'ils avaient voulu la royauté et le bas monde, les Muhâjirûn (al-Muhājirūn) ni les autres ne leur auraient obéi, car les terres étaient leurs terres, le désert était leur désert, la force, la bravoure et le nombre étaient à eux et en eux ; les Muhâjirûn n'étaient que leurs hôtes et leurs résidents, et c'est par eux qu'ils avaient été honorés, et c'est par eux que le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – avait eu des armées et des assemblées, et c'est par eux qu'il avait combattu l'ennemi. Or, lui – qu'Allah prie sur lui et le salue –, alors qu'il résidait à La Mecque, depuis qu'il avait appelé à la prophétie pendant quinze ans, s'était présenté aux saisons (al-mawāsim) auprès des tribus arabes, récitait le Coran et appelait à Allah. Les tribus d'al-Aws et d'al-Khazraj l'entendirent, prêtèrent l'oreille à son appel, et répondirent à son invitation à s'opposer aux rois des nations et aux tyrans de la terre dans son obéissance, à dépenser leurs biens et à verser leur sang pour soutenir sa religion, et à lui obéir vivant et mort. Lorsqu'ils eurent répondu à cela, il ordonna à ses compagnons d'émigrer vers eux ; ils les accueillirent et manifestèrent l'islam à Médine, dans leurs tribus et leurs campements. Ils émigrèrent donc vers eux et tinrent tous ces engagements, et leur intérieur dans la foi était comme leur extérieur. C'est pourquoi Allah les nomma les Ansâr (al-Anṣār), de même que les Muhâjirûn. Et c'est pourquoi Allah dit : « [Il est] pour les pauvres Muhâjirûn qui ont été chassés de leurs demeures et de leurs biens, cherchant une faveur d'Allah et Son agrément, et secourant Allah et Son Messager. Ceux-là sont les véridiques » (46). Il informa – Puissant et Majestueux soit-Il – de la sincérité de leurs intentions et de la véracité de leurs consciences, et Il témoigna pour eux de la véracité. Puis Il mentionna les Ansâr et dit : « Et ceux qui, avant eux, se sont installés dans la demeure et dans la foi, aiment ceux qui ont émigré vers eux, et ne trouvent dans leurs cœurs aucune gêne de ce qui leur a été donné, et les préfèrent à eux-mêmes, même s'il y a chez eux un besoin. Et ceux qui sont préservés de l'avarice de leurs âmes, ceux-là sont les réussis. » Car les Ansâr étaient à Médine avant les Muhâjirûn. Lorsque les Muhâjirûn, les bien-aimés du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue –, vinrent à eux, ils les préférèrent à eux-mêmes dans leurs demeures et partagèrent leurs biens avec eux, de bon gré. Alors Il témoigna pour eux de la réussite et imposa à ceux qui vinrent après eux de les prendre pour alliés (muwālātihim) et de demander pardon pour eux, en disant : « Et ceux qui sont venus après eux disent : "Seigneur, pardonne-nous ainsi qu'à nos frères qui nous ont précédés dans la foi, et ne mets dans nos cœurs aucune rancune envers ceux qui ont cru. Seigneur, Tu es Compatissant et Miséricordieux." » Et Il leur ordonna de se réfugier auprès de Lui contre la haine et l'inimitié envers eux. Ce sont ceux-là qui soutinrent la religion du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – après lui, et ce sont eux qui choisirent Abû Bakr. Le Coran est rempli de leur éloge et de leur louange, et tu le connais par cœur. Reviens donc à ce qui se trouve dans chaque sourate à ce sujet et médite-le ; en énumérer la totalité serait long et ne pourrait être contenu dans ce passage. Lorsqu'ils eurent prêté serment à Abû Bakr, leurs âmes s'apaisèrent, et ils passèrent la nuit comme si le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – n'était pas mort et n'avait pas disparu d'entre eux. Tel était le but qu'ils visaient par leur empressement, et ils étaient les plus savants de ce qu'ils entreprenaient et disaient. Ils savaient qu'ils s'étaient fait des ennemis de toutes les nations dans l'obéissance au Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – ; il les avait laissés sans chef sur eux, et ils craignaient que, passant la nuit après avoir perdu leur Prophète sans avoir de chef sur eux, leur affaire ne se dispersât. C'est par l'intensité de leur souci pour la protection de l'islam qu'ils se hâtèrent de désigner quelqu'un à qui prêter serment. Je ne t'ai mentionné cela que pour que tu connaisses la situation. Car celui qui ne sait pas et dont le seul souci est d'attaquer l'islam prétend qu'ils n'ont agi ainsi que par amour du bas monde, par joie de la mort du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – et par désir de repos. Or tu les trouves, leurs actes témoignant qu'après sa mort ils étaient plus ardents dans leur amour pour lui et plus perspicaces dans sa religion. Ensuite, Abû Bakr revint de la Saqîfa (al-Saqīfa) et se leva pour prononcer un discours. Il informa les Muhâjirûn de ce qui s'était passé et dit : « Par Allah, je n'ai pas voulu le commandement (al-imāra), je ne l'ai pas envisagé, je ne l'ai pas désiré, ni de jour ni de nuit, et je n'y ai pas aspiré. J'ai même souhaité le confier à 'Umar, mais on ne m'a pas laissé faire. Je ne l'ai accepté que par crainte de la discorde (al-fitna), et parce qu'il n'y avait pas de chef sur moi. Je vous rends vos affaires : relevez-moi de ma charge (aqīlūnī) et nommez qui vous voudrez. » Alors 'Alī lui dit : « Par Allah, ils ne te relèveront pas et ne demanderont pas à être relevés de toi. Le Messager d'Allah t'a agréé pour notre religion, nous t'avons donc agréé pour notre vie ici-bas. Le Messager d'Allah t'a fait avancer, qui donc te ferait reculer ? » Tous les Compagnons approuvèrent sa parole et la jugèrent bonne (47). Considère leur reconnaissance que le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – avait donné à Abû Bakr plus qu'ils ne lui avaient donné. Et 'Alī – qu'Allah l'agrée – s'étonna de l'ambition des Ansâr pour le commandement et dit : « N'ont-ils pas entendu la parole du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – : "Je vous recommande les Ansâr : acceptez le bien de leurs bienfaiteurs et pardonnez à leurs malfaiteurs (48)" ? S'ils avaient été les chefs, la recommandation aurait été en leur faveur, non à leur sujet. Mais nous leur pardonnons comme le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – l'a ordonné. Qu'Allah fasse miséricorde aux Ansâr. » Si l'on dit : « Ils ne s'opposèrent pas à Abû Bakr par crainte et par dissimulation (taqiyya) », nous avons montré maintes fois que l'autorité de ces quatre califes n'était pas une autorité qu'un homme sincère aurait crainte. On rapporte qu'Abû Sufyân rencontra 'Alî ibn Abî Tâlib après le serment à Abû Bakr et lui dit : « Ô Abâ al-Hasan, qu'en est-il de cette affaire dans la moindre fraction de Quraysh ? Il n'y a que les Banû 'Abd Manâf. Si tu veux, je remplirai [la ville] contre Abû Bakr de cavaliers et de fantassins. » 'Alî lui dit : « Je ne veux pas cela. Nous avons vu qu'Abû Bakr en était digne, et je considère mon serment envers lui comme faisant partie de mon combat (jihād) avec le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue. » Puis Abû Sufyân vint voir al-'Abbâs et les Banû Hâshim et dit : « Qu'avons-nous à faire d'Abû al-Fadl (49) ? Il n'y a que les Banû 'Abd Manâf. Ô Banû 'Abd Manâf, défendez votre gloire et soyez sincères pour votre noblesse, et n'enlevez pas la couronne de l'honneur qu'Allah vous a fait revêtir. C'est la suite de la prophétie : celui qui s'en écarte est suivi, et celui qui la défend est suivi. » Al-'Abbâs dit : « L'islam a entravé la perfidie et a saisi la bride du faux. Attends donc que nous réfléchissions. Si nous avons une issue dans cette affaire, nous tendrons les mains pour l'effort, sans les retirer, jusqu'à atteindre le but. Si c'est l'autre cas, ce n'est ni par manque de nombre ni par faiblesse des bras. » 'Alî désapprouva la parole d'Abû Sufyân et interdit aux Banû Hâshim la dissension. Il leur dit : « Détournez-vous de la voie de la rivalité et déposez les couronnes de la vantardise. » Et il dit à Abû Sufyân : « Ô Abâ Sufyân, les musulmans sont des gens sincères, même si leurs parentés sont éloignées, et les hypocrites sont des gens trompeurs, même si leurs parentés sont proches. Ô Abâ Sufyân, tu as longtemps combattu l'islam et ses gens, et cela ne lui a nullement nui. Nous avons trouvé qu'Abû Bakr en était digne ; si nous ne l'avions pas vu digne, nous ne l'aurions pas investi. » Le Commandeur des croyants 'Alî – qu'Allah l'agrée – a mentionné cela après le décès de 'Uthmân dans sa lettre à Mu'âwiya, en disant dans un passage : « Ton père est venu me voir lorsque Abû Bakr – qu'Allah lui fasse miséricorde – eut pris la direction des gens, et il dit : "Tu es plus digne de cette affaire après Muhammad – qu'Allah prie sur lui et le salue –. Viens donc, je te prête serment, et je le ferai contre ceux qui s'opposent à toi." Nous avons répugné à cela par crainte de la division. Ton père connaissait donc mieux notre droit que toi. Si tu reconnais de lui ce qu'il reconnaissait, tu atteindras ta rectitude ; sinon, Allah se passera de toi. » Mu'âwiya a mentionné ce sens à Ibn 'Abbâs et aux Banû Hâshim lorsqu'il prit l'affaire d'al-Hasan. Ils lui dirent : « Tu as usurpé et pris ce qui ne t'appartient pas. » Il leur dit : « Si l'affaire du califat (al-khilāfa) se mérite par la parenté sans l'agrément et le consensus (al-ijmā'), qu'est-ce qui a empêché al-'Abbâs de l'obtenir, lui qui est l'oncle du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue –, alors qu'Abû Sufyân lui avait garanti les Banû 'Abd Manâf ? » Leur réponse fut : « C'est une affaire qu'ont agréée les Muhâjirûn et les Ansâr et sur laquelle les musulmans se sont accordés ; quant à toi, nous ne t'avons pas agréé. » Nous n'étions pas [en train de discuter] de la validité de l'imamat d'Abû Bakr ; nous étions seulement [en train de dire] que les Compagnons, en tout temps et à toute époque, débattaient de qui était apte à l'imamat sans mentionner de testament du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – pour une personne déterminée, malgré leur besoin de cela. Au contraire, ils s'accordaient pour agir selon le choix (al-ikhtiyār). Ce qui s'est présenté à nous, c'est ce qui eut lieu entre les Banû 'Abd Manâf ; nous avons mentionné la parole des Banû Hâshim, et qu'Abû Sufyân aurait aimé que le califat fût dans les Banû Hâshim parce qu'ils étaient ses proches et ses parents parmi les Banû 'Abd Manâf, et parce que la noblesse et la préséance étaient chez eux avant l'islam. C'est pourquoi Khâlid ibn Sa'îd ibn al-'Âs, l'agent du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – au Yémen, lorsqu'il arriva après sa mort – que les gens avaient déjà prêté serment à Abû Bakr –, s'étonna que le califat fût chez Abû Bakr plutôt que chez al-'Abbâs, 'Alî ou 'Uthmân, ceux-ci étant les oncles paternels du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – et les fils (50) de ses oncles paternels. Il dit à 'Uthmân et à 'Alî, qui étaient venus le saluer à son arrivée de son voyage : « Êtes-vous satisfaits, ô Banû 'Abd Manâf, que votre affaire soit dirigée par les Banû Taym ? » 'Alî dit : « Nous sommes satisfaits. » Khâlid dit : « Vous êtes les arbres élevés aux ombres étendues ; si vous êtes satisfaits, nous le sommes aussi. » La nomination d'Abû Bakr et sa préséance sur les gens de la maison du Messager d'Allah, ses oncles paternels et les fils de ses oncles paternels – alors qu'ils étaient nombreux, puissants, protégés et aisés, tandis qu'Abû Bakr n'avait rien de tout cela – est une chose étonnante. C'est pourquoi Abû Quhâfa, alors qu'il était à La Mecque, dit, lorsque les gens s'agitèrent : « Qu'est-ce que cela ? » On lui dit : « Le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – est mort. » Il dit : « Qu'ont fait les gens après lui ? » On lui dit : « Ils ont mis ton fils à sa place. » Il dit : « Les Banû 'Abd Manâf ont-ils été satisfaits ? » Ils dirent : « Oui. » Il dit : « Les Banû al-Mughîra ont-ils été satisfaits ? » Ils dirent : « Oui. » Il dit : « Et [les gens] se sont soumis à un homme de Taym ? » Ils dirent : « Oui. » Il dit : « Nul ne peut empêcher ce qu'Allah a donné. » Abû Quhâfa s'étonna donc de la préséance de son fils, alors que la seigneurie et la préséance étaient chez les Banû 'Abd Manâf et les Banû al-Mughîra des Banû Makhzûm, et non chez les Banû Taym. Lorsque les Muhâjirûn, les Ansâr et ceux qui suivaient la religion du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – eurent fait avancer son fils Abû Bakr, il sut que cela venait de l'islam et d'Allah, et que son fils aurait dû être davantage l'objet d'envie et d'éloignement, mais les gens, dans leur nomination, s'en étaient remis à la religion et à l'islam, et non aux lignages et aux parentés. Lorsque la nouvelle parvint aux gens du Yémen, de Bahreïn et d'Oman, ils dirent aux agents du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – : « Celui à qui les gens ont prêté serment après le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – est-il son fils ou son frère ? » On leur dit : « Non. » Ils dirent : « Est-il le plus proche parent de lui ? » On dit : « Non. » Ils dirent : « Qu'ont-ils donc ? » On dit : « Ils ont choisi le meilleur d'entre eux et l'ont établi chef sur eux. » Ils dirent : « Ils ne cesseront d'être dans le bien tant qu'ils feront cela. » Médite donc – qu'Allah te fasse miséricorde – sur la situation de ces gens pour en connaître la réalité et savoir qu'elle est à l'opposé de ce qu'ont dit ces gens. Car le temps a été long et la méditation rare. [Et un autre chapitre]

Il s'agit du fait qu'Abû Bakr a mené la guerre contre al-Yamâma, Musaylima, Rabî‘a, Talha, les Banû Asad et ces tribus apostates, ainsi que contre ceux qui refusaient de payer l'aumône légale 106 tout en reconnaissant l'accomplissement de la prière. Il a désapprouvé, qu'Allah l'agrée, toute altération de la religion du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, et a refusé de les laisser abandonner un seul élément de sa religion ou d'en négliger quoi que ce soit. Il les a combattus avec les Émigrés 107 et les Auxiliaires 108, les a châtiés sévèrement, les a tués de diverses manières, et a infligé aux hommes et aux femmes parmi eux des châtiments dont le récit serait long, parce qu'ils avaient altéré la religion du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, et négligé ses prescriptions. Ils n'ont pas pu dire aux commandants d'Abû Bakr : « Pourquoi nous reprochez-vous cela alors que vous-mêmes avez négligé les textes de votre compagnon, altéré sa religion, changé son Livre, vous êtes détournés de son légataire 109 et de celui qu'il a désigné comme successeur, avez frappé sa fille et tué le fœtus dans son ventre ? » C'est là un argument dont ces gens auraient eu besoin ; s'il y avait eu la moindre indication, ils s'y seraient appuyés et en auraient tiré réconfort. On sait donc que ce que ces gens prétendent n'a aucun fondement. S'il y avait eu quoi que ce soit de leur part, la connaissance en aurait été plus forte que ce qui s'est passé entre le Commandeur des croyants 110 et les gens du Nahr 111, et entre lui et les gens du Shâm 112 et autres. [Autre chapitre : La demande d'Abû Bakr aux musulmans de le relever de ses fonctions et leur refus] Lorsqu'Abû Bakr eut tué Musaylima, capturé Talha, repoussé les apostats, que l'islam eut pris le contrôle de la péninsule arabique et qu'il eut envoyé ses armées en Iraq, les musulmans ayant triomphé, il se leva parmi eux en sermonneur et dit : « Vos affaires vous sont revenues, et grâce à Allah vous avez triomphé de votre ennemi. Relevez-moi donc, car j'ai assumé une charge qui ne me procure aucun repos et dont je ne suis capable qu'avec l'aide d'Allah. » Alî, qu'Allah l'agrée, lui dit : « Ils ne te relèveront pas et ne te demanderont pas d'être relevé. Il n'y a en toi ni changement ni remplacement. » Il parcourut les gens pendant trois jours en demandant à être relevé, mais ils ne le relevèrent pas. [Autre chapitre : Le souhait d'Abû Bakr de n'avoir jamais été à la tête des musulmans] Lorsqu'Abû Bakr tomba malade de la maladie dont il mourut, il dit : « Que n'ai-je, le jour de la hutte des Banû Sâ‘ida 113, confié la charge à ‘Umar ou à Abû ‘Ubayda ! J'aurais alors été un vizir plutôt qu'un émir. Que n'ai-je, lorsque j'ai envoyé Khâlid au Shâm, envoyé ‘Umar en Iraq ! J'aurais alors étendu ma main droite et ma main gauche. » Puis il décida de désigner un successeur après lui et consulta à ce sujet. Il dit à un groupe de musulmans : « Si je vous confie la charge d'un homme parmi vous, l'accepterez-vous ? » Alî ibn Abî Tâlib dit : « Non, à moins que ce ne soit ‘Umar. » Il se tut. Puis il s'entretint en privé avec ‘Abd al-Rahmân ibn ‘Awf, le consulta au sujet de ‘Umar et prit son avis, puis lui dit : « Cache, ô Abû Muhammad, ce qui s'est passé entre nous jusqu'à ce que je te le dise. » Puis il consulta ‘Uthmân ibn ‘Affân, puis Usayd ibn Hudayr avec un groupe d'Auxiliaires à ce sujet. Usayd lui dit : « Je ne le connais que comme le meilleur après toi, n'eût été sa sévérité. » Abû Bakr lui dit : « Ô Abû Yahyâ, je l'ai observé : quand je suis sévère envers quelque chose, il me montre de la douceur, et quand je suis doux envers quelque chose, il me montre de la sévérité. S'il devient votre chef, il sera doux et sévère. » Puis Abû Bakr révéla l'affaire aux gens et leur exposa son opinion sur ‘Umar. Talha et d'autres dirent : « ‘Umar est un homme imposant, il a de la prestance, mais il n'est pas calife. Comment le serait-il devenu ? Détourne-nous donc de lui vers un homme plus modeste et plus doux. » La réponse d'Abû Bakr fut celle qui a été mentionnée précédemment. Comment un homme sensé qui réfléchit aux choses pourrait-il penser qu'il y avait un homme que le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, avait désigné et dont il avait achevé l'affaire, alors que tous, y compris cet homme que ces gens prétendent [être le successeur], cherchaient un homme apte à la religion du Messager d'Allah et auprès du Messager d'Allah pour prendre en charge les affaires de sa communauté ? Cela n'est-il pas comparable à quelqu'un qui dirait, à propos d'un grand groupe debout au soleil alors qu'ils cherchent le soleil et demandent où est le soleil ? Examine la situation : comment chacun exprime ce qu'il a et ce qu'il voit, sans crainte ni peur, parmi les Auxiliaires, les Émigrés, Abû Sufyân, les Banû Hâshim et Khâlid ibn Sa‘îd, pour que tu saches quelle était l'autorité de ces califes. Les musulmans venaient à Abû Bakr pour toute affaire, petite ou grande, et il leur disait : « Pensez-vous trouver chez moi ce que vous trouviez chez le Messager d'Allah, paix et salut sur lui ? Vous ne le trouverez pas. Le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, recevait la révélation. Moi, je suis comme vous. Si je fais le bien, aidez-moi ; si je dévie, redressez-moi. » On l'interrogeait sur une question et il disait : « Je donne mon avis. Si c'est juste, cela vient d'Allah ; si c'est une erreur, cela vient de moi et du Diable. » Les musulmans approuvaient cela et l'en louaient. Personne ne disait : « Comment l'imam des musulmans pourrait-il dévier et se tromper ? » alors que chez les imamites 114, l'imam des musulmans ne se trompe ni ne commet d'erreur. ‘Umar a également dit des paroles semblables à celles d'Abû Bakr à maintes reprises, et ‘Uthmân a dit la même chose. Quant à ce dont ‘Alî a souffert et ce qu'il a dit à ce sujet, c'est plus que ce dont Abû Bakr, ‘Umar et ‘Uthmân ont souffert. En effet, il a souffert de la part des gens de son époque et de ses compagnons pendant tout son califat, étant accusé d'égarement et d'impiété. Il n'a pas invoqué pour lui-même le texte [de désignation] 115 ni l'immunité 116, et personne de son temps, parmi ceux qui plaidaient pour lui, ses enfants, sa famille et ses partisans, n'a invoqué quoi que ce soit de cela. Eux et lui-même n'ont pas refusé qu'il lui arrive ce qui arrive aux gens de la consultation 117 et aux califes avant lui. Ce qu'il pratiquait comme principe de consultation était plus important et plus célèbre que ce que les califes avant lui pratiquaient. C'est pourquoi les savants ont dit : « La certitude que le Messager d'Allah n'a pas désigné ‘Alî par un texte ni ne l'a établi comme successeur est plus forte que la certitude qu'il n'a pas désigné Bilâl, ‘Ammâr, Abû Dharr ou Ibn Mas‘ûd. » En effet, lui, qu'Allah l'agrée, a survécu aux califes en tant que calife et imam, avec cent mille épées lui obéissant. De nombreuses personnes ont contesté son imamat, ont discuté avec lui, et l'ont accusé d'erreur, d'égarement et d'impiété. Il n'a pas revendiqué le texte [de désignation] ni l'immunité, et n'a invoqué quoi que ce soit de cela dans ses discours, ses correspondances ou ses écrits. Au contraire, il argumentait en disant : « Mon obéissance est devenue obligatoire parce que ceux qui ont prêté serment à Abû Bakr, ‘Umar et ‘Uthmân m'ont prêté serment. Mon obéissance est donc devenue obligatoire comme la leur l'était. » Parmi les bienfaits d'Allah envers les musulmans, il y a le fait que lui, qu'Allah l'agrée, a survécu aux califes en tant que calife, imam et souverain, avec cent mille épées lui obéissant. Il n'a agi dans la gestion des successions du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, que selon la conduite d'Abû Bakr, ‘Umar et ‘Uthmân. Il n'a distribué les terres du Sawâd 118, d'Égypte, de Perse, d'Arménie, d'Azerbaïdjan et du Khurâsân que comme les califes avant lui les avaient distribuées. Il n'a lu que le Coran 119 et n'a enseigné à ses enfants et aux gens que ce Coran. La terre entière était sous son contrôle, à l'exception de la région de Palestine. Il a établi la prière de tarâwîh 120 en personne et ses gouverneurs l'ont établie dans tous ses royaumes. Il nommait un imam pour les femmes pendant le tarâwîh. Il a fait l'éloge des califes avant lui d'une manière qui serait longue à décrire, alors qu'ils étaient morts et enterrés, tandis qu'il maudissait Mu‘âwiya et le désavouait, lui qui était vivant, avec plus de cent mille épées. Il a fait de même avec les kharijites 121. Il ne craignait donc pas les tyrans vivants. Or, chez les imamites, il aurait craint les morts, alors qu'il était un souverain de grande importance. Nous avons montré que ces gens, de leur vivant et sous leur autorité, ne craignaient pas les fauteurs de trouble. Si l'on dit : « Qui vous accorde qu'il établissait le tarâwîh ? Au contraire, il leur aurait interdit, et ils auraient dit : 'Ô ‘Umar !' Alors, lorsqu'ils dirent cela, il l'établit pour eux. » On lui répond : Il n'y a pas de différence entre celui qui prétend cela et celui qui prétend qu'il leur aurait interdit ce Coran, et ils auraient dit : « Ô Muhammad ! » ou qu'il leur aurait interdit cette prière et leur aurait dit : « Elle a un sens caché et c'est une personne. N'entendez-vous pas qu'Il dit : 'La prière préserve de la turpitude et du blâmable' 122 ? Or, seule une personne peut préserver, comme le prétendent les Ismaéliens 123 à son sujet, et ils auraient crié : « Ô Muhammad ! » Ou comme celui qui prétend qu'il accomplissait la fête à la fin de Dhû l-Hijja 124 et disait : « C'est le jour où le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, m'a désigné et m'a établi comme successeur », comme le font les imamites de notre temps à Bagdad, et qu'il organisait des lamentations en poésie sur Fâtima et son fils al-Hasan, que les imamites prétendent avoir été tué par ‘Umar, comme le font les imamites à Bagdad et à Kûfa. Par quoi l'homme sensé et réfléchi sait-il que ‘Abbâs, ses enfants et les Banû Hâshim établissaient le tarâwîh, sinon par la connaissance que ‘Alî lui-même l'établissait, ainsi que son gouverneur Qaraza ibn Ka‘b à Kûfa, son gouverneur à Basra, à La Mecque, à Médine et dans toutes les autres contrées de l'islam qui étaient sous son autorité et sa souveraineté, de manière plus forte et plus évidente ? Si quelqu'un prétendait qu'Ibn Mas‘ûd à Kûfa, Abû ‘Ubayda et Mu‘âdh ibn Jabal au Shâm ne la voyaient pas et ne l'établissaient pas, la preuve de la fausseté de sa prétention ne serait-elle pas évidente ? La preuve de la fausseté de celui qui prétend cela à propos du Commandeur des croyants est encore plus forte et plus évidente. Il est étonnant que leurs chefs, ceux qui leur ont enseigné cette doctrine, aient dit : « Il a établi le tarâwîh. » Quand on leur dit : « Supposez que vous prétendiez qu'à l'époque d'Abû Bakr, ‘Umar et ‘Uthmân, il était vaincu et opprimé. Qu'en est-il lorsqu'ils moururent, que le califat lui revint, que le pouvoir fut entre ses mains, que le butin lui était apporté et qu'il le donnait à qui il voulait, entouré d'armées et de troupes ? Pourquoi n'a-t-il pas revendiqué le texte [de désignation], aboli le tarâwîh, montré le Coran que vous prétendez, agi avec les biens du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, comme vous le dites, et manifesté le désaveu d'Abû Bakr, ‘Umar et ‘Uthmân, surtout après leur mort, comme il l'a fait avec Mu‘âwiya et les kharijites, qui étaient vivants et en armes ? » Ils répondent : « Il n'a pas fait cela et n'en a pas eu le pouvoir, car ses soldats et ses auxiliaires parmi les Émigrés, les Auxiliaires et les Successeurs 125 étaient des partisans d'Abû Bakr et de ‘Umar. S'ils l'avaient soupçonné de les haïr, ils l'auraient tué. Il n'a cessé de manifester son soutien et son allégeance jusqu'à sa mort. » Ils disent : « Al-Hasan et al-Husayn, qu'Allah les agrée tous, ont fait de même. » Aujourd'hui, ce prétendant, en notre temps, prétend qu'il avait interdit le tarâwîh, mais lorsqu'ils crièrent « Ô ‘Umar ! », il les craignit, s'avança et l'établit pour eux. Leur discours ne repose sur rien de solide, mais seulement sur ce qui leur vient à l'esprit. Ce qui aurait dû être présenté avant cela, c'est ce qui s'est passé lors de la blessure de ‘Umar par Fîrûz le chrétien. En effet, ce qui advint à ‘Alî, aux Émigrés, aux Auxiliaires et à tous les musulmans à cette occasion leur fit perdre la raison de chagrin pour lui. Il avait soumis les rois des Perses et des Romains, les avait humiliés, conquis leurs royaumes, les avait contraints à fuir, ses cavaliers avaient atteint l'Afrique, les confins du Khurâsân et les confins de l'Inde. Tout le polythéisme fut humilié par lui, et l'islam triompha grâce à sa position et à son autorité. Les musulmans craignirent que les rois polythéistes ne reviennent à la charge après sa perte. Ils se réunirent et se retirèrent pour réfléchir, espérant qu'il prendrait l'initiative de leur désigner un successeur. Les gens des provinces entrèrent chez lui et dirent : « Fais-nous une recommandation, ô Commandeur des croyants. » Il dit : « Je vous recommande le Coran : attachez-vous-y. Il contient la guidance d'Allah pour votre Prophète et pour vous après lui. Il contient votre salut. » Ils dirent : « Recommande-nous. » Il dit : « Je vous recommande les Émigrés et les Auxiliaires », et mentionna leur mérite. Ils dirent : « Recommande-nous. » Il dit : « Je vous recommande les Arabes, car ils sont la matière de l'islam. » Ils dirent : « Recommande-nous. » Il dit : « Je vous recommande vos protégés 126, car ils sont la protection de votre Prophète et la subsistance de vos familles. » Ils dirent : « Recommande-nous. » Il dit : « Levez-vous et allez-vous-en, sinon je me lèverai et m'en irai. » Lorsque les compagnons du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, virent qu'il ne mentionnait personne pour le califat, ils entrèrent chez lui, et Ibn ‘Abbâs commença à l'interroger sur la désignation d'un successeur ; il ouvrit la parole.

Je l'ai assumée de toute ma vie et j'ai déployé tout mon effort pour vous donner mon avis, je vous ai conseillé de toutes mes forces, j'ai préservé ma personne et ma famille, et j'espère en sortir sans rien, sans péché contre moi ni pour moi. Alors faites mon éloge. Et Ali commença à lui annoncer la bonne nouvelle du Paradis de la part du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, et lui dit : — et il fit signe à Ibn Abbas d'attester auprès du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, de la même chose que j'ai attestée. D'autres que ces deux-là l'accompagnèrent et lui demandèrent de désigner un successeur. Il dit : « Je n'aime pas en porter la charge vivant et mort. » Ils dirent : « Mais fais-le, tu en auras la récompense. Considère, ô Commandeur des croyants, la communauté de Muhammad, paix et salut sur lui. » Il dit : « Indiquez-moi qui je dois désigner comme successeur. » Al-Mughira lui dit : « Je te l'indique : Abd Allah ibn Umar. » Umar lui dit : « Par Allah, tu n'as pas voulu cela pour Allah. » Ibn Abbas lui dit : « Ô Commandeur des croyants, qu'est-ce qui t'empêche de choisir parmi tes frères ? » — et il fit allusion à Ali, Uthman, Abd al-Rahman et ce groupe. Umar dit : « Si je désigne un successeur, celui qui est meilleur que moi a désigné un successeur ; et si je laisse [sans désigner], celui qui est meilleur que moi a laissé [sans désigner] » — il voulait dire que le Messager d'Allah n'a pas désigné de successeur et qu'Abu Bakr a désigné un successeur. Puis il dit : « Elle [la succession] est dans l'un de ces six à qui le Messager d'Allah a promis le Paradis et qu'Il a rappelé en étant satisfait d'eux : Ali et Uthman, les deux fils d'Abd Manaf ; Sa'd et Abd al-Rahman, les deux oncles maternels du Messager d'Allah ; al-Zubayr, le disciple [hawârî] du Messager d'Allah ; et Talha, la protection du Messager d'Allah. » Puis il mit en garde chacun d'eux contre un défaut qu'il désapprouvait en lui. Il dit à Ali : « Si tu obtiens ce pouvoir, sois juste et ne fais pas peser les Banu Hashim sur les nuques des gens. » Il dit à Uthman la même chose et lui dit : « Ne fais pas peser les Banu Abi Mu'ayt sur les nuques des gens. » Puis il s'adressa à Ammar et Miqdad pour qu'ils soient parmi trente des Muhajirun 127. Il dit à Abu Talha al-Ansari : « Allah n'a cessé de rendre cet islam puissant par ton peuple ; sois donc parmi cinquante d'entre eux. Quand je mourrai, que Suhayb prie sur moi et qu'il dirige la prière des gens jusqu'à ce qu'ils établissent un calife. Soyez leurs gardiens pour qu'aucun despote n'agisse arbitrairement. » Il dit : « Que le troisième jour n'arrive pas sans que vous ayez établi l'un de ces six comme calife. Hâtez-vous dans votre affaire et combattez votre ennemi. » Quand il mourut, ils exécutèrent sa recommandation comme il l'avait tracée. Combien y a-t-il dans cela de preuve contre la fausseté des prétentions de ces gens ? Et quel besoin les Compagnons avaient-ils qu'Umar leur choisisse un calife, alors que le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, les en avait déjà dispensés, étant vivant sous leurs yeux ? Et plus étonnant encore est la parole d'Umar, alors qu'ils entendaient, que le Messager d'Allah n'a pas désigné de successeur. Et plus étonnant encore est que celui qu'ils prétendent que le Messager a désigné comme successeur était avec eux [à reconnaître] que le Messager d'Allah n'a pas désigné de successeur, et que le califat est par choix, non par texte [nass], et qu'il est dans l'un d'eux, parmi lesquels se trouvent le Hashimite, l'Umayyade, le Zuhrite, le Taymite et l'Asadite. Quel qu'il soit parmi eux, c'était correct, sans que personne parmi les musulmans ne le conteste. Et plus étonnant encore est sa parole à Ali : « S'ils te confient [le pouvoir], sois juste et ne fais pas peser les Banu Hashim sur les nuques des gens. » Comment ne lui a-t-il pas dit : « Je n'ai pas besoin qu'ils me le confient, car je suis le successeur du Messager d'Allah, Il m'a choisi et a attesté de mon infaillibilité 128 ? » Et comment dis-tu cela de moi ? Et comment dis-tu que le Messager d'Allah n'a pas désigné de successeur ? **Autre aspect : comment les musulmans ont-ils remis l'affaire à Abd al-Rahman ibn Awf ?** Ali et le groupe remirent l'affaire à Abd al-Rahman pour qu'il choisisse l'un d'eux pour le califat, et ils acceptèrent son jugement. Il leur dit : « Parlez et informez les gens de cela. » Ils parlèrent. Le Commandeur des croyants Ali, qu'Allah l'agrée, se leva, loua Allah, Le glorifia, pria sur Son Prophète, puis dit : « Si le Messager d'Allah nous avait fait une recommandation 129, nous aurions combattu pour elle jusqu'à la mort ; ou s'il nous avait dit une parole, nous aurions exécuté sa parole en dépit de nous-mêmes. Personne ne me devancera pour maintenir les liens de parenté et appeler à la vérité. L'affaire est à toi, ô Ibn Awf. J'ai une sincérité certaine et un conseil intense, et je demande pardon à Allah pour moi et pour vous. » Il n'a pas dit, qu'Allah l'agrée, que le Messager d'Allah ne l'a pas investi ni n'a investi sur lui. Puis considère un autre aspect : l'affaire d'Uthman et ce qui lui arriva à la fin de son règne, le rejet et l'opposition, au point que les esclaves, les femmes, les petits et les grands osèrent s'attaquer à lui. Quelqu'un parmi ses adversaires et ennemis lui a-t-il reproché de s'être assis à une place qui n'était pas la sienne ? Ils ont pourtant exagéré dans la diffamation contre lui, alors qu'il était appelé le calife faible. Comment donc le calife désigné par texte 130 ne s'est-il pas avancé pour prendre l'affaire de celui qui a été vaincu et assiégé ? Et plus étonnant encore : les Égyptiens vinrent à lui, qu'Allah l'agrée, après la mort d'Uthman, et dirent : « Tends ta main pour que nous te prêtions serment d'allégeance. » Il dit : « Cela ne vous revient pas ; cela revient aux Muhajirun et aux Ansar. Celui qu'ils désignent comme chef est le chef. » Considère combien il dit que cette affaire est celle des musulmans et qu'elle est par choix. Puis les Égyptiens s'éloignèrent de lui. Les Muhajirun et les Ansar vinrent à lui et dirent : « Tends tes mains pour que nous te prêtions serment d'allégeance. » Il leur dit : « Choisissez un autre que moi, prêtez-lui serment et je lui prêterai serment. Il vaut mieux que je sois pour vous un vizir plutôt qu'un chef. » Il les repoussa. Ils revinrent à la charge. Il leur dit : « Umar était un homme béni et il a fait de cela une consultation [shûrâ]. » Ils dirent : « Tu fais partie de la consultation et nous t'avons agréé. » Il dit : « Choisissez un autre que moi. » Il les repoussa. Ils revinrent. Il dit : « Vous savez que je vous écoute et que je suis obéissant à celui que vous établissez comme chef de votre affaire. » Ils dirent : « Nous t'avons agréé. » Il les repoussa, alla vers Talha et al-Zubayr et leur proposa [le califat], disant : « Celui de vous deux que je veux, je lui prête serment. » Ils dirent : « Non, les gens sont plus satisfaits de toi. » Ils allèrent et vinrent vers lui, tandis qu'il refusait et disait : « Choisissez un autre que moi. » On rapporte qu'ils vinrent à lui pendant huit jours après la mort d'Uthman, et certains disent [ ] jours, tandis qu'il disait : « Choisissez un autre que moi, je lui prêterai serment et vous lui prêterez serment. » Cela, alors qu'Abu Bakr, Umar et Uthman étaient morts, et qu'il n'y avait ni sultan ni calife. Où donc est ce que vous prétendez ? Puis, quand ils vinrent et insistèrent, il dit après avoir loué Allah, Le glorifié et prié : « Ô gens, les plus dignes de cette affaire sont les plus forts pour elle et les plus pieux envers Allah. Il n'est licite [de l'obtenir] qu'avec l'agrément des Muhajirun et des Ansar. Quand ils sont satisfaits, il n'y a pas de choix. Si quelqu'un sème la discorde, on lui demande de se repentir ; s'il refuse, on le combat jusqu'à ce qu'il revienne à l'ordre d'Allah. » Considère cette clarification et cette révélation : l'imamat est par choix, et il revient aux Muhajirun et aux Ansar. Ils dirent : « Nous te prêtons serment d'allégeance sur le Livre d'Allah et la Sunna de Son Messager. Si tu ne le fais pas, il n'y a pas de serment pour toi. » Il dit : « Oui. » Puis il leur fit un sermon après avoir loué Allah, Le glorifié et prié sur le Prophète, paix et salut sur lui, mentionnant les bienfaits d'Allah sur les créatures par le Messager d'Allah, paix et salut sur lui. Puis il dit : « Allah sait que j'étais réticent à prendre la charge de la communauté de Muhammad, paix et salut sur lui, jusqu'à ce que votre avis se soit réuni sur cela, car j'ai entendu le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, dire : « Tout gouverneur qui prend en charge l'affaire après moi sera placé sur le bord du Sirât 131 ; les anges déploieront son registre. S'il est juste, Allah le sauvera ensuite ; s'il est injuste, le Sirât le secouera d'une secousse telle que ses articulations se disloqueront, puis le Sirât le brûlera, et la première chose par laquelle il se protégera du Feu sera son nez et la chaleur de son visage. » Mais puisque votre avis s'est réuni, il ne m'était pas possible de vous abandonner. Je dis ce que vous entendez, et je demande pardon à Allah pour moi et pour vous. » Considère cela : il y a là une suffisance complète. Considère sa clarification que l'imam peut être injuste, commettre des erreurs et trébucher. Et son célèbre sermon en Irak, qu'il est impossible de réfuter : « Ô gens, quand le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, mourut, vous avez prêté serment à Abu Bakr, et j'ai prêté serment et j'ai été satisfait. Puis vous avez prêté serment à Umar, et j'ai prêté serment et j'ai été satisfait. Puis vous avez prêté serment à Uthman, et j'ai prêté serment et j'ai été satisfait. Quand Uthman mourut, vous vous êtes précipités sur moi comme se précipitent les chameaux assoiffés 132, vous avez tendu ma main, je l'ai retirée et j'ai dit : « Choisissez pour vous-mêmes. » Vous avez refusé autre chose que mon serment. Quand la foule devint nombreuse, que les comptes furent piétinés et que mon manteau fut déchiré, j'ai refusé autre chose que mon serment ne soit public et manifeste sur la chaire du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, et dans sa mosquée. Alors tous m'ont prêté serment, je n'ai vu aucun blâme. Quand vous m'avez chargé de cela, des parjures 133 parmi ceux qui m'avaient prêté serment ont violé leur serment, et des pervers 134 ont dévié. Je n'ai trouvé d'autre solution que de combattre celui qui a transgressé et de juger celui qui a enfreint selon le Livre d'Allah. Il n'est pas permis de contester l'imamat de celui pour qui l'imamat a été établi, sauf s'il est injuste dans son jugement, ou s'il néglige une peine légale, ou s'il est incapable de l'assumer. Par Allah, je n'ai négligé pour vous aucune peine légale, je n'ai été injuste envers vous dans aucun jugement, et je n'ai été incapable d'assumer l'imamat. Accordez-moi donc de votre part ce que vous avez accordé à ceux qui m'ont précédé : Abu Bakr, Umar et Uthman, qu'Allah leur fasse miséricorde. » Considère comment il mentionne le serment des califes avant lui et sa satisfaction à leur égard, et comment il les considère comme un consensus et une preuve pour la communauté, et comment il mentionne qu'il est devenu imam par leur serment, et que ce sont eux qui l'en ont chargé, et qu'il n'est pas permis de contester l'imamat de l'imam sauf s'il est injuste dans son jugement, ou s'il néglige une peine légale, ou s'il est incapable de l'assumer, et que cela est possible pour tout imam après le Messager d'Allah, paix et salut sur lui. Et lui, qu'Allah l'agrée, est le plus savant de lui-même, de sa religion et le plus juriste dans la religion d'Allah. Il convient donc de revenir à sa parole, non à la parole de ces gens. Et il a dit dans un sermon à Médine, ordonnant aux gens d'examiner ses actes et ses jugements : « Qu'Allah fasse miséricorde à un homme qui voit une vérité et y aide, qui voit une injustice et la repousse, et qui est un soutien pour la vérité contre ceux qui s'y opposent. » Et son fils al-Hasan, qu'Allah les agrée tous deux, a dit aux gens de Koufa lorsqu'il les a appelés à rejoindre son père : « Ô gens, le Commandeur des croyants dit : « Je suis sorti dans cette expédition, soit oppresseur, soit opprimé. Je rappelle à Allah tout homme qui a préservé le droit d'Allah, qu'il vienne. Si je suis opprimé, qu'il m'aide ; si je suis oppresseur, qu'il me reprenne. » » Et parmi ses discours à Bassora le jour du Chameau 135, après la fin de la guerre, il dit : « Où sont les morts ? » On dit : « Les tués autour du chameau. » Il se leva pour un sermon et dit après avoir loué Allah et L'avoir glorifié : « Le Messager est mort sans nous avoir fait de recommandation concernant le commandement, afin que nous suivions sa trace. Mais nous l'avons considérée de nous-mêmes. Si c'est une erreur, elle vient de nous et de Satan. Abu Bakr a désigné un successeur — qu'Allah fasse miséricorde à Abu Bakr — et il a été droit et a maintenu la droiture. Puis Umar a désigné un successeur — qu'Allah fasse miséricorde à Umar — et il a été droit et a maintenu la droiture. Puis la religion a été frappée par ses tempêtes. Allah fait miséricorde à qui Il veut et châtie qui Il veut. » Et la parole qu'il répétait, redisait, montrait et mentionnait aux jours de l'harmonie et de la droiture, et ce qui arriva ensuite comme dissension à la fin des jours d'Uthman : « Le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, nous a précédés, Abu Bakr a prié [sur lui], Umar a fait le troisième [dans la prière], puis une tentation nous a frappés, et ce qu'Allah a voulu 136 » — sa parole « ce qu'Allah a voulu » est une manière d'implorer le secours d'Allah, car Allah veut le triomphe de la vérité et ne veut pas le faux — c'est-à-dire : « Ô Allah, fais ce que Tu veux. » Al-Hasan al-Basri a dit à propos de ce qu'Allah a rapporté de l'un des deux hommes : « Si seulement, lorsque tu es entré dans ton jardin, tu avais dit : « Ce qu'Allah a voulu 137 » », c'est-à-dire ce qu'Allah a voulu comme action de grâce, louange et retour vers Lui. Quand le Commandeur des croyants eut terminé avec l'affaire de Bassora et apprit la rébellion de Mu'awiya et qu'il appela les gens à le combattre, Ibn al-Kawwa' et Qays ibn Abbad al-Yashkuri entrèrent chez lui, alors que ses compagnons étaient présents, et lui dirent : « Informe-nous de cette expédition que tu as menée, frappant les uns contre les autres pour que les gens discernent leurs affaires et que tu prennes le pouvoir sur eux. Est-ce une opinion que tu as eue lorsque la communauté s'est divisée et que l'appel s'est diversifié, et que tu t'es considéré comme le plus digne de cette affaire ? Si c'est une opinion que tu as eue, nous te répondrons à propos de ton opinion. Si c'est une recommandation que le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, t'a faite, alors tu es digne de confiance, crédible et sûr pour le Messager d'Allah dans ce que tu rapporte de lui. »

Ils dirent : Alors le Commandeur des croyants prononça la shahada (attestation de foi), loua Dieu et dit : « Par Dieu, je suis le premier à l’avoir cru, et je ne serai donc pas le premier à mentir sur lui. Quant à détenir un pacte du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), non, par Dieu ! Et s’il y avait eu un pacte du Messager de Dieu, je n’aurais pas laissé le frère de Taym ibn Murra (61) ni Ibn al-Khattâb sur son minbar, même si je n’avais agi qu’avec cette main. Mais votre Prophète est un Prophète de miséricorde : il n’a pas été tué par meurtre ni n’est mort subitement. Il fut malade des nuits et des jours. Bilâl venait à lui pour l’appeler à la prière, et il lui disait : “Va trouver Abû Bakr” — alors qu’il voyait ma place. Lorsque Dieu rappela Son Prophète (que la paix soit sur lui), nous avons examiné notre affaire. Or la prière est la plus grande [affaire] de l’islam et le pilier de la religion. Nous avons donc agréé pour notre vie d’ici-bas celui que le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) avait agréé pour notre religion. Nous avons donc confié nos affaires à Abû Bakr. Il s’établit parmi nous : la parole était unanime et l’ordre unifié. Aucun d’entre nous ne divergeait sur lui, nul parmi nous n’accusait son compagnon d’associationnisme (shirk) ni ne rompait avec lui par désaveu. Par Dieu, je prenais quand il me donnait, je menais des expéditions quand il m’y envoyait, et je frappais ces peines légales (hudûd) devant lui. Lorsqu’Abû Bakr mourut, il estima que ‘Umar était le plus fort d’entre nous pour cette charge et le plus apte à la porter. Il confia donc [le califat] à ‘Umar. ‘Umar s’établit parmi nous : la parole était unanime et l’ordre unifié. Aucun d’entre nous ne divergeait sur lui, nul parmi nous n’accusait son compagnon d’associationnisme. Par Dieu, je prenais quand il me donnait, je menais des expéditions quand il m’y envoyait, et je frappais ces peines légales devant lui. Lorsque la mort de ‘Umar fut proche, il estima que s’il désignait un successeur (khalîfa) et que ce successeur agissait selon son erreur, cela ne manquerait pas d’atteindre ‘Umar dans sa tombe. Il en écarta donc son enfant et sa famille, et la confia à six hommes (rahṭ) de Quraysh. Parmi nous se trouvait ‘Abd al-Raḥmân ibn ‘Awf, qui dit : “Voulez-vous que je renonce pour vous à ma part de cette affaire, à condition que je choisisse pour Dieu, pour Son Messager et pour les musulmans ?” Nous dîmes : “Oui.” Nous prîmes alors son engagement sur cela, et il prit notre engagement d’écouter et d’obéir à celui qu’il établirait sur notre affaire. Il frappa alors la main de ‘Uthmân. Je considérai alors ma situation : mon obéissance avait précédé mon allégeance (bay‘a), et mon engagement envers autrui pesait sur mon cou. Je rendis donc à ‘Uthmân son droit, et je frappais les peines légales devant lui. Lorsque ‘Uthmân (que Dieu lui fasse miséricorde) fut tué, je considérai : les deux califes (62) qui avaient reçu [le califat] du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) par le pacte de la prière étaient morts, sans laisser de pacte ; et le calife qui l’avait reçu par consultation (shûrâ) des musulmans avait été tué, sans laisser de pacte. Lorsqu’il fut tué, les gens de ces deux sanctuaires (al-ḥaramayn) — La Mecque et Médine — et les gens de ces deux métropoles (al-miṣrayn) — Basra et Kûfa — me prêtèrent allégeance. Mu‘âwiya vint alors me combattre avec les gens du Shâm, alors que j’avais plus de droit à l’affaire que lui : j’étais un émigré (muhâjir) et il était un bédouin (a‘râbî) ; j’étais un précurseur (sâbiq) et il était un affranchi (ṭalîq) ; j’avais la compagnie [du Prophète] (ṣuḥba). » Ils dirent : « Tu as dit vrai, tu as plus de droit que Mu‘âwiya. » Médite donc cette explication et cette mise au jour, et saisis-en le contenu. Si tu n’avais rien d’autre, cela suffirait amplement. Ils lui avaient seulement demandé s’il détenait à ce sujet un pacte du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) qui lui aurait été confié à lui seul, comme ‘Imrân ibn Ḥuṣayn et Abû al-Aswad al-Du’alî l’avaient demandé à ‘Â’isha, à Ṭalḥa et à al-Zubayr, chacun individuellement : « Détenez-vous le pacte du Messager de Dieu concernant sa marche ? » Tous dirent : « Non. » Si l’on dit : « Nous savons qu’il prenait quand on lui donnait, qu’il appliquait les peines légales devant eux et qu’il les assistait ; d’où tenons-nous qu’ils l’ont attaqué ? » Nous répondons : « Si nous n’avions d’autre information qu’ils l’ont attaqué que celle-ci, cela suffirait et serait amplement satisfaisant. » Il (que Dieu l’agrée) avait reproché à Mu‘âwiya son empiètement à l’époque de ‘Uthmân, et s’était montré sévère envers lui. Certains de ses compagnons lui conseillèrent : « Tu es le reste des gens, et tu as droit à l’obéissance. Confirme Ibn ‘Âmir (63), Mu‘âwiya et d’autres, afin qu’ils te prêtent allégeance pour les gens, apaisent le pays et le pacifient. » Il leur dit : « Par Dieu, même s’il ne restait qu’une heure du jour, j’y exercerais mon jugement (ra’y) et ne confierais [le pouvoir] ni à ceux-ci ni à leurs semblables. Par Dieu, je ne ferai pas de compromis dans ma religion et je ne livrerai pas le bas monde dans mon affaire. » Al-Mughîra était celui qui lui avait conseillé cela. Lorsque Ibn ‘Abbâs revint de La Mecque, le Commandeur des croyants le consulta : « Que penses-tu ? Al-Mughîra m’a conseillé de confirmer Mu‘âwiya. » Il dit : « Il t’a donné un bon conseil, ô Commandeur des croyants ; fais-le et accepte. » Il dit : « Par Dieu, je ne doute pas que cela soit meilleur dans l’immédiat pour ses tenants, mais quel droit et quelle connaissance m’obligent à ne confier [le pouvoir] à aucun d’eux ? S’ils acceptent, c’est mieux pour eux ; s’ils se détournent, je leur offrirai le sabre. Je n’ai à faire que l’effort (ijtihâd). » Ibn ‘Abbâs lui dit : « Laisse-moi le confirmer, puis je le destituerai sans diminution ni péché. » Il dit : « Je ne le ferai pas ; je ne prendrai jamais les égarés pour appuis. Je crains qu’il n’opprime un musulman ou un protégé (mu‘âhad), et que je ne le trouve dans mon registre. Je ne le confirmerai pas une seule heure. » Ibn ‘Abbâs insista : « Il n’opprimera pas. » Il dit : « Je n’associerai à mon dépôt (amâna) que celui que j’agrée. » Considère donc cette franchise dans la vérité en toutes ses affaires, pour connaître le mensonge de ceux qui l’accusent de craindre les créatures et disent qu’il protégeait sa personne par sa religion. Lorsqu’on lui parlait de dissimulation (mudârât) et qu’on le menaçait de division, il disait : « Me menacez-vous de la mort ? Par Dieu, peu m’importe que je tombe sur la mort ou que la mort tombe sur moi. » Il disait : « ‘Alî est plus familier avec la mort que l’enfant avec le sein de sa mère. » Depuis que Dieu lui a ordonné et interdit, il n’a jamais vu de blâmable (munkar) sans le repousser et le désapprouver, ni vu de bien (ma‘rûf) sans le consolider, le renforcer et le soutenir. Son extérieur était comme son intérieur, son secret comme son public. Il ne craignait pas les tyrans orgueilleux que les humains redoutent ; comment donc aurait-il craint Abû Bakr, ‘Umar et ‘Uthmân ? Il ne craignait pas leur autorité, même si elle était exercée sur un esclave, une femme ou un dhimmî (protégé), comme cela a été expliqué précédemment. Sache donc que son assistance, son soutien à leur autorité et son obéissance envers eux de leur vivant, ainsi que l’exécution de leurs recommandations après leur mort, étaient parce qu’ils étaient des imams de guidance. Il (que Dieu l’agrée) écrivit à Mu‘âwiya (65) : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De la part de ‘Abd Allâh ‘Alî, Commandeur des croyants, à Mu‘âwiya ibn Abî Sufyân. Ceci dit : Mon allégeance (bay‘a) à Médine t’engage, toi qui es au Shâm, car les gens qui ont prêté allégeance à Abû Bakr, ‘Umar et ‘Uthmân (que Dieu les agrée) m’ont prêté allégeance sur la même base. Il n’appartient donc ni au présent de choisir, ni à l’absent de rejeter. La consultation (shûrâ) appartient aux émigrés (muhâjirûn) et aux auxiliaires (anṣâr). Lorsqu’ils se mettent d’accord sur un homme et le nomment imam, cela est agréé de Dieu. Si quelqu’un sort de leur affaire, on le ramène à ce dont il est sorti ; s’il refuse, on le combat pour avoir cherché une autre voie que celle des croyants, et Dieu le prendra en charge de ce qu’il a choisi et le fera entrer en Enfer, quelle mauvaise destination ! Mu‘âwiya est donc entré dans ce dans quoi les musulmans sont entrés. Ce que j’aime le plus pour toi est le bien-être (‘âfiya), à moins que tu ne t’exposes à l’épreuve (balâ’). Si tu t’y exposes, je te combattrai et implorerai l’aide de Dieu contre toi. Tu as beaucoup parlé des meurtriers de ‘Uthmân (que Dieu lui fasse miséricorde). Entre donc dans ce dans quoi les gens sont entrés, puis porte le peuple devant moi, et je te chargerai, ainsi qu’eux, de la vérité et du Livre de Dieu. Quant à ce que tu veux, c’est une tromperie comme celle du petit enfant pour le lait. Par ma vie, si tu regardes avec ta raison sans ta passion, tu me trouveras le plus pur des Qurayshites quant au sang de ‘Uthmân (que Dieu l’agrée). Sache, ô Mu‘âwiya, que tu es parmi les affranchis (ṭulaqâ’) qui n’ont pas droit au califat et pour qui la consultation n’est pas envisagée. Jarîr ibn ‘Abd Allâh (66) est venu à toi et à ceux qui t’ont précédé ; il est un homme de foi et d’émigration (hijra). Prête donc allégeance. Il n’y a de force qu’en Dieu. » Considère donc : n’argumente-t-il que par le choix (ikhtiyâr), la consultation (shûrâ), le consensus (ijmâ‘) et la tradition des califes avant lui ? Ceux-ci sont pour lui une preuve et un modèle. Combien de fois dit-il et explique-t-il que l’imamat appartient aux émigrés et aux auxiliaires : celui à qui ils prêtent allégeance et pour qui ils concluent [le pacte] est imam. Il argumente donc que son obéissance est l’obéissance aux califes avant lui. Or, chez les imamites, la pratique religieuse par le choix, la consultation et l’imitation d’Abû Bakr et de ‘Uthmân est associationnisme (shirk) et mécréance (kufr). Pourtant, ils prétendent être les partisans (shî‘a) du Commandeur des croyants. As-tu jamais entendu chose plus étonnante ? Considère aussi sa franchise dans la vérité envers Mu‘âwiya, et son dire sur chaque homme ce qu’il mérite. Il lui dit : « Tu as manifesté la revendication du sang de ‘Uthmân, mais ce n’est ni ton intention ni ton but ; ton intention, ton but et ta conscience sont la royauté et le bas monde. Tu n’as pas de précédent (sâbiqa) dans la religion qui te rende admissible au califat. » Il (que Dieu l’agrée) ne redoutait le blâme d’aucun blâmeur et ne craignait aucune créature. Il disait : « Ô gens, ce qui a perdu ceux qui vous ont précédés, c’est la malice de leurs actions, lorsque les rabbins (rabbâniyyûn) et les docteurs (aḥbâr) ne les ont pas empêchés, n’ont pas ordonné le bien ni interdit le blâmable. Car cela n’avance ni ne retarde aucun bienfait. » Il disait : « Il n’y a de bien dans un peuple qui ne considère pas l’ordre du bien et l’interdiction du blâmable comme une obligation (farîḍa). Il n’y a de bien dans un peuple où les gens de désobéissance sont en sécurité et où l’on commet des péchés majeurs (kabâ’ir). » Il disait : « Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) m’a dit : “Les plus proches de moi parmi les martyrs et les meilleurs d’entre eux après Ḥamza et Ja‘far sont ceux qui se lèvent contre un imam injuste, lui ordonnent et l’interdisent, puis sont tués” (67). » Combien de lettres semblables adressa-t-il (que Dieu l’agrée) à Mu‘âwiya, louant les califes avant lui et blâmant Mu‘âwiya ! Combien de messagers lui envoya-t-il dans ce sens ! Il ne se satisfit pas de la simple désapprobation du blâmable (inkâr al-munkar) jusqu’à ce qu’il voyage vers ses gens après la correspondance et les affronte en personne. Il marcha donc vers Mu‘âwiya et campa à Ṣiffîn, restant près de deux mois sans combattre ni livrer bataille, établissant l’argument contre Mu‘âwiya, montrant son innocence du sang de ‘Uthmân et de son abandon, affirmant qu’il avait offert son soutien à ‘Uthmân, mais que ‘Uthmân l’avait refusé et avait répugné au combat, et qu’il avait souhaité que les gens se détournent de lui en étant satisfaits sans combat. Il affirma qu’il n’avait pas pensé, et que ‘Uthmân n’avait pas pensé, qu’il serait tué, mais que les gens l’avaient assassiné, escaladé et tué de nuit. Il prit à témoin les émigrés et les auxiliaires, puis jura après cela : « Par Dieu, je n’ai pas tué ‘Uthmân, ni participé à son meurtre, ni agréé, ni désiré [cela]. » Il maudit les meurtriers de ‘Uthmân et dit : « Ô Dieu, maudis les meurtriers de ‘Uthmân, de nuit et de jour, sur terre et sur mer. » Il levait les mains pour cela jusqu’à ce que l’on voie ce qui était sous ses épaules. Il fit de même à Basra. Mu‘âwiya dit : « Nous le croyons, mais dans son camp se trouvent des ennemis (shunât) de ‘Uthmân et ses agresseurs (ghuzât) ; qu’il nous les livre. » Jusqu’à ce que les gens du Shâm disent : « Laisse Mu‘âwiya à la charge (wilâya) ; il t’écoutera et t’obéira. » Il dit : « Je ne le ferai pas. » Ils le lui demandèrent, mais il ne répondit pas. Une délégation des gens du Shâm vint à lui, parmi lesquels un homme appelé Ḥawshab Dhû Ẓulaym, qui avait de l’importance et de la notoriété. Il se leva et dit : « Ne vois-tu pas, ô ‘Alî, que Dieu t’a accordé une belle part ? Prends-la avec gratitude. Tu as un rang (qadam) dans l’islam, un précédent (sâbiqa), une parenté avec le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), une alliance (ṣihr), une expérience et un âge. Si tu es anéanti demain parmi nous, ce sera la ruine des Arabes et la perte des inviolabilités (ḥurumât). Mais retourne bien guidé (râshid), laisse-nous entre nous et notre Shâm, épargne nos sangs et ceux de tes compagnons. » Il (que Dieu l’agrée) lui dit : « Tu n’as pas manqué de conseil selon ton effort. Si je savais que cela fût licite dans ma religion, je t’aurais répondu, et cela m’eût été plus facile que la charge. Mais Dieu n’a pas agréé, pour les gens du Coran, que l’on commette des désobéissances à Dieu dans les régions de la terre tandis qu’ils se taisent, sans ordonner le bien ni interdire le blâmable. Sache, ô Ḥawshab, que j’ai retourné l’affaire sur le dos et le ventre, le nez et l’œil, au point qu’elle m’a privé du sommeil de la nuit. Je n’ai trouvé qu’il me fût licite que de les combattre ou de mécroire en ce qu’a apporté Muḥammad (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Traiter le combat était donc plus facile que traiter les chaînes, et les charges du bas monde m’étaient plus légères que le Feu. »

Médite donc sur ce que cette parole contient comme lumières et preuves témoignant de la fausseté des prétentions de ces gens. Ils ont en effet prétendu qu'il 138 est resté vingt-cinq ans avec Abû Bakr, 'Umar et 'Uthmân, alors qu'ils avaient mécru et apostasié, sans qu'il ne leur fît aucun reproche, mais qu'il était plutôt leur plus grand soutien. Or, il tient ce propos. Ses compagnons disaient aux gens du Shâm 139 – comme 'Ammâr ibn Yâsir, Qays ibn Sa'd, Shurayh ibn Hâni', 'Adî ibn Hâtim, Sa'sa'a ibn Sûhân et al-Ashtar – : « Quand 'Alî triomphera, il agira envers vous selon la conduite d'Abû Bakr et de 'Umar, tandis que Mu'âwiya ne fera pas cela, il ne recherche que le monde présent et convoite les biens d'ici-bas. Notre compagnon, lui, était considéré auprès d'Abû Bakr et de 'Umar, et ils s'en remettaient à son avis. » Et ils disaient : « Notre compagnon est parmi les combattants de Badr 140 et les émigrés 141, tandis que votre compagnon ne l'est pas. » Regarde donc par quoi ils le louent et par quoi ils argumentent en sa faveur, afin que tu reconnaisses la fausseté des prétentions de ces gens. Ils disent en effet : « La preuve de son imamat 142 est la désignation textuelle 143 du Prophète en sa faveur, et les miracles qui se sont manifestés par lui après la mort du Prophète, paix et salut sur lui. » Or, lui – que Dieu l'agrée – ne les mentionne pas, ne les utilise pas comme argument, ne les connaît pas, et personne parmi ses enfants, sa famille et ses partisans à son époque ne les connaît non plus. Lorsque les gens du Shâm élevèrent les exemplaires du Coran et dirent : « Entre nous et vous, c'est ce qu'a apporté le Messager de Dieu, paix et salut sur lui. Renvoyez-nous à lui, nous l'avons accepté. Voici le Livre de Dieu », ni lui ni ses compagnons ne leur dirent : « Le Messager de Dieu m'a désigné textuellement et a dit : 'Celui dont je suis le maître, 'Alî est son maître.' Ceci est une désignation textuelle, ou son interprétation est la désignation textuelle, ou son sens est la désignation textuelle, ou tel verset, ou tel hadith. » Ni lui ni ses partisans, qui furent tués devant lui, n'ont utilisé contre eux quoi que ce soit de ce que ces gens mentionnent. Lorsque ses compagnons lui dirent : « Tu as faibli et tu t'es apaisé en toi-même jusqu'à soumettre ton affaire à des hommes 144. Quel besoin avais-tu de cela, alors que les émigrés et les auxiliaires 145 t'ont prêté serment d'allégeance ? Nous n'avons pas plus besoin que toi d'un imam comme 'Umar, qui nous gouverne et te gouverne. Tu as mécru par ce que tu as fait. » Ni lui ni ceux qui argumentaient en sa faveur, comme Ibn 'Abbâs et Sa'sa'a, n'ont utilisé contre eux l'argument qu'il était infaillible 146, qu'il ne commettait ni erreur ni péché, et que le Prophète, paix et salut sur lui, l'avait désigné textuellement et qu'ils avaient vu les miracles ou en avaient entendu parler. Il n'a utilisé contre eux que ce qui a été mentionné précédemment en toute occasion et en toute circonstance. Il disait : « Par Dieu, celle-ci teindra celle-là », en désignant sa barbe et sa tête. Ses compagnons lui disaient : « Si nous avions su cela, nous aurions agi en conséquence 147. » Il disait : « Comment le tueriez-vous alors qu'il ne m'a pas tué ? » Ils disaient : « Ô Commandeur des croyants, fais une recommandation et désigne un successeur. » Il disait : « Le Messager de Dieu n'a pas fait de recommandation, donc je n'en fais pas ; le Messager de Dieu, paix et salut sur lui, n'a pas désigné de successeur, donc je n'en désigne pas. » Ils insistaient, mais il leur répondait de la même manière, puis disait : « Si je ne désigne personne, j'abandonne [la communauté] à quelqu'un de meilleur que moi ; si je désigne un successeur, je désigne quelqu'un de meilleur que moi. » Lorsque l'infâme Ibn Muljam le frappa, ils entrèrent chez lui et dirent : « Désigne un successeur. » Il dit : « Non. Nous sommes entrés chez le Messager de Dieu, paix et salut sur lui, et nous avons dit : 'Ô Messager de Dieu, désigne un successeur.' Il a dit : 'Non, je crains que vous ne vous divisiez à son sujet comme les enfants d'Israël se sont divisés au sujet d'Aaron. Mais si Dieu voit dans vos cœurs un bien, Il vous le choisira.' Le Commandeur des croyants dit : 'Dieu a vu dans nos cœurs un bien et nous a choisi Abû Bakr.' Puis il se tourna vers Sa'sa'a ibn Sûhân, qui était parmi l'assistance, et dit : 'Mais toi, ô Sa'sa'a, si Dieu voit dans vos cœurs un bien, Il vous le choisira.' Ils le laissèrent, puis revinrent à la charge, mais il ne fit rien. Ils lui demandèrent de leur indiquer quelqu'un, mais il ne le fit pas. Ils lui dirent : 'Si nous te perdons, ô Commandeur des croyants, nous ne voulons pas te perdre sans avoir prêté serment à al-Hasan.' Il dit : 'Je ne vous ordonne ni ne vous interdis.' Ils répétèrent la demande, et il dit : 'De même, vous êtes plus avisés.' Ce fut leur dernière entrevue avec lui. Il mourut – que la prière de Dieu soit sur lui – et il ne dit rien d'autre que cela. S'ils disent : « Nous n'acceptons pas ces récits », nous disons : Si vous disiez que ce qui s'est passé entre lui et al-'Abbâs n'a pas eu lieu, que ce que nous avons mentionné des auxiliaires à la Saqîfa 148 n'a pas eu lieu, que ce que nous avons dit d'Abû Bakr et des Compagnons concernant la désignation de 'Umar comme successeur n'a pas eu lieu, que 'Alî n'a pas participé à la consultation 149, qu'il n'a pas prié derrière Suhayb, qu'il ne s'est pas soumis à 'Abd al-Rahmân, qu'il n'a pas demandé au peuple que 'Umar désigne un successeur, qu'il n'a pas dit « Si je désigne un successeur, je désigne quelqu'un de meilleur que moi ; si je ne désigne personne, j'abandonne à quelqu'un de meilleur que moi », et même que 'Umar n'a jamais institué de consultation, tout cela serait un mensonge. Nous n'aurions à ce sujet que ce que nous avons concernant votre déni de ce qui s'est passé de la part du Commandeur des croyants. De même, si vous disiez que Mu'âwiya n'a pas écrit de lettres, qu'il n'a pas élevé les exemplaires du Coran, et que ce que nous avons mentionné entre le Commandeur des croyants et ses compagnons devenus kharijites 150 n'a pas eu lieu, mais si vous reconnaissiez cela, votre doctrine serait anéantie. Si vous étiez équitables, vous l'abandonneriez et adopteriez les doctrines du Commandeur des croyants, qui sont celles que nous avons mentionnées. Vous ne faites que nier ce qui a eu lieu et prétendre ce qui n'a pas eu lieu, et si cela avait un fondement, la connaissance en aurait triomphé. Dans le peu que j'ai écrit, il y a une preuve de la fausseté de leurs prétentions. Je ne t'ai mentionné cela en cet endroit que parce que tu l'as demandé et que tu as mentionné ton besoin. Les imamites 151 interrogent souvent sur ce qui s'est passé de la part de 'Uthmân concernant la nomination de ses proches et autres choses, ainsi que sur la marche de Talha, al-Zubayr et 'Â'isha vers Bassora. Cela n'est dû qu'à leur faiblesse et à leur impuissance, car si 'Uthmân n'avait pas nommé ses proches et n'avait pas fait ce qu'il a fait, il serait à leurs yeux un mécréant et un associateur 152 pour avoir revendiqué l'imamat pour lui-même, pour Abû Bakr et pour 'Umar. Et si Talha, al-Zubayr et 'Â'isha avaient été dans le camp du Commandeur des croyants et parmi ceux qui combattaient avec lui, ils n'auraient été que des associateurs en raison de leur croyance en l'imamat d'Abû Bakr, de 'Umar et de 'Uthmân. Le discours des imamites à ce sujet est comme si l'on parlait aux Juifs de l'obligation de l'intention 153 dans la purification, ou aux Chrétiens de la licéité du vin pour eux. On ne parle de cela qu'à celui qui dit : « 'Uthmân n'a de péché que ce qu'il a commis concernant la fièvre et la nomination de ses proches ; sans cela, il aurait été comme 'Umar. » Et à celui qui dit : « Talha, al-Zubayr et 'Â'isha n'ont de péché que leur marche vers Bassora ; sans cela, ils auraient été comme Abû 'Ubayda, 'Abd al-Rahmân et Ibn Mas'ûd. » Reconnais cela et ne les interroge jamais à ce sujet. Interroge-les plutôt sur ce qu'ils prétendent concernant la désignation textuelle, car c'est le fondement. Quant à Talha, al-Zubayr et 'Â'isha, ils nous ont salués parce qu'ils ont salué le Commandeur des croyants. Nous les prenons pour alliés 154 et les déclarons purs 155 parce qu'il les a déclarés purs, a pris alliance avec eux, les a loués et a imploré la miséricorde sur eux après ce qui s'est passé à Bassora et après leur mort. Si nous les prenions pour ennemis, nous l'aurions contredit, nous aurions suivi une autre conduite que la sienne et emprunté un autre chemin que le sien. Or, nous ne voyons pas de contradiction avec lui. Il est notre imam, notre maître et notre modèle. Son apparent est comme son caché, et son secret comme son public. Ceci est un discours adressé aux kharijites. On leur dit : « 'Alî ibn Abî Tâlib est un imam de guidance. Vous vous êtes désolidarisés de lui et avez prétendu qu'il a mécru par l'arbitrage 156, alors qu'avant cela il était agréé. Or, il a déclaré purs ceux-ci avant l'arbitrage. Il vous incombe donc de suivre son exemple. » S'ils disent : « Quand cela a-t-il eu lieu de sa part ? » Nous disons : « Il inspectait les tués après la fin de la guerre. Il passa près de Talha, qui gisait à terre. Il descendit, prit sa tête sur ses genoux, essuya la poussière de son visage et dit : 'Que Dieu te fasse miséricorde, ô Abû Muhammad. Il m'est pénible de te voir tué sous les étoiles du ciel et dans les vallées de la terre.' Puis il récita : 'C'était un jeune homme que l'aisance rapprochait de son ami, quand il était riche, et que la pauvreté éloignait.' Il ordonna de rassembler les tués, pria sur eux et ordonna de les enterrer. Le fils de Talha entra chez lui ; il l'accueillit et le rapprocha, et lui dit : 'Ô fils de mon frère, prends ma lettre pour Qaraza ibn Ka'b al-Ansârî afin qu'il vous restitue vos biens et ce qui en a été pris. Je ne t'ai pas ordonné d'y mettre la main ; j'ai seulement voulu les saisir pour empêcher les mains des insensés de s'y étendre et pour les préserver pour vous. Ô fils de mon frère, étends-toi dans le besoin que vous avez, car j'espère que moi, Talha et al-Zubayr serons de ceux dont Dieu a dit : « Nous avons arraché ce qu'il y avait dans leurs poitrines de rancune, frères, sur des lits, se faisant face. » 157' Lorsqu'on lui dit – que Dieu l'agrée – : « Al-Zubayr a été tué à la porte et demande à entrer », lui et ses enfants furent bouleversés de chagrin pour lui et refusant sa mort. Ce fut pour eux un deuil et une grande affliction. Il dit : « Comment a-t-il été tué, alors qu'il n'est pas de ses pairs ? » On dit : « Un homme l'a attaqué par traîtrise alors qu'il avait son épée. » Il dit : « Prenez l'épée et annoncez-lui le Feu. » On prit l'épée. Le Commandeur des croyants ne cessa de retourner l'épée en disant : « Combien de détresses l'épée de cet homme a-t-elle dissipées du visage du Messager de Dieu, paix et salut sur lui ! » Mais il ne l'autorisa pas à entrer chez lui. Puis, plus tard, il entra avec les gens et dit : « Nous sommes les gens de l'épreuve, pourquoi nous repoussez-vous ? » Il dit : « Qui es-tu ? » Il dit : « Le meurtrier d'al-Zubayr. » Le Commandeur des croyants dit : « Que la pierre soit dans ta bouche ! Que la pierre soit dans ta bouche ! Que le meurtrier d'al-Zubayr entre au Feu ! J'ai entendu le Messager de Dieu, paix et salut sur lui, dire : 'Pour chaque prophète, il y a un apôtre 158, et mon apôtre est al-Zubayr.' Et je l'ai entendu dire : 'Al-Zubayr est au Paradis, et Talha est au Paradis.' » Ibn Jarmûz dit : « Je ne l'ai tué que pour chercher la faveur auprès de 'Alî, et il m'annonce le Feu ! » Il regretta de l'avoir tué et se mit à nier l'avoir tué. Il équipa 'Â'isha de tout ce dont elle avait besoin, l'accompagna avec ses enfants et dit à son frère et à ceux qui sortirent avec elle : « Faites-lui parvenir [mes salutations]. » Il recommanda de la traiter avec honneur. Il lui disait : « Ô ma mère ! » Alors que la Mère des croyants était en voyage, il dit : « Que celui qui veut voyager avec elle, parmi ceux qui sont venus avec elle, voyage. » Il dit : « Ô gens, elle est votre mère et l'épouse de votre Prophète en ce monde et son épouse au Paradis. » Il la ramena à la garde de la tombe du Messager de Dieu et à sa maison, et lui donna ce que les califes avant lui lui donnaient. Il n'est pas permis qu'une femme que ces gens prétendent mécréante soit ramenée par le Commandeur des croyants à la tombe du Messager de Dieu, paix et salut sur lui, et reçoive ce que reçoivent les Mères des croyants, surtout alors que Médine est sous son pouvoir et son autorité, avec ses gouverneurs, et qu'il n'a nul besoin de dissimulation ou de flatterie envers elle après l'avoir combattue, comme il le faisait, selon leur prétention, avec les califes précédents. Combien de fois lui rendit-il visite, lui et ses enfants, Ibn 'Abbâs et 'Abd Allâh ibn Ja'far, s'asseyant auprès d'elle et la vénérant ! Elle implora le pardon et le Commandeur des croyants implora le pardon pour elle. 'Ammâr ibn Yâsir entendit un homme l'injurier alors que la guerre faisait rage ; il lui dit : « Tais-toi, maudit et aboyé ! Par Dieu, nous la combattons tout en sachant qu'elle est l'épouse de votre Prophète et qu'elle est avec lui au Paradis. Mais Dieu nous a éprouvés par elle pour savoir si nous Lui obéissons ou à elle. » Décrire l'honneur qu'il lui rendit, ainsi que ses enfants, alors qu'ils étaient à Bassora, serait trop long. Elle maudissait ses compagnons qui avaient apostasié après lui, le maudissaient et étaient devenus kharijites, et elle se désolidarisait d'eux. Elle rapportait du Messager de Dieu, paix et salut sur lui, qu'il les approuvait et les égarait. Elle disait : « On leur a ordonné de demander pardon pour les compagnons de Muhammad, mais ils les ont insultés. » Elle les appelait « les chiens du Feu ». Lorsque la mort de 'Alî lui parvint, elle dit : « Nous sommes à Dieu et à Lui nous retournons. Par Dieu, est parti celui que ni le roi n'a rendu insensé ni le monde n'a séduit. Que les Arabes fassent ce qu'ils veulent, car après Ibn Abî Tâlib, il ne reste personne pour les retenir ou les réprimer. » Puis elle récita : « Elle a jeté son bâton et s'est installée 159, le voyage a pris fin, comme le voyageur se réjouit de son retour. » Combien de fois a-t-elle critiqué Mu'âwiya et l'a-t-elle confronté en l'accusant d'erreur lorsqu'il vint à Médine et entra chez elle, jusqu'à ce qu'elle le couvre de honte, alors qu'il était un tyran 160 et avait triomphé ! Combien de fois son frère 'Abd al-Rahmân fit-il de même avec lui, ce qui serait trop long à décrire. Ces récits ne sont rejetés que par un obstiné ou par celui qui dit qu'il la maudissait comme il maudissait Mu'âwiya et ne l'a pas ramenée à Médine. Celui qui dit cela a commis une calomnie sans recours.

Et les imamites disent : « Il a fait cela 161, mais par égard pour les bonnes relations et par générosité et faveur. » On leur répondit : « Il est, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, d'une dignité trop élevée et d'une piété trop intense pour faire revenir une femme mécréante ou perverse à la tombe du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et lui permettre d'y accéder, et lui donner ce qu'il donne aux Mères des croyants 162, et l'appeler Mère des croyants, et témoigner en sa faveur de ce que nous avons dit, et implorer la miséricorde pour deux mécréants, et restituer les biens et témoigner pour eux deux du Paradis. Cela n'est pas licite dans la religion d'Allah, et quelqu'un comme lui, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, ne le ferait en aucune manière. Sa parole : “Annonce au meurtrier du fils de Safiyya le Feu” et sa parole : “Que le meurtrier d'az-Zubayr entre dans le Feu” sont sur le mode de la déclaration d'innocence 163 pour lui, comme la parole du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : “'Ammar sera tué par le groupe rebelle” sur le mode de la déclaration d'innocence pour 'Ammar. » S'ils disent : « Pourquoi n'a-t-il pas tué le meurtrier d'az-Zubayr ? » Nous répondons : « Cela ne lui appartenait pas, mais c'était au fils d'az-Zubayr. S'ils veulent, ils tuent, et s'ils veulent, ils pardonnent. » Parmi les choses étonnantes, 'Abd Allah ibn az-Zubayr se leva après Mu'awiya et appela à lui-même pour le commandement des croyants, et domina la terre pendant sept ans, à l'exception de la province de Palestine, et ses gouverneurs se répandirent dans les provinces. 'Amr ibn Jarmuz était vivant à Bassora, et ils ne s'en prirent pas à lui. On lut le registre des habitants de Bassora devant Mus'ab ibn az-Zubayr à Bassora ; le secrétaire lut : 'Amr ibn Jarmuz. Quelqu'un dit à Mus'ab : « Qu'Allah redresse l'émir ! 'Amr ibn Jarmuz a erré sur la terre et voyagé dans les pays. » Mus'ab dit : « Ibn Jarmuz pense-t-il que je le mettrai à mort pour Abu 'Abd Allah ? Qu'ibn Jarmuz se montre en sécurité et qu'il prenne notre don en tant que musulman. » Il se montra, prit, fut en sécurité, et les descendants d'az-Zubayr s'abstinrent de le tuer, alors qu'ils en avaient le droit, et cela leur revenait. Comment un homme sensé pourrait-il s'étonner du pardon du Commandeur des croyants 164 à son égard, alors que le talion ne lui appartenait pas ? ' Amr ibn Jarmuz, après ce qu'il entendit du Commandeur des croyants, fut très repentant de son meurtre, multipliant les demandes de pardon, très craintif. Il survécut après la disparition des derniers descendants d'az-Zubayr et le transfert du royaume à 'Abd al-Malik. Al-Hajjaj lui disait : « C'est toi qui as tué az-Zubayr ? » — à cause de l'intense hostilité d'al-Hajjaj et des Banu Umayya envers les descendants d'az-Zubayr. Ibn Jarmuz répondait : « Je n'ai tué personne. » Al-Hajjaj lui disait : « Qu'as-tu à craindre en le tuant ? Sa mort est meilleure pour toi qu'une rétribution et une disposition de bonnes actions. » Al-Hajjaj l'encourageait à se détourner du chagrin et du repentir par ce que le Commandeur des croyants lui avait dit concernant son entrée dans le Feu pour avoir tué az-Zubayr, afin que tu saches, qu'Allah te fasse miséricorde, la notoriété du désaveu du Commandeur des croyants envers celui qui reconnaissait avoir tué az-Zubayr. Mais l'affaire s'est prolongée et le chercheur réfléchi s'est fait rare. Si l'on dit : « Qu'en est-il de ces sangs qui furent versés entre eux le jour du Chameau 165 ? » On lui répond : « Le Commandeur des croyants, qu'Allah soit satisfait de lui, était plus savant que cela, plus conforme dans la religion et plus intense dans la piété, et il n'aurait pas dit à propos de ceux-ci et d'autres ce qui n'est pas licite ni permis dans la religion. Son jugement nous dispense de chercher et d'enquêter, bien que les savants aient mentionné l'accord de l'avis du Commandeur des croyants, de Talha, d'az-Zubayr et de 'A'isha sur la réconciliation, la cessation de la guerre et l'examen de l'affaire, et que ceux qui étaient dans le camp des ennemis de 'Uthman désapprouvèrent cela, craignant que la communauté ne se tourne contre eux, et dirent : “Occupons-les d'eux-mêmes.” Ils manigancèrent alors pour déclencher la guerre entre eux, comme cela est rapporté, et ils réussirent. Tu n'as pas besoin ici de le mentionner. Les actes du Commandeur des croyants te suffisent. Si tu le veux, tu le trouveras dans les livres des savants 166. »


  1. al-Sawad : Terme désignant les terres agricoles de l’Irak, conquises sous Omar, dont le statut juridique fut débattu.
  2. al-Hima : Réserve pastorale pour les chameaux de l’aumône, établie par Othman, contestée par certains Compagnons.
  3. al-Rafd : Littéralement « rejet » ; désigne le rejet des premiers califes, caractéristique du chiisme imamite.
  4. Omar ibn Ziyad al-Haddad, Abou al-Warraq, etc. : Auteurs hétérodoxes accusés d’avoir critiqué les prophètes et les Compagnons.
  5. Rafidites : Terme polémique désignant les chiites imamites, accusés de rejeter les premiers califes.
  6. Kharijites : Secte dissidente ayant combattu Ali après l’arbitrage de Siffin, et qui finit par l’assassiner.
  7. al-Shura : Conseil de six Compagnons désigné par Omar pour lui succéder, auquel Ali participa.
  8. Hisham ibn al-Hakam : Théologien chiite du IIe/VIIIe siècle, considéré comme un fondateur de l’imamologie.
  9. al-Mawasim : Les saisons des pèlerinages et des foires où le Prophète prêchait aux tribus arabes.
  10. Coran 41:26 : Parole des mécréants quraychites : « N’écoutez pas ce Coran et faites du bruit pendant sa récitation, peut-être serez-vous vainqueurs. »
  11. al-Siddîq : Surnom d'Abû Bakr signifiant 'le Véridique', donné par le Prophète.
  12. jizya : Impôt de capitation payé par les non-musulmans (dhimmîs) en échange de la protection de l'État islamique.
  13. Tabûk : Expédition militaire menée par le Prophète en l'an 9 de l'Hégire contre les Byzantins, sans combat effectif.
  14. Coran 46:9 : Parole du Prophète rapportée dans le Coran, utilisée par les détracteurs pour semer le doute.
  15. Coran 10:94 : Verset adressé au Prophète, interprété par certains comme une incitation au doute.
  16. Râfidites : Terme péjoratif désignant les chiites qui 'rejettent' la légitimité des premiers califes.
  17. al-Muhsin : Fils de Fâtima et ‘Alî, dont la mort prématurée est attribuée par certains à une agression.
  18. textes : Allusion aux hadiths chiites sur la désignation explicite de ‘Alî comme successeur par le Prophète.
  19. Minâ : Lieu près de La Mecque où les pèlerins accomplissent certains rites.
  20. rak‘a : Unité de prière islamique comprenant des inclinaisons et des prosternations.
  21. tamattu‘ : Type de pèlerinage combinant la ‘umra et le hajj avec une rupture d'ihrâm entre les deux.
  22. ‘umra : Petit pèlerinage à La Mecque, pouvant être effectué à tout moment de l'année.
  23. Ibn Abî Quhâfa : Abû Bakr, dont le père s'appelait ‘Uthmân surnommé Abû Quhâfa.
  24. Ibn al-Khattâb : ‘Umar ibn al-Khattâb, deuxième calife.
  25. Marwân, al-Walîd, Sa‘îd : Marwân ibn al-Hakam, al-Walîd ibn ‘Uqba et Sa‘îd ibn al-‘Âs, tous trois des proches de ‘Uthmân qu’il avait nommés à des postes importants, critiqués pour leur népotisme.
  26. chemin que le Messager de Dieu aimait emprunter : Allusion à la pratique du Prophète, que ‘Uthmân aurait délaissée selon Umm Salama.
  27. ils ont bien mené l’affaire et n’ont pas été injustes : Référence à Abû Bakr et ‘Umar, loués pour leur justice.
  28. réponse bien connue : La réponse de ‘Uthmân à Umm Salama, où il justifie ses actions.
  29. réserve : Al-ḥimā : pâturage réservé au bétail de l’État, que ‘Uthmân avait étendu, ce qui fut critiqué.
  30. joueurs de pigeons et tireurs à l’arc : Pratiques de loisir jugées futiles ou immorales, que ‘Uthmân aurait exilées.
  31. effort d’interprétation : Ijtihād : effort de réflexion personnelle pour déduire une règle juridique en l’absence de texte clair.
  32. al-Hakam : Allusion à l’arbitrage entre ‘Alî et Mu‘âwiya après la bataille de Siffîn, refusé par les Kharijites.
  33. enceinte sacrée : Al-ḥaram : territoire sacré de La Mecque où la chasse est interdite.
  34. Que deux hommes justes parmi vous en jugent : Coran, Sourate al-Mâ’ida (5), verset 95, à propos de l’expiation pour avoir tué du gibier en état de sacralisation.
  35. femme veuve sous protection : Dhimmiyya : femme non-musulmane vivant sous la protection de l’État islamique.
  36. imamites et rafidites : Termes polémiques désignant les chiites duodécimains, accusés de rejeter les premiers califes.
  37. ar-Rabadha et Dhî l-Qissa : Localités près de Médine, lieux d’expéditions militaires sous Abû Bakr.
  38. pont de Mihrân : Bataille du pont (Jisr) en 634, où les musulmans furent défaits par les Perses.
  39. faire sortir les musulmans de leurs foyers : Conseil de ‘Alî à ‘Umar de ne pas évacuer les territoires conquis face à la menace perse.
  40. deux sanctuaires : La Mecque et Médine.
  41. dawāwīn : Registres officiels où étaient inscrits les noms des bénéficiaires des allocations (ʿaṭāʾ) de l'État islamique.
  42. shūrā : Conseil de consultation institué par ʿUmar pour désigner son successeur, composé de six Compagnons.
  43. al-Mānawiyya : Manichéens, adeptes du manichéisme, religion dualiste fondée par Mani.
  44. al-Rāfiḍa : Terme péjoratif désignant les chiites qui « rejettent » la légitimité des trois premiers califes.
  45. al-ḥujja : Preuve ou argument divin ; dans le chiisme, désigne l'imam infaillible comme preuve de Dieu sur terre.
  46. al-Kāmiliyya : Secte chiite extrémiste (ghulāt) qui divinisait ʿAlī et considérait Abū Bakr et ʿUmar comme mécréants.
  47. al-Hishāmiyya : Secte chiite modérée, disciples de Hishām ibn al-Ḥakam, qui reconnaissaient la légitimité d'Abū Bakr et ʿUmar tout en privilégiant ʿAlī.
  48. al-naṣṣ : Désignation explicite par le Prophète, concept central du chiisme pour la succession de ʿAlī.
  49. al-Rāwandiyya : Secte chiite extrémiste qui prônait la supériorité d'al-ʿAbbās, oncle du Prophète, et de ses descendants.
  50. taqiyya : Dissimulation de sa foi en cas de danger, pratiquée notamment par les chiites.
  51. dhimmī : Non-musulman protégé vivant en terre d'Islam, soumis à un statut particulier.
  52. Usāma : Usāma ibn Zayd, jeune Compagnon à qui le Prophète confia le commandement d'une expédition contre les Romains peu avant sa mort.
  53. dīnayn : Deux religions ; le Prophète aurait ordonné d'expulser les non-musulmans de la péninsule arabique pour n'y laisser qu'une seule religion, l'islam.
  54. lā ṭāʿata li-makhlūqin fī maʿṣiyati al-khāliq : Hadith célèbre : « Nulle obéissance à une créature dans la désobéissance au Créateur », principe de l'obéissance conditionnelle aux autorités.
  55. al-walad li-l-firāsh : Principe juridique : l'enfant appartient au lit (mariage), c'est-à-dire que la filiation légitime suit le mariage.
  56. al-ḥajar : La pierre ; expression « la pierre au fornicateur » signifie que le fornicateur n'a aucun droit sur l'enfant.
  57. bāṭin : Sens ésotérique, caché, par opposition au sens exotérique (ẓāhir) ; concept utilisé par les soufis et les chiites.
  58. ahl al-tanāsukh : Partisans de la métempsychose (transmigration des âmes), doctrine rejetée par l'islam orthodoxe.
  59. Abū al-ʿAlāʾ ibn al-Ḥaḍramī : Compagnon envoyé par le Prophète comme gouverneur du Bahreïn.
  60. khalī‘ muḥāwalatayhi : Expression signifiant littéralement 'dépouillé de ses deux tentatives', interprétée comme une formule de destitution et de rejet.
  61. naṣṣ : Désignation explicite par un texte (coranique ou prophétique) d'un successeur, en particulier pour le califat.
  62. naṣṣa : A désigné par un texte explicite.
  63. ḥujja : Argument, preuve ; dans le contexte chiite, désigne l'imam comme preuve de Dieu sur les créatures.
  64. istakhlafanī : Il m'a nommé successeur (khalīfa).
  65. mawlā : Terme polysémique : maître, allié, protecteur, affranchi. Dans le célèbre hadith, son interprétation est disputée entre sunnites (amitié, soutien) et chiites (autorité, succession).
  66. Saqīfa : Lieu de réunion des Ansâr à Médine après la mort du Prophète, où Abou Bakr fut élu calife.
  67. shūrā : Consultation ; désigne le conseil de six compagnons désigné par Omar pour lui succéder.
  68. al-Sha‘bī, ‘Abd al-Razzāq : Deux érudits musulmans des premiers siècles : al-Sha‘bī (m. 723) et ‘Abd al-Razzāq al-San‘ānī (m. 827).
  69. qibla : Direction de la prière vers La Mecque.
  70. jayš Usāma : Expédition militaire commandée par Oussama ibn Zayd, ordonnée par le Prophète peu avant sa mort.
  71. ghār : La grotte de Thawr où le Prophète et Abou Bakr se cachèrent lors de l'émigration.
  72. ‘arīš : Abri ou hutte où le Prophète se tenait pendant la bataille de Badr.
  73. bay‘at al-Riḍwān : Serment d'allégeance sous un arbre à Hudaybiyya, considéré comme un acte de piété.
  74. sana tis‘ : L'an 9 de l'Hégire, où Abou Bakr fut envoyé comme chef du pèlerinage.
  75. tābi‘ūn : Successeurs : génération suivant celle des Compagnons.
  76. bay‘a : Serment d'allégeance.
  77. Muhājirūn : Émigrés : musulmans ayant émigré de La Mecque à Médine.
  78. Anṣār : Auxiliaires : musulmans de Médine ayant accueilli le Prophète.
  79. asīf : Homme sensible, doux, ou qui pleure facilement.
  80. ṣuwayḥibāt Yūsuf : Compagnes de Joseph : allusion aux femmes qui tentèrent Joseph ; ici, reproche aux épouses du Prophète.
  81. wa lā tumsikū bi‘iṣami l-kawāfir : Coran, sourate 60, verset 10 : 'Et ne retenez pas les liens des mécréantes'.
  82. Suhayl ibn ‘Amr : Émissaire des Qurayshites lors du traité d'al-Hudaybiyya.
  83. Ansâr : Les "Auxiliaires" médinois qui ont accueilli et soutenu le Prophète Muhammad après l'Hégire.
  84. `Abbâssides : Partisans de la famille d'al-`Abbâs, oncle du Prophète, revendiquant le califat.
  85. Bakrites : Partisans d'Abû Bakr, premier calife.
  86. Quraysh : Tribu mecquoise à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
  87. Pas de legs pour un héritier : Hadith interdisant de léguer à un héritier légal, car sa part est déjà fixée par le Coran.
  88. Les gens de deux religions différentes n'héritent pas les uns des autres : Hadith stipulant qu'un musulman n'hérite pas d'un non-musulman et vice versa.
  89. Le profit est à la charge de la garantie : Hadith signifiant que celui qui supporte le risque de perte a droit au profit.
  90. Argument : Terme technique désignant la preuve ou l'autorité divine incarnée par le Prophète ou l'imam.
  91. Les Ansâr sont mon ventre et mon réceptacle : Hadith où le Prophète exprime sa proximité et sa confiance envers les Ansâr.
  92. Les imams sont de Quraysh : Hadith indiquant que les califes doivent être issus de la tribu de Quraysh.
  93. Banû Hâshim : Clan de Quraysh dont faisaient partie le Prophète et `Alî.
  94. Abû Sufyân : Chef mecquois converti tardivement, père de Mu`âwiya.
  95. Banû `Abd Manâf : Clan de Quraysh dont sont issus les Banû Hâshim et les Banû Umayya.
  96. Muhâjirûn : Les "Émigrés" mecquois qui ont suivi le Prophète à Médine.
  97. Abû `Ubayda : Compagnon éminent, candidat potentiel au califat.
  98. Al-Hubâb ibn al-Mundhir ibn al-Jamûh : Compagnon ansârite, connu pour son éloquence et son courage.
  99. Je suis son soutien solide et son tronc solide : Expressions proverbiales signifiant qu'il est un appui fiable.
  100. Sa`d ibn `Ubâda : Chef des Ansâr, candidat au califat lors de la Saqîfa.
  101. Les gens suivent Quraysh... : Hadith soulignant la prééminence de Quraysh.
  102. Bashîr ibn Sa`d al-Ansârî : Compagnon ansârite, fils de Sa`d ibn `Ubâda.
  103. as-Siddîq : Surnom d'Abû Bakr signifiant "le Véridique".
  104. le second des deux quand ils étaient dans la grotte : Allusion à l'épisode de l'Hégire où Abû Bakr accompagna le Prophète dans la grotte de Thawr.
  105. al-Khazrajî : Membre de la tribu médinoise des Khazraj.
  106. zakât : Aumône légale obligatoire, l'un des piliers de l'islam.
  107. Muhâjirûn : Émigrés : les premiers musulmans ayant émigré de La Mecque à Médine.
  108. Ansâr : Auxiliaires : les habitants de Médine ayant accueilli et soutenu le Prophète et les Émigrés.
  109. waṣî : Légataire : personne désignée par le Prophète pour lui succéder, selon la croyance chiite, ‘Alî.
  110. Amîr al-mu'minîn : Commandeur des croyants : titre du calife, ici ‘Alî.
  111. Nahr : Le Nahr : probablement le fleuve (Euphrate) ou la bataille de Nahrawân contre les kharijites.
  112. Shâm : La Grande Syrie, incluant la Syrie, la Palestine, la Jordanie et le Liban actuels.
  113. Saqîfat Banî Sâ‘ida : Hutte des Banû Sâ‘ida : lieu où Abû Bakr fut élu calife après la mort du Prophète.
  114. Imâmiyya : Imamites : chiites duodécimains, croyant en douze imams infaillibles.
  115. naṣṣ : Texte de désignation : désignation explicite par le Prophète de son successeur.
  116. ‘iṣma : Immunité (d'erreur et de péché) attribuée aux prophètes et, chez les chiites, aux imams.
  117. ahl al-shûrâ : Gens de la consultation : les membres du conseil chargé de désigner le calife après ‘Umar.
  118. Sawâd : Terres cultivées de l'Iraq, considérées comme butin de guerre.
  119. Muṣḥaf : Codex coranique, le livre du Coran.
  120. tarâwîḥ : Prière surérogatoire nocturne accomplie pendant le mois de Ramadan.
  121. Khawârij : Kharijites : secte dissidente ayant combattu ‘Alî.
  122. Coran 29:45 : Verset coranique : « La prière préserve de la turpitude et du blâmable. »
  123. Ismâ‘îliyya : Ismaéliens : branche chiite reconnaissant Isma‘îl comme imam.
  124. Dhû l-Hijja : Dernier mois du calendrier lunaire islamique, mois du pèlerinage.
  125. Tâbi‘ûn : Successeurs : génération suivant les Compagnons du Prophète.
  126. dhimmî : Protégé : non-musulman vivant sous la protection de l'État islamique.
  127. Muhajirun : Les émigrés de La Mecque à Médine, premiers convertis ayant suivi le Prophète.
  128. infaillibilité : Concept de 'isma, protection divine contre le péché et l'erreur, attribué aux prophètes et, selon les chiites, aux imams.
  129. recommandation : Référence à un texte (nass) ou une désignation explicite du successeur par le Prophète.
  130. désigné par texte : Désignation explicite (nass) du successeur, concept central dans la doctrine chiite de l'imamat.
  131. Sirât : Le pont au-dessus de l'Enfer que chaque âme doit traverser au Jugement dernier.
  132. chameaux assoiffés : Métaphore de la foule se précipitant vers Ali pour lui prêter serment.
  133. parjures : Ceux qui ont violé leur serment d'allégeance, notamment Talha et al-Zubayr lors de la bataille du Chameau.
  134. pervers : Ceux qui ont dévié de la justice, en particulier Mu'awiya et les partisans de l'opposition à Ali.
  135. jour du Chameau : Bataille du Chameau (36 H/656) entre Ali et une coalition menée par Aïcha, Talha et al-Zubayr.
  136. ce qu'Allah a voulu : Expression de soumission à la volonté divine, souvent utilisée pour implorer la protection contre le mal.
  137. Ce qu'Allah a voulu : Référence au verset coranique 18:39, où il est recommandé de dire 'mâ shâ'a Llâh' pour reconnaître la volonté divine.
  138. علي : Ali ibn Abi Talib, gendre et cousin du Prophète Muhammad, quatrième calife de l'islam, considéré par les chiites comme le premier imam.
  139. أهل الشام : Les gens du Shâm, région correspondant à la Syrie historique, partisans de Mu'âwiya.
  140. البدريين : Les combattants de Badr, participants à la bataille de Badr, première grande bataille de l'islam.
  141. المهاجرين : Les émigrés, ceux qui ont émigré de La Mecque à Médine avec le Prophète.
  142. إمامته : Son imamat, fonction de guide spirituel et temporel, pour les chiites, imam désigne le successeur légitime du Prophète.
  143. النص : Désignation textuelle explicite, concept chiite selon lequel le Prophète aurait désigné Ali comme successeur par un texte clair.
  144. حكمت الرجال : Tu as soumis ton affaire à des hommes, référence à l'arbitrage entre Ali et Mu'âwiya après la bataille de Siffin.
  145. الانصار : Les auxiliaires, habitants de Médine qui ont accueilli et soutenu le Prophète après l'hégire.
  146. معصوم : Infaillible, protégé du péché et de l'erreur, attribut des imams dans le chiisme.
  147. أبدنا وأبّرنا : Nous aurions agi en conséquence, littéralement 'nous aurions détruit et anéanti', expression signifiant une action décisive.
  148. السقيفة : La Saqîfa, lieu où les compagnons se réunirent après la mort du Prophète pour désigner Abû Bakr comme calife, événement contesté par les chiites.
  149. الشورى : La consultation, conseil de six compagnons institué par 'Umar pour désigner son successeur.
  150. الخوارج : Les kharijites, secte dissidente qui s'est opposée à Ali après l'arbitrage de Siffin, les considérant comme mécréants.
  151. الامامية : Les imamites, chiites duodécimains qui croient en douze imams descendants du Prophète.
  152. مشرك : Associateur, polythéiste, celui qui associe d'autres divinités à Dieu, terme très fort dans l'islam.
  153. النية : L'intention, condition de validité des actes cultuels en islam.
  154. توليناهم : Nous les prenons pour alliés, concept de walâya, alliance et amitié envers les croyants vertueux.
  155. زكيناهم : Nous les déclarons purs, attestation de leur foi et de leur intégrité.
  156. التحكيم : L'arbitrage, référence à l'arbitrage entre Ali et Mu'âwiya à Siffin, considéré par les kharijites comme une faute grave.
  157. وَنَزَعْنا ما فِي صُدُورِهِمْ مِنْ غِلٍّ إِخْواناً عَلى سُرُرٍ مُتَقابِلِينَ : Coran, sourate al-Hijr (15:47) : 'Nous avons arraché ce qu'il y avait dans leurs poitrines de rancune, frères, sur des lits, se faisant face.'
  158. حواري : Apôtre, disciple proche, terme utilisé pour les compagnons intimes du Prophète.
  159. فألقت عصاها واستقر : Expression proverbiale signifiant 'elle s'est installée', 'elle a trouvé le repos', tirée d'un vers de poésie.
  160. جبار : Tyran, despote, terme souvent utilisé péjorativement pour désigner un dirigeant injuste.
  161. al-Imāmiyya : Les imamites, c'est-à-dire les chiites duodécimains, qui reconnaissent douze imams après le Prophète.
  162. Ummahāt al-mu'minīn : Les Mères des croyants, titre honorifique donné aux épouses du Prophète Muhammad.
  163. tazkiya : Déclaration d'innocence ou de pureté, ici au sens de déclarer que la personne est exempte de blâme ou que son sort est scellé par une parole prophétique.
  164. Amīr al-mu'minīn : Commandeur des croyants, titre du calife, ici désignant 'Alī ibn Abī Tālib.
  165. Yawm al-Jamal : Le jour du Chameau, bataille de 656 entre les forces de 'Alī et une coalition menée par 'Ā'isha, Talha et az-Zubayr.
  166. kutub al-'ulamā' : Les livres des savants, référence aux ouvrages des érudits musulmans traitant de ces événements.

La première partie

Page Sujet 91 De ses signes, ses informations sur le christianisme et ses sectes 108 Ce qu'il a indiqué des divergences des chrétiens au sujet du Messie, sur lui la paix 121 Ce que le Messager a apporté concernant la prétention de la crucifixion du Messie, les divergences des chrétiens au sujet des Évangiles, et l'influence des croyances des Romains et de leurs mœurs sur les sociétés chrétiennes 235 L'impiété 1 du Messager, que Dieu prie sur lui et lui donne la paix, envers les Arabes et les autres nations, leur colère, et comment Dieu l'a protégé de leur mal 245 La fraternité et l'affection qui existaient entre les Compagnons 2 252 Les actes et les paroles du Messager de Dieu témoignent qu'il n'a désigné personne en particulier 255 Comment les Compagnons ont débattu de la question du commandement 3 sans mentionner qu'il avait désigné quelqu'un en particulier 261 Comment les Ansâr 4 ont pensé au commandement, puis s'en sont détournés après que la vérité leur est apparue 263 Le refus de 'Alî 5 de ce qui lui a été proposé comme serment d'allégeance pour le commandement après la mort du Messager 273 La demande d'Abû Bakr 6 aux musulmans de le relever de ses fonctions et leur refus 273 Le souhait d'Abû Bakr de ne pas avoir été investi du commandement des musulmans 280 Comment les musulmans ont confié l'affaire à 'Abd ar-Rahmân ibn 'Awf 7 [Erreur et correction] Page Ligne Erreur Correction 17/18/ Mârid / Mâdda 30/10/ al-Qa'qâ' / al-Qaynuqâ' 35/19/ Kûnayn / Kûnân 38/7/ fasanafdûn / fasanaghudûn 51/21/ ad-dâfi' / ad-dâmigh 72/20/ lil-'Arabi 'alâ al-'Ajami / lil-'Ajami 'alâ al-'Arab 103/13/ al-ât / al-âb 137/12/ al-masah / al-masîh 145/12/ wa-idh amraka / wa-idh âmuraka 157/19/ ash-Shâ'ûl / li-Shâ'ûl 158/22/ al-mulûk / al-malik 177/4/ wal-ba'îr / wal-basîr 188/1/ waqa'lû / waqâlû 229/2/ fa'alnâ / na'alnâ 234/15/ waradat / warada 241/3 et 21/ al-qur'ân / al-qirân 254/18/ bil-bahr / bil-Bahrayn Deuxième partie


  1. takfîr : Action de déclarer quelqu'un mécréant (kâfir).
  2. Sahâba : Compagnons du Prophète Muhammad, ceux qui l'ont rencontré et ont cru en lui.
  3. imâra : Commandement, autorité, fonction de dirigeant.
  4. Ansâr : Les 'Auxiliaires' de Médine, musulmans ayant accueilli le Prophète et les émigrants de La Mecque.
  5. 'Alî : Cousin et gendre du Prophète, quatrième calife pour les sunnites.
  6. Abû Bakr : Premier calife de l'islam, compagnon et beau-père du Prophète.
  7. 'Abd ar-Rahmân ibn 'Awf : Compagnon éminent, membre du conseil des six pour la désignation du calife après 'Umar.

La deuxième partie

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. [Chapitre mentionnant les signes de la prophétie et les preuves de la mission] Il en est ainsi : il 1 menaçait Quraysh alors qu'il était à La Mecque, de la victoire d'Allah et de sa domination sur eux. Ils disaient : « Muhammad pense-t-il qu'il nous vaincra à La Mecque avec ses disciples pauvres et esclaves, alors que nous sommes forts et riches, que tous les hommes sont avec nous, que le désir est chez nous et non chez lui, que la force et la bravoure sont pour nous et non pour lui ? » Il leur récita alors la sourate al-Qamar 2 et ce qu'Allah avait infligé à chaque communauté parmi celles qu'ils connaissaient, jusqu'à ce qu'Il dise : « Vos mécréants sont-ils meilleurs que ceux-là ? Ou bien avez-vous une immunité dans les Écritures ? Ou bien disent-ils : “Nous sommes un groupe victorieux” ? La multitude sera vaincue et ils tourneront le dos 3. » Leurs troupes furent donc vaincues, et l'issue favorable fut pour lui, comme il l'avait annoncé et détaillé. Or, selon l'apparence de l'opinion, de la prudence et de ce qu'imposait la réflexion, l'issue aurait dû être pour eux et non pour lui, et ils auraient dû être les vainqueurs, non lui, car eux, les Juifs, les Chrétiens et ces tribus formaient une seule main contre lui, dans l'inimitié à son égard ; la multitude, la richesse, la force, la bravoure, les chevaux et les armes étaient avec eux, non avec lui. Il ne pouvait donc les vaincre que s'il venait de la part d'Allah et s'il était un envoyé d'Allah, comme il l'avait annoncé. Autre chapitre : [Ce que le Messager a indiqué alors qu'il était dans un état de faiblesse, à savoir que sa religion triompherait de toutes les religions et dominerait tous les rois.] Il en est ainsi : il 1 dit, lorsqu'il appelait à Allah et qu'il était dans l'isolement et la faiblesse : « Allah m'a envoyé et m'a promis qu'Il ferait triompher ma religion sur toutes les religions, que mon autorité serait plus dominante que celle de Chosroès 4 et de César 5, que je vaincrais les rois, et que ma royauté, celle de mes partisans et de mes disciples, surpasserait toute royauté sur terre. » Puis Il ne se contenta pas de cette parole jusqu'à ce qu'Il en fît un Livre à lire et un Coran immortel à réciter, que l'ennemi et l'ami connaissent. Il dit : « C'est Lui qui a envoyé Son Messager avec la guidée et la religion de vérité, pour la faire triompher sur toute autre religion, et Allah suffit comme témoin 6. » Il dit aussi : « Ils veulent éteindre la lumière d'Allah par leurs bouches, mais Allah refuse que Sa lumière ne soit parfaite, en dépit de la haine des mécréants 7. » Il en fut comme Il avait dit et annoncé. Il ne se contenta pas de faire triompher Sa religion par l'argument, jusqu'à ce qu'Il rendît ses adeptes élevés par la puissance, manifestes par la force, et dominateurs des rois et des tyrans par la gloire et la royauté. Puis Il ne se contenta pas jusqu'à ce qu'Il l'eût fait parvenir d'une manière qui irrite, qui fâche, qui pousse à la résistance, à la défense et à la lutte, et d'une manière qui met l'ennemi en état d'alerte, contrairement à la prudence des rois avisés et des tyrans rusés. Il annonça cela alors que les religions des Arabes étaient établies, que leurs rois dominaient toute la péninsule arabique – une grande péninsule comptant plusieurs rois, chacun d'eux d'une grande importance –, puis les religions des Juifs et leurs rois, les religions des Chrétiens et des Romains 8 au Levant, en Égypte, au Maghreb, en Mésopotamie et en Arménie, et ainsi de suite, et les religions des Perses et leurs royaumes – qui étaient les plus grands royaumes de la terre, les plus vastes en possession et les plus forts en puissance –, et les royaumes de l'Inde. Il vainquit les rois des Arabes dans leur péninsule, vainquit les rois des Juifs et tous les royaumes des Perses, les royaumes des Chrétiens et des Romains, et il ne resta aucun roi, là où pouvaient parvenir les sabots, les pieds et les pas, qu'il n'eût délogé et fait sortir, les reléguant à des aigles auxquels ils s'accrochaient, à des forteresses où ils se réfugiaient, à des châteaux, des tours, des golfes et des mers où ils se protégeaient. Puis il traversa les mers pour les atteindre, chassa les Romains du Levant, d'Égypte et du Maghreb – peut-être une distance de plusieurs années de marche –, et aujourd'hui ces terres sont aux mains de plusieurs rois. Il domina l'Arménie, et ses rois payèrent la capitation 9. L'Islam avança jusqu'à ce qu'il parvînt à Constantinople, fortifiée et protégée par les mers, les golfes, les montagnes et les murailles. Depuis que ses califes et ses compagnons les combattirent, ils furent dans l'humiliation, dans les défilés et les gorges, ayant perdu tout espoir de retrouver les meilleures de leurs terres et s'étant rendus. Ils étaient comme des Bédouins cherchant des pâturages, ou comme des voleurs cherchant à surprendre et attaquant les dormeurs, ou comme des vagabonds attendant la discorde entre les musulmans pour saisir l'occasion. Quant à un roi qui se manifesterait contre eux, se dresserait en face d'eux, leur ferait la guerre et les affronterait, comme cela avait lieu entre les rois des Perses et des Romains, et les rois des Turcs et des Indiens, cela n'existait pas. Les rois des Romains n'ont pas frappé un clou dans leur pays, sans parler des pays des musulmans, depuis que les compagnons du Messager d'Allah les ont combattus jusqu'aux années 350 et quelques de l'hégire 10, à l'époque des Daylamites 11, alors que le souverain au Levant était Sayf ad-Dawla Ali ibn Hamdan 12, connu pour sa piété, son attachement à l'Islam, ses expéditions, sa bonne conduite et sa sévérité envers ses sujets. Et ce qui poussait ceux-ci, par injustice, à fuir vers les Romains – l'explication serait longue. Les Romains disaient : « Les musulmans nous ont débarrassés de leur mal, ils se sont occupés d'autre chose que de nous et nous ont contraints à les affronter, alors que notre plus grand roi et notre plus grand domestique 13 est avec nous. » Quant aux royaumes du Sind 14 et de l'Inde, aux maîtres d'éléphants, à la force et à la gloire, sur terre et sur mer, il prit de leurs royaumes sur terre et les atteignit par mer – ce qui serait long à expliquer. Il les conquit et ils devinrent des pays de l'Islam, comme Multan 15, al-Mansura 16 et d'autres villes et métropoles maritimes bien connues – l'explication serait longue. Celui qui les cherche les trouvera. Les savants et les gens perspicaces ont examiné et n'ont trouvé personne qui vînt comme notre prophète Muhammad 1 dans l'isolement, la pauvreté, le dénuement, l'opposition et l'inimitié de toutes les nations, au point qu'il ne s'attacha à aucune créature, n'approuva aucun roi ni tyran de son temps – comme cela a été expliqué précédemment –, puis son affaire aboutit à ce qu'elle aboutit en termes de domination et de victoire. Or, selon l'apparence des choses, ce qu'impose la réflexion et la raison, cela ne peut se réaliser ni se produire, et il aurait dû être vaincu, dominé et tué, à moins que cela ne vînt d'Allah, que rien ne peut vaincre. Car son affaire 1 était comme une plume qui poussa les montagnes, les fit se déplacer et voler, ou comme un verre posé sur les montagnes, les broya et les aplanit avec la terre. Médite donc ce signe immense – et tous Ses signes sont immenses. Nous ne disons pas qu'il est prophète parce que son appel s'est établi et que son État s'est étendu, mais en raison de ce que nous avons présenté et expliqué de son isolement, de sa pauvreté, de son désaveu des nations, de son accusation de mécréance et de sa provocation de leur colère – comme nous l'avons expliqué maintes fois –, et de la réalisation de ce qu'il avait dit et annoncé, à savoir que, dans ces conditions, Allah 17 le ferait triompher. Or, quiconque a entendu ses nouvelles et son appel sait nécessairement qu'il a annoncé tout cela au début de son affaire, avant que rien 18 ne se produisît, et que les choses furent comme il l'avait annoncé. Il est connu de sa biographie qu'il 1 se présentait aux tribus et lors des foires 19 pour qu'ils le suivent, et il leur imposait, dans son appel, l'inimitié de toutes les nations et la guerre contre les rois. On lui disait : « Les Chosroès 4 parmi les rois des Perses n'accepteront pas cela, ne le supporteront pas, et nous ne sommes pas des hommes pour les combattre, ni pour combattre d'autres rois. » Il disait : « Que pensez-vous si Allah vous accorde leur royaume et vous donne leurs femmes en partage, L'adorerez-vous et Lui obéirez-vous ? » Ils s'étonnaient de cette parole, et certains se disaient entre eux : « Ce n'est qu'un fou, seul, qui ne peut même pas vaincre une maison à La Mecque, alors que son peuple lui est hostile, et il dit cela ! » D'autres disaient : « Ce n'est qu'un homme sensé. S'il est un envoyé d'Allah comme il le dit, cela arrivera. » On disait : « Par qui cela arrivera-t-il ? Où sont les trésors des rois, leurs armées, leur colère pour leur royaume, leur orgueil, leur fierté et leur gloire, pour que celui-ci les laisse le vaincre ? » C'est pourquoi Allah 17 dit : « Ils dirent : “Si nous suivons la guidée avec toi, nous serons arrachés de notre terre 20.” » En raison de la célébrité de cette parole de sa part avant qu'il ne la récitât dans le Coran, lorsque le Messager d'Allah mourut et que les Arabes apostasièrent, les gens de La Mecque eurent une hésitation et songèrent à l'apostasie. 'Attab ibn Asid 21, le gouverneur du Messager d'Allah sur La Mecque, se cacha. Suhayl ibn 'Amr 22 se leva parmi eux en orateur et les en dissuada. Ils dirent : « Muhammad est mort et les gens sont revenus de sa religion. » Suhayl leur dit : « Si Muhammad est mort, Allah n'est pas mort. Vous savez que je suis celui d'entre vous qui a le plus de chameaux dans le désert et de servantes sur la mer. Maintenez donc votre gouverneur, et je garantis que si cette affaire ne s'accomplit pas, je vous les rendrai comme des chamelles d'un an. Mais je sais que cette religion s'étendra du lever du soleil à son coucher. » Ils dirent : « D'où le sais-tu ? » Il dit : « J'ai vu un homme seul, sans biens ni puissance, se lever à l'ombre de cette Maison 23 et dire : “Je suis l'envoyé d'Allah, et je triompherai.” Nous étions entre celui qui riait, celui qui plaisantait, celui qui lapidait et celui qui le prenait pour un ignorant. Puis son affaire n'a cessé de croître et de s'élever jusqu'à ce que nous nous soyons soumis à lui, de gré ou de force. Par Allah, si cela venait d'autre qu'Allah, cela aurait été comme une miette dans la main de n'importe quel jeune homme de Quraysh. Et celui-ci – il désigna Abu Sufyan 24 – sait de cette affaire ce que je sais, mais son cœur a été scellé par l'envie des Banu 'Abd al-Muttalib 25. » Suhayl ibn 'Amr était l'un des hommes de Quraysh, de ses sages, de ses orateurs, et l'un de ceux qui avaient de l'opinion. C'est lui qui fut l'auteur de l'affaire le jour d'al-Hudaybiyya 26, celui qui eut cette discussion et cette controverse. Il fut l'un des ennemis du Messager d'Allah, des plus acharnés en cela. Lorsque le Messager d'Allah récitait le Coran à La Mecque, il se levait en orateur, et ses paroles semblaient sortir d'une fente de rocher, et les gens affluaient vers lui. C'est lui qui dit, alors qu'il était à la porte de 'Umar 27 avec les notables de Quraysh et les chefs des Arabes, et qu'ils avaient été empêchés d'entrer : « Où est Bilal 28 ? Où est 'Ammar 29 ? Où est Suhayb 30 ? » Ces clients 31 se levèrent, honorés, tandis que ceux-là furent empêchés. Suhayl les vit, leurs visages s'étant assombris 32, et leur dit : « Qu'avez-vous, vos visages s'assombrissent-ils ? Ce sont des gens qui ont répondu à l'appel, et nous avons tardé. Si nous les enviions aujourd'hui à la porte de 'Umar, ce qu'Allah leur a préparé demain au Paradis est encore meilleur. » Lorsque Abu Bakr as-Siddiq 33 refusa d'accepter la prière et le combat de ceux qui refusaient l'aumône légale 34, les compagnons du Messager d'Allah lui dirent : « Ô successeur du Messager d'Allah, qui combattrons-nous et qui laisserons-nous ? Nous n'avons pas la force de faire la guerre à tous les Arabes. Accepte d'eux la prière et laisse l'aumône légale, peut-être que s'ils désirent la prière, ils désireront l'aumône légale. » Lorsqu'ils eurent fini de parler, Abu Bakr prit la parole et dit : « Louange à Allah qui a guidé et suffi, qui a créé et équilibré, qui a enrichi et appauvri. Allah 17 a envoyé Muhammad 1 alors que l'Islam était étranger, abandonné, sa corde usée, ses gens partis. Allah avait pris en haine les Gens du Livre 35 et ne leur donnait aucun bien ni n'éloignait d'eux aucun mal, lorsqu'ils changèrent et altérèrent. Les Arabes illettrés 36 étaient vides d'Allah, les plus égarés en religion et les plus durs dans leur vie. Allah les rassembla par Muhammad 1, les secourut contre eux-mêmes, et leur promit la victoire sur leur ennemi. Lorsqu'Allah fit mourir Muhammad 1, Satan monta sur sa monture, celle qui l'avait fait descendre, et saisit la corde de leur cou. “Muhammad n'est qu'un Messager ; des messagers sont passés avant lui 37.” »

« Si donc il meurt ou est tué, tournerez-vous les talons ? Quiconque tourne les talons ne nuira en rien à Dieu, et Dieu récompensera les reconnaissants » 38 (9). Or, autour de vous, beaucoup ont apostasié et refusé de donner leur brebis et leur chameau, et jamais ils n’avaient été moins zélés dans leur religion qu’en ce jour, et jamais vous n’aviez été plus désireux de votre religion qu’en ce jour. Par Dieu ! Nous ne cesserons de combattre pour la cause de Dieu, Puissant et Majestueux, jusqu’à ce que Dieu accomplisse pour nous Sa promesse et tienne Son engagement envers nous : alors, celui d’entre nous qui sera tué sera un martyr du Paradis, et celui d’entre nous qui survivra sera le vicaire 39 de son Seigneur parmi les Siens, obéissant et confiant. C’est un décret sans retour : « Dieu a promis à ceux d’entre vous qui croient et accomplissent de bonnes œuvres qu’Il les fera succéder 40 sur la terre comme Il a fait succéder ceux qui les ont précédés, qu’Il affermira pour eux leur religion qu’Il a agréée pour eux, et qu’Il changera leur crainte en sécurité. Ils M’adoreront sans rien M’associer. Et quiconque mécroit après cela, ce sont ceux-là les pervers » 41 (10). Et Dieu a dit : « C’est Lui qui a envoyé Son messager avec la guidée et la religion de vérité pour la faire prévaloir sur toute autre religion, en dépit de l’aversion des associateurs » 42 (11). Par Dieu ! Dieu accomplira certainement pour nous ce qu’Il nous a promis dans Son Livre, Il fera prévaloir notre religion sur toutes les religions, et Il nous établira sur la terre comme Il nous l’a promis dans Son Livre. C’est la certitude sans retour. Or, après sa mort – que la paix soit sur lui –, l’apostasie des Arabes prit diverses formes : certains prétendirent à la prophétie, d’autres apostasièrent en abandonnant toute la Loi 43, d’autres encore apostasièrent en refusant l’aumône légale 44 tout en acceptant d’accomplir la prière et de combattre avec les musulmans. Mais si on ne l’acceptait pas d’eux, ils se rangeaient du côté de l’ennemi contre les musulmans, attaquèrent Médine et s’en approchèrent. Les musulmans les craignirent et demandèrent à Abû Bakr d’accepter cela d’eux pour un temps, jusqu’à ce que la situation des musulmans s’éclaircisse. Il refusa. On lui dit : « Nous ne te voyons pas t’inquiéter de ce qui a atteint les gens et des attaques ennemies à craindre. » Abû Bakr répondit : « Jamais la peur du mal ne m’a saisi, et jamais je n’ai éprouvé de gêne dans la religion envers quiconque depuis la nuit de la grotte 45. Car l’Envoyé de Dieu, voyant mon inquiétude pour lui et pour la religion, me dit : « Rassure-toi, Abû Bakr, car Dieu a décrété pour cette affaire la victoire et l’achèvement. » » Ils acceptèrent donc sa parole et revinrent à son avis. Ils combattirent tous les Arabes et les vainquirent, les domptèrent, malgré le petit nombre des musulmans et leur grand nombre, afin que l’on sache leur connaissance de ce que l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – leur avait annoncé quant à la victoire, et leur confiance en cela. Quand Abû Bakr eut fini avec les Arabes, il envoya aux compagnons de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – qui se trouvaient en Perse et à Rome 46 ce message : « Dieu vous a promis la conquête, de faire prévaloir Sa religion sur toute religion, et de vous faire succéder sur la terre comme Il a fait succéder ceux qui vous ont précédés. Dieu accomplira Son ordre et rendra véridique Son messager. Mais ce que je crains le plus pour nous, c’est que Dieu détourne cela vers d’autres à cause d’un manquement de notre part. Soyez donc sérieux et empressez-vous pour en obtenir la récompense. » Puis il leur dit : « Leur pays est “Khursa” 47, c’est-à-dire le Khurâsân. Nous avons entendu l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – le mentionner et annoncer que vous le conquerrez. » Il le mentionna alors que c’était le royaume le plus lointain de Perse, le plus vaste en territoires, le plus peuplé en hommes, le plus fort en courage. Quand al-Nu‘mân b. Muqarrin, avec le groupe de musulmans qui l’accompagnait, se rendit auprès de Yazdgard b. Shahriyâr, roi de Perse, avec le message de ‘Umar b. al-Khattâb l’invitant à l’islam, au paiement de la capitation 48 ou au combat, Yazdgard leur dit : « Je ne connais pas de nation plus insignifiante ni plus misérable que vous. » Puis il évoqua longuement l’humiliation des Arabes et leur mauvaise condition, et ajouta : « Vous dites à la Perse, dont le roi est le plus puissant des rois de la terre, et à qui tous les rois de la terre se soumettent : « Payez-nous la capitation ! » Ô chiens ! Si vous n’étiez pas des envoyés, je vous tuerais. Je vais ordonner à Rustam – c’est-à-dire le chef de son armée – de vous enterrer, vous et votre chef – c’est-à-dire Sa‘d b. Abî Waqqâs, qui campait à al-‘Udhayb 49 –, dans le fossé d’al-Qâdisiyya. Puis j’enverrai dans vos pays, je vous exterminerai et vous traiterai plus durement que Sâbûr 50 ne vous a traités. » Il s’étonna de la faiblesse de leurs corps, de la pauvreté de leurs armes et de leurs vêtements. Ils lui dirent : « Nous avons compris, ô roi, ce que tu as mentionné de notre petitesse et de la domination des rois sur nous. Mais Dieu a suscité parmi nous un homme qui nous appelle à Dieu. » Ils lui décrivirent l’islam, la situation du Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue –, sa solitude et sa pauvreté, et qu’il avait promis qu’ils vaincraient et vaincraient les nations. Nous fûmes étonnés de sa parole, et l’accueillîmes avec ignorance, rejet et démenti. Mais ses promesses ne cessèrent de se réaliser : jamais il ne manqua à aucune de ses paroles. Or, il nous a promis vos royaumes, votre terre et vos demeures, et il ne manquera pas à sa parole. Répondez donc à sa religion : c’est une religion où le bien est tenu pour beau et le mal pour laid. Nous laisserons parmi vous le Livre de Dieu, et vous combattrez ceux qui vous avoisinent, et vous réussirez. Sinon, nous accepterons de vous la capitation, de votre main 51 et en étant humiliés. Car si vous combattez, Dieu nous donnera la victoire sur vous. » Il dit : « Que voulez-vous dire par “de votre main” ? » Ils répondirent : « De notre main qui vous fait grâce en l’acceptant de vous. » Sa colère redoubla et il dit : « Levez-vous, ô chiens, et quittez-moi. » Il y eut entre eux et lui des échanges trop longs à rapporter. Nous n’avons voulu que mentionner leur confiance en cette promesse. Quand Rustam marcha avec ses armées contre Sa‘d b. Abî Waqqâs, qui était avec les musulmans, Rustam envoya ses éclaireurs en leur disant : « Hâtez-vous ! Quiconque tombera entre vos mains parmi les Arabes, amenez-le-moi en hâte. » Ils amenèrent un homme des musulmans. Rustam dit à l’interprète : « Dis-lui : Qu’est-ce qui vous amène dans notre pays ? » Le musulman dit : « Pour prendre la promesse de Dieu. » Rustam dit : « Et quelle est-elle ? » Le musulman dit : « Vous-mêmes, vos biens et vos demeures. » Rustam, le roi, lui dit : « Ô chien ! Comme si nous étions déjà livrés entre vos mains ! » L’Arabe lui dit : « Ce sont vos œuvres qui vous ont livrés entre nos mains. Tu ne cherches pas à affronter des hommes ; nous, nous affrontons le destin. » Rustam lui dit : « Quant à toi, tu vas être tué à l’instant. » Le musulman dit : « Si je suis tué, j’irai au Paradis ; et ceux des musulmans qui resteront triompheront de vous. » Quand le roi Rustam campa à al-Qâdisiyya, il envoya dire à Sa‘d : « Envoie-moi quelqu’un qui me rapporte de toi et te rapporte de moi. » Sa‘d lui envoya un seul homme. Il s’assit sur son trône, entouré de ses soldats, au nombre de cent vingt mille, avec chevaux, éléphants, force et courage. Rustam dit au musulman : « Dis-moi ce que vous êtes venus chercher » – et Rustam pensait que les musulmans seraient effrayés par ce qu’ils voyaient de ses troupes. Le musulman lui dit : « Tu ne m’entendras pas à moins que tu ne descendes vers moi ou que je monte vers toi. » Cela l’impressionna, alors qu’il n’était qu’un seul homme. Quand il fut près de lui, il lui décrivit l’islam et l’y incita. Rustam lui dit : « Votre cas, ô communauté d’Arabes, avec la Perse, est semblable à celui d’un homme qui avait une vigne ; des renards y pénétrèrent ; il les négligea, ils devinrent audacieux ; alors il boucha les issues et les tua tous jusqu’au dernier 52. Ainsi en sera-t-il de votre affaire avec nous. » Il évoqua ceux qu’ils avaient placés à la tête des Arabes et leur domination sur eux, puis dit : « Apportez, ô misérables, vos chameaux ; nous les chargerons pour vous de dattes et de blé, nous vous vêtirons – car vous êtes nus – et vous retournerez. Cela vaut mieux pour vous, car vous n’avez aucune force contre les rois, surtout le roi de Perse. » Le musulman lui dit la même chose que ses compagnons au sujet de la situation de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, comment elle avait commencé et ce qu’il avait promis. Puis il s’en alla. Ensuite, Rustam demanda de nouveau à Sa‘d de lui envoyer quelqu’un. Il lui envoya un seul homme, d’aspect misérable, avec des vêtements et des armes pauvres. Rustam lui demanda ce pour quoi ils étaient venus. Il lui décrivit la même chose que ses compagnons et dit la même chose qu’eux. Rustam l’interrogea sur l’islam ; il en décrivit les principes et les prescriptions – l’interprète traduisait. Rustam se tourna vers les rois, les chefs, les vizirs et les asâwira 53 qui l’entouraient et dit : « Ne voyez-vous pas la beauté de ce qu’il décrit de cette religion, et comment, malgré leur nombre, leurs paroles ne diffèrent pas ? » Ils dirent : « Que Dieu te préserve, ô roi, d’apprécier la religion de ces gens ! Ne vois-tu pas leur nudité, leur saleté, la pauvreté de leurs armes et de leurs vêtements ? » Rustam leur dit : « Vous êtes un peuple qui vous souciez des vêtements, des nourritures et des boissons ; eux se soucient des mérites. Regardez leurs intelligences, leurs clairvoyances et leur patience. » Il y eut entre eux et lui plus d’échanges qu’il n’y en avait eu avec le grand roi Yazdgard, trop longs à rapporter. Ils mentionnaient cette promesse, malgré leur grand nombre, et leurs paroles ne différaient pas. Les rois les éprouvaient ainsi pour voir si leurs paroles différaient, s’il y avait quelque faux pas ou erreur de la part de leur compagnon qui apparaîtrait chez certains avec le temps, ou si le désir des biens immédiats de ce monde, avec la sécurité immédiate, les ferait pencher, ou si ce qu’ils voyaient d’équipement et de préparatifs, et ce qu’ils entendaient de menaces de mort, les effraierait. Mais ils ne trouvèrent rien de cela chez eux. Leurs yeux étaient réjouis par ce que Dieu leur avait donné de clairvoyance dans leur religion, comme l’a dit Salomon – que la paix soit sur lui : « Ce que Dieu m’a donné est meilleur que ce qu’Il vous a donné » 54 (14). Le Commandeur des croyants ‘Umar écrivit à Sa‘d : « Tu es parti avec les Arabes et tu as campé face aux Perses ; qu’attends-tu ? Affronte le peuple. » Sa‘d lui écrivit en mentionnant le nombre des Perses, leur force, leur puissance, leur équipement et leurs préparatifs, et la faiblesse de ceux qui étaient avec lui, leur petit nombre et la pauvreté de leurs armes. ‘Umar lui répondit : « C’est cela qui nous a été promis. Dieu a dit : « Vous serez appelés contre un peuple d’une force redoutable ; vous les combattrez ou ils se soumettront » 55 (15). Remercie donc Dieu, ô Sa‘d, de l’avoir entendu de tes oreilles, vu de tes yeux et touché de ta main. » Combien de fois les musulmans eurent-ils des expériences semblables avec les rois de Rome 46 à Hims, Damas, Antioche, l’Égypte et ailleurs ! Et ce que les envoyés leur disaient lors des discussions : « Notre Prophète nous a promis la prévalence de sa religion sur les autres religions ; il nous a informés, avertis et annoncé beaucoup de choses, et jamais il ne nous a manqué en rien. » Ce qui leur arriva avec eux est trop long à rapporter et se trouve mentionné en ses lieux. Nous n’avons mentionné ce discours que parce que celui que ces versets 56 ont coupé 57, au point qu’il est perplexe et ne trouve plus d’attache, se met à dire à leur sujet, alors qu’ils sont authentiques : « Ces promesses n’étaient pas au début ; on ne dit cela que de celui qui manque à ses promesses et dont le mensonge apparaît peu à peu. Quant à celui qui, pendant trente ans, a annoncé ce qui est dans ce Coran, puis des nouvelles semblables, sans jamais manquer à rien, comment pourrait-on dire de lui une telle chose ? » 58 (16). Et s’il avait dit cette parole une heure avant sa mort, elle n’en serait pas moins un signe et une preuve de sa prophétie, une chose qui rompt l’habitude 59. Car l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – n’a pas laissé de trésors publics, ni de vastes étendues de chevaux, ni d’arsenaux d’armes ; il est mort pauvre, malade, avec sept dinars 60 chez lui, et il dit : « Que dirait Muhammad à son Seigneur s’il Le rencontrait avec cela ? » Il les partagea et les donna en aumône. Il a préservé lui-même, ses femmes, sa famille et ses enfants des biens de ce monde, comme cela est connu. Il n’a laissé à ses compagnons et sur eux que les clairvoyances 61. Or, les Arabes apostasièrent après lui, à l’exception de deux mosquées : La Mecque et Médine. Ses compagnons se levèrent pour l’affaire, n’ayant avec eux que la piété et les clairvoyances. Un tel discours ne peut venir que de quelqu’un qui ne connaît pas les Perses et les Romains, leur antiquité, leur force redoutable, leur fermeté, leur contrôle, leur aisance, le nombre de leurs soldats, l’ancienneté de leur royauté et leur attachement à leur royaume, ni la situation de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, sa conduite et ce qu’il a laissé, ni comment était la situation des Arabes dans l’humiliation, la faiblesse et le petit nombre face aux rois de Perse, de Rome, de l’Inde et autres. L’exposé de cela serait long.

Les Arabes n'ont triomphé que par la piété 62 et n'ont connu la puissance que par l'islam. Autrefois, les Perses pénétraient en Arabie pour y semer le trouble avec un seul homme ou un petit groupe, et il en allait de même pour les Romains, dont l'autorité s'imposait. C'est ainsi que Khosro Aparviz 63 déchira la lettre du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et envoya deux hommes pour le faire venir. Mais en temps de guerre, ils ne pouvaient envoyer contre une grande assemblée d'Arabes qu'un petit nombre. Les non-Arabes et les Arabes furent étonnés de la défaite de la troupe envoyée par Khosro à cause d'al-Nu'man ibn al-Mundhir 64 le jour de Dhu Qar 65, au point que le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « C'est le premier jour où les Arabes ont pris leur revanche sur les non-Arabes, et c'est par moi qu'ils ont été secourus. » Puis la situation s'inversa : un petit groupe de compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) rencontrait une grande multitude et triomphait d'elle, au point qu'un homme seul se rendait dans l'une de leurs contrées et s'en emparait, malgré la vétusté de leurs armes et le peu de leur équipement. Abu Umama al-Bahili 66, compagnon du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), dit à l'époque des Omeyyades, voyant leurs étendards et leurs déploiements : « Que faites-vous avec cela ? Que vos mères vous perdent ! Par Allah, ce royaume qui est entre vos mains a été conquis par des hommes dont les épées n'avaient pas de garde 67 ; par Allah, leurs boucliers n'étaient que les sangles de leurs chameaux. » Omar, le Commandeur des croyants, se levait souvent parmi les compagnons pour prononcer des discours, leur rappelant ce qu'étaient les Arabes : petit nombre, humiliation, pauvreté, misère, vie difficile, et la domination des nations sur eux, puis comment leur situation avait changé grâce au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Il disait : « Je ne vous dis cela que parce que j'ai entendu Allah dire à Moïse : "Rappelle-leur les jours d'Allah" 68 », et il leur ordonnait de s'attacher à l'obéissance à Allah, car c'est par elle qu'ils avaient vaincu les nations et dompté les rois, jusqu'à ce que leur royaume devînt le plus puissant de la terre, leur religion la plus manifeste, la plus imposante et la plus vénérable, et que, tant qu'ils s'y tiendraient, ils ne cesseraient d'être victorieux et dominateurs. Les rois perses et romains s'étonnaient de voir leurs armées bien équipées, fortes et puissantes, mises en déroute par les musulmans, malgré leur petit nombre, leur faiblesse et le peu de leurs moyens et de leurs armes. Ainsi, Rustum 69, le roi, dit lorsqu'il traversa l'al-Atiq 70 pour combattre Sa'd 71 à al-Qadisiyya 72 : « Où est le camp de ces chiens ? » On lui dit : « Porte ton regard vers cette direction, tu le verras. » Lorsqu'il porta son regard, il dit : « Je vois une masse noire, mais où est-elle par rapport à la masse ? » On lui dit : « C'est la masse. » Il s'étonna et dit : « Et c'est tout cela ? » Ils dirent : « Oui. » Il dit : « Nous leur avons offert la paix, mais ils n'ont pas répondu, et voilà l'importance de leur armée. Ne les tuez pas, enterrez ces chiens vivants ! » par mépris pour eux. Mais lorsque la guerre s'engagea, ils enlevèrent les sangles de leurs chameaux pour s'en servir comme boucliers légers, et placèrent à leur tête Ibn Umm Maktum 73, un aveugle, portant leur étendard. Ils devinrent ainsi l'objet de moqueries, et l'avidité à leur égard s'accrut, le mépris à leur encontre se renforça. Mais lorsqu'il vit leur patience, il fut déconcerté, au point de dire à ses espions : « Malheur à vous ! Quels hommes sont-ce là ? Ne se lassent-ils pas de ce qu'ils font ? Ne cherchent-ils pas le repos ? La nourriture ne les occupe-t-elle pas ? » On dit : « Quand ils se lèvent de leur sommeil, ils commencent par manger. » Il dit : « Et que mangent-ils ? » On lui dit : « Chacun d'eux a un morceau de bois qu'il mange », faisant allusion au siwak 74, car l'espion les voyait se brosser les dents au réveil et crut que c'était leur nourriture, les Perses et les Romains ne connaissant pas le siwak. Lorsque les troupes romaines en déroute arrivèrent auprès d'Héraclius 75 à Antioche, il fut frappé par leur défaite, alors qu'il pensait que les musulmans seraient vaincus et qu'il irait à Médine pour les anéantir. Il leur dit : « Malheur à vous ! Parlez-moi de ces gens que vous combattez : ne sont-ils pas des humains comme vous ? » Ils dirent : « Si. » Il dit : « Êtes-vous plus nombreux qu'eux ? » Ils dirent : « Nous sommes bien plus nombreux qu'eux, à chaque rencontre. » Il dit : « Pourquoi donc êtes-vous vaincus chaque fois que vous les affrontez ? » Un vieillard parmi eux dit : « Parce qu'ils veillent la nuit en prière et jeûnent le jour, tiennent leurs promesses, ordonnent le bien et interdisent le mal, et se traitent avec équité. Tandis que nous, nous commettons la fornication, faisons ce qui est illicite, violons les pactes, nous nous mettons en colère, nous opprimons, ordonnons ce qui déplaît à Allah, interdisons ce qui Lui agrée, et semons la corruption sur terre. » Il dit : « Tu m'as dit la vérité. » Les chrétiens arabes, parmi les Taghlib, les Tanukh, les Balkh, les Ghassan et d'autres tribus, aidaient les Romains et les Perses contre les musulmans. Ils se mêlaient aux musulmans parce qu'ils étaient Arabes, et les musulmans les prenaient pour des leurs ; puis ils retournaient vers les Romains avec des informations sur leur camp, leurs chefs et leurs commandants, comme Shurahbil ibn Hasana 76, Mu'adh ibn Jabal 77, Khalid ibn al-Walid 78 et Abu Ubayda ibn al-Jarrah 79, qui était le commandant en chef. Ils rapportaient qu'ils ne se distinguaient en rien de leurs soldats, que chacun d'eux s'occupait lui-même de son cheval et servait les gens de son camp, que ceux qui étaient parmi eux des Banu Hashim 80 – la famille de leur Prophète –, les proches d'Abu Bakr et les enfants d'Omar étaient dans le camp comme les plus faibles des gens, sans se distinguer des autres. Que celui qui volait, on lui coupait la main ; celui qui tuait, on le tuait ; celui qui calomniait, on le fouettait ; celui qui mentait, on le rabaissait et on l'éloignait, même s'il était le fils de leur Prophète ou le fils de leur chef. Qu'ils étaient tous égaux en matière de peines et de droits, ne se distinguant que par la piété dans leur religion. Qu'ils étaient des moines la nuit et des cavaliers le jour. Ils rapportaient aussi l'amour des chrétiens pour eux et leur attachement à eux, et qu'ils leur étaient plus chers que les rois chrétiens. Ainsi, les habitants de Homs pleurèrent le départ d'Abu Ubayda ibn al-Jarrah lorsque les rois romains se rassemblèrent contre lui. On dit aux habitants de Homs : « Vous pleurez sur ceux-là alors qu'ils sont vos ennemis en religion, et que ceux qui viennent à vous sont vos rois et vos coreligionnaires ? » Ils répondirent : « Ceux-ci sont des gens de confiance, de loyauté, de vérité et de mise en pratique ; nous étions en sécurité avec eux – avez-vous jamais entendu dire que quelqu'un soit en sécurité avec son ennemi ? – nos vies étaient préservées, nos biens intacts, nos routes sûres, notre honneur protégé. Tandis que nos coreligionnaires violent nos filles, boivent notre vin, mangent notre nourriture et celle de nos bêtes, et nous exploitent pour leur service. » Aussi leur joie d'être sous l'autorité des musulmans était-elle grande. Il en allait de même pour les hommes perses. En effet, lorsque Omar les soumit, il les maintint dans leurs religions et leurs biens, préleva la jizya 81 sur eux, imposa sur leur terre le qafiz 82 et le dirham 83, les crut dans leurs revendications, et nomma sur eux, sur leur terre et leur kharaj 84 Hudhayfa ibn al-Yaman 85, Salman al-Farisi 86, Ammar ibn Yasir 87 et Uthman ibn Hunayf 88, et leurs semblables. Il leur recommanda de bien les traiter. Les Perses souhaitaient qu'il nommât des leurs sur eux, promettant de verser davantage, disant : « Nous les connaissons mieux. » Mais il ne le fit pas. Ainsi furent abolis pour les Perses les usages de leurs rois, comme les droits de Nowruz 89, de Mihrajan 90, les impôts, les salaires, les droits de trésorerie, etc. Ils devinrent aisés, gras comme de la graisse de rognon, et aimèrent l'islam et les musulmans, ne voyant rien de mal jusqu'à ce que Zadan Farrukh 91, un des leurs, écrivit à al-Hajjaj 92 qui les traita selon les usages de leurs rois. Ils dirent alors : « Nous n'avons cessé d'être en bien avec les musulmans jusqu'à ce qu'un homme des nôtres s'interpose entre nous et eux. Il en fut comme on dit : une hache fut jetée parmi des arbres, et les uns dirent aux autres : "Qu'a-t-elle à faire parmi nous ?" Un arbre répondit : "Elle ne nous fait pas de mal tant qu'aucun des nôtres n'est en elle." » Les rois perses et romains s'étonnaient de voir le souverain des musulmans se lever avec une baguette 93 et un manteau rapiécé 94, et vaincre les tyrans et les détenteurs d'un pouvoir ancestral, les maîtres de la stratégie, de la politique et de l'organisation, les possesseurs de trésors. Ils apprirent que les trésors étaient apportés à Omar, qui les distribuait sans les thésauriser. Quelqu'un lui dit : « Ô Commandeur des croyants, si tu mettais de côté une réserve de cet argent pour un imprévu ? » Il lui répondit : « Parole que le Diable a mise sur ta langue ! Cela ne me nuira pas, mais c'est une tentation pour ceux qui viendront après moi. Ils thésauriseront pour un imprévu. » La crainte d'Allah, l'obéissance à Lui et à Son Messager suffisent. Il distribua l'argent et n'en accepta rien. Il exigeait de ses gouverneurs qu'ils soient équitables envers les gens, qu'ils prennent soin d'eux, les servent, visitent les esclaves et les faibles, et bien d'autres choses encore. Lorsque les rois romains furent chassés de Syrie et d'Égypte, et se retranchèrent dans les défilés et les passes, ils cherchèrent à le ménager et à correspondre avec lui, espérant l'apaiser par la douceur. Leurs envoyés venaient à Médine avec un groupe de musulmans stationnés aux frontières. Ils ne voyaient pour lui ni palais ni demeure qui le distinguât des autres gens ; ils ne voyaient que des huttes hautes comme un homme, faites de branches de palmier. Parfois, ils ne le trouvaient ni chez lui ni dans la mosquée. Les musulmans qui les accompagnaient disaient : « Où est le Commandeur des croyants ? » Ils répondaient : « Il était ici tout à l'heure, mais nous ne savons pas où il est allé. » Ils marchaient avec les envoyés romains à sa recherche dans la ville, et le trouvaient seul, dans un coin, occupé par les affaires des musulmans. Les Romains disaient aux musulmans : « C'est lui qui a chassé les Romains et les Perses de leurs royaumes ? Il n'a pas de palais, il marche seul et pieds nus, ne craint-il pas ces rois ? » Les musulmans leur répondaient : « Il est plus puissant que cela aux yeux des musulmans. » Ils retournaient alors vers leurs rois avec cette information, et ceux-ci se consultaient entre eux et avec leurs sages : « Avez-vous vu ou entendu dire qu'un souverain d'une telle puissance et d'une telle domination se soit levé avec une baguette et un manteau rapiécé ? » Ils disaient : « Non, nous n'avons jamais entendu ni imaginé cela ; si nous ne l'avions vu de nos yeux, nous ne l'aurions pas cru. » Yazdgard ibn Shahriyar 95, roi de Perse, dit à Rustum, le chef de son armée, lorsque celui-ci l'interrogea sur al-Nu'man ibn Muqarrin 96 et ceux qui étaient avec lui, et comment il les avait vus : « Je n'aurais jamais pensé qu'il y eût parmi les Arabes des hommes pareils. Leur intelligence ne le cède en rien à celle des Perses. Je les ai trouvés pleins de clairvoyance et de certitude dans leur affaire. Ils se sont engagés dans une voie dont ils ne se détourneront pas avant de l'avoir atteinte ou d'avoir péri. » Lorsque Sa'd triompha de Rustum et mit en déroute les armées perses, il se rendit à al-Mada'in 97, tandis que Yazdgard s'enfuit à Nahavand 98. Il s'entretenait avec ses intimes, s'étonnant sans cesse de la faiblesse des Arabes et de leur victoire sur les tyrans puissants, détenteurs d'un pouvoir ancestral et d'une sage politique, parmi les Romains et les Perses, de leur audace et de leur courage à les affronter tous à la fois, sans être intimidés par un roi au point de se concentrer sur lui avant de passer à un autre. Au contraire, ils les dominaient comme s'ils étaient un seul roi ou un seul souverain, et les frappaient, malgré leur mauvaise gestion et leur manque de prudence, contrairement à ce que font les rois prudents. Yazdgard disait : « Je pense que leur chef n'est autre qu'un messager d'Allah, comme il le prétend. Ne serait-ce que par l'obéissance des Arabes envers lui, alors qu'ils étaient dispersés et se dévoraient entre eux. » Yazdgard ibn Shahriyar leur reprochait leur mauvaise gestion et leur mauvais choix, car ils s'étaient attaqués à tous les rois à la fois, soulevant contre eux tous les habitants de la terre d'un seul coup. Ce n'est pas ainsi que les rois agissent ; ils visent certains aspects tout en ménageant d'autres, et se prémunissent contre chaque danger l'un après l'autre. Telle était la parole de Yazdgard ibn Shahriyar. Yazdgard ibn Shahriyar partit de Nahavand vers le Fars 99, organisa ses gouverneurs et ses partisans dans toutes les provinces, et projeta de soulever tous les Perses du Khorasan 100, de demander l'aide des Turcs et de revenir, de chasser les Arabes de ses royaumes, de se rendre dans leur pays, de tuer Omar, leur roi, et de les anéantir. Il quitta le Fars pour le Sistan 101, puis pour Merv 102, puis auprès du Khagan 103, roi des Turcs, dont il sollicita l'aide et avec lequel il se lia par mariage. Ses espions et ses agents allaient et venaient chez les Arabes, et ses messagers auprès des rois de ses provinces, les encourageant et leur ordonnant de combattre les Arabes, leur promettant de les secourir et de revenir vers eux. Mais eux blâmaient les Perses et les mages qui avaient payé la jizya et patienté face aux Arabes. Les Arabes et le roi des musulmans leur étaient plus chers que les rois perses, pour les raisons déjà évoquées, et parce que les rois perses se faisaient appeler « les seigneurs » 104 et autres.

Les serviteurs, et leurs livres étaient de la part des seigneurs aux serviteurs. Ensuite, les fondements de leurs religions 105 étaient, selon ce que Zoroastre enseigna au roi Bistâsf ibn Luhâsf : Dieu créa le monde, et lorsqu'Il l'eut créé, Il le trouva beau, puis Il réfléchit : « Y a-t-il un adversaire qui s'introduise contre Moi ? » Il dit : « La réflexion est mauvaise », et de Sa réflexion naquit Iblîs 106, qui se tint devant Lui. Et Il ne cessa de créer les ténèbres et les corps mauvais, comme les serpents, les scorpions, les maladies et les infirmités, en mettant en face de chaque création de Dieu une création de Lui-même. Lorsque Dieu créa la souris, Iblîs créa en face d'elle le chat, et ainsi de suite parmi les fables ridicules et sottes qui sont mentionnées chez eux, et qu'il a rapportées aux gens de leur part et qu'ils ont reçues d'eux, jusqu'à leur dire : Dieu descendit du ciel sur terre pour combattre Iblîs avec Ses anges, et Iblîs Le rencontra avec ses démons et Le combattit plus de mille ans ; Iblîs Le vainquit et L'assiégea dans l'un des jardins ; les anges intercédèrent entre eux pour la paix, et ils firent une trêve de sept mille ans, à condition qu'Il retourne au siège de Son royaume dans Son ciel et laisse Iblîs sur terre faire ce qu'il veut jusqu'à la fin de la trêve ; et les anges prirent l'épée de chacun d'eux et les égalisèrent. Tel est le fondement de leur religion, et il contient plus de sottise, d'ignorance et de stupidité que cela, comme cela est mentionné en ses lieux. Quant aux branches 107, ce sont : l'évitement de l'eau, la purification avec les urines, la vénération de l'eau, du feu et de la terre, la purification de la femme en période de menstrues et de celle en couches avec l'urine de vache ; cela est pris en charge par leur herbad 108, qui la dénude, la bénit, lave son sexe de sa main, voit de ses yeux, et reçoit d'elle un salaire bien connu et mentionné ; dans sa main, il a une plume de l'aigle qu'il introduit dans son sexe puis la retire pour voir, prétend-il, si elle est pure ou non. Il a légiféré pour eux le coït avec les chanteuses, et a imposé au mari de la femme, s'il veut voyager, de mandater quelqu'un d'agréé. Il a légiféré pour eux le mariage avec les mères et les filles, et leur a imposé l'obéissance aux rois et la soumission à eux en tout ce qu'ils leur ordonnent. Il leur a ordonné de célébrer le Nowruz 109 et qu'il est la plus grande des fêtes. Il a prétendu que les démons étaient apparents, mêlés aux gens, les tourmentant de toutes les manières, et qu'Iblîs avait pris les mesures et les limites 110 – c'est ce que les Perses appellent Qayma 111 – et il a prétendu qu'Iblîs avait pris les mesures et les limites des gens, de sorte qu'ils mangeaient sans être rassasiés, buvaient sans être désaltérés, allaient pour leurs besoins sans être guidés, et qu'il avait pris les lumières, si bien que le monde devint ténébreux pour eux, et d'autres nombreuses choses qu'il prétend qu'Iblîs leur a infligées, dont l'exposé serait long. Et que Jamshâd le Perse 112 demanda protection à Iblîs, entra dans son armée, lui donna des conseils, le servit, se rapprocha de lui, et se rapprocha par toute chose pour délivrer les gens de son mal ; et lorsqu'il devint son intime, il demanda les mesures et les limites qu'Iblîs avait prises, mais ne les trouva pas dans ses trésors ; et Iblîs, à cause de l'intensité de sa ruse, les avait avalées pour que la main de personne ne puisse les atteindre. Jamshâd le Perse s'en aperçut, et vit Iblîs alors qu'il était avec lui au pays de l'Inde, endormi seul, isolé de son armée ; il prépara des chevaux, introduisit sa main dans son anus, prit les mesures et les limites, et monta sur les chevaux. Lorsqu'il arriva au pays de Perse, le monde s'illumina, la terre s'humidifia après la sécheresse, et les mesures et les limites revinrent aux gens. C'est pourquoi ils allument des feux, versent des eaux, manifestent la joie et s'adonnent aux plaisirs lors des Nowruz. Et la main de ce Jamshâd le Perse devint noire d'un noir hideux et obscène à cause de son introduction dans l'anus d'Iblîs ; il la lava avec toute chose mais elle ne se purifia pas ; il se plaignit à Dieu, et Dieu lui révéla de la laver avec de l'urine de vache, et elle se purifia. Ils dirent : c'est pourquoi Zoroastre a légiféré le lavage de la femme en période de menstrues et de celle en couches avec l'urine de vache. Ils prétendirent que ce Jamshâd était antérieur à Zoroastre. Et il leur interdit de déflorer les vierges à cause de la blessure dans le sang – c'est ce qu'ils appellent Sûlâsm 113 ; celui qui, parmi eux, tient à sa religion, évite cela et recourt à des stratagèmes pour la déflorer, soit qu'elle le fasse elle-même avec son doigt ou autre, jusqu'à ce que le sang s'écoule. Et ils ont, dans leurs branches, d'autres abominations, comme la consommation de la bête morte, c'est-à-dire ce qu'ils attachent de la vache d'un lien solide, lui ordonnent de monter la montagne et lui disent : « Nous t'avons ordonné et t'avons excusée, mais tu n'as pas fait », puis ils la frappent jusqu'à ce qu'elle meure, puis ils la mangent ; c'est ce qu'ils appellent Yazdân Kusht 114, dont l'interprétation est « tué de Dieu », et d'autres de leurs sottises. Lorsque l'islam leur parvint, Hudhayfa, Salmân et d'autres parmi les individus n'avaient d'autre occupation que la lecture du Coran, son étude, son enseignement, se montrer aux gens, marcher dans les marchés et s'asseoir dans les chemins. Ils les interrogeaient sur ce qu'ils lisaient et sur ce qui était dans leur Livre, et ils l'interprétaient pour les traducteurs et pour ceux qui comprenaient, et ils le leur mentionnaient, et ils revenaient à leurs intelligences concernant ce qu'ils entendaient de la majesté de Dieu – qu'Il soit exalté et glorifié – et de Sa grandeur et de Ses signes en toute chose, comme dans Sa parole : « Et sur la terre il y a des signes pour ceux qui sont convaincus, et en vous-mêmes, ne voyez-vous donc pas ? » 115, et dans Sa parole dans la sourate Ar-Rûm : « Et parmi Ses signes », « Et parmi Ses signes », « Et parmi Ses signes », à plusieurs reprises, et ainsi de suite. La science des Compagnons 116 à ce sujet était plus grande que celle de ceux qui vinrent après eux. Les gens considérèrent des fondements solides que la raison atteste, et des branches pures qui invitent à s'attacher à leurs fondements ; ils trouvèrent que les Compagnons savaient ce qu'ils disaient, alors ils embrassèrent l'islam, se hâtèrent vers l'islam volontairement de leur propre chef, et combattirent dans le chemin de Dieu comme les gens l'ont connu ; et les restes de ce jour sont particulièrement au Khorasan. Et telle fut la voie des chrétiens en Égypte, en Syrie et en Arménie : les religions chrétiennes, dans leurs fondements, sont sur ces ignorances et ces mensonges, comme cela t'a été exposé précédemment, et leurs branches sont dans l'impureté et la souillure, comme tu l'as su ; et ils virent des Compagnons dans la discussion du Coran et l'assiduité à son étude, alors ils embrassèrent l'islam par choix et volontairement de leur propre chef, et combattirent dans le chemin de Dieu – qu'Il soit exalté et glorifié. Quant à l'élite des mages à Jûr et Istakhr 117, ils ont que Dieu est mort – que Dieu soit élevé au-dessus de leur parole – et qu'Il a laissé deux fils : l'un a dominé le ciel et c'est le bien, et l'autre a dominé la terre et c'est le mal. Or, le gouverneur de 'Umar – que Dieu l'agrée – lui écrivit en s'excusant du manque d'argent et disant : « Les gens ont embrassé l'islam et la capitation 118 a diminué. » 'Umar désapprouva cette excuse et lui écrivit : « Dieu a envoyé Muhammad – que Dieu prie sur lui et le salue – comme guide, et ne l'a pas envoyé comme collecteur ; Il l'a écarté et ne l'a pas employé pour son chagrin du manque d'argent et son avidité pour la collecte. » Et les califes du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – disaient à leurs gouverneurs : « Soyez des bergers pour les gens, et ne les collectez pas ; car Dieu nous a envoyés comme bergers et ne nous a pas envoyés comme collecteurs. Et après nous viendront des émirs qui deviendront collecteurs et non bergers ; et s'ils font cela, la pudeur et la loyauté disparaîtront, les bénédictions diminueront. Attachez-vous donc à l'islam. » Lorsque 'Umar entra en Syrie, les chrétiens et les rois byzantins qui y étaient et qui étaient restés sous la protection 119 en entendirent parler ; ils voulurent le voir, alors ils sortirent sur leurs mulets et leurs chevaux, dans leurs tenues, leurs montures et leurs vêtements. Ils virent les musulmans entrer les uns après les autres, et ils leur disaient : « Où est le roi ? » Ils leur répondaient : « Il est à l'arrière-garde. » Abû 'Ubayda et les émirs le rencontrèrent ; il arriva sur son chameau, avec un serviteur sur un autre chameau. Il parvint à une eau, descendit, ôta ses chaussures 120, prit la tête de son chameau et traversa l'eau à gué. Abû 'Ubayda lui dit : « Tu as fait une chose qui, aux yeux des gens de ce pays... » – comme si Abû 'Ubayda désapprouvait pour lui toute cette humilité et cette simplicité alors qu'il est le souverain des musulmans, et que leur ennemi est nombreux et le voit, et qu'il les a dépouillés de leur royaume et de leur puissance, et que leurs espions et leurs agents sont avec lui, voient cela et le rapportent au roi de Byzance ; et les Byzantins ont un grand soin de connaître la situation de leur ennemi, leurs soupçons sont mauvais, leur vigilance est constante, au point qu'ils ont, jusqu'à présent, malgré la faiblesse de l'islam et la disparition de ses gens, des espions et des agents qui se succèdent jusqu'aux confins du Khorasan, et dans tout l'islam, et quelqu'un qui va pour eux à La Mecque chaque année, assiste au pèlerinage et revient vers eux avec les nouvelles. 'Umar dit à Abû 'Ubayda : « Ha ! » en élevant la voix, « Si un autre que toi disait cela, ô Abû 'Ubayda ! Vous étiez la plus vile des nations, et Dieu vous a rendus puissants par l'islam ; et si vous cherchez la puissance par autre que Lui, Dieu vous humiliera. » Lorsqu'il arriva en Syrie et parvint à al-Jâbiya 121, il était sur un chameau gris, son crâne chauve luisant au soleil, sans turban ni calotte, entre deux poteaux ; sa monture était une peau de mouton najdi, qui lui servait de selle quand il montait et de lit quand il descendait ; sa besace était un manteau rembourré de fibres, qui lui servait d'oreiller quand il s'appuyait ; il portait une chemise de coton grossier 122 dont une partie était déchirée. Les émirs et les troupes le rencontrèrent dans leurs cortèges ; chaque fois qu'un émir le rencontrait et le saluait, il lui disait : « Passe », et le renvoyait. L'évêque le rencontra et dit à ses évêques en le voyant : « Que vos mères vous perdent ! Avez-vous vu un moine, un ermite ou un ascète comme celui-ci ? Celui-ci est le roi de la terre. Regardez-le et regardez son état. » Il avait dit à son gouverneur d'Adhri'ât 123 qui était venu le voir, alors que 'Umar portait une chemise de coton grossier : « Prends ceci, use-le et relève-le. » Il le fit, et lui coupa une chemise copte qu'il lui apporta et dit : « Ceci est ta chemise, et ceci est une chemise que j'ai coupée pour que tu la portes. » Il la toucha et la trouva douce, et dit : « Nous n'avons pas besoin d'elle. » Lorsqu'il arriva à Damas et que ce fut le vendredi, 'Umar dormit ; le gouverneur de Damas vint et demanda : « Que veut le Commandeur des croyants 124 porter pour la prière ? Portera-t-il autre chose que son vêtement qu'il avait ? » Ils dirent : « Non, il ne porte pas autre chose. » Le gouverneur désapprouva cela et craignit que les patrices et les rois de Syrie ne le méprisent, après la crainte qu'il inspirait dans leurs cœurs et son autorité parmi eux. Alors le gouverneur ordonna de laver sa chemise, car s'il se levait de son sommeil et la trouvait humide, il ne la porterait pas, et on lui en donnerait une autre, et il ne pourrait faire autrement que de la porter. Lorsque 'Umar se réveilla et voulut aller à la mosquée pour le vendredi, il demanda sa chemise et la trouva humide, lavée ; il les blâma pour cela. Ils dirent : « Nous t'apportons une autre. » Il dit : « Je ne porte pas d'autre. » Il l'essora, la porta et monta en chaire ; il avait tardé à cause de la chemise. Il se mit à essorer ce qui restait d'eau dedans alors qu'il était sur la chaire, et à étendre sa manche qui n'atteignait pas ses doigts – c'était une chemise grossière – et leur dit : « Ce qui m'a retenu, c'est que ma chemise a été lavée. » Lorsqu'ils le regardèrent, lui et sa majesté, ils se mirent à pleurer et à sangloter de tous côtés, disant : « Et il n'y a pas de monachisme comme celui de fils de Marie ! Et il n'y a pas de monachisme comme celui de fils de Marie ! » deux fois, « Nous n'avons pas vu de roi dans un monachisme plus étonnant que celui-ci. » Les Byzantins dirent : « C'est celui qui a vaincu la Perse et Byzance et pris les trésors de Kisrâ 125 et de César. » Le gouverneur de 'Umar dit : « Par Dieu, ce qu'il a fait fut plus impressionnant dans leurs cœurs et plus efficace que ce que nous voulions. Et la crainte de la religion et de la piété s'installa. »

Telle fut la conduite de ses califes et de ses soutiens, comme les Banû Muqarrin, Abû 'Ubayda, Mu'âdh ibn Jabal, Shuraḥbîl ibn Ḥasana, 'Utba ibn Ghazwân, Sa'd ibn Abî Waqqâṣ et leurs semblables parmi les devanciers et les suivants dans le bien, innombrables tant ils étaient nombreux. Quant à ceux qui désirèrent ce qu'Allah leur avait rendu licite et permis, comme 'Abd al-Raḥmân ibn 'Awf et ses semblables, ils donnaient et dépensaient dans la voie du bien, puis on ne distinguait pas, par humilité, entre eux et leurs serviteurs, ni entre eux et leurs serviteurs et leurs pauvres. Ils étaient, comme on l'a dit d'eux : « Ton espoir n'atteint pas ce que leurs mains droites ont acquis, et ton ambition ne s'élève pas là où leurs pas se sont dirigés. » Plus Allah les élevait et les honorait, plus ils gagnaient en crainte révérencielle et en vénération ; plus Il leur donnait autorité et pouvoir, plus ils se détournaient de ce bas monde et s'en contentaient peu ; plus Il les rapprochait et les distinguait, plus ils se rapprochaient de leurs sujets, étaient pleins de compassion pour les pauvres, de sollicitude pour eux et de miséricorde envers eux. 'Abd Allâh ibn Salâm et d'autres dirent à ceux qui s'étaient révoltés contre 'Uthmân, comme Ḥarqûṣ ibn Zuhayr, Khâlid ibn Muljam et Sawdân ibn Ḥumrân 126 : « Ô peuple, votre autorité se maintient par le fouet, et nous n'avons pas entendu parler d'une autorité qui se maintienne par le fouet avant lui. Si vous le tuez, elle ne se maintiendra que par l'épée. Ne dégainez pas l'épée d'Allah contre vous, car par Allah, si vous la dégainez, vous ne la rengainerez pas. Malheur à vous ! Votre ville est entourée par les anges d'Allah depuis que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, l'a habitée jusqu'à aujourd'hui. Par Allah, si vous le tuez, vous la quitterez. Ne chassez donc pas vos voisins parmi les anges. » Nous avons déjà dit auparavant que nous n'avons pas fait du renoncement du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, de ses califes et de ses Compagnons une preuve de la vérité de l'islam et de la prophétie du Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, car cela n'est prouvé que par les preuves que nous avons présentées et leurs semblables. Mais nous avons déduit de leur renoncement leur amour pour leur Prophète, que leur apparence était comme leur intérieur, leur secret comme leur public, leur clairvoyance dans leur religion, qu'aucun prophète parmi les prophètes, sur eux la paix, n'a eu de Compagnons semblables à eux, et qu'ils sont la meilleure communauté qu'on ait fait sortir pour les hommes. Sache que tu ne manqueras guère de trouver quelqu'un qui conteste ces récits que tu possèdes, par ignorance. Car ces récits que tu possèdes, depuis les paroles d'al-Walîd ibn al-Mughîra jusqu'à d'autres, sont tous parvenus de manière authentique, comme le Coran, bien que la plupart des gens ne le sachent pas. Ne vois-tu pas que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, a mené plus de cinquante expéditions, razzias et détachements, mais le grand public et ceux qui leur ressemblent n'en connaissent pas cinq ? Ils connaissent Abû Bakr al-Ṣiddîq parmi les Compagnons, mais ne connaissent pas Abû Ṭalḥa et Abû Qatâda 127. Ils connaissent parmi ses épouses Khadîja et 'Â'isha, mais ne connaissent pas Sawda bint Zam'a, Ṣafiyya bint Ḥuyayy et d'autres de ses épouses 128. En effet, qu'Allah prie sur lui et le salue, il épousa quinze femmes et mourut en ayant neuf. Il eut de Khadîja quatre filles : Zaynab, Ruqayya, Umm Kulthûm et Fâṭima 129. Il eut neuf oncles paternels, mais le grand public n'en connaît que trois. Il eut sept tantes paternelles, mais ils n'en connaissent qu'une. Et il y a beaucoup d'exemples semblables. Par « grand public », nous n'entendons pas ici les marins, les portefaix et les paysans, mais nous entendons ceux qui n'ont pas pratiqué ce métier, qu'ils soient califes, vizirs, commandants, secrétaires ou quoi qu'ils soient. Si l'on dit : « Cette religion, bien qu'elle ait triomphé de toutes les religions et qu'elle soit la plus forte et la plus puissante, ne les a pas extirpées ni déracinées. Il reste aux mains des Byzantins un reste de leurs royaumes, bien que l'islam en ait pris la plus grande partie et la majorité, et il reste aux mains des Indiens un reste. » On lui répond : « Il n'a pas dit qu'elle extirperait toutes les religions ni tous les royaumes jusqu'à ce qu'il n'en reste rien. Il a dit : "Pour la faire triompher sur toute religion" 130, et elle a triomphé et dominé, devenant la plus puissante, la plus manifeste et la plus forte. Ainsi, la condition de l'annonce est remplie. De plus, Il a prescrit le jihad à Sa communauté jusqu'au Jour de la Résurrection, ce qui indique qu'il reste un reste d'association. Ainsi, la vérité a entouré tout ce qu'ils ont dit. Il n'y a donc ici aucun défaut pour un contestataire. » Si l'on dit : « Les Byzantins ont repris la plupart de leurs royaumes que les musulmans leur avaient pris, au point que si l'on estimait ce qu'ils ont repris des îles de la mer et des places fortes terrestres en Syrie, en Jazîra, en Arménie et en Azerbaïdjan, cela formerait des pays peuplés allant de Kûfa à Bukhârâ. Ensuite, ceux du Ḥasâ, du Maghreb et de ce qui avoisine le Maghreb jusqu'à approcher l'Irak professent l'hostilité envers tous les prophètes et vouent à votre prophète Muḥammad une hostilité particulière, s'employant à anéantir sa Loi et à extirper son appel, comme cela est connu de qui examine et réfléchit, et comme ils ont laissé des traces dans le meurtre des musulmans et des pèlerins, et dans l'attaque de La Mecque, de Kûfa, de Basra, du Yémen, de l'Orient et de l'Occident, bien qu'ils se cachent sous l'apparence de l'ésotérisme. Comment donc serait-elle maintenant triomphante sur toutes les religions ? » On lui répond : « Si tous les gens de la religion apostasiaient, au point qu'il ne reste personne de tous les hommes sur elle, cela ne nuirait en rien à l'annonce qu'elle triompherait sur toutes les religions, car cette annonce et ce miracle se sont déjà réalisés comme il l'a dit et comme il l'a annoncé. Elle a donc triomphé sur toutes les religions. Lorsqu'elle a rempli ses conditions et atteint ses limites, elle n'a manqué à rien de ce qu'il a dit ou conditionné. » De plus, dans la domination des Byzantins, des Qarmates et d'autres ennemis de l'islam sur ce qu'ils ont dominé, il y a une autre preuve éclatante de sa prophétie. En effet, il a été mentionné qu'après le départ de ses Compagnons, puis de ceux qui les suivent, puis de ceux qui les suivent, et à la fin des temps, les clairvoyances des gens de cette époque s'affaibliront, ils détesteront la mort, leur amour pour ce bas monde et leur avidité à survivre s'intensifieront. Alors, leur ennemi dominera sur eux et les vaincra. Les récits à ce sujet sont plus authentiques et plus forts que toute chose forte, et ils sont nombreux. Leur transmission est comme celle du Coran, au point que lorsqu'il fixa les temps de la prière, il fixa un temps pour les gens d'Irak alors que l'Irak était aux mains des Perses, et un temps pour les gens de Syrie alors que la Syrie était aux mains des Byzantins, et de même pour les autres régions. Il mentionna la domination de sa communauté sur eux et la stabilité de leurs affaires, puis il mentionna leur perturbation, jusqu'à dire : « L'Égypte refusera son ardeb et son dinar, l'Irak refusera son dirham et son qafîz, la Syrie refusera ceci et cela », jusqu'à ce qu'il vienne dans le hadith : « Il vous expulsera comme vous les avez expulsés, kafran kafran », c'est-à-dire pays par pays et village par village, car les Syriens appellent les villages « kufûr », disant : Kafr Ṭâb, Kafr Thawbâ, Kafr untel, pour de nombreux villages. Jusqu'à ce qu'il mentionne la fin des temps, et que les nations se liguent contre sa communauté comme les convives se liguent contre leur plat. On dit : « Ô Messager d'Allah, est-ce à cause d'un petit nombre qu'ils seront attaqués ? » Il dit : « Non, ils seront plus nombreux que jamais, mais ce sera la faiblesse et la lâcheté. » On dit : « Ô Messager d'Allah, qu'est-ce que la faiblesse et la lâcheté ? » Il dit : « L'amour de ce bas monde et la haine de la mort 131. » Les gens de réflexion ont trouvé cela. En effet, Bâbak al-Khurramî, chef des Khurramites, originaire de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan, commença au début de son affaire en se cachant, prétendant être musulman et appeler à l'islam et au Mahdi de la famille du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue 132. Lorsqu'il devint fort et apparut, il fit ce qui est connu de lui. Il fatigua le pouvoir en son temps et l'épuisa. Al-Mu'taṣim, fils d'al-Rashîd, était alors au pouvoir. Bâbak envoya au roi des Byzantins, le flatta, le cajola et se rapprocha de lui en haïssant l'islam et les musulmans, disant qu'il ne s'était caché en se réclamant du Mahdi que par ruse contre eux et par moquerie d'eux. Il dit : « J'ai occupé le roi des Arabes à ton sujet, il n'a donc pas le temps d'attaquer ton pays. S'il se libère de moi, il se tournera vers toi. Saisis donc l'occasion pour le détourner de moi et moi de lui. » Le roi des Byzantins fit ainsi, marcha jusqu'à conquérir Lu'lu'a 133, et il eut sur les musulmans l'effet que l'on sait. Il y eut aussi, avec le maître des Zanj 134, une guerre semblable à l'époque d'al-Mu'tamid. En effet, le maître des Zanj occupa le pouvoir contre le roi des Byzantins, qui l'aida. Il saisit l'occasion, marcha et prit Lu'lu'a des mains des musulmans, une grande ville et une métropole importante. Le maître des Zanj prétendait être le Mahdi. Ses traces sont connues, sa conduite envers les musulmans est notoire : il donnait la sécurité puis les tuait après la sécurité, tuait les enfants, etc. Il prétendait être 'alide. Il prit Abû Ya'qûb al-Shaḥḥâm 135 et lui dit : « Pourquoi ne viens-tu pas, toi et tes compagnons, combattre avec moi, ordonner le bien et interdire le mal ? Mais vous, ô Mu'tazilites, vous êtes des hypocrites : vous dites ce que vous ne faites pas. » Abû Ya'qûb lui dit : « Je répondrai à cela si je suis en sécurité. » Il dit : « Oui. » Il dit : « Suis-je en sécurité avant et après la réponse, pour moi-même, ma famille et mes biens ? » Il dit : « Oui. » Il prit alors un engagement de sa part, puis lui dit : « Dis-moi, qui est meilleur, toi ou 'Alî ibn Abî Ṭâlib ? » Il dit : « 'Alî, bien sûr. » Il dit : « Qui est pire, celui qui t'ennemie ou celui qui ennemie 'Alî ibn Abî Ṭâlib ? » Il dit : « Celui qui ennemie 'Alî. » Il dit : « As-tu appris qu'il donnait la sécurité puis tuait ? Ils l'ont combattu, mais il n'a tué aucun prisonnier, n'a achevé aucun blessé, n'a poursuivi aucun fuyard, n'a capturé aucune descendance, n'a forcé aucune demeure. Les Kharijites vivaient avec lui, mais il ne les a pas attaqués en premier, bien qu'ils le déclarent mécréant. Tu devrais donc suivre sa voie, car tu prétends être de ses partisans. » Il lui dit : « Si je ne t'avais pas donné la sécurité, et sans ce qui est entre nous, je t'aurais tué. » Abû Ya'qûb se leva, sortit et s'enfuit, ne se fiant pas à lui. Avant de conquérir Basra, le maître des Zanj fréquentait les savants, s'asseyait avec eux et se rapprochait de leurs cœurs 136. Telle fut la voie de Sa'îd, qui se révolta au Maghreb à l'époque d'al-Muqtadir 137. Lorsqu'il se fut établi à Raqqâda, dans la région du Maghreb 138, et qu'il eut des armées, il correspondit avec le roi des Byzantins, le flatta, se montra amical et l'incita contre les musulmans. Il lui annonça qu'il posséderait tous leurs royaumes, extirperait la dynastie des Banû al-'Abbâs, et qu'il avait des frères partageant son opinion au Yémen, à Bahreïn, à Kûfa, dans les montagnes et au Khurâsân, et qu'il avait été investi du pouvoir sur eux. Il lui annonçait les malheurs qui frapperaient les musulmans. Il envoya une grande armée avec un de ses fils en Égypte pour la conquérir, et informa les Byzantins de cela. Ceux-ci envoyèrent une armée aux places fortes frontalières. Ces derniers soutenaient les premiers dans les places fortes, occupant et dispersant les musulmans. Cela se passait après l'an 300 de l'Hégire. Ils pensaient qu'Abû Sa'îd al-Ḥasan ibn Bahrâm al-Jannâbî, maître de Bahreïn, les aidait, car il partageait leur opinion et était de connivence avec eux 139. Ils pensaient qu'à la fin de l'an 300, ils triompheraient et domineraient tout l'islam, et que Sa'îd, au Maghreb, était le Mahdi, celui qui vaincrait et apparaîtrait. Ils écrivaient aux chiites en Irak et partout, disant : « Attendez-nous et soyez prêts, car nous ne tarderons pas. » Il arriva qu'Abû Sa'îd al-Jannâbî fut tué en l'an 301, contredisant leurs espoirs. Ceux qui avaient assiégé l'Égypte furent vaincus et retournèrent au Maghreb. Les Byzantins revinrent avec un grand nombre de captifs musulmans. Cela se passait en l'an 302. Puis ils revinrent en Égypte avec des armées encore plus grandes.

En l'an 307 140, les Byzantins revinrent aux frontières, brûlèrent et firent des captifs. Ceux-ci 141 ravagèrent Alexandrie et la Haute-Égypte, pillèrent, furent mis en déroute et repartirent. Les Byzantins prirent Mélitène et ses places fortes 142. Ceux qui étaient au Maghreb 143 les en félicitèrent et leur annoncèrent la bonne nouvelle de ce qu'Abû Tâhir ibn Abî Sa'îd al-Jannâbî 144 faisait subir aux musulmans, aux pèlerins, en arrachant la Pierre 145, en capturant les musulmans, en tuant les pèlerins et en dépouillant la Ka'ba. « Nous avons occupé les musulmans à leurs propres affaires pour qu'ils ne vous attaquent pas. » L'empereur byzantin écrivit aux musulmans une lettre à ce sujet, manifestant sa joie maligne face à ce qui était arrivé à Bassora, Koufa, La Mecque et ailleurs, à cause des attaques des Qarmates 146 contre les musulmans et de leur humiliation de l'islam. Ahmad ibn Yahyâ ibn al-Munajjim 147, compagnon du sultan, répondit à cette lettre, ainsi que 'Îsâ ibn Dâwûd ibn al-Jarrâh 148, vizir du sultan. Les descendants de ceux qui étaient au Maghreb, jusqu'à présent, persistent dans leur paix avec les Byzantins, leur proximité, leur trêve, leur rapprochement, et s'occupent à corrompre les musulmans et l'islam. Si un musulman des régions du Levant ou d'Égypte attaque les Byzantins et ramène des captifs ou un prisonnier, ce sultan 149 les prend, leur donne des vêtements d'honneur, les gratifie, les traite avec bonté, les honore et les place au rang le plus élevé, en disant : « Celui qui reste chez nous aura l'honneur ; celui qui veut retourner aura des présents et une protection. » Ils envoient dire à l'empereur byzantin : « Nous ne vous attaquons pas, nous ne nous en prenons pas à vous. Nous ne pouvons pas vous empêcher totalement de nous attaquer, ni repousser tout le monde de cela. Vous savez que celui qui vient chez nous, nous le renvoyons honoré vers vous ; celui qui préfère rester est dans la gloire et l'aisance. Nous avons des armées et des troupes sur terre et sur mer, nous sommes vos voisins, surtout depuis que nous sommes dans les régions du Levant et d'Égypte. Si vous vous dirigez vers une région où se trouvent nos troupes, elles l'évacuent et vous la laissent. » Ils ont avec eux plus de détails que cela. Nous avons seulement voulu montrer la vérité de sa parole — que la paix soit sur lui — selon laquelle sa communauté, à la fin des temps, aimera la vie d'ici-bas et la survie, sera abandonnée, et les nations se ligueront contre elle. Ceci est un aspect de ses miracles. **Un autre aspect [concernant le verset : « Fais donc ce qui t'est ordonné et détourne-toi des associateurs »]** C'est Sa parole : « Fais donc ce qui t'est ordonné et détourne-toi des associateurs. Nous te suffisons contre les railleurs » 150. Les Qurayshites et les Arabes s'étaient consacrés à lui nuire, délaissant toute autre occupation. Chaque groupe s'était réservé un type de nuisance, comme le faisaient aussi les Juifs. Cinq des notables de Quraysh s'étaient consacrés à la raillerie et à empêcher, lors des saisons et des assemblées, qu'on l'écoute ou qu'on prête attention à sa parole. Ils étaient 151 : al-Walîd ibn al-Mughîra al-Makhzûmî, al-'Âs ibn Wâ'il as-Sahmî, al-Aswad ibn al-Muttalib al-Asadî, al-Aswad ibn 'Abd Yaghûth az-Zuhrî, et al-Hârith ibn at-Talâtila 152. Ils lui infligèrent une humiliation extrême. Il se plaignit d'eux à Dieu — qu'Il soit exalté — et Gabriel — que la paix soit sur lui — descendit et lui dit : « Dieu — qu'Il soit exalté — m'a ordonné de t'obéir ; ordonne donc à leur sujet ce que tu veux. » Il s'appuya contre la Ka'ba. Al-Walîd passa près de lui ; il [le Prophète] fit un geste vers la plante de son pied. Or, al-Walîd était passé près d'un homme de Khuzâ'a qui empennait des flèches ; il avait marché sur une pointe de flèche, en avait été malade, puis guéri. Cela se rouvrit et il mourut. Puis al-Aswad ibn al-Muttalib passa près de lui. Le Prophète — que la paix soit sur lui — avait une feuille verte à la main ; il la jeta au visage d'al-Aswad et dit : « Ô Dieu, rends-le aveugle et fais-le pleurer ses enfants. » Il devint aveugle et ses fils furent tués : Zam'a, 'Uqayl et al-Hârith ibn Zam'a. Puis al-'Âs ibn Wâ'il passa près de lui ; il fit un geste vers son pied. Il monta un âne pour aller à Tâ'if ; l'âne le jeta à terre, une épine entra dans son pied et il mourut. Puis al-Hârith ibn at-Talâtila passa près de lui ; il fit un geste vers son ventre. Il mangea du poisson salé et dormit. Au milieu de la nuit, il eut soif ; il se leva vers une outre d'eau, mit sa bouche sur son ouverture et but ; il ne fut pas désaltéré jusqu'à ce que son ventre se fendît et qu'il mourût. Nous savons qu'il y avait là ceux qui se moquaient de lui, et que Sa parole — qu'Il soit exalté — « Nous te suffisons contre les railleurs » 153 les a suffisamment traités. Il [le Prophète] leur a récité cela. Nous savons donc qu'il y avait des railleurs et qu'Il les a suffisamment traités. **Un autre aspect [concernant le verset : « Menez donc contre moi toute votre ruse, et ne me donnez aucun répit »]** Sa parole — qu'Il soit exalté — : « Menez donc contre moi toute votre ruse, et ne me donnez aucun répit » 154. Il leur rappelle ainsi la protection de Dieu pour lui, qui les empêche de le tuer, malgré sa solitude et la multitude de ses ennemis, leur désir de le tuer, de l'exterminer et d'éteindre sa lumière. Dieu les a détournés de cela, bien qu'ils l'aient tenté maintes fois et l'aient incité à cela. Considère cette audace et cette confiance en la protection de Dieu contre eux ! Cette parole exaspère, irrite, les incite à lui nuire, les pousse à le tuer et accroît leur désir de l'exterminer. C'est l'un des grands signes, plus grand que le détournement par Dieu de la ruse de Pharaon contre Moïse. Car les Enfants d'Israël en Égypte étaient six cent mille, suivant la religion de Moïse et l'approuvant, sans compter les vieillards, les femmes et les enfants, bien qu'ils fussent dominés par l'autorité de Pharaon. Moïse resta avec Pharaon après avoir proclamé la prophétie un an. Muhammad — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — resta à La Mecque quinze ans. Il vint à eux seul, isolé avec sa religion, en opposition à toutes les nations de son temps, sans se réfugier auprès d'aucune créature, sans l'approbation d'aucune nation ni d'aucun roi tyran. Si l'on dit : « Son oncle Abû Tâlib ne le protégeait-il pas ? », on répond : Cela ne porte pas atteinte à ce que nous avons mentionné, car il n'a pas dit que personne ne le défendrait ni ne serait affecté par ce qui lui arrivait. Il a seulement dit, dans sa solitude : « Je ne serai pas tué, et vous ne me tuerez pas, malgré votre ruse contre moi. Mon Seigneur m'en a informé. Il m'a dit : « Et quand Nous t'avons dit que ton Seigneur cerne les hommes » 155. Il m'a dit : « Dis-leur : « Menez donc contre moi toute votre ruse, et ne me donnez aucun répit » ». Il m'a dit : « Et Dieu te protégera des hommes » 156. Si la moitié d'entre eux avait été empêchée de le tuer, cela n'aurait pas porté atteinte à son annonce. La défense d'Abû Tâlib à son sujet renforce la preuve de son argument, car il n'était pas de sa religion, mais de la religion de ses ennemis. Malgré cela, il le défendait et disait aux Qurayshites : « C'est le digne de confiance, le généreux, le fidèle que vous connaissez. » Il intercédait auprès d'eux pour qu'ils cessent de s'en prendre à lui. Pourtant, ils le frappaient jusqu'à l'évanouissement et le traînaient. Il disait à ses filles qui pleuraient : « Votre père ne sera pas tué, mais il sera tourmenté. » Il disait cela à tout le monde. Son oncle Abû Lahab, al-Nadr ibn al-Hârith ibn Kalada, Ubayy ibn Khalaf, Umayya ibn Khalaf, 'Uqba ibn Abî Mu'ayt et d'autres Qurayshites s'en prenaient à lui, malgré le zèle d'Abû Tâlib à le défendre. Le Prophète — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — disait : « Vous n'obtiendrez pas plus que cela de moi. La fin sera pour moi. Je ne serai ni tué ni ne mourrai avant d'avoir triomphé. » Alors ils s'irritaient davantage contre lui et renouvelaient leur détermination à le tuer. Abû Jahl dit aux Banû Makhzûm : « Je vais tuer Muhammad. Si vous voulez, alors livrez-moi aux Banû 'Abd Manâf ; si vous voulez, laissez faire. » Ils dirent : « Nous ne te livrerons jamais pour quoi que ce soit. » Il guetta l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — jusqu'à ce qu'il le trouve prosterné. Il prit un rocher et marcha vers lui. Quand il s'approcha pour lui écraser la tête avec le rocher, le rocher colla à sa main et il s'enfuit. Dieu révéla à son sujet : « As-tu vu celui qui empêche un serviteur quand il prie ? … jusqu'à : Qu'il appelle donc son conseil » 157, car il était un ennemi notoire, un chef obéi. Vois comment Il lui dit : « Qu'il appelle donc son conseil ; Nous appellerons les gardiens [de l'Enfer] » 158. Ils l'avaient guetté pour le tuer des fois innombrables que seul Dieu connaît. Ce qui leur était le plus pénible, c'était quand il récitait le Coran, où il blâmait eux et leurs divinités, comme dans les sourates Sâd, Yâ Sîn, al-Furqân et autres. Alors ils s'agitaient et bouillonnaient à cause de cela. Cela était dur pour l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — à cause de sa solitude et de sa faiblesse, et parce qu'il connaissait leur violence et la dureté de leurs cœurs, jusqu'à ce que Dieu dise : « Et quand tu lis le Coran, Nous plaçons entre toi et ceux qui ne croient pas en l'au-delà un voile caché. Et Nous plaçons sur leurs cœurs des enveloppes qui les empêchent de le comprendre, et dans leurs oreilles une lourdeur. Et quand tu mentionnes ton Seigneur seul dans le Coran, ils tournent le dos en fuyant » 159. Il a dit : « Nous plaçons sur leurs cœurs des enveloppes qui les empêchent de le comprendre, et dans leurs oreilles une lourdeur » 160 à cause de la colère et de la rage qui les saisissaient à la récitation du Coran. Il attribua cela à Lui-même pour ce sens, non qu'Il ait réellement placé des enveloppes sur leurs cœurs ni une lourdeur dans leurs oreilles. C'est comme la parole de l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — : « Hûd et ses sœurs m'ont fait blanchir [les cheveux] » 161, à cause de ce qui lui arrivait en méditant ce qu'il en récitait, par crainte de Dieu et peur de Ses châtiments, non que Hûd et ses sœurs aient réellement fait blanchir ses cheveux. De même, sa parole — que la paix soit sur lui — : « Ton amour pour une chose rend aveugle et sourd » 162, non que l'amour rende réellement aveugle et sourd, mais quand on aime une chose, on va tête baissée sans réfléchir, on ne voit pas de ses yeux et on n'écoute pas pour entendre le conseil de quelqu'un. Dieu — qu'Il soit exalté — a dit : « Quand un avertisseur vint à eux, cela n'augmenta que leur fuite » 163. L'avertisseur ne produit pas en eux la fuite, mais comme ils fuient lors de son avertissement, on attribue leur fuite à lui. C'est une belle métaphore, bien connue dans la langue. Sa sécurité — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — parmi eux, dans cet état et le leur, est comparable à celui qui dit : « La preuve de ma véracité est que j'entre dans ce grand feu, j'y reste et j'en sors sain et sauf. » Telle était la situation de l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — avec ces nations. Il resta après avoir proclamé la prophétie à La Mecque quinze ans, au milieu de ces épreuves successives et de ces terreurs continues, sortant pour les saisons, se levant dans les assemblées, se présentant aux tribus, s'offrant lui-même, mentionnant ce à quoi il appelait, seul, avec Abû Bakr as-Siddîq, ou Abû Bakr et 'Alî ibn Abî Tâlib. Les Qurayshites le guettaient et le suivaient avec leurs hommes et leurs rusés pour le repousser et l'éloigner. Où était Abû Tâlib ? Combien Abû Tâlib pouvait-il faire face à ces tribus et clans qui le menaçaient, tandis qu'il ne cédait ni ne faiblissait ? Son oncle Abû Tâlib le blâmait pour ce qu'il faisait en s'opposant à la religion de ses pères, lui demandant de cesser et de se montrer conciliant, le suppliant, temporisant, le manœuvrant de toutes parts, lui faisant craindre leur violence et leur pouvoir, disant qu'il n'était pas en sécurité devant eux. Mais il ne cédait pas et disait : « Ô mon oncle, il ne m'appartient pas de transiger dans l'affaire de Dieu. » Le Prophète — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — pleurait à cause des longs reproches de son oncle et disait : « Je ne le ferai pas. » Quand son oncle lui disait : « Je crains pour toi à cause d'eux, je ne suis pas en sécurité contre la ruse des Qurayshites même si je te défends », le Prophète — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — disait : « Mon Seigneur m'a garanti de les détourner de moi. » Abû Tâlib disait : « Ô fils de mon frère, que ton Seigneur t'est obéissant ! » Il lui répondait : « Et toi, ô mon oncle, si tu Lui obéissais, Il t'obéirait. »

Abû Tâlib mourut, et le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) demeura après lui dans une situation de sévérité accrue de la part des siens, bien plus grande que du vivant d’Abû Tâlib, et leur rage était plus intense. Car le Coran continuait de descendre avec ce qu’ils détestaient, et certains d’entre eux répondaient au Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), ce qui redoublait leur rage et renouvelait leur détermination à le tuer et à l’anéantir. Ils s’efforçaient, se hâtaient, agissaient et s’agitaient, mais leur ruse ne leur servait à rien : « Et la ruse de ceux-là est vouée à la perdition 164 » (Coran 35:10). Ils avaient ourdi contre lui une immense ruse, comme Dieu Très-Haut l’a dit : « Et leur ruse était telle que les montagnes en auraient été ébranlées 165 » (Coran 14:46). Il n’aurait pas dit cela à leur sujet, alors que l’ennemi et l’allié l’entendaient, si cela n’avait pas été tel qu’Il l’a rapporté. À ce propos, Dieu Puissant et Majestueux dit : « Que celui qui pense que Dieu ne le secourra 166 ni dans ce monde ni dans l’au-delà tende une corde vers le ciel, puis qu’il la coupe, et qu’il voie si sa ruse fait disparaître ce qui l’irrite 167 » (Coran 22:15). C’est-à-dire : que celui qui pense que Dieu ne secourra pas Muhammad dans ce monde et dans l’au-delà, et qu’Il ne tiendra pas pour lui ce que Muhammad prétend, qu’il s’efforce de toutes ses forces et dépense toute son énergie à anéantir Muhammad, à éteindre sa lumière et à chercher un mensonge de sa part, puis qu’il voie s’il trouve ce qui apaise sa rage. Il ne trouvera pas cela, mais il trouvera ce qui redouble sa rage. Cela aussi fait partie de ces motifs qui poussent à le tuer et rappellent son anéantissement. Combien de fois celui qui répondait au Messager de Dieu subissait-il humiliation, coups, avilissement, faim, soif, rudesse, insultes et toutes sortes de maux dont l’exposé serait long, et qui sont mentionnés en leurs lieux, bien connus et sans aucun doute pour les gens de science. Au point que quelqu’un comme ‘Uthmân ibn ‘Affân, malgré sa grande richesse, ses liens de parenté, l’honneur de son clan, sa clémence et sa patience, ne pouvait rester à La Mecque. Il s’enfuit donc en Abyssinie avec Ruqayya, fille du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui). De même, Ja‘far ibn Abî Tâlib, Abû Hudhayfa ibn ‘Utba ibn Rabî‘a, et Umm Habîba Ramla bint Abî Sufyân, mère des croyants. Az-Zubayr s’enfuit aussi, malgré son honneur et son courage, ainsi que tous ceux que tu voudras parmi les notables et les nobles : ils ne purent rester en ces lieux, dans cet état. Qu’en est-il alors des clients 168 et des pauvres, alors que Quraysh les poursuivait, traversait les mers à leur recherche, et eut avec le Négus ce qui est connu ? Ceux qui émigrèrent à Médine furent suivis : s’ils les trouvaient en chemin, ils les ramenaient de force ; s’ils les trouvaient à Médine, ils les trompaient, leur demandaient de rendre visite à leur famille, les attendrissaient sur leurs parents, les incitaient à maintenir les liens de parenté, et les rassuraient sur leur vie et leur religion tant qu’ils resteraient avec eux. Combien de ceux qui leur répondirent et se laissèrent duper furent, une fois ramenés, enchaînés avec des fers et torturés ! Et celui qui sentait que son fils s’était converti à l’islam l’enchaînait, comme le fit Suhayl ibn ‘Amr avec son fils Abû Jandal après l’hégire, et comme le fit Abû Uhayha Sa‘îd ibn al-‘Âs avec son fils Khâlid ibn Sa‘d. Abû Bakr as-Siddîq le rencontra et reconnut la beauté de son islam, et il lui répondit. Son père apprit sa conversion et envoya des gens à sa recherche ; ils l’informèrent qu’ils ne le trouvaient pas. Il dit : « À at-Tâ’if ! » Ils allèrent à at-Tâ’if mais ne le trouvèrent pas. On l’informa qu’il se tenait en haut de La Mecque, dans le ravin d’Abû Dharr, debout en prière. On l’amena à son père, qui le réprimanda, le blâma, le frappa avec une baguette qu’il tenait à la main jusqu’à la briser sur sa tête, puis lui dit : « Tu suis Muhammad alors que tu vois son peuple s’opposer à lui, et ce qu’il a apporté comme critique de leurs divinités et de leurs ancêtres défunts, et sa prétention que les hommes, après leur mort, ont une demeure où ils entrent pour y demeurer éternellement ? Qu’y a-t-il de plus étonnant que cela ? » Ses sœurs et sa famille étaient témoins, et ils le renvoyèrent à son père. Khâlid dit : « Je l’ai suivi, et par Dieu, Muhammad dit vrai. » Son fils discuta avec lui, et Abû Uhayha se fâcha, insulta son fils et le maudit, puis dit : « Va, ô stupide, où tu voudras. Par Dieu, je te priverai de nourriture. » Il dit : « Dieu me donnera de quoi vivre. » Il le fit sortir et dit à ses fils : « Que personne parmi vous ne lui parle, sinon je lui ferai ce que j’ai fait à celui-ci. » Khâlid sortit et rencontra Abû Sufyân Sakhr ibn Harb, qui lui dit : « Tu as fait cela, ô Khâlid ? Tu n’as pas remercié ton père, et tu as détruit l’honneur qui t’était dû. » Khâlid dit : « Au contraire, j’ai reconstruit cet honneur. » Il dit : « Tu es un jeune garçon inexpérimenté. Si le châtiment s’était abattu sur toi, tu aurais cessé. » Khâlid se rendit auprès du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) et resta avec lui. Ceux de ses supérieurs qui le rencontraient le blâmaient et jugeaient insuffisant ce que son père avait fait en le laissant, disant qu’il aurait dû lui infliger des maux et persévérer contre lui. Abû Jahl vint à lui et dit : « Ô Abû Uhayha, je ne sais si tu as faibli, si tu as perdu la raison, ou si la faiblesse sénile 169 t’a atteint. » Il dit : « Qu’y a-t-il ? » Il dit : « Tu laisses ton fils suivre Muhammad, alors que tu es le chef de Quraysh, son grand et celui qu’on y obéit ? Ainsi nos jeunes deviennent audacieux envers nous et disent : “Voici le fils d’Abû Uhayha qui s’est converti, et il ne lui a rien fait.” » Il dit : « Non, je n’ai pas faibli. Je suis le plus fort des Quraysh en âme, le plus nombreux en nombre et en richesse. Quant à ton dire : “Tu as perdu la raison”, quel est ton avis à son sujet ? » Il dit : « L’emprisonner et le contraindre. » Il dit : « Par Dieu, je l’ai frappé jusqu’à briser le bâton sur sa tête, et je l’ai privé de nourriture. C’est la chose la plus dure pour lui, mais je ne l’ai vu se soucier d’aucune d’elles. Quant à ton dire : “la faiblesse sénile”, certes la chose de Muhammad m’a irrité : il est de la meilleure lignée parmi nous, il a grandi parmi nous comme le meilleur des jeunes en belle parole, en honnêteté et en bon caractère. Puis il est venu avec une religion nouvelle, a divisé notre communauté, dispersé notre affaire, anéanti notre éclat et s’est montré audacieux envers nous. Et autre chose : si mon opinion est vraie – et elle est vraie – il sortira vers un peuple qui le renforcera, puis il entrera chez vous avec eux. » Abû Jahl dit : « Ne dis pas cela. Notre seul soulagement est de le faire sortir et de l’éloigner de nos demeures. Car s’il sort, notre union reviendra et nous retournerons à notre religion ancienne que suivaient nos pères. » Il sortit de chez lui en disant : « Abû Uhayha a changé. Ce n’est que la vieillesse. Ils n’ont osé cela contre lui que parce qu’ils ont senti une faiblesse. » Khâlid s’enfuit alors en Abyssinie. Je ne t’ai mentionné qu’une petite partie de ce qu’ils firent à leurs jeunes gens, à leurs enfants et à leurs êtres chers lorsqu’ils se convertissaient, et la sévérité des chefs parmi eux envers ceux qui n’exagéraient pas dans cela. Quant à ce qu’ils firent à Abû Bakr, malgré sa clémence, sa noblesse, l’étendue de son prestige et le grand nombre de ses amis parmi leurs chefs, puis à ceux qui viennent après lui, couche par couche, c’est plus grand que toute grandeur. [Un autre chapitre sur le verset sacré : « Et Nous avons écrit dans le Zabûr 170, après le Dhikr 171, que la Terre sera héritée par Mes serviteurs vertueux 172 » et comment les Compagnons du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) en héritèrent] C’est la parole de Dieu Puissant et Majestueux : « Et Nous avons écrit dans le Zabûr, après le Dhikr, que la Terre sera héritée par Mes serviteurs vertueux. Il y a là un message pour un peuple adorateur. Et Nous ne t’avons envoyé que comme miséricorde pour les mondes 173 » (Coran 21:105-107). Les Compagnons de Muhammad (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) en héritèrent comme Il l’a dit et comme Il l’a annoncé. Cela contient, en plus d’être une preuve de la prophétie de Muhammad (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), car dans les Livres que Dieu a fait descendre sur eux, il est mentionné que le dernier Prophète, issu de la descendance d’Ismaël fils de Hâjar fils d’Ibrâhîm, celui qui se lèvera de Fârân 174, est le plus puissant, le plus élevé et le plus victorieux de toutes les prophéties, et que ses serviteurs vertueux hériteront de la Terre, feront vivre la vérité, feront mourir le faux et humilieront les tyrans, comme cela est mentionné dans les Livres, mention qui a précédé comme preuve chez les savants. Cela a été rapporté par ceux qui se sont convertis, comme ‘Abdullâh ibn Salâm et ceux qui viennent après lui, couche par couche. Les savants ont écrit des ouvrages spécifiques sur ce sujet, comme Ahmad ibn Yahyâ ibn al-Munajjim 175, connu sous le nom d’an-Nadîm, comme Abû ‘Abdillâh Muhammad ibn Zayd al-Wâsitî le secrétaire, comme Abû Bakr az-Zuhayrî le secrétaire, comme Ibn Qutayba, et d’autres. Ils ont mentionné ces passages de ces Livres et ce qu’ils contiennent comme annonces et allusions. Si tu les veux, tu les trouveras ; et si tu as avec toi ce qui t’en dispense 176, c’est bien. Cela contient aussi une preuve de la validité du califat d’Abû Bakr, de ‘Umar, de ‘Uthmân, de ‘Alî, de leurs partisans et de leurs sectateurs, car Dieu a témoigné pour eux de la vertu et ils ont hérité de la Terre. Si l’on dit : « Certains en ont hérité qui ne sont pas dans leur état selon vous, jusqu’à ce que cela aboutisse aux Qarmates 177, aux Romains et à leurs semblables, et à ceux dont l’état se rapproche du leur, car ils ont dominé une grande partie de la Terre », on lui répond : « S’ils possédaient toute la Terre, cela ne nuirait pas à cette science et n’affecterait pas cette annonce, car Il n’a pas dit : “Seuls les vertueux en hériteront” ni “elle ne sortira pas des mains des vertueux.” » De même, Moïse dit à son peuple : « Cherchez secours auprès de Dieu et soyez patients. La Terre appartient à Dieu ; Il la donne en héritage à qui Il veut parmi Ses serviteurs, et la fin heureuse est pour les pieux 178 » (Coran 7:128). De même, Sa parole : « Et Nous avons fait hériter les gens qui étaient opprimés les extrémités orientales et occidentales de la Terre que Nous avons bénies. Et la belle parole de ton Seigneur s’est accomplie sur les Enfants d’Israël, pour leur patience 179 » (Coran 7:137). Or, elle est sortie des mains des Enfants d’Israël, et Nabuchodonosor, les rois de Rome et leurs semblables parmi les mécréants l’ont possédée. Cela n’est pas problématique. Sa parole à la fin du verset : « Et Nous ne t’avons envoyé que comme miséricorde pour les mondes » (Coran 21:107) t’apporte la science que les héritiers 180 de la Terre sont les gens de sa religion et ceux qui appliquent sa Loi. C’est une annonce, une bonne nouvelle et une promesse. L’annonce de Dieu ne ment pas, et Sa promesse ne manque pas. Dieu Puissant et Majestueux a donc témoigné de la vertu pour ceux que nous avons mentionnés. Or, chez les imamites 181 et les couches des rawâfid 182, Abû Bakr, ‘Umar, ‘Uthmân, les combattants de Badr, les émigrés, les auxiliaires, ceux qui les ont suivis et aidés à hériter de la Terre jusqu’à anéantir les nations et vaincre les rois de Perse, de Rome, des Turcs et autres nations polythéistes, étaient des mécréants, des associateurs, des chercheurs de ce monde, non de la religion. Ils auraient altéré le Coran, abrogé les textes, changé la Loi concernant la pureté, l’appel à la prière, la prière, ses moments, le jeûne, les successions, le mariage, le divorce, élevé ce qui n’était pas et abaissé ce qui était. Or, le témoignage de Dieu à leur sujet contredit ce que disent ces gens. Et toi, bien que Dieu t’ait fait connaître par ta raison la fausseté de leurs prétentions contre eux, connais-la aussi par l’audition : Dieu t’a apporté cela en plusieurs endroits du Coran et en dehors du Coran. Dans Sa parole Puissant et Majestueux : « pour le faire triompher sur toute religion 183 » (Coran 9:33, 48:28, 61:9) il y a aussi une preuve de leur pureté, de la profondeur de leur foi et de l’innocence de leur conduite. Ce sont eux qui ont fait triompher la religion, pris les royaumes et les provinces à ceux qui les précédaient, et ceux qui vinrent après eux revinrent à leur obéissance, versèrent le sang sur leur ordre, prirent et donnèrent selon leur parole. S’ils avaient été dans l’erreur, ce qui aurait triomphé aurait été la religion du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) sur toute religion ? Non, ce qui a triomphé est ce que ces Compagnons ont établi, tandis que la religion du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) que prétendent les rawâfid serait restée obscure, cachée, morte. Car celui que les imamites disent être la preuve et avec qui est la vérité était vaincu et opprimé, réduit au silence par la peur, selon leur prétention, de dire la vérité et d’appeler à la religion du Prophète, contraint de croire les menteurs et de démentir les véridiques, et de s’allier aux associateurs. Or, ce que ces Compagnons ont établi comme religion, Loi et Coran est ce qui triomphe sur les religions, et la preuve s’y tient jusqu’à maintenant. Si donc cette promesse de Sa parole « pour le faire triompher sur toute religion » avait été démentie, sache-le : cela contient la plus complète suffisance.

Ils disent : « Il n’est pas encore apparu ; son apparition ne s’achèvera qu’avec la venue du Maître du Temps 184. » La réponse à cela est de s’en taire et de s’en étonner, car il n’y a pas de débat avec celui qui persiste dans l’entêtement. Or, celui qui réfléchit sait bien que c’est un mensonge que de prétendre que la religion du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — était, à l’époque d’Abû Bakr, de ‘Umar et de ‘Uthmân, humiliée et morte, sa lumière éteinte et ses racines arrachées. Nous savons qu’à leur époque, les idoles furent brisées, les temples du feu détruits, les fêtes de Nourouz 185, de Mihrajân 186, du Salut 187 et de la Croix 188 abolies, le calendrier 189 déchiré et l’astrolabe 190 brisé. Ajouté à cela la beauté de leurs actions, nous avons la certitude que tel est le sens voulu de la religion de l’islam, et c’est là le sens de son apparition. Parmi les choses étonnantes, il y a que les partisans d’az-Zanjânî 191 le juge se sont couverts du chiisme 192, alors qu’ils sont animés d’une inimitié envers le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue —, qu’ils l’attaquent et cherchent à faire sortir les gens de sa religion par tous les moyens. Quand ils veulent assouvir leur vengeance contre nous, ils disent : « Maintenant, son affaire s’est dissoute et sa religion a été annulée », et ils invoquent ce qui est apparu comme suspension des peines légales 193, perception des impôts illicites 194, perpétration d’actes interdits, abandon du commandement du bien et de l’interdiction du mal. Ils disent : « Regardez les visages des Qurayshites 195 et leur attachement au calendrier et à l’astrolabe, leur retour vers les tenants de ces doctrines, leur recours à eux plutôt qu’à la consultation par le Coran 196 et au retour aux recommandations de leur Prophète, et autres choses que les rois et l’élite ont commises. » Si nous pouvions nommer les partisans d’az-Zanjânî et mentionner les Qurayshites qui ont suivi cette voie, ainsi que les cités qui ont été dominées par cela, cela serait plus apaisant et plus clair, mais nous n’en avons pas le pouvoir par crainte. Et Dieu est l’Assistant. Autre chapitre [sur le verset « Et avertis ta parenté la plus proche »] Parmi Ses signes, lorsqu’Il révéla : « Et avertis ta parenté la plus proche » 197, il les rassembla, se tint parmi eux, les harangua et les appela à abandonner la religion de leurs pères. Il leur mentionna ce qu’ils auraient comme félicité du Paradis s’ils répondaient, et ce qu’ils subiraient comme châtiment immédiat s’ils refusaient, et que Dieu enverrait contre eux une armée de Ses armées pour les combattre avec Son Messager et pour soutenir Sa religion, en plus du châtiment immédiat qui les attendait. Alors ils se fâchèrent, s’éloignèrent et allèrent trouver Abû Tâlib 198 en se plaignant et en proférant des menaces, disant qu’ils étaient plus nombreux en troupes. Dieu a mentionné cela dans Sa parole, rapportant d’eux : « A-t-il fait des divinités une seule divinité ? » 199 jusqu’à Sa parole : « Une armée qui, là, sera mise en déroute parmi les coalisés » 200. Cela fut révélé à La Mecque avant la guerre, et il en fut comme Il l’avait dit. Considère donc en quelle situation Il les menaça de leur défaite, et de quelle manière Il l’imprima dans leurs cœurs, les excita, les irrita et les affligea. Car c’était une situation où il était en leur pouvoir, prisonnier entre leurs mains, alors qu’ils étaient un peuple qui ne supportait pas l’humiliation, ne dormait pas sur une vengeance et ne persistait pas dans la colère contenue. Comment Dieu retint-Il leurs mains loin de lui, et le protégea-t-Il de leur ruse et de leur mal, alors qu’ils étaient dans cet état ? Retiens cela et ses semblables. Sache que les ennemis du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se réunirent, rassemblèrent leur ruse, lurent son Livre, et prétendirent qu’au début de son affaire, alors qu’il résidait à La Mecque, il n’avait ni contredit son peuple, ni provoqué leur colère, ni irrité, mais qu’il était conciliant et proche d’eux. Ne voyez-vous pas qu’il leur dit : « Et nous ou vous, nous sommes sur une guidée ou dans un égarement manifeste » 201, et qu’il leur dit : « À nous nos œuvres, à vous vos œuvres ; il n’y a pas d’argument entre nous et vous » 202 ? Ils dirent : « Il n’a menacé de guerre et n’a changé d’attitude que lorsqu’il fut à Médine et en groupe. » C’est ce que dit Ibn ar-Râwandî 203 lorsqu’il se réunit avec Lâwî le Juif 204, et ils furent aidés par leurs semblables parmi les malheureux, lorsqu’ils examinèrent, manœuvrèrent et complotèrent contre les musulmans. Ils se détournèrent des évidences par des interprétations 205 et appelèrent le livre où ils consignèrent cela et ses semblables le Livre du Réfutateur 206. Tout homme sensé qui a entendu les récits sait avec une science certaine, sans aucun doute, que lorsqu’il — que Dieu prie sur lui et le salue — prétendit à la prophétie et au moment où il revendiqua le message, il dévoila l’appel à la sincérité, déclara mécréant quiconque s’opposait à lui, affirma qu’il apparaîtrait et triompherait, qu’il aurait des groupes et des armées, qu’il tuerait ses ennemis et ses opposants et les humilierait, et que l’issue finale serait pour lui. Puis il confirma cela en en faisant un Coran récité. Parmi ce qui fut révélé à La Mecque à ce sujet, Sa parole : « Ou disent-ils : “Nous sommes un groupe vainqueur” ? Cette multitude sera mise en déroute et ils tourneront le dos » 207, Sa parole : « Une armée qui, là, sera mise en déroute parmi les coalisés » 208, Sa parole : « Et que leurs paroles ne t’affligent pas ; la puissance toute entière appartient à Dieu » 209, c’est-à-dire tu triompheras et ne seras pas vaincu, et Sa parole : « Permission est donnée à ceux qui sont combattus, parce qu’ils ont été injustes, et Dieu est certes capable de les secourir » 210 jusqu’à Sa parole : « Et à Dieu appartient l’issue finale des choses. » Car ils combattaient à La Mecque du combat le plus intense, et l’épreuve des musulmans y était plus rude : ils étaient frappés, piétinés, emprisonnés, et des groupes après groupes se rassemblaient pour se défendre, surtout lorsque ‘Umar embrassa l’islam, car ils trouvèrent en lui une force et il les protégea un peu, puis ils ne purent plus rester. Et de tels versets, révélés à La Mecque, sont nombreux. Ensuite, dans Sa parole : « Et nous ou vous, nous sommes sur une guidée ou dans un égarement manifeste », il y a un démenti et un égarement pour eux, comme la parole d’un homme à son adversaire lorsqu’il veut être doux avec lui pour qu’il se soumette et examine ce qu’il a, s’il est confiant dans son argument : « L’un de nous est dans le faux, l’un de nous est égaré et perdu. » Aucun homme sensé ne doute que c’est une allusion à son adversaire. De même, Sa parole : « Il n’y a pas d’argument entre nous et vous » est, dans cette parole, la plus forte dans l’établissement de l’argument contre eux. Médite la parole de Dieu — qu’Il soit exalté — : « Pour cela, appelle et sois droit comme il t’a été ordonné » 211 jusqu’à Sa parole : « Et ceux qui disputent à propos de Dieu après qu’on Lui a répondu, leur argument est nul auprès de leur Seigneur ; sur eux est une colère et pour eux un châtiment terrible » 212 et ce qui suit. C’est comme la parole d’un homme à son adversaire lorsque son argument apparaît, sa parole devient claire et le faux de ce qu’apporte son adversaire se manifeste : « Il n’y a plus de parole après cela, il n’y a plus de discours après cela, il n’y a pas d’argument entre nous. » Et il n’a besoin ni de témoin ni de preuve. Quelle plus grande honte que celui qui attaque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avec de telles choses, après avoir rassemblé leur ruse et épuisé leur effort ? Mais, à cause de leur extrême pauvreté, de leur manque de ressource et de la déception de leur effort, ils n’ont trouvé pour l’attaquer que le mensonge et la calomnie. Ce sont eux qui dirent à propos de Sa parole : « Et je ne sais ce qui sera fait de moi ni de vous » 213 : « Il a montré le doute dans son affaire et est revenu sur sa parole. » Or, tout homme sensé qui a entendu ses récits sait par nécessité, de par sa parole et son intention, qu’il n’y a de vérité que ce qui est avec lui, de lui, venant de lui et avec ses adeptes jusqu’au Jour de la Résurrection. On connaît cela de son intention avant même de connaître sa prophétie. Et cela a des analogues parmi ce qu’ils mentionnent. Je ne t’ai mentionné cela que pour que tu connaisses l’ampleur de la ruse des adversaires et l’évidence de leur honte. Ceux-là sont les plus extrêmes dans la recherche de ses défauts et dans le fait de s’y consacrer ; ils s’entraident et se soutiennent mutuellement, et ils ont quelqu’un qui dissipe leurs difficultés avec des biens, parmi les Juifs, les Chrétiens et autres ennemis du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et parmi ceux qui se couvrent du chiisme. Ils prenaient Ibn ar-Râwandî et ses semblables, dissipaient leurs difficultés, rassemblaient des livres pour eux, et leur amenaient quelqu’un pour les aider et écrire pour eux et d’après eux. Autre chapitre [sur le verset « Et dis : “Seigneur, fais-moi entrer par une entrée de vérité et fais-moi sortir par une sortie de vérité” »] Parmi ce qui est venu de Ses signes, et ce qu’Il a annoncé de sa sécurité, de l’établissement de son argument, de l’apparition de son affaire et de sa religion sur toute religion, Sa parole dans la sourate des Enfants d’Israël 214, qui est mecquoise : « Et dis : “Seigneur, fais-moi entrer par une entrée de vérité et fais-moi sortir par une sortie de vérité, et accorde-moi de Ta part un pouvoir secourable.” Et dis : “La vérité est venue et le faux a disparu ; le faux est certes destiné à disparaître.” » 215 Médite donc ce qu’il y a dans cette parole comme mépris de l’adversaire, humiliation, excitation, irritation, provocation et supériorité sur lui, et qu’il est confondu, sans argument ni mouvement, alors qu’ils sont les plus ardents à le démentir, à le confondre, à l’extirper et à éteindre sa lumière. De même, Sa parole : « Dis : “La vérité est venue ; le faux ne commence rien et ne recommence rien.” » 216 C’est-à-dire : ta vérité les a rendus muets, les a fait taire et les a tués, au point qu’ils ne trouvent aucun moyen de te démentir. Cela est plus dur pour Quraysh et les Arabes que les coups d’épées et la chute des flèches, alors qu’ils sont connus pour leur dureté de cœur et leur fuite devant la honte. De même, Sa parole : « Tu ne fais pas entendre les morts, et tu ne fais pas entendre aux sourds l’appel quand ils tournent le dos » 217, et Sa parole : « Et tu n’es pas celui qui fait entendre ceux qui sont dans les tombeaux » 218. Médite cela, car c’est une parole concise qui contient des sens immenses. Le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « J’ai reçu les paroles globales 219 et il m’a été résumé en abrégé. » Si cela leur était parvenu de la part du roi de Chine ou de Rome, ils n’auraient pas patienté sans défendre leur gloire et se justifier. Qu’en est-il donc de quelqu’un qui est parmi eux, en leur pouvoir, et qui est des leurs, et qui a revendiqué ce qui contient toute la préséance et la seigneurie, et n’a rien laissé qui les irrite, les fâche et rabaisse leurs dignités et celles de leurs pères sans l’avoir apporté et commis, et les a contraints à le démentir et à établir un argument contre lui, mais ils n’ont trouvé aucun moyen d’y parvenir ? Il leur parvenait que Kisrâ 220, roi de Perse, traitait les Arabes d’insensés et méprisait leurs esprits, ce qui les inquiétait et les attristait, et ils lui envoyaient quelqu’un pour demander la permission de parler en sa présence de ce qui leur était parvenu de lui, et ils ne patientaient pas, bien qu’ils fussent vaincus et dominés, et que les rois les attaquaient et les dépouillaient 221. Personne ne pleure à cause de la satire et ne s’afflige de l’humiliation autant que les Arabes, surtout Quraysh. Qu’en est-il donc d’eux avec un homme qui persiste à les attaquer pendant vingt-cinq ans avec un Livre qu’il récite nuit et jour, comme Sa parole : « As-tu vu celui qui a pris sa passion pour divinité, et que Dieu a égaré en toute connaissance, et a scellé son ouïe et son cœur ? » 222, Sa parole : « As-tu vu celui qui a pris sa passion pour divinité ? Serais-tu pour lui un garant ? Ou penses-tu que la plupart d’entre eux entendent ou raisonnent ? Ils ne sont que comme des bestiaux, mais ils sont plus égarés du chemin » 223, comme Sa parole : « L’exemple de ceux qui ont mécru est comme celui qui crie après ce qui n’entend qu’appel et voix ; sourds, muets, aveugles, ils ne raisonnent donc pas » 224, comme Sa parole : « Nous avons destiné pour l’Enfer beaucoup de djinns et d’hommes ; ils ont des cœurs avec lesquels ils ne comprennent pas, ils ont des yeux avec lesquels ils ne voient pas, ils ont des oreilles avec lesquelles ils n’entendent pas ; ceux-là sont comme des bestiaux, mais ils sont plus égarés ; ceux-là sont les insouciants » 225, et bien d’autres semblables. Médite-les, tu les trouveras. Et médite ce qu’il y a dans cela comme confiance en la vérité, appel à la recherche et à la réflexion, et présentation de ce qu’il a aux esprits des intelligents pour qu’ils examinent ce qu’il leur a apporté. Or, celui qui est dans le faux ne fait pas cela.

Médite donc sur les doctrines des chrétiens et des mages : ils s'abstiennent de la recherche, de l'examen, de l'investigation et du raisonnement analogique 226. De même font les philosophes : ils interdisent à leurs disciples de fréquenter les théologiens dialecticiens 227 en disant : « Ceux-ci sont des sophistes », et ils se contentent de leur propre satisfaction et de l'admiration de ce qu'ils possèdent. Considère cette secte des Qarmates 228 qui a couvert la terre, qui détient le pouvoir et a séduit les nations : comment ils font jurer ceux qui leur répondent de taire ce qu'ils leur enseignent, de ne le divulguer à personne, de ne se plaindre de leur état à quiconque, et de ne soumettre ce qu'ils ont à personne pour voir ce que celui-ci possède. Cela, malgré le pouvoir écrasant et le fait qu'ils se couvrent de l'islam. Médite donc sur ce que cela implique. Les Qurayshites 229 furent à bout de ce qu'ils entendaient de lui — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — nuit et jour. Ils guettaient sa mort, mais il ne mourait pas ; ils tentaient de le tuer malgré son isolement, mais n'y parvenaient pas. Ils décidèrent donc d'un commun accord de le boycotter, ainsi que les plus proches des Banu Hashim 230, croyants et mécréants, sauf ceux qui agissaient avec la même hostilité qu'eux. Ils rompirent tout lien commercial et matrimonial avec eux, leur interdirent d'acheter nourriture et boisson, les opprimèrent, les maltraitèrent, et les confinèrent dans un défilé 231 parmi les défilés de La Mecque, jusqu'à ce qu'ils tuent Muhammad ou qu'il leur soit livré pour qu'ils le tuent ou le mutilent. Ils scellèrent une alliance en ce sens et l'écrivirent dans un document qu'ils suspendirent dans la Maison sacrée d'Allah à La Mecque. Le Prophète — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — et les siens restèrent dans ce défilé pendant quatre années consécutives, subissant un siège sévère : rien ne leur parvenait pour se nourrir, sauf par ruse et en cachette, et personne ne pouvait en sortir pour un besoin, sauf en profitant d'une inattention des associateurs 232 ou de nuit. La peur les enveloppait : ils ne se sentaient en sécurité que d'une saison de pèlerinage à l'autre. Ses proches l'imploraient de se montrer conciliant envers son peuple des Qurayshites, de cesser de critiquer leurs divinités ou de revenir sur l'égarement de leurs ancêtres. Ils le menaçaient, mais il ne cédait pas ; il ne faisait que gagner en fermeté et en rigueur. Puis, après quatre ans, il les informa : « Mon Seigneur m'a révélé qu'Il a envoyé les termites 233 contre le document que les associateurs avaient rédigé ; elles ont dévoré toute partie où il était question d'ingratitude ou de rupture des liens, et ont laissé le reste. » Son oncle Abu Talib 234, qui était mécréant et suivait la religion des Qurayshites, lui dit : « Ô fils de mon frère, réfléchis à ce que tu dis, car je ne suis pas sûr, si ce n'est pas vrai, que notre peuple ne se montre pas encore plus dur envers nous et n'augmente pas ses persécutions. » Le Messager d'Allah — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — lui répondit : « Je ne t'ai dit que la vérité ; vaque à tes affaires. » Abu Talib descendit alors vers les Qurayshites alors qu'ils étaient dans leurs assemblées. Quand ils le virent, ils lui dirent : « Nous espérons, Abu Talib, que tu es venu pour une réconciliation et un bien, et que le fils de ton frère a cessé ses agissements et ce que nous réprouvons de sa part. » Abu Talib répondit : « C'est pour le bien et la réconciliation que je suis venu. » Lorsqu'il se fut installé dans l'assemblée, il dit : « Muhammad m'a informé — et par Allah, il n'a jamais menti avant de dire que son Seigneur l'a envoyé, alors qu'en serait-il maintenant ? — que son Seigneur lui a révélé cette nuit qu'Il a envoyé les termites contre le document que vous avez rédigé d'un commun accord contre nous ; elles en ont dévoré toute partie où il était question d'ingratitude, de rupture des liens et de péché. Regardez donc ce qu'il a mentionné : si les choses sont comme il l'a dit, alors de quel droit persistez-vous dans votre attitude ? » On apporta le document, on l'ouvrit, et on le trouva comme le Prophète — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — l'avait rapporté de son Seigneur. Les associateurs furent humiliés, les musulmans se réjouirent, et Allah soulagea les Banu Hashim, qui sortirent du siège qu'ils subissaient et retrouvèrent leur situation antérieure. Ce fut l'une des grandes victoires. L'affaire de ce document est bien connue ; les gens de science la connaissent comme ils connaissent ce qu'al-Nadr ibn al-Harith ibn Kalada 235 avait écrit des récits de Rustam et d'Isfandiyar 236 lorsqu'il se rendit chez les Perses pour se plaindre du Messager d'Allah — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — et apporter des arguments pour contredire le Coran. De même qu'ils connaissent ce que le Messager d'Allah — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — écrivit à Kisra 237, roi de Perse, avec 'Abd Allah ibn Hudhafa al-Sahmi 238 ; ce qu'il écrivit à César 239 avec Dihya ibn Khalifa al-Kalbi 240 ; ce qu'il écrivit au Muqawqis 241, roi d'Égypte, avec Hatib ibn Abi Balta'a 242 ; et ce qu'il écrivit au Négus 243, roi d'Abyssinie. Les gens de science ne doutent de rien de ce qui concerne ce document, pas plus qu'ils ne doutent de ce que nous avons mentionné précédemment. Sache-le donc : c'est l'une de ses preuves 244, et ne pense pas qu'il s'agisse de récits isolés 245 ; il est parvenu de la même manière que ces choses que nous avons mentionnées, qui sont venues comme le Coran, et qui ont leurs analogues. Notre intention était seulement de mentionner la sévérité des Qurayshites envers le Messager d'Allah — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — et les musulmans durant ces années : ils étaient pour eux comme un feu ardent. Les Compagnons 246 demandèrent au Messager d'Allah — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — la permission d'émigrer 247 et de fuir à cause des persécutions qu'ils subissaient. Il la leur accorda, sauf à Abu Bakr 248, qu'il retint pour lui-même, en lui disant : « Reste auprès de moi : peut-être Allah me permettra-t-il d'émigrer et tu seras avec moi. » Il resta donc. Abu Talib mourut, et les Qurayshites se montrèrent encore plus durs envers le Messager d'Allah — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — disant : « Jusqu'à quand supporterons-nous que Muhammad insulte nos dieux, nos pères et nos divinités ? Jusqu'à quand ne l'attaquerons-nous pas ? Ou bien nous l'emprisonnons, ou nous l'exilons là où bon nous semble, ou nous le tuons. Prenez ce qui nous soulagera de lui, et agissez sans tarder. » Ils se réunirent donc, entrèrent dans la maison de l'assemblée 249, gardèrent leur secret, et n'y firent entrer que ceux qu'ils avaient choisis parmi leurs hommes de confiance. L'un d'eux dit : « Examinez la situation de cet homme. Par Allah, il va bientôt vous amener ceux qui l'ont suivi parmi ses Compagnons, et vous entendez ses menaces : il dit qu'il vous dominera et dominera la terre. » L'un d'eux dit : « Enchaînez-le et emprisonnez-le, qu'il reste captif entre vos mains jusqu'à sa mort. » Un autre dit : « Expulsez-le de chez vous pour vous reposer de lui. » Un autre dit : « Ce n'est pas un bon avis. » Jusqu'à ce qu'Abu Jahl 250 dise : « Je vais vous donner mon avis : je pense que l'on prenne de chaque tribu un jeune homme vigoureux, que l'on donne à chacun une épée tranchante, et qu'ils le frappent d'un seul coup jusqu'à le tuer. Une fois tué, son sang se dispersera parmi toutes les tribus, et je ne pense pas que les Banu Hashim puissent faire la guerre à toute la tribu de Quraysh. Quand ils verront cela, ils accepteront le prix du sang 251 et nous le paierons ; ainsi nous nous débarrasserons de lui et nous reposerons. » Ils s'accordèrent sur cet avis, tandis que le Messager d'Allah — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — n'en savait rien, ni aucun des musulmans. Gabriel vint alors à lui, l'informa de ce qu'ils avaient décidé, et lui ordonna d'émigrer. Ils se rassemblèrent à sa porte, attendant que les jeunes gens se réunissent pour le tuer cette nuit-là. Il sortit alors qu'ils étaient à sa porte, récitant : « Nous avons placé une barrière devant eux et une barrière derrière eux, Nous les avons recouverts d'un voile : ils ne voient donc pas » 252. Il jeta de la terre sur leurs têtes et se rendit à la maison d'Abu Bakr en pleine chaleur 253, alors qu'il venait habituellement une fois par jour ; ce jour-là, il vint deux fois : une fois en pleine chaleur et une fois tôt. Il s'entretint en privé avec Abu Bakr et l'informa de ce que les Qurayshites avaient décidé et de ce que Gabriel lui avait apporté. Il lui dit : « Mon Seigneur m'a ordonné d'émigrer et de t'emmener avec moi. » Abu Bakr pleura de joie. Abu Bakr avait préparé deux montures qu'il engraissait avec des feuilles de palmier depuis que le Messager d'Allah — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — lui avait dit qu'il attendait l'ordre de son Seigneur concernant l'émigration. Ils sortirent tous deux de la maison d'Abu Bakr et se rendirent à la grotte 254. Les Qurayshites les cherchèrent mais ne trouvèrent ni l'un ni l'autre le matin de ce jour. Ils s'enflammèrent de rage, s'agitèrent, et se mirent à les chercher, ainsi qu'Abu Bakr, dans La Mecque, ses défilés et ses montagnes. Ils promirent à quiconque leur amènerait le Messager d'Allah — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — cent chamelles, et à quiconque leur amènerait Abu Bakr cent chamelles, qu'ils soient captifs ou morts. Le Messager d'Allah — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — avait dit à 'Ali ibn Abi Talib — qu'Allah l'agrée — : « Couvre-toi de mon manteau et couche dans ma couche : il n'y aura aucun mal pour toi, et ils ne pourront t'atteindre. » Le Messager d'Allah — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — et Abu Bakr se rendirent à la grotte, tandis que les Qurayshites les poursuivaient avec un traceur de pistes 255. Lorsque le Messager d'Allah — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — et Abu Bakr entrèrent dans la grotte, l'araignée tissa sa toile à l'entrée, couche après couche. Quand ils arrivèrent à l'ouverture de la grotte, accompagnés du traceur qui suivait leurs traces, celui-ci s'arrêta à la montagne de Thawr 256 : les traces s'interrompaient. L'un d'eux dit : « Entrez dans la grotte. » Umayya ibn Khalaf 257 dit : « Que voyez-vous dans la grotte ? Il y a une toile d'araignée qui existait avant la naissance de Muhammad. » Depuis lors, le Prophète — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — interdit de tuer l'araignée, disant : « Elle est une armée parmi les armées d'Allah. » Abu Jahl brûla de rage d'avoir laissé échapper le Prophète — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — et sa sottise le domina. Il dit : « Par Allah, je pense qu'il est près de nous et nous voit, mais une partie de sa sorcellerie a voilé nos yeux 258. » Description du récit de la grotte, d'après la compilation des deux Sahih 259 : Abu Bakr dit : « Nous voyageâmes toute la nuit, jusqu'à ce que le soleil fût haut dans le ciel 260 et que la route fût déserte, sans que personne n'y passe. Alors un grand rocher, ayant de l'ombre que le soleil n'avait pas encore atteinte, se dressa devant nous. Nous nous y arrêtâmes. J'allai vers le rocher, j'aplanis de ma main un endroit où le Messager d'Allah — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — pourrait dormir à l'ombre, j'étendis une peau de mouton 261 et dis : « Dors, ô Messager d'Allah, pendant que je nettoie les alentours pour toi. » Il s'endormit, et je sortis pour nettoyer autour de lui. Voici qu'un berger arrivait avec ses moutons vers le rocher, voulant la même chose que nous. Je le rencontrai et lui dis : « À qui es-tu, jeune homme ? » Il répondit : « À un homme de Médine. » Je dis : « Tes moutons ont-ils du lait ? » Il dit : « Oui. » Je dis : « Veux-tu traire pour moi ? » Il dit : « Oui. » Il prit une brebis ; je lui dis : « Secoue la mamelle pour enlever les poils, la poussière et les saletés. » — Al-Bara' 262 fit le geste de secouer d'une main sur l'autre. — Il trahit pour moi dans un gobelet 263 qui l'accompagnait une quantité de lait. J'avais une outre dans laquelle je puisais de l'eau pour le Prophète — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — afin qu'il boive et fasse ses ablutions. J'apportai le lait au Prophète — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — mais je répugnais à le réveiller de son sommeil ; je restai donc debout jusqu'à ce qu'il se réveille. Je versai de l'eau sur le lait pour qu'il refroidisse par le fond, puis je dis : « Ô Messager d'Allah, bois de ce lait. » Il but jusqu'à ce que je fusse satisfait, puis dit : « N'est-il pas temps de partir ? » Je répondis : « Si. » Nous partîmes après que le soleil eut décliné. Suraqa ibn Malik 264 nous suivit alors que nous étions sur un terrain plat. Je dis : « Ô Messager d'Allah, nous sommes rattrapés ! » Il dit : « Ne t'afflige pas, Allah est avec nous » 265. Le Messager d'Allah — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — invoqua contre lui, et sa monture s'enfonça jusqu'au ventre dans la terre 266. Suraqa dit : « Je sais que vous avez invoqué contre moi ; priez Allah pour moi, et je m'engage envers vous à repousser les poursuivants. » Le Messager d'Allah — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — invoqua, et il fut sauvé. Il retourna alors, et ne rencontrait personne sans dire : « Vous êtes débarrassés de ce qui est par ici. » Il ne rencontrait personne sans le faire rebrousser chemin. Puis il dit : « Voici mon carquois 267 ; prends-en une flèche, car tu passeras par mes chameaux et mes serviteurs en tel lieu ; prends-en ce dont tu as besoin. » Il répondit : « Je n'ai pas besoin de tes chameaux. » Nous arrivâmes à Médine de nuit. Les habitants se disputèrent pour savoir chez qui il descendrait. Il dit : « Je descendrai chez les Banu al-Najjar 268, les oncles maternels de 'Abd al-Muttalib 269 ; je les honorerai ainsi. » Hommes et femmes montèrent sur les toits, les serviteurs et les jeunes gens se répandirent dans les rues en criant : « Ô Muhammad, ô Messager d'Allah ! Muhammad est arrivé ! Le Messager d'Allah est arrivé ! » Voilà l'un de Ses signes 270 grandioses et éclatants, dont le Coran a parlé. Allah — qu'Il soit exalté — a dit : « Et quand ceux qui ont mécru complotaient contre toi pour t'emprisonner, te tuer ou t'expulser. Ils complotaient, et Allah complotait, et Allah est le meilleur des comploteurs » 271.

Et certes, les Quraychites 272 désespérèrent du Messager de Dieu et dirent qu'il serait inévitablement tué, lorsque les associateurs 273 s'obstinèrent, insistèrent et ourdirent cette ruse. Parmi eux, certains répugnaient à lui nuire et à le maltraiter, bien qu'ils ne crussent pas en lui, comme Jubayr ibn Mut'im 274. En effet, il pensait qu'ils le tueraient, alors il partit jusqu'à rejoindre un monastère parmi les monastères et y resta pour ne pas assister à son meurtre. Il séjourna chez eux, et ils l'interrogèrent sur son histoire et la raison pour laquelle il séjournait chez eux. Il les informa, leur raconta l'histoire du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et exposa son appel. Ils en furent étonnés, et leur chef lui dit : « Reconnaîtrais-tu sa ressemblance si tu le voyais représenté ? » Il dit : « Oui, je l'ai vu récemment. » Alors il lui montra des images couvertes, et il découvrait image après image en disant : « Le reconnais-tu ? » Il répondait : « Non », jusqu'à ce qu'il découvre une image qui ressemblait à la sienne. Jubayr dit : « Je n'ai jamais vu chose plus ressemblante à une chose que cette image ne lui ressemble, comme sa taille, sa beauté et la distance entre ses épaules. » Le chef lui dit : « Crains-tu donc qu'ils le tuent ? » Il dit : « Je pense qu'ils en ont déjà fini avec lui. » Le chef lui dit : « Non, par Dieu, ils ne le tueront pas, et il tuera parmi eux ceux qui veulent le tuer. C'est un prophète, et Dieu le fera triompher. Mais ton droit sur nous est établi, demeure tant qu'il te plaira. » Il demeura chez eux un certain temps. Puis il vint à La Mecque et trouva que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – avait échappé à leurs mains et s'était enfui à Médine. Il fut étonné de la parole du chef du monastère et accrut sa clairvoyance concernant l'affaire du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. Les Quraychites lui dirent, lorsqu'il arriva à La Mecque et que le Messager de Dieu était parti et avait échappé à leur ruse : « Ta situation nous est devenue claire, et nous avons connu ton affaire. Apporte les biens des orphelins qui sont chez toi et que ton père t'a confiés. » Il dit : « Je ne ferai pas cela jusqu'à ma mort, pour que mes enfants ne soient pas déshonorés à cause d'un dépôt. Mais je les leur remettrai. » Ils dirent : « Tu as une promesse envers Dieu et son alliance de ne pas manger de sa nourriture. » Il dit : « Oui. » Il vint à Médine, et la nouvelle parvint au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. Il entra chez lui et lui dit, entre autres : « Je te vois affamé. Apportez de la nourriture. » Jubayr dit : « Je ne mangerai pas avant de t'avoir informé. Si tu juges que je doive manger, je mangerai. » Il lui raconta ce qu'ils lui avaient imposé. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – lui dit : « Alors accomplis la promesse de Dieu et ne mange pas de notre nourriture, ne bois pas de notre boisson. » Jubayr rapporta le récit des gens du monastère et de l'image, et qu'il avait vu, avec l'image du Prophète, l'image d'Abou Bakr 275 qui tenait le talon du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. Il dit : « Les gens du monastère dirent : 'Reconnais-tu celui qui tient son talon ?' Je dis : 'Oui.' Ils dirent : 'Nous attestons que votre compagnon est un prophète et que celui-ci est le calife 276 après lui.' » En raison de la grandeur de ce signe 277, Dieu en a répété la mention, en disant : « Ô vous qui avez cru ! Qu'avez-vous ? Lorsqu'on vous dit : 'Élancez-vous dans le chemin de Dieu', vous vous appesantissez sur la terre. Agréez-vous la vie présente plutôt que l'au-delà ? Or, la jouissance de la vie présente n'est que peu de chose comparée à l'au-delà. Si vous ne vous élancez pas, Il vous châtiera d'un châtiment douloureux et vous remplacera par un autre peuple, sans que vous ne Lui nuisiez en rien. Et Dieu est puissant sur toute chose. Si vous ne le secourez pas, Dieu l'a déjà secouru, lorsque ceux qui ont mécru l'ont fait sortir, deuxième de deux, quand ils étaient dans la grotte, quand il disait à son compagnon : 'Ne t'afflige pas, Dieu est avec nous.' Alors Dieu fit descendre sur lui Sa sérénité 278 et le soutint par des armées que vous ne voyiez pas, et Il abaissa la parole de ceux qui ont mécru, tandis que la parole de Dieu est la plus haute. Et Dieu est Puissant, Sage. » 279 Il rappela ainsi aux croyants ce verset, la grandeur de ce miracle, ce qu'il impliquait, avec son salut de leur part, comment Il aveugla leurs regards lorsqu'il sortit alors qu'ils le regardaient, la sécurité de 'Ali – que Dieu l'agrée – comme il le lui avait dit, et ce qu'il en fut de la toile d'araignée. Dans le hadith authentique 280, Abou Bakr regarda les pieds des associateurs et dit : « Ô Messager de Dieu, si l'un d'eux regardait son pied, il nous verrait. » Il dit : « Ô Abou Bakr, que penses-tu de deux dont Dieu est le troisième ? » Considère Sa parole – qu'Il soit exalté et magnifié : « Si vous ne le secourez pas... », c'est-à-dire : vous avez connu Mon secours pour lui lorsque vous avez émigré et l'avez laissé seul avec son compagnon, alors J'ai annulé la ruse des associateurs malgré leur nombre et sa solitude, J'ai réalisé Ma promesse de le protéger et de le préserver, et J'ai rendu mensongères leurs paroles. Tel est le sens de Sa parole : « Et Il abaissa la parole de ceux qui ont mécru, tandis que la parole de Dieu est la plus haute. » Médite cela, car il contient des signes évidents et éclatants. Cette adresse, ce reproche et cette exhortation ne concernent que les croyants. N'entends-tu pas Sa parole : « Ô vous qui avez cru ! » ? De plus, il n'est pas permis de dire à l'ennemi : « Si vous ne le secourez pas... » Les savants des prédécesseurs 281 ont dit : Dieu a distingué Abou Bakr le Véridique 282 par la vertu de la patience sur tous les croyants, sans les pénaliser, comme s'Il disait : « Si vous aviez patienté comme il a patienté et ne vous étiez pas accordé de dispense, cela eût été meilleur. » Car la patience d'Abou Bakr est supérieure à la leur. Sa parole : « Ne t'afflige pas » n'est pas un interdit, mais une bonne annonce, comme Sa parole à Moïse et Aaron : « Ne craignez pas, Je suis avec vous, J'entends et Je vois » 283, et Sa parole à la mère de Moïse : « Ne crains pas et ne t'afflige pas, Nous te le rendrons » 284. Et Sa parole : « Dieu est avec nous », par le secours et l'assistance, comme Il dit : « Dieu est avec ceux qui Le craignent et ceux qui sont bienfaisants » 285. Abou Bakr, dans cette affliction, est louable car il craignait pour le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – le mal et la violence des associateurs. Dieu le récompensa en lui annonçant qu'Il était avec eux deux par le secours et l'assistance. Les gens de science ont dit, à propos de Sa parole : « Alors Dieu fit descendre sur lui Sa sérénité », c'est-à-dire sur Abou Bakr. Quant au Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – la sérénité était déjà sur lui auparavant. D'après le hadith de 'Abd al-Malik ibn 'Umayr, d'après Usayd ibn Safwan, 'Ali ibn Abi Talib – que Dieu l'agrée – dit, en faisant l'éloge d'Abou Bakr à sa mort : « Tu étais le deuxième de deux, son compagnon, celui sur qui descendit la sérénité, son compagnon dans l'émigration et dans les situations honorables. » Ils dirent, à propos de Sa parole : « et le soutint par des armées que vous ne voyiez pas » : Il soutint Abou Bakr comme Il soutient les croyants sans qu'ils ne les voient, et le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – lui annonça cela, il le sut et en fut certain par Son enseignement. Nous n'avons mentionné la situation d'Abou Bakr qu'à l'occasion du verset où il est mentionné, parce que les adversaires interrogent à ce sujet, et en raison de ton besoin de cela, et parce que ceux qui attaquent Abou Bakr de cette manière sont ceux qui attaquent le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – par ce que nous avons déjà mentionné et par des signes semblables sur lesquels ils interrogent. Ils ont fait de l'attaque contre Abou Bakr et ses semblables parmi les Émigrés 286 et les Auxiliaires 287 la voie la plus sûre pour le traiter de menteur, l'attaquer, semer le trouble à son sujet et en détourner, et la plus aisée pour semer le doute sur sa véracité et sa prophétie. Ce sont : Abou Shakir al-Dayçani 288, ses compagnons : al-Haddad, Abou 'Isa, Ibn al-Rawandi, et al-Husri 289. Ils ont tous des livres attaquant le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et soutenant l'imamisme 290 et les catégories des Rafidites 291. Et la voie pour connaître l'innocence d'Abou Bakr, des Émigrés et des Auxiliaires de ce dont ils les accusent est semblable à la voie pour connaître l'innocence du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – de ce dont ils l'accusent. Autre chapitre [Ce que contient le verset noble : « Celui qui t'a imposé le Coran te ramènera certainement à un lieu de retour » 292 comme promesse réalisée] Parmi Ses signes, Sa parole – qu'Il soit exalté et magnifié – à Son Messager – que Dieu prie sur lui et le salue : « Celui qui t'a imposé le Coran te ramènera certainement à un lieu de retour » 293. Le lieu de retour [ma'ad] d'un homme est son pays. On l'appelle ma'ad parce qu'il voyage dans les contrées et parcourt la terre, puis y retourne. De même, le lieu de retour [mathab] d'un homme est sa demeure, parce qu'il y retourne [yathubu] 294. De cela vient la parole de Dieu – qu'Il soit exalté et magnifié : « Et lorsque Nous fîmes de la Maison [la Kaaba] un lieu de retour [mathabah] pour les gens et un lieu de sécurité » 295, voulant dire qu'ils y retournent chaque année et à chaque moment, c'est-à-dire qu'ils reviennent pour le pèlerinage et la 'umra 296. Ce verset fut révélé au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – lorsqu'il sortit de La Mecque pour Médine. Sa sortie de La Mecque était triste à cause de la séparation de sa patrie. Dieu lui annonça la victoire et la domination, et l'informa qu'il retournerait à La Mecque. Il en fut comme Il dit et comme Il informa. Autre chapitre [Ce que contient le verset : « Dis : 'Si les hommes et les djinns se réunissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran...' » 297 comme défi permanent auquel nul n'a pu faire face] Parmi Ses signes, Sa parole – qu'Il soit exalté et magnifié : « Dis : 'Si les hommes et les djinns se réunissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne produiraient rien de semblable, même s'ils s'entraidaient les uns les autres.' » 298 Ils n'ont rien produit de semblable, malgré leur besoin de cela. Considère comment Il affirme catégoriquement qu'ils ne produiront rien de semblable. C'est un défi provocant qui irrite et fâche. Il contient de nombreuses choses invisibles que les astrologues experts ne peuvent produire, et qui ne peuvent se produire par hasard ni par divination 299. Si l'on dit : « Qu'objectez-vous à ce qu'ils aient produit quelque chose de semblable ? », on lui répond : « S'ils avaient produit quelque chose de semblable, cela serait venu comme le Coran, la connaissance en serait comme la connaissance du Coran, et cela serait venu comme les choses semblables parmi les affaires qui eurent lieu entre eux et lui, ce qu'il leur dit et ce qu'ils lui dirent. » Si l'on dit : « La domination et le pouvoir ont empêché de manifester cela, de le diffuser, de le transmettre et d'en parler, car il triompha et domina de son vivant, et Abou Bakr après lui tua Musaylima 300, réprima l'apostasie 301, captura Tulayha 302, conquit la Perse et Rome, humilia les ennemis de Muhammad – que Dieu prie sur lui et le salue – en tout lieu, les réduisit au silence et les musela 303, et honora ses alliés et ceux qui lui obéissaient. De même firent ceux qui vinrent après lui parmi les califes et les rois. Et comment pourriez-vous transmettre cela et le mentionner alors que vous le détestez et que cela annule votre parole et votre religion ? » On lui répond : « Tu n'ajoutes que des prétentions vides de toute preuve. Lorsque nous établissons pour toi la fausseté de ta première prétention, tu passes à une autre prétention. Tu as d'abord dit : 'Ils ont produit quelque chose de semblable.' Nous t'avons dit : 'Où est-ce ? Où est la connaissance de cela ?' Alors tu es passé à la prétention que la domination et le pouvoir ont empêché de le manifester et de le transmettre. Ta seconde prétention est comme la première. » De plus, notre preuve a montré qu'ils n'ont rien produit de semblable, ni rien qui s'en approche, ni rien qui l'égale. Il n'y a rien qui se transmette, ni qui se mentionne, ni qui se cache, ni qui se dissimule. Il n'y a pas de différence entre celui qui prétend cela et celui qui prétend que cent mille personnes ont produit quelque chose de semblable, mais que la domination les a vaincus et les a empêchés de manifester ce qu'ils ont produit.

Quant aux États et aux royaumes, ils ne font pas que les choses qui ont été et qui sont arrivées n'adviennent pas, et nous ne couvrons pas les affaires qui ont eu lieu. Aucun homme sensé n'espère cacher ce qui est de cette nature, même si sa divulgation lui nuit, que sa propagation l'afflige et le rabaisse dans son rang. Ne vois-tu pas que lorsque l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — a revendiqué la prophétie, a déclaré mécréantes les nations, a imposé de les combattre, a rendu licites leurs sangs, leurs biens et leurs femmes, cela les a affligés et leur a nui, a rabaissé leurs rangs et a fait disparaître leur autorité ? Ils auraient souhaité que cela n'ait pas eu lieu, mais ils ne l'ont pas caché, et n'ont pas espéré le dissimuler et l'ensevelir. Au contraire, ils en ont parlé à tout le monde, l'ont transmis, l'ont fait connaître et l'ont rapporté à ceux qui ne l'avaient pas entendu, car lorsque l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — a revendiqué cela et y a appelé, il n'avait pas de partisans qui perpétuent cela, le consignent par écrit et le transmettent ; c'était plutôt son ennemi qui le faisait. Considère cela à travers la poésie par laquelle il a été satirisé, et ceux qui l'ont satirisé parmi les poètes, et ce qu'il a subi de leur part : coups, insultes et tortures, ainsi que ceux de ses oncles et de ses compagnons qui ont été tués, et ceux qui ont revendiqué la prophétie après lui et en même temps que lui. Les musulmans ont transmis cela, l'ont perpétué et l'ont consigné par écrit, bien que cela les afflige et les peinent. Regarde les livres composés pour le démentir et pour attaquer lui et ses frères parmi les prophètes, qui ont été composés sous l'État islamique, et cela au moment où l'islam était le plus fort et le plus victorieux, comme ceux composés par al-Ḥaddād, al-Warrāq, Ibn al-Rāwandī, al-Ḥuṣrī, al-Kindī, al-Rāzī et leurs semblables 304, qui prétendaient contenir la preuve et l'argument pour invalider la seigneurie et démentir les prophètes. Tu les vois répandus et apparents, vendus dans les marchés des musulmans, sans qu'une seule lettre n'en soit supprimée. Tous les musulmans ont détesté cela, cela les a affligés, et ils auraient souhaité que cela n'ait pas eu lieu. Pourtant, ces livres étaient composés par des individus isolés, agissant en secret, craignant, sans divulguer leurs prétentions ni déclarer ouvertement leur composition, mais cachant leur nom et se faisant désigner par un surnom. Ils ne les confiaient qu'à un individu après l'autre, parmi leurs semblables, comme le fit Abū ʿĪsā avec ses livres, dont la traduction est l'œuvre d'al-Ġarīb al-Mašriqī 305. Aujourd'hui, ils sont aussi apparents que tu le vois, au point d'atteindre les extrémités de la terre, orient et occident. L'ennemi les diffuse pour argumenter, et les musulmans les diffusent pour les réfuter et y répondre. Tu sais donc que l'État et les royaumes n'ont pas d'effet sur la connaissance des choses qui ont été et qui sont arrivées. Par cela, tu apprends que l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — n'a commis ni faux pas, ni erreur, ni chute, ni trahison ; son pied n'a jamais glissé, son argument n'a jamais été vain, et aucun adversaire ne l'a jamais couvert de honte. Ce qui accroît ta connaissance à ce sujet, c'est que Muʿāwiya et ses semblables parmi les Banū Umayya ont été hostiles au Commandeur des croyants 306 et aux Banū Hāšim, les ont vaincus, se sont emparés du royaume de ce monde, et ont magnifié leurs personnes par tous les moyens possibles. Pourtant, ils n'ont pu conférer à Muʿāwiya un rang qu'il n'avait pas, alors qu'il était leur maître ; ils n'ont pu le faire compter parmi les Badriens 307 et les premiers 308, ni parmi les gens de l'Arbre 309, ni parmi les gens de la Šūrā 310, ni parmi les Émigrés 311 ni parmi les Auxiliaires 312, bien qu'ils eussent souhaité qu'il ait quelque chose de cela ou de ces rangs. Ils n'ont pu non plus le faire sortir de la catégorie des affranchis 313 et des fils d'affranchis, ni faire sortir le Commandeur des croyants de ses rangs : le fait qu'il soit parmi les premiers, les Badriens, les juristes, les savants, les ascètes, parmi les Dix 314, parmi les gens de l'Arbre, parmi les gens de la Šūrā, parmi ceux que les Émigrés et les Auxiliaires ont choisis pour l'imamat après ʿUṯmān. Ils n'ont pu non plus couvrir ce que ʿAlī a institué, imposé et appelé à faire : les combattre et lutter contre eux, bien qu'ils eussent souhaité que cela n'ait pas eu lieu, et que cela leur ait nui de tout le mal possible. Tu apprends donc que les États et les royaumes n'ont pas d'effet sur la connaissance des choses qui ont été et qui sont arrivées. Considère ce que Muʿāwiya a fait comme ruses pour parvenir au royaume : donner l'Égypte à ʿAmr ibn al-ʿĀṣ, revendiquer Ziyād 315, attirer à lui par des dons de ce monde des gens comme Ḏū l-Kalāʿ 316, Ḫālid ibn al-Muʿammar, Masqala ibn Hubayra 317 et autres semblables. Et considère ce qu'est un royaume acquis de cette manière. Regarde les Banū l-ʿAbbās : lorsqu'ils ont vaincu leurs ennemis les Banū Umayya, ils n'ont pu couvrir les mérites que ceux-ci possédaient, et les ennemis des Banū l-ʿAbbās n'ont pu couvrir les mérites que ceux-ci possédaient, comme l'organisation des pèlerinages, l'entretien des frontières, et autres de leurs mérites. Tu trouves que ce qui arrive comme défauts des rois, comme leurs trahisons et leurs injustices, et tout ce qui les atteint comme défauts et scandales, est apparent sous leur règne, malgré la persistance de leur royaume et la continuité de leur gloire. Considère cela peu à peu, tu le trouveras apparent et découvert, même si cela les irrite, rabaisse leurs rangs et porte atteinte à leur noblesse et à leur autorité, et qu'ils auraient souhaité que cela n'ait pas eu lieu. Il a été rapporté de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz — qu'Allah l'agrée — disant : « Quand tu vois un groupe se singulariser dans leur religion en dehors de la communauté, sache qu'ils sont sur la base d'un égarement 318. » Considère la situation de ces Bāṭiniyya 319 qui se sont couverts de l'islam 320, de la lecture du Coran, de la prière, du jeûne, du pèlerinage, et de l'affichage de l'attachement aux Gens de la Maison 321. Ils ont consolidé leurs affaires par le secret et par la prise de serments et d'engagements de la part de ceux qui leur répondaient. Ils ont évité de recruter des gens de lettres, des savants et des juristes, ont emprunté la voie de l'intermédiaire, et se sont dirigés vers les régions éloignées dont les habitants étaient dominés par l'insouciance, l'ignorance et la force. Ils ont visé les gens de luxe, d'orgueil, occupés par ce monde et le pouvoir, et se sont donné le beau nom de « shīʿa » 322, trompant les musulmans. Regarde donc leurs scandales malgré toutes ces précautions. En effet, Abū l-Qāsim al-Ḥasan ibn al-Faraḥ ibn Ḥawšab ibn Zāḏān al-Kūfī al-Naǧǧār 323 apprit que les habitants de ʿAdan Lāʿa et des montagnes de Lāʿa, au Yémen, étaient shīʿites. Il se rendit donc chez eux avec Abū l-Ḥusayn Muḥammad ibn ʿAlī ibn al-Faḍl, originaire de Ǧayšān, al-Ǧanad et al-Maḏīḫira, au Yémen 324. Ce dernier était l'un des notables et des chefs shīʿites de cette région. Il donna les moyens à Ibn Ḥawšab, et ils s'entraidèrent pour la daʿwa 325, chacun dans sa localité. Ibn Ḥawšab se fit appeler al-Manṣūr de la famille d'Aḥmad, et l'autre se fit appeler al-Walī. Ils restèrent un certain temps à se couvrir en pratiquant la Loi religieuse, puis apparurent d'eux l'ibāḥa 326, la nuit de l'Ifāḍa 327, les enfants de l'élite 328, le mariage avec les mères, les sœurs et les filles, la participation aux épouses, l'abrogation des Lois religieuses, et l'insulte des prophètes lorsqu'ils en avaient le pouvoir et la capacité. Puis éclata entre Ibn Ḥawšab et Ibn al-Faḍl une dispute mutuelle ; chacun désavoua l'autre, et chacun d'eux appela à lui-même en tant que dieu et seigneur. Ils firent la guerre, persécutèrent les ʿAlawides 329, les tuèrent et capturèrent leur descendance. Ces deux hommes avaient été installés par al-Ḥusayn ibn Aḥmad ibn ʿAbd Allāh ibn Maymūn al-Qaddāḥ 330, qui prétendait être l'imam, et qui était le calife de Muḥammad ibn Ismāʿīl ibn Ǧaʿfar 331. Il dit à ces deux-là et à d'autres qui partirent avec eux au Yémen : « Quand vous aurez pris le pouvoir et vaincu, je sortirai vers vous, et nous établirons le royaume au Yémen, et le Mahdī 332 apparaîtra au Yémen. C'est ainsi que nous avons rapporté des Gens de la Maison. » Lorsqu'ils furent établis au Yémen, Ibn Maymūn al-Qaddāḥ envoya vers eux al-Ḥusayn al-Ahwāzī, le dāʿī 333 de sa part, pour leur demander de l'argent à lui apporter. Ils lui en donnèrent une fois après l'autre. Puis il revint vers eux et leur fit savoir que le Ḥuǧǧa 334, calife de Muḥammad ibn Ismāʿīl, allait sortir vers eux pour les soutenir. Ils l'insultèrent et le repoussèrent, disant : « Nous savons que tout cela n'est que tromperie. C'est lui qui nous a fait connaître cela, et nous ne lui remettrons pas le royaume. » Il leur dit : « Quoi qu'il en soit, c'est lui qui vous a fait connaître cela et vous a délivrés des Lois religieuses et de l'islam. Remerciez-le donc et obéissez-lui. » Ils l'insultèrent, ainsi que celui qui l'avait envoyé. Le messager retourna vers al-Ḥusayn ibn Aḥmad et l'informa que ces gens avaient divulgué l'ésotérique 335, agi en conséquence, compris la chose, et s'étaient mutuellement insultés et couverts de honte. Puis Yaḥyā ibn al-Ḥusayn al-ʿAlawī — qu'Allah l'agrée — se prépara à les combattre. Ibn Ḥawšab était mort, et Ibn al-Faḍl resta seul ; il mourut, lui et son fils, devant Yaḥyā ibn al-Ḥusayn al-ʿAlawī, comme cela est mentionné. Leurs scandales sont célèbres chez les gens de science. C'est d'Ibn Ḥawšab que leur daʿwa se répandit au Yémen et au Maghreb. Considère ensuite leur scandale à al-Baḥrayn. Un de leurs dāʿīs se rendit chez les shīʿites qui s'y trouvaient et dit : « Je suis le messager du Mahdī auprès de vous. Sa sortie est proche. Préparez-vous et soyez prêts. Apportez-lui vos zakāt 336, vos dîmes et le surplus de vos biens. » Ils se rassemblèrent, au nombre d'environ huit cents, et lui donnèrent ce qu'il demandait. Il disparut, puis revint vers eux et les informa de la part du Mahdī : « Toutes les choses ont un ésotérique. Les élus du Mahdī n'ont rien d'interdit. Le Mahdī vous a rendu licite toute chose. Il est licite pour le croyant de partager avec son frère ses biens et sa lignée 337. Le signe de sa foi est qu'il se défasse de tout cela de bon cœur. » Parmi ceux qui leur répondirent se trouvait Abū Saʿīd al-Ḥusayn ibn Bahrām al-Ǧannābī 338. Il vendait de la nourriture et de la farine à al-Rāḏa, dans la région d'al-Baḥrayn. C'était un homme mauvais, pervers, ignorant, ne connaissant rien du Livre d'Allah, ni de la Sunna de Son Prophète, ni aucune science ; il ne s'occupait que de son gagne-pain. Il avait un ami parmi eux, connu sous le nom d'Ibrāhīm al-Ṣāʾiġ 339, un de leurs dāʿīs, qu'ils avaient envoyé à plusieurs reprises vers la région de Fārs et d'al-Ahwāz. Il les prenait pour des shīʿites. Un jour, il vint chez Abū Bakr Zakariyyā Yaḥyā ibn Nabhān et lui dit : « Sache que ces gens sont dans l'égarement. J'étais avec Abū Saʿīd al-Ǧannābī lorsqu'un homme de Ǧannāba, nommé Yaḥyā ibn ʿAlī, vint chez lui. Nous mangeâmes chez lui. Quand nous eûmes fini, il se leva, fit sortir sa femme, puis la fit entrer avec ce Yaḥyā dans une chambre, et lui dit : « Si le walī 340 te désire, ne te refuse pas à lui, car il a plus de droit sur toi que moi. » Yaḥyā ibn Nabhān emmena Ibrāhīm al-Ṣāʾiġ chez l'émir ʿAlī ibn Mismār et l'informa de ce qu'il avait découvert. ʿAlī ibn Mismār se mit en embuscade pour cela et se renseigna. Il saisit l'homme, le frappa du fouet, lui rasa la tête et la barbe, puis le relâcha. Il rechercha Abū Saʿīd, qui s'enfuit à Ǧannāba. On enquêta sur eux et leur situation, et on découvrit qu'ils se couvraient du shīʿisme tout en abrogeant la Loi religieuse. Les fils d'Abū Saʿīd et ses beaux-parents restèrent à al-Baḥrayn. Les gens enquêtèrent sur leur situation et celle des Banū Sinbar et autres semblables, et découvrirent qu'ils étaient dans cet état. Puis ils prirent le pouvoir. Abū Saʿīd revint après être allé à al-Nīl et au Sawād de Kūfa 341, accompagné de la daʿwa et de ses hommes, comme Ḥamdān ibn al-Ašʿaṯ 342, connu sous le nom de Qarmaṭ, auquel les Qarmates 343 sont attribués, ainsi que Ḫāl ibn Abī l-Malīḥ al-Qarnī et Ḫāl ʿAydān. À al-Baḥrayn se trouvait Yaḥyā al-Ṭammāmī, un de leurs dāʿīs. Lorsqu'il prit le pouvoir, il sema la corruption, trahit, et manifesta l'ibāḥa. Il était l'associé d'Abū Saʿīd al-Ǧannābī dans la daʿwa. Abū Saʿīd se jeta sur lui, le trahit et le tua, puis prit le commandement. Il trahit les gens lorsqu'il les eut sous son pouvoir, et manifesta de l'ibāḥa et de l'abrogation des Lois religieuses ce qui est mentionné. Il dit qu'il était le messager d'al-Amīn, l'imam, le Ḥuǧǧa d'Allah sur Ses créatures, à savoir Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn al-Ḥanafiyya 344, et qu'il résidait dans certaines de ces montagnes, et qu'il était le Mahdī. Il dit qu'en l'an 300 de l'hégire, il sortirait et posséderait toute la terre. Cette parole et cette promesse d'Abū Saʿīd eurent lieu dans les années 280 et quelques de l'hégire. Il distribuait les palais de Bagdad à ses compagnons et jurait qu'il les y ferait entrer et qu'il la posséderait. Lorsque vint l'an 300, Abū Saʿīd fut tué par un serviteur d'Abū l-Faḍl al-ʿAbbās ibn ʿAmr al-Ġanawī dans le bain 345. Ses nouvelles furent démenties et ses scandales apparurent. Ils en furent couverts de honte, quelle honte ! Et ils furent déconcertés.

Quant à Ali ibn Isa ibn Dawud ibn al-Jarrah 346, vizir d'al-Muqtadir Billah 347, il écrivit à Abou Saïd 348 en ces termes : « Tu prétends être l'envoyé du Mahdi 349, alors que tu as tué les Alides 350, réduit en captivité les descendants d'al-Ukhaydir 351 et ceux de la Yamama 352, asservi les femmes alides, et trahi les gens de Bahreïn. Tu as assiégé les habitants de Hajar 353 pendant quatre ans, leur coupant les vivres et l'eau, puis, quand ils n'avaient plus de force, tu les as exterminés jusqu'au dernier. Tu as agi de même envers les gens d'al-Qatif 354, les trahissant de la pire des trahisons. » Le fils d'Abou Saïd répondit à Ali ibn Isa, au sujet de sa lettre : « Les gens de Bahreïn se sont révoltés contre nous, nous ont trahis, nous ont calomniés en disant que nous partageons nos épouses, que nous professons la licence 355 et l'abrogation de la Loi 356. Ils ont menti sur notre compte. Nous sommes des gens musulmans, et nous ne professons pas ce dont on nous accuse, qui est contraire à l'islam. » Ali ibn Isa leur écrivit : « Si vous êtes sincères, relâchez les prisonniers musulmans que vous détenez. » Ils relâchèrent alors environ trente mille personnes, manifestèrent l'islam, la prière et la lecture du Coran, et furent couverts de honte.


  1. صلى الله عليه وسلم : Formule de bénédiction et de paix sur le Prophète Muhammad, utilisée par les musulmans après mention de son nom.
  2. سورة القمر : Sourate 54 du Coran, intitulée 'La Lune'.
  3. سيهزم الجمع ويولون الدبر : Référence au verset coranique 54:45 : 'La multitude sera vaincue et ils tourneront le dos.'
  4. كسرى : Titre des rois sassanides de Perse, équivalent à 'Chosroès'.
  5. قيصر : Titre des empereurs romains puis byzantins, équivalent à 'César'.
  6. هُوَ الَّذِي أَرْسَلَ رَسُولَهُ بِالْهُدى وَدِينِ الْحَقِّ لِيُظْهِرَهُ عَلَى الدِّينِ كُلِّهِ وَكَفى بِاللَّهِ شَهِيداً : Verset coranique 48:28 : 'C'est Lui qui a envoyé Son Messager avec la guidée et la religion de vérité, pour la faire triompher sur toute autre religion, et Allah suffit comme témoin.'
  7. يُرِيدُونَ أَنْ يُطْفِؤُا نُورَ اللَّهِ بِأَفْواهِهِمْ وَيَأْبَى اللَّهُ إِلَّا أَنْ يُتِمَّ نُورَهُ وَلَوْ كَرِهَ الْكافِرُونَ : Verset coranique 9:32 : 'Ils veulent éteindre la lumière d'Allah par leurs bouches, mais Allah refuse que Sa lumière ne soit parfaite, en dépit de la haine des mécréants.'
  8. الروم : Terme désignant les Romains, puis les Byzantins, souvent utilisé dans le Coran et la tradition islamique.
  9. الجزية : Impôt de capitation imposé aux non-musulmans (dhimmis) dans l'État islamique en échange de protection et de liberté de culte.
  10. سني نيف وخمسين وثلثمائة للهجرة : Années 350 de l'hégire, soit environ 961-970 de l'ère chrétienne.
  11. الديلم : Les Daylamites, peuple originaire du Daylam (région montagneuse au sud de la mer Caspienne), qui ont fondé la dynastie bouyide.
  12. سيف الدولة على بن حمدان : Sayf ad-Dawla Ali ibn Hamdan (916-967), émir hamdanide d'Alep, célèbre pour ses campagnes contre les Byzantins.
  13. دمستقنا الأعظم : Terme dérivé du grec 'domestikos', désignant un haut dignitaire militaire ou civil byzantin.
  14. السند : Région historique correspondant à l'actuel Pakistan (vallée de l'Indus), conquise par les musulmans au VIIIe siècle.
  15. مولتان : Multan, ville du Pendjab pakistanais, importante centre islamique médiéval.
  16. المنصورة : Al-Mansura, ancienne ville du Sind (Pakistan), fondée par les Arabes au VIIIe siècle.
  17. الله عز وجل : Formule de glorification d'Allah : 'Allah, le Puissant et le Majestueux'.
  18. شيء : Ici, 'rien' de ce qu'il avait annoncé.
  19. المواسم : Les foires ou marchés saisonniers de l'Arabie préislamique, comme le marché de 'Ukaz.
  20. وَقالُوا إِنْ نَتَّبِعِ الْهُدى مَعَكَ نُتَخَطَّفْ مِنْ أَرْضِنا : Verset coranique 28:57 : 'Ils dirent : “Si nous suivons la guidée avec toi, nous serons arrachés de notre terre.”'
  21. عتّاب بن أسيد : Compagnon du Prophète, nommé gouverneur de La Mecque après la conquête.
  22. سهيل بن عمرو : Compagnon du Prophète, initialement opposant, puis éminent orateur et négociateur.
  23. هذا البيت : La Kaaba, la Maison sacrée à La Mecque.
  24. أبو سفيان : Abu Sufyan ibn Harb, chef de Quraysh, initialement opposant au Prophète, converti après la conquête de La Mecque.
  25. بني عبد المطلب : Les Banu 'Abd al-Muttalib, clan du Prophète Muhammad.
  26. الحديبية : Al-Hudaybiyya, lieu près de La Mecque où fut signé le traité de Hudaybiyya entre le Prophète et Quraysh en 628.
  27. عمر : 'Umar ibn al-Khattab, deuxième calife de l'Islam.
  28. بلال : Bilal ibn Rabah, compagnon et premier muezzin de l'Islam, d'origine abyssinienne.
  29. عمار : 'Ammar ibn Yasir, compagnon du Prophète, l'un des premiers musulmans.
  30. صهيب : Suhayb ar-Rumi, compagnon du Prophète, d'origine byzantine.
  31. الموالي : Clients ou affranchis, souvent non-arabes convertis à l'Islam.
  32. تمعّرت وجوههم : Leurs visages s'assombrirent, signe de mécontentement ou de honte.
  33. أبو بكر الصديق : Abu Bakr as-Siddiq, premier calife de l'Islam, beau-père du Prophète.
  34. الزكاة : Aumône légale obligatoire en Islam, l'un des cinq piliers.
  35. أهل الكتاب : Les Gens du Livre, désignant principalement les Juifs et les Chrétiens.
  36. العرب الأميّون : Les Arabes illettrés, c'est-à-dire ceux qui n'avaient pas reçu de révélation écrite avant l'Islam.
  37. وَما مُحَمَّدٌ إِلَّا رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ : Verset coranique 3:144 : 'Muhammad n'est qu'un Messager ; des messagers sont passés avant lui.'
  38. shākirīn : Ceux qui rendent grâce à Dieu par la foi et l'obéissance.
  39. khalīfa : Vicaire, représentant de Dieu sur terre.
  40. yastakhlifannahum : Il les fera succéder, établir comme successeurs ou lieutenants sur la terre.
  41. fāsiqūn : Pervers, ceux qui sortent de l'obéissance à Dieu.
  42. mushrikūn : Associateurs, polythéistes.
  43. sharī‘a : Loi religieuse islamique.
  44. zakāt : Aumône légale obligatoire, l'un des piliers de l'islam.
  45. ghār : Grotte où le Prophète et Abû Bakr se cachèrent lors de l'émigration (hijra).
  46. Rūm : L'Empire byzantin (Rome orientale).
  47. Khursa : Jeu de mots probable sur Khurâsân, région de l'est de la Perse.
  48. jizya : Capitation imposée aux non-musulmans en échange de protection.
  49. al-‘Udhayb : Localité près d'al-Qâdisiyya, en Irak.
  50. Sābūr : Shapur, roi sassanide, connu pour ses campagnes contre les Arabes.
  51. ‘an yad : Expression coranique (9:29) interprétée comme « de la main » (signe de soumission) ou « par la main » (directement).
  52. mathāghib : Pluriel de mathghab, signifiant « issue, trou par lequel le renard entre et sort ».
  53. asāwira : Pluriel d'uswār, cavaliers d'élite perses.
  54. Sulaymān : Salomon, prophète et roi.
  55. yuslimūn : Ils se soumettent (embrassent l'islam ou se rendent).
  56. āyāt : Versets coraniques.
  57. qata‘athu hādhihi al-āyāt : Ces versets l'ont coupé (de ses arguments), l'ont réduit au silence.
  58. hādhā al-qawl : Cette parole (l'accusation de mensonge ou de manquement aux promesses).
  59. khāriq li-l-‘āda : Qui rompt l'habitude, c'est-à-dire un miracle.
  60. dīnār : Monnaie d'or.
  61. baṣā’ir : Pluriel de baṣīra, clairvoyance, perspicacité spirituelle.
  62. taqwā : Piété, crainte révérencielle de Dieu, conscience de Dieu.
  63. Kisrā Abarwīz : Khosro II Parviz, roi sassanide (590-628).
  64. al-Nuʿmān ibn al-Mundhir : Roi lakhmide d'al-Hira, vassal des Perses.
  65. Dhū Qār : Bataille préislamique où les Arabes vainquirent les Perses.
  66. Abū Umāma al-Bāhilī : Compagnon du Prophète, rapporteur de hadiths.
  67. qabāʿ : Garde (poignée) d'épée.
  68. ayyām Allāh : Jours d'Allah : épreuves et bienfaits divins dans l'histoire.
  69. Rustum : Général perse, commandant à al-Qadisiyya.
  70. al-ʿAtīq : Canal ou rivière près d'al-Qadisiyya.
  71. Saʿd : Sa'd ibn Abi Waqqas, compagnon et général musulman.
  72. al-Qādisiyya : Bataille décisive (636) entre musulmans et Perses.
  73. Ibn Umm Maktūm : Compagnon aveugle du Prophète, porte-étendard.
  74. siwāk : Bâtonnet pour nettoyer les dents, utilisé comme brosse à dents naturelle.
  75. Héraclius : Empereur byzantin (610-641).
  76. Shuraḥbīl ibn Ḥasana : Compagnon et général musulman.
  77. Muʿādh ibn Jabal : Compagnon, savant et juge.
  78. Khālid ibn al-Walīd : Compagnon et célèbre général musulman.
  79. Abū ʿUbayda ibn al-Jarrāḥ : Compagnon, commandant en chef en Syrie.
  80. Banū Hāshim : Clan du Prophète, branche des Quraysh.
  81. jizya : Impôt de capitation payé par les non-musulmans en échange de protection.
  82. qafīz : Mesure de capacité pour les céréales.
  83. dirham : Monnaie d'argent.
  84. kharāj : Impôt foncier sur les terres conquises.
  85. Ḥudhayfa ibn al-Yamān : Compagnon, gouverneur et trésorier.
  86. Salmān al-Fārisī : Compagnon d'origine perse.
  87. ʿAmmār ibn Yāsir : Compagnon, gouverneur de Koufa.
  88. ʿUthmān ibn Ḥunayf : Compagnon, gouverneur de Bassora.
  89. Nawrūz : Nouvel An perse, fête zoroastrienne.
  90. Mihrajān : Fête perse de l'automne.
  91. Zādān Farrūkh : Personnage perse ayant écrit à al-Hajjaj.
  92. al-Ḥajjāj : Gouverneur omeyyade d'Irak (694-714).
  93. durra : Baguette utilisée pour corriger ou comme symbole d'autorité.
  94. mirqaʿa : Manteau rapiécé, signe d'humilité.
  95. Yazdajird ibn Shahriyār : Yazdgard III, dernier roi sassanide (632-651).
  96. al-Nuʿmān ibn Muqarrin : Compagnon et général musulman, tué à Nahavand.
  97. al-Madāʾin : Ctésiphon, capitale sassanide.
  98. Nahāwand : Ville en Iran, site d'une bataille décisive (642).
  99. Fārs : Province du sud-ouest de l'Iran.
  100. Khorāsān : Région du nord-est de l'Iran.
  101. Sijistān : Sistan, région à cheval sur l'Iran et l'Afghanistan.
  102. Marw : Merv, ville du Turkménistan actuel.
  103. Khāqān : Titre du souverain turc.
  104. arbāb : Seigneurs, maîtres (pluriel de rabb).
  105. uṣūl : Fondements, principes fondamentaux de la religion.
  106. Iblīs : Nom du diable dans l'islam, équivalent de Satan.
  107. furūʿ : Branches, prescriptions secondaires ou pratiques religieuses dérivées des fondements.
  108. hirbadh : Prêtre zoroastrien, spécialiste des rites.
  109. Nawrūz : Nouvel An persan, fête zoroastrienne marquant le début du printemps.
  110. al-maqādīr wa al-nihāyāt : Les mesures et les limites ; concept zoroastrien désignant les ressources et les capacités vitales.
  111. Qayma : Terme persan désignant le démon qui contrôle les destinées.
  112. Jamshād al-Fārisī : Jamshid, roi mythique de l'Iran ancien, figure du Shâhnâmeh.
  113. Sūlāsm : Terme zoroastrien désignant le sang des menstrues ou de la défloration.
  114. Yazdān Kusht : Littéralement 'tué de Dieu' ; pratique zoroastrienne de sacrifice animal.
  115. Coran 51:20-21 : Référence coranique : 'Et sur la terre il y a des signes pour ceux qui sont convaincus, et en vous-mêmes, ne voyez-vous donc pas ?'
  116. Ṣaḥāba : Compagnons du prophète Muhammad, premiers musulmans ayant vécu à son époque.
  117. Jūr wa Iṣṭakhr : Villes de l'Iran ancien, centres du zoroastrisme.
  118. jizya : Capitation, impôt perçu sur les non-musulmans en terre d'islam.
  119. dhimmī : Non-musulman vivant sous la protection de l'État islamique, soumis à la jizya.
  120. jarmūqayn : Chaussures ou bottes portées à l'époque.
  121. al-Jābiya : Localité en Syrie, lieu de rencontre historique.
  122. kirābīs : Tissu de coton grossier, souvent utilisé pour les vêtements simples.
  123. Adhriʿāt : Ville de Syrie, actuelle Deraa.
  124. Amīr al-Muʾminīn : Titre du calife, signifiant 'Commandeur des croyants'.
  125. Kisrā : Titre des rois sassanides, équivalent de 'César' pour les Perses.
  126. Ḥarqûṣ ibn Zuhayr, Khâlid ibn Muljam, Sawdân ibn Ḥumrân : Noms de meneurs de la révolte contre le calife 'Uthmân.
  127. Abû Ṭalḥa, Abû Qatâda : Deux Compagnons célèbres, moins connus du grand public.
  128. Sawda bint Zam'a, Ṣafiyya bint Ḥuyayy : Épouses du Prophète, moins connues que Khadîja et 'Â'isha.
  129. Zaynab, Ruqayya, Umm Kulthûm, Fâṭima : Filles du Prophète issues de Khadîja.
  130. Pour la faire triompher sur toute religion : Référence au verset coranique 9:33, 48:28, 61:9.
  131. hadith : Parole prophétique rapportée dans les recueils de hadiths.
  132. Bâbak al-Khurramî : Chef khurramite, figure de révolte contre le califat abbasside au IXe siècle.
  133. Lu'lu'a : Ville forteresse byzantine en Asie Mineure.
  134. maître des Zanj : Chef de la révolte des Zanj (esclaves noirs) en Irak au IXe siècle.
  135. Abû Ya'qûb al-Shaḥḥâm : Théologien mu'tazilite du IXe siècle.
  136. fréquentait les savants, s'asseyait avec eux et se rapprochait de leurs cœurs : Le maître des Zanj feignait la piété pour gagner la confiance.
  137. Sa'îd : Chef de la révolte qarmate au Maghreb au début du Xe siècle.
  138. Raqqâda : Ancienne capitale aghlabide près de Kairouan (Tunisie).
  139. Abû Sa'îd al-Ḥasan ibn Bahrâm al-Jannâbî : Fondateur de l'État qarmate à Bahreïn (IXe-Xe siècle).
  140. sana sab'a wa thalāthimi'a : Année 307 de l'hégire, correspondant à 919-920 du calendrier grégorien.
  141. hā'ulā'i : Il s'agit probablement des Fatimides ou de leurs partisans au Maghreb, qui sont critiqués pour leur alliance avec les Byzantins.
  142. Malatiyya wa thughūrihā : Mélitène (aujourd'hui Malatya en Turquie) et ses places fortes frontalières.
  143. hā'ulā'i alladhīna bi-l-Maghrib : Les Fatimides, alors établis au Maghreb (Ifriqiya), accusés de collusion avec les Byzantins.
  144. Abū Tāhir ibn Abī Sa'īd al-Jannābī : Chef qarmate (mort en 944), célèbre pour ses raids contre les pèlerins et le pillage de La Mecque en 930.
  145. qal' al-ḥajar : Allusion à l'enlèvement de la Pierre noire de la Ka'ba par les Qarmates en 930.
  146. Qarāmiṭa : Secte ismaélienne extrémiste, active aux IXe-Xe siècles, qui sema le trouble dans le monde musulman.
  147. Aḥmad ibn Yaḥyā ibn al-Munajjim : Savant et poète, compagnon du calife abbasside al-Muqtadir.
  148. ʿĪsā ibn Dāwūd ibn al-Jarrāḥ : Vizir du calife abbasside al-Muqtadir.
  149. hādhā al-sulṭān : Le sultan fatimide, probablement al-Mahdī ou son successeur.
  150. fa-ṣda' bi-mā tu'mar wa a'riḍ 'an al-mushrikīn : Coran, sourate al-Hijr (15), verset 94.
  151. wa hum : Énumération de cinq notables qurayshites qui se moquaient du Prophète.
  152. al-Ḥārith ibn al-Ṭalāṭila : Personnage qurayshite peu connu, mentionné dans les récits de la Sīra.
  153. innā kafaynāka al-mustahzi'īn : Coran, sourate al-Hijr (15), verset 95.
  154. fa-kīdūnī jamī'an thumma lā tunẓirūn : Coran, sourate Hūd (11), verset 55.
  155. wa-idh qulnā laka inna rabbaka aḥāṭa bi-l-nās : Coran, sourate al-Isrā' (17), verset 60.
  156. wa-llāhu ya'ṣimuka min al-nās : Coran, sourate al-Mā'ida (5), verset 67.
  157. a-ra'ayta alladhī yanhā 'abdan idhā ṣallā : Coran, sourate al-'Alaq (96), versets 9-10.
  158. fal-yad'u nādiyah : Coran, sourate al-'Alaq (96), verset 17.
  159. wa-idhā qara'ta al-qur'āna ja'alnā baynaka wa-bayna alladhīna lā yu'minūna bi-l-ākhirati ḥijāban mastūran : Coran, sourate al-Isrā' (17), verset 45.
  160. ja'alnā 'alā qulūbihim akinnatan an yafqahūhu wa-fī ādhānihim waqran : Coran, sourate al-Isrā' (17), verset 46.
  161. shayyabatnī Hūd wa-akhawātuhā : Hadith rapporté par al-Tirmidhī, signifiant que les sourates Hūd et ses semblables (al-Wāqi'a, al-Qāri'a, etc.) ont fait blanchir ses cheveux prématurément à cause de leur gravité.
  162. ḥubbuka li-l-shay'i yu'mī wa yuṣimmu : Hadith rapporté par Abū Dāwūd, signifiant que l'amour excessif pour une chose rend aveugle à ses défauts et sourd aux conseils.
  163. fa-lammā jā'ahum nadhīrun mā zādahum illā nufūran : Coran, sourate Fāṭir (35), verset 42.
  164. yabûr : Verbe signifiant 'périr, être voué à la perdition'.
  165. li-tazûla minhu l-jibâl : Expression coranique signifiant 'pour que les montagnes en soient ébranlées'.
  166. lan yansurahu l-Lâh : Phrase signifiant 'Dieu ne le secourra pas'.
  167. mâ yaghîz : Ce qui l'irrite, sa rage.
  168. mawâlî : Clients, affranchis ou alliés non arabes.
  169. al-mâ'aqa : Faiblesse sénile, radotage.
  170. az-Zabûr : Les Psaumes, livre révélé à David.
  171. adh-Dhikr : Le Rappel, désignant ici la Torah ou le Livre céleste originel.
  172. al-ard yarithuhâ 'ibâdiya s-sâlihûn : La Terre sera héritée par Mes serviteurs vertueux.
  173. rahmatan li-l-'âlamîn : Miséricorde pour les mondes.
  174. Fârân : Région du désert d'Arabie, identifiée au Hedjaz.
  175. Ahmad ibn Yahyâ ibn al-Munajjim : Savant et auteur d'ouvrages sur les prophéties.
  176. mâ yughnîka 'anhâ : Ce qui te dispense d'elles, c'est-à-dire la connaissance suffisante.
  177. al-Qarâmita : Secte ismaélienne extrémiste des IXe-Xe siècles.
  178. al-'âqibatu li-l-muttaqîn : La fin heureuse est pour les pieux.
  179. bi-mâ sabarû : Pour leur patience.
  180. al-wârithûn : Les héritiers.
  181. al-Imâmiyya : Les imamites, chiites duodécimains.
  182. ar-rawâfid : Terme péjoratif désignant les chiites, 'ceux qui rejettent'.
  183. li-yuzhirahu 'alâ d-dîni kullihi : Pour le faire triompher sur toute religion.
  184. Ṣāḥib az-Zamān : Le « Maître du Temps », titre désignant le Mahdi attendu dans l’eschatologie islamique, particulièrement chez les chiites.
  185. Nawrūz : Fête persane du Nouvel An, célébrée à l’équinoxe de printemps, d’origine zoroastrienne.
  186. Mihrajān : Fête persane de l’automne, également d’origine zoroastrienne.
  187. ʿĪd as-Salāma : Fête du Salut, probablement une fête chrétienne ou une fête liée à la Perse.
  188. ʿĪd aṣ-Ṣalīb : Fête de la Croix, célébration chrétienne.
  189. at-Taqwīm : Le calendrier, ici probablement le calendrier solaire persan ou un instrument astronomique.
  190. al-Aṣṭurlāb : Astrolabe, instrument astronomique utilisé pour les calculs astrologiques et la détermination des heures de prière.
  191. az-Zanjānī : Personnage non identifié précisément, probablement un juge ou un érudit connu pour ses positions hostiles à l’islam sunnite.
  192. at-Tashayyuʿ : Le chiisme, branche de l’islam qui reconnaît ‘Alī et ses descendants comme successeurs légitimes du Prophète.
  193. al-Ḥudūd : Peines légales fixes en droit islamique, comme la lapidation pour adultère ou l’amputation pour vol.
  194. al-Mukūs : Impôts illicites ou taxes perçues en dehors de la charia, souvent critiquées par les réformateurs.
  195. Quraysh : Tribu arabe de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
  196. al-Istikhāra : Consultation par le Coran, pratique consistant à ouvrir le Coran au hasard pour chercher un signe ou une guidance.
  197. Sūrat ash-Shuʿarāʾ : Sourate 26 du Coran, verset 214 : « Et avertis ta parenté la plus proche. »
  198. Abū Ṭālib : Oncle du Prophète Muhammad et père de ‘Alī, qui le protégea sans embrasser l’islam selon la tradition sunnite.
  199. Sūrat Ṣād : Sourate 38, verset 5 : « A-t-il fait des divinités une seule divinité ? »
  200. Sūrat Ṣād : Sourate 38, verset 11 : « Une armée qui, là, sera mise en déroute parmi les coalisés. »
  201. Sūrat Sabaʾ : Sourate 34, verset 24 : « Et nous ou vous, nous sommes sur une guidée ou dans un égarement manifeste. »
  202. Sūrat ash-Shūrā : Sourate 42, verset 15 : « À nous nos œuvres, à vous vos œuvres ; il n’y a pas d’argument entre nous et vous. »
  203. Ibn ar-Rāwandī : Érudit musulman du IXe siècle, connu pour ses critiques de l’islam et ses positions hétérodoxes.
  204. Lāwī al-Yahūdī : Personnage juif non identifié, probablement un polémiste anti-islamique.
  205. at-Taʾwīlāt : Interprétations allégoriques ou ésotériques des textes religieux, souvent critiquées par les traditionalistes.
  206. Kitāb ad-Dāmigh : Le Livre du Réfutateur, titre d’un ouvrage polémique perdu, probablement dirigé contre l’islam.
  207. Sūrat al-Qamar : Sourate 54, versets 44-45 : « Ou disent-ils : “Nous sommes un groupe vainqueur” ? Cette multitude sera mise en déroute et ils tourneront le dos. »
  208. Sūrat Ṣād : Sourate 38, verset 11 : « Une armée qui, là, sera mise en déroute parmi les coalisés. »
  209. Sūrat Yūnus : Sourate 10, verset 65 : « Et que leurs paroles ne t’affligent pas ; la puissance toute entière appartient à Dieu. »
  210. Sūrat al-Ḥajj : Sourate 22, versets 39-41 : « Permission est donnée à ceux qui sont combattus, parce qu’ils ont été injustes, et Dieu est certes capable de les secourir… »
  211. Sūrat ash-Shūrā : Sourate 42, verset 15 : « Pour cela, appelle et sois droit comme il t’a été ordonné. »
  212. Sūrat ash-Shūrā : Sourate 42, verset 16 : « Et ceux qui disputent à propos de Dieu après qu’on Lui a répondu, leur argument est nul auprès de leur Seigneur ; sur eux est une colère et pour eux un châtiment terrible. »
  213. Sūrat al-Aḥqāf : Sourate 46, verset 9 : « Et je ne sais ce qui sera fait de moi ni de vous. »
  214. Sūrat Banī Isrāʾīl : Sourate 17, dite aussi al-Isrāʾ, révélée à La Mecque.
  215. Sūrat al-Isrāʾ : Sourate 17, versets 80-81 : « Et dis : “Seigneur, fais-moi entrer par une entrée de vérité et fais-moi sortir par une sortie de vérité, et accorde-moi de Ta part un pouvoir secourable.” Et dis : “La vérité est venue et le faux a disparu ; le faux est certes destiné à disparaître.” »
  216. Sūrat Sabaʾ : Sourate 34, verset 49 : « Dis : “La vérité est venue ; le faux ne commence rien et ne recommence rien.” »
  217. Sūrat an-Naml : Sourate 27, verset 80 : « Tu ne fais pas entendre les morts, et tu ne fais pas entendre aux sourds l’appel quand ils tournent le dos. »
  218. Sūrat Fāṭir : Sourate 35, verset 22 : « Et tu n’es pas celui qui fait entendre ceux qui sont dans les tombeaux. »
  219. Jawāmiʿ al-Kalim : Les « paroles globales », expression désignant la capacité du Prophète à exprimer des sens profonds en peu de mots.
  220. Kisrā : Titre des rois sassanides de Perse, notamment Kisrā Anūshirwān.
  221. yastarkūnahum : Verbe rare signifiant « les dépouiller » ou « les piller », peut-être une variante de « yastarqūnahum ».
  222. Sūrat al-Jāthiya : Sourate 45, verset 23 : « As-tu vu celui qui a pris sa passion pour divinité, et que Dieu a égaré en toute connaissance, et a scellé son ouïe et son cœur ? »
  223. Sūrat al-Furqān : Sourate 25, versets 43-44 : « As-tu vu celui qui a pris sa passion pour divinité ? Serais-tu pour lui un garant ? Ou penses-tu que la plupart d’entre eux entendent ou raisonnent ? Ils ne sont que comme des bestiaux, mais ils sont plus égarés du chemin. »
  224. Sūrat al-Baqara : Sourate 2, verset 171 : « L’exemple de ceux qui ont mécru est comme celui qui crie après ce qui n’entend qu’appel et voix ; sourds, muets, aveugles, ils ne raisonnent donc pas. »
  225. Sūrat al-Aʿrāf : Sourate 7, verset 179 : « Nous avons destiné pour l’Enfer beaucoup de djinns et d’hommes ; ils ont des cœurs avec lesquels ils ne comprennent pas, ils ont des yeux avec lesquels ils ne voient pas, ils ont des oreilles avec lesquelles ils n’entendent pas ; ceux-là sont comme des bestiaux, mais ils sont plus égarés ; ceux-là sont les insouciants. »
  226. qiyās : Raisonnement analogique, méthode de déduction juridique en islam.
  227. mutakallimūn : Théologiens dialecticiens de l'islam, spécialistes du kalām (théologie spéculative).
  228. Qarāmiṭa : Secte ismaélienne extrémiste apparue au IXe siècle, connue pour ses pratiques secrètes et sa rébellion.
  229. Quraysh : Tribu arabe dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
  230. Banū Hāshim : Clan de la tribu de Quraysh auquel appartenait le Prophète Muhammad.
  231. shi‘b : Défilé ou vallée étroite entre des montagnes, ici le défilé d'Abu Talib où les Banu Hashim furent assiégés.
  232. mushrikūn : Associateurs, polythéistes qui associent d'autres divinités à Allah.
  233. araḍa : Termites ou insectes rongeurs, considérés ici comme un instrument divin.
  234. Abū Ṭālib : Oncle paternel du Prophète Muhammad, qui le protégea sans embrasser l'islam.
  235. al-Naḍr ibn al-Ḥārith ibn Kalada : Opposant mecquois du Prophète, connu pour avoir voyagé en Perse et rapporté des récits pour contrer le Coran.
  236. Rustam wa Isfandiyār : Héros légendaires de l'épopée persane, le Shâhnâmeh.
  237. Kisrā : Titre des rois sassanides de Perse, ici probablement Khosro II.
  238. ‘Abd Allāh ibn Ḥudhāfa al-Sahmī : Compagnon du Prophète, envoyé comme messager au roi de Perse.
  239. Qayṣar : César, titre des empereurs byzantins, ici Héraclius.
  240. Diḥya ibn Khalīfa al-Kalbī : Compagnon du Prophète, connu pour sa beauté, envoyé à l'empereur byzantin.
  241. al-Muqawqis : Titre du gouverneur copte d'Égypte sous domination byzantine, ici Cyrus d'Alexandrie.
  242. Ḥāṭib ibn Abī Balta‘a : Compagnon du Prophète, envoyé comme messager au Muqawqis.
  243. al-Najāshī : Titre du roi d'Abyssinie (Éthiopie), ici Ashama ibn Abjar.
  244. a‘lām : Signes, preuves ou miracles attestant de la prophétie.
  245. akhbār al-āḥād : Récits isolés, transmis par une seule chaîne de garants, par opposition aux récits massivement attestés (mutawātir).
  246. Ṣaḥāba : Compagnons du Prophète Muhammad, ceux qui l'ont rencontré et cru en lui.
  247. hijra : Émigration, en particulier celle du Prophète de La Mecque à Médine en 622.
  248. Abū Bakr : Premier calife de l'islam, compagnon intime et beau-père du Prophète.
  249. Dār al-Nadwa : Maison de l'assemblée, lieu de réunion des notables de Quraysh à La Mecque.
  250. Abū Jahl : Surnom de 'Amr ibn Hishām, farouche opposant mecquois du Prophète.
  251. ‘aql : Prix du sang, compensation versée pour un meurtre ou une blessure.
  252. Sourate Yā Sīn (36), verset 9 : Référence coranique : « Nous avons placé une barrière devant eux et une barrière derrière eux, Nous les avons recouverts d'un voile : ils ne voient donc pas. »
  253. hājira : Pleine chaleur du midi, moment le plus chaud de la journée.
  254. ghār : Grotte, ici la grotte de Thawr où le Prophète et Abu Bakr se cachèrent.
  255. qā’if : Traceur de pistes, expert en reconnaissance des empreintes.
  256. Thawr : Montagne près de La Mecque, abritant la grotte du même nom.
  257. Umayya ibn Khalaf : Chef mecquois, ennemi du Prophète, tué à la bataille de Badr.
  258. siḥr : Sorcellerie, magie ; les Mecquois accusaient le Prophète de sorcellerie.
  259. Ṣaḥīḥayn : Les deux recueils de hadiths considérés comme les plus authentiques : ceux d'al-Bukhari et de Muslim.
  260. qā’im al-ẓahīra : Moment où le soleil est au zénith, indiquant la pleine chaleur de midi.
  261. farwa : Peau de mouton ou fourrure utilisée comme tapis ou couverture.
  262. al-Barā’ : Al-Bara' ibn 'Azib, un Compagnon, rapporteur de ce hadith.
  263. qa‘b : Gobelet ou récipient pour boire.
  264. Surāqa ibn Mālik : Chef mecquois qui poursuivit le Prophète lors de l'hégire, puis se convertit plus tard.
  265. Sourate al-Tawba (9), verset 40 : Référence coranique : « Ne t'afflige pas, Allah est avec nous. »
  266. irtatamat ilā baṭnihā adhan : Expression signifiant que la monture de Suraqa s'enfonça dans le sol jusqu'au ventre, par intervention divine.
  267. kināna : Carquois, étui à flèches.
  268. Banū al-Najjār : Clan de Médine, oncles maternels de 'Abd al-Muttalib, grand-père du Prophète.
  269. ‘Abd al-Muṭṭalib : Grand-père du Prophète Muhammad, chef des Banu Hashim.
  270. āyāt : Signes, miracles ou versets coraniques.
  271. Sourate al-Anfāl (8), verset 30 : Référence coranique : « Et quand ceux qui ont mécru complotaient contre toi pour t'emprisonner, te tuer ou t'expulser. Ils complotaient, et Allah complotait, et Allah est le meilleur des comploteurs. »
  272. Quraychites : Tribu arabe de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
  273. associateurs : Polythéistes qui associent d'autres divinités à Dieu.
  274. Jubayr ibn Mut'im : Compagnon du Prophète, initialement opposé puis converti.
  275. Abou Bakr : Premier calife de l'islam, compagnon et beau-père du Prophète.
  276. calife : Successeur du Prophète à la tête de la communauté musulmane.
  277. signe : Miracle ou preuve divine.
  278. sérénité : Tranquillité et paix intérieure envoyée par Dieu.
  279. Coran 9:38-40 : Versets du Coran, sourate Le Repentir.
  280. hadith authentique : Tradition prophétique dont la chaîne de transmission est fiable.
  281. prédécesseurs : Les premières générations de musulmans, considérées comme modèles.
  282. le Véridique : Surnom d'Abou Bakr, attestant de sa sincérité.
  283. Coran 20:46 : Parole de Dieu à Moïse et Aaron.
  284. Coran 28:7 : Parole de Dieu à la mère de Moïse.
  285. Coran 16:128 : Verset du Coran.
  286. Émigrés : Musulmans ayant émigré de La Mecque à Médine avec le Prophète.
  287. Auxiliaires : Habitants de Médine ayant accueilli et soutenu le Prophète et les Émigrés.
  288. Abou Shakir al-Dayçani : Personnage hérétique, probablement manichéen ou dualiste.
  289. al-Haddad, Abou 'Isa, Ibn al-Rawandi, al-Husri : Auteurs de critiques contre l'islam et le Prophète.
  290. imamisme : Doctrine chiite qui reconnaît une lignée d'imams après le Prophète.
  291. Rafidites : Terme péjoratif désignant les chiites qui 'rejettent' les premiers califes.
  292. Coran 28:85 : Verset du Coran, sourate Le Récit.
  293. Coran 28:85 : Même verset.
  294. mathab / yathubu : Lieu de retour ; verbe signifiant revenir.
  295. Coran 2:125 : Verset du Coran, sourate La Vache.
  296. 'umra : Petit pèlerinage à La Mecque, non obligatoire.
  297. Coran 17:88 : Verset du Coran, sourate Le Voyage nocturne.
  298. Coran 17:88 : Même verset.
  299. divination : Pratique de prédire l'avenir par des moyens occultes.
  300. Musaylima : Faux prophète contemporain de Muhammad, tué par Abou Bakr.
  301. apostasie : Abandon de l'islam ; guerres menées par Abou Bakr contre les tribus apostates.
  302. Tulayha : Faux prophète, capturé puis converti à l'islam.
  303. museler : Réduire au silence, empêcher de parler.
  304. al-Ḥaddād, al-Warrāq, Ibn al-Rāwandī, al-Ḥuṣrī, al-Kindī, al-Rāzī : Auteurs de livres polémiques contre l'islam et les prophètes, souvent considérés comme hérétiques.
  305. al-Ġarīb al-Mašriqī : Surnom d'un traducteur ou compilateur des œuvres d'Abū ʿĪsā, figure obscure.
  306. Commandeur des croyants : Titre de ʿAlī ibn Abī Ṭālib, quatrième calife et premier imam pour les shīʿites.
  307. Badriens : Les compagnons qui participèrent à la bataille de Badr, hautement honorés.
  308. premiers : Les premiers convertis à l'islam, ayant un rang élevé.
  309. gens de l'Arbre : Ceux qui prêtèrent serment sous l'arbre à Hudaybiyya, mentionnés dans le Coran.
  310. Šūrā : Conseil de six compagnons désignés par ʿUmar pour élire le calife après lui.
  311. Émigrés : Les musulmans de La Mecque qui émigrèrent à Médine.
  312. Auxiliaires : Les musulmans de Médine qui accueillirent les Émigrés.
  313. affranchis : Ceux qui furent libérés après la conquête de La Mecque, dont Muʿāwiya faisait partie.
  314. Dix : Les dix compagnons promis au Paradis, dont ʿAlī fait partie.
  315. Ziyād : Ziyād ibn Abīhi, que Muʿāwiya reconnut comme son frère pour s'assurer son soutien.
  316. Ḏū l-Kalāʿ : Chef yéménite rallié à Muʿāwiya.
  317. Masqala ibn Hubayra : Chef yéménite rallié à Muʿāwiya.
  318. égarement : Citation de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz sur les groupes sectaires.
  319. Bāṭiniyya : Courants ésotériques de l'islam, notamment ismaéliens, qui interprètent allégoriquement les textes.
  320. couverts de l'islam : Ils pratiquaient les rites islamiques en apparence pour dissimuler leurs croyances.
  321. Gens de la Maison : La famille du Prophète, particulièrement vénérée par les shīʿites.
  322. shīʿa : Partisans de ʿAlī, mais ici utilisé comme couverture par les Bāṭiniyya.
  323. Abū l-Qāsim al-Ḥasan ibn al-Faraḥ ibn Ḥawšab ibn Zāḏān al-Kūfī al-Naǧǧār : Dāʿī ismaélien actif au Yémen, fondateur de la daʿwa fatimide.
  324. Abū l-Ḥusayn Muḥammad ibn ʿAlī ibn al-Faḍl : Dāʿī ismaélien au Yémen, associé d'Ibn Ḥawšab.
  325. daʿwa : Propagande ou appel à la cause ismaélienne.
  326. ibāḥa : Doctrine de licéité absolue, abrogeant les interdits religieux.
  327. nuit de l'Ifāḍa : Référence à une pratique rituelle ismaélienne, peut-être liée au pèlerinage.
  328. enfants de l'élite : Terme ismaélien désignant les enfants des initiés, considérés comme purs.
  329. ʿAlawides : Descendants de ʿAlī, souvent persécutés par les ismaéliens.
  330. al-Ḥusayn ibn Aḥmad ibn ʿAbd Allāh ibn Maymūn al-Qaddāḥ : Figure ismaélienne, considéré comme un imam caché.
  331. Muḥammad ibn Ismāʿīl ibn Ǧaʿfar : Septième imam pour les ismaéliens, fils d'Ismāʿīl.
  332. Mahdī : Le guide attendu qui rétablira la justice à la fin des temps.
  333. dāʿī : Missionnaire ou propagandiste ismaélien.
  334. Ḥuǧǧa : Preuve ou représentant de l'imam caché dans la hiérarchie ismaélienne.
  335. ésotérique : Le sens caché des textes, que les Bāṭiniyya prétendaient connaître.
  336. zakāt : Aumône légale obligatoire en islam.
  337. lignée : Référence à la communauté des biens et des femmes, pratique attribuée aux Qarmates.
  338. Abū Saʿīd al-Ḥusayn ibn Bahrām al-Ǧannābī : Fondateur de l'État qarmate à al-Baḥrayn.
  339. Ibrāhīm al-Ṣāʾiġ : Dāʿī qarmate, orfèvre de métier.
  340. walī : Saint ou ami de Dieu, ici utilisé comme titre pour un initié.
  341. al-Nīl et au Sawād de Kūfa : Régions d'Irak où les Qarmates étaient actifs.
  342. Ḥamdān ibn al-Ašʿaṯ : Surnommé Qarmaṭ, fondateur du mouvement qarmate.
  343. Qarmates : Secte ismaélienne radicale qui établit un État à al-Baḥrayn.
  344. Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn al-Ḥanafiyya : Figure messianique revendiquée par les Qarmates, descendant de ʿAlī.
  345. bain : Bain public où Abū Saʿīd fut assassiné.
  346. Ali ibn Isa ibn Dawud ibn al-Jarrah : Vizir abbasside, connu pour son orthodoxie sunnite et son opposition aux Qarmates.
  347. al-Muqtadir Billah : Calife abbasside (r. 908-932), sous le règne duquel les Qarmates devinrent puissants.
  348. Abou Saïd : Abou Saïd al-Jannabi, fondateur de l'État qarmate en Bahreïn (IXe-Xe siècle).
  349. Mahdi : Figure eschatologique de l'islam, attendue pour rétablir la justice ; les Qarmates le revendiquaient.
  350. Alides : Descendants d'Ali ibn Abi Talib, gendre du Prophète, souvent persécutés par les Qarmates.
  351. al-Ukhaydir : Famille alide descendant d'al-Hasan, dont les membres furent capturés par les Qarmates.
  352. Yamama : Région d'Arabie centrale, où les Qarmates firent des raids.
  353. Hajar : Ancienne capitale de la province de Bahreïn, aujourd'hui en Arabie saoudite.
  354. al-Qatif : Ville de la côte est de l'Arabie saoudite, alors sous contrôle qarmate.
  355. licence : Référence à l'ibaha, doctrine qarmate prônant la licéité de certaines pratiques interdites en islam.
  356. Loi : La charia, que les Qarmates étaient accusés d'avoir abrogée.

La deuxième partie

Parmi ce qu'ils disaient et que disait Abū Saʿīd au sujet de la sortie du Mahdī en l'an trois cents, ils furent couverts de honte et de confusion. Les Banū Basṭām, les Banū al-Qāsim ibn ʿAbd Allāh, al-ʿAzāqirī et leurs semblables dominaient l'État d'al-Muqtadir bi-llāh 1 et étaient chiites. Ils écrivirent aux fils d'Abū Saʿīd et leur dirent : « Vous êtes sortis à l'époque d'al-Muʿtaḍid et d'al-Muktafī, mais quand le pouvoir est revenu à ce jeune garçon, al-Muqtadir bi-llāh, vous vous êtes assis. Levez-vous, car nous sommes ses secrétaires et ses compagnons, et l'État est à vous. Que le meurtre d'Abū Saʿīd et ce qui s'est passé ne vous effraye pas, car les gens ont oublié cela. » Ils répondirent : « Cet homme, ʿAlī ibn ʿĪsā, est un homme pieux. Tant qu'il sera le vizir, nous ne choisirons pas de lui désobéir. » Lorsque le sultan arrêta ʿAlī ibn ʿĪsā, les chiites de Bagdad et de Kūfa lâchèrent des oiseaux vers le Bahreïn pour annoncer cela. Ils attaquèrent alors Baṣra par surprise et commirent la pire des trahisons, puis ils attaquèrent Kūfa. Les chiites s'en réjouirent et dirent : « Abū Ṭāhir ibn Abī Saʿīd est le saint de Dieu, la preuve de Dieu et le calife du Mahdī au Bahreïn. Il sortira bientôt, et Abū Ṭāhir est son calife ; c'est lui qui prendra la terre pour lui et son royaume sera au Bahreïn. » Un grand nombre d'habitants de Kūfa et de sa campagne se hâtèrent et dirent : « Nous émigrons vers le pays du Mahdī avant son apparition. » Ils transportèrent leurs biens et leurs familles. Ceux d'entre eux qui étaient à Bagdad, à Kūfa et dans leur campagne surveillaient les affaires d'al-Muqtadir et transmettaient ses nouvelles à Abū Ṭāhir ibn Abī Saʿīd. Abū Ṭāhir avait amassé de grandes richesses grâce aux biens des pèlerins, des Khurāsāniens, des habitants de Kūfa et de Baṣra. Les chiites de Bagdad l'avaient rendu avide du pouvoir, lui avaient fait connaître la faiblesse du sultan, et lui avaient dit que les astres indiquaient qu'Abū Ṭāhrer vaincrait le sultan, entrerait à Bagdad et s'emparerait du royaume. Abū Ṭāhir se mit en route, emmenant sa famille et ses proches, et partit pour Bagdad en disant : « J'y entrerai et j'entrerai dans la demeure du califat sur cet âne », désignant un âne noir qui était dans son enclos. Il partit et campa près de Kūfa. Ibn Abī al-Sāj le rencontra et le mit en déroute 2. Son héraut proclama : « Nous aurons une bataille contre Mu'nis al-Khāṣī 3 à la Rāṣafa de Kūfa, nous le vaincrons, et les habitants de Kūfa seront enrichis par ce butin. Je serai fait prisonnier et entrerai à Bagdad un mardi, un jour de pluie 4. Je prendrai ʿAlī ibn ʿĪsā comme secrétaire et nommerai Abū al-Hayjā' ʿAbd Allāh ibn Ḥamdān à la tête de la police. » Il s'assit près de Kūfa, distribuant les palais de Bagdad à ses compagnons, qui les choisissaient et se les disputaient. Mais Mu'nis ne sortit pas de Kūfa ; il partit de Bagdad et campa à Ṭabāṭabā, à quelques parasanges de Bagdad. L'attente d'Abū Ṭāhir se prolongea. Les chiites de Bagdad lui écrivirent : « Il ne reste au sultan que Mu'nis al-Khāṣī, c'est lui qui te rencontrera. Il est mille fois plus faible qu'Ibn Abī al-Sāj. Tu le vaincras et entreras à Bagdad. » Mu'nis patienta et ne bougea pas de Ṭabāṭabā. Abū Ṭāhir lui écrivit : « Qu'attends-tu ? Si tu es un homme, sors ! » Mais Mu'nis ne bougea pas. Abū Ṭāhir partit, traversa l'Euphrate et vint camper près de Mu'nis. Bagdad fut sens dessus dessous ; beaucoup d'habitants de la rive ouest passèrent à la rive est, sauf les chiites. Beaucoup descendirent et emmenèrent leurs familles à Baṣra. Des habitants de Bagdad, chiites et autres, y compris des secrétaires, vinrent secrètement trouver Abū Ṭāhir, lui annonçant la faiblesse du sultan et disant qu'ils avaient retourné Bagdad contre lui par des rumeurs. Ils lui dirent : « Bagdad est une grande ville ; si tu n'effraies pas ses habitants par le meurtre, tu ne pourras pas la posséder. » Il dit : « Je permets aux croyants le meurtre pendant trois jours. » Ils dirent : « Ne fais pas cela, mais plutôt sept jours, et dispose des deux côtés du Tigre des priants parmi les Hāshimites, les lecteurs du Coran et les juristes qui ordonnent le bien et interdisent le mal. » Il dit : « Nous ferons ainsi. » Ceux de Kūfa manifestèrent la malédiction contre les ʿAbbāssides et les anciens. Abū al-Ghayth ibn ʿUbayda al-ʿIjlī sortit avec trente mille hommes. Abū al-Qāsim ʿĪsā ibn Mūsā installa ses compagnons dans les légumes verts 5. Ils manifestèrent leur opposition et dirent : « La vérité est apparue, le Mahdī s'est levé, l'État des ʿAbbāssides est fini, ainsi que les juristes, les lecteurs du Coran et les traditionalistes. » L'un d'eux dit : « Il ne reste rien à attendre ; nous ne sommes pas venus pour établir un État, mais pour abolir la Loi. » On leur dit : « L'eunuque a coupé le pont du canal de Ṭabāṭabā. » Ils répondirent : « Abū Ṭāhir a traversé l'Euphrate, il ne traversera pas le canal de Ṭabāṭabā ; ce n'est qu'un ruisseau comparé à l'Euphrate. » Abū Isḥāq Ibrāhīm ibn Warqā' al-Shaybānī, l'émir, un homme pieux qui n'aidait le sultan que dans ce qui était licite et bon, partit vers l'Euphrate avec des bateaux 6 et empêcha les Qarmates de traverser et d'accéder à l'eau. Abū Ṭāhir, serré par leur retard, leva le camp face à Mu'nis, retourna vers l'Euphrate et se dirigea vers al-Raqqa, tuant et pillant quiconque il attrapait. Certains pensèrent qu'il attendait les Qarmates de l'Ouest, selon un accord entre eux, mais personne ne vint. Il retourna donc à al-Aḥsā'. Toutes ces nouvelles furent démenties, et ils eurent des hontes innombrables. Ses compagnons et ceux de Kūfa et de sa campagne lui obéissaient parfaitement, ne doutant pas qu'il fût le saint de Dieu et sa preuve. Lorsqu'il revint avec cette déception, ses nouvelles et ses paroles ayant été démenties, ses proches dirent à ceux des Bédouins qui étaient avec lui : « Quand ils nous disent : « Nous avons tué nos familles, nous avons partagé les palais de Bagdad, puis nous sommes revenus déçus, et Ibn Abī al-Sāj a tué nos chefs et les meilleurs d'entre nous », ils répondent tantôt : « Cette parole et ces promesses ont un sens caché », tantôt : « Dans les livres des événements et des épopées, il est dit que nous reviendrons », tantôt : « Nous sommes partis sur un ordre », et autres ruses et tromperies. Puis il partit du Bahreïn pour La Mecque, où il arriva le 10 dhū al-ḥijja, alors que les pèlerins du monde entier y étaient, et l'islam était à son apogée. Ceux qui étaient à La Mecque, pèlerins et autres, l'empêchèrent d'entrer. Ils transportèrent les coffres de la Ka'ba du côté de la maison d'Ibn Dāwūd et le combattirent plusieurs jours. Ne pouvant les vaincre, il prétendit être venu en pèlerin, se rapprochant de Dieu, et qu'il ne leur était pas permis de l'empêcher d'entrer dans la Maison de Dieu, qu'il était leur frère en islam. Ils se déclarèrent en état de sacralisation et crièrent la talbiya. Il fit venir des Qurayshites de La Mecque avec lesquels il avait correspondu, dont Abū al-Imām, le juge de l'époque. Ils dirent : « Comment peux-tu être pèlerin alors que le soir de ton arrivée au sanctuaire tu as tué des musulmans ? » Il répondit : « Cela s'est fait sans mon ordre ni mon agrément. De telles choses arrivent de la part des suivants et des troupes. » Il leur envoya son sceau et son fouet pour les rassurer, et jura par les serments les plus solennels qu'il les mettait en sécurité pour leurs vies, leurs biens et leurs femmes, qu'il ne ferait de mal à personne, qu'il n'était venu que pour le pèlerinage, sauf pour les soldats et les agents du sultan, qu'il ne mettrait pas en sécurité. Il dit : « Je ne trahis pas et ne trompe pas. Si je voulais cela, je mettrais en sécurité les agents du sultan puis les trahirais, mais je ne les mets pas en sécurité car ils boivent du vin, portent de la soie, aident le sultan qui se cache de ses sujets, opprime l'orphelin et la veuve, boit du vin et écoute les chanteuses. » Les gens furent encore plus trompés par lui ; ils acceptèrent sa sécurité, lui firent place jusqu'à ce qu'il entre, et déposèrent les armes. Lorsqu'il fut entré, installé et que les gens furent tranquilles, il se jeta sur eux alors qu'ils étaient le plus confiants, et dit à ses compagnons : « Mettez l'épée et tuez quiconque vous rencontrez ; ne vous occupez que de tuer. » Il fit ainsi pendant trois jours. Les musulmans se réfugièrent auprès de la Ka'ba et s'accrochèrent aux voiles de la Ka'ba, mais cela ne leur servit à rien. Ils les tuèrent dans la Mosquée sacrée et dans la Ka'ba, et ils continuaient à les tuer en leur disant : « Et quiconque y entre est en sécurité » 7. Ô ânes, ne voyez-vous pas le mensonge de votre maître ? Ils ordonnèrent à quelqu'un de monter pour arracher la gargouille. Il monta en disant par moquerie : « Il est au ciel et Sa maison est sur terre. » Ils dépouillèrent la Ka'ba et arrachèrent la Pierre noire. Abū Ḥafṣ ʿUmar ibn Zirqān, gendre d'Abū Saʿīd, se tenait face à la Ka'ba, l'épée frappant les gens, monté sur son cheval, riant et récitant : « Pour le pacte des Qurayshites » 8 jusqu'à « et les a mis en sécurité de la peur » 9, il dit : « Il ne les a pas mis en sécurité de notre peur. Le sens caché est apparu, ô habitants de La Mecque ! Pèlerinez au Bahreïn, émigrez à al-Aḥsā' avant que Nous ne frappions les visages et ne les ramenions en arrière. » Puis il ordonna à ses compagnons de piller. Ils rassemblèrent une énorme quantité d'or, d'argent, de bijoux, de vêtements précieux, de marchandises d'Égypte, du Yémen, d'Irak, de Khurāsān, de Fārs et de tous les pays de l'islam. Ils chargèrent environ cent mille chameaux, brûlèrent le reste, et firent prisonnières environ vingt mille têtes, parmi lesquelles des femmes ʿalides et hāshimites et d'autres personnes. Puis il partit pour al-Aḥsā'. Ce fut un événement dans l'islam sans précédent. On compta les morts lors de l'enterrement : ils étaient vingt mille huit cents. Peut-être trouves-tu excessif le nombre de cent mille chameaux, vu la mauvaise situation de l'islam et des musulmans à ton époque. Mais si tu considères la situation de ce temps-là, tu le trouveras peu, car l'islam était alors très étendu, dominant le monde sauf une petite partie, et ses adeptes vivaient dans une grande aisance. Si tu te représentes cela, tu trouveras ce nombre peu élevé. Considère seulement le Khurāsān, les musulmans s'étendant jusqu'aux confins de la Chine, puis l'Inde, Kābul, ʿUmān, le ʿUmān boisé, le Yémen, la péninsule arabique plus vaste que le pays des Rūms, puis le Maghreb depuis al-Andalus, al-Qayrawān, le Maghreb ressemblant par le nombre de ses hommes, de ses chameaux et de ses villes au Khurāsān. Quant à l'Ādharbayjān, il est comparable en étendue à la Fārs ou à l'Irak. Je ne mentionne cela que pour ne pas laisser notre propos sans preuve, bien que les gens l'aient déjà mentionné. Lorsqu'Abū Ṭāhir arriva au Bahreïn, il remit le commandement à Dikīra al-Iṣfahānī le mage 10 et rassembla les gens au Bahreïn. Il dit : « Ô gens ! Nous vous avons fait entrer selon vos désirs, tantôt par Muḥammad, tantôt par ʿAlī, tantôt par Ismāʿīl ibn Jaʿfar, tantôt par Muḥammad ibn Ismāʿīl, et par le Mahdī 11. Tout cela est faux ; c'est un secret que nous avons caché, nous et nos prédécesseurs, depuis soixante ans. Aujourd'hui, nous l'avons révélé. Voici notre dieu et votre dieu, notre seigneur et votre seigneur », désignant Dikīra al-Iṣfahānī. « S'il punit, c'est avec justice ; s'il pardonne, c'est par faveur. Maudissez les menteurs : Adam, Noé, Abraham, Moïse, Jésus et Muḥammad, tous ensemble », signifiant par « tous ensemble » Qussīn et Janbalā 12. Il se détourna de ceux qui étaient au Bahreïn, de la campagne de Kūfa et des habitants de Kūfa, et dit : « Ô prédicateurs et initiés, rappelez-vous ce que vous savez. » Ils rappelèrent le sens de ce qui s'était passé entre ʿAbd Allāh ibn Maymūn ibn Dayṣān ibn Saʿīd al-Ghaḍbān et Muḥammad ibn al-Ḥusayn ibn Jahār bikhānān, connu sous le nom de Bundār, dans leurs manœuvres contre les musulmans, leur dissimulation sous le chiisme, leur appel au Mahdī, jusqu'à ce qu'ils aient pris le pouvoir et l'épée, puis ils manifestèrent le démenti des prophètes, l'abrogation des lois, et tuèrent les musulmans, comme cela est mentionné dans le livre d'Ibn Razzām, le livre de ʿAṭiyya et d'autres savants 13.

Alors il les saisit par le souvenir de maudire les prophètes publiquement dans les marchés, et il ordonna de brûler les exemplaires du Coran 14 et de déclarer nulle la protection 15 pour quiconque garderait chez lui quelque chose des exemplaires du Coran, de la Torah ou de l'Évangile, et il rassembla tout cela, ordonna de le jeter dans les latrines et de s'en essuyer, et proclama le mariage avec les mères, les filles, les sœurs et les parentes proches 16, la permission de la sodomie 17, et que l'on frappe les bêtes à leurs flancs jusqu'à ce qu'elles meurent, puis qu'elles meurent, et beaucoup d'autres choses dont l'exposé serait long, mentionnées dans les livres des savants. Il leur dit : « Préparez-vous, car je vais en Irak pour extirper la religion de Muhammad et tuer ses adeptes ; son règne est terminé. Je l'ai ressuscité trois fois et je l'ai invité à se repentir d'avoir égaré les gens, mais il ne s'est pas repenti. Maudissez-le et maudissez les menteurs », c'est-à-dire les prophètes. Les voix s'élevaient ainsi dans les marchés. Il tua les Banū Zarqān et les Banū Salmān, ainsi que des notables de son armée, en quatre-vingts jours, sept cents hommes. Il leur ordonna de lui présenter leurs femmes, de la maison d'Abū Saʿīd et d'autres ; ils les lui présentèrent, et il choisit parmi elles celle qu'il voulait. Parmi celles qu'il choisit se trouvait Zaynab bint Abī Saʿīd, femme de ʿUmar ibn Zarqān, dont il avait tué le mari et dont elle avait un fils. Dhakīra ordonna à Abū Ṭāhir d'égorger celui-ci ; Abū Ṭāhir, son oncle maternel, le prit et l'égorgea. Puis, après un certain temps, Abū Dulaf dit à la mère d'Abū Ṭāhir : « Dhakīra al-Iṣfahānī a décidé de tuer ton fils et tes frères. » Abū Ṭāhir avait cinq frères, tous fils d'Abū Saʿīd. Ils convinrent de le tuer en plein jour. Le palais fut en émoi. Al-Ḥasan ibn Sunbur leur dit : « Fermez la porte du palais. » Ils la fermèrent. Il se pencha sur les gens et dit : « Qu'avez-vous à vous rassembler ? » Ils dirent : « Nous avons appris que vous avez tué le dieu. » Il dit : « Nous l'avons fait. » Ils lui dirent : « Pourquoi l'avez-vous tué ? » Il dit : « Nous ne voulons pas vous en donner la raison. » Ils se turent. Ibn Sunbur leur dit : « Si vous voulez partir, partez ; nous ne vous donnons pas la raison. » Puis il leur dit : « Ô gens, ne nous déshonorez pas, ni vous-mêmes, ne réjouissez pas les musulmans contre nous et contre vous. Revenez de tout ce qu'Abū Ṭāhir vous a dit à ce que vous étiez et nous étions auparavant : que nous sommes les partisans du Mahdī 18, les appelant au Mahdī, les croyants et la Shīʿa 19. Car nous disions qu'il y aurait pour les croyants une chute, et c'est celle-ci. Par Dieu, préservez-nous et préservez-vous ! Nous ne vous avons introduits dans rien sans y être entrés nous-mêmes. » Ils dirent : « Nous voulons le voir, s'il est tué. » Ils craignaient que ce ne fût une ruse parmi leurs ruses et leurs mensonges habituels d'Abū Ṭāhir. Ils ouvrirent la porte et les firent entrer. Ils virent Dhakīra tué. Zaynab bint Abī Saʿīd, femme d'Ibn Zarqān, vint, fendit son ventre, en sortit son foie et le mangea. Ce fut un grand scandale. Ibn Sunbur dit à Abū Ṭāhir : « Distribue l'argent aux chefs et gagne-les, car c'est une grave chute que nous avons faite. » Abū Ṭāhir envoya de nuit aux chefs, les apaisa et s'humilia devant eux, ce qui n'était pas son habitude. Ensuite, après le meurtre de Dhakīra, il fit des razzias et des pillages, et vint à Kūfa 20. Ses compagnons n'obéissaient plus à ses ordres comme avant ; auparavant, ils ne lui désobéissaient jamais en rien, et tout ce qu'ils pillaient ou prenaient comme butin, ils le lui remettaient sans le trahir en rien, car il était le preuve de Dieu 21 et l'argent devait être collecté pour le Mahdī. Après l'affaire de Dhakīra, ils ne lui donnaient plus ce qu'ils pillaient ; ils se mirent à boire, à écouter des chanteuses, à fréquenter les lieux de débauche. Quand les percepteurs venaient et leur disaient : « Donnez ce que vous avez pris comme butin », ils ne le donnaient pas. Quand on leur disait : « Le seigneur vous ordonne ceci », ils disaient : « Que le seigneur baise sa mère ! » et « Dans le derrière du seigneur ! » Il partit avec eux en revenant vers Bahreïn. Al-ʿUwaymil al-ʿUqaylī et d'autres dirent à leurs cousins : « Malheur à vous ! Éloignez-vous de ce menteur, fils de menteur ! Il vous emmènera à Bahreïn, prendra vos familles en otage, vous réclamera ce que vous avez pillé, vous le prendra et vous asservira. » Sa parole lui parvint ; il le fit arrêter et enchaîner, retourna à al-Aḥsā 22, tua environ quatre cents de ses compagnons et fidèles, et s'installa à al-Aḥsā en disant : « Il m'a été interdit de faire des razzias, et j'ai reçu l'ordre de reconstruire al-Aḥsā. » Il prit les musulmans qu'il avait capturés et asservis pour les travaux de construction. Il resta un certain temps, puis fit une razzia et campa près de Kūfa, chargea quelqu'un de surveiller l'armée pour empêcher les étrangers d'y entrer, espérant que ses compagnons redeviendraient comme avant, mais ils ne le firent pas. Les gens des campagnes de Kūfa et ceux des shīʿites 19 qui se réfugiaient auprès de lui furent saisis de tristesse, de honte et de la joie des ennemis, au point que certains en moururent de chagrin. Des gens comme ʿĪsā ibn Mūsā, beau-frère de ʿAbdān, et ses compagnons et leurs semblables, reprochaient secrètement à Abū Ṭāhir et à ses compagnons. Ceux-ci disaient : « Que faire ? Nous n'avons pas choisi cela pour nous-mêmes. Dites-nous : parmi les gens de cette prédication, qui n'a pas eu de chute et de scandale ? Al-Manṣūr ibn Ḥawshab n'a-t-il pas été déshonoré à ʿAdan Lāʿa ? Al-Walī ibn al-Faḍl n'a-t-il pas été déshonoré à Jīshān 23 ? Saʿīd n'a-t-il pas été déshonoré à Sijilmāsa 24 ? Jusqu'au cheikh des cheikhs, Abū Mūsā Hārūn, qui est le cheikh de la Shīʿa, dit à Saʿīd en face : « Malheur à toi ! Tu es l'égaré, non le Mahdī ! Tu commets l'adultère, tu pratiques la sodomie, tu bois du vin, tu mens, tu trahis, tu répands le sang. Malheur à toi ! Que es-tu ? De qui es-tu le fils ? » Il dit : « Abū ʿAbd Allāh al-Ḥusayn ibn Aḥmad ibn Muḥammad ibn Zakariyyā al-Kūfī, le prédicateur, vous a dit que je suis le Mahdī. » Ils amenèrent Abū ʿAbd Allāh et lui dirent : « Celui-ci est le Mahdī. » Il dit : « Non. » Saʿīd lui dit : « N'as-tu pas dit aux gens de l'armée à Sijilmāsa : Celui-ci est le Mahdī auquel j'appelais ? » Abū ʿAbd Allāh se tourna vers Abū Mūsā et l'assemblée et dit : « Ô vous, je me suis trompé comme les gens se trompent. Je suis un homme de Kūfa, de la Shīʿa. Nous suivions l'imamat de Mūsā ibn Jaʿfar et de ses descendants. Puis, à la mort d'al-Ḥasan al-ʿAskarī 25, nous sommes revenus, et il nous est parvenu quelqu'un qui nous appelait à l'imamat de Muḥammad ibn Ismāʿīl ibn Jaʿfar. J'ai rencontré l'imam 26 de la part de Muḥammad ibn Ismāʿīl à Kūfa, je l'ai salué et je suis parti vers Ibn Ḥawshab au Yémen. Devant l'imam à Kūfa, il y avait deux jeunes garçons. Il me dit en me saluant : « Ô Abū ʿAbd Allāh, ceux-ci sont tes deux imams ; celui des deux qui t'appelle, réponds-lui. » Je partis au Yémen, de là à La Mecque, et de là vers vous au Maghreb. Il nous est parvenu que l'imam était mort et avait laissé son fils. Les lettres me venaient de ces deux-là, contenant certains signes qui étaient entre moi et l'imam. J'ai cru que c'était le Mahdī, mais ce n'est pas le Mahdī ; c'est un homme mauvais, menteur, pervers, ennemi de Dieu, ennemi de Son messager, ennemi de Sa famille, ennemi de la Shīʿa, ennemi du Mahdī. » Saʿīd s'accorda avec Abū ʿAbd Allāh sur ses trahisons et ses mensonges et ce qu'il avait fait chez les Kutāma 27. Ils s'injurièrent mutuellement. Saʿīd s'isola avec les richesses, usa de ruse, tua Abū ʿAbd Allāh et le cheikh des cheikhs. Abū Zakariyyā Muḥammad ibn Aḥmad ibn Zakariyyā, frère d'Abū ʿAbd Allāh, qui était plus éminent que lui, plus proche de Saʿīd et plus savant dans la prédication, proclama que Saʿīd était un menteur, ennemi du Messager de Dieu et de sa famille. Il l'affronta, ils s'injurièrent, et il ne cessa de le proclamer à Raqqāda 28 et dans tout le Maghreb jusqu'à ce qu'il fît envoyer quelqu'un pour le tuer. Abū Dhākī Tammām ibn Muʿārik, qui était le plus proche de Saʿīd, le plus digne de confiance auprès de lui et un notable de la Shīʿa, ne cessa de proclamer : « Méfiez-vous de ce menteur oriental, car il n'a pas de religion », jusqu'à ce que Saʿīd dépensât des richesses pour des esclaves et des ignorants, et qu'il tuât Abū Dhākī et ses compagnons. N'est-ce pas qu'à la mort de Saʿīd, son fils lui succéda, et ses proches l'abandonnèrent, disant : « Celui-ci est plus mécréant que son père. » N'ont-ils pas manifesté au Maghreb l'injure envers le prophète des Arabes et ses compagnons, disant : « Maudissez la grotte et ceux qui l'entourent, maudissez ʿĀʾisha 29 et son mari », et maudirent tous les prophètes, et manifestèrent tout l'ésotérique 30, et envoyèrent des prédicateurs appelant à Saʿīd comme étant le vrai dieu, le créateur, le pourvoyeur, celui qui fend et qui scelle, qui fait mourir et qui fait vivre. Ils épousèrent leurs filles, au point que des prédicateurs comme Abū al-Aswad et Abū Ṭāʿa épousèrent leurs propres filles. Les shīʿites allèrent trouver Abū Yazīd Makhlad ibn Karrād, qui était un kharijite 31, et se plaignirent à lui de la disparition de l'islam à cause de ces Orientaux, disant : « Celui-ci, bien que kharijite, ne nie pas la seigneurie, ne traite pas les messagers de menteurs, ne maudit pas les prophètes, et il préserve les biens. » Ils partirent avec lui contre Ibn Saʿīd après la mort de son père. Ibn Saʿīd envoya contre lui armée après armée, mais il ne cessa de les vaincre jusqu'à ce qu'il arrivât aux portes d'al-Mahdiyya 32. Ibn Saʿīd ferma sa porte devant lui. Abū Yazīd prit l'anneau de la porte de sa main, lui qui était un vieillard incapable, à cause de sa faiblesse et de son âge, de monter à cheval ; il montait un âne. Il assiégea Ibn Saʿīd dans al-Mahdiyya avec ses armées, et il mourut pendant le siège, de peur de lui. Ismāʿīl, son fils, lui succéda, et l'homme à l'âne les assiégea jusqu'à ce qu'ils en fussent réduits à manger leurs mulets, et qu'ils fussent humiliés et soumis. Il les malmena pendant cinq ans, et malgré sa faiblesse et son impuissance, il s'empara de la plupart de leurs royaumes, jusqu'à ce que la ruse s'accomplît contre lui. Abū al-Ḥusayn ibn ʿAmmār aida Ismāʿīl, le troisième qāʾim 33 d'entre eux, contre Abū Yazīd, jusqu'à ce qu'il triomphât de lui. Quand il sortit, Ismāʿīl manifesta son retour à l'islam. Il tua les prédicateurs, en exila certains en Andalousie et ailleurs. Il dit au peuple : « Quiconque vous entendrez maudire les prophètes, tuez-le, et je vous soutiendrai. » Il permit aux juristes et aux traditionnistes, s'humilia devant le peuple, prétendit que ce qui s'était passé de la prédication, de l'autorité et des hérauts était à l'insu de son père et de son grand-père, allégea l'impôt foncier, et manifesta son occupation de la jurisprudence. « Les chutes des autres, parmi les gens de cette prédication, sont plus nombreuses que les nôtres. Pensez-vous que nous, à Bahreïn, nous ignorons les nouvelles de nos frères et des gens de notre prédication au Maghreb, au Yémen et en Irak ? » Ils argumentaient ainsi contre ceux de leurs frères qui les blâmaient d'avoir divulgué l'ésotérique. Les prédicateurs comme Abū al-Qāsim ʿĪsā ibn Mūsā, Abū Muslim ibn Ḥammād al-Mawṣilī, Abū Bakr son frère, Abū Ḥātim Aḥmad ibn Ḥamdān al-Rāzī al-Kilābī et d'autres racontaient avec chagrin et regret ce qu'Abū Ṭāhir avait fait en dévoilant la prédication, au point que son prestige tomba et que les Arabes le méprisèrent après l'avoir tant honoré, au point qu'Abū Ṭālib ibn ʿĪsā ibn Mūsā et ses semblables disaient, quand ils mentionnaient le déshonneur d'Abū Ṭāhir et son scandale : « Qu'as-tu, Abū Ṭāhir ? Que Dieu te maudisse, malheur à toi ! Pourquoi as-tu confié l'affaire à Dhakīra al-Iṣfahānī ? Malheur à toi ! N'aurais-tu pas dû persévérer dans ton erreur, alors que les gens pensaient que tu étais le Mahdī, et parmi eux certains pensaient que tu étais au-dessus du Mahdī ? Malheur à toi ! Jusqu'à Boukhara, personne ne t'aurait repoussé. Que Dieu te maudisse, et que Dieu prie sur toi, ô Muḥammad ! » Ils ne maudissent pas Abū Ṭāhir par désaveu de lui, et ne prient pas sur le Prophète par loyauté envers lui et par croyance en sa prophétie, mais ils veulent dire que, même s'il était un menteur et un imposteur comme Abū Ṭāhir et ceux du Maghreb – loin de lui, qu'Il est élevé au-dessus de leurs paroles –, il n'a pas été déshonoré comme ils l'ont été. Abū al-Ghayth al-ʿIjlī revint de chez eux, alors qu'il était l'une de leurs défenses et obéi dans sa tribu. Ils étaient environ trente mille. Il écrivit à ce sujet un livre où il montra que leur affaire lui était apparue trompeuse et qu'il les avait crus shīʿites et partisans du Mahdī. D'autres de leurs chefs revinrent, parmi ceux qu'Ibn Rizām a mentionnés dans les cinq rangs et dans le grand livre, et d'autres les ont mentionnés.

И дошло дело с Абу Тахиром до того, что после [убийства] Закиры он стал совершать набеги на паломников и на земли мусульман, а затем принуждал арабов отдавать ему часть того, что они брали, как они делали прежде, и говорил: «Это — имущество Махди. Если не отдадите нам всё, как прежде, то дайте хоть часть». Ему отвечали: «Мы просим у тебя защиты, если отдадим тебе наши ключи, а мы тебя знаем». Когда же он увидел их пренебрежение к нему после [бывшего] почтения, сказал: «Нет смысла в том, чем я занят: я убиваю мусульман и граблю их, а эти уходят с деньгами». И пришёл он в Куфу, даровал людям безопасность и направил [послание] к ар-Ради, после [смерти] аль-Муктадира и после аль-Кахира (15). А этот ар-Ради был из-за слабости и из-за того, что Биджкам и персы (аль-а‘аджим) держали его под опекой, в ужасном положении (16); войска разошлись от него, а деньги у него отобрали. И он [Абу Тахир] направил к нему, прося у него денег, которые тот дал бы ему, чтобы он служил ему и охранял паломников (йубаззирик аль-хаджж) (17). Ар-Ради сделал это и дал ему известную сумму денег. И сказал Абу Тахир: «Это выгоднее для меня: я возьму эти деньги, дам часть моим сподвижникам и помощникам, а часть получу сам». И умные люди удивлялись и извлекали урок, говоря: «Велико стало дело Абу Тахира, так что одни люди утверждали, что он — бог, другие утверждали, что он — пророк, а третьи утверждали, что он — Махди. И самое меньшее, что о нём утверждали — что он — доверенное лицо Махди и меч Махди. И они считали малым для него владение землёй, и шииты не сомневались, что он завладеет ею, и приводили в подтверждение этого предания (ар-ривайат) (18) о нём, и что он упомянут в «Малахим» и в книгах о грядущих событиях (кутуб аль-хадсан); и что он — довод Бога и обладатель довода Бога, и Махди, и Ожидаемый, который завладеет всей землёй». И возжелал он этого сильнейшим желанием. А султан в его время был нерадивым, не знающим об управлении ни мало, ни много; он получил халифат в двенадцать лет, увлекаясь женщинами; его писцы, чиновники и приближённые — над ними одержал верх шиизм, они полагали, что Абу Тахир — из шиитов, и были они его помощниками против султана. И Бог покинул его (хазалаху), пока он не сделал с Закирой то, что сделал, и Бог опозорил его его же языком. Затем он вернулся, убил Закиру и отрёкся от того, что делал. И не переставало покидать его (хизлан) Божье [содействие], пока он не пришёл к ар-Ради в таком положении, прося у него охраны паломников (базаркат аль-хаджж), и попросил его использовать его для этого, и поручился за всё, что случится с паломниками. И вышел к нему в Куфу Ибн Мукатиль, приближённый Ибн Раика (19), и договорился с ним об охране паломников после того, как упрекнул его за то, что он сделал. И тот отрицал, что происшедшее было по его выбору, и [говорил], что бедуины (аль-бавади) нападали на него и не подчинялись ему, и что султан был нерадив в его деле, тогда как следовало бы знать его место, и дать ему то, что удовлетворило бы бедуинов, и использовать его, и сделать его одним из своих ставленников. Паломники же сказали: «Мы не пойдём с ним, не доверяем ему и не оказываем ему почёта». И султан назначил Абу Али Умара ибн Яхью аль-Алави эмиром над ними, чтобы Абу Тахир со своими сподвижниками шёл, когда он идёт, и останавливался, когда он останавливается, и не имел бы он ни приказа, ни запрета ни над кем из паломников. И если ты представишь себе положение Абу Тахира, каким оно было и до чего дошло, так что он стал домогаться от ар-Ради — а он был первым, из-за кого прекратилось государство Бану аль-Аббас, и кто отобрал у него деньги, и [ар-Ради] дал ему сумму, достаточную для пропитания, и дело его вышло из-под управления войском и из-под наместничеств; и он был первым из них, кто был взят под опеку — чтобы тот использовал его для охраны паломников за то, что он ему даст, — ты узнаешь, что это — одно из величайших знамений Бога. Ибо он нанёс тяжёлый урон исламу и разрушил жилища паломников, и [прежде] он переписывался [с властями] о безопасности и благоустройстве, как о действующих рынках. И, возможно, убитых им больше, чем убитых Бабеком и Сахибом аз-Зинджем. И страх перед ним наполнил сердца, так что царь румов написал султану письмо, выказывая ему злорадство: «Поистине, Абу Тахир аль-Кармати истребил вас и уничтожил вас, и отвлёк вас от набегов на нас, и избавил нас от вас, и направился к дому вашего поклонения, и убил его посетителей и тех, кто его почитает, и низвёл вашу религию во всякое унижение». И простые люди (аль-‘амма) и те, кто не был из числа приверженцев [карматского] призыва, когда спрашивали сподвижников Абу Тахира о том, что он совершил в деле Закиры, не отвечали, но говорили: «Дело было передано ему только для того, чтобы он обманулся, и чтобы посмотреть, что у него [в душе], и [Бог] терпел его и то, что он совершил, чтобы узнать его конечный исход». И у этой передачи [дела] была скрытая сторона, не та, что явилась людям. И это — самое удивительное из позоров приверженцев лжи и их измышлений. И это — то, что не бессилен измыслить любой. Ибо они опозорились и разорвались от сожаления, и отвернулись от них разумные из-за этих позоров, и стали они ничтожны в глазах своих воинов после [бывшего] почёта, и пали их достоинства окончательно, а затем они измышляют эту ложь. Это подобно их словам, если бы кто-то сказал: «Поистине, слуга аль-Аббаса ибн Амра аль-Ганави — мы не доверяли ему, и не полагались на него, и не доверял ему Абу Саид, и не вверял ему себя, и не полагался на него, но мы оставили его и [допустили] убийство Абу Саида и той группы, которую он убил в бане, чтобы посмотреть, что у него [в душе], и чтобы проявился его конечный исход, при нашем знании о том, что он совершит и сделает. И то, что совершил аль-Асфар — убийство наших людей, и запрет нам распоряжаться в странах и выходить для взимания дани с паломников, и осада нас в аль-Ахсе — не от бессилия с нашей стороны и не от незнания с нашей стороны того, что он делал прежде, чем это случилось, но мы оставили его, зная и имея возможность, чтобы проявилось всё, что у него [в душе], ибо у каждого дела есть скрытая сторона». Или как тот, кто сказал: «Поистине, аль-Асфар сделал с ними это не из вражды к ним, и так же то, что сделал Ибн Абу-с-Садж, но аль-Асфар хотел испытать их этим, и у этого есть скрытая сторона, и это — нрав людей этого призыва, где бы они ни были, на востоке земли и на западе её. Ибо всякий раз, как они позорятся и обнаруживается их ложь, они говорят: «У этого есть скрытая сторона». Ведь Саид [ибн Абу Саид] послал войска в году триста втором в Египет и сказал: «Вы завоюете его, а я — следом за вами». А [Египет] был пуст, и в нём был только аль-Касим ибн аль-Ихшид аль-Фаргани с семью тысячами, а войско Ибн Саида, которое он привёл в Египет, было около двухсот тысяч. И аль-Касим разбил их и обратил вспять. И они вернулись в году триста седьмом в трёхстах тысячах, и он сказал: «Вы завоюете его», — и они вернулись разбитыми. А Ибн Саид был главой войска, а Йусуф ибн Гарви аль-Кабир — распорядителем, и он удивлялся их возвращению, после того как он сказал: «Вы завоюете». И он сказал: «У этого слова есть скрытая сторона», — и взял этого Йусуфа и убил его». И четвёртый из них, когда завладел Египтом и Шамом, сказал: «Теперь я завладею всей вселенной». И был у него серый конь (барзаун ашхаб), называемый Айн аль-Фидда (Серебряный Глаз), и он сказал: «На нём я войду в Константинополь». И сказал: «Я не буду давать жителям аль-Ахсы дани за паломников, как давал до меня Кафур, чёрный евнух. Если же они воспротивятся мне, я пошлю [племя] Кутама, и они привяжут своих коней к их воротам в аль-Ахсе». И он торговался со своим сподвижником и сподвижником своего войска о белых одеждах, а затем сказал: «Это привозится из Нишапура, и мы пойдём туда и купим его из рудника». И пришли сыновья Абу Саида, и взяли чёрные знамёна из Багдада, на которых [было имя] имама аль-Мути‘ ли-Ллаха, повелителя правоверных. И были они с малым войском, и отняли у него Шам, и убили Ибн Фаллаха, его сподвижника (20), и сказали ему: «Тебе не нужно посылать Кутама в аль-Ахсу, мы уже пришли к тебе». И он посылал к ним послов и задабривал их, и сказал им: «Почему вы согласились для себя идти под чёрными знамёнами и устанавливать призыв за Бану аль-Аббас?» Они сказали ему: «Тебе следовало бы не обманывать нас и не говорить о нас, мы знаем тебя и знаем твоего отца». И он не переставал посылать к ним послов и унижаться перед ними, и говорил: «Призыв един, и этот дом и дом моего отца — одно и то же». И они пошли к нему в Египет и стеснили его, и он вырыл вокруг себя ров, и раздавал деньги, и раздавал деньги бедуинам, и они взяли его скот и бежали от ворот Египта. И был взят в плен Ибн аль-Мунджа и группа из них, и он оказал им почёт и сохранил их, и одарил их почётными одеждами, и отослал их обратно в аль-Ахсу, и дал им больше, чем давал им Кафур. И убил он тех, кто был в их войске из рыночных торговцев и продавцов, а их были многие тысячи. И сказал он сыновьям Абу Саида: «Я не помешал вам, но помешал вам этот раб Джаухар». И он приблизился к ним, и напомнил им, что призыв един, и что не следует нам разногласить, чтобы мусульмане злорадствовали над нами. И не переставал он и те, кто после него, посылать им много денег и много добра, пока не осадил их аль-Асфар и не помешал им, и не прибыл царь румов, да проклянёт его Бог, и не остановился в Шаме. И случилась смерть коня Айн аль-Фидда, и дошла весть до Ибн аз-Заййата, который был в Шаме, и он написал ему: «Ты сказал, что войдёшь в Константинополь на Айн аль-Фидда, а он умер, и между тобой и Константинополем — шесть месяцев пути, а царь румов уже остановился в Шаме, и между тобой и им — двадцать дней пути. Дело приблизилось к тебе, так присоединяйся». И он оставил ответ на это и написал Ибн аз-Заййату: «Ты — человек добродетельный, совершенный, я обидел тебя и поступил с тобой дурно, и отрицал твоё достоинство, и не знаю, как мне извиниться перед тобой, а я — из числа самых нуждающихся в тебе. И это — не то, что подобает для ласкового обхождения». И когда требуешь от его приближённых и призывающих (ад-ду‘ат) к этим речам и разъясняешь им их ложь и измышления, они говорят: «У этих речей есть скрытая сторона». И у пятого из них есть из жителей Хорезма и аль-Мулийана и других много посетителей (зуввар), пришедших с деньгами и дарами, и они находятся под опекой и за ними приставлены надзиратели. И при всём этом до них доходят те мерзости и дозволения [запретного], которые там [творятся]. И, может быть, один за другим из этих посетителей спрашивает, и ему говорят: «У этого есть скрытая сторона». И, может быть, некоторым из них говорят: «Поистине, ваш господин делает это намеренно, чтобы показать вам и испытать ваше терпение, так молчите и не говорите». А затем не разрешают возвращаться тем из них, кто обладает проницательностью. И Саид, будучи в Магрибе, установил наблюдение за теми, кто прибывает и убывает у ворот города, чтобы узнавать их вести. И тех из них, кто был из посланцев и призывающих, которых он желал, он вводил только ночью, в масках, в паланкинах (хавадидж); а если их была группа, он разделял их, и размещал, и приставлял к ним своих доверенных, и выводил их так же, чтобы они не узнали ничего из его дел. И он подсылал к ним тех, кто рассказывал им из его вестей то, что он хотел, и оказывал им благодеяния, и одаривал их, и заменял им [потери], и выводил их тайно, как они вошли, и возвращал их к ан-Насафи и Абу Хатиму ар-Рази и Ибн Хаммаду. Так рассмотри же положение этих [людей] на окраинах, которые прикрываются религией ислама и ставят муэдзинов. И всякого, кого они призывают в начале его дела, они говорят ему: «Мы не таковы, как имамиты, сподвижники Мусы ибн Джа‘фара, которые говорят: «Молитва — пятьдесят один ракат». То, что обязательно для тебя, да сохранит тебя Бог, — семьдесят три раката в день и ночь; и выплачивай закят, и постись в рамадан, и совершай хадж к Дому, и выполняй доверенное, и охраняй своё целомудрие, и не разрешаем мы тебе временный брак (мут‘а), как разрешают его рафидиты; и избегай лжи, прелюбодеяния, ростовщичества и мужеложства; и не пей ничего из предосудительного; и нет тебе ни в чём из этого никакого послабления (рухса) вовсе». И когда у призывающего (ад-да‘ийа) есть кто-то из обездоленных и тех, кто не знает истинной сути призыва, призывающий молится с ним ночью и днём. И при всём этом люди знающие узнали истинную суть призыва. Как же обстоит дело с пророчеством, которое относится к вещам очевидным? И если бы ты взялся подсчитывать позоры этих [людей] во всякое время, при всей этой осторожности, это было бы долго. И следует тебе обратить внимание на их дела, ибо нет здесь никого, кто бы порицал пророчества, кроме них, как уже было тебе представлено. И их призывающие сегодня, такие как умерший Джабир, и Ибн Джабала, и Ибн аль-Кумайт, и аль-Хасан ибн Мухаммад аль-Мадди, говорят тому, кого они уже довели [до своей степени]: «Разве вы не видите последователей этого делателя, творца — имея в виду Посланника Бога, да благословит его Бог и приветствует — сегодня, вот уже четыреста лет, как они держатся его шариата, не расставаясь с ним? Что они видят в нём, ослы? Ведь он утомил их молитвой, постом, хаджем и джихадом. Неужели они не понимают? Неужели не очнутся?»

Il est étonnant que l'on s'éloigne de lui, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, alors que ses signes sont manifestes et ses preuves évidentes. Si ces gens avaient de la perspicacité et de la réflexion, leur propre personne et leur état suffiraient à reconnaître sa véracité. Car, malgré leur attachement à lui, leur dissimulation derrière l'observance de sa Loi 34 et leur affiliation à sa Famille 35, malgré les serments et les engagements, ils sont démasqués en un clin d'œil. Lui, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, est venu de cette manière, et ses ennemis, depuis quatre cents ans, cherchent une faute ou un faux pas chez lui sans en trouver. Comme on dit : les médecins devraient être parmi les créatures les plus craintives d'Allah et les plus connaisseuses de Lui, en raison des nombreuses épreuves qui frappent les gens et eux-mêmes ; pourtant, leur médecine sert rarement à eux-mêmes et à leurs proches. Mais ils ont été précédés par des croyances vaines et l'imitation des hommes, ils ont donc abandonné la réflexion, leur capacité à tirer des leçons s'est amoindrie, ils sont devenus hébétés et perplexes, leurs esprits se sont égarés et leurs intelligences sont mortes. Nous cherchons refuge auprès d'Allah contre la longueur de l'insouciance, une mort sur une négligence et une arrivée dans le regret. Un autre chapitre [La science du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lorsqu'il les a défiés d'apporter quelque chose de semblable à ce Coran, qu'ils ne le pourraient pas] Il en est ainsi : lui, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, savait et était certain, lorsqu'il les a défiés d'apporter quelque chose de semblable à ce Coran, ou à dix sourates semblables, ou à une seule sourate, qu'ils n'apporteraient rien de tel. S'il n'en avait pas été certain, il ne les aurait pas défiés et ne l'aurait pas dit, car un homme sensé n'entreprend pas une telle chose sans être sûr que ses adversaires ne pourront pas l'égaler, de peur d'être démasqué, de voir son argument réfuté, son adversaire triompher, son mensonge apparaître, ses partisans se détourner de lui et son autorité anéantie. D'autant plus que les Arabes étaient de nombreuses nations, que l'éloquence était établie en eux et prédominante chez leurs hommes, leurs femmes, leurs esclaves et leurs servantes, et qu'il ne les connaissait pas individuellement, ni ne connaissait parfaitement leurs personnes, leurs poètes, leurs orateurs, leurs rhéteurs et leurs prédicateurs. Il ne pouvait donc pas être sûr qu'un groupe d'entre eux, poussé par la colère pour leur religion, le fanatisme pour leurs pères et l'orgueil pour eux-mêmes, n'apporterait pas quelque chose de semblable en éloquence et en rhétorique, ou qui s'en approcherait, détruisant ainsi tout ce qu'il avait construit. Or, lui, l'homme sensé et indulgent, qui ne laisse pas son intelligence être vaincue par son ennemi, n'aurait pas annoncé qu'ils n'apporteraient rien de tel sans être certain qu'ils n'apporteraient rien de semblable ni même d'approchant. Il n'y a donc dans le monde aucun homme sensé qui médite sa situation, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, sans que la réflexion et la science ne lui en apportent le fruit. Si l'on dit : un homme sensé peut prétendre, dans un art qu'il revendique, ou dans la bravoure, ou dans la force et la puissance, et autres choses semblables, que personne ne l'égale ni ne l'approche, même s'il ne sait pas que les choses sont comme il le prétend, sans que cela ne le fasse sortir de la catégorie des gens sensés... On lui répond : on ne l'interroge pas, ni ses semblables, sur ceux qui méditent ce que nous avons dit. Car nous n'avons pas dit qu'il n'y a dans le monde aucun homme sensé qui prétende être inégalé dans sa position sans être certain qu'il en est ainsi. Nous avons seulement dit que cet homme, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a prétendu la chose la plus grande et la plus auguste, à savoir qu'Allah l'a élu sur les mondes, qu'Il a fait de lui seul, depuis Son envoi, un argument contre tous ceux qui l'ont atteint et tous ceux qui viendront après lui jusqu'au Jour de la Résurrection, que quiconque s'oppose à lui voit ses biens, son sang, sa famille et sa descendance licites, et qu'il encourt l'humiliation et la colère d'Allah dans ce monde et dans l'autre, et qu'il est obligatoire pour tout être sensé de lui obéir et de se soumettre à son ordre, sans parler d'autres choses qu'il a prétendues et imposées et dont l'énumération serait longue. Et son argument en cela est que si toute la création se réunissait et s'efforçait d'apporter quelque chose de semblable à ce Coran, ou à une seule sourate de lui, ils n'apporteraient rien de semblable. Et s'ils apportaient cela, alors son mensonge serait manifeste, son obéissance deviendrait illicite, sa désobéissance deviendrait obligatoire, son sang et celui de tous ceux qui l'ont cru deviendraient licites. C'est par cette condition que nous avons dit cela et que nous l'avons prétendu, et c'est par cela que nous avons su, non par ce que le questionneur a supposé. Un autre chapitre [La tentative des juifs et des chrétiens à Médine d'anéantir l'islam et leur échec] Parmi ses signes, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, il y a ceci : lorsque ses compagnons furent à Médine, les juifs allèrent voir les Aws et les Khazraj et leur dirent : « Vous avez attiré sur vous, en suivant cet homme, l'égarement et le malheur immédiat en vous faisant des ennemis des nations. Si vous étiez juifs, nous discuterions avec vous. » Or, parmi les Aws et les Khazraj, certains s'étaient judaïsés. Les chrétiens leur dirent la même chose, les incitèrent à adopter le christianisme, les menacèrent des chrétiens arabes et des rois de Rome, et multiplièrent les menaces et les exagérations. Alors Allah, le Puissant et le Glorieux, dit : « Et ils dirent : "Soyez juifs ou chrétiens, vous serez bien guidés." Dis : "Non, suivons la religion d'Abraham, le pur monothéiste 36 ; et il n'était point du nombre des associateurs." Dites : "Nous croyons en Allah et en ce qui nous a été révélé, et en ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les Tribus 37, et en ce qui a été donné à Moïse et à Jésus, et en ce qui a été donné aux prophètes de la part de leur Seigneur : nous ne faisons aucune distinction entre eux. Et à Lui nous sommes soumis." S'ils croient à ce à quoi vous croyez, ils seront bien guidés. S'ils s'en détournent, ils seront dans la dissension. Allah te suffira contre eux. Et c'est Lui l'Audient, l'Omniscient. » 38 Allah les suffit donc contre eux, comme Il l'avait promis et annoncé. Ils étaient pourtant les plus ardents à vouloir le tuer, l'exterminer et le faire périr, dépensant pour cela leurs biens et leurs vies. Sa situation à Médine, bien qu'il fût entouré d'un groupe et de partisans, était proche de sa situation à La Mecque : il s'asseyait seul, marchait seul, et lorsqu'un homme ou une femme l'appelait pour un besoin, il marchait avec celui qui l'avait appelé. Il était parfois chez lui, seul avec sa famille. Ses maisons et sa mosquée étaient faites de branches de palmier, d'une hauteur d'environ une toise 39. Sa voie en cela était la même que celle de ses successeurs 40 et de ses compagnons, dans le don et l'humilité. Or, l'esclave chrétien 41 avait visé 'Umar pour le tuer et le tua ; Ibn Muljam 42 avait visé 'Ali ibn Abi Talib pour le tuer et le tua ; 'Uthman 43 s'était retranché, avait pris ses précautions et rassemblé ses forces, mais malgré cela, son ennemi escalada sa demeure, entra par son ouverture 44 et obtint de lui ce qu'il voulait, et ce malgré ses liens de parenté et son autorité. Apprends donc que la préservation du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, de ces choses est l'un des grands signes, d'autant plus qu'il avait dit à son ennemi : « Allah me suffira contre vous. » Cela excitait son ennemi contre lui-même et l'incitait à lui nuire. Les gens de La Mecque envoyaient les juifs, les chrétiens et ceux de Médine pour tuer le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et ils excitaient les Aws et les Khazraj les uns contre les autres, les poussant contre ceux qui avaient cru au Messager d'Allah et l'avaient suivi. Les juifs et les ennemis du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, parmi ceux de Médine, se rendaient à La Mecque, rencontraient les Qurayshites et les incitaient à nuire au Messager d'Allah et à le tuer. Les juifs à Médine, au Hedjaz et dans la péninsule arabique étaient nombreux, avec des villages et des forteresses. Ils avaient de la force, du courage, des chevaux et des cavaliers, des héros, des orateurs et des poètes, des richesses, des généreux chez qui l'on cherchait refuge, qui accordaient protection et défendaient leurs voisins, et qui résistaient aux rois et les repoussaient. Les chrétiens arabes étaient encore plus nombreux, plus forts et plus puissants en tout cela. Reconnais cela, car tu en as le plus grand besoin. Un autre chapitre [Badr et ce qu'elle contient comme signes] Parmi ses signes, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, il y a ce qui eut lieu à Badr. Ce fut un jour où il y eut de nombreux signes, et Allah, le Puissant et le Glorieux, montra à Son Prophète de grands prodiges. Les associateurs de Quraysh avaient une caravane qui arrivait, chargée de biens, de marchandises et d'objets précieux. Les Qurayshites sortirent, craignant que les musulmans ne s'en emparent, au nombre d'environ mille cavaliers équipés et prêts à la protéger. Allah promit aux musulmans l'une des deux troupes, qu'Il les ferait triompher d'eux et les en enrichirait. Les musulmans souhaitaient que cette troupe ne fût pas celle qui avait des épines 45, en raison du petit nombre et de la faiblesse des musulmans et du grand nombre et de la force des associateurs. Les musulmans étaient au nombre de trois cent treize hommes, montant à tour de rôle un seul chameau, et ils n'avaient ce jour-là que deux chevaux : celui d'al-Miqdad et celui d'az-Zubayr. L'ennemi les avait devancés à l'eau et s'était emparé des défilés, prenant avantage sur les musulmans par l'eau et la position. Les musulmans arrivèrent donc dans leur faiblesse et leur petit nombre, et se trouvèrent dans des passages étroits et des crevasses du sol, sans eau. Alors Allah fit descendre sur eux l'eau, ils burent, abreuvèrent leurs montures, se purifièrent, et le sol, qui était du sable, se raffermit sous leurs pieds. Pendant le combat, Il fit descendre sur eux la somnolence 46 au moment où il n'y a pas de somnolence et où le sommeil fuit à cause de la peur pour les vies. Ainsi, Il apaisa leurs cœurs, chassa leur peur, transforma leur lâcheté en courage, et leur envoya Ses anges pour les affermir et leur annoncer la bonne nouvelle. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, prit une poignée de terre contenant des graviers et la jeta au visage des associateurs en disant : « Que les visages soient enlaidis ! Hâ Mîm 47 ! Ils ne seront pas secourus ! » Les graviers se dispersèrent dans le camp des associateurs et atteignirent un grand nombre d'entre eux, contrairement à ce qui se produit habituellement. Le Coran a rapporté cela et ses détails d'une manière qui atteste, pour tout homme sensé, méditatif, réfléchi et pensif, que cela a eu lieu et s'est produit, dans Sa parole dans la sourate al-Anfâl 48 jusqu'à Sa parole : « Comme ton Seigneur t'a fait sortir de ta maison en toute vérité, tandis qu'une partie des croyants était réticente. Ils discutaient avec toi au sujet de la vérité après qu'elle leur fut apparue, comme s'ils étaient poussés vers la mort et qu'ils la voyaient. Et quand Allah vous promit l'une des deux troupes qu'elle serait vôtre, et vous souhaitiez que celle qui n'avait pas d'épines fût vôtre, tandis qu'Allah voulait faire triompher la vérité par Ses paroles et anéantir les mécréants jusqu'au dernier, afin de faire triompher la vérité et d'anéantir le faux, en dépit de la répulsion des criminels. Quand vous imploriez le secours de votre Seigneur, Il vous exauça : "Je vous renforcerai de mille anges se succédant." Et Allah ne le fit que comme une bonne nouvelle et pour que vos cœurs s'en apaisent. Et la victoire ne vient que d'Allah. Allah est Puissant et Sage. Quand Il vous enveloppa de somnolence comme une sécurité de Sa part, et fit descendre sur vous du ciel une eau pour vous purifier, ôter de vous la souillure du Diable, fortifier vos cœurs et raffermir vos pas. Quand ton Seigneur révéla aux anges : "Je suis avec vous, affermissez donc ceux qui ont cru. Je vais jeter l'effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez donc au-dessus des cous et frappez-les sur tous les bouts des doigts." Cela, parce qu'ils se sont opposés à Allah et à Son Messager... » jusqu'à Sa parole : « Et afin d'éprouver les croyants d'une belle épreuve de Sa part. Allah est Audient et Omniscient. » 49

Considère donc comment Il leur décrit leur état, leur faiblesse, leur peur et leur petit nombre, et ce qu'Il leur avait promis comme victoire sur l'une des deux troupes avant la rencontre, et comment Il les a secourus par cette préférence. Il ne peut pas leur dire : « Je vous avais promis, alors que vous étiez réticents, craintifs et faibles, puis J'ai dissipé votre peur, apaisé vos âmes, fait descendre sur vous l'eau, vous ai enveloppés de sommeil comme une sécurité de Ma part, et vous ai secourus par les anges », alors qu'Il sait qu'ils savent qu'Il ment et que cela n'a pas eu lieu. Ce discours, l'ennemi et l'allié l'entendent, et Il en fait une faveur aux Compagnons et à Ses adeptes, et l'utilise comme argument contre l'ennemi et l'allié, et s'en prévaut, s'en vante et s'en targue. Cela ne peut venir d'un homme sensé, et aucun homme sensé réfléchi ne l'imaginerait. Comment donc pourrait-il en être ainsi de celui qui prétend à la prophétie et à la vérité, et veut que quiconque entend sa parole le suive, croie en cela de sa part et lui obéisse ? Ceux qui l'ont suivi, lui ont obéi, ont offert leurs biens et leur sang, n'ont agi ainsi que parce qu'ils croyaient en sa prophétie, connaissaient sa véracité et étaient convaincus de sa parole. Dans chacun de ces versets se trouve la preuve la plus complète à lui seul, qu'en est-il donc de leur succession et de leur enchaînement ? Si je consacrais un chapitre à chaque verset et expliquais ce qu'il contient, ce serait plus approprié, même si cela est long, et toi, quand tu le voudras, tu pourras le faire. Considère ce qui est dans Sa parole : « Si vous croyez en Dieu et en ce que Nous avons fait descendre sur Notre serviteur le Jour du Discernement 50, le jour où les deux troupes se rencontrèrent, alors que vous étiez sur le versant le plus proche et eux sur le versant le plus éloigné, et la caravane était plus bas que vous. Si vous vous étiez donné rendez-vous, vous auriez divergé sur le rendez-vous, mais c'était pour que Dieu accomplisse une chose qui devait être faite » jusqu'à Sa parole : « Et c'est vers Dieu que les choses sont ramenées » 51. Médite donc Sa bienveillance envers eux et Son argumentation contre eux, sans prétendre que c'est Sa parole, mais Il leur dit : « C'est la parole de mon Seigneur et du vôtre, c'est Lui qui vous a fait ces promesses et vous a garanti la victoire, et Il vous a tenu toutes ces promesses. » Considère la belle disposition de Lui, gloire à Lui, le Très-Haut : Il leur a garanti l'une des deux troupes sans préciser laquelle, et eux souhaitaient que ce ne soit pas celle qui avait des forces 52, car elle avait peu d'hommes mais beaucoup de richesses ; ils détestaient celle qui avait des forces à cause de leur puissance et de leur grand nombre ; Dieu voulait établir la vérité par Ses paroles, Lui qui avait promis à Son Prophète qu'Il mettrait en déroute leurs troupes et donnerait la victoire aux musulmans faibles sur eux. S'Il leur avait dit : « Vous allez affronter celle qui a des forces », ils auraient été effrayés à la vue, car ils étaient à pied, en petit nombre, tandis que les autres étaient à cheval et nombreux ; ils craignaient de sortir et que l'ennemi ne les enveloppe d'un assaut qui les brûlerait. Alors Il les a soutenus par cette victoire, les a préservés par cette sécurité, et ils ont triomphé de leur ennemi, tuant soixante-dix, en faisant soixante-dix prisonniers et mettant en déroute le reste. Comprends le sens de Sa parole : « Vous ne les avez pas tués, mais c'est Dieu qui les a tués » 53, c'est-à-dire que par cette victoire, ce soutien, ces signes et ces miracles, leur mise à mort a été accomplie pour vous. « Et tu n'as pas lancé quand tu as lancé, mais c'est Dieu qui a lancé » 54, car lorsque le Prophète (sur lui la paix et le salut) a lancé, Dieu a fait parvenir son jet là où il ne pouvait pas l'atteindre ni le diffuser par ses propres moyens ; ainsi, quiconque a été touché a été tué ou fait prisonnier. Il n'est pas possible qu'Il leur dise : « Vous ne les avez pas tués, mais c'est Dieu qui les a tués », et une telle chose peut arriver et se produire. De même pour Sa parole : « Mais c'est Dieu qui a lancé », et Son allié et Son ennemi entendent cela, alors qu'ils ont connu des guerres avant lui, les ont expérimentées, les ont connues et en ont entendu parler, pour qu'ils sachent que cela était une rupture de l'habitude et contenait des signes et des miracles. Les adversaires ont demandé : « Si les anges étaient trois mille ou cinq mille, et les musulmans trois cent treize, comment n'ont-ils pas anéanti leur ennemi qui était environ mille ? Et pourquoi n'a-t-Il pas aidé par les anges le jour d'Uhud 55 alors que ses compagnons furent tués, alors qu'il avait plus besoin des anges ce jour-là ? » On leur répond : Nous savons, par ce que nous avons déjà exposé, que les anges étaient présents le jour de Badr, par la preuve de la faveur que Dieu rappelle aux musulmans, et l'ennemi et l'allié l'entendent. Leur question ne porte pas atteinte à cette connaissance. Nous expliquons donc la raison de leur présence : c'était par pure grâce, car la présence des anges (paix sur eux) ne dispense pas les musulmans de combattre leur ennemi, et Dieu ne leur a pas permis de combattre l'ennemi, mais ils étaient présents pour affermir ceux qui croyaient, effrayer ceux qui mécroyaient, tuer un par un pour affermir les croyants, terroriser les mécréants et manifester les miracles. C'est ainsi que Dieu a dit, après avoir mentionné la descente des anges : « Et Dieu ne l'a fait que comme une bonne nouvelle et pour que vos cœurs s'en apaisent » 56. Et dans un autre passage de cette histoire : « Quand ton Seigneur révéla aux anges : “Je suis avec vous, affermissez donc ceux qui croient. Je vais jeter la terreur dans les cœurs de ceux qui mécroient. Frappez donc au-dessus des cous” » 57. Quant à l'histoire d'Uhud, ce n'est pas parce que Dieu a fait descendre les anges le jour de Badr qu'Il devait les faire descendre le jour d'Uhud. De même, ce n'est pas parce que Dieu a guéri Son Prophète à un moment qu'Il doit le guérir à tout moment ; au contraire, Il peut l'éprouver par la maladie à un moment et lui imposer la patience. De même, Il le secourt à un moment par les anges et l'en prive à un autre moment, pour que son épreuve soit plus dure et qu'il soit tenu à la patience. Cette question ne se pose que de la part de celui qui prétend que Dieu secourt toujours Ses prophètes par les anges dans toutes leurs situations. C'est une question que mentionne Ibn ar-Rawandi 58 après avoir suivi Abu 'Isa al-Warraq 59 et Ibn Lawi le Juif, et leurs semblables parmi les mécréants et les ennemis du Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut). C'est l'extrémité de leur ruse ; ils ont déployé tout leur effort et épuisé toute leur capacité, mais ils ne se sont ainsi déshonorés qu'eux-mêmes. S'ils s'étaient tus, cela aurait été plus discret pour eux ; s'ils avaient cru, cela aurait été meilleur pour eux. Sache donc que l'islam est une lumière qui ne s'éteint pas, et que les critiques des adversaires ne font qu'ajouter à sa force, comme l'or qui ne s'altère pas : plus tu le fonds et l'exposes au feu, plus il gagne en qualité et en pureté. Les ennemis du Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) à son époque, parmi les Qurayshites, les Juifs et les Chrétiens, étaient plus intelligents, plus rusés et plus occupés à épier le Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) et à chercher ses faux pas, et ils avaient l'avantage de l'observation directe. S'ils avaient trouvé un point de critique, ils l'auraient précédé et s'y seraient accordés. Il aurait donc convenu à ces ennemis tardifs de faire de même et de se taire, mais l'ignorance et la stupidité ont bouché leurs oreilles et couvert leurs yeux. Dieu refuse autre chose que leur déshonneur et leur humiliation. Ils n'ont pas interrogé sur les signes qui annonçaient ni sur les promesses qui les avaient précédés, malgré leur abondance et le fait que Dieu les mentionne, mais ils n'ont interrogé que sur les anges, par désespoir concernant ceux-là et par critique de ceux-ci. Leur déception est apparue également à propos de ces anges et de leur présence, avec ce que nous avons déjà exposé comme preuve. Parmi les récits à ce sujet : Deux hommes de Mazina 60 parmi les mécréants étaient sur une montagne pour voir de quel côté serait la défaite. L'un d'eux dit : « Nous aimions que ce soit du côté de Quraysh, car ils avaient plus de biens et de marchandises, afin que nous en obtenions. Mais un nuage s'approcha de nous, et quelqu'un disait : “Avance, Hayzum 61 !” Quant à mon cousin, son cœur se découvrit et il mourut ; quant à moi, je tins bon. » Il vint alors voir le Prophète (sur lui la paix et le salut) et l'en informa. Le Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) dit : « Hayzum est le nom du cheval de l'ange 62. » Parmi cela aussi : Hakim ibn Hizam 63, lorsqu'il embrassa l'islam alors qu'il avait perdu la vue et qu'il était à Badr avec les mécréants, dit : « Si ma vue était bonne, je vous montrerais la vallée d'où les anges sont sortis vers nous. » Parmi cela aussi : Abu Tamim al-Aslami 64, lorsqu'il vit al-Harith ibn Hisham 65 se diriger vers La Mecque, son cheval étant mort, il l'interrogea sur la nouvelle. Il dit : « Nous avons vu des hommes blancs sur des chevaux pie 66 volant entre ciel et terre, et nous avons pris la fuite. » Parmi cela aussi : Abu Sufyan ibn al-Harith ibn 'Abd al-Muttalib 67, lorsqu'il arriva à La Mecque en fuite, Abu Lahab 68 lui dit : « Où vas-tu, mon neveu ? Tu as, par ma vie, la nouvelle. » Il dit : « Ô mon oncle, les gens ont été tués. » Il lui dit : « Étaient-ils plus nombreux que vous ? » Il dit : « Non, mais nous avons vu des hommes blancs sur des chevaux pie volant entre ciel et terre ; quand nous les avons vus, nous avons pris la fuite. » Abu Rafi', l'affranchi d'al-'Abbas ibn 'Abd al-Muttalib 69, qui était musulman, dit : « Ce sont les anges. » Abu Lahab se leva alors et le frappa. Parmi cela aussi : Le récit d'Abu Dawud al-Mazini 70 : « Pendant que je cherchais à rattraper un homme parmi les mécréants, sa tête tomba devant moi sans que je l'aie frappé. » Les musulmans, voyant le grand nombre des polythéistes, leur force et leur puissance, et la faiblesse et le petit nombre des musulmans, dirent : « Ô Messager de Dieu, des musulmans sont restés à Médine et ne sont pas sortis, car ils ne pensaient pas que tu rencontrerais un ennemi à combattre ; ils pensaient que tu rencontrerais la caravane de Quraysh. Nous ne sommes pas à l'abri d'une attaque ennemie. Si tu le juges bon, ô Messager de Dieu, construis pour toi une hutte où tu pourras te tenir. » Il accepta et dit : « Construisez pour moi une hutte qui puisse me contenir, moi et mon compagnon. » Il prit la main d'Abu Bakr as-Siddiq 71 et le fit entrer avec lui dans la hutte. Le Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) se mit à invoquer son Seigneur, et sa prière se prolongea : « Seigneur, ce que Tu m'as promis... Seigneur, si cette troupe périt, Tu ne seras plus adoré sur terre. » Abu Bakr l'enlaça par derrière et dit : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés, toi qui supplies ton Seigneur ! Par Celui qui t'a envoyé avec la vérité, Dieu accomplira certainement pour toi ce qu'Il t'a promis. » Le Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) informait Abu Bakr de ce que Gabriel et les anges lui apportaient, et lui disait : « Réjouis-toi, Abu Bakr ! Le secours de Dieu et Son aide sont venus à toi. Voici Gabriel, portant un turban, tenant la bride de son cheval qu'il mène sur la colline d'an-Naq' 72. Et voici les anges, marqués de signes 73. » L'ordre donné aux anges (paix sur eux), leur présence le jour de Badr et le combat de certains d'entre eux sont des choses bien connues. Nous avons déjà donné, avant ces récits, la preuve rationnelle de cela, ainsi que la parole de Dieu, gloire à Lui : « Et quand Il vous les montra, lors de votre rencontre, peu nombreux à vos yeux, et vous diminua à leurs yeux, afin que Dieu accomplisse une chose qui devait être faite » 74. Il diminua donc les polythéistes aux yeux des musulmans pour qu'ils osent les affronter et ne les craignent pas, et Il diminua les musulmans aux yeux des polythéistes, puis remplit leurs cœurs de terreur à leur égard, afin que cela soit un signe pour les deux groupes. Les polythéistes de Quraysh étaient sortis de La Mecque sur leurs chevaux, confiants en leur force, et ils menaçaient de vaincre quiconque ils rencontreraient, car personne ne pouvait les vaincre. Lorsque leur caravane chargée de richesses fut sauvée, 'Utba ibn Rabi'a 75 dit : « Retournons, car notre caravane a échappé à Muhammad et à ses compagnons. » Abu Jahl 76 dit : « Nous ne retournerons pas ; nous resterons, nous égorgerons les chameaux, nous mangerons, nous nourrirons les gens, et nous prendrons Muhammad et ses compagnons, car ils sont faibles et peu nombreux. » Lorsque les deux troupes se rencontrèrent et qu'ils virent le petit nombre et la faiblesse des musulmans, ils les craignirent et ce qu'ils pensaient disparut.

Dieu a rappelé aux musulmans leur affaire en disant : « Et ne soyez pas comme ceux qui sont sortis de leurs demeures avec insolence et ostentation devant les gens, et qui détournent [les gens] du chemin de Dieu. Dieu cerne ce qu’ils font. Et quand le Diable embellit leurs actions et dit : « Nul ne peut vous vaincre aujourd’hui parmi les gens, et je suis votre protecteur » 77 » jusqu’à la fin de l’histoire. Et en raison de la grandeur des signes à Badr, Dieu les rappelle en tout lieu. Il dit, Puissant et Majestueux, dans la sourate Âl ‘Imrân : « Et lorsque tu quittas ta famille, installant les croyants en positions de combat, et Dieu est Audient et Omniscient. Quand deux de vos groupes songèrent à fléchir, alors que Dieu est leur allié à tous deux. Et que les croyants placent leur confiance en Dieu » jusqu’à Sa parole : « Afin de retrancher une partie des mécréants ou de les humilier, et qu’ils retournent déçus. Tu n’as aucune part dans l’ordre » 78, rattaché à Sa parole : « Et la victoire ne vient que de Dieu, le Puissant, le Sage » 79, c’est-à-dire : tu n’as, ni personne d’autre, aucune part dans cette victoire ; elle vient de Dieu seul, dans la descente des anges, dans la terreur qu’Il a jetée, dans l’assoupissement dont Il a enveloppé, dans les jets qu’Il a fait atteindre, et autres. Les associateurs étaient furieux, pleins de rage et de colère, souhaitant que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se montre à eux, et ses Compagnons ne doutaient pas que, dès qu’ils poseraient les yeux sur eux, ils les anéantiraient, extirperaient l’islam et assouviraient leur rage contre le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Mais ce qu’ils n’avaient pas prévu leur arriva. Autre chapitre [sur l’attitude des juifs, des chrétiens et de ‘Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl] Parmi Ses signes : lorsque le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — s’installa à Médine et appela à son Seigneur, alors qu’il y avait autour d’elle des juifs et beaucoup de gens, il les appela, les exhorta et leur expliqua. Mais les chefs et les suiveurs revinrent sur leur décision, se recommandèrent mutuellement de s’écarter de lui, de détourner [les gens] et de lui nuire. Leur nombre était grand et leur force redoutable. Ils s’en prirent aux Aws et aux Khazraj pour les détourner de lui, et se tournèrent vers ‘Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl, alors que les Aws et les Khazraj s’apprêtaient à le faire roi sur eux jusqu’à ce que l’islam vînt, brisant ce qu’ils avaient résolu. Les juifs prétendaient être clairvoyants dans leur affaire, que le Paradis leur appartenait, et que les délices du Paradis leur étaient réservés. Dieu informa alors Son Prophète qu’ils n’étaient pas certains de leur affaire comme ils le prétendaient, que leur peur de vous était intense, et que si tu les appelais à souhaiter la mort, ils ne la souhaiteraient pas. Il dit : « Dis : « Si la Demeure dernière auprès de Dieu vous est réservée, à l’exclusion des autres gens, alors souhaitez la mort, si vous êtes véridiques » » 80. Puis Il dit : « Mais ils ne la souhaiteront jamais, à cause de ce que leurs mains ont accompli. Et Dieu connaît bien les injustes. Et tu les trouveras certes les plus avides de vivre » 81 jusqu’à la fin de l’histoire. Puis Il répéta ce reproche et ce blâme dans une autre sourate et à un autre moment, disant : « Dis : « Ô vous qui pratiquez le judaïsme ! Si vous prétendez être les alliés de Dieu, à l’exclusion des autres gens, alors souhaitez la mort, si vous êtes véridiques » » 82. Puis Il dit : « Mais ils ne la souhaiteront jamais, à cause de ce que leurs mains ont accompli. Et Dieu connaît bien les injustes » 83. Ils ne la souhaitèrent jamais, malgré cette exigence et cette sommation qui irritent et fâchent, et malgré l’intensité de leur hostilité envers le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et leur désir de le traiter de menteur, de le discréditer et de lui faire commettre une erreur. Ils y avaient consacré leurs vies, leurs biens et leurs enfants, et l’avaient combattu, aidant son ennemi contre lui, endurant toutes les difficultés et toutes les peines pour cela. Pourtant, ils n’osèrent pas souhaiter la mort, alors qu’elle est facile et proche : il leur suffisait de dire : « Si seulement nous mourions ». Ces signes immenses, ces prodiges grands, terribles, évidents, manifestes, éclatants et irrésistibles — quiconque réfléchit en est rempli de science de la prophétie du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — et de sa véracité, et en est ébloui. Car on ne sait ce qui est le plus étonnant : son audace à annoncer qu’ils ne le souhaiteraient pas, malgré la légèreté et la facilité de l’acte, et sachant leur désir ardent de le traiter de menteur et de le discréditer ; ou leur refus de le faire, malgré leur besoin pressant. Il n’a pas dit cela de lui-même, ni d’un maître, mais c’est la parole de Dieu, mon Seigneur et votre Seigneur, mon Dieu et votre Dieu, Celui qui connaît vos secrets et vos pensées. Il en a fait un Livre qui se lit et un Coran qui se récite, pour que ce soit plus fort, plus irritant, plus probant et plus évident, et pour que l’on sache qu’il ne leur aurait pas dit cela s’il n’avait su qu’ils ne le souhaiteraient pas. C’est plus étonnant que sa parole aux Arabes : « Vous n’apporterez pas un semblable à ce Coran » 84. Cette position, avec son intelligence et l’ampleur de ses prétentions, seul un homme certain peut la tenir, pour que l’on connaisse sa confiance en son Seigneur — Puissant et Majestueux — et sa sérénité face à ce qui lui est révélé. Les mécréants et les ennemis du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ont été déconcertés, leurs esprits égarés devant ces signes. Ils maudissent les Arabes de n’avoir pas apporté un semblable à ce Coran, et les juifs de n’avoir pas souhaité la mort pour le traiter de menteur, afin qu’ils soient soulagés et que nous soyons soulagés. C’est ce que disent, par exemple, al-Ḥaddâd 85 et son compagnon Abû ‘Îsâ 86 — que Dieu les maudisse. Tantôt ils disent : « Ils étaient ignorants et stupides » — on leur a déjà répondu que quiconque accuse les ennemis du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — parmi les Qurayshites, les juifs et les chrétiens, d’ignorance et de stupidité, accuse en fait le Prophète lui-même. Tantôt ils disent : « Ils étaient intelligents et perspicaces, mais n’étaient pas des gens de dialectique et de réflexion pour reconnaître cela ». Nous répondons : « S’ils étaient comme vous en matière de réflexion et de dialectique, leurs cœurs auraient été aveuglés comme les vôtres le sont. Et d’ailleurs, qu’avaient-ils besoin de votre dialectique et de votre réflexion pour reconnaître ce à quoi le Prophète les appelait ? Ils en étaient les plus savants, car c’est une chose que connaissent hommes, femmes et enfants de toute nation. Quiconque défie son adversaire en disant qu’il ne peut produire quelque chose de semblable à ce qu’il produit — que ce soit en écriture, en natation, en éloquence, en discours ou en poésie — sait bien ce qu’il fait. Un enfant dit à son parent : « Tu ne sais pas écrire comme moi, ni compter comme moi, ni sauter ce ruisseau comme moi » ; son adversaire sait ce qu’il veut dire et par quoi il le défie. De même, le souhait de la mort : les juifs le comprenaient, et chacun d’eux savait ce que le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — voulait dire. Ibn al-Râwandî 87 rapporte que al-Warrâq 88 disait : « S’ils n’ont pas souhaité la mort, c’est parce que les juifs et les chrétiens croyaient en Moïse et en d’autres qui prétendaient à la prophétie, et ces derniers avaient annoncé dans leurs livres la prophétie de Muhammad — que Dieu prie sur lui et le salue — ; ils n’ont donc pas osé souhaiter la mort pour cette raison. » On lui répondit : « Cela prouve donc la prophétie de ceux-là et celle de Muhammad ensemble ; vous devez donc accepter tous leurs livres, alors que vous les niez tous. » Il dit : « Leurs annonces concernant la venue de Muhammad — que Dieu prie sur lui et le salue — sont comme les prédictions des astrologues : ils disent cela. » On lui dit : « Où a-t-on vu de telles prédictions chez les astrologues ? Qu’ils annoncent la venue de Muhammad — que Dieu prie sur lui et le salue —, à quelle époque, avec quoi, de quel pays, de quelle tribu, de qui il est le fils, avec les détails qui sont venus ? Rien de tel, ni d’approchant, ni de comparable n’existe dans les prédictions des astrologues les plus habiles. Ils ne réussissent que rarement, dans une chose vague et insignifiante, après avoir menti et s’être trompés mille fois. Ce qu’ils réussissent leur arrive par hasard, par expérience et par divination, comme les enfants réussissent à deviner pair ou impair, ou dans le jeu de l’anneau. Mais les réussites des enfants sont plus fréquentes, plus rapides, plus belles et plus étonnantes. De même, les prédictions des sages-femmes sur le sexe de l’enfant, celles des devins par les oiseaux ou les cailloux, celles des optimistes par le renard ou des superstitieux par le hibou, ou des augures par les oiseaux. Les mensonges et les erreurs des astrologues sont plus nombreux que tout, et ce n’est pas étonnant. Eux-mêmes le reconnaissent : « Ne vous étonnez pas de nos erreurs, mais étonnez-vous de nos réussites ». Leurs réussites sont comme un fou qui dit une parole sage, ou un enfant qui fait un mot d’esprit : les gens les retiennent et s’en étonnent parce qu’elles viennent sans effort, mais ils ne retiennent pas les sottises et les mensonges des fous et des enfants. De même pour l’astrologue : il se trompe mille fois et ment mille fois sans qu’on le lui reproche, car cela n’est pas surprenant de sa part. Mais s’il réussit une fois, on s’étonne et on le retient, car c’est rare de sa part et cela vient d’une source inhabituelle. De plus, les gens accusent les astrologues de choses qu’ils n’ont pas et qui ne sont pas dans leur art, alors qu’ils harcèlent les prophètes et les mettent à l’épreuve. Nous avons déjà parlé des astrologues plus haut ; réfères-y. Puis ces mécréants dirent : « S’ils n’ont pas souhaité la mort, c’est parce que s’ils l’avaient souhaitée de la langue, il aurait dit : « Je voulais dire le souhait du cœur ». S’ils lui disaient : « Nous l’avons souhaité de cœur », il aurait dit : « Gabriel m’a informé que vous ne l’avez pas fait ». » On leur répondit : « Ils se sont donc présentés à nous comme ne l’ayant pas souhaité de la langue, la coutume a été rompue, la preuve établie, l’évidence apparue, et vous voilà en train de prétexter ce qui n’a pas été et ce qui n’est pas arrivé. Vous aviez accusé les juifs de stupidité pour avoir omis de souhaiter la mort, et maintenant vous les accusez de discernement, de compréhension et d’une intelligence extrême. Or, des gens de ce rang auraient pu lui dire : « Tu nous as dit que nous ne le souhaiterions jamais, et voilà que nous l’avons souhaité ; c’est un démenti clair et évident à ton annonce. » Revenir à ce qui est dans les cœurs, c’est reconnaître l’échec. D’autant que tu as nié le souhait de manière générale, qu’il soit de la langue ou du cœur. Si nous le souhaitons de la langue, nous t’avons démenti, discrédité, et notre preuve contre toi est établie. Dire ensuite que Gabriel t’a informé que nous ne l’avons pas souhaité de cœur est une accusation de ta part, car nous te disons : « Gabriel ne vient pas à toi et ne viendra pas ; comment donc ta prétention serait-elle une preuve contre nous ? » Ainsi, tu apprends la vanité de la ruse des adversaires dans leur défense des juifs, quatre cents ans après. Et pourquoi n’ont-ils pas dit : « Lequel des deux souhaits as-tu annoncé que nous ne ferions pas ? » afin de montrer aux gens qu’il n’y a pas de preuve contre eux dans ce qu’il a annoncé à leur sujet, à savoir qu’ils ne souhaiteraient pas la mort, malgré leur désir de le traiter de menteur et d’invalider son argument. Autre chapitre [tentative des juifs de tuer le Prophète avec une pierre, et Dieu l’en informe] Parmi les signes du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — : il se rendit avec Abû Bakr et ‘Umar chez les juifs pour une affaire. Lorsqu’ils s’assirent, les juifs envoyèrent quelqu’un pour faire tomber une pierre sur eux afin de les tuer. Alors que l’envoyé des juifs montait pour cela, Dieu — Puissant et Majestueux — avertit Son Prophète, qui se leva aussitôt et dit à Abû Bakr et ‘Umar : « Levez-vous, car ceux-ci ont envoyé quelqu’un pour faire tomber sur nous ce qui nous tuera ». Les juifs en furent honteux.

À ce propos, Dieu dit, en leur accordant une faveur : «Ô vous qui avez cru ! Rappelez-vous le bienfait de Dieu sur vous, lorsqu'un peuple voulut porter la main sur vous, et qu'Il retint leurs mains loin de vous. Craignez Dieu, et que les croyants s'en remettent à Dieu.» 89 C'est une histoire bien connue, c'est pourquoi il est permis de la rappeler comme faveur. Il n'est permis de rappeler une faveur et de dire une telle chose que pour ce qui est célèbre et connu d'eux, que l'allié comme l'ennemi ont entendu. Un autre chapitre [Menace contre les juifs et les chrétiens à une époque où leurs partisans étaient nombreux] Parmi ses signes 90 — que la paix et le salut soient sur lui — il y a le fait qu'un groupe d'hypocrites et de ceux dont les cœurs sont malades, dont la foi est faible et la perspicacité réduite, s'alliaient aux juifs et leur témoignaient de l'affection. On leur disait : «Ne faites pas cela.» Ils répondaient : «La bonne décision pour nous et pour tout homme sensé est d'agir ainsi, car nous ne sommes pas à l'abri que les juifs aient un jour le pouvoir et qu'un malheur ne nous frappe de leur part ; ils sont nombreux, ont de la vigueur, de la force et de la dureté.» Dieu révéla alors : «Ô vous qui avez cru ! Ne prenez pas les juifs et les chrétiens pour alliés ; ils sont alliés les uns des autres. Et quiconque parmi vous les prend pour alliés, alors il est des leurs. Certes, Dieu ne guide pas le peuple injuste.» 91 C'est-à-dire : quiconque les prend pour alliés est des leurs dans la mécréance, non des croyants. «Certes, Dieu ne guide pas le peuple injuste», c'est-à-dire qu'Il ne les sauve pas du châtiment et ne les fait pas parvenir à la récompense. Puis Il dit, à la suite du discours : «Tu verras ceux qui ont une maladie au cœur accourir vers eux, disant : “Nous craignons qu'un revers ne nous frappe.”» 92 Puis Il dit : «Mais il se peut que Dieu apporte la victoire ou un ordre de Sa part, et ils deviendront alors, à cause de ce qu'ils ont caché en eux-mêmes, pleins de regrets.» 93 La victoire est le secours de Dieu à Son Messager — que la paix et le salut soient sur lui — contre eux et sa domination sur eux. Il le lui promit, puis Il réalisa Sa promesse et la tint. «Il se peut» de la part de Dieu est une certitude. Le Messager de Dieu — que la paix et le salut soient sur lui — livra de nombreux combats contre les juifs, et Dieu lui donna la victoire sur eux. Ces hypocrites regrettèrent alors de s'être précipités vers eux, comme Il l'avait dit et annoncé. Et les croyants, voyant la peine des hypocrites face à ce qui était arrivé aux juifs et à ce que Dieu avait accordé comme victoire à Son Prophète — que la paix et le salut soient sur lui — dirent : «Sont-ce ceux-là qui juraient par Dieu de leurs serments les plus solennels qu'ils étaient avec vous ?» 94 Dans tout cela, il y a des signes immenses et des annonces de nombreuses choses invisibles, annoncées avant qu'elles n'aient lieu, d'une manière qui irrite, fâche et pousse l'ennemi à déployer tous ses efforts et à user de toutes ses ruses pour les démentir et empêcher que ce qu'il a dit et annoncé ne se réalise, contrairement à la prudence des hommes raisonnables. En effet, ceux-ci ne dévoilent pas à leurs ennemis les aspects de leurs stratagèmes, de peur qu'ils ne les devancent ou ne s'en prémunissent. Ainsi, on sait que cela est la planification de Dieu, le Vainqueur de toute chose, que rien ne peut vaincre, et que ce Coran est Sa parole et Son discours, non la parole d'aucun être humain. La tendance de ces gens allait vers les juifs, et Dieu révéla cela à propos des juifs et des chrétiens, et Il donna la victoire aux musulmans sur eux tous. Les combats des musulmans contre les chrétiens furent plus nombreux, la force des chrétiens plus grande, leur nombre plus élevé et la durée de leur lutte plus longue, mais l'issue finale fut en faveur des musulmans. Un autre chapitre [Son annonce — qu'Il soit exalté — au sujet des apostats et qu'Il fera venir un peuple qu'Il aime et qui L'aime, luttant dans Son chemin] Parmi ses signes — que la paix et le salut soient sur lui — et les preuves de sa prophétie, il y a Sa parole — qu'Il soit glorifié et exalté : «Ô vous qui avez cru ! Quiconque parmi vous apostasie de sa religion, Dieu fera venir un peuple qu'Il aime et qui L'aime, humbles envers les croyants, fiers envers les mécréants, luttant dans le chemin de Dieu, et ne craignant le blâme d'aucun blâmeur. Telle est la grâce de Dieu : Il la donne à qui Il veut. Et Dieu est Immense et Omniscient.» 95 Il leur annonça donc que si quelqu'un parmi eux apostasiait de sa religion, Dieu ferait venir un peuple qui le dominerait et le vaincrait. Lorsque le Messager de Dieu — que la paix et le salut soient sur lui — mourut, les grandes tribus arabes, tant la masse que l'élite, apostasièrent de diverses manières, comme cela a été expliqué précédemment. Abou Bakr as-Siddiq se hâta alors de leur faire la guerre, envoya les émigrés et les auxiliaires les combattre, et ils se levèrent avec détermination. Ils les vainquirent, les humilièrent, les dominèrent, et la parole de l'islam triompha, donnant la puissance aux musulmans. Cela fait partie des grands signes. Observe comment Il dit, en s'adressant directement à eux : «Quiconque parmi vous apostasie de sa religion» 96, et non pas : «Quiconque apostasie de sa religion», car cela aurait pu impliquer un délai. Mais Il dit : «parmi vous». Dans cela, il y a de nombreuses choses invisibles. En effet, les tribus qui apostasièrent de ces diverses manières étaient nombreuses, puissantes et redoutables, comme cela a été mentionné précédemment. Cela constitue également une confirmation de l'imamat d'Abou Bakr as-Siddiq, qu'il est vérité, guidance, droiture, rectitude et religion de Dieu. Dieu l'a décrit, lui et ceux qui étaient avec lui, comme aimant Dieu et étant aimés de Dieu, humbles et soumis envers les croyants, fiers et durs envers les mécréants, luttant dans le chemin de Dieu, ne craignant personne, ne redoutant personne et ne craignant aucune créature en Dieu. Cela est une grâce de Dieu qu'Il leur a accordée et dont Il les a distingués. Ce sont les attributs des croyants les plus élevés en rang auprès de Dieu. Si l'on ne devait réfuter l'erreur de ceux qui les accusent et les soupçonnent que par cet aspect, cela suffirait, serait amplement suffisant et irait au-delà. Si Abou Bakr — que Dieu l'agrée — et ses compagnons avaient apostasié et étaient devenus mécréants, comme le prétendent et l'affirment ces gens, alors Dieu aurait fait venir un peuple qui les aurait vaincus et dominés. Sinon, la parole de Dieu aurait été mensongère et non réalisée — et loin de là que les paroles de Dieu soient ainsi ! Selon ces hérétiques, ces Compagnons auraient apostasié, seraient ennemis de Dieu et ennemis de Son Messager, et le Commandeur des croyants et un groupe avec lui, restés sur l'islam, auraient été vaincus, dominés, visés par l'humiliation et le mal. Abou Bakr, 'Omar, 'Othman, les émigrés et les auxiliaires auraient honoré les associateurs, les ennemis de la religion, les apostats, les novateurs et les falsificateurs, et auraient humilié les croyants. Cela est contraire à la Révélation et un démenti de la parole de Dieu à leur sujet, comme Dieu l'a expliqué et clarifié dans le verset, et l'a manifesté à partir de leurs consciences et de leurs intentions. Selon ce que dit l'adversaire, la Révélation aurait dû être : «Ô vous qui avez cru ! Quiconque parmi vous apostasie de sa religion, Dieu fera venir un peuple qu'Il hait et qui Le hait, luttant dans le chemin de Satan.» Telles sont leurs descriptions selon ces adversaires. Nous cherchons refuge auprès de Dieu contre l'aveuglement. Selon les savants, 'Ali — que Dieu l'agrée — était, à l'époque de ces hommes, le plus puissant des croyants, le plus noble et le plus élevé, dont l'ordre était exécuté, la parole écoutée, et il était comme eux dans son autorité. C'est par lui que l'autorité d'Abou Bakr s'est établie, et par ses semblables parmi les croyants. Il s'est chargé pour Abou Bakr des affaires de Médine, a géré pour lui les biens du Messager de Dieu, est parti avec lui à ar-Rabadha et à Dhu l-Qassa, a combattu avec lui, lui a conseillé ces avis, l'a ramené à Médine, lui a obéi de son vivant et après sa mort, et a exécuté son testament concernant 'Omar. Il — que Dieu l'agrée — donnait l'exemple à ses compagnons, disant qu'il était, sous l'autorité d'Abou Bakr et de 'Omar, plus influent par la parole, que ceux-ci connaissaient mieux mon droit que vous, et que si j'avais été le calife à leur époque, leur obéissance m'aurait été plus parfaite. Il disait cela même à son ennemi. Il écrivit à Mu'awiya, regrettant ceux qui étaient partis parmi les émigrés et les auxiliaires, disant : 97 «Si j'avais, ô fils de Harb, Ja'far, ou Hamza, le lion intrépide et resplendissant, ou si j'avais leur Siddiq 98 ou 'Omar, ou ces premiers-là, un groupe, les Quraych auraient vu mon étoile briller dans la nuit.» L'adversaire, à ton époque, dit : «Ils n'ont jamais embrassé l'islam, ils n'ont pas d'islam, et ils n'ont cessé d'être ennemis des musulmans.» Celui qui connaît les savants et la science sait qu'ils étaient les intimes du Messager de Dieu — que la paix et le salut soient sur lui — ses proches, ses confidents et ses hommes de confiance pour sa personne, sa famille et sa religion, qu'il les aimait, les affectionnait, les honorait, les rendait puissants et les prenait pour alliés. Il a imposé de les aimer et de leur être allié, et l'a rendu obligatoire pour toutes les créatures jusqu'au Jour de la Résurrection. La connaissance de cela est antérieure à la connaissance de sa prophétie, et elle est comparable à la connaissance que 'Uqba ibn Abi Mu'ayt, al-'As ibn Wa'il, al-Walid ibn al-Mughira, an-Nadr ibn al-Harith ibn Kalada, Ubayy ibn Khalaf, Umayya ibn Khalaf, 'Utba ibn Rabi'a, Shayba ibn Rabi'a et leurs semblables étaient ennemis du Messager de Dieu — que la paix et le salut soient sur lui — et qu'il a imposé de les haïr et de les désavouer jusqu'au Jour de la Résurrection. Il n'est donc pas besoin, pour cela, de réciter un verset ni de rapporter un hadith, bien que le Coran en soit rempli et que le hadith soit abondant à ce sujet. Si je le fais, c'est pour renforcer l'argument et manifester la preuve. Pour rapporter ces paroles, les gens ont composé des livres sur la prééminence du Coran, bien qu'ils sachent que le Messager de Dieu — que la paix et le salut soient sur lui — le préférait et l'honorait. De même, ils ont composé des livres sur la prééminence du mois de Ramadan, bien qu'ils sachent que le Messager de Dieu — que la paix et le salut soient sur lui — le préférait. De même, ils ont composé des livres sur l'ordre du bien et l'interdiction du mal, et sur la lutte dans le chemin de Dieu. De même, ils ont composé des livres contre les innovateurs parmi les gens de la qibla 99, affirmant que l'Ancien, l'Éternel est Dieu seul, qu'Il n'a cessé d'être existant, vivant, savant, puissant, riche, et qu'Il ne cessera de l'être, et que tout ce qu'Il a créé, fait, décrété, prédestiné, voulu, désiré, fabriqué, géré, agréé, aimé, ordonné et appelé est vérité, rectitude, justice et bien sous tous ses aspects, où qu'il soit et chez qui qu'il soit, et qu'il incombe aux serviteurs de l'accepter, de patienter, de s'en satisfaire et de s'y soumettre, que ce soit dans l'adversité ou l'aisance, et que la mécréance en Dieu, l'insulte envers les prophètes de Dieu, le démenti des messagers de Dieu et tous les péchés sont laids. Ils récitèrent à ce sujet des versets du Coran et mentionnèrent les paroles du Prophète — que la paix et le salut soient sur lui — pour ce que nous avons mentionné. Reconnais donc cela. La science que le Messager de Dieu — que la paix et le salut soient sur lui — a loué Abou Bakr, 'Omar et ce groupe des premiers est plus forte que la science qu'il a loué et fait l'éloge de quiconque, ou qu'il a nié qu'Abou Bakr, 'Omar, 'Othman, 'Ali et ce groupe aient loué le Messager de Dieu — que la paix et le salut soient sur lui — et l'aient magnifié, ou aient prié derrière lui. Nous n'avons mentionné cela que par besoin, car les gens en ont beaucoup parlé en ce temps, au point qu'ils exploitent le verset. Un autre chapitre [À propos de la bataille d'Uhud] Parmi ses signes — que la paix et le salut soient sur lui — il y a le fait que les Quraych et les Arabes se rassemblèrent, préparèrent chevaux, hommes et armes, et dirent : «Marchons vers Muhammad, tuons-le, tuons ses compagnons et vengeons notre défaite de Badr.» Ils partirent donc au nombre de trois mille. Le Messager de Dieu — que la paix et le salut soient sur lui — dit : «Laissons-les jusqu'à ce qu'ils arrivent à Médine.» Un groupe d'auxiliaires dit : «Ils ont endommagé nos cultures ; sortons donc à leur rencontre derrière Médine.» Le Messager de Dieu — que la paix et le salut soient sur lui — adopta leur avis et partit. Puis ils réfléchirent et dirent : «Suivons ce que le Messager de Dieu — que la paix et le salut soient sur lui — a conseillé et combattons-les dans Médine.» Le Messager de Dieu — que la paix et le salut soient sur lui — dit : «Il ne me convient pas d'avoir revêtu ma cotte de mailles pour ensuite revenir sans avoir rencontré l'ennemi.» Il sortit donc avec sept cents hommes, parmi lesquels se trouvait 'Abdullah ibn Ubayy.

Salloul et ses semblables, ceux dont le cœur est malade, dirent : « Il y aura parmi vous une calamité. » En effet, le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) vit en songe que des bœufs étaient égorgés, et il l’interpréta comme un massacre parmi ses Compagnons. Il vit aussi que son épée Dhoul-Fiqâr s’était brisée, ce qui fut le meurtre de son oncle Hamza (qu’Allah l’agrée). Et il vit qu’un bélier aux yeux noirs était tué, et il l’interpréta comme le bélier de la troupe, qui était ‘Othmân ibn Abi Talha, le porte-étendard des associateurs. Lorsqu’ils furent à Ouhoud et affrontèrent les associateurs, le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) disposa ses Compagnons et leur dit : « Vous les vaincrez. » Il posta les archers parmi ses Compagnons à un endroit où il craignait que les associateurs ne pénètrent pour se placer derrière l’armée, et il leur donna pour commandant ‘Abdullah ibn Jubayr. Il leur dit : « Si vous nous voyez les vaincre jusqu’à les repousser loin, ne quittez surtout pas vos postes. » Les associateurs furent donc vaincus, comme l’avait dit le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), et les musulmans mirent l’épée parmi eux, les tuant. Les archers virent la déroute, abandonnèrent leurs positions, poursuivirent l’ennemi et s’occupèrent du butin. Leur commandant resta avec un groupe et dit : « Par Allah, je ne désobéirai pas au Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). » Lorsque les archers eurent quitté leur place, les associateurs pénétrèrent et se placèrent derrière eux. Leur héraut cria à haute voix : « Muhammad est tué ! Ibn Abi Qouhâfa est tué ! Ibn al-Khattâb est tué ! » ‘Abdullah ibn Ubayy ibn Saloul se retira avec ceux qui étaient avec lui, et les musulmans furent mis en déroute. Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) resta avec un petit nombre. Il ne bougea pas, et ils ne bougèrent pas, malgré leur petit nombre et la multitude des associateurs. Parmi eux se trouvaient Abou Bakr, 'Omar, 'Ali, Talha, Abou 'Oubayda, 'Abd ar-Rahman ibn 'Awf, Sa'd ibn Abi Waqqas et un groupe d'Ansar. Abou Soufyan s'avança avec ses compagnons vers la montagne où se trouvaient le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et le groupe qui l'accompagnait, mais Allah les repoussa et ils ne purent les atteindre. Il s'écria : « Où est Ibn Abi Kabsha ? Où est Ibn Abi Qahafa ? Où est Ibn al-Khattab ? » Personne ne lui répondit. Il dit alors : « Ceux-là ont été tués. » 'Omar dit : « Ô Messager d'Allah, ne dois-je pas lui répondre ? » Il dit : « Réponds-lui. » Abou Soufyan dit : « Exalte-toi, Houbal ! » 'Omar dit : « Allah est plus Haut et plus Grand. » Abou Soufyan dit : « Nous avons al-'Ozza, et vous n'avez pas d'al-'Ozza. » 'Omar dit : « Allah est notre Maître, et vous n'avez pas de maître. » Abou Soufyan dit : « Les jours alternent, la guerre est un combat tournant, et Ouhod répond à Badr, et Hanzala à Hanzala », faisant référence à son fils Hanzala. 'Omar lui dit : « Ils ne sont pas égaux : nos morts sont au Paradis, pourvus de subsistance, tandis que vos morts sont en Enfer, tourmentés. » Abou Soufyan dit : « Ô Ibn al-Khattab, je te demande quelque chose, informe-m'en. » Il dit : « Parle. » Il dit : « Toi, tu es vivant, je te conjure par Allah : Mouhammad est-il vivant, et Ibn Abi Qahafa est-il vivant ? » Il dit : « Oui », et le Messager d'Allah entendait ta parole, et tu as de lui ce que tu détestes. Il dit : « Tu es véridique, car Ibn Qami'a m'a informé qu'il l'avait tué. » Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Ô Allah, fais-le périr en ce bas monde avant l'au-delà. » Il s'empara d'une chèvre pour la traire, mais elle le frappa de ses cornes et il mourut. À propos de cet événement, Allah, le Puissant et le Majestueux, dit : « Et Allah vous a tenu Sa promesse, quand vous les exterminiez par Sa permission » — c'est-à-dire que vous les tuiez — « jusqu'au moment où vous avez fléchi, disputé de l'ordre et désobéi, après qu'Il vous eut montré ce que vous aimiez » jusqu'à la fin de l'histoire. Il apprend ainsi qu’il n’est ni permis ni licite qu’un chef dise à son peuple : « Je vous avais promis que vous les tueriez, et je vous ai tenu ma promesse, je vous ai montré ce que vous aimiez, puis vous avez désobéi à mon ordre et vous avez violé mon commandement », alors qu’il sait qu’ils savent qu’il a menti en tout cela. Qu’en est-il donc de celui qui prétend à la prophétie et à la véracité dans tout ce qu’il dit et annonce ? Et Sa parole : « Et certes Allah vous a tenu Sa promesse » jusqu’à : « Parmi vous, il en est qui veulent la vie d’ici-bas, et parmi vous, il en est qui veulent l’au-delà » — c’est-à-dire ceux qui abandonnèrent leurs postes (45) et s’occupèrent du butin — « puis Il vous a détournés d’eux pour vous éprouver. Et certes Il vous a pardonné. Et Allah est Détenteur de faveur envers les croyants. Quand vous preniez la fuite sans vous soucier de personne, tandis que le Prophète vous appelait depuis votre arrière-garde. Alors Il vous infligea angoisse sur angoisse, afin que vous ne soyez pas tristes de ce qui vous a échappé ni de ce qui vous a frappés. Et Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites (46). Puis, après l’angoisse, Il fit descendre sur vous une sécurité, un sommeil qui enveloppa une partie d’entre vous. » Et cela fait aussi partie des signes (relatifs à la bataille) d’Uhud, car le sommeil les enveloppa comme il les avait enveloppés à Badr, dans un lieu où le sommeil s’envole. Et ce qui t’indique qu’il s’agit d’une faveur d’Allah sur eux — et il n’est pas permis qu’Il leur fasse cette faveur alors que l’ennemi et l’allié entendent cette faveur, et que cela est une chose sans fondement, et qu’Il sait qu’ils savent qu’Il leur a menti en cela — jusqu’à Sa parole : « Ceux d’entre vous qui ont tourné le dos le jour où les deux troupes se rencontrèrent, c’est seulement Satan qui les a fait glisser à cause de quelques fautes qu’ils avaient commises. Et certes Allah leur a pardonné. Car Allah est Pardonneur et Indulgent. » Et Il dit à Son Prophète, sur lui la paix : « Pardonne-leur, implore le pardon pour eux, et consulte-les dans les affaires. » Il lui ordonna donc d’implorer le pardon pour eux et de revenir à leur égard à leur situation de consultation, car la consultation, dans ce qui n’a pas fait l’objet d’une révélation coranique, est recommandée et bonne. Quant à ceux parmi les Ansâr qui conseillèrent au Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) de livrer bataille hors de Médine, il leur était loisible de donner cet avis, et il appartenait au Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) de suivre leur opinion. Les ennemis de ‘Uthmān s'efforcèrent de trouver en lui un défaut, mais ils n'y parvinrent pas, malgré de longs débats. L'un d'eux lui dit : « Tu es de ceux qui tournèrent le dos le jour de ’Uḥud. » ‘Uthmān lui répondit : « Me reproches-tu une faute qu'Allāh a pardonnée ? N'as-tu pas entendu Sa parole : "Ceux d'entre vous qui tournèrent le dos le jour où les deux troupes se rencontrèrent..." jusqu'à la fin du verset ? » Médite sur le sens de la parole d'Allāh – Exalté soit-Il : « Quoi ! Quand un malheur vous atteint – alors que vous en avez infligé deux fois plus – vous dites : "D'où cela vient-il ?" Dis : "Cela vient de vous-mêmes." Certes, Allāh est sur toute chose Puissant. » (Coran 3:165) C'est-à-dire : par votre faute, votre négligence et votre abandon de la position que votre Prophète (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) vous avait ordonné de tenir, en disant : « Nous les vaincrons, ne quittez donc pas votre poste et ne touchez pas à leur butin avant d'avoir fini. » Or, le jour de Badr, ils avaient tué soixante-dix ennemis et fait soixante-dix prisonniers. C'est pourquoi Il leur dit : « Vous en avez infligé deux fois plus », car les morts parmi les musulmans le jour de ’Uḥud étaient soixante-dix, comme nous l'avons mentionné. Réfléchis donc à ce que tu lis, et médite longuement, afin de saisir ce qui est visé. Car le récit de la bataille de ’Uḥud commence par Sa parole : « Allāh vous a déjà secourus à Badr alors que vous étiez humiliés... » jusqu'à Sa parole : « Ceux à qui les gens dirent : "Les gens se sont rassemblés contre vous, craignez-les donc." » (Coran 3:123-173) Médite donc l'ampleur de cette discussion et la constance des croyants dans la fidélité à ce qui leur avait été promis, ainsi que leur sincérité dans ce qui leur fut annoncé et dans ce qui résulta de leur négligence. Combien de signes et de preuves cela renferme-t-il ! Et considère cette revendication hautaine de la vérité et cette domination par l’argument contre l’ennemi et l’allié, au point que l’ennemi déclaré ne peut rien réfuter de cela. Et considère la confrontation et la discussion qui eurent lieu entre ‘Umar et Abū Sufyān : Abū Sufyān et ses compagnons, alors qu’ils discutaient avec les musulmans de leur camp, furent-ils capables de dire : « Muḥammad nous a menti sur ceci et a manqué à sa promesse sur cela. Comment pouvez-vous lui obéir, abandonner vos religions et vos pays, et vous tuer vous-mêmes pour un homme dont la conduite est telle ? » et autres propos semblables ? Or, c’était là le moment où ils avaient besoin de tels arguments. Et considère les apostats, selon leurs différentes catégories : ils étaient les plus hostiles envers Abū Bakr, et il les frappa de toutes les manières et les tua de toutes les façons possibles. Pourtant, aucun d’eux ne put lui dire : « Toi aussi, tu as altéré la religion de Muḥammad et violé ses engagements ; comment peux-tu condamner ce que nous avons fait ? Tu ne nous as tués que parce que nous avons refusé la zakāt (aumône légale). » Or, c’était là le moment où ils avaient besoin de cet argument et où il constituait leur preuve contre lui. Et sache qu’il n’y avait en lui aucune faille, de même qu’il n’y en avait pas dans le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui). Et lorsque les associateurs revinrent de ’Uḥud et parvinrent à al-Rawḥā’ (47), ils se mirent à se blâmer mutuellement, disant qu’ils étaient dans un immense campement, certains de tuer le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) et d’anéantir l’islam. Leur espoir fut déçu, leurs paroles divergèrent, et ils dirent : « Vous n’avez tué ni Muḥammad, ni ramené de jeunes vierges en croupe ; quel mauvais acte avez-vous accompli ! » Or, Abū Sufyān avait lancé aux compagnons du Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui), avant de quitter ’Uḥud : « Il n’y a entre nous et vous que le rendez-vous de Badr al-Ṣughrā (la petite Badr) ; nous nous y rencontrerons. » Le Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dit alors à ceux des Compagnons qui lui répondaient : « Dis : Oui, si Allāh le veut. » Lorsque le moment fut venu, Abū Sufyān se trouva dans l’incapacité de se rendre au rendez-vous, ou bien il en eut répugnance. Il vint donc trouver Nu‘aym ibn Mas‘ūd et lui dit : « J’avais promis à Muḥammad et à ses compagnons que nous nous rencontrerions à la saison de Badr al-Ṣughrā (la Petite Badr), mais il m’a semblé bon de ne pas le faire. Je répugne à ce que Muḥammad et ses compagnons sortent sans que je sorte, car cela accroîtrait leur audace. Et il m’est plus agréable que le manquement vienne d’eux. À toi donc dix chameaux si tu les retiens loin de moi. » Nu‘aym se rendit alors auprès des compagnons du Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) alors qu’ils étaient équipés, et il se mit à les dissuader, à les effrayer, à leur rappeler qu’Abū Sufyān avait rassemblé contre eux une immense armée, et que s’ils sortaient, nul d’entre eux n’en réchapperait. Il feignait de leur donner un conseil sincère et de se soucier d’eux. Mais ils n’acceptèrent point et se hâtèrent, disant : « Allāh nous suffit ! Quel excellent Protecteur ! » Ils sortirent donc, tandis qu’Abū Sufyān manqua au rendez-vous. Et c’est à leur sujet que fut révélé : « Ceux à qui les gens dirent : “Les gens se sont rassemblés contre vous, craignez-les” » (verset 48). Considère donc la déception des associateurs, le manquement à leurs paroles, leur confusion malgré leur grand nombre, la véracité de tout ce que le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) leur avait promis, et l’audace des musulmans malgré leur petit nombre, leur pauvreté et la dureté de leur situation. [Un autre chapitre : L’appel du Prophète aux chrétiens de Najrān pour la *mubāhala* (imprécation) et leur soumission à lui] Parmi les signes du Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui), il y a aussi que les chrétiens de Najrān et d’autres chrétiens, il les appela à l’islām. Ils dirent : « Nous nous sommes soumis avant toi. » Il les démentit dans leur parole, car ils disaient : « Allāh a un fils », vénéraient la croix et mangeaient du porc. Un vieillard parmi eux, qui était leur chef, dit : « Qui est le père de ‘Īsā (Jésus) ? » Le Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) garda le silence, car il ne se hâtait jamais avant qu’Allāh ne lui ordonne. Alors Allah, Puissant et Majestueux, révéla : « Voilà ce que Nous te récitons des versets et du Rappel plein de sagesse. Certes, l’exemple de Jésus, auprès d’Allah, est comparable à celui d’Adam : Il le créa de terre, puis Il lui dit : “Sois”, et il fut. » jusqu’à Sa parole : « Voilà, certes, le récit véridique. Et il n’y a point de divinité en dehors d’Allah. Et c’est Allah, certes, qui est le Puissant, le Sage. » (Âl ‘Imrân, 49-62). Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) leur récita cela, puis les appela à l’épreuve d’invocation réciproque (al-mubâhala) et prit par la main al-Hasan, al-Husayn, ‘Alî et Fâtima (que la satisfaction d’Allah soit sur eux). L’un d’eux dit alors à ceux des chrétiens qui étaient avec lui : « Traitez l’homme avec équité. » Ils se consultèrent, et l’un d’eux dit : « Il est véridique. Si vous engagez l’épreuve d’invocation avec lui, il vous brûlera. »

Ils lui dirent : « Nous ne nous mesurerons pas à toi. » Ils refusèrent l’islam, acceptèrent la capitation 100 et lui demandèrent de l’accepter de leur part. Il accéda à leur demande et dit, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui : « Par Celui qui tient mon âme en Sa main, s’ils avaient pratiqué l’épreuve d’invocation réciproque 101, Allah aurait embrasé la vallée de feu pour eux. Ils se contentèrent de la capitation et repartirent couverts d’humiliation. » Considère donc cette argumentation selon laquelle la condition de Jésus auprès d’Allah est comparable à celle d’Adam, qu’Il créa de terre : une argumentation sans artifice, sans affectation, sans mélange avec les théologiens 102, et qui n’est pas issue du pays de la controverse, leur métier. Il t’a ainsi indiqué par cette allusion qui fait partie des paroles concises et des clés de la sagesse, comme il dit, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui : « Il m’a été donné les paroles concises et la synthèse m’a été abrégée. » Car la création d’Adam est l’une des plus grandes preuves contre les chrétiens ; sa création est plus prodigieuse, car il fut créé sans père ni mère, et Allah lui accorda complètement sa force, ses facultés, son intelligence et son discernement d’un seul coup. Allah, qu’Il soit exalté et magnifié, prit en charge Lui-même son entretien, son éducation et son enseignement, sans l’intermédiaire d’aucune de Ses créatures. En tout état de cause, le Messie 103 s’est retourné dans le sein maternel comme les enfants, est sorti de l’orifice, et sa mère avait besoin d’un signe 104 pour prouver qu’il était né sans père. Or, Allah a créé Ève à partir d’Adam, et a créé les anges sans procréation. Ils ne mangent ni ne boivent, n’urinent ni ne défèquent. Il n’en est pas ainsi du Messie, car sa voie à cet égard est celle du reste des hommes. Il t’a déjà été présenté, dans ton livre connu sous le nom d’Al-Misbâh 105, les genres d’animaux qu’Allah a créés sans mâle ni femelle et sans procréation. La création du ver et de la mouche, comme preuve, équivaut à celle de l’éléphant, car les créatures ne peuvent produire un signe 106 de victoire ni ressusciter un ver ; bien plus, ressusciter un ver est plus prodigieux que ressusciter un éléphant, de même que l’agencement de la graine de moutarde est plus prodigieux que celui du coloquinte. Cela, alors qu’Il a déjà présenté la preuve rationnelle dans la sourate Yûnus 107 en disant, qu’Il soit exalté et magnifié : « Ils dirent : “Allah s’est donné un enfant !” Gloire à Lui ! Il est le Riche 108 », indiquant que le sage ne prend d’enfant que pour la puissance, le soutien et la perpétuation de la mémoire. Puisque les besoins sont écartés d’Allah, qu’Il soit exalté et magnifié, nous savons qu’Il ne peut Lui convenir de prendre un enfant. Il a également été montré par la voie de la raison qu’Il n’a point d’égal ni de divinité avec Lui, lorsqu’Il dit, qu’Il soit exalté et magnifié : « S’il y avait dans les cieux et la terre d’autres divinités qu’Allah, tous deux seraient corrompus 109 ». Car il n’y a d’ordre qu’en l’absence d’opposition, ni de rectitude qu’en l’absence d’association. Lorsqu’ils lui dirent, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui : « Tu as traité d’infidèles les gens des Écritures 110 parmi les chrétiens et les associateurs 111 arabes. Par quel signe, ô Muhammad, as-tu fait d’Allah un Dieu unique ? » Allah, qu’Il soit exalté et magnifié, révéla : « Et votre Dieu est un Dieu unique. Nulle divinité à part Lui, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux 112 ». Il présenta d’abord l’affirmation, puis la fit suivre des preuves rationnelles en disant, qu’Il soit exalté et magnifié : « Certes, dans la création des cieux et de la terre, dans l’alternance de la nuit et du jour, dans le vaisseau qui vogue sur la mer avec ce qui profite aux gens, dans ce qu’Allah fait descendre du ciel comme eau pour rendre la vie à la terre après sa mort, et y répandre toute espèce de bêtes, dans la variation des vents et des nuages soumis entre le ciel et la terre, il y a des signes pour des gens qui raisonnent 113 ». Il apparaît donc que s’il y avait d’autres divinités, elles auraient avancé ce qu’Il a retardé, retardé ce qu’Il a avancé, noirci ce qu’Il a blanchi, blanchi ce qu’Il a noirci, alors que tout cela est sagesse. Car il n’est pas impossible que la barbe pousse aux femmes, que sa croissance commence blanche comme la calvitie, ou verte comme le verjus, ou jaune comme le safran, que les femmes enfantent comme les bestiaux, que les bestiaux enfantent comme les femmes, que l’eau de mer soit douce et potable, que l’eau du Tigre soit salée et amère, que l’enfant naisse avec une raison, des forces et des facultés parfaites, vêtu et pourvu comme le poussin, sachant les métiers sans apprentissage ni exercice, comme le petit de l’oie qui sait nager en sortant de l’œuf, comme le ver à soie et l’araignée qui savent tisser, et l’abeille qui sait construire des maisons. Tout cela est possible. Puisque cela se produit d’une seule manière, sans contredire ce que j’ai signalé, tu sais et tu es certain qu’il n’y a de divinité qu’Allah, qu’Il est l’Unique par l’éternité, qu’il n’y a d’éternel que Lui, et que tout existant qui n’est pas Allah est advenu après n’avoir pas été. Si l’on dit : « Qu’empêche qu’il y ait une pluralité de divinités, mais qu’elles aient délégué la gestion à l’une d’elles, et que sa gestion s’exerce d’une seule manière ? » On lui répond : Ceci est contraire à ce que la raison conçoit et à ce que l’expérience 114 a montré : qu’un groupe ne s’accorde jamais dans la volonté, le vouloir, la détermination et la gestion d’une seule manière. Il n’y a pas de différence entre celui qui prétend cela et celui qui prétend, pour un seul homme, qu’il est un ensemble d’êtres vivants, puissants, savants, gérants, mais qu’ils se sont accordés dans la volonté et ne divergent pas. Ceci est une sortie de la raison et de ce que l’expérience a attesté. Il a également montré par la preuve rationnelle que la divinité ne peut être dans le besoin, en disant, qu’Il soit exalté et magnifié : « Le Messie, fils de Marie, n’est qu’un Messager ; des messagers sont passés avant lui. Et sa mère était une véridique 115. Tous deux mangeaient de la nourriture. Vois comment Nous leur exposons les signes, puis vois comment ils se détournent 116 ! » Il dit : Vous voyez son besoin, sa pauvreté, sa faiblesse, et le besoin de sa mère, et son besoin d’elle. Comment celui qui est dans cet état pourrait-il être Dieu ? Si, selon vous, il est Dieu parce que des signes sont apparus entre ses mains, des messagers avant lui ont eu des signes et des miracles nombreux et grands. Puis Il dit : « Adorez-vous, en dehors d’Allah, ce qui ne peut ni vous nuire ni vous profiter ? Et Allah est Celui qui entend et qui sait 117 ». Or, le Messie ne pouvait repousser de lui-même les besoins et les maux ; comment pourrait-il donc vous en préserver ? Puis Il dit : « Dis : “Ô gens des Écritures, n’exagérez pas dans votre religion, contrairement à la vérité ; et ne suivez pas les passions d’un peuple qui s’est égaré avant cela, qui a égaré beaucoup de gens et qui s’est écarté du droit chemin 118” ». Il dit : Vous, communauté des chrétiens, vous avez cru à la prophétie de Moïse et des prophètes avant Jésus, vous avez tenu pour véridiques leurs Livres, et tous ont apporté le pur monothéisme : qu’Il est un Dieu unique, Riche, Éternel, nulle divinité à part Lui. Ils ne connaissent pas ce que disent les chrétiens au sujet de la substance 119, des hypostases 120, de l’union 121 et autres choses semblables. Ceci est la manière de faire de ceux qui nient la création des cieux et de la terre, la résurrection, le rassemblement et ce qu’ont apporté les prophètes, sur eux la paix. Comment pourriez-vous être des gens des Écritures alors que telle est votre voie ? Il conviendrait que vos actes confirment vos paroles. Médite donc, qu’Allah te fasse miséricorde, sur cet ensemble. Car la substance, les hypostases et l’union proviennent du discours d’Aristote et de ses semblables parmi ceux qui professent l’éternité 122, démentent les messagers et nient la résurrection. Ils disent : « Quand l’homme connaît une chose, il s’unit à elle ; l’intellect, l’intelligent et l’intelligible deviennent une seule chose ; le trois est un et l’un est trois. » C’est pourquoi ils disent : « Hermès le triple 123 ». Cette ignorance et cette sottise sont les leurs, et c’est d’eux qu’ils ont pris leur croissance. Ils appellent leurs sages et leurs chefs des dieux, non les prophètes et les gens des Écritures. Considère donc cette parole de ces gens : comment Allah, qu’Il soit exalté et magnifié, en a informé Muhammad, sur lui la paix. Si cela n’était qu’un seul de Ses signes, ce serait déjà merveille. L’ignorance d’Aristote et de ses semblables va jusqu’à dire que le soleil, la lune et les planètes sont vivants, savants, entendants, voyants, qu’ils créent, pourvoient, font vivre et mourir ; ce sont pour eux des dieux qu’ils invoquent, interrogent et auxquels ils demandent la subsistance, la santé et la vie. Chaque planète a chez eux un temple, une prière, un encens et une fumigation. Les gens s’étonnaient de leur parole selon laquelle des hommes sont des dieux, jusqu’à ce qu’ils en viennent à dire cela des choses inanimées et mortes, car il n’y a pas de différence entre celui qui prétend cela du soleil et de la lune, ou qui le prétend de l’éclair, du nuage, du vent, du feu, du rubis, du verre, ou qui le prétend du rayon du soleil, qu’il est entendant, voyant, orateur, poète. Bien plus, leurs frères manichéens 124 ont prétendu du nuage, de la pluie, du vent, de l’eau et de tous les corps qu’ils sont vivants, entendants, voyants, sensibles, perceptifs. Nous n’avons mentionné cela, bien que cela ne soit pas parfait dans la prophétie, que pour que tu saches que les preuves du monothéisme, de la négation de l’association et du semblable sont tirées du Coran, ramenées à ce qui se trouve dans les preuves rationnelles, et pour que tu saches que tout bien est dans le Coran et vient du Coran ; c’est de lui que furent composés les livres de théologie 125 avec ce que la raison en contient. Il t’en a déjà été présenté un fragment dans le livre Al-Misbâh. Abû ‘Îsâ al-Warrâq 126 et Ibn ar-Râwandî 127 ont critiqué l’histoire de l’épreuve d’invocation réciproque, disant que c’est une insulte mutuelle et que les gens s’en sont élevés. Ils dirent : « Votre parole : “S’ils avaient pratiqué l’épreuve d’invocation réciproque avec moi, le châtiment serait descendu sur eux” ne se trouve pas dans le Livre ; ce n’est qu’un de vos hadiths. » On leur répondit : Ils le maudissaient, l’insultaient, exagéraient en cela et en insultant ses compagnons, les maudissaient, cherchaient à l’atteindre sans argument, voyageaient vers les rois et y employaient tous leurs efforts. Quand donc se sont-ils élevés au-dessus de cela ? Mais comme ces gens n’ont trouvé aucun défaut dans ses signes, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, alors qu’ils y ont mis tout leur effort, ils se sont tournés vers l’épreuve d’invocation réciproque et l’obstination. Or, l’épreuve d’invocation réciproque n’est pas ce qu’ils ont pensé, à cause de leur ignorance de la langue, comme ils ont ignoré l’art de la théologie. Car l’épreuve d’invocation réciproque, dans la langue, est du même genre que le pari, l’engagement et la gageure, dont l’auteur aboutit soit à la victoire, soit à la honte et à la perte. C’est un mot dérivé de bâhil 128, qui est la chamelle dont on a enlevé le ṣirâr 129, c’est-à-dire ce avec quoi on serre son pis pour l’empêter de téter ou d’être traite. Quand on lui enlève ce ṣirâr, elle est bâhil, c’est-à-dire laissée libre ; celui qui veut la traire y parvient. Dans un récit, une femme arabe dit à son mari : « Je t’ai offert mon mets, je t’ai confié mon secret, et je suis venue à toi bâhil, sans ṣirâr. » Tu sais donc la confiance du Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, en son Seigneur et sa sérénité face à ce qui lui était révélé ; sinon, il n’aurait pas tenu cette position où le menteur voit Allah hâter sa honte et faire descendre sur lui Son châtiment, car cette parole était facile pour eux. Il n’était donc pas à l’abri qu’ils acceptent cela et que le châtiment ne descende pas sur eux, ce qui aurait été une honte. Il leur avait également permis de l’insulter et de le maudire en face et en présence de ses compagnons.

Et c'est une position qu'aucun homme sensé n'adopterait. Apprends donc, par la preuve de ta raison, qu'Il les a menacés que s'ils le défiaient par l'imploration mutuelle 130, le châtiment s'abattrait sur eux et qu'ils ne sortiraient pas de cette situation sans que leur affaire ne soit manifeste, car l'imploration mutuelle n'est inaccessible à personne. Si ce n'était que l'imploration mutuelle seule, le peuple y aurait répondu et y aurait trouvé tout profit et désir. Apprends donc, par la preuve de ta raison, qu'ils l'ont fui par crainte de la perdition dont Il les a menacés. Parmi ce qui t'indique, par la voie de ta raison, qu'Il les a menacés dans l'imploration mutuelle de la descente du châtiment, leur refus et leur fuite. Cela indique aussi que, si ce n'était que l'imploration mutuelle, la présence du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) de ceux de ses proches qui l'assistent, à l'exclusion des autres gens, à cet endroit n'aurait pas de sens. Ne vois-tu pas que ceux qui étaient présents à cet endroit étaient son fils, le fils de son fils, et ceux qui sont de cette catégorie ? Car le gendre est un fils, et sa perte est dure pour l'homme sensé, surtout s'il est son cousin germain. Il a donc amené les plus proches parents, ceux dont la perte lui est la plus dure. Il leur a dit : « Venez, appelons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nos personnes et vos personnes » 131. Si ce n'était que la prononciation de l'imploration mutuelle, quel serait le sens de cette parole et de la présence du fils ? Celui qui médite cela, sa raison témoigne qu'il (que la paix soit sur lui) les a menacés, lors de l'imploration mutuelle, de l'extermination et de la descente du châtiment, même si le méditant ne connaît pas le texte du récit comme il le saurait s'il réfléchissait à la parole d'Allah Très-Haut : « Et quand Allah vous promet l'une des deux troupes qu'elle sera pour vous » 132 — qu'Il leur a promis cela avant que cela n'arrive, et qu'Il a tenu Sa promesse, même s'il ne connaît pas le récit précis ni son texte. Car il n'est pas permis qu'un chef dise à son peuple : « Je vous avais promis telle chose et vous aviez souhaité telle chose », sachant qu'ils savent qu'il a menti en tout cela. C'est pourquoi les savants ont dit, à propos de la parole de 'Umar sur le minbar : « Deux mut'as 133 étaient permises du temps du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ; je les interdis et je punis pour elles » : l'interdiction de la mut'a avait déjà été prononcée par le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), et 'Umar, les Muhâjirûn et les Ansâr la connaissaient. Sinon, 'Umar n'aurait pas pris cette position sur le minbar du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), en présence de ses Compagnons et de ceux par qui vient la force, la puissance et la supériorité, alors qu'ils étaient dans leur état le plus complet, et avec la préservation de la religion du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) que les savants connaissent. C'est une position qu'aucun homme sensé n'adopterait ni ne choisirait en hésitant. Et après la compréhension de ces gens qui ont fait ce qu'ils ont fait à 'Uthmân 134 — parce qu'il a établi un lien et a accordé asile à un fugitif — apprends donc que la parole du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) concernant l'interdiction de la mut'a était confirmée, comme tu as appris la menace du châtiment et sa descente lors de l'imploration mutuelle. Ibn ar-Râwandî 135 a également prétendu qu'il n'a pas appelé les chrétiens à l'imploration mutuelle ni les juifs à souhaiter la mort 136 comme argument pour la prophétie, et que s'il avait visé cela, ils se seraient empressés de lui répondre. On lui a dit : N'as-tu pas entendu Sa parole : « À ceux qui te contredisent à son sujet, après ce que tu as reçu de science, dis : "Venez !" » 137 ? Comment la controverse pourrait-elle être autrement, sans ton égarement, ta confusion et ta honte ? On lui a dit aussi : Comment ne serait-il pas un défi et un argument contre les juifs, les chrétiens et les autres, alors qu'il prétendait depuis le début qu'il ne mentait pas dans ce qu'il apportait de la part d'Allah Très-Haut, et que le menteur ne peut être prophète ? S'il leur annonçait qu'ils ne souhaiteraient pas la mort, et s'ils la souhaitaient, cela indiquerait son mensonge et sa sortie de la prophétie, selon sa règle que celui qui est prophète ne ment pas. Quel défi 138 et quel argument seraient plus forts que cela ? Et il en est de même pour leur parole concernant l'imploration mutuelle. Si l'on dit : Comment argumente-t-il contre eux avec les femmes et les enfants ? On lui répond : Il n'a pas argumenté contre eux avec eux ; il les a seulement amenés parce que leur présence lui est chère et qu'ils sont ses plus proches parents. [Un autre chapitre sur le verset : « Ceux qui ont mécru dépensent leurs biens pour détourner du chemin d'Allah. Ils les dépenseront, puis ils en éprouveront un regret, puis ils seront vaincus » 139] Parmi les signes de lui (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), il y a Sa parole Très-Haut : « Ceux qui ont mécru dépensent leurs biens pour détourner du chemin d'Allah. Ils les dépenseront, puis ils en éprouveront un regret, puis ils seront vaincus. » Il a annoncé leur dépense avant qu'ils ne dépensent, leur combat avant qu'ils ne combattent, et leur défaite avant qu'ils ne soient défaits. Puis cela fut comme Il a dit, comme Il a annoncé et comme Il a détaillé. Il a présenté cela d'une manière qui irrite, qui fâche et qui pousse à le démentir et à empêcher la réalisation de ce qu'il a annoncé, contrairement à la conduite des humains. Car les sages se recommandent mutuellement de cacher ce qu'ils projettent et décident, et disent : « La corruption de l'affaire et de la conduite est de l'annoncer avant d'en avoir fini. » Puis Il ne se contente pas d'en faire une annonce de Sa part, mais Il en fait une annonce de la part de Son Seigneur. [Un autre chapitre : Son information sur les juifs] Parmi Ses signes et Ses merveilleux prodiges, il y a Son information sur les juifs, lorsqu'Il dit : « Parmi eux, il y a des croyants, mais la plupart sont des pervers. Ils ne vous nuiront que par un tort. Et s'ils vous combattent, ils vous tourneront le dos, puis ils ne seront pas secourus. L'avilissement s'est abattu sur eux, où qu'ils soient trouvés » 140. Il a annoncé que le moins d'entre eux croirait. S'il n'avait pas eu une preuve certaine de Son ordre et une confiance dans l'information de Son Seigneur Très-Haut et dans ce qu'Il lui révélait, il n'aurait pas dit cela, alors qu'il n'était pas à l'abri que la plupart d'entre eux le suivent, croient et entrent dans sa religion. Puis Il a dit : « Ils ne vous nuiront que par un tort. » S'il n'avait pas été certain, il n'aurait pas dit : « Et s'ils vous combattent, ils vous tourneront le dos, puis ils ne seront pas secourus », alors qu'il n'était pas à l'abri qu'ils dépassent le tort jusqu'à prendre les biens, capturer les enfants et tuer les âmes, et qu'ils le vainquent s'ils le combattaient et ne tournent pas le dos. Ils l'ont combattu (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) le jour de Qaynuqâ' 141 et se sont rendus à son jugement ; ils l'ont combattu le jour de Banû an-Nadîr 142 et il les a expulsés de leur pays ; ils l'ont combattu le jour de Banû Qurayza 143 et ils ont tourné le dos, puis se sont rendus au jugement de Sa'd ibn Mu'âdh ; ils l'ont combattu le jour de Khaybar 144 et il les a vaincus, les a possédés et a pris Khaybar de force par l'épée, puis ils ont accepté qu'il les maintienne comme des cultivateurs travaillant pour lui dans les palmeraies. Médite donc cette explication et ce détail dans ces annonces. De telles choses n'arrivent pas par hasard, ni de la part des astrologues les plus habiles ni des devins. Regarde comment Il les leur a annoncées avant qu'elles n'arrivent, les a avertis de ce qui allait être avant que cela ne soit, et les a mis en état d'alerte, contrairement à la conduite des humains. Ils étaient de nombreux groupes, avec des chevaux, des armes et des forteresses, ils se défendaient et combattaient ceux qui les attaquaient, les voulaient ou les visaient. Apprends donc que cela fait partie des annonces du Connaisseur des mystères 145, et cela fait partie des preuves évidentes et des signes clairs et lumineux. Car lorsque l'épée rencontre l'épée, la honte s'installe, et celui qui n'est pas certain de ce qu'il annonce n'est pas à l'abri que les choses se passent contrairement à son annonce. Personne ne s'expose à cela sans certitude, sauf s'il est à l'extrême de la sottise, de l'ignorance et de l'imperfection. [Un autre chapitre : Ce que les associateurs ont colporté après la défaite des musulmans à Uhud] Parmi les signes de lui (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), il y a que, lorsque eut lieu la bataille de Badr 146, et que ses annonces se réalisèrent et ses promesses se confirmèrent, ses ennemis parmi les juifs et les autres s'agitèrent. Les uns disaient aux autres : « Muhammad n'a jamais trompé ses compagnons en quoi que ce soit ; il est vraiment un prophète, et les affaires aboutiront à ce qu'il dit ; il triomphera des gens et le pouvoir sera à lui. » Puis, le jour de Uhud 147, lorsque certains de ses compagnons furent tués, leurs cœurs se renforcèrent et ils revinrent vers leurs frères qui leur avaient dit ce qui précède, et ils leur dirent : « Réjouissez-vous de ce qui est arrivé le jour de Uhud. » Alors Allah Très-Haut révéla : « Dis à ceux qui ont mécru : "Vous serez vaincus et rassemblés vers la Géhenne. Et quel mauvais lieu de repos !" » 148 Puis Il leur rappela les signes qui eurent lieu le jour de Badr, en disant : « Il y a eu pour vous un signe dans les deux troupes qui se rencontrèrent : une troupe combattait dans le chemin d'Allah, et une autre, mécréante, les voyait au double d'eux-mêmes, à vue d'œil. Et Allah soutient par Son secours qui Il veut » 149. Ils les vainquirent et les dominèrent comme Il a dit, et vers la Géhenne ils seront rassemblés comme Il a annoncé. Ainsi, la véracité de Sa première annonce témoigne de la seconde. Médite donc ces réponses et ces preuves claires et évidentes, et regarde comment Il mentionne l'histoire de Badr et argumente contre eux par elle, et en fait une parole de la part de Son Seigneur, afin que tu saches que c'est une histoire que l'ennemi et l'allié connaissent. [Un autre chapitre sur le verset : « Et quel est plus injuste que celui qui empêche que dans les mosquées d'Allah on mentionne Son nom et qui s'efforce à les ruiner ? » 150] Parmi Ses signes, il y a Sa parole Très-Haut : « Et quel est plus injuste que celui qui empêche que dans les mosquées d'Allah on mentionne Son nom et qui s'efforce à les ruiner ? De tels gens n'y entreront qu'effrayés. Pour eux, dans la vie présente, l'ignominie, et pour eux, dans l'au-delà, un immense châtiment. » La mosquée de Jérusalem 151 avait été dominée par les Romains pendant de longues périodes ; ils s'en étaient emparés avec leur pouvoir au Sham 152, y avaient établi l'association 153 et empêché la mention du monothéisme. Les Quraysh 154 et d'autres associateurs arabes avaient dominé la Mosquée Sacrée 155. Abû Bakr as-Siddîq 156 avait construit une mosquée à La Mecque, dans la cour de sa maison, avant l'hégire 157 ; il y récitait le Coran et appelait à Allah et à Son Messager. Un homme des notables de Quraysh l'avait protégé à condition qu'il fasse cela. Les Quraysh allèrent trouver l'homme qui avait protégé Abû Bakr — il est connu, mais son nom ne m'est pas venu à l'esprit en cet endroit 158 — et lui rappelèrent la position d'Abû Bakr, sa clémence, son éloquence et sa douceur, et que les chanteuses, les esclaves et les femmes passaient près de lui, entendaient son appel et ne tardaient pas à répondre à la religion de Muhammad. « Ne le protège donc pas. » Il leur dit : « C'est un homme qui enrichit le pauvre, maintient les liens de parenté et accueille le faible ; j'ai donc répugné à ce qu'il sorte d'entre vous et fuie avec sa religion loin de vous, et que vous perdiez ainsi ce mérite. » Ils dirent : « Qu'il reste chez lui et ne manifeste pas sa religion. » Ils l'empêchèrent donc de mentionner Allah dans sa mosquée. Allah annonça alors à Son Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et à ses Compagnons la victoire sur ces mosquées, la possession d'elles et de ceux qui s'y trouvaient, et qu'ils n'y entreraient qu'humiliés, effrayés et vaincus, ou sous la protection d'un sauf-conduit, d'un pacte et d'une permission du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ou de ses Compagnons. Puis Il annonça leur ignominie dans la vie présente et leur châtiment pour avoir empêché que dans les mosquées d'Allah on mentionne Son nom. Cette ignominie s'abattit sur eux : la mort pour ceux qui combattirent parmi eux et contre eux, et l'humiliation par le paiement de la jizya 159 pour ceux qui souhaitèrent rester dans les territoires conquis par les Compagnons. Tout cela fut comme Il l'avait annoncé. Et dans cela, il y a de nombreux mystères. Les royaumes des Romains et d'autres étaient puissants et inaccessibles, mais Allah tint Sa promesse à Son Prophète en réalisant ces promesses, en ouvrant ces cités, et en faisant descendre l'ignominie sur les associateurs arabes dans la vie présente. Ils recevront dans l'au-delà un immense châtiment, comme Il l'a dit. Et comme Il a été véridique dans la première promesse, Il le sera dans la seconde. Nous cherchons refuge auprès d'Allah contre Son châtiment et Sa colère. [Un autre chapitre : Sa parole (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à 'Uthmân ibn Abî Talha al-'Abdarî 160 : les clés de La Mecque seront à lui, et la réalisation de cela]

Parmi ces faits, le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — alors qu'il était à La Mecque avant l'Hégire, vint pour entrer dans la Ka'ba 161. 'Uthman ibn Abi Talha al-'Abdari 162 le repoussa et l'empêcha d'y entrer. Le Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — lui dit : « Ne fais pas cela, ô 'Uthman ; il me semble que tu verras la clé de la Ka'ba dans ma main, je la placerai où je voudrai. » 'Uthman lui répondit : « Ce jour-là, Quraysh 163 est devenue humiliée et peu nombreuse. » Le Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : « Au contraire, elle est devenue nombreuse et puissante. » Considère, qu'Allah te fasse miséricorde, sa conduite dans la correspondance et l'envoi de messages. Il fit cela avec les tyrans de la terre et les rois du monde, Arabes et non-Arabes, dans toutes les contrées du monde. Il les appela à abandonner ce sur quoi ils étaient, à entrer dans son obéissance, à se conformer à son ordre, à s'humilier devant lui. Il les informa de sa propre personne et de ce à quoi il les appelait. Il leur annonça qu'Allah — Puissant et Majestueux — l'avait élu seul et choisi seul, et lui avait promis la victoire et la domination sur les rois de la terre et leurs tyrans, et que l'heureux était celui qui se hâtait vers son obéissance avant que ses biens ne soient pillés, son harem 164 violé et son sang versé. Il ne laissa rien de ce qui les mettait en colère, les exaspérait et les poussait à le tuer, à l'exterminer, à le faire périr ainsi que ses compagnons, sans le dire et le faire. Cela, rien de semblable n'avait été fait auparavant, et aucun homme sensé n'oserait le faire sans être absolument certain d'être sauf des conséquences et que l'issue finale serait pour lui, non pour son ennemi. Ne vois-tu pas comment Kisra 165 traita son livre avec mépris lorsqu'il l'envoya avec 'Abdullah ibn Hudhafa as-Sahmi 166 ? Il était : « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De Muhammad, Messager d'Allah, à Kisra, le grand roi de Perse. Paix à celui qui suit la guidée et croit en Allah et en Son Messager, et témoigne qu'il n'y a de divinité qu'Allah, Seul, sans associé, et que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Je t'appelle par l'appel d'Allah. Je suis le Messager d'Allah à toute l'humanité, pour avertir celui qui est vivant et que la parole [de châtiment] se réalise contre les mécréants. Embrasse l'islam, tu seras en sécurité. Si tu refuses, alors le péché des mages 167 sera sur toi. » Il partit avec son livre. Sur son chemin et en sa présence, il y eut ce qui pourrait te revenir. Lorsque [Kisra] reçut son livre, cela le fâcha et le mit en colère, au point qu'il écrivit à son gouverneur Badhan 168, son lieutenant au Yémen et son roi, lui ordonnant de lui amener [le Prophète]. Badhan envoya donc à ce sujet. Les ennemis du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — parmi les juifs, les chrétiens, Quraysh et les Arabes, s'en réjouirent et furent heureux. Certains dirent aux autres : « Vous êtes débarrassés de lui, vous êtes débarrassés de lui. » Lorsque le messager arriva auprès de lui, un homme parmi eux lui dit : « Viens avec moi chez le roi Badhan, nous écrirons avec toi une lettre au roi Shahanshah 169 qui te sera utile auprès de lui et te protégera. Si tu refuses, tu sais ce qu'il en est : il te fera périr, toi et ton peuple, et dévastera ton pays. » Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — lui dit : « Attends à demain, jusqu'à ce que je te réponde. » Le lendemain, il vint et dit : « Que dis-tu, ô Muhammad ? » Il répondit : « Retourne auprès de ton maître : mon Seigneur m'a informé que Kisra a été tué la nuit dernière. Son fils Shiruya 170 l'a tué à telle heure de la nuit. » Il lui dit : « Sais-tu ce que tu dis ? Nous t'avons déjà reproché des choses plus légères que cela. Tu écris cela de ta part, et nous en informerons le roi Badhan. » Il dit : « Oui, informez-le de cela de ma part, et dites-lui : 'Ma religion et mon autorité atteindront ce qu'a atteint le royaume de Kisra, et s'étendront jusqu'à l'extrémité du sabot et du fer à cheval' », jusqu'à ce qu'il dise : « Cette religion viendra comme la nuit est venue. » Le Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — avait dit à 'Abdullah ibn Hudhafa, lorsqu'il revint auprès de lui et l'informa que Kisra l'avait traité avec mépris et déchiré son livre : « Quant à cela, Allah — Puissant et Majestueux — déchirera son royaume. » Regarde ces paroles irritantes qui se succèdent de sa part à leur encontre, et regarde cette confiance et cette fermeté. Il avait également correspondu avec César 171, le roi des Romains, par l'intermédiaire de Dihya ibn Khalifa al-Kalbi 172. [César] l'honora et honora le livre du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. Il interrogea ceux qui étaient auprès de lui parmi les habitants de La Mecque et les commerçants de Quraysh à son sujet — qu'Allah prie sur lui et le salue — sur ses caractères, ses voies et sa conduite, et il s'enquit minutieusement. Il découvrit que c'était le Prophète dont l'annonce avait été faite auparavant. Il le renvoya avec honneur. Le Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : « Il a reconnu la vérité, mais le perfide a été avare de son royaume et des biens immédiats de ce monde, les préférant à sa religion. » Il envoya à al-Muqawqis 173, le roi d'Alexandrie, Hatib ibn Abi Balta'a 174 avec son livre. Il le lui remit, il le lut, puis se tourna vers ses assistants, rit et leur dit : « Il m'a écrit en décrivant la beauté de sa religion et en m'y appelant. Qu'est-ce qui empêche, s'il est vraiment le Messager d'Allah, de demander à Allah de déchaîner la mer contre moi, de m'y noyer, de m'épargner ainsi la peine et de prendre mon royaume ? » Hatib lui répondit : « Qu'est-ce qui a empêché Jésus, fils de Marie — comme tu le prétends — lorsque les juifs le saisirent, l'attachèrent avec une corde, rasèrent le milieu de sa tête, lui mirent une couronne d'épines, placèrent sur son cou le bois sur lequel ils le crucifièrent, puis le sortirent en pleurant jusqu'à ce qu'ils le crucifiassent sur le bois, puis le percèrent d'une lance jusqu'à ce qu'il meure ? Qu'est-ce qui l'a empêché de demander à son Seigneur de le sauver d'eux, de les faire périr, de l'épargner ainsi que ses compagnons, et de les vaincre ? Et qu'est-ce qui a empêché Jean, fils de Zacharie, lorsqu'une femme adultère demanda à un homme de le tuer, et qu'il le tua et envoya sa tête à elle, jusqu'à ce qu'on la déposât devant elle ? Qu'est-ce qui l'a empêché de demander à son Seigneur de le sauver d'elle et de faire périr le roi ? » Al-Muqawqis se tourna vers ses assistants et dit : « Par Allah, c'est un sage. La sagesse ne sort que de chez les sages. Que dites-vous ? » Ils dirent : « Tu dis vrai, ô roi, nous avons vu ce que tu as vu. » Il reprit la lecture du livre du Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — et retint Hatib auprès de lui pendant un certain temps. Il l'interrogea sur le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — sur ses compagnons et sur sa conduite, puis le renvoya avec honneur. Le Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — envoya à plusieurs rois du Sham 175 pour les appeler à son obéissance. Parmi ceux qu'il envoya, il y avait al-Harith ibn 'Umayr al-Azdi 176, que Shurahbil ibn 'Amr al-Ghassani 177 tua. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — envoya après lui plusieurs autres, les blâmant pour leur traîtrise et le meurtre des messagers, et leur dit : « Vous serez vaincus, et mon autorité prévaudra sur vous. » Cela irrita les rois des Romains et les chrétiens d'Arabie. Les chrétiens d'Arabie envoyèrent au roi des Romains : « Saisis l'occasion tant que cet homme est faible. » Il envoya une armée de cent mille hommes, commandée par Batyoqas 178 le patrice 179, avec à la tête des chrétiens d'Arabie de Ghassan, Quda'a 180 et autres, Shurahbil ibn 'Amr al-Ghassani. Ils arrivèrent jusqu'à Mu'ta 181, et Allah l'en débarrassa comme on le sait. Il envoya aux rois du Yémen, aux rois de Bahreïn et d'Oman des messagers connus. Tu sais, qu'Allah te fasse miséricorde, qu'il les appela à se dépouiller de leur royaume, à sortir de leur gloire pour l'humilité et la soumission, et à combattre avec leurs biens et leurs personnes. Cela n'est pas conforme à la conduite des hommes et des rois sages ; pour eux, c'est une mauvaise gestion. Apprends donc par ta raison qu'il n'a fait cela que parce qu'il était certain d'être à l'abri de leurs assauts, de leurs ruses et de leur mal. Tu as déjà eu connaissance de la situation de tous ceux qui sont venus après lui parmi Quraysh, les Arabes et autres : ils se sont réfugiés auprès de lui et se sont attachés à ce qu'il a établi — qu'Allah prie sur lui et le salue — et que lui-même ne s'est attaché à aucune créature d'une manière suffisante. Reviens-y donc. Parmi les rois qu'il a appelés, certains lui ont répondu, comme le Négus 182 et d'autres. Examine la situation de gens de ton temps, parmi les grands rois, dont le royaume est vaste et l'affaire importante. Eux qui se couvrent de l'islam, se réclament du Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — et prétendent être de sa descendance, et qui se sont avancés sur ce qu'il a établi : avec quoi rencontrent-ils les rois de l'islam ? Avec quoi leur écrivent-ils ? Comment s'humilient-ils devant eux et les trompent-ils par toutes sortes de ruses pour préserver leur obéissance en paroles ? Leurs propagandistes disent à chacun de ces rois, même aux chefs des bédouins et des Kurdes : « Ton frère, untel fils d'untel, fils du Messager d'Allah. Tu connais la grandeur de son royaume, et il est appelé Commandeur des croyants 183. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — t'a imposé de lui obéir en raison de telle parole et de telle recommandation. Il ne te réclame pas ses droits, il ne te demande rien, mais il désire tes sœurs, ton alliance et se rapprocher de toi en acceptant ton cadeau. Tu sais que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — a accepté le cadeau et l'a encouragé. Si tu le récompenses par le moindre des cadeaux, il l'acceptera de toi et t'en remerciera. » Ensuite, il lui offre un cadeau précieux et important, et lui dit : « Lorsque l'intimité sera établie et la confiance parfaite, il t'ouvrira des portes par lesquelles ton royaume se multipliera et ta puissance se renforcera. Tu n'auras pour y parvenir ni peine, ni charge, ni dépense, ni dommage. Il s'agit seulement de la confiance en toi, de connaître ton intention intime et que tu es digne de confiance. » Lorsque son cœur s'attache à cela et qu'il convoite, il lui dit : « Tu sais ce qui a été dit concernant le secret et les engagements pris par les prophètes. » Ensuite, il le dresse après cela. S'il est parmi les gens de passions et de désir pour ce monde, il lui dit : « Tu es de ceux dont Allah a dit : 'Et Il allège leur fardeau et les chaînes qui étaient sur eux' 184. » Il lui rend licites les choses interdites, se rapproche de lui en lui enlevant les charges, le rassure contre tout châtiment, immédiat ou différé, lui mentionne les interprétations qu'il a préparées, se fait aimer de lui par cela et par des choses semblables, et lui fait promettre de garder le secret et de n'informer personne d'autre de ce qu'il a, et de ne rien lui demander, même s'il est mage. S'il le voit parmi ceux qui s'attachent à la Loi 185, il embellit cela à ses yeux et lui dit : « Ne te laisse pas tromper par ce que disent les imamites 186 catégoriques 187 que la prière chez les Gens de la Maison 188 est de cinquante et une rak'a 189 ; ces gens-là ne sont rien de la religion des Gens de la Maison. La prière des Gens de la Maison est de soixante-treize rak'a. » Il lui ordonne cela, et prie en sa présence, en présence de ses disciples et de ses serviteurs. S'il vient chez lui, il ne dort pas la nuit à cause de l'abondance de la prière. Il lui ordonne l'aumône légale 190 et tout bien selon ce qui lui convient, mais il dit : « La prière a un sens intérieur, et toute chose a un sens intérieur. » S'il est juif, il embellit à ses yeux le judaïsme et ce qu'il contient comme observance du sabbat et tout ce qu'ils pratiquent, et dit : « Le Mahdi 191 auquel nous appelons est le Messie que vous attendez. » S'il est chrétien, il loue la croix et dit : « Le Mahdi auquel nous appelons est le Paraclet 192 annoncé par le Messie. » S'il est mage, il loue à ses yeux le mazdéisme et dit : « Vous êtes les hommes, vous êtes les sages, les gens du royaume antique. » S'il est sabéen 193, il loue à ses yeux le culte des astres, et dit à chacune de ces catégories : « Toutes les religions sont égales et s'accordent dans leur sens intérieur, mais leurs adeptes ne le savent pas. » Ils manifestent de l'affection à chacun selon ce qu'il désire, puis se recommandent mutuellement de garder cela secret et de ne le révéler qu'à ceux qui les aiment ou penchent vers eux.

Ils entendent par « l’appel » (al-da‘wa) les Bédouins, les Kurdes, les Daylamites, les Berbères, les Nabatéens, les princes, vizirs et secrétaires adonnés au luxe, ainsi que les gens d’ignorance. Ils s’appuient sur ceux qui professent l’imamat et le chiisme, et ceux-ci se hâtent de leur répondre et de les accepter. Ils lient tous ces gens par des serments solennels et des pactes confirmés. Quant aux rois de la terre, depuis environ cent ans, ils sont issus des Daylamites, des Banū Ḥamdān, de ceux du Bahreïn, de ‘Imrān dans la Batīḥa, du Yémen, du Shām et de l’Azerbaïdjan. Tous ces rois sont partisans de l’imamat et du chiisme. Dans toute la terre, il ne reste de l’État des Banū l-‘Abbās que son nom en certains endroits. Dans le lieu où se trouvent leur autorité, leur royaume et leur puissance, on insulte al-‘Abbās et ses descendants, les Muhājirūn et les Anṣār, et on les maudit. Puis, ces gens, malgré leur royauté, leur dissimulation par le Prophète de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et leur attachement à lui, et malgré toutes ces circonstances par lesquelles ils se couvrent et se lient, tu vois leurs scandales dans les régions et aux extrémités de la terre à tout moment, comme tu en as déjà eu un aperçu. Ensuite, c’est une chose qui se produit à tout instant, et le scandale apparaît à chaque fois, malgré la royauté, la puissance, la domination, l’épée et le meurtre massif dont tu as déjà eu un aperçu, afin que tu saches que les voies suivies par le Prophète de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, aucun homme sensé ne les suit, ne les conçoit en son cœur, n’y élève son ambition, ne s’en entretient avec lui-même, ni n’y engage sa convoitise, à moins d’être un envoyé de Dieu et un prophète de Dieu, confiant dans la révélation de Dieu. Ensuite, c’est une chose qui n’a jamais existé chez aucun des prophètes depuis que le monde est monde, selon ce que les savants ont recueilli, dénombré et dont la nouvelle leur est parvenue : qu’un homme faible, pauvre, mercenaire, seul, chargé de famille, débutant, dans cet état, mentionne les rois des Arabes, les rois des Perses et les rois des Romains, jusqu’à mentionner le Khurāsān et les rois des polythéistes et des Turcs, et qu’il les englobe et les possède alors qu’il est dans cet état. Puis il leur écrit, roi par roi, seigneur par seigneur, tribu par tribu, pays par pays, en les mentionnant. Il leur recommande les Coptes et ce qu’ils ont de sacré par Marie la Copte, car ils conquièrent l’Égypte, et il dit : « Réjouissez-vous de la conquête des deux épouses : Gaza et Ascalon. » Il mentionne Damas et Jérusalem. Les chrétiens arabes entendent cela et le rapportent aux rois des Romains et à d’autres, et ils s’en irritent. Les Qurayshites le rapportent aux Perses. Lorsque les envoyés des musulmans entrèrent au Shām et rencontrèrent les rois chrétiens qui s’y trouvaient, ils virent l’un d’eux assis sur des coussins élevés, auxquels on montait par une échelle, vêtu de noir. Parmi les envoyés des musulmans se trouvait ‘Ubāda ibn al-Ṣāmit al-Anṣārī. Il dit : « Qu’est-ce que ce noir sur toi et ces cilices que tu as revêtus ? » Le roi dit : « Je les ai revêtus par vœu : je ne les enlèverai pas avant de vous avoir chassés du Shām et d’avoir fait ceci et cela. » Les musulmans lui dirent : « Nous t’empêcherons de tenir cette assemblée, et par Dieu, nous te la prendrons, et nous prendrons le royaume du plus grand roi. » Puis ils partirent de chez lui pour se rendre chez le plus grand roi des rois des Romains et lui transmirent le message. Il les logea dans la demeure la plus honorable, les retint auprès de lui longtemps, s’entretint en privé avec eux, discuta et les éprouva, et les interrogea sur telle ou telle chose concernant l’affaire du Prophète de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, l’islam et les musulmans, de nuit et de jour. Ils eurent avec lui ce qui est rapporté, jusqu’à ce qu’ils lui disent : « Cette terre, nous te la prendrons et nous te vaincrons ; notre Prophète nous l’a annoncé. » Cette parole lui déplut et il dit : « Quoi qu’il ait dit, il a dit vrai. Par Dieu, j’aimerais que mon âme se satisfasse de sortir de mon royaume pour être auprès de lui, le servir et affermir son royaume, mais mon âme ne s’y résout pas. » Al-Muqawqis, roi d’Égypte, dit à Ḥāṭib : « Vous posséderez mon royaume, comme votre compagnon l’a dit. » Les rois des Romains connaissaient mieux le droit du Prophète de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, c’est pourquoi ils étaient plus doux, bien que les chrétiens arabes les irritent et les excitent contre lui – que Dieu prie sur lui et le salue –, et ils n’étaient pas comme le tyran misérable Kisrā et ce qu’il fit à l’envoyé du Prophète de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et le déchirement de leurs lettres. Dieu déchira son royaume en tout morceau, comme le dit le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue –. Il annonça que son fils le tuerait cette nuit-là, alors qu’entre lui et Kisrā il y avait environ trois cents parasanges. Cela fait partie de ses signes connus, qui sont venus à la manière du Coran. Les gens de science les connaissent comme ils savent que son envoyé auprès de lui était ‘Abd Allāh ibn Ḥudhāfa al-Sahmī, et comme ils savent ce qui eut lieu entre lui et le Negus, et entre lui et le maître d’‘Umān, et d’autres rois. La conversion à l’islam de Bādhān, roi de Ṣan‘ā’ et du Yémen, à cause de ce signe, est connue, ainsi que la sincérité de lui et de ceux qui étaient avec lui dans l’islam, et ils sont connus comme « les prophètes » (al-anbiyā’). Lorsque le menteur al-‘Ansī prophétisa au Yémen, ils discutèrent avec lui et débattirent, mais ils ne trouvèrent chez lui ni signe ni marque. Ils envoyèrent donc au Prophète de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – pour l’informer de son affaire. Il leur ordonna de le combattre, ce qu’ils firent. Il fut tué par Fayrūz al-Daylamī, qui était l’un des envoyés du roi Bādhān auprès du Prophète de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –. Il n’était pas d’origine daylamite, mais il était l’un des agents perses aux frontières des Daylamites. Lorsque les Arabes apostasièrent après la mort du Prophète de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, ces « prophètes » (anbiyā’) de Bādhān et ceux qui étaient avec lui eurent, dans leur perspicacité en islam, leur constance à le suivre, leur lutte contre les apostats et leur soutien à Abū Bakr al-Ṣiddīq et à ses agents, ce qui est connu. Nous n’avons rapporté cela de ses signes – que Dieu prie sur lui et le salue – qu’à l’occasion de la mention de sa correspondance et de ses messages aux rois. L’intention est de mentionner ses signes qui ne sont pas dans le Coran, après avoir achevé ce qui est dans le Coran. Si Dieu accorde cela, tant mieux ; sinon, dans ce que tu as, il y a une immense victoire. Garde-le donc, préserve-le, et recherche ce qui vient après, car c’est le plus grand jihad et la plus noble adoration. **Un autre chapitre [L’annonce par le Prophète à ses compagnons que Dieu leur donnera pouvoir sur la terre et les fera succéder]** Parmi ses signes – que Dieu prie sur lui et le salue –, il y a ce qu’il annonça à ses compagnons : qu’Il leur donnera pouvoir sur la terre et les fera succéder comme Il a fait succéder ceux qui les ont précédés, qu’Il apaisera leur peur, et qu’ils L’adoreront sincèrement, seuls, sans rien Lui associer. Dieu – qu’Il soit exalté et magnifié – dit : « Dieu a promis à ceux d’entre vous qui croient et accomplissent de bonnes œuvres qu’Il les fera succéder sur la terre » jusqu’à la fin du verset. Ceci fut révélé lors de l’expédition des coalisés (al-Aḥzāb) et du fossé (al-Khandaq). Les Arabes et les Juifs s’étaient coalisés contre eux, ceux qui étaient autour de Médine avaient trahi, alors qu’ils étaient au bord de la mort et dans une peur intense. Ils ne possédaient que Médine, avec les Juifs et les hypocrites qui s’y trouvaient. Dieu fit triompher les compagnons du Prophète de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, les fit succéder, leur donna pouvoir, et changea leur peur en sécurité. Ils L’adorèrent seul et Lui obéirent. Dans tout cela, il y a de nombreuses choses cachées qui ne se produisent pas par hasard, ni par l’habileté des astrologues, et ce n’est pas ce que la raison prédomine à croire. Au contraire, ce que la raison prédomine et ce qui apparaît dans la prudence et la gestion, c’est qu’ils auraient dû être les vaincus et les dominés, à moins que cela ne vienne de Dieu et que leur maître ne soit un envoyé de Dieu. Ce qui t’indique que cela fut révélé alors qu’ils n’étaient pas puissants et qu’ils étaient craintifs, c’est la parole de Dieu – qu’Il soit exalté et magnifié – : « Et Il leur donnera pouvoir sur leur religion qu’Il a agréée pour eux, et Il changera leur peur en sécurité. » Il n’est pas permis qu’Il leur annonce ce qu’ils n’étaient pas, et qu’Il leur fasse grâce de cela, alors que l’ennemi et l’allié l’entendent, et qu’Il sache qu’ils savent qu’Il leur a menti. Ensuite, cela confirme ceci.


  1. al-Muqtadir bi-llāh : Calife abbasside (r. 908-932), connu pour sa faiblesse et la domination de ses vizirs et des factions.
  2. Ibn Abī al-Sāj : Général abbasside, vainqueur d'Abū Ṭāhir en 923.
  3. Mu'nis al-Khāṣī : Eunuque et général abbasside, figure militaire majeure sous al-Muqtadir.
  4. jour de pluie : Le texte dit « yawm ṭashsh », peut-être une expression pour un jour de pluie fine.
  5. dans les légumes verts : Le texte dit « fī al-baqliyya », peut-être un lieu ou une expression obscure.
  6. bateaux : Le texte dit « al-sumāriyyāt », un type de bateau.
  7. Et quiconque y entre est en sécurité : Citation coranique (Sourate 3, verset 97) utilisée ironiquement par les Qarmates.
  8. Pour le pacte des Qurayshites : Sourate 106, verset 1.
  9. et les a mis en sécurité de la peur : Sourate 106, verset 4.
  10. Dikīra al-Iṣfahānī le mage : Personnage qualifié de mage (majūsī), probablement un chef religieux qarmate.
  11. Mahdī : Figure eschatologique attendue par les chiites, que les Qarmates utilisaient pour légitimer leur mouvement.
  12. Qussīn et Janbalā : Noms probablement symboliques ou déformés, peut-être des figures de la mythologie qarmate.
  13. livre d'Ibn Razzām, le livre de ʿAṭiyya : Ouvrages polémiques contre les Qarmates, cités comme sources sur leurs croyances secrètes.
  14. maṣāḥif : Pluriel de muṣḥaf, désignant les exemplaires du Coran sous forme de codex.
  15. dhimma : Protection contractuelle accordée aux non-musulmans (gens du Livre) dans l'État islamique, impliquant certains droits et devoirs.
  16. dhawāt al-maḥārim : Parentes proches avec lesquelles le mariage est interdit en islam (mère, fille, sœur, tante, etc.).
  17. liwāṭ : Acte homosexuel masculin, sévèrement interdit en islam.
  18. al-Mahdī : Le guide attendu dans l'eschatologie islamique, une figure rédemptrice qui viendra à la fin des temps pour rétablir la justice.
  19. Shīʿa : Partisans de ʿAlī et de sa descendance, considérés comme les imams légitimes après le Prophète.
  20. Kūfa : Ville d'Irak, centre important de l'islam primitif et de la pensée shīʿite.
  21. ḥujjat Allāh : Preuve de Dieu, terme désignant l'imam ou le guide infaillible qui est la preuve vivante de Dieu sur terre.
  22. al-Aḥsā : Région de l'est de l'Arabie, correspondant à l'actuelle province orientale d'Arabie saoudite, centre des Qarmates.
  23. Jīshān : Localité au Yémen, liée à la prédication ismaélienne.
  24. Sijilmāsa : Ville du Maghreb (actuel Maroc), centre de la prédication ismaélienne et lieu de l'émergence du califat fatimide.
  25. al-Ḥasan al-ʿAskarī : Onzième imam des shīʿites duodécimains, mort en 874, dont la disparition marque le début de l'occultation.
  26. al-imām : Guide spirituel et temporel pour les shīʿites, descendant du Prophète par ʿAlī et Fāṭima.
  27. Kutāma : Tribu berbère du Maghreb, soutien majeur des Fatimides à leurs débuts.
  28. Raqqāda : Ville du Maghreb (près de Kairouan), capitale provisoire des Fatimides.
  29. ʿĀʾisha : Épouse du Prophète Muhammad, souvent critiquée par les shīʿites pour son rôle dans la guerre du Chameau contre ʿAlī.
  30. al-bāṭin : Le sens ésotérique, caché, des textes religieux, central dans l'ismaélisme.
  31. shurāt : Pluriel de shārī, désignant les kharijites, un groupe dissident de l'islam primitif.
  32. al-Mahdiyya : Ville fondée par les Fatimides en Tunisie, leur première capitale.
  33. qāʾim : Celui qui se lève, terme désignant le Mahdī ou l'imam attendu dans l'ismaélisme.
  34. sharī‘a : Loi divine révélée, ensemble des prescriptions religieuses de l'islam.
  35. Ahl al-Bayt : Famille du Prophète, notamment sa fille Fatima, son gendre Ali et leurs descendants.
  36. ḥanīf : Monothéiste pur, qui se tourne exclusivement vers Dieu, avant toute révélation particulière.
  37. al-Asbāṭ : Les douze tribus d'Israël, descendants des fils de Jacob.
  38. Coran 2:135-137 : Versets cités par l'auteur.
  39. qāma : Mesure de longueur équivalant à environ 1,80 mètre.
  40. khulafā’ : Successeurs du Prophète à la tête de la communauté musulmane, les califes.
  41. al-‘abd al-naṣrānī : Il s'agit d'Abu Lu'lu'a, un esclave chrétien qui assassina le calife 'Umar en 644.
  42. Ibn Muljam : Un kharijite qui assassina le calife 'Ali en 661.
  43. ‘Uthmān : Troisième calife, assassiné en 656 lors d'une révolte.
  44. khawkh : Petite ouverture ou lucarne dans un mur.
  45. dhāt al-shawka : Littéralement 'celle qui a des épines', expression désignant une troupe armée et redoutable.
  46. nu‘ās : Somnolence, assoupissement envoyé par Dieu comme signe de sécurité.
  47. Ḥā Mīm : Lettres mystérieuses ouvrant certaines sourates, utilisées ici comme formule d'invocation.
  48. sūrat al-Anfāl : La huitième sourate du Coran, intitulée 'Le Butin'.
  49. Coran 8:5-17 : Passage cité par l'auteur, décrivant la bataille de Badr.
  50. yawm al-furqān : Le Jour du Discernement, c'est-à-dire le jour de Badr, où Dieu a distingué le vrai du faux.
  51. wa-ilā llāhi turja‘u l-umūr : Et c'est vers Dieu que les choses sont ramenées, c'est-à-dire que tout retourne à Lui.
  52. dhāt al-shawka : Littéralement « celle qui a des épines », c'est-à-dire la troupe armée et puissante.
  53. fa-lam taqtulūhum wa-lākinna llāha qatalahum : Coran 8:17 : « Vous ne les avez pas tués, mais c'est Dieu qui les a tués. »
  54. wa-mā ramayta idh ramayta wa-lākinna llāha ramā : Coran 8:17 : « Et tu n'as pas lancé quand tu as lancé, mais c'est Dieu qui a lancé. »
  55. yawm Uḥud : Le jour d'Uhud, bataille où les musulmans subirent une défaite relative.
  56. wa-mā ja‘alahu llāhu illā bushran wa-li-ṭṭami’anna bihi qulūbukum : Coran 8:10 : « Et Dieu ne l'a fait que comme une bonne nouvelle et pour que vos cœurs s'en apaisent. »
  57. idh yūḥī rabbuka ilā l-malā’ikati annī ma‘akum fa-thabbitū alladhīna āmanū sa-ulqī fī qulūbi lladhīna kafarū r-ru‘ba fa-ḍribū fawqa l-a‘nāq : Coran 8:12 : « Quand ton Seigneur révéla aux anges : “Je suis avec vous, affermissez donc ceux qui croient. Je vais jeter la terreur dans les cœurs de ceux qui mécroient. Frappez donc au-dessus des cous.” »
  58. Ibn ar-Rāwandī : Ahmad ibn Yahya ibn Ishaq ar-Rawandi, théologien et hérétique du IXe siècle, connu pour ses critiques de l'islam.
  59. Abū ‘Īsā al-Warrāq : Muhammad ibn Harun al-Warraq, penseur sceptique et critique de l'islam au IXe siècle.
  60. Mazīna : Tribu arabe.
  61. Hayzum : Nom du cheval de l'ange Gabriel, selon la tradition.
  62. al-malak : L'ange, ici Gabriel.
  63. Ḥakīm ibn Ḥizām : Compagnon du Prophète, neveu de Khadija, initialement opposé à l'islam puis converti.
  64. Abū Tamīm al-Aslamī : Compagnon du Prophète.
  65. al-Ḥārith ibn Hishām : Compagnon du Prophète, initialement opposé à l'islam puis converti.
  66. khayl bulq : Chevaux pie, c'est-à-dire avec des taches blanches et noires.
  67. Abū Sufyān ibn al-Ḥārith ibn ‘Abd al-Muṭṭalib : Cousin du Prophète, initialement opposé puis converti.
  68. Abū Lahab : Oncle du Prophète, ennemi acharné de l'islam.
  69. al-‘Abbās ibn ‘Abd al-Muṭṭalib : Oncle du Prophète, converti après Badr.
  70. Abū Dāwūd al-Māzinī : Compagnon du Prophète.
  71. Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq : Premier calife de l'islam, compagnon intime du Prophète.
  72. thaniyyat an-Naq‘ : Nom d'une colline ou d'un col près de Badr.
  73. sawwamat : Marqués de signes, c'est-à-dire portant des marques distinctives (comme des turbans ou des vêtements spéciaux).
  74. wa-idh yurīkumūhum idhi l-taqaytum fī a‘yunikum qalīlan wa-yuqallilukum fī a‘yunihim li-yaqḍiya llāhu amran kāna maf‘ūlan : Coran 8:44 : « Et quand Il vous les montra, lors de votre rencontre, peu nombreux à vos yeux, et vous diminua à leurs yeux, afin que Dieu accomplisse une chose qui devait être faite. »
  75. ‘Utba ibn Rabī‘a : Chef qurayshite, tué à Badr.
  76. Abū Jahl : Surnom de ‘Amr ibn Hishām, chef qurayshite et ennemi acharné de l'islam, tué à Badr.
  77. بَطَراً وَرِئاءَ النَّاسِ : Avec insolence et ostentation devant les gens ; 'batar' désigne une joie insolente et orgueilleuse, et 'riyâ' l’hypocrisie et la recherche de la gloire.
  78. لَيْسَ لَكَ مِنَ الْأَمْرِ شَيْءٌ : Tu n’as aucune part dans l’ordre ; c’est-à-dire que la décision appartient entièrement à Dieu.
  79. وَمَا النَّصْرُ إِلَّا مِنْ عِنْدِ اللَّهِ الْعَزِيزِ الْحَكِيمِ : Et la victoire ne vient que de Dieu, le Puissant, le Sage ; verset coranique (3:126).
  80. قُلْ إِنْ كانَتْ لَكُمُ الدَّارُ الْآخِرَةُ عِنْدَ اللَّهِ خالِصَةً مِنْ دُونِ النَّاسِ فَتَمَنَّوُا الْمَوْتَ إِنْ كُنْتُمْ صادِقِينَ : Verset coranique (2:94) : défi lancé aux juifs de souhaiter la mort s’ils sont sincères dans leur prétention d’être les élus de Dieu.
  81. وَلَنْ يَتَمَنَّوْهُ أَبَداً بِما قَدَّمَتْ أَيْدِيهِمْ وَاللَّهُ عَلِيمٌ بِالظَّالِمِينَ. وَلَتَجِدَنَّهُمْ أَحْرَصَ النَّاسِ عَلى حَياةٍ : Verset coranique (2:95-96) : annonce qu’ils ne souhaiteront jamais la mort à cause de leurs péchés, et qu’ils sont les plus avides de vivre.
  82. قُلْ يا أَيُّهَا الَّذِينَ هادُوا إِنْ زَعَمْتُمْ أَنَّكُمْ أَوْلِياءُ لِلَّهِ مِنْ دُونِ النَّاسِ فَتَمَنَّوُا الْمَوْتَ إِنْ كُنْتُمْ صادِقِينَ : Verset coranique (62:6) : répétition du défi dans une autre sourate.
  83. وَلا يَتَمَنَّوْنَهُ أَبَداً بِما قَدَّمَتْ أَيْدِيهِمْ وَاللَّهُ عَلِيمٌ بِالظَّالِمِينَ : Verset coranique (62:7) : confirmation qu’ils ne le souhaiteront jamais.
  84. فَلْيَأْتُوا بِحَدِيثٍ مِثْلِهِ : Allusion au défi coranique d’apporter un livre semblable (52:34).
  85. الحداد : Al-Ḥaddâd : probablement un mécréant ou un hérétique mentionné dans les polémiques islamiques.
  86. أبو عيسى : Abû ‘Îsâ : peut-être Abû ‘Îsâ al-Warrâq, un penseur sceptique ou hérétique du IXe siècle.
  87. ابن الراوندي : Ibn al-Râwandî : célèbre hérétique et libre-penseur du IXe siècle, connu pour ses critiques de l’islam.
  88. الوراق : Al-Warrâq : surnom d’Abû ‘Îsâ al-Warrâq, un penseur sceptique contemporain d’Ibn al-Râwandî.
  89. Sourate al-Ma'ida, verset 11 : Référence coranique : Sourate 5, verset 11.
  90. signes : Il s'agit des signes de la prophétie, c'est-à-dire des preuves et miracles attestant de la véracité de Muhammad.
  91. Sourate al-Ma'ida, verset 51 : Référence coranique : Sourate 5, verset 51.
  92. Sourate al-Ma'ida, verset 52 : Référence coranique : Sourate 5, verset 52.
  93. Sourate al-Ma'ida, verset 52 : Référence coranique : Sourate 5, verset 52 (suite).
  94. Sourate al-Ma'ida, verset 53 : Référence coranique : Sourate 5, verset 53.
  95. Sourate al-Ma'ida, verset 54 : Référence coranique : Sourate 5, verset 54.
  96. Sourate al-Ma'ida, verset 54 : Référence coranique : Sourate 5, verset 54.
  97. vers : Il s'agit de vers de poésie attribués à 'Ali ibn Abi Talib, exprimant son regret des premiers compagnons.
  98. Siddiq : Surnom d'Abou Bakr, signifiant 'le véridique' ou 'celui qui confirme la vérité'.
  99. gens de la qibla : Terme désignant les musulmans, car ils se tournent vers la qibla (direction de La Mecque) dans la prière.
  100. jizya : Capitation imposée aux non-musulmans en échange de la protection de l'État islamique.
  101. mubāhala : Épreuve d'invocation réciproque où chaque partie demande à Dieu de maudire le menteur.
  102. mutakallimūn : Théologiens scolastiques de l'islam, spécialistes du kalām.
  103. al-Masīḥ : Le Messie, titre de Jésus dans l'islam.
  104. āya : Signe, miracle ou verset coranique.
  105. Al-Misbāḥ : Ouvrage de Ghazālī, probablement "Le Flambeau".
  106. āya : Signe, miracle ou verset coranique.
  107. Sūrat Yūnus : Sourate 10 du Coran, nommée d'après Jonas.
  108. al-ghaniyy : Le Riche, attribut divin signifiant Celui qui n'a besoin de rien.
  109. Coran 21:22 : Paraphrase du verset : "S'il y avait dans les cieux et la terre d'autres divinités qu'Allah, tous deux seraient corrompus."
  110. ahl al-kitāb : Gens des Écritures, désignant juifs et chrétiens.
  111. mushrikūn : Associateurs, polythéistes arabes.
  112. Coran 2:163 : Verset : "Et votre Dieu est un Dieu unique..."
  113. Coran 2:164 : Verset énumérant les signes de l'unicité divine.
  114. al-‘ibra : Expérience, leçon tirée de l'observation.
  115. ṣiddīqa : Véridique, titre de Marie dans l'islam.
  116. Coran 5:75 : Verset : "Le Messie, fils de Marie, n'est qu'un Messager..."
  117. Coran 5:76 : Verset : "Adorez-vous, en dehors d'Allah..."
  118. Coran 5:77 : Verset : "Dis : Ô gens des Écritures..."
  119. jawhar : Substance, concept philosophique et théologique.
  120. aqānīm : Hypostases, personnes de la Trinité chrétienne.
  121. ittiḥād : Union, concept d'union divine et humaine.
  122. qidam : Éternité, attribut de Dieu.
  123. Hirmis al-muthallath : Hermès Trismégiste, figure mythique associée à l'hermétisme.
  124. al-manāniyya : Manichéens, adeptes du manichéisme.
  125. kutub al-kalām : Livres de théologie scolastique islamique.
  126. Abū ‘Īsā al-Warrāq : Théologien et hérésiographe musulman du IXe siècle.
  127. Ibn ar-Rāwandī : Penseur musulman controversé du IXe siècle, souvent accusé d'hérésie.
  128. bāhil : Chamelle dont on a enlevé le lien du pis, libre d'être traite.
  129. ṣirār : Lien ou bande serrant le pis d'une chamelle pour empêcher la traite.
  130. mubāhala : Imploration mutuelle de la malédiction divine entre deux parties pour trancher un différend religieux.
  131. Āl 'Imrān 3:61 : Verset de la mubāhala, où Dieu ordonne au Prophète de défier les chrétiens de Najrān.
  132. Al-Anfāl 8:7 : Allah promet aux musulmans l'une des deux troupes (caravane ou armée) avant Badr.
  133. mut'a : Mariage temporaire (mut'at an-nisā') ou plaisir du pèlerinage (mut'at al-hajj). Ici, il s'agit du mariage temporaire.
  134. 'Uthmān : Troisième calife bien guidé, assassiné en 656.
  135. Ibn ar-Rāwandī : Théologien et hérétique musulman du 9e siècle, connu pour ses critiques de l'islam.
  136. tamannī al-mawt : Souhait de la mort, défi lancé par le Prophète aux juifs (Coran 2:94-95).
  137. Āl 'Imrān 3:61 : Suite du verset de la mubāhala.
  138. tahaddī : Défi, provocation, argument par impossibilité.
  139. Al-Anfāl 8:36 : Verset annonçant la défaite des mécréants.
  140. Āl 'Imrān 3:110-112 : Versets sur les juifs.
  141. Banū Qaynuqā' : Tribu juive de Médine, expulsée après une révolte en 624.
  142. Banū an-Nadīr : Tribu juive de Médine, expulsée en 625.
  143. Banū Qurayẓa : Tribu juive de Médine, exécutée ou réduite en esclavage en 627.
  144. Khaybar : Oasis juive conquise en 628.
  145. 'Allām al-ghuyūb : Celui qui connaît les mystères, attribut divin.
  146. Badr : Bataille en 624, victoire musulmane.
  147. Uḥud : Bataille en 625, défaite musulmane.
  148. Āl 'Imrān 3:12 : Verset annonçant la défaite des mécréants.
  149. Āl 'Imrān 3:13 : Verset sur le miracle de Badr.
  150. Al-Baqara 2:114 : Verset sur l'interdiction des mosquées.
  151. Masjid Bayt al-Maqdis : Mosquée al-Aqsa à Jérusalem.
  152. al-Shām : Région du Levant (Syrie, Palestine, Liban, Jordanie).
  153. shirk : Association d'autres divinités à Dieu, polythéisme.
  154. Quraysh : Tribu dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète.
  155. al-Masjid al-Ḥarām : La Mosquée Sacrée de La Mecque.
  156. Abū Bakr al-Ṣiddīq : Premier calife, compagnon et beau-père du Prophète.
  157. hijra : Émigration du Prophète de La Mecque à Médine en 622.
  158. al-Āṣ ibn Wā'il : Probablement le protecteur mentionné, mais le texte dit que le nom n'est pas présent.
  159. jizya : Impôt de capitation payé par les non-musulmans en échange de protection.
  160. 'Uthmān ibn Abī Ṭalḥa al-'Abdarī : Gardien des clés de la Kaaba, converti après la conquête de La Mecque.
  161. Ka'ba : La Ka'ba est le sanctuaire sacré de l'islam, situé à La Mecque, vers lequel les musulmans se tournent pour prier.
  162. 'Uthman ibn Abi Talha al-'Abdari : Compagnon mecquois, gardien de la Ka'ba avant la conquête de La Mecque.
  163. Quraysh : Tribu arabe dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
  164. Harem : Ici, désigne les femmes et les biens sacrés d'une personne, ce qui est inviolable.
  165. Kisra : Titre des rois sassanides de Perse, ici désigne Khosro II.
  166. 'Abdullah ibn Hudhafa as-Sahmi : Compagnon du Prophète, envoyé comme messager à Kisra.
  167. Mages : Zoroastriens, religion dominante de l'empire perse sassanide.
  168. Badhan : Gouverneur perse du Yémen sous Kisra.
  169. Shahanshah : Titre perse signifiant 'roi des rois'.
  170. Shiruya : Fils de Khosro II, qui l'assassina pour prendre le pouvoir.
  171. César : Titre des empereurs byzantins, ici désigne Héraclius.
  172. Dihya ibn Khalifa al-Kalbi : Compagnon du Prophète, envoyé comme messager à César.
  173. al-Muqawqis : Titre du gouverneur byzantin d'Égypte, ici désigne Cyrus, patriarche d'Alexandrie.
  174. Hatib ibn Abi Balta'a : Compagnon du Prophète, envoyé comme messager à al-Muqawqis.
  175. Sham : Région du Levant, incluant la Syrie, la Palestine, la Jordanie et le Liban actuels.
  176. al-Harith ibn 'Umayr al-Azdi : Compagnon du Prophète, envoyé comme messager au roi de Busra, tué par Shurahbil.
  177. Shurahbil ibn 'Amr al-Ghassani : Roi ghassanide, vassal des Byzantins, qui tua le messager du Prophète.
  178. Batyoqas : Nom du commandant byzantin lors de l'expédition de Mu'ta.
  179. Patrice : Titre byzantin élevé, souvent donné aux gouverneurs militaires.
  180. Quda'a : Tribu arabe du nord de l'Arabie, alliée des Byzantins.
  181. Mu'ta : Localité en Jordanie actuelle, site d'une bataille entre musulmans et Byzantins en 629.
  182. Négus : Titre du roi d'Abyssinie (Éthiopie), ici désigne Ashama ibn Abjar, qui embrassa l'islam.
  183. Commandeur des croyants : Titre du calife, chef de la communauté musulmane.
  184. Et Il allège leur fardeau et les chaînes qui étaient sur eux : Référence au Coran, sourate 7, verset 157, décrivant les allègements apportés par l'islam.
  185. Loi : La charia, loi islamique fondée sur le Coran et la Sunna.
  186. Imamites : Courant chiite duodécimain, qui reconnaît douze imams descendants du Prophète.
  187. Catégoriques : Terme désignant ceux qui professent une doctrine tranchée, ici les chiites imamites.
  188. Gens de la Maison : La famille du Prophète Muhammad, notamment Ali, Fatima, Hassan et Hussein.
  189. Rak'a : Unité de prière islamique, comprenant des cycles de prosternations et de récitations.
  190. Aumône légale : La zakat, impôt religieux obligatoire pour les musulmans.
  191. Mahdi : Figure eschatologique de l'islam, un guide divinement guidé qui viendra à la fin des temps.
  192. Paraclet : Terme chrétien désignant le Saint-Esprit, interprété par les musulmans comme une annonce de Muhammad.
  193. Sabéen : Groupe religieux mentionné dans le Coran, souvent identifié aux adorateurs des astres ou aux mandéens.

La deuxième partie

Il dit : Ceci est la parole de Dieu pour vous, et la promesse de Dieu, non la mienne ; l'annonce de Dieu, non la mienne. Et cela indique la légitimité des califes après lui. N'entends-tu pas qu'Il dit : « Dieu a promis à ceux d'entre vous qui croient 1 » ? S'Il avait dit : « à ceux qui croient », la promesse aurait pu être sujette à report et interprétation. Mais lorsqu'Il dit : « d'entre vous », Il l'a rendue en eux, pour eux et d'eux, dissipant ainsi les doutes et levant l'ambiguïté. Si la réalité était telle que le disent les imamites 2, ces annonces auraient été mensongères et ces promesses non tenues, car ils prétendent que le successeur désigné était Ali ibn Abi Talib, et qu'il n'était ni puissant ni en sécurité, mais opprimé, vaincu et craintif. Où est donc la réalisation de ce que Dieu a promis ? Nous cherchons refuge auprès de Dieu contre l'égarement de la vérité. Selon nous, il 3 – que Dieu l'agrée – était, à l'époque d'Abou Bakr et des califes précédents, puissant, victorieux, dominateur, en sécurité, honoré, ses ordres exécutés et sa parole écoutée, comme cela t'a déjà été expliqué. C'est par lui et par ses frères parmi les Émigrés 4 et les Auxiliaires 5 que la califat de ceux qui l'ont précédé a été établi et leur autorité renforcée. La promesse concerne donc lui, Abou Oubayda ibn al-Jarrah, Sa'd, Mu'adh, Abd al-Rahman, et d'autres parmi les Émigrés et les Auxiliaires. Dieu – qu'Il soit exalté – ne désigne comme successeurs que les pieux, et n'accorde le pouvoir qu'à Ses alliés, Ses bien-aimés et ceux qui Lui obéissent. Ce n'est pas le cas de ceux qui ont embrassé l'islam lors de la conquête de La Mecque 6. Il y a là une confusion, car ce verset a été révélé l'année du Fossé 7, lors de l'expédition des Coalisés 8, avant la conquête de La Mecque. Ceux-là sont des affranchis 9, non des Émigrés ni des Auxiliaires. Ce n'est pas un texte clair et explicite sur le califat de ces derniers – que Dieu les agrée – mais une chose que l'on connaît par déduction, raisonnement et méditation de cette récitation. Aucune autre interprétation ou exégèse n'est donc permise. Lorsque les Arabes apostasièrent après la mort du Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – et que nombreux furent ceux qui s'opposèrent à eux, les Compagnons du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – se réjouissaient de la victoire de l'islam et de la prédominance des musulmans grâce à ce verset. Abou Bakr al-Siddiq le leur récita en ce temps et leur dit ce dont tu as peut-être déjà eu quelque mention. C'est une chose sur laquelle l'accord unanime 10 s'est fait et le consensus a précédé avant même la naissance de Hicham ibn al-Hakam 11, qui est à l'origine des attaques contre les califes du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, les Émigrés et les Auxiliaires. Malgré cela, Hicham ibn al-Hakam a mentionné qu'il a connu les chiites 12 et que tous aimaient Abou Bakr, Omar et Othman, disant : « Ceux-ci n'ont pas nié le mérite du légataire 13 Ali ibn Abi Talib ni ne l'ont écarté de son droit. Ceux qui l'ont écarté de son droit et nié son mérite sont les hypocrites que le Coran dénonçait. » Hicham dit : « Tout cela est collage et rapiéçage ; la crainte de ces gens les a poussés à cela, ils n'ont donc pas osé les accuser. S'ils les avaient connus, ils ne les auraient pas accusés. » Puis il se mit à mentionner ce qu'il savait de leurs accusations. Il a donc reconnu de sa propre bouche que personne ne les avait précédés dans l'insulte et la malédiction. S'il ne l'avait pas reconnu, la raison l'attesterait et l'indiquerait. Autre chapitre : [Sa parole – que Dieu prie sur lui et le salue – au temps de sa faiblesse, qu'il deviendrait grand et sa condition élevée] Parmi ses signes et ses miracles, il y a le fait qu'il disait, au temps de sa faiblesse et au début de sa mission, que sa cause deviendrait grande et sa condition élevée, que les nations se ligeraient contre lui, chercheraient à le tuer, à l'éliminer ainsi que ses partisans, et viendraient à eux de toutes parts. Mais ses Compagnons resteraient fermes et gagneraient en clairvoyance et en certitude dans leur affaire. Ceux qui les verraient, ainsi que ceux qui marcheraient contre eux, penseraient, dans leur esprit et leur raison, qu'ils ne pourraient être sauvés. Il en fut comme il l'avait dit. Dieu leur annonça, en cette situation, qu'Il – exalté soit-Il – les protégerait de ces gens et de ceux qui, parmi les Gens du Livre 14, les soutenaient, qu'Il les ferait succéder sur terre, apaiserait leur peur, remplacerait leur faiblesse par la force, et les établirait puissamment sur terre. Cela eut lieu lors de l'histoire des Coalisés. Dieu révéla à cette occasion le verset mentionné précédemment dans la sourate al-Nour 15. Le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – avait expulsé les Banu al-Nadir 16 parmi les juifs en raison de leurs méfaits et de leur trahison. Ils quittèrent Médine et son voisinage, se rendirent auprès de Quraysh, d'Abas, de Dhubyan, de Fazara et d'autres tribus, et les incitèrent contre lui, disant : « Il a traité vos ancêtres d'infidèles, critiqué vos religions, vous a traités d'ignorants, a anéanti votre suprématie et votre autorité, a dispersé vos milliers, a dressé les fils contre les pères et les pères contre les fils, et prétend qu'il triomphera de vous et vous anéantira, alors que vous n'êtes pas à l'abri de ce qu'il vous promet. Hâtez-vous tant qu'il est faible, avant qu'il ne devienne plus fort que vous ne l'étiez à Badr et à Ouhoud. » Les juifs avaient au Hedjaz 17 des chefs, des hospitalités et des bienfaits envers les Arabes : ils accordaient asile à ceux qui se réfugiaient chez eux, protégeaient leurs voisins et combattaient pour eux. Ils incitèrent donc Quraysh et les Arabes contre le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, et ils marchèrent contre lui au nombre d'environ vingt mille. Huyayy ibn Akhtab, le juif nadirite, vint trouver les Banu Qurayza 18 parmi les juifs, qui avaient fait alliance avec le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – de vivre en paix avec lui et de ne jamais aider personne contre lui, et ils avaient écrit un pacte à cet effet. Huyayy ibn Akhtab vint donc trouver Ka'b ibn Asad, le chef des Banu Qurayza, et lui dit : « Je t'apporte l'honneur du monde et la puissance. Ces tribus de Quraysh et des Arabes ont marché contre Muhammad ; sois avec nous. » Ka'b répondit : « Laisse-moi. Cet homme, nous le connaissons pour sa sincérité et sa loyauté. S'il dit oui, c'est oui ; s'il dit non, c'est non. Sa parole ne varie pas. Je crains que tu ne le trahisses et que vous ne triomphiez pas de lui. » Huyayy dit : « Ce n'est pas comme les armées que tu as affrontées auparavant. Nous sommes nombreux, lui peu nombreux. Nous ne partirons pas avant de l'avoir anéanti. Tu regretteras de ne pas t'être joint à nous. Lui et ses compagnons sont peu nombreux, alors que Quraysh est en si grand nombre. » Il énuméra le nombre de ces tribus et ne cessa de le presser jusqu'à ce que Qurayza trahît. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – envoya Sa'd ibn Mu'adh et Sa'd ibn Ubada pour savoir ce qu'il en était et s'ils avaient trahi ou non. Lorsque Qurayza vit les deux Sa'd, ils déchirèrent le pacte qui les liait au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et l'insultèrent. Sa'd ibn Ubada leur répondit, mais Sa'd ibn Mu'adh lui dit : « Tais-toi. Ce qui est entre nous et eux est plus grave que les insultes. » Ils retournèrent auprès du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et l'informèrent de leur trahison, de manière indirecte, par crainte pour la faiblesse des musulmans. Qurayza était proche de Médine, sur un de ses côtés. Quraysh et les tribus arrivèrent d'un autre côté. Salman al-Farisi – que Dieu lui fasse miséricorde – suggéra de creuser un fossé. Ce fut la première expédition à laquelle Salman participa. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – ordonna de creuser le fossé, et chaque groupe de Compagnons creusa une partie. Un rocher très dur, que les pioches ne pouvaient entamer, leur fit obstacle. Ils pensèrent le contourner, mais quelqu'un dit : « Informez le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. » Or, le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – était sorti de Médine avec les musulmans et avait campé face à l'ennemi. Il descendit vers le rocher, prit la pioche, frappa un coup, et une grande étincelle en jaillit. Il dit : « Allahou Akbar 19 ! » et les musulmans dirent : « Allahou Akbar ! » Il dit : « On m'a montré Sanaa et le Yémen, et j'ai vu leurs palais comme des crocs de chiens ; vous les conquérirez et les posséderez. » Puis il frappa un second coup, et une grande étincelle jaillit. Il dit : « Allahou Akbar ! » et les musulmans dirent : « Allahou Akbar ! » Il dit : « On m'a montré les palais de Syrie comme des crocs de chiens ; vous les conquérirez et les posséderez. » Puis il frappa un troisième coup, et une troisième étincelle jaillit. Il dit : « Allahou Akbar ! » et les musulmans dirent : « Allahou Akbar ! » Il dit : « On m'a montré les palais des cités de Perse et de la Perse ; vous les conquérirez et les posséderez. Réjouissez-vous ! » Le rocher se fendit. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – remonta du fossé, joyeux et content, et organisa ses Compagnons pour la garde du fossé, établissant des tours de garde entre eux, comme cela est mentionné. Le fossé était si étroit que les chevaux de leurs guerriers pouvaient le franchir. Amr ibn Abd Wudd, Ikrima ibn Abi Jahl, Khalid ibn al-Walid, et Dirar ibn al-Khattab le franchirent. Ils combattirent pendant plusieurs jours, puis convinrent de lancer le lendemain soir une attaque simultanée de tous côtés et de fondre sur les musulmans. Dieu envoya contre eux un vent violent qui déracina leurs tentes et leurs constructions, effraya leurs chevaux et leurs chameaux, et les saisit d'une terreur telle qu'ils ne se maîtrisèrent plus. Ils s'enfuirent en désordre, et Dieu épargna aux croyants de les combattre. Les musulmans passèrent la nuit à l'abri de ce vent, en toute sécurité. Si l'on dit : « D'où tenez-vous la certitude que cela s'est produit ? », on lui répond : Cela est parvenu de telle manière que quiconque l'entend et y réfléchit sait et est certain qu'il en est ainsi. Car le Coran l'a révélé, rappelant cette grâce, argumentant par ce verset et faisant une faveur aux croyants : « Ô vous qui avez cru ! Rappelez-vous le bienfait de Dieu sur vous, quand des troupes sont venues à vous et que Nous avons envoyé contre elles un vent et des troupes que vous n'avez pas vues. Et Dieu voit parfaitement ce que vous faites. Quand ils vinrent d'au-dessus de vous et d'au-dessous de vous, et que les regards se détournèrent et que les cœurs remontèrent aux gorges, et que vous formiez sur Dieu des pensées diverses. Les croyants furent alors éprouvés et secoués d'une violente secousse 20. » Si ce vent et les autres événements qui se produisirent étaient des choses habituelles, Dieu n'en aurait pas fait une grâce ni un argument, alors que l'ennemi et l'allié l'entendent. Cela, un homme sensé ne le ferait pas, à plus forte raison celui qui prétend à la prophétie. Puis Il le confirme en en faisant une parole de Dieu et en rappelant aux croyants cette grâce. Puis Il dit : « Et quand les hypocrites et ceux qui ont une maladie au cœur disaient : “Dieu et Son Messager ne nous ont promis que tromperie” 21 », car la bonne nouvelle leur était déjà parvenue. Ils disaient : « L'un de nous ne peut même pas aller satisfaire ses besoins à cause des armées qui nous encerclent, et il nous promet la royauté du Yémen, la royauté de Chosroès 22 et de César 23 ! » Puis Il leur rappela la parole d'un autre groupe : « Ô habitants de Yathrib 24 ! Il n'y a pas de place pour vous, retournez donc ! » Et un groupe parmi eux demanda au Prophète la permission de partir, disant : « Nos maisons sont exposées 25 », alors qu'elles ne l'étaient pas ; ils ne voulaient que fuir. » Un groupe des Banu Haritha avait dit cela ; Dieu les informa de leurs pensées intimes dans leur parole. Il n'est pas permis qu'Il dise cela si ce n'est pas vrai. Puis Il dit : « Et si l'on entrait chez eux de tous côtés et qu'on leur demandât de renier leur foi, ils le feraient, et ils n'y mettraient que peu d'empressement. Ils avaient pourtant pris envers Dieu l'engagement de ne pas tourner le dos. Et l'engagement envers Dieu sera demandé. » Jusqu'à Sa parole : « Avides de vous [garder]. Quand la peur vient, tu les vois te regarder, les yeux tournant comme ceux de quelqu'un qui s'évanouit de mort. Puis, quand la peur s'en va, ils vous déchirent de leurs langues acérées 26 », décrivant leur lâcheté, leur faiblesse et leur tromperie, et que lorsque la peur disparaît et qu'ils sont en sécurité, ils disent : « Nous avons fait, nous avons agi, nous avons lutté », et ils feignent de mépriser l'ennemi, disant : « S'ils revenaient, nous les attaquerions à nouveau. » Puis Il dit :

«Ils pensent que les coalisés ne sont pas partis, et si les coalisés revenaient, ils souhaiteraient être des bédouins 27 parmi les nomades 28, demandant des nouvelles de vous. Et s’ils étaient parmi vous, ils n’auraient combattu que peu.» (6) Il parle de ces hypocrites, de celui dont la clairvoyance est faible et de celui dont le cœur est malade : ils pensent que les coalisés ne sont pas partis et ne se sont pas retirés, et qu’ils reviendront, ébouriffés par ce que le vent leur a infligé, et qu’une armée aussi nombreuse et puissante ne se retire pas face à eux dans leur faiblesse et leur petit nombre. Et «ils souhaiteraient être des bédouins parmi les nomades, demandant des nouvelles de vous. Et s’ils étaient parmi vous, ils n’auraient combattu que peu.» Il a donc informé de leurs secrets et de leurs consciences, et les a confrontés à leur hypocrisie et à leurs mauvaises intentions. Cela ne peut être fait que par un Prophète confiant dans le soutien d’Allah et Sa victoire, car il est de la sagesse et de la bonne gestion, selon les sages, les chefs, les aspirants au pouvoir et les hommes du monde, d’accepter l’obéissance de celui qui la manifeste, même s’ils soupçonnent ses intentions, de ne pas rejeter ce qui paraît de son conseil, et de ne pas leur dire : «Votre apparence n’est pas comme votre intérieur, vous êtes des ennemis.» Cela n’est pas du droit de la présidence, ni permis dans la gestion de la souveraineté, et cela ne peut venir d’un homme sensé, sauf s’il est Prophète. Car si le chef fait cela, il les pousse à le haïr, à le défier ouvertement et à déployer tous leurs efforts pour le corrompre et le tuer. Dans les proverbes des sages : «Ne l’appelle pas ingrat, de peur qu’il ne le devienne.» Et dans leurs recommandations approuvées par les sages : «Accepte la parole de celui qui vient à toi en s’excusant, qu’il soit pieux ou pervers dans ce qu’il dit. Car celui dont l’apparence te satisfait t’a obéi, et celui qui te désobéit en secret t’a honoré.» De plus, s’il n’était pas Prophète, il ne serait pas à l’abri que leur intérieur dans l’obéissance soit comme leur extérieur. S’il leur disait : «Vous avez été hypocrites», alors qu’ils sont le contraire, cela serait une critique de sa parole. Même s’ils ne le contredisent pas en face, ils le diront derrière lui, le rapporteront à ses partisans et à ceux qui croient en sa véracité, et le mentionneront à ses ennemis parmi les juifs et les chrétiens. Car ils étaient les plus ardents à souhaiter qu’il commette un mensonge ou une erreur. Ils le contredisaient en face sans preuve, alors comment serait-ce s’ils avaient une preuve ? Apprends donc qu’il n’a dit cela que par science et certitude. C’est une grande porte de l’annonce des choses invisibles, et cela est fréquent dans le Coran ; reconnais-le donc. Cela fait partie des grands signes. Puis Il leur dit : «Vous avez dans le Messager d’Allah un bel exemple 29 pour celui qui espère en Allah et au Jour dernier, et qui invoque Allah abondamment.» (7) Ils l’avaient vu, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, dans ces difficultés et ces terreurs, le cœur tranquille, l’âme sereine, leur annonçant la victoire sur ces gens et sur les nations arabes et non-arabes. Puis Il dit : «Et quand les croyants virent les coalisés, ils dirent : «Voilà ce qu’Allah et Son Messager nous avaient promis ; Allah et Son Messager ont dit vrai.» Et cela ne fit qu’accroître leur foi et leur soumission.» Ils disaient, lorsque le Prophète, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, disait à La Mecque : «Je vais avoir des groupes et des armées», ils répondaient : «Notre royaume est plus étendu, notre parti plus fort, notre armée plus nombreuse.» Allah révéla alors, avant l’Hégire : «Ou bien ont-ils la royauté des cieux et de la terre et de ce qui est entre eux ? Qu’ils montent donc par les moyens 30 ! Une armée qui, là-bas, sera vaincue parmi les coalisés.» (8) Quand les croyants virent les coalisés, ils se rappelèrent cette promesse d’Allah, Puissant et Majestueux, et leur foi augmenta. Cette promesse a des parallèles et des exemples, comme Sa parole : «Ou bien avez-vous pensé entrer au Paradis sans que vous vienne ce qui est arrivé à ceux qui vous ont précédés : la misère, la détresse et l’ébranlement ?» Et comme Sa parole : «Vous serez éprouvés dans vos biens et vos personnes, et vous entendrez de ceux qui ont reçu le Livre avant vous et de ceux qui ont associé [à Allah] beaucoup de tort.» (9) Et d’autres. Et Sa parole : «et qui invoquent Allah abondamment» ne signifie pas l’invocation par la langue, mais l’invocation du cœur et de la réflexion sur les signes d’Allah, Ses preuves et Ses arguments. C’est la plus grande des deux invocations, la plus noble et la plus bénéfique ; l’invocation par la langue vient après, et rien ne dispense de l’invocation du cœur. Puis Il dit : «Parmi les croyants, il y a des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Allah. Certains ont atteint leur terme 31, d’autres attendent, et ils n’ont rien changé [à leur engagement].» (10) Il a donc informé des consciences des croyants antérieurs, des émigrés et des auxiliaires, et que leur intérieur dans l’islam est comme leur extérieur, leur secret comme leur public. De même qu’Il a informé de l’intérieur des hypocrites et de celui dont le cœur est malade. Dans Son information sur l’intérieur des croyants, il y a une preuve semblable à celle de Son information sur les consciences des hypocrites. Médite cela pour le reconnaître, car son explication serait longue. Sa parole : «Certains ont atteint leur terme» signifie qu’ils ont été tués dans le chemin d’Allah ou sont morts en persévérant dans l’alliance avec Allah et la préférence de Sa satisfaction ; et d’autres attendent pareil sort, leur intention et leur conscience étant de ne pas s’en écarter ; «et ils n’ont rien changé [à leur engagement]», ni modifié. Réfléchis à Sa parole : «Et Allah a repoussé ceux qui ont mécru avec leur rage ; ils n’ont obtenu aucun bien. Allah a suffi aux croyants dans le combat. Allah est Fort et Puissant.» (11) Vois comment Il leur fait grâce en détournant d’eux ces soldats et ces armées par le vent, et en les dispensant de les combattre. Les musulmans n’ont subi du vent aucun mal, malgré la proximité. Au contraire, ils ont passé la nuit en toute sécurité, tandis que les autres ont passé la nuit dans l’épreuve. Cela est contraire à l’habitude, et nul ne peut diriger le vent dans les directions et le faire souffler de cette manière, si ce n’est Allah, Puissant et Majestueux. Le Prophète, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, avait l’intention de retourner à Médine après le départ des coalisés. Mais Gabriel vint lui dire de la part d’Allah : «N’enlève pas ton armure avant d’aller vers les Banû Qurayza 32.» Il se dirigea donc vers eux et les assiégea. Allah jeta la terreur dans leurs cœurs, malgré leur nombre, et ils se retranchèrent dans leurs forteresses. Le Prophète, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, dit : «Ô Juifs, ô frères des singes 33 !» Ils répondirent : «Ô Muhammad, nous ne t’avons pas connu comme un grossier.» Il dit : «Vous m’avez trahi et violé mon pacte. Quand nous campons dans la cour d’un peuple, quel mauvais matin pour ceux qui ont été avertis !» Il envoya vers eux Abû Lubâba 34 ibn ‘Abd al-Mundhir. Ils lui dirent : «Ô Abû Lubâba, acceptes-tu de te soumettre au jugement de Muhammad ?» Il dit : «Oui», et il fit un signe de la main vers sa gorge, signifiant l’égorgement. Allah révéla alors : «Ô vous qui avez cru ! Ne trahissez pas Allah et le Messager, et ne trahissez pas sciemment les dépôts qui vous sont confiés.» (13) Or, Abû Lubâba n’avait fait qu’un signe du doigt. Allah informa de ce que fut son geste et de ce qui se passa entre lui et eux. Abû Lubâba dit : «Par Allah, mes pieds n’avaient pas bougé que je sus que j’avais trahi Allah et Son Messager.» Il partit et s’attacha à un pilier de la mosquée. Le Prophète, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, dit : «S’il était venu à moi, j’aurais imploré le pardon pour lui. Mais puisqu’il a fait cela, je ne le délierai pas jusqu’à ce qu’Allah Lui-même le délie.» Le pilier d’Abû Lubâba resta connu dans la mosquée. C’est un autre signe. Les Banû Qurayza étaient nombreux, vaillants et redoutables. Allah jeta la terreur dans leurs cœurs à l’arrivée du Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui. Ils dirent : «Nous nous soumettons au jugement de Sa‘d ibn Mu‘âdh 35.» Le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, envoya chercher Sa‘d, qui vint monté sur un âne gris. Il avait été blessé par une flèche le jour des coalisés, et il disait : «Seigneur, ne me fais pas mourir avant de m’avoir montré ce que j’aime chez les Banû Qurayza.» Le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, lui dit : «Les Banû Qurayza ont accepté de se soumettre à ton jugement.» Les Aws 36 lui dirent : «Ô Abû ‘Amr, ce sont tes alliés.» Sa‘d dit : «Il est temps que, pour Allah, le blâme du blâmeur ne m’atteigne pas. Qu’ils descendent [de leurs forteresses] pour que je juge.» Quand ils descendirent, il dit : «J’ai jugé que leurs combattants soient tués, leurs enfants capturés, leurs biens confisqués, et qu’ils soient donnés aux émigrés et non aux auxiliaires.» Le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, dit : «Tu as jugé selon le jugement d’Allah.» C’est le sens de Sa parole : «Et Il a fait descendre de leurs forteresses ceux des gens du Livre qui les avaient soutenus [les coalisés], et Il a jeté la terreur dans leurs cœurs. Vous en avez tué une partie et vous en avez capturé une autre. Et Il vous a donné en héritage leur terre, leurs demeures, leurs biens, et une terre que vous n’aviez pas foulée. Et Allah est Omnipotent.» (14) Vois comment Il leur fait grâce de cela, tandis que l’ennemi et l’allié entendent. Il n’est pas permis qu’Il leur fasse grâce de ce qui n’a pas eu lieu et qu’ils ne connaissent pas. Vois donc combien de science, combien de signes, combien de preuves et combien de prodiges dans l’histoire des coalisés. Dans ce chapitre s’en insère un autre, qui est à lui seul une preuve complète. Bien plus, dans chaque passage il y a une preuve et un signe. Parmi cela, Sa parole, Puissant et Majestueux : «Ceux des nomades qui sont restés en arrière te diront : «Nos biens et nos familles nous ont retenus ; implore donc le pardon pour nous.» Ils disent avec leurs langues ce qui n’est pas dans leurs cœurs. Dis : «Qui donc peut vous garantir quoi que ce soit contre Allah, s’Il veut vous nuire ou vous être utile ? Mais Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. Vous pensiez plutôt que le Messager et les croyants ne retourneraient jamais à leurs familles ; cela a été embelli dans vos cœurs, et vous avez eu de mauvaises pensées, et vous êtes un peuple perdu.» (15) Vois comment Il informe de Son ennemi qu’ils diront ce qui est une preuve contre eux avant même qu’ils ne le disent. Ils le disent et le font comme Il l’a annoncé. Cela fait partie des choses étonnantes. Cela a des parallèles, comme Sa parole, Puissant et Majestueux : «Ils hocheront la tête vers toi et diront : «Quand cela ?»» (16) Et Sa parole : «Ceux qui sont restés en arrière diront, quand vous partirez vers des butins pour les prendre : «Laissez-nous vous suivre.» Ils veulent changer la parole d’Allah. Dis : «Vous ne nous suivrez pas ; ainsi Allah a dit auparavant.» Ils diront alors : «Mais vous êtes jaloux de nous.» Mais ils ne comprennent que peu.» (17) Et beaucoup d’exemples semblables. Si l’on dit : «Qu’empêche qu’Il ait informé d’eux après qu’ils aient parlé ?» On lui répond : «Cela, un homme sensé ne le fait pas : dire d’une chose qui a eu lieu et qui est passée : «Cela va arriver.» Il mentirait d’un mensonge évident devant des gens qui savent qu’il a menti, alors qu’il prétend la vérité et la prophétie, et qu’il se présente comme la preuve d’Allah et l’élu d’Allah, et que nul n’est avec lui en cela ni après lui jusqu’au Jour de la Résurrection. Reconnais cela et observe-le dans ses places dans le Coran quand tu le récites. Médite Sa parole, Puissant et Majestueux : «Ils disent avec leurs langues ce qui n’est pas dans leurs cœurs» et Sa parole : «Vous pensiez plutôt que le Messager et les croyants ne retourneraient jamais à leurs familles ; cela a été embelli dans vos cœurs, et vous avez eu de mauvaises pensées, et vous êtes un peuple perdu.»

Car l'homme sensé n'agit pas ainsi envers celui qui lui a manifesté obéissance, même s'il suspecte son for intérieur 37 ; au contraire, il lui témoigne acceptation. Tel est le droit de la préséance 38, et c'est ce qu'exige la seigneurie 39 ; c'est la prudence 40. Faire montre de suspicion envers un tel relève de la mauvaise gestion, et seul un prophète ou un messager véridique de Dieu agit ainsi, comme cela t'a déjà été expliqué. Ce qui confirme cela, c'est que le Prophète 41 recommandait à sa communauté la diplomatie 42, le pardon et l'abandon de la confrontation directe 43, disant : « Ceci est la prudence. » Il lui arrivait d'être en colère contre certaines tribus arabes ; ils venaient à lui alors qu'il leur tournait le dos. Un homme parmi eux se leva et récita 44 : « Salue ceux qui ont de la rancune pour gagner leur amitié, par ton beau salut ; car le butin 45 élève parfois. Et s'ils montrent du mal, montre de la générosité ; et s'ils te cachent des propos, ne demande pas. Car ce qui te blesse, c'est d'en entendre parler ; et ce qu'ils disent derrière toi, ils ne l'ont pas dit. » Alors le Prophète se tourna vers eux, se réconcilia avec eux et dit : « Parmi les poètes, il y a des sages, et parmi l'éloquence, il y a de la magie. » Il répéta le vers : « Et ce qu'ils disent derrière toi, ils ne l'ont pas dit », l'approuvant et le jugeant bon. Puis, lorsqu'il s'agit de l'ordre de Dieu 46, il n'agréa que la concordance du cœur avec la langue, exigeant que l'apparent soit comme le caché. Ensuite, il ne se contenta pas que cette parole vienne de lui-même jusqu'à ce qu'il dise : « Cette parole est la parole de Dieu, non la mienne ; c'est la parole de votre Créateur et du Créateur 47 des mondes, qui connaît vos consciences et ce que vous cachez. » Considère Sa parole : « Les Bédouins ont dit : “Nous croyons.” Dis : “Vous n'avez pas cru ; mais dites : ‘Nous nous sommes soumis 48’, car la foi n'est pas encore entrée dans vos cœurs” » jusqu'à : « C'est Dieu qui vous comble de faveur en vous guidant vers la foi, si vous êtes sincères 49. » Vois comment Il dit à ceux qui vinrent avec des excuses, obéissants et soumis : « Vous avez dit avec vos langues ce qui n'est pas dans vos cœurs, et votre absence n'était pas due à vos biens et familles, mais à votre pensée que le Messager et les croyants ne reviendraient jamais aux leurs. » Et à ces autres, qui ont une faible clairvoyance 50 et vinrent soumis, obéissants et dociles, Il dit : « Vous n'avez pas cru ; mais dites : “Nous nous sommes soumis.” » Il ne leur permet pas de prétendre à la foi avec une faible clairvoyance. Et Il dit : « Les aumônes 51 sont pour les pauvres, les nécessiteux, ceux qui y travaillent et ceux dont les cœurs sont à gagner 52. » Il leur donne des dons abondants et dit : « Ceux dont la clairvoyance est faible, je leur donne pour gagner leurs cœurs, en raison de l'infériorité de leur rang par rapport aux émigrés 53, aux premiers 54 et aux auxiliaires 55. » Il les nomme par un nom de déficience et les revêt du manteau de l'humiliation, tout en leur donnant ces dons abondants. Cela est contraire à la conduite des gens sensés et des sages parmi les humains, car chez eux cela est considéré comme un gaspillage d'argent, un éloignement des gens, une offense aux rois, une rupture des liens de la royauté et une destruction de ses piliers. Dans ce sens, Sa parole : « Quand les hypocrites viennent à toi, ils disent : “Nous attestons que tu es le Messager de Dieu.” Dieu sait que tu es Son Messager, et Dieu atteste que les hypocrites sont menteurs » jusqu'à : « La puissance 56 appartient à Dieu, à Son Messager et aux croyants ; mais les hypocrites ne savent pas. » Cela relève du même genre que ce que nous avons exposé, concernant un groupe d'hypocrites connus : Abd Allah ibn Ubayy ibn Salul al-Khazraji et ses partisans. Celui-ci était un chef 57 chez les Khazraj, obéi et de grande importance ; il était éminent chez les Aws et les Khazraj ensemble, et était le chef des hypocrites, qu'ils obéissaient et consultaient. Il avait jalousé le Messager de Dieu et son affaire l'avait précédé. Sa'd ibn Ubada disait au Prophète : « Sois patient avec lui, ô Messager de Dieu, et supporte-le. Par Dieu, nous avions enfilé les perles de son diadème pour le couronner, jusqu'à ce que Dieu nous envoie à toi. » Avec lui, dans l'hypocrisie, se trouvait un groupe des Aws et des Khazraj qui espéraient que la préséance lui reviendrait, et ils détournaient leur peuple, les Auxiliaires, de leur amour pour le Messager de Dieu et ses partisans. Les Auxiliaires souhaitaient son islam, sa réponse et sa sincérité ; ils lui rappelaient la solidité et la beauté de l'islam, et le blâmaient pour son retard. Il leur répondait en embrassant l'islam, puis considérait sa situation : il n'avait pas le rang de Khabbab ibn al-Aratt, Suhayl ibn Sinan, Zayd ibn Haritha, Bilal, l'affranchi d'Abu Bakr al-Siddiq, Ammar ibn Yasir et autres parmi les clients 58, alors qu'il aimait la préséance, étant chef et seigneur avant l'islam. Il s'affligeait, la jalousie le poussait, et il revenait en arrière, hésitant. Lors d'une des expéditions du Messager de Dieu, peut-être celle d'al-Muraysi' ou une autre, les gens se pressèrent autour de l'eau à cause de son exiguïté 59. Un conflit éclata entre al-Jahjah al-Ghifari, compagnon de Umar ibn al-Khattab et son ouvrier, et un homme des Auxiliaires. Al-Jahjah cria : « Ô émigrés ! » et l'Auxiliaire cria : « Ô Auxiliaires ! » Cela parvint à Abd Allah ibn Ubayy ibn Salul, qui était dans son assemblée avec ses proches, ses intimes, ses serviteurs et sa famille, et qui participait à cette expédition. Il manifesta son étonnement qu'on pût crier « Ô émigrés ! » et que quelqu'un pût rivaliser avec les Auxiliaires et son peuple des Aws et des Khazraj. Il se mit à blâmer les Auxiliaires d'avoir amené ces gens : « Vous avez amené des pauvres, vous les avez secourus, vous leur avez donné asile, vous les avez soutenus quand ils étaient chassés et abandonnés ; puis, quand ils sont devenus forts et puissants, ils vous ont attaqués en criant “Ô émigrés !” C'est comme on dit : “Engraisse ton chien, il te dévorera.” Vous devriez cesser de les soutenir jusqu'à ce qu'ils se dispersent loin de cet homme 60. Si nous retournons à Médine, le plus puissant en chassera le plus faible. » Il avait dit cela en présence de ses confidents, pensant que cela n'atteindrait pas le Messager de Dieu. Zayd ibn Arqam al-Ansari, qui était de sa famille, rapporta l'assemblée au Messager de Dieu. Le Prophète en parla aux Auxiliaires, qui allèrent trouver Abd Allah ibn Ubayy ibn Salul et lui rapportèrent les propos, disant que Zayd ibn Arqam les avait rapportés. Il dit : « Je n'ai pas dit cela », et jura, ajoutant : « Celui qui a rapporté cela de moi a menti ; je connais mieux le droit du Messager de Dieu que de dire cela. Zayd ibn Arqam est un jeune garçon qui ne sait ce qu'il dit. » Ils lui dirent : « C'est ainsi que nous pensions de toi. » Ils se tournèrent vers Zayd ibn Arqam en le blâmant. Lui [Abd Allah] vint auprès du Messager de Dieu avec ses compagnons et ses proches, démentant ce que Zayd avait rapporté, jurant qu'ils croyaient en leur cœur et conscience en la prophétie et la véracité du Messager de Dieu. Le Messager de Dieu accepta leurs serments, les écouta, et se tourna vers eux en donnant tort à Zayd ibn Arqam, sans le croire ; il s'abstint plutôt. Alors la révélation descendit sur lui comme elle descendait habituellement. Il se tourna vers ses compagnons, appela Abu Bakr et Umar, récita la sourate et les informa que Zayd ibn Arqam avait dit vrai et que, malgré sa jeunesse, il avait répondu et été véridique. Umar ibn al-Khattab lui dit : « Ô Messager de Dieu, pourquoi ne permets-tu pas de tuer celui-ci ? Ordonne à Bishr ibn al-Barra' al-Ansari ou à un autre de le tuer 61. » Le Messager de Dieu récita la sourate aux Auxiliaires ; ils se levèrent, allèrent trouver Abd Allah ibn Ubayy ibn Salul, lui récitèrent cela, lui firent savoir ce qu'il avait fait, le blâmèrent, le réprimandèrent, lui et ses compagnons et ceux qui l'entouraient qui voulaient cela, et dirent : « Jusqu'à quand, malheur à toi, jusqu'à quand ces scandales ? Dieu vous couvre de honte fois après fois. Repentez-vous et revenez. » Ils dirent : « Nous nous repentons et revenons. » Le fils d'Abd Allah ibn Ubayy ibn Salul vint auprès du Messager de Dieu ; il était sincère, pieux envers son père et l'aimait profondément. Il dit : « Ô Messager de Dieu, j'ai appris ce qu'a fait mon père. Je ne pense pas qu'il y ait un fils plus pieux envers son père que moi, mais je n'approuve pas ce qu'il fait. J'ai appris ce que Umar a suggéré. Si tu veux le tuer, ordonne-le moi ; par Dieu, je le tuerai, malgré mon amour pour lui et ma piété. Si un autre le tue, je crains de ne pouvoir supporter de voir le meurtrier de mon père parmi les gens, et je le tuerais, entrant ainsi en Enfer. » Le Prophète lui dit : « Ne le tue pas et sois indulgent avec lui. » Lorsque le Messager de Dieu revint de cette expédition vers Médine, à l'approche de la ville, ce fils d'Abd Allah ibn Ubayy ibn Salul barra la route à son père, retint sa chamelle et plia le genou. Son père lui dit : « Qu'as-tu, mon fils, que veux-tu ? » Il répondit : « Par Dieu, tu n'entreras pas à Médine avant que le Messager de Dieu ne dise : “Le plus puissant [c'est moi]” et moi “le plus faible”. » Il continua à le repousser et à lui demander de le laisser et de le libérer, mais il refusa. Les gens passaient par catégories dans leur marche ; certains lui demandaient de pardonner et de libérer, d'autres non. Ses compagnons et partisans voyaient cela et leur chagrin pour lui s'intensifiait, mais son fils ne le relâcha pas jusqu'à ce qu'il [le père] dise cela et se proclame lui-même. Considère ce qu'il y a dans cela comme preuves, signes et miracles évidents qui indiquent à tout homme sensé qui les examine la prophétie de Muhammad et sa véracité. Il y a là plus que ce que nous avons expliqué ; examine-le, tu le trouveras. Ces hypocrites étaient des grands et des chefs parmi leur peuple, obéis et suivis. Les Juifs s'asseyaient auprès d'Abd Allah ibn Ubayy ibn Salul, le glorifiaient, l'honoraient et augmentaient cela à cause de son hostilité envers le Prophète. Ils incitaient les Aws et les Khazraj à lui obéir, disant : « Votre ancien chef, votre chair et votre sang ; Muhammad et ses compagnons ne sont que des intrus parmi vous. » Al-Jadd ibn Qays était l'un des anciens chefs obéis parmi les Banu Qayla des Aws et des Khazraj 62 ; sa voie dans l'hypocrisie était celle d'Abd Allah ibn Ubayy ibn Salul. Si quelqu'un dit : « Par ma vie, cela faisait partie de la conduite de Muhammad et de ses actes, contraire à la conduite des rois prudents ; un royaume ne peut subsister avec une telle gestion. Mais Muhammad n'a agi ainsi qu'à la fin de sa mission, lorsqu'il était à Médine avec des armées et des groupes, et que son affaire était établie. Pourquoi n'a-t-il pas fait cela à La Mecque ? »

On lui dit : « Il n’y a dans cela aucune réfutation, et tu n’as rien apporté. Bien plus, tu n’as rien obtenu et tu ne sais ce que tu dis. Si tu t’étais tu, cela eût été plus couvrant pour toi, car tu n’as rien ajouté sinon de dire : “Ceci était à Médine et n’était pas à Médine, et cela se produisit lorsqu’il fut au milieu des armées et des groupes.” Il n’y a dans cela aucune réfutation. Si tu avais réfléchi, tu aurais su que cela renforce son argument. Car à Médine, il ne revint pas sur sa prétention à la prophétie, à la véracité et à l’impeccabilité, comme il en était à La Mecque. Et lorsqu’il fut à Médine, au milieu d’une armée, tandis que son ennemi était dans une armée qui le visait et l’attaquait, il était plus enclin à recourir aux hommes et à la gestion par la gestion des rois résolus et des chercheurs de ce bas monde, à ménager ceux dont on suspecte le for intérieur, et à ne pas dévoiler de tels agissements. Tu n’as donc fait, par ta question, que renforcer l’argument. » Et ton dire : « Pourquoi cela n’a-t-il pas eu lieu à La Mecque ? » Comment cela aurait-il pu être à La Mecque, alors qu’il n’y avait là absolument aucun hypocrite ? Et comment auraient-ils pu pratiquer l’hypocrisie envers lui à La Mecque, alors que lui et ses partisans y étaient vaincus et dominés, et qu’il s’y trouvait des musulmans qui cachaient leur foi par crainte des Quraychites ? Ceux qui manifestaient leur foi à La Mecque avant la conquête étaient Abou Bakr, ‘Omar, ‘Othman, ‘Ali et leurs semblables, de ce groupe connu, malgré la sévérité, les tourments et l’épreuve qu’ils subissaient de la part de leur peuple et d’autres, hommes et femmes, qui étaient trop faibles pour supporter ce que ceux-là enduraient, et cachaient donc leur foi. D’où aurait-il pu y avoir un hypocrite à La Mecque ? La situation est tout à fait contraire à ce qu’elle était à Médine. C’est comme si tu disais à lui — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — : « Pourquoi n’as-tu pas menti alors que tu étais à La Mecque, comme tu as dit la vérité alors que tu étais à Médine ? » De plus, il était à La Mecque seul et isolé, (26) et ceux qui étaient avec lui étaient dans l’humiliation et le petit nombre, avant que quiconque ne le suivît. Il ne se montra pas conciliant envers son ennemi, mais il le dévoila et alla jusqu’à les irriter et les mettre en colère, les frappant d’incrédulité et d’ignorance, comme dans Sa parole : « Dis : “Est-ce autre qu’Allah que vous m’ordonnez d’adorer, ô ignorants ?” » (27) « Dis : “Ô vous les mécréants !” » Et comme dans Sa parole : « Ou bien penses-tu que la plupart d’entre eux entendent ou raisonnent ? Ils ne sont que comme des bestiaux, mais ils sont plus égarés encore du chemin. » (28) Et comme dans Sa parole : « En vérité, tu ne fais pas entendre les morts, et tu ne fais pas entendre aux sourds l’appel quand ils tournent le dos. Et tu n’es pas celui qui guide les aveugles hors de leur égarement. » Et comme dans Sa parole : « Et tu n’es pas celui qui fait entendre à ceux qui sont dans les tombeaux. » Et d’autres exemples semblables, si nombreux qu’ils ne peuvent presque être comptés. Or, cela, un homme avisé et sensé ne le fait pas, à moins d’être un prophète, comme cela t’a déjà été expliqué en plusieurs endroits de ce livre. Et médite Sa parole au sujet de ses compagnons à Badr : « Ils disputent avec toi au sujet de la vérité après qu’elle leur est apparue clairement, comme s’ils étaient poussés vers la mort et qu’ils la voyaient. » (29) Comment les approuve-t-il sur la légèreté de ce qu’ils éprouvaient comme dureté et peur de leur ennemi, en raison de leur petit nombre et du grand nombre de leur ennemi ? Et dans ce sens, Sa parole : « Et souvenez-vous quand vous étiez peu nombreux, faibles sur la terre, craignant que les gens ne vous arrachent. Alors Il vous a donné refuge, vous a soutenus de Son secours et vous a attribué de bonnes choses, afin que vous soyez reconnaissants. » (30) Et Sa parole dans l’histoire d’Uhud : « Et Allah vous a tenu Sa promesse quand vous les tailliez en pièces avec Sa permission, jusqu’au moment où vous avez fléchi, disputé de l’ordre et désobéi, après qu’Il vous a montré ce que vous aimiez. Parmi vous, il en est qui veulent ce bas monde, et parmi vous, il en est qui veulent l’au-delà. » (31) Il arrête ainsi ceux qui voulaient de ce bas monde le butin licite à ce degré, contrairement à la gestion des humains et de celui qui a de l’avidité pour la quête de la préséance et de la royauté, au point qu’Ibn Mas‘oud a dit : « Je n’avais pas conscience que quelqu’un voulait ce bas monde jusqu’à ce que j’entende le Messager d’Allah dire : “Parmi vous, il en est qui veulent ce bas monde, et parmi vous, il en est qui veulent l’au-delà.” » Car les émigrés et les auxiliaires avaient suivi le Prophète pour sa véracité et sa prophétie, et non pour autre chose. S’il leur arrivait une subsistance licite, il n’y avait pas de mal à cela. Jusqu’à Sa parole : « Et un groupe qui se souciait de leurs propres personnes, pensant d’Allah autre que la vérité, la pensée de l’ignorance, disant : “Avons-nous quelque chose à voir dans cette affaire ?” Dis : “L’affaire tout entière appartient à Allah.” Ils cachent en eux-mêmes ce qu’ils ne te manifestent pas, disant : “Si nous avions eu quelque chose à voir dans cette affaire, nous n’aurions pas été tués ici.” » (32) Cela fut dit par ‘Abd Allah ibn Ubayy ibn Saloul et ses compagnons le jour d’Uhud, et cela relève de ce genre. Et de ce qui suit cette voie, Sa parole — qu’Il soit exalté — : « Allah a été satisfait des croyants quand ils te prêtaient serment sous l’arbre. Il savait ce qu’il y avait dans leurs cœurs. » (33) L’homme sensé, s’il médite, sait que s’ils n’avaient pas été ainsi dans leurs consciences et leurs for intérieurs, Il n’aurait pas dit cela d’eux et n’aurait pas informé à leur sujet. Car ils étaient mille quatre cents. Il n’aurait donc pas été à l’abri que leur for intérieur ne fût pas sincère, même s’ils lui manifestaient cela. Il n’aurait donc pas été à l’abri qu’il ne découvrît chez eux le contraire, et qu’ils ne découvrissent alors son mensonge. Or, cela, un homme sensé ne le fait pas. Qu’en est-il donc de quelqu’un comme Muhammad — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — alors qu’il prétend à la prophétie et à la véracité, et appelle les gens à croire cela en lui, et le veut d’eux ? Et malgré cela, il dit : « Ceci n’est pas ma parole, mais c’est la parole de mon Seigneur et votre Seigneur, le Connaisseur des choses invisibles. » Et cela contient des sciences de choses invisibles nombreuses (34) que seul Allah connaît et sur lesquelles Il ne donne accès qu’à Ses élus et à Ses prophètes. S’il y avait eu parmi eux quelqu’un dont le for intérieur n’était pas sincère, il serait revenu sur lui-même et aurait manifesté cela, ne serait-ce qu’après un temps, et n’aurait pas manqué d’en parler, même si le Messager d’Allah — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — ne lui avait pas répondu. Et il aurait parlé avec les juifs et les chefs que nous avons mentionnés parmi les ennemis du Prophète — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — et les aurait informés de ce qu’il était et de ce qu’il avait dit. Or, ils se seraient réjouis d’un faux pas du Messager d’Allah — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — et d’une erreur, si elle avait eu lieu — et qu’Allah l’en préserve —. Cela serait alors parvenu au Messager d’Allah et aux musulmans, et ils en auraient parlé, et la chose se serait répandue, comme des exemples semblables sont apparus des paroles des hypocrites, malgré leur dissimulation de cela. Tu saurais alors, par la preuve de ton intellect, que leurs for intérieurs à son égard — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — étaient comme leurs apparences, comme il en a informé et comme il l’a dit. Or, ils cherchaient à le mettre à l’épreuve et s’accrochaient aux choses faibles, et ils interrogeaient. Ne vois-tu pas que ‘Abd Allah ibn Sa‘d ibn Abi Sarh écrivait pour le Messager d’Allah — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — et lorsque l’on arrivait à la fin du récit, après que le Messager d’Allah — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — lui avait dicté : « Et Allah est », Ibn Abi Sarh disait : « Pardonneur et Miséricordieux », ou « Savant et Sage ». Alors le Messager d’Allah — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — disait : « C’est ainsi que cela a été révélé, écris-le. » Il dit alors aux gens : « Muhammad ne fait que venir avec cela de lui-même. » Et il rapporta une image semblable. Qu’en est-il donc de ce qui contient l’argument contre eux ? Et cela a des analogues de ce sur quoi ils ont interrogé et hésité. Et aucun de ses compagnons, parmi ceux qui ont rapporté de lui, malgré leur grand nombre, n’a exprimé de doute ou d’hésitation, ni n’a rapporté de son for intérieur le contraire de ce dont il — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — a informé. Et de ce genre, Sa parole — qu’Il soit exalté — : « [Il appartient] aux pauvres émigrés qui ont été chassés de leurs demeures et de leurs biens, cherchant une faveur d’Allah et Son agrément, et secourant Allah et Son Messager. Ceux-là sont les véridiques. » (35) Il a donc informé au sujet des émigrés mecquois qu’ils avaient émigré pour Allah et en quête de la satisfaction d’Allah, et Il leur a témoigné de la véracité. Puis Il a dit : « Et ceux qui se sont installés dans la demeure et la foi avant eux, aiment ceux qui ont émigré vers eux, et ne trouvent dans leurs cœurs aucun besoin de ce qui leur a été donné, et ils préfèrent [les autres] à eux-mêmes, même s’il y a chez eux un besoin. Et ceux qui sont préservés de l’avidité de leurs âmes, ceux-là sont les réussis. » (36) Il leur a donc témoigné de la réussite, et ils sont une multitude. Il a informé de leurs for intérieurs et de leurs consciences. Et cela relève de l’invisible que seul Allah connaît. Et de ce genre, Son information dans le Coran au sujet de ‘Aïcha et de Safwan ibn al-Mu‘attal, dont elle fut accusée. Allah — qu’Il soit exalté — a informé de l’innocence de sa personne et de son insouciance de ce dont elle fut accusée, et que cela n’avait pas effleuré son esprit ni ne l’avait envisagé, encore moins fait. Il dit — qu’Il soit exalté — : « Ceux qui lancent des accusations contre les femmes chastes, insouciantes, croyantes, sont maudits dans ce bas monde et dans l’au-delà, et ils auront un châtiment terrible. » (37) Et le Messager d’Allah — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — a fouetté ces calomniateurs et a dit : « Allah m’a ordonné de les fouetter et m’a informé de leur mensonge dans leur accusation contre ‘Aïcha. » Et il leur récita : « Ceux qui sont venus avec le mensonge sont un groupe parmi vous. Ne le considérez pas comme un mal pour vous, mais c’est un bien pour vous. » C’est-à-dire : « Cela ne vous a pas nui, mais cela a été une bonne issue pour vous. » Car Allah — qu’Il soit exalté — a pris en charge Lui-même de les démentir, et a révélé à ce sujet le Coran miraculeux et les versets évidents qui ne peuvent être démentis jusqu’au Jour de la Résurrection. Puis Il a dit : « À chacun d’eux ce qu’il a acquis comme péché. Et celui d’entre eux qui s’est chargé de la plus grande part aura un châtiment terrible. » (38) Puis Il a réprimandé les croyants qui ont rapporté ce que les calomniateurs avaient dit, et les a blâmés pour cela et pour leur abstention à démentir ceux-là et à leur répondre, et pour leur manque de bonne opinion envers ‘Aïcha et Safwan. Il dit — qu’Il soit exalté — : « Si seulement, lorsque vous l’avez entendu, les croyants et les croyantes avaient eu une bonne opinion d’eux-mêmes et avaient dit : “C’est un mensonge évident !” » jusqu’à ce qu’Il dise : « Ceux-là, auprès d’Allah, sont les menteurs. » Regarde donc cette réprimande descendue sur les croyants qui ont rapporté ce que les calomniateurs avaient dit au sujet de ‘Aïcha, et ont dit : « Nous n’avons fait que rapporter ce qui a été dit ; nous n’avons ni calomnié ni témoigné. » Puis Il revint à celui qui avait un penchant dans l’histoire et dit : « Ceux qui aiment que la turpitude se répande parmi ceux qui ont cru auront un châtiment douloureux dans ce bas monde et dans l’au-delà. Allah sait, et vous ne savez pas. » Médite donc cette menace pour celui qui avait un penchant dans cela, et Sa parole aux croyants innocents : « Allah vous exhorte à ne jamais revenir à une chose semblable, si vous êtes croyants. » Puis Il dit : « Ô vous qui avez cru ! Ne suivez pas les pas du Diable. Quiconque suit les pas du Diable, alors il ordonne la turpitude et le blâmable. » C’est-à-dire : « Ceci fait partie de ce que le Diable embellit et auquel il appelle, et le Diable ne veut que le faux. » Puis Il dit : « Et sans la grâce d’Allah sur vous et Sa miséricorde, aucun de vous n’aurait jamais été purifié. » C’est-à-dire : « Sans Sa bonté envers Ses créatures, Son bon choix pour eux et Sa belle gestion, aucun d’eux n’aurait jamais été purifié. » Puis Il dit : « Et que les détenteurs de mérite et d’aisance parmi vous ne jurent pas de ne pas donner aux proches, aux pauvres et aux émigrés dans le chemin d’Allah. Qu’ils pardonnent et qu’ils passent outre. N’aimez-vous pas qu’Allah vous pardonne ? Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux. »

Et cette parole, Dieu l'adresse à Abou Bakr. En effet, Mistiḥ ibn Uthātha était issu des Banū 'Abd Manāf, il était le cousin maternel d'Abou Bakr et vivait à sa charge. Il avait participé avec les calomniateurs dans l'affaire de 'Ā'isha. Lorsque Dieu révéla son innocence, Abou Bakr jura de ne plus subvenir aux besoins de Mistiḥ, bien que ce dernier se fût repenti et eût regretté, et qu'il fût parmi les Émigrés 63. Quand Dieu dit cette parole à Abou Bakr as-Siddīq, il dit : « Certes, ô Seigneur, nous aimons que Tu nous pardonnes », et il le reprit à sa charge. Médite donc ce châtiment qui descend sur les calomniateurs, la honte qui s'abat sur eux, le blâme adressé à ceux qui prêtent l'oreille à leurs propos, et la grande purification de cette calomniée. Dans cette histoire, un grand nombre de personnes ont subi ce qu'elles détestent, selon des degrés divers. Cette parole exaspère, met en colère, fait sortir les rancunes cachées, rappelle les haines et les affaires anciennes, et pousse à la calomnie, sans parler de l'équité. Qu'en est-il donc d'une affaire récente ? Ces calomniateurs et ces bavards ont des âmes, des cœurs, des clans et des proches. Parmi eux se trouve 'Abd Allāh ibn Ubayy ibn Salūl, et ils sont liés aux ennemis du Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, parmi les Juifs et autres. Ils ont un ardent désir qu'un mensonge ou une faute survienne de sa part, mais ils n'y parviennent pas. S'il n'y avait dans cette histoire qu'une seule personne, ou 'Ā'isha seule, et qu'il y eût un mensonge, il serait apparu. Qu'en est-il donc alors qu'il y a un groupe ? Si Dieu ne l'avait pas informé et ne lui avait pas révélé la véracité de 'Ā'isha et de Safwān, il n'aurait pas rapporté cela. Car s'il ne pouvait pas être sûr de leur véracité, cela ne serait pas choisi par un homme sensé, surtout lorsqu'il prétend à la véracité. Tu sais donc que les rois et les chercheurs de ce monde ne sont pas à l'abri de la trahison, du mensonge et de la calomnie ; bien au contraire, c'est leur habitude et leur nature. Ils cachent leurs secrets, et nul n'en est informé, sauf un à un parmi leurs confidents, ceux qui partagent leur royaume et leurs bienfaits. Ensuite, même celui-ci n'est pas à l'abri, s'il divulgue cela, de perdre sa faveur et sa vie. Puis, le secret qui suit cette voie ne tarde pas à se manifester, du vivant du roi, de sa part ou de la part de ce confident à qui il l'a confié. Les gens n'ont pas d'intérêt à le divulguer, et peut-être cela n'a-t-il aucun rapport avec la religion, et cela implique l'inimitié de tous les hommes. Leur attention à cela et leur recherche des faux pas de celui qui l'a rapporté sont intenses, et ils souhaitent que cela lui arrive. Or, celui qui n'a aucun défaut et dont le mensonge n'est pas habituel, et qui prétend à l'immunité 64, les petites choses deviennent grandes de sa part. On répand sur lui ce qui ressemble à des défauts et des péchés, en disant que c'est un défaut et un péché, et on s'accroche à des expressions ambiguës et à des paroles équivoques. Ses ennemis, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, étaient avec lui, et ils avaient la multitude, la force, la royauté et la puissance que les gens connaissent. Malgré cela, certains des tribus arabes apostasièrent après sa mort. Ses Compagnons les affrontèrent, discutèrent avec eux et les combattirent, mais aucun de ces ennemis, qu'ils soient apostats, hypocrites, Juifs ou Chrétiens, ne put établir un argument contre une erreur, une faute ou quoi que ce soit de semblable qui serait venu de lui, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, malgré leur besoin et leur désir de cela. Ils auraient repoussé par cela la violence de ses Compagnons contre eux-mêmes et auraient semé la discorde entre eux par cela, car ses Compagnons ne considéraient licite le sang de ceux qui s'opposaient à lui que par religion, parce qu'il est prophète, véridique, ne commet pas d'erreur, ne trébuche pas et ne ment pas. Si quoi que ce soit de cela était arrivé de sa part, il n'aurait pas été permis de le soutenir, de le croire ou de le suivre. S'il y avait eu, parmi ceux qu'il a purifiés et dont il a attesté de la conscience et de l'intention, quelqu'un qui n'était pas ainsi, il n'aurait pas tardé à le révéler et à revenir sur sa prophétie et sa croyance en lui. Il n'aurait pas été heureux de ce qu'il a manifesté comme purification, car il saurait que cette purification et cette attestation n'étaient qu'une ruse contre lui, une tromperie et une moquerie. Qu'en est-il donc alors que ceux qu'il a purifiés et dont il a attesté de la conscience sont des groupes nombreux, à des époques différentes ? De même pour ceux dont il a attesté de l'hypocrisie. Reconnais donc cela, car c'est une grande porte, derrière laquelle se trouvent des portes sur les preuves de sa prophétie, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui. Ensuite, je suis revenu à ce par quoi j'avais commencé. De ce genre est Sa parole, qu'Il soit béni et exalté : « Si l'occasion eût été proche et le voyage facile, ils t'auraient suivi ; mais la distance leur a paru longue. Et ils jureront par Dieu : "Si nous avions pu, nous serions sortis avec vous." Ils se perdent eux-mêmes, et Dieu sait qu'ils sont menteurs. » 65 (Coran 9:42) Vois donc, que Dieu te fasse miséricorde, ce qu'il y a là-dedans. L'explication de ses semblables t'a déjà été donnée. Puis Il dit : « Que Dieu te pardonne ! Pourquoi leur as-tu donné permission jusqu'à ce que te soient apparus ceux qui disaient vrai et que tu aies connu les menteurs ? » (Coran 9:43) « Ceux qui croient en Dieu et au Jour Dernier ne te demandent pas permission de combattre avec leurs biens et leurs personnes. Et Dieu connaît bien les pieux. » (Coran 9:44) « Mais ceux qui ne croient pas en Dieu et au Jour Dernier te demandent permission, leurs cœurs sont dans le doute, et ils hésitent dans leur doute. » (Coran 9:45) Cela concerne des gens connus qui lui demandèrent permission, que la paix soit sur lui. Puis Il dit à leur sujet : « S'ils avaient voulu sortir, ils s'y seraient préparés, mais Dieu a répugné à leur départ ; Il les a retenus, et il a été dit : "Restez avec ceux qui restent." » (Coran 9:46) « S'ils étaient sortis avec vous, ils n'auraient fait qu'ajouter à votre trouble et auraient semé la discorde entre vous, cherchant à vous séduire. Et parmi vous, il y a des gens qui les écoutent. Et Dieu connaît bien les injustes. » (Coran 9:47) Ceci est contraire à la conduite des hommes sensés : lorsqu'ils laissent derrière eux certains, par crainte de leur nuisance et pour fuir leur mal, et qu'ils en envoient d'autres pour périr et se débarrasser de leur mal, ils ne les déshonorent pas ainsi et ne le divulguent pas ; au contraire, ils montrent le contraire. Ils disent à ceux qu'ils laissent : « Je ne t'ai laissé que par besoin de toi, pour que tu sois derrière moi, par confiance en toi et pour que je compte sur toi. » De même, ils disent de ceux qu'ils envoient. Puis Il dit : « Ils ont déjà cherché la sédition auparavant, et ils ont retourné les affaires pour toi, jusqu'à ce que vienne la vérité et que l'ordre de Dieu apparaisse, malgré leur répulsion. » (Coran 9:48) Il veut dire leur désir de te tuer et de te détruire, jusqu'à ce qu'ils aient espéré en toi, à cause de ta solitude, puis de la faiblesse de ceux qui te suivirent lorsqu'ils crurent en toi, et de leur petit nombre, jusqu'à ce que vienne ce que Dieu a promis comme victoire, triomphe et manifestation. Puis Il dit : « Et parmi eux, il en est qui disent : "Permets-moi [de rester] et ne me tente pas." Or, c'est dans la tentation qu'ils sont tombés. Et l'Enfer cerne les mécréants. » (Coran 9:49) Le Prophète, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, avait dit à al-Jadd ibn Qays : « Veux-tu combattre les Banū al-Aṣfar ? » – c'est-à-dire les Romains. Il dit, ainsi que d'autres : « Plutôt, permets-nous de rester et de nous attarder, et ne nous tente pas », de peur que l'épreuve ne s'aggrave pour nous par ton ordre de sortir et de ne pas nous en dispenser, et que cela nous pèse et que nous désobéissions à ton ordre. Dieu dit alors : « Or, c'est dans la tentation qu'ils sont tombés », c'est-à-dire dans ce qu'ils mentionnent craindre – la désobéissance et l'opposition – ils sont tombés, et le Feu, derrière eux, les cerne à cause de leurs actes, de leur hypocrisie et de leur refus de te suivre. Puis Il dit : « Dis : "Dépensez, de gré ou de force : cela ne sera pas accepté de vous, car vous êtes un peuple pervers." » (Coran 9:53) Il n'est pas de la conduite des hommes sensés de dire à celui qui manifeste son obéissance, dépense ses biens et offre sa vie : « Cela ne te profitera pas et ne sera pas accepté de toi. » Puis Il dit : « Ce qui empêche leurs dépenses d'être acceptées, c'est qu'ils ont mécru en Dieu et en Son Messager, qu'ils ne viennent à la prière que paresseux, et qu'ils ne dépensent qu'à contrecœur. » (Coran 9:54) Cela est du même genre, dans la mise à nu. Puis Il dit : « Que leurs biens et leurs enfants ne t'émerveillent pas ! Dieu ne veut que les châtier par là dans la vie présente, et que leurs âmes s'en aillent tandis qu'ils sont mécréants. » (Coran 9:55) Al-Jadd ibn Qays, 'Abd Allāh ibn Ubayy et leurs semblables parmi les hypocrites des Aws et des Khazraj avaient des biens apparents, des richesses et des enfants, et ils étaient nombreux. Dieu informa Son Prophète de leur mauvais état intérieur, et que leurs biens seraient une calamité pour eux ; Dieu les châtie par là, en les obligeant à les dépenser. Ils dépensent leurs biens, peinent leurs corps et combattent leurs alliés avec leurs proches. Cela est de ce genre. Il ne veut pas dire leur mécréance, mais plutôt les châtier par leur mécréance dans l'état de mécréance, comme on peut dire à son compagnon : « Je veux seulement que tu me rendes visite quand je suis malade », « Je veux seulement que tu me rendes visite quand je suis emprisonné », « Je veux seulement que tu combles mon besoin quand je suis pauvre », sans vouloir qu'il soit malade, emprisonné ou pauvre, mais seulement qu'il agisse ainsi dans ces états. De même, Dieu veut les châtier tandis qu'ils sont mécréants, c'est-à-dire dans l'état de leur mécréance et à cause de leur mécréance, bien qu'Il déteste leur mécréance. Puis Il dit : « Ils jurent par Dieu qu'ils n'ont pas dit [ce qu'ils ont dit], alors qu'ils ont bien dit la parole de la mécréance et ont mécru après leur soumission. Ils ont projeté ce qu'ils n'ont pu atteindre. Et ils n'ont trouvé à redire que parce que Dieu et Son Messager les ont enrichis de Sa grâce. S'ils se repentent, ce sera mieux pour eux. » (Coran 9:74) Cela concerne un groupe connu d'hypocrites qui se réunirent et se dirent les uns aux autres : « Si ce que dit Muḥammad est vrai, nous sommes pires que des ânes. » Un homme qu'ils croyaient être des leurs, mais qui était musulman, dit : « Par Dieu, il n'y a de dieu que Lui, c'est la vérité, et vous êtes pires que des ânes. » Puis il vint voir le Prophète, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, et lui rapporta cela. Il les convoqua et dit : « Vous avez dit telle et telle chose. » Ils jurèrent par Dieu qu'ils n'avaient pas dit cela. Dieu révéla alors cela. L'un d'eux dit : « Par Dieu, nous l'avons dit, et je vois que Dieu m'a offert le repentir et me l'a accordé. Par Dieu, je l'accepte. » Il se repentit et s'excusa, et il est connu. Je t'ai dit que, par ta raison, tu sais qu'il y a des gens dont la description est celle-ci, et qu'ils ont dit ce que Dieu a rapporté d'eux, même si nous ne connaissons pas leurs noms et leurs personnes. Et Sa parole : « Et ils n'ont trouvé à redire que parce que Dieu et Son Messager les ont enrichis de Sa grâce. » Le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, leur donnait du butin lorsqu'ils assistaient à la guerre, sur la base de leur islam apparent, et leur donnait des aumônes sur la base de leur pauvreté apparente. Dieu leur rappela donc ces bienfaits. C'est comme si tu disais : « Je n'ai rien contre toi, si ce n'est mon conseil pour toi et mon amour pour toi. » Puis Il dit : « Et parmi eux, il en est qui ont fait une promesse à Dieu : "S'Il nous donne de Sa grâce, nous ferons certes l'aumône et serons du nombre des gens de bien." Mais lorsqu'Il leur donna de Sa grâce, ils en furent avares et tournèrent le dos, en se détournant. Il a donc suscité l'hypocrisie dans leurs cœurs jusqu'au jour où ils Le rencontreront, parce qu'ils ont manqué à ce qu'ils Lui avaient promis et parce qu'ils mentaient. » (Coran 9:75-77)

«Dans leurs cœurs» jusqu’à Sa parole : «Ils se moquent d’eux. Allah se moque d’eux et ils auront un châtiment douloureux» (46). Le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) avait incité les gens à l’aumône. ‘Umar vint avec son aumône, ‘Abd ar-Rahmān vint avec une bourse que les mains ne pouvaient porter, ‘Uthmān vint également avec ce qui est connu de la grandeur de son aumône, ainsi que d’autres Compagnons. Un homme appelé Abū ‘Uqayl vint avec un ṣā‘ (saa’) de dattes. Les hypocrites dirent : «Si nous avions eu des biens, nous aurions donné plus que ce qu’a donné ‘Abd ar-Rahmān.» Et ils dirent à propos de celui qui avait apporté le ṣā‘ : «Certes, Allah Se passe de ton ṣā‘.» Ils blâmèrent donc celui qui donnait beaucoup et celui qui donnait peu. C’est pourquoi Allah dit : «Ceux qui blâment les volontaires parmi les croyants pour les aumônes, et ceux qui ne trouvent que leur effort, puis se moquent d’eux. Allah se moque d’eux» (47). C’est pourquoi Allah – Puissant et Majestueux – a distingué les deux groupes. Quant à Sa parole : «Allah se moque d’eux», Allah ne commet pas la moquerie des moqueurs, ni l’injustice des injustes, ni la raillerie des railleurs, ni la tromperie des trompeurs, ni la tyrannie des tyrans. Mais lorsqu’Il les rétribue pour leur moquerie, il est permis de dire qu’Il s’est moqué d’eux. C’est une rétribution, comme Sa parole : «Quiconque transgresse contre vous, transgressez contre lui» (48) et «La rétribution d’une mauvaise action est une mauvaise action semblable» (49). La première est une mauvaise action, la seconde est une rétribution. Puis Il dit : «Et ils dirent : “Ne partez pas en campagne sous la chaleur.” Dis : “Le feu de la Géhenne est plus intense en chaleur.”» Ce sont des gens connus individuellement qui s’étaient abstenus de sortir avec le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) pour l’expédition de Tabūk et avaient tenu ces propos. Il était parti par une chaleur extrême. Les chrétiens d’Arabie étaient allés trouver le roi des Romains, l’incitant à attaquer le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui). Ils lui dirent : «Lui et ses compagnons sont dans la gêne et une grande difficulté. Saisis donc l’occasion contre eux.» Le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) les devança et partit avec ses compagnons, alors qu’ils étaient dans une grande difficulté, un dénuement et un manque de nourriture. Il se dirigea vers le Shām (Syrie) avec dix mille cavaliers et vingt mille fantassins. Il séjourna à Tabūk, tandis que le roi des Romains était à Damas. Le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) lui envoya un message, l’appelant à lui répondre et à entrer dans son obéissance, et il le réprimanda. Il eut avec lui ce qui est connu. «Et les excusateurs (al-mu‘adhdhirūn) parmi les bédouins vinrent pour qu’on leur donne la permission.» Al-mu‘adhdhir (avec tashdīd) est celui qui se montre négligent et n’a pas fourni tout son effort. Al-mu‘dhir (sans tashdīd) est celui qui a présenté, entre lui et son frère ou son compagnon, ce qui est l’extrême de l’excuse (50). Ibn ‘Abbās (qu’Allah l’agrée) lisait : «al-mu‘dhirūn» (sans tashdīd) et disait : «Qu’Allah maudisse les excusateurs (al-mu‘dhirīn) !» Il faisait référence à celui qui s’excuse sans excuse valable. Puis Il dit : «Ils vous jurent pour que vous soyez satisfaits d’eux. Si donc vous êtes satisfaits d’eux, Allah n’est pas satisfait du peuple pervers» (51). Ainsi doit faire le musulman : il doit être satisfait de ce dont Allah est satisfait et de celui dont Allah est satisfait, et il doit détester ce qu’Allah déteste. C’est pourquoi le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) a dit : «Aucun d’entre vous ne croit vraiment tant qu’il n’est pas satisfait du décret d’Allah.» La satisfaction du décret d’Allah est obligatoire, et la haine des péchés est un devoir impératif. Malheur à celui qui est satisfait des péchés d’Allah, et malheur à celui qui n’est pas satisfait du décret d’Allah (52). Sa parole – Puissant et Majestueux : «Ceux qui ont pris une mosquée pour en faire un lieu de nuisance et de mécréance» jusqu’à Sa parole : «… sinon que leurs cœurs soient mis en pièces. Et Allah est Omniscient, Sage.» Il y avait un homme parmi les notables des Aws, appelé Abū ‘Āmir ‘Abd ‘Amr ibn Ṣayfī, connu sous le nom d’Abū ‘Āmir le Moine. Il avait affiché l’ascétisme et prétendu rechercher la religion hanifite (hanīfiyya) et la religion de vérité. Lorsque le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) arriva à Médine, Abū ‘Āmir le rencontra et dit : «Ô Muhammad, à quoi appelles-tu ?» Il répondit : «À la religion hanifite que tu recherches, selon ta prétention.» Abū ‘Āmir dit : «Tu n’es pas sur cela.» Le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) lui dit : «Au contraire», et l’appela, mais il refusa. Il envia le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) et lui dit : «Que le menteur d’entre nous meure exilé, errant, fugitif», faisant allusion au Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui). Le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) lui répondit : «Oui, qu’Allah fasse cela au menteur d’entre nous.» Puis Abū ‘Āmir se tourna vers son peuple, les exhortant à ne pas suivre le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) et à ne pas lui obéir, et il s’efforça en cela. Mais les signes et les miracles du Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) ne cessaient de croître et de se manifester, et ses partisans parmi le peuple d’Abū ‘Āmir augmentaient, ce qui accroissait sa rage. Il construisit une mosquée où il rassemblait les gens, leur parlait et les empêchait de suivre le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui), prétendant être sur la religion hanifite et que sa religion triompherait et qu’il aurait une communauté et une puissance. Des hypocrites se rassemblaient autour de lui, et les Juifs s’asseyaient avec eux, renforçant leur opposition au Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui). Puis il partit pour La Mecque et les incita à attaquer le Prophète et à lui faire la guerre, disant : «Je suis avec vous, et mon peuple des Aws est avec vous. Lorsque vous rencontrerez Muhammad, nous nous joindrons à vous.» Il fut avec eux lors de la bataille d’Uḥud. Lorsqu’ils se retirèrent, Abū ‘Āmir appela son peuple : «Ô communauté des Aws, je suis Abū ‘Āmir !» Ils répondirent : «Point de bienvenue à toi, ô pervers !» et ils l’insultèrent et le maudirent. Il dit : «Mon peuple a connu le mal après moi.» Un grand nombre de son peuple étaient partis à La Mecque, partageant son opinion sur le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) ; ils étaient environ cinquante hommes. Ils combattirent les musulmans aux côtés des Qurayshites avec acharnement. Puis Abū ‘Āmir se rendit chez les Romains et rencontra César, le roi des Romains, en Syrie. Il l’appela à combattre le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) et les musulmans, l’incitant à cela, minimisant leur situation à ses yeux par leur faiblesse, leur pauvreté, leur petit nombre et la multitude de leurs ennemis, et lui faisant craindre les conséquences s’il ne le faisait pas, en raison de ce qu’il ne pouvait pas garantir de la force de l’Islam. Puis Abū ‘Āmir mourut en Syrie, exilé, errant, seul, comme le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) l’avait invoqué. C’est aussi l’un de ses signes (ālam) dans l’exaucement de son invocation. Sa parole : «Ne voient-ils pas qu’ils sont éprouvés (yuftanūn) chaque année une ou deux fois ?» indique que l’épreuve (fitna) a le sens de bienfait (ni‘ma) (53). Elle indique aussi qu’Allah a accordé aux mécréants et aux hypocrites le bienfait de la foi, a parfait leurs intelligences et leurs forces, et a écarté leurs excuses. Mais ils ont échangé le bienfait d’Allah contre la mécréance et ont tardé à se repentir et à se souvenir. Regarde ce qui est dans Sa parole : «Et aux trois qui ont été laissés en arrière, jusqu’à ce que la terre, malgré son étendue, leur devînt étroite, et que leurs propres âmes leur devinrent étroites, et qu’ils pensèrent qu’il n’y avait de refuge contre Allah qu’auprès de Lui. Puis Il se tourna vers eux pour qu’ils se repentent. Certes, Allah est Celui qui accueille le repentir, le Miséricordieux» (54). Ce verset fut révélé au sujet de ces trois croyants en particulier, à savoir (55) : Ka‘b ibn Mālik, Hilāl ibn Umayya et Murāra ibn Rabī‘a, tous des Anṣār. Ceux-ci s’étaient abstenus de suivre le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) lors de l’expédition de Tabūk. Puis ils regrettèrent, furent accablés d’une tristesse intense et d’un grand chagrin, au point que leurs poitrines en furent oppressées. Allah – Puissant et Majestueux – informa alors de la sincérité de leurs intentions, de la pureté de leurs consciences et du chagrin et de la tristesse qu’elles contenaient à cause de leur retard. Cela n’aurait été suivi que par la connaissance et la certitude de ce qu’il y avait dans leurs consciences. Cela contient une indication semblable à ce qui précède, et le discours à ce sujet est semblable au discours sur cela. Connais-le donc. De nombreuses personnes parmi les musulmans, environ quatre-vingts hommes, s’étaient abstenues de suivre le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) lors de cette expédition. Ils mentionnèrent ce qui les avait retenus et dirent la vérité sur eux-mêmes. Certains d’entre eux le rejoignirent à Tabūk avant son retour à Médine. Cette expédition fut difficile et pénible. Ils partirent sous une chaleur intense, dans une grande gêne (57) et avec peu de provisions. La saison était brûlante. Le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) revint de Tabūk. Lorsqu’il approcha de Médine, la plupart de ceux qui s’étaient abstenus parmi les croyants vinrent à sa rencontre. Le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) dit : «Que personne d’entre eux ne me parle ni ne s’assoie avec moi jusqu’à ce que je vous le permette.» Le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) et les croyants se détournèrent d’eux, au point qu’un homme se détournait de son père et de son frère, et qu’une femme se détournait de son mari. Ils restèrent ainsi plusieurs jours, s’excusant auprès du Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) en invoquant la difficulté et lui jurant. Il eut pitié d’eux et implora le pardon pour eux. Les Banū Salama dirent à Ka‘b ibn Mālik : «Va trouver le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui), excuse-toi auprès de lui et prête-lui serment d’allégeance, peut-être t’acceptera-t-il.» Il vint avec eux alors que le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) était assis dans la mosquée, recevant les serments. Il le salua, mais il se détourna de lui. On rapporte que Ka‘b dit : «Pourquoi te détournes-tu de moi, ô Messager d’Allah ? Par Allah, je n’ai pas été hypocrite, je n’ai pas douté et je n’ai pas changé.» Le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) dit : «Qu’est-ce qui t’a retenu loin de moi ?» Il répondit : «Je n’invoque aucune excuse auprès du Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui). J’étais un jeune homme aisé, mais une épreuve (fitna) m’a frappé et je suis resté en arrière.» Murāra ibn Rabī‘a et Hilāl ibn Umayya apprirent ce que Ka‘b avait dit et dirent la même chose. Le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) se détourna d’eux, et ils se levèrent de devant lui. Les Banū Salama dirent à Ka‘b : «Par Allah, tu n’as pas bien agi ni bien fait. Si tu t’étais excusé, il t’aurait accepté.» Ka‘b leur répondit : «Par Allah, je ne réunirai pas deux choses : rester en arrière et mentir. Allah a vu ce qu’il y a dans mon âme.» Les Banū Salama dirent : «Par Allah, tu es un poète éloquent, hardi dans la parole.» Ka‘b dit : «Je n’oserai pas mentir.» Ces trois hommes restèrent près de deux mois sans que personne parmi les musulmans ne leur parle ni ne s’assoie avec eux, au point que leurs femmes se détournèrent d’eux. Ils furent saisis d’une très grande frayeur, sortirent de leurs familles pour aller dans le désert, cherchèrent des tentes (fasāṭīṭ) pour s’y abriter la nuit et adorer Allah. Jublā ibn al-Ayham, roi de Ghassān, écrivit à Ka‘b ibn Mālik : «Il nous est parvenu que ton compagnon t’a rejeté et t’a éloigné. Viens à nous, car tu trouveras un refuge et ne reste pas dans l’humiliation.» Ka‘b apporta la lettre au Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) en pleurant et dit : «Ô Messager d’Allah, ton détournement de moi n’a cessé jusqu’à ce que l’on désire m’avoir.»

Les associateurs m'invoquent vers l'association, mais le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, ne lui répondit pas. Ka'b revint plus triste et plus angoissé que jamais. Il demeura plusieurs jours dans la tente 66 attendant le repentir, alors qu'il avait la fièvre, et la terre lui parut si étroite malgré son immensité. Il retourna à Sala' 67 et y passait la journée en jeûne, puis rentrait chez lui la nuit, jusqu'à ce que le repentir fût révélé pour lui et ses deux compagnons, et Allah fut satisfait d'eux. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, se trouvait dans la maison d'Oum Salama. Il se leva la nuit, fit ses ablutions, se nettoya les dents 68, puis dit à Oum Salama : « Louange à Allah qui a accordé le repentir à nos frères. » Elle demanda : « Qui sont-ils, ô Messager d'Allah ? » Il répondit : « Ka'b ibn Malik et ses deux compagnons. » Oum Salama dit : « Ne devrais-je pas leur envoyer quelqu'un pour leur annoncer la bonne nouvelle ? » Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit : « Attends le matin. » Il pria la prière de l'aube 69 et partit. Les émigrés 70 et les auxiliaires 71 se rassemblèrent autour de lui, et il leur dit : « Allah a accepté le repentir de vos frères cette nuit. » Les musulmans se réjouirent grandement. Abou Bakr et 'Omar se hâtèrent pour annoncer la bonne nouvelle à Ka'b, chacun voulant devancer l'autre. Celui qui fut devancé monta sur Sala' et cria : « Ô Ka'b ibn Malik, réjouis-toi du repentir d'Allah, car Allah a révélé le Coran à votre sujet. » Ka'b était assis dans la mosquée de son peuple. Il entendit la voix, se prosterna en pleurant de joie pour le repentir. Les Banou Salama, hommes et femmes, se rassemblèrent autour de lui pour le féliciter. Ka'b se rendit rapidement auprès du Messager d'Allah, lui prêta allégeance, et celui-ci implora le pardon pour lui et lui annonça la bonne nouvelle du repentir qui avait été révélé à son sujet et au sujet de ses compagnons. Il lui récita : « Allah a accepté le repentir du Prophète... » jusqu'à la fin de l'histoire. Voici Ka'b ibn Malik, l'un des poètes, des nobles et des éloquents, ainsi que ses deux compagnons, qui étaient parmi les nobles. Telle fut leur situation lors de leur absence, l'épreuve qu'ils subirent, la vérité qu'ils dirent sur eux-mêmes et ce qu'ils révélèrent de leurs pensées intimes, afin que tu connaisses la beauté de cette disposition et la confiance du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dans la vérité, la loyauté, l'éloignement de tout doute, de toute ruse et de tout ce qui relève de la nature humaine. Médite donc ce qui est lu et écrit pour connaître les signes de la prophétie, et que t'apparaissent les ruses de ceux qui intriguent contre les musulmans en semant le doute à son sujet et en les faisant sortir de l'islam sans qu'ils s'en rendent compte. En effet, les gens que nous avons mentionnés plus haut, lorsqu'ils faillirent à l'islam, se couvrirent du chiisme 72 et dirent : « Il est permis aux prophètes d'Allah et à Ses preuves 73 de louer les associateurs, de faire l'éloge des mécréants, d'insulter les prophètes et de se désavouer des véridiques, par crainte et dissimulation. » Ils dirent cela parce qu'ils étaient accablés par les louanges que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et le Commandeur des croyants 74 adressaient à Abou Bakr, 'Omar, 'Othman et ce groupe d'émigrés et d'auxiliaires. Ils dirent : « Cette louange est faite en secret par crainte d'eux et de leur puissance. » Or tu vois comment le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, s'adressait ouvertement aux ennemis alors qu'il était seul, craignant et redoutant, entre leurs mains, sous leur pouvoir, vaincu et dominé. L'explication en a déjà été donnée. Il t'a également été exposé que ces émigrés et auxiliaires étaient, nous le savons, les bien-aimés du Messager d'Allah, ses alliés, ses confidents et ses dépositaires, qu'il les aimait et les prenait pour alliés, que cette connaissance précède celle de sa prophétie, et qu'il a imposé à sa communauté et à ceux qui lui obéissent de les aimer et de les prendre pour alliés, comme il leur a imposé de se désavouer d'al-Walid ibn al-Mughira, d'al-Nadr ibn al-Harith, d'Utba ibn Rabi'a et de leurs semblables parmi ses ennemis de Quraysh, des juifs et des chrétiens, comme cela t'a été expliqué précédemment. Il t'a également été exposé que les prophètes d'Allah et Ses preuves ne peuvent pratiquer la dissimulation 75, même s'ils craignent, sont vaincus ou dominés. Le plus étonnant est que les chefs de la jâhiliyya 76, les rois des Arabes, ceux qui étaient suivis et obéis, comme 'Uyayna ibn Hisn, al-'Abbas ibn Mirdas, 'Amir ibn al-Tufayl et leurs semblables, dirent au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue : « Nous aimerions nous asseoir avec toi et t'écouter, car nous sommes les notables du peuple. Or autour de toi il n'y a que ces pauvres et ces esclaves, comme Suhayb ibn Sinan, Khabbab ibn al-Aratt, 'Ammar ibn Yasir, Bilal, dont les vêtements sentent le cuir moisi. Nous détestons que les Arabes nous voient avec eux. Réserve-nous donc un jour et un jour pour eux. » Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, fut sur le point d'accepter, n'y voyant pas de mal, espérant l'islam de ces chefs, car ils étaient suivis et obéis, et leur conversion entraînerait celle d'une multitude. Alors Allah révéla : « Et ne repousse pas ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Sa Face. Tu n'as à répondre de rien de leur compte, et ils n'ont à répondre de rien de ton compte. Si tu les repoussais, tu serais du nombre des injustes. » 77 Certains de ces chefs que nous avons mentionnés dirent : « Ces esclaves, affranchis et pauvres passent avant nous. » Alors Allah révéla : « Ainsi avons-Nous éprouvé les uns par les autres, afin qu'ils disent : "Est-ce ceux-là qu'Allah a favorisés parmi nous ?" N'est-ce pas Allah qui connaît le mieux les reconnaissants ? Et lorsque viennent à toi ceux qui croient en Nos signes, dis : "Paix sur vous ! Votre Seigneur S'est prescrit à Lui-même la miséricorde : quiconque parmi vous commet un mal par ignorance, puis se repent et se réforme, alors Il est Pardonneur et Miséricordieux." » 78 C'est dans ce sens que fut révélée la parole d'Allah, Puissant et Majestueux : « Fais preuve de patience en restant avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Sa Face. Que tes yeux ne se détournent point d'eux, cherchant le clinquant de la vie d'ici-bas. N'obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre rappel, qui suit sa passion et dont la conduite est outrancière. » 79 Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, renonça donc à cette intention et ne réserva pas de séance particulière à ces chefs. Il fit passer avant eux ces pauvres, esclaves et affranchis, qui devinrent les plus proches de lui. Il s'asseyait avec eux aussi longtemps qu'ils restaient, et ne se levait pas avant qu'ils ne se lèvent. Ils avaient reconnu cela de lui. Lorsqu'ils arrivaient, il leur disait : « Paix sur vous, soyez les bienvenus ! Que mon père soit sacrifié pour celui que mon Seigneur m'a reproché à cause d'eux ! Ô Allah, fais-moi vivre misérablement, fais-moi mourir misérablement et ressuscite-moi parmi le groupe des misérables. » Il entendait par là les humbles envers les musulmans. Médite cette disposition. Combien de chefs de Quraysh et d'autres furent retardés dans l'islam parce qu'ils savaient que, s'ils se convertissaient, ils ne passeraient pas avant ces affranchis et ces esclaves auprès du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue. Bien plus, le Messager d'Allah ne les mettait pas sur un pied d'égalité. Les gens n'avaient de préséance auprès de lui que par l'antériorité 80, l'émigration 81 et la clairvoyance 82. Lorsque La Mecque fut conquise, que les Arabes se convertirent et que l'ennemi de l'islam désespéra d'y trouver une brèche, Abou Sufyan et ses semblables des Banou 'Abd Manaf dirent : « Ce qui nous a retardés dans l'islam, c'est que nous avons envié nos cousins des Banou Hashim. » Al-Harith ibn Hisham monta sur un poste d'observation 83 lorsqu'il sortit de La Mecque, et il ne resta personne dans la ville qui ne sortît pour lui faire ses adieux et manifester sa tristesse de son départ. Il dit : « Il n'est point de pays que j'aime plus que le vôtre, ni de peuple que j'aime plus que vous. Mais cet événement est survenu, et des hommes qui ne sont pas de notre rang nous ont devancés. Si 'Ammar, Bilal et Suhayb nous ont devancés dans l'islam, ils ne nous devanceront pas au Paradis. Je me consacrerai à la voie d'Allah 84 tant que je vivrai. » Lui, 'Ikrima son neveu, et d'autres des Banou Makhzoum, qui étaient les ennemis du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, ainsi que les convertis du jour de la conquête, firent preuve de jihad dans la voie d'Allah, combattirent les apostats après la mort du Messager d'Allah jusqu'à les ramener à la religion de l'islam, combattirent les Perses et les Romains, et endurèrent ces épreuves, comme cela est rapporté dans les livres des savants. Dans ce sens, 'Omar ibn al-Khattab, qu'Allah soit satisfait de lui, faisait annoncer : « Que Bilal, 'Ammar, Suhayb et Khabbab se lèvent ! » et ils se levaient, précédés et honorés, tandis qu'à la porte se tenaient Suhayl ibn 'Amr, Hakim ibn Hizam, 'Uyayna ibn Hisn et leurs semblables parmi les nobles. Suhayl ibn 'Amr les regarda, leurs visages s'étant assombris de rester à la porte tandis que ces autres étaient admis avant eux. Il leur dit : « Qu'avez-vous, ô assemblée d'Arabes, à avoir les visages renfrognés ? Ces gens ont été appelés et nous aussi, ils ont répondu vite et nous avons tardé. Si vous les enviez aujourd'hui à la porte de 'Omar, ce qu'Allah leur a préparé au Paradis demain est encore meilleur. » Or Suhayl ibn 'Amr était l'un des ennemis du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et l'un des plus acharnés contre lui, mais il était du nombre des convertis du jour de la conquête. Écoute donc sa parole et médite son affaire. Combien de fois Mu'awiya, les Al Abou Sufyan et les Al Marwan, durant leur règne et leur pouvoir après le passage des imams guides 85, racontèrent que ce qui les avait retardés, eux et leur père, dans l'islam, était l'orgueil d'être comme ceux que nous avons mentionnés. Certains furent retardés par l'envie et la rivalité, d'autres par la défense de leurs frères et de leurs chefs. C'est un chapitre à part. Tu sais que les rois et les tyrans peuvent avoir des fautes et des erreurs. Leurs confidents, vizirs, associés dans le royaume et ceux qui craignent pour leur vie de parler de leurs défauts les rapportent de leur vivant et les confient à leurs proches, ne pouvant se retenir tant le secret pèse sur les gens. Mais lorsque le roi ou le chef meurt, ils les divulguent à tous ouvertement. Telle est la coutume et telle est la leçon. Or ceux-ci en parlèrent du vivant du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et après sa mort, afin que tu saches la solidité de la prophétie et que son affaire et son fondement sont établis comme des montagnes. Mais nous n'étions pas dans ce chapitre ; nous étions dans la réfutation de la parole de ceux qui accusent les prophètes de cacher la vérité et de manifester le faux. Le discours s'est enchaîné avec ce qui lui ressemble, et nous sommes sortis vers cela. Ensuite, je reviens à l'exposé de la fausseté de la parole de ces gens. Médite Sa parole : « Il a froncé les sourcils et s'est détourné parce que l'aveugle est venu à lui. Qui te dit : peut-être se purifiera-t-il ou se rappellera-t-il, et le rappel lui profitera ? Quant à celui qui se croit suffisant, tu t'occupes de lui, alors que tu n'es pas responsable s'il ne se purifie pas. Mais quant à celui qui vient à toi en courant et qui craint, tu le négliges. Non ! » 86 Or, un certain chef des Arabes et riche s'était rendu auprès du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, pour une affaire. Le Prophète se tourna vers lui pour lui parler, espérant sa conversion. À ce moment, Ibn Oumm Maktoum, qui était aveugle, vint à lui et lui parla. Le Messager d'Allah se détourna de lui pour répondre à ce chef. Allah lui adressa ce reproche pour une chose de cette importance. Comment un homme sensé et réfléchi pourrait-il croire du Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, ce que ces gens prétendent ? Médite Sa parole : « Et quand tu disais à celui qu'Allah avait comblé de bienfaits et que tu avais comblé de bienfaits : "Garde pour toi ta femme et crains Allah", et tu cachais en toi-même ce qu'Allah allait révéler, et tu craignais les gens alors qu'Allah est plus digne d'être craint. » 87 Ce verset fut révélé à propos de l'histoire de Zaynab bint Jahsh, qui était la cousine germaine du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue. Le Messager d'Allah l'avait mariée à Zayd ibn Haritha, qui était un affranchi.

Il avait également marié Ḍubā‘a bint al-Zubayr ibn ‘Abd al-Muṭṭalib, l’oncle du Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue), à Miqdād ibn al-Aswad, qui était parmi les affranchis (mawālī). Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) voulait ainsi abolir les coutumes de l’époque préislamique (al-ǧāhiliyya) concernant l’égalité des statuts (al-akfā’). Or, cette Zaynab était d’un caractère acariâtre, très querelleuse envers Zayd et souvent en dispute avec lui. Cela pesait sur le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue), qui répugnait à voir Zayd souffrir. Zayd, quant à lui, ne supportait pas son caractère et n’en avait pas la patience. Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) était comme quelqu’un qui regrette de l’avoir mariée à lui, et il se disait en lui-même : « Si seulement je l’avais épousée moi-même, j’aurais été plus digne de la supporter et d’être patient avec elle que Zayd ou tout autre, en raison de ma proximité avec elle. » Et lorsque Zayd envisageait de la répudier, le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) l’en dissuadait en disant : « Sois patient, supporte-la et garde ton épouse. » Mais Zayd ne patienta pas et la répudia. Alors le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) souhaita l’épouser, mais il répugna à le faire par pudeur envers Zayd et d’autres. Allāh (Puissant et Majestueux) lui adressa alors cette parole concernant une chose qui n’était pas une désobéissance, puis lui ordonna de l’épouser pour ce qu’Il voulait et avait intentionné : le lien de parenté, et afin que les croyants ne soient pas gênés d’épouser les épouses de leurs fils adoptifs (ad‘iyā’) et de ceux qu’ils adoptaient, qui n’étaient pas issus de leurs reins. Allāh (Puissant et Majestueux) dit : « Puis, lorsque Zayd eut satisfait son désir d’elle, Nous te la mariâmes, afin qu’il n’y ait aucun empêchement pour les croyants d’épouser les épouses de leurs fils adoptifs, lorsqu’ils ont satisfait leur désir d’elles. Et l’ordre d’Allāh doit être accompli. » (Coran 33:37) Médite donc ces paroles sur ces petites affaires, et médite la prétention de ces gens envers le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) : c’est comme s’ils te parlaient de Musaylima, ou de Kisrā et de César dans leur conduite, et non de Muḥammad, le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue), de sa conduite et de la direction d’Allāh pour lui. **Un autre chapitre [concernant le verset sacré : « Nous allons jeter l’effroi dans les cœurs de ceux qui ont mécru » et comment cela fut comme Il l’a annoncé]** C’est Sa parole (Puissant et Majestueux) : « Nous allons jeter l’effroi dans les cœurs de ceux qui ont mécru » (Coran 3:151). Cela fut comme Il l’avait annoncé, jusqu’à ce que l’affaire des musulmans fût accomplie et que l’issue finale leur fût favorable, bien qu’au cours de cela ils aient subi des atteintes de la part des mécréants et aient été tués par eux. Cependant, l’issue finale leur fut favorable, comme cela est apparu. C’est pourquoi il (qu’Allāh prie sur lui et le salue) a dit : « J’ai été secouru par l’effroi. » Les musulmans voyaient cela, et les associateurs (al-mušrikūn) parlaient de ce qu’ils en ressentaient. La fille d’al-Ḥakam ibn Abī al-‘Āṣ dit à son grand-père : « Je n’ai jamais vu un peuple plus mauvais dans son jugement ni plus impuissant face à l’affaire du Messager d’Allāh que vous, ô Banū Umayya. » Il répondit : « Ne me blâme pas, ma fille ; je ne te raconte que ce que j’ai vu de mes propres yeux. Nous nous étions donné rendez-vous avec Qurayš pour le capturer. Lorsque nous nous approchâmes de lui, nous entendîmes un bruit derrière nous, et nous crûmes qu’il ne restait aucune montagne à Tihāma sans s’effondrer. Nous fûmes frappés d’évanouissement et nous ne reprîmes nos esprits qu’après qu’il eut achevé sa prière et fut retourné chez lui. Puis nous nous donnâmes rendez-vous une autre nuit. Lorsqu’il vint, nous nous levâmes vers lui. Il dit : Je vis aṣ-Ṣafā et al-Marwa se rejoindre l’un l’autre, s’interposant entre nous et lui. Par Allāh, cela ne nous servit à rien jusqu’à ce qu’Allāh nous accordât l’islam. » Abū Ǧahl leur dit un jour : « Muḥammad baisse-t-il son visage (se prosterne-t-il) au milieu de vous ? » Ils répondirent : « Oui. » Il dit : « Par Celui par qui je jure, si je le vois faire cela, je piétinerai sa nuque. » On lui dit un jour : « Le voilà qui prie. » Il partit donc pour faire ce qu’il avait dit. Mais nous ne vîmes que lui reculant sur ses talons et se protégeant de ses mains. Ils lui dirent : « Qu’as-tu, ô Abū al-Ḥakam ? » Il répondit : « Entre moi et lui, il y a un abîme, une terreur et des ailes. » Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) dit : « S’il s’était approché de moi, les anges l’auraient saisi membre par membre. » Une fois, l’assemblée (al-mala’) de Qurayš se réunit, parmi eux Abū Ǧahl ibn Hishām. Ils dirent : « L’affaire de Muḥammad nous trouble. Si nous connaissions un homme qui connaît la poésie, la sorcellerie et la divination, nous l’enverrions vers lui pour lui parler et nous apporter une explication de son affaire. » ‘Utba ibn Rabī‘a dit : « Je connais la divination, la poésie et la sorcellerie. J’ai appris quelque chose de lui, je vais donc aller vers lui, et son affaire ne me sera pas cachée. » Il vint donc à lui et dit : « Ô Muḥammad, es-tu meilleur que ‘Abd Allāh ? Es-tu meilleur que Hāshim ? Es-tu meilleur que ‘Abd al-Muṭṭalib ? Pourquoi insultes-tu nos divinités, égares-tu nos pères, et fais-tu ceci et cela ? Si c’est la présidence que tu veux, nous te faisons notre chef jusqu’à ta mort. Si c’est la puissance virile (al-bāh) que tu veux, nous te marions à dix femmes que tu choisiras parmi Qurayš. Si c’est la richesse que tu veux, nous te donnons de quoi te suffire et te rendre prospère. » Le Prophète (qu’Allāh prie sur lui et le salue) restait silencieux. Lorsque ‘Utba eut fini, le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) lui dit : « Ô Abū al-Walīd, tu as parlé, écoute donc. » Puis il (qu’Allāh prie sur lui et le salue) récita : « Ḥā Mīm. Une révélation descendue du Tout-Miséricordieux, du Très-Miséricordieux » jusqu’à Sa parole : « S’ils se détournent, dis : “Je vous ai avertis d’une foudre semblable à la foudre de ‘Ād et de Thamūd.” » (Coran 41:1-13) Alors ‘Utba mit sa main sur la bouche du Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) et dit : « Je t’adjure par le lien de parenté (ar-riḥm) d’arrêter. » Puis il retourna vers eux. Ils lui dirent : « Ô Abū al-Walīd, tu es revenu avec un visage différent de celui avec lequel tu es parti. » Il dit : « Ô mon peuple, laissez cet homme. Si son affaire s’accomplit, son honneur sera pour vous. » Et il se rendit chez lui. Abū Ǧahl dit : « Je ne vois ‘Utba que comme ayant apostasié (ṣaba’a) et suivi Muḥammad. Allons vers lui. » Ils vinrent donc à lui. Abū Ǧahl dit : « Nous ne voyons que tu as apostasié et suivi Muḥammad. » Il se fâcha et jura de ne plus jamais parler à Muḥammad, mais il dit : « Je suis allé vers lui, » et il leur raconta ce qu’il lui avait dit. Il dit : « Il m’a récité : “Au nom d’Allāh, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux. Ḥā Mīm. Une révélation descendue du Tout-Miséricordieux, du Très-Miséricordieux” jusqu’à “Je vous ai avertis d’une foudre semblable à la foudre de ‘Ād et de Thamūd.” Alors j’ai mis ma main sur sa bouche et je l’ai adjuré par le lien de parenté, et j’ai su que Muḥammad ne ment pas, et j’ai craint que le châtiment ne vienne sur vous. » Az-Zubayr ibn al-‘Awwām dit, en discutant avec les gens de la situation du Messager d’Allāh et de leur situation à La Mecque avant l’hégire : « J’ai vu un groupe d’associateurs autour de la Ka‘ba, leur chef ce jour-là étant Abū Ǧahl. Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) arriva alors qu’ils se concertaient pour l’affronter. Il leur dit : “Que vous soyez maudits, ainsi que ce pour quoi vous vous êtes réunis.” Il dit : Ils devinrent muets, et aucun d’eux ne lui parla. J’ai vu Abū Ǧahl courant sur les traces du Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue), s’excusant auprès de lui et disant : “Ô Muḥammad, cesse de nous attaquer, et nous cesserons de t’attaquer.” Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) disait : “Je ne cesserai pas de t’attaquer jusqu’à ce que tu croies en Allāh ou que je te tue.” Abū Ǧahl dit : “Et tu es capable de me tuer ?” Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) lui dit : “Allāh te tuera, ainsi que ceux-ci avec toi.” Alors Abū Ǧahl et ses compagnons s’en allèrent, et il ne resta aucun de ceux-là qui ne fût tué. » Les Compagnons se rappelaient cela et se le racontaient mutuellement. Il y eut une autre histoire concernant Qurayš avec le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) à La Mecque. Un homme d’Arāsh était venu avec ses chameaux à La Mecque. Abū Ǧahl ibn Hishām les lui acheta, mais il retarda le paiement de leur prix. L’homme d’Arāsh vint donc et s’arrêta au cercle (nādī) de Qurayš, disant : « Ô assemblée de Qurayš, je suis un étranger et un fils de la route (ibn sabīl). Abū al-Ḥakam ibn Hishām m’a opprimé dans mon droit. Y a-t-il quelqu’un parmi vous qui puisse me faire obtenir mon droit ? » Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) était assis dans un coin de la mosquée. Les gens de l’assemblée dirent à l’homme d’Arāsh : « Vois-tu cet homme ? » — ils désignaient le Messager d’Allāh — « C’est un compagnon de table (nadīm) d’Abū al-Ḥakam. Va vers lui, il te fera obtenir ton droit de lui. » Ils se moquaient de lui, sachant la violence de l’inimitié d’Abū Ǧahl envers le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue), tandis que l’homme d’Arāsh ne le connaissait pas. L’homme d’Arāsh vint donc et s’arrêta devant le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue), disant : « Ô serviteur d’Allāh, Abū al-Ḥakam ibn Hishām m’a opprimé dans mon droit qu’il me doit, et je suis un étranger et un fils de la route. J’ai demandé à ces gens quelqu’un pour me faire obtenir mon droit, et ils m’ont indiqué toi. Fais-moi donc obtenir mon droit de lui, qu’Allāh te fasse miséricorde. » Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) se leva avec lui. Lorsque les gens de l’assemblée le virent se lever avec lui, ils dirent à l’un d’eux : « Suis-le et vois ce qu’il fait. » Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) vint donc à la porte d’Abū Ǧahl et frappa. Abū Ǧahl dit : « Qui est-ce ? » Il répondit : « Muḥammad. Sors vers moi. » Il sortit vers lui, sans âme, le visage décoloré. Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) lui dit : « Donne à cet homme son droit. » Il répondit : « Oui, je ne bougerai pas avant de lui avoir donné ce qui lui est dû. » Il rentra, puis sortit vers lui avec son droit et le lui remit. Ensuite, le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) s’en alla et dit à l’homme d’Arāsh : « Occupe-toi de tes affaires. » L’homme d’Arāsh revint et s’arrêta devant cette assemblée, disant : « Qu’Allāh le récompense en bien ! Par Allāh, il m’a fait obtenir mon droit. » L’homme qu’ils avaient envoyé avec lui vint. Ils lui dirent : « Qu’as-tu vu ? » Il dit : « Une merveille des merveilles ! Par Allāh, à peine a-t-il frappé à sa porte qu’il est sorti vers lui sans âme, et il lui a donné son droit. » Peu de temps après, Abū Ǧahl vint. Ils lui dirent : « Qu’as-tu ? Par Allāh, nous n’avons jamais vu une chose pareille à ce que tu as fait. » Ils racontèrent qu’ils avaient indiqué à l’homme d’Arāsh Muḥammad par moquerie, lorsqu’il leur avait demandé quelqu’un d’influent auprès de lui et un compagnon de table pour lui faire obtenir son droit, et ils n’avaient pas pensé que le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) le lui demanderait, ni que, s’il le lui demandait pour l’homme d’Arāsh, il ne ferait que le repousser, le priver, et l’insulter, lui et Muḥammad. Abū Ǧahl leur dit : « Malheur à vous ! Par Allāh, à peine a-t-il frappé à ma porte et ai-je entendu sa voix que j’ai été rempli d’effroi, et je suis sorti vers lui. Au-dessus de sa tête, il y avait un chameau mâle (faḥl) tel que je n’ai jamais vu de tête ni de défenses pareilles chez aucun chameau. Par Allāh, si j’avais refusé, il m’aurait dévoré. » Une autre fois, l’assemblée (al-mala’) de Qurayš se réunit dans le Ḥiǧr et ils firent un pacte par al-Lāt et al-‘Uzzā, par toutes leurs divinités : « Si nous voyons Muḥammad, nous nous lèverons contre lui d’un seul homme et ne le quitterons pas jusqu’à ce que nous le tuions. » Sa fille Fāṭima (que la paix soit sur elle) vint en pleurant jusqu’à entrer chez lui et dit : « Ô mon père, ces gens, l’assemblée de Qurayš, ont fait un pacte contre toi : s’ils te voient, ils se lèveront contre toi et te tueront. Il n’y a parmi eux aucun homme qui n’ait reconnu sa part de ton sang. » Il dit : « Ô ma fille, approche-moi des ablutions. » Il fit ses ablutions, puis entra dans la mosquée. Lorsqu’ils le virent, ils dirent : « Le voici, le voici ! » Ils baissèrent leurs regards, leurs mentons tombèrent sur leurs poitrines, et ils ne levèrent pas les yeux vers lui, et aucun d’eux ne se leva contre lui. Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) s’avança jusqu’à se tenir au-dessus de leurs têtes, prit une poignée de terre, puis dit : « Que les visages soient défigurés ! » Puis il les en frappa. Il n’y eut aucun homme parmi eux qui fût atteint par cette terre sans être tué en mécréant. Une autre fois, le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) tournait autour de la Maison (al-Bayt), la main dans celle de ‘Uthmān ibn ‘Affān. Dans le Ḥiǧr se trouvaient ‘Uqba ibn Abī Mu‘ayṭ, Abū Ǧahl et Umayya. Le Messager d’Allāh passa près d’eux entre Abū Bakr et ‘Uthmān. Lorsqu’il fut en face d’eux, ils lui firent entendre ce qu’il réprouvait. Il mit ses doigts dans ceux de ‘Uthmān, et ils tournèrent tous ensemble. Lorsqu’il fut de nouveau en face d’eux, Abū Ǧahl dit : « Par Allāh, nous ne ferons pas la paix avec toi tant que la mer mouillera la laine (mā balla baḥr ṣūfa). Tu nous interdis d’adorer ce qu’adoraient nos pères. » Puis il passa outre. Ils firent de même avec lui au deuxième tour. Lorsqu’ils furent au quatrième tour, ils l’affrontèrent. Abū Ǧahl se leva, voulant saisir le bas de son vêtement. ‘Uthmān le repoussa dans la poitrine, et il tomba sur la nuque. Abū Bakr repoussa Umayya ibn Khalaf, et le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) repoussa ‘Uqba ibn Abī Mu‘ayṭ. Ils s’écartèrent du Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue). Il (qu’Allāh prie sur lui et le salue) leur dit alors : « Par Allāh, son châtiment va s’abattre sur vous promptement. » Il n’y eut aucun d’entre eux qui ne fût saisi d’effroi et de terreur (ifkik). Puis il leur dit, alors qu’ils étaient dans cet état de terreur :

Quel mauvais peuple vous êtes pour votre Prophète ! Puis le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, se tourna vers Abou Bakr et 'Othman et dit : « Réjouissez-vous, car Allah rendra Sa religion triomphante, accomplira Sa parole et secourra Son Prophète. Ces gens que vous voyez, Allah fera couler leur sang par vos mains sous peu. » 'Othman, en évoquant cette histoire avec les Compagnons, dit : « Par Allah, Allah fit couler leur sang par nos mains le jour de Badr. » Certains Arabes dirent, à propos de ce qui arriva avec l'ennemi du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, lors de la bataille de Hunayn : « Lorsque Muhammad prit une poignée de terre et nous la jeta en disant : 'Que les visages soient enlaidis', nous ressentîmes de la terreur dans nos cœurs. » Nous ne disons pas qu'Allah protégeait le Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, en tout temps et qu'Il inspirait la terreur de lui à Ses ennemis en toutes circonstances. En effet, ils le frappèrent, le traînèrent, l'étranglèrent, mirent de la terre sur sa tête, des entrailles et des excréments, et lui firent peur. Mais nous avons montré que la terreur s'est produite comme Allah l'a dit, que l'argument a été établi et que l'habitude a été brisée. Le fait qu'elle ne se soit pas produite à tout moment ne porte pas atteinte à cela, de même que l'habitude a été brisée par le combat des anges le jour de Badr, et le fait qu'ils n'aient pas combattu le jour d'Uhud n'y porte pas atteinte. [Un autre chapitre sur l'expulsion des Juifs de Banu al-Nadir de Médine et ce qu'elle contient comme signes] Parmi les preuves de sa prophétie, il y a que les Banu al-Nadir, des Juifs, le trahirent après une trêve entre lui et eux. Il leur envoya, après s'être rendu chez eux et avoir campé près d'eux : « Vous m'avez trahi et avez rompu la paix qui était entre moi et vous. De plus, 'Amr ibn Jihash est monté pour jeter sur moi un rocher afin de me tuer, jusqu'à ce qu'Allah m'en informe. / Sortez donc de mon voisinage. » Alors 'Abdullah ibn Ubayy ibn Salul leur envoya plusieurs de ses compagnons pour les encourager et leur dire : « Ne sortez pas de vos maisons, je suis avec vous et derrière vous. Si Muhammad vous combat, nous combattrons avec vous et vous secourrons. S'il vous expulse, nous sortirons avec vous. » Allah informa Son Prophète de cela, et Il dit, Puissant et Majestueux : « N'as-tu pas vu ceux qui ont fait l'hypocrisie dire à leurs frères qui ont mécru parmi les gens du Livre : "Si vous êtes expulsés, nous sortirons avec vous, et nous n'obéirons jamais à personne contre vous ; et si vous êtes combattus, nous vous secourrons." Et Allah atteste qu'ils sont menteurs. Si ils sont expulsés, ils ne sortiront pas avec eux ; et si ils sont combattus, ils ne les secourront pas ; et même s'ils les secourent, ils tourneront le dos, puis ils ne seront pas secourus. » 68 Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, récita cela aux gens, les informa de ce qu'avaient fait les hypocrites et de ce qu'ils avaient confié aux Juifs, et proclama leur déshonneur. Puis il expulsa les Banu al-Nadir de leurs maisons et les bannit, et 'Abdullah ibn Ubayy ibn Salul et ses compagnons ne sortirent pas avec eux comme ils le leur avaient promis. Le Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, les combattit, mais ils ne les secoururent pas. Médite comment il informa de ce qu'ils avaient caché, de leurs correspondances, de leur complot, et de ce qui se serait passé si cela avait eu lieu. Puis tout se produisit comme il l'avait annoncé et détaillé. Il y a là de nombreuses choses invisibles qui ne peuvent venir que d'un prophète véridique envoyé par Allah. Le Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, monta pour rendre visite à Sa'd ibn 'Ubada, malade, sur un âne avec une selle recouverte d'une couverture de Fadak 88, la bride en fibre de palmier, et il fit monder derrière lui Oussama ibn Zayd ibn Haritha. Il passa près de 'Abdullah ibn Ubayy ibn Salul, qui était à l'ombre de son enclos fortifié, entouré d'une foule nombreuse d'associateurs, de Juifs et d'hypocrites. Parmi eux se trouvaient des musulmans : 'Abdullah ibn Rawaha, Sa'd ibn al-Rabi', Kharija ibn Zayd ibn Abi Zuhayr et Bashir ibn Sa'd. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, estima inconvenant de passer sans s'arrêter, alors il descendit, salua, s'assit, récita le Coran, / appela à Allah, Puissant et Majestueux, rappela, avertit, annonça et menaça. 'Abdullah restait silencieux, ne parlant pas, jusqu'à ce que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, eût terminé son discours. Alors Ibn Ubayy Salul dit : « Ô toi, ce que tu dis est beau si c'est vrai. Si tu restais chez toi, tu parlerais à ceux qui viennent à toi, sans imposer cela à ceux qui ne le veulent pas. » Certains Juifs appuyèrent ses paroles. Sa'd ibn al-Rabi' se tourna vers le Juif et dit : « Qu'as-tu à faire avec lui ? Que ta mère te perde ! Cesse ce langage ! » Ibn Ubayy Salul dit : « Qu'a-t-il dit ? Muhammad va vers ceux qui l'ont chassé de son pays et de son lieu de naissance. Quant à ceux qui ne l'ont pas chassé, qu'il ne les importune pas. » Zayd ibn al-Lusayb, soutenant 'Abdullah, dit : « Regarde, Muhammad, ceux qui sont venus vers toi et t'ont chassé de ton pays, méfie-toi d'eux et laisse ceux qui ne t'ont pas appelé. » Les musulmans présents dans l'assemblée s'agitèrent, discutèrent et exhortèrent 'Abdullah, tout en le respectant et en le craignant, jusqu'à ce que 'Abdullah ibn Rawaha dise : « Au contraire, qu'il vienne à nous dans nos demeures et nos foyers, car nous aimons cela. » Ibn Ubayy ibn Salul s'irrita de cela et dit : « Quand ton allié est ton adversaire, tu ne cesses d'être humilié, et ceux que tu fréquentes prennent le dessus sur toi. Le faucon ne s'élève-t-il pas sans ses ailes ? Si un jour ses plumes sont coupées, il tombe. » Puis le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, se leva, monta et alla chez Sa'd ibn 'Ubada. Il lui raconta ce qui s'était passé avec 'Abdullah ibn Ubayy ibn Salul. Sa'd lui dit : « Ô Messager d'Allah, par Celui qui t'a honoré de la prophétie, les habitants de cette Buhayra 89 s'étaient mis d'accord pour le couronner. Je vous adjure par Allah, le savez-vous ? » Les gens dirent : « Oui. » « Il ne voit donc que tu lui as arraché quelque chose des mains », dit Sa'd. « Par Allah, il voit que tu lui as arraché son royaume. Tu es venu, et nous étions en train d'enfiler des perles pour mettre la couronne sur sa tête. Tu es plus digne de lui pardonner, car il est ton oncle maternel. » Médite ce qu'il y a là-dedans et vois comment chacun parle de ce qu'il a, sans crainte ni peur, / et regarde 'Abdullah et ce groupe de son peuple, ainsi que les Juifs qui avaient embelli leur hostilité envers le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue. Le Messager d'Allah les avait appelés à sa religion, avait argumenté contre eux et récité le Coran. Ils n'apportèrent rien qui pût discréditer ce qu'il avait récité et argumenté, et ne dirent pas : « Ceci est une parole dont on peut produire un équivalent. » Ils ne firent rien de plus que de lui dire : « Nous ne voulons pas que tu nous le récites ni que tu nous y appelles. » Or 'Abdullah ibn Ubayy était un Arabe éloquent, un penseur avisé et un roi parmi les rois, et ceux qui l'accompagnaient étaient des orateurs éloquents et des ennemis. Cela pour que tu saches la clarté de cette affaire et le désespoir des ennemis d'y trouver une faille. Reconnais ces assemblées, ces situations et ces postures. Murra ibn Qayzi, des Banu Haritha ibn al-Harith, dit au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, alors qu'il passait près de lui dans son jardin avec ses compagnons en direction d'Uhud : « Je ne te permets pas, ô Muhammad, si tu es un prophète, de passer dans mon jardin. » Il prit une poignée de terre dans sa main et dit : « Par Allah, si je savais que je n'atteindrais personne d'autre avec cette terre que toi, je te la jetterais. » Les gens se précipitèrent sur lui, mais le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, leur dit : « Laissez-le, car celui-ci a le cœur aveugle. » Combien de fois les gens disaient-ils aux Ansar 90 : « Vous avez amené des étrangers, des pauvres, vous vous êtes opposés aux nations et vous avez convoité le Paradis. Un Paradis, par ma vie, fait de harmal 91 ! Vous avez convoité la vie après la mort ? Loin, loin de ce dont on vous menace ! » Les réponses à cela se trouvent dans le Coran, comme quoi s'il n'y a pas de résurrection et de rétribution, la création des serviteurs serait futile et un jeu, comme Sa parole : « Pensiez-vous que Nous vous avions créés en vain et que vous ne seriez pas ramenés vers Nous ? » 69 et Sa parole : « Et Nous n'avons pas créé le ciel et la terre et ce qui est entre eux en jouant. Si Nous avions voulu prendre une distraction, Nous l'aurions prise de Notre part, si vraiment Nous l'avions voulu. Mais Nous lançons la vérité contre le mensonge, et elle le brise, et le voilà qui disparaît. Et malheur à vous pour ce que vous décrivez ! » 70 C'est-à-dire : cette œuvre / et cet acte ne sont pas l'œuvre de quelqu'un dont on pourrait supposer qu'il joue, s'amuse, agit en vain ou commet une injustice ou une tyrannie. Puis Il montra Sa puissance pour la résurrection, comme cela est mentionné dans la sourate des Enfants d'Israël, dans la sourate de Jonas, dans la sourate des Romains, dans la sourate de l'Événement, jusqu'à ce que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dise : « Ô merveille, toute la merveille pour celui qui doute de la puissance d'Allah alors qu'il voit Sa création ! Ô merveille, toute la merveille pour celui qui dément la seconde création alors qu'il voit la première création ! Ô merveille, toute la merveille pour celui qui dément la résurrection après la mort alors qu'il meurt chaque jour et chaque nuit et qu'il revit ! Ô merveille, toute la merveille pour celui qui croit en la demeure éternelle et qui s'efforce pour la demeure trompeuse ! Ô merveille, toute la merveille pour l'arrogant et l'orgueilleux, alors qu'il a été créé d'une goutte de sperme, qu'il deviendra un cadavre et qu'entre les deux il ne sait ce qu'on fera de lui ! » Et d'autres choses encore que le Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, mentionnait et que ses Compagnons, qu'Allah leur fasse miséricorde, mentionnaient, dont l'origine est dans le Coran. L'attention n'était pas particulièrement portée sur cela, car le Coran suffisait, et parce que c'est un rappel de ce qu'Allah a placé dans les intelligences, et cela se manifeste chez celui qui regarde, puis réfléchit et tire des leçons. 'Abdullah ibn Ubayy ibn Salul, après avoir professé l'Islam, avait l'habitude de prendre la parole chaque vendredi. Lorsque le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, s'asseyait pour prêcher les gens, 'Abdullah se levait et disait : « Ô gens, voici le Messager d'Allah parmi vous. Allah vous a honorés et vous a rendus puissants par lui. Secourez-le, honorez-le, écoutez-le et obéissez-lui. » Puis il s'asseyait. Jusqu'à ce qu'il fît ce qu'il fit le jour d'Uhud et qu'il ramenât les gens. Le vendredi suivant, il se leva pour faire ce qu'il faisait, mais les Ansar le saisirent par ses vêtements de tous côtés et dirent : « Assieds-toi, ennemi d'Allah ! Tu n'es pas digne de cela après ce que tu as fait. » Il sortit en enjambant les cous des gens et dit : « Par Allah, on dirait que j'ai dit une sottise en me levant pour consolider son affaire, et voilà que mes compagnons se jettent sur moi, me tirent et me réprimandent, comme si j'avais dit / une sottise. » Ils dirent : « Retourne, que le Messager d'Allah implore le pardon pour toi. » Il dit : « Par Allah, je ne désire pas qu'il implore le pardon pour moi. » Son peuple, ceux qui partageaient son opinion et son hypocrisie, se rassemblèrent autour de lui, et les Juifs s'affligèrent pour lui, insultèrent le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et les musulmans, et tramèrent des plans et des ruses pour faire quelque chose contre les Ansar afin de les détourner de suivre le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, mais ils n'y parvinrent pas. Cela fait partie de ces situations où le besoin se fait sentir. Lorsque ces hypocrites se mirent à épier le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, à chercher à connaître ses nouvelles, à observer ce qu'il faisait avec les musulmans et les autres, et qu'ils se mêlèrent aux musulmans en professant l'Islam, ils transmettaient les nouvelles à leurs frères et à leurs semblables parmi les hypocrites et les Juifs, et ils complotaient avec eux. Ces hypocrites étaient plus de soixante hommes. Lorsque leurs agissements se multiplièrent, le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, ordonna de les expulser de la mosquée. Les Ansar se levèrent, les firent sortir, les traînèrent un par un, les humilièrent et leur dirent : « Ô ennemis d'Allah, vous vous êtes mêlés à nous, vous avez prié avec nous, vous avez écouté nos entretiens avec le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue. Vous n'avez trouvé ni ce que vous aimez ni ce que vous désirez, et pourtant vous ne cessez pas et ne vous repentez pas sincèrement. » Cela fait partie de ces situations dont des exemples ont déjà été donnés, et qui ne peuvent venir d'une planification humaine. Regarde cette découverte : s'ils avaient trouvé une faute, un faux pas ou quelque chose de semblable, ils l'auraient mentionné et s'en seraient prévalu. Voilà le point crucial à mentionner. Ces hypocrites qui furent traînés et expulsés de la mosquée, leurs noms sont connus, ainsi que leurs généalogies, un par un.

Ceci est un démenti à ceux qui prétendent que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, flattait ses compagnons et ses disciples, affichant leur purification, leur louange, leur glorification et leur vénération, sans pour autant en être intérieurement convaincu, ni le vouloir, ni le cacher. Ce discours est tenu par celui qui se prétend musulman, mais en réalité, il a été inventé par ceux qui veulent attaquer l'islam, semer la confusion chez les musulmans, les faire douter et les faire sortir de l'islam sans qu'ils s'en rendent compte. Ensuite, regarde les Juifs : parmi eux, ceux de Banu Qaynuqa', comme Zayd ibn al-Salt, Sa'd ibn Hanif, Suwayd ibn al-Harith, Rifā'a ibn Qays, 'Azīz ibn Abī 'Azīz, et d'autres chefs de Banu Qaynuqa' ; puis ceux de Banu al-Nadir et leurs chefs, comme Huyayy ibn Akhtab, son frère Abū Yāsir, Judayy ibn Akhtab, Sallām ibn Mishkam, Kināna ibn Abī al-Huqayq, Sallām ibn Abī al-Huqayq, et leurs semblables parmi les chefs de Banu al-Nadir ; et ceux de Banu Qurayza et leurs chefs, comme Ka'b ibn Asad, qui était le détenteur du pacte de Banu Qurayza qu'ils ont rompu l'année des coalisés 92, al-Zubayr ibn Bāṭā ibn Wahb, 'Izzāl ibn Shamāwīl, Qazūm ibn Ka'b, Nāfi' ibn Abī Nāfi', Wahb ibn Yahūdhā, Usāma ibn Habīb, et d'autres chefs de Banu Qurayza. Ceux-ci étaient avec le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, à Médine et autour de Médine, et ils soutenaient leurs chefs. Lorsqu'ils entendirent le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, alors qu'il était à La Mecque, et ce qu'il prétendait de la prophétie, cela leur pesa lourdement, surtout à leurs docteurs et chefs. Ils se consacrèrent à son hostilité, s'alliant avec Quraysh et les Arabes contre lui, et les dissuadant de le suivre et de le croire. Quraysh se plaignait d'eux auprès d'eux, et ceux des habitants de La Mecque qui passaient par là pour leur commerce vers la Syrie leur en parlaient. Parmi Quraysh, certains venaient exprès pour cela, comme al-Nadr ibn al-Hārith et ses semblables, leur demandant ce qui pourrait servir à démentir le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et à repousser les gens loin de lui et de l'acceptation de lui, d'après ce qu'ils trouvaient dans leurs livres et ce qu'ils rapportaient de leurs prophètes et chefs. Ils leur disaient : « Interrogez-le sur Joseph et son histoire, et comment elle s'est terminée. » Alors le Coran descendait à ce sujet. Lorsqu'ils les informaient, ils leur disaient : « Interrogez-le sur les gens de la caverne 93 : qui sont-ils et combien sont-ils ? » Alors le Coran descendait à ce sujet. Lorsqu'ils les informaient, ils leur disaient : « Interrogez-le sur un homme croyant qui a voyagé du couchant au levant. » Alors le Coran descendait à propos de Dhū l-Qarnayn 94, et ainsi de suite. Lorsque le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, s'installa à Médine et vécut parmi eux, leur hostilité devint plus forte, et ils s'occupèrent de lui, qu'Allah prie sur lui et le salue, et des musulmans, s'interposant entre lui et les Aws et les Khazraj, et dissuadant de le suivre. Ils étaient une source de mal, de doutes et d'ouverture pour les Arabes des portes de l'égarement. Ils possédaient courage et richesse, et leur ruse était plus acérée que leurs épées et plus pénétrante que leurs lances. Les Banu al-Nadir partirent lorsque le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, les exila, rejoignant Quraysh et les incitant à lui faire la guerre et à l'attaquer. Quant à Banu Qaynuqa', Banu Qurayza et Khaybar, ce qui s'est passé est connu et son récit serait long. Regarde donc : ont-ils réussi, malgré la longueur de cette quête et cet empressement, à trouver une faute, un faux pas, une chute ou quoi que ce soit de semblable ? Il y avait au Yémen, à Aden et dans les vallées des villages 95 beaucoup de gens qui soutenaient ceux de Médine et agissaient comme eux en semant des doutes parmi les Arabes. Médite cela : combien de lumière et de guidance y a-t-il ! Ces gens, ainsi que tous les ennemis du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, examinaient sa situation entre eux, et ils ne trouvaient ni point d'attaque ni défaut. Comme ce qui s'est passé avec Banu Qurayza avant la rupture et la violation du pacte du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, lorsque 'Amr ibn Sa'd dit à al-Zubayr ibn Bāṭā : « Obéissez-moi et venez, suivons Muhammad. Par Allah, vous savez qu'il est un prophète annoncé par nos savants, parmi eux Ibn al-Haybār et Abū 'Umayr ibn Hawāsh, qui sont venus chez nous parmi les savants de Jérusalem, attendant son arrivée 96, et nous ont ordonné de le suivre et de lui transmettre le salut de leur part. Puis ils sont morts dans leur religion et nous les avons enterrés dans notre île 97. » Les gens se turent, personne ne parla. Ils répétèrent la parole. Al-Zubayr dit : « J'ai lu sa description dans le livre de Bāṭā 98 qui a été révélé à Moïse. » Ils mentionnèrent la piété d'Ibn al-Haybār, et que, lorsque la mort se présenta à lui, il dit : « Que pensez-vous ? Faites-moi sortir de la terre du vin et du pain fermenté 99 vers la terre de la misère et de la faim. » Ils dirent : « Tu es plus savant. » Il dit : « J'attends la venue d'un prophète dont le temps vous a déjà enveloppés ; cette ville est son lieu d'émigration. J'espérais l'atteindre et le suivre. Si vous entendez parler de lui, ne le devancez pas, car il versera le sang et capturera les enfants. Que cela ne vous empêche pas de lui. » Ka'b ibn Asad lui dit : « Qu'est-ce qui t'empêche de le suivre ? » Il répondit : « Toi. » Ka'b dit : « Pourquoi ? Je ne me suis pas interposé entre toi et lui. » Il dit : « Tu es le détenteur de notre pacte et de notre alliance ; si je le suis, nous te suivons, et si tu refuses, nous refusons. » Alors 'Amr ibn Sa'd se tourna vers Ka'b et dit : « Par la Torah, c'est la gloire et l'honneur, et il est sur la voie de Moïse ; nous obtiendrons avec lui l'honneur de ce monde et nous descendrons avec lui et sa communauté demain au Paradis. » Ka'b dit : « Nous restons sur notre pacte, Muhammad ne violera pas notre protection, et nous attendons ce que fera Huyayy ibn Akhtab ; il a été expulsé avec humiliation et mépris, et je ne pense pas qu'il se contente avant d'attaquer Muhammad. S'il triomphe, c'est ce que nous voulons, nous restons sur notre religion ; et s'il triomphe de Huyayy, il n'y a plus de bien dans la vie. Nous quitterons son voisinage. » 'Amr dit : « Pourquoi remettons-nous l'affaire alors qu'il arrive ? » Ka'b dit : « Il n'y a pas de retard là-dessus ; quand je voudrai cela de Muhammad, il me répondra. » 'Amr dit : « Si, il y a un retard s'il marche vers nous et que nous nous retranchons dans ces forteresses qui nous ont trompés ; nous ne quitterons pas nos forteresses jusqu'à ce que nous nous rendions à son jugement, et il nous tranchera la tête. » Ka'b dit : « Je n'ai sur son affaire que ce que j'ai dit ; mon âme n'accepte pas de devenir un disciple sur la parole de cet Israélite qui ne reconnaît pour moi aucun mérite, pas même la valeur des sandales. » 'Amr ibn Sa'd dit : « Si, nous reconnaîtrons cela pour toi. » Et leur discussion se prolongea. Un groupe d'entre eux descendit et rejoignit le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et embrassa l'islam. Regarde donc la longueur de la recherche et de la discussion entre eux, et les ennemis du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, parmi leurs chefs et docteurs, alors qu'ils repoussent de le suivre de toutes leurs forces. Y a-t-il quelqu'un parmi eux qui dise : « Celui-ci a commis telles et telles trahisons et ruptures, tel et tel mensonge tel jour » ? C'est là le point crucial, et il faut le mentionner. Ou bien Moïse a-t-il recommandé que sa loi ne soit pas abrogée, et que le sabbat ne soit pas suspendu, comme le prétendent les Juifs ? La discussion et la délibération rappellent les affaires anciennes et font sortir les secrets. Ainsi, tu sauras que tous les ennemis du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, n'avaient en lui aucun point d'attaque ni défaut, d'aucune manière. Combien de situations et de positions les Juifs ont eues avec lui, qu'Allah prie sur lui et le salue, où ils avaient besoin de ce que nous avons mentionné et expliqué ! Tu connais sa position à La Mecque, alors qu'ils s'étaient consacrés à lui et avaient fait de toute leur occupation la recherche de ses faux pas et le détournement de lui. Parmi eux, il y avait Abū Lahab, Abū Jahl, son frère al-'Āṣ, al-'Āṣ ibn Sa'īd, al-Ḥakam ibn Abī al-'Āṣ, 'Adī ibn al-Ḥamrā', Ibn al-Aṣadd al-Hudhalī, 'Uqba ibn Abī Mu'ayṭ, al-Aswad ibn 'Abd Yaghūth, Ibn al-'Ayṭala (al-Ḥārith ibn Qays ibn 'Adī al-Sahmī), al-Walīd, Ubayy et Umayya, fils de Khalaf, Abū Qays ibn al-Fākih, al-'Āṣ ibn Wā'il, al-Naḍr ibn al-Ḥārith, Munabbih ibn al-Ḥajjāj, Zuhayr ibn Abī Umayya, al-Sā'ib ibn Ṣayfī, al-Aswad ibn 'Abd al-Asad. Ceux-ci étaient ses voisins. L'hostilité d'Abū Sufyān Ṣakhr ibn Ḥarb, 'Utba et Shayba, fils de Rabī'a, Suhayl ibn 'Amr, al-Ḥārith et Maslama, fils de Hishām, et leurs semblables, est moindre comparée à l'hostilité de ceux-ci. Il était parmi eux, prisonnier entre leurs mains à La Mecque ; ils le frappaient, l'étranglaient, jetaient de la terre et du fumier sur sa tête, jetaient des charognes à sa porte, et il disait : « Ô fils de 'Abd Manāf, quelle protection est-ce là ? » Lorsque venait la saison du pèlerinage 100, il sortait au lieu de rassemblement, avertissait et appelait à Allah Très-Haut, disant : « Ô gens, ce sur quoi vous êtes n'est pas d'Allah ni ne vient d'Allah. Venez à l'adoration d'Allah seul. » Il récitait le Coran, ils le suivaient et le frappaient. Son oncle Abū Lahab lui lançait des pierres sur les talons jusqu'à les faire saigner. Ils se dispersaient dans les vallées et sur les routes à l'arrivée de la saison du pèlerinage, rencontrant les gens pour les détourner du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue. Ils se partageaient les routes aux cols de La Mecque. Al-Walīd ibn al-Mughīra leur disait : « Dispersez-vous là où passent les gens du pèlerinage. Quand ils vous interrogeront à son sujet, que l'un de vous dise : c'est un devin, un autre : un sorcier, un autre : un poète, un autre : un égaré qui sépare le père de son fils et le frère de son frère. Quand ils viendront à moi, je vous confirmerai. » Ceux qui faisaient cela étaient : Ḥanẓala, Abū Sufyān, 'Utba, Shayba, Abū Jahl, al-'Āṣ ibn Hāshim, Abū Qays ibn al-Walīd, Qays ibn al-Fākih, Zuhayr ibn Abī Umayya, Hilāl, al-Sā'ib, al-Naḍr ibn al-Ḥārith, Abū al-Bakhtarī ibn Hishām, Munabbih ibn al-Ḥajjāj, Umayya, Aws ibn al-Mughīra (affranchi de Wahb ibn Ḥudhāfa), et Zam'a ibn al-Aswad. Les compagnons du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, qui avaient embrassé l'islam à La Mecque sortaient et se dispersaient avec ces répartiteurs. Lorsqu'ils mentionnaient ce qu'ils avaient au sujet du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, les musulmans leur disaient : « Ceux-ci mentent. Au contraire, Muhammad est le Messager d'Allah, véridique, il appelle à l'adoration d'Allah seul, au maintien des liens de parenté, à la compassion envers l'orphelin, et à ceci et cela. » Ils récitaient le Coran, tandis que les autres les empêchaient et les frappaient pendant la saison du pèlerinage où les gens sont en sécurité, mais le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et ses compagnons n'y étaient pas en sécurité, alors qu'ils appelaient à Allah et disaient cela, tout en étant vaincus, dominés, peu nombreux et faibles, craignant que les gens ne les arrachent 101. Médite : Quraysh ou les habitants de La Mecque ont-ils pu dire de lui, qu'Allah prie sur lui et le salue, qu'il a trahi, menti, rusé, commis une turpitude, ou quoi que ce soit de ce que prétendent ses ennemis et les athées de ton temps, malgré la longueur de ces années qu'il a passées à La Mecque depuis qu'il a revendiqué la prophétie, soit quinze ans ? Ils n'ont rien ajouté à l'attaque contre lui au-delà de l'accusation de mensonge. Les gens du pèlerinage, lorsqu'ils entendaient les paroles des compagnons du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, se disaient les uns aux autres : « La parole de ceux-ci est meilleure et plus bienfaisante. » Médite donc, qu'Allah te fasse miséricorde, sur les choses, réfléchis longuement et profondément, et persévère dans cela, afin de connaître les réalités des choses. Car tu as été éprouvé en ton temps par ceux qui disent des compagnons mecquois, des émigrés 102 et de ceux qui ont bâti l'islam et l'ont consolidé, qu'ils n'ont jamais cru en l'islam, ni suivi le Messager, qu'Allah prie sur lui et le salue, avec clairvoyance ou preuve, ni cru en sa prophétie, ni éprouvé intérieurement son amour et sa vénération, et qu'ils n'ont cru qu'à son mensonge et n'ont eu intérieurement que sa chute et sa ruse.

Ce sont des gens qui l'ont suivi alors qu'il était seul, pauvre, humilié, craintif, vaincu et dominé, tandis que les habitants de la terre étaient unis dans leur hostilité envers lui et ses disciples. Ils sont sortis, en le suivant, de la sécurité vers la peur, de la richesse vers la pauvreté, de la puissance vers l'humiliation, de l'honneur vers l'avilissement, du repos vers la fatigue, et de leurs patries vers l'exil. Or, les hérétiques de ton temps prétendent qu'ils ont agi par hypocrisie et qu'ils étaient des hypocrites. Qui donc, après cela, peut nier un prodige, ou dénier aux gens la sottise, ou bien prendre une opinion favorable ? Cela n'est-il pas comparable à celui qui dirait : « Certes, Muhammad, le prophète des musulmans, faisait preuve d'hypocrisie envers Quraysh et les Arabes, en les combattant, bien qu'il soit sorti avec eux pour affronter ces épreuves ; et que les magiciens ont fait preuve d'hypocrisie envers Pharaon et l'ont flatté en suivant Moïse, en se détournant de lui et en le défiant ouvertement lorsqu'il leur dit : « C'est votre maître qui vous a enseigné la magie » 103 et « Je vous couperai sûrement mains et pieds opposés, et je vous crucifierai sur des troncs de palmiers, et vous saurez alors qui de nous est le plus sévère en châtiment et le plus durable. » Ils dirent : « Nous ne te préférerons pas à ce qui nous est venu comme preuves évidentes, ni à Celui qui nous a créés. Prononce donc ton jugement : tu ne juges que sur cette vie présente. Nous croyons en notre Seigneur, afin qu'Il nous pardonne nos fautes et la magie à laquelle tu nous as contraints. Et Allah est meilleur et plus durable. » 104 Plus étonnant encore, il [le Prophète] a imposé aux serviteurs l'alliance 105 avec ces émigrés 106 antérieurs, a rendu obligatoire leur amour, leur vénération et leur glorification, et a interdit de penser du mal d'eux, à moins qu'ils ne commettent un péché grave, de même qu'il a imposé l'inimitié envers les juifs, les chrétiens, les mages et leurs semblables, et ceux qui suivent leur voie, et a rendu obligatoire la haine à leur égard, à moins qu'ils ne manifestent la foi. Cela est connu de sa religion et de son appel, sans compter ce qu'Allah a inclus dans Son Livre comme éloge des Émigrés et des Auxiliaires 107, dont le Coran est rempli. Tout cela est contraire à ce que prétendent ceux qui ont été trompés par ceux qui leur ont inculqué cela, car ils ont, par cet acte, nui à l'islam et aux musulmans sans s'en rendre compte. Nous avons seulement voulu mentionner la situation des ennemis du Messager d'Allah, parmi ses voisins, les gens de sa ville et les membres de sa famille, des différentes classes de Quraysh, avec leur ruse, et comment ils s'étaient chargés de tous ses ennemis, les avaient suffisamment pourvus et même au-delà. Mais ils n'ont rien trouvé qui puisse être pour eux un argument ou un semblant d'argument pour invalider sa cause. Ainsi, leur ruse a échoué malgré leur longue peine, et leur stratagème a été vain, comme Allah l'a dit : « Et le stratagème de ceux-là est voué à la perdition. » 108 Il est sorti vers Ta'if, a appelé à Allah et a dit : « Protégez-moi jusqu'à ce que je transmette le message de mon Seigneur, et abandonnez ce sur quoi vous êtes, car Allah se met en colère. » Il a critiqué leurs religions et ce sur quoi leurs pères étaient, et a blâmé Quraysh pour ce qu'ils faisaient en le traitant de menteur. Ils n'avaient rien pour le repousser, si ce n'est qu'ils dirent : « Comment Allah t'a-t-Il choisi parmi les gens de La Mecque et parmi tous les hommes, alors qu'il y a des sages et des intelligents comme untel et untel, et à Ta'if untel et untel ? Et si Allah t'a élu, comment se fait-il qu'Il t'ait rendu besoin du soutien des gens ? » et d'autres choses encore par lesquelles ils l'ont traité avec rudesse, alors qu'il les avait irrités et mis en colère par ce qu'il avait mentionné de la laideur de leurs religions et de l'égarement de leurs pères. Vois donc : reviennent-ils, dans leur démenti, à un argument ou à quelque chose qui ressemble à un argument ? Trouvent-ils une faille ou un point de critique, alors qu'ils avaient besoin de mentionner cela en ces occasions ? De ce genre encore, lorsqu'Allah ordonna à Son Messager de se présenter aux tribus – chose connue, dont les gens ont parlé et se sont entretenus, et parmi ceux qui en parlaient se trouvait 'Ali ibn Abi Talib – il dit : « Lorsqu'Allah ordonna à Son Messager de se présenter aux tribus, il sortit, moi avec lui, ainsi qu'Abu Bakr al-Siddiq, jusqu'à ce que nous arrivions à une assemblée 109 des assemblées des Arabes. Abu Bakr s'avança et salua. 'Ali dit : Abu Bakr était en avance dans tout bien, et c'était un homme connaissant les généalogies. Il dit : « De quel peuple êtes-vous ? » Ils dirent : « De Rabi'a. » Il dit : « Et de quelle branche de Rabi'a ? » Puis 'Ali mentionna ce qui se passa entre eux et Abu Bakr. Il dit : « Ensuite, nous arrivâmes à une autre assemblée, empreinte de sérénité et de dignité. Abu Bakr s'avança, salua et dit : « De quel peuple êtes-vous ? » Ils dirent : « De Shayban ibn Tha'laba. » Abu Bakr se tourna vers le Messager d'Allah et dit : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! Ceux-ci sont l'élite de leur peuple, et parmi eux se trouve Mafruq ibn 'Amr, qui les surpasse par ses qualités et son éloquence. Il avait deux mèches tombant sur sa poitrine 110, et il était le plus proche de l'assemblée d'Abu Bakr. » Abu Bakr lui dit : « Combien êtes-vous ? » Mafruq dit : « Nous sommes plus de mille, et mille ne sont jamais vaincus par manque d'effectifs. » Abu Bakr dit : « Quelle est votre force défensive ? » Mafruq dit : « Nous avons l'ignorance, et chaque peuple a son lot ? » Abu Bakr dit : « Comment est votre guerre contre votre ennemi ? » Mafruq dit : « Nous sommes au plus fort de notre colère lorsque 111 nous rencontrons, et notre rencontre est la plus intense lorsque nous sommes en colère. Nous préférons les chevaux de race aux enfants, et la paix aux chamelles laitières. La victoire vient d'Allah : tantôt Il nous donne l'avantage, tantôt Il le donne à l'autre. Es-tu, par hasard, le frère de Quraysh ? » Abu Bakr dit : « T'est-il parvenu qu'il est le Messager d'Allah ? Le voici. » Mafruq dit : « Il nous est parvenu qu'il mentionne cela. Vers quoi appelle-t-il, ô frère de Quraysh ? » Alors le Messager d'Allah s'avança, et Abu Bakr se leva pour l'ombrer d'un vêtement. Il dit : « Je vous appelle à attester qu'il n'y a de dieu qu'Allah, seul, sans associé, et que je suis le Messager d'Allah, et à ce que vous m'accueilliez et me souteniez. Car Quraysh s'est liguée contre l'ordre d'Allah, a traité Son Messager de menteur et s'est contentée du faux au détriment du vrai. Or, Allah est le Riche, le Digne de louanges. » Mafruq dit : « Et vers quoi d'autre appelles-tu, ô frère de Quraysh ? » Le Messager d'Allah récita : « Dis : « Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit : ne Lui associez rien ; soyez bons envers vos père et mère ; ne tuez pas vos enfants par crainte de pauvreté – Nous vous nourrissons, ainsi qu'eux ; n'approchez pas les turpitudes, qu'elles soient apparentes ou cachées ; ne tuez pas l'âme qu'Allah a interdite, sauf en droit. Voilà ce qu'Il vous a recommandé, afin que vous raisonniez. » 112 Mafruq dit : « Et vers quoi d'autre appelles-tu, ô frère de Quraysh ? Par Allah, ce n'est pas là le langage des habitants de la terre ; si c'était de leur langage, nous l'aurions reconnu. » Alors le Messager d'Allah récita : « Certes, Allah ordonne la justice, la bienfaisance et l'assistance aux proches. Et Il interdit la turpitude, l'acte répréhensible et la rébellion. Il vous exhorte afin que vous vous souveniez. » 113 Mafruq dit : « Par Allah, tu as appelé, ô frère de Quraysh, à la noblesse des caractères et aux bonnes actions. Certes, un peuple qui t'a traité de menteur et s'est ligué contre toi a commis une injustice. » Il sembla souhaiter que Hani' ibn Qabisa partage la parole avec lui. Mafruq dit : « Voici Hani' ibn Qabisa, notre chef et l'homme de notre religion. » Hani' dit : « J'ai entendu ton discours, ô frère de Quraysh. Je vois que si nous abandonnons notre religion et te suivons dans la tienne, pour une seule séance que tu as tenue avec nous, sans commencement ni fin, c'est une erreur de jugement et un manque de considération pour l'avenir. L'erreur vient avec la précipitation. Derrière nous, il y a des gens que nous ne voudrions pas engager par un pacte. Mais retourne, et nous retournerons ; réfléchis, et nous réfléchirons. » Il sembla souhaiter que al-Muthanna ibn Haritha partage la parole avec lui. Il dit : « Voici al-Muthanna ibn Haritha, notre chef et l'homme de notre parti. » Al-Muthanna dit : « J'ai entendu ton discours, ô frère de Quraysh. La réponse est celle de Hani' ibn Qabisa : nous abandonner notre religion et te suivre dans la tienne, pour une seule séance que tu as tenue avec nous, sans commencement ni fin. Nous nous trouvons entre deux coups : le coup parfait et le coup marquant. » Le Messager d'Allah dit : « Quels sont ces deux coups ? » Il dit : « Les fleuves de Chosroès et les eaux des Arabes. Nous nous trouvons entre eux, sous un engagement que Chosroès a pris de nous : ne pas provoquer d'incident et ne pas abriter un fauteur de troubles. Nous voyons, ô Qurayshite, que cette affaire à laquelle tu appelles est de celles que les rois détestent. Si tu veux, nous t'accueillerons et te soutiendrons dans ce qui relève des eaux des Arabes. » Le Messager d'Allah dit : « Vous n'avez pas mal répondu, puisque vous avez dit la vérité. Certes, la religion d'Allah ne sera soutenue que par celui qui l'entoure de tous côtés. Que pensez-vous si, après peu de temps, Allah vous fait hériter de leur terre, de leurs demeures et de leurs biens, et vous donne leurs femmes en mariage ? Glorifierez-vous Allah et Le sanctifierez-vous ? » Al-Nu'man ibn Sharik dit : « Ô Allah, oui. » Alors le Messager d'Allah se leva, tenant la main d'Abu Bakr, et dit : « Ô Abu Bakr, quels rêves dans la période préislamique – ou quels caractères (le rapporteur douta lequel des deux il dit) – combien nobles ! Par eux, Allah repousse la violence des uns contre les autres, et par eux ils se retiennent mutuellement. » 'Ali dit : « Ensuite, nous arrivâmes à l'assemblée des Aws et des Khazraj. Nous ne nous étions pas encore levés qu'ils avaient prêté allégeance au Messager d'Allah. Ils furent des véridiques et des endurants. Le Messager d'Allah envoya avec eux, après que des gens vinrent à lui, groupe après groupe, embrassant l'islam et repartant, Mus'ab ibn 'Umayr pour réciter le Coran et enseigner la religion. Les Aws et les Khazraj étaient de nombreuses tribus et une multitude. Ils embrassèrent l'islam volontairement à cette condition, et l'islam les domina. En raison de la domination de l'islam sur ces tribus et de la clairvoyance de leurs gens, il y avait parmi les Aws et les Khazraj des hypocrites, lorsqu'ils virent leur peuple entièrement gagné par l'islam – ils étaient nombreux, et les hypocrites peu nombreux – ils voulurent préserver leur sang et partager la puissance avec leur peuple. Ils manifestèrent donc l'islam, bien qu'ils n'y crussent pas. Ensuite, considère l'action de Quraysh envers ceux qui émigrèrent au pays d'Abyssinie : environ une centaine des grands Émigrés y parvinrent. Ils demandèrent protection au Négus 114, roi d'Abyssinie, qui les protégea et les accueillit. Ils adorèrent Allah en sécurité et tranquillité, et furent soulagés des souffrances qu'ils subissaient.

Ils étaient de Quraych, et leur affaire fut considérable. Lorsque la nouvelle de leur situation parvint à Quraych, ils s'en inquiétèrent, s'agitèrent en tous sens, puis décidèrent d'envoyer vers le Négus deux hommes parmi eux, et d'offrir au Négus des présents parmi les curiosités du commerce de La Mecque. Ce qu'ils lui envoyaient de plus remarquable était le cuir (al-adam). Ils rassemblèrent donc beaucoup de cuir, et n'omettirent aucun de ses patrices (baṭārīqatihi) sans lui offrir un présent. Puis ils confièrent cela à ʿAbd Allāh ibn Abī Rabīʿa ibn al-Mughīra al-Makhzūmī et à ʿAmr ibn al-ʿĀṣ ibn Wāʾil al-Sahmī, et leur dirent : « Remettez à chaque patrice son présent avant de parler au Négus, puis présentez au Négus ses cadeaux, et demandez-lui de vous livrer les réfugiés avant même de les entendre. » Ils partirent donc et arrivèrent chez le Négus. Ils ne laissèrent aucun de ses patrices sans lui remettre son présent avant de parler au roi. Puis ils dirent à chaque patrice : « Il s'est réfugié dans le pays du roi des jeunes gens insensés des nôtres, qui ont abandonné la religion de leur peuple sans entrer dans la vôtre, et ont apporté une religion nouvelle que ni nous ni vous ne connaissons. Les notables de leur peuple nous ont envoyés vers le roi pour qu'il les leur rende. Quand nous parlerons au roi à leur sujet, conseillez-lui de nous les livrer sans les entendre, car leur peuple connaît mieux leurs défauts et sait ce qu'ils leur reprochent. » Ils répondirent : « Oui. » Ensuite, ils présentèrent leurs cadeaux au roi, qui les accepta. Puis ils lui parlèrent et dirent : « Ô roi, il s'est réfugié dans ton pays des jeunes gens insensés des nôtres, qui ont abandonné notre religion sans entrer dans la tienne, et ont apporté une religion nouvelle que ni nous ni toi ne connaissons. Les notables de leur peuple, parmi leurs pères, oncles et clans, nous ont envoyés vers toi pour que tu les leur rendes. Ils connaissent mieux ce qu'ils leur reprochent et les défauts qu'ils leur trouvent. » Rien n'était plus odieux à ʿAbd Allāh, ʿAmr et tout Quraych que d'entendre le Négus écouter les paroles des musulmans. Ses patrices, qui l'entouraient, dirent : « Ô roi, leur peuple connaît mieux leurs défauts, livre-les-leur pour qu'ils les ramènent dans leur pays et auprès de leur peuple. » Le Négus dit : « Non, par Dieu, je ne les livrerai pas avant de les avoir convoqués et interrogés sur ce que ces deux disent à leur sujet. S'ils sont comme ils le disent, je les livrerai ; sinon, je les protégerai et leur accorderai un bon asile tant qu'ils séjourneront chez moi. » Puis il envoya quelqu'un les convoquer. Certains d'entre eux se dirent : « Que répondrons-nous à cet homme quand nous serons devant lui ? » Ils dirent : « Nous dirons, par Dieu, ce que nous savons et ce que notre Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) nous a ordonné, quoi qu'il advienne. » Or ʿAmr ibn al-ʿĀṣ était un ami du Négus, le connaissant depuis longtemps et lui offrant des présents ; il le faisait asseoir à sa place et l'honorait grandement. Ils entrèrent donc chez lui, tandis que ʿAmr ibn al-ʿĀṣ se tenait à sa droite. Quand ceux qui entouraient le roi les virent, ils leur dirent : « Prosternez-vous devant le roi. » Les Compagnons avaient confié leur affaire à Jaʿfar ibn Abī Ṭālib pour qu'il parle au roi en leur nom. Jaʿfar dit : « Nous ne nous prosternons que devant Dieu seul. » Ceux qui entouraient le roi les réprimandèrent, mais ils ne se prosternèrent pas. Le roi leur dit : « Quelle est cette religion pour laquelle vous avez abandonné votre peuple sans entrer dans ma religion ni dans celle d'aucune de ces communautés ? » Jaʿfar ibn Abī Ṭālib (que Dieu l'agrée) lui répondit : « Ô roi, nous étions un peuple de l'époque préislamique (jāhiliyya) : nous adorions les idoles, mangions les charognes, commettions les turpitudes, rompions les liens de parenté, capturions les femmes, et le fort parmi nous dévorait le faible. Nous étions ainsi jusqu'à ce que Dieu nous envoie un messager issu de nous, dont nous connaissions la lignée, la véracité, la loyauté et la pureté. Il nous appela à Dieu pour L'unifier, L'adorer, et abandonner ce que nous et nos pères adorions en dehors de Lui parmi les pierres et les idoles. Il nous ordonna la sincérité dans la parole, la restitution des dépôts, le maintien des liens de parenté, la bonne voisinage, et de s'abstenir des choses illicites et du sang. Il nous interdit les turpitudes, le faux témoignage, la consommation des biens de l'orphelin et la calomnie contre les femmes chastes. Il nous ordonna d'adorer Dieu sans rien Lui associer, et nous ordonna la prière (ṣalāt), l'aumône légale (zakāt) et le jeûne (ṣiyām). » Jaʿfar énuméra ainsi les prescriptions de l'Islam. Puis il dit : « Nous l'avons cru, nous avons eu foi en lui, et nous l'avons suivi dans ce qu'il a apporté. Nous avons adoré Dieu sans rien Lui associer, nous avons déclaré illicite ce qu'Il nous a interdit, et licite ce qu'Il nous a permis. Alors notre peuple s'est dressé contre nous, nous a persécutés et tentés de nous détourner de notre religion pour nous ramener à l'adoration des idoles au lieu de l'adoration de Dieu, et pour que nous considérions comme licites les abominations que nous considérions auparavant comme telles. Quand ils nous ont vaincus, opprimés, resserrés autour de nous, et se sont interposés entre nous et notre religion, nous sommes partis vers ton pays, t'avons choisi parmi tous les autres, avons désiré ton asile, et espéré ne pas être injustement traités chez toi. » Le Négus dit : « As-tu avec toi quelque chose de ce qu'il a apporté de la part de Dieu ? » Jaʿfar répondit : « Oui. » Le Négus dit : « Récite-le-moi. » Il lui récita le début de la sourate « Kāf-Hā-Yā-ʿAyn-Ṣād » (Maryam). Le Négus pleura jusqu'à ce que sa barbe soit trempée, et ses évêques (asāqifatuhu) pleurèrent en entendant ce qu'il leur récitait. Puis le Négus dit : « Ceci vient de Dieu. Allez, par Dieu, je ne vous livrerai pas à eux. » ʿAmr et les patrices qui l'avaient aidé et à qui il avait offert des présents virent ce qu'ils détestaient, et cela leur pesa lourdement. Quand ils sortirent de chez lui, ʿAmr dit : « Par Dieu, je lui préparerai demain de quoi les anéantir jusqu'à la racine. Par Dieu, je l'informerai qu'ils prétendent que Jésus fils de Marie est un serviteur de Dieu. » Le lendemain matin, il alla le voir et dit : « Ô roi, ils disent à propos de Jésus fils de Marie une parole énorme. Envoie-les chercher et interroge-les sur ce qu'ils disent à son sujet. » Cette nouvelle parvint aux musulmans, qui n'avaient jamais été confrontés à pareille épreuve. Ils se réunirent et se dirent : « Que direz-vous à propos de Jésus fils de Marie s'il vous interroge ? » Ils répondirent : « Nous dirons, par Dieu, ce que Dieu a dit et ce que notre Prophète (que la paix soit sur lui) a apporté, quoi qu'il advienne. » Le Négus les envoya chercher. Quand ils entrèrent, il leur dit : « Que dites-vous à propos de Jésus fils de Marie ? » Jaʿfar répondit : « Nous disons à son sujet ce que notre Prophète a apporté : il est le serviteur de Dieu, Son messager, Son Esprit et Sa Parole qu'Il a projetée en Marie, la vierge, la pure, la chaste. » Or le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) avait envoyé ʿAmr ibn Umayya al-Ḍamrī avec une lettre au Négus, l'appelant à l'Islam et lui disant : « Tu as chez toi mes compagnons : accorde-leur asile, rapproche-les de toi et ne sois pas arrogant envers eux. » Il avait également envoyé aux musulmans ce que Dieu lui avait révélé : « Certes, l'exemple de Jésus auprès de Dieu est comme l'exemple d'Adam » (Coran 3:59). Quand le Négus entendit cela, il frappa le sol de sa main, en ramassa un morceau de bois et dit : « Jésus fils de Marie n'excède pas ce que tu as dit de la mesure de ce bâton. » Ses patrices autour de lui reculèrent lorsqu'il dit cela. Il leur dit : « Même si vous en êtes fâchés ! » Puis il se tourna vers les musulmans et dit : « Allez, vous êtes en sécurité dans mon pays. Je n'aimerais pas avoir offensé un seul d'entre vous, même pour une montagne d'or. Rendez à ces deux leurs présents, je n'en ai que faire. Par Dieu, Dieu n'a pas accepté de pot-de-vin quand Il m'a rendu mon royaume, pour que j'en accepte une. Et les hommes ne m'ont pas obéi pour que je leur obéisse en cela. » Les patrices en furent affligés et peinés. ʿAmr et son compagnon sortirent de chez lui honteux, leurs présents refusés. Les musulmans demeurèrent chez lui dans la meilleure demeure, auprès du meilleur voisin. Puis il se tourna vers eux, les traita avec générosité, les éleva en rang, et continua à écouter. Il embrassa l'Islam et répondit au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dans sa lettre : « J'ai embrassé l'Islam. » Ses messagers et ses lettres continuèrent d'aller et venir vers le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) avec des présents. Il envoya son fils au Prophète (que la paix soit sur lui), mais il se noya en mer avant de l'atteindre. L'affaire du Négus, quant à son Islam, est bien connue. Ce que nous voulons montrer par là, c'est que ʿAmr ibn al-ʿĀṣ s'est vanté d'insulter le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), de détourner les gens de lui et de l'éloigner d'eux auprès du Négus. Regarde donc : a-t-il pu avancer un argument, ou quoi que ce soit qui ressemble à un argument, une traîtrise ou une faute ? Or le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) avait émigré et avait eu avec Quraych, les Juifs et les Chrétiens ces batailles et ces affrontements auxquels ʿAmr avait assisté, et il avait eu connaissance de ce à quoi il n'avait pas assisté. Regarde donc : avait-il en cela quelque chose pour détourner les gens du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) ou pour argumenter contre les musulmans, alors qu'il avait épuisé tous ses moyens ? Or le sommeil de ʿAmr est supérieur à l'éveil de ces vils hérétiques de ton temps, comme al-Ḥaddād, al-Warrāq, Ibn al-Rāwandī, al-Kindī, les Bāṭiniyya et les diverses catégories de Qarāmiṭa. Combien y a-t-il eu de semblables à ʿAmr parmi Quraych ?


  1. وَعَدَ اللَّهُ الَّذِينَ آمَنُوا مِنْكُمْ : Référence au verset 55 de la sourate al-Nour (24:55) : « Dieu a promis à ceux d'entre vous qui croient et accomplissent les bonnes œuvres qu'Il les fera succéder sur terre, comme Il a fait succéder ceux qui les ont précédés, et qu'Il établira fermement leur religion qu'Il a agréée pour eux, et qu'Il remplacera leur peur par la sécurité. Ils M'adorent sans rien M'associer. »
  2. الإمامية : Les imamites : branche du chiisme qui reconnaît douze imams descendants d'Ali, considérés comme les seuls successeurs légitimes du Prophète.
  3. رضي الله عنه : Formule de bénédiction pour un compagnon : « que Dieu l'agrée ».
  4. المهاجرين : Les Émigrés : les premiers musulmans qui ont émigré de La Mecque à Médine avec le Prophète.
  5. الأنصار : Les Auxiliaires : les habitants de Médine qui ont accueilli et soutenu le Prophète et les Émigrés.
  6. عام الفتح : L'année de la conquête de La Mecque (8 H/630), où de nombreux Mecquois se convertirent après la victoire.
  7. عام الخندق : L'année du Fossé (5 H/627), où les musulmans creusèrent un fossé pour se défendre contre les coalisés.
  8. غزوة الأحزاب : L'expédition des Coalisés (ou des Factions), nom donné à la bataille du Fossé.
  9. الطلقاء : Les affranchis : les Mecquois convertis après la conquête, considérés comme libres de leur choix.
  10. الإجماع : Le consensus des savants, source de jurisprudence islamique.
  11. هشام بن الحكم : Hicham ibn al-Hakam : théologien chiite du IIe siècle de l'Hégire, connu pour ses critiques des premiers califes.
  12. الشيعة : Les chiites : partisans d'Ali, considérant que le califat devait revenir à sa famille.
  13. الوصي : Le légataire : titre donné à Ali, considéré comme le successeur désigné par le Prophète.
  14. أهل الكتاب : Les Gens du Livre : juifs et chrétiens, qui possèdent des Écritures révélées.
  15. سورة النور : Sourate al-Nour (La Lumière), chapitre 24 du Coran.
  16. بني النضير : Les Banu al-Nadir : tribu juive de Médine, expulsée en 4 H pour trahison.
  17. الحجاز : Le Hedjaz : région de l'ouest de l'Arabie, incluant La Mecque et Médine.
  18. بني قريظة : Les Banu Qurayza : tribu juive de Médine, alliée des musulmans puis traîtres lors de la bataille du Fossé.
  19. الله أكبر : Allahou Akbar : « Dieu est plus grand », formule de glorification.
  20. الآية : Versets 9-11 de la sourate al-Ahzab (33:9-11).
  21. الآية : Versets 12-13 de la sourate al-Ahzab (33:12-13).
  22. كسرى : Chosroès : titre des rois sassanides de Perse.
  23. قيصر : César : titre des empereurs byzantins.
  24. يثرب : Yathrib : ancien nom de Médine avant l'islam.
  25. عورة : Exposées : sans défense, vulnérables.
  26. الآية : Versets 14-19 de la sourate al-Ahzab (33:14-19).
  27. bādūna : Pluriel de bādī, désignant ceux qui vivent dans le désert, les bédouins, par opposition aux sédentaires.
  28. a‘rāb : Nomades arabes du désert, souvent opposés aux habitants des villes. Le terme peut avoir une connotation péjorative dans le Coran.
  29. uswa ḥasana : Exemple parfait, modèle à suivre. Terme coranique désignant le Prophète Muhammad comme modèle idéal.
  30. asbāb : Moyens, causes, ou voies d’accès. Dans le contexte coranique, peut désigner les moyens de monter aux cieux ou les causes matérielles.
  31. naḥb : Terme signifiant vœu, engagement, ou terme de la vie. Ici, «atteint son terme» signifie avoir accompli son vœu jusqu’à la mort.
  32. Banū Qurayẓa : Tribu juive de Médine, alliée des coalisés lors de la bataille du Fossé. Après la bataille, ils furent assiégés et jugés.
  33. ikhwat al-qirada : Expression utilisée par le Prophète pour désigner les Juifs, en référence à la métamorphose de certains en singes selon le Coran (sourate 2, verset 65).
  34. Abū Lubāba : Compagnon du Prophète, envoyé comme négociateur auprès des Banū Qurayẓa. Il fit un signe de la gorge, trahissant ainsi le secret du Prophète.
  35. Sa‘d ibn Mu‘ādh : Chef de la tribu des Aws, alliée des Banū Qurayẓa. Blessé lors de la bataille du Fossé, il fut choisi comme arbitre et prononça la sentence de mort contre les hommes de la tribu.
  36. al-Aws : Tribu arabe de Médine, convertie à l’islam, alliée des Banū Qurayẓa avant l’islam.
  37. bāṭiniyya : For intérieur, sens caché ; ici, les intentions secrètes.
  38. ri'āsa : Préséance, autorité, fonction de chef.
  39. siyāda : Seigneurie, autorité suprême.
  40. ḥazm : Prudence, fermeté, décision judicieuse.
  41. Ṣallā Llāhu ʿalayhi wa-sallam : Formule de bénédiction sur le Prophète Muhammad : « Que Dieu prie sur lui et le salue. »
  42. mudārāt : Diplomatie, ménagement, traitement avec douceur.
  43. mukāshafa : Confrontation directe, dévoilement des défauts.
  44. anshadahu : Il lui récita (un poème).
  45. nafal : Butin, don supplémentaire ; ici, peut-être au sens figuré.
  46. amr Allāh : Ordre de Dieu ; ici, la révélation coranique.
  47. khāliq : Créateur.
  48. aslamnā : Nous nous sommes soumis (à Dieu) ; degré inférieur à la foi (īmān).
  49. ṣādiqīn : Sincères, véridiques.
  50. baṣīra : Clairvoyance, discernement spirituel.
  51. ṣadaqāt : Aumônes légales, impôt religieux.
  52. mu'allafatu qulūbuhum : Ceux dont les cœurs sont à gagner ; catégorie de bénéficiaires de l'aumône.
  53. muhājirūn : Émigrés ; les premiers musulmans ayant émigré de La Mecque à Médine.
  54. sābiqūn : Les premiers (à embrasser l'islam) ; les devanciers.
  55. anṣār : Auxiliaires ; les habitants de Médine ayant accueilli les émigrés.
  56. ʿizza : Puissance, gloire, force.
  57. sayyid : Chef, seigneur, maître.
  58. mawālī : Clients, affranchis ; personnes sous protection.
  59. ḍīq : Exiguïté, manque d'espace.
  60. hādhā l-rajul : Cet homme ; désigne le Prophète Muhammad.
  61. yaqtuluhu : Le tue ; sous-entendu : Abd Allah ibn Ubayy.
  62. Banū Qayla : Tribu mère des Aws et des Khazraj.
  63. al-Muhājirūn : Les Émigrés : les premiers musulmans qui ont émigré de La Mecque à Médine avec le Prophète.
  64. al-'iṣma : L'immunité prophétique : la protection divine qui préserve les prophètes de tout péché et erreur dans la transmission du message.
  65. Sūrat at-Tawba : Sourate 9 du Coran, dite du Repentir, qui traite notamment des hypocrites et des campagnes militaires.
  66. al-fustât : Tente ou campement, souvent utilisé pour désigner la tente du commandement militaire.
  67. Sala' : Colline ou lieu à Médine, mentionné dans les récits de la sira.
  68. istanna : Action de se nettoyer les dents avec un siwak (bâtonnet) ou autre.
  69. al-subh : La prière de l'aube, l'une des cinq prières obligatoires.
  70. al-muhâjirûn : Les émigrés de La Mecque à Médine avec le Prophète.
  71. al-ansâr : Les auxiliaires de Médine qui ont accueilli et soutenu le Prophète et les émigrés.
  72. al-tashayyu' : Le chiisme, ici utilisé péjorativement pour désigner une attitude de dissimulation ou de sectarisme.
  73. hujaj : Preuves ou arguments d'Allah, désignant souvent les prophètes et les imams infaillibles.
  74. Amîr al-mu'minîn : Commandeur des croyants, titre donné à 'Ali ibn Abi Talib par les chiites.
  75. al-taqiyya : Dissimulation de sa foi par crainte, pratique autorisée dans certaines écoles.
  76. al-jâhiliyya : Période préislamique caractérisée par l'ignorance religieuse.
  77. Coran 6:52 : Référence coranique : sourate al-An'am, verset 52.
  78. Coran 6:53-54 : Référence coranique : sourate al-An'am, versets 53-54.
  79. Coran 18:28 : Référence coranique : sourate al-Kahf, verset 28.
  80. al-sâbiqa : L'antériorité dans l'islam, critère de mérite.
  81. al-hijra : L'émigration pour Allah, notamment de La Mecque à Médine.
  82. al-basîra : La clairvoyance spirituelle, la perspicacité dans la foi.
  83. marqab : Poste d'observation ou lieu élevé.
  84. habîs fî sabîl Allâh : Consacré à la voie d'Allah, souvent pour le jihad ou le service religieux.
  85. a'immat al-hudâ : Les imams guides, désignant les califes bien guidés ou les imams infaillibles.
  86. Coran 80:1-12 : Référence coranique : sourate 'Abasa, versets 1-12.
  87. Coran 33:37 : Référence coranique : sourate al-Ahzab, verset 37.
  88. Fadak : Village près de Khaybar, dont les terres furent attribuées au Prophète comme fay' (butin sans combat).
  89. Buhayra : Nom d'une localité ou d'une région près de Médine ; peut-être une variante de 'Buhayra' signifiant 'petite mer' ou 'lac'.
  90. Ansar : Les 'auxiliaires' musulmans de Médine qui accueillirent et soutinrent le Prophète après l'Hégire.
  91. Harmal : Plante épineuse et amère, symbole de stérilité ou de désolation.
  92. al-Aḥzāb : Les coalisés : désigne la coalition des tribus arabes et juives qui assiégèrent Médine en l'an 5 de l'Hégire (bataille du Fossé).
  93. Aṣḥāb al-Kahf : Les gens de la caverne : groupe de jeunes croyants qui, selon la tradition islamique, s'endormirent dans une caverne pendant des siècles pour fuir la persécution païenne. Leur histoire est relatée dans la sourate 18 du Coran.
  94. Dhū l-Qarnayn : Le possesseur des deux cornes : figure coranique, souvent identifiée à Alexandre le Grand ou à un roi juste, qui voyagea d'un bout à l'autre du monde connu.
  95. Wādī l-Qurā : Vallée des villages : région située entre Médine et le Levant, habitée par des communautés juives.
  96. yatawakkafāni qudūmahu : Attendant son arrivée : expression indiquant qu'ils guettaient la venue du Prophète Muhammad.
  97. jazīratinā hādhihi : Notre île : désigne la péninsule arabique, considérée comme une île entourée de mers et de déserts.
  98. Kitāb Bāṭā : Le livre de Bāṭā : probablement une référence à un texte sacré juif, peut-être la Torah, ou un écrit apocryphe.
  99. al-khamr wa l-khamīr : Le vin et le pain fermenté : expression désignant une terre d'abondance et de plaisirs, par opposition à la terre de misère.
  100. al-mawsim : La saison : fait référence à la saison du pèlerinage (ḥajj) à La Mecque, moment où les Arabes se rassemblaient.
  101. yatakhaṭṭafahum al-nās : Que les gens ne les arrachent : expression signifiant qu'ils craignaient d'être enlevés ou attaqués par les païens.
  102. al-muhājirūn : Les émigrés : les premiers musulmans qui émigrèrent de La Mecque à Médine pour suivre le Prophète.
  103. sihr : Magie ; ici, les magiciens de Pharaon sont accusés d'avoir appris la magie de Moïse.
  104. āyāt : Versets coraniques (Coran 20:71-73).
  105. muwālāt : Alliance, loyauté, amitié ; concept de solidarité religieuse.
  106. Muhājirūn : Émigrés ; les premiers musulmans qui ont émigré de La Mecque à Médine.
  107. Anṣār : Auxiliaires ; les habitants de Médine qui ont accueilli et soutenu les Émigrés.
  108. yabūr : Périt, est voué à la perdition ; référence coranique (Coran 35:10).
  109. majlis : Assemblée, conseil tribal.
  110. turba : Poitrine ; littéralement « les deux mèches tombant sur sa poitrine ».
  111. ḥīna : Lorsque ; le texte arabe est ambigu.
  112. āyāt : Versets coraniques (Coran 6:151-152).
  113. āyāt : Versets coraniques (Coran 16:90).
  114. Najāshī : Négus ; titre du roi d'Abyssinie (Éthiopie) à l'époque.

La deuxième partie

Leur voie est la même que la sienne dans l'hostilité envers le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, et les musulmans. Que de correspondances n'a-t-il pas eues avec le Négus 1 au sujet de 'Amr ibn Umayya al-Damari 2 pour qu'il le lui livre afin de le tuer, mais il ne le lui a pas livré. Puis, après cela, il retourna voir le Négus après une longue période, voyage après voyage. Le Négus l'exhorta, l'appela à l'islam et l'incita à émigrer. Or, son frère Hisham ibn al-'As 3 était meilleur que lui et d'un rang plus élevé ; il embrassa l'islam, émigra, combattit du vivant du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, et après sa mort, et mourut en martyr, qu'Allah lui fasse miséricorde. Considère donc la stratégie des Qurayshites 4 consistant à apaiser les patrices 5 pour qu'ils soient avec eux contre les musulmans et qu'ils détournent le Négus des musulmans. Voilà bien la stratégie des gens intelligents, des rusés et des négateurs. Il n'est pas possible à un homme sensé, parfait et réfléchi de faire plus que cela pour connaître l'intelligence des Qurayshites et des ennemis du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, parmi les Arabes, par opposition aux autres. Puis, cela ne leur servit à rien dans ce qu'ils cherchaient à obtenir en attaquant le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui. Considère comment, lorsque les musulmans mentionnèrent que nous connaissions sa loyauté, sa véracité, sa chasteté, etc., 'Amr ou tout autre de ses ennemis put-il le dénigrer ou le nier ? Or, le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, est leur fils ; ils l'ont engendré, ils l'ont élevé, il a grandi parmi eux, il a vécu et voyagé avec eux. [Un autre chapitre : comment les miracles du Messager se suffisent les uns aux autres, contrairement aux choses dont l'obligation est universelle et l'imposition générale] Ses miracles, paix et bénédiction sur lui, et les signes qui ont brisé les coutumes, se suffisent les uns aux autres et se remplacent mutuellement. En effet, celui qui s'appuie sur l'éloquence et la clarté du Coran pour prouver la prophétie du Prophète, paix sur lui, reconnaît sa véracité même s'il ne connaît pas les annonces de l'invisible contenues dans le Coran. Et celui qui ne s'appuie pas sur l'éloquence mais sur ce qu'il contient comme indications sur ce qui est dans les esprits, parvient à connaître sa prophétie même s'il ne s'appuie ni sur l'éloquence ni sur les annonces de l'invisible. Il n'en va pas de même pour les textes relatifs aux choses dont l'obligation est universelle et l'imposition générale : en effet, les uns ne remplacent pas les autres, ne se suffisent pas mutuellement, et il est nécessaire d'acquérir la connaissance de chacun d'eux, et leur venue à tous est une venue unique. Cela t'est clairement montré par le fait que le texte sur la direction de la prière 6 ne dispense pas du texte sur le mois de Ramadan, le texte sur le vendredi ne dispense pas du texte sur la grande ablution 7, et de même pour le vin, le porc, la fornication, la sodomie, les mères, les sœurs, les filles, et tous les devoirs d'obligation générale. Connais cela. Nous n'avons mentionné cela que parce qu'un groupe d'imamites 8 et de rafidites 9 a prétendu que le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, avait désigné textuellement l'imamat d'un homme en particulier, et avait imposé à toute la création, hommes et femmes, esclaves et hommes libres, voyageurs et résidents, malades et bien portants, de lui obéir, de croire en son autorité et de l'aimer. On leur dit : Si les choses étaient comme vous le prétendez, la connaissance de cela serait venue de la même manière que les autres devoirs généraux obligatoires, car sa parole, paix et bénédiction sur lui : « Celui-ci est votre imam, celui-ci est la preuve d'Allah sur vous après moi » a, dans l'universalité de son obligation, le même statut que son texte sur sa prophétie, et sa parole : « Je suis le Messager d'Allah vers vous » est plus générale dans l'obligation que la direction de la prière et le mois de Ramadan. Si nous connaissons son texte sur la direction de la prière et le mois de Ramadan, alors la connaissance de ce que vous prétendez aurait dû être plus forte. Ils dirent : Considérez donc ce que vous prétendez comme texte comme faisant partie des miracles qui ne sont pas le Coran. On leur dit : Le fait que vous excluiez ce texte de ses semblables et analogues parmi les textes est l'un des plus forts indices de la faiblesse de votre certitude à son sujet et de votre désespoir quant à son authenticité. Cela suffit comme preuve contradictoire de la fausseté de ce qu'ils prétendent. De plus, toute personne ayant entendu les récits sait qu'il, paix et bénédiction sur lui, a revendiqué la prophétie et affirmé avoir avec lui des signes, des miracles et des preuves, sans que celui qui le croit ni celui qui le dément n'en doute. Compare cela avec son équivalent : que toute personne ayant entendu les récits sache que le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, a fait la désignation textuelle que vous prétendez. Or, cela n'est ni avec vous ni pour vous. Ainsi, ce que vous avez obtenu de ces miracles est contre vous, non pour vous. De plus, parmi ces miracles qui accompagnent le Prophète, il y en a que toute personne ayant entendu les récits sait qu'il, paix sur lui, a affirmé qu'ils étaient une preuve de sa prophétie, et parmi eux, il y a ceux sur lesquels la communauté s'est accordée. Ce que vous prétendez, en revanche, n'est connu ni de manière nécessaire ni par consensus. Cela est, comme vous le voyez, éloigné de ce que vous prétendez. Et une autre réponse : il faut savoir que beaucoup de miracles qui ne sont pas dans le Coran sont connus de beaucoup de gens comme ils connaissent le Coran. Tu trouves cela chez celui dont l'audition est abondante et l'intérêt intense pour la mission du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, son séjour à La Mecque, son émigration à Médine, sa biographie, ses correspondances, ses lettres et ses expéditions militaires. C'est pourquoi tu trouves Abu al-Hudhayl 10, 'Amr ibn Bahr al-Jahiz 11, Muhammad ibn Shabib 12 et leurs semblables parmi les anciens, qui prétendent dans leurs livres composés sur la prophétie, au sujet des miracles qui ne sont pas dans le Coran, une connaissance nécessaire. De même, Abu 'Umar al-Bahili 13 ; Abu Hashim 14 a mentionné dans son « Naqd al-Farid » 15 quelque chose d'approchant, prétendant une connaissance nécessaire concernant la prière du Prophète pour la pluie, son annonce des tués lors de l'expédition de Mu'ta 16, et les échanges entre le Prophète, paix et bénédiction sur lui, et les gens de La Mecque au sujet de la victoire des Romains sur les Perses. Connais cela, et que ton intérêt pour ces choses soit intense afin de les égaler dans la connaissance de cela. [Un autre chapitre : les lettres du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, au roi des Romains et au roi des Perses, et ce qu'elles contiennent comme preuves] La lettre du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, au roi des Romains, comme il écrivit à Kisra 17, roi des Perses. Sa lettre au roi des Romains fut confiée à Dihya ibn Khalifa al-Kalbi 18 ; le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, avait ordonné à Dihya de remettre sa lettre au gouverneur de Busra 19 pour qu'il la transmette à César 20, roi des Romains. Lorsqu'elle fut lue à César, elle l'invitait à Allah, à L'adorer seul, à ne pas être avare de son royaume, et à ne pas porter les péchés des Romains avec son propre péché. Or, le roi des Romains se trouvait en Syrie, à Homs et à Damas, hivernant dans un pays et estivant dans un autre. Il réfléchit longuement au sujet du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, et de sa lettre, et sentit son cœur s'humilier. Il dit à ses compagnons : « Cherchez-moi si quelqu'un de ce peuple arabe qui prétend être prophète se trouve ici, afin que je l'interroge à son sujet. » Ils trouvèrent en Syrie des hommes des Qurayshites venus pour le commerce pendant la trêve qui existait entre le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, et les mécréants de Quraysh, parmi lesquels Abu Sufyan Sakhr ibn Harb 21. On les fit venir auprès de lui alors qu'il était arrivé à Jérusalem. On les fit entrer chez lui alors qu'il siégeait dans son conseil royal, portant la couronne, entouré des grands des Romains. Il dit à son interprète : « Lequel d'entre eux est le plus proche parent de cet homme qui prétend être prophète ? » Abu Sufyan dit : « Je suis le plus proche d'entre eux de lui. » Le roi des Romains dit : « Quel est le lien de parenté entre toi et lui ? » Abu Sufyan dit : « Il est mon cousin germain. » Et il n'y avait ce jour-là dans la caravane aucun homme des Banu 'Abd Manaf 22 autre qu'Abu Sufyan. Le roi des Romains lui dit : « Approche-toi de moi. » Puis il ordonna à ses compagnons de Quraysh de se placer derrière lui, près de son épaule. Puis il dit à son interprète : « Dis à ses compagnons : Je vais interroger cet homme au sujet de celui qui prétend être prophète. S'il ment, démentez-le. » Ils dirent : « Oui. » Puis il dit à son interprète : « Dis-lui : Comment est la lignée de cet homme parmi vous ? » Abu Sufyan dit : « Il est d'une noble lignée parmi nous. » Le roi des Romains dit : « Quelqu'un avant lui a-t-il tenu ce discours parmi vous ? » Il dit : « Non. » Le roi des Romains dit : « Y avait-il un roi parmi ses ancêtres ? » Abu Sufyan dit : « Non. » Le roi des Romains dit : « Les nobles gens l'ont-ils suivi, ou les faibles ? » Abu Sufyan dit : « Plutôt les faibles. » Le roi des Romains dit : « Augmentent-ils ou diminuent-ils ? » Abu Sufyan dit : « Ils augmentent. » Le roi des Romains dit : « Quelqu'un apostasie-t-il, mécontent de sa religion, après y être entré ? » Abu Sufyan dit : « Non. » Le roi des Romains dit : « Trahit-il ? » Abu Sufyan dit : « Non, et nous sommes actuellement en trêve avec lui, et nous craignons qu'il ne trahisse. » Le roi des Romains dit : « L'avez-vous combattu et vous a-t-il combattus ? » Abu Sufyan dit : « Oui. » Le roi des Romains dit : « Comment étaient votre guerre et sa guerre ? » Abu Sufyan dit : « C'était un combat alterné, tantôt il prenait le dessus sur nous, tantôt nous prenions le dessus sur lui. » Il dit : « Que vous ordonne-t-il ? » Abu Sufyan dit : « Il nous ordonne d'adorer Allah seul, sans rien Lui associer, et nous interdit ce qu'adoraient nos pères. Il nous ordonne la prière, l'aumône, la véracité, la chasteté, la fidélité aux engagements et la restitution des dépôts. » Il dit : « Et ces notables de Quraysh écoutaient les paroles d'Abu Sufyan et le croyaient. » Le roi des Romains dit à son interprète : « Dis-lui : Je t'ai interrogé sur sa lignée parmi vous, et tu as prétendu qu'il est d'une noble lignée parmi vous. Ainsi en est-il des messagers : ils sont envoyés dans la lignée de leur peuple. Je t'ai interrogé pour savoir si quelqu'un avant lui avait tenu ce discours parmi vous, et tu as prétendu que non. J'ai dit : Si quelqu'un avant lui avait tenu ce discours, j'aurais dit que c'est un homme qui suit une parole dite avant lui. Je t'ai interrogé pour savoir si vous l'accusiez de mensonge avant qu'il ne dise ce qu'il a dit, et tu as prétendu que non. J'ai su qu'il n'allait pas délaisser le mensonge envers les gens pour mentir sur Allah. Je t'ai interrogé pour savoir s'il y avait un roi parmi ses ancêtres, et tu as prétendu que non. J'ai dit : S'il y avait eu un roi parmi ses ancêtres, j'aurais dit qu'il recherche le royaume de ses ancêtres. Je t'ai interrogé pour savoir si les nobles gens l'avaient suivi ou les faibles, et tu as prétendu que les faibles l'avaient suivi, et ils sont les disciples des messagers. Je t'ai interrogé pour savoir s'ils augmentent ou diminuent, et tu as prétendu qu'ils augmentent. Ainsi en est-il de la foi, jusqu'à ce qu'elle soit complète. Je t'ai interrogé pour savoir si quelqu'un apostasie, mécontent de sa religion, après y être entré, et tu as prétendu que non. Ainsi en est-il de la foi : lorsqu'elle se mêle aux cœurs, personne ne la renie. Je t'ai interrogé pour savoir s'il trahit, et tu as prétendu que non. Ainsi en est-il des messagers : ils ne trahissent pas. Je t'ai interrogé pour savoir s'il vous a combattus et si vous l'avez combattu, et tu as prétendu que oui, et que votre guerre était alternée. Ainsi en est-il des messagers : ils sont éprouvés, mais l'issue heureuse leur appartient. Je t'ai interrogé sur ce qu'il vous ordonne, et tu as prétendu qu'il vous ordonne d'adorer Allah seul, vous interdit ce qu'adoraient vos pères, et vous ordonne la prière, la véracité, la chasteté, la fidélité et la restitution des dépôts. Tels sont les attributs du prophète ; je savais qu'il devait apparaître, mais je ne pensais pas qu'il serait parmi vous. Si ce que tu dis est vrai, il se peut qu'il possède l'endroit où se trouvent mes deux pieds. Par Allah, si j'espérais parvenir jusqu'à lui, j'aurais affronté les difficultés pour le rencontrer, et si j'étais auprès de lui, je lui laverais les pieds. » Abu Sufyan dit : « Puis il demanda la lettre du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, et ordonna qu'on la lise jusqu'à ce qu'on arrive à sa parole : « Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n'adorions qu'Allah, sans rien Lui associer, et que les uns ne prennent pas les autres pour seigneurs en dehors d'Allah. S'ils se détournent, dites : Soyez témoins que nous sommes musulmans. » 23 Abu Sufyan dit : « Lorsqu'il eut fini son discours, les voix de ceux qui l'entouraient parmi les grands des Romains s'élevèrent, et leurs murmures augmentèrent, si bien que je ne sus ce qu'ils dirent. Il ordonna qu'on nous fasse sortir. Lorsque je sortis avec mes compagnons et que je fus seul avec eux, je dis : « L'affaire du fils d'Abi Kabsha 24 a pris de l'ampleur ; voilà que le roi des fils d'al-Asfar 25 le craint. » Abu Sufyan dit à ses compagnons : « Par Allah, sans la crainte qu'ils ne rapportent de moi un mensonge, je lui aurais dit des choses sur lui lorsqu'il m'interrogea, mais j'eus honte qu'ils rapportent de moi un mensonge, alors je dis la vérité sur lui, et je ne pus trouver un mot par lequel j'aurais pu introduire quelque chose pour dénigrer Muhammad, de peur qu'il ne rapporte autre chose de moi, lorsqu'il me dit : « Trahit-il ? » Je dis : « Non, et nous sommes actuellement en trêve avec lui, et nous craignons qu'il ne trahisse. »

Voici Abū Sufyān, ennemi du Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) à cette époque – cela se passait avant sa conversion à l’islām et durant son état d’hostilité –, et ceux qui l’accompagnaient parmi les Qurayšites partageaient son état d’hostilité. Quant au roi des Romains, c’était un homme sensé et résolu. Observe comment il usa de prudence en interrogeant sur lui (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) ses ennemis. Il les fit venir sans qu’ils sachent ce qu’il voulait d’eux, et les interrogea à son sujet selon cette méthode qui lui permit de faire parler l’un d’eux en présence du groupe, à l’improviste, dans une situation où toute entente préalable était improbable. Puis, la parole d’Abū Sufyān à ses compagnons : « Sans la crainte que vous ne rapportiez de moi un mensonge et ma honte devant vous, je n’aurais pas dit la vérité au roi des Romains à son sujet, mais j’aurais menti sur lui. Et je n’ai pu le dénigrer qu’en disant : “Nous craignons qu’il ne trahisse.” Je n’ai pu faire plus que cela. » Abū Sufyān craignait que, s’il avait été seul, le roi des Romains n’interrogeât un autre que lui, ce qui aurait révélé son mensonge. Médite la parole du roi des Romains : « Quelqu’un apostasie-t-il par dépit pour sa religion ? », c’est-à-dire à cause d’une chute ou d’une faute de sa part. Lorsqu’Abū Sufyān se convertit à l’islām, il répétait ce récit, puis disait : « Par Allāh, je n’ai cessé d’être humilié, convaincu que la cause de Muḥammad (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) triompherait, jusqu’à ce qu’Allāh fît entrer l’islām dans mon cœur, alors que je le détestais. » Le roi des Romains plaça la lettre du Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) devant lui, réfléchit à son contenu et poursuivit ses questions à son sujet (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui). Umayya ibn Abī Ṣ-Ṣalt aṯ-Ṯaqafī et Ḥakīm ibn Ḥizām al-Qurašī vinrent à lui ; il les interrogea à son sujet, et ils l’informèrent de son état et de son appel, de la même manière qu’Abū Sufyān et ce groupe l’avaient fait. Il dit à Umayya ibn Abī Ṣ-Ṣalt : « As-tu cru en lui ? » Il répondit : « Je ne croirais en un prophète que s’il était de Ṯaqīf. » Ce roi était un homme d’humilité. Lorsque les troupes des Perses furent repoussées, il marcha de Ḥimṣ à Jérusalem en action de grâce à Allāh. Il y eut l’histoire célèbre, déjà mentionnée pour toi, à propos de la parole d’Allāh – Puissant et Majestueux – : « Alif, Lām, Mīm. Les Romains ont été vaincus dans la terre la plus proche » ; leur roi revint vers eux l’année de Ḥudaybiyya. Le roi des Romains envoya un message à un homme qui se trouvait à Rome, lisant en hébreu et connaissant les Écritures anciennes. Celui-ci lui écrivit pour l’informer de la réception de la lettre du Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui), de ce qu’elle contenait, et de ce qu’il avait découvert en s’enquérant de lui. L’homme de Rome lui écrivit : « C’est le Prophète que nous attendions, sans aucun doute. » Lorsque le roi des Romains prit connaissance de cela, il ordonna à ses patrices (baṭāriqa) de se rassembler pour lui dans le palais (daskara) de son royaume. Il ordonna que les portes fussent fermées sur eux, puis il les observa depuis une chambre haute, par crainte pour lui-même, et dit : « Ô assemblée des Romains, je vous ai rassemblés pour un bien. Une lettre de cet homme m’est parvenue, m’invitant à sa religion. Par Allāh, c’est le Prophète que nous attendions et que nous trouvons dans nos Écritures. Venez, suivons-le et croyons en lui, afin que notre monde et notre au-delà nous soient acquis. » Ils rugirent d’une seule voix, puis se précipitèrent vers la porte du palais pour sortir, mais ils la trouvèrent verrouillée. Il dit : « Faites-les revenir à moi. » Lorsqu’ils revinrent, il dit : « Ô assemblée des Romains, je ne vous ai dit cela que pour voir votre fermeté dans votre religion face à cet événement survenu. J’ai vu de vous ce qui me réjouit. » Ils se prosternèrent devant lui, et il ordonna que la porte du palais fût ouverte pour eux. Les gens parlaient de cela, et les Romains disaient : « Le roi n’a fait cela que pour éprouver ses compagnons. » D’autres, parmi les chrétiens, disaient : « Il n’a fait cela qu’à cause de la lettre de l’homme de Rome qui lui était parvenue. » Certains d’entre eux survécurent jusqu’au califat de ‘Abd al-Malik ibn Marwān. Cependant, ce qui est indubitable pour les gens de science, c’est l’honneur que le roi des Romains rendit à la lettre du Messager d’Allāh, ses questions à son sujet, son éloge de lui, sa parole : « C’est le Prophète que nous attendions », et ce qu’il fit dans le palais, ainsi que ce qu’il dit ensuite à ses patrices et aux Romains, parmi les qualités louables et la prudence de leurs rois. La connaissance de cela est comme la connaissance de sa lettre – que la paix soit sur lui – à Kisrā, avec ‘Abd Allāh ibn Ḥudhāfa as-Sahmī, et le déchirement de la lettre par Kisrā, son mépris pour elle et pour son messager. Ses lettres – que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui – étaient écrites sur des morceaux de cuir (akāri‘ al-adam), écrites ouvertement, à la connaissance de son ennemi et de son allié, et il les envoyait ouvertement, tandis que l’ennemi et l’allié savaient quelle serait la réponse. Médite donc la situation à cet égard et la situation des rois de ton temps, qui prétendent être de sa descendance. Comment cachent-ils leurs correspondances à leurs alliés, sans parler de leurs ennemis ? Ils les dissimulent de toutes leurs forces, magnifient la lettre, l’ornent, la décorent, la rendent impressionnante, et y incluent des mensonges et des tromperies. Cela, malgré leur prétention à l’islām et à être de la descendance du Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) et des imāms auxquels le Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) a confié la charge. Avec ces lettres, il y a des biens, des cadeaux et des présents merveilleux. Ils mentionnent au destinataire leur royaume, et qu’ils ont trouvé cela dans les livres des événements, dans les malāḥim (prophéties) et les livres anciens. Ils font espérer au destinataire une participation au royaume ; si c’est un roi, ils disent : « Nous te maintiendrons et accroîtrons ton royaume. » Ils lui font prêter serment de cacher cela et ce qu’ils lui confient. Ils l’intimident en disant : « Un tel roi, un tel al-Amīn, un tel sultan ont répondu à notre appel, et ils sont des nôtres ; ils ont reconnu la vérité de ce que nous leur avons dit. Hâte-toi de répondre, afin que tu aies le moyen (al-wasīla) avant la manifestation de l’appel, avant que l’imām ne règne sur toute la terre, et avant la fermeture de la porte du repentir. » Ils n’écrivent cela qu’aux rois qui sont dans l’islām, et qui prétendent être des partisans (shī‘a). Ils se sont concertés de toutes parts, se sont réfugiés auprès du Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui), et ont affiché leur attachement à lui. Ils disent : « La sunna, la sunna ! La victoire et la manifestation de l’ordre sur toute la terre auront lieu. » Mais cela n’a aucun fondement. Ceux à qui ils promettent cela meurent, et la promesse est oubliée. Ils recommencent en se moquant d’autres gens, mais cela échoue et ne se réalise pas. Ils recommencent avec d’autres gens, et celui dont ils disaient qu’il était l’imām qui doit apparaître meurt ; puis ils appellent à un autre, et celui qui le suit meurt, et ainsi de suite. Comme ils l’ont promis à Naṣr ibn Aḥmad, émir du Khurāsān, à Mardāwīj al-Ḥālī, à Asfār ibn Shīrawayh, à Ibn Abī s-Sāj, et à d’autres semblables, puis à ceux qui vinrent après eux. Ceux dont ils disaient, chacun en son temps, qu’il était l’imām qui se lèverait, triompherait et régnerait sur toute la terre, du début à la fin, sont morts. Médite et réfléchis, car c’est par la réflexion que viennent les clairvoyances. Ceci n’a été présenté qu’à propos de ses lettres et de ses correspondances, en plus de ce qui a précédé, afin que tu saches que toutes ses situations sont entourées d’infaillibilité (‘iṣma) et marquées par la preuve évidente et l’argument irréfutable. Nous n’avons mentionné les situations de ces rois de ton temps qu’après avoir mentionné ceux qui les ont précédés parmi les rois des Banū Umayya et des Banū ‘Abbās, parce que ceux-ci sont avec toi et à ton époque, et ils t’appellent, ainsi que tous les gens. Médite donc leurs situations, car si tu négliges ce qui est à ton époque, tu seras encore plus négligent envers ce dont le temps est passé pour toi. Lorsqu’Allāh – Puissant et Majestueux – mentionna Ses bienfaits envers les fils d’Adam, par ce qu’Il leur a soumis, en disant : « Votre Seigneur est Celui qui fait voguer pour vous le vaisseau sur la mer, afin que vous recherchiez de Sa grâce ; Il est, envers vous, Miséricordieux » jusqu’à Sa parole : « Et quiconque est aveugle en ce monde sera aveugle dans l’au-delà, et plus égaré du chemin » – et c’est comme Il l’a dit, Puissant et Majestueux –, car l’homme sensé, s’il délaisse la réflexion sur ce qu’il observe et néglige la connaissance des bienfaits qui lui sont accordés en ce monde, est encore plus négligent envers ce qu’Allāh veut pour lui comme bienfaits de l’au-delà. [Entre Jarīr ibn ‘Abd Allāh al-Bajalī et le Juif] Parmi ce qui ressemble à ce qui précède, il y a que Jarīr ibn ‘Abd Allāh al-Bajalī entendit, dans son pays, un homme, un commerçant juif qui était venu chez eux avec des marchandises qu’ils lui achetaient, dire : « Non, par Celui qui a fait descendre la Thora sur Moïse ! » Jarīr lui dit : « Qui est ce Moïse ? Et qu’est-ce que la Thora ? » Le Juif dit : « Moïse, fils de ‘Imrān, un homme des Enfants d’Israël, qu’Allāh a envoyé aux Enfants d’Israël et à qui Il a fait descendre un Livre appelé la Thora. » Jarīr lui dit : « Informe-moi de son histoire. » Il lui raconta son affaire. Jarīr lui dit : « Allāh a-t-Il envoyé quelqu’un avant lui ? » Il dit : « Oui », et lui raconta l’histoire de Noé. Jarīr lui dit : « Allāh a-t-Il envoyé quelqu’un après Noé ? » Il dit : « Oui », et lui raconta l’histoire d’Abraham. Jarīr lui dit : « Y en a-t-il d’autres que ceux-ci ? » Il dit : « Beaucoup. » Il se mit à lui nommer les messagers. Jarīr lui dit : « Avec quoi sont-ils envoyés, et que leur dit-on ? » Il dit : « Ils sont envoyés pour qu’on adore Allāh seul, avec la vérité, l’acquittement de la confiance, et autres choses. » Jarīr lui dit : « Comment leurs peuples ont-ils agi envers eux ? » Il dit : « Ils les ont maltraités, frappés, et en ont tué certains ; des gens de leurs peuples sont entrés dans leur religion. » Jarīr lui demandait d’en dire plus sur leurs récits, émerveillé, et son peuple aussi était émerveillé de cela, car c’était une chose dont ils n’avaient jamais entendu parler, ni même les noms de ces messagers, sans parler d’autre chose. Jarīr dit alors : « Par Allāh, je n’ai jamais entendu cela auparavant, et je ne l’aurais jamais imaginé. Peut-être ce Muḥammad, le Qurayšite, est-il un messager comme ceux-là. Nous avons entendu parler de lui, puis son souvenir nous a échappé, et son affaire nous est restée cachée. » Puis Jarīr consulta les gens sensés de son peuple au sujet du départ vers le Prophète pour l’entendre et examiner ce qu’il disait. On lui dit : « Il est en guerre avec son peuple, et tu n’es pas à l’abri de cela. Il est plus sage d’attendre les mois sacrés pour partir pour le pèlerinage avec les pèlerins. » Lorsque les mois sacrés entrèrent, il partit avec son peuple, arriva à ‘Ukāẓ, à Dhū l-Majāz et à Minā, puis ils se dirigèrent vers la Mecque. Ils se rendirent à une assemblée de Qurayšites, composée surtout d’hommes d’âge mûr et de noble rang, s’assirent avec eux, conversèrent et s’entretinrent librement. Jarīr dit : « Qu’a fait votre compagnon, celui qui prétend être le Messager d’Allāh ? » Ils dirent : « Il a fait du mal : nous l’avons insulté et il nous a insultés, il a fait ceci et cela, puis il nous a combattus, nous avons tué et il a tué. » Jarīr dit : « Que lui reprochez-vous ? » Ils dirent : « Nous lui reprochons sa sorcellerie et son mensonge. » Jarīr dit : « Comment avez-vous su qu’il est un sorcier ? » Ils dirent : « Il a ensorcelé les cœurs de nos jeunes gens, jusqu’à ce qu’ils le suivent et nous désobéissent. » Jarīr dit : « N’avez-vous rien su d’autre que cela ? » Ils dirent : « Non. » Jarīr dit : « Qu’est-ce qui vous a indiqué son mensonge ? Vous a-t-il raconté quelque chose que vous avez trouvé faux ? » Ils dirent : « Non, par Allāh, sauf qu’il ment sur Allāh, et prétend qu’Il l’a envoyé en disant que nos divinités sont fausses et que nos ancêtres sont des égarés du Feu. » Jarīr dit : « Laissez cela. Que dit-il d’autre ? » Ils dirent : « Par Allāh, il ne dit que du bien. Il ordonne le maintien des liens de parenté, l’abstention des choses interdites, la belle morale, le pardon envers celui qui fait le mal, et d’autres belles qualités. S’il disait cela de lui-même, sans prétendre qu’Allāh l’a envoyé avec cela, nous ne lui aurions rien reproché. » Jarīr dit : « Peut-être est-il le Messager d’Allāh, car Allāh a envoyé des messagers avant lui : Abraham, Noé et Moïse. » Ils dirent : « Où est-il par rapport à Moïse ? » Jarīr dit : « Pourquoi ? Êtes-vous meilleurs et plus nobles que le peuple de Moïse ? » Ils dirent : « Non, nous le sommes plutôt. » Il dit : « Qu’est-ce qui vous empêche donc qu’Allāh envoie un messager d’entre vous, comme Il en a envoyé un du peuple de Moïse ? »

Et il disputa avec eux à son sujet, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui. Alors ils se regardèrent les uns les autres, puis dirent : « Sorcier et menteur. » Ensuite ils dirent à Jarîr : « L’as-tu jamais rencontré ? » Il dit : « Non, par Allah, je ne l’ai jamais rencontré ni ne lui ai parlé, mais il en est ainsi. » Alors ils se montrèrent grossiers en insultant et en maudissant le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui. Jarîr dit : « Vous êtes plus savants. » Et il retourna vers son peuple et sa tribu avec ceux qui étaient avec lui. Son peuple vint l’interroger sur la saison du pèlerinage, sur les Arabes et ce qui s’était passé entre eux. Il leur raconta cela, puis dit : « Et autre chose. » Ils dirent : « Quoi donc ? » Alors il leur parla du Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, qu’il était à Yathrib (Médine), de ce qu’avaient fait les Qurayshites, et qu’il n’avait trouvé chez son ennemi d’autre défaut que la sottise. Il trouva que son peuple l’avait craint. « Avez-vous une opinion ? » dirent-ils. « Quoi donc ? » dit Jarîr. Il dit : « Allah a envoyé avant lui des messagers. Que diriez-vous si je partais avant lui et que vous envoyiez avec moi des émissaires en qui vous ayez confiance, dont vous approuviez la raison, et à qui vous vous fiiez ainsi qu’à leur rapport ? Ils iraient à lui et l’interrogeraient. Ainsi son affaire ne nous serait pas cachée. S’il est véridique, nous ferons la paix avec lui, nous croirons en lui, nous entrerons dans sa religion, et nous obtiendrons pour vous de lui un lien et une corde. S’il en est autrement, nous vous ferons voir notre avis. » Ils dirent : « Il n’y a rien de mal dans ce que tu dis. » Ils envoyèrent donc avec lui celui qu’ils choisirent. Ils partirent jusqu’à arriver auprès de lui à Médine. Or le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, avait dit à ses compagnons : « Il vous est venu le meilleur du Yémen, sur son visage il y a une marque de royauté. » Jarîr était beau, noble et de belle prestance. Lorsqu’ils arrivèrent à Médine, ils descendirent dans une demeure, puis revêtirent leurs plus beaux vêtements et sortirent. Ils rencontrèrent le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, s’assirent auprès de lui, lui parlèrent et l’interrogèrent sur ce qu’il disait, ce qu’il prétendait, et à quoi il appelait. Il mentionna cela, l’expliqua, récita le Coran et le leur exposa clairement. Alors Jarîr dit : « Nous sommes satisfaits de toi. » Et il embrassa l’Islam, ainsi que ses compagnons et ceux qui étaient avec lui. Médite donc sur ceci : Bajîla est une grande tribu et des clans importants voisins de La Mecque. Ils n’avaient pas entendu le nom de Moïse, sans parler de savoir si Allah l’avait envoyé. Bien plus, la plupart d’entre eux ne savaient même pas qu’il y avait quelqu’un qui prétendait à la mission et à la prophétie. Cela peut être dû au manque de recherche et d’interrogation, ou au fait que personne ne s’adressait aux gens pour les y appeler et le leur rappeler, ou à d’autres raisons qu’il serait long d’expliquer. Abû al-Hasan ‘Alî ibn Muhammad ibn Bakr al-Isfidhânî, le compagnon d’Abû ‘Alî – qu’Allah les agrée tous deux – avait accompli le pèlerinage. Il faisait souvent le pèlerinage. Les Qarmates le firent prisonnier une fois, puis le relâchèrent. Il se retrouva dans les déserts. Il mentionna le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, mais ils ne le connaissaient pas et dirent : « Nous n’avons pas entendu parler de lui. » Il en fut étonné. Or cet Abû al-Hasan était un grand juriste parmi les compagnons d’Abû Hanîfa, un grand traditionniste, d’une vaste transmission, ascète, prédicateur éloquent. Il était un ami intime d’Abû al-Hasan al-Karkhî – qu’Allah leur fasse miséricorde à tous deux. Il rencontrait les rois tyrans parmi les Barîdî et les Daylamites avec des exhortations, leur disait la vérité et les admonestait. Il a de nombreux livres sur la science, et la plupart se trouvent probablement dans la bibliothèque de waqf à Rayy. Il s’étonnait souvent, lui qui était Persan, originaire du pays des non-Arabes et de la ville d’‘Askar Mukram, et qui était le plus savant des hommes – ou parmi les plus savants – sur la prophétie du Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, sur ses traces, ses mœurs et sa Loi, tandis que son peuple, les Arabes et ses voisins dans le pays, n’en savaient rien. Cela n’est arrivé que parce que le pouvoir a négligé le soin de la religion et l’envoi des savants et des juristes dans les déserts et les régions lointaines, comme le faisaient le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, et ses califes, qui ne laissaient aucune tribu sans un récitateur, un juriste et un collecteur d’aumônes. Malgré cela, les gens furent éprouvés par Yahyâ al-Tahhânî, Abû Sa‘îd al-Jannâbî, son fils et leurs semblables parmi les Qarmates dans la péninsule arabique. Ils prétendirent être des partisans et des appelants au Mahdî, le fils du Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui. Ils tuèrent les musulmans et ceux qui établissaient la Loi de l’Islam, capturèrent les musulmans, attaquèrent La Mecque et d’autres lieux, brûlèrent les exemplaires du Coran, et firent ce qui est connu. C’est pourquoi la mention du Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, resta cachée à ces gens-là. Si tu médites cela, si ta perspicacité tourne autour de la vérité de Sa parole dans l’histoire de Noé – que la paix soit sur lui : « Ce sont là des récits de l’Inconnaissable que Nous te révélons. Tu ne les savais pas, ni toi ni ton peuple, avant cela. Sois donc patient. La fin heureuse est pour les pieux. » (Coran 11:49) Voici donc Jarîr et Bajîla qui disent : « Qui est Moïse ? Qu’est-ce que la Torah ? » Et si tu as su par ta raison, d’après ce qui a précédé, que le Prophète – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – n’a connu ce que je raconte de l’histoire de Noé et des autres prophètes que par la révélation. Regarde comment Jarîr et Bajîla agirent pour connaître les nouvelles du Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui. Ils commencèrent par interroger à son sujet les gens de son pays, les membres de sa famille, ceux qui l’avaient élevé, ceux qui avaient grandi avec lui, ses ennemis, et ceux qui lui étaient hostiles et cherchaient ses fautes. Ils apprirent ce qu’ils avaient, et ne trouvèrent ni défaut ni motif de critique. Alors il retourna vers son peuple avec ceux qui étaient avec lui, et ils leur rapportèrent ce qu’ils avaient entendu. Ensuite, ils choisirent leurs hommes sensés et vertueux et les envoyèrent à Médine. Ils l’interrogèrent et l’écoutèrent. C’est là l’extrême de ce que fait un homme sensé, résolu, qui cherche et désire. Médite donc sur ceci et sur ce qui a précédé parmi ces assemblées, ces stations et ces lieux que je t’ai mentionnés, qui eurent lieu à La Mecque, dans le pays des Arabes, en Abyssinie, en Syrie chez les rois des Romains, et en Irak chez les rois des Perses. Présente-les à ton intelligence, poursuis leur étude, et médite la parole des Qurayshites à Jarîr et Bajîla au sujet du Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, disant qu’il était un sorcier. Lorsqu’ils entendirent le Coran et virent d’autres de ses signes et preuves – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – et qu’ils ne purent les repousser par l’argument, ils dirent : « C’est de la magie, et c’est un sorcier. » Ils ne disent cela que parce que cela est subtil, profond, délicat et saisit les esprits : « C’est de la magie, c’est un sorcier. » C’est pourquoi Abû Jahl dit, lorsqu’ils sortirent avec les traceurs à la recherche du Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, lors de son émigration avec Abû Bakr dans l’histoire de la grotte : « Par Allah, je le vois avec nous dans l’un de ces vallons, il nous voit par sa magie tandis que nous ne le voyons pas. » Et lorsque descendit Sa parole – qu’Il soit exalté : « Et avertis ton clan, les plus proches » (Coran 26:214), le Prophète – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – demanda à son oncle Abû Tâlib de les rassembler pour lui. Il tergiversait et se dérobait, puis il accepta, en raison de ce qu’il savait de sa véracité et de son grand amour pour lui, et il les rassembla. Lorsqu’ils furent présents, il les nourrit jusqu’à ce qu’ils fussent rassasiés d’une petite quantité de nourriture, et les abreuva jusqu’à ce qu’ils fussent désaltérés d’un bol de lait. Puis il commença à les appeler et à les avertir, car Allah lui avait ordonné cela. Il dit : « J’ai dit à l’Ange : “Si je fais cela, les Qurayshites fendront ma tête comme on fend un pain.” Il me dit : “Ô Muhammad, si tu ne le fais pas, tu seras châtié. Allah t’a préparé une armée qu’Il enverra. Allah fera descendre sur toi un Livre que l’eau ne lave pas, que tu liras endormi et éveillé. Les Qurayshites et les Arabes ne sont sur rien venant d’Allah, et Allah n’a rien à voir avec eux. Allah dit : ‘J’ai créé Mes serviteurs tous hanîfs (monothéistes purs) et musulmans. J’ai rendu licite pour eux ce qui les fait vivre comme subsistance. Mais les diables les ont détournés de leur religion, leur ont interdit ce que Je leur avais rendu licite, leur ont ordonné de ne pas M’associer ce dont Je n’ai pas fait descendre d’autorité, et leur ont ordonné de ne pas changer Ma création.’” Alors Abû Lahab interrompit sa parole et ordonna à ses compagnons de se lever. Ils se levèrent et sortirent, et ils discutèrent entre eux qu’il les avait rassasiés et désaltérés avec cette petite nourriture et cette boisson qui ne suffirait pas à rassasier un seul homme ni à le désaltérer. Abû Lahab dit : « Ceci est de sa magie, ceci est une partie de sa magie », comme ce qu’ils dirent à Jarîr et à ce groupe de Bajîla. Cette station qu’il eut avec les Qurayshites est semblable à ces stations déjà mentionnées concernant le Voyage Nocturne, l’histoire des Romains, et autres. Les savants n’en doutent pas et n’y ont aucun soupçon. Tu as su que l’Islam des Ansâr (les Auxiliaires de Médine) fut, dans l’investigation approfondie, la longue interrogation et la discussion, plus rigoureux que l’investigation de Jarîr et Bajîla. C’est dans ce sens que se fit l’Islam des tribus de ‘Abd al-Qays, et telle était la voie des tribus de Tayy. Médite sur les états des Qurayshites, ennemis du Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, face à ce qui apparaissait de ses signes et se vérifiait de ses paroles. Comment les chefs, en particulier, se renvoyaient-ils les uns aux autres : « Cet homme, son pied ne glisse jamais, il ne manque à rien de ce qu’il dit, et notre ruse ne lui est d’aucune utilité », tout en étant affligés et désolés de voir leurs efforts déçus. Alors certains disaient à d’autres : « Peut-être est-il un prophète comme il le dit. Nous sommes nombreux et il est seul, nous sommes riches et il est pauvre. » D’autres disaient : « Ceci est de sa magie. » Lorsque Sa‘d ibn Mu‘âdh al-Ansârî – que la miséricorde d’Allah soit sur lui – entra à La Mecque après l’émigration du Prophète, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, vers eux, il descendit chez Ubayy ibn Khalaf, qui était son ami. Il voulut faire les tours autour de la Maison (la Kaaba). Ibn Khalaf craignit pour lui les Qurayshites et lui dit : « Attends que les gens se soient dispersés. » Lorsqu’ils se furent dispersés, ils sortirent et firent les tours. Abû Jahl l’aperçut et lui dit : « Fais-tu les tours autour de la Maison en sécurité alors que vous avez accueilli Muhammad ? Je ferai ceci et cela. » Ibn Mu‘âdh discuta avec lui, argumenta et le blâma pour son hostilité envers le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui. Il mentionna leur excuse pour l’avoir accepté – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – et qu’il leur était venu avec la lumière et la guidance, et que les Qurayshites étaient dans l’égarement en le traitant de menteur. Il n’y avait chez lui ni chez les Qurayshites aucun argument ni rien qui ressemblât à un argument, mention d’une faute ou d’un faux pas qu’ils auraient pu utiliser pour détourner Sa‘d ibn Mu‘âdh et les Ansâr de lui, malgré leur besoin de cela. Sa‘d prit le dessus sur Abû Jahl. Ubayy ibn Khalaf lui dit : « Élèves-tu la voix contre Abû al-Hakam (Abû Jahl), le seigneur de la vallée ? » Sa‘d lui dit : « Quant à toi, tu as entendu le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, dire : “Allah te tuera.” » Cela l’effraya. Il entra chez sa femme triste et lui dit : « N’entends-tu pas ce qu’a dit mon frère le Yathribite ? Il prétend avoir entendu Muhammad dire qu’il me tuera. Or Muhammad n’a jamais menti. » La femme fut saisie d’une plus grande frayeur encore qu’Ubayy. Lorsque vint la bataille de Badr, Abû Jahl lui dit : « Sors avec nous. » Sa femme lui dit : « Souviens-toi de ce qu’a dit ton frère le Yathribite. » Il répugna à sortir. Abû Jahl ne cessa de le presser jusqu’à ce qu’il le fît sortir. Il fut tué comme l’avait dit le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui. Ce par quoi nous avons commencé et ce que nous avons voulu, c’est l’engagement des gens de La Mecque dans leur hostilité envers lui – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – et leur effort pour détourner les gens de le suivre par tous les moyens et ruses, sans trouver de défaut. Et à cela se rattache l’annonce par le Prophète – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – de la mort d’Ubayy ibn Khalaf, qui advint comme il l’avait dit. C’est là un autre signe. Combien de fois se blâmèrent-ils entre eux lorsque ce qui leur arriva à Badr leur advint, alors qu’ils étaient sortis confiants de vaincre le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, et ses compagnons, en raison de leur petit nombre et de leur faiblesse, et de la force des Qurayshites en chevaux, armes, richesses et grand nombre. Combien de fois se reprochèrent-ils mutuellement lorsqu’ils revinrent de Uhud, alors qu’ils étaient sortis au nombre de trois mille, ne doutant pas qu’ils vaincraient le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, et qu’ils captureraient Médine, avec parmi eux Abû ‘Âmir le moine, comme cela t’a été présenté précédemment.

Lorsqu'ils revinrent avec les coalisés et le fossé, après avoir rassemblé ces foules, et qu'ils furent frappés par le vent et la terreur dont tu as déjà eu le récit, chaque groupe se rassembla autour de son chef et de son compagnon, s'émerveillant de cela. 'Amr ibn al-'As dit à ceux qui s'étaient réunis autour de lui : « Par Allah, je vois l'affaire de Muhammad s'élever au-dessus des affaires comme la chaire s'élève. » Ils se consultèrent sur ce qu'ils devaient faire. 'Amr dit : « J'ai une opinion. » Ils dirent : « Quelle est-elle ? » Il dit : « Je pense que nous devrions rejoindre le Négus 26 — car il était son ami — et rester auprès de lui. Si Muhammad triomphe de notre peuple, nous serons chez le Négus, et il nous est préférable d'être sous son autorité que sous celle de Muhammad. Et si notre peuple triomphe, nous sommes ceux qu'ils connaissent, et il ne nous viendra d'eux que du bien. » Ils partirent donc chez le Négus et demeurèrent auprès de lui. Puis arriva chez le Négus 'Amr ibn Umayya al-Damari, l'envoyé du Messager d'Allah 27 — qu'Allah prie sur lui et le salue — et ils parlèrent abondamment du Messager d'Allah, de ce qu'il avait apporté et de ce à quoi il appelait. Ils convinrent tous que cela était bon. Le Négus les blâma de s'être éloignés de lui, mais ils ne trouvèrent chez le Messager d'Allah aucun défaut à mentionner ou à utiliser comme argument. Ils retournèrent donc à La Mecque. Ils s'étaient rendus chez le Négus plus d'une fois, et il y eut à ce sujet des assemblées et des réunions avec eux. Certes, Khalid ibn al-Walid ibn al-Mughira dit à ses compagnons et à ses familiers avant son islam et avant son émigration : « Par Allah, le signe 28 s'est redressé, et cet homme est vraiment un prophète. Jusqu'à quand ? » Puis il émigra et embrassa l'islam après al-Hudaybiyya. Après lui, 'Amr ibn al-'As émigra et embrassa l'islam, et il y eut d'eux ce qui est connu. Lorsque le Messager d'Allah distribua ses cheveux à ses compagnons lors du Pèlerinage d'adieu, Khalid ibn al-Walid ne cessa de supplier et de dire : « Ô Messager d'Allah, ta mèche 29 ! Ô Messager d'Allah, ta mèche ! J'espère par elle la victoire. » Alors Abou Bakr al-Siddiq s'écria parmi les gens, émerveillé, méditant et avertissant : « Ô gens, voici Khalid ibn al-Walid, que nous avons affronté à Badr, Uhud, al-Khandaq et al-Hudaybiyya comme nous l'avons affronté. Regardez-le aujourd'hui et sa clairvoyance ! » Lorsque le Messager d'Allah distribua le butin d'Arta 30 et donna aux auteurs 31 ce qu'il leur donna, 'Uyayna ibn Hisn dit : « Je suis le fils des chefs 32 ! Je suis 'Uyayna ibn Hisn ibn Hudhayfa ibn Badr ! » Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : « Le meilleur des hommes est Joseph, fils de Jacob, fils d'Isaac, fils d'Abraham. » Et le Messager d'Allah disait de 'Uyayna ibn Hisn : « L'imbécile obéi. » Il y eut de lui avec lui, avec al-Aqra' ibn Habis, al-'Abbas ibn Mirdas al-Sulami et ces auteurs 31, ce qui est connu. Lorsqu'il leur donna de cette attention ce qu'il leur donna, et priva les prédécesseurs 33, les combattants de Badr, les émigrés et les auxiliaires, un homme parmi les auxiliaires dit : « Nous gagnons ce butin par nos épées, et ceux-ci le prennent sans nous ? » Cela lui parvint. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — envoya chercher et rassembla les auxiliaires, et dit : « Informez-moi, ô communauté des auxiliaires : N'étiez-vous pas égarés, et Allah vous a guidés par moi ? » Ils dirent : « Si. » Il dit : « N'étiez-vous pas ennemis, et Allah a uni vos cœurs par moi ? » Ils dirent : « Si. » Il dit : « Qu'en est-il donc de cette parole qui m'est parvenue de certains d'entre vous ? » Et il répéta la parole. Ils dirent : « Ô Messager d'Allah, quoi qu'il en soit, cela vient de certains de nos jeunes. Quant à nous, nous sommes satisfaits. » Alors le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : « C'est une richesse par laquelle j'attache les cœurs de ceux dont la foi est récente et dont la clairvoyance est faible. N'êtes-vous pas satisfaits que les gens retournent avec la brebis et le chameau, tandis que vous retournez avec le Messager d'Allah vers vos foyers ? » Ils dirent : « Si, nous sommes satisfaits. » Et ils pleurèrent. Alors le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : « Si vous vouliez dire : 'Tu es venu à nous chassé, nous t'avons accueilli ; abandonné, nous t'avons secouru', vous le diriez. » Leurs pleurs et leur humilité augmentèrent, et ils dirent : « La faveur nous revient en cela à Allah et à Son Messager. » [La conduite du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — envers les prédécesseurs et les combattants de Badr] Combien de fois cela s'est-il produit ? Médite donc cette parole et cette action des deux groupes — les auteurs 31 et les auxiliaires — car il y a là une grande leçon et des clairvoyances lumineuses. Médite sa conduite — qu'Allah prie sur lui et le salue — envers les prédécesseurs et les combattants de Badr, envers les gens de sa maison, envers ses enfants et ses épouses : comment il les a privés du monde et les en a protégés, comment il a rempli leurs cœurs de menaces et de craintes, comment il a fait d'eux l'exemple de tous les gens dans les jugements, la rétribution, le licite et l'illicite, et dans le fait que le témoignage de celui qui le détient, parmi les non-Arabes et les clients 34, contre les tisserands, les saigneurs et les porteurs, est recevable contre les Qoraychites, les Hachémites, les prédécesseurs et les combattants de Badr. Et comment il a interdit les aumônes légales 35 aux gens de sa maison et les a rendues obligatoires dans leurs biens pour les gens. Et comment il a légiféré et expliqué que l'erreur et le faux pas sont possibles pour chacun de ses compagnons, des gens de sa maison et de ses proches, et a recommandé de veiller sur leurs actions et leurs paroles, de les mentionner, de les enseigner et de les unir, lorsqu'il a fait d'eux les soutiens des musulmans, les mandataires et les serviteurs, car Allah — Puissant et Majestueux — savait que les pieux, les saints et les intelligents parmi Qoraych sont plus soucieux de la droiture et du bien-être des musulmans que le reste des gens. Il dit à leur sujet : « Soyez droits envers Qoraych tant qu'ils sont droits envers vous. » Ces paroles, dont tu as déjà eu le récit, présente-les à ton intelligence et médite ce qu'elles contiennent. [Réfutation de la prétention à l'immunité 36 pour 'Ali ibn Abi Talib — qu'Allah l'agrée] Ensuite, il n'a attribué l'immunité et la préservation de l'erreur dans la religion d'Allah qu'à Lui seul jusqu'au Jour de la Résurrection, sans que personne ne Le partage en cela, ne se tienne à Sa place ni ne Le remplace. Ils acceptèrent donc tout cela de lui, s'humilièrent devant lui, s'en firent une religion et lui répondirent selon ces conditions dont il a été question précédemment, afin que tu saches la place des signes, des preuves et des arguments qui ont brisé l'habitude et ébloui leurs esprits, alors qu'ils étaient parmi les plus fiers, les plus orgueilleux et les plus jaloux de leur honneur. Puis tu ne les trouves pas, après l'avoir accompagné, s'être attachés à lui et lui avoir répondu, avoir eu de l'éloignement ou de la répulsion envers lui, ni avoir critiqué sa religion pour quoi que ce soit qu'ils aient découvert, ou que quelqu'un ait découvert, ou dont un sceptique ait douté, en quoi que ce soit de ses états, ni parmi les hommes, ni parmi les femmes, ni parmi les serviteurs, ni parmi les épouses, ni de son vivant ni après sa mort. Ses épouses étaient nombreuses et coépouses, parmi elles les filles de ses compagnons et de ses proches, et parmi elles les filles de ses ennemis. Si l'on dit : « Les rafidites 37 ne prétendent-ils pas qu'il a attesté de l'immunité pour son cousin 'Ali ibn Abi Talib, qu'il est comme les prophètes en ce que l'erreur et le faux pas ne lui sont absolument pas permis en aucune circonstance, qu'il ne lui arrive ni oubli ni inattention, qu'il le remplace et se tient à sa place, et qu'il est le refuge des créatures, ainsi que ses enfants après lui ? Parmi eux, certains disent trois, d'autres sept, d'autres douze, d'autres plus. » On lui répond : « Nous n'avons pas dit que ceux-ci ont prétendu cela, ni ne t'avons informé à leur sujet. Nous t'avons seulement informé de sa Législation — qu'Allah prie sur lui et le salue — de sa Sunna et de ses recommandations, et non de ce que disent ceux-ci. Les preuves de la fausseté de leurs prétentions t'ont déjà été présentées : ses compagnons, tous, du premier au dernier, se sont accordés là-dessus, siècle après siècle, puis ceux qui les ont suivis, puis les successeurs 38, puis ceux qui les ont suivis dans les siècles et les époques, jusqu'à l'époque de Hicham ibn al-Hakam, car c'est lui qui a innové cette parole. Ensuite, al-Haddad, al-Warraq et Ibn al-Rawandi l'ont reprise de lui, voulant par là nuire au Messager d'Allah, corrompre sa religion, et semer le doute parmi les gens sur sa prophétie. Leur état d'hostilité intense envers lui est connu, et la preuve t'en a déjà été présentée, sans que tu aies besoin de la répéter. Abou 'Ali — qu'Allah lui fasse miséricorde — a mentionné une partie de cela dans « L'Exégèse » et dans « La Réfutation de l'imamat contre Ibn al-Rawandi », et d'autres savants l'ont mentionné. Les savants disent : « Celui qui dit que le Messager d'Allah a fait du refuge de la religion l'envoi vers eux, et que le suivre dans la science du licite et de l'illicite est limité à un seul, est comme celui qui dit qu'il n'a été envoyé qu'à cet unique, que personne n'a cru en lui ni ne l'a suivi excepté cet unique, qu'il n'a purifié ni loué que cet unique, et qu'il n'a attesté du Paradis que pour cet unique. » Ils disent : « Seul parle ainsi celui qui dit que certains de ses compagnons sont plus savants que d'autres, plus compréhensifs et plus mémorisateurs, et qu'il n'a pas désigné de successeur sur sa communauté après lui, comme Abou Bakr a été désigné successeur, et cela l'indique. » Quant à celui qui tient ce discours, sa voie est celle que nous avons mentionnée, et son exemple est ce que nous avons donné. Ceux-ci prétendent que le Messager d'Allah a explicité son immunité et celle de ses enfants, et a fait une désignation explicite 39 à sa communauté à ce sujet, et le leur a communiqué selon ce qui incombe à chacun d'eux, esclave ou libre, homme ou femme, et les a incités à cela, et que les signes et les miracles apparaissaient sur lui et sur ses enfants, et qu'ils sont apparents, sauf pour l'Imam du temps 40 qui est avec nous et est notre preuve. Or, tout homme sensé qui a entendu les récits sait que le Commandeur des croyants 'Ali ibn Abi Talib — qu'Allah l'agrée — a été éprouvé par la dissension, l'égarement, l'accusation d'erreur et l'excommunication comme n'ont été éprouvés ni Abou Bakr, ni 'Omar, ni 'Othman. Il n'a pas argumenté pour lui-même en disant qu'il était immunisé contre l'erreur, ni que le Prophète avait fait une désignation explicite en sa faveur, lui avait recommandé et l'avait désigné comme successeur, ni que des miracles étaient apparus sur lui alors qu'il en avait besoin. Et ceux qui plaidaient pour lui à son époque, comme al-Hasan, al-Husayn, 'Abdullah ibn al-'Abbas, Qays ibn Sa'd, Abou Ayyub al-Ansari, Sa'sa'a ibn Sawhan, 'Adi ibn Hatim, 'Othman ibn Hunayf, Sahl ibn Hunayf, Jahr ibn 'Abdullah, 'Imran ibn Husayn, Shurayh ibn Hani, al-Ahnaf ibn Qays, Abou al-Aswad al-Du'ali, et d'autres parmi ceux qu'il envoya à ceux qui s'opposaient à lui parmi les gens de Bassora, à ceux qu'il envoya aux gens du Levant, à ceux qu'il envoya aux kharijites, et à ceux qu'il envoya aux gens de Koufa pour les mobiliser lorsqu'ils se tinrent à l'écart de lui sur le conseil de son gouverneur Abou Moussa — ces gens ne connaissaient rien de ce que ceux-ci prétendent, d'aucune manière. Et dans ce qu'il utilisait comme argument — qu'Allah l'agrée — il ne se référait qu'à l'accord unanime 41, disant : « L'obéissance m'est due comme l'obéissance à Abou Bakr, 'Omar et 'Othman était due, car ceux qui m'ont prêté serment sont les mêmes qui leur ont prêté serment. L'affaire de l'imamat revient aux prédécesseurs et aux combattants de Badr parmi les émigrés et les auxiliaires, et non aux affranchis 42 et aux fils d'affranchis. » Il argumentait par le fait qu'il faisait partie du conseil 43 institué par 'Omar. Il argumentait dans l'arbitrage par l'analogie 44 et le ramenait à l'effort d'interprétation 45, disant : « Allah a ordonné d'envoyer deux arbitres en cas de discorde entre une femme et son mari, et pour un lièvre tué dans le sanctuaire, sa valeur est d'un quart de dirham. Qu'en est-il donc d'une imamat qui a troublé les musulmans ? » Ses enfants, sa famille, ses compagnons et ses proches, que nous avons mentionnés précédemment, ainsi que d'autres, le conseillaient et lui disaient : « L'avis est que tu fasses ceci », ou « Tu as fait cela, mais l'avis n'était pas de le faire », comme le lui dirent son fils al-Hasan et Ibn 'Abbas lorsqu'il accepta le serment, comme le lui dit Qays ibn Sa'd au sujet de l'Égypte, et comme le lui dit al-Ahnaf au sujet de l'arbitrage. Dans leurs avis, il y avait ce qu'il adoptait et laissait son avis pour le leur, et il y avait ce sur quoi il persistait dans son avis plutôt que le leur, disant : « C'est plus juste. » Et lorsqu'il faisait une chose, il interrogeait les gens : « Est-ce juste ou erroné ? » Il les écoutait, discutait avec eux, s'excusait auprès d'eux et expliquait le point de vue correct. Comme il dit à certains de ses compagnons lorsqu'il arbitra au Levant et retourna en Irak, disant à ses proches : « Que disent les gens d'opinion ? »

On lui dit : « Les gens du raisonnement disent : Ali avait une construction, il l'a démolie ; il avait un rassemblement, il l'a dispersé. Jusqu'à quand, ô fils de celui qui a démoli, vas-tu reconstruire ce qui a été démoli et rassembler ce qui a été dispersé ? S'il avait, lorsque certains lui ont désobéi, poursuivi avec ceux qui lui obéissaient, soit il aurait conquis, soit il aurait été tué, et cela aurait été plus excusable que ce qu'il a fait. » Il dit, que Dieu l'agrée : « Est-ce moi qui ai démoli ou eux ? Est-ce moi qui ai dispersé ou eux ? Quant à leur parole : 'S'il avait poursuivi avec ceux qui lui obéissaient, lorsque certains lui ont désobéi, et qu'il avait conquis ou été tué, cela aurait été plus excusable', par Dieu, cet avis ne m'a pas échappé ni ne m'a été inconnu. Mais ces deux-là, c'est-à-dire al-Hasan et al-Husayn, si je les avais emmenés, ils m'auraient suivi ; et ces deux-là, c'est-à-dire Muhammad ibn al-Hanafiyya et 'Abd Allah ibn Ja'far ibn Abi Talib, ils se seraient avancés pour moi. J'ai donc détesté que ces deux-là périssent et qu'il ne reste aucune descendance du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue ; et j'ai détesté que ces deux-là périssent, car ce sont des jeunes gens et ils se sont avancés à cause de moi. Vous verrez, si Dieu veut, quand je retournerai au Sham 46, je ne laisserai pas ceux-ci dans mon armée. » Vois comment il discute avec les gens du raisonnement, accepte la vérité, la loue et expose son excuse pour ce qu'il a fait. Lorsqu'un homme à Koufa lui dit : « Tu es allé au Sham et tu es revenu sans rien accomplir », sa réponse fut : « Il incombe à l'homme d'exercer son jugement, et il n'y a pas de reproche à lui faire après cela. » Il ne se prévaut en rien d'un texte, d'une sagesse, d'une immunité 47, d'un verset ou d'un miracle ; il ne dit pas : « C'est ainsi que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, m'a recommandé et m'a dit : 'Tu dois faire ceci' ». Il dit aux gens de Koufa : « Je vous ai choisis plutôt que les gens de Basra, pensant que vous aviez ce que j'aime en fait d'obéissance et de soutien. J'ai dit à Ibn 'Abbas : 'Ceux-ci ont plus de force, et ce sont eux qui ont dépossédé Kisra 48 de son royaume.' Mais vous n'avez pas été comme je le pensais. » Il leur adressa un jour un discours : « Que ne vous ai-je jamais vus ni connus ! Par Dieu, votre connaissance m'a apporté le regret, vous avez rempli mon cœur de colère et vous m'avez fait boire à la coupe de l'angoisse des souffrances. » Il dit dans certains de ses propos : « J'ai regretté telle chose. » Et il dit : « J'ai trébuché d'une chute dont je ne me relèverai pas ; après cela, je deviendrai avisé ou je persévérerai, et je rassemblerai l'avis dispersé et éparpillé. » Il a tenu des propos divergents sur le grand-père 49, et est revenu d'un avis à un autre. De même pour la chamelle laissée libre 50 et la bête sauvage 51, pour les mères d'enfants 52, et pour d'autres sujets. Il est, dans l'effort d'interprétation 53 et dans le retour d'un avis à un autre, plus célèbre qu'Abu Bakr, 'Umar, 'Uthman, Ibn Mas'ud et Zayd ibn Thabit. Il nommait comme juges et gouverneurs des gens qui le contredisaient dans l'effort d'interprétation et l'avis, et qui jugeaient autrement que lui, comme Ibn 'Abbas, Shurayh ibn al-Harith, Abu Mas'ud al-Badri, Abu Musa al-Ash'ari et d'autres. Sous son autorité, dans les pays de son royaume et là où son ordre s'exécutait, les gens émettaient des fatwas 54 selon leur avis et leur effort d'interprétation, en contradiction avec son propre effort et son avis, comme les compagnons de 'Abd Allah ibn Mas'ud à Koufa, ceux de Zayd ibn Thabit à Médine, et d'autres à Basra. Il en était informé et les laissait faire, sans le désapprouver ni le rejeter ; au contraire, il le leur permettait, approuvait les vivants et implorait la miséricorde pour les morts. Lorsque les gens de Koufa jugèrent une affaire de chameaux appartenant à deux cousins, dont l'un était frère utérin 55, et attribuèrent tout le bien au frère utérin, il leur dit : « Pourquoi avez-vous fait cela ? » Ils répondirent : « C'est ainsi qu'a fait Ibn Mas'ud. » Il dit : « Que Dieu fasse miséricorde à Abu 'Abd al-Rahman 56 », alors que sa propre doctrine était différente. Et ainsi de suite, en une multitude innombrable. Les savants ont dit : La certitude que le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, n'a pas désigné 'Ali par un texte 57, ne l'a pas nommé successeur, et que 'Ali ne prétendait pas à un texte, à une recommandation 58 ou à une immunité, est plus forte que la certitude qu'il n'a pas désigné 'Ammar, Bilal ou Abu Dharr. Car 'Ali a vécu sous Abu Bakr, 'Umar et 'Uthman, et après eux il est devenu calife et souverain avec cent mille épées lui obéissant et se soumettant à son ordre. Il a été contesté, contredit et disputé ; ses compagnons et sa famille ont argumenté et plaidé pour lui, mais il n'a jamais invoqué un texte, une recommandation ou une immunité, malgré son besoin de cela, et aucun de ceux-là n'a plaidé pour lui. Il est étonnant que ces imamites 59 disent que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lui avait fait connaître son ennemi et son allié, et ce qui lui arriverait après lui ; qu'il est parti à Siffin 60 sachant qu'il ne triompherait pas de Mu'awiya, que Mu'awiya élèverait les feuillets 61, ruinerait son plan, corromprait ses compagnons, le renverrait triste et affligé ; que 'Amr ibn al-'As vaincrait son compagnon Abu Musa lorsqu'il l'enverrait pour l'arbitrage, et en ferait un argument pour les gens du Sham ; que 'Abd al-Rahman ibn Muljam le tuerait à cette heure-là, et qu'il sortit vers lui sachant qu'il l'attendait pour le tuer ; que al-Husayn, que la paix soit sur lui, envoya son cousin Muslim ibn 'Aqil aux gens de Koufa pour recevoir leur serment d'allégeance, sachant que son affaire ne réussirait pas et que son ennemi le tuerait ; que les gens de Koufa, lorsqu'ils lui écrivirent pour qu'il vienne chez eux et lui garantirent leur soutien, il accepta leurs lettres et leurs paroles et marcha vers eux, sachant qu'ils ne tiendraient pas leur promesse, et que lorsqu'il arriverait chez eux avec ceux qui l'accompagnaient, ils les tueraient, tueraient ses frères, porteraient sa tête et sa descendance au Sham ; que le Commandeur des croyants 62 nomma Masqala ibn Hubayra al-Shaybani gouverneur et le chargea de la province d'Ardashir Khurra 63 et des biens des Banu Nahi, sachant qu'il le trahirait, le tromperait et rejoindrait Mu'awiya ; qu'il nomma Ziyad ibn Sumayya al-Thaqafi gouverneur de la province d'Istakhr 64, sachant son inimitié envers lui et ce qu'il adviendrait de lui : après lui, il rejoindrait Mu'awiya, tuerait ses partisans, manifesterait sa malédiction et tuerait son fils 'Ubayd Allah à al-Husayn, que la paix soit sur lui ; de même pour Khalid ibn al-Mu'ammar al-Sadusi et tous les autres gouverneurs qui le trahirent, qu'il nomma et choisit, puis le trahirent et le trompèrent ; qu'il nomma Qays ibn Sa'd gouverneur d'Égypte, puis manifesta des soupçons à son égard, le jugea insuffisant et craignit sa trahison, et le destitua malgré sa bravoure, sa compétence, sa loyauté et la lourdeur de son poids sur son ennemi Mu'awiya ; qu'il nomma à sa place Muhammad ibn Abi Bakr al-Siddiq comme gouverneur d'Égypte, sachant qu'il serait inférieur au rang de Qays, et que Mu'awiya le tuerait ainsi que ses compagnons ; qu'après la mort de Muhammad, il envoya al-Ashtar comme gouverneur d'Égypte, sachant que le maître de Qulzum 65 le tuerait ; que lui et les imams de sa descendance connaissaient les pensées intimes des adversaires qui se présentaient à eux, qui était dans le vrai et qui dans le faux, et connaissaient les pensées intimes des témoins qui témoignaient devant eux, qui était menteur et qui véridique. La science, que Dieu te fasse miséricorde, n'est nécessaire que pour attirer les avantages et repousser les inconvénients. C'est là le lieu du profit par la connaissance préalable. Sans cela, la recherche de la science serait ignorance, et le désir de la connaissance serait peine. Dieu, Puissant et Glorieux, dit à Son Prophète : « Dis, ô Muhammad : 'Si je connaissais l'invisible, j'aurais multiplié les biens et le mal ne m'aurait pas touché' » [Coran 7:188]. Et Il lui dit au sujet de gens qui lui montraient de la ruse et qu'il soupçonnait ainsi : « Parmi les gens, il en est dont la parole te plaît dans la vie d'ici-bas, et qui prend Dieu à témoin de ce qui est dans son cœur, tandis qu'il est le plus acharné des disputeurs » [Coran 2:204]. Et Il lui dit au sujet d'autres qu'il soupçonnait ainsi : « Quand tu les vois, leurs corps te plaisent ; et s'ils parlent, tu écoutes leur parole » jusqu'à : « Ce sont les ennemis, prends garde à eux » [Coran 63:4]. Et le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : « Vous plaidez devant moi, et il se peut que certains d'entre vous soient plus éloquents dans leur argumentation que d'autres. Je ne juge que d'après l'apparent, et Dieu est celui qui prend en charge les secrets. Celui à qui j'accorde quelque chose sans droit, qu'il ne le prenne pas, car je ne lui aurais taillé qu'un morceau de feu. » Ce chapitre n'a pas besoin d'être réfuté en disputant avec les adversaires ; nous ne l'avons mentionné que par étonnement. Car celui qui connaît le Commandeur des croyants et ses enfants, que Dieu les agrée, sait qu'ils ne connaissaient pas ce que ceux-ci prétendent à leur sujet, et qu'ils agissaient selon leurs conjectures et ce qui prévalait dans leur opinion. Ceux-ci prétendent qu'ils visaient ce qui corrompt leur affaire, tue leurs personnes et leurs bien-aimés, réjouit leur ennemi, anéantit leur autorité, brise leurs armées et donne pouvoir à leur ennemi, en connaissance et certitude. Ainsi, les ignorants parmi leurs ennemis, qui agissent par ignorance et confusion, et choisissent pour eux-mêmes par leur ignorance et leur rupture, sont plus doux envers leurs gouverneurs et leurs compagnons que Mu'awiya et les Banu Umayya 66 ne le sont envers ces savants infaillibles. Si quelqu'un voulait exagérer dans l'insulte de ces maîtres, que les prières de Dieu soient sur eux, il n'atteindrait pas le niveau de ceux qui prétendent être leurs partisans et leurs alliés. Mais les savants ont dit : Leurs prédécesseurs sont les plus hostiles des gens envers le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, envers sa religion et envers les gens de sa maison. Ne pouvant le manifester ouvertement, ils ont prétendu être des partisans, se sont couverts de cela, les ont insultés de cette insulte et les ont attaqués de cette attaque que l'ennemi déclaré, les Haruriyya 67 et les Banu Umayya, n'ont pas atteinte. De même, les 'Alawites 68 parmi les Banu al-Hasan, les Zaydites 69 parmi les Banu al-Husayn, les Qasimites 70 et les Nasirites 71 disent : Les Rafidites 72 nous sont plus nuisibles et plus meurtriers que les Haruriyya et les Banu Umayya qui ont trempé dans notre sang. Ce qui augmente ton étonnement est leur parole : Le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, le Commandeur des croyants et ceux pour qui ils prétendent l'imamat parmi ses descendants connaissent le persan, le romain, l'indien, le copte, le turc, le daylamite 73 et toutes les langues, et les parlent ; il n'est pas permis qu'il y ait parmi les gens de ces langues quelqu'un de plus savant qu'eux. Ils disent : Il leur est nécessaire de les connaître par preuve rationnelle ; s'ils ne les connaissaient pas, ce serait une imperfection en eux, alors qu'ils sont les preuves de Dieu sur Sa création. L'imam n'a pas besoin d'interprète ni de traducteur lorsque les adversaires se présentent à lui ; il doit nécessairement connaître toutes les langues. Ils disent : Il doit connaître toutes les écritures, écrire avec elles, lire ce qui est écrit avec elles, et écrire avec toutes les plumes ; il n'est pas permis que quelqu'un soit plus savant en écriture qu'eux. Ils les ont donc insultés et rabaissés, prétendant qu'ils ont écrit tous les livres, écrit avec toutes les plumes avec les plus belles écritures, et parlé toutes les langues, et que le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, a lu les feuillets d'Abraham, ce qui a été révélé à Adam, Noé, Moïse, David, Jésus et tous les prophètes, dans ces langues, et les a écrits avec ces plumes. Or tu le trouves, que Dieu prie sur lui et le salue, argumentant dans sa prophétie contre son ennemi, lorsqu'il récitait ce qui était dans leurs livres, que cela venait de Dieu et de Sa science, et qu'il n'avait auparavant récité aucun livre ni ne l'avait écrit de sa main droite, sinon les partisans du faux auraient douté. Il indiquait cela, prenait le dessus sur les adversaires et disait : Dieu l'a décrit et qualifié auprès des prophètes avant lui comme le Prophète illettré 74. Ceux-ci disent qu'il n'en était pas ainsi, et prétendent le louer par cette parole, alors qu'elle le traite de menteur. Médite donc ce que ceux-ci attirent sur le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et sur sa religion comme désagréments, alors qu'ils vont au-delà : ces gens connaissent ce que veulent les bêtes féroces par leurs hurlements, ainsi que tous les oiseaux et les animaux ; cela est écrit chez eux. Or tu sais par ta raison que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, n'a jamais lu un livre ni ne l'a écrit de sa main droite, comme cela a été dit précédemment. Par quoi sais-tu qu'Abu Bakr, 'Umar, 'Uthman, al-'Abbas, 'Abd al-Rahman et leurs semblables n'écrivaient pas avec ces plumes et ne maîtrisaient pas ces langues, sinon la certitude que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, le Commandeur des croyants, al-Hasan et al-Husayn, que Dieu les agrée, ne les maîtrisaient pas est plus forte et plus évidente ?

Et ces gens-là n'écrivaient qu'en arabe, et le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, n'écrivait ni en arabe ni dans aucune autre écriture. Et ils prétendent, au sujet du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et au sujet de ceux qu'ils déclarent être leurs imams 75, qu'ils maîtrisaient tous les métiers, qu'ils étaient les plus savants des hommes en la matière, comme la menuiserie, la couture, la teinture, et tout métier dans ce monde, petit ou grand, élevé ou humble. Et que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, était plus savant en poésie que tout poète. Or, les gens de savoir savent par leurs intelligences qu'il ne maîtrisait absolument rien de tout cela, et qu'il ne récitait rien de tout cela pour d'autres, absolument pas. Et qu'il ne pouvait réciter correctement un seul vers pour d'autres comme le récitent les Arabes et les non-Arabes, l'éloquent et le barbare, et cela ne lui était pas aisé, et ne coulait pas sur sa langue. Or Allah, Puissant et Majestueux, dit : « Et Nous ne lui avons pas enseigné la poésie ; cela ne lui convient pas » 76. C'est de cette nature que sont leurs louanges au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et à sa Famille, et c'est le comble dans le fait de le traiter de menteur et de jeter le discrédit sur sa prophétie. [Réfutation de l'affirmation selon laquelle les imams connaissaient les malheurs qui allaient leur arriver] Et regarde leur parole à leur sujet : ils connaissaient les malheurs qui allaient leur arriver, qui gâteraient leur affaire et réjouiraient leurs ennemis, et ils s'y dirigeaient délibérément et en connaissance de cause. Or Allah les a établis pour préserver Ses serviteurs et les empêcher de la corruption, et ils ne peuvent même pas empêcher le vol d'un âne juif, tandis qu'ils se livrent eux-mêmes et leurs familles en connaissance de cause. Et Allah dit : « Et ne vous jetez pas par vos propres mains dans la destruction » 77, et Il dit : « Et ne vous tuez pas vous-mêmes » 78, et « Prenez vos précautions » 79. Et Il dit dans l'histoire de Salomon, paix sur lui : « Puis, quand Nous décrétâmes sa mort, rien ne leur indiqua sa mort, sinon la bête de la terre qui rongeait son bâton. Puis, quand il s'écroula, les djinns 80 comprirent que s'ils connaissaient l'invisible, ils ne seraient pas restés dans le châtiment humiliant » 81. Il dit, Puissant et Majestueux : Les djinns et leurs démons prétendaient connaître l'invisible, et parmi les humains, certains le prétendaient pour eux. Or Salomon, paix sur lui, se tenait devant eux et les employait à ces travaux pénibles, nuisibles et humiliants, et ils travaillaient par peur de lui, tandis qu'il s'appuyait sur un bâton qu'il tenait à la main. Allah, Puissant et Majestueux, le fit mourir dans cet état, et les démons ne le savaient pas, et ils travaillaient en pensant qu'il les voyait et les observait. S'ils avaient failli, il les aurait châtiés, donc ils craignaient son châtiment. Ils restèrent ainsi un certain temps, le croyant vivant alors qu'il était mort. Quand la bête de la terre eut rongé son bâton, paix sur lui, les djinns comprirent qu'il était mort depuis longtemps alors qu'il était devant eux et qu'ils ne le savaient pas. S'ils avaient su, ils auraient tiré profit de cette science et se seraient libérés du châtiment humiliant. Car la connaissance des conséquences est recherchée pour en tirer profit. Or ceux-ci prétendent que ces gens connaissaient les conséquences et se jetaient dans les périls. Et Allah, Puissant et Majestueux, a montré que Joseph, paix sur lui, lorsqu'Il lui fit connaître les conséquences pour ces années-là, il tira profit de cette science et l'utilisa, repoussant ainsi les méfaits et attirant les bienfaits, et parvint ainsi à la royauté de la terre, et les rois se soumirent à lui et lui remirent leurs insignes, et il eut la joie des yeux, et les yeux de ses ennemis furent emprisonnés et ils moururent de chagrin. Il leur dit : « Vous aurez sept années de fertilité, ne vous laissez pas tromper, et stockez le grain ; puis viendront sept années de disette sévère, vous mangerez tout ce que vous aurez stocké pendant les sept années fertiles ; et que ce que vous stockez soit dans ses épis et sa paille pour qu'il ne pourrisse pas ou que les charançons ne s'y mettent, et ne sortez des épis que ce que vous consommerez », lorsqu'il répondit à la question du messager du roi sur le rêve du roi. Et Allah, Puissant et Majestueux, dit : « Ceux qui dirent à leurs frères, tout en restant assis : "S'ils nous avaient obéi, ils n'auraient pas été tués." Dis : "Écartez donc la mort de vous-mêmes, si vous êtes véridiques" » 82. Il a montré, Puissant et Majestueux, que l'homme sensé, s'il connaît les conséquences, commence par lui-même, se préserve des méfaits, est sauf des malheurs, puis après cela, il fait profiter les autres s'il veut. Or, le fait qu'ils tombent dans les malheurs est la preuve la plus évidente qu'ils ne connaissent pas les conséquences. Pourquoi ont-ils dit aux autres : « S'ils nous avaient obéi, ils n'auraient pas été tués » ? N'y a-t-il pas là leur déshonneur ? C'est comme l'histoire de Salomon avec les djinns. Médite donc ce que contient ce discours de sagesse profonde. Car bien qu'il s'agisse d'un discours blâmant les chiites 83 pour ce qu'ils ont attribué au Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, et à la Famille, il contient une explication claire pour réfuter les astrologues 84 et les contredire. En effet, Abou l-Houdhayl 85, qu'Allah lui fasse miséricorde, leur dit lorsque al-Ma'moun 86 le fit venir et lui demanda de leur parler : « Dites-moi, qu'est-ce qui est plus facile pour vous : la connaissance de ce qui sera, ou la connaissance de ce qui a été ? » Puis il leur dit : « Informez-nous donc de ce qui a été, si vous voulez à Bassora, si vous voulez à Koufa, si vous voulez à Bagdad, si vous voulez dans ce palais, en disant : dans le trésor des vêtements, il y a tant de coffres, ou de ballots, ou de charges ; et dans tel coffre, tant de chemises, tant de manteaux, tant de turbans ; et détaillez ce qu'il y a dans chacun. C'est une chose qui a été et qui existe, et que connaissent les trésoriers et les domestiques. À vous de parler. » Alors ils se turent et ne répondirent rien. Cela est suffisant et même plus que suffisant pour montrer leur déshonneur. Reconnais-le donc. [Réfutation de l'affirmation selon laquelle les astres indiquent ce qui a été et ce qui sera, ou que les imams connaissent l'invisible] De même, Abou l-Fadl Ja'far ibn Harb 87, qu'Allah lui fasse miséricorde, leur dit : « Si vous dites que les astres indiquent ce qui a été et ce qui sera, ce qui existe et ce qui n'existe pas, qu'est-ce qui vous empêche de déduire l'emplacement des trésors de Khosroès 88 et de César 89, et de vous passer ainsi du service des rois, de la quête de ce qui est entre les mains des gens, et de l'humiliation devant eux pour ce qu'ils possèdent ? Et de même, les mines d'or et d'argent, et la plongée pour les perles, afin qu'ils fixent aux rois une récompense précieuse et les informent de la quantité qu'elles contiennent ? » Abou Ali al-Joubba'i 90 leur a posé une question similaire, ainsi que ses disciples. Et ils n'ont aucun moyen de s'en sortir. Ce sont le Coran et ce qu'Allah a rappelé à Ses serviteurs, mentionné précédemment, qui ont fait parler ces gens. Attache-toi donc à l'étudier assidûment, à réfléchir à ce que tu étudies et à méditer. Si les astrologues avaient la perspicacité des chiites et ce qu'ils ont, ils ne seraient jamais à la merci de quiconque. Car ils disaient : « Nous savons ce qui a été et ce qui sera, mais nous ne le disons pas, et nous nous trompons délibérément, et nous nous déshonorons délibérément, et nous réjouissons nos ennemis délibérément. Si nous voulions, nous nous enrichirions et enrichirions qui nous voudrions, mais nous ne le faisons pas par une sorte de stratégie. » Et selon la parole des chiites, aucun menteur ne serait démasqué, et aucun argument ne serait établi contre un imposteur, un menteur, un devin ou un faux prophète. Car chacun d'eux pourrait dire : « Je suis un prophète, et si je voulais, je ressusciterais les morts et j'informerais de l'invisible, mais je ne le fais pas par une sorte de stratégie, et par une épreuve par laquelle Allah m'éprouve », comme le disent les chiites au sujet de leurs imams. Alors les chiites n'auraient aucun argument contre eux, et leur parole n'aurait aucune issue. Quant à toi, qu'Allah te fasse miséricorde, si un astrologue ou un imposteur cupide te disait cela, ta réponse serait : « Je sais que tu mens, car tu es contraint et obligé d'enrichir toi-même et ta famille, et de ne pas te déshonorer ni réjouir ton ennemi. Tu ne sais donc rien de ce que tu prétends, tu n'en es pas capable, et tu n'y trouves aucun moyen. » Et il est étonnant que les chiites prétendent qu'Allah a informé les imams de ces choses invisibles parce qu'ils sont les preuves d'Allah sur Sa création, et pour que leur argument soit établi contre eux par ces sciences. Puis rien de ce qu'ils prétendent n'apparaît de ces gens, malgré leur besoin de cela. Au contraire, leurs actes témoignent qu'ils ne le savent pas, et qu'ils sont comme les autres, comme Talha, al-Zoubayr, Sa'd et Abd al-Rahman 91. La voie du Commandeur des croyants 92 est leur voie. Bien plus, l'affaire le concernant, paix sur lui, est plus claire quant au mensonge de ceux-ci à son sujet, dans leur prétention qu'il avait le texte 93, l'immunité 94 et les miracles. Or ceux que nous avons mentionnés se sont opposés à lui, ont contesté et disputé, et il n'a invoqué aucune de ces choses, malgré son besoin d'elles, comme cela a été mentionné précédemment en plusieurs endroits de ce livre. Et il est étonnant que le Commandeur des croyants, qu'Allah soit satisfait de lui, interroge sur ce qu'avaient fait Talha et al-Zoubayr, et on lui dit : « Ils sont partis avec Aïcha 95 à Bassora. » Il s'étonne et dit : « Je ne pensais pas qu'ils feraient cela. » Et il interroge sur Mu'awiya 96 et les gens du Levant, et s'informe de leurs nouvelles un par un, et s'étonne que ceux de Bassora aient chassé son gouverneur Othman ibn Hanif 97 après lui avoir prêté allégeance, et qu'il n'avait pas pensé qu'ils feraient cela. Et lorsqu'il partit pour Bassora et arriva à al-Rabadha 98, il dit : « Qui connaît le chemin de Dhi Qar 99 pour nous guider et nous faire connaître la route ? » Un homme vint et lui dit : « Je suis le meilleur guide pour Dhi Qar. » Il marcha devant lui jusqu'à ce qu'il arrive à Dhi Qar. Et lorsque la guerre s'embrasa à Bassora, il dit à son fils al-Hasan, paix sur eux deux : « Ô Hasan, ne vois-tu pas ? Ton père souhaiterait être mort vingt ans avant ce jour. » Al-Hasan lui dit : « Je t'avais ordonné et averti, mais tu m'as désobéi. » Il dit : « Par Allah, ô mon fils, je ne pensais pas que l'affaire en arriverait là. » Et Ibn Abbas 100 disait : « Ali, qu'Allah soit satisfait de lui, à cause de son antériorité 101 et de sa parenté, pensait qu'on ne lui désobéirait pas et qu'il n'aurait qu'à vouloir une chose pour qu'elle se réalise. Mais il n'en fut pas comme il pensait. » Et il vit, paix sur lui, sur une de ses filles une perle provenant du trésor public, et il la reconnut. Il s'inquiéta et dit : « D'où tient-elle cela ? Par Allah, je dois lui couper la main. » Abou Rafi' 102, son trésorier, voyant sa détermination, lui dit : « Par Allah, ô Commandeur des croyants, c'est moi qui l'en ai parée. D'où aurait-elle pu l'obtenir si je ne le lui avais donné ? » Alors il se calma et se tut. Et un homme entra chez al-Hasan, paix sur lui, et lui dit : « Qui es-tu et d'où viens-tu ? » Il répondit : « Je suis le messager de Mu'awiya auprès de toi. » Il lui dit : « Est-ce ainsi que l'on entre chez les gens ? Sors, demande la permission et salue. » Il fit ainsi et entra après qu'il l'eut autorisé. Il lui dit : « Pourquoi Mu'awiya t'a-t-il envoyé ? » Il répondit : « Il te dit : tu es en Irak, en danger ; leurs chefs m'ont écrit qu'ils te livreront à moi, et voici leurs lettres. » Il les jeta devant lui pour qu'il les lise. Lorsqu'il en prit connaissance, il dit : « Jusqu'à ce que je sache ce que pensent les gens. » Il sortit, monta en chaire, rassembla les gens et dit : « Ô gens d'Irak, Allah, Allah, au sujet de vos voisins et hôtes de la famille de votre Prophète. » Les gens pleurèrent. Puis il les harangua : « Par Allah, ce qui nous a détournés de combattre Mu'awiya n'est ni un doute ni un regret. Mais nous combattions les gens du Levant avec sécurité et patience ; la sécurité a été mêlée d'hostilité, et la patience de peur. Vous étiez, à votre départ pour Siffin 103, votre religion devant votre vie d'ici-bas ; aujourd'hui, vous avez votre vie d'ici-bas devant votre religion. Nous sommes pour vous comme nous étions, mais vous n'êtes plus pour nous comme vous étiez. Vous êtes aujourd'hui entre deux morts : un mort à Siffin que vous pleurez, et un mort à Nahrawan 104 dont vous réclamez vengeance. Celui qui pleure est un traître, et celui qui réclame vengeance est un rebelle. Mu'awiya a appelé à une chose où il n'y a ni honneur ni équité. Si vous voulez la mort, nous lui répondrons et nous en remettrons à Allah pour le juger ; si vous voulez la survie, nous prendrons pour vous une garantie. » Ils crièrent : « La survie, la survie, ô Commandeur des croyants ! » Il s'assit, s'étonnant que Mu'awiya ait dit vrai à leur sujet, et dit : « Ô gens d'Irak, j'ai renoncé à vous à cause du meurtre de mon père, de vos blessures infligées à moi et du pillage de mes biens. »

Lorsque Mu‘āwiya mourut, al-Ḥusayn (que la paix soit sur lui) décida de se rendre à Kūfa. ‘Abd Allāh ibn ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb vint à lui et l’interrogea sur son avis. Il lui apprit que les habitants de Kūfa lui avaient écrit et lui avaient prêté serment d’allégeance. ‘Abd Allāh ibn ‘Umar lui dit : « N’accepte pas d’eux, ne va pas vers eux, et ne te fie pas aux Banū Umayya, car ce sont des tyrans égarés, avides des biens de ce monde, qui ne se soucient pas de ceux qu’ils tuent. Ne te laisse pas tromper par les gens de Kūfa, car ils ont tué ton père, abandonné ton frère, et ils te livreront à l’obéissance des Banū Umayya. » Al-Ḥusayn dit : « Voici leurs lettres, ils m’ont prêté serment, Muslim ibn ‘Aqīl a reçu leur allégeance pour moi, et ils m’ont écrit de venir vers eux, promettant de me secourir. » Ibn ‘Umar lui dit : « Ne leur fais pas confiance, car ils te livreront. » Al-Ḥusayn (que la paix soit sur lui) les disculpa et évoqua sa confiance en eux, affirmant qu’il les avait rappelés à l’ordre et blâmés pour ce qu’ils avaient fait, et qu’il était certain qu’ils ne le livreraient pas et ne lui feraient pas ce qu’ils avaient fait à son père et à son frère. Lorsque Ibn ‘Umar le vit confiant en eux et n’acceptant pas son conseil à leur sujet, il lui dit : « Je te confie à Dieu, ô toi qui vas être tué. » ‘Abd Allāh ibn ‘Abbās vint à lui et lui interdit de se rendre vers eux, tenant des propos semblables à ceux d’Ibn ‘Umar. Il sortit leurs lettres et les lui fit lire : ils disaient : « La terre a reverdi, avance donc, car tu ne viens que vers une armée prête au combat. » Ibn ‘Abbās lui dit : « N’accepte pas d’eux, car ils t’appellent au combat puis te livreront. » Al-Ḥusayn disait : « Ils ne feraient pas cela après m’avoir prêté serment et fait alliance ; voici leurs lettres », et il montra un sac rempli de leurs lettres. Ibn ‘Abbās lui dit : « Ne fais pas cela, car ils ne tiendront pas parole. » Lorsque Ibn ‘Abbās le vit n’accepter pas son conseil, il lui dit : « N’emmène pas ta famille avec toi, car tu seras tué sous leurs yeux. » Il partit avec sa famille, confiant en eux, pour s’installer à Kūfa, joyeux et réjoui à l’idée de ne rencontrer ni combat, ni opposition ni trahison de la part des gens de Kūfa, et d’y entrer avec sa famille sans obstacle ni empêchement. ‘Ubayd Allāh ibn Ziyād n’était pas à Kūfa mais à Baṣra. Il se rendit à Kūfa, captura Muslim ibn ‘Aqīl et le tua, et tua également Hāni’ ibn ‘Urwa al-Murādī, tandis qu’al-Ḥusayn se dirigeait vers Kūfa sans rien savoir de tout cela. Il envoya son frère de lait à Kūfa pour informer Muslim ibn ‘Aqīl et les gens de Kūfa qu’il (que la paix soit sur lui) était en route vers eux et proche d’eux. ‘Ubayd Allāh ibn Ziyād le captura et le tua, tandis qu’al-Ḥusayn (que la paix soit sur lui) n’en savait rien. Lorsqu’il s’approcha de Kūfa, il rencontra quelqu’un qui venait de Kūfa et se rendait dans le désert. Il l’interrogea sur la nouvelle, et celui-ci l’informa du meurtre de Muslim, de Hāni’ et du nourrisson, et que les gens de Kūfa n’avaient pas défendu ces derniers contre ‘Ubayd Allāh ibn Ziyād, et que celui-ci s’était imposé. Al-Ḥusayn (que la paix soit sur lui) resta triste et affligé, et un deuil s’installa parmi ses femmes pour Muslim, son cousin et époux de sa sœur. Celui qu’il avait rencontré lui dit : « Retourne. » Il accepta et songea à rebrousser chemin. Mais les Banū ‘Aqīl, frères de Muslim, lui dirent : « Notre frère est tué et nous retournerions sans avoir vengé notre sang ? Conduis-nous jusqu’à ce que nous rencontrions les gens de Kūfa. » Il partit avec eux, pensant que les gens de Kūfa, en le voyant, le soutiendraient et se rangeraient avec lui contre Ibn Ziyād. Il avançait, et quiconque le rencontrait lui disait : « Retourne, car les gens de Kūfa t’ont trahi. » Mais lui pensait qu’en le voyant, ils se joindraient à lui. Lorsqu’il s’approcha de Kūfa, ‘Ubayd Allāh ibn Ziyād envoya les gens de Kūfa qui encerclèrent al-Ḥusayn et l’empêchèrent de rebrousser chemin. Il leur dit : « Malheur à vous ! C’est sur vos lettres que je suis venu, et c’est de vous que j’ai accepté. » Il les interpella : « Ô untel fils d’untel, ô untel fils d’untel, voici ta lettre ! Nous étions silencieux, et notre ennemi nous laissait en paix, mais vous avez dégainé contre nous une épée qui était restée au fourreau, et vous avez fait ceci et cela. » Ils ne cessèrent de le combattre, tandis que sa famille criait et pleurait, et que ceux qui étaient avec lui, ses frères, ses enfants et ses cousins, étaient tués. Lui pleurait et rappelait les paroles d’Ibn ‘Umar. Chaque fois que ses femmes criaient, il disait : « Qu’Allah n’éloigne pas Ibn ‘Abbās ! » Il était certain de sa mort, faisait ses adieux à sa famille et leur recommandait de ne pas déchirer leurs vêtements sur lui, de ne pas manifester de lamentations bruyantes. Sa sœur Zaynab lui disait : « Ô Abā ‘Abd Allāh, ô Abā ‘Abd Allāh, que je sois ta rançon ! Est-ce que tu te laisses arracher la vie par le meurtre ? » Il disait : « Que puis-je faire, ô ma sœur ? Sois patiente et compte sur la récompense divine. Mon père a été tué, et il était meilleur que moi ; mon frère est mort, et il était meilleur que moi. » Il imputait la faute aux gens de Kūfa, qui l’avaient trompé comme ils avaient trompé son père, et il regrettait d’avoir accepté d’eux et d’être venu, réalisant qu’ils ne tenaient pas parole, et souhaitant ne pas être venu, et, étant venu, ne pas avoir amené sa famille. Combien de tels actes et paroles de leur part, si tu voulais les compter, tu aurais besoin de longs rouleaux, et tu n’en viendrais pas à bout à cause de leur abondance. La connaissance que ces gens avaient besoin de savoir ce qu’il y avait dans l’âme de leur ennemi et de leur allié, comme les autres hommes, est plus évidente que la connaissance qu’ils avaient besoin de nourriture et de boisson. [ Réfutation de ce que prétendent les shī‘ites concernant les miracles de ‘Alī (que Dieu l’agrée) et de leurs imams après lui, et démonstration que ‘Alī désapprouvait fermement de tels propos ] Ces shī‘ites ne cessent de dire : « La preuve que le Commandeur des croyants est meilleur qu’Abū Bakr et ‘Umar, et que des miracles se manifestaient par lui, est que des gens, à son époque, ont prétendu qu’il était le dieu des mondes et le Seigneur des cieux et de la terre, et que rien de tel n’a été dit à propos d’Abū Bakr et de ‘Umar. » On leur répond : « Des gens de l’Inde, des Arabes et d’autres ont prétendu, au sujet des idoles et des statues, qu’elles étaient des dieux et des seigneurs, et les ont adorées ; des gens ont prétendu la même chose au sujet des astres. Selon votre raisonnement, il faudrait que des signes et des miracles soient apparus par leur intermédiaire, et qu’ils soient meilleurs que les prophètes, puisque des gens ont prétendu cela pour des créatures, comme mentionné précédemment. » Parmi les choses étonnantes, les actes et les paroles de ces derniers (les imams) témoignent qu’ils n’ont pas revendiqué ce que les shī‘ites prétendent pour eux en matière de textes, de testaments et de miracles, et tout observateur réfléchi en est certain. Ils dirent : « Nous nous détournons de tout cela à cause des paroles d’un ignorant qui ne distingue pas la seigneurie de l’humanité. » Car celui qui a jeté cela dans le camp du Commandeur des croyants, parmi des gens ignorants qui ne connaissaient pas ‘Abd Allāh ibn Saba’, connu sous le nom d’Ibn al-Sawdā’, était un juif de la région du Yémen, perfide et abominable. Il avait affiché l’islam à l’époque de ‘Uthmān, voyagea jusqu’au Ḥijāz, affichant l’ascèse, ordonnant le bien et interdisant le mal, et se mêlant aux musulmans. Il cherchait le commandement, mais son commerce ne prospéra pas et on ne lui prêta pas attention. Il partit pour Kūfa, y séjourna quelque temps à chercher cela, sans succès, puis partit pour le Shām, y séjourna à chercher cela, se mêla aux Compagnons, se rapprocha d’Abū al-Dardā’ et de ‘Ubāda ibn al-Ṣāmit par l’ordre du bien et l’interdiction du mal. Ceux-ci le percèrent à jour et l’en empêchèrent. Il sema la discorde entre Abū al-Dardā’ et des gens du Shām. Sa situation fut révélée au Shām, et il partit pour l’Égypte, poursuivant ainsi. Des gens se laissèrent tromper par lui, et il sema la discorde entre les gens. ‘Ammār ibn Yāsir arriva en Égypte comme messager de ‘Uthmān, et il poussa des gens à rapporter à ‘Ammār (que Dieu lui fasse miséricorde) des propos déplaisants sur les gouverneurs, ce qui provoqua une sédition. Cet Ibn al-Sawdā’ se rendit à Médine avec les Égyptiens qui se plaignaient des agents de ‘Uthmān, et il y séjourna avec eux. Il ne cessa d’inciter contre ‘Uthmān jusqu’à ce que des Égyptiens l’assassinèrent, escaladant sa maison à l’aube et le tuant. Son meurtrier reste inconnu à ce jour. Puis les Égyptiens se soulevèrent et provoquèrent une grande sédition après le meurtre de ‘Uthmān. Lorsque Ṭalḥa, al-Zubayr et ‘Ā’isha s’opposèrent à leurs actes et partirent pour Baṣra, le Commandeur des croyants leur envoya al-Qa‘qā‘ ibn ‘Amr, Ibn ‘Abbās, Muḥammad ibn Ḥāṭib et Kulayb al-Jarmī. Ils se mirent d’accord pour que le Commandeur des croyants vienne à Baṣra, qu’ils se réunissent et examinent la situation. Ibn al-Sawdā’ envoya ses partisans en secret, leur disant : « Provoquez la discorde jusqu’à ce que la guerre éclate, car s’ils se réconcilient, ce ne sera qu’à vos dépens. » Ainsi la discorde éclata. Tout cela a été rapporté par plus d’un savant, qui l’ont expliqué longuement et en détail. Sa situation est bien connue. À Kūfa, il manifestait une vénération excessive pour le Commandeur des croyants, que celui-ci n’approuvait pas, et il séduisait par cela ceux qui n’avaient pas de compagnonnage (avec le Prophète) ni de science religieuse, comme les bédouins et les gens de la campagne. Il discutait parmi eux, et rabaissait parfois les actes d’Abū Bakr, ‘Umar et ‘Uthmān, plaçant le Commandeur des croyants au-dessus d’eux en mérite, car il prétendait ce qu’avaient prétendu Abū al-Khaṭṭāb et Hishām ibn al-Ḥakam. Il prétendait auprès de ces gens que le Commandeur des croyants le distinguait et lui confiait des secrets qu’il ne confiait à nul autre, tandis que le Commandeur des croyants n’en savait rien. Quelqu’un dit un jour au Commandeur des croyants : « Je m’étonne de gens qui étaient parmi vous et qui ont pris pour chef un autre que vous. » Le Commandeur des croyants lui dit : « As-tu vu Abū Bakr al-Ṣiddīq ? » Il répondit : « Non. » Il dit : « Si tu m’avais dit que tu l’avais vu, je t’aurais fait ceci et cela. » Cet Ibn Saba’ disait à ses partisans : « Le Commandeur des croyants m’a dit qu’il entrerait à Damas, démolirait sa mosquée pierre par pierre, triompherait des habitants de la terre, des secrets lui seraient dévoilés, et il leur ferait savoir qu’il est leur Seigneur, et que rien de tel n’est pour Abū Bakr, ‘Umar et ‘Uthmān. » Suwayd ibn ‘Uqala, qui était de ses proches et de ses grands compagnons, vint trouver le Commandeur des croyants (que Dieu l’agrée) et lui dit : « Ô Commandeur des croyants, je suis passé par un groupe de shī‘ites qui tenaient des propos… »

Abou Bakr et 'Omar, sans ce qu'ils sont, sont des gens de la communauté, et ils pensent que tu leur voues en secret ce qu'ils ont manifesté. Il dit : « Je cherche refuge auprès d'Allah, je cherche refuge auprès d'Allah », deux fois, « de leur vouer en secret autre que ce que je souhaite poursuivre. Qu'Allah maudisse quiconque leur voue en secret autre que le bien et la beauté. Ils sont les deux frères du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui accorde la paix —, ses deux compagnons et ses deux vizirs. Que la miséricorde d'Allah soit sur eux deux. » / Puis il se leva, les yeux pleins de larmes, pleurant, tenant la main de Suwayd, jusqu'à ce qu'il entre dans la mosquée. Il monta en chaire et s'y assit fermement, tenant sa barbe blanche, jusqu'à ce que les gens se rassemblent. Puis il se leva, prononça le tashahhud 105 dans un sermon bref et éloquent, puis dit : « Qu'ont donc des gens à mentionner les deux maîtres de Quraysh et les deux pères des musulmans 106 par ce dont je suis innocent, ce dont ils sont exempts, et pour quoi je les punirai ? Par Celui qui fend la graine et crée l'âme, ne les aime qu'un croyant pieux, et ne les hait qu'un pervers vil. Ils ont accompagné le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui accorde la paix — avec sincérité et loyauté, ordonnant et interdisant, jugeant et punissant. Ils ne dépassaient pas, dans ce qu'ils faisaient, l'avis du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui accorde la paix —, et il ne considérait aucun avis comme le leur, et n'aimait personne comme il les aimait. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui accorde la paix — est mort satisfait d'eux deux, et ils sont morts alors que les croyants étaient satisfaits d'eux deux. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui accorde la paix — a nommé Abou Bakr à la tête de la prière des croyants, et il a prié avec eux ces jours-là du vivant du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui accorde la paix. Lorsqu'Allah a rappelé Son Prophète — que la paix soit sur lui — et a choisi pour lui ce qui est auprès de Lui, il est mort disparu — qu'Allah prie sur lui et lui accorde la paix —, les croyants lui ont confié cela et lui ont délégué l'aumône légale 107 parce qu'elles sont liées. Puis ils lui ont donné le serment d'allégeance 108 volontairement, sans contrainte. Je suis le premier parmi les Banu 'Abd al-Muttalib à avoir institué cela pour lui, bien qu'il le répugne, souhaitant que l'un d'entre nous l'en dispense. Il était, par Allah, le meilleur de ceux qui restaient en compassion, le plus miséricordieux en miséricorde, le plus ferme en piété, le plus ancien en soumission et en islam. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui accorde la paix — l'a comparé à Michaël 109 pour la compassion et la miséricorde, et à Abraham pour le pardon et la dignité. Il a marché parmi nous selon la conduite du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui accorde la paix — jusqu'à ce qu'Allah le rappelle ainsi. Puis 'Omar a pris le commandement après lui, et il a consulté les musulmans à ce sujet. Certains furent satisfaits, d'autres le réprouvèrent. Il n'a pas quitté ce monde sans que ceux qui le réprouvaient ne soient satisfaits de lui. Il a maintenu l'affaire sur la voie du Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui accorde la paix —, suivant leurs traces comme le petit chameau suit les traces de sa mère. Il était, par Allah, doux et miséricordieux envers les faibles musulmans, et un soutien et un secours pour les croyants contre les injustes. Il ne craignait, pour Allah, le blâme d'aucun blâmeur. Allah a frappé par la vérité sur sa langue et a fait de la sincérité sa nature, au point que nous pensions qu'un ange parlait sur sa langue. Allah a renforcé l'islam par son islam et a fait de son émigration 110 le pilier de la religion. Allah a jeté dans les cœurs des croyants l'amour pour lui, et dans les cœurs des associateurs et des hypocrites la crainte. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui accorde la paix — l'a comparé à Gabriel 111 pour l'intelligence et la sévérité envers les ennemis, et à Noé pour la colère et l'indignation contre les mécréants. La difficulté dans l'obéissance à Allah lui était plus chère que l'aisance dans la désobéissance à Allah. Qui donc aura pour vous des semblables à eux deux ? Que la miséricorde d'Allah soit sur eux deux, et qu'Il nous accorde de suivre leur voie. Car on n'atteint leur rang que par l'amour pour eux et la poursuite de leurs traces. Que celui qui m'aime les aime donc. Et celui qui ne les aime pas m'a haï, et je suis innocent de lui. Si j'avais donné des ordres à leur sujet, j'aurais infligé la punition la plus sévère pour cela. Quiconque m'est amené après ce jour, il subira ce que subit le calomniateur. Sachez que les meilleurs de cette communauté après son Prophète sont Abou Bakr et 'Omar. Ensuite, Allah sait mieux où est le bien. Je dis ces paroles et je demande pardon à Allah pour moi et pour vous. » S'ils disent : « Nous ne croyons pas en cela », nous disons : « Il est étonnant que vous croyiez en sa parole — que la paix soit sur lui — : "Quiconque je suis son maître, 'Ali est son maître", et que vous ne croyiez pas en cela, alors que sa transmission est plus forte que celle de cela. » La situation décrite par le Commandeur des croyants 112 dans ce hadith 113 est claire et connue, attestée par la raison. Nous n'avons mentionné cela qu'à l'occasion de votre mention de la préférence et de votre attachement à son authenticité, parmi ce qu'ont prétendu les sabéens 114, partisans de 'Abd Allah ibn Saba', qui est Ibn al-Sawda'. Abou al-Qasim al-Balkhi a dit dans son livre par lequel il a réfuté l'objection d'Ibn al-Rawandi au discours d'Abou 'Uthman 'Amr ibn Bahr al-Jahiz sur le fait que le Coran est exempt d'augmentation et de diminution : « La parole du Commandeur des croyants : "Sachez que les meilleurs de cette communauté après son Prophète sont Abou Bakr et 'Omar" est parvenue d'une manière que ne peut nier quiconque a une part de science. » Il a mentionné un groupe de ceux qui ont rapporté leur mérite, leur noblesse, leur grand nombre et leur importance, puis a dit : « Mais selon nous, il visait autre chose. » Puis Abou al-Qasim — que la miséricorde d'Allah soit sur lui — a mentionné que Sharik ibn 'Abd Allah était parmi les grands shi'ites 115, et il disait : « Les meilleurs de cette communauté sont Abou Bakr et 'Omar, et ils sont meilleurs que 'Ali. Si je disais autre chose, je ne serais pas un shi'ite de 'Ali, car il a dit sur ces chaires : "Sachez que les meilleurs de cette communauté après son Prophète sont Abou Bakr et 'Omar." Le traiterions-nous de menteur ? Par Allah, il n'était pas menteur. » Abou al-Qasim a dit : « Le récit est authentique, mais selon nous, il est spécifique. » Nous n'avons pas eu l'intention de mentionner ce que le Commandeur des croyants a dit à leur sujet en matière de mérite, car cela est plus clair que le soleil et abondant. Il existe de nombreux livres indépendants et longs à ce sujet. Nous n'avons mentionné cela qu'à l'occasion de la mention de 'Abd Allah ibn Saba' et de ce qu'il a fait, et de ce par quoi il a corrompu l'affaire du Commandeur des croyants. Il est possible que 'Abd Allah ibn Saba' ait lancé ce qu'il a lancé, et il est apparu à un groupe auquel il lançait qu'il était une divinité. Le Commandeur des croyants leur a demandé de se repentir, mais ils ne se sont pas repentis, alors il les a brûlés. Ils étaient un petit nombre. Il a exilé 'Abd Allah ibn Saba' de Koufa à al-Mada'in. Lorsque le Commandeur des croyants fut tué — que la paix soit sur lui —, on dit à Ibn Saba' : « Il a été tué, mort et enterré. Où est donc ce que tu disais de son retour vers le Sham 116 ? » Il dit : « Je l'ai entendu dire : "Je ne mourrai pas avant d'avoir frappé du pied dans les plaines de Koufa, d'en extraire des armes, de me rendre à Damas, de démolir sa mosquée pierre par pierre, et de faire ceci et cela." Si vous nous apportiez son cerveau enchaîné, nous ne croirions pas qu'il est mort. » / Lorsqu'il fut démasqué, il fut confondu et prétendit contre le Commandeur des croyants ce qu'il n'avait pas dit. Les shi'ites qui professent sa doctrine maintenant à Koufa sont nombreux, et dans sa campagne et dans tout l'Irak, ils disent : « Le Commandeur des croyants était satisfait de sa parole et de la parole de ceux qu'il a brûlés. Il ne les a brûlés que parce qu'ils ont divulgué le secret. Puis il les a ressuscités après cela. » Ils disent : « Sinon, dites-nous pourquoi il n'a pas brûlé 'Abd Allah ibn Saba' ? » Nous disons : « 'Abd Allah n'a pas avoué devant lui ce que ceux-là ont avoué. Il l'a seulement soupçonné et l'a exilé. S'il l'avait brûlé, cela ne vous aurait servi à rien, et vous auriez dit : "Il ne l'a brûlé que parce qu'il a divulgué le secret." » Et toi — qu'Allah te fasse miséricorde —, lorsque tu vois les imamites 117 avec ceux-ci et avec ceux qui disent du Commandeur des croyants et de ses enfants qu'ils sont des prophètes, les imamites leur disent : « Ces imams 118 étaient parmi les gens, et ils n'ont pas revendiqué la prophétie. » Ils leur répondent : « Ils étaient parmi les gens, mais ils n'ont pas revendiqué ni manifesté ce qu'ils prétendent à leur sujet : l'imamat, le texte 119, la désignation testamentaire 120, l'infailibilité 121, les signes et les miracles. Si ce que vous nous dites — qu'ils n'ont pas manifesté la prophétie — est un argument, alors c'est un argument contre vous de la part de ceux qui vous contredisent. Si vous dites : "Ils ont manifesté ce par quoi ils appellent les gens", et il n'y a pas de discussion avec celui qui profère des calomnies, et nous vous disons aussi : "Ils ont manifesté la revendication de la prophétie." Si vous dites : "Par la raison, nous savons qu'il est nécessaire qu'il y ait un imam infaillible", nous vous disons : "Par la raison et par l'ouïe 122 ensemble, nous savons que le monde n'est jamais dépourvu d'un prophète existant en personne, et que la loi d'un prophète n'est établie que par un prophète semblable à lui, et que la loi d'un prophète n'est transmise que par un prophète semblable à lui." Allah a dit : « Puis Nous avons envoyé Nos messagers successivement » 123 et : « Ô messagers, mangez des bonnes choses et faites le bien » 124. Si vous dites : « Cela est un détournement des évidences par les apparences et les interprétations, car le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui accorde la paix — a dit : "Il n'y a pas de prophète après moi" », nous disons : « Quelle est notre situation, nous qui avons revendiqué cela ? Si vous nous accusez d'obstination, nous vous en accusons pareillement. De plus, nous prétendons que ces gens nous ont dit, à nous et à nos prédécesseurs, qu'ils sont des prophètes, et nous vous avons mentionné l'argument de la raison et l'argument de l'ouïe. Comment donc le Prophète a-t-il voulu dire qu'il n'y a pas de prophète après lui ? » Et aussi, nous vous disons : « La raison n'implique pas la nécessité d'un imam infaillible. Ce n'est qu'une conjecture qu'ils conjecturent, à cause de ce que Hisham 125 vous a jeté. Nous vous avons montré, à partir des actes et des paroles du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui accorde la paix — et des actes et des paroles du Commandeur des croyants, que l'imamat est par choix 126 et que l'imam peut se tromper et désobéir. » Si vous nous dites : « Vous êtes des mécréants selon nous », nous vous disons : « C'est là votre première défaite. Et aussi, vous êtes des mécréants selon nous. Il n'y a donc pas d'argument valable pour vous. Nous rapportons que le Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui accorde la paix — a dit à 'Ali : "Il n'y a pas de prophète après moi, sauf toi et tes deux fils." Si vous dites : "C'est un mensonge que vous avez inventé", les mu'tazilites 127, les juristes et les traditionalistes 128 vous disent : "Votre parole : 'Il est nécessaire qu'il y ait un texte et une désignation testamentaire du Prophète, et la désignation de la personne de l'imam, et qu'il soit infaillible, et que les signes soient apparus sur lui' est une chose inventée par Hisham et une calomnie qu'il a innovée. La raison et l'ouïe témoignent de son mensonge." Ils ne trouvent donc pas de séparation. Et lorsque ces imamites parlent à ceux qui disent que le Commandeur des croyants est une divinité, ils sont également démunis, comme ils l'ont été face à ceux qui ont dit qu'il était un prophète. Car s'ils leur disent : « Ils ont un corps, il ne peut être éternel », ils leur répondent : « Hisham ibn al-Hakam et ses semblables parmi les imamites disent d'Allah qu'Il est un corps ayant une limite, qu'Il est lumière, qu'Il se meut, qu'Il est vu et touché. » Ils disent : « La raison en témoigne. » Ils disent : « Et de plus, nous avons reçu cela des imams de vive voix. » Ils leur disent : « Laissez ce que les mu'tazilites ont rapporté de Hisham et de ses compagnons — qu'Allah est un corps, une lumière, qu'Il se meut, qu'Il est vu, qu'Il monte et descend, qu'Il est touché, et qu'Il ne connaît pas la chose avant qu'elle ne soit — et prenez ce qu'ont rapporté d'eux Abou 'Isa al-Warraq, Ibn al-Rawandi, Abou Muhammad al-Hasan ibn Musa al-Nawbakhti, Abou Sahl al-Nawbakhti, al-Saws al-Najardi, et leurs semblables parmi les imamites. Leurs livres en sont remplis, et ils le mentionnent de tous ceux qui les ont précédés parmi les imamites. De même, ils mentionnent d'eux le décret 129. » Ils leur disent : « Et nous rapportons que le Commandeur des croyants a dit dans son sermon, sur sa chaire : "C'est moi qui ai élevé son ciel, creusé ses mers et planté ses montagnes." S'ils leur disent : "Cela n'est pas authentique", ils disent : "Cela est plus authentique que la parole du Prophète : 'Quiconque je suis son maître, 'Ali est son maître.'" Alors les imamites leur disent : "Il a dit : 'Je suis le serviteur d'Allah, je suis le frère du Messager d'Allah.'" Ils disent : "Ce n'est pas ainsi qu'il a dit. Vous avez déformé la parole. Il a dit : 'Suis-je le serviteur d'Allah ? Suis-je le frère du Messager d'Allah ?' sur le mode de la négation de ce qu'on rapporte de lui." Alors les imamites sont démunis. Et ceux-ci rapportent d'Abou al-Khattab Muhammad ibn Abi Zaynab qu'il a dit : « J'étais chez Ja'far ibn Muhammad 130 et j'ai demandé la permission d'entrer pour eux — ces imamites qui disent de lui qu'il est l'imam et la preuve d'Allah sur les gens de son temps. Il dit : "Autorise-les à entrer. Sur eux ma malédiction et ma colère." Lorsqu'ils entrèrent, il interrompit la conversation qu'il avait avant leur entrée. Lorsqu'ils sortirent, il les poursuivit de malédictions et dit : "Ô Abou al-Khattab, Je n'ai pas créé de créature plus détestable à Mes yeux que ces imamites. Je me méfie d'eux plus que je ne me méfie des nasibites 131." Et il les poursuivit de malédictions et dit : "Ô Abou al-Khattab, Je suis ton dieu et tu es Mon messager auprès de Ma création." Abou al-Khattab, lorsqu'il faisait la talbiya 132, disait : "Me voici, Ja'far, me voici."

Nous n'avons mentionné cela que parce que c'est semblable à la prétention des imamites 133 et à leur tradition selon laquelle le Commandeur des croyants 134 et ses descendants prétendaient connaître l'invisible 135 et ce qui est dans l'âme de leur ennemi et de leur allié, accomplissaient des miracles et revendiquaient l'infalibilité 136. Leurs mensonges à son sujet n'ont pas de limite, et à chaque époque, les imamites de cette époque ont inventé contre les gens de la Maison 137 ce que leurs prédécesseurs n'avaient pas inventé. Ils prétendent que cela fait partie de ce que le Prophète (sur lui la paix) a dit et stipulé, et que cela est de cet ordre. Ils l'ont diffusé à notre époque et ont inventé que le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : « Ma fille Fâtima a préservé son sexe 138, Dieu a donc interdit sa descendance au Feu ; il n'est donc pas permis qu'aucun des enfants de Fâtima entre en Enfer. » Les ennemis du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) l'attaquent donc avec de telles choses. Nous disons : si cela faisait partie de ses textes 139, il serait venu comme sont venus des exemples similaires de ceux sur lesquels il a stipulé qu'ils n'entreraient pas en Enfer et que le Feu ne les toucherait pas, comme Adam, Noé et tous les autres prophètes (les prières de Dieu sur eux). Bien plus, la connaissance de ce qu'ils prétendent pour les enfants de Fâtima (sur elle la paix) devrait être plus forte que la connaissance de son texte 139 sur ceux-là, car l'époque de ceux-ci est plus proche que l'époque de ceux-là, et ils sont une multitude de créatures et de grandes nations, vivants parmi les gens. C'est un texte 139 en leur faveur et une preuve pour eux. La connaissance aurait donc dû être plus forte. Puisqu'il n'en est pas ainsi, on sait que c'est une chose sans fondement, comme leur prétention au texte 139, à l'infalibilité 136 et aux miracles pour leurs imams. [À propos de leur parole selon laquelle Dieu a interdit la descendance de Fâtima (que Dieu l'agrée) au Feu] Un grand personnage parmi les enfants de Fâtima (sur elle la paix) et un roi parmi leurs rois a dit à Abû 'Abd Allâh Muhammad ibn 'Alî ibn Zayd ibn Rizâm al-Tâ'î al-Kûfî : « Nous sommes des émirs avec certitude, car Fâtima notre mère a préservé son sexe 138, Dieu a donc interdit sa descendance au Feu. » Ibn Rizâm lui dit : « As-tu appris qu'Ève a jamais forniqué ? Elle n'a fait que préserver son sexe 138, donc sa descendance est interdite au Feu. » Il se tut. C'est comme l'a dit Ibn Rizâm, et il y a là un long discours. Ce que savent les savants, c'est que le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : « Ô Fâtima, fille de Muhammad, ô Safiyya, tante de Muhammad, ô 'Abbâs, oncle de Muhammad, œuvrez pour ce qui est auprès de Dieu, car je ne vous servirai à rien 140. Ne venez pas à moi avec les lignées alors que d'autres viennent avec les œuvres. Celui que son œuvre retarde, sa lignée ne le fera pas avancer. Dieu ne regarde pas vos apparences, mais Il regarde vos œuvres. Vous êtes tous issus d'Adam, et Adam est de terre. Les gens sont égaux comme les dents d'un peigne. Il n'y a de mérite pour un Arabe sur un non-Arabe que par la piété. Le meilleur d'entre vous est le plus pieux. » Combien de paroles semblables à celle-ci, et combien dans le Coran de cela, et tu le connais. Ce que Dieu a placé dans l'intelligence des savants parmi Ses serviteurs est ce qu'a dit le Messager de Dieu ; il n'est pas permis d'autre chose. Ces Qarmates 141 prétendent être les partisans 142 des gens de la Maison 137, alors qu'entre eux ils se recommandent mutuellement de tuer les 'Alides 143 partout où ils le peuvent, et ils se disent les uns aux autres : « Ceux-ci sont pires que les enfants d'al-'Abbâs, et plus forts pour se prévaloir des gens par leur grand-père que ceux-là. » Dieu les a donnés en pouvoir sur les gens. Ceci est mentionné pour eux dans la septième proclamation 144 et le Nomos suprême 145 qui contient la réalité de leur doctrine, avec laquelle ils se manifestent à ceux qu'ils ont atteints, et c'est leur testament à Abû Tâhir ibn Sa'îd al-Djannâbî. [À propos de la prétention que les gens de la Maison du Prophète ont droit au cinquième des biens des musulmans] Parmi ce qu'ils mentionnent maintenant aux gens, de cet ordre, il y a leur parole aux mu'tazilites 146 : « Vous dites que cet homme qui est votre Prophète a renoncé au monde et en a éloigné les gens de sa Maison, alors que les enfants d'al-'Abbâs et les enfants d'Abû Tâlib ne cessent de prétendre qu'on leur a attribué le cinquième de la terre et le cinquième de ce que possèdent tous les gens, au point que leurs notables, leurs riches, leurs rois et ceux d'entre eux qui ont des richesses disent : “Nous avons droit au cinquième des biens de tous les gens, même la pauvre veuve qui vit de son filage, nous avons droit au cinquième de ses biens.” » On leur dit : « Si le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) avait stipulé cela et l'avait imposé, il serait venu comme sont venus des textes 139 semblables, et la connaissance en serait plus forte que la connaissance du partage des aumônes 147 en raison de Sa parole : “Les aumônes ne sont que pour les pauvres et les nécessiteux…” 148 jusqu'à la fin du verset, et du partage des héritages en raison de Sa parole : “Dieu vous recommande au sujet de vos enfants…” 149 jusqu'à la fin des versets, car c'est un texte 139 concernant des hommes nobles, honorables et connus. Il aurait fallu que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) partage entre eux le cinquième de la péninsule arabique, car il la possédait, et que le Commandeur des croyants 134 partage entre eux le cinquième de la terre, car il possédait tout l'Islam, à l'exception de la seule province de Palestine, et son autorité y a prévalu pendant cinq ans. » S'ils disent : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a fait cela, et le Commandeur des croyants 134 l'a fait lorsqu'il a régné », nous disons : « Il aurait fallu que la connaissance en soit acquise par ceux qui ont entendu les récits, et qu'elle soit plus forte que la connaissance de son entrée à Bassora et de son combat contre ceux qui y ont combattu, de son entrée en Syrie et de son combat contre ceux qui y ont combattu, de son séjour à Kûfa et à Nahrawân, et de ce qu'il a eu avec ceux qui l'ont combattu là-bas, car le partage de ce qu'ils prétendent est un acte qui se répète pour des hommes et des femmes dont nous avons décrit la condition. Il n'y a pas de différence entre celui qui prétend cela et celui qui prétend qu'il (sur lui la paix) avait attribué le Yémen à 'Ubayd Allâh lorsqu'il l'y a nommé gouverneur, pour qu'il soit à lui et à ses descendants de ce qu'il méritait du cinquième, et de même pour Ibn 'Abbâs lorsqu'il l'a nommé gouverneur de Bassora, pour Tammâm ibn al-'Abbâs lorsqu'il l'a nommé gouverneur de Médine, pour Qutham lorsqu'il l'a nommé gouverneur de La Mecque, pour Ma'bad ibn al-'Abbâs lorsqu'il l'a nommé gouverneur du Khurâsân, et qu'il a attribué Ispahan à 'Aqîl ibn Abî Tâlib, la montagne aux enfants de Ja'far ibn Abî Tâlib, l'Égypte à al-Hasan son fils, et 'Umân et l'Inde à al-Husayn (sur lui la paix), ou qu'il prétende que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a partagé cela entre eux de son vivant et a ordonné à sa communauté de le faire. » Ce que savent les savants, c'est que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) leur a interdit les aumônes 147 et les a rendues obligatoires pour leurs riches en faveur des pauvres musulmans qui ne sont pas des Banû Hâshim, et qu'il a attribué aux pauvres des Banû Hâshim le cinquième du cinquième du butin 150 dans une mesure suffisante pour combler le besoin. Il les empêchait quand ils lui demandaient. Le Commandeur des croyants 134 racontait cela en disant : « Ne vous raconterai-je pas à notre sujet et au sujet du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) ? Fâtima, fille du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), a nettoyé la maison jusqu'à ce que ses vêtements en soient marqués, a moulu jusqu'à ce que ses mains en soient marquées, a puisé de l'eau avec l'outre jusqu'à ce que son cou en soit marqué. On lui dit : “Ton père a reçu des captifs et les partage entre les gens ; si tu lui demandais un serviteur pour t'aider ?” Elle eut honte de lui demander. Les tantes du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) marchèrent avec elle, et nous marchâmes avec elles. Nous vînmes à lui alors qu'il était occupé avec les gens, et notre attente se prolongea, alors nous revînmes. Lorsqu'il eut fini, on l'informa de cela, et il vint à nous et dit : “Qu'est-ce qui t'amène, ô Fâtima ?” Elle eut honte de parler, alors nous dîmes : “Nous sommes venus à toi, ô Messager de Dieu, pour que tu lui donnes un serviteur parmi les captifs que tu as reçus, car elle a nettoyé la maison jusqu'à ce que ses vêtements en soient marqués, a moulu jusqu'à ce que ses mains en soient marquées, a puisé de l'eau avec l'outre jusqu'à ce que son cou en soit marqué.” Il lui dit : “Ô ma fille, les orphelins de Badr ont plus droit que toi. Ne t'enseignerai-je pas ce qui est meilleur pour toi que cela ? Glorifie Dieu tant de fois, loue-Le tant de fois…” et il mentionna le hadith. C'est une histoire connue et longue. Fâtima vint une autre fois à lui avec al-Hasan et al-Husayn et dit : “Ô Prophète de Dieu, donne-leur quelque chose.” Il dit : “J'ai donné à ce grand la majesté et la clémence, et à ce petit l'amour et l'agrément.” Il n'ajouta rien à cela. Combien de fois le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) a-t-il été sollicité par plus d'un des Banû Hâshim et les a-t-il refusés ? Le détail serait long, et cela est mentionné dans les livres des savants. Il ne donnait à ceux d'entre eux qui étaient dans le besoin que du cinquième du cinquième du butin 150, et parfois il le remettait à al-'Abbâs pour qu'il le partage entre eux. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) avait trois propriétés réservées 151 : la terre des Banû al-Nadîr était une fondation pieuse 152 pour ses dépenses imprévues ; il divisa Khaybar en trois parties ; et Fadak était pour les fils du chemin 153. 'Umar ibn 'Abd al-'Azîz s'étonnait que Mu'âwiya ait donné Fadak à Marwân ibn al-Hakam alors qu'elle était pour les fils du chemin 153, et que Fâtima, sa fille (que Dieu prie sur lui et le salue), la lui avait demandée et il la lui avait refusée. Lorsque 'Umar ibn 'Abd al-'Azîz devint calife, il fit un sermon et dit : « Fadak faisait partie de ce que Dieu a accordé à Son Messager comme butin 150 sans que les musulmans n'y aient engagé ni chevaux ni chameaux. Fâtima (que Dieu l'agrée) me l'a demandée, et j'ai dit : “Il ne t'appartenait pas de me la demander, et il ne m'appartenait pas de te la donner.” Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) plaçait ce qui lui en venait au service des fils du chemin 153. Puis Abû Bakr, 'Umar, 'Uthmân et 'Alî (que Dieu les agrée) gouvernèrent et placèrent cela là où le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) l'avait placé. Puis Mu'âwiya gouverna et la donna à Marwân ibn al-Hakam. Marwân la donna à mon père et à 'Abd al-Malik. Elle devint donc à moi, à al-Walîd et à Sulaymân. Lorsque al-Walîd gouverna, je lui demandai sa part et il me la donna. Je demandai à Sulaymân sa part et il me la donna. Ainsi je la réunis. Je n'avais pas de bien qui me fût plus cher que celui-ci. Soyez témoins que je l'ai rendue à ce qu'elle était. » La coutume du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) de refuser aux siens est connue. Il donnait aux gens des dons abondants et nombreux, et refusait aux siens. Un homme lui demanda des moutons entre deux montagnes, et il les lui donna tous. Combien d'hommes à qui il a donné cent chameaux ou plus ! Lorsque l'argent lui parvenait, il n'entrait pas dans ses maisons avant de l'avoir entièrement distribué, puis il entrait. Parfois, il lui en restait le soir et il passait la nuit dans la mosquée jusqu'à ce qu'il le distribue. Ses compagnons, les premiers prédécesseurs 154, évoquaient entre eux sa conduite (que Dieu prie sur lui et le salue) à cet égard, et que le butin 150 abondant lui parvenait, et le soir ses maisons étaient vides, sans rien de doux ni d'amer, jusqu'à ce qu'il revienne de nos maisons. Une femme des Ansâr 155 entra chez 'Â'isha et vit la couche du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) : un manteau plié en deux. Elle partit et envoya à 'Â'isha une couche rembourrée de laine. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) entra chez elle et dit : « Qu'est-ce que ceci, ô 'Â'isha ? » Elle dit : « Ô Messager de Dieu, une telle, la Ansârite 155, est entrée chez moi, a vu ta couche, est partie et m'a envoyé ceci. » Il dit : « Rend-le. » Elle ne le rendit pas, car elle aimait qu'il soit dans sa maison. Il le lui répéta trois fois. Combien de choses semblables avec ses épouses, concernant un voile qu'il voyait ou autre, dont le récit serait long ! Tu connais sa condition avec ses épouses et ce que Dieu a révélé dans la sourate al-Ahzâb 156. Cela a déjà été mentionné pour toi. Ceci et ses semblables font partie des hadiths que les hérétiques 157 inventent et par lesquels ils cherchent à se rapprocher des Banû Hâshim pour les inciter contre les gens et pour leur fausser leur religion. Puis ils viennent voir les savants et les interrogent à ce sujet pour attaquer le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), et ils font du tumulte de toutes parts. Peu d'hérétiques 157 ne prétendent pas au shî'isme 158 et ne composent pas des livres en faveur du rejet 159, comme c'est connu. Cela a déjà été mentionné pour toi. Ce qui incombe au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), c'est la clarification ; il ne lui incombe pas que personne ne mente sur lui, et cela ne lui est pas imposé. Abû al-Fath ibn Firâs le secrétaire, qui était un shî'ite 158 et l'un des grands imamites 133, disait aux imamites 133 : « Fadak que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a donnée n'est pas ces palmiers du Hedjaz ; Fadak que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a offerte à Fâtima est ce qu'arrosent l'Euphrate, le Nil, le Tigre, le Sayhûn et le Jayhûn. Ses enfants mangent donc des biens de leur mère, et les shî'ites 158 mangent des biens de leurs clients 160. » Il semble que cela se soit répandu et ait acquis une chaîne de transmission 161, et ils ont prétendu qu'il était mutawâtir 162.

Cet Abū al-Fatḥ résidait à Bagdad, dans le quartier est, au marché de Yaḥyā, et son proche était mort. Les sectes 163 se référaient à lui pour la transmission 164, et leurs poètes lui soumettaient leurs poèmes, comme Abū al-Ḥasan ‘Alī ibn Waṣīf al-Jallā’, surnommé al-Nāshī’, et Ḥammām ibn Firās, en ce lieu bien connu 165. [Réfutation des récits falsifiés selon lesquels les obligations religieuses ne seraient pas imposées aux gens de sa maison — sur lui la prière et la paix — et à leur secte] Ils ont inventé que l’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix — a dit : « La prière, le jeûne, l’aumône légale et le pèlerinage ne sont pas obligatoires pour les gens de ma maison ni pour ma secte, et rien de ces interdits ne leur est illicite ; ces obligations ne sont qu’un châtiment pour les ennemis des gens du Prophète et des gens de sa maison. Dieu n’allait pas réunir Ses alliés et Ses ennemis dans les obligations. » Ils ont forgé à cet effet des récits et ont interprété le Coran en ce sens. Cela s’est répandu et propagé, et beaucoup d’entre eux y adhèrent dans la campagne de Kūfa, au Bahreïn, à Bagdad, dans les régions du Yémen et en Syrie. Il n’est guère l’un d’eux qui prie, sauf en présence des gens et pour les gens, et en public, pour tromper les gens. Et tandis que tu vois l’un d’eux, ayant prétendu suivre la secte 166, jusqu’à renier Abū Bakr, ‘Umar, les Émigrés 167 et les Auxiliaires 168, jusqu’à prétendre que le Coran a été altéré et modifié, jusqu’à prétendre qu’il a un sens caché différent de ce que savent les savants, les juristes et le commun, puis il ne tarde pas à prétendre que rien ne lui est interdit, ni fornication, ni sodomie, ni usure, et qu’aucune adoration ne lui est imposée, et d’autres choses encore trop longues à détailler. Or, quiconque a entendu les récits sait que l’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix — a imposé ces obligations à tout être doué de raison ayant reçu son appel, qu’elles sont une bénédiction et une miséricorde de Dieu sur Ses serviteurs, qu’elles ne sont pas levées pour quiconque peut les accomplir, et qu’il n’est jamais permis à quiconque la fornication, le partage des épouses, la sodomie, etc. ; que ces obligations sont plus impératives et plus contraignantes pour les pieux, l’élite, les savants et les gens de la maison que pour le commun des pécheurs ; qu’elles ne sont pas un châtiment pour quiconque ; et que celui qui les accomplit, en observe les droits, sans les annuler ni les rendre vaines, obtient récompense, louange, honneur et dignité en ce monde et dans l’au-delà. Les savants savent, d’après la Sunna de Muḥammad — sur lui la prière et la paix — que ses lourdes obligations incombent surtout à son élite et aux premiers croyants, et qu’il nommait des gouverneurs sur les gens de sa maison et leur imposait l’obéissance à ses gouverneurs. Ainsi, il nomma ‘Attāb ibn Usayd à La Mecque, où se trouvaient de nombreux Banū Hāshim, qui furent ses sujets. Il nomma à Médine, lors de ses expéditions et voyages, plusieurs Émigrés et Auxiliaires, alors que s’y trouvaient de nombreux hommes des Banū Hāshim et de leurs clients. Il nomma Zayd ibn Ḥāritha commandant de l’armée de Mu’ta, sur Ja‘far ibn Abī Ṭālib, et c’est lui qui était le commandant, non Ja‘far, bien que ce dernier fût présent. Ja‘far — que Dieu l’agrée — était un ancien musulman, un ancien émigré. L’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix — nomma ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb et le fit calife 169 sur son armée et son corps expéditionnaire le jour de Ṭā’if, le jour de la Conquête et le jour de Ḥunayn, alors que ‘Alī ibn Abī Ṭālib — que Dieu l’agrée — se trouvait dans cette armée et dans tous ces lieux. L’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix — nomma Abū Bakr al-Ṣiddīq sur son armée et son corps expéditionnaire lors de l’expédition de Tabūk, et il demeura à Médine pour inciter les gens à combattre les Byzantins. Dans cette armée se trouvaient, sous ses ordres, plusieurs Banū Hāshim. Abū Bakr priait avec eux, leur donnait des ordres et des interdictions. Lorsque l’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix — partit pour Tabūk, il plaça Abū Bakr et ‘Umar à la tête de la plus grande partie de son armée, les fit marcher devant lui, et marcha en queue avec un petit nombre de personnes. Dans cette armée se trouvaient plusieurs Banū Hāshim. C’est une histoire bien connue. À cette occasion, l’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix — dit à ceux qui étaient avec lui : « Que pensez-vous des gens, lorsque la prière les a pressés et qu’ils ont perdu leur Prophète ? » Ils dirent : « Dieu et Son Envoyé savent mieux. » L’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix — dit : « N’y a-t-il pas dans le peuple Abū Bakr et ‘Umar ? Ils guideront les gens. S’ils leur obéissent, ils seront bien guidés, et leur communauté sera bien guidée ; s’ils leur désobéissent, ils s’égareront, et leur communauté s’égarera. » Il répéta cela trois fois. [Sur la nomination des califes bien guidés 170 parmi les Compagnons de l’Envoyé de Dieu] L’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix — nomma Abū Bakr al-Ṣiddīq pour présider le pèlerinage en l’an neuf, alors que s’y trouvaient ‘Alī ibn Abī Ṭālib et plusieurs Banū Hāshim. Abū Bakr était le commandant, celui qui dirigeait la prière, prononçait le sermon et conduisait les gens, non ‘Alī ni aucun des Banū Hāshim. L’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix — délégua Abū Bakr al-Ṣiddīq pour diriger la prière durant sa maladie. Il pria avec les Banū Hāshim, les Émigrés, les Auxiliaires et tout le peuple, alors que s’y trouvaient de nombreux Banū Hāshim. En toutes ces occasions, ils furent obéissants et soumis, et supportèrent les plus grandes difficultés qu’il leur imposa. C’est pourquoi le Commandeur des croyants 171 dit à Mu‘āwiya dans sa lettre, en mentionnant les difficultés que l’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix — imposa aux Banū Hāshim : « Lorsque les gens s’échauffaient et qu’on appelait au combat singulier, l’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix — faisait avancer les gens de sa maison, protégeant ainsi ses Compagnons de la chaleur des épées et des lances. ‘Ubayda ibn al-Ḥārith fut tué à Badr, Ḥamza à Uḥud, mon frère Ja‘far à Mu’ta, et Zayd ibn Ḥāritha à Mu’ta. Il voulut — si je voulais, je le nommerais — ce qu’ils voulaient, le martyre auprès du Prophète de Dieu — sur lui la prière et la paix — plus d’une fois, mais leurs termes furent hâtés et le sien retardé. Je n’ai ni entendu ni vu personne de plus sincère, plus obéissant à Dieu et à Son Envoyé dans l’obéissance à son Seigneur, ni plus patient que les gens de sa maison. Parmi les Émigrés, nombreux sont ceux qui reconnaissent cela. Que Dieu les récompense en bien. » Médite donc, que Dieu te fasse miséricorde, sur cette conduite de l’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix — car elle est à l’opposé de la conduite de ceux qui recherchent ce bas monde et du discours des rois qui placent en premier leurs proches et les gens de leur maison. Il y a là-dessus beaucoup de propos, et des exemples analogues ont déjà été donnés. Ses recommandations à ses Compagnons durant sa maladie ont déjà été mentionnées ; réfères-y et médite-les. Médite sur leur situation lorsque l’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix — fut rappelé, et comment ils discutèrent pour savoir qui serait le calife après lui, comme cela t’a déjà été exposé concernant ce qui se passa entre les Banū Hāshim, al-‘Abbās et Abū Sufyān avec le Commandeur des croyants, et ce qui se passa à la Saqīfa 172. Ces événements, dont tu as déjà eu le récit, eurent lieu le jour de la mort de l’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix — alors qu’il n’était pas encore enterré. Ils discutèrent, débattirent, chaque groupe avançant ses mérites et ce que l’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix — avait dit à son sujet. Ils se disputèrent le commandement et la direction. Regarde comment ils s’accordèrent tous pour louer l’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix —, se soumettre à ses ordres, suivre sa trace et rechercher ses recommandations. Aucun d’eux ne manifesta de reproche ou de doute sur quoi que ce soit de son ordre ou de ses actes — sur lui la prière et la paix —, ni ne demanda, par voie d’interrogation, quoi que ce soit de ses affaires, d’aucune manière. Cela, alors que l’époque était proche et que parmi eux se trouvaient ceux qui voulaient l’honneur du commandement dans leur tribu. Ils ne revinrent pourtant qu’à ses recommandations, selon lesquelles le commandement devait être confié aux meilleurs de Quraysh. C’est là un lieu où les rancunes auraient pu se manifester et la haine apparaître. Regarde ensuite comment ils le confièrent à celui qu’ils vénéraient, glorifiaient et plaçaient en avant, et à ceux qui avaient la priorité [dans l’islam]. Il y avait là des chefs arabes, des hommes d’honneur et de fierté, de grand nombre et de grand équipement, aux tribus nombreuses et à la richesse apparente, en quantité innombrable. Et parmi eux se trouvaient de nombreux parents, des chefs des Banū Hāshim. Si ce n’avait été que al-‘Abbās, avec son mérite et sa sagesse — on l’appelait le Sage de Quraysh —, et si le Sage de Quraysh, alors que Quraysh était à cette époque la plus sage des Arabes et la plus raisonnable, était le Sage de tous les Arabes, ils confièrent pourtant le commandement à Abū Bakr, qui était de la tribu la plus faible de Quraysh, la moins nombreuse et la plus pauvre en apparence. Il avait eu des biens, mais il les avait dépensés pour l’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix — et pour les calamités de l’islam, au point qu’il n’avait plus de vêtement pour être enseveli à sa mort. Il recommanda qu’on l’ensevelît dans ses haillons usés. Quand on lui dit : « N’achètes-tu pas un vêtement neuf qui te suffise ? », il répondit : « Le vivant a plus besoin du neuf. » Lorsqu’il devint calife, il se rendit au marché avec des étoffes sur l’épaule, vendant et achetant. Les Compagnons de l’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix — se réunirent et dirent : « Voici le calife de l’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix —, qui se lève tôt pour commercer avec les gens dans les marchés, alors qu’il a à s’occuper des affaires des musulmans. Si la nouvelle parvient aux chefs arabes et aux rois des non-Arabes, ils mépriseront votre affaire. » Ils vinrent à lui et lui parlèrent de cela, lui adressant des paroles dures et sévères. Il dit : « Je suis seulement un gagne-pain pour ma famille. Si je les néglige, je serai encore plus négligent envers ceux qui sont derrière eux. J’ai refusé votre affaire et j’ai souhaité être vizir, mais vous avez insisté pour que je prête serment et vous m’y avez contraint. » Et ce qui se passa entre eux et lui est bien connu. Médite donc ces situations et ces positions : combien de preuves et de signes elles contiennent de l’intégrité de la prophétie, exempte de toute souillure, et de sa pureté, exempte de toute confusion. Si l’on dit : « Les Rāfiḍa 173 ne prétendent-ils pas qu’Abū Bakr les a vaincus et subjugués, et qu’à la Saqīfa ils se sont ceints de ceintures yéménites 174 et se sont battus pour le pouvoir et le califat ? » Nous répondons : Nous avons déjà traité ce sujet et montré la fausseté de cette prétention. Ceux qui ont cru en la prophétie du Prophète — sur lui la prière et la paix —, qui ont adhéré à sa véracité et l’ont suivi selon les conditions que nous avons mentionnées, sont ceux qui se sont réunis pour le califat d’Abū Bakr, l’ont choisi comme calife, ont cru en son imamat et en sa pureté, et se sont rapprochés de Dieu par l’obéissance à ses ordres et recommandations. Il n’y a pas de différence entre celui qui prétend cela et qu’Abū Bakr les a vaincus, subjugués, trompés et ensorcelés, et celui qui prétendrait cela de l’Envoyé de Dieu — sur lui la prière et la paix — et du Commandeur des croyants, et de ceux qui lui ont obéi et ont cru en son imamat. Il n’y a pas de différence entre celui qui prétend qu’ils ont ceint des ceintures yéménites et celui qui prétend qu’ils se sont battus pour cela avec des épées et des lances sur des chevaux, car le pouvoir s’obtient par de tels moyens, non par des ceintures. Ces prétentions ne sont que celles de qui veut semer le doute chez les musulmans dans leur religion, afin que les critiques contre la prophétie de leur Prophète — sur lui la prière et la paix — lui soient facilitées. Les gens de savoir savent qu’Abū Bakr se rendit auprès des Auxiliaires, qui étaient nombreux, bien équipés, vaillants et courageux, et qu’ils étaient plus nombreux que tous les Émigrés et tous les Qurayshites présents à Médine. ‘Umar, Abū ‘Ubayda et Sālim, client d’Abū Ḥudhayfa, le suivirent. Comment aurait-il pu vaincre les Auxiliaires avec ces trois-là ? Même s’il avait voulu les vaincre avec tous les Qurayshites de Médine, il n’en aurait pas eu la force. Mais les Auxiliaires — que Dieu leur fasse miséricorde — demandèrent d’abord le califat ; lorsque Abū Bakr leur montra que cela ne convenait pas, ils y renoncèrent pour Dieu et en quête de la face de Dieu. Le théologien de la secte 175 dit : « Abū Bakr trompa les Auxiliaires en disant : “De vous les vizirs, de nous les émirs.” Il les fit espérer, puis les trahit, car ni lui ni les califes après lui n’en nommèrent aucun comme vizir. C’est pourquoi ils lui répondirent et le suivirent. » Nous répondons : Ceci fait partie de vos prétentions sans preuve. Le vizirat qu’Abū Bakr leur mentionnait n’est que l’assistance et le soutien dans l’obéissance à Dieu pour celui qui exerce le commandement parmi Quraysh. C’est là une charge supplémentaire pour les Auxiliaires, une lourde épreuve et une grande difficulté dans ce qu’il leur imposait comme assistance aux califes. Où est donc l’espoir que vous leur prêtez ? Cette condition qu’Abū Bakr leur imposait était plutôt propre à les faire fuir et à les éloigner. Tel est le vizirat qu’il leur imposa. C’est comme ce qu’il leur dit à la Saqīfa, lorsqu’ils lui dirent : « Accepte le serment d’allégeance », et il refusa.

Ils confièrent le commandement à 'Umar ou à Abû 'Ubayda 176 et me laissèrent être leur vizir 177. Il dit aussi au moment de sa mort : « Que n'ai-je, le jour de Saqîfat Banî Sâ'ida 178, accepté le serment d'allégeance et l'avoir confié à 'Umar ou à Abû 'Ubayda, et j'aurais été vizir et non émir », voulant dire assistant. De même, le Commandeur des croyants 179 dit, lorsqu'ils vinrent à lui après 'Uthmân et lui dirent : « Nous te nommons émir, tends ta main pour que nous te prêtions serment », il répondit : « Cherchez un autre que moi à qui prêter serment, et je prêterai serment avec vous ; laissez-moi être votre vizir. Car être votre vizir vaut mieux que d'être votre émir », voulant dire assistant. Mais ces gens-là regardèrent celui qu'on appelle vizir à l'époque de nos rois, qui prélève les impôts pour le souverain du temps, organise les collecteurs d'impôts et les percepteurs 180 pour opprimer les gens, établit les extorqueurs et les spoliateurs dans le bureau de recouvrement 181, que les poètes louent, qui siège entouré de chanteuses et de gens de plaisir, qui possède des palais au bord des fleuves et des mers, comme Ibn Killis en Égypte, Ibn Baqiyya à Bagdad, et untel et untel en Irak et au Fârs. Ils crurent donc que la viziriat mentionnée par Abû Bakr devait être ainsi. Ou ne savent-ils pas que Moïse demanda à son Seigneur : « Et assigne-moi un vizir de ma famille, Aaron mon frère, par qui je renforce mon soutien et associe-le à mon affaire » 182 ? Et l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « Mes deux vizirs du ciel sont Gabriel et Michel, et de la terre, Abû Bakr et 'Umar. » Sans la corruption du temps et la prédominance de l'ignorance, on n'aurait pas à répondre à de tels propos. Ensuite, l'homme sensé sait la fausseté de cela sous tous rapports. Car si les Ansâr 183 avaient eu pour but la vie d'ici-bas, ils auraient dit à Abû Bakr : « Pourquoi abandonnerions-nous le commandement pour devenir tes suiveurs, alors que la demeure est notre demeure, le pays notre pays, le désert notre désert, le nombre et l'équipement sont chez nous, la force et le courage sont nôtres, tandis que toi et ton compagnon et tous les Qurayshites êtes venus à nous en fuyant, cherchant refuge auprès de nous ? Nous n'avons nul besoin que tu sois parmi nos suiveurs et notre suite, comment donc serais-tu notre émir ? Et quel besoin avons-nous, alors que le monde est notre quête et notre intention, et la vie présente notre but, de nous imposer ces lourdes charges que ton compagnon nous a apportées : la prière, le jeûne, l'aumône, le pèlerinage, l'entraide, les peines légales, l'hostilité envers les nations et la lutte contre les rois jusqu'à ce qu'ils établissent sa religion et dominent par sa Loi, en versant notre sang pour cela, et en reniant nos ancêtres qui se sont opposés à sa religion et à sa Loi ? » C'est comme la prétention de celui qui dirait que l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a trompé les Émigrés 184 et les Ansâr autrement que ne le prétendent ces gens. Dieu — qu'Il soit exalté — a dit : « [Il appartient] aux pauvres Émigrés qui ont été chassés de leurs demeures et de leurs biens, cherchant la faveur de Dieu et Son agrément, et qui secourent Dieu et Son Envoyé ; ceux-là sont les véridiques » 185. Il a donc informé de leurs intentions et a témoigné de leur sincérité. Et Il a dit au sujet des Ansâr : « Et ceux qui, avant eux, se sont installés dans la demeure et dans la foi, aiment ceux qui émigrent vers eux, et ne trouvent dans leurs cœurs aucune envie de ce qui leur a été donné, et les préfèrent à eux-mêmes, même s'ils sont dans le besoin. Quiconque est préservé de sa propre avarice, ceux-là sont les bienheureux » 186. Il a donc informé qu'ils préfèrent la pauvreté dans l'obéissance à Dieu, et qu'ils assistent les nécessiteux pour l'amour de Dieu, malgré leur propre besoin, et Il a témoigné pour eux de la félicité. Et l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « Si les gens empruntaient un col et une vallée, et que les Ansâr empruntaient un col et une vallée, j'emprunterais le col et la vallée des Ansâr. » Et il leur a dit : « Vous êtes nombreux dans la peur et peu nombreux dans la convoitise », et d'autres paroles qu'il a dites à leur sujet — que Dieu les agrée. Or ces sectes disent d'eux le contraire de ce que la raison indique, le contraire de ce que Dieu a dit et le contraire de ce que Son Envoyé a dit. Mais les Ansâr — que Dieu leur fasse miséricorde — sachant que l'imamat 187 ne leur revenait pas, l'ont confié aux deux meilleurs parmi les Émigrés qurayshites. S'ils avaient voulu la vie d'ici-bas et le pouvoir, ils auraient démenti Abû Bakr lorsqu'il leur dit que l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avait dit : « Les imams sont des Qurayshites », ou ils auraient dit : « Même s'il a dit cela, nous ne l'acceptons pas. » Ils en auraient été capables, car la force et la puissance étaient avec eux et en eux. Et s'ils avaient voulu la vie d'ici-bas et le pouvoir, ils auraient porté atteinte à l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, l'auraient traité de menteur et auraient dit de lui ce que ces gens disent. Par cela, tu connais la vérité de la prophétie, l'innocence de l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — de tout défaut, la pureté d'Abû Bakr et des Émigrés, et leur innocence du moindre mal, petit ou grand. Et les Ansâr n'ont voulu que Dieu et la Demeure dernière en faisant parvenir le califat à Abû Bakr et à ses semblables parmi les Qurayshites. Ils l'ont fait précéder parce que l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — l'a fait précéder, et à cause de sa parole — que Dieu prie sur lui et le salue : « Que prient derrière vous ceux d'entre vous qui sont doués de raison et de sagesse, puis ceux qui les suivent, puis ceux qui les suivent ; et ne divergez pas, sinon vos cœurs divergeront. » Abû Bakr et 'Umar étaient ceux qui le suivaient immédiatement lorsqu'il se levait pour sa prière et lorsqu'il s'asseyait dans ses assemblées. C'est pourquoi ils dirent, en décrivant les assemblées de l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et les places de ses Compagnons auprès de lui : « Le cercle de l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — était si serré qu'il ressemblait à un rempart ; et la place d'Abû Bakr y était vide, personne n'espérant l'occuper. Quand Abû Bakr arrivait, il s'asseyait à cette place, et l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se tournait vers lui, lui confiait son propos, et les gens écoutaient. » Un jour, al-'Abbâs 188 arriva ; Abû Bakr se déplaça pour lui et l'assit à côté de lui. On vit la joie sur le visage de l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — pour l'honneur qu'Abû Bakr rendait à al-'Abbâs. Retiens cela, car les imamites 189 rapportent aujourd'hui de l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — qu'il maudissait Abû Bakr, 'Umar, 'Uthmân et leurs semblables parmi les Émigrés et les Ansâr, et qu'il récitait à ce sujet le Coran comme il récitait la malédiction de Pharaon, Hâmân, Qârûn, Iblîs, Abû Lahab et Abû Jahl. C'est un point auquel tu dois prêter attention, car les preuves attestent l'innocence de ces derniers de tout défaut, comme elles attestent l'innocence de l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Et le discours sur les deux groupes — ceux qui ont levé le voile en attaquant l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, croyant à sa fabrication et à sa ruse, et attribuant l'attaque contre lui à la suspicion envers ses Compagnons. De plus, Abû Bakr n'a pas accaparé les biens pour lui-même, ni pour ses enfants, ni pour ses gendres, ni pour les gens de sa maison ; il ne les a pas distribués aux chefs et aux soldats de manière à éveiller des soupçons. Il les a plutôt attribués aux fils du chemin 190, qu'il ne connaissait pas et dont il ignorait l'identité ; c'étaient des étrangers pauvres qui passaient et voyageaient. Abû 'Alî Muhammad ibn 'Abd Allâh al-'Alawî al-Misrî al-Fâtimî al-Husaynî 191 — le plus savant de sa famille en son temps, le plus versé dans leurs traditions et leurs récits, et qui, par son ascétisme, sa pureté et sa dévotion, occupait un rang que nul dans sa famille et à son époque n'atteignit — a dit — que Dieu lui fasse miséricorde : « Parmi les preuves de l'innocence d'Abû Bakr al-Siddîq 192 de ce dont les Râfidites 193 l'accusent, il y a le fait qu'il a refusé à al-'Abbâs, à Fâtima et aux épouses du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — les biens de l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et les a consacrés à la cause de Dieu. S'il avait agi ainsi, c'est qu'il s'appuyait sur la vérité qui était sienne. S'il avait été dans l'erreur, il leur aurait donné ces biens et même davantage, car c'est par l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — qu'il était honoré, par lui qu'il avait pris de l'avance, par lui qu'il avait obtenu la préséance, par lui qu'il était devenu al-Siddîq ; et ses Compagnons et ses partisans l'avaient fait calife. S'il avait été dans l'erreur et avide de ce monde, il leur aurait donné cela et les aurait satisfaits par tout ce qu'il pouvait, afin d'asseoir le pouvoir qu'il recherchait. Il n'est pas prudent de leur refuser cette modeste somme, de les indisposer et de les irriter pour une chose de si peu d'importance, alors qu'il était un homme avisé et sage, connaissant les affaires ; quiconque le connaît ne le contredit pas sur ce point. Il ne leur a refusé cela que parce que l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — le leur avait refusé. » Abû 'Alî — que Dieu lui fasse miséricorde — a mentionné cela et son sens dans son épître où il distingue les Râfidites, les Nâsibites 194 et les Chiites 195. Pour accroître ta science à ce sujet, Mu'âwiya 196, après avoir combattu les Banû Hâshim 197, tué parmi eux et leurs partisans, conquis la terre et affermi son autorité au point que nul ne pouvait lui résister ou le repousser, donna des présents généreux à ses ennemis parmi les Banû Hâshim et à ceux des Qurayshites qu'il craignait, pour les apaiser, afin d'asseoir son pouvoir et de stabiliser son commandement et son autorité. Il donnait à al-Hasan, al-Husayn et 'Abd Allâh ibn Ja'far — que Dieu les agrée — à chacun d'eux, chaque année, mille mille dirhams, satisfaisait leurs besoins, et ajoutait à cela d'autres faveurs et cadeaux. Quant à Abû Bakr — que Dieu l'agrée —, il ne leur donna rien de tel ; il leur donnait selon le besoin et traitait tous les gens de manière égale dans l'attribution. Lorsque les biens s'accrurent sous le califat de 'Umar, qu'il organisa les registres 198 et donna à ceux qui avaient participé à Badr 199, en égalisant entre les affranchis 200 et les Arabes parmi les participants, les Compagnons lui demandèrent d'accorder à al-Hasan et al-Hussein une somme équivalente, d'environ cinq cents dinars, par affection pour l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et par bonté envers lui — que Dieu prie sur lui et le salue — car il les aimait. Ils l'en prièrent et l'y autorisèrent. 'Umar agit ainsi, et 'Uthmân suivit cette pratique, de même que le Commandeur des croyants 201 lorsqu'il accéda au califat. Khâlid ibn al-Mu'ammar al-Sadûsî demanda au Commandeur des croyants d'augmenter leur allocation — que Dieu les agrée — mais il refusa et insista. Le Commandeur des croyants se fâcha et dit : « Je ne leur donnerai rien de plus que ce que 'Umar leur a fixé. » 'Abd Allâh ibn Ja'far lui demanda d'augmenter celle de 'Â'isha 202 alors qu'elle était à Basra, mais il dit : « Je ne lui donnerai rien de plus que ce que 'Umar lui a fixé. » Son frère 'Aqîl lui demanda d'augmenter sa propre allocation par rapport à ce que 'Umar lui avait fixé, mais il refusa et insista, et il refusa. Ja'da ibn Hubayra al-Makhzûmî, son neveu, lui demanda de lui donner, mais il ne lui donna rien de plus que ce que 'Umar lui avait fixé, et lui dit : « Veux-tu que ton oncle soit un voleur ? » Lui-même — que Dieu l'agrée — ne prenait, durant son califat et son autorité, que ce que 'Umar lui avait fixé. Et de nombreux exemples similaires existent. Si l'on dit : « Pourquoi l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — n'a-t-il pas informé ses imams et ses épouses qu'ils n'hériteraient pas de lui, afin qu'ils n'aient pas besoin d'interroger Abû Bakr ? », on leur répond : « Il incombait à l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — d'établir la preuve et de parler, ce qu'il a fait. Et lorsque ses proches eurent besoin de cela, ils le surent et trouvèrent qu'il l'avait dit et le connurent. Pour celui qui cherche la vérité, le peu que nous avons mentionné suffit, ne serait-ce que l'action du Commandeur des croyants — que Dieu l'agrée — et ce qui lui ressemble. » Les gens perspicaces savent que Fâtima et les gens de la maison de l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — étaient plus aimés d'Abû Bakr, 'Umar, 'Uthmân et ces premiers [croyants] que leurs propres enfants, leur ouïe et leur vue. Ce sont eux qui ont conquis le monde et appelé ses habitants à aimer l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et les Banû Hâshim, et ils le leur ont remis. Nous ne disons pas cela par optimisme à leur égard, mais par les preuves de la raison que nous avons déjà mentionnées en plusieurs endroits de ce livre. Moïse a interrogé son frère Aaron — que la paix soit sur eux — et l'a saisi par la tête en le tirant vers lui, puis il est revenu vers lui lorsqu'il a connu la réponse au moment de son besoin. Il n'est donc pas étonnant que Fâtima et les gens de l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — aient appris d'Abû Bakr ce dont ils avaient besoin.

Et personne n'aurait pu dire : « Pourquoi Dieu n'a-t-il pas fait connaître à Moïse la situation avant qu'il n'aille vers son frère, de sorte qu'il n'aurait pas eu besoin de traîner son frère par la tête et de lui faire ces reproches ? Pourquoi ne lui a-t-il pas fait connaître la juste décision concernant le percement du bateau, le meurtre du garçon et la réparation du mur, de sorte qu'il n'aurait pas eu besoin de rencontrer le serviteur vertueux 203 auprès duquel il devait apprendre avec cette rudesse, puis s'excuser auprès de lui en disant qu'il avait oublié ? Pourquoi n'a-t-il pas fait connaître à Salomon, paix sur lui, la situation de la femme reine, et ne l'a-t-il pas dispensé de l'information de la huppe 204, de l'interrogation et des longues discussions ? » Mais celui qui pose cela a pour objectif ce que nous avons déjà exposé, et il pense qu'Abou Bakr, Omar, Othman et leurs semblables parmi les Émigrés 205 et les Auxiliaires 206 n'ont pas accompagné le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, pour les signes 207 qu'il détenait, ni par clairvoyance dans sa religion ; ils n'ont jamais cru en sa prophétie ni en sa véracité, ne l'ont pas vénéré ni glorifié intérieurement, n'ont pas reconnu sa valeur ni ne lui ont accordé de considération. Ils faisaient seulement semblant de le voir et il faisait semblant de les voir, ils étaient hypocrites avec lui et il était hypocrite avec eux ; leur seul but était le bas monde et les biens immédiats. Ils guettaient sa mort et attendaient qu'il meure pour devenir rois après lui. Ils ont usurpé sa place de prière et sa position de son vivant et au sein de sa maison, ont écarté son successeur et légataire 208 de son vivant et après sa mort, ont frappé sa fille 209 et tué le fœtus dans son ventre.


  1. al-Najāshī : Titre du roi d'Abyssinie (Éthiopie) à l'époque du Prophète. Il s'agit d'Ashama ibn Abjar, qui a accordé asile aux premiers musulmans émigrés.
  2. ‘Amr ibn Umayya al-Ḍamrī : Compagnon du Prophète, envoyé en mission auprès du Négus.
  3. Hishām ibn al-‘Āṣ : Compagnon du Prophète, frère de 'Amr ibn al-'As, connu pour sa piété.
  4. Quraysh : Tribu arabe dominante de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
  5. al-Baṭāriqa : Pluriel de 'batriq', titre donné aux hauts dignitaires de l'Église ou aux chefs militaires byzantins.
  6. al-Qibla : Direction de la prière, initialement vers Jérusalem, puis vers La Mecque.
  7. Ghusl al-Janāba : Ablution majeure obligatoire après un rapport sexuel ou une éjaculation.
  8. al-Imāmiyya : Cour chiite qui reconnaît douze imams descendants du Prophète, également appelés duodécimains.
  9. al-Rāfiḍa : Terme péjoratif désignant les chiites, surtout ceux qui rejettent les premiers califes.
  10. Abū al-Hudhayl : Théologien mu'tazilite du VIIIe siècle, connu pour ses arguments sur la prophétie.
  11. ‘Amr ibn Baḥr al-Jāḥiẓ : Célèbre écrivain et théologien mu'tazilite du IXe siècle, auteur de nombreux ouvrages.
  12. Muḥammad ibn Shabīb : Théologien mu'tazilite du IXe siècle, disciple d'Abu al-Hudhayl.
  13. Abū ‘Umar al-Bāhilī : Savant musulman, probablement un théologien ou traditionniste.
  14. Abū Hāshim : Théologien mu'tazilite du IXe siècle, fils d'Abu al-Hudhayl.
  15. Naqḍ al-Farīd : Ouvrage perdu d'Abu Hashim, probablement une réfutation d'un livre intitulé 'al-Farid'.
  16. Mu’ta : Bataille en 629 entre musulmans et Byzantins, où plusieurs compagnons furent tués.
  17. Kisrā : Titre des rois sassanides de Perse, ici désignant Khosro II.
  18. Diḥya ibn Khalīfa al-Kalbī : Compagnon du Prophète, connu pour sa beauté, envoyé comme messager à l'empereur byzantin.
  19. Buṣrā : Ville du sud de la Syrie, alors sous contrôle byzantin.
  20. Qayṣar : Titre des empereurs romains/byzantins, ici Héraclius.
  21. Abū Sufyān Ṣakhr ibn Ḥarb : Chef qurayshite, initialement opposé au Prophète, converti plus tard.
  22. Banū ‘Abd Manāf : Clan de Quraysh dont faisaient partie les Banu Hashim (tribu du Prophète) et les Banu Umayya (tribu d'Abu Sufyan).
  23. Āl ‘Imrān 3:64 : Verset coranique invitant les gens du Livre à une parole commune.
  24. Ibn Abī Kabsha : Surnom donné au Prophète Muhammad par ses adversaires, en référence à un homme qui avait abandonné le culte des idoles.
  25. Banū al-Aṣfar : Expression désignant les Byzantins (Romains), littéralement 'fils du Jaune'.
  26. al-Najāshī : Titre du souverain chrétien d'Abyssinie (Éthiopie) à l'époque du Prophète.
  27. Rasūl Allāh : Le Messager d'Allah, titre de Muhammad.
  28. al-maysam : Le signe ou la marque, ici probablement le sceau de la prophétie.
  29. nāṣiyatuka : La mèche de cheveux sur le front, considérée comme un objet de bénédiction.
  30. Arṭās : Nom d'un lieu ou d'une expédition, peut-être une variante de 'Aṭṭās ou autre.
  31. al-mu'allafa : Les 'cœurs à concilier', nouveaux musulmans dont on attendait le renforcement de la foi par des dons.
  32. ibn al-ashyākh : Fils des chefs, expression de fierté tribale.
  33. al-sābiqūn : Les premiers convertis à l'islam, ayant précédé les autres dans la foi.
  34. al-mawālī : Clients, non-Arabes convertis affiliés à une tribu arabe.
  35. al-ṣadaqāt : Aumônes légales obligatoires (zakāt) ou volontaires.
  36. al-'iṣma : Immunité ou préservation de l'erreur et du péché, attribuée aux prophètes et, selon certains, aux imams.
  37. al-rāfiḍa : Terme péjoratif désignant les chiites qui 'rejettent' la légitimité des premiers califes.
  38. al-tābi'ūn : Successeurs, génération suivant les Compagnons du Prophète.
  39. naṣṣ : Désignation explicite, terme technique pour la nomination d'un successeur.
  40. Imām al-zamān : L'imam du temps, figure attendue par certains courants chiites.
  41. al-ijmā' : Consensus des savants, source de droit islamique.
  42. al-ṭulaqā' : Affranchis, désignant les Mecquois convertis après la conquête de La Mecque.
  43. al-shūrā : Conseil de consultation pour la désignation du calife, institué par 'Omar.
  44. al-qiyās : Raisonnement par analogie, méthode juridique.
  45. al-ijtihād : Effort d'interprétation personnelle pour déduire une règle juridique.
  46. al-Sham : Région historique correspondant à la Grande Syrie (actuels Syrie, Liban, Jordanie, Palestine).
  47. 'isma : Immunité ou infaillibilité, concept théologique attribué aux prophètes et, selon les chiites, aux imams.
  48. Kisra : Titre des rois sassanides de Perse, ici désignant l'empire perse.
  49. al-jadd : Le grand-père ; question juridique sur l'héritage du grand-père en présence du frère.
  50. al-khalīya : La chamelle laissée libre ; cas juridique concernant une chamelle vouée à une divinité.
  51. al-barīya : La bête sauvage ; cas juridique sur les animaux sauvages.
  52. ummahāt al-awlād : Mères d'enfants ; esclaves ayant eu un enfant de leur maître, statut juridique particulier.
  53. ijtihād : Effort d'interprétation juridique pour déduire une règle en l'absence de texte clair.
  54. fatwā : Avis juridique émis par un savant sur une question de droit.
  55. akh li-umm : Frère utérin, c'est-à-dire de même mère mais de père différent.
  56. Abū 'Abd al-Raḥmān : Surnom de 'Abd Allah ibn Mas'ud, compagnon et savant.
  57. naṣṣ : Texte explicite, désignant une désignation claire par le Prophète.
  58. waṣiyya : Recommandation testamentaire, ici la désignation d'un successeur.
  59. Imāmiyya : Cour chiite qui croit en douze imams infaillibles descendants du Prophète.
  60. Ṣiffīn : Bataille entre 'Ali et Mu'awiya en 657, qui a conduit à l'arbitrage.
  61. al-maṣāḥif : Feuillets du Coran ; Mu'awiya les a fait élever pour demander un arbitrage.
  62. Amīr al-mu'minīn : Commandeur des croyants, titre du calife, ici 'Ali.
  63. Ardashīr Khurra : Province de l'empire sassanide, dans le Fars actuel en Iran.
  64. Iṣṭakhr : Ville et province de l'empire sassanide, près de Persépolis.
  65. Qulzum : Localité en Égypte, près de l'actuelle Suez.
  66. Banū Umayya : Dynastie omeyyade, rivale des Alides.
  67. Ḥarūriyya : Secte kharijite, issue de la bataille de Siffin, opposée à 'Ali et Mu'awiya.
  68. 'Alawiyyūn : Partisans de 'Ali, ici spécifiquement les descendants de Hasan.
  69. Zaydiyya : Cour chiite qui suit Zayd ibn 'Ali, reconnaissant l'imamat de tout descendant de Hasan ou Husayn qui se révolte.
  70. Qāsimiyya : Sous-branche zaydite suivant al-Qasim ibn Ibrahim.
  71. Nāṣiriyya : Sous-branche zaydite suivant al-Nasir li-Din Allah.
  72. Rāfiḍa : Terme péjoratif désignant les chiites imamites, littéralement 'ceux qui rejettent' (les premiers califes).
  73. Daylamite : Langue parlée au Daylam, région du nord de l'Iran.
  74. al-nabī al-ummī : Le Prophète illettré, qualificatif coranique (Coran 7:157-158).
  75. imām : Guide spirituel et temporel pour les chiites, considéré comme infaillible et investi de l'autorité divine.
  76. Sourate Yā Sīn, verset 69 : Référence coranique : Sourate 36, verset 69.
  77. Sourate al-Baqara, verset 195 : Référence coranique : Sourate 2, verset 195.
  78. Sourate al-Nisā', verset 29 : Référence coranique : Sourate 4, verset 29.
  79. Sourate al-Nisā', verset 71 : Référence coranique : Sourate 4, verset 71.
  80. jinn : Créatures invisibles, dotées de libre arbitre, créées de feu, mentionnées dans le Coran.
  81. Sourate Saba', verset 14 : Référence coranique : Sourate 34, verset 14.
  82. Sourate Āl 'Imrān, verset 168 : Référence coranique : Sourate 3, verset 168.
  83. Shī'a : Partisans d'Ali, considérant que le leadership de la communauté musulmane revient à la famille du Prophète.
  84. munajjim : Astrologue, personne qui prétend prédire l'avenir par l'observation des astres.
  85. Abū l-Hudhayl al-'Allāf : Théologien mu'tazilite du VIIIe-IXe siècle, connu pour ses débats avec les astrologues.
  86. al-Ma'mūn : Calife abbasside (813-833), promoteur de la théologie mu'tazilite.
  87. Abū l-Faḍl Ja'far ibn Ḥarb : Théologien mu'tazilite du IXe siècle, disciple d'Abū l-Hudhayl.
  88. Kisrā : Titre des rois sassanides de Perse, souvent utilisé pour désigner Khosroès.
  89. Qayṣar : César, titre des empereurs byzantins.
  90. Abū 'Alī al-Jubbā'ī : Théologien mu'tazilite du IXe-Xe siècle, fondateur de l'école jubbā'ite.
  91. Ṭalḥa, al-Zubayr, Sa'd, 'Abd al-Raḥmān : Compagnons du Prophète, figures importantes de la première communauté musulmane.
  92. Amīr al-mu'minīn : Commandeur des croyants, titre d'Ali ibn Abi Talib, quatrième calife et premier imam chiite.
  93. naṣṣ : Désignation explicite, texte, en référence à la désignation d'Ali comme successeur par le Prophète.
  94. 'iṣma : Immunité, infaillibilité, attribut des prophètes et des imams chiites.
  95. 'Ā'isha : Épouse du Prophète, fille d'Abou Bakr, opposante à Ali lors de la bataille du Chameau.
  96. Mu'āwiya : Gouverneur du Levant, fondateur de la dynastie omeyyade, adversaire d'Ali.
  97. 'Uthmān ibn Ḥanīf : Gouverneur de Bassora nommé par Ali, chassé par les partisans d'Aïcha.
  98. al-Rabadha : Localité près de Médine, lieu de passage d'Ali vers Bassora.
  99. Dhū Qār : Lieu en Irak, près de Koufa, connu pour une bataille préislamique.
  100. Ibn 'Abbās : Abdallah ibn Abbas, cousin du Prophète, savant et exégète du Coran.
  101. sābiqa : Antériorité dans l'islam, mérite d'avoir été parmi les premiers convertis.
  102. Abū Rāfi' : Affranchi du Prophète, trésorier d'Ali.
  103. Ṣiffīn : Bataille entre Ali et Mu'awiya en 657, près de l'Euphrate.
  104. Nahrawān : Bataille d'Ali contre les kharijites en 658.
  105. tashahhud : Formule de témoignage de foi prononcée dans les sermons et les prières.
  106. les deux pères des musulmans : Désignation honorifique d'Abou Bakr et 'Omar, considérés comme les pères de la communauté après le Prophète.
  107. aumône légale : La zakât, impôt religieux obligatoire.
  108. serment d'allégeance : Bay'a, acte de reconnaissance de l'autorité d'un calife.
  109. Michaël : Ange de la miséricorde dans la tradition islamique.
  110. émigration : Hijra, l'émigration du Prophète de La Mecque à Médine, mais ici peut-être au sens figuré de l'engagement.
  111. Gabriel : Ange de la révélation, connu pour sa force et sa sévérité envers les ennemis.
  112. Commandeur des croyants : Titre du calife, ici 'Ali ibn Abi Talib.
  113. hadith : Récit rapportant les paroles et actes du Prophète.
  114. sabéens : Groupe hétérodoxe, ici les partisans de 'Abd Allah ibn Saba'.
  115. shi'ites : Partisans de 'Ali, considérant qu'il devait succéder au Prophète.
  116. Sham : Région du Levant, incluant la Syrie.
  117. imamites : Courant shi'ite qui reconnaît douze imams descendants de 'Ali.
  118. imams : Guides spirituels et politiques pour les shi'ites, considérés comme infaillibles.
  119. texte : Désignation explicite par le Prophète de son successeur.
  120. désignation testamentaire : Wasiyya, acte par lequel le Prophète aurait désigné 'Ali comme successeur.
  121. infailibilité : Isma, protection divine contre l'erreur et le péché.
  122. ouïe : Transmission orale des textes sacrés.
  123. « Puis Nous avons envoyé Nos messagers successivement » : Coran, sourate 23, verset 44.
  124. « Ô messagers, mangez des bonnes choses et faites le bien » : Coran, sourate 23, verset 51.
  125. Hisham : Hisham ibn al-Hakam, théologien shi'ite du VIIIe siècle.
  126. imamat par choix : Concept sunnite selon lequel le calife est élu par la communauté.
  127. mu'tazilites : Courant théologique rationaliste de l'islam.
  128. traditionalistes : Ahl al-hadith, partisans de la tradition prophétique.
  129. décret : Qadar, prédestination divine.
  130. Ja'far ibn Muhammad : Ja'far al-Sadiq, sixième imam des shi'ites imamites.
  131. nasibites : Ceux qui manifestent de l'hostilité envers 'Ali et sa famille.
  132. talbiya : Formule rituelle prononcée par le pèlerin lors du hajj.
  133. Imâmiyya : Secte shî'ite qui reconnaît douze imams descendants de 'Alî et Fâtima, considérés comme infaillibles et guides spirituels.
  134. Amîr al-mu'minîn : Titre de 'Alî ibn Abî Tâlib, gendre et cousin du Prophète, considéré par les shî'ites comme le premier imam.
  135. ghayb : L'invisible, les réalités cachées que seul Dieu connaît, et que certains prétendent connaître par révélation ou inspiration.
  136. 'isma : Infaillibilité, protection divine contre le péché et l'erreur, attribuée aux prophètes et, selon les shî'ites, aux imams.
  137. Ahl al-bayt : Les gens de la Maison du Prophète, incluant généralement Fâtima, 'Alî, al-Hasan et al-Husayn.
  138. ahsanat farjahâ : Expression signifiant qu'elle a préservé sa chasteté, littéralement 'a protégé son sexe'.
  139. nass : Texte explicite, désignant une désignation claire et sans équivoque, souvent utilisé pour la succession du Prophète.
  140. lâ ughnî 'ankum min Allâhi shay'an : Parole prophétique signifiant 'je ne vous servirai à rien devant Dieu', soulignant que la parenté ne sauve pas sans les œuvres.
  141. Qarâmita : Secte ismaélienne extrémiste, active aux IXe-Xe siècles, connue pour ses croyances ésotériques et ses actions violentes.
  142. shî'a : Partisans, terme désignant ceux qui soutiennent la cause de 'Alî et de sa descendance.
  143. 'Alawiyyûn : Descendants de 'Alî ibn Abî Tâlib, souvent appelés chérifs ou sayyids.
  144. balâgh sâbi' : Septième proclamation, probablement un écrit doctrinal des Qarmates.
  145. Nâmûs a'zam : Nomos suprême, terme grec désignant la loi ou la révélation, utilisé ici pour un texte sacré qarmate.
  146. Mu'tazila : École théologique rationaliste de l'islam, mettant l'accent sur la justice divine et le libre arbitre.
  147. sadaqât : Aumônes obligatoires (zakât) ou volontaires, souvent réservées aux catégories mentionnées dans le Coran.
  148. Coran 9:60 : Verset définissant les bénéficiaires des aumônes : pauvres, nécessiteux, collecteurs, etc.
  149. Coran 4:11 : Verset sur les parts d'héritage des enfants, fixant les parts des fils et des filles.
  150. fay' : Butin obtenu sans combat, dont le cinquième est réservé à Dieu, au Prophète, aux proches, etc.
  151. safâyâ : Biens que le Prophète s'est réservés pour lui-même, distincts du butin général.
  152. habs : Fondation pieuse (waqf), bien immobilier dont les revenus sont affectés à une œuvre charitable.
  153. ibn al-sabîl : Voyageur de passage, catégorie de bénéficiaires des aumônes et du butin.
  154. sâbiqûn awwalûn : Les premiers convertis à l'islam, particulièrement ceux qui ont émigré à Médine et participé à Badr.
  155. Ansâr : Les 'Auxiliaires', habitants de Médine qui ont accueilli et soutenu le Prophète après l'Hégire.
  156. Sûrat al-Ahzâb : 33e sourate du Coran, contenant des prescriptions sur le comportement des épouses du Prophète.
  157. mulhida : Hérétiques, ceux qui s'écartent de l'orthodoxie, souvent utilisé pour désigner les dualistes ou les zindîqs.
  158. tashayyu' : Shî'isme, doctrine qui affirme la légitimité de 'Alî et de ses descendants comme successeurs du Prophète.
  159. rafd : Rejet, terme désignant le refus de reconnaître les trois premiers califes, caractéristique du shî'isme imamite.
  160. mawâlî : Clients, non-Arabes convertis à l'islam affiliés à une tribu arabe, souvent shî'ites.
  161. isnâd : Chaîne de transmission d'un hadith, garantissant son authenticité.
  162. tawâtur : Transmission par un grand nombre de témoins à chaque génération, rendant le récit certain.
  163. shī‘a : Sectes : désigne ici les groupes shiites, partisans de ‘Alī.
  164. riwāya : Transmission : récits et traditions prophétiques.
  165. ma‘rūf : Connu : lieu bien identifié.
  166. tashayyu‘ : Suivre la secte : adhésion au shiisme.
  167. Muhājirūn : Émigrés : premiers musulmans ayant émigré de La Mecque à Médine.
  168. Anṣār : Auxiliaires : habitants de Médine ayant accueilli et soutenu le Prophète.
  169. khalīfa : Calife : successeur, ici commandant militaire.
  170. al-khulafā’ al-rāshidūn : Califes bien guidés : les quatre premiers califes (Abū Bakr, ‘Umar, ‘Uthmān, ‘Alī).
  171. Amīr al-mu’minīn : Commandeur des croyants : titre de ‘Alī ibn Abī Ṭālib.
  172. Saqīfa : Saqīfa : lieu de réunion des Auxiliaires après la mort du Prophète pour désigner un successeur.
  173. Rāfiḍa : Rāfiḍa : terme péjoratif désignant les shiites extrémistes qui rejettent les premiers califes.
  174. izar ṣan‘āniyya : Ceintures yéménites : vêtements traditionnels, symbole de combat.
  175. mutakallim al-shī‘a : Théologien de la secte : docteur shiite.
  176. Abû 'Ubayda : Abû 'Ubayda ibn al-Jarrâh, compagnon éminent et l'un des dix promis au Paradis.
  177. wazîr : Vizir, ministre ou assistant. Dans le contexte islamique primitif, le terme désigne un soutien et un conseiller, sans connotation de pouvoir temporel.
  178. Saqîfat Banî Sâ'ida : Lieu où les Ansâr se réunirent après la mort du Prophète pour désigner un successeur, menant à l'élection d'Abû Bakr.
  179. Amîr al-mu'minîn : Commandeur des croyants, titre califal. Ici, il s'agit de 'Alî ibn Abî Tâlib.
  180. mawâsîr : Percepteurs d'impôts, souvent associés à l'oppression.
  181. dîwân al-istidrâk : Bureau de recouvrement ou de contrôle des impôts.
  182. Coran 20:29-32 : Référence coranique : Moïse demande à Dieu de lui donner Aaron comme vizir.
  183. Ansâr : Les « Auxiliaires », habitants de Médine qui accueillirent et soutinrent le Prophète et les Émigrés.
  184. Muhâjirûn : Les « Émigrés », ceux qui quittèrent La Mecque pour Médine avec le Prophète.
  185. Coran 59:8 : Verset louant les Émigrés pour leur sincérité.
  186. Coran 59:9 : Verset louant les Ansâr pour leur altruisme.
  187. imâma : Imamat, fonction de guide et de chef de la communauté musulmane.
  188. al-'Abbâs : Al-'Abbâs ibn 'Abd al-Muttalib, oncle du Prophète.
  189. imâmiyya : Imamites, chiites duodécimains qui croient en douze imams infaillibles.
  190. ibn al-sabîl : « Fils du chemin », voyageur démuni, catégorie de bénéficiaires de l'aumône.
  191. Abû 'Alî Muhammad ibn 'Abd Allâh al-'Alawî al-Misrî al-Fâtimî al-Husaynî : Savant chiite fatimide, descendant de Husayn, réputé pour sa piété.
  192. al-Siddîq : « Le Véridique », surnom d'Abû Bakr.
  193. Râfida : « Ceux qui rejettent », terme péjoratif désignant les chiites qui refusent la légitimité des premiers califes.
  194. Nâsiba : Ceux qui professent de la haine envers 'Alî et sa famille, opposés aux chiites.
  195. Shî'a : Partisans de 'Alî, terme général pour les chiites.
  196. Mu'âwiya : Mu'âwiya ibn Abî Sufyân, fondateur de la dynastie omeyyade, adversaire de 'Alî.
  197. Banû Hâshim : Clan du Prophète, incluant 'Alî et ses descendants.
  198. dawâwîn : Registres officiels pour la distribution des pensions et des soldes.
  199. Badr : Bataille de Badr (624), première grande victoire des musulmans.
  200. mawâlî : Affranchis ou clients, souvent non-arabes convertis.
  201. Amîr al-mu'minîn : Ici, 'Alî ibn Abî Tâlib, quatrième calife.
  202. 'Â'isha : Épouse du Prophète, fille d'Abû Bakr.
  203. al-‘abd aṣ-ṣāliḥ : Le serviteur vertueux, traditionnellement identifié à al-Khiḍr, un personnage mystérieux doté d'une connaissance divine.
  204. al-hudhud : La huppe, oiseau qui informa Salomon du royaume de Saba.
  205. al-muhājirūn : Les Émigrés, premiers musulmans ayant émigré de La Mecque à Médine.
  206. al-anṣār : Les Auxiliaires, habitants de Médine ayant accueilli et soutenu le Prophète.
  207. al-a‘lām : Les signes ou miracles attestant de la prophétie.
  208. khalīfatu-hu wa waṣiyyu-hu : Son successeur et légataire, désignant ‘Alī ibn Abī Ṭālib selon la croyance chiite.
  209. bintu-hu : Sa fille, Fāṭima, épouse de ‘Alī.

La deuxième partie

«Ces gens ne sont pas venus, et les gens derrière nous ne sont pas concernés, et il ne leur convient pas de venir. J’ai récité : « Il n’y a aucun bien dans la plupart de leurs confidences secrètes » (1) jusqu’à la fin. Puis elle dit : « Nous nous sommes indignés pour vous à cause du fouet de ‘Uthmān, mais nous n’avons pas été équitables envers ‘Uthmān lorsque nous ne nous sommes pas indignés pour lui à cause de votre épée. Tel est notre état : un bien connu que nous vous ordonnons et auquel nous vous exhortons, et un mal que nous vous pressons de changer et dont nous vous interdisons. » Ils sortirent de chez elle et allèrent trouver Ṭalḥa. Ils lui dirent : « Qu’est-ce qui t’a amené ? » Il répondit : « La demande de vengeance pour le sang de ‘Uthmān. » Ils dirent : « N’as-tu pas prêté serment d’allégeance à ‘Alī ? » Il dit : « Si, » et il mentionna l’agitation des Égyptiens – qui avaient assiégé ‘Uthmān – lors du serment d’allégeance, et leurs paroles au peuple : « Quiconque ne prête pas serment, nous le tuons. » Puis il dit : « Je ne tiendrai pas quitte ‘Alī s’il ne s’interpose pas entre nous et les meurtriers de ‘Uthmān. » Puis ils allèrent trouver al-Zubayr et l’interrogèrent. Il dit exactement la même chose que Ṭalḥa. Voilà ce qui les a fait sortir, et non la recherche du commandement (al-imāra) ni la compétition pour celui-ci. Puis ils s’installèrent à al-Baṣra, et les messagers allèrent et vinrent entre eux et le Commandeur des croyants (Amīr al-mu’minīn). La chose fut convenue entre eux sur la base que le Commandeur des croyants vînt à eux à al-Baṣra, que le commandement lui revînt, et qu’ils examinassent ensemble la question de ceux qui avaient assiégé Médine. Mais Ibn al-Sawdā’ (2) et ses semblables gâtèrent l’affaire contre eux, comme cela a été mentionné précédemment. Si l’on dit : « Comment pouvez-vous dire qu’ils n’avaient aucun désir pour le commandement (al-imāra), alors que ‘Uthmān – ‘Abd al-Raḥmān ibn ‘Adas lui avait dit, au sujet des Égyptiens, de remplir la lettre qu’ils avaient trouvée de ‘Uthmān à ‘Abd Allāh ibn Sa‘d ibn Abī Sarḥ, ordonnant de frapper les Égyptiens qui se plaignaient et de les emprisonner, et de ne pas remettre l’affaire à Muḥammad ibn Abī Bakr al-Ṣiddīq et de ne pas tenir compte de la lettre qu’il portait – ils lui dirent : « Le chef des musulmans écrit pour ordonner de frapper et d’emprisonner les musulmans, il montre une chose et en cache une autre contraire. » Il dit : « Je n’ai pas écrit, je n’ai pas ordonné, je n’ai pas su. » Ils dirent : « Nous te croyons, mais démets-toi (ikhtali‘) à cause de ta faiblesse à assumer cette charge et à cause de la perfidie de ton entourage. » Il dit : « Je n’enlèverai pas une tunique (qamīṣ) dont Dieu m’a revêtu. » Il ne s’en démit donc pas (mā khala‘ahā) jusqu’à ce qu’il fût tué. Et voici ‘Alī : on s’opposa à lui, ses compagnons qui devinrent les Khārijites revinrent sur leur engagement, ils voulurent qu’il se repentît de l’arbitrage (al-ḥukūma) ou qu’il se retirât de l’affaire, mais il ne le fit pas ; il les combattit, ils le tuèrent, et il ne descendit pas du califat. Les gens du Shām lui demandèrent de se retirer pour qu’ils examinent l’affaire et voient qui avait tué ‘Uthmān, puis qu’ils confient ensuite le commandement à qui ils jugeraient bon, mais il ne se retira pas. Son envoyé et compagnon, qu’il avait désigné comme arbitre (ḥakam) à Dūmat al-Jandal, le destitua (khala‘ahu), mais il n’accepta pas sa décision. Al-Ḥasan assuma le califat et ne s’en retira pas jusqu’à ce que Mu‘āwiya l’y contraignît. Al-Ḥusayn envoya aux gens de Kūfa et la demanda (le califat), et il sortit vers eux pour cela. Lorsque son ennemi l’encercla, ils voulurent qu’il se soumît au jugement de ‘Ubayd Allāh ibn Ziyād et au jugement de Yazīd ibn Mu‘āwiya, qu’il lui prêtât serment d’allégeance, qu’il reconnût son califat et qu’il renonçât au califat, mais il ne le fit pas jusqu’à ce qu’il fût tué. Quel désir (raghba) pourrait être plus fort que ce désir ? » Nous répondons : Ce qu’ont fait ‘Uthmān, ‘Alī, al-Ḥasan et al-Ḥusayn est la chose correcte (al-ṣawāb). Il ne leur était pas licite (mā kāna yaḥillu lahum) de se démettre (an yakhtali‘ū). S’ils l’avaient fait, ils auraient désobéi à leur Seigneur, car ils étaient plus dignes du commandement que ceux qui auraient pu l’obtenir par leur démission. C’était une obligation (farḍ) qui s’était imposée à eux de l’assumer. Ils y étaient entrés, et le serment d’allégeance (al-bay‘a) leur avait été valablement prêté. Nous avons seulement dit que les premiers Émigrés (al-muhājirūn al-awwalūn) n’avaient pas de désir pour elle (le califat) lorsqu’ils trouvaient parmi leurs semblables quelqu’un pour l’assumer. Quant à après y être entrés, il ne leur est pas licite de l’abandonner et de la laisser à cause des ignorants qui s’y sont opposés. Il leur incombe au contraire de les combattre (mujāhadatuhum) s’ils trouvent des auxiliaires (a‘wān). S’ils n’en trouvent pas, il leur est permis de s’en retirer (ya‘tazilūhā) jusqu’à ce qu’ils trouvent des auxiliaires, comme l’a fait al-Ḥasan – que Dieu l’agrée – lorsque les gens de Kūfa l’abandonnèrent. Il n’est pas licite pour un musulman d’abandonner les imams de l’égarement (a’immat al-ḍalāla) et les gouverneurs injustes (wulāt al-jawr) s’il trouve des auxiliaires et qu’il estime probable (ghalaba fī ẓannihi) qu’il pourra les empêcher d’être injustes, comme l’ont fait al-Ḥasan et al-Ḥusayn – que Dieu les agrée –, comme l’ont fait les récitateurs (al-qurrā’) lorsqu’ils ont soutenu Ibn al-Ash‘ath dans sa révolte contre ‘Abd al-Malik ibn Marwān, comme l’ont fait les gens de Médine lors de la bataille de al-Ḥarra, comme l’ont fait les gens de La Mecque avec Ibn al-Zubayr à la mort de Mu‘āwiya, comme l’a fait ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz, comme l’a fait Yazīd ibn al-Walīd ibn ‘Abd al-Malik, dans ce qu’ils ont réprouvé comme mal (munkar). C’est par le détachement (zuhd) des premiers Émigrés pour le califat que l’on donnait l’exemple, comme cela a été mentionné précédemment. Quant à ‘Uthmān et ‘Alī – que Dieu les agrée –, ils n’ont jamais désigné personne par testament (mā ‘ahidā fī aḥadin al-batta). Abū Bakr et ‘Umar, lorsqu’ils ont fait une désignation (‘ahidā), celle-ci n’a jamais porté sur l’un de leurs fils ni sur l’un de leurs proches. Lorsque Mu‘āwiya décida de désigner son fils Yazīd par testament, il distribua des richesses, prit l’engagement des gens du Shām, et envoya à Médine – son gouverneur y était alors Marwān ibn al-Ḥakam et Abū Zur‘a Rawḥ ibn Zinbā‘ al-Judhāmī –, il distribua des richesses. Marwān se leva parmi les gens en prononçant un discours et leur dit : « Le Commandeur des croyants, Mu‘āwiya, vous a établi un refuge vers lequel vous réfugier après lui, à savoir son fils Yazīd. Levez-vous et prêtez-lui serment d’allégeance. Vous aurez ceci et cela. » Il mentionna ce que recevrait celui qui lui obéirait. ‘Abd al-Raḥmān ibn Abī Bakr al-Ṣiddīq lui dit : « Ô Banū Umayya ! Cette affaire (le califat) appartenait au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, et il y avait dans sa famille quelqu’un qui, s’il l’y avait placée, en aurait été digne, mais il ne le fit pas. Elle fut à Abū Bakr, et il y avait dans sa famille quelqu’un qui, s’il l’y avait placée, en aurait été digne. Elle fut à ‘Umar, et il y avait dans sa famille quelqu’un qui, s’il l’y avait placée, en aurait été digne, mais il ne le fit pas. Vous l’avez rendue, ô Banū Umayya, une royauté étrangère (a‘jamiyya) : chaque fois qu’un Héraclius meurt, un autre Héraclius lui succède. » L’assemblée se dispersa. Marwān lui dit : « C’est toi au sujet duquel Dieu a révélé : « Et celui qui dit à ses parents : « Fi de vous ! Me promettez-vous que je serai sorti (de la tombe) alors que des générations ont passé avant moi ? » (3) jusqu’à la fin de l’histoire. » ‘Ā’isha l’entendit de derrière la chambre et dit : « Tu mens ! C’est à propos d’un autre qu’elle a été révélée. Quant à toi, le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – a maudit ton père alors que tu étais dans son dos. » Reconnais donc combien il y a dans tout cela de sens et d’indications, sous de nombreux aspects. Parmi eux : le fait que le fils d’Abū Bakr et d’autres ont prononcé la vérité (al-ḥaqq) à l’époque des tyrans (al-jabābira) qui avaient anéanti les nations par l’épée, et à une époque où presque personne n’osait parler autrement que selon leurs désirs et leurs volontés. Parmi eux encore : l’affirmation par ces gens de la validité de l’imamat d’Abū Bakr et de ‘Umar et de son exemption de tout défaut. Marwān ni aucun des Banū Umayya n’a proféré de défaut à leur encontre, malgré leur besoin de le faire, alors qu’ils détenaient la royauté (al-mulk) et le commandement (al-amr). Ce qui les a exaspérés et mis en colère, c’est le fils d’Abū Bakr. Lorsque Mu‘āwiya fit le pèlerinage (ḥajja), il prit avec lui ceux des Quraysh qui étaient aptes à l’imamat et ceux qu’il craignait, comme al-Ḥusayn, ‘Abd Allāh ibn al-Zubayr et Ibn ‘Umar. Il leur dit : « Prêtez serment d’allégeance à Yazīd. » Ibn al-Zubayr lui dit : « Contente-toi pour nous de la conduite (sīra) du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, car il a laissé les gens choisir pour eux-mêmes après lui celui qu’ils jugeaient digne ; ou de la conduite d’Abū Bakr, qui a désigné (tanuṣṣu ‘alā) un homme agréé par la communauté (al-umma) et non issu de ta famille ; ou comme a fait ‘Umar, qui a fait de l’affaire une consultation (shūrā) parmi des gens agréés et connus, sans qu’aucun d’eux ne soit de ta famille. Nous avons en eux un exemple (uswa). » Mu‘āwiya se mit en colère, les menaça et menaça les gens, disant : « Vous n’êtes pas à l’époque d’Abū Bakr et de ‘Umar. Ce sont les Banū Umayya. Quiconque leur désobéit, ils lui font goûter l’épée. » Ce groupe se réfugia auprès de ‘Ā’isha, craignant pour eux-mêmes. Elle envoya quelqu’un à Mu‘āwiya, qui vint la trouver. Elle lui parla de leur affaire et lui dit : « Ceux qui t’ont précédé avaient des fils qui n’étaient pas comme ton fils. Ils n’ont pas vu dans leurs fils ce que tu as vu dans le tien. » Elle ne cessa de le faire sortir par une porte et de sortir avec lui par une autre, jusqu’à ce qu’elle eût asséché sa salive par la coupure de ses mains (4), jusqu’à ce qu’elle dit : « Ce n’est qu’une royauté injuste (mulkun bi-bāṭilin) que vous, Banū Umayya, établissez en faveur de qui vous voulez. » Dans tout cela, il y a la même chose que dans ce qui précède, et même davantage. Un partisan de l’imamat (qā’ilun min al-imāmiyya) dit : « Vous prétendez que ‘Alī approuvait la conduite (sīra) d’Abū Bakr et de ‘Umar. Or ‘Abd al-Raḥmān ibn ‘Awf lui a dit lors de la consultation (al-shūrā) : « Je te confie cette affaire à condition que tu juges d’après le Livre de Dieu, la Sunna de Son Messager et la conduite d’Abū Bakr et de ‘Umar. » Il répondit : « Quant au Livre de Dieu et à la Sunna de Son Messager, oui. Quant à la Sunna d’Abū Bakr et de ‘Umar, non. » Que reste-t-il après cela ? » On lui répond : Ceci est réfuté sous plusieurs aspects. Parmi eux : vous dites que ‘Alī – que Dieu l’agrée – était à l’époque de ces gens en état de dissimulation prudente (taqiyya) et de crainte (khīfa), qu’il exécutait leurs ordres, n’osait pas les contredire ni manifester son opposition. Il en fut de même après leur mort. Pendant son pouvoir et son califat, alors qu’il avait avec lui cent mille épées, vous dites : « Il n’a pas osé manifester son opposition à leur encontre, ni les critiquer, ni les contredire, car ses auxiliaires et ceux qui étaient avec lui professaient la légitimité du califat d’Abū Bakr, de ‘Umar et de ‘Uthmān. S’il les avait critiqués ou accusés de défauts, ils l’auraient tué. » Vous dites : « Il a quitté ce monde sans avoir manifesté ce qu’il avait dans l’âme. Il a suivi leur conduite dans la gestion des biens du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – pendant son califat, il a récité ce Coran, il a prié les prières surérogatoires de la nuit (al-tarāwīḥ), il a fait revivre la terre comme ils l’avaient fait, et il les a loués sur ses chaires (manābir) des plus grandes louanges dont les livres sont remplis. » Si nous vous interrogeons, vous dites : « Tout cela est vrai, ‘Alī l’a fait et l’a dit, mais son for intérieur (bāṭinuhu) était contraire à son apparence (ẓāhiruhu). Il ne l’a dit que pour se rapprocher de ses partisans et auxiliaires, car cela leur plaisait et ils considéraient l’imamat de ces gens comme valide. Il l’a donc dit par crainte d’eux et pour se rapprocher d’eux. » Les livres de vos prédécesseurs sont remplis du fait qu’il a agi ainsi par dissimulation prudente (taqiyya) et par crainte (khīfa). Et maintenant, vous mentionnez qu’il s’est déclaré ouvertement (kāshafa) en se désolidarisant d’eux et de leurs actes à l’époque de ‘Uthmān et avant que le califat ne lui parvînt. Vous n’agissez donc pas avec cohérence (lā ta‘malūna ‘alā taḥṣīl). Par manque d’habileté (li-qillati ḥīlatikum) et parce que vous n’avez aucun argument (ḥujja) dans votre doctrine (madhhabikum), vous apportez une chose que vous croyez être un argument pour vous, mais vous vous réfutez vous-mêmes sans vous en rendre compte. Cela suffit. [‘Alī – que Dieu l’agrée – a suivi les pratiques (sunan) d’Abū Bakr et de ‘Umar – que Dieu les agrée – et a agi selon elles] Parmi ces aspects : il est connu de quiconque a entendu les récits (akhbār) que ‘Alī – que Dieu l’agrée – a suivi les pratiques (sunan) d’Abū Bakr et de ‘Umar et a agi selon elles, qu’il leur a obéi de leur vivant, et qu’il a exécuté leurs recommandations (waṣāyāhumā) après leur mort. Il leur a donc obéi vivants et morts. Ne vois-tu pas qu’il a prêté serment d’allégeance à Abū Bakr, qu’il a travaillé pour lui à la gestion des biens du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, qu’il a travaillé pour lui à la perception des impôts (al-ā‘tāb) à Médine et les a contrôlés pour lui, qu’il a combattu à ses côtés, qu’il l’a conseillé, qu’il a exécuté sa recommandation en faveur de ‘Umar, qu’il lui a obéi de la meilleure obéissance, qu’il l’a remplacé à Médine plus d’une fois, qu’il s’est allié à lui par mariage (ṣāharahu), qu’il a accompli pour lui obéissance et satisfaction des choses trop longues à mentionner, qu’il l’a inclus dans la consultation (al-shūrā) et il y est entré, qu’il l’a fait devenir un sujet (ra‘iyya) pour Ṣuhayb et il a accepté, qu’il l’a renvoyé à ‘Abd al-Raḥmān et il est revenu, et d’autres choses trop longues à détailler. Comment pourrait-il donc dire : « Je ne suivrai pas la conduite d’Abū Bakr et de ‘Umar » ? Ou comment un homme sensé, ayant entendu les récits, pourrait-il croire une telle supposition ? Et qui donc abandonnerait ce qui est connu et célèbre par les correspondances (mukātabāt) pour se tourner vers ce qui est connu par une interprétation obscure (majhūl al-ta’wīl) ? Il n’a dit cela (5) que parce que le Livre de Dieu et la Sunna de Son Prophète ne supportent absolument ni augmentation ni diminution. Quant à la Sunna des califes bien guidés (al-khulafā’ al-rāshidīn), Abū Bakr et ‘Umar, que ‘Abd al-Raḥmān lui a mentionnée, c’est leur effort d’interprétation personnelle (ijtihād) dans la religion, leur protection et leur préservation de celle-ci, ainsi que le détachement (zuhd) et la chasteté (‘afāf) qui sont célèbres chez eux. S’il avait dit « oui », il aurait dû entrer dans cela sans augmentation ni diminution. Or, il se peut qu’une personne ne se sente pas capable d’accomplir ce qu’une autre accomplit. Ensuite, la délivrance de consultations juridiques (fatwā) sur des questions pour lesquelles il n’y a pas de texte (naṣṣ) du Livre ni de la Sunna, et l’action dans ces questions par analogie (qiyās) et effort d’interprétation personnelle (ijtihād) de la part de l’imam, il n’aurait pas pu s’y conformer par imitation (taqlīd) et abandonner son propre effort d’interprétation. C’est à ce sens qu’il a fait allusion, et c’est ce qu’il a voulu dire. Nul doué d’intelligence (fṭina) et de connaissance (dirāya) n’en doute. Et Dieu sait mieux. / De plus, il n’y a rien d’autre ici que le fait qu’on a dit que ‘Abd al-Raḥmān a dit à ‘Alī : « Tu jugeras d’après la Sunna d’Abū Bakr et de ‘Umar. »

Il est rapporté que 'Amr ibn al-'Âs vint trouver 'Alî durant les nuits de la consultation (shûrâ) et lui dit : « 'Abd ar-Rahmân est un homme qui s'efforce de juger correctement (mujtahid) 1. Sache que si tu lui donnes l'assurance de ta détermination ('azîma) 2, il sera moins enclin à te choisir ; mais si tu lui parles de capacité et de possibilité (juhd wa tâqa) 3, il sera plus porté à te préférer. » Puis 'Amr ibn al-'Âs rencontra 'Uthmân et lui dit : « 'Abd ar-Rahmân est un homme qui s'efforce de juger correctement. Par Dieu, il ne te donnera son allégeance qu'avec la détermination ('azîma). Accepte-la donc. » Il est rapporté que lorsque 'Abd ar-Rahmân dit à 'Alî : « Ô 'Alî, acceptes-tu de me donner ton allégeance sur la base du Livre de Dieu, de la Sunna de Son Prophète et de la conduite d'Abû Bakr et de 'Umar ? », 'Alî lui répondit : « Non, par Dieu ! Mais sur la base de ma capacité et de ma possibilité (juhdî wa tâqatî) en cela. Et qui peut atteindre cela ? » Puis il dit à 'Uthmân : « Acceptes-tu de me donner ton allégeance sur la base du Livre de Dieu, de la Sunna de Son Prophète et de la conduite d'Abû Bakr et de 'Umar ? » Il répondit : « Oui. » Alors il lui donna son allégeance. 'Alî dit alors : « C'est une tromperie (khud'a) 4 », voulant dire que le fils d'an-Nâghigha 5 l'avait trompé. Voilà ce qui est rapporté à ce sujet. Si cela est authentique, acceptez-le. Car vous êtes les premiers à dire qu'il n'est pas permis qu'on dise au Commandeur des croyants : « [Agis] selon le Livre de Dieu et la Sunna de Son Messager », et qu'il réponde par cette parole 6. Et il n'est pas permis que 'Amr ibn al-'Âs le trompe. Or vous n'acceptez pas ce qui a été mentionné, et quand on vous y invite, vous vous en détournez. Puis vous prétendez ce qui n'a pas été et vous en faites un principe pour vous détourner de ce qui est connu, à savoir que le Commandeur des croyants a suivi ces gens et les a approuvés. Pourtant, ce qui est établi auprès des savants, c'est que 'Abd ar-Rahmân dit aux membres de la consultation : « J'ai examiné, consulté et demandé la guidance (istikhâra) 7. Je n'ai trouvé personne que les gens considèrent comme l'égal de 'Uthmân. » De plus, il y avait parmi les Compagnons ceux qui étaient en désaccord avec Abû Bakr et 'Umar sur des questions d'effort d'interprétation (ijtihâd) 1. Cela ne les gênait pas, et Abû Bakr et 'Umar ne le leur reprochaient pas. Ibn Mas'ûd, Ubayy, Mu'âdh, Zayd ibn Thâbit, Ibn 'Abbâs et d'autres les ont contredits. Sache donc que ce sur quoi ces gens s'appuient est faux. Parmi les choses étonnantes qu'ils prétendent, il y a que 'Umar aurait manœuvré pour faire entrer 'Alî ibn Abî Tâlib (que Dieu l'agrée) dans la consultation, disant qu'il était apte au califat, et qu'il aurait dit : « Quand les membres de la consultation seront trois et trois, tuez les trois parmi lesquels ne se trouve pas 'Abd ar-Rahmân. » Ils prétendent aussi que 'Abd ar-Rahmân était hostile à 'Alî et qu'il a détourné le califat de lui vers 'Uthmân, et que 'Umar n'aurait dit cela que par désir de détourner [le califat] de 'Alî et de le faire parvenir à 'Uthmân. Ils n'ont pour cela ni preuve ni argument. Ce n'est que calomnie, mensonge et suppositions fausses, comme d'autres de leurs propos. Tu as déjà eu la preuve qu'il n'y avait pas d'hostilité entre 'Alî, Abû Bakr, 'Uthmân, 'Abd ar-Rahmân et ce groupe. Au contraire, il y avait entre eux une alliance et une affection religieuse suffisantes. Ensuite, on leur dit : Si 'Umar avait voulu [le califat] pour 'Uthmân seul, ou pour 'Abd ar-Rahmân, ou pour quelqu'un qu'il voulait, il l'aurait désigné explicitement, comme Abû Bakr l'avait fait précédemment, ou comme il a lui-même désigné Suhayb pour la prière. Les gens auraient obéi, et il se serait épargné ce que vous prétendez. Il n'avait rien à craindre, pas plus qu'Abû Bakr n'avait à craindre. Il est étonnant que vous disiez qu'Abû Bakr s'est emparé de la place du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), qu'il s'y est installé de son vivant, dans sa maison, en sa présence et en présence de tous les Banû Hâshim, des Émigrés (Muhâjirûn) 8 et des Auxiliaires (Ansâr) 9, par usurpation et contrainte, et qu'il y est parvenu. Qu'il les a spoliés après sa mort, que les gens l'ont soutenu, qu'il a désigné 'Umar et qu'ils ont accepté et exécuté son testament, mais qu'ils n'ont pas accepté du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) ni exécuté son testament. Qu'ils ont accepté de 'Umar [ce qu'il a dit] dans la consultation et dans tout ce qu'il a recommandé, mais qu'ils n'ont pas accepté du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) son testament et sa désignation explicite (nass) 10 de 'Alî (que Dieu l'agrée), alors qu'Il leur avait montré l'obligation de cela, qui est une obligation collective (farḍ al-kifâya) 11. Et voilà qu'ils disent que 'Umar a eu peur, qu'il n'a pas révélé ce qu'il voulait, qu'il l'a caché et dissimulé, comme le fait un vaincu, un opprimé, un craintif qui attend. Vos propos se contredisent les uns les autres. Vous détruisez vos doctrines et vos principes de vos propres mains, et vous donnez à vos adversaires des arguments pour vous réfuter. Vous n'êtes pas de ceux dont la parole est stable ni dont la doctrine est établie. Tu sais, que Dieu te fasse miséricorde, qu'en résumé, à cette époque et en présence de ces prédécesseurs (as-salaf) 12, on n'acceptait et n'exécutait que ce qui était correct. Celui qui apportait autre chose était repoussé et désapprouvé. Tu as déjà eu la démonstration et la preuve de cela. Tout ce qui te parvient d'eux et dont l'apparence te paraît répréhensible, ou bien cela n'a absolument aucun fondement, ou bien, si c'est vrai, le sens visé, l'intention et le but sont autres que l'apparence que l'adversaire réprouve et interprète. Tu connais leur attachement à la religion du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), à ses recommandations, à l'application de ses textes et de ses engagements. Si Abû Bakr, 'Umar, 'Uthmân et 'Alî avaient voulu, dans leur autorité, modifier un texte du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) concernant une femme veuve dhimmî 13, ils n'auraient pas pu le faire. L'autorité de ceux-ci n'était pas comme celle de Mu'âwiya et des rois qui vinrent après lui. Retiens donc ce principe et réfères-y toi concernant ce qu'ils rapportent de 'Umar à propos du meurtre des membres de la consultation, et leurs prétentions selon lesquelles Abû Bakr aurait ordonné à Khâlid ibn al-Walîd de tuer 'Alî ibn Abî Tâlib, puis aurait changé d'avis en disant : « Ne le fais pas », en présence des Émigrés et des Auxiliaires ; qu'il aurait envoyé an-Nu'mân ibn Bashîr et al-Mughîra ibn Shu'ba pour combattre Sa'd ibn 'Ubâda al-Ansârî ; qu'Abû Sufyân et les Banû Umayya, à l'époque de 'Uthmân, auraient publiquement nié la prophétie, disant qu'il n'y a ni résurrection, ni paradis, ni enfer. Ils ont à ce sujet de nombreux récits rapportés par des Compagnons hommes et femmes. Les mentionner serait long. Mais tu connais leur mensonge grâce à la preuve déjà donnée de l'attachement des Émigrés et des Auxiliaires à la religion du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), et du fait qu'à leur époque, la victoire appartenait à ceux qui restaient fermes dans sa religion et croyaient en sa véracité. D'ailleurs, cette négation et ce déni de la résurrection, de la dispersion, du jugement, du paradis, de l'enfer et autres, personne n'osait les manifester à l'époque de Mu'âwiya et des imams injustes des Banû Umayya, ni à l'époque des rois 'Abbâsides, quand les rois étaient parmi eux. Car les rois des Banû Umayya et des Banû 'Abbâs n'étaient ni athées, ni hérétiques, ni ennemis du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Au contraire, ils étaient dans la religion de l'Islam, aimaient le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et sa religion, et se désolidarisaient de ses ennemis, même s'ils mêlaient à cela l'amour du monde, la préférence pour la vie présente, le meurtre de ceux qui leur ordonnaient la justice parmi les gens, et d'autres péchés majeurs et actes répréhensibles qu'ils commettaient. Ils avaient pourtant du respect pour le Coran, combattaient l'ennemi et entretenaient les frontières. Tous critiquaient ceux d'entre eux qui étaient excessifs. Dans leurs assemblées, ils évoquaient les signes du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et Ses versets, qui étaient trop évidents et trop puissants pour qu'ils croient le contraire. Ils recommandaient à leurs enfants l'Islam. Nous ne disons pas cela par optimisme à leur égard, mais parce que s'ils avaient professé l'hostilité envers lui, son déni, sa critique ou la critique de quoi que ce soit de ses voies, de ses caractères et de ses doctrines (que Dieu prie sur lui et le salue), cela serait apparu et se serait manifesté dans leurs caractères, leurs voies, les lapsus de leurs langues et les fautes de leurs actions. C'est ainsi que l'on tire la leçon et que l'habitude se vérifie, surtout chez les rois. Al-Walîd ibn Yazîd ibn 'Abd al-Malik, alors qu'il était calife et roi tyrannique, et le plus riche des Banû Marwân 14, consulta le sort (tafâ'ala) 15 par le Coran et en tira quelque chose qu'il n'aima pas. Il jeta le Coran de sa main et se fâcha contre ce qui en était sorti. Son cousin se leva et lui trancha la tête pour cela, et cela fut considéré comme une preuve pour le tuer. Tu vois bien que cela n'est pas caché à l'exemple d'Ibn al-'Amîd, vizir de Rukn ad-Dawla, d'Abû Ja'far ibn Bânû as-Sijzî, roi du Sijistân, d'Abû 'Alî ibn Ilyâs, roi du Kirmân, et autres. Ceux-ci furent approchés par les Bâtiniyya 16 qui ne cessèrent de les manœuvrer jusqu'à ce qu'ils sortent de l'Islam. Il ne leur était pas possible de manifester ouvertement leur hostilité au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), mais cela apparut dans les lapsus de leurs langues et les fautes de leurs actions, malgré leurs efforts pour le cacher. [Réfutation de la prétention des Qarmates 17 selon laquelle les Compagnons auraient écarté 'Alî par aversion pour lui] Quant à ceux qui se trouvent à al-Ahsâ', en Égypte et au Maghreb, leur hostilité manifeste envers lui (que Dieu prie sur lui et le salue), leur dessein d'éteindre sa lumière et de faire mourir sa Loi est immense. Parmi ce qu'ils prétendent au sujet des Émigrés et des Auxiliaires, il y a qu'ils haïssaient le Commandeur des croyants à cause des polythéistes qu'il avait tués. Ils disent : « C'est pour cela qu'ils l'ont écarté et ne lui ont pas confié le califat. » Ils ajoutent : « De plus, ils jalousaient les Banû Hâshim à l'idée que le califat et la prophétie se réunissent en eux. » Ceci est semblable aux autres calomnies qu'ils profèrent contre les Émigrés et les Auxiliaires. Tu connais leur état et comment ils répondirent au Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) de leur propre chef, par foi en lui et en ce qu'il apportait. Ils avaient à La Mecque, à Médine et en Abyssinie ce qui a déjà été mentionné. Cela témoigne de la fausseté de cette prétention. De plus, tu sais ce qu'ont fait les Émigrés et les Auxiliaires en matière d'imamat du vivant du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), pendant sa maladie, après sa mort et avant son enterrement, ainsi que ce qui s'est passé entre Abû Sufyân, al-'Abbâs et les Banû Hâshim, à la Saqîfa 18, lors de la désignation de 'Umar, lors de la consultation, et en d'autres occasions. Personne n'a mentionné que l'on haïssait [‘Alî] parce qu'il avait tué des pères et des fils, ni que l'on n'aimait pas que la prophétie et le califat soient réunis chez les Banû Hâshim. Aucune créature de Dieu n'a prononcé un mot à ce sujet, et cela n'a jamais effleuré leurs esprits. Le Commandeur des croyants (que Dieu l'agrée) entra dans la consultation, et personne ne contesta son entrée, ne s'en détourna, ni ne prononça un mot à ce sujet. Au contraire, tous les gens furent satisfaits de cela comme ils le furent des autres membres de la consultation. Après 'Uthmân, les gens se précipitèrent vers lui, l'entourèrent et tendirent la main [pour lui prêter allégeance]. Il la retira plusieurs fois, mais ils insistèrent, désirèrent son califat et son allégeance. Personne ne prononça un mot de ce que ces gens prétendent. Tout cela dément leurs allégations et leurs calomnies. Nous savons qu'il (que Dieu l'agrée) n'eut, du temps du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), ni du temps d'Abû Bakr, de 'Umar et de 'Uthmân, aucun ennemi parmi les Émigrés ni les Auxiliaires, homme libre ou esclave, homme ou femme. Car si cela avait été le cas, cela serait apparu, et on en aurait eu connaissance comme des autres choses, comme on connaît ceux qui restèrent en retrait, comme on connaît ceux qui le combattirent parmi les gens du Shâm, et comme on connaît ceux qui se détournèrent de lui parmi ses compagnons, comme cela a déjà été mentionné. Le fait que certains l'aient combattu et se soient désolidarisés de lui après cela ne prouve pas qu'ils étaient ses ennemis du temps du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et du temps d'Abû Bakr, de 'Umar et de 'Uthmân. Des gens ont combattu 'Uthmân (que Dieu l'agrée), se sont opposés à lui et l'ont contesté à la fin de son règne, mais cela ne prouve pas qu'ils étaient ses ennemis du temps du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Il n'y a pas de différence entre celui qui prétend cela et celui qui prétend que les Khârijites 19 ne se sont opposés à lui et ne l'ont excommunié que parce qu'il avait tué des polythéistes, brisé les idoles, et parce qu'ils n'aimaient pas que la prophétie et le califat soient réunis chez les Banû Hâshim. De même pour les gens du Shâm dans leur opposition à lui. Tout cela est calomnie et confusion de la part de celui qui le prétend. Au contraire, les raisons pour lesquelles ceux qui priaient se sont opposés à lui sont connues, de même que les raisons pour lesquelles 'Uthmân a été combattu sont connues.

Ensuite, les Émigrés et les Auxiliaires ne cessaient de donner la prééminence à ceux qui avaient tué des associateurs, de les honorer et de les magnifier, et ils magnifiaient celui dont l'impact sur les associateurs était le plus fort. C'est pourquoi ils tenaient en haute estime ceux qui avaient participé à Badr et aux expéditions où l'on combattait et tuait les associateurs, et le rang de ceux qui avaient embrassé l'islam lors de la conquête ou après n'était pas le même que le leur. Parmi les choses qui faisaient honorer ʿAbd Allāh ibn Masʿūd 20 – que Dieu l'agrée – était qu'il avait tranché la tête d'Abū Jahl 21. Et parmi les choses qui faisaient honorer ʿUmar 22 à leurs yeux était qu'à Badr il n'avait fait aucun prisonnier et que tout associateur qui tombait entre ses mains, il le tuait. Parmi ceux qu'il tua se trouvait al-ʿĀṣ ibn Hishām 23, qui était son oncle maternel, et il chercha son autre oncle al-Ḥārith ibn Hishām 24 mais celui-ci lui échappa. Et parmi les raisons pour lesquelles ils lui donnaient la prééminence, c'est qu'à Badr il conseilla au Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – de tuer les prisonniers et lui dit : « Remets chaque homme à ses proches et à sa famille pour qu'ils lui tranchent la tête, car ce sont les chefs de l'association, ce sont eux qui t'ont traité de menteur et t'ont expulsé. » Il proposa donc de remettre ʿUqayl 25 à son frère ʿAlī 26 pour qu'il le tue, et untel à untel. Et c'est pour avoir tué des associateurs que l'on tenait en haute estime al-Zubayr 27, Abū Dujāna 28, les Banū ʿAfra 29, al-Barāʾ ibn Mālik 30 et leurs semblables. De même, on tenait en haute estime ceux qui avaient rassemblé le Coran et l'avaient mémorisé, mais celui dont l'impact sur les associateurs était plus fort était plus estimé à leurs yeux que celui qui avait rassemblé le Coran et l'avait récité. Et la prétention de celui qui avance cela n'est autre que celle de quelqu'un qui dirait que les Émigrés et les Auxiliaires haïssaient ʿAlī à cause de sa récitation du Coran, de ses longues prières et de ses nombreuses invocations « Il n'y a de dieu que Dieu ». Or, parmi les Émigrés et les Auxiliaires, il y en avait qui avaient tué un grand nombre, en dehors de ceux que nous avons mentionnés, et ils sont trop nombreux pour être comptés. Et parmi les convertis de la conquête, il n'y avait personne dont le Prince des croyants 31 ait tué un parent, sauf Abū Sufyān Ṣakhr ibn Ḥarb 32, car le Prince des croyants avait tué son fils Ḥanẓala 33 le jour de Badr. Quant à Abū Sufyān, il fut l'homme le plus désireux, à la mort du Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – que le califat revienne aux Banū ʿAbd Manāf 34 et que ʿAlī ibn Abī Ṭālib soit le calife plutôt qu'Abū Bakr 35, comme cela a été mentionné précédemment. Quant aux Émigrés, aux Auxiliaires et aux Précureurs 36, ils n'hésitaient pas à tuer leurs proches et leurs familles. Ainsi, Abū Ḥudhayfa ibn ʿUtba ibn Rabīʿa 37 se présenta à son père le jour de Badr pour le tuer, mais le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – l'en empêcha et lui dit : « Laisse-le, que quelqu'un d'autre le tue. » Son père, son oncle, son frère, le fils de son frère et plusieurs autres de sa famille furent tués, tandis qu'il patientait, satisfait, remerciant Dieu pour cela et pour la victoire que Dieu avait accordée à Son Messager. Et ceci est un exemple parmi les fils des notables de Quraysh 38 qui avaient embrassé l'islam à La Mecque, avaient émigré en Abyssinie puis à Médine. Combien d'autres comme lui parmi eux – que Dieu les agrée ! S'ils disent : « Pourquoi Abū Sufyān tenait-il tant à ce que le califat revienne à ʿAlī ? » Nous répondons : Parce qu'il était de son clan et de ses cousins, et il souhaitait que le califat soit dans les Banū ʿAbd Manāf. De même le souhaitaient al-ʿAbbās 39, Khālid ibn Saʿīd ibn al-ʿĀṣ 40 et d'autres parmi les Banū Hāshim 41. Cependant, Khālid ibn Saʿīd n'était pas un converti de la conquête, mais il avait embrassé l'islam à La Mecque, avait émigré en Abyssinie et à Médine, et son embrassement de l'islam a été mentionné précédemment. Ainsi, tu sauras la fausseté de leurs prétentions sous tous les rapports. S'ils disent : « Nous ne croyons pas qu'Abū Sufyān ait tenu à ce que le califat revienne à ʿAlī plutôt qu'à Abū Bakr. » Nous répondons : Il n'y a pas de différence entre celui qui prétend cela à son sujet ou au sujet d'al-ʿAbbās, et qu'il y aurait eu entre eux des propos, des discussions ou des échanges à ce sujet. Et il n'y a pas de différence entre celui qui nie cela et celui qui nie la Saqīfa 42 et la consultation 43. Et sache que ʿAlī et ʿUthmān 44 n'avaient parmi les Émigrés aucun ennemi ni opposant, ni parmi eux ni parmi d'autres. Tu sauras alors qu'Abū Bakr, ʿUmar 45 et ces Précureurs n'avaient aucun ennemi parmi les Émigrés, les Auxiliaires, les Banū Hāshim, ni parmi aucun des Compagnons, des Précureurs ou du reste des musulmans, jusqu'à ce qu'apparaisse ce qui est apparu de l'affaire de Hishām ibn al-Ḥakam 46 et de ses semblables. Reconnais donc cela, car si les gens connaissaient la réalité de cette affaire comme ils connaissent celle d'autres choses déjà mentionnées concernant ceux qui s'opposèrent à ʿUthmān et ʿAlī et les combattirent, et ce qui advint de Saʿd ibn ʿUbāda 47, alors celui qui prétend cela est comme celui qui prétend qu'il y avait, du temps du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et du temps d'Abū Bakr, des Rāfiḍa 48 et des Khārijites 49, afin que tu sois pleinement convaincu de la fausseté des prétentions de ces gens concernant la discorde au jour de la mort du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et autres de leurs prétentions. Et tu as déjà eu les preuves rationnelles avant les preuves coraniques de l'amour du Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – pour ceux-ci, et qu'il a imposé leur amour aux premiers et aux derniers de sa communauté. Quant à la prétention de ʿAbd Allāh ibn Sabaʾ 50 et de ses partisans, elle n'a rien à voir avec celle de Hishām ibn al-Ḥakam ; il s'agissait seulement de la prééminence, puis vint le désaveu du Prince des croyants de ce qui est mentionné, puis ils en vinrent à ce à quoi ils en vinrent. Ceux-là ne sont ni des Émigrés, ni des Auxiliaires, ni des Suivants 51, et on ne les connaît pour aucune tradition. Et tu as déjà vu l'attachement ferme des Émigrés et des Auxiliaires à la religion du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et leur préservation de sa Loi après lui. Ils partirent en guerre contre Musaylima 52 et les apostats, se hâtant de les désavouer pour leur opposition au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, ne se maîtrisant pas de colère contre quiconque s'opposait à lui ou sortait de sa religion, au point que le frère disait à son frère, le père à son fils, lorsque l'un disait à l'autre : « Reste, que je sorte », l'autre répondait : « Je désire le martyre et le combat autant que toi. » Ils faisaient leurs adieux à leurs familles et à leurs proches en disant : « Peut-être ne reviendrons-nous pas vers vous », et ils ne se souciaient d'aucune chose de ce monde. Ils affrontèrent Musaylima et furent mis en déroute, alors ils dirent : « Les Bédouins nous ont habitués à la fuite ; ce n'est pas ainsi que nous combattions avec le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue. » Ils dirent à Khālid ibn al-Walīd 53, leur commandant : « Expose-nous à notre ennemi », et il les exposa. Ils creusèrent des fosses et s'y tinrent fermes, combattant jusqu'à la victoire. Musaylima fut tué, ainsi qu'Abū Ḥudhayfa ibn ʿUtba ibn Rabīʿa, Sālim, l'affranchi d'Abū Ḥudhayfa 54, Thābit ibn Qays 55, Zayd ibn al-Khaṭṭāb 56 et d'autres parmi les Émigrés et les Auxiliaires, environ quatre cents, dont soixante-dix hommes parmi les mémorisateurs du Coran. Parmi eux se trouvaient ceux à qui le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – avait promis le Paradis et qu'il serait tué en martyr, ce qui est un de ses signes. Tous furent tués dans l'obéissance à Abū Bakr. À cause de cette affaire et de cette expédition, les Compagnons se réunirent auprès d'Abū Bakr et lui dirent : « Rassemble le Coran en un seul codex afin que chacun puisse y accéder, car beaucoup de ceux qui avaient mémorisé le Coran ont été tués dans cette expédition, et nous ne sommes pas à l'abri d'une expédition semblable où d'autres mémorisateurs du Coran seraient tués, ce qui ferait disparaître une partie du Coran ou le perdre. » Ces gens ne se maîtrisaient pas, ne pouvaient patienter sans le combat ni la mort dans l'obéissance à Dieu, et la mort dans l'obéissance à Dieu leur était plus chère que la vie. Est-ce sur de tels hommes que l'on prétend qu'ils étaient hostiles à ceux qui avaient tué des associateurs, ou qu'ils avaient changé après leur Prophète ? Abū al-Jahm ibn Ḥudhayfa al-ʿAdawī 57 partit le jour de Yarmūk 58 à la recherche d'un cousin à lui, portant avec lui un récipient d'eau. S'il avait encore un souffle de vie, il lui donnerait à boire et lui passerait de l'eau sur le visage. Il vint à lui et lui dit : « Veux-tu boire ? » Mais il n'avait plus la force de parler ; il fit signe que oui. Soudain, une voix d'homme dit : « Ah ! » Son cousin lui fit signe d'aller vers lui et de lui donner à boire. Il alla vers lui et c'était Hishām ibn al-ʿĀṣ ibn Wāʾil al-Sahmī 59. Il lui dit : « Veux-tu boire ? » Il entendit un autre dire : « Ah ! » Hishām n'avait plus la force de parler, alors Hishām lui fit signe d'aller vers lui. Il vint à lui et le trouva mort. Puis il revint vers Hishām et le trouva mort. Puis il vint à son cousin et le trouva mort. Combien d'exemples semblables si je me mettais à les mentionner, cela serait long, et tu les trouveras dans leurs lieux. Ce sont ceux-là qui étaient les ennemis du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – au début de son affaire, lorsqu'il appelait à Dieu – Puissant et Majestueux – et les fils de ses ennemis. Regarde les convertis de la conquête : al-Ḥārith ibn Hishām, ʿIkrima ibn Abī Jahl 60, ʿAbbās ibn Abī Rabīʿa 61 : ils abandonnèrent leurs patries, quittèrent leurs familles, renoncèrent à leurs biens, persévérèrent dans le combat jusqu'à ce que Dieu les gratifie du martyre et leur accorde la dignité. Ils furent tués, et le champ de bataille se dégagea d'eux alors qu'ils souffraient d'une soif intense à cause de la chaleur des armes. Al-Ḥārith tendit la main pour demander à boire, et ʿIkrima tendit la main. Al-Ḥārith dit : « Donne à boire à ʿIkrima. » ʿIyāsh 62 tendit la main, et ʿIkrima dit : « Donne à boire à ʿIyāsh. » Aucun d'eux ne put boire avant que l'autre ne meure, à cause des blessures par lance et par épée et de la chaleur du fer. Comment pourrait-on imaginer chez ces hommes la rancune et la haine ? Y a-t-il quelque chose qui en préserve sinon qu'ils étaient avec eux ? Ceux-là, le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – avait tué leur père, leurs fils et leurs frères, ils l'avaient offensé et combattu avant leur embrassement de l'islam. Puis, lorsqu'ils embrassèrent l'islam, ils furent sincères. Ceux-là et leurs semblables furent les plus sévères envers les apostats et envers tous les ennemis du Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue. Parmi eux également : Suhayl ibn ʿAmr 63, al-Muhājir ibn Abī Umayya 64, ʿAttāb ibn Usayd 65, Jubayr ibn Muṭʿim 66. Ceux-là repoussèrent l'apostasie, tuèrent Musaylima, firent prisonnier Ṭulayḥa 67, tuèrent les apostats d'Oman, des hommes d'Asad et de Ghatafān 68, et ne se contentèrent pas de les tuer jusqu'à les brûler par le feu, par colère pour le Messager de Dieu et par zèle pour sa religion. Pourtant, ils étaient parmi les plus hostiles envers lui, mais lorsqu'ils embrassèrent l'islam, tout cela disparut et ils furent d'une sincérité extrême. Ceux-là et leurs semblables avaient connu la vérité, mais le zèle et l'amour du pouvoir les avaient empêchés d'entrer dans l'islam. Ils savaient que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – ne les placerait pas au-dessus des pauvres et des clients 69 qui avaient précédé dans l'islam, comme cela a été mentionné précédemment. Lorsque la vérité les vainquit et que vint la conquête, ils embrassèrent l'islam. Leurs âmes étaient fières, répugnant à l'hypocrisie, à la perversité et à la médisance. Ils embrassèrent l'islam avec ces caractères, furent sincères et conseillèrent. Tu as déjà eu ce que dit al-Ḥārith ibn Hishām lorsqu'il sortit de La Mecque en émigrant dans le chemin de Dieu. C'est pour cette raison qu'Abū Jahl dit à Ibn Masʿūd lorsqu'il se pencha sur lui pour l'achever : « N'es-tu pas le petit berger de Tihāma 70 ? Tu as entrepris une entreprise difficile. » Et tu as déjà eu, pour les causes, la révélation de la parole de Dieu – Puissant et Majestueux : « Et ne repousse pas ceux qui invoquent leur Seigneur, matin et soir, désirant Sa Face » 71. Suhayl ibn ʿAmr mentionna que le zèle, l'orgueil et l'amour du pouvoir les avaient empêchés d'entrer dans l'islam, et il disait : « Abū Sufyān connaît de cette vérité ce que je connais, mais l'envie des Banū ʿAbd al-Muṭṭalib 72 a scellé son cœur. » Abū Sufyān lui-même tenait des propos semblables, disant : « Je sortis avec Umayya ibn Abī al-Ṣalt al-Thaqafī 73 et Ṭalīq ibn Sufyān ibn Umayya 74 comme commerçants vers la Syrie. Umayya ibn al-Ṣalt allait voir les chrétiens et écoutait leurs savants. Il me dit : « Veux-tu rencontrer un savant parmi les savants chrétiens, auprès duquel aboutit la science des Écritures, pour lui demander ce qui te vient à l'esprit ? » Je dis : « Je n'ai aucun besoin de lui. Par Dieu, s'il me dit ce que j'aime, je ne lui ferai pas confiance ; et s'il me dit ce que je déteste, j'en aurai peur. » Umayya resta chez eux, puis revint triste et affligé. Lorsque nous partîmes, il me dit : « [Parle-moi] de ʿUtba ibn Rabīʿa 75 : évite-t-il les choses illicites et les injustices ? » Je dis : « Oui, par Dieu. » Il dit : « Maintient-il les liens de parenté et ordonne-t-il de les maintenir ? » Je dis : « Oui. » Il dit : « Est-il dans le besoin ? » Je dis : « Oui. » Il dit : « Connais-tu un Qurayshite plus noble que lui ? » Je dis : « Non, par Dieu, je n'en connais pas. »

Je lui dis : « Soixante-dix ans. » Il dit : « Elle est sa mère, elle est son fils 76. » Je dis : « Et toi, tu vas dire quelque chose, alors dis-le. » Il dit : « Par Dieu, tu ne mentionneras pas mon propos avant que n'advienne ce qui doit advenir. » Je dis : « Je ne le mentionnerai pas. » Il dit : « Je suis venu à ce savant et l'ai interrogé sur certaines choses. Il m'a informé d'un prophète arabe attendu, issu d'une famille que les Arabes vénèrent par le pèlerinage. » Il dit : « Je dis : 'Nous avons une famille que les Arabes vénèrent par le pèlerinage.' Il dit : 'Non, il est de vos frères et voisins, les Quraychites.' » Il dit : « Par Dieu, il m'a saisi quelque chose que je n'avais jamais ressenti auparavant. J'espérais être celui-là. » Je dis : « Quand cela sera, décris-le-moi. » Il dit : « Un jeune homme, lorsqu'il entre dans l'âge mûr, son affaire commence. Il évite les interdits et les injustices, maintient les liens de parenté et ordonne de les maintenir. Il est dans le besoin, n'est pas un semeur de discorde, noble des deux côtés dans la tribu. La plupart de ses soldats sont des anges. » Je dis : « Quel est le signe de cela ? » Il dit : « La Syrie a tremblé depuis la mort de Jésus de quatre-vingts secousses, chacune étant une calamité générale. Il reste une secousse générale avec une calamité, après laquelle nous sortirons. » Abû Sufyân dit : « Je dis : 'Ceci, par Dieu, est le faux. Si Dieu envoie un messager, ce ne peut être qu'un noble âgé.' » Il dit : « Puis nous voyageâmes jusqu'à ce qu'il reste deux nuits entre nous et La Mecque. Un cavalier nous rattrapa par derrière. Nous l'interrogeâmes et il dit : 'La Syrie a été frappée par une secousse qui a détruit ses habitants, et une grande calamité les a frappés.' » Umayya dit : « Que penses-tu, ô Abû Sufyân ? » Je dis : « Par Dieu, je ne pense pas que ton compagnon soit autre que véridique. » Nous arrivâmes à La Mecque, je me débarrassai de ce que j'avais avec moi, puis je partis jusqu'à arriver en terre d'Abyssinie comme commerçant. J'y restai cinq mois, puis je revins à La Mecque. Alors que j'étais chez moi, les gens vinrent me saluer, jusqu'à ce que le dernier d'entre eux, Muhammad ibn 'Abd Allâh, vienne. Hind était assise chez moi, jouant avec un de ses enfants. Il me salua, m'accueillit chaleureusement, m'interrogea sur mon voyage et mon arrivée, puis s'en alla. Je dis : « Par Dieu, ce jeune homme est étonnant. Aucun Quraychite ayant une marchandise avec moi ne m'a interrogé à son sujet, et elle n'a pas été vendue. Par Dieu, il a avec lui une marchandise, il n'est pas plus riche qu'eux, et pourtant il ne m'a pas interrogé à son sujet. » Hind dit : « Ne sais-tu pas son affaire ? » Je dis, effrayé : « Quelle est son affaire ? » Elle dit : « Par Dieu, il prétend être l'Envoyé de Dieu. » Je me rappelai les paroles du chrétien et restai interdit, jusqu'à ce qu'elle me dise : « Qu'as-tu ? » Je me ressaisis et dis : « Ceci, par Dieu, est le faux. Il est plus intelligent que de dire cela. » Elle dit : « Si, par Dieu, il le dit, et il a des compagnons qui partagent son affaire. » Je dis : « C'est le faux. » Je sortis ; alors que je tournais autour de la Ka'ba, je le rencontrai et dis : « Ta marchandise a été vendue, il y a eu ceci et cela, et il y avait du bien dedans. Envoie-la chercher et prends-la. Je ne prendrai pas de toi ce que je prends de ton peuple. » Il dit : « Je ne la prendrai pas avant que tu ne prennes de moi ce que tu prends de mon peuple. » Je dis : « Je ne le ferai pas. » Il dit : « Par Dieu, je ne la prendrai pas. » J'envoyai la chercher et pris ce que je prenais des autres, et je lui envoyai sa marchandise. Je ne restai pas longtemps avant de partir comme commerçant au Yémen. J'arrivai à Tâ'if et descendis chez Umayya. Je déjeunai avec lui, puis dis : « Ô Abû 'Uthmân, te souviens-tu du récit du chrétien ? » Il dit : « Je m'en souviens. » Je dis : « Il a dit : 'Qui est-il ?' Je dis : 'Muhammad ibn 'Abd Allâh ibn 'Abd al-Muttalib.' » Puis je lui racontai l'histoire de Hind. Il dit : « Dieu sait qu'il transpira abondamment, puis dit : 'Par Dieu, ô Abû Sufyân, peut-être est-ce lui.' » Je partis au Yémen et ne restai pas longtemps avant que ne me parvienne là-bas la nouvelle de sa proclamation. Je revins jusqu'à Tâ'if et descendis chez Umayya. Je dis : « Il est arrivé de cet homme ce que tu as appris et entendu. » Il dit : « C'est arrivé. » Je dis : « Où en es-tu ? » Il dit : « Par Dieu, je ne croirais pas en un messager qui n'est pas de Thaqîf. » Je dis : « Je revins à La Mecque et le trouvai, lui et ses compagnons, frappés et opprimés. Je me mis à dire : 'Où sont ses soldats d'anges ?' Et ce qui avait saisi les gens de malheur me saisit. » Ce récit a des parallèles dans leurs traditions. Mu'âwiya le racontait à l'époque de son règne et de son pouvoir, et Marwân ibn al-Hakam le racontait d'après lui. Ils discutaient des causes qui les avaient retardés dans l'émigration : l'orgueil et les hommes des Banû Umayya qui en détournaient, comme 'Uqba ibn Abî Mu'ayt, al-Hakam ibn Abî al-'Âs, Abû Sufyân des Banû Umayya, et ceux des Banû Makhzûm qui étaient comme eux, ainsi que les souffrances infligées à ceux d'entre eux qui s'étaient convertis. De même, Suhayl ibn 'Amr, 'Amr ibn al-'Âs et d'autres racontaient cela, se rappelant les uns les autres du vivant du Prophète (paix sur lui), après sa mort, et après le passage des califes bien guidés. Ainsi, tu apprends les convictions de ceux qui se convertirent lors de la conquête et de ceux qui tardèrent à rejoindre l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Si tu réfléchis, tu trouveras que les Banû Umayya et les Banû Makhzûm parmi les émigrés et les convertis de la conquête eurent des effets nombreux et grands dans le soutien de l'Islam du vivant de l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), et ce qu'ils eurent après sa mort fut plus grand encore. Le désaccord qui eut lieu entre ces gens et le Commandeur des croyants (que Dieu l'agrée) ne fut pas dû à un doute sur la prophétie ni à une faiblesse de leurs convictions à son sujet, car si cela avait été, cela serait apparu, comme nous l'avons déjà indiqué. En effet, on ne peut pas dire que 'Abd Allâh ibn Wahb al-Râsibî et ses compagnons parmi les kharijites s'opposèrent au Commandeur des croyants, le déclarèrent mécréant et le combattirent par haine de l'Envoyé de Dieu ou par doute sur sa prophétie, alors qu'ils avaient l'adoration, la lecture du Coran, le jeûne et beaucoup d'autres belles et bonnes choses dont le détail serait long, mais tout cela fut anéanti par leur opposition au Commandeur des croyants. De même, Mu'âwiya : l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) l'avait nommé gouverneur, et plusieurs califes après lui le nommèrent sur les frontières byzantines. Il les maintint, ouvrit des conquêtes, et fit campagne avec lui dans ces expéditions une multitude d'émigrés, d'auxiliaires et de combattants de Badr. Il était intègre envers leurs biens. 'Umar (que Dieu l'agrée) inspectait fréquemment la situation des gouverneurs et les remplaçait, mais il ne trouva rien à lui reprocher ni ne le remplaça. Quand 'Uthmân mourut et qu'il y eut ce qu'il y eut de l'opposition de Mu'âwiya au Commandeur des croyants (que Dieu l'agrée), les combattants de Badr se détournèrent de lui et rejoignirent le camp du Commandeur des croyants. Aucun d'entre eux, en particulier parmi les combattants de Badr, ne resta avec lui. Il persista dans son opposition au Commandeur des croyants, ce qui anéantit son œuvre et il s'égara d'un égarement profond. Aucun de ceux-là ne s'opposa au Commandeur des croyants par doute sur la prophétie. Malgré cela, le Commandeur des croyants ne mena pas la guerre contre eux comme on mène la guerre contre ceux qui doutent de la prophétie, et il ne les exclut pas d'être parmi les gens de la prière et de la qibla. Il se contenta de les déclarer égarés. 'Abd Allâh ibn al-Zubayr s'était proclamé Commandeur des croyants et avait combattu les Banû Umayya pendant neuf ans, s'entretuant par le meurtre. Les Banû Umayya tuèrent la famille d'al-Zubayr, les exterminèrent et les crucifièrent. Cela ne fut pas dû à un doute de l'un des deux camps sur la prophétie. Et il est étonnant que 'Abd Allâh ibn Wahb al-Râsibî et ses compagnons aient déclaré mécréant le Commandeur des croyants, mais lui ne les déclara pas mécréants et se contenta de les déclarer égarés. De même, les récitants et les successeurs qui se levèrent avec Ibn al-Ash'ath et désapprouvèrent la conduite de 'Abd al-Malik et d'al-Hajjâj désapprouvèrent leur injustice et leur tyrannie, non que l'un des deux camps doutât de la prophétie. Des exemples semblables sont nombreux, retiens-les. Car des gens se sont introduits parmi les gens et leur ont lancé de telles choses, à cause de leur intense hostilité envers le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), jusqu'à dire d'al-'Abbâs ibn 'Abd al-Muttalib qu'il était un ennemi de l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), que l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) le détestait, que lorsqu'il le saluait, il ne lui rendait pas son salut et lui disait : « Que Dieu te maudisse, toi et Abû Lahab », et qu'il n'était pas des Banû Hâshim ni des enfants de 'Abd al-Muttalib, et que c'est à cause de cette hostilité qui était dans son âme qu'elle se transmit à ses enfants, et c'est pourquoi Abû Ja'far al-Mansûr tua ceux des enfants d'Abû Tâlib qu'il tua, ainsi que d'autres parmi les Banû al-'Abbâs. Les gens de connaissance savent que l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) le vénérait et l'honorait, et disait à son sujet : « Il ne me convient pas d'élever la voix en présence de mon oncle. » Il lui accordait des honneurs qu'il serait impossible d'énumérer ici. Le Commandeur des croyants le vénérait, l'honorait, le faisait passer avant lui et ne tranchait aucune affaire sans lui. Ses enfants étaient les proches et les conseillers du Commandeur des croyants, et ses lieutenants sur ses sujets, comme c'est connu. De même, ses enfants (que la paix soit sur lui) furent avec les enfants d'al-'Abbâs après lui, leur parole était une, jusqu'à ce que survienne le désaccord entre 'Abd Allâh ibn Hasan ibn Hasan et Abû Ja'far, et qu'ils cherchassent à lui prendre le pouvoir. L'hostilité s'installa depuis lors entre eux 77, non à cause d'un doute sur la prophétie ni d'une hostilité ancienne entre l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et leur père, ni entre 'Alî et al-'Abbâs. Tu vois les Banû al-'Abbâs se jeter les uns sur les autres, se tuer les uns les autres, le frère tuant son frère, l'oncle tuant son neveu. Penses-tu que cela soit dû à une hostilité originelle ou chez les pères et les ancêtres ? Tu trouves chez les enfants d'Abû Tâlib des choses semblables. Ne vois-tu pas ceux qui sont au Tabaristân et au pays des Daylamites, comment ils se jettent les uns sur les autres et se combattent ? De même, ceux qui sont à Sa'da au Yémen, et ceux qui sont en Irak, ils se battent pour la préséance, non à cause d'une hostilité chez les pères et les ancêtres. Nous avons surtout mentionné cela et ce qui s'y apparente, ainsi que ce qui touche à l'imamat, parce que la plupart des hérétiques entrent par cette porte dans la tromperie des musulmans et la corruption de leur religion. Tu as déjà eu mention de leurs débuts. [À propos des paroles des ésotériques et de leurs moyens pour attirer les musulmans à abandonner les réalités de la foi et les obligations] En ce temps, parmi eux, il y a Abû Jabala Ibrâhîm ibn Ghassân, Jâbir al-Mutawaffâ, Abû al-Fawâris al-Hasan ibn Muhammad al-Maymandî, Abû al-Husayn Ahmad ibn Muhammad ibn al-Kumayt, Abû Muhammad al-Tabarî, Abû al-Hasan al-Halabî 78, Abû Yatîm al-Ralbâ, Abû al-Qâsim al-Najjârî, Abû al-Wafâ al-Daylamî, Ibn Abî al-Dayyis, Khuzayma, Abû Khuzayma, Abû 'Abd Allâh Muhammad ibn al-Nu'mân. Ceux-ci sont en Égypte, à Ramla, à Tyr, à Acre, à Ascalon, à Damas, à Bagdad et au mont Bismâq. Tous ceux-ci, dans ces régions, prétendent au chiisme et à l'amour de l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et de sa famille. Ils pleurent sur Fâtima et sur son fils al-Muhsin, que 'Umar aurait tué selon leurs prétentions. Ils mentionnent pour eux l'altération du Coran et des obligations, et mentionnent ce qui a déjà été dit, à savoir que leur opposition à lui et leur combat contre lui sont dus à son hostilité (que la paix soit sur lui) et au doute sur sa prophétie 79. Ils organisent des récitateurs et des lamentations à ce sujet, prennent des engagements des gens, leur font prêter des serments solennels. Quand ils les ont ainsi acquis, ils leur disent : « Méfiez-vous de fréquenter les juristes, d'écouter les hadiths des traditionalistes, d'écouter le Coran du commun. Attachez-vous à la transmission des gens de la maison. Car Ja'far ibn Muhammad a dit par écrit : 'Le hadith du commun rend le cœur aveugle.' Méfiez-vous de la jurisprudence d'Abû Hanîfa, de Mâlik, d'al-Thawrî, d'al-Hasan al-Basrî et de leurs semblables, car ils sont mécréants et ennemis de la famille du Prophète. Toute rectitude est dans leur opposition. Quand la vérité échappe à l'un de vous, qu'il regarde ce que disent les juristes et agisse à l'opposé, il atteindra la vérité. »

Ensuite, ils les emmènent dans une assemblée appelée « assemblée de la nutrition », car toute chose a un sens caché dont la connaissance appartient à votre Seigneur, le Puissant par Dieu, qu'Il vous dévoile lorsque vous progressez dans les degrés de Son obéissance. Puis ils les interrogent en leur disant : « Pourquoi la prière de l'aube est-elle récitée à voix haute, tandis que celle de midi ne l'est pas ? Pourquoi la fibre de la palme est-elle longue, la feuille de vigne ronde, et la feuille de bananier longue et large ? » Lorsqu'ils leur demandent la réponse, ils leur disent : « Vous êtes du nombre des initiés et des débutants ; or le débutant est comme un enfant qu'on nourrit de lait, puis après le lait de ce qui est plus fort. » Et ils leur disent : « Dieu n'a-t-Il pas dit : “Vous sont interdites la bête morte” 80 ? Or nous et vous ne mangeons la viande de la bête sacrifiée qu'après sa mort, et nous ne mangeons le poisson qu'après sa mort. Mais le sens de cela est que le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) est mort, et il est interdit d'appliquer sa Loi 81 ; il faut obéir à l'ordre du Puissant, notre Maître, qui est le Preuve de Dieu 82. Ceci est la science des élites. Mais les juristes ânes 83 et les gens de l'apparent 84 ne connaissent pas cela, parce qu'ils se sont détournés de leur imam, le saint de Dieu et la Preuve de Dieu sur Ses créatures. » Et ils disent à un autre groupe : « Vous n'avez pas d'obligation de prier tant qu'il y a dans le monde un ennemi qui vous empêche de vous établir sur terre, car Dieu dit : “Ceux qui, si Nous les établissons sur terre, accomplissent la prière, acquittent l'aumône, ordonnent le bien et interdisent le mal” 85. » Et ils disent à d'autres : « La prière est une personne 86, et la prière est un châtiment pour les gens de l'apparent. » Et ils élèvent les gens selon leurs degrés et leur capacité à supporter le doute et la perplexité. Ce sont les assemblées de l'élévation 87, comme cela est mentionné pour eux et prescrit dans le Septième Message 88 et la Loi Suprême 89. Puis ils élèvent ceux en qui ils ont confiance, en leur disant que rien ne leur est interdit : ni leur mère, ni leur fille, ni leur sœur, ni le vin, ni le porc, ni la fornication, ni la sodomie, ni l'usure, ni quoi que ce soit ; et qu'il ne t'est pas permis d'empêcher ton frère, qui est comme toi dans le Septième Message et la science cachée, d'avoir accès à ton épouse, car elle lui est licite comme elle t'est licite ; la communauté des épouses est comme la communauté de la nourriture, et le généreux est celui dont l'épouse est épousée en sa présence comme on mange sa nourriture en sa présence. Platon a dit : « La jalousie est une avarice dans la nature. » On dit à ces prédicateurs : « Vous avez accusé le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et ses frères parmi les prophètes d'être des menteurs, des imposteurs, avides de ce monde et de pouvoir. Or nous vous avons mentionné sa venue, sa biographie, une partie de ses signes et de ses preuves, et que tous les habitants de la terre l'ont combattu et ont cherché une faille en lui sans en trouver. S'il en était comme vous le prétendez, sa voie serait celle de vos imams. Vous connaissez le cas de Sa'îd 90, qui prétend être le fils d'al-Husayn ibn Muhammad ibn Ahmad ibn 'Abd Allah ibn Maymûn al-Qaddâh ibn Dayṣân ibn Sa'îd al-Ghaḍbân al-Khurramî 91, ainsi qu'Abû al-Qâsim ibn al-Abyaḍ al-'Alawî 92 et d'autres gens de cette prédication. Ils prétendent que ce Sa'îd n'est pas le fils d'al-Husayn, mais le fils de la femme d'al-Husayn, et que son père est un juif forgeron de Salamiyya 93 en Syrie. Al-Husayn, ayant épousé sa mère, l'a aimée pour sa beauté et sa perfection, et a aimé son fils Sa'îd. Il l'a élevé, instruit et formé selon ce qu'il aimait et choisissait. Sa'îd a accepté et appris de lui, connaissant ainsi l'état de cette prédication, ses hommes, ses secrets, ses prédicateurs, leur nombre et leur origine. La femme d'al-Husayn, mère de Sa'îd, était la fille d'Abû al-Shal'ala' 94, qui descend de 'Abd Allah ibn Maymûn al-Qaddâh. Elle donna à Sa'îd un fils qu'il nomma 'Abd al-Raḥmân. Puis Sa'îd se rendit à Sijilmâsa 95 au Maghreb, se fit appeler 'Ubayd Allah 96, prit le surnom d'Abû Muḥammad, et prétendit être originaire des environs d'Ahwâz 97, de ses notables et de ses chefs, et avoir fui avec son père l'injustice d'Amr ibn al-Layth 98. Il disait que leurs domaines dans la région d'Ahwâz étaient nombreux, et que les ressources lui parvenaient de là. Il disait à ceux en qui il avait confiance, au sujet de son fils 'Abd al-Raḥmân, qu'il était orphelin sous sa tutelle, qu'il était l'exécuteur testamentaire de son père, et que son père était des Gens de la Maison 99. Il usa de ruse envers al-Yasa' ibn al-Midrâr 100, émir de Sijilmâsa, et envers sa famille, par ses prétentions. Lorsqu'il fut bien établi et que la ruse lui fut facilitée par Abû 'Abd Allah al-Ḥusayn ibn Aḥmad ibn Zakariyyâ al-Kûfî 101, le prédicateur, il trahit les Banû Midrâr, qui l'avaient accueilli et bien traité, d'une trahison infâme. Abû 'Abd Allah lui dit : « Tes lettres et tes messages me parvenaient, disant que tu étais en bons termes avec les Banû Midrâr, que tu n'avais rencontré personne de plus généreux qu'eux, et pourtant tu les as tués sans en épargner un seul, jusqu'à tuer un de leurs enfants et à piller leurs biens et leurs femmes. » Il répondit : « Il en est comme je t'ai écrit, mais al-Yasa' ne m'a donné une cuillerée de miel sans qu'elle ne soit accompagnée d'une cuillerée de coloquinte 102. Quant à cet enfant, il m'a apporté un message grossier de son oncle Aḥmad ibn al-Midrâr. » Ce fut le premier de ses scandales, dont le récit détaillé est long. Il nomma son fils 'Abd al-Raḥmân al-Ḥasan, puis, lorsqu'il fut bien établi et régna, il dit : « C'est mon fils », le nomma Muḥammad, et lui donna le surnom d'Abû al-Qâsim. Lorsqu'il voulut partir de Sijilmâsa pour Kairouan et l'Ifrîqiya 103 au Maghreb, les Maghrébins, compagnons d'Abû 'Abd Allah, entrèrent pour décharger sa monture et trouvèrent des vêtements de soie et de brocart, des ustensiles en or et en argent, des eunuques byzantins et des traces de boissons fermentées. Ils en furent choqués en eux-mêmes, malgré la stupidité des Berbères, et interrogèrent Abû 'Abd Allah le prédicateur à ce sujet. Ils furent choqués parce qu'Abû 'Abd Allah avait vécu de longues années chez les Kutâma 104, les appelant au Mahdî 105 qui est la Preuve de Dieu, prétendant être son compagnon. Abû 'Abd Allah menait une vie ascétique, portait des vêtements grossiers et mangeait du bois 106, et leur promettait que le Mahdî ferait de même. C'est pourquoi ils furent choqués et interrogèrent. Abû 'Abd Allah leur dit : « Ces effets appartiennent à ses compagnons et à ses disciples » – et il avait avec lui de nombreux disciples. Ensuite, après avoir tué Abû Mûsâ Hârûn ibn Yûnus, le cheikh des cheikhs 107, Abû 'Abd Allah al-Ḥasan ibn Aḥmad ibn Zakariyyâ le prédicateur, son frère Abû al-'Abbâs Muḥammad ibn Aḥmad ibn Zakariyyâ, et Abû Zâkî Tammâm ibn Mu'ârik 108 – qui était parmi les grands shî'ites – après avoir tué ces gens et s'être établi au Maghreb, il confisqua les biens des riches et prit tout leur argent. Il envoya son fils, le nomma héritier présomptif et calife après lui, et l'appela al-Qâ'im 109. Celui-ci descendait avec les armées sur chaque ville, confisquait ses biens, détruisait ses forteresses et ses châteaux, prenait les armes et les marchandises, tuait les chefs, les notables, les juristes et les traditionalistes 110, prenait les ignorants parmi eux, leur donnait des fiefs et des biens, les autorisait à opprimer les gens de mérite, imposait des taxes et des impôts, et s'efforçait de faire disparaître les bienfaits et d'opprimer les musulmans par tous les moyens possibles, ce qui serait long à expliquer. Il envoyait chercher les juristes et les savants, et les égorgeait dans leurs lits. Il envoya chercher les Byzantins et les autorisa à attaquer les musulmans. Les shî'ites de Bagdad, comme les Banû Basṭâm, les Banû Abî al-Baghl, les Âl al-Furât 111, répandaient la rumeur que le Mahdî était apparu au Maghreb, qu'il ressuscitait les morts, se tenait au cimetière et appelait les morts qui sortaient de leurs tombes. Abû al-Ḥasan Muḥammad ibn Aḥmad al-Nasafî 112, leur compagnon au Khurâsân, rapporta cela à Naṣr ibn Aḥmad 113, et Abû Ḥâtim Aḥmad ibn Ḥamdân 114 rapporta la même chose à Rayy 115 à Asfâr ibn Shîrûya 116. Les traditions 117 du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et des Gens de sa Maison se multiplièrent, disant que le Mahdî apparaîtrait au Maghreb, posséderait toute la terre d'un bout à l'autre, et que son ordre et ses jugements s'imposeraient à ses habitants en l'an 300 de l'Hégire 118. C'est le sens du hadith sur le lever du soleil à son couchant 119. Que de sermons attribués au Commandeur des croyants 120 disant que son fils le Mahdî apparaîtrait du Maghreb et posséderait la terre en l'an 300 de l'Hégire, et que cela se trouve dans les Malâḥim 121 ! Les envoyés des Banû Basṭâm et d'autres shî'ites partirent pour le Maghreb : « Hâte-toi, car toute la terre est à toi ! » Le calife à Bagdad était alors Ja'far al-Muqtadir bi-llâh 122, un jeune garçon de douze ans, et ils l'avaient installé. Ses alliés et son entourage étaient ses shî'ites, les Âl al-Furât, les Banû Basṭâm, les Âl al-Qâsim ibn 'Abd Allah, les Banû Abî al-Baghl, les Karkhiyîn 123 et les Âl Nawbakht 124. Il envoya son fils en l'an 300 avec d'immenses armées de terre et de mer, croyant qu'il dominerait toute la terre à cause de ce qui a été mentionné, et à cause de ceux qui étaient au Khurâsân et à Bahreïn 125 parmi les gens de cette prédication. Il arriva en Égypte et l'assiégea en l'an 302. Or Abû Sa'îd al-Jannâbî 126 avait été tué à Bahreïn, et le scandale y avait éclaté. Al-Qâsim ibn Sîmâ al-Farghânî 127 le rencontra à la périphérie du Caire avec sept mille hommes, repoussa toutes ces armées, et le fils de 'Ubayd Allah retourna vers son père au Maghreb, déçu et vaincu. Les richesses furent perdues. Ses espions vinrent trouver les shî'ites mentionnés en Iraq, les réprimandant pour leurs espoirs et pour ce qu'avait fait al-Qâsim ibn Sîmâ al-Farghânî. Ils s'excusèrent et lui dirent : « Reviens. » Il renvoya son fils en l'an 307 avec encore plus de troupes par terre et par mer. Il assiégea l'Égypte pendant des années, et alors qu'il campait avec son armée près de l'eau, Thumal 128 le chambellan vint de Tarse avec dix-huit navires et les vainquit. Il retourna vers son père, déçu et vaincu. Puis il renvoya l'armée en Égypte, mais al-Muqtadir avait été tué, et il revint déçu et vaincu. Malgré cela, il sévissait contre les gens de Kairouan et de ses possessions au Maghreb par l'injustice, le meurtre des hommes, la confiscation des biens, et en s'en prenant aux juristes et aux savants. Il avait répandu ses prédicateurs dans ces régions, appelant les gens à lui et à l'obéissance, leur faisant prêter serment, et leur révélant de son affaire selon leurs intelligences et la capacité de chaque groupe. À certains, ils révélaient qu'il était le Mahdî, fils du Messager de Dieu et Preuve de Dieu sur Ses créatures ; à d'autres, qu'il était le Messager de Dieu et la Preuve de Dieu ; à d'autres encore, qu'il était Dieu, le Créateur, le Pourvoyeur. Lorsque les gens se plaignaient et montraient leur désapprobation, il faisait arrêter les prédicateurs, tantôt emprisonnant certains, tantôt les tuant, et disait : « Je n'ai pas ordonné cela. » Les prédicateurs disaient : « C'est son ordre, et nous avons agi sur son ordre ; il a le droit de nous éprouver. » Ses injustices, ses mensonges et ses scandales sont trop longs à raconter ; il régna un peu plus de vingt ans.

Lorsqu'il périt, son fils, dont il a été question précédemment, prit sa place et se fit appeler al-Qâ'im Amîr al-Mu'minîn 129. Son mal dépassa de loin celui de son père, et il insulta ouvertement les prophètes. Il faisait crier dans les marchés d'Ifrîqiya et d'al-Mahdiyya 130 — une ville que son père avait bâtie et fortifiée — : « Maudissez 'Â'isha et son époux 131 ! Maudissez la grotte et ceux qu'elle abrita ! » Il tua les juristes et les savants de façon atroce, et s'empara de la plupart des territoires du Maghreb que son père avait conquis. Car les pays du Maghreb sont vastes et immenses, semblables au Khurâsân par leur étendue et leur nombre d'hommes, et ils sont aux mains de plusieurs rois. Ils disaient de lui que c'était celui qui devait apparaître et posséder la terre, qu'il était le Hujja 132 et le Mahdî 133. Il écrivit à Abû Tâhir al-Qarmatî 134, établi à Bahrayn, le « septième message » et le « Nomos suprême » 135, qui est le secret de la prédication et sa réalité, et l'incita à tuer les musulmans, à brûler les mosquées et les exemplaires du Coran. Il avait déjà écrit cela du vivant de son père. Au début de son règne, son père disait : « Celui-ci est un orphelin sous ma tutelle, c'est un 'alawite 136 descendant d'Ismâ'îl ibn Ja'far ibn Muhammad. » Au début, il pensait que son règne ne s'établirait pas, mais lorsqu'il fut solidement installé et agit ainsi, il dit : « Celui-ci est mon fils, et il est 'alawite. » Décrire l'injustice, la cruauté et l'impiété de ce Qâ'im serait trop long ; il surpassa son père en cela. Ce prétendu Amîr al-Mu'minîn al-Qâ'im ibn al-Mahdî avait un fils nommé al-Qâsim, qui était lettré, poète et cavalier. Il le désigna comme successeur et déclara : « Celui-ci est l'imam Qâ'im 137 que j'ordonne de prendre comme successeur après moi ; écoutez-le et obéissez-lui. » Mais al-Qâsim mourut du vivant de son père, et l'on disait à Qayrawân : « Que les mensonges de ces Orientaux sont nombreux ! » En raison de l'injustice de cet homme, de ses meurtres et de ses confiscations de biens, un groupe de gens du Djabal 138 au Maghreb se rassembla autour d'un homme ibâdite 139 nommé Abû Yazîd Makhlad ibn Kaydâd, et lui prêtèrent serment. C'était un vieillard faible, incapable de se tenir à cheval à cause de sa faiblesse ; il montait un âne. Il avait un vizir aveugle qu'il consultait. Ce prétendu Qâ'im ibn al-Mahdî envoya contre lui une armée, mais Abû Yazîd la vainquit et la repoussa. La nouvelle se répandit parmi les gens qu'il combattait le mal, et ils se rassemblèrent autour de lui. Il partit du Djabal vers les villes, rencontra les armées et les vainquit toutes. Il entra dans Ifrîqiya, abolit l'injustice et les impôts illicites 140, et s'empara de tout ce que ces Qarâmita 141 possédaient au Maghreb, à l'exception d'al-Mahdiyya, qu'il assiégea, ainsi que de la Sicile et de Tripoli du Maghreb. Ce prétendu Qâ'im ibn al-Mahdî mourut pendant le siège, frappé de folie et perdant la raison à cause de l'humiliation qu'il subissait, de la mort de ses hommes, de la perte de son royaume et de la famine qui frappait ceux qui étaient restés avec lui dans al-Mahdiyya à cause du siège. Après lui, son fils Abû Tâhir Ismâ'îl lui succéda. Il promit aux gens de changer la conduite de son père et de son grand-père, de ne pas s'attaquer à leurs religions, et il jura cela, insista et prit des témoins. Il demanda l'aide d'Abû al-Husayn ibn 'Ammâr, qui lui conseilla ces mesures. Abû Yazîd Makhlad ibn Kaydâd avait régné cinq ans, ses armées s'étaient multipliées, mais sa situation se dégrada. Ses partisans affichèrent la religion ibâdite, ce que les gens détestèrent. Abû Tâhir Ismâ'îl sortit, le combattit, le surprit dans le désert, le captura, le livra et le crucifia. Il tint ses promesses envers les gens, fut juste et équitable. Il arrêta les prédicateurs 142 qui étaient avec eux, leur rasa la barbe et les exila. Il dit aux gens de Qayrawân : « Quiconque vous entendrez insulter les Compagnons du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — tuez-le, car je suis avec vous et derrière vous. » Il autorisa les traditionnistes 143 à transmettre les hadiths, les gens à accomplir les prières de tarâwîh 144, et autorisa les expéditions contre les Byzantins. Il les humilia, rendit la puissance aux musulmans et aux places frontières 145 sous l'autorité d'Abû al-Qâsim ibn Abî al-Hasan ibn 'Ammâr. Les places frontières restèrent aux mains de ses descendants jusqu'à ce jour ; ce sont des gens musulmans en qui il y a beaucoup de bien, et l'associationnisme 146 y est réprimé par eux. Leur conduite est bonne et bien connue. Ismâ'îl s'occupa des gens du Djabal, les tuant et les dispersant, de peur qu'un autre soulèvement comme celui d'Abû Yazîd Makhlad ibn Kaydâd ne se produise. Ismâ'îl demanda aux juristes de lui laisser un cercle d'étude 147 spécial dans la mosquée, où ses partifs s'assiéraient, et que ce cercle soit celui de Ja'far ibn Muhammad 148. Un groupe s'y installa, ne se mêlant pas aux juristes, et ils discutaient dans leurs cercles de Platon, Ptolémée et Aristote. Les gens dirent : « Ce sont des mécréants, des zindîqs 149 et des ennemis des prophètes. Comment ce cercle peut-il être celui de Ja'far ibn Muhammad ? La sincérité d'Ismâ'îl envers l'islam n'est pas pure ; il a seulement feint de revenir sur la conduite de son père et de son grand-père par peur de ce qui était arrivé. Ismâ'îl avait un frère nommé Yûsuf, qui étudiait les livres et interrogeait les savants ; il était vertueux. Il disait : « Nous sommes les enfants du Prophète, mais nous n'honorons que les ennemis des prophètes parmi les philosophes. Nos prédicateurs ne sont que des vils menteurs, enclins à toute turpitude. Si nous étions vraiment des descendants des prophètes et que nous aimions les prophètes, notre situation ne serait pas telle. » Puis il nommait les prédicateurs un par un et mentionnait leurs défauts. Parmi eux se trouvait Abû al-Aswad, qui épousa sa propre fille. L'histoire de ce Yûsuf est connue ; il mourut à Aydhâb 150 lors de son voyage vers l'Égypte. Je pense que ses descendants sont en Égypte jusqu'à ce jour. Ensuite, Ismâ'îl désigna son fils Abû Tamîm Ma'add comme successeur et héritier présomptif, et le surnomma al-Mu'izz li-Dîn Allâh 151. Ismâ'îl mourut en l'an 341 de l'hégire 152. Abû Tamîm lui succéda, suivit sa voie, fut doux avec les gens, s'affermit, et le Maghreb lui fut soumis sans que personne ne se rebelle. Son royaume s'étendit et il perçut les impôts. Puis il changea, rapprocha les prédicateurs, qui dirent : « Celui-ci est le Mahdî, c'est lui qui régnera, c'est le soleil qui se lève à l'Occident. » Il arriva que les Byzantins s'emparèrent des places frontières des musulmans — Tarse, Adana, al-Massîsa, 'Ayn Zarba et autres — durant son règne, et les occupèrent. Son avidité envers l'islam s'accrut, et les malheurs qui frappaient les musulmans le réjouirent. Il apprit qu'à Bagdad on avait écrit sur les mosquées la malédiction contre les califes du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, et il en fut transporté de joie, devint tyrannique et orgueilleux. Il projeta de conquérir l'Égypte, car il y avait là de nombreux partisans 153. Son souverain était un eunuque noir, affranchi des clients des Banû al-'Abbâs 154, et il dit : « Son intelligence est celle d'une femme ; les troupes qui l'accompagnent sont pires que lui, habituées au luxe, à la nourriture et à la boisson, sans expérience de la guerre. Les partisans qui s'y trouvent nous écrivent et minimisent l'importance de cet eunuque. Les places frontières ont disparu, il ne reste plus de pouvoir ni de royaume pour l'islam. Les Daylamites 155 en Iraq et dans les montagnes sont nos partisans et viennent de chez nous. » Ceux qui l'entouraient, comme le fils d'Abû al-Husayn ibn 'Ammâr, Ja'far ibn Fallâh ibn Marzûq, et Muhammad ibn Sulaymân, lui disaient : « Ô Commandeur des croyants, l'Égypte a épuisé vos hommes et vidé vos trésors ; vos pères y ont aspiré maintes fois sans réussir. » Les prédicateurs disaient : « Lorsque la Pierre Noire 156 aura disparu, notre maître al-Mu'izz li-Dîn Allâh possédera toute la terre. Entre nous et vous se trouve la Pierre Noire. Ce n'est pas comme les autres. Si nous ne possédons pas toute cette terre, alors tout ce que nous disons est faux. » Par « Pierre Noire », ils entendaient Kâfûr 157, l'eunuque noir, gouverneur de l'Égypte. Kâfûr mourut en l'an 356 de l'hégire 158. L'armée en Égypte se divisa. Leur commandant était Ibn 'Ubayd Allâh ibn al-Ikhshîd 159, un chiite qui avait adhéré à la prédication 160. C'était un homme faible et efféminé. Abû Ja'far ibn Nasr lui dit : « Ô émir, le Commandeur des croyants Abû Tamîm al-Mu'izz li-Dîn Allâh est pour toi comme un père. Les troupes convoitent ton pouvoir. Si tu veux, confie-lui l'affaire pour qu'il la gère pour toi, car il est plus avisé pour gérer les troupes et plus capable. » Il répondit : « Oui, par Dieu, je veux être débarrassé d'eux. » Puis il se tourna vers Abû Ya'qûb ibn al-Azraq, le secrétaire d'al-Anbâr 161, et lui dit : « Ô Abû Ya'qûb, ces troupes ont mis dans mon cœur une vermine comme celle-ci », en montrant son doigt. Ibn Nasr prit sa lettre pour Abû Tamîm à ce sujet. Abû Tamîm envoya son affranchi, un Romain nommé Jawhar 162, qui partit avec cent mille hommes. Il arriva en Égypte et y entra sans combat, sans effusion de sang et sans opposition, en l'an 358 de l'hégire 163. Il s'empara des trésors et des caisses publiques. L'émir d'Égypte, Abû Muhammad al-Hasan ibn 'Ubayd Allâh ibn al-Ikhshîd, partit et s'installa à Ramla. Ja'far ibn Fallâh sortit avec son armée, le surprit et l'envoya à Jawhar, qui le renvoya au Maghreb, auprès d'Abû Tamîm. Lorsqu'il arriva chez lui, Abû Tamîm lui témoigna joie et bienveillance, et dit : « Tu es mon fils, ma chair et mon sang. Je n'ai envoyé Jawhar que pour te soutenir et t'obéir. Par Dieu, mon fils, Jawhar n'était pas encore arrivé à Qalshâna 164 que j'avais déjà dépensé pour lui quatre millions cinq cent mille dinars. » Qalshâna est une étape à l'ouest d'Ifrîqiya. Ibn 'Ubayd Allâh crut que les choses étaient comme il le disait, et il se mit à calomnier Jawhar et les commandants qui s'étaient ralliés à lui parmi les Égyptiens, tels que Nihrîr al-Azghalî, Nihrîr Shawîzân, Shamûl, et d'autres commandants et émirs, chacun aussi riche que Qârûn 165. Al-Mu'izz écrivit à Jawhar de les arrêter ; il les trahit tous, les fit transporter au Maghreb, et confisqua leurs biens et trésors. Ils restèrent au Maghreb avec Ibn 'Ubayd Allâh ibn al-Ikhshîd, et on n'a plus entendu parler d'eux jusqu'à ce jour. Abû Tamîm Ma'add ibn Ismâ'îl arriva en Égypte en l'an 362 de l'hégire 166. Les Qarâmita d'al-Ahsâ' 167 percevaient de lui un tribut et une capitation sur ses domaines et ce qu'il possédait. Il cessa de le leur verser, devint arrogant envers eux et envers tous les gens grâce à sa possession de l'Égypte. Jawhar, lorsqu'on lui mentionna les Qarâmita d'al-Ahsâ' et le tribut qu'ils lui imposaient, dit : « Qui sont ces chiens ? Maintenant, j'enverrai les Kutâma 168 à al-Ahsâ', ils attacheront leurs montures à leurs portes et les réduiront en esclavage. » Al-Mu'izz s'enferma en Égypte, de sorte que seuls quelques-uns de ses intimes pouvaient l'approcher. Il déploya des espions, des informateurs et des hommes et femmes de confiance parmi le peuple pour connaître leurs nouvelles — celles des troupes et du peuple — et ils les lui rapportaient. Ils répandaient parmi le peuple des rumeurs qu'il leur ordonnait. Son isolement dura si longtemps que les gens murmurèrent qu'il était mort, alors qu'il s'adonnait aux plaisirs, aux aliments qui engraissent et font grossir, et aux onguents qui purifient la peau et embellissent le teint et l'apparence. Puis, après une longue période, il apparut aux gens, assis sur un tissu de soie superbe, vert et doré, avec un turban du même tissu, et sur son visage des bijoux et des rubis qui brillaient comme des étoiles. Il fit croire qu'il avait été absent dans le ciel, que Dieu l'avait élevé à Lui. Il racontait ce que ses informateurs lui rapportaient pendant sa retraite, laissant entendre que Dieu lui avait dévoilé ces mystères, mais en termes généraux sans détails, disant : « Des gens ont dit ceci, des gens ont dit cela, des gens ont décidé ceci. » Il répandit par ses espions des rumeurs selon lesquelles il avait été dans le ciel, que Dieu l'avait invité et élevé à Lui. Les cœurs du vulgaire et des ignorants furent remplis de cela, et ils le crurent, ainsi que tout ce qu'il promettait et menaçait concernant la possession de toute la terre.

Et voici qu'arriva en Iraq Abū 'Alī al-Ḥasan ibn Aḥmad ibn Abī Sa'īd al-Jannābī, venant d'al-Aḥsā' avec une armée, alors que le sultan à Bagdad était Abū Manṣūr Bakhtiyār ibn Mu'izz al-Dawla. Ce Qarmate Abū 'Alī lui demanda de lui obtenir un pacte et un étendard de la part du calife al-Muṭī' li-Llāh pour la gouvernance de la Syrie et de l'Égypte, et leur dit : « Je connais mieux que vous cet imposteur Abū Tamīm, je connais ses origines, sa filiation et les impostures de 'Abd Allāh ibn Maymūn al-Qaddāḥ et de ses descendants ; je le repousserai jusqu'aux confins du Maghreb et le renverrai d'où il est venu. » Le calife al-Muṭī' li-Llāh dit à Bakhtiyār, qui lui avait demandé cela : « Je ne ferai pas cela. Ce sont tous des Qarmates, et ceux-ci ont tué les pèlerins à La Mecque. S'ils se repentent de cela, se désavouent de ceux qui l'ont fait, et cessent de se faire appeler les seigneurs et leurs gouverneurs, [je le ferai] ; sinon, je ne le ferai pas. » Cela pesa à Abū 'Alī, qui reconnaissait ses manquements, se désavouait des actes de ses frères et de ses cousins paternels, de la part d'Abū Sa'īd, d'Abū Ṭāhir et d'autres de ses ancêtres, et se mit à s'excuser pour ce qu'ils avaient fait avec de longues justifications, disant qu'ils n'avaient pas agi ainsi par hostilité envers l'islam ni par sortie de l'obéissance aux califes abbassides. Mais al-Muṭī' n'accepta pas cela et persista dans son refus. La soumission de cet Abū 'Alī se prolongea sans qu'al-Muṭī' leur réponde. Alors Bakhtiyār ou un autre lui suggéra d'aller et de prétendre qu'al-Muṭī' l'avait investi, et on lui dit : « L'armée qui est avec toi est ta troupe, ta famille, tes partisans, et c'est de ton argent que tu les entretiens ; tu ne dois pas espérer qu'al-Muṭī' te donne quoi que ce soit en argent ou en soldats. » Il accepta cela. Son désir d'obtenir l'investiture d'al-Muṭī' n'était que pour que le peuple en Syrie et en Égypte l'accepte. Quand al-Muṭī' ne lui répondit pas favorablement, il se confectionna lui-même des étendards noirs et des bannières, et y inscrivit : « al-Muṭī' li-Llāh, Commandeur des croyants », et en dessous : « Les seigneurs revenus à la vérité », puis il marcha vers la Syrie. Il rencontra les armées d'Abū Tamīm, les combattit, les tua, tua leur chef Ibn Falāḥ et ses partisans, s'empara de la Syrie, établit l'invocation pour al-Muṭī' et pour les califes abbassides, manifesta leur glorification et l'obligation de leur obéissance, et se mit à maudire Abū Tamīm, mentionnant ses ancêtres un par un, [disant] qu'ils étaient issus d'al-Qaddāḥ, et qu'ils n'avaient jamais été que des menteurs imposteurs, ennemis de l'islam, suivant les voies des zindīqs 169. Abū Tamīm s'était retranché avec ses armées en Égypte, et pourtant il lui offrait en tribut et en impôt plus que ce qu'il prenait auparavant. Al-Ḥasan lisait ses livres devant les gens et y exposait son incapacité et ses impostures. La peur d'Abū Tamīm à son sujet alla jusqu'à ce qu'il fortifie sa ville en Égypte, celle qu'ils appellent al-Qāhira, en consolida le rempart, le renforça, creusa son fossé et l'approfondit. Al-Ḥasan faisait proclamer ce qu'Abū Tamīm divulguait de leurs turpitudes pour inciter les gens contre lui, et lui, en Syrie, proclamait leurs turpitudes et leur hostilité envers l'islam, comme cela est mentionné dans ses livres et ses poèmes contre eux. En raison de l'abondance de ce qu'il dit et exposa à ce sujet, Abū Bakr al-Nābulusī, le chef des juristes en Syrie, dit : « Combattre ceux-ci est plus méritoire que combattre les Byzantins ; guerroyer contre ceux-ci est plus méritoire et plus obligatoire que guerroyer contre les Byzantins, car les Byzantins sont gens du Livre, tandis que ceux-ci sont des mécréants associateurs, non gens du Livre ; ils sont plutôt les ennemis de tous les prophètes et de tous les livres qu'Allah a révélés. Les Byzantins ne cachent pas leur religion, mais divulguent ce à quoi ils appellent, tandis que ceux-ci dissimulent le polythéisme et trompent les gens en manifestant le tashayyu' 170. » Al-Ḥasan marcha jusqu'à camper devant le fossé d'al-Qāhira, assiégea Abū Tamīm et faillit s'emparer de lui. Alors Abū Tamīm offrit des richesses à Ibn al-Jarrāḥ al-Ṭā'ī, qui était encore en vie et avait une nombreuse tribu ; celui-ci trahit al-Ḥasan, prit son camp par-derrière, l'occupa de lui-même, et gâcha son plan. Al-Ḥasan se retira du fossé et prit la fuite avec ceux qui l'accompagnaient. Abū Tamīm rattrapa les fuyards parmi les partisans d'al-Ḥasan, les captura, ainsi que les suivants de l'armée et les gens du marché dans le camp. Il envoya [des gens] en Syrie, captura Abū Bakr al-Nābulusī le juriste, et l'interrogea sur ce qui lui était parvenu de lui et sur la fatwa qu'il avait émise. Il l'avoua et lui dit des choses encore plus graves. Alors il ordonna de l'écorcher vif, et il fut écorché. C'est une coutume chez eux d'écorcher vifs les musulmans ; Sa'īd et d'autres avaient déjà fait cela. Il captura ceux des Qarmates d'al-Aḥsā' qu'il put trouver, les honora, leur fit des présents, leur donna des robes d'honneur, les réprimanda, puis les renvoya honorés à al-Aḥsā'. Abū Tamīm garantit à Ibn Manjā le Qarmate, le compagnon d'al-Ḥasan, des sommes d'argent pour lui seul, jusqu'à ce qu'il réconcilie entre lui et al-Ḥasan et les gens d'al-Aḥsā'. Ibn al-Manjā lui en fit la garantie. Il était parmi les prisonniers ; il le libéra ainsi que d'autres captifs. Ils partirent et firent la paix entre eux. Ils acceptèrent l'argent et le tribut d'Abū Tamīm, et il le leur fit parvenir chaque année. Ainsi ils cessèrent de l'attaquer, et ils le reçurent de lui durant sa vie jusqu'à sa mort, et ils le reçurent de son fils, celui qui se faisait appeler al-'Azīz, à savoir Nizār Abū al-Manṣūr ibn Ma'add, jusqu'à ce que al-Aṣfar al-'Uqaylī assiégea les Qarmates à al-Aḥsā' et tua ceux qui en sortaient. Jusqu'à présent, aucune troupe ne sort de chez eux par peur d'al-Aṣfar. Nizār ibn Abī Tamīm se hâta d'offrir à al-Aṣfar de nombreux et précieux cadeaux, lui fit parvenir d'immenses richesses, et lui demanda d'envoyer auprès de lui un homme de confiance. Al-Aṣfar envoya le fils de sa sœur ; Nizār lui fit le plus grand honneur, le fit monter sur une selle en or, fit marcher des chevaux devant lui, lui donna des richesses, à condition qu'il appelle son oncle à entrer dans leur prédication, et qu'il lui cède de grandes contrées en terre de Syrie. Mais un homme parmi les compagnons d'Abū Ḥanīfa, nommé Abū Bakr Muḥammad ibn Muḥammad al-Nīsābūrī, qui était avec al-Aṣfar, l'en empêcha, lui disant : « Ne te laisse pas tromper par ce que Nizār manifeste, qu'il est musulman et qu'il appelle à l'islam et à la vérité ; car il est pire que ces Qarmates d'al-Aḥsā', et ils sont la source de la corruption qui a frappé l'islam. Prends les richesses qu'ils t'ont données, car ce sont des cadeaux qu'ils t'ont offerts et par lesquels ils ont commencé. » Alors al-Aṣfar envoya à Nizār en réponse au message : « Je ne te répondrai pas favorablement à ce que tu as proposé comme concession en Syrie avant d'en avoir fini avec al-Aḥsā' et ses habitants, et de te faire savoir ce que j'ai en tête. » On dit à ces prédicateurs : « Vous vous êtes consacrés à insulter le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, vous avez multiplié les critiques contre ce qu'il a apporté, et vous vous êtes étonnés de ceux qui le suivent et persévèrent dans sa religion, sans que vous trouviez en lui un mensonge, une faute ou une erreur, comme n'en ont trouvé vos prédécesseurs parmi ses ennemis avant vous. S'il était comme vous le prétendez, il serait démasqué comme vous l'êtes à chaque instant par des turpitudes innombrables. Si vous faisiez usage de la réflexion, de la méditation et de la considération, vous connaîtriez sa véracité et sa prophétie, et votre connaissance à son sujet augmenterait par rapport à celle des autres. Car, malgré votre dissimulation au début de votre affaire à son sujet, que la prière et la paix soient sur lui, votre manifestation de l'attachement à sa Loi et de l'appel au Mahdī issu de sa descendance, malgré les pactes et les serments que vous avez pris de cacher ce que vous divulguez aux gens, malgré le fait que vous soyez dans les régions éloignées et les déserts, lieux d'ignorance et d'insouciance au Maghreb, et malgré votre évitement des gens intelligents, des lettrés et des gens de recherche et de réflexion, vous vous êtes couverts de ces turpitudes. S'il était menteur et imposteur comme vous le dites, son sort serait le vôtre. » Ils dirent : « Quand les vérités se manifesteront et que nous nous trouverons avec ceux qui ont réfléchi et considéré, nous reconnaîtrons que nous sommes dans l'erreur et l'imposture, et que nous avons été ridiculisés quand nous avons été appelés, et que nous nous sommes moqués des gens par le tashayyu', et que nous les avons trompés comme nous avons été trompés ; il n'y a ici que des imposteurs. » Nous dîmes : « Quant à vous, vous avez dit vrai sur vous-mêmes, et vos turpitudes sont établies. Apportez donc de sa part, que la prière et la paix soient sur lui, une faute, une erreur ou un mensonge, pour qu'il soit dans une situation semblable à la vôtre. Car vous et ceux qui vous ont précédés ne trouvez rien de tel et n'y parvenez pas. » Al-Zanjānī le juge, qui était un de leurs chefs et avait des disciples, des scribes et des chefs, dit : « Où donc est le poème par lequel il a été satirisé ? » On lui dit : « Dans le poème par lequel il a été satirisé, il y a l'accusation contre lui d'être menteur et sorcier, comme toi et tes semblables l'accusez. Et dans le Coran, il y a plus de ce dont ils l'ont accusé que dans le poème de ces poètes : l'accusation contre lui d'être sorcier et devin, et d'avoir copié des légendes des Anciens, aidé en cela par d'autres gens. Or, nul n'est menteur par l'accusation de ses adversaires, comme nul n'est prophète par la prétention de ses partisans. On n'est prophète que par la preuve, comme nous l'avons exposé, et on n'est menteur que si l'on montre ses mensonges et ses ruses, et qu'on les mentionne et les détaille, comme nous avons indiqué vos mensonges, vos ruses et vos turpitudes, et les avons exposés en détail. » Nous mentionnons ce Zanjānī le juge parce qu'il est important parmi eux, et parmi ses disciples se trouvent Zayd ibn Rifā'a le scribe, Abū Aḥmad al-Nahrajūrī, al-'Awqī, et Abū Muḥammad ibn Abī al-Baghl le scribe astrologue. Ceux-ci sont à Baṣra, encore en vie, et d'autres ailleurs. Parmi ce à quoi ils recourent et dont ils se réjouissent, et qui est pour eux le plus grand argument, ils disent : « Nous avons dit à Abū Tamīm : 'Ô Commandeur des croyants, Ibn Rizām a pris connaissance du secret de la prédication et en a connu les principes.' Il dit : 'N'est-ce pas qu'avec cela nous sommes devenus un groupe et avons une doctrine ?' Ils dirent : 'Si nous sommes dans l'erreur et avons plus de ruses, de turpitudes et de mensonges que ce qu'en a connu Ibn Rizām, et plus que ce qu'en ont connu ceux après lui, et malgré cela nous sommes devenus un groupe, nous avons un royaume, et une multitude de gens nous suivent, prétendant que nous avons des miracles, des signes et des preuves, et que notre maître est le Mahdī et le Preuve d'Allah sur Sa création, bien que cela n'ait aucun fondement, alors notre affaire est la preuve la plus évidente du mensonge de quiconque prétend à la prophétie, que les gens lui obéissent, et qu'il ait un groupe, une doctrine et une Loi.' » Abū Tamīm dit un jour : « Que ce qu'a fait Ibn Rizām ne vous effraie pas ; la terre ne contient pas deux cents hommes qui connaissent cela. Profitez donc de la recherche du pouvoir, car les gens sont dans l'insouciance. Quand vous aurez dominé les gens, vous tuerez ceux qui connaissent le secret de votre doctrine. » Ils dirent : « Et voici Nizār, on prêche pour lui dans les deux sanctuaires et lors des pèlerinages, et on proclame dans les deux sanctuaires : 'Le Commandeur des croyants, al-'Azīz Nizār, maître des signes, des marques et des miracles.' Personne ne le désapprouve. On ne connaît de lui comme miracles que la vente de vin, l'établissement de maisons de prostituées et de proxénètes, la sodomie et la perception d'impôts illicites. Si vous nous dites : 'L'épée a réduit les gens au silence quant à la désapprobation', nous disons : 'Tel fut le cas de ceux qui nous ont précédés, pour lesquels vous avez prétendu la prophétie.' » On leur dit : « Bien que vous soyez dominateurs et victorieux, et que vos ruses sur les gens soient parfaites, vous ne sortez pas du fait d'être dans l'erreur et démasqués, même si peu connaissent vos turpitudes. Et s'il n'y avait pas un seul homme parmi tous les gens qui s'occupe de rechercher vos défauts, vous ne sortiriez pas du fait d'être dans l'erreur et démasqués. Même si tout homme sensé sur terre voulait connaître vos turpitudes et comment votre affaire a commencé, il le saurait ; s'il le cherchait, il le trouverait et l'embrasserait du début à la fin. Ce n'est pas la perfection de vos ruses sur ceux que vous avez trompés et dont vous vous êtes moqués qui fait de vous des gens de vérité, même si vos ruses s'étendaient à tous les habitants de la terre, et même si votre peur et votre épée les réduisaient au silence. Il en est comme l'a dit un conseiller aux rois injustes : 'Si vous pouvez sceller les bouches des hommes, vous ne pouvez pas rendre la laideur belle. Si vous dominez les gens sur ce qu'ils possèdent, vous ne les dominez pas sur leurs esprits.' Ainsi, votre victoire, la perfection de vos ruses et les recommandations d'Abū Tamīm ne produisent que longue misère et honte permanente, qui réduit au silence les premiers et les derniers d'entre vous. Vous n'êtes en cela que comme quelqu'un qui a trompé un homme, a fait un pacte avec lui et lui a fait de grands serments qu'il était parmi les plus sincères conseillers, jusqu'à ce que l'homme ait confiance en lui et le prenne pour confident de sa personne et de ses biens. Puis il se jeta sur lui, le tua et s'empara de ses biens. Ensuite, il se mit à se vanter de ce qu'il avait acquis et possédé. On lui dit : 'Bien que tu sois parvenu à cela, tu ne sors pas du fait d'être menteur et traître.' Et votre parole :

Celui qui prétend à la prophétie en notre temps, dans le faux, et la parole de votre chef : « Ce qui corrompt les affaires des gens, ce sont trois choses : un berger, un médecin et un chamelier ; et le plus exaspérant pour nous est le chamelier 171 », car il a corrompu le reste des gens. Ils entendent par le berger Moïse, par le médecin Jésus, et par le chamelier Muhammad – que les prières de Dieu soient sur eux tous. Avez-vous donc autre chose que la prétention, le mensonge à leur sujet et la colère contre eux ? Considérez l'affaire de celui qui vous exaspère le plus : son alliance est la plus proche, ses signes les plus évidents, et c'est ce que nous vous avons mentionné du Coran, qui contient la preuve la plus complète. Et ce qui vient à la manière du Coran contient une preuve supplémentaire. Ils trouvent son commencement comme sa fin, son apparent comme son caché, son secret comme sa publicité. Comment Dieu pourrait-il déshonorer ceux qui l'attaquent, parmi les premiers et les derniers, sans que sa preuve ne devienne plus forte et son argument plus lumineux ? Considérez votre commencement et votre fin, votre apparent et votre caché : vous trouverez cela au comble du déshonneur. Car, au début de votre affaire et dans son apparent, vous appelez à lui et à l'attachement à sa Loi, mais le caché de votre affaire est contraire à cela. Vous n'avez pas tardé à être déshonorés de ces déshonneurs. Ensuite, si vous aviez dit la vérité aux gens au sujet de votre appel et que vous le leur aviez dévoilé, comme le fit le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dans ce à quoi il appelait, et les prophètes avant lui, aucun musulman, juif, chrétien ou mage ne vous aurait suivis, et personne qui reconnaît la Seigneurie ne vous aurait suivis. Votre affaire est le témoin le plus véridique de l'intégrité de la prophétie, exempte de tout défaut. Vous avez abandonné cela et dit : « Laissez-nous cela et occupez-vous de ce qui nous a réussi et de ceux que nous avons trompés, même si nous sommes déshonorés. » Nous n'avons pas dit que personne ne peut être dupé, ni que personne ne suit le faux. Autrefois, lorsqu'ils promettaient aux gens la sortie rapide du Mahdi 172 et que cela manquait au terme qu'ils avaient mentionné, ils disaient à celui qui s'impatientait et demandait : « N'avez-vous pas dit que le soulagement serait cette année ? Nous n'avons vu aucun soulagement. » Ils lui répondaient : « Demande pardon à Dieu et repens-toi à Lui, car c'est de la mécréance. » Et ils récitaient la parole de Dieu : « Ils t'interrogent sur l'Heure : quand viendra-t-elle ? Dis : Sa connaissance est auprès de mon Seigneur 173 » et comme Sa parole : « Dieu détient la connaissance de l'Heure 174 ». Alors ce désespéré restait perplexe, avec des serments autour de son cou qui l'empêchaient de se plaindre et de rencontrer les savants, craignant aussi ce dont ils l'avaient menacé : que Ja'far ibn Muhammad 175 avait dit : « Quiconque divulgue notre secret, Dieu lui fera goûter la chaleur du fer en ce monde et le Feu dans l'au-delà. » Parfois ils disaient : « Dieu s'est fâché contre les habitants de la terre, et Il a décidé de le manifester au moment où Il avait promis qu'Il le manifesterait. Dieu retarde ce qu'Il avance et avance ce qu'Il retarde. » Leurs réponses varient selon ce qu'ils voient chez le questionneur : intelligence ou stupidité, pauvreté ou richesse, puissance ou humiliation. Ils dissimulent leurs déshonneurs par toutes sortes de ruses. On leur dit : Votre parole : « Dieu a retardé sa sortie par rapport au temps qu'Il avait fixé à cause des péchés des serviteurs et de Sa colère contre eux » – tout cela est moquerie et déshonneur pour vous. Car Dieu – qu'Il soit exalté – ne punit pas Ses serviteurs en manquant à Ses promesses et en rendant mensongères Ses informations. Si Dieu dit qu'Il fera telle chose à tel moment, ou qu'untel fera telle chose à tel moment, cela se produit comme Il l'a informé et comme Il l'a dit, au moment qu'Il a dit, sans avance ni retard. Car Il est, qu'Il soit exalté, savant par Lui-même, Il n'a cessé d'être ainsi et ne cessera, Il sait ce qui sera avant que cela ne soit, et ce qui ne sera pas, et comment cela serait si cela était. Quant à votre parole : « C'est une chose sur laquelle Dieu a changé d'avis 176 », le changement d'avis ne peut s'appliquer qu'aux créatures et à celui qui ne connaît pas les conséquences. Quant au Connaisseur de l'invisible, qui sait ce qui sera avant que cela ne soit, les changements d'avis ne L'atteignent pas. Mais Dieu – qu'Il soit exalté – a dévoilé aux serviteurs votre mensonge et a montré par cela vos déshonneurs. Vous avez donc attribué votre mensonge à votre Seigneur et vous vous êtes disculpés vous-mêmes. [À propos de certains doutes soulevés par les Batinites 177 concernant les hadiths du Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – et un commentaire étendu sur le traitement médical, les remèdes et leur utilisation] Parmi ce sur quoi ils interrogent : ce qui est rapporté dans la tradition de sa parole – que Dieu prie sur lui et le salue : « Une maison où il n'y a pas de dattes, ses habitants ont faim 178 ». Or, dans la demeure de notre maître le Puissant, personne ne mange de dattes ni ne les désire, et ils ne sont pas affamés mais rassasiés. Nous disons : Lui – que Dieu prie sur lui et le salue – et ses Compagnons à qui il a dit cela savaient bien qu'il existe de nombreuses nations qui ne trouvent pas de dattes, parmi lesquelles certains ne les désirent pas et sont rassasiés. Il visait par cela les habitants de Médine et leurs semblables dans les pays de palmiers, les gens qui mangent des dattes et dont la nourriture est les dattes. Il les incitait donc à planter des palmiers pour nourrir leurs familles. Cela fait partie des questions des gens de la déception et de la faillite. Parmi ce sur quoi ils interrogent : ce qui est rapporté dans la tradition de sa parole – que Dieu prie sur lui et le salue : « La guérison est dans une cuillerée de miel, une saignée, ou un verset du Livre de Dieu 179 », et sa parole : « La truffe est de la manne, et son eau est un remède pour l'œil 180 ». Ils disent : Si nous donnions du miel à un fiévreux ou à un malade de la pleurésie, nous lui nuirions et peut-être le tuerions, de même pour celui qui a la jaunisse. Si nous saignions un paralytique, un épileptique ou un atteint d'humidité, cela lui nuirait et le rendrait malade. Ils disent : On peut réciter tout le Coran sur un malade sans qu'il guérisse, et peut-être meurt-il. Et les gens ne connaissent pas, parmi les remèdes pour l'œil, la truffe. Nous disons : Le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – n'a pas dit : « Il n'y a de remède que ceci » ni « Il n'y a de guérison que dans ceci ». Il a seulement dit : « Dans ceci il y a guérison », et il a dit vrai. Car les gens trouvent dans le miel, parmi les remèdes, les aliments et les nourritures, une utilité générale qu'on ne peut nier. Dans la saignée, il y a une grande guérison pour beaucoup de créatures. Le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – n'a pas ordonné cela pour toute maladie, ce qui donnerait prise à la critique. Il a dit : « Que contiennent les deux choses comme guérison : la patience et la difficulté 181 ? » Il a mentionné la guérison dans beaucoup de choses, fruits et plantes, dont l'exposé serait long. Il a interdit de manger beaucoup de choses dans certaines maladies, et a interdit au malade de l'œil de manger des dattes, etc. Parmi ce qui est rapporté de lui – que Dieu prie sur lui et le salue – et dont l'exposé serait long, si l'on n'est pas un médecin traitant, on ne trouve pas de mensonge dans sa parole, vu la multitude de ce qu'il a dit. Il savait, lui et ceux à qui il disait cela, ce qu'il voulait dire : que les gens se soignent avec ces choses, et malgré cela ils meurent et vieillissent. De plus, ces remèdes ne produisent pas la guérison, ils ne produisent rien du tout, car l'action ne vient que du Vivant, du Puissant, et ces remèdes sont inertes. La guérison n'est produite que par Dieu – qu'Il soit exalté – et Il la produit parfois sans remède, et Il produit la maladie malgré le traitement. Mais Il a établi la coutume de produire la guérison lors du traitement dans certaines circonstances et à certains moments, pas à d'autres, comme Il fait pousser la plante lors de la semence et de l'arrosage, et parfois ne la fait pas pousser malgré cela, et Il fait pousser ce que les serviteurs n'ont pas cultivé. Il a établi la coutume de la guérison des maladies diverses et opposées par un seul remède : le Coran. Les gens n'avaient autrefois d'autre remède que lui, au point qu'on ne peut compter ceux que Dieu a guéris par lui, tant ils sont nombreux. Seul Dieu peut les compter. Ils avaient honte devant Dieu de décrire leurs maladies aux médecins et aux créatures, bien que cela fût permis, car ils savaient que la maladie et la guérison viennent de Dieu, que nul autre ne les produit et que nul autre que Lui n'en est capable. Ils ne se plaignaient donc qu'à Lui, ne connaissaient ni l'urine ni la nature. Lorsque Abou Bakr as-Siddiq – que Dieu l'agrée – tomba malade, on lui dit : « N'appellerons-nous pas un médecin pour toi ? » Il dit : « Non, c'est le Médecin qui m'a rendu malade 182. » Lorsque ar-Rabi' ibn Khaytham 183 tomba malade, on lui dit : « N'as-tu pas consulté un médecin ? » Il dit : « J'ai voulu le faire, puis je me suis souvenu de 'Ad et des générations passées : ils avaient des médecins, ils sont morts, et les médecins sont morts. » Al-Hasan 184 dit : « J'ai connu des gens qui, par Dieu, ne connaissaient ni le myrobolan ni le télij 185. » Et cette eau de Zamzam 186 est épaisse, et elle est pour ce pour quoi on la boit. Si l'on rassemblait tous ceux que les médecins ont traités et qui sont morts de leur traitement, ils ne seraient pas plus nombreux que ceux à qui Dieu a accordé la guérison de leur maladie en buvant seulement l'eau de Zamzam. De plus, cette seule eau convient aux maladies diverses, opposées et différentes. Ce que nous avons affirmé au sujet du Coran et de l'eau de Zamzam est ce que pratiquaient les Compagnons à la première époque, puis ceux qui les ont suivis, puis ceux qui les ont suivis, jusqu'aux successeurs des successeurs et ceux après eux. Quiconque a entendu leurs récits et examiné leurs biographies le sait. Beaucoup de gens, dans les pays de l'Islam, suivent leurs méthodes : ils se soignent par le Coran et par l'eau de Zamzam pour des maladies diverses. Peut-être objectent-ils en entendant notre discours : « On donne souvent la thériaque 187 pour des maladies diverses. Si c'était comme vous le prétendez, cela renforcerait ce que nous disons, mais on ne trouve guère cela dans leurs remèdes et leurs mixtures comme les gens l'ont trouvé dans le Coran et dans l'eau de Zamzam. » Quant à leur parole : « Parmi les remèdes pour l'œil, il n'y a pas l'eau de truffe », c'est la parole de quelqu'un qui ne connaît ni la Seigneurie, ni la coutume, ni la médecine, ni les médecins. Car les remèdes des nations sont différents et non concordants : la médecine indienne diffère de la médecine arabe, la médecine byzantine diffère de la médecine persane, la médecine des citadins diffère de celle des villageois, la médecine des bédouins, des montagnards, des habitants des tentes de poil et de laine diffère de celle des villageois. Hunayn ibn Ishaq 188 a écrit un livre où il mentionne beaucoup de remèdes que ni Hippocrate ni Galien ne connaissaient et qu'ils n'ont pas mentionnés, parmi lesquels la variole et la rougeole. Ils prétendent qu'ils ne les connaissaient pas, au point que Ibn Zakariyya ar-Razi 189 a dit : « Il semble qu'il les ait connus. » Car il a dit : « Les lentilles sont bonnes pour l'ébullition du sang. » On lui dit : « C'est ainsi que tu penses, ô Ibn Zakariyya ? » Si l'on dit : « De telles maladies effrayantes, générales, universelles, dont presque personne n'échappe, au point qu'elles atteignent même certains animaux, et qui sont graves, ne se limitent pas, de la part de Galien, d'Hippocrate et de la médecine byzantine et grecque, à cette mesure, malgré l'abondance des propos de Galien dans ses livres sur la description des maladies, du malade et de ceux qui les ont traités. » Beaucoup de régions du Khorasan 190 soignent les fièvres aiguës avec de la viande, du rôti et de l'aspic 191, qui est pour eux la guérison. Les habitants de Hérat, de Qaïn et des environs soignent les fièvres en faisant fondre de la graisse de queue et des graisses, les boivent chaudes et s'en soignent. Les habitants de Nishapur 192 utilisent derrière eux, pour les fièvres, du beurre clarifié. Les habitants du Tabaristan 193 soignent les maladies avec de l'ail en hiver et en été, disant : « Il est chaud en hiver et froid en été. » Les habitants des montagnes de Fars 194 soignent les fièvres avec des poussins et ne contestent pas qu'ils soient froids. Même beaucoup de remèdes sont utiles à un moment, puis ne le sont plus ensuite, devenant même une maladie mortelle, pour la seule raison qu'ils les ont trouvés ainsi. Ne vois-tu pas que Galien traitait les ulcéreux et ceux qui avaient un ulcère dans la poitrine, une toux et une fièvre hectique 195 avec du poivre, du gingembre et autres semblables ? Cela, chez d'autres, à cette époque, pour ces maladies, fait partie des maux mortels.

Il fut un temps, à Bagdad, à l'époque de Mūsā ibn Sinān, d'Ibrāhīm ibn Baks — père d'Ibn Baks, ce médecin aveugle —, d'al-Ḥasan le Juif et de leurs semblables parmi les médecins habiles de Bagdad, alors à son apogée, ces gens étant attachés aux hôpitaux 196 et au service des rois. Survint alors la lèpre 197, qui se répandit. Mūsā ibn Sinān dit à Ibrāhīm ibn Baks : « Prends, ô Abū Isḥāq, cent de ces lépreux pour ton scalpel 198 et partagez-les entre vous. » Ibn Baks raconta : « Je recourus alors, pour les traiter, aux remèdes de Galien et à ses prescriptions. Or, je n'en soignai aucun sans qu'il ne mourût ; les cercueils ne cessèrent de défiler jusqu'à ce que soixante d'entre eux fussent morts. Je cessai alors de traiter les quarante restants, et aucun d'eux ne mourut. » Le livre connu sous le nom d'al-Maymar 199 de Galien, qui est son épée et ses expériences avec lesquelles il soignait les malades, les médecins ne l'approchent pas et ne soignent personne avec lui. Il en va de même pour une grande partie de ses livres 200. Or, Abū al-Ḥasan ibn Zahrūn al-Ṣābi'ī al-Ḥarrānī, l'unique médecin de Bagdad et son chef, critiquait Galien dans l'art de la médecine et le traitait d'ignorant, en raison de ce que nous avons mentionné de son traitement. Et Abū al-Ḥasan ibn Nafīs 201, l'un des chefs des médecins (et qui était le maître d'Ibn Baks), ainsi que d'autres, excusaient Galien en disant que les remèdes ne suivent pas une règle unique, et qu'ils peuvent être bénéfiques pour certaines maladies à une époque, puis nuisibles pour ces mêmes maladies à une autre époque. Ils disaient : « Considérez ce que nous avons constaté durant les années 330 et quelques 202, lorsque la famine et la cherté survinrent à Bagdad, que la plupart des gens manquèrent de nourriture, devinrent malades, abandonnés sur les routes, sans remède ni aliment, tandis que nous fréquentions les riches et les rois, les soignions, leur prescrivions des pommes de Syrie et des violettes, qu'ils trouvaient et se soignaient avec ce que nous prescrivions, ayant des gens pour les soigner et les servir ; ils mouraient, tandis que beaucoup de ceux qui étaient sur les routes guérissaient. » La diversité des remèdes est comme la diversité des aliments. Ne vois-tu pas que les espèces de bestiaux et les ongulés se nourrissent de bois, de paille, d'herbes amères, désagréables et mortelles pour d'autres animaux, les humains, et de noyaux, et que ce bois et autres deviennent graisse, chair et lait ? Le poisson, les porcs, les poules et beaucoup d'animaux mangent les ordures, et Dieu crée dans leurs entrailles graisse, chair et lait. L'autruche se nourrit de cailloux, de feu et de fer ; on chauffe pour elle une tige de fer qu'elle avale, elle fond dans son gésier, et Dieu crée de cela graisse, chair, œufs, et elle défèque le résidu comme de l'eau courante. La gazelle se nourrit de coloquinte et boit de l'eau de mer. Les lapins se nourrissent d'ayhal 203, qui est un poison mortel. La scammonée 204 est broutée par les bêtes. L'epithymum 205 crétois est brouté par les bêtes, elles en vivent. L'aconit 206 est mangé par les bêtes qui ressemblent à des souris, bien connues pour cela. Tous ces poisons sont mortels pour les humains. Les serpents sont mangés par certains peuples, par le cerf, le hérisson, le chat et d'autres animaux. Seul un ignorant nie la diversité des aliments et des remèdes. D'ailleurs, la médecine n'est pas une science ; c'est seulement quelque chose trouvé par l'expérience. Ensuite, ces expériences ne durent pas et ne suivent pas une seule voie, mais diffèrent considérablement, comme tu l'as vu et entendu. Cela fait partie des signes de Dieu et des preuves de Son unicité. C'est Lui, le Puissant et le Glorieux, qui a établi les habitudes, mais Il ne les maintient pas sur une seule voie ; Il y ajoute, en retranche, les établit à un moment et pas à un autre, pour préserver la vérité et afin que la preuve ne soit pas confondue avec ce qui n'en est pas une, car Lui, le Puissant et le Glorieux, ne fait pas l'ignorance et l'égarement. Notre parole : la médecine n'est pas une science, car une science ne change jamais, comme la science que l'action ne provient que d'un agent, qu'il doit nécessairement exister avant l'action, être vivant et puissant, et que si son action est ordonnée et parfaite, il doit nécessairement être savant. C'est pourquoi les médecins habiles disent, quand on leur dit à propos d'un malade qu'ils se sont accordés sur un remède spécifique : « Si nous le lui donnons, guérira-t-il nécessairement ? » Ils répondent : « Nous ne savons pas. » On leur dit : « Si nous ne le lui donnons pas, mourra-t-il à coup sûr ? » Ils répondent : « Nous ne savons pas. Il arrive que peu nous obéissent, nous les soignons, voyons des signes d'amélioration, puis survient une aggravation de la maladie que nous n'avions pas prévue. Il arrive qu'ils nous désobéissent, nous voyons des signes de mort, puis survient une guérison que nous n'avions pas prévue. » Cela est connu et mentionné dans leurs livres. Cependant, nous n'interdisons pas le traitement médical. Au contraire, chacun doit se tourner vers Dieu, le Puissant et le Glorieux, et chercher la guérison par le Coran, l'eau de Zamzam et l'aumône. Que celui qui veut se contenter de cela le fasse. Ensuite, s'il a l'habitude de se soigner, qu'il se soigne après avoir fait ce que nous avons mentionné, car la permission de se soigner avec ce qui est licite selon la Loi religieuse est venue. Il est rapporté dans le hadith : « Dieu n'a pas placé votre guérison dans ce qu'Il vous a interdit 207. » Et il est dit : « L'habitude est un corps 208. » Ensuite, il n'y a pas de chemin vers la sécurité, même si la santé dure. Le Prophète — que Dieu le bénisse et le salue — a dit : « Que Dieu nous suffise contre la maladie par la santé. » Cette parole est courte mais riche de sens. Car l'homme, même si sa santé dure, vieillit, s'use et change, fût-il un médecin habile et compétent. Abū 'Uthmān 'Amr 'Ubayd récitait souvent ces vers : « Il aime la vie, et si la vie se prolonge pour lui, / Et que son âme y trouve ses espérances, / La vie lui cause en son âme un souci / De ce qu'il voit des vicissitudes de l'usure en elle. » Un autre a dit : « Si le médecin meurt de maladie, / Il est plus juste que le malade meure. » Un autre a dit : « Le berger vit dans son ignorance / La vie de Galien dans sa médecine. » Il arrive que le berger, dans son ignorance, soit plus sain, plus robuste et plus durable que Galien et que les médecins habiles. Tu constates cela de visu chez les bergers, les marins, les éboueurs et leurs semblables. Il est rare de trouver un médecin habile exempt de maladies. Abū al-Ḥasan ibn Baks eut une ophtalmie alors que son père était vivant et fit tout pour le soigner ; il perdit un œil. Puis il pratiqua la médecine, devint habile, sa compétence augmenta, et il perdit l'autre œil par la suite. Celui connu sous le nom d'al-Tilmīdh 209 souffrait d'une hernie et d'autres maladies. Ibn Sābūr eut aux testicules des tumeurs 210 qui l'accablèrent au point de l'empêcher de monter à cheval. Sinān al-Ṣābi'ī était plus malade encore. Son disciple Abū 'Abd Allāh ibn al-Mu'allim, tu le vois jaune et malade, les hémorroïdes l'ont épuisé. Ibn al-Mahzūl et son père, médecin habile, mourut avant d'atteindre trente ans. Ibn Bint Abī al-Ḥasan ibn Baks, la femme d'Abū al-Ḥusayn le médecin, eut une maladie au moment où elle était le plus en forme ; son père était médecin, son mari médecin, son oncle médecin, son beau-père médecin ; ils se mirent tous d'accord sur son traitement, et elle mourut plus vite que cela. Cette maison des Banū Zahrūn les Sabéens, leur rang en médecine et leur connaissance de cet art est immense. Ils prennent soin d'eux-mêmes, observent la médecine et lui rendent son dû. Ils sont nombreux, leur demeure est dans le quartier est de Suwayqat 'Abbāsa. Leurs maladies et leurs maux dépassent presque ceux des pauvres ignorants qui se soucient peu de la vie et de la santé. La plupart d'entre eux meurent dans la jeunesse et l'âge mûr ; rares sont ceux qui atteignent un âge avancé et vieillissent. Celui qui, parmi eux, a atteint un peu plus de quatre-vingts ans est Abū al-Ḥasan ibn Hārūn, père d'Abū al-Khaṭṭāb ; son fils Abū al-Khaṭṭāb, il l'enterra jeune, de son vivant. Cet Abū al-Ḥasan ibn Abī al-Khaṭṭāb vit encore, jeune, mais atteint d'une grave maladie. Ce sont les médecins habiles et les fils des habiles. Nous ne leur reprochons pas leurs maladies, car elles sont l'œuvre de Dieu et une épreuve par laquelle Il éprouve Ses serviteurs. Mais nous avons mentionné cela pour l'exemple et pour attirer l'attention sur les signes de Dieu, le Puissant et le Glorieux, Lui qui éprouve et guérit. Et parce que la plupart de ces médecins croient que les remèdes agissent par eux-mêmes, qu'ils ont des natures qui produisent la santé et chassent les maladies, et autres ignorances ; ils nient les prophéties, traitent les prophètes de menteurs, traitent les musulmans et les gens des religions d'ignorants, nient la Seigneurie, la Résurrection et le Rassemblement. Ils ont une telle sottise, ignorance et orgueil qu'ils ne se soucient pas de ceux qu'ils tuent parmi les malades ni de ceux qu'ils rendent malades parmi les bien-portants. Ils disent entre eux : « Si vous nous rencontrez, vengez-vous de nous comme vous voudrez », et autres propos de leur ignorance et sottise, et de leurs embûches contre les musulmans, ce qui serait long à exposer. Tu connais la situation de ceux qui t'ont précédé parmi leurs prédécesseurs et leur acharnement dans l'impiété, comme Qusṭā ibn Lūqā, Ḥunayn ibn Isḥāq, son fils Isḥāq, et leurs semblables. Tu connais la franchise d'Ibn Zakariyyā al-Rāzī. Celui-ci était un chrétien, fils de chrétien, se cachant sous le christianisme et suivant la voie des impies. Puis il afficha l'islam et se fit appeler Muḥammad, alors que son nom était Yūḥannā. Il ne fit cela que par ruse contre l'islam. Il disait : « Il est impossible que Dieu puisse créer l'homme sans procréation, en lui donnant d'un coup sa raison et sa force ; s'Il en était capable, Il l'aurait fait, mais Il ne l'a pas fait, comme nous le voyons progressivement. » Ce n'est pas ce que les gens sensés observent : la sortie du poussin de son œuf, déjà vêtu, pourvu, se passant de père et de mère et de leurs semblables ; la sortie du poussin d'oie nageant, sans avoir besoin de ce dont les êtres raisonnables ont besoin, de maîtres de natation ; ce que construisent les abeilles, ce que tissent l'araignée et le ver à soie ; tout cela est d'un seul coup. Il a déjà été question de ses semblables dans al-Miṣbāḥ 211. Il oublia ce que Dieu a créé d'un seul coup : les cieux, la terre, les montagnes, la blancheur du coton, des oiseaux et des chevaux, et tout ce que Dieu a créé de couleur unique, ainsi que les saveurs et les odeurs. Il niait la puissance de créer le raisin et ses semblables d'un seul coup, disant : « Il faut d'abord qu'il soit vert, acerbe, puis qu'apparaisse ensuite la douceur et le noir. » Il disait des cheveux blancs : « C'est dû à la putréfaction des humeurs à la racine des cheveux. » On lui disait : « Les chevaux, les oiseaux et autres créatures sont blancs d'un seul coup, sans humidité. » Il disait : « Dieu n'a aucune grâce à les créer ; Dieu n'a créé ni la santé, ni l'ouïe, ni la vue, ni la parole, ni la peau, ni les désirs, ni les plaisirs qu'ils éprouvent. » Il disait : « Ceux qui croient cela sont des ânes ignorants, sans discernement. Ce qu'ils éprouvent comme plaisir n'est qu'un soulagement d'une douleur ou d'un mal qui les affecte, comme celui qui se soulage de l'urine et des excréments qui le pressent quand il les évacue, ou comme celui qui se soulage en grattant sa gale ou en mettant un onguent sur sa blessure ou sa plaie. » Or, tout être sensé dans ce monde distingue entre ce dont il jouit et ce dont il se soigne pour sa blessure ; il désire la permanence de son désir, de sa jeunesse et de sa vigueur, s'efforce de les conserver, se désole de ce qui lui en échappe, pleure et se lamente sur ce qui lui en a échappé comme il pleure sur la perte de ses bien-aimés, sur la perte de son ouïe et de sa vue ; il désire leur retour, demande aux médecins ce qui renforce le désir et le ramène, alors qu'il ne désire pas la gale pour se gratter, ni les ulcères et les blessures pour se soigner, ni la pesanteur des excréments et de l'urine pour s'asseoir à les évacuer. C'est là une ignorance évidente, connue par les sens. Il est étonnant qu'Ibn Zakariyyā, dans plusieurs endroits de ses livres de médecine, ait des chapitres sur la conservation du désir, de la santé, de la jeunesse, de la vigueur et de la force, et qu'il recommande cela avec les meilleures recommandations. Ensuite, ils oublient les observations et nient les évidences. La colère contre ceux qui considèrent ces choses comme des bienfaits de Dieu et promettent des choses semblables au Paradis les a occupés. Ils invoquent pour eux-mêmes et pour ceux qui leur obéissent, dans leur illusion, qu'ils les rendent vertueux et leur maintiennent santé et vigueur. Leur état et celui des rois qui les ont pris comme médecins et leur ont obéi sont connus des gens.

Quant à ce Banzar qui prétend être le Puissant et le Pharaon d'Égypte, un furoncle apparut sur le cou-de-pied, qui l'épuisa et lui gâcha la vie. Il rassembla pour cela les médecins les plus habiles, leur prodigua des largesses, et ils ne le quittaient ni de jour ni de nuit, étant les personnes les plus influentes et les plus proches de lui. Pourtant, sa maladie ne faisait qu'empirer, alors qu'il était robuste, beau et corpulent. Le sultan de Balkh avait eu une maladie, et Ibn Zakariyyâ al-Râzî 212 lui avait prescrit un traitement qui l'avait incité à se rendre auprès de lui. Il demanda à ce sultan de poser à Abû al-Qâsim al-Balkhî 213 – que Dieu lui fasse miséricorde – une question à laquelle il devrait répondre. Le sultan le fit et contraignit Abû al-Qâsim à répondre. Ensuite, il dit à Ibn Zakariyyâ : « Avant toute chose, je n'ai jamais vu plus sot que toi. » Ibn Zakariyyâ lui dit : « Cela ne te ressemble pas, toi qui es réputé pour ta clémence et ta bonne éducation. » Abû al-Qâsim – que Dieu lui fasse miséricorde – lui dit : « Je vais te le montrer. Tu es un homme qui rejette ce que disent les musulmans et les gens des religions révélées concernant la Seigneurie et les prophéties, le considérant comme de l'ignorance, tandis qu'eux considèrent ce en quoi tu crois comme de la mécréance qui rend licite le sang de quiconque y adhère et le professe. Tu vis parmi eux, ils sont avec toi et autour de toi sur des milliers de lieues, et tu exposes cela ouvertement et en discutes, sans escompter ni récompense ni châtiment dans l'au-delà ni dans ce monde, car tu ne crois ni à la résurrection ni à la rétribution. Voilà une première chose. Ensuite, tu prétends que l'alchimie 214 est vraie, que tu transformes la pierre et la terre en or et en argent, et tu as écrit des livres à ce sujet, en réfutant ceux qui le nient et le traitent de mensonge. Pourtant, ta propre femme t'a poursuivi en justice pour sa pension alimentaire et celle de ton enfant, te contraignant à comparaître devant les juges pour qu'ils fixent une pension, comme on le fait pour les plus pauvres et les plus démunis. Voilà une deuxième chose. Ensuite, tu es affaibli et malade de façon persistante, comme cela est évident, alors que tu prétends connaître la nature des choses et que tu es habile en médecine, surpassant les médecins qui t'ont précédé, comme Ibn Mâsawayh 215 et autres, ainsi que les médecins de ton époque. Or, l'excuse de Râzî pour sa cécité était son amour des fèves et le fait d'en manger beaucoup, les préférant aux amandes et les trouvant meilleures. Puis, après cela, une cataracte 216 descendit sur ses yeux et il devint aveugle. Il faisait venir ceux qui opéraient la cataracte, ainsi que ceux qui étaient devenus aveugles à cause de cette maladie, pour leur demander comment ils étaient devenus aveugles, quand la cataracte était descendue sur leurs yeux, quel était leur régime alimentaire, et il faisait opérer sous ses yeux et les suivait avec la plus grande prudence pour expérimenter et voir quel en était l'effet. Il peina, dépensa, rassembla les médecins, mais sa vue ne lui revint pas, et il mourut aveugle. Il souffrait aussi de maux d'oreille qui le tourmentaient énormément, le privaient de sommeil et de repos, et il se soignait avec tout ce que les médecins avaient mentionné à ce sujet, tout en étant un expert en médecine. Il écrivit de nombreux livres et traités sur ce sujet, au point qu'une femme entra chez son épouse et vit son agitation. Elle interrogea son épouse à ce sujet, qui répondit : « C'est à cause de son mal d'oreille. » La femme dit : « Lui, un médecin ? J'ai entendu dire que si l'on fait bouillir un scarabée mort avec de l'huile de rose et qu'on instille cette huile dans l'oreille, cela prévient le mal d'oreille. » Son épouse le lui rapporta, et il dit : « Faites-le vite, peut-être que cela me sera utile. » Ils le firent et instillèrent l'huile dans son oreille, et il prétendit que cela l'avait soulagé. Galien 217 rapporte beaucoup de remèdes de ce genre qu'il a appris des sages-femmes, des laboureurs et des marins. Combien de maladies cachées ont frappé les médecins les plus habiles, et combien sont morts de quelles maladies ! Nous cherchons refuge auprès de Dieu contre le fait de se détourner de Lui et de compter sur autre que Lui. Nous n'avons mentionné cela qu'à cause des nombreuses prétentions de ces ignorants. Combien de gens ont vécu sans connaître la saignée 218, et étaient pourtant plus longs à vivre et en meilleure santé ! Les Byzantins 219 ne connaissent aujourd'hui ni la saignée, ni les ventouses 220, ni les purgatifs, ni les vomitifs, et ne se soignent avec rien de tout cela ; c'est ce qui prédomine chez eux. Leurs corps sont sains, leur santé et leur vigueur sont constantes, au point qu'on dit que la plupart d'entre eux ne tombent malades que de la maladie de la mort. Si les musulmans voulaient se passer des médecins en apprenant l'art médical, ils le pourraient. L'acquisition de cette science serait plus facile et plus accessible que la connaissance de la langue, de la grammaire et de la prosodie. Il suffirait de lire quelques-uns de leurs livres et de fréquenter longtemps les malades. Si quelqu'un qui connaît l'art du discours 221 et sait que l'action ne provient pas d'un être inanimé ou mort, mais seulement d'un être vivant et puissant, et que ces remèdes n'agissent que par habitude 222, qu'ils peuvent agir ou non, être utiles ou non, se donnait cette peine, il débarrasserait les musulmans de ces médecins, car ils ignorent les principes fondamentaux. La plupart d'entre eux sont enclins à l'impiété, à la dureté de cœur et au manque de scrupules. Celui qui se présente comme mazdéen 223 n'est pas vraiment mazdéen, celui qui se présente comme chrétien n'est pas vraiment chrétien, celui qui se présente comme juif n'est pas vraiment juif, et celui qui se présente comme musulman n'est pas vraiment musulman ; c'est ce qui prédomine chez eux. C'est ainsi que les ont trouvés ceux qui les ont fréquentés et enquêtés sur eux. Quels grands besoins ont les gens de confier la médecine à des musulmans pieux et dignes de confiance ! Car c'est une grande responsabilité, même s'il n'y a pas d'espoir de survie éternelle ni de chemin vers la sécurité. Mais du moins les malades seraient délivrés des tourments que leur infligent les impies, et de ceux qui souhaitent les maladies pour prendre leur argent et que leur santé et leur bien-être les attristent. Rien sur terre n'est plus odieux à ces médecins que la santé permanente des gens, car cela les rend indépendants d'eux. Et pourtant, les gens, même lorsqu'ils ont un médecin chrétien non impie, sont dans l'affliction ; de même pour le pharmacien et le vendeur de médicaments. Le cheikh Abû ‘Abd Allâh al-Hasan ibn ‘Alî al-Basrî 224 – que Dieu lui fasse miséricorde – rapportait, d'après une source digne de foi, que des chrétiens dirent à ‘Abd Allâh, serviteur d'Isrâ’îl le pharmacien chrétien, qui se trouvait dans le quartier d'al-Makhram 225 à l'est de Bagdad : « Un tel persécute les chrétiens et achète des médicaments chez toi ; débarrasse-nous de lui. » Il répondit : « Je le ferai. » Abû al-Hasan ibn Ka‘b al-Ansârî 226, l'un des savants musulmans, était l'ami du cheikh Abû Bakr Ahmad ibn ‘Alî al-Râzî 227 – que Dieu leur fasse miséricorde à tous deux. Il y avait une querelle entre lui et les médecins sabéens 228 à cause de sa pratique. Ils soudoyèrent son médecin et lui donnèrent un étui à lancettes ; il le saigna et, en saignant, le tua. Le cheikh Abû ‘Abd Allâh rapporta de Hânûn le médecin, qui était son ami et celui d'Abû al-Hasan al-Karkhî 229 – que Dieu lui fasse miséricorde – et ce Hânûn est le père d'Abû al-Tayyib al-Mu’ammal, celui qui vécut et se convertit à l'islam. Hânûn dit : « Al-Marwazî 230 le médecin, qui était mon maître, me dit : “Va chez un tel et dis-lui : ‘C'est de moi que tu dois te faire saigner’, et saigne-le sans poser trop de questions.” Je partis, transmis le message à l'homme, qui accepta, et je le saignai. Puis je revins vers lui et lui dis : “Il n'avait pas besoin de saignée.” Il me répondit : “C'est vrai, mais il me devait une somme d'argent qu'il me versait régulièrement, et il a cessé de me la donner. J'ai voulu qu'il ait besoin de moi, et j'ai donc cherché à le rendre malade par la saignée.” » Quant à Abû Hâshim ibn Abî ‘Alî 231 – que Dieu leur fasse miséricorde à tous deux –, il fut tué par Abû Hasan le médecin juif, à cause de ses critiques et de sa réfutation des livres d'Aristote 232. Ce médecin était son voisin, le fréquentait et lui montrait de l'affection. Un jour, Abû Hâshim se plaignit d'un malaise, et le médecin dit : « Il serait bon de te faire saigner. » Il se fia à sa parole et fit venir Hasan, le frère de Mûsâ, qui le saigna. Lorsque le sang coula, Abû Hâshim dit : « Ce sang est bon et pur, pourquoi l'as-tu tiré ? » Mûsâ répondit : « Il est de bonne qualité, mais en quantité excessive. » Abû Hâshim tomba malade après cela et mourut. Ce Hasan était ostensiblement juif, mais en réalité impie ; il était l'un des médecins des rois à Bagdad. Quant à Mûsâ, l'un de ses disciples rapporta qu'il entra chez un malade et l'interrogea sur son état. Le malade l'informa de ce qu'il prenait comme médicaments et de son régime. Mûsâ demanda : « Qui t'a conseillé cela ? » Le malade répondit : « Un tel, le médecin. » Mûsâ dit : « Il t'a bien conseillé », puis il se leva, sortit et monta à cheval. Son disciple, Ya‘qûb ibn Yûhannâ al-Wâsitî 233, dont la maison se trouvait à l'est de Bagdad, dans le quartier des Romains et la ruelle d'al-Basrâ, dit : « Lorsque Mûsâ monta à cheval, je marchai à côté de la mule et le suivis jusqu'à la maison de ce malade, sans que je lui aie indiqué le malade. Je lui demandai son avis sur les médicaments, et il me donna un avis contraire à ce qu'il avait dit au malade. Je lui dis : “Ce malade a telle maladie, son médecin s'est trompé sur lui, et tu l'as approuvé ?” Il répondit : “Oui, délibérément.” Je dis : “Pourquoi ?” Il dit : “Entre deux médecins, tue jusqu'à ce que la mort passe.” » Combien d'histoires semblables ont-ils ! Un médecin dit un jour à un grand sultan, Muwaffaq ibn al-Mutawakkil 234, qui était corpulent, beau et grand mangeur, alors que certains souhaitaient sa mort : Un jour, il mangea beaucoup de laitages sous différentes formes. Le médecin dit : « J'étais présent, il mangeait et je ne l'en empêchais pas, me disant en moi-même : “Aujourd'hui, il aura une apoplexie 235, car c'est la saison et il mange cela inévitablement ; s'il n'a pas d'apoplexie, alors la médecine est fausse.” Après avoir mangé et fini, il entra dans le harem et s'y endormit. Je rentrai chez moi. Peu après, j'entendis le bruit du cheval de poste, et on me dit : “Réponds à l'appel de l'émir.” Je me dis : “Il a eu une apoplexie, sans aucun doute.” Je montai à cheval et me hâtai ; je le trouvai en proie à une forte fièvre continue et sanguine. Il fallut le saigner des deux mains et tirer quatre cents dirhams de sang, ce qui était contraire à l'art médical et à ses règles. Quiconque réfléchit trouve des merveilles dans les signes de Dieu en toute chose. Les trahisons de ces gens sont nombreuses, et celui qui les emploie pour la médecine, la chirurgie et leur confie sa confiance se fait du tort à lui-même. Ceci montre que cet art n'est pas une science, mais seulement des expériences conformes à ce que Dieu a établi comme habitude. Parmi les vipères, certaines mordent d'autres vipères, et la vipère mordue meurt ; elles mordent certains hommes, et les vipères meurent tandis que l'homme mordu n'en souffre pas. Elles mordent aussi les chameaux, les hérissons, les chats, les belettes et autres, sans leur nuire ; cela est général chez les animaux, mais rare chez l'homme. Al-Kindî 236 le médecin prétendit que le calife al-Mu‘tasim 237 le fit venir et lui dit : « Qui es-tu ? » Je répondis : « Je suis Ya‘qûb ibn Ishâq al-Kindî. » Il me dit : « Nous avons ici un homme sur qui on lâche des vipères ; quand elles le mordent, elles meurent, mais lui n'en souffre pas. J'aimerais que tu voies cela. » On amena un homme grand, maigre, basané, de type métis. Puis on apporta des paniers de vipères. Le calife dit : « Ô jeune homme, les lâchons-nous sur toi ? » Il répondit : « Au nom de Dieu, mais d'abord mon dû. » Al-Mu‘tasim se tourna vers moi et dit : « Son dû sur nous est de lui donner du rôti, du vin et un dinar, je pense, pour chaque vipère. » Ils firent ainsi, et lâchèrent les vipères sur lui ; chaque vipère qui le mordait mourait sur place, tandis que lui restait aussi actif que jamais. Al-Mu‘tasim me dit : « Qu'en penses-tu ? » Je répondis : « Je vais y réfléchir, méditer, et informer le Commandeur des croyants. » Al-Kindî dit : « J'ai composé une épître sur ce sujet. » Je revins voir al-Mu‘tasim et lui dis : « Cette vipère a séjourné longtemps, son venin s'est affaibli et elle a bu de l'eau ; apporte les vipères qui n'ont pas bu d'eau. » On les apporta et on les lâcha sur lui, et il mourut. C'est une négligence de la part d'al-Kindî. Même si les choses étaient comme il le dit et que le venin était totalement annihilé, pourquoi les vipères mouraient-elles en le mordant ? Il aurait fallu essayer ces vipères sur d'autres personnes que cet homme ; si elles n'avaient nui à personne d'autre, alors al-Kindî aurait eu raison.

Les aiguillons du fatūl 238 : certains d'entre eux meurent de la piqûre d'autres, et seuls les scorpions meurent de leur piqûre. Parmi les merveilles des scorpions, ils piquent le serpent et le serpent meurt, alors qu'ils piquent la plupart des gens sans les tuer. Le scorpion dont la piqûre provoque la mort est, en réalité, d'une constitution très faible, peut-être plus faible qu'une petite araignée, et son aiguillon est comme un cheveu. On le trouve à al-Bindanjayn 239, à Rāmhurmuz 240 et à 'Askar Mukram 241, dans les districts d'al-Ahwāz 242. Les médecins, pour traiter sa piqûre, se réfèrent aux habitants de ces régions et leur demandent : « Avec quoi avez-vous l'habitude de traiter ces scorpions ? » Alors leurs vieillards et leurs vieilles femmes leur indiquent [le remède], et ils le leur enseignent et le consignent dans leurs livres. Il existe des scorpions mortels, et aussi de gros scorpions qui frappent un chaudron ou autre et le brûlent avec leur aiguillon, mais il est rare que quelqu'un meure de leur piqûre ; parfois même, c'est le scorpion qui meurt. Tout cela fait partie des signes de Dieu, le Puissant et le Majestueux. Parmi les êtres vivants, certains ressentent du froid et de l'engourdissement après une piqûre de scorpion, d'autres ressentent de la fièvre et de l'inflammation. Un homme paralysé fut piqué par un scorpion, et sa paralysie disparut ; c'est un fait célèbre mentionné par les médecins dans leurs livres. Combien de choses trouvent-ils dans leurs expériences et ce qui se produit au fil des jours, qui ne figurent ni dans les livres des médecins ni dans leurs expériences, mais sont au contraire contraires à ce qu'ils ont écrit ; ils les écrivent donc et les consignent. Tout cela fait partie des signes de Dieu, et cela t'enseigne que la médecine est affaire d'expériences, et que Dieu a établi une coutume pour certains peuples différente de celle d'autres, sans que cela soit permanent, comme cela t'a déjà été expliqué. Parmi les gens, certains mangent des scorpions et des serpents. Ce Kindī 243 est l'un des mécréants qui affichent l'islam ; il était de Kūfa 244 et était l'un des riches. Il dépensa toutes ses richesses 245 à dénigrer l'islam et à attaquer tous les prophètes. Il a un traité dans lequel il prétend que la cause du flux et du reflux est l'augmentation de la lune, alors qu'il y a sur terre de nombreuses mers où il n'y a ni flux ni reflux comme dans la mer de Perse, et toutes sont sous le ciel, et la lune se lève sur toutes. Combien d'ignorances ce Kindī a-t-il, tout comme Ibn Zakariyyā al-Rāzī 246 dans les propriétés et l'alchimie ! Cherche ses livres d'alchimie, examine-les et vois ce qu'il rapporte de lui-même et des autres, afin de connaître la stupidité des ennemis de l'islam, leurs mensonges et leurs turpitudes. Al-Rāzī prétend qu'il se rendit chez le roi de Bukhārā 247 pour le soigner, mais que la neige l'empêcha de passer sur la route. Il descendit donc chez un homme âgé, riche et généreux, qui avait un fils épuisé par la maladie, si longtemps qu'il était devenu comme une ombre à force de maigreur. Il dit : « Il me le montra et me consulta à son sujet. Il n'y avait pas de remède pour lui, il n'avait plus de force ; je désespérai de lui et ordonnai de le ménager et d'être doux avec lui, car sa fin était proche. Je partis pour Bukhārā, y séjournai longtemps, puis revins et descendis chez lui. Voilà qu'à ses côtés se trouvait un jeune homme intelligent, vif et charmant ; son intelligence et sa vivacité me plurent. Je l'interrogeai à son sujet, et il me dit : « C'est le malade que tu avais vu. » Mon étonnement fut grand, et je dis : « Comment cela ? Et avec quoi l'avez-vous soigné ? » Il dit : « Son cœur se serra et son angoisse devint intense. Il dit à une femme qui l'avait élevé et à qui l'on avait apporté un jour du sikhāj 248 : « Donne-moi à manger. » Elle refusa, et le sikhāj resta découvert dans la maison 249. Un serpent vint, mangea ce qui était dans le plat, puis le vomit dans le plat. Le garçon alla vers le plat, but ce qu'il contenait et le mangea, pour que la maladie diminue ou qu'il trouve le repos. Puis la femme vint, vit le plat et voulut manger ce qui restait ; le garçon l'en empêcha et lui raconta l'histoire. Elle brisa le récipient 250. Ensuite, le garçon eut une sueur et sa peau se desquama comme du son, puis il reprit conscience et se leva. » Voilà ce qui s'est passé. Al-Rāzī dit alors : « Comment saurais-je que dans ta maison il y a un serpent âgé de cinq mille ans ? » Regarde son mensonge, son manque de savoir, son impudeur et son absence de précaution là où les gens sensés se gardent ! Il ne sait pas que les choses se sont passées comme le garçon l'a raconté, même si la probabilité de sa véracité est forte. De plus, s'il avait su que le remède de ce malade résidait dans le vomi d'un serpent de cinq mille ans, il le leur aurait prescrit avant même de voir le malade. En outre, il prétend connaître son âge, comme s'il l'avait établi avec certitude. Comment sait-il qu'il n'avait pas trois ans, et que c'est sa jeunesse qui a rendu son venin utile ? S'il avait été vieux, il n'aurait pas été bénéfique. Il ne peut se défaire de ses prétentions. Cela ressemble à leur dire : « Une vipère trempa dans du vin et le vomit dans son récipient, et un homme lépreux 251 le but et guérit », ce qui est à l'origine de leurs pastilles de vipère. S'ils sont véridiques, cela relève du genre dont nous avons parlé, des signes de Dieu dans l'établissement de la coutume, et de ce qui a été mentionné précédemment. Yahyā ibn Khālid 252, le compagnon de la quadrature d'al-Aḥnaf 253, rapporte que des scorpions piquèrent des personnes atteintes de certains types de fièvres, et elles guérirent. Ce Yahyā ibn Khālid était un médecin habile, digne de confiance, connu pour sa véracité. Il soignait sans tirer profit de l'art médical, et les gens retenaient de lui de nombreuses anecdotes et une grande patience. Combien en trouves-tu parmi eux qui prescrivent un remède à un malade, désireux de le guérir, et lui disent : « Si tu suis mon avis, que tu bois ce remède et que tu te fais saigner, tu guériras sur-le-champ. » Le malade obéit et meurt. Si on leur en fait le reproche, ils se lancent dans des justifications et des prétentions. Quand on dit aux sages d'entre eux : « Pourquoi, quand on verse de l'eau chaude sur un homme, urine-t-il ? » Ils répondent : « Nous voulons des causes liées à des fibres ; si tu les veux, nous les mentionnerons. » De même, on leur a demandé : « Quelle est la cause de la soif lorsqu'on mange du poisson, du lait et des fèves, alors que tout cela est froid et humide par nature comme l'eau ? Et quelle est la cause de la cessation de la soif lorsqu'on mange de l'ail, qui est chaud et sec ? L'homme assoiffé entre au hammam et sa soif cesse, tandis que l'homme rassasié y entre et la soif lui vient. » Quant à l'ignorant, mécréant et obstiné, il se lance dans la calomnie, le mensonge et les fausses prétentions. Parmi leurs méfaits, ils inscrivent dans la médecine et l'introduction à la médecine des mensonges qui n'ont rien à voir avec la médecine, comme les questions de Ḥunayn 254 dans l'introduction à la médecine : « Les corps de ces animaux sont composés d'air, qui est chaud et humide » — alors que tous les gens sensés, quand ils veulent refroidir ou sécher quelque chose, l'exposent à l'air — « et de terre, qui est froide et sèche. » Or la terre est un corps parmi les corps, qui peut subir la chaleur et le froid ; de même l'eau et le feu peuvent être dominés par Dieu, qui les transforme en arbres, en pierres, en neige, et les fait passer de l'état de feu à autre chose. Ḥunayn ne sait pas si c'est à partir de ces choses que Dieu a créé le ciel et les autres corps, ou à partir d'autre chose, ou à partir de rien, comme Il a créé le feu non à partir de feu ni de rien, comme Il a créé l'eau non à partir d'eau ni de rien, comme Il a créé la terre non à partir de terre ni de rien, comme Il a créé le soleil non à partir de soleil, et de même la lune et les astres, Il les a créés non à partir d'astres ni de rien. Il a créé le ciel à partir de fumée, comme Il a créé de nombreux animaux à partir d'eau. Il a fait cela, Puissant et Majestueux, pour que les êtres doués d'intelligence parmi les anges, les hommes et les djinns réfléchissent. S'Il avait voulu créer tout cela à partir de rien, Il l'aurait fait, comme Il a créé ce que Nous avons mentionné et ce que Nous n'avons pas mentionné, à partir de rien et pour rien. Ne vois-tu pas l'homme, créature dirigée et fabriquée, comment il produit des sons, des mouvements, des compositions, des volontés, des croyances et des repos à partir de rien ? Il écrit, construit, forge, coud, tisse, et fait d'autres actions à partir de rien. Qu'en est-il donc de l'Ancien, de l'Éternel, gloire à Lui, le Très-Haut, le Vivant, le Puissant, le Savant, le Sage, le Riche qui n'a besoin de rien, qui n'a cessé d'être et ne cessera d'être ? S'Il a créé la grenade, la pomme, le coing et autres à partir du feu, de l'eau, de l'air et de la terre, ou à partir des astres et du ciel, c'est plus prodigieux que de créer leurs essences à partir de rien, et plus indicatif de la puissance et de l'étendue de la science. Mais nous avons besoin, pour cela, d'une information de Sa part, gloire à Lui. S'ils disent : « Nous trouvons dans ces corps de l'eau et de l'humidité », nous répondons : « Il n'est pas impossible que Dieu crée l'eau qui s'y trouve non à partir de cette eau, comme Il a créé cette eau non à partir d'eau, mais Il l'a créée à partir de rien. » Quand on leur dit : « Vous prétendez que l'air est chaud et humide, et vous refroidissez le froid avec le chaud ; vous prétendez que la bile jaune est chaude et sèche, alors que les gens sensés la trouvent humide et fluide, au point d'éteindre le feu », ils répondent : « Nous disons seulement que l'air est chaud et humide, et la bile jaune chaude et sèche, par nature. » Nous disons : « Voilà une nature et un discours que le toucher et la sensation démentent. » C'est comme ce qui fut dit à Ibn 'Abd al-Wahhāb 255 le secrétaire, qui était petit et vaniteux : « Bien que tu sois petit aux yeux des gens, tu es grand dans le jugement, la nature, la vérité et auprès de Dieu. » D'ailleurs, la question : « De quoi Dieu, gloire à Lui, le Très-Haut, a-t-il créé ces corps ? » n'a rien à voir avec la médecine ; c'est plutôt une distraction de la médecine. Les médecins avisés l'ont compris et s'en sont détournés, se consacrant à la connaissance des coutumes et des expériences. De plus, l'excès d'ignorance et de perplexité pousse ces gens à parler de telles choses, et à cause de leur rage excessive contre les prophètes et les musulmans, parce qu'ils disent que Dieu a créé les choses à partir de rien et les a inventées sans rien. Tu les vois s'indigner de l'interdiction du vin, des boissons fermentées et de la viande de porc, et les prescrire aux malades. S'ils trouvent un musulman qui s'abstient de toutes les boissons fermentées, ils disent : « Les boissons fermentées font partie de ton remède », et les habitants de l'Irak te les permettent. S'ils en trouvent un qui se montre indulgent et suit l'avis d'Abū Ḥanīfa 256 concernant les boissons fermentées, ils blâment les dattes et ce qui en provient. S'ils le voient boire du vin cuit 257 et s'abstenir du reste, ils disent : « Le vin cuit n'est rien ; la guérison est dans ce que le feu n'a pas touché. » C'est pourquoi Galien a dit : « C'est avec elle [la boisson fermentée] que l'on prépare les médicaments. » Tout cela par hostilité envers le Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui. Ils rapportent de Platon qu'il a dit : « Rien de pire que l'eau n'est entré dans le ventre du fils d'Adam. » Abū Ja'far al-Manṣūr 258 tomba malade ; on lui parla d'un médecin à Jundaysābūr 259, et il le fit venir. Il resta quelque temps dans sa demeure pour le soigner. Quand il eut mangé, il demanda du vin aux serviteurs. Ils lui dirent : « Il n'y a pas de vin dans ce palais, ni aucune boisson fermentée, et tu n'as pas accès à cela. » Il dit : « Je suis un dhimmī 260, je le considère licite, et c'est par lui que je préserve ma santé. Je n'ai pas bu d'eau depuis tant de temps, par crainte de son mal. Je crains, si je manque de vin, de tomber malade et de mourir. » On lui dit : « Qu'advienne ce qui doit t'arriver ; tu n'as aucun moyen d'y parvenir. » Il but donc de l'eau à contrecœur. Le lendemain matin, il prit sa fiole d'urine 261 et la trouva comme elle était quand il buvait du vin. Il en fut très étonné et le rapporta à ses confrères. Selon eux, la chaleur innée se renforce par la consommation de vin et s'affaiblit par la consommation d'eau, au point que l'un d'eux dit : « Par Dieu, le Prophète arabe n'a interdit le vin et les boissons à ses disciples qu'en raison de la supériorité de son intelligence. Car les boissons enivrantes sont très nuisibles à l'intellect et le modifient, de même que le chant. Or rien n'est meilleur que l'intellect. Tout ce qui lui nuit et l'affecte est mauvais et vil. On trouve dans le miel et autres ce qui remplace le vin et toutes les boissons fermentées pour réchauffer le tempérament et équilibrer la nature, tout en préservant l'intellect. Le méfait des boissons enivrantes dans l'altération de l'intellect est le plus grand des méfaits et la plus grave des maladies. Le médecin n'est pas celui qui soigne une maladie par un remède qui entraîne une maladie plus grave. » Il dit : « Quant à ce qui arrive au buveur de vin et à l'auditeur de chant comme joie, plaisir de l'âme, légèreté et vivacité, ce n'est que dû à la diminution de son intellect ; il n'y a en cela aucun mérite ni bien. Le Prophète arabe est le plus savant des médecins et le plus intelligent des sages. » Voilà ce que dit celui qui est son ennemi et le traite de menteur. Les gens ont mentionné la supériorité intellectuelle des mangeurs de dattes et de viande de chameau sur les mangeurs de viande de porc, comme cela est mentionné ailleurs. Les gens constatent que la vie des animaux et des plantes dépend de l'eau, et qu'ils périssent en son absence ; ni le vin ni autre chose ne peut les en dispenser. Bien plus, le vin augmente [la soif].

Dans leur épreuve, ils blâment le palmier, alors que les biens de ce monde sont répartis entre le palmier et la brebis. Les dattes font partie des aliments nobles et utiles dont vivent les animaux domestiques et autres. La datte, avec le plaisir de la manger, dissipe la fatigue et apporte du réconfort à l'épuisé. Les marins l'appellent pour cette raison « les clous des genoux » 262. Lorsqu'on demanda à un Bédouin de décrire le palmier, il dit : « Son tronc est une construction, ses fibres 263 un combustible, ses palmes une lumière, et ses fruits une nourriture. » L'ampleur de la grâce du palmier dépasse ce lieu et son explication. Abû 'Uthmân 'Amr ibn Bahr 264 – que Dieu lui fasse miséricorde – a écrit un livre sur la supériorité du palmier sur toute plante, un livre important et très beau. L'ignorance de ces gens est immense et leurs méfaits sont inexcusables. Peut-être ceux qu'ils ont tués avec leurs remèdes, malgré leur bonne intention et leur désir de les guérir, sont-ils plus nombreux que ceux qui ont survécu à leur traitement. Combien parmi eux se sont trompés sur eux-mêmes, leurs enfants et leur famille par le traitement de leurs spécialistes, sans parler des débutants ! Ils ont des réussites dans les fièvres 265 : quand elles commencent, combien de temps elles durent, quand elles cessent, combien de cycles elles ont, et par quoi se produit leur crise 266, soit par la sueur, soit par le saignement de nez, soit par le vomissement, soit par l'urine, soit autrement. Ils connaissent cela par expérience, et cela se produit généralement, mais pas toujours. De même que les marins connaissent le vent : quand il tombe, combien de temps il dure ; ils le connaissent dans les mers et dans les vallées, et ils connaissent ses périodes comme ils connaissent les moments de la marée haute et ses périodes de croissance, et les moments de la marée basse, et ils les attendent. Et comme les sages-femmes connaissent d'autres choses de la grossesse : si c'est un garçon ou une fille, et combien de garçons et de filles elle enfantera après cela, ce qui leur donne de bonnes réussites. Tout cela relève des habitudes et des expériences. Si l'on dit : « Puisque le remède et le poison ne tuent pas, pourquoi blâmez-vous celui qui donne à boire et celui qui boit ? » Nous disons : Nous le blâmons et le déclarons coupable pour ce qui résulte de son acte de boire et de faire boire, même si la mort qui survient est l'acte de Dieu, car Dieu a établi l'habitude que la mort se produise à ce moment-là. Nous le blâmons comme on blâme celui qui jette quelqu'un aux fauves, et comme on blâme celui qui dénonce les gens aux autorités et indique leurs biens, même si les autorités ne les prennent pas et que les fauves ne les mangent pas, car l'habitude des autorités injustes est de prendre les biens, et celle des fauves est de manger. De même, l'habitude que Dieu a établie est la mort lors de la consommation d'un remède empoisonné ou de poison. Personne n'a le droit de faire cela. De même, tu ne blâmes pas celui qui donne à boire ni celui qui boit s'ils consomment quelque chose dont l'habitude est la sécurité, même si la mort survient ensuite. Ne vois-tu pas que si quelqu'un donne à un autre une nourriture délicieuse qui lui est bénéfique, et qu'ensuite il tombe malade et meurt, nous ne le blâmons pas, car l'habitude générale est la sécurité. Nous blâmons celui qui donne à boire à un autre un poison mortel, même si l'autre guérit et en tire le plus grand profit ; nous le blâmons, le déclarons égaré et coupable. Le critère en tout cela est l'habitude générale. Si l'on dit : « Pourquoi refusez-vous que l'action provienne de l'inanimé et du mort par nature ? » Nous disons : Si l'action se produisait de quelque manière que ce soit de la part de l'inanimé et du mort, de ce qui n'est ni vivant ni puissant, alors il n'y aurait pas de considération pour le fait que l'agent soit vivant et puissant, et l'action n'aurait pas besoin que son agent soit vivant et puissant. On trouverait alors la construction, l'écriture, l'orfèvrerie et autres provenant de l'homme même s'il est ignorant, même s'il est impuissant, même s'il s'efforce de ne pas les produire, et même s'il meurt. Mais puisque cela ne se produit pas de lui quand il est mort, et que tu sais et es certain que l'action ne se produit que de la part du vivant puissant, même si elle est cohérente et parfaite, son agent doit nécessairement être savant. Si les actions provenaient de l'inanimé et du mort par nature ou autrement, alors la construction, la teinture, la menuiserie et l'écriture proviendraient des pierres, de la magie, de l'eau, du feu, de l'air et autres, alors que ces choses sont toutes inférieures aux actions qu'ils attribuent aux remèdes et aux poisons, car la mort, la vie, la santé et la maladie sont plus grandes que la couture, l'écriture et tout ce que nous avons mentionné. Il est étonnant que l'ignorance de ces gens leur permette d'admettre que la vie, la mort, la santé et la maladie proviennent de l'inanimé par nature, alors qu'il n'en provient pas l'écriture de trois lignes ni le tissage d'une natte de trois coudées de long. Si l'on dit : « Vous avez rejeté la nécessité en disant que l'action ne provient pas de l'inanimé et du mort ; pourtant nous constatons que la satiété vient de la consommation du porc et que la faim disparaît, de même que la soif disparaît en buvant de l'eau ; tout cela est connu par nécessité. » On lui répond : Ce qui est connu par nécessité, c'est la disparition de la faim en mangeant du pain et de la soif en buvant de l'eau ; cela, personne ne le nie, aucun être sensé ne le nie. Quant à celui qui prétend que l'action appartient au pain et à l'eau, et qu'il le sait par nécessité, il a commis une ignorance, car l'être vivant, parlant, raisonnable et capable ne sait pas par nécessité ce qui provient de lui en matière d'écriture et de construction ; il ne le sait que par déduction. Ne vois-tu pas que les gens raisonnables diffèrent là-dessus ? Les astrologues disent que celui qui fait preuve de loyauté et de justice, cela provient de l'action de Jupiter, et celui qui fait preuve d'injustice et de trahison, cela provient de l'action de Mars ; ils répartissent toutes les actions de cette manière et les attribuent à autre que celui de qui elles émanent. De même, les manichéens disent cela, l'attribuant à la lumière et aux ténèbres. D'autres disent que cela provient du mouvement de la sphère céleste et des astres sur les animaux terrestres. Les jabrites 267 disent que cela provient de l'action de Dieu en eux. Si l'action de l'être vivant, puissant et savant n'est pas connue par nécessité comme étant la sienne, comment pouvez-vous savoir par nécessité que la brûlure est l'action du feu, la satiété l'action du pain, la boisson l'action de l'eau, et la guérison l'action du remède ? C'est là le propos de celui qui n'a jamais connu ni action ni agent. Cependant, le statut du feu diffère de celui du remède, du pain et de l'eau, car Dieu a créé dans le feu la chaleur et la tendance à monter ; il est donc un instrument pour les serviteurs dans la brûlure et la coupure. C'est l'homme qui l'attise qui brûle par lui, non le feu lui-même, de même que celui qui tue avec une flèche qu'il lance et transmet au tué est le tueur, non la flèche. De même, celui qui frappe avec l'épée et tue avec elle est celui qui sépare les parties du tué par l'épée, non l'épée. De même, celui qui tue avec une pierre est le tueur par elle, non la pierre. Abû Hâshim 268 et d'autres ont dit : L'être raisonnable sait par nécessité que les actions ne proviennent pas de l'inanimé et qu'il n'agit pas, comme il sait qu'il n'entend ni ne voit, bien que Mânî le prêtre 269, mentionné plus haut, dise qu'il entend, voit et sent. Mais comme la diarrhée survient après la consommation de certaines substances, cet ignorant a pensé que c'était l'action du remède, de même que celui qui, au son du bois fendu et scié, pense que cela provient de sa douleur. Nous avons donc besoin d'attirer l'attention sur l'extrême de leur ignorance, bien que la chose soit aussi claire que l'a dit Abû Hâshim. Ils sont à cet égard comme celui qui dit que l'œuf est l'action du coq, et l'animal l'action de son père, parce que cela se produit après l'accouplement de ces mâles, de même que la diarrhée se produit après la consommation du remède. S'ils disent : « Il arrive que l'accouplement ait lieu sans qu'il y ait de petit, et il arrive qu'il y ait petit ou non », on leur répond : Il arrive que la diarrhée se produise après le remède ou non, au point que le médecin donne à quelqu'un dont le corps est rempli de bile jaune un remède pour le purger dix fois, et il ne le purge pas ; il veut le purger une fois, et peut-être cela lui arrive-t-il dix fois, ou peut-être cent fois. Nous avons constaté que la coloquinte et le scammonée 270, consommés par un grand animal, ne le tuent pas et ne le purgent pas, mais le nourrissent et le font vivre, comme cela a été expliqué précédemment. De même, Abû 'Alî 271 – que Dieu lui fasse miséricorde – dit aux partisans de la sphère céleste et aux astrologues, lorsqu'ils dirent que la plante est l'action du soleil parce que nous constatons que lorsqu'il se lève sur la terre, sa végétation apparaît : « Pourquoi... »


  1. mujtahid : Celui qui exerce l'effort d'interprétation (ijtihâd) pour déduire une règle juridique à partir des sources.
  2. 'azîma : Détermination ferme, résolution inébranlable ; ici, s'engager à appliquer strictement le Livre, la Sunna et la conduite des deux premiers califes.
  3. juhd wa tâqa : Capacité et possibilité ; s'engager à faire de son mieux sans garantie de perfection.
  4. khud'a : Tromperie, ruse ; 'Alî accuse 'Amr ibn al-'Âs d'avoir manœuvré pour le faire échouer.
  5. ibn an-Nâghigha : Surnom de 'Amr ibn al-'Âs, faisant référence à sa mère an-Nâghigha.
  6. cette parole : La réponse de 'Alî : « Non, par Dieu ! Mais sur la base de ma capacité et de ma possibilité. »
  7. istikhâra : Prière de consultation pour demander à Dieu de guider vers le meilleur choix.
  8. Muhâjirûn : Les Émigrés : les premiers musulmans ayant émigré de La Mecque à Médine.
  9. Ansâr : Les Auxiliaires : les habitants de Médine ayant accueilli et soutenu le Prophète et les Émigrés.
  10. nass : Désignation explicite et textuelle, notamment par le Prophète de son successeur.
  11. farḍ al-kifâya : Obligation collective : devoir qui incombe à la communauté dans son ensemble ; si certains l'accomplissent, les autres en sont dispensés.
  12. as-salaf : Les prédécesseurs pieux, notamment les Compagnons et les premières générations de l'Islam.
  13. dhimmî : Non-musulman vivant en terre d'Islam sous un contrat de protection (dhimma).
  14. Banû Marwân : Branche des Omeyyades descendant de Marwân ibn al-Hakam.
  15. tafâ'ala : Pratique de consulter le sort en ouvrant le Coran au hasard et en interprétant le verset comme un présage.
  16. Bâtiniyya : Courants ésotériques de l'Islam, souvent associés aux Ismaéliens, qui interprètent allégoriquement les textes religieux.
  17. Qarmates : Secte ismaélienne radicale ayant fondé un État à Bahreïn et al-Ahsâ' aux IXe-Xe siècles.
  18. Saqîfa : Lieu de réunion des Ansâr après la mort du Prophète pour désigner un successeur, aboutissant à l'élection d'Abû Bakr.
  19. Khârijites : Secte dissidente ayant combattu 'Alî après l'avoir initialement soutenu, l'accusant d'avoir accepté un arbitrage humain.
  20. ʿAbd Allāh ibn Masʿūd : Compagnon éminent, connu pour sa connaissance du Coran et sa piété.
  21. Abū Jahl : Chef des associateurs à La Mecque, ennemi juré de l'islam, tué à Badr.
  22. ʿUmar : ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, deuxième calife bien guidé.
  23. al-ʿĀṣ ibn Hishām : Associateur tué à Badr par ʿUmar.
  24. al-Ḥārith ibn Hishām : Associateur, frère d'Abū Jahl, qui échappa à ʿUmar à Badr mais embrassa l'islam plus tard.
  25. ʿUqayl : ʿUqayl ibn Abī Ṭālib, frère de ʿAlī, fait prisonnier à Badr.
  26. ʿAlī : ʿAlī ibn Abī Ṭālib, cousin et gendre du Prophète, quatrième calife.
  27. al-Zubayr : Al-Zubayr ibn al-ʿAwwām, Compagnon et cousin du Prophète.
  28. Abū Dujāna : Compagnon connu pour son courage au combat.
  29. Banū ʿAfra : Famille des Auxiliaires, plusieurs de ses membres participèrent à Badr.
  30. al-Barāʾ ibn Mālik : Compagnon, frère d'Anas ibn Mālik, connu pour sa bravoure.
  31. Prince des croyants : Titre de ʿAlī ibn Abī Ṭālib.
  32. Abū Sufyān Ṣakhr ibn Ḥarb : Chef qurayshite, ennemi puis converti, père de Muʿāwiya.
  33. Ḥanẓala : Fils d'Abū Sufyān, tué à Badr par ʿAlī.
  34. Banū ʿAbd Manāf : Clan de Quraysh dont faisaient partie les Banū Hāshim et les Banū Umayya.
  35. Abū Bakr : Premier calife, compagnon intime du Prophète.
  36. Précureurs : Les premiers convertis à l'islam, avant la conquête de La Mecque.
  37. Abū Ḥudhayfa ibn ʿUtba ibn Rabīʿa : Compagnon, fils d'un chef qurayshite, connu pour sa piété.
  38. Quraysh : Tribu de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète.
  39. al-ʿAbbās : Al-ʿAbbās ibn ʿAbd al-Muṭṭalib, oncle du Prophète.
  40. Khālid ibn Saʿīd ibn al-ʿĀṣ : Compagnon, des premiers convertis.
  41. Banū Hāshim : Clan du Prophète, dont faisaient partie ʿAlī et al-ʿAbbās.
  42. Saqīfa : Réunion des Ansār après la mort du Prophète pour désigner un successeur.
  43. consultation : Référence à la shūrā, consultation pour le choix du calife.
  44. ʿUthmān : ʿUthmān ibn ʿAffān, troisième calife.
  45. ʿUmar : ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, deuxième calife.
  46. Hishām ibn al-Ḥakam : Figure controversée, parfois associée aux débuts du shīʿisme.
  47. Saʿd ibn ʿUbāda : Chef des Ansār, candidat au califat après le Prophète.
  48. Rāfiḍa : Terme péjoratif désignant les shīʿites extrémistes.
  49. Khārijites : Secte dissidente apparue après la bataille de Ṣiffīn.
  50. ʿAbd Allāh ibn Sabaʾ : Personnage légendaire, considéré comme le fondateur du shīʿisme extrémiste.
  51. Suivants : Génération suivant celle des Compagnons.
  52. Musaylima : Faux prophète, tué lors des guerres de l'apostasie.
  53. Khālid ibn al-Walīd : Compagnon et grand général, commandant des armées musulmanes.
  54. Sālim, l'affranchi d'Abū Ḥudhayfa : Compagnon, mémorisateur du Coran, tué à Yamāma.
  55. Thābit ibn Qays : Compagnon, orateur des Ansār, tué à Yamāma.
  56. Zayd ibn al-Khaṭṭāb : Frère de ʿUmar, Compagnon, tué à Yamāma.
  57. Abū al-Jahm ibn Ḥudhayfa al-ʿAdawī : Compagnon, participant à la bataille de Yarmūk.
  58. Yarmūk : Bataille majeure contre les Byzantins en 636.
  59. Hishām ibn al-ʿĀṣ ibn Wāʾil al-Sahmī : Compagnon, converti après la conquête, mort martyr à Yarmūk.
  60. ʿIkrima ibn Abī Jahl : Fils d'Abū Jahl, converti après la conquête, mort martyr.
  61. ʿAbbās ibn Abī Rabīʿa : Compagnon, converti après la conquête.
  62. ʿIyāsh : Probablement ʿIyāsh ibn Abī Rabīʿa, frère d'ʿAbbās.
  63. Suhayl ibn ʿAmr : Chef qurayshite, converti après la conquête, connu pour son éloquence.
  64. al-Muhājir ibn Abī Umayya : Compagnon, converti après la conquête.
  65. ʿAttāb ibn Usayd : Compagnon, gouverneur de La Mecque après la conquête.
  66. Jubayr ibn Muṭʿim : Compagnon, converti après la conquête.
  67. Ṭulayḥa : Faux prophète, vaincu lors des guerres de l'apostasie.
  68. Asad et Ghatafān : Tribus arabes ayant apostasié après la mort du Prophète.
  69. clients : Affranchis ou alliés non arabes.
  70. Tihāma : Région côtière de l'Arabie, incluant La Mecque.
  71. Coran 6:52 : Verset interdisant de repousser les croyants pauvres.
  72. Banū ʿAbd al-Muṭṭalib : Clan du Prophète, dont faisaient partie les Banū Hāshim.
  73. Umayya ibn Abī al-Ṣalt al-Thaqafī : Poète contemporain du Prophète, n'embrassa pas l'islam.
  74. Ṭalīq ibn Sufyān ibn Umayya : Personnage peu connu, peut-être un parent d'Abū Sufyān.
  75. ʿUtba ibn Rabīʿa : Chef qurayshite, père d'Abū Ḥudhayfa, tué à Badr.
  76. hīya lahu hīya ibnu-hā : Expression énigmatique : 'elle est pour lui, elle est son fils', peut-être une allusion à un lien familial ou prophétique.
  77. wa-ntashabat al-ʿadāwa mundhu dhāka baynahum : L'hostilité s'installa entre les Hachémites (descendants d'al-ʿAbbās et d'Abū Ṭālib) à partir du conflit entre ʿAbd Allāh ibn Ḥasan et Abū Jaʿfar al-Manṣūr.
  78. Abū al-Ḥasan al-Ḥalabī : Personnage ésotérique (bāṭinī) mentionné parmi les propagandistes de l'époque.
  79. shakk fī nubuwwatihī : Doute sur la prophétie de Muhammad, accusation portée par les ésotériques contre les opposants politiques.
  80. al-maytah : La bête morte, c'est-à-dire l'animal non abattu rituellement.
  81. sharī'atuhu : Sa Loi, la Loi islamique révélée au Prophète Muhammad.
  82. ḥujjat Allāh : La Preuve de Dieu, titre désignant l'imam infaillible dans la théologie shiite ismaélienne.
  83. al-fuqahā' al-ḥamīr : Les juristes ânes, expression péjorative désignant les juristes traditionalistes.
  84. ahl al-ẓāhir : Les gens de l'apparent, ceux qui s'en tiennent au sens littéral des textes religieux.
  85. Coran 22:41 : Référence coranique.
  86. al-ṣalāt shakhṣ : La prière est une personne, croyance ismaélienne que la prière est une personne (l'imam) à qui l'on doit obéissance.
  87. majālis al-tarqiya : Assemblées de l'élévation, réunions d'initiation où l'on élève spirituellement les adeptes.
  88. al-balāgh al-sābi' : Le Septième Message, un des degrés de l'initiation ismaélienne.
  89. al-nāmūs al-a'ẓam : La Loi Suprême, le degré le plus élevé de la connaissance ésotérique.
  90. Sa'īd : Sa'īd ibn al-Ḥusayn, fondateur de la dynastie fatimide, connu sous le nom de 'Ubayd Allah al-Mahdī.
  91. al-Khurramī : Al-Khurramī, secte gnostique et antinomienne d'origine iranienne.
  92. Abū al-Qāsim ibn al-Abyaḍ al-'Alawī : Un prédicateur ismaélien.
  93. Salamiyya : Ville de Syrie, centre important de la da'wa ismaélienne.
  94. Abū al-Shal'ala' : Personnage lié à la généalogie des Fatimides.
  95. Sijilmāsa : Ville du sud-est du Maroc, capitale des Banū Midrār.
  96. 'Ubayd Allah : Nom de règne de Sa'īd, fondateur des Fatimides.
  97. Ahwāz : Région du sud-ouest de l'Iran.
  98. Amr ibn al-Layth : Gouverneur saffaride du Khurāsān (mort en 902).
  99. Ahl al-Bayt : Les Gens de la Maison, la famille du Prophète Muhammad.
  100. al-Yasa' ibn al-Midrār : Dernier émir midraride de Sijilmāsa.
  101. Abū 'Abd Allah al-Ḥusayn ibn Aḥmad ibn Zakariyyā al-Kūfī : Prédicateur ismaélien qui a préparé l'avènement des Fatimides au Maghreb.
  102. ṣabr : Coloquinte, plante amère, symbole de l'amertume.
  103. Ifrīqiya : Région correspondant à l'actuelle Tunisie et l'est de l'Algérie.
  104. Kutāma : Tribu berbère du Maghreb, soutien des Fatimides.
  105. al-Mahdī : Le guide, figure eschatologique de l'islam, pour les Ismaéliens, l'imam attendu.
  106. al-khashab : Le bois, nourriture grossière, symbole d'ascétisme.
  107. shaykh al-mashāyikh : Le cheikh des cheikhs, titre honorifique.
  108. Abū Zākī Tammām ibn Mu'ārik : Un des grands shī'ites de l'époque.
  109. al-Qā'im : Le Résurrecteur, titre du successeur désigné.
  110. aṣḥāb al-ḥadīth : Les traditionalistes, spécialistes du hadith.
  111. Banū Basṭām, Banū Abī al-Baghl, Āl al-Furāt : Familles shī'ites influentes de Bagdad.
  112. Abū al-Ḥasan Muḥammad ibn Aḥmad al-Nasafī : Prédicateur ismaélien au Khurāsān.
  113. Naṣr ibn Aḥmad : Souverain samanide (mort en 943).
  114. Abū Ḥātim Aḥmad ibn Ḥamdān : Prédicateur ismaélien à Rayy.
  115. Rayy : Ville de l'Iran actuel, près de Téhéran.
  116. Asfār ibn Shīrūya : Chef militaire daylamite.
  117. riwāyāt : Traditions, hadiths.
  118. 300 de l'Hégire : Année 912-913 du calendrier chrétien.
  119. ṭulū' al-shams min maghribihā : Le lever du soleil à son couchant, signe eschatologique.
  120. Amīr al-mu'minīn : Commandeur des croyants, titre du calife, ici 'Alī ibn Abī Ṭālib.
  121. al-Malāḥim : Les Épopées, genre littéraire eschatologique.
  122. Ja'far al-Muqtadir bi-llāh : Calife abbasside (r. 908-932).
  123. al-Karkhiyīn : Famille shī'ite de Bagdad.
  124. Āl Nawbakht : Famille shī'ite de savants et de vizirs.
  125. al-Baḥrayn : Région de l'Arabie orientale, centre de la da'wa qarmate.
  126. Abū Sa'īd al-Jannābī : Chef qarmate de Bahreïn (mort en 913).
  127. al-Qāsim ibn Sīmā al-Farghānī : Général abbasside.
  128. Thumal : Chambellan abbasside, commandant de la flotte.
  129. al-Qâ'im Amîr al-Mu'minîn : Titre califal fatimide signifiant 'Celui qui se lève, Commandeur des croyants'.
  130. al-Mahdiyya : Ville fondée par le premier calife fatimide, al-Mahdî, en Ifrîqiya (actuelle Tunisie).
  131. 'Â'isha et son époux : Allusion à 'Â'isha, épouse du Prophète Muhammad, et à son père Abû Bakr, premier calife, que les chiites considèrent comme usurpateurs.
  132. Hujja : Terme chiite désignant la 'Preuve' de Dieu sur terre, souvent l'imam.
  133. Mahdî : Le 'Bien guidé', figure eschatologique attendue par les musulmans.
  134. Abû Tâhir al-Qarmatî : Chef des Qarmates, secte ismaélienne radicale établie à Bahrayn.
  135. septième message et Nomos suprême : Termes techniques de la prédication ismaélienne ; le 'Nomos suprême' (al-nâmûs al-a'zam) désigne la loi divine suprême ou le secret de la mission prophétique.
  136. 'alawite : Descendant de 'Alî ibn Abî Tâlib, gendre du Prophète.
  137. imam Qâ'im : Titre imamite désignant l'imam qui se lève pour établir la justice.
  138. Djabal : Région montagneuse du Maghreb, probablement l'Aurès ou les monts des Kabyles.
  139. ibâdite : Membre de l'ibâdisme, branche de l'islam kharijite.
  140. impôts illicites : Référence aux taxes non coraniques (mukûs) perçues par les Fatimides.
  141. Qarâmita : Pluriel de Qarmate, secte ismaélienne radicale.
  142. prédicateurs : Les dâ'îs, missionnaires de la prédication ismaélienne.
  143. traditionnistes : Spécialistes du hadith, les récits attribués au Prophète.
  144. tarâwîh : Prières surérogatoires nocturnes du mois de Ramadan.
  145. places frontières : Les thughûr, forteresses à la frontière avec l'Empire byzantin.
  146. associationnisme : Le shirk, polythéisme ou association d'autres divinités à Dieu.
  147. cercle d'étude : Halaqa, cercle d'enseignement dans une mosquée.
  148. Ja'far ibn Muhammad : Ja'far al-Sâdiq, sixième imam chiite, figure vénérée par les Ismaéliens.
  149. zindîqs : Terme désignant les hérétiques, souvent manichéens ou dualistes.
  150. Aydhâb : Port sur la mer Rouge, en Haute-Égypte, étape vers le Hedjaz.
  151. al-Mu'izz li-Dîn Allâh : Titre califal fatimide signifiant 'Celui qui rend glorieuse la religion de Dieu'.
  152. 341 de l'hégire : Correspond à 952-953 apr. J.-C.
  153. partisans : Les shî'a, partisans de 'Alî et de sa descendance.
  154. Banû al-'Abbâs : Les Abbassides, dynastie califale sunnite basée à Bagdad.
  155. Daylamites : Peuple des montagnes du nord de l'Iran, souvent mercenaires chiites.
  156. Pierre Noire : La Pierre Noire de la Ka'ba, mais ici métaphore pour Kâfûr, l'eunuque noir.
  157. Kâfûr : Eunuque noir, gouverneur ikhshidide d'Égypte (mort en 968).
  158. 356 de l'hégire : Correspond à 966-967 apr. J.-C.
  159. Ibn 'Ubayd Allâh ibn al-Ikhshîd : Abû Muhammad al-Hasan, dernier souverain ikhshidide d'Égypte.
  160. prédication : La da'wa ismaélienne, propagande fatimide.
  161. al-Anbâr : Ville d'Irak, sur l'Euphrate.
  162. Jawhar : Jawhar al-Siqillî, général fatimide d'origine sicilienne, conquérant de l'Égypte.
  163. 358 de l'hégire : Correspond à 968-969 apr. J.-C.
  164. Qalshâna : Localité en Ifrîqiya, peut-être près de Kairouan.
  165. Qârûn : Coré, personnage biblique et coranique connu pour sa richesse.
  166. 362 de l'hégire : Correspond à 972-973 apr. J.-C.
  167. al-Ahsâ' : Région de l'est de l'Arabie, centre des Qarmates.
  168. Kutâma : Tribu berbère, soutien militaire des Fatimides.
  169. zindīq : Terme désignant un hérétique, souvent manichéen ou dualiste, accusé de cacher son incroyance sous une apparence musulmane.
  170. tashayyu' : Attachement au parti de 'Alī, c'est-à-dire le chiisme ; ici, utilisé comme une façade pour cacher leurs véritables croyances.
  171. al-jammāl : Le chamelier, désignant ici le Prophète Muhammad, par allusion à son métier de commerçant voyageant avec des chameaux.
  172. al-Mahdī : Le Mahdi, figure eschatologique de l'islam, un guide attendu par les musulmans pour rétablir la justice avant la fin des temps.
  173. Coran 7:187 : Sourate al-A'râf, verset 187 : « Ils t'interrogent sur l'Heure : quand viendra-t-elle ? Dis : Sa connaissance est auprès de mon Seigneur. »
  174. Coran 31:34 : Sourate Luqmân, verset 34 : « Dieu détient la connaissance de l'Heure. »
  175. Ja'far ibn Muhammad : Ja'far as-Sâdiq, le sixième imam des chiites duodécimains, considéré comme une autorité religieuse et scientifique.
  176. badā : Concept théologique signifiant un changement de décision divine, rejeté par l'islam sunnite mais utilisé par certains courants chiites.
  177. al-Bāṭiniyya : Les Batinites, courant ésotérique de l'islam, souvent associé aux Ismaéliens, qui privilégient le sens caché (bâtin) des textes religieux.
  178. hadith : Parole prophétique rapportée : « Une maison où il n'y a pas de dattes, ses habitants ont faim. »
  179. hadith : Parole prophétique : « La guérison est dans une cuillerée de miel, une saignée, ou un verset du Livre de Dieu. »
  180. hadith : Parole prophétique : « La truffe est de la manne, et son eau est un remède pour l'œil. »
  181. hadith : Parole prophétique : « Que contiennent les deux choses comme guérison : la patience et la difficulté ? »
  182. Abou Bakr as-Siddiq : Premier calife de l'islam, compagnon et beau-père du Prophète Muhammad.
  183. ar-Rabi' ibn Khaytham : Célèbre ascète et savant musulman de la génération des successeurs (tâbi'ûn).
  184. Al-Hasan : Al-Hasan al-Basrî, célèbre prédicateur et ascète musulman du premier siècle de l'hégire.
  185. al-halīlaj wa al-talīlaj : Le myrobolan et le télij, fruits utilisés en médecine traditionnelle indienne et persane.
  186. Zamzam : Puits sacré situé dans la mosquée de La Mecque, dont l'eau est considérée comme bénie et curative.
  187. at-tiryāq : La thériaque, remède universel dans l'Antiquité et au Moyen Âge, composé de nombreux ingrédients.
  188. Hunayn ibn Ishaq : Médecin et traducteur chrétien nestorien du IXe siècle, célèbre pour ses traductions d'œuvres médicales grecques en arabe.
  189. Ibn Zakariyya ar-Razi : Célèbre médecin et philosophe persan du IXe-Xe siècle, connu en Occident sous le nom de Rhazès.
  190. Khorasan : Région historique couvrant le nord-est de l'Iran, l'Afghanistan et l'Asie centrale.
  191. al-isbīdāj : L'aspic, une gelée de viande ou de poisson, utilisée ici comme remède.
  192. Nishapur : Ville historique du Khorasan, en Iran, centre culturel et scientifique important.
  193. Tabaristan : Région historique au nord de l'Iran, sur la côte de la mer Caspienne.
  194. Fars : Province du sud-ouest de l'Iran, berceau de la civilisation perse.
  195. ḥummā ad-daqq : Fièvre hectique, fièvre récurrente associée à des maladies chroniques comme la tuberculose.
  196. bīmāristānāt : Hôpitaux, établissements de soins dans le monde islamique médiéval.
  197. qufā' : Lèpre ou une maladie cutanée grave, peut-être la lèpre ou une forme de dermatose.
  198. sā'ūr : Scalpel ou instrument chirurgical tranchant.
  199. al-Maymar : Titre d'un ouvrage de Galien, peut-être 'Le Livre des expériences' ou un traité médical.
  200. 36 : Renvoi à une note ou section dans le texte original.
  201. Ibn Nafīs : Médecin célèbre, probablement 'Alā' al-Dīn Ibn Nafīs, mais le contexte suggère un médecin antérieur.
  202. sini nīf wa thalāthīn wa thalāthimi'a : Années 330 de l'Hégire, soit environ 941-951 de l'ère chrétienne.
  203. ayhal : Plante toxique, peut-être une espèce de ciguë ou de jusquiame.
  204. saqamūniyā : Scammonée, une plante aux propriétés purgatives.
  205. iqnīmūn al-aqrīṭishī : Epithymum crétois, une plante parasite utilisée en médecine.
  206. bīsh : Aconit, une plante très toxique.
  207. 38 : Renvoi à un hadith ou une note dans le texte original.
  208. 39 : Renvoi à un proverbe ou hadith dans le texte original.
  209. al-Tilmīdh : Surnom d'un médecin, signifiant 'le disciple'.
  210. adhara : Tumeurs ou gonflements, peut-être des kystes ou des hernies.
  211. al-Miṣbāḥ : Ouvrage ou titre, peut-être 'La Lampe' ou un livre de référence.
  212. Ibn Zakariyyâ al-Râzî : Célèbre médecin et philosophe persan (865-925), connu en Occident sous le nom de Rhazès.
  213. Abû al-Qâsim al-Balkhî : Théologien mu‘tazilite du Xe siècle, originaire de Balkh.
  214. alchimie : Art hermétique visant à transmuter les métaux vils en or et à trouver l'élixir de longue vie.
  215. Ibn Mâsawayh : Médecin chrétien nestorien du IXe siècle, auteur d'ouvrages médicaux.
  216. cataracte : Opacification du cristallin de l'œil entraînant une perte de vision.
  217. Galien : Médecin grec de l'Antiquité (129-216), dont les travaux ont dominé la médecine médiévale.
  218. saignée : Pratique médicale consistant à ouvrir une veine pour évacuer du sang, censée rétablir l'équilibre des humeurs.
  219. Byzantins : Habitants de l'Empire byzantin, souvent désignés comme 'Rûm' dans les sources arabes.
  220. ventouses : Technique thérapeutique utilisant des coupelles chauffées pour créer une succion sur la peau.
  221. art du discours : Science du kalâm, théologie dialectique islamique.
  222. habitude : Concept théologique désignant la régularité des phénomènes naturels, sans lien causal nécessaire.
  223. mazdéen : Adepte du mazdéisme, religion préislamique de Perse fondée par Zoroastre.
  224. Abû ‘Abd Allâh al-Hasan ibn ‘Alî al-Basrî : Savant musulman du Xe siècle, probablement un traditionniste ou un théologien.
  225. al-Makhram : Quartier de Bagdad, situé dans la partie orientale de la ville.
  226. Abû al-Hasan ibn Ka‘b al-Ansârî : Savant musulman, probablement un médecin ou un théologien.
  227. Abû Bakr Ahmad ibn ‘Alî al-Râzî : Personnage non identifié avec certitude, peut-être un médecin ou un savant.
  228. sabéens : Groupe religieux de Harran, souvent associé à l'astrologie et à la médecine.
  229. Abû al-Hasan al-Karkhî : Juriste hanafite du Xe siècle, originaire de Karkh, quartier de Bagdad.
  230. al-Marwazî : Médecin originaire de Merv, au Khorasan.
  231. Abû Hâshim ibn Abî ‘Alî : Théologien mu‘tazilite du IXe siècle, fils d'Abû ‘Alî al-Jubbâ’î.
  232. Aristote : Philosophe grec (384-322 av. J.-C.), dont les œuvres ont été largement commentées dans le monde islamique.
  233. Ya‘qûb ibn Yûhannâ al-Wâsitî : Personnage non identifié, probablement un médecin ou un disciple.
  234. Muwaffaq ibn al-Mutawakkil : Prince abbasside, fils du calife al-Mutawakkil, mort en 891.
  235. apoplexie : Terme ancien désignant un accident vasculaire cérébral ou une attaque soudaine.
  236. al-Kindî : Philosophe et savant arabe du IXe siècle (801-873), connu comme le 'Philosophe des Arabes'.
  237. al-Mu‘tasim : Calife abbasside (r. 833-842), fils de Hârûn al-Rashîd.
  238. fatūl : Terme désignant un type de scorpion, peut-être une espèce particulière.
  239. al-Bindanjayn : Localité de la région d'al-Ahwāz, dans le sud-ouest de l'Iran actuel.
  240. Rāmhurmuz : Ville du Khuzestan, en Iran.
  241. 'Askar Mukram : Ville historique du Khuzestan, en Iran.
  242. al-Ahwāz : Région du sud-ouest de l'Iran, correspondant à l'antique Susiane.
  243. Kindī : Surnom d'un individu, probablement un mécréant, à ne pas confondre avec le célèbre philosophe al-Kindī.
  244. Kūfa : Ville d'Irak, fondée au VIIe siècle.
  245. toutes ses richesses : Le texte dit 'anfaqa amwālahu kullahā', il dépensa toutes ses richesses.
  246. Ibn Zakariyyā al-Rāzī : Célèbre médecin et philosophe persan (865-925), souvent critiqué pour ses opinions hétérodoxes.
  247. Bukhārā : Ville d'Asie centrale, aujourd'hui en Ouzbékistan.
  248. sikhāj : Plat de viande cuit dans du vinaigre, typique de la cuisine médiévale arabe.
  249. découvert : Le plat était laissé à découvert, sans couvercle.
  250. brisa le récipient : Le texte dit 'aramat al-qaṣ'a', elle brisa le plat, par dégoût ou pour éviter que d'autres n'en mangent.
  251. lépreux : Le texte dit 'majdhūm', atteint de lèpre.
  252. Yahyā ibn Khālid : Médecin réputé, peut-être lié à la cour abbasside.
  253. la quadrature d'al-Aḥnaf : Expression obscure ; 'murabba'a' pourrait désigner un instrument ou une méthode, et al-Aḥnaf est un personnage historique.
  254. Ḥunayn : Ḥunayn ibn Isḥāq (809-873), célèbre médecin et traducteur chrétien nestorien.
  255. Ibn 'Abd al-Wahhāb : Personnage non identifié, probablement un secrétaire ou écrivain.
  256. Abū Ḥanīfa : Fondateur de l'école juridique hanafite (699-767), connu pour sa tolérance relative concernant certaines boissons fermentées.
  257. vin cuit : Jus de raisin cuit, considéré comme non alcoolisé par certains.
  258. Abū Ja'far al-Manṣūr : Deuxième calife abbasside (r. 754-775).
  259. Jundaysābūr : Ville du Khuzestan, célèbre pour son académie médicale.
  260. dhimmī : Non-musulman protégé vivant en terre d'islam.
  261. fiole d'urine : Instrument utilisé par les médecins pour l'uroscopie, diagnostic par l'examen de l'urine.
  262. masâmîr al-rukab : Littéralement « clous des genoux », surnom donné aux dattes par les marins pour leur capacité à soulager la fatigue.
  263. karb : Fibres du palmier, utilisées comme combustible.
  264. Abû 'Uthmân 'Amr ibn Bahr : Célèbre écrivain et théologien mu'tazilite, connu sous le nom d'al-Jâhiz (mort en 869).
  265. al-hummayât : Fièvres, maladies fébriles.
  266. buhran : Crise, moment critique d'une maladie où se produit un changement décisif.
  267. al-mujabbira : Les jabrites, partisans du libre arbitre nié, affirmant que toutes les actions sont créées par Dieu.
  268. Abû Hâshim : Abû Hâshim al-Jubbâ'î, théologien mu'tazilite (mort en 933).
  269. Mânî al-qiss : Mânî, fondateur du manichéisme, qualifié de « prêtre » (qiss) par l'auteur.
  270. al-ḥanẓal wa al-sqamûniyâ : La coloquinte (plante amère) et le scammonée (gomme-résine purgative).
  271. Abû 'Alî : Probablement Abû 'Alî al-Jubbâ'î, théologien mu'tazilite (mort en 915).

La deuxième partie

Si cela est nécessaire, cet acte et cet effet doivent être attribués au soleil. Puis il dit : « Le soleil se lève sur toute la terre et les montagnes, mais la plupart d'entre elles ne font rien pousser. Et le soleil se couche sur la terre pendant une durée égale à celle de son lever. Pourquoi donc cet effet serait-il attribué à son lever plutôt qu'à son coucher, alors que la végétation reste dans le même état ? » Il leur dit : « Le laboureur laboure la terre au moment du labour, y amène l'eau, y met du fumier et de la terre selon ses besoins, et elle pousse et prospère grâce à cette action de sa part. Mais si elle n'est pas labourée, ensemencée et arrosée, elle ne pousse ni peu ni beaucoup, même si le soleil, la lune et les étoiles se lèvent sur elle. Si vous attribuiez cette pousse et cette prospérité au paysan laboureur, ce serait plus plausible et plus proche que de les attribuer au soleil, car le laboureur est vivant, puissant et savant. Et si le soleil était vivant, puissant et savant, la végétation et la prospérité se produiraient lors de l'action du laboureur, non lors du lever du soleil. Qu'en est-il donc, alors que le soleil, la lune et les étoiles sont inertes et morts ? La science qu'ils sont inertes et morts est aussi certaine que la science que les nuages, l'éclair, l'eau, le vent, le feu, l'or, le rubis et le verre sont inertes et morts. » Or Mani 1 prétend que tous les corps du ciel et de la terre, petits et grands, sont doués d'ouïe, de vue, de sensation et de perception. Il n'y a pas de différence entre celui qui prétend cela et celui qui prétend la même chose des rayons du soleil et de la lune, et qu'ils sont scribes et orateurs. Nous n'avons mentionné cela que pour nous étonner de son ignorance et de l'ignorance de ses disciples et de ceux qui disent comme lui. Si l'on dit : « Pourquoi ne dites-vous pas que la végétation et la prospérité sont l'œuvre du laboureur, comme vous l'imposez à votre contradicteur ? » On lui répond : « Si c'était son œuvre, il la ferait à tout moment, elle serait permanente et se produirait selon la force et l'abondance qu'il organise. Mais comme ce n'est pas le cas, on sait qu'il ne la fait pas, mais que c'est une chose que Dieu a accoutumée 2 lors du labour du laboureur et lors du lever du soleil, et qu'elle peut ne pas se produire, comme cela a déjà été mentionné. » Parmi les questions posées à ces prédicateurs que nous avons mentionnés précédemment, il y a sa parole — que la prière et la paix soient sur lui — : « Jeûnez, vous serez en bonne santé. » Ils dirent : « Or, il y a ici quelqu'un qui jeûne et tombe malade, et parfois même périt. » On leur répondit : « Cette parole a été dite à celui que le jeûne améliore et qui a besoin de jeûner. Les interlocuteurs l'ont comprise ainsi. Ne vois-tu pas qu'il leur a dit que le voyageur, le malade et le vieillard n'ont pas à jeûner, et que l'obligation leur est levée ? Ainsi est la Loi 3 et l'explication. Il leur récita alors ce que son Seigneur — qu'Il soit exalté et glorifié — lui a révélé. » Parmi les questions qu'ils posaient, il y a sa parole — que la prière et la paix soient sur lui — : « Voyagez, vous gagnerez 4 » et « Bénédiction a été accordée à ma communauté dans son matin 5 ». Ils dirent : « Nous trouvons des gens qui voyagent et ne gagnent rien, et d'autres qui se lèvent tôt et sont parfois dépouillés ou tués. » On leur répondit : « La réponse à cela a déjà été donnée : il — que la prière et la paix soient sur lui — a ordonné cela à celui qui en a besoin, pour qu'il le fasse de la manière dont son esprit juge prépondérant qu'il sera sain et sauf et en tirera profit. Ne vois-tu pas qu'il — que la prière et la paix soient sur lui — n'a pas ordonné cela aux malades, aux impotents, ni dans les périodes de chaleur torride ? Au contraire, il l'a interdit et leur a récité la révélation de Dieu — qu'Il soit exalté et glorifié — : « Ne vous jetez pas par vos propres mains dans la destruction » 6 et « Prenez vos précautions » 7. Ceux qu'il a interpellés ont compris son intention à cet égard, et qu'il n'a pas ordonné cela en toute circonstance, surtout en cas de pluie empêchante, de froid, de chaleur ou d'ennemi redoutable. Il — que la prière et la paix soient sur lui — a interdit de prendre la mer et tout ce qui comporte risque et danger, au point qu'il a rapporté que quiconque monte sur un toit non protégé 8 est dégagé de toute responsabilité, et que quiconque prend la mer en période de tempête est dégagé de toute responsabilité. » Parmi les choses qu'ils lui reprochent — que la prière et la paix soient sur lui — il y a sa parole : « Si l'on m'offrait un bras 9, je l'accepterais ; et si l'on m'invitait à un pied 10, je répondrais. » Ils dirent : « C'est une manière de s'imposer aux gens, de convoiter leurs biens et de ruser pour obtenir ce qu'ils ont : apportez-moi quelque chose, faites-moi un cadeau, donnez-moi à manger. » On leur répondit : « Sa pureté et son élévation sont des choses connues : il — que la prière et la paix soient sur lui — a possédé la péninsule arabique, qui est plus vaste que la péninsule byzantine, s'étendant des arbres d'Oman jusqu'aux confins du Sham en longueur... » ... parmi eux, d'une grande importance, et elle subsiste encore aujourd'hui 11... ... il l'a possédée, l'a rassemblée et a apporté ce qui lui appartenait. Il s'est privé, ainsi que ses épouses et sa famille, de tout cela, et l'a distribué et donné aux gens, comme cela a déjà été expliqué pour toi en plusieurs endroits de ce livre. Il est connu de sa biographie qu'il récompensait celui qui lui offrait un cadeau par un don multiple. Une personne équitable ne se détourne pas d'une chose connue et certaine à cause d'une expression ambiguë. Comment cela serait-il possible, alors que cette parole de lui — que la prière et la paix soient sur lui — fait partie des nobles enseignements et des recommandations généreuses, et qu'elle interdit de mépriser les pauvres et les nécessiteux ? Il est obligatoire pour les riches d'accepter ce que les pauvres leur offrent, même si c'est insignifiant et peu, et de répondre à leur invitation à leurs repas de noces 12, même si c'est peu, et de montrer à cette occasion joie, satisfaction et bonne humeur. Il — que la prière et la paix soient sur lui — disait : « Méfiez-vous de l'affectation 13. Lorsqu'un visiteur se présente chez l'un d'entre vous, qu'il ne s'impose pas ce qu'il n'a pas. Quel malheur pour l'un d'entre vous de s'imposer ce qu'il n'a pas ! Quel malheur pour lui de mépriser ce qu'il a ! Quel malheur pour l'un d'entre vous, lorsqu'un frère se présente chez lui, de mépriser ce qu'il lui offre ! » 14 Cela est connu de ses recommandations, et ses Compagnons les ont reçues de lui. C'est pourquoi le Commandeur des croyants Ali ibn Abi Talib — que Dieu l'agrée — dit à un homme qui l'invitait à un repas de noces : « Ne t'impose pas pour nous ce que tu n'as pas, et ne retarde pas pour nous ce que tu as. » C'est pourquoi Salman al-Farisi — que Dieu lui fasse miséricorde — offrit à ses visiteurs du pain et du sel grossièrement moulu et leur dit : « Mangez, voilà ce qui est disponible. Si le Messager de Dieu — que la prière et la paix soient sur lui — ne nous avait pas interdits de faire des frais 15, j'aurais fait des frais. » Or Salman était un émir sur trente mille hommes, nommé par Umar ibn al-Khattab 16. ... dans le domaine de la religion et du monde, un profit [tiré] de grandes calamités 17... Cela peut le pousser à s'emparer des biens des gens et à mépriser les pauvres, le faisant tomber dans tout ce qu'il déteste : l'amertume de la vie, la peine dans l'immédiat et le châtiment dans l'au-delà. Si je me mettais à expliquer l'ampleur du bénéfice de cette recommandation, le livre s'allongerait. Combien y a-t-il en elle de rejet de l'orgueil, qui ne convient pas à l'homme, qui le perd, attire sur lui la colère de Dieu et de Ses serviteurs, et expose ses bienfaits à la disparition ? Cela fait partie de son humilité — que la prière et la paix soient sur lui — et de ses bénédictions sur les mondes, par ses nobles recommandations utiles dans la religion et le monde, que les gens ont délaissées à droite et à gauche. S'ils les avaient recherchées et mises en pratique, elles les auraient suffisamment aidés dans la religion et le monde. Abu Ahmad al-Hasan ibn Sa'id al-Askari — que Dieu lui fasse miséricorde — a rassemblé mille recommandations. Cherche-les et écris-les. Cela fait partie des bonnes choses que ces gens ont prises pour des défauts. Mais la déception et la faillite les ont rendus plus nécessiteux, car ils n'ont trouvé en lui — que la prière et la paix soient sur lui — aucun motif de critique. De même, ils ont critiqué la parole d'Abu Bakr al-Siddiq lorsqu'il voulut désigner Umar comme successeur. Talha ou un autre lui dit : « Que diras-tu à ton Seigneur lorsque tu auras placé sur nous un homme rude et dur ? » Il répondit : « Est-ce de mon Seigneur que tu me menaces ? Lorsqu'Il m'interrogera, je Lui dirai : J'ai placé sur eux le meilleur d'entre eux, le plus utile pour eux, le plus soucieux de leur rectitude et le plus fort sur eux. » Ces critiques dirent : « C'est de la tyrannie et de l'orgueil de sa part. » Mais il n'en est pas comme ils l'ont pensé. C'est plutôt une parole de quelqu'un qui a confiance en son argument et qui s'appuie sur la vérité. Cela ressemble à ce que Dieu a dit à Son Messager — que la prière et la paix soient sur lui — de dire à ses ennemis : « Dis : Invoquez vos associés, puis complotez contre moi et ne me donnez aucun répit » 18. Et cela ressemble à la parole de Hud — que la paix soit sur lui — à son peuple 19... ... le Commandeur des croyants Ali ibn Abi Talib — que la paix soit sur lui 20... ... Ali est tombé 21. Ils ont critiqué sa parole — que la prière et la paix soient sur lui — : « Lorsqu'une mouche tombe dans le récipient de l'un d'entre vous, plongez-la entièrement 22, car dans l'une de ses ailes se trouve une maladie et dans l'autre le remède. » Il commence par celle qui contient la maladie. Cela n'est pas répréhensible. On observe la mouche à miel 23 : dans son dard se trouve le remède, et dans son ventre le miel, qui est la guérison. Ils lui reprochent aussi qu'après avoir mangé, il léchait ses doigts. Ils dirent : « C'est de la saleté. Où sont les bonnes manières de Kisra 24 et des Perses ? Eux ne mangeaient qu'avec des couverts 25 et avec ce qui est coupé au couteau. » Cela aussi fait partie de ses mérites et de ses vertus : il léchait ses doigts, prenait quelqu'un en croupe derrière lui 26, raccommodait son vêtement, réparait sa sandale, aidait son serviteur, marchait avec l'invité, la veuve et le pauvre pour leurs besoins, et agissait pour eux. Combien de recommandations n'a-t-il pas faites à ce sujet ! Ainsi faisaient ses califes et ses gouverneurs envers leurs sujets. Cela est mentionné en son lieu. L'homme ne répugne pas à sa propre salive ni à celle de son enfant et de ses proches. La salive est l'une des grandes grâces de Dieu envers Ses créatures. Son dessèchement et sa disparition de la bouche de l'homme entraînent sa perte. C'est par elle qu'il avale sa nourriture. Les bienfaits qu'elle contient sont trop nombreux pour être comptés. Cela fait partie de l'humilité des prophètes et de l'enseignement aux gens de leur valeur. C'est pourquoi il — que la prière et la paix soient sur lui — cracha un jour dans sa paume, puis y posa son doigt et dit : « Dieu — béni et exalté soit-Il — dit : "Fils d'Adam, comment peux-tu Me défier alors que Je t'ai créé d'une chose semblable à cela ? Puis, lorsque Je t'ai formé et équilibré, tu marches entre deux vêtements 27 et la terre tremble sous toi. Tu amasses et tu refuses. Jusqu'à ce que, lorsque [l'âme] atteint la clavicule, tu dis : "Je veux faire l'aumône." Et Moi, ou bien 28..." » ... la tombe dit au mort lorsqu'on l'y dépose : « Malheur à toi 29... pour l'obscurité, la maison de la solitude et la maison des vers. Qu'est-ce qui t'a trompé à mon sujet alors que tu passais près de moi en te pavanant 30 ? » [C'est celui qui se pavane dans sa démarche, avance un pied et recule l'autre, et fait le fier.] C'est pourquoi Malik ibn Dinar dit à al-Muhallab ibn Abi Safra, alors qu'il marchait — et il était un grand roi et un puissant souverain — : « Quelle est cette démarche que Dieu déteste, sinon entre les deux rangs 31 ? » Al-Muhallab lui dit : « Me connais-tu donc ? » Il répondit : « Oui. » Il dit : « Qui suis-je ? » Malik dit : « Tu es celui dont le commencement est une goutte de sperme impure, et dont la fin est un cadavre puant, et entre les deux tu portes de l'ordure. » Al-Muhallab eut honte et lui dit : « Tu m'as fait connaître ma véritable nature. » Combien de tels exemples dans les recommandations des prédécesseurs et leurs bonnes manières — que Dieu les agrée ! Ceux-ci les blâment et leur reprochent l'orgueil et la superbe, qui ne conviennent pas à celui dont la description est celle donnée par Malik ibn Dinar, comme ils lui reprochent — que la prière et la paix soient sur lui — d'avoir interdit l'ivresse 32, le chant, le port de la soie et du brocart, l'usage de récipients en or et en argent, la nudité 33 et le partage de l'épouse 34. Quant à Nizar, surnommé al-Aziz 35, il n'interdit pas cela, se pare de joyaux, se rend à la prière avec des instruments de musique 36, et devant lui se tiennent des esclaves et des musiciens dénudés. Ils le considèrent comme impur — que la prière et la paix soient sur lui — et invoquent Kisra et les mages, alors qu'eux-mêmes se purifient avec de l'eau et se purifient avec l'urine 37 : l'urine est leur purification, la charogne est leur nourriture, la mère est son épouse, l'amie de son intendant dans son pays en son absence, et le mobed 38 la purifie avec l'urine lorsqu'il voit son sexe et le touche de sa main. La consommation de charogne est ce qu'ils attachent 39... ... jusqu'à ce qu'elle meure, et sa consommation est licite 40... Regarde donc ceux qu'ils ont pris pour faibles 41... ... ni la purification, comme cela a déjà été mentionné. Et ils ne mangent pas avec les musulmans dans leurs pays dans une même assiette. Reconnais donc cela de leurs états, de leur transgression contre Dieu et de leur inimitié envers le Messager de Dieu — que la prière et la paix soient sur lui.

Al-Ḥasan ibn Aḥmad, roi de Bahreïn, dit à Abū l-Ḥasan al-Ḥarrazī lorsque celui-ci prit le joyau d’Égypte et qu’Abū Tamīm vint après lui : « Ô Abū l-Ḥasan, que penses-tu qu’Abū Tamīm fera lorsqu’il entrera en Égypte ? Et quel conseil lui donnerais-tu ? » Al-Ḥarrazī lui répondit : « S’il entre, qu’il relève ses chambellans 42, qu’il fasse preuve d’humilité, qu’il soit équitable envers les sujets, qu’il pleure et dise : “Je ne suis sorti que pour combattre les Byzantins, reconquérir les marches 43 et avoir pitié des gens de l’injustice des Daylamites 44”, alors il possédera la terre, et personne ne pourra lui résister. Ce ne sont que les fils de Sayf al-Dawla, Nāṣir al-Dawla et Mu‘izz al-Dawla 45, qui sont dans l’insouciance et l’orgueil ; leur armée est composée de Daylamites chiites. » Les espions d’al-Ḥasan ibn Aḥmad revinrent d’Égypte et racontèrent l’entrée d’Abū Tamīm, son costume, sa monture dorée, ses vêtements dorés, jusqu’à ses babouches, les joyaux sur sa tête et dans son turban, ceux de sa monture, qu’il fit manger les gens sur des tables en or et dans des récipients en or, et le grand nombre de ses chambellans. Al-Ḥasan dit à Abū l-Ḥasan al-Ḥarrazī : « Tu as entendu ce qu’il en est ; qu’en penses-tu ? » Al-Ḥarrazī lui répondit : « Gifle sa nuque 46 ! Personne ne peut te résister ; vous avez tous dévoilé votre charlatanerie et votre honte est morte. » Al-Ḥarrazī était audacieux envers eux ; ils le supportaient, le consultaient, et il leur racontait leurs ruses et leurs tromperies, qu’ils lui révélaient, et ils lui demandaient encore plus de ruses, lui faisant confiance. Al-Ḥasan se jeta donc sur Abū Tamīm comme nous l’avons dit, convoita ce qu’il convoitait, lui donna ce conseil, ils s’insultèrent mutuellement et se couvrirent de honte... 47 Il en mourut peu après, et Abū Tamīm en profita... 48 Il leur donna ce qu’ils voulaient avant qu’ils n’envoient quelqu’un d’autre contre lui, et il leur fit parvenir quarante lettres de leurs livres à ses pères et à lui, montrant leur sincérité mutuelle et que l’appel 49 était un, comme il a été dit précédemment. Ce discours n’est provoqué que par le blâme de ces ignorants envers le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – pour s’être léché le doigt 50 et pour n’avoir pas fait preuve de l’orgueil et de l’arrogance des rois. Or cela fait partie de ses qualités louables et des signes de sa prophétie. Et comme il a dit – que Dieu prie sur lui et le salue – : « Que celui qui aime que les hommes se lèvent devant lui prenne sa place en Enfer. » Il ne mangea jamais accoudé, s’asseyait par terre et disait : « Je ne suis qu’un serviteur ; je mange comme mangent les serviteurs et je m’assois comme s’assoient les serviteurs. » Il portait la laine et attachait la chèvre 51. Il entra à La Mecque lors de sa conquête avec dix mille hommes, monté sur une monture usée, au point que sa barbe touchait le milieu de sa jambe, par humilité. Plus Dieu lui donnait de pouvoir et d’autorité, plus il craignait Dieu, se rapprochait des pauvres et avait pitié d’eux. Ses vêtements sont connus ; il mourut – que Dieu prie sur lui et le salue – dans l’état que l’on sait. Son manteau 52, dont les califes se parent, valait deux dāniq 53. Yūsuf ibn Diḥya, roi d’Oman seul, porte des vêtements brodés d’or, utilise des récipients en or et en argent, possède des esclaves, des chevaux, des meubles et des trésors. Il en va de même pour le roi de Bahreïn, le roi d’Aden, le roi de Ṣan‘ā’ et du Yémen. Or le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – possédait tout cela, ainsi que Najrān, Taymā’, Tabūk, Wādī l-Qurā et d’autres lieux qu’il serait long de détailler. S’il avait voulu ce que voulaient ces gens, il aurait pu faire plus qu’eux. Nous avons mentionné cela et d’autres choses concernant ses califes et leur ascétisme. Ceux-ci... 54 Sache que la parole d’al-Ḥarrazī et de ‘Īsā ibn... 55 à Abū Ṭāhir, Abū Tamīm et Abū... 56 : « Vous vous êtes tous déshonorés malgré votre dissimulation », n’est qu’ignorance de ses miracles et des preuves de sa prophétie, et que c’est une chose que Dieu a préservée et pour laquelle Il a brisé la coutume 57. Jamais son argument n’a faibli, jamais sa preuve ne s’est éteinte, jamais un adversaire ne l’a réduit au silence, jamais un ennemi ne l’a humilié, malgré leur nombre, leur endurance et la longueur de leur lutte, comme cela a été dit précédemment. Mais ces ignorants ne comprennent pas ; ils ont considéré que la victoire et l’argument que Dieu lui a donnés étaient dus à la plénitude de son intelligence et à la justesse de sa gestion. Comme le disent Hishām ibn al-Ḥakam, Ibn al-Rāwandī et leurs semblables au sujet d’Abū Bakr al-Ṣiddīq – que Dieu l’agrée – : qu’il était déficient, lâche, ignorant et fou, que personne ne lui a prêté allégeance et que peu lui ont obéi, comme cela est mentionné et expliqué dans les livres imamites 58. On leur dit : « Comment a-t-il pu vaincre les Banū Hāshim, leurs partisans et leurs disciples, qui sont les plus intelligents, les plus courageux, les plus perspicaces et les plus nobles des hommes, au point d’être obéi de son vivant et que sa volonté soit exécutée après sa mort ? Son calife après lui a été obéi, et les recommandations de son calife par ses recommandations ont été exécutées après sa mort ; tous deux ont été obéis vivants et morts. » Ils dirent : « C’est que le temps 59 a été impuissant. » Leur excuse pour leur défaite fut de nommer « impuissance du temps » ce que Dieu lui avait donné comme argument, comme les premiers ont dit de l’argument du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – qu’il était plénitude d’intelligence et justesse d’opinion et de gestion. [Ce par quoi les Bāṭiniyya 60 mettent en doute le mariage du Prophète avec la fille de son affranchi Zayd ibn Ḥāritha] Parmi les attaques de ces prédicateurs contre le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – qu’ils répètent sans cesse, il y a qu’un jour il vint demander l’affranchie de Zayd ibn Ḥāritha alors qu’il n’était pas chez lui ; sa femme faisait du pain, elle sortit la tête du four et vint à lui... 61 ... et Zayd ibn Ḥāritha fut envoyé en expédition pour le tuer... 62 Certains shaykhs 63 disent que le sens de Sa parole : « Tu cachais en toi-même ce que Dieu allait révéler » 64 est : « Tu as commis l’adultère. » Celui qui réfléchit sait qu’ils mentent, avant même de savoir qu’il est un prophète véridique. Car Zayd ibn Ḥāritha – que Dieu l’agrée – était son affranchi et son compagnon de longue date, avant la prophétie et avant la révélation, intime avec lui, l’aimant, voyageant avec lui et demeurant avec lui. Sa femme Zaynab bint Jaḥsh était la fille de la tante paternelle du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et c’est lui qui l’avait mariée à Zayd. Il l’avait vue petite et grande ; si quelqu’un disait qu’il l’avait vue mille fois, on ne craindrait pas qu’il mente. Zaynab – que Dieu l’agrée – était une femme au mauvais caractère, souvent hostile à Zayd. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – en était peiné, détestait que Zayd soit blessé, interdisait à Zaynab cela, la réprimandait et ordonnait à Zayd de la supporter et d’être patient avec elle. Il – que Dieu prie sur lui et le salue – aurait souhaité, voyant son hostilité envers Zayd, ne pas l’avoir mariée à lui, à cause de ce que Zayd subissait de ses tourments, et il aurait été plus digne de patienter avec sa parente qu’un étranger. Dieu lui révéla qu’elle, malgré son caractère, était croyante, que Zayd allait la répudier, et que lorsqu’il la répudierait, il devait l’épouser et la prendre auprès de lui. Peu après, Zayd la répudia et vint l’en informer. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit à Zayd : « Reprends-la et garde-la », cachant à Zayd ce que Dieu lui avait révélé. Il fut blâmé de ne pas avoir informé Zayd de la révélation. Zayd ne voulut pas la reprendre ; elle observa sa période de viduité 65, et le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – l’épousa. Son histoire est celle que Dieu a mentionnée dans la sourate al-Aḥzāb 66. Dieu expliqua cela et la raison, et Il le blâma d’avoir caché ce qu’Il lui avait révélé... 67 Zayd resta constant dans... 68 l’amour et le sacrifice de sa vie dans l’obéissance... 69 à Mu’ta 70, donnant sa vie pour soutenir le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – après avoir dit adieu aux êtres chers. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – avait dit aux troupes de Zayd et à ceux qui étaient avec lui : « Zayd est votre commandant ; s’il meurt, alors Ja‘far ibn Abī Ṭālib ; s’il meurt, alors ‘Abd Allāh ibn Rawāḥa. » Zayd combattit les Byzantins, s’engagea dans le combat, reçut des coups de lance, des coups et des blessures, sans reculer ni fléchir, cherchant l’agrément de Dieu et le soutien de Son Messager, jusqu’à ce qu’il soit tué. Après lui, Ja‘far ibn Abī Ṭālib fut tué, puis Ibn Rawāḥa, dans l’histoire bien connue. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – ressentit leur perte avec une douleur bien connue. Usāma ibn Zayd avait, dans l’intimité et la proximité du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, la même position que son père. Il était aimé du Messager de Dieu comme son père, et on l’appelait Usāma le Bien-Aimé 71. Le Messager de Dieu, avant sa maladie de mort, le nomma commandant d’une grande armée pour partir contre les Byzantins. Il partit sous le califat d’Abū Bakr, combattit les Byzantins et lutta pour faire vivre la religion du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, poursuivit ses ennemis, obéit à ses alliés après lui, lutta, fut sincère et poursuivit sa route après la disparition des califes du Messager de Dieu, sans que l’on voie trace ni indice de ce que ces gens prétendent, ni du vivant de Zayd ni après sa mort, ni du vivant de son fils ni après, alors qu’ils étaient dans la sincérité, l’affection, l’intimité et l’amour après le mariage du Messager de Dieu avec Zaynab comme avant, en toutes circonstances, du vivant du Messager de Dieu et après sa mort, du vivant de ses califes et après leur mort. Or il y a, parmi les ennemis du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –... 72 ... bien connus, et leurs yeux sont tournés vers l’attaque... 73 ... ceci, à savoir qu’il aurait usurpé la femme d’un de ses proches, aurait forniqué avec elle et l’aurait épousée par inimitié envers lui, alors qu’il prétend à la prophétie et à la confiance, qu’il l’a choisi pour sa confiance et sa fidélité sur toute la création, qu’il est seul l’élite de Dieu et qu’il n’a pas d’égal en cela jusqu’au Jour de la Résurrection. Où étaient-ils donc face à cela ? Où étaient les Compagnons qui l’avaient suivi parce qu’il était prophète et véridique, et qui leur avait apporté l’interdiction de l’adultère et l’interdiction de tuer injustement ? Si l’on dit : « Ils ont parlé et ils ont désapprouvé », on leur répond : « S’il en était ainsi, cela serait arrivé comme des faits similaires. Il n’y a pas de différence entre celui qui prétend cela et celui qui prétend que Zayd ibn Ḥāritha a parlé de cela, s’est plaint, a harangué, a rassemblé des gens autour de lui, a combattu, est allé chez les Byzantins pour se soulever contre le Messager de Dieu et a apostasié sa religion. De même pour l’histoire de son fils Usāma après lui, sauf que cela nous a échappé et nous a trompés, alors qu’à vous cela est apparu et vous l’avez connu grâce à la supériorité de vos intelligences et de votre perspicacité. Nous vous avons dit maintes fois : si vous considériez ce qui est arrivé à vos imams et à vous-mêmes comme scandales, malgré votre dissimulation sous l’islam et votre prétention d’être des Fatimides 74, cela vous suffirait comme preuve de sa prophétie – que Dieu prie sur lui et le salue – alors que vous prétendez ce qui est en apparence plus grave que cela, à savoir que Fāṭima – sur elle la paix – a été frappée et que son fœtus a été tué dans son ventre publiquement, en présence d’al-‘Abbās, de ‘Alī et de tous les Banū Hāshim, et en présence des Émigrés et des Auxiliaires 75, alors qu’ils étaient les plus nombreux et les plus puissants. Cet événement est plus grave que l’événement de Karbalā’ 76, et ceux qui y ont assisté sont plus nombreux. Comment ne se sont-ils pas plaints au Messager... 77 Nous ne trouvons pas Abū Bakr, ‘Umar et les Banū Hāshim... 78 entre Zayd, Usāma et le Messager... 79 ... comme cela a été expliqué précédemment, au point que ‘Alī ibn Abī Ṭālib a donné en mariage à ‘Umar Umm Kulthūm bint Fāṭima bint le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, qu’il l’a épousée, a couché avec elle et elle lui a donné des enfants, elle que vous prétendez avoir été frappée et avoir eu son fœtus tué dans son ventre. Nous avons déjà donné, concernant ce que vous prétendez du reste, des arguments dont certains suffisent. Vous prétendez qu’Abū Bakr envoya al-Mughīra ibn Shu‘ba et al-Nu‘mān ibn Bashīr al-Anṣārī pour tuer Sa‘d ibn ‘Ubāda al-Anṣārī, leur chef, et qu’ils le combattirent. Cela est plus évident que ce que vous prétendez au sujet de Zayd. Comment ne prétendez-vous pas cela, alors que vous prétendez ce qui est plus évident ? Nous trouvons que les Khazraj 80, clan de Sa‘d ibn ‘Ubāda, sont les plus obéissants à Abū Bakr et ‘Umar, croient en leur imamat et cherchent à se rapprocher de Dieu en combattant à leurs côtés, au point que Qays ibn Sa‘d et Sa‘īd ibn Sa‘d sont parmi les plus intimes avec eux, leurs partisans et les commandants de leurs expéditions. Quiconque réfléchit et médite ne trouve que des preuves des mensonges de ces gens et de leurs prédécesseurs que nous avons mentionnés, comme Hishām et ses disciples. Parmi ce par quoi ils trompent les jouisseurs 81 et ceux qui leur répondent, ils disent : « Savez-vous pourquoi Muḥammad a interdit à ses épouses de se remarier après lui ? Il y a là un secret subtil et caché : c’est que... »

Elles avaient eu connaissance de sa magie et de ses ruses, et il craignait que quelqu'un après lui ne les épouse et qu'elles ne divulguent cela, car les femmes sont faibles et fragiles. Il le sut donc et les rendit illicites 82. Cela relève de sa sagesse et de sa perspicacité. Mais nous disons avant tout : d'où tenez-vous la validité de ces prétentions ? Est-ce une chose que vous avez apprise par des récits et des transmissions, ou par inspiration 83 ? Vos questions et vos doutes ne sont pas des doutes... ... d'éboueurs et de boiteux. Par ma vie, celui dont les guides, les maîtres et les imams sont ceux que nous avons mentionnés, dont nous avons rapporté la biographie, et qui ont un tel noble, tels sont ses doutes, ses questions, ses prétentions et ses arguments. Or, le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) a rendu illicites pour les hommes leurs mères, leurs filles, leurs sœurs, leurs tantes paternelles et maternelles, les filles de leurs frères et les filles de leurs sœurs. S'il les a rendues illicites, c'est pour la raison que vous avez dite, à savoir le secret subtil et l'intérieur caché. Apportez donc votre sagesse et votre perspicacité. Ensuite, nous vous interrogeons et vous disons : dites-nous quelles sont ces ruses et cette magie dont les femmes ont eu connaissance. Mentionnez-les-nous. S'ils disent : « Cela n'est pas apparu et nous ne l'avons pas connu », nous disons : « Comment savez-vous alors que l'interdiction était due à cela ? » S'ils disent : « Cela est apparu », nous disons : « À quoi sert alors l'interdiction des épouses ? » Apportez donc ce dont vous avez eu connaissance, car vous ne mentionnez que ce qui vous ressemble et ressemble à vos prédécesseurs. Quant à lui (que la prière et la paix soient sur lui), son affaire est dans l'évidence, la clarté et l'éloignement de tout soupçon, comme nous l'avons déjà mentionné. Les gens sensés acquièrent une clairvoyance accrue dans son affaire (que la prière et la paix soient sur lui) : il a réuni des coépouses 84 parmi les filles des ennemis et des alliés, et les a sevrées des biens de ce monde et de ce que sa main pouvait atteindre. Il a fait de même avec sa famille. Cette démarche est la démarche des innocents de tout soupçon et de toute bassesse. Parmi leurs questions : Abou al-Qasim al-Misri al-Iqlidisi al-Muhandis 85, résidant dans le quartier des chrétiens, attaché à... ... une belle femme était... ... tu ne la connais donc pas ?... ... à la suite de cela et... ... parmi les musulmans. Il prétendait qu'une femme venait à lui (que la prière et la paix soient sur lui) avec suspicion, et il trompait ses compagnons et ses épouses en disant : « C'est la santé 86 ». Cela faisait partie des plus grandes accusations contre lui à leurs yeux, et ils en étaient extrêmement heureux. [Leur prétention que le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) se dissimulait par certains de ses actes] Parmi les choses étonnantes de leur affaire : leurs chefs et les gens sensés parmi eux, lorsqu'ils sont déshonorés, se mettent à prier sur lui et à le décrire comme possédant sagesse, intelligence abondante, maîtrise de soi et longue patience, jusqu'à ce qu'il ne soit pas déshonoré. Or, moi, du début à la fin, avec cette dissimulation, nous sommes déshonorés à chaque clin d'œil. Regarde donc leur confusion, leur égarement et leur déshonneur dans tout ce qu'ils avancent et abordent, et comment ils se contredisent et démentent leurs propres paroles avec leurs langues. Ensuite, on leur dit : Cet homme a irrité les nations, les a prises pour ennemies, les a contrariées et a suscité leur colère. Il a revendiqué une autorité suprême au-dessus de laquelle il n'y a aucune autorité pour une créature. Il a imposé son obéissance, a obligé les gens à établir ses lois, à dépenser leurs biens pour faire vivre sa religion, à verser leur sang pour combattre son ennemi. Il leur a imposé ces obligations pénibles et difficiles dont nous avons déjà exposé le détail. Il a dit : « Quiconque les nie ou les réprouve mécroit en Dieu, son sang est licite, et il aura dans l'au-delà un châtiment éternel. » Ses adeptes ne lui ont obéi que parce qu'ils le considéraient comme un prophète véridique, et ils se sont rapprochés de Dieu par ce qui les a frappés en le suivant, comme nous l'avons déjà expliqué. Or, selon vous, il ment et se contredit dans les versets et les hadiths... ... pour forniquer avec leurs femmes... à cause de sa gestion, et ne pas faire fuir... ne pas s'effrayer... ... de lui, ses proches et ses intimes. Or, des chefs et ceux qui n'ont pas revendiqué ce qu'il a revendiqué ont été contestés pour bien moins, comme nous l'avons expliqué et mentionné à propos des vérificateurs et des falsificateurs. Lui, il a obtenu cette sécurité totale, et il a eu ses compagnons de son vivant et après sa mort. Cela est certes l'un de ses plus grands miracles et l'un de ses plus grands signes. Les lois de l'habitude ont été brisées pour lui en cela aussi, comme elles l'ont été en d'autres choses. Ceci est donc un témoignage de votre part en sa faveur, par lequel son argument contre vous se renforce. Il faut savoir que les versets au sujet desquels ces gens et leurs semblables, ses ennemis (que la prière et la paix soient sur lui), interrogent, et les hadiths authentiques rapportés de lui, ne visent pas ce qu'ils supposent ni ce qu'ils imaginent. Car s'il en était ainsi, ces ennemis qui étaient avec lui, dans son pays et à son époque, parmi les Quraychites, les Arabes, les Juifs et les Chrétiens, dont la finesse, l'inimitié, la ruse et la perfidie sont ce que nous avons déjà mentionné et expliqué, auraient parlé de cela, l'auraient utilisé comme argument, auraient discuté avec lui et avec ses compagnons. Cela leur aurait été plus facile que ce qu'ils ont entrepris pour anéantir son affaire, éteindre sa lumière et disperser les gens loin de lui, quitte à quitter leurs patries, dépenser leurs biens et verser leur sang. C'est par cet argument qu'Abou al-Hudhayl 87 et al-Shahham 88 réduisaient au silence les adversaires. Ibn al-Rawandi 89, al-Haddad 90 et al-Warraq 91... Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) n'est pas de ceux sur qui l'on peut porter une accusation... cela contre lui et sous... sur les difficultés de... de l'éloquence, il trouve... ... d'une vaste indulgence, possédant une patience que nul autre n'a. C'est pourquoi il s'est maîtrisé dès le début, avant même de prétendre à la prophétie. Ils ne l'ont connu que par la pureté, la sainteté, la confiance et l'honnêteté. Il était connu parmi eux comme « Muhammad l'Honnête 92 ». C'est par l'excellence de l'intelligence que ce qu'il a accompli s'est accompli, et que ses défauts et ses ruses ont été dissimulés. Même si nous n'en sommes pas certains, nous l'envisageons. Ô communauté des mu'tazilites 93, faites sortir cette possibilité de nos cœurs, même si elle est faible. Ibn al-Rawandi a mentionné ce sens dans al-Farid 94 à plusieurs endroits. On leur dit : Ce que vous avez mentionné signifie en réalité que vous témoignez en sa faveur de miracles et de signes dans lesquels vous n'avez trouvé aucune faille, et vous les avez exprimés par « l'excellence de l'intelligence, de la détermination, de la patience et de l'indulgence », et vous avez reconnu son intégrité à l'abri de tout scandale. Votre parole : « Dès le début, il a ressenti l'excellence de son intelligence, de sa patience, de sa détermination et de son éloquence, et il s'est abstenu de les manifester jusqu'au moment où il a prétendu à la prophétie », est comme quelqu'un qui prétendrait qu'il est né avec une intelligence parfaite et une indulgence abondante, qu'il l'a ressenti en lui-même mais ne l'a pas manifesté en attendant la prophétie, et qu'il a affiché une apparence de jeunesse... Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) avait... il visait... leur état... les entourant... un seul... pour lui que... Dieu m'a choisi seul parmi les mondes jusqu'au Jour de la Résurrection, que personne n'apportera quelque chose de semblable à ce que j'ai, ni même une sourate semblable, sauf s'il est certain que personne n'apportera cela. C'est une question de raison. On sait donc qu'il était certain qu'ils n'apporteraient rien de tel ni rien d'approchant. Un exemple similaire a déjà été donné. On dit de celui qui veut être en sécurité vis-à-vis des gens, recherche leur satisfaction, s'abaisse à leurs passions, évite leur blâme et leur colère, et se montre amical envers eux par ce qu'ils aiment, qu'il est intelligent et qu'il a échappé à leur blâme par son intelligence, comme on a dit : « Mérite le nom d'intelligent celui qui satisfait tous les gens divisés. » Or, le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) a fait ce qui a irrité toutes les nations : il les a déclarées mécréantes, a prescrit de lutter contre elles, a imposé de les combattre et de les tuer, de violer leurs biens sacrés, de capturer leur descendance, d'humilier leurs rois et leurs tyrans. Ils l'ont traité de menteur, l'ont insulté, frappé, assiégé, affamé, ont cherché à le tuer, ont tué ses adeptes et ont déployé tous leurs efforts pour lui nuire, etc. Comment peut-on dire de lui (que la prière et la paix soient sur lui) qu'il a obtenu de... ... s'ils ont agi envers lui comme agissent les chercheurs de ce monde, comme d'autres que nous avons mentionnés l'ont fait, aucun d'eux, au début de son affaire et au début de sa quête, ne s'est montré aimable envers le public en disant qu'il voulait la religion et la Demeure dernière. Puis, lorsqu'il a eu le pouvoir, la possession et la domination, il a fait sentir son influence sur lui-même, sa famille et ses enfants, a vécu dans l'aisance et s'est vautré dans les plaisirs de ce monde. Comment donc la loi de l'habitude a-t-elle été brisée pour eux ? Si quelqu'un prétendait au sujet du renoncement du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui), de sa privation de lui-même, de sa famille et de ses enfants, et de même pour Ali ibn Abi Talib (que Dieu l'agrée), ce que vous avez prétendu pour ceux-ci, la réponse ne serait-elle pas la même que pour ceux-ci ? Autre chose : vous, communauté des imamites 95, vous prétendez que le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) a fait des textes 96 qui obligent l'élite et la masse, les hommes et les femmes, les hommes libres et les esclaves, les malades et les bien-portants, les résidents et les voyageurs, et qu'il (la paix soit sur lui) leur a expliqué cette obligation, la leur a transmise selon sa nécessité, son universalité et sa généralité, les en a informés et les a rendus certains de son obligation. Et que ceux-ci 97 l'ont usurpé (que la prière et la paix soient sur lui) dans son lieu de prière et sa station de son vivant, dans sa maison, sous ses yeux, en sa présence et en présence de sa famille et de ses proches... ... de leur vivant et après leur mort, comme nous l'avons montré à propos de l'exécution du testament d'Abou Bakr et d'Umar 98. Ils ont tous obéi à cela, au point que ceux qui prétendent au texte et à l'imamat 99 sont entrés là-dedans et ont manifesté l'écoute et l'obéissance envers eux de leur vivant et après leur mort, par crainte de leurs adeptes, de leur secte et de leurs partisans. Qui donc reste qu'ils craignent ou dont ils ont peur, ou qui les châtie ? Tout ce qu'ils ont prétendu et appelé à, ils y ont été répondus, et on leur a obéi sans argument, selon vous, alors que les gens savent que cela est contraire au Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) et contraire à sa religion, car cela fait partie des obligations générales. Or, ils exigent des gens l'amour du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui), son alliance, l'alliance de ceux qui l'aiment, et l'inimitié envers ceux qui lui sont hostiles. Et eux, selon vous, le haïssent, lui sont hostiles, et haïssent ceux qui l'aiment et s'allient à lui. Or, qui aime et s'allie ? A-t-on jamais entendu chose plus étonnante que l'affaire de ces gens dans ce qu'ils prétendent ? Cela est contraire à la raison, à la transmission et à la tradition, comme les prétentions des athées 100 contre le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui). Parmi ce dont ces prédicateurs et leurs adeptes, liés au Sham et à l'Égypte, se prévalent, ils disent aux musulmans : « Écoutez de nous ce que nous disons de votre Dieu que vous adorez, puis... » ... son explication serait longue... et fais, car le... que vous n'avez pas de dieu... en Lui, béni soit... les cieux et la... ... indulgence envers eux, miséricorde et répit pour qu'ils se repentent, et qu'ils ne se retournent que dans Sa poigne et Sa puissance qu'Il leur a données pour Son obéissance. N'ont-ils pas regardé les tyrans et les pharaons, comment Il les a anéantis ? « En sens-tu un seul d'entre eux, ou entends-tu d'eux le moindre murmure ? » 101 Parmi ce qui les irrite au sujet du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui), ils disent : « Regardez-le, comment il n'a pas annoncé la bonne nouvelle de quelqu'un après lui, ni n'a attaché les cœurs à celui qui viendrait après lui, comme l'ont fait ceux avant lui, Abraham, Moïse, Jésus et leurs semblables. Il a sevré tous les gens et a dit : 'Il n'y a pas de prophète après moi.' Ainsi, quiconque prétend cela, sa communauté l'a déclaré mécréant et s'est empressée de le tuer. Cela est de l'envie et de l'avidité. » On leur dit : Abraham, Moïse, Jésus et leurs semblables sont, selon vous, des menteurs, des rusés et des chercheurs d'autorité. Il n'y a chez vous ni Seigneur, ni prophète, ni envoyé, ni ressuscité. Quiconque dit : « Je suis le Messager de Dieu » est, selon vous, un menteur. Quiconque dit : « Il viendra après moi un Messager de Dieu » est, selon vous, un menteur. Il semble donc que vous lui ayez reproché de ne pas avoir menti et de ne pas avoir ajouté au mensonge. Cela est sur... ... mal... ... plus doux après lui... comme il a dit... noirs... par quoi il a été déshonoré... Ibn Khuwaylid 102... et un devin... ... Abou Bakr al-Siddiq (que Dieu l'agrée) lui envoya quelqu'un pour le combattre, et ils l'entourèrent. Son peuple dit : « Où est ce que tu nous promettais comme victoire et triomphe ? » Il répondit et dit à ses compagnons : « Que celui qui peut être ainsi le fasse », puis il tourna le dos en fuyant. Les compagnons d'Abou Bakr al-Siddiq (que Dieu l'agrée) le prirent prisonnier et l'amenèrent à Abou Bakr al-Siddiq (que Dieu l'agrée).

Voici le dernier que j'ai trouvé dans la copie dont j'ai tiré cela... Si Dieu le veut, il est écrit sans partialité. Et celui qui veut l'obtenir, le serviteur pauvre devant Dieu, Ali ibn Muhammad ibn Ali ibn Abd al-Rahman al-Bakri, au mois de Rabi' al-Awwal de l'an six cent 103, et il implore Dieu Très-Haut par la dignité de Muhammad, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, de le faire être parmi les pieux jusqu'à ce qu'Il le fasse mourir dans cet état et le ressuscite sur cela, si Dieu le veut. Que Dieu prie sur Muhammad, sur sa famille et ses Compagnons, et leur accorde la paix. Achevé par la louange de Dieu [Table des matières de la deuxième partie] Page Sujet 313- Ce dont le Messager a menacé Quraysh, à savoir la victoire sur eux, et sa réalisation. 314- Ce que le Messager a indiqué, alors qu'il était en état de faiblesse, à savoir que sa religion dominerait toutes les religions et vaincrait tous les rois. 344- Autour du verset noble : « F_āṣda‘ bi-mā tu’maru wa a‘riḍ ‘ani l-mushrikīn » 104 345- Autour du verset noble : « Fa-kīdūnī jamī‘an thumma lā tunẓirūn » 105 346- Autour du verset noble : « Wa laqad katabnā fī z-zabūri min ba‘di dh-dhikri anna l-arḍa yarithuhā ‘ibādiya ṣ-ṣāliḥūn » 106 et comment les Compagnons du Messager, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, en ont hérité. 356- Autour du verset noble : « Wa andhir ‘ashīrataka l-aqrabīn » 107 359- Autour du verset noble : « Wa qul rabbi adkhilnī mudkhala ṣidqin wa akhrijnī mukhrajā ṣidqin » 108 371- Ce qui se trouve dans le verset noble : « Inna lladhī faraḍa ‘alayka l-qur’āna larādukka ilā ma‘ād » 109 comme promesse réalisée. 372- Ce qui se trouve dans le verset : « Qul la’ini jtama‘ati l-insu wa l-jinnu ‘alā an ya’tū bi-mithli hādhā l-qur’ān » 110 comme défi permanent auquel personne n'a pu faire face. 400- La science du Messager, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, lorsqu'il les a défiés d'apporter quelque chose de semblable à ce Coran, qu'ils ne le pourraient pas. 401- La tentative des Juifs et des Chrétiens à Médine d'anéantir l'Islam et leur échec. 403- Badr et ce qu'elle contient comme signes 111 411- Autour de l'attitude des Juifs, des Chrétiens et de 'Abdullah ibn Ubayy ibn Salül 112 415- La tentative des Juifs de tuer le Messager avec une pierre et l'information que Dieu Très-Haut en a donnée. 415- La menace contre les Juifs et les Chrétiens à une époque où leurs partisans étaient nombreux. 417- L'information de Dieu Très-Haut sur les apostats et qu'Il fera venir un peuple qu'Il aime et qui L'aime, luttant dans Son chemin. 420- Autour de l'expédition d'Uhud 113 426- L'appel du Messager aux Chrétiens de Najrân à la mubāhala 114 et leur soumission à lui. 434- Autour du verset : « Alladhīna kafarū yunfiqūna amwālahum liyaṣuddū ‘an sabīli llāhi fasayunfiqūnahā thumma takūnu ‘alayhim ḥasratan thumma yughlabūn » 115 434- Son information sur les Juifs. 435- Ce que les associateurs ont colporté après la défaite des musulmans à Uhud. 436- Autour du verset : « Wa man aẓlamu mimman mana‘a masājida llāhi an yudhkara fīhā smuh » 116 437- Sa parole, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, à 'Uthmān ibn Ṭalḥa al-'Abdarī 117 : les clés de la Mecque seront à lui, et la réalisation de cela. 446- L'annonce du Messager à ses Compagnons que Dieu les établira sur terre et les fera succéder. 448- Sa parole, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, au temps de sa faiblesse : sa cause sera magnifiée et son rang élevé. 484- Autour du verset noble : « Sanulqī fī qulūbi lladhīna kafarū r-ru‘b » 118 et comment cela s'est produit comme Dieu Très-Haut l'a annoncé. 489- L'expulsion des Juifs de Banū n-Naḍīr 119 de Médine et ce qu'elle contient comme signes. 509- Comment les miracles du Messager se suffisent les uns aux autres, contrairement aux choses dont l'obligation est admise et l'imposition générale. 511- Les lettres du Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, au roi des Romains et au roi des Perses, et ce qu'elles contiennent comme preuves. 518- Entre Jarīr ibn 'Abdillāh al-Bajalī 120 et le Juif. 527- La conduite du Messager, que la prière et la paix soient sur lui, envers les premiers [croyants] et les combattants de Badr. 528- Réponse à la prétention d'infalibilité pour 'Alī ibn Abī Ṭālib, que Dieu l'agrée. 537- Réponse à 'Alī sur le fait que les imams connaissaient les malheurs qui allaient les frapper. 539- Réponse sur le fait que les astres indiquent ce qui a été et sera, ou que les imams connaissent l'invisible. 544- Réponse à ce que les shī‘ites 121 prétendent comme miracles pour 'Alī, que Dieu l'agrée, et leurs imams après lui, et clarification que 'Alī désapprouvait fortement de telles paroles. 553- Autour de leur parole : Dieu a interdit la descendance de Fāṭima, que Dieu l'agrée, au Feu. 554- Autour de la prétention que les gens de la maison du Messager ont droit au cinquième des biens des musulmans. 558- Réponse aux récits qu'ils ont falsifiés, selon lesquels les obligations religieuses ne sont pas imposées aux gens de sa maison, que la prière et la paix soient sur lui, et à ses partisans. 560- Autour de la nomination des Califes bien guidés 122 parmi les Compagnons du Messager de Dieu. 577- 'Alī, que Dieu l'agrée, a suivi la sunna 123 d'Abū Bakr et de 'Umar, que Dieu les agrée, et a agi selon elle. 582- Réponse à la prétention des Qarmates 124 que les Compagnons ont retardé 'Alī par aversion pour lui. 594- Autour des paroles des Bāṭiniyya 125 et de leurs moyens pour attirer les musulmans à abandonner les réalités de la foi et les obligations. 597- Comment les Bāṭiniyya sont apparus et leur État s'est établi au Maghreb puis ailleurs. 614- Autour de certains doutes que les Bāṭiniyya émettent sur les hadiths 126 du Messager, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui. 615- Comme le hadith : « Une maison où il n'y a pas de dattes, ses habitants ont faim » 127 et autres, et un commentaire étendu sur la médecine, les remèdes et leur usage. 650- Ce dont les Bāṭiniyya ont douté concernant le mariage du Messager avec la fille de son affranchi Zayd ibn Ḥāritha 128. 655- Leur prétention que le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, se cachait derrière certains de ses actes. [Index] [Index des noms propres] Lettre Alif Ābān ibn 'Abdilḥamīd al-Lāḥiqī 1:72 Ibrāhīm (l'imam) 1:16 Ibrāhīm ibn Baks 2:618 Ibshāwsh 1:179, 280 Ibrāhīm aṣ-Ṣā’igh 2:378, 379 Ibrāhīm, sur lui la paix 1:34, 87, 91, 99, 100, 103, 104, 108, 114, 115, 116, 117, 119, 120, 153, 154, 170, 190, 197, 218, 2:386, 401, 519, 520, 536, 547, 660, 661 Ibrāhīm ibn Muḥammad, sur lui la paix 1:38 Ibrāhīm an-Naẓẓām 1:55, 56, 57, 58, 70, 148 Ibrāhīm ibn Warqā’ ash-Shaybānī (Abū Isḥāq) 2:383 Iblīs 1:87, 2:331, 332 Ubayy ibn Khalaf 1:30, 60, 2:346, 419, 498, 524, 525 Ibn Abī d-Days 2:595 Abū Aḥmad al-Ḥasan ibn Sa‘īd al-‘Askarī 2:644 Aḥmad ibn Ḥamdān ar-Rāzī al-Kilābī 2:392 Aḥmad ibn al-Mudrār 2:598 Aḥmad ibn Ḥanbal 1:210 Abū Aḥmad an-Nahrajūrī 2:611 Aḥmad ibn Yaḥyā al-Munajjim 2:343, 352 Al-Aḥnaf ibn Qays 2:530 Ibn al-Akhshīd 1:148, 198 Al-Akhnas ibn Sharīq 1:53 Ādam 1:86, 103, 104, 108, 190, 2:386, 426, 427, 508, 518, 536, 552, 553 Ardashīr ibn Bābil 1:163 Aristūṭālīs 1:75, 76, 78, 177, 193, 209, 2:428, 603, 628 Irmiyā (le prophète) 1:100 Āriyūs 1:98 Azarbān ibn Umaydh al-Mūbadh 1:179 Usāma ibn Ḥabīb 2:495 Usāma ibn Zayd 1:214, 227, 257, 2:490, 651, 652, 653 Al-Asbāṭ 1:87, 108, 190, 2:401 Isḥāq, sur lui la paix 1:34, 87, 91, 108, 190, 2:401 Isḥāq ibn Ḥunayn 1:192, 2:623 Isḥāq ibn Fulayt al-Yahūdī 1:72, 73, 74 Isrā’īl 1:99, 100, 104, 120 Asfār ibn Shīrawīh 2:518, 599 Isfandiyār 1:53, 2:363 Iskandar 1:177 Asmā’ bint ‘Umays 1:21, 246 Ismā‘īl, sur lui la paix 1:108, 217, 2:352, 401 Ismā‘īl ibn Ja‘far 2:386 Walad (Ismā‘īl ibn Ja‘far ibn Muḥammad) 2:601 Ismā‘īl ibn Sa‘īd 2:391, 392 Abū l-Aswad 2:603 Abī l-Aswad ad-Du’alī 2:391, 530, 572 Al-Aswad ibn ‘Abd al-Asad 2:498 Al-Aswad ibn ‘Abd Yaghūth 2:344, 498 Al-Aswad ibn Muṭṭalib al-Asadī 2:344 Usayd ibn Ṣafwān 2:370 Al-Ashtar 1:275, 2:495 Ibn al-Ash‘ath (‘Abd ar-Raḥmān) 2:574, 593 Ash‘iyā’ an-Nabī 1:195 Ibn al-Aṣadd al-Hudhalī 2:498 Al-Aṣfar 1:107, 2:395, 396, 397 Al-Aṣfar al-‘Uqaylī 2:609 Al-Aṣfahānī 1:178 I‘zāl ibn Shamāwīl 2:495 Aflāṭūn 1:75, 2:596, 603, 635 Al-Aqra‘ ibn Ḥābis 2:526 Al-Lāt 2:487 Ilyā 1:142, 165 Al-Yasa‘ ibn al-Mudrār 2:598 Abū Umāma al-Bāhilī 2:325 Imru’ l-Qays 1:70 Umayya ibn Khalaf 1:30, 40, 2:346, 366, 419, 488, 498, 499 Abū Umayma (Sa‘īd ibn al-‘Āṣ) 2:350, 351 Umayya ibn aṣ-Ṣalt ath-Thaqafī 2:515, 589, 590, 591 Anas ibn Mālik 1:58, 258 Aws ibn al-Mughīra 2:499 Ūld Firyānūs 1:163 Ūnāmis 1:163 Ayyūb 1:87 Īrlis 1:163 Īl ‘Āzār 1:113 Abū Ayyūb al-Anṣārī 2:529 Lettre Bā’ Bābak al-Khurramī 2:340, 395 Bādūs 1:146 Bādhān 2:438, 439, 445 Bajkam ad-Daylamī 2:393 Baḥrān 1:159 Bukht Naṣṣar 2:353 Abū l-Bukhtarī ibn Hishām 2:499 Bakhtiyār ibn Mu‘izz ad-Dawla (Abū Manṣūr) 2:607 Al-Barā’ ibn ‘Āzib 1:258 Al-Barā’ ibn Mālik 2:584 Busr ibn Arṭāh 1:17, 18 Bushtāsif ibn Bahrāsif 1:179 Bishr ibn al-Barā’ al-Anṣārī 2:461 Abū Bishr ibn Yūnus 1:192 Bashīr ibn Sa‘d al-Anṣārī 1:265, 266, 2:490 Buṭrus 1:100 Baṭlamyūs 1:176, 2:603 Ibn Abī l-Baghl (Abū Muḥammad) 1:42 Buqthum 2:555 Buqrāṭ 2:617 Abī Bakr Aḥmad ibn ‘Alī ar-Rāzī 2:627 Abī Bakr Ḥammād al-Mawṣilī 2:392 Abī Bakr Zakariyyā Yaḥyā ibn Nabhān 2:379 Abū Bakr az-Zuhayrī al-Kātib 2:352 Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq (Ibn Abī Quḥāfa) 1:22, 24, 25, 26, 29, 30, 32, 33, 39, 45, 46, 47, 48, 49, 60, 61, 62, 63, 72, 131, 134, 212, 213, 216, 217, 218, 221, 224, 225, 226, 227, 228, 229, 230, 232, 233, 234, 236, 238, 239, 240, 241, 242, 243, 246, 247, 249, 250, 251, 252, 257, 258, 259, 260, 261, 262, 265, 266, 268, 269, 270, 271, 272, 273, 274, 275, 277, 2:318, 319, 320, 327, 238, 348, 350, 352, 353, 354, 355, 364, 365, 366, 369, 370, 371, 372, 409, 414, 417, 418, 419, 420, 421, 422, 424, 436, 445, 447, 448, 460, 461, 463, 468, 478, 479, 488, 501, 502, 523, 533, 536, 544, 546, 547, 548, 549, 556, 558, 559, 560, 561, 562, 563, 564, 565, 566, 567, 568, 569, 570, 575, 576, 577, 578, 579, 580, 581, 583, 584, 586, 587, 616, 644, 649, 651, 659, 661 Abū Bakr Muḥammad ibn Muḥammad an-Naysābūrī 2:609 Abū Bakr an-Nābulusī 2:608 Ibn Baks (Abū l-Ḥasan) 2:618, 619, 621 Bilāl 1:33, 257, 2:318, 460, 479, 481, 533 Būluṣ 1:120, 143, 150, 151, 156, 157, 158, 159, 160, 169, 170, 182, 238 Biyāṭūqus al-Baṭrīq 2:440 Bīrn 1:216 Bīlāṭus 1:159 Lettre Tā’ Tāj al-Aṣfahānī 1:77 Tammām ibn al-‘Abbās 2:555 Abā Tamīm al-Aslamī 2:408 Abā Tamīm Ma‘add ibn Ismā‘īl (al-Mu‘izz li-Dīnillāh) 2:603, 605, 607, 608, 609, 611, 612, 647, 648, 649 Lettre Thā’ Thābit ibn Qays 1:46, 2:587 Thamūd 2:485, 586 Ath-Thawrī 2:595 Lettre Jīm Jābir ibn Ḥayyān 1:232 Jābir al-Mutawaffī 2:399, 594 Jālīnūs 2:617, 618, 619, 621, 622, 635 Jānān 1:72, 73, 175

Gabriel 129 : 1:47, 101, 102, 2:344, 364, 365, 366, 409, 414, 455, 548, 564 Ibn Jabala 130 : 2:399 Abi Jabala (Ibrahim ibn Ghassan) : 2:594 Jabala ibn al-Ayham : 2:477 Jubayr ibn Mut'im : 1:58, 2:368, 369, 588 al-Jadd ibn Qays : 2:462, 471 Judi ibn Akhtab : 2:494 Ibn al-Jarrah al-Ta'i : 2:608 Jirjis (Mar) 131 : 1:143, 182, 205, 209 al-Jarmaqani : 1:192 Jarir ibn Abd Allah al-Bajali : 1:273, 2:518, 519, 520, 521, 522, 523, 524 Ja'da ibn Hubayra al-Makhzumi : 2:568 Ja'far ibn Abi Talib : 1:17, 21, 37, 124, 134, 217, 246, 247, 254, 273, 2:350, 506, 507, 559, 560, 651 (Child of) Ja'far : 1:17, 2:555 Abu Ja'far al-Iskafi : 1:148, 198 Abi Ja'far ibn Banu al-Sijzi : 2:582 Ja'far ibn Abd al-Muttalib : 2:419 Ja'far ibn Falah ibn Marzuq : 2:604, 605 Ja'far ibn Muhammad : 2:552, 595, 603, 614 Ja'far ibn al-Muqtadir : 2:600 Abu Ja'far al-Mansur : 1:16, 17, 2:593, 594, 636 Abu Ja'far ibn Nasr : 2:604, 605 al-Julandi ibn Kurkur : 1:23 Jamshadh al-Farisi : 2:332 Abu Jandal (ibn Suhayl ibn Amr) : 2:350 al-Jahjah al-Ghifari : 2:460 Jahr ibn Abd Allah : 2:530 Abu Jahl : 1:14, 28, 30, 52, 62, 2:346, 351, 410, 484, 486, 487, 488, 498, 499, 523, 524, 525, 566, 584, 589 Abu al-Jahm ibn Hudhayfa al-Adawi : 2:587 Jawhar : 2:397 Letter Ha' Abi Hatim Ahmad ibn Hamdan al-Razi al-Kalabi : 2:392, 398, 599 al-Harith ibn al-Talatila : 2:344, 345 al-Harith ibn Umayr al-Azdi : 2:440 al-Harith ibn Qays ibn Adi (ibn al-Aytila) : 2:498 al-Harith ibn Hisham : 2:408, 481, 498, 584, 588, 589 Hatib ibn Abi Balta'a : 2:363, 439, 440, 445 Hayyim al-Yahudi : 1:156 al-Habab ibn al-Mundhir ibn al-Jamuh : 1:264 Habib ibn Amr : 1:21 Umm Habiba Ramla bint Abi Sufyan : 2:350 al-Hajjaj : 1:18, 282, 283, 2:328, 593 Hujr ibn Adi : 1:17, 240 al-Haddad (Umar ibn Ziyad) : 1:51, 128, 129, 232, 2:371, 374, 412, 508, 529, 657 Abu Hudhayfa ibn Utba : 1:21, 2:350, 563, 585, 587 Hudhayfa ibn al-Yaman : 2:327, 333 Ibn Harb : 2:419 al-Harith ibn Zam'a : 2:345 Hurqus ibn Zuhayr : 2:337, 572 al-Hasan (may Allah be pleased with him) : 1:17, 212, 238, 249, 277, 2:426, 529, 530, 531, 536, 541, 555, 556, 567, 568, 574 al-Hasan ibn Ahmad : 2:647, 648 Abu al-Hasan ibn Abi al-Khattab : 2:622 al-Hasan ibn Ahmad ibn Abi Sa'id al-Janabi (Abu Ali) : 2:606, 608, 616 al-Hasan al-Basri : 2:595 Abu al-Hasan ibn Baks : 2:621, 622 Abi al-Hasan al-Harzi : 2:647, 648, 649 Abu al-Hasan ibn Zahrun al-Sabi al-Harrani : 2:619 Abu al-Hasan ibn Ka'b al-Ansari : 2:627 Abi al-Hasan al-Halabi : 2:594 al-Hasan ibn Sanbar : 2:387, 388 al-Hasan al-Askari : 2:390 Abi al-Hasan (Ali ibn Wasif al-Jalla' al-Nashi') : 2:558 Abu al-Hasan Ali ibn Muhammad ibn Bakr al-Isfadhani : 2:521 Abi al-Hasan al-Karkhi : 2:521, 627 Abu al-Hasan Muhammad ibn Ahmad al-Nasafi : 2:599 al-Hasan ibn Muhammad al-Mahdi : 2:399 al-Hasan ibn Musa : 1:225, 2:551 Abu al-Hasan ibn Nafis : 2:619 Abu al-Hasan ibn Harun : 2:622 al-Hasan al-Yahudi : 2:618, 628 Abu al-Hasan al-Yahudi : 2:628 al-Husayn (may Allah be pleased with him) : 1:18, 238, 239, 240, 249, 2:426, 529, 531, 533, 536, 542, 543, 555, 556, 557, 558, 574, 576 al-Husayn ibn Ahmad ibn Abd Allah ibn Maymun al-Qaddah : 2:377, 378 Ibn al-Husayn ibn Ahmad ibn Abd Allah ibn Maymun al-Qaddah : 2:597 Abi al-Husayn Ahmad ibn Muhammad ibn al-Kumayt : 2:594 al-Husayn al-Ahwazi : 2:377 al-Husayn ibn Saqr (Abu Abd Allah) : 1:171 Abi al-Husayn al-Tabib : 2:622 Abu al-Husayn ibn Ammar : 2:392 Child of (Abi al-Husayn ibn Ammar) : 2:602, 604 Abi al-Husayn Muhammad al-Fadl : 1:130, 2:376, 377, 378, 389 al-Husri : 1:51, 129, 232, 2:371, 374 Abu Hafs Umar ibn Zarqan : 2:385, 387 al-Hakam ibn al-Salt : 1:18 al-Hakam ibn Abi al-As : 1:231, 2:484, 498, 592 Hakim ibn Hizam : 2:408, 481, 515 Ibn Hammad : 2:398 Hamam ibn Firas : 2:558 Hamdan ibn al-Ash'ath (Qarmat) : 2:379 Hamza (may Allah be pleased with him) : 1:37, 124, 134, 273, 2:419, 421, 560 Hanzala ibn Abi Sufyan : 2:422, 499, 585 Hannun (Abu Abi al-Tayyib al-Mu'ammal) : 2:627, 628 Abu Hanifa : 2:521, 595, 609, 635 Hunayn ibn Ishaq : 1:76, 192, 2:617, 623, 634 Hawwa' : 2:427, 553 Hawshab : 1:274, 275 Hayzum : 2:408 Huyayy ibn Akhtab : 2:449, 494, 497 Letter Kha' Kharija ibn Hisn : 1:23 Kharija ibn Zayd ibn Abi Zuhayr : 2:490 Khaqan, king of the Turks : 1:247, 2:330 Khalid ibn Sa'id ibn Uhayha : 1:21, 2:350, 351, 352 Khalid ibn Sa'id ibn al-As : 1:271, 2:585 Khalid ibn Ma'mar al-Sadusi : 2:375, 533, 568 Khalid ibn Muljam : 2:337 Khalid ibn al-Walid : 1:32, 240, 254, 2:327, 450, 526, 581, 587 Khabbab ibn al-Aratt : 2:479, 481 Khadija bint Khuwaylid : 2:338 al-Khazraji : 1:266 Khuzayma : 2:595 Bi Khuzayma : 2:595 Abu al-Khattab (Muhammad ibn Abi Zaynab) : 2:546, 552 Abu al-Khattab ibn Abu al-Hasan ibn Harun : 2:622 Ibn Khallad : 1:198 Ibn Khuwaylid : 2:661 Letter Dal Dawud (peace be upon him) : 1:99, 100, 114, 116, 117, 148, 149, 151, 190, 249, 2:536 Ibn Dawud : 2:384 Abi Dawud al-Mazini : 2:409 Dihya ibn Khalifa al-Kalbi : 2:363, 439, 511, 512 Abu al-Darda' : 2:545 Abu Dulaf : 2:387 Dorotheus : 1:176 Letter Dhal Abu Dhaki Tammam ibn Ma'arik : 2:390, 391, 394, 599 Abi Dharr : 2:533 Dhakira al-Isfahani : 1:28, 107, 2:386, 387, 388, 392, 393, 395 Duhl ibn Shayban : 1:22 Dhu al-Qarnayn : 2:495 Dhu al-Kila' (Sumayfa' ibn Nakur) : 2:375 Letter Ra' al-Razi : 2:374 al-Radi (the Caliph) : 2:393, 394 Abu Rafi' : 2:409, 541 Ibn al-Rawandi : 1:56, 63, 64, 90, 128, 129, 222, 224, 225, 232, 2:357, 359, 371, 374, 407, 413, 431, 433, 508, 529, 548, 649, 657 Ibn Ra'iq : 2:394 Rabi'a : 1:272 al-Rabi' ibn Khaytham : 2:616 Ibn Rizam : 2:387, 393, 611 Rustam : 1:53, 2:320, 321, 322, 223, 325, 329, 330, 363 Rifa'a ibn Qays : 2:494 Ruqayya bint the Messenger (peace be upon him) : 2:338, 350 Ruqayya bint al-Abbas : 1:246 Ruqayya bint Uthman (may Allah be pleased with him) : 1:21 Rukn al-Dawla : 2:582 Ramla bint Abi Sufyan : 2:350 Rawh ibn Zinba' (Abu Zur'a) : 2:575 Letter Zay Zadhan : 2:328 al-Zubayr ibn Bata ibn Wahb : 2:492, 496 al-Zubayr ibn al-Awwam and the family of al-Zubayr : 1:18, 21, 278, 279, 280, 281, 282, 283, 2:350, 403, 486, 540, 546, 571, 572, 573, 593 Zaradusht : 1:125, 169, 170, 179, 185, 192, 2:331, 332 Ibn Zurara : 1:81 Aba Zur'a (Rawh ibn Zinba') : 2:575 Ibn Zakariyya al-Razi : 2:617, 623, 624, 625, 631, 632 Abu Zakariyya Muhammad ibn Ahmad ibn Zakariyya : 2:390 Ibn Zakariyya al-Nawbakhti : 1:73 Zam'a ibn al-Aswad ibn al-Muttalib : 2:345, 499 al-Zanjani al-Qadi : 2:355, 610, 611 Zuhayr ibn Abi Umayya : 2:498, 499 Zuhayr ibn Abi Sulma : 1:70 Ibn al-Zayyat : 1:17, 2:397 Ziyad : 2:375 Ziyad ibn Sumayya al-Thaqafi : 2:533 Zayd ibn Arqam al-Ansari : 2:460, 461 Zayd ibn Thabit : 2:532, 579 Zayd ibn Haritha : 1:217, 254, 2:460, 483, 559, 560, 650, 651, 652, 653 Zayd ibn al-Khattab : 2:587 Zayd ibn Rifa'a al-Katib : 2:611 Zayd ibn Sahl ibn al-Aswad al-Najjari : 2:338 Zayd ibn al-Salt : 2:494 Zayd ibn al-Abbas : 1:246 Zayd ibn Ali : 1:18, 24 Zayd ibn al-Ladib : 2:491 Zaynab bint Jahsh : 2:483, 650, 652 Zaynab bint the Messenger (peace be upon him) : 2:338 Zaynab bint Abi Sa'id al-Janabi : 2:387, 388 Zaynab bint Ali ibn Abi Talib : 2:544 Letter Sin Sabur : 2:321 Ibn Sabur : 2:622 Ibn Abi al-Saj (Yusuf) : 2:382, 384, 396, 518 Salim, mawla of Abu Hudhayfa : 2:563, 587 Salim ibn Abd Allah : 1:258 al-Sa'ib ibn Sayfi : 2:498, 499 Sitasf ibn Lahwasf : 2:331 Suraqa ibn Malik : 2:367 Sa'd ibn Hunayf : 2:494 Sa'd ibn al-Rabi' : 2:490, 491 Sa'd ibn Ubada al-Ansari : 1:213, 216, 226, 265, 2:449, 459, 490, 491, 581, 586, 653 Sa'd ibn Malik : 1:214 Sa'd ibn Mu'adh : 2:435, 449, 455, 456, 524 Sa'd ibn Abi Waqqas : 1:33, 62, 2:321, 322, 323, 325, 330, 337, 421, 447, 540, 571 Abi Sa'id al-Hasan ibn Bahram al-Janabi : 1:129, 130, 2:342, 378, 379, 380, 381, 385, 387, 395, 396, 522, 600, 607 Child of Abi Sa'id : 2:396, 397 Sa'id ibn al-Husayn ibn Muhammad ibn Ahmad ibn Abd Allah ibn Maymun al-Qaddah : 2:597, 608 Sa'id (Abu Tahir) : 2:342, 389, 390, 391, 398, 572 Ibn Sa'id : 2:391, 396 Sa'id ibn Zayd al-Adawi : 1:62 Sa'id ibn Sa'd : 2:653 Sa'id ibn al-As : 1:45, 242, 243, 2:350 Abi Sufyan and the family of Abi Sufyan : 1:226, 250, 264, 269, 270, 271, 2:351, 421, 422, 424, 425, 481, 482, 498, 512, 513, 514, 515, 560, 581, 583, 585, 589, 590, 591, 592 Aba Sufyan ibn al-Harith ibn Abd al-Muttalib : 2:408 Sallam ibn Abi al-Huqayq : 2:494 Sallam ibn Mishkam : 2:494 Salman al-Farisi : 2:327, 333, 450, 644 Umm Salama : 1:243, 2:478 Sulayman (peace be upon him) : 1:117, 201, 249, 2:323, 537, 538, 569 Sulayman ibn Abd al-Malik : 2:556 Sinān al-Sābi' : 2:622 Sahl ibn Hunayf : 2:530 Abu Sahl ibn Nawbakht : 1:225, 2:551 Sahl ibn Harun ibn Rahbuna : 1:72 Sahla bint Suhayl ibn Amr : 1:21 Suhayl ibn Sinan : 2:460 Suhayl ibn Amr : 1:260, 2:317, 318, 350, 481, 498, 588, 589, 592 Ibn al-Sawda' (Abd Allah ibn Saba') : 2:545, 546, 548, 573 Sudan ibn Humran : 2:337 Sawda bint Zam'a : 2:338 al-Sus al-Najardi : 2:551 Suwayd ibn al-Harith : 1:34, 2:494 Suwayd ibn Uqla : 2:546, 547 Sayf al-Dawla Ali ibn Hamdan : 2:315 Sayf ibn Dhi Yazan : 1:24 Letter Shin Abi Shakir al-Daysani : 1:225, 2:371 Shahanshah : 2:438 Sha'ul : 1:156, 157 al-Shahham (Abu Ya'qub) : 2:657 Shurahbil ibn Hasana : 1:33, 2:326, 337 Shurahbil ibn Amr al-Ghassani : 2:440, 441 Shurayh ibn al-Harith : 2:532 Shurayh ibn Hani' : 1:275, 2:530 Sharīk ibn Abd Allah : 1:63, 2:549 Abu al-Shal'ala' : 2:597 Bint Abi al-Shal'ala' : 2:597 Sham'un : 1:144, 194, 195, 200, 201 Shamul : 2:605 Shayban ibn Tha'laba : 2:502 Shayba ibn Rabi'a : 1:30, 2:419, 498, 499 Shirawaih : 1:28, 2:439 Letter Sad Sahib al-Zanj : 2:341, 395 Sa'sa'a ibn Sawhan : 1:45, 46, 275, 276, 277, 2:530 Safwan ibn al-Mu'attal : 2:466, 467 Safiyya bint Huyayy : 2:338 Safiyya bint Abd al-Muttalib : 2:553 Salah ibn al-Haybar : 2:496 Suhayb : 1:246, 252, 277, 2:318, 571, 578, 580 Suhayb ibn Sinan : 2:479, 481 Letter Dad Duba'a bint al-Zubayr ibn Abd al-Muttalib : 2:483 Dirar ibn al-Khattab : 2:450

Lettre Ṭā' : Abū Ṭā‘a 2:391 Abū Ṭālib 1:20, 21, 25, 26, 28, 37, 50, 2:346, 348, 349, 356, 362, 364, 523 Fils d'Abū Ṭālib 1:250, 2:554, 593, 594 Abū Ṭālib b. ‘Īsā b. Mūsā 2:392 Ibn Abī Ṭāhir 1:77 Abū Ṭāhir Ismā‘īl b. al-Qā’im 2:602, 603, 649 Abū Ṭāhir b. Abī Sa‘īd al-Jannābī 2:343, 381, 382, 383, 386, 387, 388, 389, 392, 393, 394, 395, 554, 607 Abī Ṭāhir al-Qarmatī 2:601 Ṭaṭas 1:159 Ṭufayl al-Ghanawī 1:229 Abū Ṭalḥa (Zayd b. Sahl b. al-Aswad) 2:338, 571 Ṭalḥa b. ‘Abd Allāh 1:247, 272, 278, 279, 283, 2:421, 540, 546, 570, 571, 572, 573, 644 Ṭulayḥa 1:63, 213, 214, 216, 267, 2:372, 588 Ṭulayq b. Sufyān b. Umayya 2:589 Abū Abī al-Ṭayyib al-Mu’ammal 2:627 Lettre ‘Ayn : al-‘Āṣ (frère d'Abū Jahl) 2:498 al-‘Āṣ b. Sa‘īd 2:498 al-‘Āṣ b. Hāshim 2:499 al-‘Āṣ b. Hishām 2:584 al-‘Āṣ b. Wā’il 1:15, 30, 2:344, 345, 419, 498 Ibn ‘Āmir 1:242 Abū ‘Āmir ‘Abd ‘Amr b. Ṣayfī al-Rāhib 2:474, 475, 525 ‘Āmir b. Sharāḥīl al-Sha‘bī 1:256 ‘Āmir b. al-Ṭufayl 1:28, 2:479 ‘Ā’isha, que Dieu l'agrée 1:243, 257, 259, 260, 261, 278, 280, 283, 2:338, 391, 466, 467, 468, 540, 546, 557, 568, 572, 575, 576, 601 ‘Ubāda b. al-Ṣāmit al-Anṣārī 2:444, 445 al-‘Abbās 1:256, 258, 262, 263, 264, 270, 271, 277, 2:409, 443, 536, 553, 556, 560, 561, 566, 567, 583, 585, 586, 593, 594, 653 Fils d'al-‘Abbās 1:250, 256, 2:553, 594 Abū al-‘Abbās (le calife abbasside) 1:16 ‘Abbās b. Abī Rabī‘a 2:588 al-‘Abbās b. ‘Amr al-Ghanawī 2:380, 395 Abī al-‘Abbās Muḥammad b. Aḥmad b. Zakariyyā 2:599 al-‘Abbās b. Mirdās 2:479, 526 ‘Abd al-Razzāq b. Hammām b. Nāfi‘ al-Ḥimyarī 1:256 ‘Abd Allāh (serviteur d'Isrā’īl al-Ṣaydalānī) 2:627 Abī ‘Abd Allāh al-Baṣrī 1:198 ‘Abd Allāh b. Abī Bakr 1:60 ‘Abd Allāh b. Jubayr 2:421 ‘Abd Allāh b. Ja‘far b. Abī Ṭālib 1:247, 249, 280, 2:531, 567, 568 ‘Abd b. al-Julandī 1:23 ‘Abd Allāh b. Ḥudhāfa al-Sahmī 2:363, 438, 439, 445, 517 ‘Abd Allāh b. Ḥasan b. Ḥasan 2:594 Abū ‘Abd Allāh al-Ḥasan b. ‘Alī al-Baṣrī 2:627 Abū ‘Abd Allāh al-Ḥusayn b. Aḥmad b. Muḥammad b. Zakariyyā al-Kūfī 2:389, 390, 598, 599 ‘Abd Allāh b. Ḥamdān (Abū al-Hayjā’) 2:382 ‘Abd Allāh b. Abī Rabī‘a b. al-Mughīra al-Makhzūmī 2:505 ‘Abd Allāh b. Rawāḥa 1:217, 254, 2:490, 491, 651 ‘Abd Allāh b. al-Zubayr 1:18, 282, 2:575, 576, 593 ‘Abd Allāh b. Zam‘a 1:258 ‘Abd Allāh b. Saba’ 2:545, 546, 548, 549, 550, 573, 586 ‘Abd Allāh b. Sa‘d b. Abī Sarḥ 2:466, 573 ‘Abd Allāh b. Salām 2:337, 352 ‘Abd Allāh b. Ubayy b. Salūl 2:411, 421, 459, 460, 461, 462, 465, 468, 471, 489, 490, 491, 492, 493 Ibn ‘Abd Allāh b. Ubayy b. Salūl 2:461, 462 ‘Abd Allāh b. al-‘Abbās b. ‘Abd al-Muṭṭalib 1:17, 58, 239, 249, 258, 270, 276, 280, 2:474, 529, 530, 531, 532, 541, 542, 543, 544, 546, 555, 579 ‘Abd Allāh b. ‘Abd al-Muṭṭalib 2:485 ‘Abd Allāh b. ‘Umar b. al-Khaṭṭāb 2:542, 544, 576 Abū ‘Abd Allāh Muḥammad b. Zayd al-Wāsiṭī al-Kātib 2:352 Abī ‘Abd Allāh Muḥammad b. ‘Alī b. Zayd b. Rizām 2:553 Abī ‘Abd Allāh Muḥammad b. al-Nu‘mān 2:595 ‘Abd Allāh b. Mas‘ūd 1:58, 82, 258, 278, 2:464, 532, 579, 584, 589 Abū ‘Abd Allāh b. al-Mu‘allim 2:622 ‘Abd Allāh b. Maymūn b. Dayṣān b. Sa‘īd al-Ghaḍbān 2:386 ‘Abd Allāh b. Maymūn al-Qaddāḥ 2:597, 606 ‘Abd Allāh b. Wahb al-Rāsbī 2:592, 593 ‘Abd al-Raḥmān Ṣāḥib Ibn al-Zayyāt 1:191, 219, 246 ‘Abd al-Raḥmān b. Abī Bakr 2:575 ‘Abd al-Raḥmān al-Ḥasan 2:598 ‘Abd al-Raḥmān b. Sa‘īd 2:597, 598 ‘Abd al-Raḥmān b. ‘Adas 2:573 ‘Abd al-Raḥmān b. ‘Awf 1:62, 2:337, 421, 447, 473, 536, 540, 571 ‘Abd al-Raḥmān b. Muḥammad b. al-Ash‘ath 1:18, 2:574, 593 ‘Abd al-Raḥmān b. Muljam 2:533 ‘Abd al-Qays 1:23 ‘Abd al-Muṭṭalib 2:367, 485 Fils d'‘Abd al-Muṭṭalib 2:593 ‘Abd al-Malik 1:134, 212 ‘Abd al-Malik b. ‘Umayr 2:370 ‘Abd al-Malik b. Marwān 1:18, 2:516, 556, 574, 593 Ibn ‘Abd al-Wahhāb al-Kātib 2:635 ‘Abd Yālīl b. ‘Amr 1:21 ‘Abd Yasū‘ b. Bahrīn 1:146 Ibn ‘Ubayd Allāh b. al-Akhshīd 2:604 Ibn ‘Ubayd Allāh 2:600 ‘Ubayd Allāh b. Ziyād 1:240, 2:533, 543, 555, 574 Abū ‘Ubayda 1:33, 62, 219, 258, 264, 265, 266, 278, 2:327, 335, 337, 421, 447, 563 ‘Ubayda b. al-Ḥārith 2:560 ‘Attāb b. Asīd 2:317, 559, 588 ‘Utba b. Khalaf 1:40 ‘Utba b. Rabī‘a 1:21, 30, 2:410, 419, 479, 485, 498, 499, 590 ‘Utba b. Ghazwān 1:33, 2:337 ‘Uthmān b. Ḥunayf 2:328, 530, 540, 572 ‘Uthmān b. Abī Ṭalḥa al-‘Abdarī 2:421, 437 ‘Uthmān b. ‘Affān 1:21, 29, 30, 32, 39, 45, 46, 62, 63, 72, 124, 129, 131, 134, 212, 213, 218, 221, 224, 225, 226, 230, 231, 233, 234, 239, 240, 241, 242, 244, 245, 247, 249, 250, 251, 252, 270, 271, 273, 274, 275, 278, 283, 2:337, 350, 353, 354, 355, 375, 402, 418, 420, 423, 433, 448, 463, 473, 479, 488, 489, 529, 530, 532, 533, 536, 545, 546, 556, 563, 566, 568, 569, 571, 572, 573, 574, 575, 577, 578, 579, 580, 581, 583, 584, 586, 593 Abī ‘Uthmān ‘Amr b. ‘Ubayd 2:621 ‘Adī b. Ḥātim 1:275, 2:530 ‘Adī b. al-Ḥamrā’ 2:498 al-‘Azīz (Nizār b. Ma‘add) 1:117, 2:595, 596, 609, 614, 654 ‘Azīz b. Abī ‘Azīz 2:494 ‘Aṭiyya 2:387 Ibn Abī al-‘Uqab 1:75 ‘Uqba b. Mu‘ayṭ 1:15, 28, 30, 40, 62, 2:346, 419, 488, 492, 498 Abū ‘Uqayl 2:473 Fils d'‘Uqayl 1:17 ‘Uqayl b. al-Aswad b. al-Muṭṭalib 2:345 ‘Uqayl b. Ja‘far 2:568 ‘Uqayl b. Abī Ṭālib 1:17, 240, 2:555, 584 ‘Ikrima b. Abī Jahl 2:450, 481, 588 Abū al-‘Alā’ b. al-Ḥaḍramī 1:254 Abī ‘Alī b. al-Yās 2:582 Abū ‘Alī al-Ḥasan b. Aḥmad b. Abī Sa‘īd al-Jannābī 2:606, 607, 608 ‘Alī b. al-Ḥusayn 1:249 ‘Alī b. Ḥamdān 1:168 ‘Alī b. Abī Ṭālib, que Dieu l'agrée 1:17, 18, 22, 24, 32, 33, 37, 45, 58, 62, 63, 72, 124, 131, 134, 211, 212, 220, 222, 224, 226, 229, 231, 232, 233, 234, 240, 241, 242, 243, 244, 245, 246, 247, 248, 249, 251, 255, 256, 257, 258, 260, 261, 262, 263, 264, 269, 271, 275, 277, 278, 280, 281, 2:341, 348, 353, 365, 369, 370, 375, 386, 402, 418, 420, 421, 426, 447, 448, 463, 501, 502, 504, 528, 529, 532, 533, 534, 535, 536, 540, 541, 544, 546, 548, 549, 550, 551, 552, 556, 559, 560, 568, 571, 573, 574, 575, 576, 577, 578, 579, 580, 581, 583, 584, 585, 586, 593, 594, 599, 643, 645, 653, 659 Fils d'‘Alī 1:17, 256 ‘Alī b. ‘Abd Allāh b. al-‘Abbās 1:16 Abū ‘Alī ‘Umar b. Yaḥyā al-‘Alawī 2:394 ‘Alī b. ‘Īsā b. Dāwūd al-Jarrāḥ 2:380, 381, 382 ‘Alī b. Muḥammad b. Bakr al-Isfidhānī 2:521 Abū ‘Alī Muḥammad b. ‘Abd Allāh al-‘Alawī 2:567 Abū ‘Alī Muḥammad b. ‘Abd al-Wahhāb al-Jubbā’ī 1:64, 69, 78, 198, 2:521, 529, 539, 628, 640 ‘Alī b. Muḥammad b. ‘Alī b. ‘Abd al-Raḥmān al-Bakrī 2:662 ‘Alī b. Mismār 2:379 ‘Alī b. Waṣīf al-Jallā’ (Abū al-Ḥasan) 2:558 ‘Umāra b. Ju‘ayfir 1:23 ‘Umāra b. al-Walīd b. al-Mughīra 1:49 ‘Ammār b. Yāsir 1:21, 33, 239, 275, 280, 2:318, 327, 460, 479, 481, 533, 545 ‘Imrān b. al-Ḥuṣayn 2:530, 572 Abū ‘Umar al-Bāhilī 2:511 ‘Umar b. al-Khaṭṭāb, que Dieu l'agrée 1:24, 25, 29, 30, 32, 33, 39, 62, 63, 72, 124, 131, 134, 212, 217, 218, 221, 224, 225, 226, 230, 232, 233, 234, 238, 239, 340, 241, 242, 243, 245, 246, 247, 249, 250, 251, 252, 257, 258, 265, 266, 275, 276, 277, 278, 2:318, 320, 323, 325, 327, 329, 334, 335, 336, 353, 354, 355, 358, 402, 414, 418, 419, 420, 421, 422, 324, 432, 448, 460, 461, 463, 473, 478, 479, 481, 529, 530, 532, 533, 536, 544, 546, 547, 548, 549, 556, 558, 559, 563, 564, 466, 568, 569, 570, 571, 575, 576, 577, 578, 579, 580, 581, 583, 584, 586, 593, 595, 644, 653, 659 ‘Umar b. ‘Abd al-‘Azīz 2:376, 556, 575 ‘Umar b. ‘Alī b. al-Ḥusayn 1:249 ‘Amr b. Umayya al-Ḍamrī 2:507, 509, 525 ‘Amr b. Baḥr al-Jāḥiẓ (Abū ‘Uthmān) 1:63, 69, 70, 78, 148, 198, 2:511, 548, 637 ‘Amr b. Jaḥāsh 2:489 ‘Amr b. Jarmūz 1:280, 282 ‘Amr b. Sa‘d 2:496, 497 ‘Amr b. al-‘Āṣ 1:23, 49, 264, 265, 2:375, 505, 506, 507, 508, 509, 525, 526, 533, 578, 579, 592 ‘Amr b. ‘Abd Wudd 2:450 ‘Amr b. al-Layth 2:597 Ibn al-‘Amīd 2:582 Abū ‘Umayr b. Ḥawāsh 2:496 al-‘Ansī al-Kadhdhāb 2:445 al-‘Awqī 2:611 al-‘Uwaymil al-‘Uqaylī 2:388 ‘Ayyāsh 2:588 ‘Aydhān al-Qarnī 2:379 ‘Īsā (sur lui la paix) 1:19, 21, 26, 34, 87, 91, 92, 93, 94, 96, 97, 98, 99, 100, 101, 102, 103, 104, 108, 109, 110, 111, 112, 114, 115, 116, 117, 119, 120, 121, 123, 125, 126, 132, 135, 138, 139, 142, 143, 144, 145, 146, 147, 148, 149, 151, 152, 153, 154, 155, 158, 159, 160, 163, 164, 165, 166, 167, 168, 170, 171, 173, 182, 184, 188, 189, 191, 192, 193, 194, 195, 196, 197, 198, 199, 200, 201, 204, 205, 206, 209, 210, 218, 218, 223, 249, 2:386, 401, 426, 427, 429, 440, 442, 443, 507, 508, 536, 613, 660, 661 ‘Īsā b. Dāwūd al-Jarrāḥ 2:343 ‘Īsā b. Mūsā 2:383, 389, 392 Abī ‘Īsā al-Warrāq 1:128, 129, 198, 225, 232, 2:371, 374, 407, 412, 413, 432, 508, 529, 551, 657 Ibn al-‘Ayṭala 1:30, 2:498 ‘Uyayna b. Ḥiṣn 2:479, 481, 526 Lettre Ghayn : Ghulām Zuhal 1:73 Abū al-Ghayth b. ‘Ubayda al-‘Ijlī 2:383, 392 Lettre Fā’ : al-Fār Qalīṭ 2:443 al-Fāḍil 1:99 Fāṭima, fille du Prophète (sur lui la paix) 1:226, 238, 239, 240, 246, 261, 2:338, 436, 488, 552, 553, 555, 556, 558, 567, 568, 569, 595, 652 Abū al-Fatḥ b. Farrās al-Kātib 2:557, 558 Ibn Farrukhān 1:73 Pharaon 1:26, 106, 109, 117, 209, 2:345, 346, 500, 566, 624 al-Faḍl 1:74 Abū al-Faḍl Ja‘far b. Ḥarb 2:539 al-Faḍl b. al-‘Abbās 1:246

Abū al-Faḍl al-‘Abbās ibn ‘Amr al-Ghanawī 2 : 380, 395 Ibn Falāḥ (‘Alī ibn Ja‘far ibn Falāḥ al-Kutāmī) 2 : 397, 607 Abū al-Fawāris al-Ḥasan ibn Muḥammad al-Maymadī 2 : 594 Fūlūṣ (Paulus) 1 : 98 Fayrūz al-Daylamī 2 : 445 Fīlāṭus al-Rūmī (Pilate le Romain) 1 : 94, 99, 121, 122, 137, 139, 142 **Lettre Qāf** Qārūn (Coré) 2 : 566, 605 Abū al-Qāsim ibn al-Abyaḍ al-‘Alawī 2 : 597 Al-Qāsim ibn Ukhshīd al-Farghānī 2 : 396 Abū al-Qāsim al-Bukhārī 2 : 594 Abū al-Qāsim al-Balkhī 1 : 62, 63, 2 : 548, 549, 624, 625 Abū al-Qāsim al-Ḥasan ibn Ḥawshab 1 : 107, 130, 2 : 376, 377, 378, 389, 390 Abū al-Qāsim ibn Abī al-Ḥasan ibn ‘Ammār 2 : 602 Al-Qāsim ibn Sīmā al-Farghānī 2 : 600 Abū al-Qāsim ‘Īsā ibn Mūsā 2 : 383, 389, 392 Abā al-Qāsim al-Miṣrī al-Iqlīdīsī 2 : 655 Al-Qāhir (Le Vainqueur) 2 : 393 Al-Qā’im (L'Imam) 2 : 599, 601, 602 Abū Qubays (mont) 1 : 215 Abū Qatāda (Qatāda ibn al-Nu‘mān al-Anṣārī) 2 : 338 Ibn Qutayba 2 : 352 Abū Quḥāfa 1 : 271, 272 Wuld al-Qaddāḥ (Les fils d'al-Qaddāḥ) 2 : 607 Qaraza ibn Ka‘b 1 : 279 Qazūm ibn Ka‘b 2 : 495 Qusṭā ibn Lūqā (Costa ben Luca) 1 : 75, 192, 2 : 623 Qusṭanṭīnūs (Constantin) 1 : 93, 159, 160, 162, 163, 164, 193, 194 Al-Qa‘qā‘ ibn ‘Amr 2 : 546 Ibn Qum’a 2 : 422 Quwayrī 1 : 76, 192 Qays ibn Sa‘d 1 : 275, 2 : 529, 530, 534, 653 Qays ibn al-Fākih 2 : 499 Abū Qays ibn al-Fākih 2 : 498 Abū Qays ibn al-Walīd 2 : 499 Qayṣar (César) 1 : 43, 157, 2 : 314, 336, 363, 439, 451, 475, 484, 512, 539 **Lettre Kāf** Kāfūr al-Khaṣī (l'eunuque) 2 : 396, 397, 604 Ibn Abī Kabsha 2 : 514 Kisrā (Chosroès) 1 : 22, 24, 28, 43, 73, 81, 175, 2 : 314, 324, 336, 360, 363, 438, 439, 445, 451, 484, 504, 511, 517, 531, 539, 645, 647 Ka‘b ibn Asad 2 : 449, 495, 497 Ka‘b ibn Mālik al-Anṣārī 1 : 169, 2 : 476, 477, 478 Umm Kulthūm, épouse du Messager – sur lui la paix – 1 : 246, 2 : 338 Umm Kulthūm bint Fāṭima – que Dieu l'agrée – 1 : 653 Ibn Killis 2 : 564 Kulayb al-Jarmī 2 : 546 Ibn al-Kumayt 2 : 399 Kumayl ibn Ziyād al-Nakha‘ī 1 : 46 Kināna 1 : 70 Kināna ibn Abī al-Ḥuqayq 2 : 494 Al-Kindī (Ya‘qūb) 2 : 374, 508, 629, 630, 631 **Lettre Lām** Ibn Lāwī al-Yahūdī (fils de Lévi le Juif) 2 : 357, 407 Abū Lubāba ibn ‘Abd al-Mundhir 2 : 455 Abū Lahab 1 : 14, 20, 22, 30, 36, 37, 38, 235, 2 : 346, 408, 409, 497, 523, 566, 593 Lūṭ (Loth) – sur lui la paix – 1 : 117, 190, 218 Lūqā (Luc) 1 : 155, 196 **Lettre Mīm** Māriya al-Qibṭiyya 2 : 444 Ibn Māsawayh 2 : 625 Mā Shā’ Allāh ibn Abrī al-Yahūdī 1 : 74 Mālik 2 : 595 Mālik ibn al-Ashtar 1 : 46 Mālik ibn Dīnār 2 : 646 Al-Ma’mūn 1 : 72, 74 Mānī (Mani) 1 : 80, 169, 170, 184, 2 : 640, 641 Mattā (Matthieu) 1 : 120, 155, 199, 200 Mattā ibn Yūnus 1 : 76, 208 Al-Muttaqī (calife abbasside) 1 : 28 Al-Mutawakkil 1 : 28 Muthannā ibn Ḥāritha 2 : 503 Al-Muḥsin 1 : 239, 240, 2 : 595 Madīnat ibn Mālik 1 : 58 Murāra ibn Rabī‘a 2 : 476, 477 Murabba‘ ibn Qayẓī 2 : 491 Murabba‘a ibn al-Aḥnaf 2 : 633 Mardāwīj 2 : 518 Marqus (Marc) 1 : 143, 155, 182 Marwān ibn al-Ḥakam 1 : 239, 242, 243, 249, 2 : 556, 575, 576, 592 Marwān ibn ‘Abd al-Malik 1 : 212, 250 Al-Marwazī 2 : 628 Maryam (Marie) – sur elle la paix – 1 : 26, 92, 94, 96, 97, 99, 100, 101, 102, 104, 105, 143, 144, 146, 147, 167, 190, 199, 200, 201, 2 : 507 Maryam al-Majdaliyya (Marie-Madeleine) 1 : 144, 149 Al-Mustakfī 1 : 28 Misṭaḥ ibn Uthātha 2 : 468 Abū Mas‘ūd al-Badrī 2 : 532 Mas‘ūd ibn ‘Amr 1 : 21 Abū Muslim ibn Ḥammād al-Mawṣilī 2 : 392 Muslim ibn ‘Uqba 1 : 18 Muslim ibn ‘Aqīl 1 : 18, 240, 2 : 533, 542, 543 Maslama ibn al-Ḥārith 2 : 498 Musaylima 1 : 32, 63, 213, 214, 216, 267, 272, 2 : 372, 484, 586, 587, 588 Miṣbāḥ al-Ṭā’ī 1 : 171 Muṣ‘ab ibn al-Zubayr 1 : 282 Muṣ‘ab ibn ‘Umayr 2 : 504 Masqala ibn Hubayra 2 : 375, 533 Muḍar 1 : 80 Al-Muṭī‘ li-Llāh 2 : 396, 606, 607 Mu‘ādh ibn Jabal 1 : 33, 2 : 326, 337, 447, 579 Mu‘ādh ibn al-Ḥuṣayn al-Nabhānī (Abū Kāmil) 1 : 211, 216 Mu‘āwiya 1 : 32, 128, 134, 212, 213, 214, 221, 232, 239, 240, 242, 249, 250, 270, 273, 274, 275, 277, 281, 282, 2 : 374, 375, 419, 481, 530, 533, 534, 535, 540, 541, 542, 556, 560, 567, 574, 575, 576, 581, 592, 593 Ma‘bad ibn al-‘Abbās 2 : 555 Al-Mu‘taṣim 1 : 210, 2 : 340, 629, 630 Al-Mu‘taḍid 2 : 381 Al-Mu‘tamid 2 : 341 Al-Mu‘izz li-Dīn Allāh 2 : 603, 604, 606 Ma‘mar 1 : 77 Al-Mughīra ibn Shu‘ba 1 : 242, 2 : 581, 653 Mafrūq ibn ‘Amr 2 : 502, 503 Ibn Muqātil 2 : 394 Al-Muqtadir bi-Llāh 2 : 342, 380, 381, 393, 600 Al-Miqdād 2 : 403 Al-Miqdād ibn al-Aswad 2 : 483 Maqdūnīyūs (Macédonius) 1 : 163 Ibn al-Muqaffa‘ 1 : 72 Al-Muqawqis 2 : 363, 439, 440, 445 Al-Muktafī 2 : 381 Ibn Umm Maktūm 2 : 326, 482 Ibn Muljam 1 : 276, 2 : 402 Ibn Abī al-Mulayḥ al-Qurashī 2 : 379 Muḥammad ibn Ismā‘īl ibn Ja‘far 2 : 377, 386, 390 Abū Muḥammad ibn Abī al-Baghl 2 : 611 Muḥammad ibn Abī Bakr al-Ṣiddīq 1 : 244, 2 : 534, 573 Muḥammad ibn Ja‘far ibn Abī Ṭālib 1 : 247 Muḥammad ibn Ḥāṭib 2 : 546 Abū Muḥammad al-Ḥasan ibn ‘Ubayd Allāh ibn al-Ukhshīd 2 : 605 Muḥammad ibn al-Ḥusayn ibn Jahār Bukhnān (Bundār) 2 : 386 Muḥammad ibn al-Ḥanafiyya 2 : 531 Muḥammad ibn Abī Zaynab (Abū al-Khaṭṭāb) 2 : 552 Muḥammad ibn Sulaymān 2 : 604 Muḥammad ibn Shabīb 2 : 511 Abī Muḥammad al-Ṭabarī 2 : 594 Muḥammad (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) 1 : 5, 6, 9, 10, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 58, 59, 60, 61, 62, 63, 65, 69, 70, 71, 72, 73, 75, 77, 78, 80, 82, 83, 84, 85, 86, 87, 88, 91, 92, 109, 116, 117, 118, 119, 122, 123, 124, 125, 126, 127, 128, 129, 131, 132, 133, 134, 135, 136, 147, 151, 152, 169, 181, 182, 189, 190, 193, 198, 201, 210, 212, 213, 214, 215, 216, 217, 218, 220, 221, 222, 223, 225, 226, 227, 228, 229, 230, 231, 232, 233, 234, 235, 236, 237, 238, 239, 240, 241, 243, 245, 246, 247, 248, 250, 251, 252, 253, 254, 255, 256, 257, 258, 259, 260, 261, 262, 264, 265, 266, 267, 268, 269, 270, 271, 272, 273, 274, 275, 276, 280, 281, 282 2 : 313, 314, 315, 316, 317, 318, 319, 320, 322, 323, 324, 325, 334, 337, 338, 340, 344, 346, 347, 348, 349, 350, 351, 352, 354, 355, 356, 357, 358, 359, 360, 362, 364, 365, 366, 367, 368, 369, 370, 371, 372, 373, 374, 386, 387, 390, 392, 399, 400, 401, 402, 403, 406, 407, 408, 409, 410, 411, 412, 413, 415, 416, 417, 419, 420, 421, 422, 423, 424, 425, 426, 427, 430, 431, 432, 433, 434, 435, 437, 438, 439, 440, 441, 444, 445, 446, 447, 448, 449, 450, 451, 452, 454, 455, 456, 457, 458, 459, 460, 461, 462, 463, 464, 465, 466, 467, 468, 469, 471, 472, 473, 474, 475, 476, 477, 478, 479, 480, 481, 482, 483, 484, 485, 486, 487, 488, 489, 490, 491, 492, 493, 494, 495, 496, 497, 498, 499, 500, 501, 502, 503, 504, 506, 507, 508, 509, 510, 511, 512, 514, 515, 516, 517, 519, 520, 521, 522, 523, 524, 525, 526, 527, 528, 529, 531, 532, 533, 534, 535, 536, 537, 538, 547, 548, 550, 551, 552, 553, 554, 555, 556, 557, 558, 559, 560, 561, 562, 564, 565, 566, 567, 568, 569, 570, 571, 572, 575, 576, 577, 578, 579, 580, 581, 582, 583, 584, 585, 586, 587, 588, 589, 591, 592, 593, 594, 595, 596, 599, 600, 602, 604, 609, 610, 613, 614, 615, 621, 635, 642, 643, 644, 645, 646, 647, 648, 649, 650, 651, 652, 653, 654, 655, 656, 657, 658, 659, 660, 662 Muḥammad ibn ‘Abd Allāh al-‘Alawī (Abū ‘Alī) 2 : 567 Muḥammad ibn ‘Abd Allāh ibn Muḥammad ibn al-Ḥanafiyya 2 : 379 Muḥammad ibn ‘Alī ibn Zayd ibn Rizām 2 : 553 Muḥammad ibn ‘Alī ibn ‘Abd Allāh ibn al-‘Abbās 1 : 16 Muḥammad ibn al-Layth 1 : 77 Muḥammad ibn Maslama 1 : 214 Muḥammad ibn al-Mu‘taḍid 1 : 28 Munabbih ibn al-Ḥajjāj 2 : 498, 499 Al-Muntaṣir 1 : 28 Ibn Munjā al-Qarmaṭī 2 : 397, 608 Abū Manṣūr Bakhtiyār ibn Mu‘izz al-Dawla 2 : 606, 607 Al-Manṣūr 1 : 134, 183, 212 Al-Muhājir ibn Abī Umayya 2 : 588 Al-Mahdī 1 : 107, 134, 212, 225, 2 : 342, 377, 378, 379, 380, 381, 383, 386, 388, 389, 390, 392, 393, 394, 442, 443, 522, 598, 599, 600, 601, 602, 603, 609, 611, 613, 643 Ibn al-Mahzūl 2 : 622 Al-Muhallab ibn Abī Ṣufra 2 : 646 Mūbadhān Mūbadh (Mobed des Mobeds) 1 : 192 Abī Mūsā al-Ash‘arī 1 : 254, 2 : 530, 532, 533 Mūsā ibn Ja‘far 2 : 390, 398 Mūsā ibn Sinān 2 : 618 Mūsā (Moïse) – sur lui la paix – 1 : 8, 9, 26, 34, 87, 90, 91, 104, 108, 114, 115, 116, 117, 119, 124, 125, 126, 132, 133, 134, 135, 145, 149, 150, 151, 165, 188, 190, 194, 209, 216, 218, 221, 223, 237, 238, 239, 249, 257, 2 : 325, 345, 346, 353, 379, 386, 401, 413, 429, 496, 497, 518, 519, 520, 521, 522, 536, 564, 569, 613, 660, 661 Abū Mūsā Hārūn (Cheikh des Cheikhs) 2 : 389, 390, 598 Mūsā al-Yahūdī 2 : 628 Muwaffaq ibn al-Mutawakkil 2 : 629 Mu’nis al-Khaṣī (l'eunuque) 2 : 382, 383 Mīkhā’īl al-Rāhib (le moine Michel) 1 : 183 Mīkā’īl (Michel) 2 : 547, 564 **Lettre Nūn** Ibn al-Nābigha (‘Abd al-Raḥmān) 2 : 579 Nāfi‘ ibn Abī Nāfi‘ 2 : 495 Al-Najāshī (Négus) 1 : 21, 43, 49, 2 : 350, 363, 441, 445, 504, 505, 506, 507, 508, 509, 525, 526 Naḥrīr al-Azghalī 2 : 605 Naḥrīr Shuwayzān 2 : 695 Nizār (Abū al-Manṣūr ibn Ma‘add) 2 : 609, 612, 624, 647 Nusṭūrus (Nestorius) 1 : 164 Al-Nasafī 2 : 325 Naṣr ibn Aḥmad 2 : 518, 599 Al-Naḍr ibn al-Ḥārith ibn Kalada 1 : 30, 40, 43, 53, 2 : 346, 363, 419, 479, 495, 498, 499 Al-Nu‘mān Bashīr al-Anṣārī 1 : 32, 2 : 581, 653 Al-Nu‘mān ibn Sharīk 2 : 504 Al-Nu‘mān ibn Muqarrin 1 : 33, 34, 2 : 320, 329 Al-Nu‘mān ibn al-Mundhir 2 : 325 Nu‘aym ibn Mas‘ūd 2 : 425 Nūḥ (Noé) – sur lui la paix – 1 : 69, 87, 88, 108, 119, 189, 190, 218, 2 : 386, 519, 520, 522, 536, 548, 552 **Lettre Hā’** Hārūn (Aaron) – sur lui la paix – 1 : 34, 87, 91, 108, 114, 115, 116, 117, 119, 133, 149, 151, 190, 209, 216, 221, 237, 249, 257, 2 : 372, 564, 569 Hārūn al-Rashīd 1 : 77, 224 Hāshim 2 : 485 Abū Hāshim (‘Abd al-Salām ibn Muḥammad al-Jubbā’ī) 1 : 69, 198, 2 : 511, 628, 640 Hāmān 2 : 566 Umm Hāni’ bint Abī Ṭālib 1 : 46, 50

Hāni' ibn 'Urwa al-Murādī 2:543 Hāni' ibn Qabīṣa 2:503 Abū al-Hudhayl 2:511, 538, 657 al-Hirbadh 132 2:330, 647 Héraclius 2:326, 575 Hermès le Triple 133 2:430 Hishām ibn al-Ḥakam 1:118, 211, 214, 216, 224, 225, 226, 232, 234, 2:447, 448, 528, 546, 550, 551, 586, 649, 653 Hishām ibn al-'Āṣ 2:509, 588 Hilāl ibn Umayya 2:476, 477, 499 Hind 2:591 Hūd (sur lui la paix) 1:91, 2:37, 401, 645 Abū al-Hayjā' ('Abd Allāh ibn Ḥamdān) 2:382 Hérode 1:26, 137, 138, 139, 142 Hélène 93, 159, 160, 162, 223 Lettre Wāw Wāṣil ibn 'Aṭā' 1:18 Wānis 1:99 Abū al-Wafā' al-Daylamī 2:595 al-Walīd 2:572 al-Walīd ibn 'Abd al-Malik 1:134, 212, 2:556 al-Walīd ibn 'Uqba 1:241, 242, 243 al-Walīd ibn al-Mughīra 1:15, 30, 40, 54, 2:338, 344, 479, 498 al-Walīd ibn Yazīd 1:19, 2:582 Wahb ibn Ḥudhāfa 2:499 Wahb ibn Yahūdhā 2:495 Lettre Yā' Abū Yāsir ibn Akhṭab 2:494 Abū Yatīm al-Ralbāy 2:594 Yaḥyā ibn Khālid 2:633 Yaḥyā (sur lui la paix) 1:91, 101, 110, 2:440 Yaḥyā al-Ṭaḥānī 2:522 Yaḥyā al-Ṭammāmī 2:379 Yaḥyā ibn 'Adī 1:76, 193 Yaḥyā ibn Ḥusayn al-'Alawī 2:378 Yaḥyā ibn 'Alī 2:379 Yazdān Kāsht 2:333 Yazdajird ibn Shahrīyār 1:32, 247, 2:320, 323, 329, 330 Abū Yazīd Mukhallad ibn Kaydād 1:107, 2:390, 602, 603 Yazīd ibn Mu'āwiya 1:18, 134, 212, 238, 239, 240, 2:574, 575, 576 Yazīd ibn al-Walīd ibn 'Abd al-Malik 1:19, 2:575 Abū Ya'qūb ibn al-Azraq al-Kātib al-Anbārī 2:604, 605 Ya'qūb ibn Isḥāq al-Kindī 2:630 Abū Ya'qūb al-Shahḥām 2:341 Ya'qūb (sur lui la paix) 1:34, 87, 91, 108, 164, 190, 200, 201, 210, 401 Ya'qūb ibn Killis 2:564 Ya'qūb le Charpentier 1:199 Ya'qūb ibn Yūḥannā 2:628 Yahūdhā 1:138, 139, 141, 200, 201 Yūḥannā al-Salīḥ 1:100 Yūḥannā le Joaillier 1:142 Yūḥannā 1:112, 155, 199 Yūḥannā le Prêtre 1:76 Yūsuf ibn Daḥya 2:149 6 Yūsuf ibn 'Umar al-Thaqafī 1:18 Yūsuf (sur lui la paix) 1:80, 89, 91, 117, 119, 259, 2:495, 526, 538 Yūsuf ibn al-Gharawī 2:396 Yūsuf ibn al-Qā'im 2:603 Yūsuf le Charpentier 1:26, 142, 199, 200, 201 Yūsha' (sur lui la paix) 1:114, 120, 190 Yūnān le Prophète 1:201 Yūnus (sur lui la paix) 2:427, 493 [Index des lieux, tribus et nations] Lettre Alif Uḥud 2:406, 407, 421, 422, 423, 424, 425, 435, 449, 464, 465, 475, 489, 493, 525, 526, 560 Adābīya 2:603 al-Aḥzāb 134 2:446, 447, 448, 452, 453, 455, 456, 495, 525, 557, 651 al-Aḥsā' 1:107, 2:339, 383, 385, 389, 395, 396, 397, 582, 605, 606, 609 Āl al-Ukhayḍir al-'Alawiyyīn 2:380 Ādharbayjān 1:32, 182, 2:339, 340, 386, 443 Adhru'āt 2:336 Adhana 2:604 Arāsh 2:486 Ardashīr Khurra 2:533 al-Urdunn 1:199 Arṭās 2:526 al-Arman 1:154, 159, 185, 207, 220 Arminiya 1:32, 182, 2:314, 315, 333, 339, 340 Arwād 1:182 al-Asbāṭ 135 1:34 Banū Asad 1:216, 272, 2:588 Banū Isrā'īl 1:8, 9, 26, 100, 113, 120, 121, 138, 144, 148, 149, 152, 153, 157, 158, 159, 165, 188, 209, 210, 239, 277, 2:345, 353, 359, 493, 519 Isqīliya 2:602 al-Iskandariyya 2:343, 439 Aslam (tribu) 1:23 Iṣṭakhr 2:334, 533 al-Aṣfar 2:471, 514 Iṣfahān 1:247, 2:555 al-A'rāb 2:440, 443, 452, 456, 458, 474, 587, 637 Ifrīqiya 1:243, 2:598, 601, 605 Iqrīṭish 1:182, 2:620 al-Akrād 2:441, 443 al-Amqāb 2:578 Banū Umayya 1:16, 17, 73, 128, 131, 250, 282, 2:374, 375, 484, 518, 535, 542, 575, 576, 581, 592, 593 al-Andalus 1:16, 239, 2:386, 392 Anṭākiya 1:15, 2:323, 326 al-Ahwāz 1:32, 146, 180, 2:378, 597, 630 Ūrshalīm 1:197, 198 al-Aws 1:132, 236, 267, 2:401, 402, 411, 459, 460, 462, 471, 474, 475, 495, 504 Lettre Bā' Banū Abī al-Baghl 2:599, 600 Bajīla (tribu) 2:521, 522, 523, 524 al-Baḥrayn 1:129, 130, 135, 180, 216, 254, 272, 2:342, 378, 379, 381, 384, 385, 386, 388, 392, 441, 443, 558, 600, 601, 647, 649 Bukhārā 2:339, 392, 631, 632 Badr 1:54, 82, 2:403, 406, 407, 408, 409, 410, 422, 423, 425, 435, 436, 449, 464, 489, 525, 526, 555, 560, 568, 584, 585, 593 al-Badhdh 2:340 Barāmahramz 2:630 al-Barbar 1:216, 2:443, 598 al-Burjān 1:183 al-Burghar 1:183 Burayda 2:521 Banū Bisṭām 2:381, 599, 600 al-Basmāq (mont) 2:595 Buṣrā 2:512, 628 al-Baṣra 1:49, 179, 221, 248, 274, 278, 282, 2:339, 341, 343, 381, 382, 530, 531, 532, 539, 540, 541, 543, 546, 554, 555, 558, 572, 573, 611 al-Baṭḥā' 2:524 al-Baṭīḥa 2:443 Baghdād 1:179, 2:380, 381, 382, 384, 396, 539, 558, 564, 595, 599, 600, 604, 606, 618, 619, 627, 628 Balkh 2:326, 624 al-Bundhanjiyyīn 2:630 Bayt al-Maqdis 1:47, 49, 88, 125, 138, 149, 150, 156, 165, 197, 198, 223, 2:436, 444, 449, 512, 515 Lettre Tā' al-Tāmma 2:503 Tabūk 2:474, 476, 477, 559, 649 al-Turk (pays) 1:178, 2:315, 330, 354, 444, 535 Taghlib 2:326 Tanūkh 2:326 Tihāma 2:484, 589 Banū Taym 1:272 Taymā' 2:649 Lettre Jīm al-Jābiya 2:335 al-Jabal 2:555 Jurjān 1:32, 247 al-Jazīra 1:31, 59, 63, 146, 162, 191, 210, 2:314 Jazīrat al-'Arab 1:32, 153, 236, 253, 2:314, 386, 402, 522, 554, 643 al-Jazīriyya 2:339 al-Jufayr 2:572 Janāba 2:379 al-Jund 1:130, 2:558 Jundaysābūr 2:636 Juhayna (tribu) 1:23 Jūr 2:334, 597 Jayḥūn 2:558 Jayshān 1:130, 2:376, 389 Lettre Ḥā' Banū Ḥāritha 2:451, 492 al-Ḥabasha 1:20, 21, 24, 43, 49, 61, 207, 236, 246, 248, 2:350, 352, 363, 504, 522, 583, 585, 590 al-Ḥijāz 1:31, 92, 180, 2:402, 449, 558 al-Ḥijr 2:487, 488 al-Ḥudaybiyya 1:60, 2:318, 516, 526 Ḥarrān 1:108, 146, 162, 163 al-Ḥarra 1:18, 2:575 Banū al-Ḥasan 2:535 Banū al-Ḥusayn 2:535 Banū Ḥamdān 2:443 Ḥimṣ 1:178, 179, 2:323, 327, 512, 515 Ḥunayn (bataille) 2:489, 559 al-Ḥīra 1:32 Lettre Khā' Khurāsān 1:17, 19, 32, 179, 180, 249, 2:320, 330, 333, 335, 342, 381, 385, 386, 444, 518, 555, 599, 600, 617 Khuza'a (tribu) 1:23, 2:344 al-Khazraj 1:132, 236, 267, 2:401, 402, 411, 459, 460, 462, 471, 495, 504, 653 al-Khandaq (expédition) 2:446, 447, 450, 525, 526 Khwārizm 2:398 Khaybar 1:30, 2:435, 496, 556 Lettre Dāl Dār al-Nadwa 2:364 Dijla 2:558 Dimashq 1:156, 2:323, 336, 444, 474, 512, 546, 549, 595 Dūmat al-Jandal 2:574 al-Daylam 1:73, 107, 180, 2:443, 445, 521, 535, 594, 604, 647 Lettre Dhāl Dhū al-Fiqār (épée du Prophète, que la prière et la paix soient sur lui) 2:421 Dhubyān 2:448 Dhū Qār 2:325, 540 Dhū al-Qiṣṣa 2:418 Dhū al-Majāz 2:519 Lettre Rā' al-Rādha 2:378 al-Rabadha 2:418, 540 Rabṭara 2:341 Rabī'a 1:22, 23, 216, 235, 2:502 Raqqāda 1:107, 2:342, 390 al-Raqqa 1:146, 2:383 al-Ramla 2:595, 605 al-Rawḥā' 2:424 al-Rūm 1:30, 32, 43, 48, 59, 60, 61, 63, 71, 77, 88, 93, 121, 125, 131, 137, 139, 141, 151, 152, 153, 154, 157, 158, 159, 160, 161, 162, 163, 164, 166, 167, 168, 169, 172, 173, 176, 178, 183, 184, 185, 190, 194, 197, 210, 220, 223, 226, 227, 232, 236, 238, 251, 254, 267, 2:314, 315, 320, 323, 324, 325, 326, 327, 328, 329, 330, 334, 336, 338, 339, 340, 341, 342, 343, 353, 354, 360, 372, 386, 395, 397, 401, 436, 437, 439, 440, 444, 445, 471, 473, 474, 475, 481, 493, 511, 512, 513, 514, 515, 516, 517, 522, 524, 535, 559, 599, 602, 604, 608, 617, 626, 628, 643, 647, 651, 652 Rūma 2:598 Rūmiyya 2:516 al-Rayy 1:247, 2:521, 599 Lettre Zāy Banū Zurqān 2:387 Zamzam 2:616, 617, 619 Banū Zuhra 1:53, 249 Banū Zahrūn 2:622 Lettre Sīn al-Sāqa 2:334 Sijistān 1:32, 2:330, 582 Sijilmāsa 2:389, 597, 598 al-Sarjān 1:160 Surra man Ra'ā 1:179 Saqīfat Banī Sā'ida 2:561, 562, 563, 586 Sala' 2:478 Banū Salmān 2:387 Banū Salama 2:477, 478 Salamiyya 2:597 Samarqand 1:175 Samīṣāṭ 1:183 Banū Sanbar 2:379 al-Sind 2:315 al-Sawād 1:32, 230 Sūlāsam 2:333 Suwayqat 'Abbāsa 2:622 Sayḥūn 1:183, 2:558 Lettre Shīn al-Shām 1:32, 48, 50, 63, 150, 180, 191, 210, 221, 230, 246, 248, 274, 275, 276, 2:314, 315, 329, 333, 334, 335, 336, 340, 343, 396, 397, 436, 440, 443, 444, 450, 475, 495, 512, 522, 530, 531, 533, 540, 541, 545, 549, 554, 558, 574, 575, 583, 584, 589, 590, 597, 606, 607, 608, 609, 619, 643, 660 al-Shāma 2:503 al-Sharāt 2:391 Shaybān ibn Tha'laba (tribu) 2:502 Lettre Ṣād Ṣa'da 2:594 al-Ṣa'īd al-A'lā 1:32, 2:343 al-Ṣafā 2:484 Ṣiffīn 2:533, 541, 542 Ṣan'ā' 1:24, 2:445, 450, 562, 649 Ṣūr 2:595 al-Ṣīn 1:179, 2:360, 386 Lettre Ṭā' al-Ṭā'if 1:240, 2:350, 501, 559, 591 Ṭabāṭabā 2:382, 383 Ṭabaristān 1:32, 247, 2:594, 618 Ṭarābulus 2:602 Ṭarsūs 2:600, 604 Ṭayy (tribu) 2:524 Lettre 'Ayn 'Ād 1:53, 85, 107, 123, 131, 132, 136, 147, 153, 2:485, 486 Banū al-'Abbās 1:1, 17, 19, 28, 37, 71, 73, 75, 131, 175, 186, 224, 252, 2:342, 375, 383, 395, 397, 443, 518, 581, 593, 594, 604, 607, 616 Banū 'Abd al-Dār 1:53 'Abd al-Qays (tribu) 1:235, 2:524 Banū 'Abd al-Muṭṭalib 2:317, 547, 589 Banū 'Abd Manāf 1:226, 255, 269, 271, 272, 2:346, 468, 481, 498, 512, 571, 585 al-'Ibriyya 2:516 'Abas 2:448 al-'Atīq 2:325 al-'Ajam 1:135, 251, 2:324, 437, 453, 521, 537, 553, 562, 575 'Adan 1:113, 2:376, 389, 496, 649 al-'Udhayb 2:321 al-'Irāq 1:31, 32, 49, 146, 164, 169, 178, 179, 180, 191, 2:339, 340, 342, 385, 386, 387, 392, 522, 530, 541, 542, 549, 564, 600, 604, 606, 635 al-'Arab 1:13, 19, 22, 27, 37, 51, 53, 66, 71, 85, 107, 123, 131, 132, 136, 147, 153, 207, 210, 216, 220, 226, 227, 232, 235, 248, 251, 267, 274, 2:322, 344, 360, 361, 391, 392, 393,

400, 412, 417, 420, 437, 438, 441, 444, 446, 449, 453, 469, 479, 481, 482, 489, 495, 496, 500, 501, 504, 509, 520, 522, 523, 536, 537, 544, 553, 562, 568, 590, 617, 636, 656 Al-Arish 136 1: 258 Banu al-'Azaqiri 137 2: 381 Al-'Uzza 138 2: 421, 487 Ascalon 139 2: 444, 595 'Askar Mukram 140 2: 521, 630 Banu 'Afra 141 2: 584 Banu 'Uqayl 142 2: 395, 543 Acre 143 2: 595 'Ukaz 144 2: 519 Oman 145 1: 23, 31, 272, 2: 386, 441, 445, 555, 588, 643, 649 'Imran 146 2: 443 'Ayn al-Tamr 147 1: 32 'Ayn Darba 148 1: 182, 2: 604 'Ayn al-Warda 149 1: 18 Lettre غ (Ghain) Al-Ghar 150 2: 365, 369, 391, 523, 601 Gaza 151 2: 444 Ghassan (tribu) 152 1: 210, 2: 326, 441, 477 Ghatafan 153 2: 588 Ghifar (tribu) 154 1: 23 Lettre ف (Fa') Faran 155 2: 352 Fars 156 1: 28, 32, 53, 59, 60, 61, 63, 72, 164, 180, 191, 236, 247, 2: 320, 321, 322, 323, 326, 328, 329, 330, 337, 360, 363, 372, 378, 385, 386, 438, 450, 511, 515, 521, 535, 564, 618 Fadak 157 2: 556, 557, 558 L'Euphrate 158 2: 382, 383, 558 Al al-Furat 159 2: 599, 600 Les Perses 160 1: 13, 30, 43, 53, 71, 131, 154, 164, 169, 170, 180, 192, 220, 226, 232, 247, 2: 314, 315, 316, 323, 324, 325, 328, 329, 330, 332, 340, 354, 363, 444, 481, 522, 617, 645 Fazara (tribu) 161 1: 23, 216, 2: 448 Al-Fustat 162 2: 477, 478 Palestine 163 2: 554 Lettre ق (Qaf) Al-Qadisiyya 164 1: 32, 2: 321, 322, 325 Al al-Qasim ibn 'Abd Allah 165 2: 600 Le Caire 166 2: 607, 608 Qa'in 167 2: 617 Chypre 168 1: 182 Les Coptes 169 1: 71, 106, 109, 162, 176, 207, 209, 210, 220, 232, 2: 535 Quraysh 170 1: 19, 20, 21, 22, 25, 27, 28, 30, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 47, 48, 49, 50, 51, 53, 59, 66, 68, 84, 88, 132, 133, 136, 235, 253, 262, 263, 264, 265, 267, 313, 317, 344, 346, 348, 350, 351, 355, 360, 361, 362, 364, 365, 367, 368, 384, 402, 403, 407, 409, 410, 412, 419, 420, 436, 437, 438, 439, 444, 447, 448, 449, 450, 463, 479, 480, 484, 485, 486, 487, 488, 495, 496, 499, 500, 501, 502, 503, 504, 505, 508, 509, 512, 513, 515, 519, 520, 523, 524, 525, 527, 547, 561, 563, 564, 565, 566, 567, 576, 585, 590, 591, 656 Banu Qurayza 171 1: 30, 2: 435, 449, 450, 455, 456, 495, 496 Constantinople 172 1: 157, 161, 171, 238, 2: 315, 386, 397 Quda'a 173 1: 216, 2: 441 Al-Qatif 174 2: 380 Al-Qulzum 175 2: 534 Qalshana 176 2: 650 Kairouan 177 1: 107, 179, 2: 386, 598, 600, 601, 602 Banu Qayla 178 2: 462 Banu al-Qaynuqa' 179 1: 30, 2: 435, 494, 496 Lettre ك (Kaf) Kaboul 180 2: 386 Kutama 181 2: 390, 396, 397, 598, 606 Karabis 182 2: 336 Karbala 183 1: 18, 240, 249, 2: 653 Al-Karkh 184 2: 600 Kerman 185 1: 32, 2: 582 La Ka'ba 186 2: 343, 344, 385, 437, 486 Kinana (tribu) 187 1: 23 Kufa 188 1: 82, 179, 239, 241, 247, 248, 339, 342, 343, 379, 381, 383, 386, 388, 389, 390, 393, 394, 530, 531, 532, 533, 539, 542, 543, 544, 545, 546, 549, 554, 558, 574, 613 Lettre ل (Lam) La'a 189 1: 130, 2: 376, 389 Lu'lu'a 190 2: 341 Lettre م (Mim) Al-Makhram 191 2: 627 Banu Makhzum 192 1: 33, 272, 2: 346, 481, 592 Al-Mada'in 193 1: 58, 2: 330, 549 Banu al-Midrar 194 2: 598 Madyan 195 1: 90 Medina 196 1: 25, 27, 134, 222, 227, 236, 239, 240, 246, 247, 249, 258, 268, 280, 281, 318, 324, 326, 329, 350, 357, 366, 367, 368, 372, 401, 402, 409, 411, 418, 420, 423, 446, 450, 554, 460, 462, 463, 477, 495, 496, 511, 521, 522, 532, 545, 555, 559, 563, 573, 575, 583, 585, 615 Al-Mudhaykhira 197 1: 130, 2: 376 Merv 198 2: 330 Banu Marwan 199 2: 482, 582


  1. Mānī : Mani, fondateur du manichéisme, religion dualiste qui considère la matière comme mauvaise et prône une lutte entre la lumière et les ténèbres.
  2. ʿāda : Habitude ou coutume divine, concept théologique désignant la manière dont Dieu agit de façon régulière dans la création, sans que cela soit une nécessité.
  3. sharʿ : Loi religieuse islamique, la charia, fondée sur le Coran et la Sunna.
  4. taghnamū : Littéralement 'vous gagnerez un butin', mais ici au sens figuré de 'vous obtiendrez un profit' ou 'vous réussirez'.
  5. bukūrihā : Le début de la journée, tôt le matin, considéré comme un temps béni pour les activités.
  6. wa lā tulqū bi-aydīkum ilā l-tahluka : Coran, Sourate 2, verset 195 : 'Ne vous jetez pas par vos propres mains dans la destruction.'
  7. wa khudhū ḥidhrakum : Coran, Sourate 4, verset 71 : 'Prenez vos précautions.'
  8. ghayr muḥajjar : Toit sans parapet ou sans garde-corps, donc dangereux.
  9. dhirāʿ : Avant-bras, du coude au poignet. Peut aussi désigner une mesure de longueur. Ici, il s'agit d'un petit morceau de viande.
  10. kurāʿ : Pied d'un animal, souvent un mouton ou une chèvre, considéré comme une nourriture modeste.
  11. fa- : Particule de liaison, ici marque une coupure dans le texte original.
  12. walāʾim : Repas de noces, mais aussi tout repas offert à l'occasion d'un événement heureux.
  13. takalluf : Faire des frais ou des efforts excessifs pour impressionner, affectation.
  14. wa bi'samā lahu an yaḥtaqira mā ʿindahu : Parole prophétique rapportée, insistant sur l'importance de ne pas mépriser ce que l'on possède.
  15. takalluf : Même sens que ci-dessus : faire des frais ou des efforts superflus.
  16. ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb : Deuxième calife de l'Islam, connu pour sa justice et sa rigueur.
  17. marbaḥa : Profit, gain. Ici, le sens est que même dans les calamités, on peut tirer un bénéfice spirituel.
  18. quli dʿū shurakāʾakum thumma kīdūni falā tunẓirūn : Coran, Sourate 7, verset 195 : 'Dis : Invoquez vos associés, puis complotez contre moi et ne me donnez aucun répit.'
  19. Hūd : Prophète envoyé au peuple de 'Ad, mentionné dans le Coran.
  20. ʿalayhi al-salām : Formule de bénédiction : 'que la paix soit sur lui', utilisée pour les prophètes et les imams.
  21. saqaṭa ʿAlī : Expression signifiant qu'une partie du texte concernant Ali est manquante.
  22. fa-imqulūhu : Ordre de plonger entièrement la mouche dans le liquide, car l'antidote se trouve dans l'autre aile.
  23. dhubāb al-naḥl : Abeille, littéralement 'mouche à miel'.
  24. Kisrā : Titre des rois sassanides de Perse, souvent utilisé pour désigner l'empereur perse.
  25. bārshīn : Couverts, probablement une fourchette ou une cuillère, du persan.
  26. yardafu khalfahu : Il prenait quelqu'un en croupe sur sa monture, signe d'humilité et de service.
  27. bayna burdayn : Entre deux vêtements, c'est-à-dire vêtu de deux habits, symbole de fierté et d'aisance.
  28. wa innī aw in : Phrase incomplète dans le texte original, peut-être 'et Moi, Je suis Celui qui...'
  29. wayḥaka : Expression de pitié ou de reproche : 'Malheur à toi'.
  30. qadādan : En se pavanant, en marchant fièrement.
  31. bayna l-ṣaffayn : Entre les deux rangs, probablement lors d'une bataille ou d'une procession.
  32. al-muskir : Toute substance enivrante, notamment les boissons alcoolisées.
  33. kashf al-ʿawra : Découvrir les parties intimes du corps, ce qui est interdit en Islam.
  34. al-ishtirāk fī l-zawja : Le partage de l'épouse, c'est-à-dire la polyandrie, interdite en Islam.
  35. Nizār al-mutassamī bi-l-ʿAzīz : Nizar, surnommé al-Aziz (le Puissant), probablement un dirigeant ou notable contemporain de l'auteur.
  36. al-mazāhir : Instruments de musique, probablement des sortes de tambours ou de flûtes.
  37. yataṭahharūna bi-l-bawl : Ils se purifient avec l'urine, pratique attribuée aux mazdéens (zoroastriens).
  38. al-hirbadh : Prêtre zoroastrien, du persan 'hērbed'.
  39. yashuddūnahu : Ils l'attachent fermement, faisant référence à une pratique de sacrifice animal.
  40. wa huwa : Phrase incomplète, peut-être 'et il est licite de le manger'.
  41. man istaḍʿafū : Ceux qu'ils ont pris pour faibles, c'est-à-dire les musulmans qu'ils méprisent.
  42. ḥujjāb : Chambellans, gardiens de la porte du souverain.
  43. thughūr : Marches, places fortifiées aux frontières de l’empire islamique.
  44. Dayālima : Daylamites, mercenaires originaires du Daylam (région montagneuse au sud de la mer Caspienne), souvent chiites.
  45. Sayf al-Dawla, Nāṣir al-Dawla, Mu‘izz al-Dawla : Princes hamdanides de Syrie et du nord de la Mésopotamie au Xe siècle.
  46. iṣfa‘ qafāhu : Expression signifiant « gifle-le par-derrière », c’est-à-dire « frappe-le traîtreusement » ou « méprise-le ».
  47. : Passage lacunaire dans le manuscrit.
  48. : Passage lacunaire dans le manuscrit.
  49. da‘wa : Appel, prédication, notamment celle des Fatimides ismaéliens.
  50. laṭ‘ iṣba‘ihi : Action de se lécher le doigt après avoir mangé, considérée comme une marque d’humilité.
  51. ya‘qil al-‘anz : Attacher la chèvre, c’est-à-dire s’occuper lui-même de ses bêtes, signe de simplicité.
  52. burda : Manteau rayé, vêtement traditionnel.
  53. dāniq : Petite monnaie, sixième partie d’un dirham.
  54. : Passage lacunaire dans le manuscrit.
  55. : Passage lacunaire dans le manuscrit.
  56. : Passage lacunaire dans le manuscrit.
  57. naqḍ al-‘āda : Briser la coutume, c’est-à-dire accomplir un miracle qui déroge aux lois naturelles.
  58. kutub al-imāmiyya : Livres des imamites, c’est-à-dire des chiites duodécimains.
  59. al-dahr : Le temps, le destin, parfois personnifié.
  60. al-Bāṭiniyya : Les ésotéristes, notamment les Ismaéliens, qui cherchent un sens caché aux textes.
  61. : Passage lacunaire dans le manuscrit.
  62. : Passage lacunaire dans le manuscrit.
  63. al-mashyikhiyyīn : Les shaykhs, probablement des chefs religieux ou des savants.
  64. Coran 33:37 : Sourate al-Aḥzāb, verset 37.
  65. ‘idda : Période de viduité légale après un divorce ou un veuvage.
  66. sourate al-Aḥzāb : La sourate 33 du Coran, intitulée « Les Coalisés ».
  67. : Passage lacunaire dans le manuscrit.
  68. : Passage lacunaire dans le manuscrit.
  69. : Passage lacunaire dans le manuscrit.
  70. Mu’ta : Bataille de Mu’ta (629 ap. J.-C.) où les musulmans affrontèrent les Byzantins.
  71. Usāma al-ḥubb : Surnom d’Usāma ibn Zayd, signifiant « Usāma le Bien-Aimé ».
  72. : Passage lacunaire dans le manuscrit.
  73. : Passage lacunaire dans le manuscrit.
  74. al-Fāṭimiyyīn : Les Fatimides, dynastie ismaélienne qui régna sur l’Égypte et une partie du monde musulman.
  75. al-Muhājirūn wa l-Anṣār : Les Émigrés (ceux qui ont suivi le Prophète de La Mecque à Médine) et les Auxiliaires (les Médinois convertis).
  76. Karbalā’ : Bataille de Karbalā’ (680 ap. J.-C.) où al-Ḥusayn, petit-fils du Prophète, fut tué.
  77. : Passage lacunaire dans le manuscrit.
  78. : Passage lacunaire dans le manuscrit.
  79. : Passage lacunaire dans le manuscrit.
  80. al-Khazraj : Tribu médinoise, l’une des deux principales tribus auxiliaires du Prophète.
  81. al-mutarrafīn : Les jouisseurs, les gens aisés et insouciants.
  82. ḥarramahunna : Il les a déclarées illicites au mariage, en l'occurrence ses épouses après sa mort.
  83. ilhām : Inspiration divine, souvent distinguée de la révélation prophétique.
  84. ḍarāʼir : Coépouses, femmes partageant le même mari.
  85. Abū al-Qāsim al-Miṣrī al-Iqlīdisī al-Muhandis : Personnage probablement fictif ou peu connu, désigné comme un géomètre/mathématicien égyptien.
  86. al-ʻāfiya : La santé, le bien-être ; ici utilisé comme prétexte pour dissimuler une relation suspecte.
  87. Abū al-Hudhayl : Abū al-Hudhayl al-ʻAllāf, théologien mu'tazilite du VIIIe-IXe siècle.
  88. al-Shahḥām : Théologien mu'tazilite, disciple d'Abū al-Hudhayl.
  89. Ibn al-Rāwandī : Penseur et hérétique du IXe siècle, connu pour ses critiques de l'islam.
  90. al-Ḥaddād : Probablement un autre penseur hétérodoxe, peut-être contemporain d'Ibn al-Rāwandī.
  91. al-Warrāq : Surnom désignant un copiste ou un libraire, souvent associé à des figures hétérodoxes.
  92. Muḥammad al-Amīn : Surnom de Mahomet avant la prophétie, signifiant 'l'Honnête, le Digne de confiance'.
  93. muʻtazila : École théologique rationaliste de l'islam, mettant l'accent sur la justice divine et le libre arbitre.
  94. al-Farīd : Ouvrage perdu d'Ibn al-Rāwandī, probablement un recueil de critiques.
  95. imāmiyya : Chiites duodécimains, qui croient en douze imams infaillibles après Mahomet.
  96. nuṣūṣ : Textes explicites, en particulier les désignations (naṣṣ) de Ali comme successeur.
  97. hāʼulāʼ : Référence aux premiers califes, accusés par les chiites d'avoir usurpé le califat de Ali.
  98. waṣiyyat Abī Bakr wa-ʻUmar : Allusion à des testaments ou ordres attribués à Abou Bakr et Omar, exécutés selon les chiites de manière contestable.
  99. al-naṣṣ wa-l-imāma : La désignation explicite (naṣṣ) de Ali comme imam par Mahomet, doctrine centrale du chiisme.
  100. mulḥida : Athées ou hérétiques, souvent utilisé pour désigner les dualistes ou les manichéens.
  101. hal tuḥissu minhum min aḥadin aw tasmaʻu lahum rikzan : Citation coranique (Sourate Maryam, 19:98) évoquant l'anéantissement des peuples anciens.
  102. Ibn Khuwaylid : Probablement un faux prophète contemporain d'Abou Bakr, mentionné dans les récits de la ridda.
  103. sittami'a : An 600 de l'Hégire (1203-1204 ap. J.-C.).
  104. Fāṣda‘ bi-mā tu’maru wa a‘riḍ ‘ani l-mushrikīn : Coran 15:94 : « Proclame donc ce qu’on t’ordonne et détourne-toi des associateurs. »
  105. Fa-kīdūnī jamī‘an thumma lā tunẓirūn : Coran 11:55 : « Rusez donc tous contre moi, puis ne me donnez aucun répit. »
  106. Wa laqad katabnā fī z-zabūri min ba‘di dh-dhikri anna l-arḍa yarithuhā ‘ibādiya ṣ-ṣāliḥūn : Coran 21:105 : « Et Nous avons écrit dans les Psaumes, après le Rappel, que la Terre sera héritée par Mes serviteurs vertueux. »
  107. Wa andhir ‘ashīrataka l-aqrabīn : Coran 26:214 : « Et avertis ton clan le plus proche. »
  108. Wa qul rabbi adkhilnī mudkhala ṣidqin wa akhrijnī mukhrajā ṣidqin : Coran 17:80 : « Et dis : 'Seigneur, fais-moi entrer par une entrée de vérité et fais-moi sortir par une sortie de vérité.' »
  109. Inna lladhī faraḍa ‘alayka l-qur’āna larādukka ilā ma‘ād : Coran 28:85 : « Celui qui t’a imposé le Coran te ramènera certainement à un lieu de retour. »
  110. Qul la’ini jtama‘ati l-insu wa l-jinnu ‘alā an ya’tū bi-mithli hādhā l-qur’ān : Coran 17:88 : « Dis : 'Si les hommes et les djinns s’unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne le pourraient pas.' »
  111. Badr : Bataille de Badr (624 ap. J.-C.), première grande victoire des musulmans sur les Mecquois.
  112. ‘Abdullah ibn Ubayy ibn Salül : Chef des hypocrites à Médine, qui s'opposait secrètement à Muhammad.
  113. Uhud : Bataille d'Uhud (625 ap. J.-C.), où les musulmans subirent une défaite partielle.
  114. mubāhala : Invocation mutuelle de malédiction pour trancher un différend religieux.
  115. Alladhīna kafarū yunfiqūna amwālahum liyaṣuddū ‘an sabīli llāhi fasayunfiqūnahā thumma takūnu ‘alayhim ḥasratan thumma yughlabūn : Coran 8:36 : « Ceux qui ont mécru dépensent leurs biens pour détourner du chemin de Dieu. Ils les dépenseront, puis ils en auront des regrets, puis ils seront vaincus. »
  116. Wa man aẓlamu mimman mana‘a masājida llāhi an yudhkara fīhā smuh : Coran 2:114 : « Et qui est plus injuste que celui qui empêche que dans les mosquées de Dieu on mentionne Son nom ? »
  117. ‘Uthmān ibn Ṭalḥa al-'Abdarī : Gardien de la Kaaba avant la conquête de la Mecque, à qui Muhammad prédit que les clés lui resteraient.
  118. Sanulqī fī qulūbi lladhīna kafarū r-ru‘b : Coran 8:12 : « Je vais jeter l'effroi dans les cœurs de ceux qui ont mécru. »
  119. Banū n-Naḍīr : Tribu juive de Médine expulsée en 625 ap. J.-C. pour trahison.
  120. Jarīr ibn ‘Abdillāh al-Bajalī : Compagnon de Muhammad, connu pour sa bravoure.
  121. shī‘ites : Partisans de 'Alī et de sa descendance, considérés comme les seuls imams légitimes.
  122. Califes bien guidés : Les quatre premiers califes : Abū Bakr, 'Umar, 'Uthmān et 'Alī.
  123. sunna : Tradition prophétique, ensemble des paroles et actes de Muhammad.
  124. Qarmates : Secte ismaélienne extrémiste qui contesta la légitimité des califes et des Compagnons.
  125. Bāṭiniyya : Courant ésotérique de l'islam, souvent associé aux Ismaéliens, qui interprète les textes de manière cachée.
  126. hadiths : Récits rapportant les paroles et actions de Muhammad.
  127. Une maison où il n'y a pas de dattes, ses habitants ont faim : Hadith rapporté par Muslim, soulignant l'importance des dattes comme nourriture de base.
  128. Zayd ibn Ḥāritha : Affranchi et fils adoptif de Muhammad, dont le mariage avec Zaynab bint Jaḥsh fut critiqué.
  129. Jibrīl : L'ange Gabriel, messager divin dans l'islam.
  130. Ibn Jabala : Fils de Jabala, nom d'une personne.
  131. Jirjis (Mār) : Saint Georges, figure chrétienne vénérée.
  132. al-Hirbadh : Titre donné aux prêtres zoroastriens, équivalent de 'mobed'.
  133. Hermès le Triple : Hermès Trismégiste, figure légendaire associée à la sagesse hermétique et à l'alchimie.
  134. al-Aḥzāb : Les coalisés, désignant la bataille du Fossé (Khandaq) où les tribus arabes et juives se coalisèrent contre Médine.
  135. al-Asbāṭ : Les tribus des fils de Jacob (Israël), souvent traduit par 'tribus' ou 'patriarches'.
  136. al-'Arīsh : Localité d'Égypte, sur la côte méditerranéenne, près de la frontière avec la Palestine.
  137. Banū al-'Azāqirī : Tribu ou famille mentionnée dans les sources historiques.
  138. al-'Uzzā : Divinité préislamique vénérée par les Arabes, notamment par les Qurayshites.
  139. ‘Asqalān : Ville de Palestine, ancienne Ashkelon.
  140. ‘Askar Mukram : Ville de la région d'Ahwaz en Iran.
  141. Banū ‘Afra : Tribu arabe.
  142. Banū ‘Uqayl : Tribu arabe.
  143. ‘Akkā : Ville de Palestine, Acre.
  144. ‘Ukāẓ : Foire et marché préislamique près de La Mecque.
  145. ‘Umān : Région du sud-est de la péninsule arabique, actuel Oman.
  146. ‘Imrān : Nom propre, peut-être une localité ou une personne.
  147. ‘Ayn al-Tamr : Localité d'Irak, près de Kufa.
  148. ‘Ayn Darba : Localité non identifiée.
  149. ‘Ayn al-Warda : Localité de Syrie.
  150. al-Ghār : Grotte, peut-être la grotte de Hira ou autre.
  151. Ghazzah : Gaza, ville de Palestine.
  152. Ghassān : Tribu arabe chrétienne, alliée des Byzantins.
  153. Ghaṭafān : Tribu arabe.
  154. Ghifār : Tribu arabe.
  155. Fārān : Région du désert du Sinaï, associée à l'Exode.
  156. Fārs : Province d'Iran, ancienne Perse.
  157. Fadak : Oasis près de Khaybar, en Arabie.
  158. al-Furāt : Fleuve Euphrate.
  159. Āl al-Furāt : Famille ou dynastie liée à l'Euphrate.
  160. al-Furs : Les Perses, peuple de l'Iran.
  161. Fazārah : Tribu arabe.
  162. al-Fusṭāṭ : Première capitale de l'Égypte musulmane, près du Caire.
  163. Filasṭīn : Palestine.
  164. al-Qādisiyyah : Ville d'Irak, site de la bataille contre les Perses.
  165. Āl al-Qāsim ibn ‘Abd Allāh : Famille ou lignée.
  166. al-Qāhirah : Le Caire, capitale de l'Égypte.
  167. Qā'in : Ville d'Iran.
  168. Qubruṣ : Chypre.
  169. al-Qibṭ : Les Coptes, chrétiens d'Égypte.
  170. Quraysh : Tribu de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
  171. Banū Qurayẓah : Tribu juive de Médine.
  172. al-Qusṭanṭīniyyah : Constantinople, actuelle Istanbul.
  173. Quḍā‘ah : Tribu arabe.
  174. al-Qaṭīf : Ville d'Arabie saoudite, sur le golfe Persique.
  175. al-Qulzum : Mer Rouge, ou localité sur ses rives.
  176. Qalshānah : Localité non identifiée.
  177. al-Qayrawān : Ville de Tunisie, centre religieux important.
  178. Banū Qaylah : Tribu arabe.
  179. Banū al-Qaynuqā‘ : Tribu juive de Médine.
  180. Kābul : Capitale de l'Afghanistan.
  181. Kutāmah : Tribu berbère, soutien des Fatimides.
  182. Karābīs : Étoffe de lin, ou localité.
  183. Karbalā’ : Ville d'Irak, lieu du martyre de Husayn.
  184. al-Karkh : Quartier de Bagdad.
  185. Kirmān : Province d'Iran.
  186. al-Ka‘bah : La Kaaba, sanctuaire à La Mecque.
  187. Kinānah : Tribu arabe.
  188. al-Kūfah : Ville d'Irak, fondée par les musulmans.
  189. Lā‘ah : Localité du Yémen.
  190. Lu’lu’ah : Perle, ou nom de lieu.
  191. al-Makhram : Localité non identifiée.
  192. Banū Makhzūm : Tribu qurayshite.
  193. al-Madā’in : Ville d'Irak, ancienne Ctésiphon.
  194. Banū al-Midrār : Dynastie berbère.
  195. Madyan : Région du nord-ouest de l'Arabie, associée à Moïse.
  196. al-Madīnah : Médine, ville sainte de l'islam.
  197. al-Mudhaykhirah : Localité du Yémen.
  198. Marw : Ville d'Asie centrale, actuel Mary au Turkménistan.
  199. Banū Marwān : Dynastie omeyyade.

La deuxième partie

Marwa 1 2:484 Al-Muraysīʿ 2 2:460 Muzayna 3 2:408 Mashjar ʿUmān 4 2:386 Miṣr 5 1:32, 63, 106, 162, 168, 178, 179, 180, 191, 210, 2:314, 315, 323, 329, 333, 340, 342, 443, 445, 363, 385, 396, 397, 444, 445, 530, 534, 545, 546, 555, 564, 573, 582, 595, 600, 603, 604, 605, 606, 607, 624, 647, 660 Al-Maṣīṣa 6 1:182, 183, 2:604 Al-Maghrib 7 1:16, 32, 107, 130, 149, 180, 314, 315, 342, 343, 378, 383, 386, 390, 391, 392, 398, 582, 597, 598, 599, 600, 601, 602, 603, 605, 606, 610 Banū al-Mughīra 8 1:272 Makka 9 1:14, 25, 26, 27, 28, 46, 47, 50, 52, 53, 55, 59, 64, 68, 82, 84, 92, 130, 135, 222, 235, 237, 239, 267, 271, 313, 316, 317, 318, 324, 338, 346, 348, 350, 356, 357, 358, 362, 368, 372, 384, 385, 390, 402, 408, 410, 436, 437, 439, 447, 453, 462, 463, 475, 481, 486, 495, 498, 499, 501, 505, 511, 521, 522, 524, 525, 526, 555, 575, 578, 583, 585, 589, 590, 591, 592, 607 Malaṭya 10 2:343 Al-Manṣūra 11 2:316 Minā 12 2:519 Al-Mahdiyya 13 2:601, 602 Muʾta 14 2:441, 511, 559, 560, 651 Al-Mawṣil 15 1:146, 153 Multān 16 2:316 Mūliyān 17 2:398 Lettre Nūn 18 Banī Nāḥiya 19 2:533 Al-Nabaṭ 20 1:71, 2:443 Banū al-Najjār 21 2:367 Najrān 22 2:649 Banū al-Naḍīr 23 1:30, 2:435, 489, 490, 494, 496, 556 Nihāwand 24 1:247, 2:330 Al-Nahrawān 25 2:542, 554 Āl Nawbakht 26 2:600 Banū Nawfal 27 1:33 Naysābūr 28 2:396, 618 Al-Nīl 29 2:379, 558 Lettre Hāʾ 30 Banū Hāshim 31 1:17, 18, 19, 225, 226, 240, 245, 246, 247, 249, 250, 258, 263, 264, 270, 271, 2:327, 362, 363, 364, 374, 383, 481, 555, 556, 557, 559, 560, 561, 567, 569, 571, 580, 583, 584, 585, 586, 593, 649, 653 Hubal 32 2:421 Hajar 33 2:380 Harāt 34 2:617 Hamadān 35 1:247 Al-Hind 36 1:13, 30, 35, 49, 71, 106, 131, 154, 175, 177, 187, 220, 226, 232, 2:314, 315, 324, 338, 386, 535, 544, 555, 617 Lettre Wāw 37 Wādī al-Qurā 38 2:496, 649 Wāsiṭ 39 1:176, 2:628 Lettre Yāʾ 40 Yathrib 41 2:451, 520, 524, 525 Sūq Yaḥyā 42 2:558 Banū Yarbūʿ 43 1:216 Al-Yarmūk 44 2:587 Arḍ al-Yamāma 45 1:216, 272, 2:380 Al-Yaman 46 1:23, 31, 130, 180, 240, 248, 271, 272, 2:339, 342, 376, 377, 378, 385, 386, 390, 392, 438, 441, 443, 445, 450, 451, 496, 521, 545, 555, 558, 591, 594, 649 Al-Yūnān 47 1:71, 164, 2:617 [Index des croyances, sectes et doctrines] Al-Ibāḍiyya 48 2:602 Al-Ashʿariyya 49 1:90 Al-Imāmiyya 50 1:51, 134, 211, 212, 226, 231, 245, 273, 278, 281, 2:354, 371, 398, 442, 443, 447, 510, 533, 550, 551, 552, 557, 566, 576, 649, 659 Ahl al-Ridda 51 2:586, 588 Al-Bāṭiniyya 52 1:80, 106, 118, 135, 2:374, 456, 508, 582 Bidʿa (al-Qadar) 53 1:24 Al-Bahshamiyya 54 Al-Ḥarūriyya 55 2:535 Al-Ḥanābila 56 1:210, 211 Al-Ḥanīfiyya 57 2:474, 475, 523 Al-Khurramiyya 58 2:340, 395 Al-Khawārij (Bidʿa al-Khārija) 59 1:24, 2:341, 530, 574, 584, 586, 592 Al-Dahriyya 60 1:108 Al-Dayṣāniyya 61 1:190, 225 Al-Rāfiḍa 62 1:24, 45, 90, 91, 125, 126, 134, 211, 224, 225, 232, 234, 240, 245, 250, 252, 2:354, 371, 398, 510, 528, 535, 557, 562, 565, 567, 586 Al-Rāwandiyya 63 1:251 Al-Zanādiqa 64 1:52, 90, 106, 108, 129, 2:414, 418, 508, 581, 603, 607 Al-Zanj ou (al-Zuṭṭ) 65 2:341, 395 Al-Zaydiyya 66 2:535 Al-Sabaʾiyya 67 2:548 Al-Suryāniyya 68 1:100, 154 Al-Sūfisṭāʾiyya 69 2:361 Al-Shīʿa 70 1:29, 35, 42, 62, 63, 107, 224, 225, 2:342, 355, 359, 376, 378, 379, 381, 382, 386, 387, 389, 390, 391, 394, 443, 479, 517, 522, 533, 535, 538, 539, 540, 544, 545, 546, 549, 553, 557, 558, 563, 567, 595, 599, 600, 604, 608, 610, 647, 649, 659 Al-Ṣābiʾa 71 2:622, 627 Al-ʿAlawiyya – al-ʿAlawiyyīn 72 2:377, 380, 535, 553, 601 Al-Fāṭimiyyīn 73 2:652 Al-Qāsimiyya 74 2:535 Al-Qarāmiṭa 75 1:42, 106, 130, 135, 2:339, 343, 353, 361, 379, 383, 395, 508, 521, 522, 553, 602, 605, 606, 607, 609, 612 Al-Kāmiliyya 76 1:250 Al-Mujabbira 77 1:91, 2:639 Al-Majūs 78 1:35, 105, 106, 125, 126, 128, 169, 170, 179, 180, 182, 184, 185, 192, 215, 2:330, 333, 361, 438, 442, 443, 500, 613, 627, 647 Al-Murjiʾa (Bidʿa al-Irjāʾ) 79 1:34 Al-Mushabbiha 80 1:90, 91 Al-Muʿtazila 81 1:51, 71, 72, 77, 2:341, 551, 554, 657 Al-Mulḥida 82 1:52, 108, 129, 131, 193, 209, 212, 2:499, 500, 557, 581, 594, 603, 623, 626, 627, 628, 630, 633, 660 Al-Malikiyya 83 1:96, 97, 175 Al-Māniyya 84 1:35, 80, 106, 175, 182, 184, 187, 190, 2:430, 639 Al-Nāṣiba 85 2:567 Al-Nāṣiriyya 86 2:535 Al-Nasṭūriyya 87 1:91, 96, 98, 104, 110, 146, 147, 164, 175 Al-Naṣārā et Naṣārā al-ʿArab 88 1:26, 27, 28, 35, 41, 43, 49, 66, 75, 88, 90, 91, 92, 93, 95, 97, 98, 99, 105, 108, 109, 110, 111, 114, 115, 116, 117, 119, 120, 121, 122, 123, 124, 125, 126, 128, 132, 133, 134, 136, 141, 142, 143, 144, 145, 146, 147, 148, 149, 150, 151, 152, 153, 154, 155, 156, 158, 159, 162, 164, 165, 166, 167, 168, 169, 170, 171, 173, 175, 176, 177, 178, 180, 182, 183, 184, 185, 186, 187, 188, 189, 190, 191, 192, 193, 194, 195, 197, 198, 199, 200, 201, 202, 203, 205, 206, 207, 208, 209, 215, 223, 235, 236, 249, 267, 279, 2:313, 314, 326, 327, 333, 334, 359, 361, 401, 402, 407, 412, 413, 415, 416, 417, 426, 427, 429, 433, 438, 440, 441, 444, 445, 453, 469, 473, 479, 500, 508, 516, 589, 591, 613, 623, 627, 655, 656 Al-Hishāmiyya 89 1:250 Al-Yaʿqūbiyya 90 1:91, 96, 97, 104, 147, 164, 175, 2:314 Al-Yahūd 91 1:26, 28, 30, 35, 41, 43, 48, 49, 66, 88, 90, 91, 98, 99, 103, 104, 121, 122, 124, 125, 126, 128, 132, 133, 134, 136, 137, 138, 139, 141, 142, 143, 148, 151, 152, 153, 154, 156, 157, 158, 159, 160, 164, 184, 186, 195, 196, 200, 201, 215, 223, 235, 236, 267, 278, 2:313, 314, 359, 401, 402, 407, 411, 412, 413, 414, 415, 416, 433, 434, 435, 438, 440, 442, 446, 448, 449, 453, 455, 462, 465, 468, 469, 475, 479, 489, 490, 491, 493, 494, 497, 500, 508, 518, 545, 597, 613, 627, 628, 654


  1. Marwa : Colline sacrée à La Mecque, lieu du rite du saʿy entre Safâ et Marwa.
  2. Al-Muraysīʿ : Localité où eut lieu l'expédition contre les Banū al-Muṣṭaliq.
  3. Muzayna : Tribu arabe.
  4. Mashjar ʿUmān : Lieu en Oman.
  5. Miṣr : Égypte.
  6. Al-Maṣīṣa : Ville frontière entre la Syrie et l'Anatolie.
  7. Al-Maghrib : Maghreb, Afrique du Nord-Ouest.
  8. Banū al-Mughīra : Clan de Quraysh.
  9. Makka : La Mecque, ville sainte de l'islam.
  10. Malaṭya : Ville d'Anatolie orientale.
  11. Al-Manṣūra : Ville fondée par les Abbassides en Inde.
  12. Minā : Vallée près de La Mecque, lieu de rites du pèlerinage.
  13. Al-Mahdiyya : Ville fondée par les Fatimides en Ifriqiya.
  14. Muʾta : Bataille entre musulmans et Byzantins en 629.
  15. Al-Mawṣil : Mossoul, ville d'Irak.
  16. Multān : Ville du Pendjab, Pakistan.
  17. Mūliyān : Localité non identifiée.
  18. Lettre Nūn : Lettre de l'alphabet arabe.
  19. Banī Nāḥiya : Tribu ou clan.
  20. Al-Nabaṭ : Les Nabatéens, peuple arabe antique.
  21. Banū al-Najjār : Tribu de Médine, alliée des Ansâr.
  22. Najrān : Ville du Yémen, centre chrétien.
  23. Banū al-Naḍīr : Tribu juive de Médine.
  24. Nihāwand : Ville d'Iran, bataille décisive contre les Sassanides.
  25. Al-Nahrawān : Canal en Irak, lieu de bataille contre les Kharijites.
  26. Āl Nawbakht : Famille de savants chiites.
  27. Banū Nawfal : Clan de Quraysh.
  28. Naysābūr : Nishapur, ville d'Iran.
  29. Al-Nīl : Nil, fleuve d'Égypte.
  30. Lettre Hāʾ : Lettre de l'alphabet arabe.
  31. Banū Hāshim : Clan de Quraysh, famille du Prophète.
  32. Hubal : Idole préislamique à La Mecque.
  33. Hajar : Région du Bahreïn.
  34. Harāt : Hérat, ville d'Afghanistan.
  35. Hamadān : Ville d'Iran.
  36. Al-Hind : Inde.
  37. Lettre Wāw : Lettre de l'alphabet arabe.
  38. Wādī al-Qurā : Vallée au nord de Médine.
  39. Wāsiṭ : Ville d'Irak.
  40. Lettre Yāʾ : Lettre de l'alphabet arabe.
  41. Yathrib : Ancien nom de Médine.
  42. Sūq Yaḥyā : Marché ou localité.
  43. Banū Yarbūʿ : Tribu arabe.
  44. Al-Yarmūk : Bataille entre musulmans et Byzantins en 636.
  45. Arḍ al-Yamāma : Région d'Arabie centrale.
  46. Al-Yaman : Yémen.
  47. Al-Yūnān : Grèce.
  48. Al-Ibāḍiyya : Secte kharidjite modérée.
  49. Al-Ashʿariyya : École théologique sunnite fondée par Abū al-Ḥasan al-Ashʿarī.
  50. Al-Imāmiyya : Chiites duodécimains, croyant en douze imams.
  51. Ahl al-Ridda : Ceux qui apostasièrent après la mort du Prophète.
  52. Al-Bāṭiniyya : Sectes ésotériques, souvent ismaéliennes.
  53. Bidʿa (al-Qadar) : Innovation concernant le décret divin (prédestination).
  54. Al-Bahshamiyya : École muʿtazilite fondée par Abū Hāshim al-Jubbāʾī.
  55. Al-Ḥarūriyya : Premiers kharidjites, issus de Ḥarūrāʾ.
  56. Al-Ḥanābila : École juridique et théologique hanbalite.
  57. Al-Ḥanīfiyya : Religion d'Abraham, monothéisme pur.
  58. Al-Khurramiyya : Secte syncrétique iranienne.
  59. Al-Khawārij (Bidʿa al-Khārija) : Kharidjites, dissidents sortis de l'obéissance.
  60. Al-Dahriyya : Matérialistes, croyant en l'éternité du monde.
  61. Al-Dayṣāniyya : Secte dualiste, disciples de Dayṣān.
  62. Al-Rāfiḍa : Terme péjoratif pour les chiites imamites.
  63. Al-Rāwandiyya : Secte extrémiste chiite.
  64. Al-Zanādiqa : Hérétiques, souvent manichéens.
  65. Al-Zanj ou (al-Zuṭṭ) : Esclaves noirs révoltés en Irak.
  66. Al-Zaydiyya : Secte chiite zaydite.
  67. Al-Sabaʾiyya : Secte chiite extrémiste, disciples de ʿAbd Allāh ibn Sabaʾ.
  68. Al-Suryāniyya : Syriaques, chrétiens de langue syriaque.
  69. Al-Sūfisṭāʾiyya : Sceptiques, sophistes.
  70. Al-Shīʿa : Chiites, partisans de ʿAlī.
  71. Al-Ṣābiʾa : Sabéens, groupe religieux mentionné dans le Coran.
  72. Al-ʿAlawiyya – al-ʿAlawiyyīn : Alaouites, secte chiite extrémiste.
  73. Al-Fāṭimiyyīn : Fatimides, dynastie ismaélienne.
  74. Al-Qāsimiyya : Secte zaydite.
  75. Al-Qarāmiṭa : Qarmates, secte ismaélienne radicale.
  76. Al-Kāmiliyya : Secte chiite extrémiste.
  77. Al-Mujabbira : Jabrites, partisans du déterminisme absolu.
  78. Al-Majūs : Mazdéens, zoroastriens.
  79. Al-Murjiʾa (Bidʿa al-Irjāʾ) : Murjiites, qui remettent le jugement à Dieu.
  80. Al-Mushabbiha : Anthropomorphistes, qui assimilent Dieu aux créatures.
  81. Al-Muʿtazila : Muʿtazilites, théologiens rationalistes.
  82. Al-Mulḥida : Athées ou hérétiques.
  83. Al-Malikiyya : École juridique malékite.
  84. Al-Māniyya : Manichéens, dualistes.
  85. Al-Nāṣiba : Ceux qui haïssent ʿAlī et les chiites.
  86. Al-Nāṣiriyya : Secte zaydite.
  87. Al-Nasṭūriyya : Nestoriens, chrétiens suivant Nestorius.
  88. Al-Naṣārā et Naṣārā al-ʿArab : Chrétiens, y compris les chrétiens arabes.
  89. Al-Hishāmiyya : Secte chiite extrémiste, disciples de Hishām ibn al-Ḥakam.
  90. Al-Yaʿqūbiyya : Jacobites, chrétiens monophysites.
  91. Al-Yahūd : Juifs.

Les notes et commentaires

↩ (١) [ص2] Sourate As-Saffat, verset 102 ↩ (٢) [ص2] Sourate Al-Qasas, versets 30-31 ↩ (٣) [ص2] Sourate Ash-Shu'ara, versets 193-195 ↩ (٤) [ص3] Sourate Al-Baqara, verset 260 ↩ (٥) [ص3] Sourate Al-Baqara, versets 1 et 2 ↩ (٦) [ص4] Sourate Ash-Shu'ara, versets 153-156 ↩ (٧) [ص4] Sourate Al-Hijr, verset 14 ↩ (٨) [ص4] Sourate Al-Isra, verset 59 ↩ (٩) [ص6] Nous avons délibérément passé sous silence la biographie du juge, sa culture et ses œuvres, car nous en avons traité dans notre introduction à son livre « Sharh al-Usul al-Khamsa » 1 et un ouvrage spécial sur le juge Abd al-Jabbar paraîtra prochainement, en plus de la thèse de doctorat intitulée « Le juge Abd al-Jabbar et ses opinions théologiques ». ↩ (١٠) [ص7] At-Tathbit 2, p. 40 ↩ (١١) [ص8] At-Tathbit, p. 196 ↩ (١٢) [ص8] At-Tathbit, folios 293 verso, 294 ↩ (١٣) [ص9] At-Tathbit, folio 297 verso, 298 recto ; (2) At-Tathbit, folio 302 recto ; (3) At-Tathbit, folio 299 verso ↩ (١٤) [ص9] At-Tathbit, p. 188 ↩ (١٥) [ص9] At-Tathbit, p. 116 ↩ (١٦) [ص10] At-Tathbit, pp. 87, 80, 88 ↩ (١٧) [ص10] At-Tathbit, p. 80 recto ; (3) Introduction de Kadhab al-Muftari 3, p. 28 ↩ (١٨) [ص11] Voir At-Tathbit, folios 19 verso, 80 recto ↩ (١) [ص5] Sourate At-Tawba, verset 33 ↩ (٢) [ص6] « Jalb » 4 : menace de mal ↩ (٣) [ص6] Sourate Al-Isra, verset 60 ↩ (٤) [ص7] Sourate Al-Ma'ida, verset 67 ↩ (٥) [ص7] Dans le texte original : « fa-in » 5 ↩ (٦) [ص7] Al-Jabriyya 6 et al-Jabariyya : l'orgueil. Voir Al-Qamus, racine « jbr » ↩ (٧) [ص8] « Istalama » 7 la chose : l'a déracinée. Voir Al-Qamus, racine « slm » ↩ (٨) [ص10] La teinte dominante des religions des Arabes à l'époque préislamique était la teinte païenne, c'est-à-dire l'adoration des idoles, mais cela n'a pas empêché l'existence d'un certain nombre d'autres religions. Parmi les Arabes, il y avait des Sabéens 8 qui vénéraient les planètes et les étoiles et les adoraient ; certains, surtout à Bahreïn, adhéraient au mazdéisme dualiste 9 ; de petits centres juifs et chrétiens existaient également. Il y avait quelques individus qui croyaient en l'unicité de Dieu, la plupart d'entre eux étant influencés par les religions célestes antérieures, parmi lesquels Zayd ibn Amr ibn Nufayl ibn Abd al-Uzza, Waraqa ibn Nawfal ibn Asad, Abd Allah ibn Jahsh et Uthman ibn al-Huwayrith ibn Asad. Notre propos ici n'est pas de détailler les religions des Arabes à l'époque préislamique, car cela est connu dans les ouvrages de croyances et de religions, en particulier le livre « Al-Ara' wa ad-Diyanat » d'An-Nawbakhti 10, « Al-Milal wa an-Nihal » d'Ash-Shahrastani 11, et « Al-Fasl fi al-Milal wa an-Nihal » d'Ibn Hazm 12. Cependant, nous aimerions indiquer que le juge Abd al-Jabbar a traité ce sujet en détail dans la quatrième partie de sa grande encyclopédie « Al-Mughni » 13. ↩ (٩) [ص11] Dans le texte original : « tabi'ahu » 14 ↩ (١٠) [ص12] Il désigne par ceux-ci les Batinites 15, car ils ont attaqué la plupart des Compagnons et les ont critiqués, prétendant que leur conversion à l'islam n'était que pour l'argent ou le prestige, et ils n'ont retenu qu'un nombre limité de Compagnons. ↩ (١١) [ص14] Sourate Fussilat, verset 53 ↩ (١٢) [ص14] Sourate Al-Anbiya, verset 37 ↩ (١٣) [ص14] Sourate Al-An'am, verset 89 ↩ (١٤) [ص15] Sourate Al-Anfal, versets 62 et 63 ↩ (١٥) [ص15] Sourate Al-Imran, versets 103 et 104 ↩ (١٦) [ص15] Le juge fait référence à la prédication abbasside 16, dont le principal fardeau de l'établissement fut porté par Ibrahim ibn Muhammad ibn Ali ibn Ubayd Allah ibn al-Abbas ; après lui, le serment d'allégeance fut prêté à son frère Abou al-Abbas Abd Allah ibn Muhammad en l'an 132 H. ↩ (١٧) [ص17] « Al-Kur' » 17 de l'animal : ce qui est en dessous du jarret. Le juge veut désigner les chevaux et autres animaux qui aident au combat. Voir Lisan al-Arab, racine « kr' » ↩ (١٨) [ص17] Il désigne : al-Abbas ibn Abd al-Muttalib, oncle du Prophète (paix et salut sur lui), Ali ibn Abi Talib, Ja'far ibn Abi Talib et Aqil ibn Abi Talib – que Dieu les agrée tous. ↩ (١٩) [ص17] Voir pour le détail de cet événement : At-Tabari 18, 1 : 3451-3452 ↩ (٢٠) [ص18] Pour le détail de l'événement du meurtre de Hujr ibn Adi 19 par Busr ibn Abi Artat 20, agent de Mu'awiya, voir At-Tabari, 2 : 111 ↩ (٢١) [ص18] Il fut tué avec al-Husayn (que Dieu l'agrée) en l'an 61 H, lui, son frère et son fils. At-Tabari, 2 : 388 ↩ (٢٢) [ص18] « Al-Harra » 21 à l'origine est la terre aux pierres noires brûlées comme si elles avaient été consumées par le feu, et il y a de nombreux endroits qui portent ce nom. Ce qui est visé ici est la Harra de Médine lorsque Muslim ibn Uqba 22 l'atteignit de la part de Yazid ibn Mu'awiya ; la bataille de la Harra y eut lieu en l'an 63 H, après quoi Médine fut livrée au pillage pendant trois jours. Voir Mu'jam al-Buldan, 2 : 247 et At-Tabari, 2 : 412 et suiv. ↩ (٢٣) [ص18] Il désigne ceux qui, parmi les gens d'Irak, sortirent pour réclamer le sang d'al-Husayn (que Dieu l'agrée) en l'an 65 H, disant : « Le repentir de notre péché et la demande du sang de la fille de notre Prophète (paix et salut sur lui) nous ont fait sortir. » Voir le détail dans At-Tabari, 2 : 538-576 ↩ (٢٤) [ص18] Le bombardement de la Kaaba par catapulte 23 fut ordonné par al-Hajjaj 24 en l'an 73 H, selon certains en 74 H, alors qu'il était commandant des armées omeyyades assiégeant Abd Allah ibn az-Zubayr 25 à La Mecque ; Abd Allah ibn az-Zubayr fut tué cette année-là. Abou al-Fida 26, 1 : 197 ↩ (٢٥) [ص18] Abd ar-Rahman ibn al-Ash'ath 27 se souleva contre al-Hajjaj en l'an 75 H, s'empara du Khorasan et domina Koufa, mais al-Hajjaj mit fin à son mouvement la même année ; un groupe de récitateurs et de juristes l'avait rejoint. Abou al-Fida, 1 : 197 ↩ (٢٦) [ص18] Zayd ibn Ali ibn al-Husayn ibn Ali ibn Abi Talib (79-122 H) était un juriste ; il étudia auprès de Wasil ibn Ata 28 et emprunta certaines de ses opinions aux mu'tazilites. Il se souleva contre les Omeyyades en l'an 120 H en Irak, alors que leur gouverneur en Irak était Yusuf ibn Umar ath-Thaqafi 29 ; le gouverneur de Koufa, al-Hakam ibn as-Salt 30, le combattit, et il fut martyrisé en l'an 122 H. At-Tabari, 8 : 260, 271 ; Fawat al-Wafayat, 1 : 164 ↩ (٢٧) [ص19] Al-Walid ibn Yazid 31 est le onzième calife omeyyade ; il accéda au commandement des musulmans en l'an 125 H et s'adonna à la boisson, à l'écoute de la musique et à la fréquentation des femmes ; sa conduite devint pesante pour les sujets et l'armée, qui se révoltèrent contre lui en l'an 126 H après que Yazid ibn al-Walid ibn Abd al-Malik 32 eut appelé à lui-même ; al-Walid fut tué la même année. Tarikh Abi al-Fida, pp. 205-206 ↩ (٢٨) [ص20] Lorsque Quraysh vit que l'affaire du Prophète (paix et salut sur lui) allait croissant et que son oncle Abou Talib le protégeait d'eux, ils tinrent conseil entre eux pour rédiger un pacte par lequel ils s'engageaient à ne pas marier les Hachémites et les Muttalibites, à ne pas se marier avec eux, à ne rien leur vendre ni acheter d'eux. Les Hachémites et les Muttalibites se joignirent à Abou Talib et entrèrent avec lui dans son ravin, à l'exception de son oncle Abou Lahab 33, qui se rangea du côté de Quraysh. Les musulmans restèrent ainsi deux ou trois ans jusqu'à épuisement. At-Tabari, 1 : 1190 ↩ (٢٩) [ص20] Voir At-Tabari, 1 : 1198-1199 ↩ (٣٠) [ص20] La première émigration vers l'Abyssinie 34 eut lieu la cinquième année de la mission prophétique ; certains historiens disent que le nombre de musulmans émigrants était de onze hommes et quatre femmes. At-Tabari, 1 : 1181 ; d'autres disent qu'ils étaient quatre-vingt-deux hommes. At-Tabari, 1 : 1183 ↩ (٣١) [ص21] Az-Zubayr ibn al-Awwam 35, le célèbre Compagnon mort en 36 H. Pour la connaissance de Khalid ibn Sa'id ibn Abi Uhayha (al-As) 36, voir Al-Isaba, 1 : 91 ; pour Bint Umays 37 et Ja'far 38, voir Al-Isaba, 1 : 11 ; Asma 39 est l'épouse de Khalid ibn Sa'id. ↩ (٣٢) [ص21] Ammar ibn Yasir 40, l'illustre Compagnon mort en 37 H ; il assista à Badr, Uhud, al-Khandaq et à la nuit d'ar-Ridwan. Voir Al-Isti'ab en marge d'Al-Isaba, 2 : 469 ↩ (٣٣) [ص21] Il s'agit d'Abou Hudhayfa ibn Utba ibn Rabi'a ibn Abd Shams 41 ; il émigra en Abyssinie avec sa femme Sahla bint Suhayl ibn Amr 42. ↩ (٣٤) [ص21] Le Prophète (paix et salut sur lui) mentionnait toujours le Négus 43 en bien ; il annonça lui-même sa mort aux musulmans la neuvième année de l'hégire. ↩ (٣٥) [ص21] Cela eut lieu après la mort d'Abou Talib, l'oncle du Messager de Dieu (paix et salut sur lui) ; il se rendit à Ta'if pour chercher le soutien de Thaqif, mais ses chefs – Abd Yalil ibn Amr, Mas'ud ibn Amr et Habib ibn Amr – le repoussèrent rudement et incitèrent contre lui leurs insensés et leurs esclaves, qui l'insultèrent et crièrent après lui, jusqu'à ce qu'il se réfugie dans le jardin d'Utba ibn Rabi'a et de Shayba ibn Rabi'a. At-Tabari, 1 : 1200 ↩ (٣٦) [ص22] Voir les détails de la présentation du Prophète lui-même aux tribus dans At-Tabari, 1 : 1200-1209 ↩ (٣٧) [ص22] Les premiers à recevoir le Messager de Dieu parmi les gens de Médine furent six hommes des Khazraj qui vinrent à La Mecque pendant la saison du pèlerinage ; ils retournèrent à Médine après s'être convertis à l'islam et appelèrent leur peuple à l'islam. Les délégations de Médine se succédèrent à La Mecque lors des saisons de pèlerinage suivantes ; il y eut le premier serment d'allégeance d'al-Aqaba 44, auquel assistèrent douze hommes des Ansar 45, puis le second serment d'al-Aqaba, auquel assistèrent soixante-dix hommes et deux femmes parmi leurs femmes. Voir les détails dans At-Tabari, 1 : 1208-1222 ↩ (٣٨) [ص23] Ainsi dans le texte original. ↩ (٣٩) [ص23] Voir la conversion à l'islam de la tribu d'Aslam, de Ghifar, de Fazara et de Juhayna, et les mérites de ces tribus dans Al-Bukhari et Muslim, chapitre des mérites. ↩ (٤٠) [ص23] La délégation d'Abd al-Qays 46 arriva la dixième année de l'hégire. ↩ (٤١) [ص23] La conversion de Fazara et de nombreuses tribus arabes eut lieu la neuvième année de l'hégire ; à la tête de leur délégation auprès du Prophète se trouvait Kharja ibn Hisn 47. At-Tabari, 1 : 1720. La neuvième année fut appelée l'année des délégations en raison du grand nombre de tribus arabes qui vinrent à Médine annoncer leur conversion à l'islam. ↩ (٤٢) [ص23] Voir pour le mérite d'Oman et d'al-Julanda 48 : Sahih Muslim, chapitre des mérites. Amr ibn al-As 49 fut l'envoyé du Messager de Dieu (paix et salut sur lui) auprès des deux rois d'Oman, Jayfar et Abd ibn al-Julandi. As-Sira al-Halabiyya, 3 : 252 ↩ (٤٣) [ص24] Un groupe de musulmans qui étaient partisans d'Ali ibn Abi Talib (que Dieu l'agrée) puis se séparèrent de lui après qu'il eut accepté l'arbitrage, l'accusant de mécréance pour cette raison, et lui demandèrent de se repentir et de renouveler sa foi ; ils disaient que l'auteur d'un péché majeur est mécréant. Ali tenta de les convaincre mais n'y parvint pas, alors il les combattit ; ensuite, les califes omeyyades les combattirent. Il n'en reste aujourd'hui qu'un petit nombre à Oman, en Libye et en Algérie. Il s'agit des Kharijites 50. ↩ (٤٤) [ص24] Les Murji'ites 51, à l'opposé des Kharijites, disaient que l'auteur d'un péché majeur est croyant et que la mécréance ne nuit pas en présence de la foi ; ils ont différents degrés dans cette croyance. ↩ (٤٥) [ص24] Il désigne ceux qui disent que le serviteur n'a pas de pouvoir sur son acte et que les actes des serviteurs sont créés par Dieu en eux. Il s'agit des Jabrites 52. ↩ (٤٦) [ص24] Les Rafidites 53 sont une secte chiite ; le juge les appelle parfois les Batinites. L'opinion la plus correcte sur la raison de cette appellation est qu'ils demandèrent à Zayd ibn Ali ibn al-Husayn (auquel se rattachent les Zaydites 54) d'insulter Abou Bakr et Umar ; il refusa, alors ils le rejetèrent. Nous n'avons pas jugé nécessaire de détailler ces sectes car cela ne relève pas de notre propos. ↩ (٤٧) [ص25] « Kashafahu bi al-adawa » 55 : il l'a affronté avec hostilité. Voir Al-Qamus, racine « kshf » ↩ (٤٨) [ص25] Il a été écrit au-dessus dans le texte original : « bihi » 56, qui est une addition du copiste ou du commentateur. ↩ (٤٩) [ص26] Hérode 57 ou Hérode était le gouverneur romain de Palestine à cette époque. Voir pour l'histoire de la fuite de Joseph le charpentier et de Jésus (paix sur lui) et de sa mère Marie : chapitre 2, verset 13 de Matthieu. ↩ (٥٠) [ص27] Il désigne par ceux-ci les Batinites.

Il fait allusion à ce que Chirouyeh a fait pour obtenir le royaume, en participant au meurtre de son père Khosro Parviz 58, l'un des plus grands rois de Perse. Tous deux furent contemporains du Prophète, et son émigration eut lieu à l'époque de Khosro Parviz. Voir Tabari. Il en va de même pour ce que firent les califes abbassides pour accéder au pouvoir : tuer leurs pères, leurs frères ou leurs proches. Ainsi que ce que fit le serviteur de Dhakirawayh 59 al-Isfahani al-Qarmati en tuant...

Hassastu al-shay'a: aḥsastuhu, wa ḥasastu bihi ayqantu bihi. Voir al-Qāmūs al-Muḥīṭ 60. Dans l'original: min, peut-être ce que nous avons établi est correct 61. Voir ce qu'Ibn Kathīr a rapporté dans son exégèse de la sourate al-Jinn à propos de cet événement 62. Abū Hāshim al-Jubbā'ī est 'Abd al-Salām ibn Muḥammad ibn 'Abd al-Wahhāb al-Jubbā'ī (247-321 H), l'un des grands hommes du Mu'tazila, une secte lui est attribuée appelée al-Bahshamiyya, et le Qāḍī 'Abd al-Jabbār est considéré comme l'un de ses disciples et de son école. Wafayāt al-A'yān 1:292 et Tārīkh Baghdād 11:55 63. Il veut dire Zuhayr ibn Abī Sulmā 64. Il s'agit d'Abān ibn 'Abd al-Ḥamīd ibn Lāḥiq, poète de La Mecque, qui a été en contact avec les Barmakides et les a loués, et a composé pour eux Kalīla wa Dimna en vers ainsi que d'autres livres persans, mort en 200 H. Dā'irat al-Ma'ārif al-Islāmiyya 1:16 et al-A'lām 1:20 65. Un écrivain éloquent d'origine persane, et l'un des auteurs de récits, al-Ma'mūn l'a nommé chef de la Khizānat al-Ḥikma, et il était Shu'ūbī 66 partisan des Arabes contre les non-Arabes. Mu'jam al-Udabā' 4:258, Fawāt al-Wafayāt 1:181 67. Le commentateur a écrit dans la marge du livre la phrase suivante : « Dans sa copie, cela est attribué à al-Mufīd, alors que les gens disent que ce qu'il a rapporté de cet homme qu'il a nommé » 68. Dans l'original: annahum, peut-être ce que nous avons établi est correct 69. Dans l'original: Ibn Kuryā, peut-être Ibn Zakariyyā al-Nawbakhtī 70. Ibn Farrukhān Shāh al-Naṣrānī : c'est Ibn Naḍīr ibn Farrukhānshāh l'astrologue persan mort en 367 H. al-Qifṭī 356 71. C'est 'Ubayd Allāh ibn al-Ḥusayn Abū al-Qāsim connu sous le nom de Ghulām Zaḥal, al-Qifṭī a dit qu'il était l'un des meilleurs calculateurs et astrologues, mort en 376 H. Tārīkh al-Ḥukamā' 225, al-Fihrist 395 72. Et son nom est Mīshā ibn Abrī l'astrologue juif célèbre, il a vécu à l'époque d'al-Manṣūr et a survécu jusqu'à l'époque d'al-Ma'mūn. al-Qifṭī a dit : Il était un homme vertueux, unique en son temps dans la prédiction des événements, et il avait une grande influence dans la divination, et parmi ses œuvres figure le livre al-Qirānāt. Tārīkh al-Ḥukamā' d'al-Qifṭī 327 73. Ce sont deux frères d'origine mazdéenne, convertis à l'islam, célèbres pour leur intelligence, leur littérature et leur éloquence, et ils furent vizirs du calife abbasside al-Ma'mūn, al-Faḍl était surnommé Dhū al-Riyāsatayn 74. C'est un philosophe syrien chrétien, célèbre pour ses traductions du grec vers l'arabe, et il excellait dans de nombreuses sciences. Il a été contemporain de Ya'qūb ibn Isḥāq al-Kindī. Voir le détail de ses livres dans al-Fihrist 411, et al-Qifṭī 262 75. Voir la biographie de Ḥunayn ibn Isḥāq et d'Ibn Isḥāq en marge de la page 53 76. Et son nom est Ibrāhīm Qūwayrī, surnommé Abū Isḥāq, il a étudié la logique auprès de lui, et Abū Bishr Mattā ibn Yūnus a lu sous sa direction. al-Fihrist 367, et Ṭabaqāt al-Aṭibbā' 77 77. Abū Bishr Mattā ibn Yūnus al-Naṣrānī le logicien. al-Qifṭī a dit : Il était à Bagdad sous le califat d'al-Rāḍī après l'an 320 et avant 330, et il y eut un débat entre lui et Ibn Sa'īd al-Sīrāfī le grammairien. al-Qifṭī 323 78. C'est Abū Zakariyyā Yaḥyā ibn 'Adī ibn Ḥamīd ibn Zakariyyā le logicien, Ibn al-Nadīm a dit : La direction de ses disciples à notre époque lui revient. Il a étudié auprès d'Abū Bishr Mattā et d'Abū Naṣr al-Fārābī et d'un groupe, sa doctrine parmi les doctrines chrétiennes est jacobite. al-Fihrist 369 79. Il veut dire Yūḥannā ibn Māsawayh, il était un diacre syriaque chrétien à l'époque du calife Hārūn al-Rashīd, et il l'a chargé de traduire les anciens livres médicaux, et il a une longue biographie dans Tārīkh al-Ḥukamā' d'al-Qifṭī. Voir al-Qifṭī 380 80. [p.76] (7) Il veut dire le livre al-Āthār al-'Ulwiyya d'Aristote, traduit en arabe par Abū Bishr Mattā. al-Fihrist d'Ibn al-Nadīm 351 81. C'est Abū al-Rabī' Muḥammad ibn al-Layth le khaṭīb, il a écrit à Yaḥyā ibn Khālid, et il a une clientèle chez les Umayyades, et il était éloquent, épistolier, écrivain, juriste et théologien, le propriétaire d'al-Fihrist lui a attribué le livre « Jawāb Qusṭanṭīn 'an al-Rashīd », et c'est probablement lui qui est visé ici. Cependant, le propriétaire d'al-Fihrist ajoute une narration indiquant que sa lignée remonte à Dārā, l'un des rois perses, après avoir mentionné qu'il était fortement enclin contre les non-Arabes et que les Barmakides le détestaient pour cela. Ibn al-Nadīm 175 82. C'est Muḥammad ibn Baḥr Abū Muslim al-Iṣfahānī, mu'tazilite et écrivain. Il était savant en exégèse et dans d'autres domaines de la science, mort en 322. Yāqūt lui a attribué dans Mu'jam al-Udabā' un livre intitulé « Majmū'at al-Rasā'il », qui est probablement celui visé ici. « 280 H. » Mu'jam al-Udabā' 6:420 83. C'est Aḥmad ibn Ṭayfūr al-Khurāsānī, historien et écrivain, il a le livre Tārīkh Baghdād, et quant au livre al-Manthur wa al-Manẓūm, il comprend quatorze volumes. Yāqūt 1:156 84. Voir ce qui a été rapporté sur la chute des étoiles dans les effets de l'exégèse d'Ibn Kathīr 4:192 et 429 85. Il veut dire les disciples d'Abū 'Alī al-Jubbā'ī et d'Abū 'Uthmān al-Jāḥiẓ 86. Al-qadd dans l'original est la coupe radicale ou oblongue ou la fente en longueur, et il est utilisé pour la peau de l'abeille. Voir al-Qāmūs al-Muḥīṭ 87. Dans la marge du livre, al-'ulhir est le sang mélangé au poil 88. Sourate al-Dukhān 15 et suivantes 89. Dans la marge : al-Dukhān, la sécheresse 90. Sourate al-Dukhān 15 et suivantes 91. Aslam ibn Mas'ūd a embrassé l'islam tôt, a émigré deux fois, a assisté à Badr et à toutes les batailles, et a été un compagnon assidu du Prophète (paix et salut sur lui). Beaucoup ont rapporté de lui, puis il a assisté aux conquêtes du Levant, 'Uthmān l'a nommé gouverneur de Kūfa puis l'a destitué, mort en 32 H. al-Iṣāba 2:360 92. Sourate Ṣād 86 93. Sourate Ṣād 6 94. Sourate Ṣād 11 95. Sourate al-Zukhruf 43 96. Sourate al-Qamar 43 97. Sourate al-Ḍuḥā 6 98. Sourate al-Isrā' 88 99. Peut-être que le Qāḍī veut dire par al-Miṣbāḥ le nom d'un de ses livres, mais nous n'avons trouvé aucune trace de ce livre dans les livres du Qāḍī que nous avons consultés ni dans les livres qui ont rapporté du Qāḍī ou l'ont mentionné 100. Sourate al-Furqān 5 101. Sourate al-Furqān 4 102. Sourate Hūd 49 et suivantes 103. Sourate Yūsuf 102 104. Sourate Yūsuf 104 et suivantes 105. Sourate al-'Ankabūt 48 106. Sourate Yūsuf 3 107. Sourate Yūsuf 111 108. Sourate al-Qaṣaṣ, versets 44, 45 et 46 109. Sourate Ṭā Hā 133 110. Le détail de ces sectes viendra plus tard 111. Alima al-rajul ya'lamu alaman, fahuwa alim. al-Lisān 14:287 112. C'est Constantin le Grand, fils de Constance Chlore, et sa mère était Hélène, et ils étaient enclins au christianisme. Il resta païen jusqu'en 308 puis commença à penser à faire du christianisme la religion de l'État, surtout après la vision de la croix 113. Le concile de Nicée fut convoqué en 325 après J.-C. à l'invitation de l'empereur Constantin, et il comprenait 318 évêques, dont le plus éminent était Arius le prêtre alexandrin qui adopta le rejet de l'égalité des éléments de la trinité chrétienne, et dit que la substance du Fils n'est pas égale à celle du Père et qu'il est créé 114. Sulayḥiyya : en référence au livre al-Sulayḥ de Paul, qui comprend 24 épîtres. Voir al-Fihrist d'Ibn al-Nadīm 41. Il est parfois mentionné dans le livre comme al-Sulayḥ et parfois comme al-Sulayḥayn 115. Écrit d'une écriture différente, et au-dessus de la ligne 116. Écrit d'une écriture différente, et au-dessus de la ligne 117. Dans l'original: aqnīmayn 118. Dans l'original: Īriyūs, et c'est Arius le prêtre alexandrin, qui fut l'un de ceux qui trouvèrent que dire que les hypostases de la sainte trinité ont une seule substance divine égale, c'est-à-dire trois dieux un seul dieu, contient une grande contradiction, alors il proclama que Dieu le Père seul est le vrai Dieu au sens strict et rigoureux, et le Fils de Dieu - selon la prétention des chrétiens - et le Saint-Esprit sont des êtres divins au second degré, ayant une nature différente de celle du Père et créés. Plusieurs conciles ecclésiastiques furent tenus, où les opinions d'Arius triomphèrent parfois et furent vaincues d'autres fois. Référence précédente 220 et suivantes 119. Il veut dire Paul que les chrétiens surnomment l'Apôtre, car les Arabes avaient l'habitude de transformer le bā' en fā' lors de la traduction du grec, disant : Aflāṭūn et Fīlāṭus. Paul a un ensemble d'épîtres annexées au Nouveau Testament sous le nom des Actes des Apôtres 120. Le Qāḍī écrit le mot Yasū' avec un alif avant et parfois sans, et nous l'avons écrit en supprimant l'alif 121. L'un de ceux que les chrétiens appellent apôtres, et il a un ensemble d'épîtres annexées au Nouveau Testament, mort en 44 après J.-C. Tārīkh al-Kanīsa 34 122. L'un de ceux que les chrétiens appellent apôtres, et il a un ensemble d'épîtres annexées au Nouveau Testament, mort en 66 ou 67. Tārīkh al-Kanīsa 33 123. Dans l'original: fahuwa tilka 124. « Le Fils de l'homme est le maître du sabbat ». Voir l'Évangile de Luc, chapitre six 125. Chapitre dix de l'Évangile de Luc 126. Évangile de Jean, chapitre 8 127. Les Mages sont l'une des sectes du dualisme persan : les manichéens, les mazdakites, les marcionites, les māhāniyya, les mages et les qalāṣiyya. Ils s'accordent sur certaines choses et diffèrent sur d'autres, et le plus important sur lequel ils s'accordent est la croyance en deux principes de l'existence : le bien et le mal, ou la lumière et les ténèbres 128. Écrit dans la marge : dans la croyance des Mages 129. Écrit dans la marge : dans la croyance des Coptes 130. Le début de l'apparition des Qarmates se situe dans le dernier quart du troisième siècle de l'hégire, et c'était une prédication secrète qui se cachait sous le voile du chiisme et affligea le monde islamique de son fléau pendant longtemps, et parmi leurs plus importants chefs figurait Zakīra al-Iṣfahānī ou Zakrūwayh ibn Mihrūwayh, tué en 294. Voir Tārīkh al-Ṭabarī 131. Écrit dans la marge : « Les Qarmates sont venus avec Zakīra al-Iṣfahānī le mage et ont dit : celui-ci est Dieu » 132. Al-Ḥasan ibn Zādhān, mort en 302 H, l'un des disciples de Maymūn al-Qaddāḥ, il l'envoya au Yémen où il sortit et s'empara d'une grande partie de celui-ci 133. Un lieu au Yémen, et son orthographe dans l'original: al-Jabad 134. Ce nom apparaît plusieurs fois dans l'histoire d'Ibn Khaldūn sous la forme « Kirād », et dans 'Iqd al-Jumān sous la forme « Kindār », et dans al-'Ibar d'al-Dhahabī sous la forme « Kīdād », et peut-être le plus correct est ce que nous avons établi ici : « Kaddād ». Il fait partie des Khawārij Ṣufriyya. Voir Ibn Khaldūn 4:140, et 'Iqd al-Jumān événements de l'an 334, et al-'Ibar d'al-Dhahabī 2:240, 242, 257 135. Il veut dire Abū al-Faḍl ibn Zakariyyā le mage d'Iṣfahān, il était venu d'Iṣfahān et avait trompé les Qarmates Abū Sa'īd al-Jannābī et son frère Abū Ṭāhir et leurs compagnons, et ils l'avaient pris comme dieu. La raison de son surnom est qu'il portait un turban jaune et un vêtement jaune, les Qarmates le tuèrent ensuite au début du deuxième quart du quatrième siècle de l'hégire. Voir Tajārib al-Umam de Miskawayh 52-55 et suivantes 136.

Ils ont appelé les Sabéens de Harran ainsi parce qu'ils habitaient la ville de Harran en Mésopotamie, et ils étaient connus pour adorer les sept corps célestes, ce culte étant un vestige de la religion assyrienne et babylonienne. Dans l'original : « ce que » Coran, Sourate az-Zukhruf, verset 45. Dans l'original : « un » Voir l'Évangile de Jean, chapitre 12, verset 44 et suivants, et chapitre 17, verset 2 : « Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » Et au chapitre 3, verset 36 : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle. » Évangile de Jean, chapitre 18, verset 37. Référence précédente. Évangile de Jean, chapitre 14, verset 24. Évangile de Jean, chapitre 13, versets 47 et 48. Évangile de Jean, chapitre 17, verset 25 et suivants. Plusieurs expressions dans l'Évangile de Jean se rapportent à ce sens, dont : « Je ne puis rien faire de moi-même ; selon que j'entends, je juge ; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. » Jean, chapitre 5, verset 30. Et : « Car les œuvres que le Père m'a données d'accomplir, ces œuvres mêmes que je fais, rendent témoignage de moi que c'est le Père qui m'a envoyé. Et le Père qui m'a envoyé a rendu lui-même témoignage de moi. » Jean 5, 36-37. « Il » 137 est un terme araméen signifiant « le héros », puis il a désigné « le héros des héros », puis a été employé pour signifier « Dieu ». Voir le détail dans l'Évangile de Matthieu, chapitre 8, et l'Évangile de Jean, chapitre 4. Voir le détail dans l'Évangile de Matthieu, chapitre 27, l'Évangile de Luc, chapitre 23, l'Évangile de Jean, chapitre 19, et l'Évangile de Marc, chapitre 15. Le waw est une addition à l'original exigée par le contexte. Il est dit dans la Torah, dans la Genèse, chapitre premier : « Et Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance. » Coran, Sourate al-Ma'arij, verset 40. Coran, Sourate al-Balad, verset 3. Coran, Sourate an-Nisa', verset 171. Coran, Sourate as-Saffat, verset 88. Coran, Sourate al-Qamar, verset 19. Coran, Sourate Fussilat, verset 16. Hicham ibn al-Hakam (190 H) était le cheikh des imamites 138 de son temps. Né à Koufa, il s'installa à Bagdad et se consacra à Yahya ibn Khalid al-Barmaki. Il a de nombreux ouvrages. Voir : Minhaj al-Maqal, p. 359, Lisan al-Mizan, 6 : 194. Coran, Sourate Muhammad, verset 31. Coran, Sourate al-Isra', verset 16. Addition à l'original exigée par le contexte. Addition à l'original exigée par le contexte. Voir le texte de la prière dans l'Évangile de Matthieu, chapitre 6, versets 9-14. L'expression « ils n'ont pas été satisfaits » est répétée dans l'original. Dans l'original : « les enfants ». « Qafadahu » : le frapper sur la nuque avec le creux de la main. Voir al-Qamous al-Muhit. Il est dit dans l'Évangile de Matthieu, chapitre 27 : « Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans le prétoire, et assemblèrent autour de lui toute la cohorte. Ils le dépouillèrent, et le revêtirent d'un manteau écarlate. Ils tressèrent une couronne d'épines, qu'ils posèrent sur sa tête, et lui mirent un roseau dans la main droite ; puis, s'agenouillant devant lui, ils se moquaient de lui, en disant : Salut, roi des Juifs ! Et ils crachaient sur lui, prenaient le roseau, et frappaient sur sa tête. » Voir aussi ce qui est similaire dans l'Évangile de Marc, chapitre 15, et l'Évangile de Jean, chapitre 19. Il est dit dans l'Évangile de Jean, chapitre 19 : « Après cela, Jésus, sachant que tout était déjà consommé, dit, afin que l'Écriture fût accomplie : J'ai soif. Il y avait là un vase plein de vinaigre. Les soldats en remplirent une éponge, et, l'ayant fixée à une branche d'hysope, ils l'approchèrent de sa bouche. » Il est dit dans l'Évangile de Matthieu, chapitre 27 : « Et vers la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte : Éli, Éli, lama sabachthani ? c'est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » Et dans l'Évangile de Marc, chapitre 15 : « Et à la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte : Éloï, Éloï, lama sabachthani ? ce qui signifie : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » Dans l'original : « de la majorité ». Coran, Sourate an-Nisa', verset 157. Les deux mots sont répétés dans l'original. Mot effacé par l'encre, la lecture est conjecturale. Chef des Qarmates 139 et divulgateur de leur doctrine. Il était un marchand de tissus de la ville de Janaba en Perse, puis il se rendit à Bahreïn. Voir comment Ahmad ibn 'Abd Allah al-Qaddah 140 entra en contact avec Muhammad ibn al-Fadl et l'influença, le ralliant à sa cause, dans al-Kamil d'Ibn al-Athir, événements de l'an 296. Il s'agit de 'Ubayd Allah ibn Muhammad, surnommé al-Mahdi, fondateur de l'État alaouite 141 au Maghreb et ancêtre des Fatimides 142 en Égypte. Sa généalogie est très controversée. Né à Salamya, ses prédécesseurs lui avaient préparé le terrain au Maghreb. Il fut proclamé calife à Kairouan en 297 et mourut en 322 H. Ibn al-Athir, volume 8, événements de l'an 296 et suivants. Ajout de ma part exigé par le contexte, sinon la phrase serait tordue. Ajout de ma part exigé par le contexte, sinon la phrase serait tordue. Ajout de ma part exigé par le contexte, sinon la phrase serait tordue. Dans l'original : « et il vient ». Coran, Sourate Al 'Imran, verset 97. Le juge, comme à son habitude, expose les paroles des adversaires et leurs calomnies, aussi blessantes soient-elles pour les musulmans, pour y répondre ensuite. Coran, Sourate al-Baqara, verset 228. Coran, Sourate al-Baqara, verset 191. Coran, Sourate al-Baqara, verset 217. Coran, Sourate al-Ahqaf, verset 9. Coran, Sourate Yunus, verset 94. Coran, Sourate Al 'Imran, verset 144. Coran, Sourate al-Anbiya', verset 34. Il est dit en marge : « Sur la manière dont les Juifs crucifièrent un homme en le faisant passer pour le Messie. » Dans l'original : « et preuve », et il est probable que la bonne leçon est celle que nous avons établie. « al-Mabtakha » : lieu où l'on cultive les pastèques ; « al-Mabqala » : lieu où l'on cultive les légumes. Nous rapportons ici ce qui est dit dans les Évangiles au sujet de la livraison de Jésus par Judas, du signe qu'il leur donna pour le reconnaître, et de ce qui s'ensuivit : son arrestation, son transfert à Hérode et Pilate, et les échanges entre le Christ et eux. Nous ne voulons pas commenter ce que nous rapportons, mais simplement le mettre sous les yeux du lecteur pour qu'il compare et réfléchisse. Ce qui est rapporté au sujet de la livraison de Jésus par Judas : « Alors l'un des douze, appelé Judas Iscariot, alla vers les principaux sacrificateurs, et dit : Que voulez-vous me donner, et je vous le livrerai ? Et ils lui payèrent trente pièces d'argent. Depuis ce moment, il cherchait une occasion favorable pour le livrer. » Matthieu, chapitre 26, versets 14-16. « Alors Judas Iscariot, l'un des douze, alla vers les principaux sacrificateurs, pour le leur livrer. Quand ils l'entendirent, ils se réjouirent, et promirent de lui donner de l'argent. » Marc, chapitre 14, versets 10-11. De même dans l'Évangile de Luc, chapitre 22, versets 3-6. « Judas, qui le livrait, connaissait ce lieu, parce que Jésus et ses disciples s'y étaient souvent assemblés. Judas donc, ayant pris la cohorte, et des huissiers qu'il avait des principaux sacrificateurs et des pharisiens, vint là avec des lanternes, des flambeaux et des armes. Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s'avança, et leur dit : Qui cherchez-vous ? Ils lui répondirent : Jésus de Nazareth. Jésus leur dit : C'est moi. Et Judas, qui le livrait, était avec eux. Lorsque Jésus leur eut dit : C'est moi, ils reculèrent et tombèrent par terre. Il leur demanda de nouveau : Qui cherchez-vous ? Et ils dirent : Jésus de Nazareth. Jésus répondit : Je vous ai dit que c'est moi. Si donc c'est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci. » Jean, 18 : 1-8. L'Évangile de Luc rapporte l'arrestation du Christ comme suit : « Comme il parlait encore, voici, une foule arriva ; et celui qui s'appelait Judas, l'un des douze, marchait devant elle. Il s'approcha de Jésus pour le baiser. Et Jésus lui dit : Judas, c'est par un baiser que tu livres le Fils de l'homme ! Ceux qui étaient autour de lui, voyant ce qui allait arriver, dirent : Seigneur, frapperons-nous de l'épée ? Et l'un d'eux frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui emporta l'oreille droite. Mais Jésus, prenant la parole, dit : Laissez, arrêtez ! Et, ayant touché l'oreille de cet homme, il le guérit. Puis Jésus dit aux principaux sacrificateurs, aux chefs des gardes du temple, et aux anciens, qui étaient venus contre lui : Vous êtes sortis avec des épées et des bâtons, comme après un brigand. J'étais tous les jours avec vous dans le temple, et vous n'avez pas mis la main sur moi. Mais c'est ici votre heure, et la puissance des ténèbres. » Luc, chapitre 22 : 47-53. Avec Pilate et Hérode : « Et toute la multitude du peuple se leva, et ils l'amenèrent devant Pilate. Ils se mirent à l'accuser, disant : Nous avons trouvé cet homme excitant la nation à la révolte, empêchant de payer le tribut à César, et se disant lui-même Christ, roi. Pilate l'interrogea, en ces termes : Es-tu le roi des Juifs ? Jésus lui répondit : Tu le dis. Pilate dit aux principaux sacrificateurs et à la foule : Je ne trouve rien de coupable en cet homme. Mais ils insistèrent, disant : Il soulève le peuple, en enseignant par toute la Judée, depuis la Galilée jusqu'ici. Quand Pilate entendit parler de la Galilée, il demanda si cet homme était Galiléen. Ayant appris qu'il était de la juridiction d'Hérode, il le renvoya à Hérode, qui se trouvait aussi à Jérusalem en ces jours-là. Lorsque Hérode vit Jésus, il en eut une grande joie ; car depuis longtemps il désirait le voir, à cause de ce qu'il avait entendu dire de lui, et il espérait voir quelque miracle fait par lui. Il lui adressa beaucoup de questions, mais Jésus ne lui répondit rien. Les principaux sacrificateurs et les scribes étaient là, l'accusant avec violence. Hérode, avec ses gardes, le traita avec mépris ; et, pour se moquer de lui, il le revêtit d'un habit éclatant, et le renvoya à Pilate. ... Pilate, ayant convoqué les principaux sacrificateurs, les magistrats, et le peuple, leur dit : Vous m'avez amené cet homme comme excitant le peuple à la révolte. Et voici, je l'ai interrogé devant vous, et je ne l'ai trouvé coupable d'aucun des crimes dont vous l'accusez. Hérode non plus, car il nous l'a renvoyé, et voici, cet homme n'a rien fait qui soit digne de mort. Je le relâcherai donc après l'avoir fait battre de verges. » Luc, chapitre 23 : 1-16. Dans l'original : « prophète ». Évangile de Matthieu, chapitre vingt-six. Le nom du Christ (paix sur lui) a été orthographié de différentes manières : parfois « Aysou' », parfois « Yashou' », et d'autres fois « Yasou' ». Nous l'avons tous rendu par « Jésus » en raison de la notoriété de ce terme. Dans l'original : « ils disent ». Il désigne Paul, célèbre comme apôtre dans l'histoire du christianisme, déjà mentionné précédemment. Il désigne saint Georges, à qui le christianisme attribue un certain nombre de miracles, et que l'Église d'Angleterre considère comme son protecteur, de même que l'Église de Russie. On pense qu'il est né à Ramla en Palestine dans la seconde moitié du troisième siècle après J.-C., et on dit qu'il est mort en 303 après J.-C. Encyclopédie al-Bustani, 6 : 427. Son nom hébreu est Jean, et son nom grec est dérivé du romain Marc. On dit qu'il était le neveu de Barnabas le Lévite chypriote, et les écrits des Pères de l'Église disent qu'il était l'interprète de Pierre. Voir al-Qawl as-Sarih fi Sirat Yasou' al-Masih, p. 13, George Ford. Il est dit dans l'Évangile de Jean, chapitre 19, verset 26 : « Jésus, voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. » Dans l'original : « une fois », et il est probable que la bonne leçon est celle que nous avons établie. Coran, Sourate al-Ma'ida, verset 116. Coran, Sourate Ta-Ha, verset 17. Coran, Sourate al-A'raf, verset 12. Les deux lectures sont attestées : « quand je t'ai ordonné » et « quand je t'ordonne ». « as-Sankh » : la racine, l'origine ; pour la dent, son alvéole ; pour la fièvre, son paroxysme. Coran, Sourate at-Tawba, verset 31.

Hadith : « Que périsse l’esclave du dinar » (143). *Hidāyat al-Bārī ilā Tartīb Aḥādīth al-Bukhārī* 1:314, dans le chapitre du *Jihād* (livre du combat), section de la garde. *Al-Mu‘ūna* (144) : nom d’un ouvrage d’Abū al-Akhshīd (145), à savoir : Aḥmad ibn ‘Alī, qui traite de la doctrine des Mu‘tazila (146), et qui a des opinions particulières par lesquelles il s’oppose à beaucoup d’entre eux. Dans l’original : « wa-banī » (et les fils de). C’est-à-dire le livre des *Ḥawāriyyūn* (147) (Apôtres), voir *Al-Fihrist* p. 41. En marge de la page, il est écrit : « *Al-Armā’ī* (148) : celui qui adore les astres et les idoles », d’une écriture différente de celle du texte original, et il semble que ce soit l’écriture de son copiste, ou de celui qui a annoté. Le copiste a écrit en marge de la page : « Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit : “Certes, Allah n’arrache pas la science en l’ôtant des poitrines des hommes…” jusqu’à la fin. » Ce hadith se trouve dans *Al-Jāmi‘ al-Ṣaghīr* (commentaire d’Al-Munāwī) 3:272, rapporté par l’Imam Aḥmad dans sa chaîne de transmission, ainsi que par Al-Bukhārī, Muslim, Al-Tirmidhī et Ibn Mājah, d’après Ibn ‘Amr, avec une chaîne de transmission authentique. Ainsi dans l’original, peut-être : « aidez-nous ». Le copiste a écrit en marge : « Les quatre Évangiles ». Il est dit dans l’Évangile de Luc : « Puisque plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, suivant ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le commencement témoins oculaires et serviteurs de la parole, il m’a semblé bon à moi aussi, après m’être soigneusement informé de tout depuis l’origine, de t’en écrire un récit suivi, excellent Théophile, afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus. » Chapitre 1, versets 1-5. Paul a envoyé à Tite sa célèbre épître vers l’an 65 de notre ère. Dans l’original : « hellénique ». *Istad‘āhu* : il implora son secours. Voir *Al-Qāmūs al-Muḥīṭ*. Al-Ṭabarī mentionne deux rois de Perse sous ce nom. L'un d'eux : Ardashīr ibn Bābak ibn Sāsān. Dans l'original, en marge : al-Barshān. Dans l'original : al-Yā. Il est dit dans l'Évangile selon Matthieu : « Alors Jésus fut conduit par l'Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s'approcha et lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains." Jésus répondit : "Il est écrit : L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu." Alors le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le faîte du Temple et lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas, car il est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, et ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre." Jésus lui dit : "Il est aussi écrit : Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu." Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire, et lui dit : "Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m’adores." Alors Jésus lui dit : "Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul." » Chapitre quatre de l'Évangile selon Matthieu. Dans l'original : Ceux-ci sont les fils. 'Alī ibn Ḥamdān Sayf al-Dawla : Il s'agit de 'Alī ibn 'Abd Allāh ibn Ḥamdān al-Taghlibī, Abū al-Ḥasan, Sayf al-Dawla al-Ḥamdānī. Il était courageux, cultivé et d'une haute ambition. Un grand nombre de savants et de lettrés se réunissaient à sa cour. Il eut de nombreuses batailles contre les Byzantins. Il semble que l'attaque du Qāḍī contre lui soit due à son conflit avec les Bouyides, qui gouvernaient le siège du califat abbasside et l'Orient islamique. Il eut également des batailles et des guerres contre eux. Le Qāḍī, ici, prend donc le parti de son gouvernement et de son autorité. Il désigne Hermès le Triple (Hirmis al-Muthallath) 150. Les auteurs des *Tabaqāt* (Livres des Catégories) musulmans mentionnent trois personnes portant ce nom : la première est Hermès qui vécut avant le Déluge ; il fut le premier à discourir sur les choses célestes relatives aux mouvements des astres, et on lui attribue de nombreuses choses. Puis le deuxième Hermès : originaire de Babylone, il excellait dans la science de la médecine, de la philosophie, des propriétés des nombres, et fut l’élève de Pythagore l’arithméticien (al-Arithmāṭīqī) 151. Enfin, le troisième Hermès, également appelé Hermès le Triple de la Sagesse (Hirmis al-Muthallath al-Ḥikma) ; il était philosophe et médecin, et il semble que ce soit celui qui est visé ici. Voir *Ṭabaqāt al-Aṭibbā’* d’Ibn Juljul, pp. 5-10 ; *Ṭabaqāt al-Ḥukamā’* d’Ibn al-Qifṭī, pp. 346-349 ; *al-Fihrist* d’Ibn al-Nadīm, p. 508 (édition commerciale). D’après le hadith d’Anas (qu’Allah l’agrée), rapporté par Razīn. Voir *Taysīr al-Wuṣūl*, p. 110. *Yafrī* : il détruit. Rapporté par l’Imam Aḥmad dans son *Musnad* et par al-Tirmidhī d’après Ka‘b ibn Mālik avec une chaîne de transmission authentique. *al-Munādī ‘alā al-Jāmi‘ al-Ṣaghīr*, 5 : 445. La définition de Māni 152 et du manichéisme (al-Manāniyya) 153 a déjà été donnée. Dans l’original, en marge de la page, un des lecteurs de *al-Tathbīt* a écrit : « *al-Ābastāq* 154, livre de Zoroastre (Zarādusht) » 155 ; la définition des mages (al-Majūs) 156 et de leur croyance a déjà été donnée. Dans l’original, en marge de la page, un des lecteurs de *al-Tathbīt* a écrit : « Il n’y a pas de pacte de protection (dhimma) pour les manichéens chez les musulmans » 157 ; la définition de cette secte a déjà été donnée. Dans l’original : *fa-qāla lī* (il me dit). C’est ainsi que l’expression figure dans l’original. Il a été écrit en note marginale : *Tafsīr Sinuhūdus* (Interprétation du Synode) 158. *al-Jāthlīq* 159, avec la fatḥa sur la première lettre : le chef des chrétiens, qui est sous l’autorité du patriarche d’Antioche, puis le métropolite (al-Muṭrān) sous son autorité, puis l’évêque (al-Usquf), puis le prêtre (al-Qissīs), puis le diacre (al-Shammās). انظر ترجمة كنكه الهندي 160 في الفهرست لابن النديم ص 392، وترجمة ذوروثيوس 161 (في الأصل ذروسيس) في الفهرست ص 389، وكذا ترجمة بطليموس 162 ص 388. الطلسم 163 والطلسم في علم السحر: خطوط وأعداد يزعم كاتبها أنه يربط بها روحانيات الكواكب العلوية بالطبائع السفلية لجلب محبوب أو دفع أذى، وهو لفظ يوناني، وقد يقصد به الغامض المبهم من الأمر. الري 164 : بلدة عظيمة في ذلك الوقت، فتحها المسلمون في خلافة عمر رضي الله عنه، وأصبحت حاضرة إسلامية في القرن الرابع الهجري حتى لقد فاقت بغداد نفسها في كثير من الأحيان. انظر: ابن الأثير الكامل 9: 235، السمعاني الأنساب 232، أحسن التقاسيم للمقدسي 385-390. في الهامش كتب الناسخ ما يلي: «المجوس ينتظرون رجلا من ولد بشتاسف 165 يقال له أبشاوثن 166 ». نشأت في إيران فكرة كان لها أثرها في كثير من الديانات هي فكرة المخلص أو المهدي الذي سيعود يوما إلى العالم ليزيل الشرور ويحل العدل محل الجور وينقذ البشر. في الأصل: المنجمين. في الأصل: محمد. في الأصل: فقد. في الأصل: قفرس، أما عين ذربه فقد أثبتها ياقوت بالألف المقصورة ذربى وقال: بلد بالثغر من نواحي المصصية 167 ، والمصصية وطرسوس من ثغور الشام بين أنطاكية وبلاد الروم. أما أقريطش (كريت) فهي جزيرة بالبحر المتوسط، Le premier parmi les musulmans à avoir mené une expédition contre elle fut Mu‘āwiya, puis une partie en fut conquise par al-Walīd ibn ‘Abd al-Malik, et sa conquête fut achevée sur ordre d’al-Ma’mūn, le calife abbasside. Arwād (168) : une petite île en Méditerranée, face à Ṭarṭūs en Syrie. Sumayṭāṭ (169) ou Sumaysāṭ (170) : une ville sur la rive de l’Euphrate, à la frontière du pays des Romains, sur la rive occidentale de l’Euphrate. Ḥiṣn Manṣūr (171) : une localité du district de Diyār Muḍar, à l’ouest de l’Euphrate, près de Sumaysāṭ. Sīmūn (172) ou Sīmān : un grand fleuve dans la région frontalière (al-Thaghr), dans les environs d’al-Maṣṣīṣa, près d’Antioche. Le commentateur a écrit en marge du livre : « Les Hirabadha des mages (173). » Dans l’original : « pour les chrétiens ». Il se peut que l’expression soit une répétition du copiste. Dans l’original : « et ceci », mais le contexte exigerait peut-être la suppression du waw. Dans l’original : « le fils ». Dans l’original : « parce qu’ils ». Il est dit dans l’Évangile selon Matthieu, chapitre 5, verset 17 et suivants : « Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la Loi ou les Prophètes ; je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir. Car, en vérité, je vous le dis, jusqu’à ce que le ciel et la terre passent, il ne disparaîtra pas un seul iota ou un seul trait de la Loi, jusqu’à ce que tout soit accompli. Celui donc qui violera l’un de ces plus petits commandements et enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux. » Dans l’original : « si », et nous avons ajouté le waw en raison de ce qu’exige le contexte du discours. Cette phrase est rapportée dans l’original de la manière suivante : « Vous dites que c’est Lui qui fait tout cela, le Messie, à Lui ». Dans l’original : « et ils savent ». Dans l’original : « ils nomment ». Le commentateur a écrit en marge : « La purification de la femme menstruée et de l’accouchée avec de l’urine de vache, selon la loi des mages. » Le commentateur a écrit dans la note marginale : « Ceux qui traitent de menteurs le Messie et tous les prophètes, que la paix soit sur eux. » Ils tiennent pour ignorants les Lois, à l’instar de Qusṭā ibn Lūqā. 174 Dans l’original, elle est tracée en grec ; quant à Constantin, il est tracé dans l’original de la manière suivante : Qusṭanīṭūs. Dans l’original : « Sha‘yā » sans alif. 175 Pluriel de « zamīn » : il s’agit du malade dont on désespère la guérison. Ainsi dans l’original, et peut-être est-ce « aḥlawā ». Dans l’original : « al-amra’ah ». Dans l’original : « ṣadaqatī ». Ajout à l’original exigé par le contexte. Ajout à l’original exigé par le contexte. 176 Abū Bakr al-Akhshīd : l’un des penseurs qui soutinrent les Mu‘tazilites dans certaines de leurs paroles et les contredirent dans d’autres ; il mourut en l’an 320 de l’Hégire. Quant à Abū ‘Alī 177 et Abū Hāshim 178, ce sont deux grandes figures du Mu‘tazilisme, déjà présentés. Quant à Abū ‘Abd Allāh al-Baṣrī 179, il s’agit d’al-Ḥusayn ibn ‘Alī, le plus grand maître du Qāḍī ‘Abd al-Jabbār et l’une des grandes figures du Mu‘tazilisme ; il mourut en l’an 367 ou 369 de l’Hégire. Quant à Abū ‘Alī ibn Khallād 180, il est également l’une des grandes figures du Mu‘tazilisme, auteur du Livre des Fondements et du Commentaire en théologie scolastique, et l’un des maîtres du Qāḍī ; celui-ci le compta dans la dixième classe. Quant à Abū Ja‘far Muḥammad ibn ‘Abd Allāh al-Iskāfī 181, il fut l’un des imams du Mu‘tazilisme ; il laissa environ soixante-dix ouvrages de théologie scolastique et mourut en l’an 240 de l’Hégire. Dans l’original : « Yāshū‘ ». Dans l’original : « Yāshū‘ ». Dans l’original : « Yā rabban ». Dans l’original : « rabban ». Dans l’original : « aybasa ». Il y a peut-être une lacune dans la phrase. Dans l’original : « lammā », et peut-être le correct est ce que nous avons établi. Dans l’original : « arābā ». Dans l’original : « arābā ». Le commentateur a écrit en marge : « Au sujet de la raison de la mention des chrétiens ». Ainsi dans l’original. Dans l’original, il n’y a pas le mot « fayaqūlu ». Et ceci est un ajout de ma part pour que le propos soit correct. Le commentateur a écrit en marge : « ʿĀziq maʿnāthā » (عازق معناثا) 182. C’est ainsi que l’expression figure dans l’original. Mattā ibn Yūnus al-Naṣrānī (Abū Bishr) 183, philosophe logicien, mort à Bagdad en l’an 328 de l’Hégire. Il a traduit plusieurs ouvrages de philosophie et de logique en langue arabe. Voir al-Fihrist 1 : 263, Ibn Abī Uṣaybiʿa 1 : 235, al-Qifṭī 323.

Le cuir est dit "naghal" lorsqu'il est corrompu, c'est-à-dire gâté. "Al-naghal" désigne aussi l'enfant de la femme adultère. Voir Al-Qamous Al-Muhit 184. L'épreuve de l'imam Ahmad ibn Hanbal (mort en 241 H) fut due à sa position ferme concernant le problème du Coran : est-il créé ou incréé ? Les mu'tazilites, alors au pouvoir, soutenaient que la parole de Dieu est Son acte, donc créée. Ils tentèrent d'imposer leur croyance au peuple et aux savants, et beaucoup furent contraints de les suivre sous la pression des califes abbassides Al-Ma'mun, Al-Mu'tasim et Al-Wathiq, et sous la grande influence de leur vizir Ahmad ibn Abi Du'ad. Cependant, l'imam Ibn Hanbal, malgré la torture, maintint son opinion qu'il ne faut pas qualifier le Coran d'un terme qui n'est pas textuellement rapporté. Son épreuve fut entourée de nombreuses exagérations. Quant à Ma'ruf al-Karkhi, les soufis lui attribuent de nombreux prodiges ; il mourut en 200 H 185. L'expression « le Messager de Dieu » est répétée dans l'original. Hisham ibn al-Hakam al-Shaybani : l'un des grands penseurs et théologiens chiites, mort en 199 H. Muntaha al-Maqal, pp. 322-323 186. Il fait référence à Ghadir Khumm, un puits à trois miles de La Mecque. Il est rapporté que le Prophète (paix et salut sur lui) s'adressa aux musulmans et dit notamment : « Ne suis-je pas plus proche de vous que vous-mêmes ? » Ils répondirent : « Par Dieu, oui. » Il dit alors : « Celui dont je suis le mawla 187, Ali est son mawla. Ô Dieu, sois l'allié de celui qui est son allié, et sois l'ennemi de celui qui est son ennemi... » Ce hadith est célèbre ; les chiites l'ont utilisé pour prouver que le Prophète avait désigné Ali comme successeur, tandis que les autres musulmans n'y voient qu'une indication de son mérite. Abu Qubays : une montagne à La Mecque, nommée d'après un homme de Madh'hij, forgeron, car il fut le premier à y bâtir. Al-Qamous 2:238 188. Al-muta'annif : le débutant ; al-i'tinaf : le commencement. Nous avons déjà présenté Abu Kamil et Hisham ibn al-Hakam. Voir les livres de mérites et de vertus des Compagnons dans les recueils de hadiths ; ils contiennent de nombreux hadiths sur les vertus de tous les Compagnons. Ibrahim 36 189. Al-Ma'ida 118 190. Nuh 26 191. Yunus 88 192. Rapporté par l'imam Ahmad dans son Musnad, Ibn Majah et Al-Hakim, d'après Abu Bakr et 'Umar. Voir Al-Ziyada 'ala al-Jami' al-Saghir 3:148 193. Rapporté par Al-Hakim d'après Ibn Mas'ud. Voir Al-Jami' al-Saghir 4:33 194. Pour les mérites des Ansar, voir les chapitres sur leurs vertus et celles des Compagnons dans les livres de hadiths. Pour les mérites de ces derniers, voir les chapitres sur les vertus dans les livres de hadiths, et voir Al-Riyad al-Nadira fi Fada'il al-'Ashara d'Al-Tabari 195. Dans l'original : nusus 196. La phrase est incomplète ; elle pourrait être corrigée en ajoutant « c'est-à-dire la désignation comme calife » à la fin. Ajout à l'original. [Page 220] (2) Dans l'original : ism 197. La plupart des hadiths rapportés sur le califat de 'Ali sont faibles ou forgés. En supposant leur authenticité, ils indiquent le califat sur sa famille (que la paix soit sur lui), parmi eux : « Mon frère, mon vizir, mon calife parmi ma famille, le meilleur de ceux que je laisse après moi, qui acquitte ma dette et remplit mes promesses : 'Ali. » Voir Tanzih al-Shari'a 'an al-Akhbar al-Shani'a d'Ali ibn al-Qarn al-Kattani, première partie, qui contient beaucoup de ces récits. Dans l'original : al-salib 198 ; le commentateur l'a corrigé en « al-khashaba » (le bois). En marge, l'auteur ou le commentateur a intitulé cette recherche : « La fête de la Croix, fête du salut. » Le copiste ou le commentateur a annoté : « Que Dieu maudisse le transmetteur de cette parole et son auteur, car ils cherchaient à obscurcir les soleils de la religion et à éteindre les lumières de l'islam et des musulmans. Que Dieu les châtie, eux et leurs paroles, et les éteigne, eux et leurs traces. Amen, amen, amen. » Voir Al-Fihrist d'Ibn al-Nadim, p. 487 199. Les Daysaniyya sont une secte dualiste, considérée comme une origine du manichéisme ; les deux sectes diffèrent sur la manière dont la lumière se mêle aux ténèbres. Voir Al-Fihrist, p. 488 200. L'un des grands théologiens et historiens des sectes ; son livre « Al-Ara' wa al-Diyanat » est parmi les plus importants sur les religions, les doctrines et les sectes. Voir Al-Fihrist, pp. 265-266 201. Al-Tawba 33 et Al-Saff 9 202. Al-Nur 55 203. Al-Baqara 249 204. Ibn Labun, parmi les chameaux : celui qui a deux ans ; al-hiqqa, la chamelle de trois ans. Hadith mutawatir 205, rapporté par les six 206 avec une chaîne de transmission authentique. Voir Al-Jami' al-Saghir, Sharh al-Munawi 2:188. Dans l'original : wa-atathu ; l'ajout du waw rendrait le contexte plus cohérent. Dans un autre endroit : « azlaqat ». Voir Futuh al-Buldan, p. 31 207. Dans un autre endroit : « arfa'at ». Al-Hashr 7 208. Il fait référence ici à la divergence d'opinions parmi les musulmans concernant les terres du Sawad d'Irak, lorsque Dieu a ouvert l'Irak et la Perse aux musulmans. Certains étaient d'avis de les distribuer aux musulmans, tandis que 'Umar (que Dieu l'agrée) était d'avis de laisser la terre entre les mains de ses propriétaires pour que tous les musulmans bénéficient de son kharaj 209 ; les musulmans approuvèrent son opinion. Les griefs contre 'Uthman (que Dieu l'agrée) sont au nombre de dix-huit : son coup à 'Ammar ibn Yasir, à Ibn Mas'ud, la compilation du Coran en un seul mushaf 210, qu'il a mis en réserve le pâturage, exilé Abu Dharr à Al-Rabadha, expulsé Abu al-Darda' du Sham, renvoyé Al-Hakam après que le Prophète l'eut exilé, abrogé la pratique du qasr 211 dans les prières en voyage, nommé Mu'awiya, Marwan et Al-Walid ibn 'Uqba, donné à Marwan le quint d'Ifriqiya, frappé avec un bâton et monté sur la chaire au-dessus du degré du Prophète, n'avoir pas assisté à Badr, n'avoir pas tué 'Ubayd Allah ibn 'Umar pour Al-Hurmuzan, et écrit à Ibn Abi Sarh pour tuer certains. Ibn al-'Arabi a répondu à tout cela dans son livre précieux Al-'Awasim min al-Qawasim 212. Nous avons déjà présenté ces personnes. Quant à Jabir ibn Hayyan, il est Abu 'Abd Allah Jabir ibn Hayyan ibn 'Abd Allah al-Kufi. Ibn al-Nadim dit : « Les gens ont divergé à son sujet. » Les chiites disent qu'il était l'un de leurs grands, les philosophes prétendent qu'il était des leurs, et les alchimistes le considèrent comme leur maître. Il était d'une vaste culture, avec une grande production dans diverses sciences 213. Peut-être : qataluhu 214. En marge du folio 111, on trouve le commentaire suivant : « Que Dieu te fasse miséricorde, notre maître, le plus grand des juges, le juge 'Abd al-Jabbar. Tu as bien argumenté contre les pervers, les maudits, les chiens, les renégats, les menteurs, les errants, les déviants de la vérité, les vils rafidites 215. Que Dieu les humilie et les éloigne, car ils calomnient les Compagnons du Messager de Dieu (que Dieu les agrée tous). Je dis : Je n'ai jamais vu de réponse aux maudits rafidites plus belle, plus précise, plus solide, plus forte et plus réussie que ces arguments mentionnés par le juge 'Abd al-Jabbar al-Mu'tazili dans ce livre. Il est donc nécessaire pour celui qui s'occupe de les réfuter de consulter ce livre béni. Il est rare et inconnu de la plupart des gens ; même s'ils connaissaient son nom, ils ne sauraient pas ce qu'il contient comme nombreux bienfaits. Garde-le et répète sa lecture. Cependant, son auteur est célèbre pour son mu'tazilisme ; s'il s'en est repenti, sa place est au plus haut Paradis, parmi les premiers, si Dieu le veut, car il a profité aux musulmans par ces arguments. Et Dieu sait mieux. » Dans l'original : laha ; le correct est probablement ce que nous avons établi. Al-Ahqaf 9 216. Yunus 94 217. Yabsuqun : ils crachent. Nous n'avons pas tenté de commenter ce que le juge rapporte concernant les accusations des rafidites contre les califes bien guidés, car le juge adopte entièrement le point de vue des sunnites, et son explication suffit à dispenser du commentaire. Dans l'original : Abu Bakr. Dans l'original : ma. Al-qiran : joindre le hajj à la 'umra 218. Il vise Marwan ibn al-Hakam, Al-Walid ibn 'Uqba et Sa'id ibn al-'As. Dans Al-Qamous : lahaba : suivre ; al-lahab : le chemin clair. Dans Al-Qamous : thakama atharahum : les suivre ; thakama al-tariq : le suivre. Umm Salama est Hind bint Abi Umayya, l'une des épouses du Prophète (paix sur lui) ; elle était auparavant mariée à Abu Salama 'Abd Allah ibn al-Asad al-Makhzumi. Elle mourut en 59 H. Al-jalahiq : la bille avec laquelle on tire. [Page 243] (2) Dans Al-Qamous : kaba al-zand : n'a pas produit d'étincelle. Il fait référence à la célèbre histoire de l'arbitrage, lorsque les Irakiens insistèrent auprès de 'Ali pour accepter l'arbitrage proposé par Mu'awiya. Il envoya donc Abu Musa al-Ash'ari, sur leur insistance, alors qu'il voulait envoyer 'Abd Allah ibn al-'Abbas. Mu'awiya envoya le plus rusé des Arabes, 'Amr ibn al-'As. Et il advint ce qui advint de l'incident célèbre et ce qui s'ensuivit : la sortie des kharijites contre 'Ali et leur excommunication pour avoir accepté l'arbitrage. Voir Al-Tabari 3:241 et 247 219. Ce pont fut ainsi nommé parce que le chef perse était Mihran ibn Mihrbandadh al-Hamadhani, et le chef musulman était Al-Muthanna ibn al-Haritha. La bataille fut appelée la bataille du pont de Mihran. 'Umar (que Dieu l'agrée) avait eu l'intention de partir avec les musulmans lors de cette bataille. Cela eut lieu en 19-20 H. Les Perses, les habitants d'Al-Rayy, de Qum, d'Ispahan, de Hamadan, d'Al-Mahayn, se rassemblèrent autour de Yazdgard, le dernier roi de Perse. 'Umar, après consultation des Compagnons, envoya une armée sous le commandement d'Al-Nu'man ibn Muqarrin al-Muzani. Futuh al-Buldan, p. 424 220. Dans l'original : hadhihi. Dans l'original, après le mot Maryam, le mot kana, qui est superflu. Ajout à l'original exigé par le contexte. En marge : « Les recommandations du Messager de Dieu (paix sur lui). » Voir Tabaqat Ibn Sa'd, deuxième partie, deuxième section, p. 24, avec une autre formulation : « Il ne peut y avoir deux religions dans la péninsule arabique. » Voir Sharh al-Jami' al-Saghir d'Al-Munawi 1:149 ; khadra'ahum : leur noirceur et leur multitude. Il existe de nombreux hadiths dans ce sens, tous posant comme condition à la soumission à Quraysh la droiture, la piété et la miséricorde.

Le Messager (ص) envoya al-‘Alâ’ ibn al-Hadramî à al-Mundhir as-Sâwî, à Bahrayn, avec la lettre suivante : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De la part de Muhammad, Messager de Dieu, à al-Mundhir as-Sâwî. Que la paix soit sur toi. Je loue Dieu pour toi, Lui en dehors de qui il n’y a pas de divinité. J’atteste qu’il n’y a pas de divinité en dehors de Dieu et que Muhammad est Son serviteur et Son messager. Ceci dit, je t’exhorte à craindre Dieu, le Puissant et le Majestueux. Quiconque donne un conseil sincère ne le fait que pour lui-même. Quiconque obéit à mes envoyés et suit leur ordre m’a obéi, et quiconque leur donne un conseil sincère me l’a donné à moi. Mes envoyés ont fait ton éloge en bien. Je t’ai intercédé en faveur de ton peuple. Laisse aux musulmans ce sur quoi ils se sont convertis à l’islam. J’ai pardonné aux gens des péchés, accepte donc d’eux. Quoi que tu fasses de bien, il te sera pardonné pour ton œuvre. Quant à celui qui persiste dans son judaïsme ou son mazdéisme, il lui incombe la jizya 221. » (As-Sîra al-Halabiyya, 3:252) (30) [p.256] ash-Sha‘bî est ‘Âmir ibn Sharâhîl ash-Sha‘bî al-Himyarî (Abû ‘Amr), un transmetteur parmi les Successeurs 222, et il fait partie des transmetteurs de hadiths dignes de confiance. Il mourut en 103 H. (Tahdhîb at-Tahdhîb, 5:65). Quant à ‘Abd ar-Razzâq, il est ‘Abd ar-Razzâq ibn Hammâm ibn Nâfi‘ al-Himyarî (Abû Bakr), l’un des mémorisateurs de hadiths dignes de confiance. Il a composé « al-Jâmi‘ al-Kabîr » 223 sur le hadith. Il mourut en 211 H. (Tahdhîb at-Tahdhîb, 6:310) (31) [p.258] Dans l’original, il y a un blanc que j’ai comblé par « plusieurs », et on peut lire sans cela en disant alors : « Abû Bakr pria avec eux pendant plusieurs jours ». (32) [p.259] « ar-rajul al-asîf » : le vieillard décrépit, prompt à la tristesse et au cœur tendre. Voir Qâmûs al-Muhît. (33) [p.260] Al-Mumtahana, 10. (34) [p.260] Suhayl ibn ‘Amr fut l’émissaire de Quraysh auprès du Messager le jour de Hudaybiyya. Il proposa au Messager de s’éloigner de La Mecque cette année-là, à condition qu’il y revienne l’année suivante et qu’une trêve de dix ans soit établie entre lui (ص) et Quraysh. Des discussions eurent lieu entre les musulmans et des événements se produisirent pendant les négociations ; on les trouve dans les livres de Sîra. (35) [p.262] Hadith : « Pas de legs à un héritier » dans al-Jâmi‘ as-Saghîr, dans ad-Dâraqutnî d’après Jâbir, 2:502. (36) [p.262] Le sens de ce hadith est rapporté sous une autre forme dans al-Jâmi‘ as-Saghîr, 2:505, Musnad d’Ibn Hanbal, al-Bukhârî, Muslim et Abû Ya‘lâ d’après Usâma. (37) [p.262] Le hadith dans Sharh al-Jâmi‘ as-Saghîr, 1:525, d’après le Musnad d’Ibn Hanbal, al-Bukhârî, Muslim, at-Tirmidhî et Ibn Mâja d’après ‘Â’isha. (38) [p.262] Voir le hadith dans Manâqib al-Ansâr du Sahîh de Muslim et autres. (39) [p.263] Voir al-Jâmi‘ as-Saghîr, Sharh al-Manâwî, 1:427, et dans al-Hâkim et as-Sunan al-Kubrâ d’après ‘Alî. Al-Hâkim dit : « Authentique », mais on a commenté en disant qu’il est désavoué 224. (40) [p.265] Ajout à l’original exigé par le contexte. (41) [p.265] « al-Judhayl » : diminutif de « jadhl », qui est un morceau de bois placé au milieu de l’enclos des chameaux, contre lequel ils se frottent et se reposent ; on l’emploie comme proverbe pour l’homme dont on se fie à l’avis. « al-‘Udhayq » : diminutif de « ‘idhq », qui est le palmier lui-même ; « al-murajjab » : celui pour lequel on construit un pilier à côté pour le soutenir à cause de l’abondance de sa charge et de sa noblesse auprès de sa famille ; on l’emploie comme proverbe pour l’homme noble que sa famille honore. Voir la discussion de Hubbâb ibn al-Mundhir, at-Tabarî, 3:220. (42) [p.265] Écrit en marge de la page : « Le Messager de Dieu (ص) a dit : “Les gens suivent Quraysh.” » (43) [p.265] Dans Sharh al-Jâmi‘ as-Saghîr d’al-Manâwî, 2:462. Il est rapporté dans le Musnad d’Ibn Hanbal et Muslim d’après Jâbir, sous une autre forme. (44) [p.266] « al-fahha » : de l’impuissance et de l’erreur. (45) [p.267] Il veut dire : afin que les musulmans ne se divisent pas. (46) [p.267] Al-Hashr, 8. [p.268] (1) Al-Hashr, 9. (47) [p.269] Écrit en marge : « Il est correct que sa position 225 est après la mort de Musaylima. » (48) [p.269] Voir le hadith dans Manâqib al-Ansâr. (49) [p.270] Ainsi dans l’original ; peut-être s’agit-il de « Bakr ». (50) [p.271] Dans l’original : « Banî ». (51) [p.272] Dans l’original : « ‘anhum ». (52) [p.276] Dans l’original : « yakhâf » ; mais le contexte exige ce que nous avons établi. (53) [p.277] Dans l’original : « Ka‘b ibn Qurayza » ; le correct est ce que nous avons établi. Il est l’un des grands assistants de ‘Alî ibn Abî Tâlib (رضي الله عنه) et il était présent avec lui à Siffîn en 37 H. (54) [p.277] Dans l’original : « sârat ». (55) [p.277] Dans l’original : « yad‘î ». (56) [p.280] Dans l’original : « yaqûl ». (57) [p.281] Blanc dans l’original ; la parole correcte est ce qu’a mentionné le Qâdî 226, à savoir que ‘Uthmân (رضي الله عنه) fut tué le 18 Dhû l-Hijja de l’an 35 H., et que ‘Alî (رضي الله عنه) reçut le serment d’allégeance le vendredi, cinq jours avant la fin de Dhû l-Hijja. Voir at-Tabarî. (58) [p.282] « tadâkaktum » : vous vous êtes précipités. En marge, il est écrit : « Le correct est “tahâlaktum” [vous vous êtes entretués]. » (59) [p.284] En marge : « Sa parole “Mâ shâ’a Llâh” est une manière de demander secours. » (60) [p.284] Al-Kahf, 39. (61) [p.285] Il veut dire Abû Bakr as-Siddîq (رضي الله عنه). (62) [p.286] Dans l’original : « al-khalîfa ». (63) [p.287] Il veut dire ‘Abd Allâh ibn ‘Âmir ibn Kurayz, gouverneur de ‘Uthmân sur Bassora. (64) [p.288] Ajout à l’original exigé par le contexte. (65) [p.288] Écrit en marge : « Lettre de ‘Alî (رضي الله عنه) à Mu‘âwiya. » (66) [p.289] Il s’agit de Jarîr ibn ‘Abd Allâh al-Bajalî, mort en 51 H. (67) [p.289] Voir Sharh al-Jâmi‘ as-Saghîr, 1:64. Al-Hâkim l’a rapporté d’après Jâbir sous une autre forme. (68) [p.291] Dans l’original : « wa qawlihi » ; peut-être le correct est ce que nous avons établi. (69) [p.292] Dans le Qâmûs : « abarra al-qawma » : les a exterminés. (70) [p.293] Ainsi dans l’original ; peut-être s’agit-il de « Allâh inna ». (71) [p.293] Dans l’original : « yaqûl ». (72) [p.293] Dans l’original : « al-inkâr ». (73) [p.295] Sourate al-Hijr, 46. (74) [p.296] Dans l’original : « wa lâ tu‘tâ » ; peut-être le correct est ce que nous avons établi. (75) [p.297] Dans l’original : « istaqarrat ». (76) [p.297] Répété dans l’original car c’est le début et la fin de la page. (77) [p.298] Voir Sharh al-Jâmi‘ as-Saghîr, 2:147. Abû Nu‘aym l’a rapporté dans al-Hilya d’après Abû Qatâda. (78) [p.298] Dans l’original : « Ibn ‘Umayr et Ibn Zâ’ida ». (79) [p.298] Effacé dans l’original ; la lecture est conjecturale. [p.298] (2) Dans l’original : « ‘Umayr » ; mais il est mentionné dans la plupart des livres d’histoire sous le nom de « ‘Amr ». (80) [p.299] Blanc dans l’original jusqu’à la fin du folio 140, puis le folio 141 est également blanc. Commence ensuite une nouvelle section qui débute par « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux », début de la deuxième partie du livre. (81) [p.301] Nous nous sommes contentés ici de la table des matières ; nous renvoyons le reste des index à la fin de la deuxième partie. (1) [p.313] Al-Qamar, 43. (2) [p.314] Al-Fath, 28. (3) [p.314] At-Tawba, 32. (4) [p.315] « ad-dumustuq » est un terme utilisé par les Arabes comme synonyme du mot « gouverneur » dans les langues étrangères. (5) [p.316] Dans l’original : « shay’an ». (6) [p.317] Al-Qasas, 57. (7) [p.317] Il s’agit de ‘Attâb ibn Asîd ibn Abî l-‘Îs ibn Umayya ibn ‘Abd Shams, l’un des nobles arabes des débuts de l’islam. Il embrassa l’islam le jour de la conquête de La Mecque et le Prophète le nomma gouverneur de La Mecque lorsqu’il partit pour Hunayn en 8 H. Il resta gouverneur jusqu’à l’époque de ‘Umar ; il mourut en 13 H. (8) [p.318] Il est dit dans Lisân al-‘Arab : « Un tel se fâcha, son teint et son visage devinrent tam‘ara 227 : il changea et devint jaune. » (9) [p.319] Âl ‘Imrân, 144. (10) [p.319] An-Nûr, 55. (11) [p.319] Al-Fath, 28. (12) [p.320] Dans l’original : « ahwanu ‘alayka ». (13) [p.322] « ath-thaghab » est le sillon creusé par les ruisseaux venant d’en haut ; lorsqu’ils descendent, ils creusent des sortes de tombes et de fosses. (14) [p.323] An-Naml, 36. (15) [p.323] Al-Fath, 16. (16) [p.324] Dans l’original : « fî ». (17) [p.325] Ajout de ma part exigé par le contexte du discours. (18) [p.325] Ibrâhîm, 5. (19) [p.327] La définition de ces personnages a été donnée précédemment dans le livre. (20) [p.327] Types de mesures de capacité. (21) [p.328] Hudhayfa ibn al-Yamân est Hudhayfa ibn Hisl ibn Jâbir al-‘Absî, Abû ‘Abd Allâh : un Compagnon, parmi les gouverneurs, les braves et les conquérants. Il était le confident du Messager de Dieu (صلى الله عليه وسلم) concernant les hypocrites. Il mourut en 36 H. (Al-A‘lâm, 2:180). Salmân al-Fârisî : l’un des grands Compagnons, il avait de l’avis et de la connaissance des lois religieuses. C’est lui qui indiqua aux musulmans de creuser le fossé lors de la bataille des Coalisés. Il mourut en 37 H. (Al-A‘lâm, 3:169). ‘Ammâr ibn Yâsir al-Kinânî : un Compagnon parmi les premiers à embrasser l’islam et les plus endurants. Il assista à Badr, Uhud, la bataille du Fossé et au serment d’allégeance de Ridwân. Il fut gouverneur de Kûfa à l’époque de ‘Umar. Il mourut en 37 H. (Al-A‘lâm, 5:191). ‘Uthmân ibn Hunayf al-Ansârî : un Compagnon, il exerça plusieurs gouvernorats. Il mourut après 41 H. (Al-A‘lâm, 4:365). (22) [p.329] Dans l’original : « bi-hâdhâ ». (23) [p.331] Écrit en marge de la page : « Principes des religions des mages. » (24) [p.331] Dans l’original : « mâ ». (25) [p.331] Écrit en marge : « Branches des mages. » (26) [p.332] Dans l’original : « sârû ». (27) [p.333] Répété dans l’original. [p.333] (2) Adh-Dhâriyât, 21. (28) [p.334] Jûr : une ville en Perse, entre elle et Shîrâz il y a vingt parasanges. (Mu‘jam al-Buldân, 2:181). Istackhr : une ville en Perse, l’une des principales de ses cités. (Mu‘jam al-Buldân, 1:211). (29) [p.334] Écrit en marge : « Croyance des mages de Jûr et d’Istackhr. » (30) [p.334] Écrit en marge : « ‘Umar (رضي الله عنه) écrivit au gouverneur de Jûr en s’excusant auprès de lui que les gens s’étaient rendus et que la jizya avait diminué. » (31) [p.335] « al-jarmûq » : ce qui se porte par-dessus les chaussures. (Al-Qâmûs, 3:217). (32) [p.336] Un pays aux confins du Shâm. (Mu‘jam al-Buldân, 1:13). (33) [p.336] Ajout de ma part exigé par le contexte. (34) [p.336] Dans l’original : « li-ammihim ». (35) [p.337] Pour le détail de l’incident du meurtre de ‘Uthmân (رضي الله عنه), voir at-Tabarî, événements de l’an 35 H. (36) [p.338] Abû Talha est Zayd ibn Sahl ibn al-Aswad an-Najjârî al-Ansârî : un Compagnon courageux. Il assista à la ‘Aqaba, à Badr, à Uhud, à la bataille du Fossé et à toutes les batailles. Il mourut en 34 H. (Tabaqât d’Ibn Sa‘d, 3:64). Quant à Abû Qatâda, il s’agit probablement de Qatâda ibn an-Nu‘mân al-Ansârî, un Compagnon qui participa à Badr et à toutes les batailles avec le Messager de Dieu (صلى الله عليه وسلم). Il mourut en 23 H. (Al-A‘lâm, 6:27). (37) [p.338] Écrit en marge : « Nombre des épouses du Messager de Dieu (صلى الله عليه وسلم). » (38) [p.338] Écrit en marge : « Nombre des filles du Messager de Dieu (صلى الله عليه وسلم). » (39) [p.340] Pour un exemple de ces hadiths dans lesquels le Messager (عليه السلام) parla des pays que les musulmans conquerraient et de l’avenir de l’islam, voir Fayd al-Qadîr d’al-Manâwî, 4:96-102. (40) [p.340] La révolte de Bâbak al-Khurramî dura longtemps sous les règnes d’al-Ma’mûn et d’al-Mu‘tasim ; son soulèvement commença en 201 H. et prit fin en 221 H. (41) [p.341] L’un des grands hommes du mu‘tazilisme. Voir al-Munya wa l-Amal (Tabaqât al-Mu‘tazila d’Ibn al-Murtadâ). (42) [p.342] Les Zanj ou Zutt 228 : un peuple mêlé qui domina la route de Bassora et y sema le désordre. Lorsque le pouvoir fut consolidé pour al-Ma’mûn en 205 H., il envoya contre eux plusieurs de ses généraux ; ils se dispersèrent, mais il n’en vint pas complètement à bout jusqu’à ce qu’al-Mu‘tasim le fît en 219 H. (43) [p.342] Le détail viendra à sa place dans le livre. (44) [p.342] Une ville au Maghreb, entre elle et Kairouan il y a quatre jours de marche. (Mu‘jam al-Buldân, 3:55).

↩ (٤٥) [ص342] Précédemment défini comme al-Janābī 229, voir première partie page 129. ↩ (٤٦) [ص343] Ville célèbre du pays des Rūm 230 limitrophe du Shām 231, conquise par les musulmans, puis reprise par les Rūm en 323 H. Elle revint aux musulmans avec l’Empire ottoman. Mu‘jam al-Buldān 5:192. ↩ (٤٧) [ص344] Al-Ḥijr 94. ↩ (٤٨) [ص344] Écrit en marge : Cinq notables de Quraysh s’étaient consacrés à se moquer du Messager de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – et à empêcher les gens de l’écouter de sa part – que la paix soit sur lui. ↩ (٤٩) [ص344] al-Ṭalāṭila 232 : le calamiteux, c’est le nom de sa mère. ↩ (٥٠) [ص345] Al-Ḥijr 95. ↩ (٥١) [ص345] Hūd 55. ↩ (٥٢) [ص345] Dans l’original : Banū. ↩ (٥٣) [ص346] Al-Isrā’ 60. ↩ (٥٤) [ص347] Al-‘Alaq 9. ↩ (٥٥) [ص347] Al-Isrā’ 45. ↩ (٥٦) [ص347] Al-An‘ām 25. ↩ (٥٧) [ص347] Fayḍ al-Qadīr 4:169. ↩ (٥٨) [ص347] Fayḍ al-Qadīr 4:372. ↩ (٥٩) [ص348] Dans l’original : bi’sihi 233, et il est probable que le correct soit ce que nous avons établi. [ص348] (1) Fāṭir 42. ↩ (٦٠) [ص349] Fāṭir 10. ↩ (٦١) [ص349] Ibrāhīm 46. ↩ (٦٢) [ص349] Al-Ḥajj 15. ↩ (٦٣) [ص351] Il est dit dans al-Lisān : ḍaji‘a fī amrihi wa aḍja‘a wa aḍja‘a 234 : faiblir ; al-ḍajū‘ 235 : celui dont l’avis est faible ; al-ma’aqa 236 : l’orgueil, la colère violente et la jalousie ; et nakatha al-‘ahd 237 : rompre le pacte par orgueil. ↩ (٦٤) [ص352] Al-Anbiyā’ 105. ↩ (٦٥) [ص353] Aḥmad ibn Yaḥyā al-Munajjim 238, mort en 327 H, lettré, poète, théologien et juriste. Mu‘jam al-Udabā’ 14:146 ; et Muḥammad ibn Zayd al-Wāsiṭī 239, mort en 306 H, théologien mu‘tazilite. Al-Fihrist 1:172. Je pense qu’il vise Ibn Qutayba, ‘Abd Allāh ibn Muslim al-Dīnawarī, mort en 276 H. ↩ (٦٦) [ص353] Dans l’original : min. ↩ (٦٧) [ص353] Al-A‘rāf 128. ↩ (٦٨) [ص353] Al-A‘rāf 137. ↩ (٦٩) [ص353] Al-Anbiyā’ 107. ↩ (٧٠) [ص353] Écrit en marge de l’original : al-wārith 240, le correct est al-wārithīn. ↩ (٧١) [ص354] Al-Tawba 33, al-Fatḥ 28, al-Ṣaff 9. ↩ (٧٢) [ص355] Dans l’original : ta‘ṭīl 241. ↩ (٧٣) [ص355] Dans l’original : tamzīq 242. ↩ (٧٤) [ص356] Dans l’original : min ajl 243, et il est probable que le correct soit ce que nous avons établi. ↩ (٧٥) [ص356] Sūrat Ṣād 5. ↩ (٧٦) [ص357] Saba’ 24. ↩ (٧٧) [ص357] Al-Qaṣaṣ 55. ↩ (٧٨) [ص357] Écrit en marge de l’original : Kitāb al-Rāwandī 244, et nous l’avons déjà présenté. Voir 1:51 du livre. ↩ (٧٩) [ص357] Al-Qamar 44. ↩ (٨٠) [ص357] Ṣād 11. ↩ (٨١) [ص357] Yūnus 65. ↩ (٨٢) [ص358] Al-Ḥajj 39. ↩ (٨٣) [ص358] Al-Shūrā 15. ↩ (٨٤) [ص359] Al-Aḥqāf 9. ↩ (٨٥) [ص359] Al-Isrā’ 81. ↩ (٨٦) [ص360] Saba’ 49. ↩ (٨٧) [ص360] Al-Naml 80. ↩ (٨٨) [ص360] Fāṭir 22. ↩ (٨٩) [ص360] Ainsi dans l’original, et il se peut que ce soit yastariqūhum 245. ↩ (٩٠) [ص361] Al-Furqān 43. ↩ (٩١) [ص361] Al-Baqara 171. ↩ (٩٢) [ص361] Al-A‘rāf 179. [ص361] (1) Al-Jāthiya 43. ↩ (٩٣) [ص363] Al-Naḍr ibn al-Ḥārith 246 est le fils d’al-Ḥārith ibn ‘Alqama ibn Kalada ibn ‘Abd Manāf. Lorsque le Prophète – que Dieu le bénisse et le salue – tenait une assemblée, al-Naḍr s’asseyait après lui et racontait les histoires des rois de Perse, de Rustam et d’Isfandiyār. Il mourut dans l’associationnisme en 2 H. ↩ (٩٤) [ص363] C’est ‘Abd Allāh ibn Ḥudhāfa ibn Qays al-Sahmī 247, un Compagnon qui embrassa l’Islam tôt ; le Prophète l’envoya à Kisrā 248. Il émigra en Abyssinie, assista à la conquête de l’Égypte et y mourut à l’époque de ‘Uthmān en 23 H. Al-A‘lām 4:206. ↩ (٩٥) [ص363] C’est Diḥya ibn Khalīfa al-Kalbī 249, un Compagnon que le Messager envoya à César pour l’inviter à l’Islam. Il assista à de nombreuses batailles, s’installa à Damas, habita al-Mizza et mourut en 45 H. Al-Iṣāba 1:472. ↩ (٩٦) [ص363] C’est Ḥāṭib ibn Abī Balta‘a al-Lakhmī 250, un Compagnon qui assista à toutes les batailles avec le Messager de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue. Le Messager l’envoya à al-Muqawqis 251, maître d’Alexandrie. Il mourut en 30 H. Al-Iṣāba 1:300. ↩ (٩٧) [ص364] C’est-à-dire qu’ils acceptèrent de prendre son prix du sang. ↩ (٩٨) [ص365] Yā Sīn 9. ↩ (٩٩) [ص365] C’est celui qui suit la trace. ↩ (١٠٠) [ص366] Le copiste a écrit en commentaire : d’après une copie autre que l’original. ↩ (١٠١) [ص366] Écrit en marge de la page : note marginale : naqḍ al-arḍ 252, c’est-à-dire : regarder s’il y a quelque chose à craindre. ↩ (١٠٢) [ص366] Il est dit dans al-Lisān : al-kitba 253 : la lanière avec laquelle on coud l’outre et la gourde. ↩ (١٠٣) [ص366] Dans l’original : ayqaẓahu 254. ↩ (١٠٤) [ص367] Arḍ jald 255 : terre dure, au sol plat et rugueux. ↩ (١٠٥) [ص367] Al-Tawba 40. ↩ (١٠٦) [ص367] La description de la grotte provient d’une copie autre que l’original, car le scribe a indiqué que la copie originale commence par le mot : fahādhā 256. ↩ (١٠٧) [ص367] Al-Anfāl 30. ↩ (١٠٨) [ص368] C’est Jubayr ibn Muṭ‘im ibn ‘Adī ibn Nawfal ibn ‘Abd Manāf al-Qurashī 257, un noble Compagnon, l’un des savants de Quraysh, de ses notables et de ses généalogistes. Il rapporta le hadith du Messager de Dieu. Il mourut en 59 H. Al-A‘lām 2:103. ↩ (١٠٩) [ص369] Al-Tawba, versets 38, 39… Dalā’il 24. ↩ (١١٠) [ص370] Ṭā Hā 46. ↩ (١١١) [ص370] Al-Qaṣaṣ 7, et dans l’original : lā takhāfī innā rāddūhu 258. ↩ (١١٢) [ص370] Al-Naḥl 128. ↩ (١١٣) [ص371] La définition de ces secrétaires a déjà été donnée précédemment dans le livre. ↩ (١١٤) [ص371] Al-Qaṣaṣ 85. ↩ (١١٥) [ص371] Écrit en marge de la page : ma‘ād al-rajul baladuh 259, mathāb al-rajul manziluh 260. ↩ (١١٦) [ص372] Al-Baqara 127. ↩ (١١٧) [ص372] al-tabkhīt 261 vient d’al-bakht 262 au sens de chance et de hasard. ↩ (١١٨) [ص372] Akhṣamuhum 263 : les plus menteurs d’entre eux ; al-kharāṣūn 264 : les menteurs. Al-Lisān, racine kharṣ. ↩ (١١٩) [ص374] La définition de la plupart de ces personnages a déjà été donnée. Quant à al-Rāzī 265, c’est Abū Bakr Muḥammad ibn Zakariyyā, le célèbre philosophe et médecin, mort en 311 H. Ibn al-Nadīm 1:299, Ṭabaqāt al-Aṭibbā’ 1:309. ↩ (١٢٠) [ص375] C’est Sumayfa‘ ibn Nākūr ibn ‘Amr ibn Ya‘fur ibn Dhī al-Kalā‘ al-Akbar 266, l’un des rois du Yémen. Il embrassa l’Islam, vint à Médine à l’époque de ‘Umar, assista à la bataille de Yarmūk et à la conquête de Damas, puis prit le commandement des gens de Ḥimṣ dans l’armée de Mu‘āwiya. Il mourut en 37 H. Al-Qāmūs, racine kala‘. ↩ (١٢١) [ص375] C’est Masqala ibn Hubayra ibn Shibl al-Tha‘labī al-Shaybānī 267, des Banū Bakr ibn Wā’il. Il fut l’un des gouverneurs de ‘Alī, puis passa à Mu‘āwiya. Il fut tué lors d’une expédition vers Ṭabaristān vers 50 H. Futūḥ al-Buldān d’al-Balādhurī 242-243. [ص375] (2) C’est Khālid ibn Ma‘mar ibn Sulaymān al-Sadūsī 268. Il vécut à l’époque de la prophétie, fut le chef des Banū Bakr à l’époque de ‘Umar, se rangea du côté de ‘Alī aux journées du Chameau et de Ṣiffīn, puis Mu‘āwiya le nomma gouverneur d’Arménie ; il mourut en chemin vers elle vers 50 H. Al-Iṣāba 1:461. ↩ (١٢٢) [ص376] Il est dit en marge : Parole de ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz – que Dieu l’agrée – : « Quand tu vois un peuple qui innove dans sa religion, etc. » ↩ (١٢٣) [ص376] Il est dit en marge : Au début de l’apparition des Bāṭiniyya 269, qui sont les Qarāmiṭa 270. ↩ (١٢٤) [ص376] Voir la première partie du livre, p. 107. ↩ (١٢٥) [ص376] Muḥammad ibn al-Faḍl 271, maître de la da‘wa 272 des Fāṭimides au Yémen. La da‘wa apparut d’abord à Lā‘a 273 dans le mont Ṣabr. Mu‘jam al-Buldān 5:7. ↩ (١٢٦) [ص377] C’est al-Ḥusayn ibn Aḥmad Abū ‘Abd Allāh al-Shī‘ī 274, qui prépara le terrain pour ‘Ubayd Allāh al-Mahdī al-Fāṭimī au Maghreb, puis ‘Ubayd Allāh le tua en 298 H. ↩ (١٢٧) [ص377] C’est Muḥammad ibn Ismā‘īl ibn Ja‘far al-Ṣādiq 275, imam chez les Qarāmiṭa. La secte ismaélienne considère qu’il assuma l’imamat après la mort ou la disparition de son père en 138 H. Il mourut vers 198 H. Al-A‘lām 9:258. ↩ (١٢٨) [ص378] Il est dit en marge : Pour qu’il sache qu’il ne participe pas. ↩ (١٢٩) [ص378] Il est dit en marge : Abū al-Ḥusayn Sa‘īd ibn Bahrām al-Janābī 276, chef des Qarāmiṭa. ↩ (١٣٠) [ص379] C’est le chef des Qarāmiṭa. On a divergé sur son nom et son origine. On dit : son nom est Ḥamdān, ou al-Faraj ibn ‘Uthmān, al-Faraj ibn Yaḥyā, et Qarmat 277 est son surnom. Al-Muktafī billāh le tua en 293 H. Al-A‘lām 6:35. Il a été écrit en marge : Le da‘ī 278 des Bāṭiniyya, Ḥamdān ibn al-Ash‘ath, connu sous le nom de Qarmat. ↩ (١٣١) [ص380] C’est al-‘Abbās ibn ‘Umar al-Ghanawī 279, un émir parmi les commandants de l’armée abbasside. Al-Mu‘taḍid le nomma gouverneur d’al-Yamāma et de Bahrayn et lui ordonna de combattre les Qarāmiṭa. Il mourut en 305 H. Al-A‘lām 4:37. ↩ (١٣٢) [ص380] C’est Ibn al-Jarrāḥ, ‘Alī ibn ‘Īsā ibn Dāwūd ibn al-Jarrāḥ Abū al-Ḥasan al-Baghdādī 280, vizir d’al-Muqtadir al-‘Abbāsī et d’al-Qāhir. Il mourut à Bagdad en 334 H. Il a plusieurs livres et épîtres. Al-A‘lām 5:133. ↩ (1) [ص381] C’est Ja‘far ibn al-Mu‘taḍid ibn Abī Aḥmad al-Mutawakkil 281, frère d’al-Muktafī. Il fut tué en 320 H. Quant à al-Muktafī, il mourut en 295 H, tandis que leur père mourut en 289 H. ↩ (2) [ص382] C’est Yūsuf ibn Abī al-Sāj 282. Al-Muqtadir, le calife abbasside, l’envoya en 315 H pour protéger Kūfa contre les Qarāmiṭa. ↩ (3) [ص382] Il est surnommé Mu’nis al-Muẓaffar 283, mais il ne fut pas victorieux dans sa guerre contre Abū Ṭāhir al-Qarmatī. Il était commandant en chef de l’armée d’al-Muqtadir, et al-Muqtadir fut tué par la suite. ↩ (4) [ص382] Yawm Ṭashsh 284 : le jour de pluie fine. Voir al-Lisān, racine ṭashsh. ↩ (5) [ص383] Voir Mu‘jam al-Buldān 4:171. ↩ (6) [ص383] Embarcations fabriquées à partir du bois d’acacia. ↩ (7) [ص385] Ajout de ma part, exigé par le contexte. ↩ (8) [ص386] Il est dit en marge : Lorsque Abū Ṭāhir al-Qarmatī, le maudit bāṭinī, arriva à Bahrayn, il confia le commandement à Dhakīra al-Iṣfahānī le mazdéen. Voir le livre 1:106. ↩ (9) [ص386] La définition de ces noms a déjà été donnée précédemment dans le livre. ↩ (10) [ص386] Ainsi dans l’original. ↩ (11) [ص387] Ibn Rizām, ‘Aṭiyya (al-A‘lām 5:3 et 4:239). ↩ (12) [ص389] Il vise probablement ‘Alī ibn al-Faḍl ibn Aḥmad al-Qarmatī 285, l’un des usurpateurs du Yémen. Il s’empara des montagnes et des Tihāma, puis entra à Zabīd et Ṣan‘ā’, prétendit à la prophétie et rendit licites les choses interdites. Il mourut empoisonné en 303 H. ↩ (13) [ص390] Écrit au-dessus du nom d’une écriture différente : al-‘Abbās. ↩ (14) [ص391] Voir la première partie du livre, p. 107. ↩ (15) [ص393] Al-Rāḍī reçut le serment d’allégeance pour le califat après la destitution d’al-Qāhir le 5 Jumādā al-Ūlā 322 H. Il resta calife jusqu’à sa mort en Rabī‘ al-Awwal 329 H. Voir Tārīkh al-Islām et Muḥāḍarāt fī Tārīkh al-Islām al-Siyāsī. ↩ (16) [ص393] Yaḥkum al-Daylamī 286 : commandant des troupes à l’époque d’al-Rāḍī. ↩ (17) [ص393] al-badharqa 287 : mot persan arabisé, signifiant escorte de protection. On dit : le sultan envoya une badharqa avec la caravane. Al-Lisān, racine badharq. ↩ (18) [ص394] Dans l’original : al-ruwayāt 288, et il est probable que le correct soit ce que nous avons établi. ↩ (19) [ص394] C’est Muḥammad ibn Rā’iq, Abū Bakr 289. Al-Rāḍī le nomma émir des émirs et responsable du kharāj 290 en 324 H. Il se dirigea vers le Shām, combattit les Ikhshīdides, puis retourna à Bagdad où il fut tué sur ordre de Nāṣir al-Dawla al-Ḥamdānī en 330 H. Dā’irat al-Ma‘ārif al-Islāmiyya 1:164. [ص396] (1) Dans l’original : Abū Yūsuf, et il est probable que le correct soit ce que nous avons établi. ↩ (20) [ص397] C’est ‘Alī ibn Ja‘far ibn Fallāḥ al-Kutāmī, Abū al-Ḥasan 291, l’un des grands vizirs des Fāṭimides en Égypte. Il était le superviseur de toutes les affaires de l’État à l’époque d’al-Ḥākim. Il fut tué au Caire en 409 H. ↩ (21) [ص402] Il vise Abū Lu’lu’a al-Fārisī al-Majūsī 292. ↩ (22) [ص404] Al-Anfāl, versets 5 à 17. ↩ (23) [ص405] Al-Anfāl, versets 41 à 44. ↩ (24) [ص406] Al-Anfāl, 17. ↩ (25) [ص406] Al-Anfāl, 17.

(26) [p.408] Écrit en marge de l'original : « Al-Ḥayzūm (الحيزوم) est le nom du cheval du roi. » (27) [p.408] Quant à Abū Tamīm al-Aslamī (أبو تميم الأسلمي), il s'agit de Ḥamza ibn ‘Amr ibn al-Ḥārith al-Aslamī (حمزة بن عمرو بن الحارث الأسلمي), un Compagnon (Ṣaḥābī) qui était très pieux, assista à la conquête de l’Ifrīqiya et mourut en l’an 61 de l’Hégire. Al-A‘lām (الأعلام) : 313. Quant à al-Ḥārith ibn Hishām (الحارث بن هشام), il s’agit d’al-Ḥārith ibn Hishām ibn al-Mughīra al-Makhzūmī al-Qurashī (الحارث بن هشام بن المغيرة المخزومي القرشي), un Compagnon (Ṣaḥābī), noble à l’époque préislamique (Jāhiliyya) et en Islam, il assista à Badr aux côtés des associateurs et embrassa l’Islam le jour de la conquête de La Mecque ; il mourut en l’an 18 de l’Hégire. (28) [p.409] Al-Anfāl (الأنفال) 14. (29) [p.410] Al-Anfāl (الأنفال) 48. (30) [p.410] Āl ‘Imrān (آل عمران) 121. (31) [p.411] Dans l’original : « فلن يتمنونه » (fa-lan yatamannawnahu). (32) [p.411] Al-Baqara (البقرة) 94-95. (33) [p.411] Al-Jumu‘a (الجمعة) 6-7. (34) [p.413] Dans l’original : « يكذبون ويخطئون » (yukadhdhibūna wa-yukhti’ūna). (35) [p.415] Al-Mā’ida (المائدة) 11. (36) [p.416] Al-Mā’ida (المائدة) 51. (37) [p.416] Al-Mā’ida (المائدة) 52. (38) [p.416] Al-Mā’ida (المائدة) 53. (39) [p.416] Dans l’original : « خلاف » (khilāf). (40) [p.417] Al-Mā’ida (المائدة) 54. (41) [p.418] Écrit en marge de l’original : « Dénigrement (tashnī‘) contre les Rāfiḍa (الروافض). » (42) [p.419] Écrit en marge de l’original : « Des vers de ‘Alī ibn Abī Ṭālib (علي بن أبي طالب) – que Dieu l’agrée. » (43) [p.422] Il s’agit de ‘Abd Allāh ibn Qumay’a al-Laythī (عبد الله بن قمئة الليثي) : il blessa la joue du Messager (صلى الله عليه وسلم) à Uḥud, et deux anneaux de la cotte de mailles pénétrèrent dans sa joue. Voir pour ce dialogue la Sīra d’Ibn Hishām (سيرة ابن هشام) 3 : 93-94. (44) [p.422] Ces versets et ceux qui suivent sont de la sourate Āl ‘Imrān (آل عمران) 150-154. (45) [p.422] Dans l’original : « أخلوا بالمراكز » (akhlaw bi-l-marākiz). (46) [p.423] Āl ‘Imrān (آل عمران) 165. (47) [p.424] Mu‘jam al-Buldān (معجم البلدان) 3 : 76. (48) [p.425] Āl ‘Imrān (آل عمران) 173. (49) [p.426] Āl ‘Imrān (آل عمران) 59-62. (50) [p.426] Voir pour le détail de cette Mubāhala (مباهلة) la Sīra d’Ibn Hishām (سيرة ابن هشام) 2 : 573. (51) [p.427] Yūnus (يونس) : 68. [p.427] (1) Dans l’original, elle n’est pas claire ; nous l’avons établie car elle concorde avec le contexte du discours. (52) [p.428] Al-Baqara (البقرة) 163. (53) [p.428] Al-Baqara (البقرة) 163. (54) [p.429] Al-Mā’ida (المائدة) 75. (55) [p.429] Al-Mā’ida (المائدة) 76. (56) [p.429] Al-Mā’ida (المائدة) 77. (57) [p.431] Écrit en marge de l’original : « La Mubāhala (المباهلة) dans la langue. » (58) [p.432] Āl ‘Imrān (آل عمران) 61. (59) [p.433] Dans l’original : « تمني » (tamannī). (60) [p.433] Āl ‘Imrān (آل عمران) 61. (61) [p.433] Al-Anfāl (الأنفال) 36, et dans l’original : « إن الذين » (inna alladhīna). (62) [p.434] Āl ‘Imrān (آل عمران) 111. (63) [p.435] Āl ‘Imrān (آل عمران) 12. (64) [p.436] Āl ‘Imrān (آل عمران) 13. (65) [p.436] Al-Baqara (البقرة) 114. (66) [p.438] Écrit en marge de l’original : « La lettre du Messager de Dieu (صلى الله عليه وسلم) à Kisrā (كسرى). » (67) [p.438] Le Qāḍī (القاضي) a établi Bādham (باذام) avec un mīm (م), bien que dans la plupart des livres de Sīra (سيرة) et d’histoire ce soit Bādhān (باذان). Voir la Sīra d’Ibn Hishām (سيرة ابن هشام) 1 : 69. (68) [p.439] La définition de l’incident du meurtre de Kisrā (كسرى) par Shīrūya (شيرويه) a été mentionnée dans la première partie du livre, p. 28. (69) [p.439] Il s’agit de Ḥāṭib ibn Abī Balta‘a al-Lakhmī (حاطب بن أبي بلتعة اللخمي), un Compagnon (Ṣaḥābī) qui assista à toutes les batailles avec le Messager de Dieu (صلى الله عليه وسلم). Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) l’envoya avec sa lettre au Muqawqis (المقوقس). Il mourut à Médine en l’an 30 de l’Hégire. Al-Iṣāba (الإصابة) 1 : 300. (70) [p.440] Cela eut lieu en l’an 8 de l’Hégire. Le Messager (صلى الله عليه وسلم) l’envoya avec une lettre au roi de Buṣrā (بصرى). Lorsqu’il descendit à Mu’ta (مؤتة), Shuraḥbīl ibn ‘Amr al-Ghassānī (شرحبيل بن عمر الغساني) se présenta à lui et le tua. À la suite de son meurtre eut lieu l’expédition de Mu’ta (غزوة مؤتة). Al-Iṣāba (الإصابة) 1 : 286. (71) [p.442] Al-A‘rāf (الأعراف) 157. (72) [p.443] Dans l’original : « يظهرون » (yuẓhirūna). (73) [p.445] Dans l’original : « قانشوه » (qānishūh). (74) [p.446] Al-Nūr (النور) 55. (75) [p.446] Al-Nūr (النور) 55. (1) [p.451] Al-Baqara (البقرة) 213-214. (2) [p.451] Ainsi dans l’original ; peut-être le correct est-il « بمثلها » (bi-mithlihā). (3) [p.451] Al-Anfāl (الأنفال) 49. (4) [p.451] Al-Aḥzāb (الأحزاب) 13. (5) [p.452] Al-Aḥzāb (الأحزاب) 14-15. (6) [p.452] Al-Aḥzāb (الأحزاب) 20. [p.452] (3) Al-Aḥzāb (الأحزاب) 20. (7) [p.453] Al-Aḥzāb (الأحزاب) 23. (8) [p.453] P. 10. (9) [p.453] Al-Baqara (البقرة) 214. (10) [p.454] Al-Aḥzāb (الأحزاب) 23. (11) [p.454] Al-Aḥzāb (الأحزاب) 25. (12) [p.455] Dans la Sīra d’Ibn Hishām (سيرة ابن هشام), le Prophète (صلى الله عليه وسلم), lorsqu’il s’approcha des forteresses des Banū Qurayẓa (بني قريظة), dit : « Ô frères des singes ! Dieu vous a-t-il humiliés et a-t-il fait descendre sur vous Son châtiment ? » Ils dirent : « Ô Abā al-Qāsim, tu n’as pas été ignorant. » Sīra d’Ibn Hishām (سيرة ابن هشام) 2 : 234. (13) [p.455] Al-Anfāl (الأنفال) 27. (14) [p.456] Al-Tawba (التوبة) 120. (15) [p.456] Al-Fatḥ (الفتح) 11. (16) [p.457] Al-Isrā’ (الإسراء) 51. (17) [p.457] Al-Fatḥ (الفتح) 15. (18) [p.458] Écrit en marge de l’original : « La raison de la parole du Prophète (صلى الله عليه وسلم) : “Parmi les poètes, il y a des sages.” » (19) [p.458] Dans l’original : « خالقي » (khāliqī). (20) [p.458] Al-Ḥujurāt (الحجرات) 17. (21) [p.459] Al-Tawba (التوبة) 60. (22) [p.460] Elle est aussi appelée l’expédition des Banū al-Muṣṭaliq (غزوة بني المصطلق). Dans la Sīra d’Ibn Hishām (سيرة ابن هشام), il est précisé que celui qui appela en premier fut l’Anṣārī (الأنصاري) lorsqu’il dit : « Ô assemblée des Anṣār (يا معشر الأنصار) ! » Et l’Anṣārī (الأنصاري) était Sinān ibn Wabar al-Juhanī (سنان بن وبر الجهني). Voir pour le détail de l’incident la Sīra d’Ibn Hishām (سيرة ابن هشام) 2 : 290. (23) [p.460] Il parle des Anṣār (الأنصار) en disant : « Il leur incombe (ينبغي لهم). » (24) [p.461] Dans la Sīra d’Ibn Hishām (سيرة ابن هشام) : ‘Abbād ibn Bishr al-Anṣārī (عباد بن بشر الأنصاري). (25) [p.462] Al-Jadd ibn Qays (الجد بن قيس) fut le seul à s’abstenir du serment d’allégeance (بيعة الرضوان) au Messager de Dieu (صلى الله عليه وسلم). Puis il s’abstint de l’expédition de Tabūk (غزوة تبوك) et le verset fut révélé à son sujet : « Et parmi eux, il en est qui disent : “Autorise-moi et ne me mets pas à l’épreuve.” » Sīra d’Ibn Hishām (سيرة ابن هشام) 2 : 316, 516. (26) [p.463] Dans l’original : « وحيد فريد » (waḥīd farīd). (27) [p.463] Al-Zumar (الزمر) 24. (28) [p.463] Al-Furqān (الفرقان) 44. (29) [p.464] Al-Anfāl (الأنفال) 6. (30) [p.464] Al-Anfāl (الأنفال) 26. (31) [p.464] Āl ‘Imrān (آل عمران) 152. (32) [p.465] Āl ‘Imrān (آل عمران) 154. (33) [p.465] Al-Fatḥ (الفتح) 18. (34) [p.465] Ainsi dans l’original ; nous pensons qu’elle est superflue. (35) [p.466] Al-Ḥashr (الحشر) 8. (36) [p.466] Al-Ḥashr (الحشر) 9. (37) [p.467] Al-Nūr (النور) 23. (38) [p.467] Al-Nūr (النور) 11. [p.467] (2) Al-Nūr (النور) 11. (39) [p.470] Al-Tawba (التوبة) 42. (40) [p.470] Al-Tawba (التوبة) 43-44. (41) [p.470] Al-Tawba (التوبة) 46. (42) [p.470] Al-Tawba (التوبة) 48. (43) [p.471] Les versets précédents sont de la sourate Al-Tawba (التوبة) 38 et suivants. (44) [p.472] Al-Tawba (التوبة) 74. (45) [p.472] Dans l’original : « قوم » (qawm). (46) [p.473] Al-Tawba (التوبة) 75. (47) [p.473] Al-Tawba (التوبة) 79. (48) [p.473] Al-Baqara (البقرة) 194, et dans l’original : « ومن اعتدى » (wa-man i‘tadā). (49) [p.473] Al-Shūrā (الشورى) 40. (50) [p.474] Il est mentionné en marge de l’original : « Al-Mu‘adhdhir (المعذر) avec tashdīd (تشديد) : le négligent. Al-Mu‘adhdhir (المعذر) avec takhfīf (تخفيف). » (51) [p.474] Al-Tawba (التوبة) 96. (52) [p.474] Il est mentionné en marge de l’original : « Le Messager de Dieu (صلى الله عليه وسلم) a dit : “Aucun de vous ne croira jusqu’à ce qu’il soit satisfait du décret de Dieu (قدر الله).” » (53) [p.476] Il est mentionné en marge de l’original : « La parole du Très-Haut : “Ne voient-ils pas qu’ils sont éprouvés (يفتنون) chaque année une ou deux fois ?” est une indication que la fitna (الفتنة) a le sens de la grâce (النعمة). » (54) [p.476] Al-Tawba (التوبة) 126. (55) [p.476] Il est mentionné en marge de l’original : « La parole du Très-Haut : “Et (Il a pardonné) aux trois qui avaient été laissés en arrière (وعلى الثلاثة الذين خلفوا)” a été révélée au sujet de Ka‘b ibn Mālik (كعب بن مالك), Hilāl ibn Umayya (هلال بن أمية) et Murāra ibn Rabī‘a (مرارة بن ربيعة). » (56) [p.476] Dans l’original : « وكان كان » (wa-kāna kāna). (57) [p.476] Ainsi dans l’original ; peut-être s’agit-il de « ضائقة » (ḍā’iqa). (58) [p.478] Pour le détail de l’incident des trois qui furent laissés en arrière, dont Ka‘b (كعب) – que Dieu l’agrée –, voir la Sīra d’Ibn Hishām (سيرة ابن هشام) 4 : 531-537. (59) [p.479] Pluriel de ḥujja (حجة). (60) [p.480] Al-An‘ām (الأنعام) 52. (61) [p.480] Al-An‘ām (الأنعام) 53-54. (62) [p.480] Al-Kahf (الكهف) 28. (63) [p.483] Al-Aḥzāb (الأحزاب) 37. (64) [p.484] Al-Anfāl (الأنفال) 12. (65) [p.484] Al-Ḥakam ibn Abī al-‘Āṣ (الحكم بن أبي العاص) faisait partie d’un groupe qui nuisait au Messager de Dieu (صلى الله عليه وسلم) : Abū Lahab (أبو لهب), ‘Uqba ibn Abī Mu‘ayṭ (عقبة ابن أبي معيط), ‘Adī ibn Ḥamrā’ al-Thaqafī (عدي بن حمراء الثقفي), Ibn al-Aṣdā’ al-Hudhalī (ابن الأصداء الهذلي) et al-Ḥakam (الحكم). Ils étaient voisins du Messager (صلى الله عليه وسلم) et seul al-Ḥakam (الحكم) n’embrassa pas l’Islam parmi eux. Sīra d’Ibn Hishām (سيرة ابن هشام) 1 : 416. (66) [p.485] Fuṣṣilat (فصلت) 13. (67) [p.486] Arāshī (أراشي) : relatif à une tribu arabe. (68) [p.490] Al-Ḥashr (الحشر) 11-12. [p.491] (1) Voir pour le détail de cet incident la Sīra d’Ibn Hishām (سيرة ابن هشام) 2 : 587, et pour l’incident de Murabba‘ ibn Qayẓī (مربع بن قيظى) le même ouvrage 2 : 523. (69) [p.492] Al-Mu’minūn (المؤمنون) 115. (70) [p.492] Al-Anbiyā’ (الأنبياء) 18. (71) [p.495] Dans l’original : « يحبذو » (yuḥabbidhū). (72) [p.496] Il s’agit d’al-Zubayr ibn Bāṭā ibn Wahb (الزبير بن باطا بن وهب), un Juif ennemi de l’Islam. Voir la Sīra d’Ibn Hishām (سيرة ابن هشام) 2 : 515. (73) [p.496] Il est mentionné dans Lisān al-‘Arab (لسان العرب), à la racine W-K-F (وكف) : « Tawakkafa al-athar (توكف الأثر) : le suivre. Al-Tawakkuf (التوكف) : l’attente et l’expectative. Dans le hadith d’Ibn ‘Umayr (ابن عمير) : “Les habitants des tombes attendent les nouvelles (يتوكفون الأخبار), c’est-à-dire ils les attendent et s’informent à leur sujet.” On dit : “Il attend la nouvelle (يتوكف الخبر), c’est-à-dire il l’attend.” » (74) [p.500] Ṭā Hā (طه) 71. (75) [p.500] Ṭā Hā (طه) 71-72. (76) [p.501] Fāṭir (فاطر) 10. (77) [p.501] Dans l’original : « مجالس » (majālis) ; peut-être le correct est-il ce que nous avons établi. (78) [p.502] Il y a probablement ici une lacune dont l’estimation est : « موضع » (mawḍi‘), la phrase serait alors : « موضع تربيته » (mawḍi‘ tarbiyatihi). (79) [p.502] Dans l’original : « لحين » (li-ḥayn). (80) [p.503] Al-An‘ām (الأنعام) 151. (81) [p.503] Al-Naḥl (النحل) 90. (82) [p.505] Ḍawā (ضوى) : se réfugier. (83) [p.506] Akād (أكاد), du verbe kāda (كاد) ; sur cette base, « قوم » (qawm) est à l’accusatif car c’est le complément d’objet. (84) [p.506] Zabarahu (زبره) : le réprimander et lui parler durement. Lisān al-‘Arab (اللسان), racine Z-B-R (زبر). (1) [p.514] Āl ‘Imrān (آل عمران) 64. (2) [p.514] Peut-être s’agit-il de « إلا كلمة » (illā kalima) car le contexte du discours l’exige. (3) [p.516] Al-Daskara (الدسكرة) : une construction semblable à un palais contenant des demeures et des maisons pour les serviteurs et la domesticité, appartenant aux rois. Lisān al-‘Arab (اللسان) : racine D-S-K-R (دسكر). (4) [p.516] C’est-à-dire : « Alors ils furent enfermés sur eux. » (5) [p.516] Ce mot est un ajout de ma part à l’original, exigé par le contexte du discours. (6) [p.518] Il désigne le Messager (صلى الله عليه وسلم). (7) [p.518] Al-Isrā’ (الإسراء) 66. (8) [p.519] Dhū al-Majāz (ذو المجاز) : un lieu de marché à ‘Arafa (عرفة). (9) [p.521] Il désigne Abū ‘Alī ‘Abd al-Wahhāb al-Jubbā’ī (أبو علي عبد الوهاب الجبائي) le Mu‘tazilite (المعتزلي) connu. (10) [p.521] Dans l’original : « وبنبوة » (wa-bi-nubuwwa) ; peut-être le correct est-il ce que nous avons établi. (11) [p.522] Hūd (هود) 49. (12) [p.523] Al-Shu‘arā’ (الشعراء) 247. (13) [p.523] Falaqa al-khubza (فلق الخبزة) : la casser ou la fendre en deux. (14) [p.525] Voir la Sīra d’Ibn Hishām (سيرة ابن هشام) 224 et 324. (15) [p.526] Sīra d’Ibn Hishām (سيرة ابن هشام) 4 : 492. [p.532] (1) Écrit en marge de la page : « D’une parole de ‘Alī ibn Abī Ṭālib (علي بن أبي طالب) – que Dieu l’agrée. » (16) [p.534] Al-A‘rāf (الأعراف) 188. (17) [p.534] Al-Baqara (البقرة) 204. (18) [p.534] Al-Munāfiqūn (المنافقون) 4. (19) [p.536] Dans l’original : « كان » (kāna) ; peut-être le correct est-il ce que nous avons établi. (20) [p.537] Yā Sīn (ياسين) 69. (21) [p.537] Al-Baqara (البقرة) 195. (22) [p.537] Al-Nisā’ (النساء) 29. (23) [p.537] Al-Nisā’ (النساء) 71. (24) [p.537] Saba’ (سبأ) 14. (25) [p.538] Āl ‘Imrān (آل عمران) 168. (26) [p.539] Il y a probablement ici une lacune dont l’estimation est : « فقالوا بل العلم بما قد كان » (fa-qālū bal al-‘ilmu bi-mā qad kāna). (27) [p.540] Al-Rabadha (الربذة) : un village de Médine, à une distance de trois miles sur la route de La Mecque. Mu‘jam al-Buldān (معجم البلدان). (28) [p.541] Dans l’original : « أرسلني » (arsalanī). (29) [p.544] Dans l’original : « يظهرون » (yuẓhirūna). (30) [p.544] Al-Ṭāmūr (الطامور) et al-Ṭūmār (الطومار) : c’est le rouleau (الصحيفة), c’est un mot d’origine persane. Lisān al-‘Arab (لسان العرب) : racine T-M-R (طمر). (31) [p.545] Écrit en marge de la page : « Le premier à avoir lancé dans le camp de ‘Alī ibn Abī Ṭālib (علي بن أبي طالب) qu’il était le dieu des mondes fut ‘Abd Allāh ibn Saba’ (عبد الله بن سبأ), connu sous le nom d’Ibn al-Sawdā’ (ابن السوداء) le Juif. » (32) [p.548] Dans l’original : « أبي بكر » (Abī Bakr). (33) [p.549] Il désigne par Abū al-Qāsim (أبو القاسم) : ‘Abd Allāh ibn Aḥmad ibn Maḥmūd al-Ka‘bī al-Balkhī (عبد الله بن أحمد بن محمود الكعبي البلخي), l’un des grands Mu‘tazilites (المعتزلة), ayant des opinions et des doctrines qui lui sont propres. Le Qāḍī al-Quḍāt (قاضي القضاة) ‘Abd al-Jabbār (عبد الجبار) a beaucoup rapporté de lui dans son livre Ṭabaqāt al-Mu‘tazila (طبقات المعتزلة).

(34) [p.550] Les croyants 44 (35) [p.550] Les croyants 51 (36) [p.553] Écrit en marge de l'original : Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit à Fâtima, à Safiyya et à al-‘Abbâs (qu'Allah les agrée). (37) [p.554] Le repentir 60 (38) [p.554] Les femmes 11 (39) [p.555] « Qamma l-bayta » (قم البيت) : le balayer avec la langue, racine : q-m-m (قمم). (40) [p.562] Il est venu en marge : « Lorsqu'Abû Bakr (qu'Allah l'agrée) devint calife, il se rendit au marché avec des vêtements sur l'épaule, vendant et achetant. Les compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) se réunirent alors... » (41) [p.562] Ajout de ma part à l'original, exigé par le contexte. (42) [p.563] Dans l'original : Abû ‘Ubayda. (43) [p.564] Ibn Killis : il s'agit de Ya‘qûb ibn Killis, qui fut l'un des vizirs des Ikhshidides, puis s'enfuit auprès des Fatimides et fut l'une des causes principales de leur entrée en Égypte. Quant à Ibn Baqiyya, il s'agit d'Abû Tâhir Muhammad ibn Baqiyya, qui fut vizir à Bagdad en l'an 362 de l'Hégire. (44) [p.564] Tâ-Hâ 30 (45) [p.565] L'exode 8 (46) [p.565] L'exode 9 [p.566] (1) Il est venu en marge de l'original : « Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : "Que se tiennent près de moi, parmi vous, ceux qui sont doués de raison et de discernement." » (47) [p.567] Dans l'original : « mun‘imûhu » (منعموه). (48) [p.571] Dans l'original : « ‘alâ » (على). (49) [p.572] Dans l'original : « qâla » (قال). (50) [p.572] « Mâsa l-inâ'a » (ماص الإناء) : le laver. Dans le hadith de ‘Â'isha (qu'Allah l'agrée) au sujet de ‘Uthmân (qu'Allah l'agrée) : « Vous l'avez pressé comme on presse un vêtement, puis vous vous êtes retournés contre lui et l'avez tué. » (Lisân al-‘Arab, racine m-w-ṣ). (1) [p.573] Les femmes 114 (2) [p.573] « Fî ja‘lihâ » (في جعلها), dans l'original. (3) [p.575] Al-Ahqâf 17 (4) [p.577] Dans l'original : « ‘Alî » (علي). (5) [p.577] Ainsi dans l'original, et nous pensons qu'elle est redondante. (6) [p.578] Écrit dans l'original : « hâshiya » (حاشية). (7) [p.579] Il y a probablement ici une lacune après le mot « Amîr al-Mu'minîn » (امير المؤمنين), dont la restitution serait : « agis-tu ? » (هل تعمل), afin que le sens soit correct. (8) [p.582] Dans l'original : « Et il est le plus riche des Banû Marwân » (وهو أغنى بني مروان). (9) [p.587] Ajout de ma part à l'original, exigé par le contexte. (10) [p.589] Le mot « Sufyân » (سفيان) n'est pas clair dans l'original. (11) [p.590] Le propos entre parenthèses n'est pas cohérent s'il est lié à ce qui précède et à ce qui suit. C'est pourquoi je l'ai mis entre parenthèses, considérant que le discours se poursuit entre le mot « nous voyageâmes » (سرنا) et le mot « je dis » (قلت). (12) [p.594] Il désigne le conflit qui éclata sous le califat d'Abû Ja‘far al-Mansûr entre lui et ‘Abd Allâh ibn ‘Alî, prétendant au califat. (13) [p.594] Il est venu en marge de l'original : « Mention des grands imams shiites à l'époque de l'auteur du livre. » (14) [p.595] Il est venu en marge de l'original : « Et que sont leurs invocations dans le shiisme, l'amour du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et de sa Famille, et que disent-ils ? » (15) [p.596] Dans l'original : « harâm » (حرام). Nous avons ajouté le wâw (و) devant lui car le contexte l'exige. (16) [p.596] Le pèlerinage 41 (17) [p.596] Après le mot « alladhî » (الذي), l'original comporte « huwa » (هو) ; nous l'avons supprimé car il est redondant. (18) [p.597] Il est venu en marge de l'original : « Début de l'apparition des Fatimides au Maghreb sous le prétexte du shiisme. » (19) [p.597] Dans l'original : « ils prétendent » (يزعمون). (20) [p.597] Sijilmâsa : une ville au sud du Maghreb, à la frontière du Soudan. (21) [p.597] Dans l'original : « elle s'appelle » (تسمى). (22) [p.597] Il semble qu'il y ait ici une lacune dans l'expression. (23) [p.601] Dans l'original : « il était » (كان). (24) [p.603] Ajout de ma part, exigé par le discours. (25) [p.605] Dans l'original : « il l'exécuta » (أنفذه). (26) [p.607] Dans l'original : « mâ » (ما). (27) [p.609] Voir la première partie du livre, page 107. (28) [p.610] Il y a ici une lacune dans l'expression. Il s'agit probablement d'un propos omis par le copiste. Comme cette copie, sur laquelle nous travaillons, est la seule connue jusqu'à présent, il n'y a pas moyen de connaître le texte de cette lacune. Mais on peut estimer qu'al-Zanjânî a argumenté que le Messager avait été accusé par le biais d'un poème dit à son sujet, et le juge répond à cette argumentation. [p.610] (1) Dans l'original : « li-hâdhâ » (لهذا). (29) [p.612] Il est venu en marge de l'original : « Le chef des Qarmates a dit : "Trois choses ont corrompu les affaires des gens..." » (30) [p.613] Al-A‘râf 187 (31) [p.614] Luqmân 34 (32) [p.614] Il est venu en marge de l'original : « Interprétation de sa parole (que la paix soit sur lui) : "Une maison où il n'y a pas de dattes, ses habitants ont faim." » (33) [p.615] Il est venu en marge de l'original : « Interprétation de sa parole (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : "La guérison est dans une cuillerée de miel, une saignée, ou un verset du Livre d'Allah", et de sa parole : "La truffe est de la manne, et son eau est un remède pour l'œil." » (34) [p.616] Deux fruits utilisés dans les drogues. (35) [p.617] Qâ'in : une ville entre Nishâpûr et Ispahan. Harât : l'une des villes mères du Khurâsân. (Mu‘jam al-Buldân) (36) [p.618] Répété dans l'original. (37) [p.619] Dans l'original : « Et c'est le maître de ce [fils] d'Ibn Baks » (وهو أستاذ هذا ابن بكس). (38) [p.621] Il est venu en marge de l'original, d'après le hadith d'Ibn Mas‘ûd, et rapporté comme marfû‘ d'après un hadith de lui. (39) [p.621] Il est venu en marge de l'original, en commentaire de ceci : « Ceci est une parole du médecin al-Hârith ibn Kalada. Celui qui l'élève jusqu'au Messager d'Allah a commis une erreur. » (40) [p.626] Dans l'original : « sharr » (شر). (41) [p.627] Il s'agit du cheikh du juge suprême ‘Abd al-Jabbâr al-Hamadhânî, mort aux alentours de l'an 367. (42) [p.628] Abû Hâshim est ‘Abd al-Salâm al-Jubbâ'î, le célèbre mu‘tazilite. Ses disciples sont connus sous le nom de Bahshamiyya. Le juge suprême a été fortement influencé par lui, au point d'être considéré comme le représentant de son école dans de nombreuses questions. (43) [p.629] Ainsi dans l'original, et elle est redondante. (44) [p.629] Il s'agit d'Abû Yûsuf Ya‘qûb ibn Ishâq al-Kindî, l'un des premiers à avoir écrit sur la philosophie et la médecine chez les Arabes. (45) [p.630] Peut-être : al-Nâtilayn (الناطلين). Voir Mu‘jam al-Buldân, partie 5. (46) [p.630] Voir Mu‘jam al-Buldân, partie 1. (47) [p.631] Mot effacé dans l'original. (48) [p.631] Dans l'original : « tout » (كله). Ce que nous avons établi est probablement plus correct. (49) [p.632] Dans l'original : « découvert » (مكشوف). (50) [p.632] Ainsi dans l'original. (51) [p.633] Dans l'original : « lépreux » (مجذوم). (52) [p.633] Dans l'original : « compagnon » (صاحب). (53) [p.633] Ajout de ma part à l'original, exigé par la justesse de l'expression. (54) [p.637] Il désigne Abû ‘Uthmân al-Jâhiz. (1) [p.642] Il est venu en marge du livre : « Interprétation de sa parole (que la paix soit sur lui) : "Jeûnez, vous serez en bonne santé." » (2) [p.642] Il est venu en marge : « Interprétation de sa parole (que la paix soit sur lui) : "Voyagez, vous gagnerez [un butin]." » (3) [p.642] La vache 195 (4) [p.642] Les femmes 102 (5) [p.643] Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (6) [p.643] En marge de l'original : « Il (que la paix soit sur lui) a dit : "Méfiez-vous de l'affectation. Et lorsque l'un de vous reçoit un visiteur, qu'il ne s'impose pas pour lui ce qu'il n'a pas." » [p.643] (1) Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (7) [p.644] Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (8) [p.644] Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (9) [p.645] Al-A‘râf 195 (10) [p.645] Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (11) [p.645] Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (12) [p.645] Ainsi dans l'original, et le plus correct est probablement : « al-dâ' » (الداء) [la maladie]. (13) [p.646] Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (14) [p.646] Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (15) [p.647] Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (16) [p.647] Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (17) [p.647] Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (18) [p.648] Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (19) [p.648] Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (20) [p.649] et 2 et 3 : Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (21) [p.650] Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (22) [p.650] Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (23) [p.651] et 2 et 3 : Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (24) [p.652] et 2 : Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (25) [p.653] et 2 et 3 : Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (26) [p.654] et 2 : Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (27) [p.655] et 2 et 3 et 4 : Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (28) [p.655] Dans l'original : « ils prennent » (يأخذوا). (29) [p.656] et 2 et 3 : Blanc dans l'original d'environ une demi-ligne. (30) [p.657] et 2 et 3 et 4 et 5 : Lacune dans l'original d'environ une demi-ligne. (31) [p.658] et 2 et 3 et 4 et 5 et 6 et 7 : Lacune dans l'original d'environ les trois quarts d'une ligne. (32) [p.659] et 2 : Lacune dans l'original d'environ une demi-ligne. (33) [p.660] et 2 et 3 et 4 et 5 et 6 : Blanc dans l'original d'environ les trois quarts d'une ligne. (34) [p.661] et 2 et 3 et 4 et 5 et 6 et 7 et 8 : Lacune dans l'original d'environ les trois quarts d'une ligne. (35) [p.662] Mort en l'an 684 de l'Hégire. Shudhûr al-Dhahab 5 : 388


  1. Sharh al-Usul al-Khamsa : Commentaire des Cinq Fondements, ouvrage de théologie mu'tazilite.
  2. At-Tathbit : Ouvrage du juge Abd al-Jabbar, probablement « At-Tathbit fi al-Imama ».
  3. Kadhab al-Muftari : Ouvrage d'Ibn Asakir réfutant les accusations contre les Ash'arites.
  4. Jalb : Terme arabe signifiant menace, promesse de mal.
  5. fa-in : Expression arabe signifiant « car si ».
  6. Al-Jabriyya : Secte prédestinatienne affirmant que Dieu est l'unique agent des actes humains.
  7. Istalama : Verbe arabe signifiant déraciner, extirper.
  8. Sabéens : Groupe religieux adorateur des astres, mentionné dans le Coran.
  9. Mazdéisme dualiste : Religion perse ancienne fondée sur le dualisme entre le bien et le mal.
  10. An-Nawbakhti : Théologien chiite du 9e siècle, auteur d'ouvrages sur les sectes.
  11. Ash-Shahrastani : Théologien et historien des religions musulman du 12e siècle.
  12. Ibn Hazm : Théologien et juriste andalou du 11e siècle, auteur d'ouvrages sur les religions comparées.
  13. Al-Mughni : Grande encyclopédie théologique mu'tazilite du juge Abd al-Jabbar.
  14. tabi'ahu : Expression arabe signifiant « il l'a suivi ».
  15. Batinites : Secte chiite ésotérique, souvent désignée comme Ismaélienne.
  16. Prédication abbasside : Mouvement politique et religieux qui a porté la dynastie abbasside au pouvoir.
  17. Al-Kur' : Partie de la jambe de l'animal située sous le jarret.
  18. At-Tabari : Célèbre historien et exégète musulman du 9e-10e siècle.
  19. Hujr ibn Adi : Compagnon du Prophète, exécuté par Mu'awiya pour son soutien à Ali.
  20. Busr ibn Abi Artat : Général omeyyade, connu pour sa cruauté.
  21. Al-Harra : Plaine volcanique près de Médine, site d'une bataille en 683.
  22. Muslim ibn Uqba : Général omeyyade, commandant de l'armée à la bataille de la Harra.
  23. Catapulte : Machine de guerre utilisée pour lancer des projectiles.
  24. Al-Hajjaj : Gouverneur omeyyade d'Irak, connu pour sa sévérité.
  25. Abd Allah ibn az-Zubayr : Compagnon et calife rival des Omeyyades, tué en 692.
  26. Abou al-Fida : Historien et géographe syrien du 13e-14e siècle.
  27. Abd ar-Rahman ibn al-Ash'ath : Général et rebelle contre les Omeyyades au 8e siècle.
  28. Wasil ibn Ata : Fondateur de l'école théologique mu'tazilite.
  29. Yusuf ibn Umar ath-Thaqafi : Gouverneur omeyyade d'Irak.
  30. Al-Hakam ibn as-Salt : Gouverneur de Koufa sous les Omeyyades.
  31. Al-Walid ibn Yazid : Calife omeyyade, connu pour sa débauche.
  32. Yazid ibn al-Walid ibn Abd al-Malik : Calife omeyyade, surnommé Yazid III.
  33. Abou Lahab : Oncle du Prophète, ennemi de l'islam, mentionné dans le Coran.
  34. Abyssinie : Royaume chrétien d'Afrique de l'Est, actuelle Éthiopie.
  35. Az-Zubayr ibn al-Awwam : Compagnon du Prophète, cousin et gendre de celui-ci.
  36. Khalid ibn Sa'id ibn Abi Uhayha (al-As) : Compagnon du Prophète, émigré en Abyssinie.
  37. Bint Umays : Femme de Ja'far ibn Abi Talib, puis d'Abou Bakr et d'Ali.
  38. Ja'far : Ja'far ibn Abi Talib, cousin du Prophète et compagnon.
  39. Asma : Fille d'Abou Bakr, épouse de Khalid ibn Sa'id.
  40. Ammar ibn Yasir : Compagnon du Prophète, connu pour sa piété.
  41. Abou Hudhayfa ibn Utba ibn Rabi'a ibn Abd Shams : Compagnon du Prophète, émigré en Abyssinie.
  42. Sahla bint Suhayl ibn Amr : Femme d'Abou Hudhayfa, émigrée en Abyssinie.
  43. Négus : Titre du roi d'Abyssinie, ici Ashama ibn Abjar.
  44. Serment d'allégeance d'al-Aqaba : Pacte entre le Prophète et les Médinois avant l'hégire.
  45. Ansar : Les Médinois convertis à l'islam, « auxiliaires » du Prophète.
  46. Abd al-Qays : Tribu arabe du nord-est de l'Arabie.
  47. Kharja ibn Hisn : Chef de la tribu de Fazara, venu en délégation auprès du Prophète.
  48. Al-Julanda : Dynastie régnante d'Oman à l'époque du Prophète.
  49. Amr ibn al-As : Compagnon du Prophète, conquérant de l'Égypte.
  50. Kharijites : Secte islamique dissidente, opposée à Ali et aux Omeyyades.
  51. Murji'ites : Secte islamique prônant le report du jugement sur les pécheurs.
  52. Jabrites : Secte prédestinatienne niant le libre arbitre humain.
  53. Rafidites : Terme péjoratif désignant les chiites imamites.
  54. Zaydites : Secte chiite proche du sunnisme, fondée par Zayd ibn Ali.
  55. Kashafahu bi al-adawa : Expression arabe signifiant « il l'a affronté avec hostilité ».
  56. bihi : Particule arabe signifiant « par lui ».
  57. Hérode : Roi de Judée, connu pour le massacre des Innocents.
  58. Kisrā Abarwīz : Khosro Parviz, roi sassanide (r. 590-628), contemporain du Prophète Muhammad.
  59. Dhakirawayh : Chef qarmate, également connu sous le nom de Dhakrawaih, actif en Irak au IXe siècle.
  60. al-Qāmūs al-Muḥīṭ : Dictionnaire arabe classique de al-Fīrūzābādī.
  61. min : Préposition arabe signifiant 'de'.
  62. Ibn Kathīr : Célèbre exégète et historien musulman (m. 774 H).
  63. Abū Hāshim al-Jubbā'ī : Théologien mu'tazilite (247-321 H), fondateur de l'école bahshamiyya.
  64. Zuhayr ibn Abī Sulmā : Poète arabe préislamique (m. 609).
  65. Abān ibn 'Abd al-Ḥamīd ibn Lāḥiq : Poète et traducteur arabe (m. 200 H), connu pour avoir versifié Kalīla wa Dimna.
  66. Shu'ūbī : Mouvement intellectuel prônant l'égalité des non-Arabes avec les Arabes en islam.
  67. Mu'jam al-Udabā' : Dictionnaire biographique des écrivains par Yāqūt al-Ḥamawī.
  68. al-Mufīd : Théologien chiite duodécimain (m. 413 H).
  69. annahum : Pronom arabe signifiant 'qu'eux'.
  70. Ibn Zakariyyā al-Nawbakhtī : Astrologue et philosophe chiite (m. 310 H).
  71. Ibn Farrukhān Shāh al-Naṣrānī : Astrologue persan chrétien (m. 367 H).
  72. Ghulām Zaḥal : Astrologue et mathématicien (m. 376 H).
  73. Mīshā ibn Abrī : Astrologue juif célèbre (VIIIe-IXe siècle).
  74. Dhū al-Riyāsatayn : Surnom d'al-Faḍl ibn Sahl, vizir d'al-Ma'mūn, signifiant 'homme aux deux directions'.
  75. al-Qifṭī : Historien des sciences (m. 646 H), auteur de Tārīkh al-Ḥukamā'.
  76. Ḥunayn ibn Isḥāq : Médecin et traducteur chrétien nestorien (m. 260 H).
  77. Ibrāhīm Qūwayrī : Logicien chrétien (IXe siècle).
  78. Abū Bishr Mattā ibn Yūnus : Logicien et traducteur chrétien (m. 328 H).
  79. Yaḥyā ibn 'Adī : Philosophe et logicien chrétien jacobite (m. 364 H).
  80. Yūḥannā ibn Māsawayh : Médecin et traducteur chrétien (m. 243 H).
  81. al-Āthār al-'Ulwiyya : Traité d'Aristote sur les phénomènes célestes.
  82. Abū al-Rabī' Muḥammad ibn al-Layth : Écrivain et théologien (IXe siècle).
  83. Abū Muslim al-Iṣfahānī : Théologien mu'tazilite et écrivain (m. 322 H).
  84. Aḥmad ibn Ṭayfūr : Historien et écrivain (m. 280 H).
  85. Ibn Kathīr : Exégète et historien (m. 774 H), auteur de Tafsīr al-Qur'ān al-'Aẓīm.
  86. Abū 'Alī al-Jubbā'ī : Théologien mu'tazilite (m. 303 H).
  87. al-qadd : Coupure ou fente, aussi peau d'abeille.
  88. al-'ulhir : Sang mêlé à du poil.
  89. Sourate al-Dukhān : Sourate 44 du Coran.
  90. al-Dukhān : La fumée, aussi la sécheresse.
  91. Sourate al-Dukhān : Sourate 44 du Coran.
  92. Aslam ibn Mas'ūd : Compagnon du Prophète (m. 32 H).
  93. Sourate Ṣād : Sourate 38 du Coran, verset 86.
  94. Sourate Ṣād : Sourate 38, verset 6.
  95. Sourate Ṣād : Sourate 38, verset 11.
  96. Sourate al-Zukhruf : Sourate 43, verset 43.
  97. Sourate al-Qamar : Sourate 54, verset 43.
  98. Sourate al-Ḍuḥā : Sourate 93, verset 6.
  99. Sourate al-Isrā' : Sourate 17, verset 88.
  100. al-Miṣbāḥ : Ouvrage non identifié du Qāḍī 'Abd al-Jabbār.
  101. Sourate al-Furqān : Sourate 25, verset 5.
  102. Sourate al-Furqān : Sourate 25, verset 4.
  103. Sourate Hūd : Sourate 11, verset 49 et suivants.
  104. Sourate Yūsuf : Sourate 12, verset 102.
  105. Sourate Yūsuf : Sourate 12, versets 104 et suivants.
  106. Sourate al-'Ankabūt : Sourate 29, verset 48.
  107. Sourate Yūsuf : Sourate 12, verset 3.
  108. Sourate Yūsuf : Sourate 12, verset 111.
  109. Sourate al-Qaṣaṣ : Sourate 28, versets 44-46.
  110. Sourate Ṭā Hā : Sourate 20, verset 133.
  111. ṭawā'if : Sectes ou groupes religieux.
  112. alima : Verbe arabe signifiant 'avoir mal'.
  113. Qusṭanṭīn al-Kabīr : Constantin le Grand, empereur romain (272-337).
  114. Majma' Nīqiyya : Concile de Nicée (325).
  115. al-Sulayḥ : Recueil d'épîtres attribué à Paul.
  116. bi-khaṭṭ mukhālif : Écriture différente.
  117. bi-khaṭṭ mukhālif : Écriture différente.
  118. aqnīmayn : Duel d'uqnum, hypostase.
  119. Āriyūs : Arius, prêtre alexandrin (256-336).
  120. Būluṣ : Paul, apôtre du christianisme.
  121. Yasū' : Jésus.
  122. Ya'qūb : Jacques, apôtre (m. 44).
  123. Yuḥannā : Jean, apôtre (m. 66/67).
  124. fahuwa tilka : Construction grammaticale arabe.
  125. Ibn al-insān : Fils de l'homme, titre de Jésus.
  126. Injīl Lūqā : Évangile de Luc.
  127. Injīl Yūḥannā : Évangile de Jean.
  128. al-Majūs : Les Mages, secte dualiste persane.
  129. al-Majūs : Les Mages.
  130. al-Qibṭ : Les Coptes.
  131. al-Qarāmiṭa : Les Qarmates, secte ismaélienne.
  132. Zakīra al-Iṣfahānī : Chef qarmate (m. 294 H).
  133. al-Ḥasan ibn Zādhān : Missionnaire qarmate (m. 302 H).
  134. al-Jabad : Localité au Yémen.
  135. Kaddād : Chef kharijite (IVe siècle H).
  136. Abū al-Faḍl ibn Zakariyyā : Imposteur qarmate (IVe siècle H).
  137. إيل : Terme araméen signifiant « le héros », puis « le héros des héros », employé pour désigner Dieu.
  138. الإمامية : Courant chiite qui reconnaît douze imams descendants du Prophète Muhammad, le dernier étant l'imam caché.
  139. القرامطة : Secte ismaélienne extrémiste apparue au IXe siècle, connue pour ses croyances ésotériques et ses actions violentes.
  140. أحمد بن عبد الله القداح : Dai ismaélien, considéré comme l'un des fondateurs de la propagande fatimide.
  141. العلويين : Dynastie chiite descendant d'Ali ibn Abi Talib, ayant régné au Maghreb et en Égypte (Fatimides).
  142. الفاطميين : Dynastie chiite ismaélienne qui a régné sur l'Égypte et une partie du Maghreb du Xe au XIIe siècle.
  143. تعس عبد الدينار : حديث نبوي يذم التعلق بالدنيا، رواه البخاري.
  144. المعونة : كتاب في علم الكلام لأبي الأخشيد.
  145. أبو الأخشيد : أحمد بن علي، متكلم معتزلي له آراء خاصة.
  146. المعتزلة : فرقة كلامية إسلامية ظهرت في القرن الثاني الهجري.
  147. الحواريين : أتباع المسيح عليه السلام.
  148. الأرمائي : من يعبد الكواكب والأوثان.
  149. البويهيين : سلالة فارسية حكمت أجزاء من العراق وإيران في القرن الرابع الهجري.
  150. هرمس المثلث : شخصية أسطورية تجمع حكمة المصريين واليونانيين.
  151. الأرتماطيقي : علم الأعداد أو الحساب.
  152. ماني : مؤسس الديانة المانوية.
  153. المنانية : المانوية، ديانة ثنوية أسسها ماني.
  154. الآبستاق : كتاب زرادشت المقدس.
  155. زرادشت : مؤسس الديانة الزرادشتية.
  156. المجوس : أتباع الديانة الزرادشتية.
  157. لا ذمة للمنانية عند المسلمين : المانويون لا يتمتعون بحماية الدولة الإسلامية.
  158. سنهودس : مجمع كنسي، أو تفسير كتابي.
  159. الجاثليق : رئيس النصارى تحت يد بطريق أنطاكية.
  160. كنكه الهندي : مترجم هندي قديم.
  161. ذوروثيوس : مترجم يوناني.
  162. بطليموس : عالم فلك وجغرافيا يوناني.
  163. الطلسم : خطوط وأعداد في السحر لربط الروحانيات بالطبائع.
  164. الري : مدينة تاريخية في إيران.
  165. بشتاسف : ملك أسطوري في التراث الإيراني.
  166. أبشاوثن : المخلص المنتظر عند المجوس.
  167. المصصية : منطقة في الثغور الشامية.
  168. أرواد : جزيرة سورية في المتوسط.
  169. سميطاط : مدينة على الفرات.
  170. سميساط : مدينة تاريخية على الفرات.
  171. حصن منصور : قلعة في ديار مضر.
  172. سيمون : نهر في الثغور.
  173. هرابذة المجوس : كلمة فارسية تعني الكهنة أو الحكماء.
  174. قسطا بن لوقا : طبيب ومترجم مسيحي.
  175. زمين : مريض ميئوس من شفائه.
  176. أبو بكر الأخشيد : متكلم معتزلي توفي 320 هـ.
  177. أبو علي : أبو علي الجبائي، شيخ المعتزلة.
  178. أبو هاشم : أبو هاشم الجبائي، ابن أبي علي.
  179. أبو عبد الله البصري : الحسين بن علي، معتزلي كبير.
  180. أبو علي بن خلاد : معتزلي، صاحب كتاب الأصول.
  181. أبو جعفر الإسكافي : محمد بن عبد الله، إمام معتزلي.
  182. عازق معناثا : عبارة سريانية أو عبرية، معناها غير واضح.
  183. متى بن يونس : أبو بشر، مترجم نصراني.
  184. Al-Qamous Al-Muhit : Dictionnaire arabe classique de Firuzabadi.
  185. Ma'ruf al-Karkhi : Saint soufi, mort en 200 H (815-816).
  186. Muntaha al-Maqal : Ouvrage biographique chiite.
  187. mawla : Terme polysémique : allié, protecteur, maître, affranchi.
  188. Abu Qubays : Montagne sacrée à La Mecque.
  189. Ibrahim 36 : Sourate Ibrahim, verset 36.
  190. Al-Ma'ida 118 : Sourate Al-Ma'ida, verset 118.
  191. Nuh 26 : Sourate Nuh, verset 26.
  192. Yunus 88 : Sourate Yunus, verset 88.
  193. Al-Ziyada 'ala al-Jami' al-Saghir : Ouvrage de hadiths d'Al-Suyuti.
  194. Al-Jami' al-Saghir : Recueil de hadiths d'Al-Suyuti.
  195. Al-Riyad al-Nadira fi Fada'il al-'Ashara : Ouvrage d'Al-Tabari sur les mérites des dix Compagnons promis au Paradis.
  196. nusus : Textes, au pluriel.
  197. ism : Nom.
  198. al-salib : La croix.
  199. Al-Fihrist : Catalogue des sciences et des auteurs d'Ibn al-Nadim.
  200. Daysaniyya : Secte dualiste, proche du manichéisme.
  201. Al-Ara' wa al-Diyanat : Livre d'Abu al-Qasim al-Balkhi sur les religions et sectes.
  202. Al-Tawba 33 et Al-Saff 9 : Versets sur la supériorité de l'islam.
  203. Al-Nur 55 : Verset sur la promesse du califat aux croyants.
  204. Al-Baqara 249 : Verset sur la patience et la foi.
  205. mutawatir : Hadith rapporté par de nombreuses chaînes, considéré comme certain.
  206. les six : Les six recueils de hadiths canoniques sunnites.
  207. Futuh al-Buldan : Ouvrage d'Al-Baladhuri sur les conquêtes islamiques.
  208. Al-Hashr 7 : Verset sur la répartition du butin.
  209. kharaj : Impôt foncier perçu sur les terres non musulmanes.
  210. mushaf : Codex, recueil écrit du Coran.
  211. qasr : Raccourcissement des prières en voyage.
  212. Al-'Awasim min al-Qawasim : Ouvrage d'Ibn al-'Arabi défendant les Compagnons.
  213. Jabir ibn Hayyan : Alchimiste et savant du VIIIe siècle.
  214. qataluhu : Ils l'ont tué.
  215. rafidites : Terme péjoratif désignant les chiites imamites.
  216. Al-Ahqaf 9 : Verset sur la mission du Prophète.
  217. Yunus 94 : Verset invitant au doute pour les incrédules.
  218. qiran : Forme de pèlerinage combinant hajj et 'umra.
  219. Al-Tabari : Historien et exégète, auteur de la grande Histoire.
  220. Futuh al-Buldan : Ouvrage d'Al-Baladhuri sur les conquêtes.
  221. jizya : Impôt de capitation payé par les non-musulmans (dhimmîs) en échange de la protection de l'État islamique.
  222. Successeurs : Génération suivant celle des Compagnons du Prophète, considérée comme une source fiable de transmission des hadiths.
  223. al-Jâmi‘ al-Kabîr : Grand recueil de hadiths compilé par ‘Abd ar-Razzâq.
  224. désavoué : Hadith considéré comme faible ou rejeté par certains spécialistes.
  225. position : Il s'agit probablement de la position de quelqu'un mentionné précédemment.
  226. Qâdî : Juge ; ici, il s'agit probablement d'un historien ou d'un savant.
  227. tam‘ara : Verbe signifiant 'changer de couleur, devenir jaune' sous l'effet de la colère.
  228. Zutt : Peuple d'origine indienne, souvent confondu avec les Zanj (esclaves noirs) dans les révoltes.
  229. al-Janābī : Surnom d’un chef qarmate, Abū al-Ḥusayn Sa‘īd ibn Bahrām al-Janābī.
  230. Rūm : Terme désignant les Byzantins ou l’Empire byzantin.
  231. Shām : Région historique correspondant à la Grande Syrie (actuels Syrie, Liban, Jordanie, Palestine).
  232. al-Ṭalāṭila : Mot signifiant « calamiteux » ; c’est aussi le nom de la mère d’un personnage.
  233. bi’sihi : Probablement une erreur pour « bi’sihi » (sa force) ; le sens correct est incertain.
  234. ḍaji‘a fī amrihi wa aḍja‘a wa aḍja‘a : Expressions signifiant « faiblir dans son affaire ».
  235. al-ḍajū‘ : Personne faible d’avis.
  236. al-ma’aqa : Orgueil, colère violente, jalousie.
  237. nakatha al-‘ahd : Rompre le pacte.
  238. Aḥmad ibn Yaḥyā al-Munajjim : Littérateur, poète, théologien et juriste mort en 327 H.
  239. Muḥammad ibn Zayd al-Wāsiṭī : Théologien mu‘tazilite mort en 306 H.
  240. al-wārith : Erreur pour « al-wārithīn » (les héritiers).
  241. ta‘ṭīl : Suspension, annulation.
  242. tamzīq : Déchirement.
  243. min ajl : À cause de.
  244. Kitāb al-Rāwandī : Ouvrage d’un auteur nommé al-Rāwandī, déjà mentionné.
  245. yastariqūhum : Ils les dérobent (forme verbale).
  246. al-Naḍr ibn al-Ḥārith : Associateur, adversaire du Prophète, mort en 2 H.
  247. ‘Abd Allāh ibn Ḥudhāfa ibn Qays al-Sahmī : Compagnon, envoyé par le Prophète au roi perse Kisrā.
  248. Kisrā : Titre des rois sassanides de Perse.
  249. Diḥya ibn Khalīfa al-Kalbī : Compagnon, envoyé par le Prophète à l’empereur byzantin Héraclius.
  250. Ḥāṭib ibn Abī Balta‘a al-Lakhmī : Compagnon, envoyé par le Prophète au gouverneur d’Égypte al-Muqawqis.
  251. al-Muqawqis : Titre du gouverneur byzantin d’Égypte à l’époque du Prophète.
  252. naqḍ al-arḍ : Examiner le sol pour y déceler un danger.
  253. al-kitba : Lanière de cuir servant à coudre les outres.
  254. ayqaẓahu : Il le réveilla.
  255. arḍ jald : Terre dure et rugueuse.
  256. fahādhā : « Et ceci » ; indique le début du texte dans la copie originale.
  257. Jubayr ibn Muṭ‘im al-Qurashī : Noble Compagnon, savant de Quraysh.
  258. lā takhāfī innā rāddūhu : « N’aie pas peur, Nous allons le ramener » (Coran 28:7).
  259. ma‘ād al-rajul baladuh : Le lieu de retour de l’homme est son pays.
  260. mathāb al-rajul manziluh : Le lieu de récompense de l’homme est sa demeure.
  261. al-tabkhīt : Action de laisser au hasard.
  262. al-bakht : Chance, hasard.
  263. akhṣamuhum : Les plus menteurs d’entre eux.
  264. al-kharāṣūn : Les menteurs.
  265. al-Rāzī : Abū Bakr Muḥammad ibn Zakariyyā al-Rāzī, célèbre médecin et philosophe persan.
  266. Sumayfa‘ ibn Nākūr : Roi yéménite converti à l’Islam, compagnon.
  267. Masqala ibn Hubayra : Gouverneur de ‘Alī, puis de Mu‘āwiya.
  268. Khālid ibn Ma‘mar al-Sadūsī : Chef des Banū Bakr, compagnon.
  269. Bāṭiniyya : Secte ésotérique musulmane, souvent associée aux Ismaéliens.
  270. Qarāmiṭa : Secte ismaélienne extrémiste, active aux IXe-Xe siècles.
  271. Muḥammad ibn al-Faḍl : Da‘ī fātimide au Yémen.
  272. da‘wa : Propagande missionnaire, appel à la foi.
  273. Lā‘a : Localité au Yémen, dans le mont Ṣabr.
  274. al-Ḥusayn ibn Aḥmad Abū ‘Abd Allāh al-Shī‘ī : Missionnaire fātimide au Maghreb.
  275. Muḥammad ibn Ismā‘īl ibn Ja‘far al-Ṣādiq : Imam ismaélien, considéré comme le septième imam.
  276. Abū al-Ḥusayn Sa‘īd ibn Bahrām al-Janābī : Chef qarmate, fondateur de l’État qarmate à Bahrayn.
  277. Qarmat : Surnom du fondateur des Qarmates, Ḥamdān.
  278. da‘ī : Missionnaire, propagandiste.
  279. al-‘Abbās ibn ‘Umar al-Ghanawī : Commandant abbasside, gouverneur d’al-Yamāma et Bahrayn.
  280. ‘Alī ibn ‘Īsā ibn al-Jarrāḥ : Vizir abbasside, homme d’État et écrivain.
  281. Ja‘far ibn al-Mu‘taḍid : Calife abbasside, frère d’al-Muktafī.
  282. Yūsuf ibn Abī al-Sāj : Commandant abbasside, gouverneur de Kūfa.
  283. Mu’nis al-Muẓaffar : Général abbasside, surnommé « le Victorieux ».
  284. Yawm Ṭashsh : Jour de pluie fine.
  285. ‘Alī ibn al-Faḍl al-Qarmatī : Chef qarmate au Yémen, usurpateur.
  286. Yaḥkum al-Daylamī : Commandant militaire à l’époque du calife al-Rāḍī.
  287. al-badharqa : Escorte de protection pour une caravane.
  288. al-ruwayāt : Probablement une erreur pour « al-riwāyāt » (les récits).
  289. Muḥammad ibn Rā’iq : Émir des émirs sous le calife al-Rāḍī.
  290. kharāj : Impôt foncier.
  291. ‘Alī ibn Ja‘far ibn Fallāḥ al-Kutāmī : Vizir fātimide sous le calife al-Ḥākim.
  292. Abū Lu’lu’a al-Fārisī al-Majūsī : Esclave persan mazdéen, assassin du calife ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb.
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