La Sīra d'Ibn Isḥāq (Le Livre des Expéditions et des Conquêtes)
Sīra d'Ibn Isḥāq (Kitāb al-Siyar wa al-Maghāzī). Introduction de l'éditeur. Première partie du Kitāb al-Maghāzī, d'après la transmission de Yūnus b. Bukayr d'après Muḥammad b. Isḥāq. Première partie du Kitāb al-Maghāzī, d'après la transmission de Yūnus b. Bukayr d'après Muḥammad b. Isḥāq. Creusement de Zamzam par ʿAbd al-Muṭṭalib b. Hāshim. Demande de protection du jeune Bakrī 1 auprès de la Kaʿba. Histoire d'al-Ṣiddīq 2 avec un homme dont le serpent avait été mordu. Histoire de ʿUmar b. al-Khaṭṭāb avec un vieillard aveugle. Abū Taqāṣif al-Khunāʿī et ses frères. Banū Muʾammal et leur cousin germain. Vœu de ʿAbd al-Muṭṭalib de consulter les flèches divinatoires 3 près de la Kaʿba. Mariage de ʿAbd Allāh b. ʿAbd al-Muṭṭalib. Naissance du Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui. Fente du ventre du Prophète. Récit de Tubbaʿ al-Ḥimyarī. Meurtre de Tubbaʿ. Récit de l'Éléphant 4. Voyage de la mère du Prophète avec lui à Médine et sa mort. Mort de ʿAbd al-Muṭṭalib b. Hāshim. Découverte de la tombe de ʿAbd Allāh b. al-Thāmir. Découverte du cadavre de Daniel le prophète. Autorité sur La Mecque après la mort de ʿAbd al-Muṭṭalib. Deuxième partie du Kitāb al-Maghāzī, d'après la transmission de Yūnus b. Bukayr d'après Muḥammad b. Isḥāq et d'autres. Deuxième partie du Kitāb al-Maghāzī, d'après la transmission de Yūnus b. Bukayr d'après Muḥammad b. Isḥāq et d'autres. Récit de Baḥīrā le moine. Récit de Khadīja bt. Khuwaylid. Histoire des rabbins 5. Conversion à l'islam de Salmān al-Fārisī, qu'Allāh lui fasse miséricorde. Trace de la Kaʿba. Récit de la construction de la Kaʿba [22]. Récit des rabbins, des moines et des devins 6 au sujet du Prophète. Parmi les récits des djinns. Récit du Ḥanīfisme 7. Première chose par laquelle le Messager d'Allāh commença la prophétie. Troisième partie du Kitāb al-Maghāzī, d'après la transmission de Yūnus b. Bukayr d'après Muḥammad b. Isḥāq. Troisième partie du Kitāb al-Maghāzī, d'après la transmission de Yūnus b. Bukayr d'après Muḥammad b. Isḥāq. Envoi du Prophète, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui. Jour où eut lieu la bataille de Badr. Conversion à l'islam de ʿAlī b. Abī Ṭālib, qu'Allāh l'agrée. Conversion à l'islam d'Abū Bakr al-Ṣiddīq, qu'Allāh l'agrée. Conversion à l'islam d'Abū Dharr, qu'Allāh l'agrée. Conversion à l'islam des Émigrés 8, qu'Allāh les agrée. Parole d'Allāh, Puissant et Majestueux : « Et avertis tes proches parents » [54]. Image de la descente de la Révélation 9 sur le Prophète. Al-Walīd b. al-Mughīra et ce qui fut révélé à son sujet. Chapitre sur ce que subirent les Compagnons du Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, comme épreuves et difficultés. Récit du pacte de boycott 10. Délégation de Quraysh en Abyssinie. Conversion à l'islam de Ḥamza b. ʿAbd al-Muṭṭalib, qu'Allāh l'agrée. Ce qui est rapporté sur l'émigration des Compagnons du Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, vers la terre d'Abyssinie. Dénombrement de ceux qui émigrèrent vers la terre d'Abyssinie depuis La Mecque. Conversion à l'islam de ʿUmar b. al-Khaṭṭāb, qu'Allāh l'agrée. Ce qui est rapporté sur le premier qui récita le Coran à voix haute à La Mecque. Quatrième partie du Kitāb al-Maghāzī, d'après la transmission de Yūnus b. Bukayr d'après Muḥammad b. Isḥāq. Quatrième partie du Kitāb al-Maghāzī, d'après la transmission de Yūnus b. Bukayr d'après Muḥammad b. Isḥāq. Ceux qui furent torturés pour Allāh à La Mecque parmi les croyants. Récit du Prophète, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, lorsqu'il disputa avec les associateurs 11. Chapitre sur les récits des rabbins et des gens du Livre 12 décrivant le Prophète, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui. Récit de la première émigration vers l'Abyssinie. Dénombrement de ceux qui émigrèrent vers la terre d'Abyssinie. Récit de ce que le Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, subit comme tortures de la part de son peuple. Histoire du Prophète lorsqu'il se présenta aux Arabes. Mort d'Abū Ṭālib et ce qui est rapporté à son sujet. Cinquième partie du Kitāb al-Maghāzī, d'après la transmission de Yūnus b. Bukayr d'après Muḥammad b. Isḥāq. Cinquième partie du Kitāb al-Maghāzī, d'après la transmission de Yūnus b. Bukayr d'après Muḥammad b. Isḥāq. Mort de Khadīja bt. Khuwaylid, qu'Allāh l'agrée. Mariage du Prophète avec Khadīja et ses enfants d'elle. Mariage de Fāṭima, qu'Allāh l'agrée. Mariage de ʿUmar b. al-Khaṭṭāb avec Umm Kulthūm bt. ʿAlī, qu'Allāh les agrée. Mariage d'Umm Kulthūm avec ʿAwn b. Jaʿfar b. Abī Ṭālib. Mariage de Zaynab bt. ʿAlī et de sa mère Fāṭima bt. le Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui. Ce qui est rapporté sur le mariage de ʿUthmān b. ʿAffān, qu'Allāh l'agrée. Mariage du Prophète, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, avec Sawda bt. Zamʿa. Mariage du Prophète, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, avec ʿĀʾisha bt. Abī Bakr al-Ṣiddīq, qu'Allāh les agrée. Mariage du Prophète, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, avec Ḥafṣa bt. ʿUmar, qu'Allāh les agrée. Mariage du Prophète, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, avec Zaynab bt. Khuzayma, qu'Allāh l'agrée. Mariage du Prophète, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, avec Umm Ḥabība, qu'Allāh l'agrée. Mariage du Prophète, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, avec Umm Salama, qu'Allāh l'agrée. Mariage de Zaynab bt. Jaḥsh, qu'Allāh l'agrée. Mariage de Juwayriyya bt. al-Ḥārith, qu'Allāh l'agrée. Mariage de Ṣafiyya bt. Ḥuyayy, qu'Allāh l'agrée. Mariage du Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, avec Maymūna bt. al-Ḥārith al-Hilāliyya, qu'Allāh l'agrée. Mariage d'Asmāʾ bt. Kaʿb al-Jawniyya et de ʿAmra bt. Yazīd, femme de Ghifār. Nombre des femmes qui se donnèrent en mariage 13. Ce que le Prophète, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, prit comme concubines 14. Ce que le Prophète, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, reçut en compensation de son fils. Récit des moqueurs 15 et des signes. Récit de Rukāna b. ʿAbd Yazīd. Signes de la prophétie. Conversion à l'islam d'Umm Sharīk al-Dawsiyya. Conversion à l'islam d'Abū Hurayra de Daws. Conversion à l'islam de ʿAdī b. Ḥātim. Lettre du Prophète aux Banū Zuhayr b. Uqaysh. Conversion à l'islam de Jarīr b. ʿAbd Allāh. Récit du Voyage nocturne 16 du Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, à Jérusalem. Nuit où le Prophète, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, fut emmené en voyage nocturne. Récit de l'appel à la prière 17. Notes marginales.
- al-Bakrī : Jeune homme de la tribu de Bakr b. ʿAbd Manāt, qui aurait cherché refuge à la Kaʿba.
- al-Ṣiddīq : Surnom d'Abū Bakr, signifiant 'le Véridique'.
- istiqsām bi-l-qidāḥ : Pratique divinatoire préislamique consistant à tirer au sort avec des flèches pour prendre une décision.
- al-Fīl : Référence à l'Année de l'Éléphant (vers 570), où Abraha tenta de détruire la Kaʿba avec des éléphants.
- aḥbār : Pluriel de ḥibr, désignant les savants juifs, rabbins.
- kuhhān : Pluriel de kāhin, devins ou oracles préislamiques.
- al-Ḥanīfiyya : Religion monothéiste primitive, associée à Abraham, avant l'islam.
- al-Muhājirūn : Les Émigrés, premiers musulmans ayant quitté La Mecque pour Médine.
- al-Waḥy : La Révélation divine, notamment le Coran.
- ṣaḥīfat al-muqāṭaʿa : Pacte de boycott économique et social imposé par Quraysh aux Banū Hāshim et aux musulmans.
- al-mushrikūn : Associateurs, polythéistes qui associent d'autres divinités à Allāh.
- ahl al-kitāb : Gens du Livre, juifs et chrétiens.
- wahbna anfusahunna : Femmes qui se sont offertes en mariage au Prophète sans dot.
- al-sarārī : Pluriel de surriyya, concubines esclaves.
- al-mustahziʾūn : Moqueurs, ceux qui se moquaient du Prophète.
- al-Isrāʾ : Voyage nocturne du Prophète de La Mecque à Jérusalem.
- al-adhān : Appel à la prière musulmane.
La Sīra d'Ibn Isḥāq (le Livre des Expéditions et des Conquêtes)
La source : https://shamela.ws/book/9862 Date d'extraction : 2026-06-17
Préface de l'éditeur [1]
Le premier fragment du Livre des Expéditions Militaires. Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. [Introduction de l'éditeur] Lorsque l'islam apparut, de nombreux Arabes du Nord, habitants des villes comme La Mecque, Yathrib et at-Ta'if, savaient lire et écrire ; cela parce que le nord de la péninsule connaissait depuis la seconde moitié du Ve siècle de l'ère chrétienne une période de prospérité économique et politique continue. Les petits États établis par les Perses et les Byzantins aux confins de la péninsule ou à l'intérieur de celle-ci s'étaient affaiblis ou étaient tombés, et le Yémen avait perdu son gouvernement central fort, puis était tombé sous la coupe des Abyssins puis des Perses ; cela s'accompagna de l'essor du nord de la péninsule sous la direction de La Mecque, qui se transforma en une sorte de république aristocratique qui contrôlait les routes commerciales et ses marchés dans la péninsule, et établit le système de l'īlāf 1 qui organisait les relations entre les sédentaires et les bédouins à l'intérieur d'une part, et avec les États voisins d'autre part (1). Il est naturel que La Mecque et ses environs, étant devenus un centre commercial majeur en plus de leur statut religieux chez les Arabes depuis l'antiquité, aient été exposés à des influences extérieures religieuses, culturelles et politiques. Ainsi, La Mecque, comme le nord de la péninsule, connut les deux religions juive et chrétienne, ainsi que des récits des Perses et des Romains, et également certaines traditions culturelles qui prévalaient dans la région dite « hellénistique » (2). Parallèlement à ces traditions civilisationnelles extérieures parvenues à La Mecque, des traditions culturelles propres à elle et au nord de la péninsule en général s'y formèrent. Parmi ces traditions figurait l'écriture arabe, empruntée à l'origine aux Nabatéens 2 (3). Cette écriture, dont nous sont parvenus des spécimens de ses premiers développements remontant au début du IVe siècle de l'ère chrétienne, ne tarda pas à se répandre et à dominer dans les régions où s'étendaient le commerce et les marchés mecquois dans le nord et le sud de la péninsule (4). Il ne fait aucun doute que les jeunes gens de Quraysh, qui étaient pour la plupart des commerçants, concluaient des traités, enregistraient des contrats et avaient besoin d'écrire des lettres, connaissaient pour la plupart l'écriture arabe, et le Coran, qui contient de nombreuses références aux livres, à l'écriture, aux contrats et aux systèmes commerciaux, est un témoignage explicite que toutes ces choses leur étaient connues et pratiquées (5). Les livres de Sīra 3, d'histoire et de Ṭabaqāt 4 le confirment en mentionnant les noms de personnes spécifiques à La Mecque et à Médine qui maîtrisaient l'écriture et la lecture, et mentionnent également une autre tradition – peut-être propre à Médine – selon laquelle ceux qui maîtrisaient l'écriture, la natation et le tir à l'arc étaient appelés « al-kamala » 5, et parmi eux se trouvaient un nombre non négligeable d'Anṣār 6 (6). Cette brève introduction était nécessaire pour parvenir à la question pressante concernant « la conscience historique » chez les Arabes : son existence, son fondement et son développement. Nous savons maintenant, grâce aux inscriptions sud-arabiques, que les Sudarabiques dataient tout (7), et les premières inscriptions nord-arabiques sont également datées. Ensuite, nous savons que les Mecquois échangeaient entre eux des récits et des histoires, certains liés au passé de la péninsule, d'autres aux États et civilisations voisins. Et lorsque le Prophète mourut et que commença la formation de la base administrative du nouvel État arabo-islamique, le deuxième calife, 'Umar ibn al-Khaṭṭāb, s'empressa de considérer l'Hégire 7 du Prophète de La Mecque à Médine comme le commencement historique du nouvel État et de la nouvelle prédication. La conscience historique arabe primitive, née du sentiment qu'avaient La Mecque et les Nord-Arabes d'eux-mêmes, fut renforcée par la nouvelle prédication et l'émergence du concept de « communauté » (umma) 8 et d'État. À cela s'ajouta le fait que les conflits tribaux commencèrent avec les conquêtes et la création des villes de garnison (amṣār) 9, ainsi qu'un conflit entre l'autorité centrale d'une part et les chefs de tribus d'autre part. Il est naturel que chaque tribu ait tenté de se créer une « image historique » propre pour se défendre, tandis que l'autorité tentait de faire de même. Tout cela nous pousse à dire que la conscience historique arabe, telle qu'elle apparaît dans les écrits des historiens du IIe siècle de l'Hégire, est une conscience authentique née dans le milieu arabe, et même si elle a subi des influences extérieures, il ne fait aucun doute que ces influences sont restées secondaires (2). Les premiers intérêts historiques au Ier siècle de l'Hégire portaient sur la Sīra prophétique 10, l'histoire récente de la communauté naissante. La société aspirait à tenter de « se réapproprier » cette expérience historique unique, l'expérience de la prophétie et de la première société idéale. Il fallait une « image historique » qui soutienne l'idée de la communauté et de la société naissante. Ensuite, les conquêtes et le contact avec les autres nations mirent en lumière de nouveaux problèmes qu'ils espéraient résoudre en retrouvant l'expérience de la révélation, de l'administration et des expéditions militaires (maghāzī) 11 du temps du Messager. La Sīra du Prophète fut écrite dans une perspective historique large qui en fait le couronnement des expériences des nations qui avaient vécu des prophètes et des prophéties ou qui avaient eu un lien quelconque avec l'idée du monothéisme. Cette perspective historique universelle puisa ses sources dans le Coran, les connaissances traditionnelles des Arabes, ce qu'ils apprirent de leur fréquentation des Gens du Livre 12 dans les pays conquis, et de leur fréquentation des peuples non scripturaires. Après l'intérêt pour la Sīra et son arrière-plan, vint un intérêt similaire pour les récits des Arabes de leur période préislamique (Jāhiliyya) 13 dans ce qu'on appelle les « Jours des Arabes » (Ayyām al-'Arab) 14, en raison des conflits tribaux, en plus des « images historiques » qui commencèrent à naître de l'histoire politique de l'État islamique durant le conflit entre l'autorité dirigeante et les partis politico-religieux qui s'opposèrent au pouvoir omeyyade et lui résistèrent (8). De nombreuses personnes s'intéressèrent à la Sīra prophétique et à son arrière-plan historique aux Ier et IIe siècles de l'Hégire, parmi lesquelles Wahb ibn Munabbih, Abān ibn 'Uthmān ibn 'Affān, 'Urwa ibn az-Zubayr, Shuraḥbīl ibn Sa'd, 'Abd Allāh ibn Abī Bakr ibn Ḥazm, 'Āṣim ibn 'Umar ibn Qatāda, Muḥammad ibn Muslim ibn Shihāb az-Zuhrī, Mūsā ibn 'Uqba, Hishām ibn 'Urwa ibn az-Zubayr et Muḥammad ibn Isḥāq. Des fragments du livre de Wahb ibn Munabbih (34-114 H / 654-732 C) sur les Maghāzī 15 nous sont parvenus (9), ainsi que des parties des écrits de Muḥammad ibn Muslim ibn Shihāb az-Zuhrī (124 H / 741 C) sur la Sīra dans le livre al-Muṣannaf 16 de 'Abd ar-Razzāq ibn Hammām aṣ-Ṣan'ānī (211 H / 826 C). Mūsā ibn 'Uqba (141 H / 758 C) et Muḥammad ibn Isḥāq (85-151 H / 705-768 C) sont considérés comme les plus importants représentants de la deuxième phase de l'écriture de la Sīra, et les plus anciens à avoir écrit sous les Abbassides. Un petit fragment du livre de Mūsā ibn 'Uqba sur les Maghāzī, publié en 1904 C, nous est parvenu. L'étude de ce fragment montre l'intérêt de Mūsā pour l'ordre chronologique, la mention des dates des événements, l'utilisation précise des chaînes de transmission (asānīd) 17, et sa dépendance quasi totale à l'égard de son maître az-Zuhrī (10). Quelle que soit l'importance des travaux de gens comme az-Zuhrī et Mūsā ibn 'Uqba, l'œuvre d'Ibn Isḥāq reste fondamentale en ce qui concerne la Sīra et, dans une certaine mesure, l'histoire. Son importance en tant qu'historien réside dans sa capacité à assimiler les expériences de ses maîtres, à les développer et à les réorganiser à travers sa nouvelle compréhension de l'histoire, et à travers sa vision globale issue de sa vaste culture et de sa perception de la portée politique de « l'image historique ». C'est ainsi qu'Ibn Isḥāq devint le maître des auteurs de Sīra, et ceux qui écrivirent après lui furent ses dépendants. Un auteur de Sīra comme Ibn Sayyid an-Nās, plusieurs siècles plus tard, sentit que la Sīra du Prophète elle-même et sa valeur historique étaient menacées si la confiance en l'historien Ibn Isḥāq était remise en question ; il jugea donc de son devoir de consacrer un chapitre au début de sa Sīra pour défendre Ibn Isḥāq face à ses détracteurs (11). Bien que les études sur Ibn Isḥāq se soient multipliées depuis le début de ce siècle (12), des difficultés insurmontables empêchent d'aboutir à des résultats fiables dans ce domaine. La matière sur laquelle ces études se sont appuyées est peu abondante et pas entièrement originale, car ce qu'écrivit Ibn Isḥāq ne nous est pas parvenu dans sa forme première, mais après avoir été retravaillé et modifié par d'autres, dont le plus célèbre et le plus important est Ibn Hishām. J'avais obtenu il y a quelques années une photocopie d'un fragment de la Sīra d'Ibn Isḥāq conservé au Maroc, que j'ai joint à des feuillets de la section des Maghāzī conservés à la bibliothèque Ẓāhiriyya à Damas, puis j'ai comparé les matériaux et les récits contenus dans ces deux fragments avec ce qui leur correspond chez Ibn Hishām, et il m'est apparu clairement l'importance de les publier. Muḥammad ibn Isḥāq naquit à Médine vers l'an 85 H / 705 C (13), il y grandit et rencontra certains Compagnons, mais il entendit surtout des fils de Compagnons. Il entendit de son père et des grands Suivants (Tābi'ūn) 18 à Médine, puis voyagea en quête de savoir en Égypte ; nous savons qu'il se trouvait à Alexandrie en l'an 119 H / 738 C, puis il retourna à Médine et sa réputation d'avoir une vaste transmission commença à se répandre. C'est à cette période que remontent ses démêlés avec les deux savants célèbres de Médine à l'époque : Hishām ibn 'Urwa ibn az-Zubayr (mort en 146 H) et Mālik ibn Anas (mort en 179 H). Quant à Hishām ibn 'Urwa, il l'accusa de mensonge parce qu'il rapportait de sa femme Fāṭima bint al-Mundhir ibn az-Zubayr, et Hishām ibn 'Urwa niait qu'Ibn Isḥāq l'ait entendue et disait : « Entrait-il chez ma femme ? » (14). Peut-être Hishām ibn 'Urwa visait-il par là à rabaisser le rang d'Ibn Isḥāq parce qu'il était un affranchi (mawlā) 19 ; en effet, Khālid ibn al-Walīd avait pris en l'an 12 H / 633 C la ville de 'Ayn at-Tamr en Irak et avait capturé des jeunes gens qui étudiaient dans un couvent là-bas ; parmi eux se trouvaient Sīrīn, père de Muḥammad ibn Sīrīn, et Yasār, grand-père de Muḥammad ibn Isḥāq, qui était l'affranchi de Qays ibn Makhrama. Al-Khaṭīb al-Baghdādī rapporte une information selon laquelle c'est Khiyār, père de Yasār, qui fut capturé et devint l'affranchi de Qays ibn Makhrama ibn al-Muṭṭalib ibn 'Abd Manāf. Il semble que les origines scripturaires d'Ibn Isḥāq aient eu un impact sur ses écrits, comme le montrent ses récits et traditions sur les époques antérieures au Prophète. Il semble qu'il connaissait le syriaque, peut-être cette langue s'est-elle transmise dans sa famille. Cependant, il a peut-être appris tout cela lors de son séjour en Égypte, qui dura plusieurs années.
On peut comprendre son conflit avec Mālik sous un autre angle : Mālik avait appris qu'il disait : « Présentez-moi le ḥadīth de Mālik, car j'en suis le vérificateur 20 ! » Mālik répliqua : « Et qu'est-ce qu'Ibn Isḥāq ? Ce n'est qu'un imposteur parmi les imposteurs 21 ! C'est nous qui l'avons chassé de Médine 22. » Rien n'empêche de comprendre ce conflit comme une rivalité entre gens du même métier ; les savants disaient autrefois : « La contemporanéité est un voile 23 ! » Mais nous pensons que l'affaire dépasse cela, car la nature de l'écriture historique dans laquelle Ibn Isḥāq travaillait l'obligeait à se départir quelque peu des méthodes des traditionnistes 24, extrêmement rigoureuses, formalistes et très concises, et il est naturel que Mālik, en tant que traditionniste scrupuleux 25, ait considéré tout cela avec méfiance et suspicion. L'autre indication dans le propos de Mālik sur Ibn Isḥāq est très importante : il prétend que lui et ses semblables ont chassé Ibn Isḥāq de Médine. Le conflit avait donc un autre aspect qui ne peut être considéré comme purement scientifique, mais avait aussi son côté politique. Les sources confirment la déclaration de Mālik : il est célèbre qu'après son retour d'Égypte, Ibn Isḥāq professait le libre arbitre 26 et fut fouetté pour cela à Médine. Il semble qu'Ibn Isḥāq n'ait pas nié l'accusation, car il s'est défendu lorsqu'il fut accusé par Hishām ibn 'Urwa de mentir sur sa femme, mais il n'a rien dit lorsqu'il apprit l'accusation de Mālik contre lui de zandaqa 27. Cela ne signifie pas qu'il était zindīq, mais c'était l'accusation que les traditionalistes conservateurs 28 adressaient à ceux qui professaient le libre arbitre parmi les savants de Bassora et d'ailleurs 29. De plus, il fut accusé de tashayyu' 30, une accusation qui frappait la plupart de ceux qui travaillaient dans le domaine de la Sīra du Prophète 31. Autrefois, 'Abd al-Malik ibn Marwān aurait souhaité que personne ne s'occupe de la Sīra, à cause de ce qu'elle contient de mise en avant des Banū Hāshim et des Anṣār 32 ! Tout cela poussa Ibn Isḥāq à quitter Médine, alors qu'il était « dans la gêne et la détresse », et il se dirigea vers Kūfa. Cela a dû se passer avant la construction de Bagdad, mais après l'avènement d'al-Manṣūr au califat, c'est-à-dire entre 136 H et 144 H, car nous lisons dans les sources qu'il vint trouver Abū Ja'far al-Manṣūr à al-Ḥīra, « qui lui fit écrire les Maghāzī 33, et les gens de Kūfa l'entendirent à cette occasion 34. » Sa venue à Abū Ja'far al-Manṣūr ne fut pas due au hasard : il le connaissait probablement avant l'arrivée des 'Abbassides au pouvoir, et les 'Abbassides avaient de bonnes relations avec les Qadariyya 35 au début, comme le montrent les sources qui insistent sur les tentatives d'Abū Ja'far de se rapprocher d'Amr ibn 'Ubayd et d'autres Qadariyya de Bassora au début de son califat 36. Les Qadariyya avaient rejoint les rangs des opposants aux Omeyyades depuis la révolte d'Ibn al-Ash'ath en 82-84 H, et leur hostilité à leur égard continua jusqu'à la chute de leur État en 132 H 37, à l'exception des mois où Yazīd ibn al-Walīd ibn 'Abd al-Malik prit le pouvoir après un coup d'État mené par les Qadariyya de Syrie. Rien n'empêche d'imaginer que les 'Abbassides aient tenté d'exploiter l'opposition du mouvement qadarite 38 aux Omeyyades à leur profit, et cela éclairerait peut-être certains mystères du soulèvement 'abbasside. Quoi qu'il en soit, il semble qu'Ibn Isḥāq ait composé la Sīra ou une partie de celle-ci avant de quitter Médine. Lorsqu'il s'installa à Kūfa, de nombreux Kūfiens rapportèrent de lui, puis il se rendit à Bagdad dans l'entourage d'al-Manṣūr après la construction de la ville, et d'autres y rapportèrent de lui. Il nous importe ici de mentionner trois de ceux qui rapportèrent de lui, en raison de leur lien avec sa Sīra : Ziyād ibn 'Abd Allāh al-Bakkā'ī (183 H/799 M), Muḥammad ibn Salama al-Ḥarrānī (191 H/807 M), et Yūnus ibn Bukayr (199 H/814 M). Al-Manṣūr chargea Ibn Isḥāq d'accompagner son fils al-Mahdī, et il l'accompagna longtemps et voyagea avec lui au Khurāsān, où il rapporta à Rayy et dicta. Sur ordre d'al-Manṣūr, Ibn Isḥāq composa la Sīra pour al-Mahdī ; lorsque al-Manṣūr en prit connaissance, il lui demanda d'y apporter quelques modifications. Ainsi se constituèrent trois « versions de la Sīra » : la première de l'époque médinoise, la seconde de l'époque kūfienne, et la troisième de l'époque bagdadienne. Des fragments des deux premières versions subsistent, qui nous permettent de penser qu'al-Manṣūr voulait qu'Ibn Isḥāq mette plus clairement l'accent sur le rôle d'al-'Abbās ibn 'Abd al-Muṭṭalib, ses relations avec le Prophète et ses grands services à l'islam, et que cela s'accompagna peut-être de l'effacement de certains aspects liés à la faiblesse d'al-'Abbās et à ses actes hostiles au Messager avant sa conversion. Nous pensons que la recension de Yūnus ibn Bukayr représente généralement la première forme, tandis que la recension d'al-Bakkā'ī 39 représente la seconde forme, et celle de Muḥammad ibn Salama al-Ḥarrānī la troisième. Nous nous appuyons pour cela sur le caractère fortement shiite qui apparaît dans certaines recensions de Yūnus ibn Bukayr : dans un récit de Salmān al-Fārisī, le Messager (que la prière et la paix soient sur lui) dit que 'Alī est le meilleur des exécuteurs testamentaires 40, et que ses deux petits-fils sont les meilleurs des petits-fils ; tandis qu'Ibn Isḥāq, dans une recension de la version de Muḥammad ibn Salama al-Ḥarrānī, rapporte que la parole de Dieu dans la sourate al-Anfāl (n° 69) : « Ô Prophète ! Dis à ceux qui sont entre vos mains parmi les captifs : si Dieu sait qu'il y a un bien dans vos cœurs, Il vous donnera mieux que ce qui vous a été pris, et Il vous pardonnera. Et Dieu est Pardonneur et Miséricordieux » fut révélée au sujet d'al-'Abbās, qui disait : « C'est à mon sujet qu'elle fut révélée, lorsque je mentionnai au Messager de Dieu ma conversion et lui demandai de me compenser les vingt onces qui m'avaient été prises... » etc. Cela indique des penchants 'abbassides de l'auteur qui n'existaient pas dans sa première version. Quant à la recension d'al-Bakkā'ī, elle ne nous est malheureusement pas parvenue dans sa forme originale, mais a subi la révision et l'abrègement d'Ibn Hishām. Cependant, notre opinion reste en tout cas sujette à discussion car nous ne possédons pas encore de copie complète de l'une des trois recensions qui permette une comparaison et une vérification totale. Nos informations sur Ibn Hishām, qui a révisé la recension d'al-Bakkā'ī, sont rares. Al-Suhaylī a mentionné dans al-Rawḍ al-Unuf qu'il s'appelait 'Abd al-Malik ibn Hishām, qu'il était célèbre pour sa science, avancé dans la science des généalogies et de la grammaire. Il était ḥimyarite, ma'āfirite, d'origine bassorienne, de naissance et de mort égyptiennes. Ibn Khallikān ajoute, d'après Ibn Yūnus, auteur du Ta'rīkh Miṣr, qu'il mourut treize nuits avant la fin du mois de Rabī' al-Ākhir de l'an 218 H, tandis qu'al-Suhaylī confirme sa mort en 213 H 41. Il semble que 'Abd al-Malik ibn Hishām, lorsqu'il voulut réviser la Sīra d'Ibn Isḥāq, ait trouvé devant lui le texte de la recension d'al-Bakkā'ī écrit, et nous ne savons pas comment il l'a reçu d'al-Bakkā'ī : était-ce par audition et transmission, ou par « trouvaille » 42 et « autorisation » 43 ? En tout cas, il ne précise rien de cela au début de sa révision. Il commence ainsi : « Abū Muḥammad 'Abd al-Malik ibn Hishām a dit : Ceci est le livre de la Sīra du Messager de Dieu, Muḥammad ibn 'Abd Allāh ibn 'Abd al-Muṭṭalib – et le nom de 'Abd al-Muṭṭalib est Shayba ibn Hāshim, et le nom de Hāshim est 'Amr... » Puis, après avoir achevé son énumération de la noble généalogie, il dit : « Abū Muḥammad 'Abd al-Malik ibn Hishām a dit : Ziyād ibn 'Abd Allāh al-Bakkā'ī nous a rapporté d'après Muḥammad ibn Isḥāq al-Muṭṭalibī ce que j'ai mentionné de la généalogie de Muḥammad, le Messager de Dieu – que la prière et la paix soient sur lui – jusqu'à Adam, que la paix soit sur lui. » Ici, Ibn Hishām expose son plan pour l'ensemble du livre : « ... laissant de côté une partie de ce qu'Ibn Isḥāq a mentionné dans ce livre, qui ne contient aucune mention du Messager de Dieu, ni aucun verset coranique révélé à son sujet, et qui n'est ni une cause de quoi que ce soit dans ce livre, ni une exégèse, ni un témoignage de ce que j'ai mentionné par souci de concision ; et des poèmes qu'il a mentionnés, dont je n'ai vu aucun savant en poésie les connaître ; et des choses dont certaines sont odieuses à rapporter, d'autres déplaisent à certaines gens, et d'autres encore que al-Bakkā'ī n'a pas confirmé avoir rapportées ; et je rapporterai, si Dieu le veut, tout ce qui est autre que cela, dans la mesure de ce qui a été rapporté et de la connaissance que j'en ai... » Sa parole « ... et d'autres encore que al-Bakkā'ī n'a pas confirmé avoir rapportées » indique qu'il avait une certaine relation avec al-Bakkā'ī, mais la nature de cette relation ne peut être déterminée avec précision, comme nous l'avons mentionné plus haut. La liberté qu'Ibn Hishām montre en omettant les chaînes de transmission 44 ne lui revient peut-être pas, mais provient de ce qu'Ibn Isḥāq avait laissé dans le texte. Nous avons déjà souligné que la nature du matériau écrit exigeait de nouvelles méthodes qui s'écartaient quelque peu des méthodes des traditionnistes, et que la science de l'isnād n'avait pas encore complètement établi ses bases à l'époque d'Ibn Isḥāq. La négligence d'Ibn Hishām pour l'isnād ne constitue donc pas, en l'occurrence, un problème insurmontable. Mais ce qui est regrettable, c'est qu'il ait supprimé une grande partie du matériau d'Ibn Isḥāq qu'il jugeait non nécessaire, puis qu'il ait modifié certains récits ou leurs formulations selon sa compréhension pour leur donner une acceptabilité ou une clarté qu'il estimait leur manquer. Il ne fait aucun doute que ces modifications et commentaires ont été influencés par son environnement culturel et la nature de l'époque où il vécut, même si sa génération était la génération suivante de celle d'Ibn Isḥāq. Les préoccupations d'Ibn Hishām étaient linguistiques, et cela a eu une grande influence sur sa méthode de sélection et de présentation des récits. Certains des intérêts historiques et informatifs d'Ibn Isḥāq ont été sacrifiés à la précision linguistique d'Ibn Hishām. Il serait peut-être utile de comparer le travail d'Ibn Hishām non seulement avec les fragments restants des deux autres recensions d'Ibn Isḥāq, mais aussi avec les sources qui ont transmis d'Ibn Isḥāq par la voie d'Ibn Hishām ou par une autre voie. Dans le Ta'rīkh Makka d'al-Fākihī (280 H), on trouve de nombreux textes cités d'Ibn Isḥāq, soit par la voie d'Ibn Hishām – al-Bakkā'ī, soit par d'autres voies. Il en va de même dans al-Aghānī. Ibn Hishām a mentionné des raisons pour ses suppressions de certains récits. Parmi ces raisons, le fait que le texte ne soit pas nécessaire à la Sīra ; il entendait sans doute par là la première partie de la Sīra 45, qu'Ibn Isḥāq appelait al-Mubtada' 46. La comparaison de la partie restante de ce début avec le début de Ṭabarī, par exemple, montre que cette partie supprimée est relativement importante. Cela ne diminue pas la valeur de ce qui a été supprimé, même si cela repose sur des légendes et des isrā'īliyyāt 47. Parmi les raisons d'Ibn Hishām pour la suppression, il y a aussi le fait que les poèmes ne soient pas connus des savants ; et bien que la connaissance d'Ibn Isḥāq en poésie ne fût pas bonne 29, Ibn Hishām aurait pu laisser cela aux savants en poésie sans les devancer par une suppression et une modification de ce genre sous prétexte de concision. Cependant, tout cela reste compréhensible et acceptable si on le compare aux autres raisons d'Ibn Hishām pour la suppression : « ... et certaines choses dont le récit est odieux... », « ... et des choses dont certaines sont odieuses à rapporter... » Ce type de suppression a sans aucun doute des raisons politiques et d'autres liées à l'image historique que se faisait Ibn Hishām du Prophète et de ses Compagnons.
Le bénéfice serait considérable si nous trouvions à l'avenir une copie complète et authentique de l'une des recensions de la Sīra 48 d'Ibn Isḥāq 49. Mais en attendant, il faut nous appuyer sur le peu que nous avons pour nous faire une idée approximative de l'œuvre remarquable qu'il a accomplie dans le développement de l'écriture historique arabe. La méthode d'écriture et de recherche d'Ibn Isḥāq, ses sources, les arrière-plans politiques et sociaux de ses récits et traditions, tout cela nécessite une étude particulière qui n'a pas sa place ici ; notre souci se limite désormais à produire un texte sain. Ibn Isḥāq a traité dans son livre trois sujets qu'il considérait comme liés : les récits de la Création, d'Adam jusqu'à Ismāʿīl 50, puis d'Ismāʿīl jusqu'au Prophète Muḥammad, puis la vie du Prophète Muḥammad et ses œuvres avant et après la mission 51. Pour la première partie, il s'est appuyé sur la matière des Isrā'īliyyāt 52 qui s'était accumulée chez les Arabes avant lui, et qu'il a lui-même complétée, notamment lors de son séjour d'études en Égypte. Pour la deuxième partie, il s'est appuyé sur une matière arabe semi-légendaire traitant des récits des Arabes avant l'Islam et de leurs généalogies. Les récits de ces deux parties ont été formulés avec une bonne qualité d'exécution et d'exposition, atteignant le but visé : établir la validité des origines de la prophétie de Muḥammad et son lien avec les autres prophéties dont elle est l'aboutissement, après que chaque prophétie eut annoncé à l'avance cette fin inéluctable et prédestinée. Après avoir achevé ces deux parties, qui servaient d'introduction, Ibn Isḥāq entreprit de parler du Prophète Muḥammad. Il ne présenta pas ce récit comme une histoire continue, mais plutôt comme une série d'événements, dont certains concernaient directement le Prophète Muḥammad, et d'autres d'autres personnes, ayant un rapport proche ou lointain avec lui. Lorsqu'il parlait du Prophète Muḥammad, Ibn Isḥāq rapportait presque toute la matière narrative que les musulmans avaient rassemblée à son sujet durant le premier siècle après sa mort. Il semble qu'Ibn Isḥāq ait accordé une plus grande attention à la période mecquoise 53 de la vie du Prophète qu'à la période médinoise 54. Il a précédé cette partie d'une introduction où il mentionnait les signes de la prophétie chez le Prophète Muḥammad, et rapportait toutes les histoires des annonces 55 qui annonçaient l'imminence et la vérité de sa prophétie. Le génie d'Ibn Isḥāq et sa supériorité sur ses prédécesseurs apparaissent dans l'organisation de son livre, qui fait preuve de logique et de méthode. Cette organisation, bien que n'étant pas parfaite, suffit à lui valoir la fierté de la créativité et de l'approche de la perfection. La matière d'Ibn Isḥāq est extrêmement riche, presque exhaustive de tous les récits rassemblés par les Arabes musulmans. C'est là « un mérite par lequel Ibn Isḥāq a devancé [les autres] ». Après lui, d'autres ont composé sur le même sujet sans atteindre son niveau. La matière d'Ibn Isḥāq, malgré les critiques, est d'une grande utilité ; elle a été adoptée par la majorité de ceux qui ont écrit ou se sont intéressés à la Sīra du Prophète après lui, et elle a toujours été l'objet d'étude et d'attention. À ce propos, Ibn ʿAdī 56 dit dans son livre al-Kāmil 57 : « Si Ibn Isḥāq n'avait d'autre mérite que d'avoir détourné les rois des livres dont on ne tire aucun savoir, et d'avoir occupé leurs loisirs à s'intéresser aux Maghāzī 58 du Messager de Dieu, au Commencement de la Création et à la Mission du Prophète, cela serait un mérite par lequel Ibn Isḥāq a devancé [les autres]. Puis après lui, d'autres ont composé, mais ils n'ont pas atteint le niveau d'Ibn Isḥāq ni son savoir. J'ai examiné ses nombreux hadiths 59 et je n'ai trouvé dans ses hadiths rien qui puisse permettre de le juger définitivement faible. Il lui arrive de se tromper ou de faire une erreur sur telle ou telle chose, comme d'autres se trompent, et il n'a pas été délaissé dans la transmission par les gens dignes de confiance et les imams 60. Il n'y a pas de mal à lui. » Les deux fragments que je présente appartiennent à la troisième partie de la Sīra d'Ibn Isḥāq. Cette partie couvrant les périodes mecquoise et médinoise de la vie du Prophète, il a été heureux que le premier fragment concerne la période mecquoise, qu'il couvre presque entièrement, tandis que le second fragment concerne la période médinoise et relate les événements survenus entre la fin de la grande bataille de Badr 61 et la fin de la bataille d'Uḥud 62. Il existe du premier fragment deux manuscrits : l'un ancien, remontant à mon estimation au Ve siècle de l'Hégire 63, conservé à la bibliothèque al-Qarawiyyīn 64 à Fès, comprenant cent cinquante-deux pages, écrites en plusieurs écritures selon la règle maghrébine. L'humidité a gravement endommagé les feuilles de ce manuscrit, effaçant certaines complètement et d'autres partiellement, et provoquant des lacunes dans certaines feuilles. Cet état a rendu la lecture du manuscrit extrêmement difficile, et la copie de ce manuscrit a pris près d'un an. Après avoir achevé la copie et failli terminer la vérification, j'ai pu obtenir une photographie d'une seconde copie du manuscrit, conservée à la Bibliothèque générale de Rabat. Cette copie est récente, remontant à ce siècle ou au siècle précédent au plus tard. Son écriture est un beau maghrébin, mais elle contient d'innombrables erreurs et altérations. Il semble que cette copie se soit basée sur la première. Elle se compose de cent soixante-six pages. Malgré ses erreurs et altérations, elle m'a été d'une grande utilité et m'a sauvé de certaines erreurs. Quant au second fragment, il s'agit de feuilles contenant une seule petite partie des Maghāzī. Le professeur Nāṣir ad-Dīn al-Albānī 65 l'avait trouvée à la bibliothèque Ẓāhiriyya 66 à Damas. En 1964, j'avais chargé un copiste de copier cette partie, ce qu'il fit. Il semble que le manuscrit original remonte au Ve siècle de l'Hégire. Son propriétaire, Ṭāhir ibn Barakāt al-Khushūʿī 67 (mort en 482 H/1090 J.-C.), était un homme de hadith. Il l'avait entendu à Damas, avec la Sīra complète, en présence de plusieurs savants de son temps, d'après al-Khaṭīb al-Baghdādī 68 en l'an 454 H. Al-Baghdādī était venu à Damas environ quatre ans plus tôt, quittant Bagdad après la fitna d'al-Basāsīrī 69. Certains de ses disciples nous ont laissé une liste des livres qu'il avait emportés à Damas, dont la Sīra d'Ibn Isḥāq. Dans ma vérification de ces deux fragments, j'ai consacré mes efforts à produire un texte correct, et j'ai cherché à réduire au minimum les notes de bas de page autant que possible. La vérification de la poésie qu'ils contiennent, surtout dans le premier fragment, n'a pas été aisée, en raison de la faiblesse de cette poésie versifiée et de son absence dans d'autres sources. J'ai eu recours à plusieurs spécialistes de la langue arabe, et j'ai utilisé des dictionnaires, notamment Lisān al-ʿArab 70, al-Mukhaṣṣaṣ 71 d'Ibn Sīda 72, al-Qāmūs al-Muḥīṭ 73 et autres. J'ai également eu recours à un grand nombre de sources de la Sīra et de livres de ses récits. Pour l'identification des lieux, ma source principale a été Muʿjam al-Buldān 74 de Yāqūt 75. En plus de cela, j'ai utilisé les livres de la bibliothèque géographique arabe, notamment Ṣifat Jazīrat al-ʿArab 76 d'al-Hamdānī 77. Mon espoir est grand d'avoir donné à ce qui subsiste de la Sīra d'Ibn Isḥāq l'effort et l'attention qu'il mérite. Dieu Très-Haut est Celui qui accorde le succès, et c'est Lui le but ultime. À Lui la louange et la grâce, et que la prière et la paix soient sur l'homme parfait et le Prophète infaillible, Muḥammad ibn ʿAbd Allāh. Damas, 15/8/1976, Suhayl Zakkār 78.
- īlāf : Système de pactes commerciaux et de sécurité conclus par les Qurayshites avec les tribus et les régions avoisinantes pour assurer la protection de leurs caravanes.
- Nabatéens : Peuple arabe antique ayant établi un royaume centré sur Pétra (actuelle Jordanie), connu pour son écriture dérivée de l'araméen, ancêtre de l'écriture arabe.
- Sīra : Biographie du Prophète Muhammad, incluant ses actions, paroles et expéditions militaires.
- Ṭabaqāt : Ouvrages de classification biographique par générations ou catégories, notamment des Compagnons, des transmetteurs de hadiths, etc.
- al-kamala : Terme médinois désignant ceux qui maîtrisaient l'écriture, la natation et le tir à l'arc, considérés comme des compétences complètes.
- Anṣār : Les « Auxiliaires » : habitants de Médine (Yathrib) qui accueillirent et soutinrent le Prophète Muhammad et les émigrés mecquois après l'Hégire.
- Hégire : Émigration du Prophète Muhammad de La Mecque à Médine en 622 C, marquant le début du calendrier islamique.
- umma : Communauté des croyants musulmans, dépassant les liens tribaux et ethniques.
- amṣār : Villes de garnison fondées par les conquérants arabes, servant de bases militaires et administratives.
- Sīra prophétique : Biographie du Prophète Muhammad, incluant sa vie, ses actions et ses enseignements.
- maghāzī : Expéditions militaires menées par le Prophète Muhammad ; genre littéraire historique les décrivant.
- Gens du Livre : Terme coranique désignant les Juifs et les Chrétiens, considérés comme ayant reçu des Écritures révélées.
- Jāhiliyya : Période préislamique, littéralement « ignorance », caractérisée par le polythéisme et l'absence de révélation prophétique.
- Ayyām al-'Arab : « Jours des Arabes » : récits des batailles et conflits tribaux de l'époque préislamique.
- Maghāzī : Ouvrage traitant des expéditions militaires du Prophète Muhammad.
- al-Muṣannaf : Recueil de hadiths classés par thèmes, œuvre de 'Abd ar-Razzāq aṣ-Ṣan'ānī.
- asānīd : Chaînes de transmission orale des hadiths et des récits historiques, garantissant leur authenticité.
- Tābi'ūn : « Suivants » : génération de musulmans ayant connu les Compagnons du Prophète sans avoir connu le Prophète lui-même.
- mawlā : Affranchi ou client, personne liée par un pacte de clientèle à une tribu ou à une personne, souvent d'origine non arabe.
- biṭār : Littéralement « vétérinaire » ou « maréchal-ferrant » ; ici, au sens figuré, celui qui examine et vérifie la qualité des ḥadīths, comme on examine un cheval.
- dajjāl min al-dajājila : Imposteur parmi les imposteurs ; terme péjoratif fort, dérivé de dajjāl (imposteur, charlatan).
- al-Madīna : Médine, ville sainte de l'islam, où se trouve la mosquée du Prophète.
- al-mu'āṣara ḥijāb : Proverbe signifiant que le fait d'être contemporain empêche une évaluation objective, car la rivalité ou la familiarité voile la vérité.
- muḥaddithūn : Spécialistes du ḥadīth, qui étudient et transmettent les traditions prophétiques.
- al-mutaḥarrij : Qui fait preuve de scrupule religieux, qui évite soigneusement ce qui est douteux.
- al-qadar : Le libre arbitre ; doctrine théologique affirmant que l'homme a le pouvoir de choisir ses actes, opposée au fatalisme (jabr).
- zandaqa : Hérésie, souvent associée au manichéisme ou à l'incrédulité cachée ; un zindīq est un hérétique.
- muḥāfiẓū al-ruwāt : Les traditionalistes conservateurs, ceux qui veillent strictement à l'authenticité des transmissions.
- al-Baṣra : Bassora, ville d'Irak, centre intellectuel important à l'époque.
- tashayyu' : Tendance à favoriser 'Alī et sa famille (Ahl al-Bayt), pouvant aller jusqu'au chiisme.
- Sīra : Biographie du Prophète Muhammad.
- Banū Hāshim : Les Hachémites, clan du Prophète ; les Anṣār sont les Médinois qui ont accueilli et soutenu le Prophète.
- Maghāzī : Expéditions militaires du Prophète ; terme souvent synonyme de Sīra.
- al-Ḥīra : Ancienne ville d'Irak, près de Kūfa, résidence des rois lakhmides avant l'islam.
- Qadariyya : Partisans du libre arbitre (qadar), courant théologique opposé aux jabriyya (fatalistes).
- Amr ibn 'Ubayd : Célèbre théologien qadarite de Bassora (mort en 144 H/761 M).
- Ibn al-Ash'ath : Chef de la révolte contre les Omeyyades (82-84 H/701-703 M).
- qadarite : Relatif au qadar, partisan du libre arbitre.
- al-Bakkā'ī : Ziyād ibn 'Abd Allāh al-Bakkā'ī, transmetteur de la Sīra d'Ibn Isḥāq.
- waṣī : Exécuteur testamentaire ; ici, désigne 'Alī comme successeur spirituel du Prophète.
- Ibn Khallikān : Célèbre biographe (mort en 681 H/1282 M), auteur de Wafayāt al-A'yān.
- wijāda : Trouvaille ; méthode de transmission où l'on trouve un manuscrit sans avoir entendu directement le maître.
- ijāza : Autorisation ; permission donnée par un maître de transmettre ses enseignements.
- isnād : Chaîne de transmission d'un ḥadīth, garantissant son authenticité.
- al-Mubtada' : Le commencement ; première partie de la Sīra traitant de la création, des prophètes antérieurs, etc.
- isrā'īliyyāt : Récits issus de traditions juives et chrétiennes, souvent utilisés dans les commentaires coraniques.
- Ibn Isḥāq : Muḥammad ibn Isḥāq (mort en 150 H/767 M), premier grand biographe du Prophète.
- Sīra : Biographie du Prophète Muhammad, genre littéraire historique et religieux.
- Ibn Isḥāq : Muhammad ibn Isḥāq (mort vers 150 H/767 J.-C.), célèbre historien et biographe du Prophète, auteur de la première Sīra complète.
- Ismāʿīl : Ismaël, fils d'Abraham, considéré comme l'ancêtre des Arabes.
- mission : La bi'thah, l'envoi de Muhammad comme prophète.
- Isrā'īliyyāt : Récits d'origine juive ou chrétienne intégrés dans la tradition islamique.
- période mecquoise : Période de la vie du Prophète à La Mecque avant l'Hégire (610-622 J.-C.).
- période médinoise : Période après l'Hégire à Médine (622-632 J.-C.).
- annonces : Prophéties ou signes annonçant la venue de Muhammad.
- Ibn ʿAdī : Abū Aḥmad ʿAbd Allāh ibn ʿAdī al-Jurjānī (mort en 365 H/976 J.-C.), critique de hadith.
- al-Kāmil : Ouvrage d'Ibn ʿAdī sur les faiblesses des transmetteurs de hadith.
- Maghāzī : Expéditions militaires du Prophète ; genre littéraire historique.
- hadiths : Traditions rapportant les paroles et actes du Prophète.
- imams : Autorités religieuses, savants éminents.
- Badr : Bataille de Badr (2 H/624 J.-C.), première grande victoire des musulmans.
- Uḥud : Bataille d'Uḥud (3 H/625 J.-C.), défaite des musulmans.
- Ve siècle de l'Hégire : XIe siècle J.-C.
- al-Qarawiyyīn : Université et mosquée de Fès, fondée en 859 J.-C.
- Nāṣir ad-Dīn al-Albānī : Savant contemporain en hadith (1914-1999 J.-C.).
- Ẓāhiriyya : Bibliothèque à Damas, fondée au XIIIe siècle.
- Ṭāhir ibn Barakāt al-Khushūʿī : Transmetteur de hadith mort en 482 H/1090 J.-C.
- al-Khaṭīb al-Baghdādī : Aḥmad ibn ʿAlī al-Baghdādī (mort en 463 H/1071 J.-C.), célèbre historien de Bagdad.
- fitna d'al-Basāsīrī : Révolte du général turc al-Basāsīrī contre le califat abbasside (1055-1059 J.-C.).
- Lisān al-ʿArab : Grand dictionnaire arabe d'Ibn Manẓūr (mort en 711 H/1311 J.-C.).
- al-Mukhaṣṣaṣ : Encyclopédie lexicale d'Ibn Sīda.
- Ibn Sīda : ʿAlī ibn Ismāʿīl al-Mursī (mort en 458 H/1066 J.-C.), lexicographe.
- al-Qāmūs al-Muḥīṭ : Dictionnaire de al-Fīrūzābādī (mort en 817 H/1415 J.-C.).
- Muʿjam al-Buldān : Dictionnaire géographique de Yāqūt.
- Yāqūt : Yāqūt al-Ḥamawī (mort en 626 H/1229 J.-C.), géographe et biographe.
- Ṣifat Jazīrat al-ʿArab : Description de la péninsule arabique par al-Hamdānī.
- al-Hamdānī : Abū Muḥammad al-Ḥasan al-Hamdānī (mort en 334 H/945 J.-C.), géographe et historien yéménite.
- Suhayl Zakkār : Historien syrien contemporain (né en 1936 J.-C.), éditeur de la Sīra d'Ibn Isḥāq.
Première partie du livre des expéditions militaires [1], d'après la transmission de Yūnus…
Première partie du livre des expéditions militaires [1], d'après la transmission de Yūnus ibn Bukayr [2] d'après Muḥammad ibn Isḥāq [3].
Le premier livre des expéditions militaires, d'après la transmission de Yūnus ibn Bukayr d'après Muḥammad ibn Isḥāq. (1) Aḥmad ibn ʿAbd al-Jabbār nous a rapporté, disant : Yūnus ibn Bukayr nous a rapporté, disant : Tout ce qui, dans le hadith d'Ibn Isḥāq, est attribué [à une chaîne de transmission] 1, il me l'a dicté, ou me l'a lu, ou me l'a rapporté ; et ce qui n'est pas attribué, c'est une lecture ; on a lu à Ibn Isḥāq. [Le creusement de Zamzam par ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim.] Aḥmad nous a rapporté, disant : Yūnus nous a rapporté, d'après Muḥammad ibn Isḥāq, disant : Alors que ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim ibn ʿAbd Manāf dormait dans le Ḥijr 2, près de la Kaʿba, il fut visité et reçut l'ordre de creuser Zamzam. On dit qu'elle était restée enfouie depuis la domination des Banū Ismāʿīl l'aîné et de Jurhum 3, jusqu'à ce que ʿAbd al-Muṭṭalib reçût l'ordre de la creuser. ʿAbd al-Muṭṭalib sortit donc vers Quraysh et dit : « Ô assemblée de Quraysh, j'ai reçu l'ordre de creuser Zamzam. » Ils lui dirent : « T'a-t-on indiqué où elle se trouve ? » Il dit : « Non. » Ils dirent : « Retourne donc à ta couche où tu as vu ce que tu as vu ; si cela vient de Dieu, le Puissant et Majestueux, Il te l'indiquera ; mais si cela vient du diable, il ne reviendra pas vers toi. » Il retourna donc et dormit dans sa couche. Il fut visité et on lui dit : « Creuse Zamzam, car si tu la creuses, tu ne le regretteras pas. C'est un héritage de ton père le plus ancien. Elle ne tarit jamais et n'est pas blâmée. Elle abreuve le grand pèlerinage, comme une autruche pleine [de lait] non partagée. Un vœu y est fait par celui qui fait un vœu pour un bienfait 4. C'est un héritage et un pacte solide, pas comme certaines choses que l'on sait. Elle est entre le fumier et le sang. » Alors, quand cela lui fut dit, il demanda : « Où est-elle ? » On lui dit : « Près de la fourmilière, là où le corbeau picorera demain. » Le lendemain matin, ʿAbd al-Muṭṭalib partit avec son fils al-Ḥārith, car il n'avait pas d'autre fils que lui. Il trouva la fourmilière et trouva le corbeau picorant près d'elle, entre les deux idoles : Isāf et Nāʾila, auprès desquelles Quraysh sacrifiait 5. Aḥmad nous a rapporté, disant : Yūnus ibn Bukayr nous a rapporté, d'après Ibn Isḥāq, disant : ʿAbd Allāh ibn Abī Bakr ibn Ḥazm m'a rapporté, d'après ʿAmra bint ʿAbd al-Raḥmān ibn Asʿad ibn Zurāra, d'après ʿĀʾisha, l'épouse du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — qu'elle a dit : « Nous n'avons cessé d'entendre dire qu'Isāf et Nāʾila étaient un homme et une femme de Jurhum qui forniquèrent dans la Kaʿba, et furent transformés en deux pierres. » Aḥmad nous a rapporté, disant : Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, disant : ʿAbd al-Muṭṭalib vint avec la pioche et se leva pour creuser. Quraysh, voyant son sérieux, lui dirent : « Par Dieu, nous ne te laisserons pas creuser entre nos deux idoles auprès desquelles nous sacrifions. » ʿAbd al-Muṭṭalib dit à son fils al-Ḥārith : « Laisse-moi — ou : défends-moi — jusqu'à ce que je creuse ; par Dieu, j'irai jusqu'au bout de ce qui m'a été ordonné. » Quand ils virent sa détermination, ils le laissèrent creuser et s'abstinrent de l'en empêcher. Peu de temps après, le puits lui apparut, et il prononça le takbīr 6. Quraysh reconnut alors qu'il avait dit vrai et obtenu ce qu'il désirait. Ils vinrent à lui et dirent : « C'est le puits de notre père Ismāʿīl, et nous y avons un droit ; associe-nous donc avec toi. » Il dit : « Je ne le ferai pas ; cette affaire m'a été réservée à moi seul, et j'en ai été gratifié parmi vous. » Ils dirent : « Alors, sois équitable envers nous ; car nous ne te laisserons pas sans te disputer à son sujet. » Il dit : « Désignez donc entre moi et vous quelqu'un auprès de qui je plaiderai contre vous. » Ils dirent : « La devineresse des Banū Saʿd ibn Hudhaym. » Il dit : « D'accord. » Elle se trouvait dans les hauteurs du Shām 7. Aḥmad ibn ʿAbd al-Jabbār nous a rapporté, disant : Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, disant : Yazīd ibn Abī Ḥabīb al-Miṣrī m'a rapporté, d'après Muthannā 8 ibn ʿAbd Allāh al-Yazanī, d'après ʿAbd Allāh ibn Zurīr al-Ghāfiqī, disant : J'ai entendu ʿAlī ibn Abī Ṭālib, alors qu'il racontait l'histoire de Zamzam, dire : « Alors que ʿAbd al-Muṭṭalib dormait dans le Ḥijr, il fut visité et on lui dit : 'Creuse Barra.' Il dit : 'Qu'est-ce que Barra ?' Puis cela le quitta. Le lendemain, il dormit dans la même couche, fut visité et on lui dit : 'Creuse al-Maḍnūna.' Il dit : 'Qu'est-ce que al-Maḍnūna ?' Puis cela le quitta. Le lendemain, il retourna dormir dans sa couche, fut visité et on lui dit : 'Creuse Zamzam.' Il dit : 'Qu'est-ce que Zamzam ?' On répondit : 'Elle ne tarit pas et n'est pas blâmée.' Puis on lui décrivit son emplacement. » Il se leva et creusa à l'endroit décrit. Quraysh lui dit : « Qu'est-ce que cela, ô ʿAbd al-Muṭṭalib ? » Il dit : « J'ai reçu l'ordre de creuser Zamzam. » Quand il eut dégagé et qu'ils virent le puits, ils dirent : « Ô ʿAbd al-Muṭṭalib, nous avons un droit avec toi ; c'est le puits de notre père Ismāʿīl. » Il dit : « Il n'est pas à vous ; j'en ai été gratifié à l'exclusion de vous. » Ils dirent : « Alors, plaide contre nous. » Il dit : « Oui. » Ils dirent : « Entre nous et toi, la devineresse des Banū Saʿd ibn Hudhaym, qui se trouve dans les hauteurs du Shām. » ʿAbd al-Muṭṭalib monta avec un groupe de ses frères paternels, et de chaque clan des branches de Quraysh monta un groupe. La terre était alors un désert entre le Shām et le Ḥijāz. Lorsqu'ils furent dans un désert de ces contrées, l'eau de ʿAbd al-Muṭṭalib et de ses compagnons vint à manquer, au point qu'ils crurent à leur perte. Ils demandèrent de l'eau aux gens [de l'autre groupe], qui dirent : « Nous ne pouvons pas vous en donner ; nous craignons le même sort que vous. » ʿAbd al-Muṭṭalib dit à ses compagnons : « Que pensez-vous ? » Ils dirent : « Nous ne voyons que suivre ton avis. » Il dit : « Je pense que chacun de vous creuse sa propre tombe avec le peu de force qui lui reste ; quand l'un de vous meurt, ses compagnons le poussent dans sa tombe, jusqu'à ce que le dernier soit poussé par son compagnon. Perdre un seul homme est moins grave que de vous perdre tous. » Ils firent ainsi. Puis il dit : « Par Dieu, nous jeter nous-mêmes dans la mort, sans parcourir la terre et chercher [de l'eau], c'est de l'impuissance. » Il dit à ses compagnons : « Levez le camp. » Ils levèrent le camp, et il leva le camp. Quand il s'assit sur sa chamelle et qu'elle se mit en marche, une source d'eau douce jaillit de sous son sabot. Il fit s'agenouiller [sa monture] et ses compagnons firent de même ; ils burent, puisèrent et abreuvèrent [leurs bêtes]. Puis ils appelèrent leurs compagnons : « Venez à l'eau, car Dieu, le Puissant et Majestueux, nous a abreuvés. » Ils vinrent, puisèrent et abreuvèrent. Puis ils dirent : « Ô ʿAbd al-Muṭṭalib, par Dieu, le jugement a été rendu en ta faveur. Celui qui t'a abreuvé de cette eau dans ce désert est Celui qui t'a abreuvé de Zamzam. Va, elle est à toi ; nous ne plaiderons pas contre toi. » Aḥmad ibn ʿAbd al-Jabbār nous a rapporté : Yūnus ibn Bukayr, d'après Ibn Isḥāq, disant : Ils repartirent donc, et ʿAbd al-Muṭṭalib poursuivit le creusement. Quand il eut bien creusé, il trouva deux gazelles en or — ce sont les deux gazelles que Jurhum avait enterrées là lorsqu'ils furent chassés de La Mecque 9 — et c'est le puits d'Ismāʿīl fils d'Ibrāhīm, que Dieu, le Puissant et Majestueux, lui donna à boire lorsqu'il eut soif, étant petit. Aḥmad nous a rapporté : Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, disant : ʿAbd Allāh ibn Abī Najīḥ m'a rapporté, d'après Mujāhid, disant : Nous n'avons cessé d'entendre dire que Zamzam est le coup de talon de Jibrīl 10 pour Ismāʿīl lorsqu'il eut soif. Aḥmad nous a rapporté : Yūnus, d'après Saʿīd ibn Maysara al-Bakrī, disant : Anas ibn Mālik nous a rapporté que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « Lorsque Hājar, la mère d'Ismāʿīl la copte, fut chassée par Sāra, et qu'Ibrāhīm l'installa à La Mecque, Hājar eut soif. Jibrīl descendit vers elle et lui dit : 'Qui es-tu ?' Elle dit : 'C'est l'enfant d'Ibrāhīm.' Il dit : 'As-tu soif ?' Elle dit : 'Oui.' Alors il creusa la terre de son aile, et l'eau jaillit. Hājar se pencha pour la boire. Sans cela, elle serait devenue des rivières coulant à flots. » Aḥmad nous a rapporté : Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, disant : Lorsque ʿAbd al-Muṭṭalib eut creusé Zamzam, et que Dieu, le Puissant et Majestueux, la lui eut indiquée et l'en eut gratifié, Dieu, le Puissant et Majestueux, accrut son honneur et son importance parmi son peuple. Toute autre source d'eau à La Mecque fut délaissée lorsqu'elle apparut. Les gens vinrent à elle, recherchant sa bénédiction et connaissant son mérite, en raison de sa proximité avec la Maison [la Kaʿba] et du fait qu'elle était la boisson que Dieu, le Puissant et Majestueux, avait donnée à Ismāʿīl. Aḥmad nous a rapporté, disant : Yūnus nous a rapporté d'après Ṭalḥa ibn Yaḥyā, d'après ʿĀʾisha bint Ṭalḥa, d'après ʿĀʾisha, l'épouse du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — qu'elle a dit : « L'eau de Zamzam est une nourriture qui nourrit et une guérison des maladies. » Aḥmad nous a rapporté, disant : Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, disant : ʿAbd al-Muṭṭalib trouva aussi des épées avec les deux gazelles. Quraysh dit : « Nous avons avec toi, ô ʿAbd al-Muṭṭalib, une part et un droit dans ceci. » Il dit : « Non, mais venez à une chose équitable entre moi et vous : nous tirerons au sort avec des flèches 11. » Ils dirent : « Comment feras-tu ? » Il dit : « Je mettrai deux flèches pour la Kaʿba, deux pour vous, et deux pour moi. Celui pour qui sortira quelque chose, cela lui appartiendra. » Ils dirent : « Tu as été équitable, et nous acceptons. » Il mit donc deux flèches jaunes pour la Kaʿba, deux flèches noires pour ʿAbd al-Muṭṭalib, et deux flèches blanches pour Quraysh. Puis ils les donnèrent à celui qui tirait au sort avec les flèches. ʿAbd al-Muṭṭalib se leva, invoquant Dieu et disant : « Ô Dieu, Tu es le Roi digne de louange, mon Seigneur, Tu es le Commenceur et le Restaurateur, Celui qui retient les montagnes solides. De Toi viennent le nouveau et l'ancien. Si Tu veux, Tu inspires ce que Tu veux, pour l'emplacement des parures et du fer. Décide aujourd'hui ce que Tu veux. J'ai fait un vœu, j'ai contracté des alliances ; je le consacre, mon Seigneur, et je ne reviens pas. » Le tireur de flèches tira : les deux jaunes sortirent pour les deux gazelles, qui revinrent à la Kaʿba. ʿAbd al-Muṭṭalib les fixa à la porte de la Kaʿba ; ce fut le premier or en or dont elle fut parée. Les deux noires sortirent pour les épées et les cottes de mailles 12, qui revinrent à ʿAbd al-Muṭṭalib, et il les prit. Quraysh et les autres Arabes, lorsqu'ils s'efforçaient dans l'invocation, rimaient et composaient des paroles. Et, selon ce qu'ils prétendaient, il était rare qu'une invocation faite par un suppliant fût repoussée. [La demande de protection du jeune Bakrī auprès de la Kaʿba.] Aḥmad nous a rapporté, disant : Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, disant : ʿAbd Allāh ibn Abī Najīḥ m'a rapporté, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿUbayd ibn ʿUmayr, d'après ʿAbd Allāh ibn Khurayt — qui avait vécu la Jāhiliyya 13 — disant : Il n'y avait pas de clan de Quraysh qui n'eût une assemblée connue dans la Mosquée sacrée où ils siégeaient. Les Banū Bakr avaient une assemblée où ils siégeaient. Alors que nous étions assis dans la mosquée, un jeune garçon arriva, entra par la porte de la mosquée en courant, jusqu'à ce qu'il s'accrochât aux voiles de la Kaʿba. Un vieil homme vint derrière lui, le poursuivant, jusqu'à ce qu'il l'atteignît. Quand il voulut le saisir, ses mains se desséchèrent. Nous dîmes : « Comme il est vraisemblable que celui-ci soit des Banū Bakr ! » Nous le prîmes en charge, avec ce que les Arabes racontaient à notre sujet. Nous nous levâmes vers lui et dîmes : « De qui es-tu ? » Il dit : « Des Banū Bakr. » Nous dîmes : « Pas de bienvenue à toi ! Qu'as-tu à faire avec ce garçon ? » Le garçon dit : « Non, par Dieu 14, mon père est mort alors que nous étions de jeunes enfants, et notre mère était veuve, sans personne pour elle. Elle chercha refuge auprès de cette Maison, nous y transporta et recommanda, disant : 'Si je meurs et que vous restez après moi, et que quelqu'un vous opprime ou qu'une affaire vous accable, que celui d'entre vous qui voit cette Maison s'y réfugie, car elle le protégera.' Or, cet homme m'a pris, m'a employé comme serviteur pendant des années, et m'a chargé de garder ses chameaux. Il a amené un troupeau de ses chameaux et m'a emmené avec lui. Quand j'ai vu la Maison, je me suis souvenu de la recommandation de ma mère. » Nous dîmes : « Par Dieu, je vois que tu seras protégé. » Nous allâmes vers l'homme, dont les mains étaient comme deux branches desséchées. Nous le chargeâmes sur un de ses chameaux, l'attachâmes avec des cordes, dirigeâmes ses chameaux et dîmes : « Va-t'en, que Dieu te maudisse ! » [L'histoire d'Abū Bakr al-Ṣiddīq avec un homme mordu par un serpent.] Aḥmad nous a rapporté, disant : Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, disant : ʿAbd al-Raḥmān ibn al-Qāsim m'a rapporté, d'après son père al-Qāsim ibn Muḥammad, d'après Abū Bakr, qu'il a dit : « J'étais un commerçant. Je suivis un col dans un de mes voyages, et voilà qu'un homme [sortit] et dit : 'Me donneras-tu refuge ? Je te donnerai refuge.' Je dis : 'Oui.' Il dit : 'Approche-le.' Je m'approchai, et voilà qu'il était mordu, un serpent l'avait piqué et l'avait atteint. Il dit : 'Ô serviteur de Dieu, peux-tu me faire parvenir aux miens, ici, sous ce col ?' Je dis : 'Oui.' Je le chargeai sur mon chameau et l'amenai aux siens. Un homme du groupe me dit : 'Ô serviteur de Dieu, de qui es-tu ?' Je dis : 'Un homme de Quraysh.' Il dit : 'Par Dieu, je pense que tu es favorisé. Par Dieu, il n'y avait pas de voleur plus hostile que lui.' » Il dit : « Une chamelle à moi, que je nourrissais de pâte, s'égara. Quand j'eus perdu tout espoir, je m'allongeai près de ma selle, me couvris de mon vêtement. Par Dieu, rien ne me réveilla sinon le bruit de ses naseaux remuant mon pied. Je me levai vers elle et la montai. » [L'histoire de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb avec un vieillard très âgé et aveugle.]
Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : celui qui a entendu Ikrima rapporter d'après Ibn Abbas m'a rapporté : Ibn Abbas a dit : « Alors que j'étais assis auprès de 'Umar ibn al-Khattab, et qu'il présentait les gens à leur registre 15, voilà qu'un vieillard aveugle passa, tirant violemment son guide. 'Umar dit : "Je n'ai jamais vu de ma vie un spectacle plus mauvais." Un homme lui dit : "Ô Commandeur des croyants, voici Ibn Sabgha' al-Bahzi, puis al-Sulami, surnommé Burayq." 'Umar dit : "Je sais bien que Burayq est un surnom, quel est son nom ?" Ils dirent : "'Iyad." 'Umar dit : "Appelez-moi 'Iyad." On l'appela, et il dit : "Raconte-moi ton histoire et celle des Banu Sabgha' – ils étaient dix hommes." 'Iyad dit : "C'était une affaire de l'époque préislamique que l'Islam a effacée." 'Umar dit : "Ô Dieu, pardonne ! Comme nous étions enclins à parler des affaires de l'époque préislamique, alors qu'Allah nous a guidés vers l'Islam et nous a comblés de Ses bienfaits !" Il dit : "Ô Commandeur des croyants, j'étais un homme que ma famille avait renié. Les Banu Sabgha' étaient dix, et il y avait entre eux et moi des liens de parenté et de voisinage. Ils me rabaissaient et m'humiliaient. Je les suppliai par Allah, par les liens du sang et par le voisinage d'arrêter, mais ils refusèrent. Je patientai jusqu'à l'entrée du mois sacré 16, puis je levai les mains vers Allah et dis : 'Ô Allah, je T'invoque d'une invocation pressante : Tue les Banu Sabgha' sauf un, puis frappe l'homme et laisse-le assis, aveugle, si bien que lorsqu'il guide, il égare son guide.' Neuf d'entre eux moururent successivement en une seule année, et Allah frappa celui-ci et l'aveugla. Son guide subit de lui ce que tu vois." 'Umar dit : "C'est étonnant." [Abu Taqasif al-Khuna'i et ses frères] Un homme du groupe dit : "Ô Commandeur des croyants, l'histoire d'Abu Taqasif al-Khuna'i, puis al-Hudhali, et de ses frères est plus étonnante que cela." 'Umar dit : "Comment était l'histoire d'Abu Taqasif et de ses frères ?" Il dit : "Ils avaient un voisin qui était à leur égard comme 'Iyad l'était envers les Banu Sabgha'. Ils le rabaissaient et l'humiliaient. Il les invoqua par Allah, par les liens du sang et par le voisinage, mais cela ne les attendrit pas. Il patienta jusqu'à l'entrée du mois sacré, puis leva les mains et dit : 'Ô Allah, Seigneur de tout croyant et de tout craintif, Toi qui entends l'appel de tout implorant, al-Khuna'i, Abu Taqasif, ne m'a pas donné mon dû et n'a pas été équitable. Rassemble donc pour lui les êtres chers et affectueux, entre un effondrement et des éboulements.' Ils descendirent dans un puits qu'ils creusaient à l'endroit décrit, et il s'effondra sur eux. Ce fut leur tombeau jusqu'à ce jour." [Banu Mu'ammil et leur cousin] Un homme du groupe dit : "L'histoire des Banu Mu'ammil des Banu Nasr est plus étonnante que cela. Il y avait une branche des Banu Mu'ammil, et ils avaient un cousin qui avait hérité des biens d'une autre branche. Il se réfugia, lui et ses biens, auprès de cette branche, mais ils le rabaissèrent, l'humilièrent et l'affaiblirent. Il dit : 'Ô Banu Mu'ammil, je me suis réfugié, moi et mes biens, auprès de vous pour que vous me protégiez et me défendiez, mais vous avez rompu mes liens de parenté, mangé mes biens et m'avez humilié.' Un homme parmi eux, nommé Riyyah, se leva et dit : 'Ô Banu Mu'ammil, il dit vrai. Craignez Allah à son sujet et cessez.' Mais cela ne les empêcha pas. Il patienta jusqu'à l'entrée du mois sacré, et lorsqu'ils sortirent pour une expédition 17, il leva les mains et dit : 'Ô Allah, fais-les glisser, les Banu Mu'ammil, et envoie sur leurs nuques une massue, un rocher ou une armée nombreuse, sauf Riyyah, car il n'a pas fait cela.' Ils sortirent, et lorsqu'ils furent en chemin, ils descendirent vers une montagne. Allah envoya du sommet de la montagne un rocher qui entraîna tout sur son passage, pierre ou arbre, jusqu'à les écraser d'un seul coup, sauf Riyyah et les gens de sa tente, car il n'avait pas fait cela." 'Umar ibn al-Khattab – qu'Allah l'agrée – dit : "Ceci est étonnant. Quand cela s'est-il produit ?" Ils dirent : "Ô Commandeur des croyants, tu es plus savant." Il dit : "Je le sais bien. Les gens de l'époque préislamique ne connaissaient ni Seigneur, ni Résurrection, ni Paradis, ni Enfer. Allah exauçait certains d'entre eux contre d'autres, l'opprimé contre l'oppresseur, pour que les uns se retiennent des autres. Puis Allah envoya ce Messager, et ils connurent Allah, la Résurrection, le Paradis et l'Enfer. Allah dit : 'Mais l'Heure est leur rendez-vous, et l'Heure est plus terrible et plus amère 18.' Alors vinrent les délais et les sursis." [Le vœu de 'Abd al-Muttalib] Ahmad ibn 'Abd al-Jabbar nous a rapporté : Yunus ibn Bukayr nous a rapporté d'après Ibn Ishaq : 'Abd al-Muttalib ibn Hashim, selon ce qu'on rapporte, avait fait un vœu lorsqu'il avait subi ce qu'il avait subi de la part des Qurayshites lors du creusement de Zamzam : "Si j'ai dix fils, et qu'ils atteignent l'âge de me protéger, je sacrifierai l'un d'eux à Allah près de la Ka'ba." [Le tirage au sort par les flèches près de la Ka'ba] Lorsque ses fils furent au nombre de dix : al-Harith, al-Zubayr, Hajl, Dirar, al-Muqawwim, Abu Lahab, al-'Abbas, Hamza, Abu Talib et 'Abd Allah, et qu'il sut qu'ils le protégeraient, il les rassembla, les informa de son vœu et les appela à s'acquitter de leur devoir envers Allah. Ils lui obéirent et dirent : "Comment feras-tu ?" Il dit : "Que chacun de vous prenne une flèche et y inscrive son nom, puis venez à moi." Ils firent ainsi, puis vinrent à lui. Il entra avec eux auprès de Hubal 19 à l'intérieur de la Ka'ba. Hubal était la grande idole des Qurayshites à La Mecque. Il se trouvait sur un puits à l'intérieur de la Ka'ba, ce puits où l'on rassemblait ce qui était offert à la Ka'ba. Auprès de Hubal se trouvaient sept flèches, chacune portant une inscription : une flèche portait "le prix du sang" 20 : lorsqu'ils se disputaient au sujet du prix du sang, ils tiraient au sort avec les sept flèches, et celui sur qui tombait le sort devait le payer. Il y avait aussi la flèche "blanche" 21, une flèche portant "oui" pour une affaire : lorsqu'ils voulaient entreprendre quelque chose, ils tiraient au sort avec les flèches ; si la flèche "oui" sortait, ils agissaient ; une flèche portant "non" : lorsqu'ils voulaient une affaire, ils tiraient au sort ; si cette flèche sortait, ils ne faisaient pas cette affaire. Il y avait une flèche "de vous", une flèche "d'un autre que vous", une flèche "attaché" 22, et une flèche "des eaux" : lorsqu'ils voulaient creuser pour trouver de l'eau, ils tiraient au sort avec ces flèches, et selon ce qui sortait, ils agissaient. Lorsqu'ils voulaient circoncire un garçon, marier, enterrer un mort, ou doutaient de la filiation de quelqu'un, ils allaient à Hubal avec lui, et ils apportaient avec eux un devin et cent dirhams au propriétaire des flèches 23 avec lesquelles on tirait au sort. Ils les lui donnaient, puis présentaient la personne concernée et disaient : "Tire au sort. Ô Allah, fais sortir aujourd'hui la vérité par ses mains." Puis ils se tournaient vers Hubal et disaient : "Ô notre dieu, voici untel fils d'untel, comme le prétendent ses parents. Ils veulent telle ou telle chose. Si c'est le cas, fais sortir la flèche 'blanche', ou 'oui', ou 'de vous', et accepte son offrande." Si l'une de ces trois sortait, il était inscrit parmi son peuple comme un membre à part entière. Si la flèche "d'un autre que vous" sortait, il était un allié. Si la flèche "attaché" sortait, il était considéré comme n'ayant ni filiation ni alliance. Si une autre flèche parmi celles qu'ils utilisaient sortait, comme "oui", ils agissaient ; si "non" sortait, ils le remettaient à l'année suivante jusqu'à ce qu'ils reviennent une autre fois. Ils se conformaient à ce que les flèches indiquaient. 'Abd al-Muttalib dit : "Tire au sort pour mes fils avec ces flèches-ci" et l'informa de son vœu. Chacun de ses fils lui donna la flèche portant son nom. 'Abd Allah ibn 'Abd al-Muttalib, le père du Messager d'Allah – qu'Allah le bénisse et le salue – était le plus jeune de ses fils. Il était, avec al-Zubayr et Abu Talib, les fils de Fatima bint 'Amr ibn 'A'idh ibn 'Abd Allah ibn 'Imran ibn Makhzum. Il était, selon ce qu'ils prétendent, le fils préféré de 'Abd al-Muttalib. 'Abd al-Muttalib pensait que si la flèche l'épargnait, c'était une perte. Lorsque le propriétaire des flèches prit les flèches pour tirer au sort, 'Abd al-Muttalib se tint près de Hubal et invoqua : "Ô Allah, que la flèche ne tombe pas sur lui, car je crains que ce ne soit une calamité. S'il est destiné à l'égorgement, je le vois aujourd'hui comme la meilleure flèche, jusqu'à ce qu'il soit destiné au don, qu'il me suffise aujourd'hui de tout troupeau." La flèche tomba sur 'Abd Allah. 'Abd al-Muttalib le prit par la main, prit un couteau, puis se dirigea vers Isaf et Na'ila 24, les deux idoles près desquelles les Qurayshites égorgeaient leurs sacrifices, pour l'égorger. Les Qurayshites se levèrent de leurs assemblées et dirent : "Que veux-tu, ô 'Abd al-Muttalib ?" Il dit : "Je vais l'égorger." Et il récita : "J'ai fait un pacte avec mon Seigneur, et je suis fidèle à mon pacte, aux jours où je creusais, seul avec mon fils. Par Allah, je ne loue rien de ce qu'il loue. Comment pourrais-je Lui être hostile alors que je suis Son serviteur ? Je crains, si je retarde mon vœu, d'être égaré si j'abandonne mon pacte. Je ne pensais pas qu'Il serait seul, comme ce que j'ai vécu un jour auprès de Lui. Il a attristé mon cœur lors du creusement de son puits. Par Allah, mon Seigneur, je ne vivrai pas après lui." Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq : On rapporte que al-'Abbas ibn 'Abd al-Muttalib le tira par-dessous le pied de son père, au point d'égratigner le visage de 'Abd Allah, une égratignure qui resta sur son visage jusqu'à sa mort. Ibn Ishaq dit : Les Qurayshites et ses fils dirent : "Par Allah, tu ne l'égorgeras jamais tant que nous serons vivants, jusqu'à ce que nous trouvions une excuse. Si tu fais cela, un homme viendra avec son fils pour l'égorger. Quelle sera alors la survie des gens ?" Ibn Ishaq dit : Al-Mughira ibn 'Abd Allah ibn 'Amr ibn Makhzum – et 'Abd Allah ibn 'Abd al-Muttalib était le fils de la sœur de sa tribu – dit : "Par Allah, tu ne l'égorgeras jamais jusqu'à ce que nous trouvions une excuse. Si c'est une rançon, nous le rançonnerons avec nos biens." Et il dit, selon ce qu'ils prétendent, ces vers lorsque 'Abd al-Muttalib décida d'égorger 'Abd Allah : "Quelle étrangeté dans le meurtre de 'Abd al-Muttalib, égorgeant un garçon comme une statue d'or ! Ô vieillard, ne te hâte pas dans l'étonnement. Notre fils n'est pas un homme ordinaire parmi les nobles, ni votre fils un homme méprisé et opprimé. Nous le rançonnerons avec nos biens jusqu'à la guerre. Je le rançonnerai avec mes biens et mes dépouilles, et je lutterai pour lui avec colère, avec des pères farouches aux bûches hideuses. L'égorgement de 'Abd Allah parmi nous n'est pas un jeu, un égorgement comme on égorge une victime pour une idole. Non, par le Seigneur de la Maison voilée, que l'égorgé ne se hâte pas avant que nous combattions, d'un combat qui fera tomber les têtes après la colère, avec chaque épée polie, fine, tranchante, comme l'éclair ou le feu dans un vêtement brûlé." Abu 'Amr dit : On dit al-qutb et al-'utb, le coton. Ibn Ishaq dit : Abu Talib dit, lorsque 'Abd al-Muttalib voulut égorger 'Abd Allah – et il était son frère de mère – et lorsque al-Mughira ibn 'Abd Allah ibn 'Amr ibn Makhzum dit ce qu'il dit : "Non, par le Seigneur de la Maison aux idoles, et par le Seigneur de ce qui est monté sur les montures, tout proche ou visiteur, qui visite la Maison d'Allah voilée. L'égorgement de 'Abd Allah n'est pas un jeu, parmi une troupe de jeunes hommes, fils de femmes de noble lignée, au front blanc parmi les chiens, et parmi Makhzum aux nobles ancêtres, possesseurs de chevaux de race et de dômes. Vous n'êtes pas, pour cela, des suiveurs, jusqu'à ce que vous goûtiez la chaleur des combats, avec chaque épée tranchante, au fil aiguisé, brillante dans la main comme un météore, que l'on rencontre parmi les guerriers avec des cicatrices, si le terme du Livre n'est pas hâté. Je dis, et ce que je dis n'est pas blâmable : Ô vieillard, l'injustice a une punition. Nous avons, si les paroles se prolongent, des oncles maternels véridiques comme des lions du fourré. Ils ne le livreront jamais au supplice, jusqu'à ce que le sol boive le sang de gens dont les dépouilles sont interdites." Alors 'Abd al-Muttalib dit : "Allah est mon Seigneur, et je suis fidèle à mon vœu. Je crains mon Seigneur si je désobéis à Son ordre. Par Allah, rien ne peut changer Son décret. Il est mon Protecteur, et à Lui est ma vie. Voici mon fils, j'ai voulu l'égorger. Si Tu le retardes et acceptes mon excuse, et détournes la mort de lui, et détournes la mort sans qu'elle lui nuise, par l'effort d'aucun homme ni par sa faiblesse, autre que Toi, mon Seigneur, et qu'il soit la joie de tout œil qui le regarde, je Te le donne, Seigneur, ne le livre pas à une tristesse qui m'afflige."
Les Qurayshites et ses fils lui dirent : « Ne fais pas cela, mais va au Hedjaz, où il y a une devineresse nommée Najâh, qui a un familier 25. Interroge-la, puis tu seras maître de ta décision : si elle t'ordonne de l'égorger, tu l'égorgeras ; si elle t'ordonne autre chose qui soit pour toi et lui un soulagement, tu l'accepteras. » Il dit : « Oui. » Ils partirent donc et arrivèrent à Médine, mais ils la trouvèrent, selon ce qu'ils prétendent, à Khaybar. Ils montèrent donc jusqu'à elle, l'interrogèrent, et 'Abd al-Muttalib lui raconta son histoire, celle de son fils et le vœu qu'il avait fait. Elle leur dit : « Éloignez-vous de moi aujourd'hui, jusqu'à ce que mon familier vienne à moi, et je l'interrogerai. » Ils sortirent de chez elle, et 'Abd al-Muttalib se leva pour invoquer Dieu – Puissant et Majestueux – en disant : « Ô Seigneur, ne réalise pas ma crainte, et écarte de lui le mal de ce destin, car j'espère pour ce que j'ai semé qu'il devienne un seigneur pour les hommes. » Puis ils revinrent auprès d'elle le lendemain, et elle dit : « Oui, la nouvelle m'est parvenue. Quel est le montant de la diya 26 chez vous ? » Ils dirent : « Dix chameaux » – et c'était ainsi. Elle dit : « Retournez dans votre pays, amenez votre homme et amenez dix chameaux, puis tirez au sort avec des flèches 27 sur eux. Si les flèches sortent contre votre homme, ajoutez des chameaux jusqu'à ce que votre Seigneur – Puissant et Majestueux – soit satisfait. Et si les flèches sortent contre les chameaux, alors votre Seigneur est satisfait : égorgez-les à sa place, et votre homme sera sauvé. » Ils partirent donc et arrivèrent à La Mecque. Lorsqu'ils se furent décidés pour cette affaire, 'Abd al-Muttalib se leva pour invoquer Dieu – Puissant et Majestueux – en disant : « Ô Dieu, Tu es Celui qui fait ce qu'Il veut ; si Tu veux, Tu inspires la droiture et la rectitude. Je suis Ton allié, en dépit de la haine de Ma'add 28, et le donneur à boire à Tes pèlerins pour toujours. Fais-moi hériter de leur fonction d'abreuvement, comme mon père et mon grand-père. Car sache que mon angoisse est l'angoisse d'un grand-père. Tu es Celui qui connaît toute chose solide ; ne réalise donc pas ma crainte au sujet de mon fils, et fais que sa rançon soit ces chameaux à la robe blanche et noire. » Ahmad ibn 'Abd al-Jabbâr nous a rapporté, d'après Yûnus, d'après Ibn Ishâq : Lorsqu'ils eurent placé 'Abd Allâh et dix chameaux, et que 'Abd al-Muttalib se tenait à l'intérieur de la Ka'ba 29 en invoquant et disant : « Ô Dieu, Seigneur des dix après les dix, et Seigneur de celui qui vient avec tout vœu, sauve 'Abd Allâh de l'égorgement, et sauve-le du pair et de l'impair 30. » Puis ils tirèrent au sort, et la flèche sortit contre 'Abd Allâh. Ils ajoutèrent dix chameaux, et le nombre de chameaux atteignit vingt. 'Abd al-Muttalib se leva en invoquant et disant : « Ô Seigneur des vingt et Seigneur du pair, sauve 'Abd Allâh, Seigneur de la faveur, du coup de flèche qui est dans le tronc 31, et donne-lui l'élévation qui est dans l'élévation, et que son coup ne soit pas comme la brûlure, comme la brûlure du feu qui est dans les parois. » Puis ils tirèrent au sort, et la flèche sortit contre 'Abd Allâh. Ils ajoutèrent dix chameaux, et le nombre de chameaux atteignit trente. 'Abd al-Muttalib se leva en invoquant Dieu et disant : « Seigneur des trente et Détenteur des bienfaits, accorde-nous la grâce de ne pas être frappés par le sang. Cet enfant est un trésor qui n'a pas été connu ; mon cœur s'est envolé, tel un homme épris, au souvenir de 'Abd Allâh, jusqu'à ce qu'il soit sauvé, et que soient égorgées les chamelles qui n'ont pas été partagées. Sauve-le d'un coup qui ne blesse pas. » Puis ils tirèrent au sort, et la flèche sortit contre 'Abd Allâh. Ils ajoutèrent dix chameaux, et le nombre de chameaux atteignit quarante. 'Abd al-Muttalib se leva en invoquant Dieu et disant : « Ô Dieu, Seigneur des quarante, puisqu'elles ont atteint ce nombre, sauve mon fils des flèches qui ont été écrites, et égorge les chamelles qui ont été laissées à l'abandon, et qui ont été couvertes dans son meurtre et humiliées. Que Ta satisfaction soit atteinte, notre Seigneur, puisque Tu as fait que l'équité des fils de 'Abd Manâf 32 se soit réalisée. » Puis ils tirèrent au sort, et la flèche sortit contre 'Abd Allâh. Ils ajoutèrent dix chameaux, et le nombre de chameaux atteignit cinquante. 'Abd al-Muttalib se leva en invoquant Dieu – Puissant et Majestueux – et disant : « Ô Seigneur des cinquante, des chameaux gras et bien en chair, de toute chamelle à la bosse énorme qui n'a pas été donnée, si ce n'est à un Seigneur généreux et puissant, sauve 'Abd Allâh, Seigneur des piliers 33, et égorge les chamelles qui n'ont pas été mises à l'attache. » Puis ils tirèrent au sort, et la flèche sortit contre 'Abd Allâh. Ils ajoutèrent dix chameaux, et le nombre de chameaux atteignit soixante. 'Abd al-Muttalib se leva en invoquant et disant : « Ô Dieu, Seigneur des soixante et Seigneur du lieu de rassemblement 34, et Seigneur de celui qui a fait le pèlerinage pour Toi et a prononcé le takbîr 35, qui se hâte vers un Seigneur puissant pour qu'Il pardonne, sauve 'Abd Allâh au moment de l'égorgement, et préserve-le d'un coup qui ne guérit pas, qui atteint l'os et le brise. » Puis ils tirèrent au sort, et la flèche sortit contre 'Abd Allâh. Ils ajoutèrent dix chameaux, et le nombre de chameaux atteignit soixante-dix. 'Abd al-Muttalib se leva en invoquant et disant : « Ô Seigneur des soixante-dix, que j'ai rassemblés, égorge donc les chamelles qui ont été laissées à l'abandon, retenues pour son meurtre et humiliées, et fais sortir la flèche pour elles, puisque je les ai offertes, jusqu'à ce qu'elles constituent une diya complète pour tout tué, puisqu'elle a été acceptée. » Puis ils tirèrent au sort, et la flèche sortit contre 'Abd Allâh. Ils ajoutèrent dix chameaux, et le nombre de chameaux atteignit quatre-vingts. 'Abd al-Muttalib se leva en invoquant et disant : « Ô Seigneur des quatre-vingts et Seigneur de la talbiya 36, et Seigneur de celui qui vient à Toi pour la glorification, fais que la rançon de mon fils soit des chameaux paternels ; tu verras ma gratitude au moment de la sortie de l'état de sacralisation 37, comme la gratitude de celui qui marche sans sandales. Accorde-moi cela, ô Seigneur des faveurs. » Puis ils tirèrent au sort, et la flèche sortit contre 'Abd Allâh. Ils ajoutèrent dix chameaux, et le nombre de chameaux atteignit quatre-vingt-dix. 'Abd al-Muttalib se leva en invoquant et disant : « Ô Seigneur des quatre-vingt-dix et Seigneur de l'abreuvoir 38, et Seigneur de celui qui pousse au lieu de poussée 39, jusqu'à ce qu'ils fassent passer une troupe vers le lieu de rassemblement, sauve pour moi 'Abd Allâh au moment des bras 40, et sauve-le d'un coup qui ne revient pas. » Puis ils tirèrent au sort, et la flèche sortit contre 'Abd Allâh. Ils ajoutèrent dix chameaux, et le nombre de chameaux atteignit cent. 'Abd al-Muttalib se leva en invoquant et disant : « Ô Dieu, Seigneur des cent qui n'ont pas été partagés, et Seigneur de celui qui aime tout lieu marqué, et Seigneur de celui qui a offert un sacrifice pour tout homme en état de sacralisation 41, les cent ont été atteints sans être partagés ; que mes ennemis en soient humiliés, pour qu'ils soient humiliés. » Puis ils tirèrent au sort, et la flèche sortit contre les chameaux. Les Qurayshites et ceux qui étaient présents dirent : « Ton Seigneur est satisfait, et ton fils t'est épargné. » Ahmad ibn 'Abd al-Jabbâr nous a rapporté, d'après Yûnus, d'après Ibn Ishâq : On rapporte que 'Abd al-Muttalib dit : « Non, par Dieu, jusqu'à ce que je tire au sort trois fois. » Ils tirèrent au sort sur les chameaux et sur 'Abd Allâh, et 'Abd al-Muttalib se leva en invoquant et disant : « Ô Dieu, Tu m'as guidé vers Zamzam 42 ; mon fils est le plus aimé de ceux qui parlent. Ne me le montre donc pas ce matin dans le sang, car mon chagrin pénétrerait dans les os. Fais donc que sa rançon soit cent chameaux non partagés, jusqu'à ce que nous le rançonnions avec tout animal non arabe 43. Accorde-moi cela, ô Toi qui possèdes la majesté et la générosité, et fais tomber la mort sur des chamelles à la robe grise. Puis, Seigneur, fais que ce soit une mort, puis détourne la mort vers elles, qu'il soit sauf. Par Ta puissance, ô Dieu, une vie de vieillesse, et si Tu le sauves, il ne sera pas blessé. Il atteindra une vie telle qu'il deviendra vieux, jusqu'à ce que je le voie à chaque arrivée, montrant le bien à celui qui cherche à discerner. » Puis ils tirèrent au sort, et la flèche sortit contre les chameaux. Ensuite, ils recommencèrent une deuxième fois, 'Abd al-Muttalib étant à sa place près de Hubal 44. Lorsqu'ils voulurent tirer au sort, il dit : « Ô Seigneur, ne fais pas que mes ennemis se réjouissent de mon malheur ; mon fils est le fruit de mon cœur. Ne fais donc pas couler son sang dans la vallée, et fais que sa rançon soit aujourd'hui de mes biens : des chamelles laitières, grasses, mes égales, jusqu'à ce qu'elles soient la rançon des enfants. Et ne me fais pas hériter par les chameaux de trait ; mon fils, Seigneur, n'a pas été rançonné, mais c'est le serment du généreux qui jure. Tu vois que je ne suis pas un adversaire. » Puis ils tirèrent au sort, et la flèche sortit contre les chameaux. Ensuite, ils recommencèrent une troisième fois, et 'Abd al-Muttalib se leva en invoquant et disant : « Ô Seigneur, Tu m'as accordé ma demande ; Tu as multiplié ma famille après qu'elle était peu nombreuse. Fais donc que sa rançon soit aujourd'hui toute ma richesse : des chamelles attachées qui traînent leurs ornements. Et ne me le montre pas dans une mauvaise situation, car cela me ferait entrer dans ma descendance, que l'égorgement soit pour la nouvelle lune 45, ou que Tu détournes la mort, je ne m'en soucierais pas, pour mon fils cadet, ô Toi qui possèdes la majesté. Tu es le Protecteur, le Généreux, le Bienfaiteur. Accorde donc aujourd'hui la paix à mon esprit, car les alliés sont descendus, tous pleurant de demande, tout jeune homme blanc comme la lune. » Et Âmina, la mère du Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Ô Seigneur, bénis le garçon au visage lumineux, le Hâshimite 46, au noble lignage. » Puis ils tirèrent au sort avec les flèches sur les chameaux, et ils les égorgèrent. Ensuite, ils les laissèrent, sans que personne ne soit repoussé d'eux. [Mariage de 'Abd Allâh ibn 'Abd al-Muttalib] Ahmad ibn 'Abd al-Jabbâr nous a rapporté, d'après Yûnus, d'après Ibn Ishâq : Puis 'Abd al-Muttalib s'en retourna, tenant la main de 'Abd Allâh. Il passa – selon ce qu'ils prétendent – devant une femme des Banû Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn Qusayy, qui se tenait près de la Ka'ba. Elle lui dit, lorsqu'elle vit son visage – selon ce qu'ils rapportent – : « Où vas-tu, ô 'Abd Allâh ? » Il dit : « Avec mon père. » Elle dit : « Tu as auprès de moi l'équivalent des chameaux qui ont été égorgés pour toi ; unis-toi à moi maintenant. » Il dit : « Mon père est avec moi maintenant, je ne peux ni lui désobéir ni le quitter, et je ne veux rien lui refuser. » Alors 'Abd al-Muttalib l'emmena jusqu'à ce qu'il arrive chez Wahb ibn 'Abd Manâf ibn Zuhra – et Wahb était alors le chef des Banû Zuhra par la lignée et la noblesse – et il lui maria Âmina bint Wahb ibn 'Abd Manâf ibn Zuhra. Elle était alors la meilleure femme des Quraysh par la lignée et la position. Et sa mère était Barra bint 'Abd al-'Uzzâ ibn 'Uthmân ibn 'Abd al-Dâr ibn Qusayy, et la mère de Barra était Umm Habîb bint Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn Qusayy, et la mère d'Umm Habîb était Barra bint 'Awf ibn 'Ubayd ibn Ka'b ibn Lu'ayy. Ibn Ishâq dit : On rapporte qu'il entra chez elle lorsqu'il l'eut épousée, et 'Abd Allâh s'unit à elle, et elle conçut le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. Puis il sortit de chez elle et alla trouver la femme qui lui avait dit ce qu'elle avait dit – elle était la sœur de Waraqa ibn Nawfal ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ – et elle était assise à sa place. Il s'assit près d'elle et dit : « Pourquoi ne m'offres-tu pas aujourd'hui ce que tu m'as offert hier ? » Elle dit : « La lumière qui était en toi t'a quitté ; je n'ai plus besoin de toi aujourd'hui. » Ahmad nous a rapporté, d'après Yûnus, d'après Ibn Ishâq : Elle entendait – selon ce qu'ils rapportent – de son frère Waraqa ibn Nawfal, qui s'était fait chrétien et avait suivi les Écritures, dire qu'il y aurait dans cette communauté un prophète issu des fils d'Ismaël. Elle composa à ce sujet des vers, et son nom était Umm Qibâl bint Nawfal ibn Asad – ainsi dit-il : « Umm Qibâl » : « Maintenant que tu as perdu ce que tu pouvais avoir, et que ce qui t'attirait t'a quitté, tu es venu à moi en te pressant, après l'avoir offert à une autre ; va donc à tes affaires. Ne pense pas aujourd'hui que je suis une ignorante ; plût au ciel que j'eusse obtenu un bien-aimé de toi, ô 'Abd Dâr 47 ! Mais cela est devenu dans la famille de Zuhra, par lequel Dieu soutient les créatures, un homme pieux. » 'Abd Allâh lui répondit : « Tu dis des paroles dont je ne sais pas ce qui sera et ce qui est avant cela. Si tu as perdu ce qui était entre nous de pacte et d'alliance à l'ombre de ta maison, une femme comme toi, je l'ai trouvée à chaque étape, et un homme comme moi n'est pas marchandé chez les femmes qui vendent leur lait. » Umm Qibâl lui dit aussi : « Attache-toi à la famille de Zuhra où qu'ils soient, et à Âmina qui a porté un enfant. Le guidé 48 le verra quand il le verra, avec une lumière qui l'a précédé comme un guide. Il protégera toute femme vertueuse et chaste, quand il ceindra l'épée. Le vent du nord le préservera, et de lui les vents de la sécheresse le compteront comme une fumée. Le fils de Hâshim l'a engendré sans doute, et sa noble mère l'a enfanté comme un héros. Toutes les créatures espèrent en lui tous ensemble ; il dominera les gens, guidé, imam. Dieu l'a créé d'une lumière pure, et Sa lumière a dissipé pour nous les ténèbres. Telle est l'œuvre de ton Seigneur, quand Il l'a favorisé, qu'il marche un jour ou qu'il demeure. Il guidera les gens de La Mecque après la mécréance, et imposera après cela le jeûne. » Et 'Abd al-Muttalib dit : « J'ai invoqué mon Seigneur en secret et en public ; j'ai proclamé ma parole et loué la patience. Ô Seigneur, n'égorge pas mon fils par égorgement, et rançonne-le par les biens, pair et impair. Je Te donne de tout troupeau dix, ou cent, des chameaux bruns, gris et roux, aux marques connues et au désert, pour Dieu, de mes biens, en accomplissement d'un vœu, volontairement, sans que des yeux louches se réjouissent de celui au visage clair, à la noble excuse. Louange à Dieu, le Très-Haut, merci ! Il m'a donné les blancs, les fils de Zuhra. Puis Il m'a suffi dans les affaires, une affaire qui m'avait affligé et brisé le dos. Par le Temple couvert d'un voile, par al-Lât 49 et la Pierre 50 placée en face, je ne serai pas, pour Tes bienfaits, mon Dieu, ingrat, tant que je vivrai et que je visiterai la tombe. »
Ahmad nous a rapporté : Yunus ibn Bukayr nous a rapporté, d'après Ibn Ishaq, qui a dit : mon père Ishaq ibn Yasar m'a rapporté qu'on lui a raconté qu'Abdullah ibn Abd al-Muttalib avait une épouse en plus d'Âmina bint Wahb ibn Abd Manaf. Il passa devant cette épouse alors qu'il portait des traces de boue dues à son travail. Il l'invita à lui, mais elle tarda à répondre à cause de la boue qu'elle voyait sur lui. Il entra donc, lava la boue, puis se dirigea vers Âmina. Ensuite, sa compagne qu'il avait d'abord désirée l'appela, mais il refusa à cause de ce qu'elle avait fait la première fois. Il entra chez Âmina et la prit, puis sortit et l'appela de nouveau. Elle dit : « Je n'ai pas besoin de toi. Tu es passé devant moi avec une lueur entre les yeux 51, et j'espérais l'obtenir de toi. Mais quand tu es entré chez Âmina, elle te l'a prise. » Ahmad nous a rapporté : Yunus ibn Bukayr nous a rapporté d'après Muhammad ibn Ishaq, qui a dit : on m'a raconté que cette épouse disait : « Il passa devant moi et il y avait entre ses yeux une lumière comme une lueur 51, et je l'appelai dans l'espoir qu'elle soit pour moi. Mais il entra chez Âmina et la prit, et elle conçut le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Âmina bint Wahb, la mère du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, racontait que lorsqu'elle conçut Muhammad, que Dieu prie sur lui et le salue, on vint à elle et on lui dit : « Tu as conçu le maître de cette communauté. Quand il tombera à terre, dis : « Je le protège par l'Unique contre le mal de tout envieux, parmi tout homme pieux adorateur, et tout serviteur guide, descendant non excessif, car il est le serviteur du Loué, le Glorieux, jusqu'à ce que je le voie parvenu aux témoignages. » Le signe en est qu'avec lui sortira une lumière qui remplira les palais de Busra 52 en terre de Syrie. Quand il tombera, nomme-le Muhammad, car son nom dans la Torah est Ahmad 53, les habitants du ciel et de la terre le louent, et son nom dans le Furqan 54 est Muhammad. Nomme-le ainsi. » Lorsqu'elle l'enfanta, elle envoya sa servante à Abd al-Muttalib – son père Abdullah était mort alors qu'elle était enceinte ; on dit qu'Abdullah mourut alors que le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, avait vingt-huit mois, mais Dieu sait ce qu'il en est – et elle dit : « Cette nuit, un garçon t'est né, viens le voir. » Quand il vint, elle lui raconta son histoire, ce qu'elle avait vu en le portant, ce qu'on lui avait dit à son sujet, et ce qu'on lui avait ordonné de le nommer. Abd al-Muttalib le prit, l'introduisit auprès de Hubal 55 à l'intérieur de la Kaaba, et se leva pour invoquer Dieu et Le remercier de lui avoir donné cet enfant. Il dit : « La félicité est à Dieu qui m'a donné ce garçon aux bonnes manières. Il a dominé au berceau sur les enfants. Je le protège par Dieu, possesseur des piliers, jusqu'à ce qu'il atteigne la maturité des jeunes hommes, jusqu'à ce que je le voie parvenu à la force des doigts. Je le protège contre tout haineux, contre tout envieux au frein agité, à la volonté sans yeux, jusqu'à ce que je le voie élevant la langue. C'est Toi qui l'as nommé dans le Furqan, dans les livres établis des répétitions, Ahmad écrit sur la langue. » Et Abd al-Muttalib dit, après avoir réglé l'affaire d'Abdullah, l'avoir délivré de l'épreuve où il se trouvait et avoir été inspiré de l'immoler : « J'ai invoqué mon Seigneur d'une invocation de conseiller, l'invocation de quelqu'un qui cherche Son agrément et gagne. Dieu, dans le partage des dons, a donné malgré l'avarice des avares. Zamzam 56 ne la puise que ceux qui puisent, sauf les seaux abondants et débordants. Combien de pèlerins allant et venant Il en a gratifié après la sécheresse du sol brûlé, une irrigation malgré l'ennemi jaloux, après les trésors de bijoux et de lames. Bijoux pour la Maison de Dieu, lieu de passage, Maison sur laquelle la lumière est comme des lampes, édifice d'Abraham aux lieux de prière, construit avec douceur et une patience équilibrée, entre les montagnes dures et les plaines rocailleuses. C'est un lieu de retour pour ceux qui ont des besoins, on le visite de toute vallée lointaine, aux signes confus et aux plaines. » Et Abd al-Muttalib dit : « Louange au Créateur, non aux créatures, quand Il a vu mon effort et mon application, et que je tiens ma promesse et mon engagement, car l'engagement est sujet à retour. Il a dissipé l'angoisse de mon cœur et m'a accordé la rançon de celui qui se rachète. J'ai racheté Abdullah de mes biens, car les fils sont la moelle des foies, leurs fruits sont comme la courge pour le cœur, rouges et noirs, tous des biens. J'ai dit aux gardiens qui les gardent : « Y a-t-il parmi vous quelqu'un qui appelle ? Les chameaux sont un butin entre les gens de la vallée. » Ils les laissèrent en troupeau, montés avec des harnais de fer, comme des outres de provisions. Il les conduit avec des cordes de chasseur, et Abdullah partit avec les vêtements, rendant jaloux mes ennemis parmi les envieux. Je l'ai sauvé d'une dure détresse. » Et Abd al-Muttalib dit aussi : « Louange à Dieu pour ce qu'Il a accordé. Il a donné, malgré l'ennemi, Zamzam, héritage d'un peuple non détruit. Les envieux déchirent les peaux, mais celui qui l'a creusée n'a pas à regretter. Il y a trouvé des bijoux et les a reçus. À Dieu ce qu'Il a fait couler sur elle les flèches, et Dieu a accompli son vœu quand il a juré. Il a donné des fils, une troupe et des serviteurs. Par Dieu, je ne veux pas de péché dans le vœu, ni verser pour Dieu du sang parmi eux, et je les ai accomplis complètement, après avoir été seul, veuf, les ennemis me voyant comme un champion invincible, ou un homme à la tête dure et au regard perçant. » Et Abd al-Muttalib dit : « J'ai invoqué mon Seigneur d'une invocation d'opprimé, quel bon recours que le suppliant affligé ! Louange à Celui qui écoute, l'Étonnant. Il a donné, malgré les possesseurs de fautes, malgré l'inimitié et les défauts, Zamzam, au lieu étonnant, entre le noir de l'idole dressée et la Maison de Dieu aux voiles, et sous la fiente des troupeaux volés. » [Naissance du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue] Ahmad ibn Abd al-Jabbar nous a rapporté : Yunus ibn Bukayr nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Al-Muttalib ibn Abdullah ibn Qays m'a rapporté d'après son père, d'après son grand-père Qays ibn Makhrama, qui a dit : « Moi et le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, sommes nés l'année de l'Éléphant 57, nous étions contemporains. » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, avait vingt ans l'année de Ukaz 58. Ibn Ishaq dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, fut confié à sa mère, et on chercha pour lui des nourrices. On engagea Halima bint Abi Dhu'ayb – Abi Dhu'ayb étant Abdullah ibn al-Harith ibn Shujna ibn Jabir ibn Rizam ibn Nasira ibn Qusayya ibn Nasr ibn Sa'd ibn Bakr ibn Hawazin ibn Mansur ibn Ikrima ibn Khasafa ibn Qays ibn Aylan ibn Mudar – et le nom du père de celui qui allaita le Messager de Dieu était al-Harith ibn Abd al-Uzza ibn Rifa'a ibn un tel ibn Nasira ibn Qusayya ibn Nasr ibn Sa'd ibn Bakr ibn Hawazin. Ses frères de lait étaient : Abdullah ibn al-Harith, Anisa bint al-Harith, et Hudhafa bint al-Harith, qui est al-Shayma' 59 – ce nom l'a emporté, et elle n'est connue dans son peuple que par lui – et elle est la fille de Halima, mère du Messager de Dieu. On rapporte qu'al-Shayma' élevait le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, avec sa mère quand il était chez eux. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Jahm ibn Abi Jahm – affranchi d'une femme de Banu Tamim qui était chez al-Harith ibn Hatib, et on l'appelait l'affranchi d'al-Harith ibn Hatib – m'a rapporté, d'après quelqu'un qui avait entendu Abdullah ibn Ja'far ibn Abi Talib dire : On m'a raconté d'après Halima bint al-Harith – la mère du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, qui l'allaita – qu'elle a dit : « Je vins à La Mecque avec des femmes de Banu Sa'd ibn Bakr, cherchant des nourrissons, en une année de sécheresse 60. J'arrivai sur une ânesse grise qui avait retardé la caravane, avec mon petit garçon et une vieille chamelle. Par Dieu, nous ne dormions pas toutes ces nuits à cause de notre enfant, car je ne trouvais pas assez de lait dans mes seins pour le rassasier, ni dans notre chamelle de quoi le nourrir. Nous arrivâmes à La Mecque. Par Dieu, je ne sais pas une femme parmi nous à qui on n'ait présenté le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Mais quand on disait : « C'est un orphelin », nous le laissions, et nous disions : « Que peut faire pour nous sa mère ? Nous espérons la générosité du père. Quant à la mère, que peut-elle faire pour nous ? » Par Dieu, il ne resta aucune de mes compagnes sans prendre un nourrisson, sauf moi. Quand je ne trouvai personne d'autre, je dis à mon mari al-Harith ibn Abd al-Uzza : « Par Dieu, je déteste retourner parmi mes compagnes sans nourrisson. Je vais aller vers cet orphelin et le prendre. » Il dit : « Cela ne te fait rien. » J'y allai et le pris. Par Dieu, je ne le pris que parce que je ne trouvai personne d'autre. À peine l'eus-je pris et amené à ma monture que mes seins se remplirent de lait à volonté. Il but jusqu'à être rassasié, et son frère but jusqu'à être rassasié. Mon mari se leva et alla vers notre vieille chamelle : elle était pleine de lait. Il la traite, but, et je bus jusqu'à être rassasiée. Nous passâmes une excellente nuit. Mon mari dit : « Ô Halima, par Dieu, je crois que tu as pris un être béni. N'as-tu pas vu le bien que nous avons eu cette nuit depuis que nous l'avons pris ? » Dieu ne cessa de nous accroître le bien, jusqu'à ce que nous repartions vers notre pays. Par Dieu, mon ânesse dépassa la caravane au point qu'aucun âne ne pouvait la suivre, au point que mes compagnes disaient : « Malheur à toi, fille d'Abi Dhu'ayb, est-ce là ton ânesse avec laquelle tu es sortie parmi nous ? » Je disais : « Oui, par Dieu, c'est elle. » Elles disaient : « Par Dieu, elle a quelque chose de particulier. » Nous arrivâmes au pays de Banu Sa'd, et je ne connais pas de terre plus aride que celle-là. Pourtant, mes moutons partaient paître et revenaient le soir repus, pleins de lait, et nous trayions ce que nous voulions, alors qu'autour de nous personne n'avait une brebis donnant une goutte de lait. Leurs moutons revenaient affamés, au point qu'ils disaient à leurs bergers : « Malheur à vous, regardez où paissent les moutons de la fille d'Abi Dhu'ayb, et faites paître avec eux. » Ils faisaient paître avec mes moutons là où ils paissaient, mais leurs moutons revenaient affamés, sans une goutte de lait, tandis que mes moutons revenaient repus et pleins de lait, et nous trayions ce que nous voulions. Dieu ne cessa de nous montrer la bénédiction, et nous la reconnaissions, jusqu'à ce qu'il atteigne deux ans. Il grandissait d'une manière qui ne ressemblait pas aux autres enfants. Par Dieu, il n'avait pas deux ans qu'il était déjà un garçon robuste. Nous l'amenâmes à sa mère, alors que nous étions très attachés à lui à cause de la bénédiction que nous voyions en lui. [Ouverture de la poitrine du Messager] Quand sa mère le vit, nous lui dîmes : « Ô nourrice, laisse-nous ramener notre fils cette année, car nous craignons pour lui les épidémies de La Mecque. » Par Dieu, nous ne cessâmes de la supplier jusqu'à ce qu'elle dise : « D'accord. » Nous le renvoyâmes donc avec nous. Nous restâmes avec lui deux ou trois mois. Alors que nous étions derrière nos tentes, lui et un frère de lait avec nos agneaux, son frère accourut en courant et dit : « Ce frère quraychite 61 a été approché par deux hommes vêtus de blanc, qui l'ont couché et lui ont ouvert le ventre. » Je sortis en courant avec son père vers lui, et nous le trouvâmes debout, le teint pâle. Son père l'embrassa et dit : « Mon fils, qu'as-tu ? » Il dit : « Deux hommes vêtus de blanc sont venus à moi, m'ont couché, m'ont ouvert le ventre, en ont extrait quelque chose qu'ils ont jeté, puis l'ont remis comme il était. » Nous le ramenâmes avec nous. Son père dit : « Ô Halima, je crains que mon fils n'ait été touché. Allons, ramenons-le à sa famille avant que n'apparaisse ce que nous redoutons. » Elle dit : « Nous le chargeâmes, et sa mère ne s'aperçut de rien jusqu'à ce que nous arrivions avec lui. Elle dit : « Qu'est-ce qui vous a fait revenir avec lui ? Vous étiez si désireux de le garder ! » Nous dîmes : « Non, par Dieu, ô nourrice, mais Dieu a accompli notre devoir et nous avons payé ce que nous devions. Nous craignons la perte et les accidents, et nous le ramenons à sa famille. » Elle dit : « Ce n'est pas cela. Dites-moi la vérité sur son affaire. » Elle insista jusqu'à ce que nous lui racontions son histoire. Elle dit : « Avez-vous craint pour lui le diable ? Non, par Dieu, le diable n'a aucun pouvoir sur lui. Il y aura pour ce fils une grande importance. Ne vous ai-je pas raconté son histoire ? » Nous dîmes : « Si. » Elle dit : « Je l'ai porté, et je n'ai jamais porté de grossesse plus légère que celle-ci. Pendant ma grossesse, j'ai vu en songe qu'une lumière sortait de moi, illuminant les palais de Syrie. Puis, quand je l'ai enfanté, il est tombé d'une manière que les nouveau-nés ne font pas : appuyé sur ses mains, levant la tête vers le ciel. Laissez-le donc tous les deux. »
Ahmad nous a rapporté : Yunus ibn Bukayr nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Thawr ibn Yazid m'a rapporté d'après Khalid ibn Ma'dan, d'après les compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) qu'ils ont dit : « Ô Messager d'Allah, informe-nous à ton sujet. » Il répondit : « C'est l'invocation de mon père Abraham, l'annonce de Jésus, et ma mère, lorsqu'elle m'a conçu, a vu sortir d'elle une lumière qui illumina les palais de Busra en Syrie. J'ai été allaité chez les Banu Sa'd ibn Bakr. Alors que j'étais avec un frère de lait parmi nos agneaux, deux hommes vêtus de blanc vinrent à moi, portant une bassine en or remplie de neige. Ils m'ont allongé, ont fendu mon ventre, puis ont sorti mon cœur et l'ont fendu. Ils en ont extrait un caillot noir qu'ils ont jeté, puis ils ont lavé mon cœur et mon ventre avec cette neige jusqu'à ce qu'ils soient purs. Ensuite, ils ont remis mon cœur en place comme il était. Puis l'un d'eux dit à l'autre : « Pèse-le contre dix de sa communauté. » Il me pesa contre dix, et je les surpassai en poids. Puis il dit : « Pèse-le contre mille de sa communauté. » Il me pesa contre mille, et je les surpassai. Alors il dit : « Laisse-le, car si tu le pesais contre toute sa communauté, il les surpasserait. » » Ahmad nous a rapporté : Yunus ibn Bukayr nous a rapporté d'après Abu Sinan al-Shaybani, d'après Habib ibn Abi Thabit, d'après Yahya ibn Ja'da, qui a dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « Deux anges sont venus à moi sous la forme de deux grues, portant de la neige et de l'eau froide. L'un d'eux a fendu ma poitrine, et l'autre a craché de son bec et l'a lavée. » [Le récit de Tubba' al-Himyari] Ahmad ibn Abd al-Jabbar nous a rapporté : Yunus ibn Bukayr nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Ensuite, Tubba' revint de son voyage où il avait parcouru la terre, jusqu'à ce qu'il s'arrête à Médine. Il campa dans la vallée de Quba' et y creusa un puits qui est aujourd'hui appelé le puits du roi. À cette époque, il y avait à Médine des Juifs, les Aws et les Khazraj. Ils se dressèrent contre lui et le combattirent. Ils se battaient contre lui le jour, et le soir, ils lui envoyaient de la nourriture ainsi qu'à ses compagnons. Après qu'ils eurent agi ainsi plusieurs nuits, il eut honte et leur envoya un message pour demander la paix. Un homme des Aws, nommé Uhayha ibn al-Jallah ibn Harish ibn Juhjuba ibn Kalada ibn Awf ibn Amr ibn Awf ibn Malik ibn al-Aws, sortit vers lui, ainsi que Benjamin al-Qurazi, un Juif. Uhayha lui dit : « Ô roi, nous sommes ton peuple. » Benjamin dit : « Ô roi, cette ville, tu ne pourras y entrer, même si tu y mettais toute ton énergie. » Il demanda : « Pourquoi ? » Il répondit : « Parce que c'est la demeure d'un prophète parmi les prophètes, qu'Allah le Très-Haut enverra des Quraysh. » Un informateur vint à Tubba' lui apprenant que le Yémen avait été frappé par un feu qu'Allah avait envoyé et qui brûlait tout sur son passage. Il partit rapidement, accompagné de quelques Juifs, dont Benjamin et d'autres, et il disait : « J'ai fait un vœu solennel, sans mensonge, de ne pas passer tant que le bien-aimé 62 serait au Hijaz, jusqu'à ce qu'un savant des Qurayza vienne à moi, un rabbin, par ta vie, parmi les Juifs, un chef. Il m'a donné un conseil pour me dissuader d'approcher une ville interdite 63 à cause de Muhammad. » Ahmad nous a rapporté : Yunus d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Ensuite, il partit en voyage jusqu'à ce qu'il soit à al-Daff de Jamdan, à deux nuits de la Mecque. Des gens de Hudhayl ibn Mudrika vinrent à lui – c'était leur territoire – et dirent : « Ô roi, veux-tu que nous te montrions une maison remplie d'or, de rubis et d'émeraudes, que tu pourras prendre et dont tu nous donneras une part ? » Il dit : « Oui. » Ils dirent : « C'est la maison de la Mecque. » Tubba' partit donc, décidé à détruire la Maison 64. Mais Allah le Très-Haut envoya contre lui un vent qui paralysa ses mains et ses pieds et lacéra son corps. Il envoya chercher les Juifs qui étaient avec lui et dit : « Malheur à vous ! Qu'est-ce qui m'a frappé ? » Ils dirent : « As-tu fait quelque chose ? » Il dit : « Qu'ai-je fait ? » Ils dirent : « As-tu eu une intention ? » Il dit : « Oui, des gens de cette demeure d'où nous sommes partis sont venus à moi et m'ont montré une maison remplie d'or, de rubis et d'émeraudes. Ils m'ont invité à la détruire et à prendre ce qu'elle contient, à condition de leur en donner une partie. J'ai accepté cela, et je suis parti décidé à la détruire. » Les Juifs qui étaient avec lui dirent : « C'est la Maison sacrée d'Allah 65. Quiconque veut la détruire périt. » Il dit : « Malheur à vous ! Quel est le moyen de sortir de ce dans quoi je suis tombé ? » Ils dirent : « Tu dois avoir l'intention de faire le tour 66 comme le font ses habitants, de la couvrir 67 et d'offrir des sacrifices 68. » Il eut cette intention, et Allah le Très-Haut le libéra. Et il dit dans son poème : « À al-Daff de Jamdan, je suis monté en gravissant, jusqu'à ce que des serviteurs de Hudhayl viennent à moi. Ils m'ont parlé de la Maison, disant : son trésor est des perles, des rubis et des émeraudes. J'ai voulu une chose, mais mon Seigneur l'a empêchée, et le Seigneur repousse la destruction de la mosquée. » Ensuite, il partit et entra à la Mecque. Il fit le tour de la Maison 69 et courut entre Safa et Marwa 70. Il vit en songe qu'il devait couvrir la Maison, et il la couvrit de nattes 71. Il fut le premier à la couvrir. Puis il vit en songe qu'il devait la couvrir de quelque chose de mieux, et il la couvrit de tissus ma'afiri 72. Puis il vit en songe qu'il devait la couvrir de quelque chose de mieux encore, et il la couvrit de wasa'il 73, des vêtements du Yémen. Il resta à la Mecque six jours – selon ce qui m'a été rapporté – y sacrifiant des animaux pour les gens, nourrissant ceux qui s'y trouvaient et leur donnant du miel à boire. On dit que Tubba' fut le premier à la couvrir, et il recommanda aux Jurhum 74 qui en étaient les gardiens de la purifier, de ne pas y approcher de cadavre, de sang, ni de mielana 75 – c'est-à-dire la femme en période de menstrues – et il lui fit une porte et une clé. Et Tubba' dit dans un poème : « Nous avons sacrifié dans le défilé 76 six mille [bêtes], et tu voyais les gens affluer vers elles. Et nous avons couvert la Maison qu'Allah a rendue sacrée de vêtements brodés et de manteaux. Nous y sommes restés six jours du mois, et nous avons mis un verrou à sa porte. Nous avons ordonné aux Jurhum de faire le bien, car ils étaient témoins de ses soins. Et nous avons ordonné qu'on n'approche pas de la femme en période de menstrues, ni de cadavre, ni de sang répandu. Puis nous sommes partis, nous dirigeant vers Suhayl 77, notre étendard levé et noué. » Ahmad nous a rapporté : Yunus d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Lorsqu'il voulut partir pour le Yémen, il voulut emporter la Pierre de l'angle 78 avec lui. Les Quraysh se rassemblèrent auprès de Khuwaylid ibn Asad ibn Abd al-Uzza ibn Qusayy et dirent : « Qu'est-ce qui nous arrive, ô Khuwaylid, si cet homme emporte notre pierre ? » Il dit : « Quoi donc ? » Ils dirent : « Tubba' veut prendre notre pierre pour l'emporter dans son pays. » Khuwaylid dit : « La mort est préférable à cela. » Puis il prit son épée, sortit, et les Quraysh sortirent avec leurs épées jusqu'à ce qu'ils arrivent chez Tubba'. Ils dirent : « Que veux-tu, ô Tubba', avec la Pierre ? » Il dit : « Je veux l'emporter chez mon peuple. » Les Quraysh dirent : « La mort est plus proche que cela. » Puis ils sortirent jusqu'à la Pierre et se tinrent autour d'elle, s'interposant entre lui et ce qu'il voulait. Khuwaylid dit alors un poème : « Laisse-moi, ô mère d'Amr, et ne me blâme pas. Et doucement, ô reprocheur, ne me réprimande pas. Laisse-moi, je n'accepterai pas l'humiliation d'eux, par la Maison d'Allah, jusqu'à ce qu'ils me tuent. Quelle serait mon excuse, alors que j'ai cette épée, une épée tranchante qui atteint la garde dans ma main droite ? Mais je n'ai trouvé aucun moyen d'éviter cela, et je suis sur le point de subir ce qu'ils m'imposent. » Ahmad nous a rapporté : Yunus d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Ensuite, il partit en direction du Yémen avec ses troupes, jusqu'à ce qu'il y arrive. Les habitants du Yémen avaient deux villes : l'une appelée Ma'rib et l'autre Zafar. La résidence du roi à Ma'rib était construite en plaques d'or, et sa résidence à Zafar était construite en marbre. En hiver, il séjournait à Ma'rib, et en été, à Zafar. À Ma'rib, les fils des rois étaient élevés et apprenaient à parler. Lorsque le fils d'un Himyarite atteignait l'âge adulte, on disait : « Envoyez-le à Ma'rib pour apprendre l'éloquence. » À Zafar, il y avait une colonne 79 du pays sacré, sur laquelle était écrit en écriture ancienne : « À qui appartient le royaume ? Zafar, aux Himyarites vertueux. À qui appartient le royaume ? Zafar, aux Perses vertueux. À qui appartient le royaume ? Zafar, aux commerçants qurayshites. » Lorsque Tubba' y arriva, les Juifs déployèrent la Torah et invoquèrent Allah le Très-Haut contre le feu jusqu'à ce qu'Allah l'éteigne. Les habitants du Yémen avaient un démon qu'ils adoraient. Ils lui avaient construit une maison en or et placé devant elle des bassins. Ils y sacrifiaient des animaux, et le démon sortait, buvait de ce sang, leur parlait et répondait à leurs questions. Ils l'adoraient donc. Lorsque les Juifs eurent éteint le feu, ils dirent à Tubba' : « Notre religion, celle que nous pratiquons, est meilleure que la tienne. Si tu suivais notre religion, tu verrais que ton dieu ne t'a été d'aucune utilité, ni à ton peuple, face à ce qui vous a frappés. » Tubba' dit : « Que devons-nous faire de lui, alors que nous voyons de lui ce que vous voyez de prodiges ? » Ils dirent : « Que penses-tu si nous le faisons sortir de chez toi ? Nous suivras-tu dans notre religion ? » Il dit : « Oui. » Ils vinrent donc à la porte de cette maison, s'assirent dessus avec leur Torah, et se mirent à invoquer les noms d'Allah le Très-Haut. Lorsque le démon entendit cela, il ne put rester et sortit en plein jour jusqu'à tomber dans la mer, tandis qu'ils le regardaient. Tubba' ordonna que la maison où il se trouvait soit démolie. Certains rois himyarites se convertirent au judaïsme, et certains prétendent que Tubba' lui-même s'était converti. Ahmad nous a rapporté : Yunus d'après Zakariyya ibn Yahya al-Madani, qui a dit : Ikrima nous a rapporté, disant : J'ai entendu Ibn Abbas dire : « Ne vous méprenez pas sur l'affaire de Tubba', car il était musulman. » [Le meurtre de Tubba'] Ahmad ibn Abd al-Jabbar nous a rapporté : Yunus ibn Bukayr d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Lorsque Tubba' eut fait ce qu'il fit, les rois himyarites se fâchèrent et dirent : « Il ne s'est pas contenté de prolonger nos campagnes et de nous éloigner de nos familles, mais il a aussi attaqué notre religion et blâmé nos pères. » Ils se réunirent pour le tuer et nommer son frère comme successeur. Tous les rois furent d'accord, sauf Dhu Ghamdan, qui refusa de se joindre à eux. Ils se soulevèrent contre lui, le saisirent pour le tuer. Il leur dit : « Pensez-vous me tuer ? » Ils dirent : « Oui. » Il dit : « Quant à moi, si vous me tuez, enterrez-moi debout, car votre royaume demeurera tant que je resterai debout. » Lorsqu'ils l'eurent tué, ils dirent : « Par Allah, il ne nous dominera ni vivant ni mort. » Ils le retournèrent donc sur la tête. Dhu Ghamdan dit alors un poème à propos de ce qui s'était passé : « Si Himyar a trahi et trompé, alors l'excuse d'Allah est pour Dhu Ra'in. N'y a-t-il personne qui achète la veille contre le sommeil ? Heureux celui qui passe la nuit l'œil tranquille. » Et Abd Kulal dit après le meurtre de son frère et leur nomination de lui comme successeur, lorsqu'il eut tué les notables de Himyar : « J'ai assouvi mon âme contre celui qui, hier encore, avait l'œil tranquille, après qu'ils eurent tué mon généreux. Lorsque j'eus fait cela, mon cœur fut frappé par ce que j'avais commis, un meurtre odieux. Ils m'ont incité à tuer un frère généreux, et ce n'est pas le fait d'un homme de valeur d'être vil. Je suis devenu comme si mon cœur était dans une aile, dans une vie qui ne revient pas au bonheur. Mon cœur est devenu comme un fou qui s'élance vers les buts, sans ami proche. Lorsque j'eus tué par lui des nobles, et qu'ils furent tous comme résignés, je revins à ce qui était de moi, comme si mon cœur n'avait pas de blessures. Que le Seigneur de la création récompense Dhu Ra'in d'une récompense éternelle, pour un appel généreux. Car je le préserverai, ainsi que mon Seigneur, et je lui donnerai le nouveau et l'ancien. » Et Abd Kulal dit aussi en pleurant son frère : « J'ai obéi au peuple lorsqu'ils ont tous triché, alors que j'avais des soupçons sur la tromperie du conseiller. Si j'avais obéi à mon conseil, ô Ra'in, je lui aurais dit, et ma parole aurait une issue. Je n'ai pas élevé la parole pour lui, et je suis devenu comme un esclave errant. Lorsque j'eus accepté sa parole, sur les âmes, pour le droit de la honte, alors, celui qui m'obéit désormais, je m'efforcerai de parler clairement. Lorsque je les rencontrai, cela établit pour cette âme un souci apaisant. » Ensuite, ils nommèrent un frère de Tubba', appelé Abd Kulal. On raconte qu'il ne pouvait pas dormir la nuit. Il envoya chercher les Juifs qui étaient là et dit : « Malheur à vous, que pensez-vous de mon état ? »
Ils dirent : « Tu ne dormiras pas avant d'avoir tué tous ceux qui t'ont aidé à assassiner ton frère. » Il les poursuivit donc et tua les chefs et les notables de Himyar. Ensuite, un fils de Tubba', nommé Daws, partit et arriva chez César. C'est de là que vient le proverbe yéménite : « Ni comme Daws, ni comme celui qui suspend sa selle. » Lorsqu'il arriva chez César, il entra et lui dit : « Je suis le fils du roi des Arabes. Mon peuple a agi perfidement contre mon frère et l'a tué. Je suis venu pour que tu envoies avec moi quelqu'un qui te soumette mon pays, car leur roi, qui a régné après mon père, a tué leurs nobles et leurs chefs. » César convoqua ses patrices et dit : « Que pensez-vous de son affaire ? » Ils dirent : « Nous pensons que tu ne dois envoyer personne avec lui au pays des Arabes, car nous ne sommes pas sûrs qu'il ne les fasse pas périr. Il est peut-être venu pour les anéantir. » César dit : « Que dois-je faire de lui, puisqu'il est venu me demander secours ? » Ils dirent : « Écris-lui une lettre pour le Négus 80, roi d'Abyssinie, car le roi d'Abyssinie est soumis à l'empereur de Rome. » Il lui écrivit donc et lui ordonna d'envoyer des hommes avec lui dans son pays. Daws partit avec la lettre de César et arriva chez le Négus. Lorsque celui-ci la lut, il se prosterna et l'adora 81, et envoya avec lui soixante mille hommes, dont il confia le commandement à Ruzbah. Ils partirent par mer et accostèrent sur la côte du Yémen. Daws et son peuple sortirent à leur rencontre. Les Himyarites sortirent aussi – et les Himyarites étaient alors les cavaliers du Yémen – et ils livrèrent un combat acharné à cheval. Ils les chargeaient par escadrons 82, puis les attaquaient. Chaque fois qu'un escadron était anéanti, un autre le suivait. Voyant cela, Ruzbah dit à Daws : « Tu ne m'as amené ici que pour que ton peuple me massacre. Je vais commencer par toi et te tuer avant de tuer les autres. » Daws dit : « Ne fais pas cela, ô roi, mais laisse-moi te conseiller et accepte mon conseil. » Il dit : « Oui, conseille-moi. » Daws lui dit : « Ô roi, les Himyarites ne combattent qu'à cheval. Ordonne à tes hommes de jeter devant eux leurs boucliers 83 et leurs écus 84. » Ils firent ainsi. Les Himyarites chargeaient, mais les chevaux glissaient sur les boucliers et les écus, désarçonnant leurs cavaliers, qui étaient alors tués par les autres. Ils continuèrent ainsi jusqu'à ce qu'ils fussent écrasés, car les autres étaient plus nombreux. Puis ils marchèrent jusqu'à entrer dans Sanaa, et ils s'emparèrent de Sanaa et du Yémen. Parmi les compagnons de Ruzbah se trouvait un homme appelé Abraha al-Ashram 85, père de Yaksoum. Lorsqu'ils eurent conquis le Yémen, Abraha dit à Ruzbah : « Je suis plus digne de ce commandement que toi. » L'autre dit : « Comment cela, alors que le roi m'a envoyé ? » Il dit : « Même si le roi t'a envoyé, je suis plus digne que toi de ce commandement. » L'autre refusa, et Abraha fut suivi par des gens de son peuple. Ils sortirent pour combattre. Lorsqu'ils se firent face pour se battre, Abraha dit à Ruzbah : « Pourquoi anéantir les Abyssins, ce qui ferait perdre notre royaume dans ce pays ? Sors, et celui de nous deux qui tuera l'autre aura le royaume. » L'autre dit : « Oui. » Ruzbah était un homme corpulent, tandis qu'Abraha était un homme trapu et de petite taille. Abraha dit à son esclave : « Quand je sortirai pour le combattre en duel, viens par derrière et tue-le. Ses compagnons ne feront que fuir, et tu auras de moi ce que tu demanderas de mon royaume. » Lorsqu'ils sortirent, Ruzbah dégaina son épée contre Abraha et le frappa au milieu de la tête. L'esclave d'Abraha le frappa par derrière et le coupa en deux. Les compagnons de Ruzbah l'emportèrent, et ceux d'Abraha emportèrent ce dernier. Ensuite, ils se mirent d'accord sur Abraha, car il n'y avait personne parmi eux qui lui fût comparable. La nouvelle parvint au Négus, qui lui écrivit une lettre de menace. Abraha se rasa la tête, prit de la poussière de sa terre et l'envoya au Négus en disant : « Ô roi, voici ma tête et la poussière de ma terre ; elles sont sous tes pieds. Moi et Ruzbah étions tes deux serviteurs. J'ai estimé que j'étais plus capable que lui de gérer ton affaire, c'est pourquoi j'ai fait ce que j'ai fait. » Le Négus lui écrivit pour lui donner son agrément et le confirma dans son royaume. Ensuite, Abraha al-Ashram, père de Yaksoum, construisit une Ka'ba 86 au Yémen, y plaça des dômes d'or et ordonna aux habitants de son royaume d'y faire le pèlerinage, imitant ainsi la Maison sacrée 87. [Récit de l'Éléphant] Ahmad ibn Abd al-Jabbar nous a raconté, d'après Yunus, d'après Ibn Ishaq : Un homme des Banu Milkan ibn Kinana, qui était des Hums 88, partit et arriva au Yémen. Il y entra, regarda autour de lui, puis s'assit et y déféqua. Abraha entra et trouva cette souillure. Il dit : « Qui a osé faire cela contre moi ? » Ses compagnons dirent : « C'est un homme de cette Maison vers laquelle les Arabes font le pèlerinage. » Il dit : « C'est donc contre moi qu'il a osé cela, par ma religion chrétienne ! Je vais détruire cette Maison et la raser afin que jamais plus aucun pèlerin n'y vienne. » Il fit venir l'éléphant et ordonna à son peuple de se préparer au départ, ainsi qu'à ceux qui le suivaient parmi les Yéménites. La plupart de ceux qui le suivirent étaient des 'Akk, des Ash'aris et des Khath'am. Ils partirent en scandant : « Le pays est un pays dévoré, que dévorent 'Akk, les Ash'aris et l'éléphant. » Il se mit en marche jusqu'à ce qu'il fût sur sa route. Il envoya un homme des Banu Sulaym pour appeler les gens au pèlerinage vers la Maison qu'il avait construite. Un homme des Hums, des Banu Kinana, le rencontra et le tua. Lorsque la nouvelle lui parvint, sa rage et sa colère augmentèrent, et il accéléra la marche. Lorsqu'il arriva en vue de la vallée de Wajj 89 à Ta'if, les Thaqif sortirent et dirent : « Ô roi, nous sommes tes serviteurs. Notre déesse 90 n'est pas celle que tu veux – ils voulaient dire al-Lat, leur idole – et ce n'est pas vers elle que les Arabes font le pèlerinage. C'est la Maison des Quraysh, vers laquelle les Arabes se rendent. » Il dit : « Trouvez-moi un guide pour m'y conduire. » Ils envoyèrent avec lui un homme des Hudhayl, appelé Nufayl 91, qui partit les guider. Lorsqu'ils furent à al-Mughammas 92, ils y campèrent, à six miles de La Mecque. Ils envoyèrent leurs avant-gardes à La Mecque. Les Mecquois se dispersèrent sur les sommets des montagnes, disant : « Nous n'avons pas la force de combattre ces gens. » Il ne resta à La Mecque que 'Abd al-Muttalib ibn Hashim, qui resta à sa citerne 93, et Shayba ibn 'Uthman ibn 'Abd al-Dar, qui resta à la garde de la Maison. 'Abd al-Muttalib saisit les montants de la porte et dit : « Ô Dieu, l'homme protège sa demeure, protège donc Ta demeure. Que ne triomphent pas leur croix et leur ruse perfide, qu'ils n'entrent pas demain dans le pays sacré. Ordonne ce que Tu voudras. » Il voulait dire : « Fais ce que Tu veux, ce que Tu ne nous as pas fait. » Ensuite, les avant-gardes d'Abraha capturèrent des troupeaux appartenant aux Quraysh, parmi lesquels deux cents chameaux appartenant à 'Abd al-Muttalib ibn Hashim. Lorsque la nouvelle lui parvint, il sortit et arriva chez les gens. Le chambellan 94 d'Abraha était un Ash'ari, qui connaissait 'Abd al-Muttalib auparavant. Lorsque 'Abd al-Muttalib arriva chez lui, l'Ash'ari dit : « Quel est ton besoin ? » Il dit : « Mon besoin est que tu demandes pour moi la permission d'entrer chez le roi. » Le chambellan entra et dit : « Ô roi, le seigneur des Quraysh est venu te voir, celui qui nourrit leurs bêtes dans la plaine et leurs bêtes sauvages dans la montagne. » Il dit : « Permets-lui d'entrer. » 'Abd al-Muttalib était un homme imposant et beau. Il entra donc. Lorsque Abraha le vit, il le tint en grande estime et ne voulut pas le faire asseoir à ses pieds, mais il ne voulut pas non plus le faire asseoir avec lui sur son trône. Il descendit donc de son trône, s'assit par terre et fit asseoir 'Abd al-Muttalib à côté de lui. Puis il dit : « Quel est ton besoin ? » Il dit : « Mon besoin est de récupérer deux cents chameaux que ton avant-garde a capturés et qui m'appartiennent. » Abraha dit : « Par Dieu, je t'ai vu et tu m'as plu, puis tu as parlé et tu m'as déçu. » Il dit : « Pourquoi, ô roi ? » Il dit : « Parce que je suis venu pour une Maison qui est votre protection contre les Arabes, votre supériorité sur les gens, votre honneur sur eux, et votre religion que vous adorez. Je suis venu pour la détruire, et on a capturé deux cents chameaux qui t'appartiennent. Je t'ai demandé ton besoin, et tu m'as parlé de tes chameaux, sans rien demander pour votre Maison ! » 'Abd al-Muttalib dit : « Ô roi, je ne te parle que de mes biens. Quant à cette Maison, elle a un Seigneur qui la protégera. Je n'ai rien à voir avec elle. » Cela impressionna Abraha, et il ordonna de rendre les chameaux de 'Abd al-Muttalib. 'Abd al-Muttalib s'en retourna. Ils passèrent cette nuit-là. Ce fut une nuit sombre, dont les étoiles semblaient leur parler, tant elles étaient proches d'eux. Leurs âmes pressentirent le châtiment. Leur guide sortit, entra dans le sanctuaire et les abandonna. Les Ash'aris et les Khath'am se levèrent, brisèrent leurs lances et leurs épées, et se déclarèrent innocents devant Dieu de toute aide à la destruction de la Maison. Ils passèrent ainsi la pire des nuits. Puis, à l'aube, ils se mirent en route. Ils firent avancer leur éléphant, voulant entrer dans La Mecque au matin. Ils le dirigèrent vers La Mecque, mais il s'accroupit. Ils le frappèrent, mais il se roula par terre. Ils continuèrent ainsi jusqu'à ce qu'ils fussent sur le point d'atteindre La Mecque au matin. Ensuite, ils s'adressèrent à l'éléphant et dirent : « Par Dieu, nous ne te dirigerons pas vers La Mecque. » Ils firent des serments, et il remua les oreilles, les écoutant. Lorsqu'ils eurent multiplié les serments, il se leva. Ils le dirigèrent vers le Yémen pour qu'il retourne, et il partit au trot. Ils le firent tourner lorsqu'ils le virent s'éloigner, mais lorsqu'ils le ramenèrent à sa place initiale, il s'accroupit et se roula par terre. Voyant cela, ils lui firent des serments, et il se mit à remuer les oreilles, les écoutant. Lorsqu'ils eurent multiplié les serments, il se leva. Ils le dirigèrent vers le Yémen, et il partit au trot. Voyant cela, ils le firent revenir, et il revint avec eux. Lorsqu'il fut à sa place initiale, il s'accroupit. Ils le frappèrent, mais il se roula par terre. Ils continuèrent ainsi à le tourmenter jusqu'au lever du soleil. Alors des oiseaux venant de la mer, semblables à des hirondelles 95, noirs, fondirent sur eux. Chaque oiseau avait dans son bec une pierre et dans ses pattes deux pierres. Lorsqu'ils en lançaient une, elle partait, et un autre arrivait. Aucune de ces pierres ne tombait sur un ventre sans le transpercer, ni sur un os sans le briser et le perforer. Abraha se leva pour fuir, mais quelques pierres l'atteignirent. Chaque fois qu'il posait le pied sur une terre, une partie de son corps se détachait, jusqu'à ce qu'il arrivât au Yémen, où il ne restait plus rien de lui, sinon qu'il avait été anéanti. Lorsqu'il arriva, sa poitrine se fendit, son ventre se déchira, et il mourut. Aucun des Ash'aris ni des Khath'am ne fut touché. Lorsqu'ils appelèrent leur guide, ils dirent : « Ô Nufayl, ô Nufayl ! » Mais Nufayl était entré dans le sanctuaire. C'est à ce sujet que Nufayl dit : « Ô Rudayna, arrête ta chamelle, nous t'avons comblée de bienfaits au matin. Car si tu avais vu – mais tu ne le verras pas – près d'al-Muhassab 96 ce que nous avons vu, tu aurais craint et pris peur, et tu n'aurais pas regretté ce qui a été perdu. J'ai craint Dieu quand j'ai vu des oiseaux et le jet de pierres lancées sur nous. Et tous demandent des nouvelles de Nufayl, comme si les Abyssins avaient une dette envers lui. » Al-Mughira ibn 'Abd Allah ibn 'Umar ibn Makhzum dit : « Tu as retenu l'éléphant à al-Mughammas, tu as anéanti Abraha et al-Mughallis 97. Tu les as écrasés sans être écrasé, tu les as piétinés sans être piétiné. » 'Abd al-Muttalib dit, en scandant et en invoquant Dieu contre les Abyssins : « Ô Seigneur, je n'espère qu'en Toi. Ô Seigneur, protège Ton sanctuaire contre eux. L'ennemi de Ta Maison est Ton ennemi. Ils ne vaincront pas Ta force. » 'Abd al-Muttalib dit aussi lorsqu'ils s'en allèrent : « Tu as protégé la terre que Tu as défendue contre les vils, et Tu n'as pas fait d'elle une demeure pour eux. Tu as protégé La Mecque contre eux, car je suis un homme d'une famille qui n'a jamais été perfide chez les Arabes. Quand j'ai dit : « Ô maître des Abyssins, nous avons des garanties 98 pour empêcher la destruction de l'édifice », il est parti avec son armée, fort de son éléphant, tandis que je suis parti, endurant la mort avec patience, avec des jeunes gens des Quraysh dont la mort ne laisse ni honte ni opprobre à leurs vivants. » Ahmad nous a raconté, d'après Yunus ibn Bukayr, d'après 'Abd Allah ibn 'Awn, d'après Muhammad ibn Sirin, d'après 'Abd Allah ibn 'Abbas, au sujet de la parole de Dieu : « Et Il envoya sur eux des oiseaux par volées 99 » : Ce sont des oiseaux ayant des becs comme des becs d'oiseaux et des pattes comme des pattes de chiens.
Ahmad nous a rapporté : il a dit : mon père et Yūnus nous ont rapporté, tous deux d'après Qays ibn al-Rabīʿ, d'après Jābir ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn Asbāṭ, d'après ʿUbayd ibn ʿUmayr, au sujet du verset : « Et Il envoya sur eux des oiseaux par volées » 100 : il a dit : des oiseaux venus de la mer, semblables à des hommes de l'Inde, « leur lançant des pierres de sijjīl » 101 ; les plus petites étaient comme des têtes d'hommes, les plus grosses comme des chameaux maigres ; ce qu'elles visaient, elles l'atteignaient ; ce qu'elles atteignaient, elles le tuaient. Et mon père y ajouta : al-abābīl 102 signifie se succédant les uns après les autres ; ce qu'elles voulaient, elles l'atteignaient ; ce qu'elles atteignaient, elles le tuaient. Ahmad nous a rapporté : il a dit : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : ʿAbd Allāh ibn Abī Bakr ibn Ḥazm m'a rapporté, d'après ʿAmra bint ʿAbd al-Raḥmān ibn Asʿad ibn Zurāra, d'après ʿĀʾisha, épouse du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), qui a dit : j'ai vu le conducteur de l'éléphant et son cornac, aveugles et paralytiques, mendiant leur nourriture à La Mecque. Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Yaʿqūb ibn ʿUtba ibn al-Mughīra ibn al-Akhnas m'a rapporté, qui a dit : on m'a rapporté que les premières choses vues en terre d'Arabie furent : la rougeole, la variole, et les plantes amères comme le ʿushar 103, le ḥarmal 104 et autres semblables, l'année de l'Éléphant. [Voyage de la mère du Messager à Médine et sa mort.] Ahmad nous a rapporté : Yūnus ibn Bukayr nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : ʿAbd Allāh ibn Abī Bakr ibn Ḥazm m'a rapporté, qui a dit : Āmina bint Wahb, mère du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), emmena le Messager de Dieu chez ses oncles maternels des Banū ʿAdī ibn al-Najjār à Médine, puis revint avec lui ; lorsqu'elle fut à al-Abwāʾ, elle y mourut, alors que le Messager de Dieu avait six ans. Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : le Messager de Dieu était avec son grand-père ʿAbd al-Muṭṭalib. Al-ʿAbbās ibn ʿAbd Allāh ibn Maʿbad m'a rapporté, d'après certains de sa famille, qui a dit : on mettait un tapis pour ʿAbd al-Muṭṭalib, grand-père du Messager de Dieu, à l'ombre de la Kaʿba ; aucun de ses fils ne s'asseyait dessus par respect pour lui. Le Messager de Dieu venait et s'asseyait dessus ; ses oncles voulaient l'écarter, mais son grand-père ʿAbd al-Muṭṭalib disait : « Laissez mon fils », et il lui caressait le dos en disant : « Ce fils mien aura une grande importance. » [Mort de ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim.] ʿAbd al-Muṭṭalib mourut alors que le Messager de Dieu avait huit ans, huit ans après l'Année de l'Éléphant. [Découverte de la tombe de ʿAbd Allāh ibn al-Thāmir.] Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : ʿAbd Allāh ibn Abī Bakr ibn Ḥazm nous a rapporté, qui a dit : un homme à Ṣanʿāʾ creusait une de ses ruines pour quelque chose dont les gens tiraient profit, et il découvrit ʿAbd Allāh ibn al-Thāmir, assis, la main posée sur une blessure à la tête ; quand on éloignait sa main, du sang jaillissait ; quand on la laissait, il la remettait et la posait dessus. À sa main, une bague dont la gravure était : « Mon Seigneur est Dieu ». On écrivit à ce sujet à ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, qui répondit : « Remettez-lui ce qu'il avait et laissez-le en l'état. » Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : il était de la religion de Jésus (sur lui la paix). [Découverte du corps du prophète Daniel.] Ahmad nous a rapporté : il a dit : Yūnus ibn Bukayr nous a rapporté d'après Abū Khalda Khālid ibn Dīnār, qui a dit : Abū al-ʿĀliya nous a rapporté, qui a dit : lorsque nous conquîmes Tustar 105, nous trouvâmes dans le trésor d'al-Hurmuzān 106 un lit sur lequel gisait un homme mort, à côté de sa tête un livre. Nous prîmes le livre et le portâmes à ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, qui fit venir Kaʿb 107 et le fit copier en arabe. Je fus le premier homme des Arabes à le lire ; je le lus comme je lis ce Coran. Je dis à Abū al-ʿĀliya : « Que contenait-il ? » Il dit : « Votre conduite, vos affaires, les mélodies de votre langage, et ce qui adviendra après. » Je dis : « Qu'avez-vous fait de l'homme ? » Il dit : « Nous creusâmes le jour treize tombes séparées ; puis, la nuit venue, nous l'enterrâmes et égalisâmes toutes les tombes pour le cacher aux gens, de peur qu'ils ne l'exhument. » Je dis : « Qu'espéraient-ils de lui ? » Il dit : « Quand le ciel se retenait d'eux, ils sortaient son lit et obtenaient la pluie. » Je dis : « Qui pensiez-vous que fût cet homme ? » Il dit : « Un homme appelé Daniel. » Je dis : « Depuis combien de temps l'avez-vous trouvé mort ? » Il dit : « Depuis trois cents ans. » Je dis : « N'avait-il changé en rien ? » Il dit : « Non, sauf quelques cheveux à sa nuque. Les chairs des prophètes, la terre ne les corrompt pas et les bêtes ne les mangent pas. » [La direction de La Mecque après la mort de ʿAbd al-Muṭṭalib.] Ahmad nous a rapporté : il a dit : Yūnus ibn Bukayr nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : lorsque ʿAbd al-Muṭṭalib fut près de mourir, il dit à ses filles : « Pleurez-moi jusqu'à ce que j'entende ce que vous dites. » Elles étaient six : Umayma, Umm Ḥakīm, Barra, ʿĀtika, Ṣafiyya et Arwā. Umayma dit : « Hélas ! Le berger de la tribu est mort, l'homme des engagements, / Celui qui abreuve les pèlerins, le défenseur de la louange, / Celui qui accueille le voisin étranger dans sa maison / Quand le ciel de la maison se montre avare de pluie. » ʿĀtika dit : « Ô mes yeux, soyez généreux et ne soyez pas avares / De vos larmes, après le sommeil des dormeurs. / Ô mes yeux, versez abondamment et répandez, / Mêlez vos pleurs comme on mêle le vin, / Sur l'homme à la multitude abondante dans les malheurs, / Noble dans ses entreprises et dans la protection, / Sur Shayba 108 de la louange, dont le briquet produit le feu, / Et qui a une foi ferme après une position solide. » Ṣafiyya dit : « Je n'ai pas dormi à cause de la voix d'une pleureuse, la nuit, / Sur un homme dans la plaine du désert. / Alors mes larmes ont coulé / Sur mes joues comme des perles qui tombent, / Sur le généreux Shayba, possesseur des hautes qualités, / Ton père le bien, héritier de toute générosité, / Aux longs bras, noble, d'une taille élevée, / Obéi dans sa tribu, digne de louange, / D'un grand calme, issu de gens nobles, / Généreux, magnanimes, lions. » Al-Bayḍāʾ 109 Umm Ḥakīm dit – et al-Bayḍāʾ est la grand-mère de ʿUthmān ibn ʿAffān, mère de sa mère ; al-Bayḍāʾ était mariée à Kurayz ibn Rabīʿa ibn Ḥabīb ibn ʿAbd Shams, et elle lui donna ʿĀmir et Arwā : « Hélas ! Ô œil, sois généreuse et pleure abondamment, / Pleure celui qui a la générosité et les nobles qualités. / Hélas ! Ô œil, malheur à toi, aide-moi / Par des larmes de pleurs abondants. / Pleure le meilleur de ceux qui montent les montures, / Ton père le bien, le fleuve débordant, / Aux longs bras, Shayba possesseur des hautes qualités, / Noble de caractère, digne de louange dans ses dons, / Liant les liens de parenté, héros, / Et pluie dans les années de sécheresse. / Pleure-le sans te nommer dans le chagrin, / Et pleure comme pleurent les pleureuses. » Barra dit : « Ô mes yeux, soyez généreux de larmes perlées / Sur celui de bon naturel et de vertu, / Sur le noble de race, dont le briquet produit le feu, / Beau de visage, d'une grande importance, / Sur Shayba de la louange, possesseur des vertus, / De la gloire, de la puissance et de l'orgueil, / De la faveur et du calme dans les malheurs, / Abondant en nobles actions, riche en gloire. / Il a une supériorité de gloire sur son peuple, / Éclatante, brillant comme la lumière de la lune. / Les morts sont venues à lui sans lui nuire / Par le cours des nuits et les vicissitudes du destin. » Arwā dit : « Mon œil a pleuré – et il a raison de pleurer – / Sur un homme généreux dont la nature est la pudeur, / Sur un homme au caractère facile, d'origine noble, / De noble race, dont l'intention est élevée, / Sur le généreux Shayba possesseur des hautes qualités, / Ton père le bien, qui n'a pas d'égal, / Aux longs bras, lisse, de haute taille, / Au front blanc comme si son éclat était une lumière, / Et le refuge de Mālik, le printemps de Fihr, / Et leur arbitre quand le jugement est obscur. » Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : ʿAbd al-Muṭṭalib mourut alors que le Messager de Dieu avait huit ans ; personne avant lui ne fut pleuré comme il le fut. Après lui, la charge de Zamzam 110 et de la distribution de l'eau 111 parmi les Banū ʿAbd al-Muṭṭalib revint à al-ʿAbbās ibn ʿAbd al-Muṭṭalib, qui était alors le plus jeune de ses frères. Elle resta entre ses mains jusqu'à l'avènement de l'islam, et il la détenait encore. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) la lui confirma telle qu'elle était, et elle est restée dans la famille d'al-ʿAbbās, en raison de la charge d'al-ʿAbbās, jusqu'à ce jour. Ahmad nous a rapporté : il a dit : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : lorsque ʿAbd al-Muṭṭalib mourut, la direction, l'honneur et l'âge dans son peuple revinrent, parmi les Banū ʿAbd Manāf, à Ḥarb ibn Umayya ibn ʿAbd Shams ibn ʿAbd Manāf. Il nourrit les gens, protégea la tribu, honora son peuple, et dressa une tente à La Mecque pour l'hôte, où il nourrissait quiconque venait à lui. ʿAbd al-Muṭṭalib – selon ce qu'ils prétendent – recommandait Abū Ṭālib au sujet du Messager de Dieu, car ʿAbd Allāh et Abū Ṭālib étaient de même mère. ʿAbd al-Muṭṭalib dit – selon ce qu'ils prétendent – dans sa recommandation – et le nom d'Abū Ṭālib était ʿAbd Manāf : « Je te recommande, ô ʿAbd Manāf, après moi, / Un unique, après son père, seul, / Séparé de lui alors qu'il était au berceau. / Sois pour lui comme une mère dans la tendresse, / Le rapprochant de ses entrailles et de son foie, / Jusqu'à ce que, craignant l'échéance du terme, / J'aie recommandé, espérant le meilleur de notre famille pour l'accueil, / Le fils de celui que j'ai enseveli dans la tombe, / Malgré moi, et non volontairement. » Il me dit – et sa parole est décisive – : « Ô fils de mon frère, tant que je vivrai parmi Maʿadd, / Tu ne seras pour moi que comme le plus proche de mes fils dans l'affection. / Auprès de moi, je vois cela comme la porte de la droiture. / Mais Aḥmad 112 est celui dont on espère la droiture, / Et toute chose dans les affaires est destinée. / J'ai su, par la marque des gens de l'alliance, / Que mon fils est le seigneur des gens du Najd, / Il domine ceux au corps robuste. » Et ʿAbd al-Muṭṭalib dit aussi : « J'ai recommandé à celui dont le surnom est Ṭālib, / ʿAbd Manāf, qui a de l'expérience, / Le fils de celui qui est parti et ne revient pas, / Le fils de mon frère, et les femmes aimantes, / Le fils du bien-aimé, le plus proche des proches. » Il me dit, comme quelqu'un qui réprimande : « Ne me recommande pas, si tu es un réprimandeur, / Un droit certain m'incombe. / Muḥammad, possesseur de la noblesse et des mèches de cheveux, / Mon cœur vers lui se tourne et revient. / Je ne suis pas désespéré, mais désireux, / Que Dieu réalise la parole du moine / À son sujet, et qu'Il favorise la famille de Ghālib. / J'ai entendu les plus étonnantes merveilles / De tout savant et scribe : / Celui-ci mène comme des captifs / Ceux qui habitent al-Abṭaḥ et les montagnes rocheuses, / Et aussi ceux qui reviennent vers le lieu de retour, / Ceux qui résident au sanctuaire ou à l'écart. » Fin de la première partie du livre des Expéditions 113 d'Ibn Isḥāq. La suivra dans la seconde, si Dieu le veut, le récit de Baḥīrā le moine. Louange à Dieu, digne de Sa louange, et que Ses prières soient sur Muḥammad, le meilleur de Ses créatures, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons, et qu'Il leur accorde abondamment la paix. Dieu nous suffit et Il est le meilleur garant.
- musnad : Hadith avec une chaîne de transmission complète et continue remontant au Prophète ou à un compagnon.
- Ḥijr : Espace semi-circulaire adjacent à la Kaʿba, considéré comme faisant partie de la Maison sacrée.
- Jurhum : Tribu arabe ancienne qui aurait habité La Mecque avant Quraysh.
- li-munʿim : Expression signifiant 'pour un bienfaiteur' ou 'pour un bienfait', faisant référence à un vœu.
- Isāf et Nāʾila : Deux idoles que Quraysh vénérait, situées près de la Kaʿba.
- takbīr : Prononciation de 'Allāhu akbar' (Dieu est le plus grand).
- Shām : Région du Levant, incluant la Syrie, la Palestine, la Jordanie et le Liban actuels.
- Muthannā : Probablement une erreur de copiste ; le nom correct est 'Marthad' comme dans la version précédente.
- Jurhum : Tribu arabe ancienne qui aurait habité La Mecque avant Quraysh.
- Jibrīl : L'ange Gabriel dans la tradition islamique.
- al-qidāḥ : Flèches utilisées pour le tirage au sort, sans pointe ni plume.
- al-adrāʿ : Cottes de mailles, armures.
- Jāhiliyya : Période préislamique, littéralement 'l'ignorance'.
- lā wa-llāh : Expression de serment négatif, 'non, par Dieu'.
- diwan : Registre officiel où étaient inscrits les noms des personnes ayant droit à une pension ou à une solde.
- al-shahr al-haram : Mois sacré, durant lequel les combats étaient interdits en Arabie préislamique.
- ʿummar : Expédition militaire ou voyage, peut-être une forme de 'umra (petit pèlerinage) ou de raid.
- Sourate al-Qamar 54:46 : Référence coranique : 'Mais l'Heure est leur rendez-vous, et l'Heure est plus terrible et plus amère.'
- Hubal : Divinité principale des Qurayshites à La Mecque, représentée par une statue dans la Ka'ba.
- al-ʿaql : Prix du sang, compensation versée pour un meurtre ou une blessure.
- al-ghafl : Flèche blanche, sans inscription, utilisée pour indiquer un résultat neutre ou favorable.
- mulṣaq : Flèche indiquant que la personne est 'attachée' à la tribu sans lien de sang ni alliance formelle.
- ṣāḥib al-qidāḥ : Le gardien ou l'officiant chargé de manipuler les flèches de tirage au sort.
- Isāf et Nāʾila : Deux idoles préislamiques situées près de la Ka'ba, où les Qurayshites sacrifiaient leurs offrandes.
- tâbi‘ : Familier, esprit familier ou démon qui assiste un devin.
- diya : Prix du sang, compensation légale pour un meurtre ou une blessure.
- qidâh : Flèches de tirage au sort, utilisées dans les pratiques divinatoires préislamiques.
- Ma‘add : Ancêtre éponyme d'une grande tribu arabe du nord.
- Ka‘ba : Sanctuaire sacré à La Mecque, centre du pèlerinage islamique.
- shaf‘ wa watr : Le pair et l'impair, référence aux nombres et aux sorts.
- jidh‘ : Tronc, ici peut-être le tronc d'un palmier ou un support pour les flèches.
- ‘Abd Manâf : Ancêtre du clan Hâshimite, arrière-grand-père du Prophète.
- arkân : Piliers, peut-être les piliers de la Ka‘ba ou les fondements de la religion.
- mash‘ar : Lieu de rassemblement, peut-être al-Mash‘ar al-Harâm à Muzdalifa.
- takbîr : Prononciation de 'Allâhu Akbar' (Dieu est le plus grand).
- talbiya : Formule de proclamation prononcée par le pèlerin lors du Hajj.
- ihlâl : Entrée en état de sacralisation (ihrâm) pour le pèlerinage.
- mashra‘ : Abreuvoir, lieu où l'on donne à boire.
- madfa‘ : Lieu de poussée, peut-être le lieu de la course de ‘Arafa à Muzdalifa.
- adhdhu‘ : Bras, peut-être les bras de la balance ou un lieu spécifique.
- muhrim : Personne en état de sacralisation (ihrâm) pour le pèlerinage.
- Zamzam : Puits sacré à La Mecque, associé à Ismaël.
- a‘jam : Non-Arabe, ou ici peut-être animal non arabe, c'est-à-dire de race pure.
- Hubal : Divinité préislamique, idole placée dans la Ka‘ba.
- hilâl : Nouvelle lune, ici peut-être référence à un sacrifice lunaire.
- Hâshimite : Membre du clan de Hâshim, tribu du Prophète Muhammad.
- ‘Abd Dâr : Clan qurayshite, descendants de ‘Abd al-Dâr.
- mahdî : Le guidé, titre eschatologique, mais ici peut-être simplement 'celui qui est guidé'.
- al-Lât : Divinité féminine préislamique vénérée à La Mecque.
- hajar : La Pierre noire, encastrée dans un angle de la Ka‘ba.
- ghurra : Lueur ou marque blanche sur le front, symbole de noblesse et de bénédiction.
- Busra : Ancienne ville de Syrie (aujourd'hui Bosra), célèbre pour ses ruines romaines.
- Ahmad : Nom du Prophète dans les Écritures antérieures, signifiant 'le plus loué'.
- Furqan : Le Discernement, un des noms du Coran.
- Hubal : Idole principale des Quraychites à La Mecque avant l'islam.
- Zamzam : Puits sacré situé dans l'enceinte de la mosquée de La Mecque.
- Année de l'Éléphant : Année de la naissance du Prophète (vers 570 ap. J.-C.), marquée par l'attaque d'Abraha avec des éléphants.
- Ukaz : Foire et marché annuel près de La Mecque, lieu de compétitions poétiques.
- al-Shayma' : Surnom de la sœur de lait du Prophète, signifiant 'celle qui a un grain de beauté'.
- année de sécheresse : Période de disette et de manque de pluie.
- quraychite : Membre de la tribu de Quraych, la tribu du Prophète.
- al-makhluq : Le bien-aimé, désignant le Prophète Muhammad (paix sur lui) qui n'était pas encore né.
- mahjura : Interdite, protégée, en référence à Médine.
- al-bayt : La Maison, c'est-à-dire la Kaaba à la Mecque.
- Bayt Allah al-Haram : La Maison sacrée d'Allah, la Kaaba.
- tawaf : La circumambulation autour de la Kaaba.
- kiswa : Le fait de couvrir la Kaaba d'un tissu.
- hady : Offrande sacrificielle, souvent un animal.
- tawaf : Circumambulation rituelle autour de la Kaaba.
- sa'y : La course rituelle entre les collines de Safa et Marwa.
- khusf : Nattes, tissu grossier fait de feuilles de palmier.
- ma'afiri : Tissu de laine ou de coton provenant de Ma'afir au Yémen.
- wasa'il : Vêtements précieux, probablement des brocarts ou des soieries du Yémen.
- Jurhum : Tribu arabe ancienne qui avait la garde de la Kaaba avant les Quraysh.
- mielana : Femme en période de menstrues, considérée comme impure pour les rites.
- al-shi'b : Le défilé, probablement la vallée de la Mecque.
- Suhayl : Étoile Canopus, utilisée pour la navigation ; désigne ici une direction vers le Yémen.
- Hajar al-Rukn : La Pierre noire incrustée dans l'angle de la Kaaba.
- ustuwan : Colonne ou stèle portant une inscription.
- al-Najāshī : Titre du roi d'Abyssinie (Éthiopie) à l'époque préislamique.
- sajada lahu : Se prosterna devant lui, marque de respect et de soumission envers le souverain.
- karādīs : Escadrons ou groupes de cavaliers chargeant en formation.
- turs : Bouclier en cuir ou en bois, souvent rond.
- daraq : Écus ou boucliers, souvent en cuir ou en osier.
- Abraha al-Ashram : Abraha, surnommé al-Ashram (celui qui a la lèvre fendue), gouverneur abyssin du Yémen, connu pour l'expédition de l'Éléphant contre La Mecque.
- Ka'ba : Sanctuaire cubique, ici imité de la Ka'ba de La Mecque, construit par Abraha au Yémen pour détourner le pèlerinage.
- al-bayt al-ḥarām : La Maison sacrée, c'est-à-dire la Ka'ba de La Mecque.
- al-ḥums : Tribus arabes qui observaient des rites particuliers pendant le pèlerinage, considérées comme pieuses.
- Wājj : Vallée près de Ta'if, en Arabie.
- rabbatunā : Notre déesse, ici al-Lat, idole des Thaqif à Ta'if.
- Nufayl : Guide des Hudhayl, mentionné dans les récits de l'expédition de l'Éléphant.
- al-Mughammas : Lieu situé à six miles de La Mecque, où l'armée abyssine campa.
- siqāyatihi : Citerne ou fonction de fournisseur d'eau pour les pèlerins, charge héréditaire des Hāshimites.
- ḥājib : Chambellan ou gardien de la porte, officier de la cour.
- yaḥāmīm : Oiseaux noirs, souvent identifiés à des hirondelles ou des martinets.
- al-Muḥaṣṣab : Lieu près de La Mecque, dans la vallée de Mina.
- al-Mughallis : Surnom d'Abraha, peut-être lié à sa ruse ou à son apparence.
- akhtār : Garanties ou engagements, ici les liens de parenté ou d'alliance.
- abābīl : Par volées, en groupes successifs ; terme coranique (Sourate 105, verset 3).
- abābīl : Pluriel de ibbīl, signifiant 'par volées' ou 'en groupes successifs' ; terme coranique (Sourate 105, verset 3).
- sijjīl : Terme coranique (Sourate 105, verset 4) désignant des pierres d'argile cuite ou pétrifiée.
- al-abābīl : Voir note 1 ; ici expliqué comme 'se succédant les uns après les autres'.
- ʿushar : Plante toxique (Calotropis procera) à latex amer.
- ḥarmal : Plante amère (Peganum harmala) utilisée en médecine traditionnelle.
- Tustar : Ville du Khuzestan (actuel Shushtar en Iran).
- al-Hurmuzān : Gouverneur perse de Tustar, capturé par les musulmans.
- Kaʿb : Kaʿb al-Aḥbār, savant juif converti à l'islam.
- Shayba : Surnom de ʿAbd al-Muṭṭalib, signifiant 'le vieillard'.
- al-Bayḍāʾ : Surnom d'Umm Ḥakīm, signifiant 'la Blanche'.
- Zamzam : Puits sacré à La Mecque, dont la garde était une charge honorifique.
- distribution de l'eau : La siqāya, charge de fournir de l'eau aux pèlerins.
- Aḥmad : Autre nom du Prophète Muhammad, signifiant 'le plus loué'.
- Expéditions : Kitāb al-Maghāzī, ouvrage historique d'Ibn Isḥāq sur les expéditions militaires du Prophète.
Le deuxième volume du Livre des Expéditions [1], d'après la transmission de Yūnus ibn…
Le deuxième volume du Livre des Expéditions [1], d'après la transmission de Yūnus ibn Bukayr [2] d'après Muḥammad ibn Isḥāq [3] et d'autres.
La deuxième partie du livre des Expéditions 1, d'après la transmission de Yūnus ibn Bukayr d'après Muḥammad ibn Isḥāq et d'autres. Transmission du cheikh Abū l-Ḥusayn Aḥmad ibn Muḥammad ibn al-Naqqūr al-Bazzāz d'après Abū Ṭāhir al-Mukhallis d'après Riḍwān d'après Aḥmad ibn ‘Abd al-Jabbār al-‘Aṭāridī d'après Yūnus 2. Que Dieu les agrée tous. Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Je me confie à Dieu. Récit de Baḥīrā le moine 3 Le cheikh Abū l-Ḥusayn Aḥmad ibn Muḥammad ibn al-Naqqūr al-Bazzāz nous a informés, en lecture devant lui et moi entendant, disant : Abū Ṭāhir Muḥammad ibn ‘Abd al-Raḥmān al-Mukhallis nous a informés, disant : On a lu devant Abū l-Ḥusayn Riḍwān ibn Aḥmad, moi entendant, disant : Abū ‘Umar Aḥmad ibn ‘Abd al-Jabbār al-‘Aṭāridī nous a rapportés, disant : Yūnus ibn Bukayr nous a rapportés d'après Muḥammad ibn Isḥāq, qui dit : Or Abū Ṭālib était celui qui prit en charge la tutelle de l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – après son grand-père ; il fut donc sous sa responsabilité et avec lui. Ensuite, Abū Ṭālib partit en caravane vers le Shām 4 pour le commerce. Lorsqu'il se prépara au départ et décida de voyager 5, l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – s'attacha à lui 6 et saisit la bride de sa chamelle en disant : « Ô mon oncle, à qui me confies-tu ? Je n'ai ni père ni mère ? » Abū Ṭālib eut pitié de lui et dit : « Par Dieu, je l'emmènerai avec moi ; il ne me quittera pas et je ne le quitterai jamais » – ou quelque chose d'approchant. Il partit donc avec lui. Lorsque la caravane descendit à Buṣrā 7 en terre de Shām, il y avait là un moine nommé Baḥīrā dans son ermitage. Il était le plus savant des chrétiens ; il n'avait cessé d'être dans cet ermitage, aucun moine n'étant plus savant que lui, selon un livre qu'ils possédaient 8 – prétendaient-ils – qu'ils héritaient de génération en génération. Lorsqu'ils descendirent cette année-là chez Baḥīrā – alors qu'ils étaient nombreux à passer devant lui auparavant sans qu'il ne leur parle ni ne s'occupe d'eux –, cette fois-ci, ils descendirent près de son ermitage. Il leur prépara un grand repas. Cela – prétendaient-ils – à cause d'une chose qu'il avait vue de son ermitage dans la caravane, lorsqu'ils arrivèrent : un nuage les ombrageait, distinct du reste du groupe. Puis ils s'avancèrent jusqu'à descendre à l'ombre d'un arbre près de lui. Il regarda le nuage jusqu'à ce qu'il ombrage l'arbre, et les branches de l'arbre s'inclinèrent 9 sur l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – jusqu'à ce qu'il soit à l'ombre en dessous. Lorsque Baḥīrā vit cela, il descendit de son ermitage, ayant ordonné de préparer ce repas. Puis il envoya quelqu'un leur dire : « J'ai préparé pour vous un repas, ô assemblée de Quraysh, et j'aimerais que vous y assistiez tous, petits et grands, hommes libres et esclaves. » Un homme parmi eux lui dit : « Ô Baḥīrā, tu as aujourd'hui une attitude inhabituelle ; tu ne faisais pas cela auparavant, alors que nous passions souvent devant toi. Quel est donc ton affaire aujourd'hui ? » Baḥīrā lui répondit : « Tu as dit vrai, ce que tu dis est juste, mais vous êtes des hôtes, et j'ai voulu vous honorer et vous préparer un repas dont vous mangerez tous, petits et grands. » Ils se rassemblèrent donc chez lui, mais l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – resta en arrière, à cause de son jeune âge, près des bagages du groupe, sous l'arbre. Lorsque Baḥīrā regarda le groupe, il ne vit pas la description qu'il connaissait et trouvait chez lui. Il dit : « Ô assemblée de Quraysh, que personne d'entre vous ne manque à ce repas ! » Ils lui dirent : « Ô Baḥīrā, il ne manque personne qui devrait venir, sauf un jeune garçon, le plus jeune d'âge, qui est resté près de leurs bagages. » Il dit : « Ne faites pas cela ; appelez-le pour qu'il assiste à ce repas avec vous. » Un homme de Quraysh parmi le groupe dit : « Par al-Lāt et al-‘Uzzā 10, c'est une honte pour nous que le fils de ‘Abd Allāh ibn ‘Abd al-Muṭṭalib manque le repas parmi nous ! » Puis il se leva, le prit dans ses bras, l'amena et l'assit avec le groupe. Lorsque Baḥīrā le vit, il se mit à le regarder intensément, observant certaines parties de son corps qu'il trouvait correspondre à sa description. Lorsque le groupe eut fini de manger et se fut dispersé, Baḥīrā se leva et lui dit : « Ô jeune homme, je te conjure par al-Lāt et al-‘Uzzā de me répondre à ce que je te demande. » Il ne lui dit cela que parce qu'il avait entendu son peuple jurer par elles. On rapporte que l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – lui dit : « Ne me demande rien par al-Lāt et al-‘Uzzā ; par Dieu, je n'ai jamais rien détesté autant que ces deux-là. » Baḥīrā lui dit alors : « Par Dieu, réponds-moi sur ce que je te demande. » Il dit : « Demande-moi ce que tu veux. » Il se mit à l'interroger sur certaines choses de son état : son sommeil, son apparence, ses affaires. L'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – lui répondait, et cela correspondait à ce que Baḥīrā avait de sa description. Puis il regarda son dos et vit le sceau de la prophétie 11 entre ses épaules, à l'endroit correspondant à la description qu'il avait. Lorsqu'il eut fini, il se tourna vers son oncle Abū Ṭālib et lui dit : « Quel est ce jeune homme pour toi ? » Il dit : « Mon fils. » Baḥīrā lui dit : « Ce n'est pas ton fils, et il ne convient pas que le père de ce jeune homme soit vivant. » Il dit : « C'est le fils de mon frère. » Il dit : « Qu'est devenu son père ? » Il dit : « Il est mort alors que sa mère était enceinte de lui. » Il dit : « Tu as dit vrai. Ramène le fils de ton frère dans son pays et prends garde à lui contre les Juifs. Par Dieu, s'ils le voient et reconnaissent de lui ce que j'ai reconnu, ils lui causeront du mal. Car ce fils de ton frère aura une grande importance. Hâte-toi de le ramener dans son pays. » Son oncle Abū Ṭālib partit donc rapidement avec lui et le ramena à La Mecque, après avoir terminé son commerce au Shām. On rapporte, d'après ce que les gens racontent 12, que Zubayr 13, Tammām et Darīs, qui étaient des gens du Livre, avaient vu de l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dans ce voyage avec son oncle Abū Ṭālib certaines choses, et ils voulurent [lui nuire]. Mais Baḥīrā les repoussa 14, leur rappela Dieu – Puissant et Majestueux – et ce qu'ils trouvaient dans le Livre au sujet de sa mention et de sa description, [leur disant] que s'ils persistaient dans leur intention, ils n'arriveraient pas à lui. Ils reconnurent ce qu'il leur dit et le crurent, puis le laissèrent et s'en allèrent. Abū Ṭālib composa à ce sujet des vers, mentionnant son voyage avec l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et ce que ces gens 15 avaient voulu faire, et ce que Baḥīrā leur avait dit : « Certes, le fils d'Āmina, le Prophète Muḥammad, / est chez moi à la place des enfants les plus chers. Lorsqu'il s'attacha à la bride, par pitié pour lui, / alors que les chamelles s'étaient chargées de provisions, Des larmes coulèrent de mes yeux, / comme des perles dispersées. J'ai eu égard à une parenté liée, / et j'ai respecté la recommandation des ancêtres. Je lui ordonnai de voyager parmi des oncles / au visage blanc, nobles et généreux. Ils partirent pour un voyage lointain et connu, / car le voyage du chercheur est long. Lorsque le groupe aperçut Buṣrā, / ils rencontrèrent un piège sur le chemin. Un savant 16 leur rapporta un récit véridique / à son sujet, et repoussa les envieux. Un peuple de Juifs avait vu ce qu'il avait vu : / l'ombre du nuage et la puissance du Fortificateur 17. Ils partirent pour tuer Muḥammad, mais il les en empêcha / et s'efforça au mieux. Baḥīrā détourna Zubayr, qui se détourna / du groupe après dispute et éloignement. Il interdit à Darīs, qui cessa sur sa parole, / un savant dont l'ordre est guidé. » Abū Ṭālib dit aussi : « Ne vois-tu pas qu'après une préoccupation qui m'occupait, / je me suis séparé 18 d'un homme libre aux deux parents nobles ? Avec Aḥmad, lorsque je sellai ma monture / et ma selle, après l'avoir salué, Il pleura de chagrin alors que les chamelles s'éloignaient de nous, / et je saisis de mes deux mains le surplus de la bride. Je me rappelai son père, puis je versai des larmes / qui coulaient des yeux en abondance. Je dis : Va en paix, guidé, parmi des oncles / qui partagent dans l'adversité, non des vils. Nous partîmes avec la caravane dont les gens partirent / vers le Shām, d'origine non shāmienne. Lorsque nous descendîmes à Buṣrā, ils nous observèrent / depuis leurs demeures, regardant avec des corps imposants. Baḥīrā alors, généreux, nous offrit / une boisson agréable et de la nourriture. Il dit : Rassemblez vos compagnons pour notre repas. / Nous dîmes : Nous avons rassemblé le groupe, sauf un jeune orphelin. Il dit : Appelez-le, car notre nourriture / est abondante, aujourd'hui elle n'est pas illicite. Lorsqu'il le vit s'approcher de sa demeure, / protégé de la chaleur du soleil par l'ombre d'un nuage, Il inclina la tête comme pour se prosterner et le serra / contre sa poitrine, d'une étreinte ferme. Un groupe arriva, cherchant ce qu'avait vu / Baḥīrā comme signes au milieu des tentes. Il se leva contre eux, craignant leur violence, / car ils étaient rusés et violents : Darīs et Tammām, et parmi eux / Zubayr, tous éveillés. Ils vinrent, ayant voulu tuer Muḥammad, / mais il les repoussa par une belle argumentation, En interprétant la Torah, jusqu'à ce qu'ils se dispersent, / leur disant : Vous n'êtes pas des vils. Voilà parmi ses signes et sa preuve, / et la nuit claire n'est pas comme l'obscurité. » Abū Ṭālib dit aussi : « Il pleura d'émotion en nous voyant, Muḥammad, / comme s'il ne me voyait pas revenir un jour. Je passai la nuit à l'écarter, ses larmes coulant, / et je le rapprochai de ma couche et de mon oreiller. Je lui dis : Approche-toi, assieds-toi et pars, / et ne crains pas de moi une dureté dans mon pays. Lâche la bride des chamelles et partons avec nous / avec une détermination et une guidance. Va, voyageant parmi les bien-guidés, accompagnant / un parent, non hostile au groupe. Nous partîmes avec la caravane dont le convoi partit, / se dirigeant vers la plaine d'Ībād 19. Ils ne revinrent qu'après avoir vu de Muḥammad / des récits qui dissipent la tristesse de tout cœur. Et jusqu'à ce qu'ils virent le savant de chaque ville / prosterné devant lui, en groupe ou isolé : Zubayr et Tammām, et il y avait présent / Darīs, tous voulant le corrompre. Baḥīrā leur dit une parole, et ils furent convaincus / après dénégation et longue distance, Comme il dit au groupe qui s'était judaïsé / et lutta contre eux en Dieu de toute lutte. Il dit, ne maîtrisant pas son conseil : Repousse-le, / car il a des guetteurs de tout adversaire. Je crains les envieux, et il est / le frère des Écritures, inscrit dans toute encre. » Aḥmad nous a rapportés, disant : Yūnus nous a rapportés d'après Ibn Isḥāq, qui dit : L'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – grandit, Dieu le protégeant, le préservant et le gardant des souillures de l'époque préislamique et de ses vices, en raison de ce qu'Il voulait pour lui comme honneur et mission. Il suivait la religion de son peuple jusqu'à ce qu'il devienne un homme, le plus vertueux de son peuple en noblesse, le meilleur d'entre eux en caractère, le plus noble en relations, le meilleur en voisinage, le plus grand en caractère, le plus véridique en parole, le plus digne de confiance, le plus éloigné des obscénités et des mœurs qui souillent les hommes, par pureté et générosité, au point que son nom dans son peuple était « le Digne de confiance », en raison de ce que Dieu – Puissant et Majestueux – avait rassemblé en lui de qualités vertueuses. L'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, m'a-t-on rapporté, racontait ce dont Dieu le préservait dans sa jeunesse et à l'époque préislamique. Aḥmad nous a rapportés : Yūnus nous a rapportés d'après Ibn Isḥāq, qui dit : Mon père Isḥāq ibn Yasār m'a rapporté d'après quelqu'un qui l'a rapporté d'après l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – qu'il disait, mentionnant la protection de Dieu – Puissant et Majestueux – sur lui : « J'étais avec des garçons de mon âge ; nous avions mis nos vêtements 20 sur nos épaules pour transporter des pierres, jouant, quand quelqu'un me donna un coup violent et dit : « Serre bien ton vêtement autour de toi. » » Aḥmad nous a rapportés, disant : Yūnus nous a rapportés d'après ‘Amr ibn Thābit d'après Simāk ibn Ḥarb d'après ‘Ikrima d'après Ibn ‘Abbās, qui dit : Mon père al-‘Abbās ibn ‘Abd al-Muṭṭalib m'a rapporté, disant : Nous transportions des pierres lorsque Quraysh reconstruisit la Maison 21. Quraysh s'organisa par deux, et les femmes transportaient le mortier, tandis que les hommes transportaient les pierres. Je transportais avec le fils de mon frère 22. Nous portions sur nos nuques, nos vêtements sous les pierres. Lorsque nous étions vus par les gens, nous nous couvrions. Alors que je marchais, Muḥammad – que Dieu prie sur lui et le salue – devant moi, sans rien sur lui, il tomba soudain et se prosterna. Je jetai ma pierre et accourus ; il regardait le ciel au-dessus de lui. Je dis : « Qu'as-tu ? » Il se leva, prit son vêtement et m'interdit de marcher nu. Je gardai cela secret, craignant qu'on dise qu'il était fou, jusqu'à ce que Dieu – Puissant et Majestueux – manifeste sa prophétie.
Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Muhammad ibn 'Abd Allah ibn Qays ibn Makhrama m'a rapporté d'après al-Hasan ibn Muhammad ibn 'Ali ibn Abi Talib, d'après son père, d'après son grand-père 'Ali ibn Abi Talib, qui a dit : J'ai entendu le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — dire : « Je n'ai eu l'intention de rien de ce que les gens de l'époque préislamique avaient l'habitude de faire avec les femmes, sauf deux nuits, et dans ces deux nuits Dieu — Puissant et Majestueux — m'a protégé. Une nuit, j'ai dit à un jeune homme de la Mecque, alors que nous gardions les moutons de notre famille : "Veux-tu surveiller mes moutons pour que j'entre à la Mecque et que j'y veille comme les jeunes gens veillent ?" Il répondit : "Oui." Je suis donc entré, et quand je suis arrivé à la première maison de la Mecque, j'ai entendu des sons de tambourins et de flûtes. J'ai demandé : "Qu'est-ce que c'est ?" On m'a dit : "Untel a épousé Unetelle." Je me suis assis pour regarder, et Dieu a frappé mes oreilles 23. Par Dieu, rien ne m'a réveillé si ce n'est le contact du soleil. Je suis retourné vers mon compagnon, qui m'a demandé : "Qu'as-tu fait ?" J'ai répondu : "Je n'ai rien fait." Puis je lui ai raconté ce que j'avais vu. Une autre nuit, je lui ai dit : "Surveille mes moutons pour que je veille à la Mecque." Il le fit. J'entrai, et quand j'arrivai à la Mecque, j'entendis la même chose que cette nuit-là. Je demandai, et on me dit : "Untel a épousé Unetelle." Je m'assis pour regarder, et Dieu frappa mes oreilles. Par Dieu, rien ne me réveilla si ce n'est le contact du soleil. Je retournai vers mon compagnon, qui me dit : "Qu'as-tu fait ?" Je répondis : "Rien." Puis je lui racontai l'histoire. Par Dieu, après ces deux nuits, je n'ai plus eu l'intention ni ne suis retourné à rien de tel jusqu'à ce que Dieu m'honore de Sa prophétie. » [Histoire de Khadija bint Khuwaylid] Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Khadija bint Khuwaylid était une femme commerçante, noble et riche. Elle engageait des hommes pour travailler avec son argent et leur donnait une part des bénéfices. Les Quraysh étaient un peuple de commerçants. Lorsque lui parvint ce qui lui parvint au sujet du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — concernant la véracité de sa parole, la grandeur de sa loyauté et la noblesse de son caractère, elle lui envoya un message et lui proposa de partir en voyage commercial avec son argent vers la Syrie, en lui donnant plus que ce qu'elle donnait aux autres commerçants, avec un esclave à elle nommé Maysara. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — accepta sa proposition et partit avec son argent, accompagné de son esclave Maysara, jusqu'à ce qu'il arrive en Syrie. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — s'installa à l'ombre d'un arbre près d'un ermitage de moines. Le moine regarda Maysara et dit : « Qui est cet homme qui s'est installé sous cet arbre ? » Maysara lui répondit : « C'est un homme des Quraysh, du peuple du Sanctuaire. » Le moine lui dit : « Personne ne s'est jamais installé sous cet arbre si ce n'est un prophète. » Ensuite, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — vendit la marchandise avec laquelle il était parti et acheta ce qu'il voulait acheter. Puis il retourna vers la Mecque avec Maysara. Maysara, selon ce qu'ils rapportent, voyait, lorsque la chaleur de midi était intense, deux anges qui l'ombrageaient du soleil tandis qu'il montait son chameau. Lorsqu'il arriva à la Mecque auprès de Khadija avec son argent, elle vendit ce qu'il avait apporté, et le bénéfice doubla ou presque. Maysara lui raconta la parole du moine et ce qu'il avait vu des anges l'ombrageant. Or Khadija était une femme avisée, noble et intelligente, avec ce que Dieu — Puissant et Majestueux — voulait pour elle de Son honneur. Lorsque Maysara l'eut informée de ce qu'il lui avait rapporté, elle envoya un message au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — et lui dit — selon ce qu'ils rapportent — : « Ô cousin, j'ai désiré [t'épouser] en raison de ta parenté avec moi, de ton honneur parmi ton peuple, de ta position éminente 24 parmi eux, de ta loyauté à leurs yeux, de la beauté de ton caractère et de la véracité de ta parole. » Puis elle se proposa à lui en mariage. Or Khadija, à cette époque, était la plus noble des femmes de Quraysh par sa lignée, la plus honorable par son rang et la plus riche par ses biens ; tous les gens de son peuple convoitaient cela d'elle, s'ils le pouvaient. Elle est Khadija bint Khuwaylid ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzza ibn Qusayy ibn Kilab ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy ibn Ghalib ibn Fihr ibn Malik ibn al-Nadr ibn Kinana. Sa mère est Fatima bint Za'id ibn al-Asamm ibn Rawaha ibn Hujr ibn 'Abd ibn Mu'ays ibn 'Amir ibn Lu'ayy. Sa mère est Hala bint 'Abd Manaf ibn al-Harith ibn 'Abd ibn Munqidh ibn 'Amr ibn Mu'ays ibn 'Amir ibn Lu'ayy. Sa mère est Unetelle bint Sa'id ibn Sa'd ibn Sahm ibn 'Amr ibn Husays ibn Ka'b ibn Lu'ayy. Sa mère est 'Atika bint 'Abd al-'Uzza ibn Qusayy. Sa mère est Rayta bint Ka'b ibn Sa'd ibn Taym ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy. Sa mère est Qayla bint Hudhafa ibn Jumah ibn 'Amr ibn Husays ibn Ka'b ibn Lu'ayy. Sa mère est Umayma bint 'Amir ibn al-Harith ibn Fihr. Sa mère est la fille de Sa'd ibn Ka'b ibn 'Amr, de Khuza'a. Sa mère est Unetelle bint Harb ibn al-Harith ibn Fihr. Sa mère est Salma bint Ghalib ibn Fihr. Sa mère est la fille de Muharib ibn Fihr. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Lorsqu'elle eut dit au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — ce qu'elle avait dit, il en parla à ses oncles. Hamza ibn 'Abd al-Muttalib sortit avec lui jusqu'à ce qu'ils entrent chez Asad ibn Asad, et il la demanda en mariage. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — l'épousa. Elle lui donna tous ses enfants avant la révélation : Zaynab, Umm Kulthum, Ruqayya, Fatima, al-Qasim, al-Tahir et al-Tayyib. Quant à al-Qasim, al-Tahir et al-Tayyib, ils moururent avant l'islam. C'est d'après al-Qasim qu'il était surnommé — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix. Quant à ses filles, elles atteignirent l'islam, émigrèrent avec lui, le suivirent et crurent en lui — que la paix soit sur lui. [Histoire des savants juifs] Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Les savants juifs et les moines, gens des deux Écritures 25, étaient les plus savants au sujet du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — avant son envoi et à l'époque où ils attendaient [sa venue] parmi les Arabes, en raison de ce qu'ils trouvaient dans leurs livres de ses descriptions, de ce qui y était établi chez eux de son nom, et de l'engagement qu'ils avaient pris à son sujet dans l'alliance de leurs prophètes et de leurs livres de le suivre. Ils demandaient la victoire par lui contre les polythéistes, les gens des idoles, et ils leur annonçaient qu'un prophète serait envoyé avec la religion d'Abraham, nommé Ahmad ; ainsi le trouvaient-ils dans leurs livres et l'alliance de leurs prophètes. Dieu — Béni et Très-Haut — dit : « Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu'ils trouvent écrit chez eux » jusqu'à Sa parole : « Ceux-là sont les bienheureux » 26. Et Dieu — Béni et Très-Haut — dit : « Et quand Jésus, fils de Marie, dit : "Ô enfants d'Israël" » 27 — tout le verset. Et Il dit : « Muhammad est le Messager de Dieu, et ceux qui sont avec lui » 28 — tout le verset. Et Sa parole : « Et ils étaient auparavant ceux qui demandaient la victoire contre ceux qui ont mécru » jusqu'à Sa parole : « Ils ont encouru une colère sur une colère, et pour les mécréants il y a un châtiment humiliant » 29. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Les Arabes étaient illettrés 30 ; ils n'étudiaient aucun livre et ne connaissaient aucun engagement des messagers. Ils ne connaissaient ni le Paradis ni l'Enfer, ni la Résurrection ni le Jugement dernier, si ce n'est quelque chose qu'ils entendaient des gens du Livre, qui ne se fixait pas dans leurs poitrines et qu'ils ne mettaient en pratique dans aucune de leurs actions. Voici ce qui nous est parvenu du récit des savants juifs et des moines au sujet du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — avant que Dieu — Puissant et Majestueux — ne l'envoie, quelque temps auparavant. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : 'Asim ibn 'Umar ibn Qatada m'a rapporté, d'après des anciens parmi nous, qui ont dit : Personne parmi les Arabes n'était plus savant au sujet du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — que nous. Il y avait avec nous des Juifs, qui étaient gens du Livre, tandis que nous étions polythéistes. Lorsque nous obtenions d'eux ce qu'ils détestaient, ils disaient : « Un prophète va être envoyé maintenant, son temps est proche ; nous le suivrons et nous vous tuerons avec lui comme on a tué 'Ad et Iram. » Lorsque Dieu envoya Son Messager, nous le suivîmes, mais ils mécrurent en lui. C'est à propos de nous et d'eux, par Dieu, que Dieu — Puissant et Majestueux — révéla : « Et ils étaient auparavant ceux qui demandaient la victoire contre ceux qui ont mécru ; puis quand leur vint ce qu'ils connaissaient » 31 — le verset. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Salih ibn Ibrahim ibn 'Abd al-Rahman ibn 'Awf m'a rapporté d'après Yahya ibn 'Abd Allah ibn 'Abd al-Rahman ibn Sa'd ibn Zurara, qui a dit : Quelqu'un que je voulais parmi les hommes de mon peuple m'a rapporté d'après Hassan ibn Thabit, qui a dit : Par Dieu, j'étais un jeune garçon d'environ sept ou huit ans, comprenant tout ce que j'entendais, lorsque j'entendis un Juif — alors qu'il était sur sa tour de guet 32 à Yathrib — crier : « Ô communauté juive ! » Lorsqu'ils se rassemblèrent autour de lui, ils dirent : « Malheur à toi ! Qu'as-tu ? » Il dit : « L'étoile d'Ahmad, celui qui sera envoyé, s'est levée cette nuit. » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Salih ibn Ibrahim m'a rapporté d'après Mahmud ibn Labid, d'après Salama ibn Salama ibn Waqsh, qui a dit : Il y avait un Juif parmi nos maisons. Il sortit un matin vers le conseil de mon peuple, les Banu 'Abd al-Ashhal, et parla de la Résurrection, du Jugement dernier, du Paradis et de l'Enfer, du Compte et de la Balance. Il dit cela à des polythéistes qui ne croyaient pas qu'une résurrection pût avoir lieu après la mort, et cela se passait peu avant l'envoi du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix. Ils dirent : « Malheur à toi, ô untel ! Tout cela arrivera-t-il ? Les gens seront-ils ressuscités après leur mort vers une demeure où il y a un Paradis et un Enfer, et seront-ils rétribués pour leurs actions ? » Il dit : « Oui, par Celui par qui on jure ! Je souhaiterais que ma part de ce Feu soit que vous allumiez le plus grand four dans votre maison, que vous le chauffiez, puis que vous m'y jetiez et que vous me recouvriez d'argile, et que je sois sauvé du Feu demain. » On lui dit : « Ô untel, quel est le signe de cela ? » Il dit : « Un prophète sera envoyé de la région de ce pays », et il pointa du doigt vers la Mecque et le Yémen. Ils dirent : « Quand le verras-tu ? » Il jeta un regard et me vit, alors que j'étais couché dans la cour de ma famille. Il dit — et j'étais le plus jeune du groupe — : « Si ce garçon vit assez longtemps, il l'atteindra. » Le temps passa, et Dieu — Puissant et Majestueux — envoya Son Messager — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — alors qu'il était vivant parmi vous. Nous crûmes en lui et le confirmâmes, mais lui mécrut par orgueil et jalousie. Nous lui dîmes : « Ô untel, n'es-tu pas celui qui a dit ce que tu as dit et nous a informés ? » Il dit : « Ce n'est pas lui. » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : 'Asim ibn 'Umar ibn Qatada m'a rapporté d'après un vieillard des Banu Qurayza, qui a dit : Sais-tu quelle fut la cause de l'islam d'Asid 33 et de Tha'laba, les deux fils de Sa'ya, et d'Asad 34 ibn 'Ubayd, un groupe de Hudhayl 35 ? Ils n'étaient pas des Banu Qurayza ni des Banu al-Nadir, mais ils étaient au-dessus de cela. Je dis : « Non. » Il dit : « Un homme de Syrie, parmi les Juifs, nommé Ibn al-Hayyaban, vint chez nous et s'installa parmi nous. Par Dieu, nous n'avions jamais vu un homme meilleur que lui, qui ne manquait pas les cinq prières. Il vint chez nous quelques années avant l'envoi du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix. Lorsque nous souffrions de sécheresse 36 et que la pluie se faisait rare, nous disions : "Ibn al-Hayyaban, sors et implore la pluie pour nous." Il disait : "Non, par Dieu, jusqu'à ce que vous donniez une aumône avant votre sortie." Nous disions : "Combien ?" Il disait : "Un sa' de dattes ou deux mudds d'orge." Nous les donnions, puis nous sortions vers l'extérieur de notre quartier, et nous étions avec lui. Il implorait la pluie, et par Dieu, il ne quittait pas son siège avant que les torrents ne coulent 37. Il fit cela plus d'une fois, deux fois, trois fois. Lorsque sa mort approcha, nous nous rassemblâmes autour de lui et il dit : "Ô communauté juive, que pensez-vous de ce qui m'a fait quitter la terre du vin et du pain 38 pour la terre de la misère et de la faim ?" Ils dirent : "Tu sais mieux." Il dit : "Ce qui m'a fait sortir, c'est que j'attends la venue d'un prophète dont le temps est proche ; cette terre est son lieu d'émigration. Je le suivrai. Ne le devancez pas lorsqu'il viendra, ô communauté juive, car il sera envoyé pour verser le sang et capturer les enfants et les femmes de ceux qui s'opposent à lui. Que cela ne vous empêche pas de le suivre." Puis il mourut. Lorsque vint la nuit où Qurayza fut conquise, ces trois jeunes gens — qui étaient des jeunes hommes — dirent : "Ô communauté juive, par Dieu, c'est celui dont Ibn al-Hayyaban a parlé." Ils dirent : "Ce n'est pas lui." Ils dirent : "Si, par Dieu, c'est lui, et nous attestons qu'il est le Messager de Dieu." Et ils embrassèrent l'islam cette nuit-là. »
Oui, par Dieu, c'est bien Sa description. Puis ils descendirent et embrassèrent l'islam, et abandonnèrent leurs biens, leurs enfants et leurs familles. Ahmad nous a rapporté : il a dit : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq : leurs biens se trouvaient dans la forteresse avec les associateurs ; lorsqu'elle fut conquise, cela leur fut rendu. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Qays ibn ar-Rabî' d'après Yûnus ibn Abî Muslim d'après 'Ikrima que des gens du Livre 39 crurent en leurs messagers, les confirmèrent, et crurent en Muhammad - que Dieu prie sur lui et le salue - avant qu'il ne soit envoyé. Puis, lorsqu'il fut envoyé, ils mécrurent en lui. C'est là la parole de Dieu - béni et exalté soit-Il : « Quant à ceux dont les visages se noirciront : "Avez-vous mécru après avoir cru ?" » (Coran 3:106). Et il y eut un groupe de gens du Livre qui crurent en leurs messagers et en Muhammad - que Dieu prie sur lui et le salue - avant qu'il ne soit envoyé. Puis, lorsque Muhammad fut envoyé, ils crurent en lui. C'est là Sa parole : « Et ceux qui sont guidés, Il accroît leur guidée et leur donne leur piété » (Coran 47:17). L'islam de Salmân al-Fârisî - que Dieu lui fasse miséricorde Ahmad nous a rapporté : il a dit : Yûnus ibn Bukayr nous a rapporté d'après Muhammad ibn Ishâq : 'Âsim ibn 'Umar ibn Qatâda m'a rapporté d'après Mahmûd ibn Labîd d'après 'Abd Allâh ibn 'Abbâs : Salmân al-Fârisî m'a rapporté : J'étais un homme de Perse, d'Ispahan, d'un village appelé Jayy 40. Mon père était le dihqân 41 de sa terre, et il m'aimait d'un amour intense, qu'il n'aimait rien de ses biens ni de ses enfants. Son amour pour moi ne cessa de croître jusqu'à ce qu'il m'enfermât dans la maison comme on enferme une jeune fille. Je m'appliquai dans le mazdéisme 42 au point d'être le gardien du feu qu'ils allumaient, ne le laissant jamais s'éteindre un instant. Je restai ainsi, ne sachant rien des affaires des gens, jusqu'à ce que mon père construisît une bâtisse. Il possédait un domaine où il y avait quelque travail. Il m'appela et dit : "Mon fils, ce que tu vois de ma construction m'a distrait de ce domaine. Il faut que je m'en occupe. Va donc vers eux, ordonne-leur ceci et cela, et ne t'attarde pas auprès de moi, car si tu t'attardes, tu me distrairas de tout." Je sortis donc, me dirigeant vers son domaine. Je passai devant une église de chrétiens et j'entendis leurs voix 43 à l'intérieur. Je dis : "Qu'est-ce que cela ?" Ils dirent : "Ce sont des chrétiens qui prient." J'entrai pour regarder, et ce que je vis de leur état me plut. Par Dieu, je ne cessai de rester assis auprès d'eux jusqu'au coucher du soleil. Mon père m'avait envoyé chercher dans toutes les directions. Je vins à lui le soir, sans être allé à son domaine. Il dit : "Mon fils, où étais-tu ? Ne t'avais-je pas dit ?" Je dis : "Ô mon père, je suis passé devant des gens appelés chrétiens, et leur prière et leur invocation m'ont plu. Je me suis assis pour regarder comment ils faisaient." Il dit : "Mon fils, la religion de toi et de tes pères est meilleure que la leur." Je dis : "Non, par Dieu, elle n'est pas meilleure que la leur. Ces gens adorent Dieu, L'invoquent et prient pour Lui, tandis que nous n'adorons qu'un feu que nous allumons de nos mains ; si nous le laissons, il meurt." Il eut peur de moi, me mit des fers aux pieds et m'enferma dans une pièce chez lui. J'envoyai un message aux chrétiens : "Où sont les gens de cette religion que je vois chez vous ?" Ils dirent : "En Syrie." Je dis : "Quand des gens viendront de là-bas, prévenez-moi." Ils dirent : "Nous le ferons." Des marchands parmi leurs commerçants vinrent à eux. Ils m'envoyèrent dire : "Des marchands parmi nos commerçants sont arrivés." Je leur envoyai dire : "Quand ils auront fini leurs affaires et voudront repartir, prévenez-moi." Ils dirent : "Nous le ferons." Lorsqu'ils eurent fini leurs affaires et voulurent partir, ils m'en informèrent. Je jetai les fers que j'avais aux pieds et les rejoignis. Je partis avec eux jusqu'à ce que j'arrive en Syrie. Quand j'y fus arrivé, je dis : "Qui est le meilleur parmi les gens de cette religion ?" Ils dirent : "L'évêque 44, le maître de l'église." Je vins à lui et lui dis : "J'aimerais être avec toi dans ton église, adorer Dieu avec toi et apprendre de toi le bien." Il dit : "Sois avec moi." Je restai avec lui. C'était un homme mauvais : il ordonnait l'aumône et y incitait, mais quand ils la rassemblaient pour lui, il la thésaurisait et ne la donnait pas aux pauvres. Je le pris en haine, d'une haine intense, à cause de ce que je voyais de son état. Il ne tarda pas à mourir. Quand ils vinrent pour l'enterrer, je leur dis : "Cet homme était mauvais : il vous ordonnait l'aumône et vous y incitait, jusqu'à ce que vous la rassembliez pour lui, puis il la thésaurisait et ne la donnait pas aux pauvres." Ils dirent : "Quelle en est la preuve ?" Je dis : "Je vais vous montrer son trésor." Ils dirent : "Montre-le." Je sortis pour eux sept outres 45 pleines d'or et d'argent. Quand ils virent cela, ils dirent : "Par Dieu, il ne sera jamais enterré !" Ils le crucifièrent sur un bois et le lapidèrent. Ils amenèrent un autre homme et le mirent à sa place. Par Dieu, ô Ibn 'Abbâs, je n'ai jamais vu un homme qui ne prie pas les cinq prières 46 que je considère meilleur que lui, plus assidu, plus ascétique en ce monde, plus persévérant nuit et jour que lui. Je n'ai jamais aimé quelqu'un avant lui d'un amour pareil. Je restai avec lui jusqu'à ce que la mort le visite. Je dis : "Ô untel, ce que tu vois de l'ordre de Dieu - puissant et majestueux - t'a visité. Par Dieu, je n'ai jamais aimé quelqu'un comme je t'ai aimé. Que m'ordonnes-tu ? À qui me recommandes-tu ?" Il dit : "Mon fils, par Dieu, je ne connais personne sinon un homme à Mossoul. Va le trouver, car tu le trouveras dans le même état que moi." Quand il mourut et fut enterré, je rejoignis Mossoul. Je vins à son maître et le trouvai dans le même état d'assiduité et d'ascèse en ce monde. Je lui dis : "Untel m'a recommandé à toi, de venir à toi et d'être avec toi." Il dit : "Reste, mon fils." Je restai chez lui, dans le même état que son compagnon, jusqu'à ce que la mort le visite. Je lui dis : "Untel m'a recommandé à toi, et ce que tu vois de l'ordre de Dieu t'a visité. À qui ?" Il dit : "Par Dieu, mon fils, je ne connais personne sinon un homme à Nisibe 47 qui est dans le même état que nous. Va le rejoindre." Quand nous l'eûmes enterré, je rejoignis l'autre. Je lui dis : "Ô untel, untel m'a recommandé à untel, et untel m'a recommandé à toi." Il dit : "Reste, mon fils." Je restai chez lui, dans le même état qu'eux, jusqu'à ce que la mort le visite. Je lui dis : "Ô untel, ce que tu vois de l'ordre de Dieu t'a visité. Untel m'a recommandé à untel, untel à untel, et untel à toi. À qui ?" Il dit : "Mon fils, par Dieu, je ne connais personne dans le même état que nous, sinon un homme à 'Ammûriyya 48 en terre byzantine. Va le trouver, car tu le trouveras dans le même état que nous." Quand je l'eus enseveli, je partis jusqu'à arriver chez le maître de 'Ammûriyya. Je le trouvai dans le même état qu'eux. Je restai chez lui, et j'acquérai des biens jusqu'à avoir des brebis et des vaches. Puis la mort le visita. Je dis : "Ô untel, untel m'a recommandé à untel, untel à untel, untel à toi, et ce que tu vois de l'ordre de Dieu t'a visité. À qui me recommandes-tu ?" Il dit : "Mon fils, par Dieu, il ne reste personne dans l'état où nous étions à qui je puisse t'ordonner d'aller. Mais le temps d'un prophète t'a enveloppé : il sera envoyé du Haram 49, son émigration sera entre deux pierres noires 50 vers une terre salée, plantée de palmiers. Il a des signes qui ne sont pas cachés : entre ses épaules, le sceau de la prophétie 51 ; il mange le cadeau mais ne mange pas l'aumône. Si tu peux parvenir à ce pays, fais-le, car son temps t'a enveloppé." Quand nous l'eûmes enseveli, je restai dans le bien jusqu'à ce que des hommes parmi les marchands arabes, de la tribu de Kalb, passent par moi. Je leur dis : "Me transporterez-vous avec vous jusqu'à ce que vous me fassiez parvenir en terre d'Arabie ? Je vous donnerai ces brebis et ces vaches." Ils dirent : "Oui." Je les leur donnai et ils me transportèrent. Lorsqu'ils m'eurent amené à Wâdî l-Qurâ 52, ils me trompèrent et me vendirent comme esclave à un homme juif de Wâdî l-Qurâ. Par Dieu, je vis les palmiers et j'espérai que ce fût le pays que mon compagnon m'avait décrit, mais cela ne se confirma pas pour moi jusqu'à ce qu'un homme des Banû Qurayza 53, parmi les juifs de Wâdî l-Qurâ, vînt et m'achetât de mon maître chez qui j'étais. Il partit avec moi jusqu'à ce que nous arrivions à Médine. Par Dieu, dès que je la vis, je reconnus sa description. Je restai en esclavage chez mon maître. Dieu - puissant et majestueux - envoya le Messager de Dieu - que Dieu prie sur lui et le salue - à La Mecque, mais rien de son affaire ne me parvenait à cause de mon esclavage, jusqu'à ce que le Messager de Dieu - que Dieu prie sur lui et le salue - arrivât à Qubâ' 54. Je travaillais pour mon maître dans un de ses palmiers. Par Dieu, j'étais dans celui-ci quand un cousin à lui vint et dit : "Untel, que Dieu maudisse les Banû Qayla 55 ! Par Dieu, ils sont maintenant à Qubâ', rassemblés autour d'un homme venu de La Mecque, qu'ils prétendent être un prophète." Par Dieu, dès que je l'entendis, je fus pris de frissons - il dit : tremblement - au point que je pensai tomber sur mon maître. Je descendis en disant : "Quelle est cette nouvelle ? Qu'est-ce que c'est ?" Mon maître leva la main et me donna un coup de poing violent en disant : "Qu'as-tu à faire avec cela ? Occupe-toi de ton travail !" Je dis : "Rien, j'ai seulement entendu une nouvelle et j'ai voulu la connaître." Le soir venu, j'avais quelque nourriture. Je la pris et allai vers le Messager de Dieu - que Dieu prie sur lui et le salue - qui était à Qubâ'. Je dis : "Il m'est parvenu que tu es un homme pieux. Tu as des compagnons étrangers avec toi. J'avais quelque chose pour l'aumône, et je vous ai vus plus dignes que quiconque dans ce pays de la recevoir. Voici, mangez-en." Le Messager de Dieu - que Dieu prie sur lui et le salue - retint sa main et dit à ses compagnons : "Mangez", mais il ne mangea pas. Je dis en moi-même : "Voilà une des caractéristiques que mon compagnon m'a décrites." Puis je revins. Le Messager de Dieu - que Dieu prie sur lui et le salue - se transporta à Médine. Je rassemblai quelque chose que j'avais, puis vins à lui avec et dis : "J'ai vu que tu ne manges pas l'aumône. Ceci est un cadeau et un honneur, ce n'est pas une aumône." Le Messager de Dieu - que Dieu prie sur lui et le salue - mangea, et ses compagnons mangèrent. Je dis : "Voilà deux caractéristiques." Puis je vins au Messager de Dieu - que Dieu prie sur lui et le salue - alors qu'il suivait un convoi funèbre. J'avais deux manteaux 56 et il était avec ses compagnons. Je tournai autour de lui pour voir le sceau sur son dos. Quand le Messager de Dieu - que Dieu prie sur lui et le salue - me vit me détourner, il comprit que je cherchais à vérifier quelque chose qu'on m'avait décrit. Il ôta son manteau de son dos, et je vis le sceau entre ses épaules comme mon compagnon me l'avait décrit. Je me penchai sur lui, l'embrassant et pleurant. Il dit : "Tourne-toi, ô Salmân, ainsi." Je me tournai et m'assis devant lui. Je souhaitais que ses compagnons entendent mon récit à son sujet. Je lui racontai, ô Ibn 'Abbâs, comme je te l'ai raconté. Quand j'eus fini, le Messager de Dieu - que Dieu prie sur lui et le salue - dit : "Fais un contrat d'affranchissement 57, ô Salmân." Je fis un contrat avec mon maître pour trois cents palmiers à faire revivre pour lui et quarante onces 58. Les compagnons du Messager de Dieu - que Dieu prie sur lui et le salue - m'aidèrent avec les palmiers : trente rejetons 59 chacun, selon leurs moyens. Le Messager de Dieu - que Dieu prie sur lui et le salue - me dit : "Creuse pour eux, et quand tu auras fini, préviens-moi afin que je sois celui qui les plante de ma main." Je creusai pour eux - il dit : je creusai là où ils devaient être plantés - et mes compagnons m'aidèrent jusqu'à ce que nous ayons fini. Puis je vins au Messager de Dieu - que Dieu prie sur lui et le salue - et dis : "Ô Messager de Dieu, nous avons fini." Il sortit avec moi jusqu'à ce qu'il vînt à eux. Nous portions les rejetons vers lui, il les plantait de sa main et les égalisait. Par Celui qui l'a envoyé avec la vérité, pas un seul rejeton ne mourut. Il me restait les dirhams. Un homme vint de quelque mine avec une pépite d'or de la taille d'un œuf. Le Messager de Dieu - que Dieu prie sur lui et le salue - dit : "Où est le Perse musulman sous contrat d'affranchissement ?" On m'appela. Il dit : "Prends ceci, ô Salmân, et acquitte-toi de ce que tu dois." Par Celui qui tient l'âme de Salmân dans Sa main, si je l'avais pesé, il aurait pesé quarante onces. Je les donnai à mon maître, et Salmân fut affranchi. L'esclavage m'avait retenu jusqu'à ce que j'eusse manqué avec le Messager de Dieu - que Dieu prie sur lui et le salue - les batailles de Badr et d'Uhud. Puis je fus affranchi et assistai à la bataille du Fossé 60. Ensuite, aucune bataille avec lui ne me manqua. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq : 'Âsim ibn 'Umar ibn Qatâda m'a rapporté : quelqu'un qui avait entendu 'Umar ibn 'Abd al-'Azîz m'a rapporté, et ceci a été rapporté du récit de Salmân, et il dit :
Il a été rapporté de Salman que le maître d'Amouriya 61 dit à Salman, au moment de sa mort : « Va vers deux bosquets 62 du pays de Sham 63 ; un homme en sort chaque année, une nuit, de l'un vers l'autre. Les malades viennent à lui, et il ne prie pour aucune maladie sans qu'elle ne soit guérie. Interroge-le sur cette religion au sujet de laquelle tu m'interroges, à savoir le hanifisme 64, la religion d'Abraham. » Je partis et demeurai là un an, jusqu'à ce qu'il sorte cette nuit-là de l'un des bosquets vers l'autre. Il ne sortait que furtivement. Il sortit, mais les gens l'emportèrent sur moi, jusqu'à ce qu'il entre dans le bosquet où il entrait, et il ne restait plus que son épaule. Je la saisis et dis : « Que Dieu te fasse miséricorde ! Informe-moi sur le hanifisme, la religion d'Abraham. » Il dit : « Tu interroges sur une chose dont les gens ne s'informent pas aujourd'hui. Un temps t'a déjà enveloppé 65 : un Prophète va sortir près de cette Maison 66, dans ce sanctuaire 67, envoyé pour verser le sang. » Lorsque Salman rapporta cela au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, il dit : « Si tu as dit vrai, ô Salman, tu as vu Jésus, fils de Marie — sur lui la paix. » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq : Yazid ibn Abi Habib m'a rapporté d'après un homme de 'Abd al-Qays 68 d'après Salman : Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — me donna cet or, il dit : « Acquitte-toi avec cela de ta dette. » Je dis : « Ô Messager de Dieu, où se trouve 69 cela par rapport à ce que je dois ? » Le Messager de Dieu le retourna sur sa langue, puis me le lança et dit : « Va, car Dieu — Puissant et Majestueux — va l'acquitter pour toi. » Je partis, je pesai pour eux, et je leur donnai quarante onces 70. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Abi Layla : 'Attab al-Bakri nous a rapporté : Nous étions assis avec Abu Sa'id al-Khudri ; on étendait pour lui un tapis à sa porte, on y mettait un coussin, il s'appuyait sur le coussin, et nous étions autour de lui, l'entourant. Je l'interrogeai sur le sceau 71 qui se trouvait entre les deux épaules du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — : « Qu'était-ce ? » Abu Sa'id montra l'index et plaça le pouce sur la première articulation en dessous. Yunus dit : « Il sortit toute l'articulation. » Il dit : « C'était une petite protubérance 72 entre les deux épaules du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté : Ibn Ishaq a dit : Les Quraysh 73 vénéraient la Ka'ba 74, tournaient autour, demandaient pardon auprès d'elle, tout en vénérant les idoles et en pratiquant l'association 75 dans leurs sacrifices. Ils accomplissaient le pèlerinage et se tenaient aux stations 69. [Effet de la Ka'ba] Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Sa'id ibn Maysara al-Bakri : Anas ibn Malik m'a rapporté que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « L'emplacement de la Maison 66 au temps d'Adam était une élévation 76 ou plus haute encore. Les anges accomplissaient le pèlerinage avant Adam. Puis Adam fit le pèlerinage, et les anges vinrent à sa rencontre et dirent : « Ô Adam, d'où viens-tu ? » Il dit : « J'ai accompli le pèlerinage de la Maison. » Ils dirent : « Les anges l'ont accompli avant toi. » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Thabit ibn Dinar d'après 'Ata' : Adam descendit en Inde. Il dit : « Ô Seigneur, pourquoi n'entends-je pas la voix des anges comme je l'entendais au Paradis ? » Dieu lui dit : « À cause de ton péché, ô Adam. Va et construis-Moi une Maison, et tourne autour comme tu les as vus tourner. » Il partit jusqu'à la Mecque et construisit la Maison. L'emplacement des pieds d'Adam devint villages, rivières et cultures, et entre ses pas il y avait des déserts. Adam fit le pèlerinage de la Maison depuis l'Inde pendant quarante ans. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Yahya ibn Salama ibn Kuhayl d'après son père d'après Mujahid : Lorsqu'il fut dit à Abraham : « Annonce aux gens le pèlerinage » [Coran 22:27], il dit : « Ô Seigneur, comment dois-je dire ? » Dieu dit : « Dis : Ô gens, répondez à votre Seigneur. » Il monta sur la montagne et appela : « Ô gens, répondez à votre Seigneur. » Ils répondirent : « Me voici, ô Dieu, me voici 77. » Ce fut la première talbiya 78. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq : Wahb ibn Sinan m'a rapporté : J'ai entendu 'A'idh ibn 'Umayr al-Laythi dire : Lorsqu'Abraham reçut l'ordre d'appeler les gens au pèlerinage, il se tourna vers l'orient et appela à Dieu — Puissant et Majestueux —, et on lui répondit : « Me voici, me voici. » Puis il se tourna vers l'occident et appela à Dieu — Puissant et Majestueux —, et on lui répondit : « Me voici, me voici. » Puis il se tourna vers le Sham 63 et appela à Dieu — Puissant et Majestueux —, et on lui répondit : « Me voici (16) me voici. » Puis il se tourna vers le Yémen et appela à Dieu — Puissant et Majestueux —, et on lui répondit : « Me voici, me voici. » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq : Une personne fiable de Médine m'a rapporté d'après 'Urwa ibn al-Zubayr qu'il a dit : Il n'y a pas de prophète qui n'ait accompli le pèlerinage de la Maison, sauf Houd et Salih 79. Noé l'a accompli. Lorsque le déluge survint sur la terre, la Maison fut touchée comme le reste de la terre, et elle devint une motte rouge. Dieu envoya Houd, mais il s'occupa de son peuple jusqu'à ce que Dieu le rappelle à Lui, et il ne fit pas le pèlerinage avant de mourir. Puis Dieu envoya Salih, mais il s'occupa de son peuple et ne fit pas le pèlerinage avant de mourir. Lorsque Dieu assigna à Abraham de le faire, il le fit, et aucun prophète après lui ne manqua de le faire. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq d'après 'Ata' ibn Abi Rabah d'après Ka'b al-Ahbar 80 : La Ka'ba se plaignit à son Seigneur — Puissant et Majestueux — et pleura devant Lui, disant : « Ô Seigneur, mes visiteurs se sont raréfiés et les gens m'ont délaissée. » Dieu — Puissant et Majestueux — lui dit : « Je vais t'apporter un Évangile 81 et te donner des visiteurs qui soupireront après toi comme la colombe soupire après ses œufs. » Ahmad nous a rapporté : Mon père m'a rapporté : Jarir ibn 'Abd al-Hamid nous a rapporté d'après Mansur d'après Mujahid d'après 'Abd Allah ibn 'Amr : La Maison fut créée deux mille ans avant la terre, puis la terre fut étendue à partir d'elle. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après al-Asbat ibn Nasr al-Hamdani d'après Isma'il ibn 'Abd al-Rahman al-Suddi : Adam sortit du Paradis avec une pierre dans une main et des feuilles dans l'autre (49). Il dispersa les feuilles en Inde, d'où proviennent les parfums que vous voyez. Quant à la pierre, c'était un rubis blanc qui donnait de la lumière. Lorsqu'Abraham construisit la Maison et arriva à l'emplacement de la Pierre 82, il dit à Ismaël : « Apporte-moi une pierre de la montagne. » Ismaël dit : « Autre que celle-ci ? » Il refusa plusieurs fois, n'étant pas satisfait de ce qu'il apportait. Une fois qu'Ismaël fut parti, Gabriel vint avec la pierre de l'Inde, celle avec laquelle Adam était sorti du Paradis, et la plaça. Lorsqu'Ismaël revint, il dit : « Qui t'a apporté cela ? » Abraham dit : « Celui qui est plus actif que toi. » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après al-Sari ibn Isma'il d'après 'Amir d'après 'Umar ibn al-Khattab qu'il a dit : La Pierre noire 82 est l'une des pierres du Paradis ; elle fut descendue sur terre, plus blanche que le coton (50), et elle n'a noirci qu'à cause des péchés des fils d'Adam. Sans cela, aucun muet, aucun sourd, aucun aveugle ne l'aurait touchée sans être guéri. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après 'Abd al-Rahman ibn 'Abd Allah d'après Salama ibn Kuhayl d'après un homme d'après 'Ali qu'il a dit : La Sakina 83 a un visage comme un visage humain, et elle est un vent léger. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibrahim ibn Isma'il d'après Yazid al-Raqashi d'après son père d'après Abu Musa al-Ash'ari que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « Soixante-dix prophètes sont passés par la Roche d'al-Rawha' 84, pieds nus, vêtus de manteaux de laine, se dirigeant vers la Maison antique 85 ; parmi eux se trouvait Moïse — sur lui la paix. » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après 77 Sa'id ibn Maysara d'après Anas ibn Malik que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « La Pierre 82 était un rubis du Paradis ; les associateurs 75 l'ont touchée et elle a noirci à cause de leur contact. » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Wahb ibn 'Uqba d'après 'Atiyya al-'Awfi d'après Ibn 'Abbas qu'il a dit : La Pierre noire 82 est l'une des pierres du Paradis ; elle était plus blanche que le lait, puis elle a noirci à cause des péchés des fils d'Adam qui l'ont touchée. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Maslama ibn 'Abd Allah al-Qurashi d'après 'Abd al-Karim Abi Umayya qu'il a dit : La Maison 66 était un rubis parmi les rubis du Paradis. Au temps du Déluge, elle fut élevée au ciel le plus proche. Si elle tombait maintenant, elle tomberait à l'emplacement de la Maison. Soixante-dix mille anges tournent autour chaque nuit. Gabriel confia la Pierre 82 à Abu Qubays 86 ; c'était un rubis blanc du Paradis. Lorsqu'Abraham construisit la Maison, Gabriel vint, sortit la Pierre pour lui et la plaça dans les fondations de la Maison. Au Jour de la Résurrection, elle sera plus grande que la montagne d'Uhud 87 ; elle aura une langue qui témoignera. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après 'Abd al-Rahman ibn 'Abd Allah al-Mas'udi d'après Sa'id ibn Abi Burda al-Ash'ari d'après 'Abd Allah ibn 'Umar qu'il a dit à son père Abu Burda : « Sais-tu ce que ton peuple disait à l'époque préislamique 88 lorsqu'ils tournaient autour de la Maison ? » Il dit : « Que disaient-ils ? » Il dit : « Ils disaient : « Ô Dieu, celui-ci est unique, s'il est complet, Dieu l'a complété et il a complété. Si Tu pardonnes, ô Dieu, Tu pardonnes beaucoup, Et quel serviteur n'a pas commis de faute ? » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Qays ibn al-Rabi' d'après Mansur d'après Mujahid qu'il a dit : Les gens de l'époque préislamique 88 disaient lorsqu'ils tournaient autour de la Maison : « Si Tu pardonnes, ô Dieu, Tu pardonnes beaucoup, Et quel serviteur n'a pas commis de faute ? » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Hisham ibn 'Urwa d'après son père qu'il a dit : Personne ne tournait autour de la Ka'ba 74 vêtu, sauf les Hums 89. Les autres gens, hommes et femmes, tournaient nus, à moins que les Hums ne leur fassent une faveur en donnant à l'homme ou à la femme un vêtement à porter. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Abu Ma'shar al-Madani d'après Muhammad ibn Qays qu'il a dit : À l'époque préislamique 88, celui qui n'était pas des Hums, s'il consentait à jeter le vêtement qu'il portait sur la Ka'ba 74 après avoir tourné, ou s'il trouvait un prêt d'un habitant de la Mecque, il tournait avec. Sinon, il tournait nu. Ils disaient : « Nous avons trouvé nos pères sur cela, et Dieu nous l'a ordonné » jusqu'à [la parole] : « pure pour le Jour de la Résurrection » [Coran 7:32 ?]. Muhammad ibn Qays dit : « Elle [la religion] est pour ceux qui ont cru dans la vie d'ici-bas ; les mécréants y participent avec eux, mais au Jour de la Résurrection, les croyants en seront seuls. » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Hisham ibn 'Urwa d'après son père d'après 'A'isha qu'elle a dit : Les Quraysh 73 et ceux qui suivaient leur religion, c'est-à-dire les Hums 89, passaient la soirée de 'Arafa 90 à Muzdalifa 91, disant : 78 « Nous sommes les gens de la Maison 66. » Les autres gens et les Arabes se tenaient à 'Arafat 90. Dieu révéla alors : « Puis partez d'où les gens partent » [Coran 2:199]. Ils avancèrent donc et se tinrent avec les gens à 'Arafat. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq : 'Abd Allah ibn Abi Bakr m'a rapporté d'après 'Uthman ibn Abi Sulayman d'après Nafi' ibn Jubayr ibn Mut'im d'après son père Jubayr ibn Mut'im qu'il a dit : J'ai vu le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, alors qu'il suivait la religion de son peuple, se tenant sur sa chamelle à 'Arafat 90, au milieu de son peuple, jusqu'à ce qu'il parte avec eux, par une guidance de Dieu — Puissant et Majestueux — pour lui. (53) Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Zakariyya ibn Abi Za'ida d'après Abu Ishaq d'après 'Amr ibn Maymun d'après 'Umar qu'il a dit : Les associateurs 75 à Jam' 91 disaient : « Brille, ô Thabir 92, pour que nous puissions partir tôt 93. » Ils ne partaient de Jam' qu'au lever du soleil. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — nous interdit cela. Zakariyya dit : Le Messager de Dieu partit avant le lever du soleil. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Yusuf ibn Maymun d'après al-Hasan qu'il a dit : À l'époque préislamique 88, lorsque les gens arrivaient à al-Ma'rif 94, un homme se tenait sur une montagne et disait : « Je suis untel, fils d'untel ; j'ai fait ceci, mon père a fait cela, mon grand-père a fait cela. » Dieu — Puissant et Majestueux — révéla alors : « Et quand vous aurez accompli vos rites, invoquez Dieu comme vous invoquiez vos pères, ou plus intensément encore » [Coran 2:200], c'est-à-dire comme vous mentionniez vos pères à l'époque préislamique. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit lorsque ce verset fut révélé : « Ô gens, Dieu a levé de vous cette arrogance et cette vantardise au sujet des pères. Nous sommes tous enfants d'Adam, et Adam a été créé de terre. » Dieu — Puissant et Majestueux — dit : « Ô gens, Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle » jusqu'à Sa parole : « le plus pieux d'entre vous » [Coran 49:13].
Nous avons reçu d’Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Yūsuf ibn Maymūn al-Tamīmī, d’après ‘Aṭā’ ibn Abī Rabāḥ, qu’un homme l’interrogea au sujet de la course (sa‘y) entre al-Ṣafā et al-Marwah. Il dit : « Lorsque Hājar fut déposée par Ibrāhīm, elle et son fils Ismā‘īl, à cet endroit, une soif intense la saisit, au point qu’elle crut voir qu’Ismā‘īl allait périr de soif. Lorsqu’elle craignit cela pour lui, elle le déposa à l’emplacement de la Maison (al-Bayt), puis partit jusqu’à atteindre al-Ṣafā. Elle y monta pour regarder s’il était mort ou non, et se mit à invoquer Dieu – qu’Il soit exalté – pour lui. Puis elle descendit jusqu’à atteindre le fond de la vallée (baṭn al-wādī), y courut, puis sortit en marchant jusqu’à atteindre al-Marwah. Elle y monta pour regarder s’il était mort ou non. Or, ces deux collines étaient deux pierres (ḥajarayn) près de la Maison. Elle fit cela sept fois. Telle est l’origine de la course entre al-Ṣafā et al-Marwah. » Nous avons reçu d’Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Hishām ibn ‘Urwah, d’après son père, au sujet de ce verset : « En vérité, al-Ṣafā et al-Marwah sont parmi les rites (sha‘ā’ir) de Dieu » (Coran 2:59 19) – le verset. Je dis à ‘Ā’ishah : « Si un homme accomplissait le pèlerinage (ḥajj) sans faire la course entre al-Ṣafā et al-Marwah, je ne penserais pas qu’il y ait pour lui de péché (burāḥ). » Elle dit : « Récite-moi (le verset). » Je lui récitai : « Il n’y a pas de péché (junāḥ) pour lui à faire la circumambulation (an yaṭṭawwafa) entre les deux » (Coran 2:60). Elle dit : « S’il en était comme tu dis, il aurait été dit : “Il n’y a pas de péché pour lui à ne pas faire la circumambulation entre les deux.” Or, ce verset n’a été révélé qu’à propos de gens de Quraysh qui se consacraient (yuḥrimūna) à Manāt et pour qui, dans leur religion, il n’était pas licite de faire la circumambulation entre al-Ṣafā et al-Marwah. Lorsqu’ils embrassèrent l’Islam, ils dirent à l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue : “Nous nous consacrions à Manāt, et il ne nous est pas licite, dans notre religion, de faire la circumambulation entre al-Ṣafā et al-Marwah.” Alors Dieu – qu’Il soit puissant et exalté – révéla le verset : “En vérité, al-Ṣafā et al-Marwah sont parmi les rites de Dieu.” » ‘Ā’ishah dit : « Elles sont parmi les rites de Dieu. Dieu n’a donc pas parfait le pèlerinage de celui qui n’a pas fait la circumambulation entre les deux. » Nous avons reçu d’Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Yūsuf ibn Maymūn, d’après ‘Aṭā’ ibn Abī Rabāḥ, qu’il fut interrogé au sujet de la lapidation des stèles (ramy al-jimār). Il dit : « Ibrāhīm vint à la Maison sacrée (al-Bayt al-Ḥarām) et y pria. Puis il partit jusqu’à atteindre Minā à une partie de la nuit. Il alla jusqu’à atteindre l’arbre (al-shajarah), et le Diable (al-shayṭān) se présenta à lui. Ibrāhīm le lapida avec sept pierres, en prononçant le takbīr (takbīr) à chaque pierre, et il s’éloigna. Puis il continua jusqu’à atteindre l’emplacement de la stèle qui lui est proche (al-jamrah allatī talīhi) ; le Diable se présenta à lui. Il le lapida avec sept pierres, en prononçant le takbīr à chaque pierre, et il s’éloigna. Puis il continua jusqu’à atteindre l’emplacement de la troisième stèle ; le Diable se présenta à lui. Il le lapida avec sept pierres, en prononçant le takbīr à chaque pierre, et il s’éloigna. Lorsque Dieu – qu’Il soit puissant et exalté – envoya Son Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue –, il suivit (iqtaṣṣa) ce qu’avait fait Ibrāhīm et fit de même. » Nous avons reçu d’Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Abū Bakr al-Hudhalī, dit : nous a rapporté al-Ḥasan, dit : « Les gens, à l’époque de l’Ignorance (al-Jāhiliyyah), lorsqu’ils immolaient (des victimes), enduisaient de sang la face de la Ka‘bah, découpaient les chairs et les plaçaient sur les pierres, en disant : “Il ne nous est pas licite de manger quoi que ce soit que nous avons consacré à Dieu – qu’Il soit puissant et exalté – jusqu’à ce que les bêtes sauvages et les oiseaux le mangent.” Lorsque vint l’Islam, les gens vinrent à l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et lui dirent : “Une chose que nous faisions à l’époque de l’Ignorance, ne la ferons-nous plus maintenant ? Car cela est pour Dieu – qu’Il soit puissant et exalté.” Alors Dieu – qu’Il soit puissant et exalté – révéla : “Mangez-en et nourrissez-en” (Coran 22:36 62). L’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : “Ne faites pas cela, car cela n’est pas pour Dieu – qu’Il soit puissant et exalté.” » Al-Ḥasan dit : « Il ne leur imposa pas (de manière impérative) de manger ; si tu veux, mange, et si tu veux, laisse. » Nous avons reçu d’Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, dit : « J’interrogeai Ibn Abī Najīḥ au sujet de la parole de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue : “Le temps (al-zamān) a tourné jusqu’à revenir à sa configuration (ka-hay’atihi) le jour où Dieu créa les cieux et la terre.” Il dit : “Quraysh intercalait (yudkhilūna) chaque année un mois. Ils ne faisaient coïncider (Dhū al-Ḥijjah) qu’une fois tous les douze ans. Dieu – qu’Il soit exalté – fit coïncider pour Son Envoyé 20, lors de son pèlerinage qu’il accomplit, le mois de Dhū al-Ḥijjah ; ainsi l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – fit le pèlerinage en ce mois. Alors l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : “Le temps a tourné jusqu’à revenir à sa configuration le jour où Dieu créa les cieux et la terre.” » Je dis à Ibn Abī Najīḥ : « Qu’en est-il alors du pèlerinage d’Abū Bakr et de ‘Attāb ibn Usayd ? » Il dit : « Selon ce sur quoi les gens accomplissaient le pèlerinage. » Puis Ibn Abī Najīḥ expliqua : « Ils accomplissaient le pèlerinage en Dhū al-Ḥijjah, puis l’année suivante en al-Muḥarram, puis en Ṣafar, jusqu’à ce qu’ils aient parcouru douze mois. » Nous a rapporté Aḥmad, dit : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Abī Laylā et Ibn Abī Anīsah, d’après ‘Abd Allāh ibn Abī Mulaykah, d’après ‘Abd Allāh ibn ‘Amr ibn al-‘Āṣ, que l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Gabriel descendit auprès d’Ibrāhīm – que la prière soit sur eux deux –, partit avec lui et pria avec lui les prières (al-ṣalawāt) en ce lieu. » Yaḥyā dit : « al-Ẓuhr, al-‘Aṣr, al-Maghrib et al-‘Ishā’. » Puis ils se réunirent (ijtama‘ā), et il passa la nuit avec lui jusqu’à ce qu’il eût prié al-Fajr. Puis il voyagea avec lui le jour de ‘Arafah jusqu’à ce qu’il le fît descendre à l’étape (al-manzil) où les gens descendent, et il pria avec lui les deux prières – « Yaḥyā dit : “toutes deux ensemble” –. Puis ils se réunirent. » Il dit : « Il voyagea jusqu’à ce qu’il le fît se tenir debout à l’endroit de la station (al-mawqif), jusqu’à ce que ce fût comme le moment le plus précoce où quelqu’un parmi les musulmans prie la prière du Maghrib. Puis il se hâta (afāḍa) jusqu’à ce qu’il l’eût amené à « tous deux ensemble » (jamī‘an) et pria avec lui les deux prières. » Yaḥyā dit : « al-Maghrib et al-‘Ishā’ toutes deux ensemble. » Ils dirent : « Puis il passa la nuit en ce lieu jusqu’à ce que ce fût comme le moment le plus précoce où quelqu’un parmi les musulmans prie la prière du Fajr ; il se hâta avec lui jusqu’à ce qu’il l’eût amené à la stèle (al-jamrah) et il la lapida. Puis il immola, se rasa, puis l’amena à la Maison et il en fit la circumambulation. » – Ibn Abī Laylā dit : « Puis il retourna avec lui à Minā et y séjourna ces jours-là. Ensuite, Dieu – qu’Il soit puissant et exalté – révéla à Muḥammad – que Dieu prie sur lui et le salue : “Suis la religion (millah) d’Ibrāhīm, en pur monothéiste (ḥanīfan)” (Coran 16:123). » Nous avons reçu d’Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Zakariyyā ibn Abī Zā’idah, d’après Abū Isḥāq, d’après Zayd ibn Yuthay‘, d’après ‘Alī, dit : « L’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – m’envoya, lorsque fut révélée “Barā’ah” (Coran 9), pour que nul ne circumambule autour de la Maison (al-Bayt) nu. » Nous avons reçu d’Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, dit : « Quraysh – je ne sais si ce fut avant la construction de la Ka‘bah ou après – inventa l’opinion des Ḥums (ra’y al-ḥums), une opinion qu’ils conçurent et propagèrent entre eux. Ils dirent : “Nous sommes les fils d’Ibrāhīm, les gens du Sanctuaire (ahl al-ḥaram), les gardiens de la Maison (wulāt al-bayt), les habitants de la Mecque et ses résidents. Nul parmi les Arabes n’a un droit semblable au nôtre, ni une position semblable à la nôtre, et les Arabes ne reconnaissent à personne ce qu’ils nous reconnaissent. Ne magnifiez donc rien du territoire profane (al-ḥill) comme vous magnifiez le Sanctuaire (al-ḥaram), car si vous faites cela, les Arabes mépriseront votre sacralité (ḥurmatakum).” Ils dirent : “Ils ont magnifié du territoire profane ce qu’ils ont magnifié du Sanctuaire.” Ainsi, ils abandonnèrent la station à ‘Arafah et le départ (al-ifāḍah) de là, tout en reconnaissant et en sachant que cela fait partie des rites (al-mashā‘ir) 21, du pèlerinage (al-ḥajj) et de la religion (dīn) d’Ibrāhīm – que la paix soit sur lui. Ils considéraient (yaraw) pour le reste des Arabes qu’ils devaient s’y arrêter et en partir, sauf qu’ils dirent : “Nous sommes les gens du Sanctuaire ; il ne nous convient donc pas de sortir de la sacralité (al-ḥurmah) ni de magnifier autre chose comme la magnifient les Ḥums.” Les Ḥums sont les gens du Sanctuaire. Ensuite, ils établirent pour ceux qu’ils engendraient parmi les Arabes, qu’ils soient habitants du territoire profane ou du Sanctuaire, un statut semblable au leur en raison de leur filiation : ce qui était licite pour eux leur était licite, et ce qui était illicite pour eux leur était illicite. Kinānah et Khuzā‘ah s’étaient joints à eux dans cette affaire. Ensuite, ils inventèrent en cela des choses qui n’existaient pas. Ils dirent : “Il ne convient pas aux Ḥums de cailler le petit-lait (ya’qitū al-aqṭ), ni de clarifier le beurre (yaslū al-samn) lorsqu’ils sont en état de sacralisation (ḥurum), ni d’entrer dans une maison de poil (bayt min sha‘ar), ni de s’abriter ailleurs que dans des maisons de cuir (buyūt al-adam) tant qu’ils sont en état de sacralisation (ḥurām).” Puis ils allèrent plus loin en cela et dirent : “Il ne convient pas aux gens du territoire profane (ahl al-ḥill) de manger de la nourriture qu’ils ont apportée avec eux du territoire profane dans le Sanctuaire, lorsqu’ils viennent en pèlerins (ḥujjāj) ou en visiteurs (‘ummār), ni de circumambuler autour de la Maison, lors de leur première circumambulation, si ce n’est dans les vêtements des Ḥums. S’ils n’en trouvent aucun, ils circumambuleront autour de la Maison nus. Si quelqu’un parmi eux, homme ou femme, faisant preuve de générosité (takarrum), ne trouve pas de vêtement parmi les vêtements des Ḥums et circumambule dans ses propres vêtements apportés du territoire profane, il les jettera (alqāhā) après avoir terminé sa circumambulation, sans en tirer profit, et sans les toucher, ni lui ni personne d’autre, jamais.” Les Arabes appelaient ces vêtements “al-luqā” (les abandonnés). Ils imposèrent cela aux Arabes, qui s’y soumirent. Ils s’arrêtèrent à ‘Arafāt, en partirent, circumambulèrent autour de la Maison nus, et adoptèrent ce qu’ils leur avaient prescrit en la matière. Ainsi, les gens du territoire profane venaient en pèlerins et en visiteurs ; lorsqu’ils entraient dans le Sanctuaire, ils déposaient leurs provisions apportées, achetaient de la nourriture du Sanctuaire, et cherchaient des vêtements parmi les vêtements du Sanctuaire, soit par prêt (‘āriyah), soit par location (ijārah), et circumambulaient avec. S’ils n’en trouvaient pas, ils circumambulaient nus. Quant aux hommes, ils circumambulaient nus ; quant aux femmes, l’une d’elles enlevait tous ses vêtements, sauf une tunique (dir‘) qu’elle jetait sur elle, puis circumambulait ainsi. Une femme arabe, alors qu’elle circumambulait ainsi, dit : “Aujourd’hui paraît une partie de lui, ou tout lui, Et ce qui paraît de lui, je ne le rends pas licite.” Celui d’entre eux qui circumambulait dans ses vêtements apportés les jetait, sans en tirer profit, ni lui ni personne d’autre. Un poète arabe dit, évoquant quelque chose qu’il avait laissé, sans s’y résigner, bien qu’il l’aimât : “Assez de tristesse ! Il est comme s’il était, Parmi les luqā entre les mains des circumambulants, un objet sacré (ḥarīm).” Il veut dire : “Qu’on ne le touche pas.” Ils restèrent ainsi jusqu’à ce que Dieu – qu’Il soit puissant et exalté – envoyât Son Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue (68). » [Le récit de la construction de la Ka‘bah 22] Nous a rapporté Aḥmad ibn ‘Abd al-Jabbār : nous a rapporté Yūnus ibn Bukayr, d’après Ibn Isḥāq, dit : « Quraysh demeura, dans chaque tribu parmi elles, avec ses nobles, sans qu’il y eût entre eux de discorde ni de conflit (nā’irah) (69). Puis Quraysh se mit d’accord pour construire la Ka‘bah. Ils avaient l’intention de le faire, mais craignaient de la démolir. Elle n’était qu’un amas de pierres (radman) au-dessus de la taille (fawqa al-qāmah) (70). Ils voulurent l’élever et la couvrir d’un toit, car un groupe de Quraysh avait volé le trésor (kanz) de la Ka‘bah, qui se trouvait dans un puits à l’intérieur de la Ka‘bah. Celui chez qui le trésor fut trouvé était Duwayl – ou Duwayd, Abū ‘Umar hésita –, un affranchi (mawlā) des Banū Mulayḥ ibn ‘Amr de Khuzā‘ah. Quraysh lui coupa la main en punition. Parmi ceux qui furent soupçonnés dans cette affaire se trouvait al-Ḥārith ibn ‘Āmir ibn Nawfal. Al-Ḥārith ibn ‘Āmir ibn Nawfal ibn ‘Abd Manāf était le frère utérin d’Abū Wahb ibn ‘Abd al-Muṭṭalib. C’est lui que Quraysh prétend avoir placé le trésor de la Ka‘bah lorsqu’ils le saisirent chez Duwayl – ou Duwayd. Lorsque Quraysh vint à eux, ils les conduisirent à Duwayl – ou Duwayd – et ils lui coupèrent (la main). On dit aussi qu’ils le placèrent chez lui. Ils mentionnèrent que Quraysh, lorsqu’ils furent certains que cela se trouvait chez al-Ḥārith ibn ‘Āmir ibn Nawfal ibn ‘Abd Manāf, le firent sortir et l’amenèrent à une devineresse (kāhinah) parmi les devineresses arabes. Celle-ci proféra (saja‘at) contre lui, dans sa divination, qu’il n’entrerait pas à la Mecque pendant dix ans, en raison de ce qu’il avait profané de la sacralité de la Ka‘bah. Ils prétendent qu’ils le firent sortir de la Mecque, et il resta dans les environs pendant dix ans. La mer avait rejeté un navire à Jeddah, appartenant à un homme de Rome (Rūm), qui s’était brisé. Ils en prirent le bois et le préparèrent pour en faire le toit. Il y avait à la Mecque un homme copte (qibṭī) charpentier (najjār), et ils se préparèrent en eux-mêmes à ce qui pourrait la réparer. Un serpent (ḥayyah) sortait chaque jour du puits de la Ka‘bah, dans lequel on jetait ce qui lui était offert, et se prélassait (tashriqu) sur le mur de la Ka‘bah. Il était redouté, car ils prétendaient que lorsque quelqu’un s’approchait du puits de la Ka‘bah, il se dressait (iḥza’allat), sifflait (kashat), ouvrait la gueule, et ils le craignaient. Un jour, alors qu’il se prélassait sur le mur de la Ka‘bah comme à son habitude, Dieu – qu’Il soit puissant et exalté – envoya sur lui un oiseau (ṭā’ir) qu’ils ne connaissaient pas, qui le saisit (ikhtaṭafathu) (71) de son lieu de prélassement et l’emporta. Quraysh dit : “Nous espérons que Dieu – qu’Il soit puissant et exalté – a agréé ce que nous voulions. Nous avons un ouvrier compétent (rāfiq), nous avons le bois, et Dieu – qu’Il soit exalté – a fait disparaître le serpent.” Cela eut lieu quinze ans après la guerre sacrilège (al-Fijār), et l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – avait alors trente-cinq ans. »
Lorsqu'ils se furent mis d'accord pour la démolir et la reconstruire, Abū Wahb 'Āmir ibn 'Ā'idh ibn 'Abd ibn 'Imrān ibn Makhzūm 95 se leva et prit une pierre de la Ka'ba ; elle sauta de sa main et retourna à sa place – selon ce qu'ils prétendent – et il dit : « Ô gens de Quraysh, n'introduisez dans sa construction que ce qui est licite de vos gains, n'y introduisez ni le salaire d'une prostituée, ni le profit de l'usure, ni l'injustice envers quiconque. » Et ils attribuent ces paroles à al-Walīd ibn al-Mughīra. Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : 'Abd Allāh ibn Abī Najīḥ m'a raconté qu'il avait été informé par 'Abd Allāh ibn Ṣafwān ibn Umayya qu'il avait vu un fils de Ja'da ibn Hubayra ibn Abī Wahb ibn 'Amr ibn 'Ā'idh ibn 'Abd ibn 'Imrān ibn Makhzūm tourner autour de la Maison [la Ka'ba] ; il s'enquit de lui, et on lui dit : « C'est le fils de Ja'da ibn Hubayra ibn Abī Wahb. » Alors 'Abd Allāh ibn Ṣafwān dit : « Son grand-père, c'est-à-dire Abū Wahb, est celui qui prit une pierre de la Ka'ba lorsque Quraysh voulut la démolir ; elle sauta de sa main et retourna à sa place, et il dit alors : 'Ô gens de Quraysh, n'introduisez dans sa construction que ce qui est licite de vos gains, n'y introduisez ni le salaire d'une prostituée, ni le profit de l'usure, ni l'injustice envers quiconque.' » Abū Wahb était l'oncle maternel du Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue ; il était noble, et un poète arabe dit à son sujet : « Si j'avais fait halte chez Abū Wahb avec ma monture, Je serais reparti, et sa charge serait repartie sans déception. Et un homme blanc [noble] issu des deux branches de Lu'ayy ibn Ghālib, Lorsque ses lignées sont examinées parmi les nobles. Il refuse l'humiliation, il est prompt à la générosité, Ses deux grands-pères sont au milieu des branches des nobles. Grand est le tas de cendres de son chaudron, ses plats sont remplis De pain, recouverts comme des morceaux d'étoffe. » Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Ensuite, Quraysh se partagea la Ka'ba : le côté de la porte revint aux Banū 'Abd Manāf et aux Banū Zuhra ; l'espace entre la Pierre Noire et le coin yéménite revint aux Banū Makhzūm, à Taym et à d'autres tribus de Quraysh qu'ils y associèrent ; son extérieur revint à Sahm et à Jumḥ ; le côté du Ḥijr, qui est al-Ḥaṭīm 96, revint aux Banū 'Abd al-Dār ibn Quṣayy, aux Banū Asad ibn 'Abd al-'Uzzā ibn Quṣayy et aux Banū 'Adī ibn Ka'b. Ensuite, les gens craignirent de la démolir et en eurent peur. Al-Walīd ibn al-Mughīra dit : « Je vais commencer pour vous sa démolition. » Il prit la pioche, se tint dessus et dit : « Ô Allāh, ne nous effraie pas ! Ô Allāh, nous ne voulons que le bien. » Puis il démolit du côté des deux coins. Les gens attendirent cette nuit-là et dirent : « Nous verrons ce qui lui arrivera. S'il est frappé, nous ne démolirons rien et la remettrons comme elle était ; si rien ne lui arrive, alors Allāh, Puissant et Majestueux, aura agréé ce que nous avons fait. » Le matin, il se mit à démolir, et les gens démolirent avec lui. Lorsque la démolition atteignit les fondations de la Ka'ba, ils les suivirent jusqu'à atteindre 96 des pierres vertes comme des lances, imbriquées les unes dans les autres. Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : On m'a raconté que des hommes de Quraysh, parmi ceux qui la démolissaient, dirent : « Un homme introduisit un levier entre deux de ces pierres pour en déloger une ; lorsque la pierre bougea, toute la Mecque trembla. » Alors ils craignirent de remuer ces fondations. Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Yaḥyā ibn 'Abbād ibn 'Abd Allāh ibn al-Zubayr nous a raconté d'après son père 'Abbād, qui a dit : On m'a raconté qu'ils trouvèrent dans les fondations de la Ka'ba, ou dans une partie de celle-ci, quelque chose en cuivre 97 semblable à des œufs d'autruche ; sur l'un était écrit : « Ceci est la Maison d'Allāh, Puissant et Majestueux, le Sanctuaire ; la subsistance de ses habitants provient de telle chose ; ne la profane pas le premier de ses habitants. » Et sur l'autre : « Acquittement pour les Banū untel, tribu arabe, d'un pèlerinage qu'ils ont accompli pour Allāh. » Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : On m'a raconté que Quraysh trouva dans le coin, ou dans une partie du Maqām 98, une écriture en syriaque qu'ils ne comprirent pas jusqu'à ce qu'un homme juif la leur lût : « Je suis Allāh, le Maître de Bakka 99 ; Je l'ai créée le jour où J'ai créé les cieux et la terre, et J'ai fait le soleil et la lune ; Je l'ai entourée de sept anges ḥanīf 100 qui ne cesseront d'être jusqu'à ce que ses montagnes disparaissent ; bénédiction pour ses habitants dans l'eau et le lait. » Et on m'a raconté qu'ils trouvèrent dans le Maqām une écriture : « La Mecque, le Sanctuaire ; sa subsistance lui vient de trois voies ; ne la profane pas le premier de ses habitants. » Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Zakariyyā ibn Abī Zā'ida, d'après 'Āmir al-Sha'bī, qui a dit : Celui qui a lu dans le bas du Maqām, ou sur une tablette 101 dans le plafond de la Maison, m'a raconté : « Je suis Allāh, le Maître de Bakka ; Je l'ai bâtie sur sept faces d'anges ḥanīf ; J'ai béni ses habitants dans la viande et l'eau, et J'ai fait venir leur subsistance de trois voies ; et ne profane pas son sanctuaire le premier de ses habitants. » Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après al-Mundhir ibn Tha'laba, d'après Sa'īd ibn Ḥarb, qui a dit : J'ai été témoin que 'Abd Allāh ibn al-Zubayr dégageait les fondations posées par Ibrāhīm, sur lui la paix, pour la construction de la Maison ; ils arrivèrent à une terre jaune près d'al-Ḥaṭīm, et Ibn al-Zubayr dit : « Ceci est la tombe d'Ismā'īl, sur lui la paix ; cache-la. » Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Ensuite, les tribus de Quraysh se rassemblèrent pour la construire ; chaque tribu rassemblait ses matériaux 102, puis ils bâtirent jusqu'à ce que la construction atteignît l'emplacement du coin [la Pierre Noire]. Ils se disputèrent alors pour élever le coin, chaque tribu voulant l'élever sans les autres. Chaque tribu dit : « Nous l'élèverons », jusqu'à ce qu'ils se querellent 103 ou se liguent, et ils préparèrent le combat. Les Banū 'Abd al-Dār apportèrent une grande jatte, la remplirent de sang, puis ils firent alliance, eux et les Banū 'Adī ibn Ka'b, pour la mort ; ils mirent leurs mains dans cette jatte et les trempèrent dans le sang. 'Ikrima ibn 'Āmir ibn Hāshim 104 ibn 'Abd Manāf ibn 'Abd al-Dār dit à ce sujet : « Par Allāh, nous ne ferons pas ce que vous avez voulu, Alors que nous sommes unis, ou nous teindrons [nos mains] dans le sang. Nous sommes les gardiens de la Maison, vous ne le niez pas ; Comment donc, en connaissance de cause, serions-nous opprimés ? Nous cherchons par cela la louange qui est utile, Et nous craignons le châtiment d'Allāh pour toute chose illicite. Comment voulez-vous nous atteindre, alors que la force de notre lance A une hampe solide sur tout champ de bataille ? Il est loin que le coin soit placé sain et sauf Alors que nous sommes tous unis lorsqu'il est réparti. Ou bien laissez-nous et la Maison de notre sanctuaire, Ou bien revendiquez ce coin dans le sanctuaire. » Wahb ibn 'Abd Manāf lui répondit : « Transmets à Quraysh, si tu viens à elle en l'honorant, Que nous avons refusé, et nous ne vous donnerons pas la victoire. Nous avons refusé ouvertement la contrainte ; En vérité, je le jure, nous ne vous donnerons pas le butin. Nous sommes les nobles, aucune tribu ne nous égale ; Nous sommes les rois, et nous sommes les plus nobles en ascendance. Et j'ai vu une pureté nouvelle dans notre alliance, Comme tu vois dans le voile du roi un voile. Notre gloire est notre père ; que nous veut Un peuple qui a voulu de nous, dans leur alliance, une chose étonnante ? Un peuple qui a voulu de nous l'humiliation pour que nous l'acceptions ? Non, par ton Seigneur, nous ne leur donnerons pas la colère. » Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Quraysh resta quatre ou cinq nuits, les uns contre les autres, puis ils se réunirent dans la mosquée, se consultèrent et se rendirent justice. Certains gens de science et de tradition rapportent qu'Abū Umayya, qui était âgé et le seigneur de toute Quraysh, dit : « Ô gens de Quraysh, prenez comme arbitre entre vous, dans ce qui vous divise, le premier qui entrera par la porte de la mosquée. » Lorsqu'ils se furent mis d'accord là-dessus et l'eurent agréé, le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, entra. Quand ils le virent, ils dirent : « Voici al-Amīn 105 ; nous agréons ce qu'il décidera entre nous. » Lorsqu'il arriva près d'eux, ils l'informèrent de l'affaire. Il dit : « Apportez-moi un tissu. » On le lui apporta. Le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, plaça le coin [la Pierre Noire] dedans de ses propres mains, puis dit : « Que chaque tribu prenne un côté du tissu, puis élevez-le tous ensemble. » Ils l'élevèrent ; lorsqu'ils l'eurent amené à son emplacement, le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, le plaça de sa main, puis il bâtit dessus. Ainsi, le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, était appelé al-Amīn à l'époque préislamique, avant que la révélation ne lui vînt. Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : J'étais assis avec Abū Ja'far Muḥammad ibn 'Alī 106 ; 'Abd al-Raḥmān al-A'raj, l'affranchi de Rabī'a ibn al-Ḥārith ibn 'Abd al-Muṭṭalib, passa près de nous ; il l'appela et il vint 107. Il dit : « Ô A'raj, qu'est-ce que cette histoire que tu racontes, que 'Abd al-Muṭṭalib est celui qui a placé la Pierre du coin à son emplacement ? » Il répondit : « Qu'Allāh te bénisse ! Celui qui a entendu 'Umar ibn 'Abd al-'Azīz raconter, d'après Ḥassān ibn Thābit, m'a rapporté : 'J'ai assisté à la construction de la Ka'ba ; il me semble voir 'Abd al-Muṭṭalib assis sur le mur, un vieillard dont les sourcils étaient bandés, jusqu'à ce qu'on lui apportât le coin ; c'est lui qui le plaça de ses propres mains, et il dit : « Va, guidé dans la droiture. »' » Puis Abū Ja'far se tourna vers moi et dit : « Cette chose, nous n'en avons jamais entendu parler ; et personne ne l'a placé si ce n'est le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, de sa main. Quraysh se disputa à son sujet et dit : 'Le premier qui entrera par la porte de la mosquée sera l'arbitre entre vous.' Le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, entra ; ils dirent : 'Voici al-Amīn', et ils le prirent pour arbitre. Il ordonna qu'on étendît un tissu, puis il prit le coin de ses mains, le plaça sur le tissu, puis dit : 'Que chaque tribu prenne un côté du tissu, et élevez-le tous ensemble.' Ils l'élevèrent tous ensemble ; lorsqu'ils l'eurent amené à son emplacement, le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, le prit et le plaça à son emplacement de sa main, puis il bâtit dessus. » Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, avait alors trente-cinq ans. La révélation lui vint cinq ans après la construction de la Ka'ba, alors qu'il avait quarante ans. Il demeura à la Mecque treize ans, puis émigra à Médine. Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Ensuite, on la couvrit d'un toit ; ce fut la première fois que la Ka'ba fut couverte d'un toit. Lorsqu'ils eurent achevé la construction et l'eurent bâtie selon leur désir, al-Zubayr 108 ibn 'Abd al-Muṭṭalib dit, à propos de l'histoire du serpent que Quraysh craignait pour la construction de la Ka'ba : « Je m'étonne de ce que l'aigle plongea Vers le serpent, alors qu'il s'agitait. Il avait un sifflement, Et parfois il bondissait. Quand nous nous levions pour bâtir, il se dressait, Nous craignant pour la construction, et il était craint. Lorsque nous craignîmes le châtiment, vint Un aigle que les nuages ombrageaient. Il le saisit et l'emporta, puis nous laissa La construction, sans obstacle. Nous nous levâmes, empressés, pour bâtir, Ayant les fondations et la terre. Au matin où nous élevions les assises, Sans vêtements sur nos épaules. Le Roi honora par cela les Banū Lu'ayy, Et leur origine n'a pas de disparition. Les Banū 'Adī s'y étaient rassemblés, Et Murra, précédée par Kilāb. Le Roi nous établit par cela dans une gloire, Et auprès d'Allāh on cherche la récompense. » Al-Zubayr ibn 'Abd al-Muṭṭalib dit aussi à ce sujet : « Il y avait dans l'affaire de l'aigle une merveille, Et sa capture du serpent lorsqu'il descendit. La portée des regards fut notre dernier souvenir D'elle, après qu'elle eut passé la nuit là et se fut posée. Quand un peuple venait pour élever ses piliers De la Maison, elle se dressait vers eux et se hérissait. Elle ne cessa jusqu'à ce que nous crûmes, en groupe, Que la malédiction d'Allāh était descendue sur nous. Nous dîmes tous : 'Nous avons reconnu une faute, Peut-être qu'Allāh nous pardonnera, car la clémence de notre part s'est égarée.' » Al-Walīd ibn al-Mughīra dit, à propos de la construction de la Ka'ba et de l'histoire du serpent : « Il y avait dans le serpent, ô peuple, une leçon, Et une opinion pour qui cherche les affaires avec prudence. Le jour où l'aigle planant tomba, Emporté malgré lui, ô Banū Fihr, Alors que les esprits de vos chefs s'étaient égarés, Et que vous craigniez de ne plus l'élever jusqu'à la fin des temps. » Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Allāh, Puissant et Majestueux, révéla à Son prophète Muḥammad, qu'Allāh prie sur lui et le salue, lorsque Son ordre fut établi et qu'Il lui eut prescrit les rites de son pèlerinage : « Puis déferlez d'où les gens déferlent et implorez le pardon d'Allāh » 109. Ce verset concerne Quraysh et les Arabes, dans la pratique du pèlerinage à 'Arafāt, la station là-bas et le déferlement depuis cet endroit. Et Allāh, Très-Haut, révéla, à propos de ce qu'ils avaient interdit aux gens de leur nourriture et de leurs vêtements près de la Maison, lorsqu'ils tournaient nus et interdisaient ce qu'ils apportaient comme nourriture du dehors : « Ô fils d'Adam, prenez votre parure dans chaque mosquée » 110.
«Mangez et buvez, et ne commettez pas d'excès, car Il n'aime pas les excessifs.» Dis : «Qui a interdit la parure de Dieu 111 (87)» jusqu'à la fin du verset. Dieu Très-Haut a donc imposé la question du cinquième 112 et ce que les Quraysh avaient innové à ce sujet aux gens dans l'islam, lorsqu'Il a envoyé Son Messager Muhammad, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : ‘Abd Allāh ibn Abī Bakr m'a rapporté d'après ‘Uthmān ibn Abī Sulaymān d'après Nāfi‘ ibn Jubayr ibn Muṭ‘im (88) d'après son père Jubayr ibn Muṭ‘im qu'il a dit : « J'ai vu le Messager de Dieu, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, se tenir sur sa chamelle à ‘Arafāt au milieu de son peuple, puis il est reparti avec eux, par la grâce de Dieu Très-Haut. » [Propos des docteurs 113, des moines et des devins 114 au sujet du Prophète.] Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Les docteurs parmi les Juifs, les moines parmi les chrétiens et les devins parmi les Arabes avaient parlé de l'affaire du Messager de Dieu, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, avant son envoi, lorsque son temps approchait. Quant aux docteurs parmi les Juifs et aux moines parmi les chrétiens, c'était en raison de ce qu'ils trouvaient de sa description dans leurs livres et de la description de son époque, d'après ce que leurs prophètes leur avaient ordonné à ce sujet 115. Quant aux devins parmi les Arabes, les démons 116 parmi les djinns venaient à eux avec ce qu'ils volaient comme ouïe 117, à une époque où ils n'en étaient pas empêchés par le lancement d'étoiles 118. Le devin ou la devineresse parmi les Arabes ne mentionnait rien de son affaire sans que les Arabes n'y prêtent attention, jusqu'à ce que Dieu Très-Haut l'ait envoyé et que ces choses qu'ils mentionnaient se soient produites, et ils les reconnurent. Lorsque l'affaire du Messager de Dieu, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, approcha et que son envoi fut imminent, les démons furent empêchés d'écouter, et une barrière fut placée entre eux et les postes qu'ils occupaient pour voler l'ouïe, et ils furent frappés par les étoiles. Les djinns surent alors que cela était dû à un événement que Dieu Très-Haut avait décrété pour les serviteurs. Dieu Très-Haut dit à Son Prophète, que la paix soit sur lui, lorsqu'Il l'envoya, en lui racontant l'histoire des djinns lorsqu'ils furent empêchés d'écouter, et ils surent ce qu'ils surent et reconnurent ce qu'ils avaient nié de cela lorsqu'ils virent ce qu'ils virent : « Dis : “Il m'a été révélé qu'un groupe de djinns a écouté” » jusqu'à Sa parole : « ou bien leur Seigneur veut-il pour eux une guidance 119 ? (89) » Lorsque les djinns entendirent la parole (90), ils surent qu'ils avaient été empêchés d'écouter auparavant pour que rien de la nouvelle du ciel ne ressemble à la révélation 120 et que les habitants de la terre ne soient pas confus au sujet de ce qui leur venait de Dieu Très-Haut, et pour couper court à toute équivoque. Ils crurent donc et attestèrent [puis] (91) : « ils retournèrent vers leur peuple en avertisseurs. Ils dirent : “Ô notre peuple, nous avons entendu un Livre (92)” » jusqu'à la fin du verset. [Propos des djinns.] Et la parole des djinns : « Il y avait des hommes parmi les humains qui cherchaient refuge auprès des hommes parmi les djinns, et cela ne fit qu'accroître leur égarement 121 (93) » signifie qu'il y avait des hommes parmi les Arabes, des Quraysh et autres, qui, lorsqu'un homme voyageait et descendait dans une vallée de la terre pour y passer la nuit, disait : « Je cherche refuge cette nuit auprès du puissant de cette vallée contre les djinns, contre le mal qui s'y trouve. » Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Certains savants m'ont rapporté qu'une femme des Banū Sahm, appelée al-‘Ayṭālja, était une devineresse à l'époque préislamique. Son compagnon 122 vint à elle une nuit et s'abattit 123 sous elle en disant : « Permission à qui a permis le jour du sacrifice et de l'immolation (94). » Les Quraysh, lorsqu'ils apprirent cela, dirent : « Que veut-il ? » Puis il vint à elle une autre nuit et s'abattit sous elle en disant : « Les tribus 124 ! Qu'ont les tribus ? On y brise le talon 125 pour les flancs 126. » Lorsque cela parvint aux Quraysh, ils dirent : « Que veut-il ? Ceci est une affaire qui va arriver. Regardez ce que c'est. » Ils ne surent pas jusqu'à ce que survienne la bataille de Badr et celle d'Uḥud dans le défilé 127, et ils surent alors que ce que leur compagnon avait apporté à sa compagne était cela. Ahmad nous a rapporté : al-Ḥasan nous a rapporté d'après Jarīr ibn ‘Abd al-Ḥamīd d'après Manṣūr d'après Ibrāhīm au sujet de la parole (95) de Dieu Très-Haut : « Il y avait des hommes parmi les humains qui cherchaient refuge auprès des hommes parmi les djinns, et cela ne fit qu'accroître leur égarement. » Il a dit : Lorsqu'ils descendaient dans une vallée, ils disaient : « Nous cherchons refuge auprès du seigneur de cette vallée contre le mal qui s'y trouve 128. » Il a dit : Alors les djinns disaient : « Vous cherchez refuge auprès de nous alors que nous ne possédons pour nous-mêmes ni mal ni bien ! » Il a dit : « et cela ne fit qu'accroître leur égarement » : ils devinrent encore plus audacieux envers eux. Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Ce clan des Anṣār 129 se racontait ce qu'ils entendaient des Juifs au sujet de la mention du Messager de Dieu, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. La première mention qui eut lieu à Médine, avant l'envoi du Messager de Dieu, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, fut que Fāṭima, mère d'al-Nu‘mān ibn ‘Amr, frère des Banū al-Najjār – et elle était parmi les prostituées de l'époque préislamique – avait un compagnon 122. Elle racontait que lorsqu'il venait à elle, il entrait de force dans la maison où elle se trouvait, jusqu'à ce qu'un jour il vienne et se jette contre le mur sans faire comme d'habitude. Elle lui dit : « Qu'as-tu aujourd'hui ? » Il dit : « Un prophète a été envoyé pour interdire la fornication. » Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Ya‘qūb ibn ‘Uqba ibn al-Mughīra ibn al-Akhnas m'a rapporté d'après ‘Ubayd Allāh ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Utba ibn Mas‘ūd qu'il lui a raconté : Un homme de Thaqīf, appelé ‘Amr ibn Umayya, qui était parmi les plus rusés des Arabes et gardait son opinion pour lui, – Ya‘qūb a dit : Lorsque les étoiles furent lancées, la première tribu parmi les gens à en être effrayée fut Thaqīf. Ils vinrent à ‘Amr ibn Umayya et lui dirent : « As-tu connaissance de cet événement qui s'est produit ? » Il dit : « Quoi donc ? » Ils dirent : « Les étoiles du ciel sont lancées. » Il dit : « Malheur à vous ! Regardez : si ce sont les étoiles guides 130 par lesquelles on se dirige sur terre et en mer, et par lesquelles on connaît les saisons 131 de l'hiver et de l'été pour le bien-être des gens, alors par Dieu, c'est la fin du monde et la fin de cette création. Mais si ce sont d'autres, alors c'est pour un événement que Dieu Très-Haut veut pour cette création. Regardez ce que c'est. » Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : al-Zuhrī m'a rapporté d'après ‘Alī ibn Ḥusayn d'après Ibn ‘Abbās, qui a dit : Un groupe des Anṣār m'a raconté : « Alors que nous étions assis avec le Messager de Dieu, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, une nuit, il vit une étoile et dit : “Que dites-vous de cette étoile qui a été lancée ?” Nous dîmes : “Un enfant naît, un homme meurt, un roi règne.” Le Messager de Dieu, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : “Il n'en est pas ainsi. Mais lorsque Dieu Très-Haut décrète une affaire dans le ciel, le Trône 132 se met à glorifier 133 à cause de cela, et ceux qui sont en dessous d'eux parmi les anges glorifient à leur suite. Ils continuent ainsi jusqu'à ce que la glorification parvienne au ciel le plus bas. Les habitants du ciel le plus bas disent à ceux qui sont au-dessus d'eux parmi les anges : “Pourquoi avez-vous glorifié ?” Ils répondent : “Nous ne savons pas. Nous avons entendu ceux qui sont au-dessus de nous (96) parmi les anges glorifier, et nous avons glorifié Dieu Très-Haut à la suite de leur glorification. Mais interrogeons 134.” Ils interrogent alors ceux qui sont au-dessus d'eux, et ils continuent ainsi jusqu'à ce qu'ils parviennent aux porteurs du Trône 135. Ceux-ci disent : “Dieu Très-Haut a décrété telle et telle chose.” Ils en informent (97) ceux qui sont en dessous d'eux, jusqu'à ce qu'ils parviennent aux habitants du ciel le plus bas 136. Les djinns volent alors ce qu'ils disent et descendent avec cela vers leurs alliés parmi les humains, et ils le placent sur leurs langues, en l'altérant 137, et ils informent les gens. Une partie est vraie, une partie est fausse. Les djinns continuèrent ainsi jusqu'à ce qu'ils soient frappés par ces météores 138. » Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Yūnus ibn ‘Amr d'après son père d'après Sa‘īd ibn Jubayr d'après Ibn ‘Abbās : Les démons montaient au ciel et écoutaient la parole de la révélation 120, puis descendaient sur terre et y ajoutaient neuf [mensonges]. Les habitants de la terre trouvaient cette parole vraie et les neuf fausses. Ils continuèrent ainsi jusqu'à ce que Dieu Très-Haut envoie Muhammad, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Alors ils furent empêchés de ces postes. Ils mentionnèrent cela à Iblīs 139, qui dit : « Un événement s'est produit sur terre. » Il les envoya, et ils trouvèrent le Messager de Dieu, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, récitant le Coran entre deux rangées de palmiers. Ils dirent : « Par Dieu, c'est là l'événement. » Et ils sont frappés [par les météores]. Lorsque l'étoile disparaît de votre vue, elle l'a atteint 140 et ne manque jamais, mais elle ne le tue pas ; elle brûle son visage, son côté et sa main. Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Khadīja bint Khuwaylid avait mentionné à Waraqa ibn Nawfal ibn Asad, qui était son cousin, et qui était chrétien, avait suivi les Écritures et appris de la science des gens, ce que son esclave Maysara lui avait rapporté des paroles du moine et de ce qu'il avait vu de lui, lorsque les deux anges l'ombrageaient 115. Waraqa dit : « Si cela est vrai, ô Khadīja, alors Muhammad est le prophète de cette communauté. J'ai su qu'il y aura un prophète pour cette communauté, qui est attendu. Voici son temps » – ou quelque chose de semblable. Waraqa commença à trouver le temps long et à dire : « Jusqu'à quand ? » Et il composa, selon ce qu'on rapporte, des poèmes dans lesquels il trouvait long le temps de la nouvelle de Khadīja et attendait ce qu'elle lui avait mentionné. Waraqa ibn Nawfal dit : « Pars-tu tôt ou es-tu sur le départ ce soir ? / Dans la poitrine, de ton chagrin, un feu couve. Pour la séparation d'un peuple que je n'aime pas quitter / Comme si, après deux jours, tu étais loin d'eux. Des nouvelles véridiques m'ont été rapportées sur Muhammad / Que rapporte de lui, en son absence, un conseiller fidèle. Celui que tu as envoyé, ô meilleure des femmes libres / Dans le Ghawr 128 et les deux Najd 136, là où les déserts s'étendent, Vers le marché de Busrā 141, dans la caravane qui partit / Alors qu'elles étaient, sous les charges, des chamelles courbées et fatiguées. Il nous a informés de tout savant 142 avec sa science / Car la vérité a des portes dont les clés sont nombreuses, Que le fils d'Abd Allāh, Aḥmad 143, est envoyé / À tous ceux que les vallées 144 entourent. Mon opinion à son sujet est qu'il sera bientôt envoyé, véridique / Comme furent envoyés les serviteurs Hūd et Ṣāliḥ, Moïse et Abraham, jusqu'à ce que l'on voie pour lui / Un éclat et un Livre 145 manifeste 141. Et le suivra un clan 146 de Lu'ayy 147, une communauté / Leurs jeunes et leurs vieux, les nobles 148. Si je reste jusqu'à ce que les gens atteignent son temps / Alors je suis, par lui, joyeux de cœur et réjoui. Sinon, ô Khadīja, sache-le / Je suis, sur ta terre, dans la vaste terre, un voyageur. » [Histoire du ḥanīfisme 149.] Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Muḥammad ibn Isḥāq, qui a dit : Les Quraysh, lorsqu'ils élevèrent la construction de la Ka‘ba et son toit, se relayaient pour la recouvrir chaque année, par vénération pour son droit. Ils tournaient autour d'elle, demandaient pardon à Dieu auprès d'elle et Le mentionnaient, tout en vénérant les idoles et en pratiquant l'association 150 dans leurs sacrifices et toute leur religion. Cependant, un groupe de Quraysh : Zayd ibn ‘Amr ibn Nufayl, Waraqa ibn Nawfal ibn Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzā, ‘Uthmān ibn al-Ḥārith (98) ibn Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzā, et ‘Abd Allāh ibn Jaḥsh ibn Ri'āb – dont la mère était Umayma bint ‘Abd al-Muṭṭalib ibn Hāshim, alliée des Banū Umayya – assistèrent aux Quraysh auprès d'une idole qu'ils avaient et auprès de laquelle ils sacrifiaient pour l'une de leurs fêtes. Lorsqu'ils se rassemblèrent, certains de ces hommes s'isolèrent et se dirent : « Soyez sincères entre vous et que les uns cachent aux autres. » L'un d'eux dit : « Par Dieu, vous savez que votre peuple n'est sur rien. Ils ont certes manqué la religion d'Abraham, que la paix soit sur lui, et s'en sont écartés. Quelle idole adorent-ils ? Elle ne nuit ni ne profite. Cherchez donc pour vous-mêmes. » Ils sortirent alors, cherchant et voyageant sur terre, à la recherche des gens du Livre parmi les Juifs et les chrétiens et de toutes les religions, [pour trouver] la ḥanīfiyya 149, la religion d'Abraham, que la paix soit sur lui. Quant à Waraqa ibn Nawfal, il se christianisa, devint ferme dans le christianisme, suivit les Écritures de leurs savants, jusqu'à acquérir une grande science des gens du Livre. Il n'y avait parmi eux personne d'aussi juste en affaires ni d'aussi équitable en rang que Zayd ibn ‘Amr ibn Nufayl. Il s'abstint des idoles, abandonna les religions des Juifs, des chrétiens et de toutes les religions, sauf la religion d'Abraham : il unifiait Dieu Très-Haut et désavouait ce qui est en dehors de Lui, et ne mangeait pas des sacrifices de son peuple, les ayant ouvertement quittés pour ce en quoi ils étaient.
Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Hishām ibn 'Urwa m'a rapporté d'après son père, d'après Asmā' bint Abī Bakr, qui a dit : J'ai vu Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl, le dos appuyé contre la Ka'ba, dire : « Ô gens de Quraysh ! Par Celui qui tient l'âme de Zayd dans Sa main, aucun d'entre vous ne suit la religion d'Abraham 151 excepté moi. » Puis il disait : « Ô Allah ! Si je savais quelle est la Face qui T'est la plus aimée, je T'adorerais par elle, mais je ne la connais pas. » Ensuite, il se prosternait sur la paume de sa main. Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Certains membres de la famille de Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl m'ont rapporté que Zayd, lorsqu'il entrait dans la Ka'ba, disait : « Me voici à Toi, en vérité, en vérité, en adoration et en servitude. Je me réfugie auprès de ce auprès de quoi Abraham s'est réfugié. » Et il se tenait debout, disant : « C'est pour Toi que mon nez est courbé, humilié 152. Quoi que Tu m'imposes, je l'accepte. Je recherche la piété 153, non l'orgueil 154. Celui qui a émigré 155 n'est pas comme celui qui est resté. » Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Hishām ibn 'Urwa m'a rapporté, qui a dit : 'Urwa ibn al-Zubayr m'a rapporté que Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl a dit : « Un seul Seigneur ou mille seigneurs 156 ? Adorerai-je lorsque les affaires sont partagées ? J'ai abandonné al-Lāt et al-'Uzzā toutes deux, Ainsi fait l'homme endurant et patient. Je n'adore ni al-'Uzzā ni ses deux filles, Ni les deux idoles des Banū 'Amr que je fréquentais, Ni Ġanam 157 que j'adorais, qui était un seigneur pour nous Dans le temps passé, quand ma raison était faible. Je m'étonne, et dans les nuits il y a des merveilles, Et dans les jours, celui qui voit clair les reconnaît, Que Dieu a fait périr des hommes Nombreux, dont l'affaire était la perversité, Et a laissé d'autres, par la piété d'un peuple, De sorte que leur petit enfant grandit. Et tandis que l'homme trébuche, il se redresse un jour, Comme la branche verdoyante reverdit. » Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl a dit également : « Je soumets mon visage à Celui à qui se soumet La terre, portant de lourds rochers. Et je soumets mon visage à Celui à qui se soumettent Les nuages, portant une eau douce et pure, Lorsqu'ils sont poussés vers une contrée, Ils obéissent et déversent sur elle des torrents. Et je soumets mon visage à Celui à qui se soumet Le vent, soufflant tantôt d'un côté, tantôt d'un autre. » Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Al-Khaṭṭāb ibn Nufayl avait persécuté Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl au point que celui-ci l'avait quitté pour se rendre dans la partie haute de La Mecque. Il s'installa à Ḥirā' 158, en face de La Mecque. Al-Khaṭṭāb chargea des jeunes gens de Quraysh et des insensés parmi eux de le surveiller, en disant : « Ne le laissez pas entrer à La Mecque. » Il n'y entrait donc qu'en secret, loin d'eux. Lorsqu'ils l'apprenaient, ils en informaient al-Khaṭṭāb, qui le faisait sortir et le persécutait, craignant qu'il ne corrompe leur religion et que quelqu'un ne le suive dans sa séparation d'avec eux. Al-Khaṭṭāb était l'oncle paternel de Zayd et son frère utérin 159. En effet, 'Amr ibn Nufayl avait épousé la mère d'al-Khaṭṭāb après la mort de son mari, et elle lui avait donné Zayd ibn 'Amr. Al-Khaṭṭāb était donc son oncle paternel et son frère utérin, bien qu'il fût plus âgé. Il le réprimandait pour avoir abandonné la religion de son peuple, jusqu'à ce qu'il le persécute. Alors Zayd ibn 'Amr dit, en magnifiant le caractère sacré de son sanctuaire 160 contre ceux de son peuple qui l'avaient violé : « Ô Allah ! Je suis en état de sacralisation 161, je ne le profane pas, Et ma demeure est au milieu du quartier, Près d'al-Ṣafā 162, sans aucun auvent. » Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : On m'a rapporté que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit, en parlant de Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl : « Il fut le premier 163 à critiquer les idoles devant moi et à m'en dissuader. Je revenais d'at-Ṭā'if avec Zayd ibn Ḥāritha, et je passai par Zayd ibn 'Amr qui se trouvait dans la partie haute de La Mecque. Les Quraysh l'avaient rendu célèbre pour avoir abandonné leur religion, au point qu'il avait quitté leur compagnie et résidait dans la partie haute de La Mecque. Je m'assis auprès de lui, ayant avec moi un repas contenant de la viande que Zayd ibn Ḥāritha portait, provenant de nos sacrifices offerts à nos idoles. Je le lui présentai, alors que j'étais un jeune garçon, et je dis : « Mange de cette nourriture, mon oncle. » Il dit : « Est-ce, mon neveu, de vos sacrifices que vous offrez à vos idoles ? » Je répondis : « Oui. » Il dit : « Quant à moi, mon neveu, si tu interrogeais les filles de 'Abd al-Muṭṭalib, elles t'informeraient que je ne mange pas de ces sacrifices. Je n'en ai nul besoin. » Puis il critiqua les idoles, ceux qui les adoraient et leur sacrifiaient, et dit : « Ce ne sont que vanités, elles ne nuisent ni ne profitent. » Ou quelque chose d'approchant. » Il dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : « Après cela, je n'ai plus touché à aucune idole en connaissance de cause, ni sacrifié pour elle, jusqu'à ce que Dieu, Puissant et Majestueux, m'honore de Son message. » Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après al-Mas'ūdī, d'après Nufayl ibn Hishām, d'après son père, qui a dit : Zayd ibn Nufayl passa devant le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et devant Zayd ibn Ḥāritha. Ils l'invitèrent à partager leur repas. Zayd dit : « Mon neveu, je ne mange pas de ce qui a été sacrifié sur les pierres dressées 164. » Il dit : On n'a plus vu le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, après ce jour, manger quoi que ce soit qui ait été sacrifié sur les pierres dressées. Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Zayd avait décidé de quitter La Mecque pour parcourir la terre, cherchant la ḥanīfiyya 165, la religion d'Abraham. Sa femme, Ṣafiyya bint al-Ḥaḍramī, chaque fois qu'elle le voyait se préparer à partir et le désirer, en informait al-Khaṭṭāb ibn Nufayl. Zayd partit donc pour le Shām 166, cherchant et interrogeant les gens du Livre 167 au sujet de la religion d'Abraham. Il ne cessa de le faire jusqu'à ce qu'il atteigne Mossoul ou toute la Jazīra 168. Puis il revint et arriva au Shām, où il parcourut la région jusqu'à ce qu'il rencontre un moine dans son église, dans la terre d'al-Balqā' 169, qui, selon ce qu'ils prétendent, était le dépositaire de la science du christianisme. Il l'interrogea au sujet de la ḥanīfiyya, la religion d'Abraham. Le moine dit : « Tu interroges au sujet d'une religion dont tu ne trouveras personne aujourd'hui pour te la faire suivre. Sa science a disparu, et ceux qui la connaissaient sont morts. Mais un Prophète va bientôt apparaître, envoyé dans ton pays d'où tu es sorti, avec la religion d'Abraham, la ḥanīfiyya. Attache-toi donc à ton pays, car il va être envoyé maintenant, c'est son époque. » Zayd avait déjà examiné le judaïsme et le christianisme, mais n'avait été satisfait par aucun des deux. Il partit donc rapidement, après que le moine lui eut dit cela, se dirigeant vers La Mecque. Mais lorsqu'il arriva dans la terre de Lakhm 170, on l'attaqua et on le tua. Alors Waraqa ibn Nawfal, qui avait suivi la même voie que Zayd sans faire ce qu'il avait fait, le pleura et dit : « Tu as été guidé, et tu as été comblé, ô fils de 'Amr ! Car tu as évité un four brûlant de feu. Par ta religion envers un Seigneur dont nul n'est semblable, Et par ton abandon des idoles des tyrans 171 telles qu'elles étaient. La miséricorde de son Seigneur peut atteindre l'homme, Même s'il était sous la terre, soixante vallées profondes. » Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Muḥammad ibn Ja'far ibn al-Zubayr, ou Muḥammad ibn 'Abd al-Raḥmān ibn 'Abd Allāh ibn al-Ḥuṣayn al-Tamīmī, m'a rapporté que 'Umar ibn al-Khaṭṭāb et Sa'īd ibn Zayd dirent : « Ô Messager de Dieu, demandons-nous pardon pour Zayd ? » Il dit : « Oui, demandez pardon pour lui, car il sera ressuscité en tant que communauté à lui seul 172. » Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après al-Mas'ūdī, d'après Nufayl ibn Hishām, d'après son père, que son grand-père Sa'īd ibn Zayd interrogea le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, au sujet de son père Zayd ibn 'Amr : « Ô Messager de Dieu, mon père Zayd ibn 'Amr était comme tu l'as vu et comme on te l'a rapporté. S'il t'avait rencontré, il aurait cru en toi. Dois-je demander pardon pour lui ? » Il dit : « Oui, demande pardon pour lui, car il viendra au Jour de la Résurrection en tant que communauté à lui seul. » Et, selon ce qu'ils mentionnent, il cherchait la religion et mourut en la cherchant. Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Lorsque Dieu, Puissant et Majestueux, voulut honorer Son Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, faire miséricorde aux serviteurs par lui, et établir l'argument contre eux, les Arabes étaient divisés en différentes religions, bien que rassemblés par la vénération du sanctuaire, le pèlerinage à la Maison 173, et l'attachement aux traces d'Abraham, que la paix soit sur lui, qui étaient parmi eux. Ils prétendaient suivre sa religion, et ils accomplissaient le pèlerinage à la Maison, malgré leurs divergences à ce sujet. Les Ḥums 174 étaient : Quraysh, Kināna, Khuzā'a, et ceux des autres Arabes qui étaient nés de Quraysh. Ils prononçaient la talbiya 175 pour leur pèlerinage. Parmi leurs divergences, ils disaient : « Me voici à Toi, Tu n'as pas d'associé, sauf un associé qui T'appartient ; Tu le possèdes, lui et ce qu'il possède. » Ils proclamaient ainsi l'unicité dans la talbiya, puis ils y associaient leurs idoles, plaçant leur possession entre Ses mains. Dieu, Puissant et Majestueux, dit à Muḥammad, que Dieu prie sur lui et le salue : « Et la plupart d'entre eux ne croient en Dieu qu'en Lui associant 176. » Ils ne sortaient pas du sanctuaire et ne se rendaient pas à Muzdalifa 177, disant : « Nous sommes les gens du sanctuaire, nous n'en sortons pas. » Ils habitaient dans des maisons lorsqu'ils étaient en état de sacralisation. Quant aux gens du Najd 178, parmi Muḍar 179, ils prononçaient la talbiya pour la Maison et se tenaient à 'Arafa 180. [Ce qui fut la première chose par laquelle le Messager de Dieu fut initié à la prophétie.] Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Muḥammad ibn Muslim ibn Shihāb al-Zuhrī m'a rapporté d'après 'Urwa, d'après 'Ā'isha, qui a dit : La première chose par laquelle le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, fut initié à la prophétie, lorsque Dieu, Puissant et Majestueux, voulut l'honorer et faire miséricorde aux serviteurs par lui, fut qu'il ne voyait rien sans que cela ne vînt comme l'aube naissante 181. Il demeura ainsi aussi longtemps que Dieu voulut qu'il demeurât. Dieu, Puissant et Majestueux, lui fit aimer la solitude, et rien ne lui était plus cher que d'être seul. Ahmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : 'Abd al-Malik ibn 'Abd Allāh ibn Abī Sufyān ibn al-'Alā' ibn Jāriya al-Thaqafī, qui était un homme de mémoire, m'a rapporté d'après quelqu'un de savant que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lorsque Dieu, Puissant et Majestueux, voulut l'honorer et l'initier à la prophétie, ne passait devant aucune pierre ni aucun arbre sans qu'ils ne le saluent et qu'il ne les entende. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, se retournait alors derrière lui, à droite et à gauche, et ne voyait que les arbres et les pierres autour de lui, qui le saluaient par la salutation de la prophétie : « Que la paix soit sur toi, ô Messager de Dieu. » Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, sortait vers Ḥirā' chaque année pendant un mois, pour y pratiquer la dévotion 182. La dévotion des Quraysh à l'époque préislamique consistait à nourrir les pauvres qui venaient à eux. Lorsqu'il revenait de sa retraite et l'achevait, il n'entrait pas dans sa maison avant d'avoir accompli la circumambulation autour de la Ka'ba. Jusqu'au mois suivant, celui où Dieu, Puissant et Majestueux, voulut ce qu'Il voulut de Son honneur, dans l'année où Il l'envoya. C'était le mois de Ramaḍān. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, sortit donc comme il sortait pour sa retraite, et il sortit avec sa famille. Lorsque vint la nuit où Dieu l'honora par Son message et fit miséricorde aux serviteurs par lui, Gabriel vint à lui avec l'ordre de Dieu, le Très-Haut. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : « Il vint à moi alors que je dormais 183 et dit : « Lis ! » Je dis : « Que lirai-je 184 ? » jusqu'à ce que je crusse qu'il s'agissait de la mort. Puis il me relâcha et dit : « Lis ! » Je dis : « Que lirai-je ? » Il me fit la même chose, puis dit : « Lis ! » Je dis : « Que lirai-je ? » Je ne dis cela que pour éviter qu'il ne me fît subir ce qu'il m'avait fait. Alors il dit : « Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l'homme d'une adhérence. Lis, et ton Seigneur est le Plus Généreux, qui a enseigné par la plume, a enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas. » Puis il cessa et s'éloigna de moi. Je me réveillai de mon sommeil, et il me sembla que l'écriture était gravée dans mon cœur 185. Il n'y avait personne, parmi les créatures de Dieu, que je détestais plus qu'un poète ou un possédé ; je ne pouvais pas les regarder. Je dis : « Le lointain 186 — c'est-à-dire lui-même, que la paix soit sur lui — est un poète ou un possédé. » Puis je dis : « Que Quraysh n'entende jamais parler de cela ! Je vais aller vers un sommet de montagne, m'y jeter, me tuer, et trouver le repos. » Je sortis, n'ayant d'autre intention que cela. Alors que je me dirigeais vers cela, j'entendis un appel venant du ciel, disant : « Ô Muḥammad ! Tu es le Messager de Dieu, et je suis Gabriel. » Je levai la tête vers le ciel pour regarder, et voici Gabriel sous la forme d'un homme, les pieds joints à l'horizon du ciel, disant : « Ô Muḥammad ! Tu es le Messager de Dieu, et je suis Gabriel. » Je m'arrêtai pour le regarder, et cela me détourna de cela et de ce que je voulais. Je restai là, incapable d'avancer, de reculer ou de détourner mon visage.
Je n'ai cessé de regarder dans chaque direction du ciel sans l'y voir. Je restais debout, n'avançant ni ne reculant, jusqu'à ce que Khadîja envoie ses émissaires à ma recherche ; ils allèrent jusqu'à La Mecque puis revinrent. Je demeurai ainsi jusqu'à ce que le jour fût sur le point de décliner, puis il 187 s'éloigna de moi, et je retournai chez les miens jusqu'à arriver auprès de Khadîja. Je m'assis contre sa cuisse, me serrant contre elle. Elle dit : « Ô Abû al-Qâsim, où étais-tu ? Par Dieu, j'ai envoyé mes émissaires à ta recherche, ils sont allés jusqu'à La Mecque et sont revenus ! » Je lui dis : « Certes, cet homme-là 188 est un poète ou un possédé. » Elle dit : « Je te cherche refuge auprès de Dieu, ô Abû al-Qâsim, contre cela. Dieu, Puissant et Majestueux, ne ferait pas cela avec toi, vu ce que je sais de la véracité de ta parole, de la grandeur de ta loyauté, de la beauté de ton caractère et de tes liens de parenté. Qu'y a-t-il, ô fils de mon oncle ? Peut-être as-tu vu ou entendu quelque chose ? » Je lui racontai l'histoire. Elle dit : « Réjouis-toi, ô fils de mon oncle, et tiens bon ! Par Celui par qui tu jures, j'espère vraiment que tu es le Prophète de cette communauté. » Puis elle se leva, rassembla ses vêtements sur elle, et se rendit chez Waraqa ibn Nawfal 189 – qui était son cousin, avait lu les Écritures, s'était fait chrétien, et avait entendu la Torah et l'Évangile. Elle lui raconta l'histoire et lui relata ce que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – lui avait dit avoir vu et entendu. Waraqa dit : « Saint, Saint ! Par Celui qui tient l'âme de Waraqa dans Sa main, si tu m'as dit la vérité, ô Khadîja, alors c'est le Prophète de cette communauté, et le Grand Namous 190 qui venait à Moïse – sur lui la paix – vient à lui. Dis-lui de tenir bon. » Elle retourna auprès du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et l'informa de ce que Waraqa lui avait dit. Cela allégea pour lui une partie de l'angoisse qu'il ressentait à cause de ce qui lui était arrivé. Lorsque le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – eut achevé sa retraite 191, il fit comme il avait l'habitude de faire : il commença par la Ka'ba et en fit le tour. Waraqa le rencontra alors qu'il tournait autour de la Ka'ba et dit : « Ô fils de mon frère, informe-moi de ce que tu as vu et entendu. » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – lui raconta son histoire. Waraqa dit : « Par Celui qui tient l'âme de Waraqa dans Sa main, certes le Grand Namous vient à toi, celui qui venait à Moïse – sur lui la paix. Tu es le Prophète de cette communauté. Tu seras traité durement, tu seras traité de menteur, tu seras combattu, et tu seras secouru. Si je vis cela, je te secourrai d'un secours que Dieu connaît. » Puis il approcha sa tête de lui et embrassa son sinciput 192. Ensuite, le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – retourna chez lui, et Dieu – Puissant et Majestueux – l'avait renforcé par la parole de Waraqa, et lui avait allégé une partie de l'angoisse qu'il ressentait. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté, d'après Qarâ ibn Khâlid, qui a dit : Abû Rajâ' al-'Utâridî m'a raconté : « La première sourate révélée à Muhammad – que Dieu prie sur lui et le salue – est : « Lis au nom de ton Seigneur qui a créé » 193. » Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté, d'après Ibn Ishâq, qui a dit : Waraqa ibn Nawfal ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn Qusayy a dit, à propos de ce que Khadîja lui avait rapporté de l'affaire du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, selon ce qu'ils racontent : « Si c'est vrai, ô Khadîja, sache-le, / Ce que tu nous racontes : Ahmad est envoyé. Gabriel vient à lui, et Michel avec eux, / De la part de Dieu, une révélation qui dilate la poitrine, descendue. En tire profit celui qui en tire profit, par la repentance, / Et en souffre le rebelle, l'égaré, l'égarant. Deux groupes : l'un dans Ses Jardins, / Et l'autre, dans les abords de la Géhenne, est enchaîné. Quand ils appellent au malheur, là-bas, se succèdent / Des massues sur leurs têtes, puis d'en haut. Gloire à Celui dont les vents courent par Son ordre, / Et qui fait ce qu'Il veut dans les jours. Et dont le Trône est au-dessus de tous les cieux, / Et Ses décrets sur Sa création ne changent pas. » Waraqa dit aussi à ce sujet : « Ô hommes, pour le malheur du temps et du destin, / Et pour rien que Dieu a décrété sans changement. Jusqu'à ce que Khadîja m'appelle pour l'informer, / Et elle n'a aucune connaissance des mystères cachés. Elle est venue me questionner à son sujet pour l'informer / D'une affaire que je vois venir aux gens, d'ici peu. Elle m'a informé d'une affaire que j'avais entendue / Dans le passé, dans l'antiquité et le temps ancien : Qu'Ahmad reçoit la visite et l'informe / Gabriel : « Tu es envoyé aux hommes. » J'ai dit : « Ce que tu espères, que Dieu te l'accorde, / Espère le bien et attends. Et envoie-le nous pour que nous l'interrogions / Sur ce qu'il voit en songe et en veille. » Il dit, quand il vint à nous, d'une parole étonnante / Qui fait se dresser les hauteurs de la peau et des cheveux : « J'ai vu l'Intendant de Dieu 194 qui m'a fait face / Sous une forme parfaite, dans la plus imposante des apparences. Puis il a continué, et la peur a failli me terrifier / À cause de ce qui saluait autour de moi, des arbres. » J'ai dit : « Mon opinion – et je ne sais si elle me confirmera – / Est qu'il sera envoyé, récitant les sourates descendues. Et je t'éprouverai, si tu proclames leur appel, / Par le combat sans reproche ni défaut. » Ahmad nous a rapporté : Yûnus ibn Bukayr nous a rapporté, d'après Muhammad ibn Ishâq, qui a dit : 'Abd Allâh ibn Abî Bakr m'a raconté, d'après Abû Ja'far, qui a dit : « Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – était sujet au mauvais œil à La Mecque, et cela l'affectait rapidement avant la descente de la révélation. Khadîja bint Khuwaylid envoyait alors chercher une vieille femme à La Mecque pour lui faire des incantations. Lorsque le Coran lui fut révélé, il fut atteint par le mauvais œil comme auparavant. Khadîja lui dit : « Ô Messager de Dieu, n'enverrai-je pas chercher cette vieille femme pour qu'elle te fasse des incantations ? » Il dit : « Maintenant, non. » Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté, d'après Hishâm ibn 'Urwa, que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – a dit : « Il n'y a pas de Prophète qui n'ait gardé les moutons. » On dit : « Et toi, ô Messager de Dieu ? » Il dit : « Et moi aussi. » Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté, d'après Yûnus ibn 'Amr, d'après son père, d'après 'Ubayda al-Nasrî, qui a dit : « Les gardiens de chameaux et les gardiens de moutons se vantaient auprès du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et les gardiens de chameaux les écrasèrent par leur supériorité, disant : « Que valez-vous, ô gardiens de menu bétail ? Savez-vous protéger ou chasser ? » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – était assis. Il parla et dit : « Moïse – sur lui la paix – fut envoyé alors qu'il était gardien de moutons, David fut envoyé alors qu'il était gardien de moutons, et moi j'ai été envoyé alors que je gardais les moutons de ma famille à Ajîyâd 195. » Ainsi, le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – les surpassa. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté, d'après 'Ubayd ibn 'Utayba al-'Aydhî, d'après Wahb ibn Ka'b ibn 'Abd Allâh ibn Sûr al-Azdî, d'après Salmân al-Fârisî, qu'il interrogea le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – en disant : « Ô Messager de Dieu, il n'est pas de Prophète qui n'ait un exécuteur testamentaire 196 et deux petits-fils 197. Qui est ton exécuteur testamentaire et quels sont tes deux petits-fils ? » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – garda le silence et ne répondit rien. Salmân s'en alla en disant : « Malheur à lui, malheur à lui ! » Chaque fois qu'il rencontrait des gens parmi les musulmans, ils disaient : « Qu'as-tu, ô Salmân le bon ? » Il disait : « J'ai interrogé le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – sur une chose, et il ne m'a pas répondu. Je crains que ce ne soit par mécontentement. » Lorsque le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – eut prié le zuhr 198, il dit : « Approche, ô Salmân. » Il se mit à s'approcher et à dire : « Je cherche refuge auprès de Dieu contre Sa colère et la colère de Son Messager. » Il dit : « Tu m'as interrogé sur une chose au sujet de laquelle aucun ordre ne m'était venu. Or, il m'est venu que Dieu – Puissant et Majestueux – a envoyé quatre mille Prophètes, et ils eurent quatre mille exécuteurs testamentaires et huit mille petits-fils. Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, je suis le meilleur des Prophètes, mon exécuteur testamentaire est le meilleur des exécuteurs testamentaires, et mes deux petits-fils sont les meilleurs des petits-fils. » Fin de la deuxième partie – sera suivie dans la troisième, si Dieu le veut : Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté, d'après Ibn Ishâq, qui a dit : « Puis Dieu – Puissant et Majestueux – envoya Muhammad – que Dieu prie sur lui et le salue – comme miséricorde pour les mondes et pour l'ensemble des gens. » Louange à Dieu, comme Il le mérite, et que Ses prières soient sur Muhammad, le maître des envoyés, et sur sa famille, les bons et les purs, et qu'Il le salue abondamment. Dieu nous suffit et Il est le meilleur garant.
- al-Maghāzī : Les expéditions militaires du Prophète Muhammad.
- Yūnus : Yūnus ibn Bukayr, transmetteur de la Sīra d'Ibn Isḥāq.
- Baḥīrā : Moine chrétien qui reconnut Muhammad comme prophète lors d'un voyage en Syrie.
- Shām : Région historique incluant la Syrie, la Palestine, la Jordanie et le Liban.
- ajma‘a al-sayr : Décida fermement de voyager.
- ṣabba : S'attacha à lui avec affection.
- Buṣrā : Ville du sud de la Syrie, centre chrétien important.
- kitāb fīhim : Un livre qu'ils possédaient, peut-être une prophétie ou un évangile.
- tahassarat : S'inclinèrent, se penchèrent.
- al-Lāt wa al-‘Uzzā : Deux divinités féminines préislamiques vénérées par les Arabes.
- khātam al-nubuwwa : Sceau de la prophétie, une marque physique entre les omoplates de Muhammad.
- fīmā yataḥaddath : Selon ce que les gens racontent.
- Zubayr : Personnage non identifié, peut-être un savant juif.
- raddahum ‘anhu Baḥīrā : Baḥīrā les repoussa, les empêcha de nuire.
- ūlā’ika al-nafar : Ces gens, à savoir Zubayr, Tammām et Darīs.
- ḥabr : Savant religieux, souvent juif ou chrétien.
- Dhū l-Akyād : Le Fortificateur, épithète de Dieu.
- bi-furqati : Par la séparation d'avec.
- Ībād : Nom de lieu non identifié, peut-être une vallée ou une région.
- azrā : Vêtements de taille, pagne ou manteau.
- al-Bayt : La Kaaba à La Mecque.
- ibn akhī : Le fils de mon frère, c'est-à-dire Muhammad.
- ḍaraba Allāhu 'alā udhunī : Expression signifiant que Dieu l'a endormi profondément, l'empêchant d'entendre ou de voir ce qui se passait.
- sīṭatuka : Position éminente, rang élevé parmi les siens.
- ahl al-kitābayn : Les gens des deux Écritures, c'est-à-dire les Juifs et les Chrétiens.
- āyat : Référence au Coran, sourate al-A'raf (7:157).
- āyat : Référence au Coran, sourate al-Saff (61:6).
- āyat : Référence au Coran, sourate al-Fath (48:29).
- āyat : Référence au Coran, sourate al-Baqara (2:89).
- ummiyyīn : Illettrés, ne sachant ni lire ni écrire.
- āyat : Référence au Coran, sourate al-Baqara (2:89).
- uṭum : Tour de guet ou forteresse à Médine.
- Usayd : Nom propre, variante d'Asid.
- Asad : Nom propre.
- Hudhayl : Tribu arabe.
- qaḥaṭnā : Nous souffrions de sécheresse.
- shi'āb : Torrents, cours d'eau.
- arḍ al-khamr wa-l-khamīr : La terre du vin et du pain, c'est-à-dire la Syrie, pays fertile.
- ahl al-kitāb : Gens du Livre : terme désignant les communautés monothéistes possédant une Écriture révélée, principalement juifs et chrétiens.
- Jayy : Village près d'Ispahan, en Perse (actuel Iran).
- dihqān : Chef de village ou propriétaire terrien dans l'Empire perse sassanide.
- al-majūsiyya : Mazdéisme ou zoroastrisme, religion de la Perse antique.
- aṣwātahum : Leurs voix : probablement les chants ou prières liturgiques.
- usquf : Évêque, chef religieux chrétien.
- qilāl : Outres ou jarres, récipients pour liquides ou solides.
- al-khams : Les cinq prières quotidiennes obligatoires en islam.
- Naṣībīn : Nisibe, ville de Mésopotamie (actuelle Turquie).
- 'Ammūriyya : Amorium, ville byzantine en Anatolie (actuelle Turquie).
- al-ḥaram : Le sanctuaire de La Mecque, lieu sacré de l'islam.
- ḥarratayn : Deux pierres noires ou deux coulées de lave, désignant les terrains volcaniques autour de Médine.
- khātam al-nubuwwa : Sceau de la prophétie : marque physique entre les omoplates du Prophète Muhammad, considérée comme un signe de sa prophétie.
- Wādī l-Qurā : Vallée au nord-ouest de l'Arabie, entre Médine et le Levant.
- Banū Qurayẓa : Tribu juive de Médine.
- Qubā' : Localité près de Médine où le Prophète séjourna lors de l'Hégire.
- Banū Qayla : Tribu arabe de Médine, ancêtres des Aws et des Khazraj.
- shamlatān : Deux manteaux ou vêtements de laine.
- kātib : Contrat d'affranchissement (mukātaba) par lequel un esclave peut racheter sa liberté.
- ūqiyya : Once, unité de poids équivalant à environ 40 dirhams (argent).
- wadī : Rejeton de palmier, jeune pousse destinée à être plantée.
- al-khandaq : Bataille du Fossé (627), où les musulmans creusèrent une tranchée pour défendre Médine.
- عمورية : Amouriya : ville d'Anatolie (aujourd'hui en Turquie), souvent identifiée à Amorium.
- غيضتين : Deux bosquets ou forêts denses.
- الشام : Sham : région du Levant, incluant la Syrie, le Liban, la Palestine et la Jordanie.
- الحنيفية : Hanifisme : religion monothéiste primitive, celle d'Abraham, avant la révélation de la Torah et de l'Évangile.
- قد أظلك زمان : Expression signifiant qu'un temps proche est sur le point de venir.
- البيت : La Maison : désigne la Ka'ba à La Mecque.
- الحرم : Le Sanctuaire : l'enceinte sacrée de La Mecque.
- عبد القيس : Tribu arabe du nord-est de l'Arabie.
- المواقف : Stations : lieux sacrés du pèlerinage, comme 'Arafat, Muzdalifa, Mina.
- أوقية : Once : unité de poids, environ 40 grammes.
- الخاتم : Le sceau : protubérance charnue entre les omoplates du Prophète, signe de sa prophétie.
- بضعة ناشزة : Petite protubérance ou morceau de chair saillant.
- قريش : Quraysh : tribu dominante de La Mecque à l'époque préislamique.
- الكعبة : Ka'ba : édifice cubique au centre de la Grande Mosquée de La Mecque, direction de la prière.
- الشرك : Association : polythéisme, acte d'associer des divinités à Dieu.
- شيراً : Élévation : peut-être une colline ou un monticule.
- لبيك اللهم لبيك : Formule rituelle du pèlerinage : 'Me voici, ô Dieu, me voici'.
- التلبية : Talbiya : proclamation rituelle du pèlerin.
- هود وصالح : Houd et Salih : prophètes mentionnés dans le Coran, envoyés respectivement aux peuples de 'Ad et de Thamud.
- كعب الحبر : Ka'b al-Ahbar : savant juif converti à l'islam, célèbre pour ses récits bibliques.
- إنجيلا : Évangile : ici, peut-être au sens de 'bonne nouvelle' ou de révélation.
- الحجر الأسود : Pierre noire : pierre sacrée incrustée dans l'angle est de la Ka'ba.
- السكينة : Sakina : présence divine, paix intérieure, parfois identifiée à une créature céleste.
- الروحاء : Al-Rawha' : lieu situé entre La Mecque et Médine.
- البيت العتيق : Maison antique : autre nom de la Ka'ba.
- أبو قبيس : Abu Qubays : montagne à La Mecque, près de la Ka'ba.
- أحد : Uhud : montagne près de Médine, site d'une bataille célèbre.
- الجاهلية : Jahiliyya : période préislamique, caractérisée par l'ignorance religieuse.
- الحمس : Hums : groupe de Quraysh qui se considéraient comme les gardiens de la Ka'ba et observaient des rites particuliers.
- عرفة : 'Arafat : plaine près de La Mecque, lieu central du pèlerinage.
- المزدلفة : Muzdalifa : lieu entre 'Arafat et Mina, où les pèlerins passent la nuit.
- ثبير : Thabir : montagne à La Mecque.
- كيمانغير : Expression non arabe, peut-être persane ou nabatéenne, signifiant 'pour que nous puissions partir tôt'.
- المعرف : Al-Ma'rif : autre nom de 'Arafat.
- Abū Wahb 'Āmir ibn 'Ā'idh : Abū Wahb est un notable de Quraysh, oncle maternel du Prophète.
- al-Ḥaṭīm : Espace semi-circulaire adjacent à la Ka'ba, considéré comme faisant partie de la Maison d'Ibrāhīm.
- ṣufr : Métal jaune, souvent du cuivre ou du laiton.
- Maqām : La station d'Ibrāhīm, pierre sur laquelle il se tenait pour construire la Ka'ba.
- Bakka : Ancien nom de la Mecque, mentionné dans le Coran.
- ḥanīf : Monothéiste pur, incliné vers la religion primitive d'Ibrāhīm.
- tukhtaja : Tablette ou plaque, probablement en bois ou en métal.
- juddatihā : Matériaux de construction, pierres ou briques.
- taḥāzabū : Se diviser en factions ou partis opposés.
- Ikrima ibn 'Āmir ibn Hāshim : Poète de Quraysh, de la tribu de 'Abd al-Dār.
- al-Amīn : Le Digne de confiance, surnom du Prophète avant l'Islam.
- Abū Ja'far Muḥammad ibn 'Alī : Célèbre imam et savant, arrière-petit-fils du Prophète.
- al-A'raj : Surnom de 'Abd al-Raḥmān, signifie 'le Boiteux'.
- al-Zubayr ibn 'Abd al-Muṭṭalib : Oncle du Prophète, poète et notable de Quraysh.
- Coran 2:199 : Verset ordonnant de déferler de 'Arafāt, comme le faisaient les autres Arabes.
- Coran 7:31 : Verset ordonnant de se vêtir lors des circumambulations.
- zīnat Allāh : La parure de Dieu : les vêtements et ornements licites qu'Il a créés pour Ses serviteurs.
- al-khums : Le cinquième : l'impôt du quint prélevé sur le butin de guerre, que les Quraysh avaient innové en le détournant de sa destination légitime.
- aḥbār : Docteurs de la loi juive, savants religieux parmi les Juifs.
- kuhhān : Devins : personnes prétendant avoir des connaissances surnaturelles, souvent par l'intermédiaire de djinns.
- yuzillāni : L'ombrageaient : les deux anges étendaient leur ombre sur lui, signe de protection.
- shayāṭīn : Démons : créatures rebelles parmi les djinns, souvent associés à Iblīs.
- istirāq al-sam‘ : Vol d'écoute : action des djinns d'écouter clandestinement les conversations des anges dans le ciel.
- qadhf bi-l-nujūm : Lancement d'étoiles : météores utilisés pour chasser les djinns qui tentent d'écouter aux cieux.
- rashadan : Guidance : droiture, bonne direction.
- waḥy : Révélation : communication divine aux prophètes.
- rahqan : Égarement : excès, oppression, ou ici accroissement de la transgression.
- ṣāḥib : Compagnon : ici, l'esprit familier ou le démon associé à un devin.
- inqaḍḍa : S'abattit : se jeta rapidement, comme un météore.
- shu‘ūb : Tribus : grandes divisions tribales.
- ka‘b : Talon : peut désigner la cheville ou le pied.
- junūb : Flancs : côtés du corps.
- al-shi‘b : Le défilé : vallée étroite, ici référence à la bataille d'Uḥud qui eut lieu dans un défilé.
- al-Ghawr : Le Ghawr : région basse, probablement la vallée du Jourdain.
- Anṣār : Les Auxiliaires : habitants de Médine qui ont soutenu le Prophète après l'Hégire.
- ma‘ālim : Étoiles guides : constellations utilisées pour la navigation et les saisons.
- anwā’ : Saisons : périodes de l'année liées aux levers et couchers d'étoiles.
- al-‘arsh : Le Trône : le Trône divin, symbole de la souveraineté de Dieu.
- tasbīḥ : Glorification : proclamation de la transcendance de Dieu.
- nas'al : Interrogeons : nous demandons, nous questionnons.
- ḥamalat al-‘arsh : Porteurs du Trône : anges qui soutiennent le Trône divin.
- al-Najdayn : Les deux Najd : hauts plateaux d'Arabie centrale.
- tawahhum : Altération : ajout de suppositions ou de mensonges.
- shuhub : Météores : étoiles filantes utilisées pour repousser les djinns.
- Iblīs : Iblīs : nom du diable, chef des démons.
- adrakahu : L'a atteint : le météore a frappé le djinn.
- Busrā : Busrā : ville de Syrie, centre commercial important.
- ḥibr : Savant : docteur juif ou chrétien.
- Aḥmad : Aḥmad : nom du Prophète Muhammad, signifiant 'le plus loué'.
- abāṭiḥ : Vallées : lits de rivières, ici les régions d'Arabie.
- munshūr min al-dhikr : Livre manifeste : le Coran, révélation claire.
- ḥayy : Clan : tribu ou groupe familial.
- Lu'ayy : Lu'ayy : ancêtre des Quraysh, tribu du Prophète.
- jāḥājiḥ : Nobles : chefs, hommes de rang.
- ḥanīfiyya : Ḥanīfisme : religion monothéiste pure d'Abraham, avant toute altération.
- shirk : Association : polythéisme, association de partenaires à Dieu.
- dīn Ibrāhīm : La religion d'Abraham, c'est-à-dire le monothéisme pur (ḥanīfiyya) avant la révélation de la Torah et de l'Évangile.
- rāghim : Littéralement 'humilié, soumis', indiquant une prosternation de contrition.
- al-birr : La piété, la bonté, la vertu.
- al-khāl : L'orgueil, la vantardise.
- muhājir : Émigrant, celui qui quitte sa terre pour une cause religieuse.
- rabb : Seigneur, maître.
- Ġanam : Nom d'une idole ou d'une divinité préislamique.
- Ḥirā' : Grotte sur le mont Ḥirā' près de La Mecque, où le Prophète Muhammad reçut la première révélation.
- akh li-ummihi : Frère utérin, c'est-à-dire partageant la même mère mais pas le même père.
- ḥurma : Caractère sacré, inviolabilité.
- muḥrim : Personne en état de sacralisation (iḥrām) pour le pèlerinage.
- al-Ṣafā : Colline à La Mecque, lieu du rite du sa'y entre al-Ṣafā et al-Marwa.
- awwal : Le premier, indiquant la primauté dans la critique des idoles.
- nuṣub : Pierres dressées ou autels sur lesquels on sacrifiait aux idoles.
- ḥanīfiyya : Religion monothéiste pure, attribuée à Abraham, distincte du judaïsme et du christianisme.
- Shām : Région du Levant, incluant la Syrie, la Palestine, la Jordanie et le Liban actuels.
- ahl al-kitāb : Gens du Livre, c'est-à-dire juifs et chrétiens.
- Jazīra : La Haute-Mésopotamie, région entre le Tigre et l'Euphrate.
- al-Balqā' : Région de l'actuelle Jordanie, près d'Amman.
- arḍ Lakhm : Territoire de la tribu de Lakhm, dans le sud de la Palestine ou le nord-ouest de l'Arabie.
- ṭawāghī : Pluriel de ṭāghiya, désignant les idoles ou les tyrans.
- umma waḥdahu : Communauté à lui seul, signifiant qu'il sera ressuscité comme une communauté entière en raison de sa foi.
- al-bayt : La Maison, c'est-à-dire la Ka'ba.
- al-Ḥums : Groupe de tribus arabes (Quraysh, Kināna, Khuzā'a) qui observaient des règles particulières lors du pèlerinage.
- talbiya : Formule rituelle prononcée par les pèlerins : 'Labbayka Allāhumma labbayk' (Me voici à Toi, ô Dieu, me voici).
- wa mā yu'minu aktharuhum billāhi illā wa hum mushrikūn : Coran 12:106 : 'Et la plupart d'entre eux ne croient en Dieu qu'en Lui associant.'
- Muzdalifa : Lieu saint près de La Mecque où les pèlerins passent la nuit après 'Arafa.
- Najd : Région du centre de l'Arabie.
- Muḍar : Importante tribu arabe du nord.
- 'Arafa : Plaine près de La Mecque où les pèlerins se tiennent debout le 9 du mois de Dhū al-Ḥijja.
- ka-falaq al-ṣubḥ : Comme l'aube naissante, expression indiquant la clarté et la certitude des visions.
- yansak : Pratiquer la dévotion, la retraite spirituelle.
- anā nā'im : Je dormais, indiquant que la première révélation eut lieu pendant le sommeil.
- mā aqra' : Que lirai-je ? Le Prophète ne savait pas lire.
- ṣuwwira fī qalbī kitāb : L'écriture fut gravée dans mon cœur, signifiant que la révélation fut imprimée en lui.
- al-ab'ad : Le lointain, euphémisme pour désigner soi-même.
- al-nāmūs : Terme désignant l'ange Gabriel, emprunté au grec 'nomos' (loi), utilisé dans les premiers récits islamiques pour désigner l'ange de la révélation.
- al-ab‘ad : Littéralement 'le lointain', expression utilisée par le Prophète pour se désigner lui-même avec humilité.
- Waraqa ibn Nawfal : Cousin de Khadîja, savant chrétien qui avait étudié les Écritures et reconnu la prophétie de Muhammad.
- al-nāmūs al-akbar : Le Grand Namous, expression désignant l'ange Gabriel dans sa fonction de transmetteur de la révélation divine.
- jiwār : Retraite spirituelle ou période de réclusion, ici la retraite que le Prophète effectuait dans la grotte de Hirâ'.
- yāfūkh : Sinciput, partie supérieure du crâne, considérée comme noble.
- Iqra' bi-smi rabbika alladhī khalaq : Premiers versets révélés du Coran, sourate 96, versets 1-5.
- Amīn Allāh : L'Intendant de Dieu, titre donné à l'ange Gabriel.
- Ajīyād : Lieu à La Mecque, près de la Ka'ba, où le Prophète gardait les moutons.
- waṣī : Exécuteur testamentaire, successeur spirituel désigné par le Prophète.
- sibṭ : Petit-fils, terme désignant les descendants directs, ici les petits-fils du Prophète, Hasan et Husayn.
- al-ẓuhr : Prière de midi, deuxième des cinq prières obligatoires en islam.
Le troisième volume du Livre des Expéditions militaires [1], d'après la transmission de…
Le troisième volume du Livre des Expéditions militaires [1], d'après la transmission de Yūnus ibn Bukayr [2] d'après Muḥammad ibn Isḥāq [3].
Troisième partie du livre des Expéditions, d'après la transmission de Yūnus ibn Bukayr d'après Muḥammad ibn Isḥāq. [Envoi du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui.] Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Je me confie à Allah 1 2. Le cheikh Abū al-Ḥusayn Aḥmad ibn Muḥammad al-Naqqūr al-Bazzāz nous a informés – lecture faite devant lui tandis que j'écoutais – disant : Abū Ṭāhir Muḥammad ibn ‘Abd al-Raḥmān al-Mukhalliṣ nous a informés, disant : On a lu devant Abū al-Ḥusayn Riḍwān ibn Aḥmad tandis que j'écoutais, disant : Abū ‘Umar Aḥmad ibn ‘Abd al-Jabbār al-‘Aṭāridī nous a rapportés, disant : Yūnus ibn Bukayr nous a rapportés d'après Muḥammad ibn Isḥāq, disant : Ensuite, Allah – Puissant et Majestueux – a envoyé Muḥammad [que la prière et la paix d'Allah soient sur lui] 3 comme miséricorde pour les mondes et pour l'ensemble des gens. Allah avait pris sur chaque prophète qu'Il avait envoyé avant lui un engagement 4 de croire en lui, de le confirmer et de le soutenir contre quiconque s'opposerait à lui. Il leur avait pris l'engagement de transmettre cela à ceux qui croyaient en eux et les confirmaient. Ils s'acquittèrent donc de ce qui leur incombait comme droit à cet égard. Allah – béni et exalté soit-Il – dit à Muḥammad, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : « Et lorsque Allah prit l'engagement des prophètes : "Ce que Je vous ai donné comme Livre et Sagesse, puis qu'un messager vous vienne confirmer ce qui est avec vous, vous devez croire en lui et vous devez le secourir." Il dit : "Reconnaissez-vous et acceptez-vous cet engagement ?" » 5 jusqu'à la fin du verset. Allah prit donc l'engagement de tous les prophètes de croire en lui et de le soutenir contre quiconque s'opposerait à lui. Ils transmirent cela à ceux qui croyaient en eux et les confirmaient parmi les gens de ces deux Livres. Allah l'envoya cinq ans après la construction de la Ka‘ba, et le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, avait alors quarante ans. Aḥmad nous a rapportés : Yūnus nous a rapportés d'après Ibn Isḥāq, disant : La révélation commença pour le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, au mois de Ramaḍān, selon la parole d'Allah – béni et exalté soit-Il : « Le mois de Ramaḍān au cours duquel le Coran a été descendu 6 » jusqu'à la fin du verset. Allah – exalté soit-Il – dit : « Nous l'avons certes descendu pendant la nuit du Destin 7 » jusqu'à la fin de la sourate. Il dit : « Ḥā. Mīm. Par le Livre explicite. Nous l'avons descendu pendant une nuit bénie, Nous sommes certes avertisseurs 8. » Il dit : « Si vous croyez en Allah et en ce que Nous avons descendu sur Notre Serviteur le jour du Discernement, le jour où les deux groupes se rencontrèrent 9. » Et cette rencontre fut celle du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et des associateurs à Badr. [Le jour où eut lieu la bataille de Badr.] Aḥmad nous a rapportés : Yūnus nous a rapportés d'après Ibn Isḥāq, disant : Abū Ja‘far Muḥammad ibn ‘Alī ibn al-Ḥusayn m'a rapporté que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, rencontra les associateurs le jour de Badr au matin du vendredi, le dix-septième jour du mois de Ramaḍān. Aḥmad nous a rapportés : Yūnus nous a rapportés d'après Asbāṭ ibn Ismā‘īl ibn ‘Abd al-Raḥmān, disant : Le jour de Badr était un vendredi, le dix-septième jour de Ramaḍān. Aḥmad nous a rapportés : Yūnus nous a rapportés d'après Asbāṭ ibn Ismā‘īl ibn ‘Abd al-Raḥmān, disant : Le jour de Badr était un vendredi, le dix-septième jour de Ramaḍān. Aḥmad nous a rapportés : Yūnus nous a rapportés d'après Qurra ibn Khālid 10, disant : J'ai interrogé ‘Abd al-Raḥmān ibn Qāsim au sujet de la nuit du Destin. Il dit : Zayd ibn Thābit vénérait le dix-septième et disait : C'est le jour de la bataille de Badr. Aḥmad nous a rapportés : Yūnus nous a rapportés d'après Busr ibn Abī Ḥafṣ al-Kindī al-Dimashqī, disant : Makḥūl nous a rapportés que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit à Bilāl : « Ne manque surtout pas le jeûne du lundi, car la révélation m'est descendue un lundi, j'ai émigré un lundi, et je mourrai un lundi. » Aḥmad ibn ‘Abd al-Jabbār nous a rapportés, disant : Muḥammad ibn Fuḍayl nous a rapportés d'après ‘Āṣim ibn Kulayb d'après son père d'après ‘Abd Allāh ibn ‘Abbās, disant : J'étais chez ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb – qu'Allah lui fasse miséricorde – alors que ses compagnons étaient avec lui. Il les interrogea : « Que pensez-vous de la parole du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, au sujet de la nuit du Destin : "Cherchez-la dans les dix 46 dernières nuits, les nuits impaires" ? Quelle nuit pensez-vous qu'elle soit ? » Certains dirent : « La vingt-et-unième », d'autres : « La vingt-troisième », d'autres : « La vingt-cinquième », d'autres : « La vingt-septième ». Moi, je restais silencieux. Il dit : « Pourquoi ne parles-tu pas ? » Je dis : « Tu m'as ordonné de ne pas parler avant que les autres ne parlent. » Il dit : « Je ne t'ai envoyé chercher que pour que tu parles. » Je dis : « J'ai entendu Allah 11 mentionner le sept, et Il a dit : "Sept cieux et autant de terres 12", et Il a créé l'homme de sept [éléments], et la végétation de la terre de sept [espèces]. » ‘Umar dit : « Voilà, tu m'as informé de ce que je sais. Que penses-tu de ce que je ne sais pas, à savoir ta parole : "la végétation de la terre de sept" ? » Je dis : « Allah a dit : "Nous avons fendu la terre par une fente. Puis Nous y avons fait pousser des grains, des vignes, des légumes, des oliviers, des palmiers, des jardins touffus" – les jardins touffus sont les murailles de palmiers et d'arbres – "des fruits et des herbages 13." » Il dit : « L'herbage est ce que la terre produit que les animaux et les bestiaux mangent, mais que les hommes ne mangent pas. » ‘Umar dit à ses compagnons : « Êtes-vous incapables de dire comme ce jeune homme dont la tête n'a pas encore atteint la maturité ? Par Allah, je vois que la parole est comme il a dit. » Aḥmad nous a rapportés : Yūnus nous a rapportés d'après Ibn Isḥāq, disant : La révélation parvint complètement au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, alors qu'il croyait en Allah et confirmait ce qui lui était venu. Il l'avait accepté par sa parole et supporté ce qu'Allah lui avait imposé, malgré le mécontentement ou la satisfaction des gens. La prophétie a des poids et des charges que seuls les hommes de force et de détermination parmi les messagers peuvent porter, avec l'aide et la réussite d'Allah, face à ce qu'ils endurent de la part des gens et à ce qu'ils rencontrent comme opposition à ce qu'ils apportent de la part d'Allah – exalté soit-Il. Aḥmad nous a rapportés : Yūnus nous a rapportés d'après Ibn Isḥāq, disant : Rabī‘a ibn Abī ‘Abd al-Raḥmān m'a rapporté, disant : J'ai entendu Ibn Munabbih 14 – alors qu'il était dans la mosquée de Minā – mentionner le prophète Yūnus, que la paix soit sur lui. Il dit : C'était un serviteur vertueux, mais il avait une certaine étroitesse d'esprit. Lorsque les charges de la prophétie – qui ont des poids – lui furent imposées, il se désintégra sous elles comme se désintègre le jeune chameau 15 sous une lourde charge. Il les rejeta et s'enfuit. Aḥmad nous a rapportés : Yūnus nous a rapportés d'après Ibn Isḥāq, disant : Khadīja fut la première à croire en Allah et en Son Messager et à confirmer ce qu'il avait apporté. Allah allégea ainsi la peine du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : chaque fois qu'il entendait quelque chose de désagréable – une réponse négative ou un démenti – qui l'attristait, Allah lui apportait un soulagement par elle. Quand il revenait vers elle, elle le raffermissait, allégeait sa peine, le confirmait et lui rendait les gens plus faciles à supporter. Qu'Allah lui fasse miséricorde. Aḥmad nous a rapportés : Yūnus nous a rapportés d'après Ibn Isḥāq, disant : Al-Zuhrī m'a rapporté d'après ‘Urwa d'après ‘Ā’isha, disant : La première chose par laquelle commença la prophétie pour le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lorsqu'Allah voulut l'honorer et faire miséricorde aux serviteurs par lui, fut qu'il ne voyait rien sans que cela ne vînt comme l'éclat de l'aube. Il resta ainsi aussi longtemps qu'Allah voulut. La solitude lui fut rendue aimable, et rien ne lui était plus cher que d'être seul. Aḥmad nous a rapportés : Yūnus nous a rapportés d'après Yūnus ibn ‘Amr d'après Abū Maysara ‘Amr ibn Shuraḥbīl que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit à Khadīja : « Quand je suis seul 47, j'entends un appel. Par Allah, j'ai peur que cela ne soit quelque chose. » Elle dit : « Qu'Allah nous en préserve ! Allah ne te ferait pas cela. Par Allah, tu rends le dépôt, tu maintiens les liens de parenté et tu dis la vérité. » Lorsque Abū Bakr – qu'Allah lui fasse miséricorde – entra, alors que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, n'était pas là, Khadīja lui rapporta ce qu'il lui avait dit. Elle dit : « Ô ‘Atīq, va avec Muḥammad chez Waraqa. » Lorsque le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, entra, Abū Bakr le prit par la main et dit : « Viens avec nous chez Waraqa. » Il dit : « Qui t'a informé ? » Il dit : « Khadīja. » Ils allèrent donc chez lui et lui racontèrent l'histoire. Il dit : « Quand je suis seul, j'entends un appel derrière moi : "Ô Muḥammad, ô Muḥammad", alors je m'enfuis dans la terre. » Waraqa lui dit : « Ne fais pas cela. Quand il vient à toi, reste jusqu'à ce que tu entendes ce qu'il dit, puis viens m'informer. » Lorsqu'il fut seul, on l'appela : « Ô Muḥammad, dis 16 : "Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah, Seigneur des mondes" jusqu'à "ni des égarés". Dis : "Il n'y a de dieu qu'Allah." » Il vint chez Waraqa et lui rapporta cela. Waraqa lui dit : « Réjouis-toi, puis réjouis-toi. Je témoigne que tu es celui que le fils de Marie a annoncé, que tu es sur la même voie que Moïse, que tu es un prophète envoyé, et qu'il t sera ordonné de combattre après ce jour. Si je vis cela, je combattrai avec toi. » Lorsque Waraqa mourut, le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « J'ai vu le prêtre au Paradis, vêtu de soie, parce qu'il a cru en moi et m'a confirmé » – c'est-à-dire Waraqa. Yūnus nous a rapportés d'après Hishām ibn ‘Urwa d'après son père, disant : Un frère de Waraqa insulta quelqu'un, et cet homme insulta Waraqa à son tour. Cela parvint au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et il dit à son frère : « Sais-tu que j'ai vu pour Waraqa un jardin ou deux jardins ? » Et le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, interdit de l'insulter. Aḥmad nous a rapportés : Yūnus nous a rapportés d'après Ibn Isḥāq, disant : Ismā‘īl ibn Abī Ḥakīm, l'affranchi d'al-Zubayr, m'a rapporté qu'il a été rapporté d'après Khadīja bint Khuwaylid qu'elle dit au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, pour le raffermir, à propos de ce dont Allah l'avait honoré par Sa prophétie : « Ô cousin, peux-tu m'informer de ce compagnon qui vient à toi quand il vient ? » Il dit : « Oui. » Elle dit : « Quand il viendra, informe-moi. » Un jour, alors que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, était chez elle, Gabriel vint. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, le vit et dit : « Ô Khadīja, voici Gabriel qui est venu à moi. » Elle dit : « Le vois-tu maintenant ? » Il dit : « Oui. » Elle dit : « Assieds-toi à mon côté gauche. » Il s'assit. Elle dit : « Le vois-tu maintenant ? » Il dit : « Oui. » Elle dit : « Assieds-toi à mon côté droit. » Il se déplaça et s'assit. Elle dit : « Le vois-tu maintenant ? » Il dit : « Oui. » Elle dit : « Déplace-toi et assieds-toi sur mes genoux. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, se déplaça et s'assit. Elle dit : « Le vois-tu maintenant ? » Il dit : « Oui. » Alors elle se découvrit et jeta son voile, tandis que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, était assis sur ses genoux. Elle dit : « Le vois-tu maintenant ? » Il dit : « Non. » Elle dit : « Ce n'est pas un démon. C'est un ange, ô cousin. Sois ferme et réjouis-toi. » Puis elle crut en lui et témoigna que ce qu'il avait apporté était la vérité. Aḥmad nous a rapportés : Yūnus nous a rapportés d'après Ibn Isḥāq, disant : J'ai rapporté 48 ce hadith à ‘Abd Allāh ibn al-Ḥasan, et il dit : J'ai entendu Fāṭima bint al-Ḥusayn rapporter ce hadith d'après Khadīja, sauf que je l'ai entendue dire : « Elle fit entrer le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, entre elle et son vêtement, et à ce moment Gabriel, que la paix soit sur lui, disparut. » Yūnus nous a rapportés d'après Zakariyyā ibn Abī Zā’ida d'après ‘Āmir al-Sha‘bī, disant : On interrogea le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : « Quand as-tu été investi de la prophétie ? » Il dit : « Entre la création d'Adam et l'insufflation de l'âme en lui. » Yūnus nous a rapportés d'après Ibrāhīm ibn Ismā‘īl ibn Mujammi‘ al-Anṣārī d'après un homme d'après Sa‘īd ibn al-Musayyab, disant : La révélation descendit sur le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, alors qu'il avait quarante-trois ans. Il resta à La Mecque dix ans et à Médine dix ans. Aḥmad nous a rapportés : Yūnus nous a rapportés d'après Ibn Isḥāq, disant : La révélation descendit sur le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, alors qu'il avait quarante ans. Il resta à La Mecque treize ans et à Médine dix ans. Aḥmad nous a rapportés : Yūnus nous a rapportés d'après Ibn Isḥāq, disant : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, reçut l'ordre d'endurer pour Allah dans sa mission et la transmission de ce qui lui avait été ordonné. Yūnus nous a rapportés d'après ‘Īsā ibn ‘Abd Allāh al-Tamīmī d'après al-Rabī‘ ibn Anas d'après Abū al-‘Āliya :
«Endure donc, comme ont enduré les messagers doués de fermeté 17» (17) : Noé, Hûd, Abraham. Ainsi, le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — reçut l'ordre d'endurer comme ils avaient enduré ; ils étaient trois, et le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — était le quatrième, sur eux la paix et la miséricorde d'Allah. Noé dit : «Ô mon peuple, si ma présence et mon rappel des signes d'Allah vous pèsent (18)…» jusqu'à la fin, leur manifestant ainsi la séparation. Hûd dit, lorsqu'ils dirent : «Nous disons seulement que certains de nos dieux t'ont frappé d'un mal» : «Je prends Allah à témoin, et soyez témoins que je suis innocent de ce que vous associez (19)», leur manifestant ainsi la séparation. Abraham dit : «Vous avez eu un bel exemple en Abraham (20)…» jusqu'à la fin du verset, leur manifestant ainsi la séparation. Et Muhammad dit : «Il m'a été interdit d'adorer ceux que vous invoquez en dehors d'Allah (21)». Alors le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — se tint près de la Ka'ba, récita cela aux associateurs, et leur manifesta la séparation. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq : Puis la révélation s'interrompit pour le Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — d'une interruption qui le lassa au point que cela lui devint pénible et l'attrista. Il se dit en lui-même, tant cela l'affectait : «J'ai craint que mon compagnon ne m'ait pris en aversion et ne m'ait abandonné.» Alors Gabriel vint avec la sourate «Par le Jour montant 18», jurant par Lui qui l'avait honoré : «Ton Seigneur ne t'a ni abandonné ni pris en aversion (3)». Il dit : «Par le Jour montant et par la nuit quand elle enveloppe tout (4)», c'est-à-dire : «Ton Seigneur ne t'a ni abandonné ni pris en aversion» : Il ne t'a pas quitté ni délaissé ; «ni pris en aversion» : Il ne t'a pas haï depuis qu'Il t'a aimé. «Et la vie dernière est meilleure pour toi que la vie présente (5)», c'est-à-dire : Ce qui est auprès de Moi, de ton retour vers Moi, est meilleur pour toi que ce que Je t'ai accordé comme honneur dans ce monde. «Et ton Seigneur te donnera bientôt [Ses faveurs], et tu seras satisfait (6)» : par la victoire en ce monde et la récompense dans l'au-delà. «Ne t'a-t-Il pas trouvé orphelin ? Alors Il t'a accueilli. Ne t'a-t-Il pas trouvé égaré ? Alors Il t'a guidé. Ne t'a-t-Il pas trouvé pauvre ? Alors Il t'a enrichi (7)» : Il lui fait connaître ce dont Il l'a gratifié dès le début de sa situation, Sa faveur sur lui dans son orphelinat 19, sa pauvreté et son égarement, et comment Il l'en a sauvé par Sa miséricorde. «Quant à l'orphelin, ne le maltraite pas. Quant au demandeur, ne le repousse pas (9)» : Ne sois ni tyran, ni orgueilleux, ni grossier, ni dur envers les faibles serviteurs d'Allah. «Et quant au bienfait de ton Seigneur, proclame-le (10)» : c'est-à-dire ce qui t'est venu d'Allah comme honneur et bienfait, la prophétie : proclame-le, mentionne-le, et appelle à elle ; Il lui rappelle ce dont Allah l'a gratifié, lui et les serviteurs, par la prophétie. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Hishâm ibn 'Urwa, d'après son père, d'après Khadîja, qui a dit : Lorsque la révélation se fit attendre pour le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — il en fut extrêmement angoissé. Je lui dis, voyant son angoisse : «Ton Seigneur t'a abandonné, à en juger par ton angoisse.» Alors Allah révéla : «Ton Seigneur ne t'a ni abandonné ni pris en aversion.» Yûnus nous a rapporté d'après 'Umar ibn Dharr, d'après son père, d'après Sa'îd ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbâs, que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit à Gabriel : «Qu'est-ce qui t'empêche de nous visiter plus souvent que tu ne le fais ?» Alors Allah révéla : «Nous ne descendons que sur l'ordre de ton Seigneur. À Lui appartient ce qui est devant nous (11)…» jusqu'à : «Et ton Seigneur n'oublie rien (12).» Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq : Puis Gabriel vint au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — lorsque la prière lui fut prescrite. Il frappa du talon dans un creux du vallon, et une source d'eau claire en jaillit. Gabriel — sur lui la paix — fit ses ablutions, et Muhammad le regardait. Il lava son visage, se rinça la bouche, se nettoya le nez, passa la main sur sa tête et ses oreilles, et sur ses pieds jusqu'aux chevilles, et aspergea son sexe. Puis il se leva et pria deux rak'as 20, avec quatre prosternations sur son visage. Ensuite, le Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — revint, Allah ayant réjoui son œil et apaisé son âme, et il reçut ce qu'il aimait d'Allah. Il prit Khadîja par la main et l'amena à la source. Elle fit ses ablutions comme Gabriel, puis il pria deux rak'as avec quatre prosternations, lui et Khadîja. Ensuite, lui et Khadîja prièrent en secret. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq : Sâlih ibn Kaysân m'a rapporté d'après 'Urwa ibn az-Zubayr, d'après 'Â'isha, que la prière, lorsqu'elle fut prescrite pour la première fois, était de deux rak'as, puis elle fut complétée à quatre, et maintenue à deux pour le voyageur. Il dit : Je rapportai cela à 'Umar ibn 'Abd al-'Azîz, qui dit à 'Urwa : «Tu m'as rapporté que 'Â'isha priait quatre rak'as en voyage.» Alors 'Urwa vint, et je me dis en moi-même : «Cela ne peut être.» Je l'interrogeai sur le hadith, et il le lui rapporta. 'Umar dit : «Je ne sais que faire de vos hadiths !» Puis il tourna ses reins, descendit de son lit et entra. Yûnus nous a rapporté d'après Hishâm ibn 'Urwa, d'après son père, d'après 'Â'isha, qu'elle a dit : «La prière, lorsqu'elle fut prescrite pour la première fois, était de deux rak'as ; elle fut maintenue pour le voyageur et complétée à quatre pour le résident.» Yûnus nous a rapporté d'après Sâlim, l'affranchi d'Abû al-Muhâjir, qui a dit : J'ai entendu Maymûn ibn Mahrân dire : «Au début, la prière était deux par deux par deux, puis le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — pria quatre rak'as, ce qui devint la sunna 21, et les deux rak'as furent maintenues pour le voyageur, et c'est complet.» [Conversion de 'Alî ibn Abî Tâlib — qu'Allah l'agrée] Ahmad nous a rapporté : Yûnus m'a rapporté d'après Ibn Ishâq : Puis 22 'Alî ibn Abî Tâlib vint deux jours après et les trouva en train de prier. 'Alî dit : «Qu'est-ce que cela, ô Muhammad ?» Le Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : «La religion d'Allah, qu'Il a choisie pour Lui-même et par laquelle Il a envoyé Ses messagers. Je t'appelle à Allah seul, à L'adorer, et à mécroire en al-Lât et al-'Uzzâ 23.» 'Alî lui dit : «C'est une affaire que je n'ai jamais entendue auparavant ; je ne peux rien décider avant d'en informer Abû Tâlib.» Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — ne voulut pas que son secret soit divulgué avant qu'il ne rende publique sa mission. Il dit : «Ô 'Alî, si tu n'embrasses pas l'islam, garde le secret.» 'Alî resta cette nuit-là, puis Allah fit entrer l'islam dans son cœur. Au matin, il se rendit auprès du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et lui dit : «Que m'as-tu proposé, ô Muhammad ?» Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — lui dit : «Atteste qu'il n'y a de dieu qu'Allah, l'Unique, sans associé, mécrois en al-Lât et al-'Uzzâ, et désavoue les idoles.» 'Alî fit ainsi et embrassa l'islam. Il continua à venir auprès du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — en craignant Abû Tâlib, et il cacha son islam sans le manifester. Zayd ibn Hâritha embrassa aussi l'islam et resta près d'un mois à venir auprès du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. Parmi les bienfaits dont Allah gratifia 'Alî, il y eut le fait qu'il était sous la tutelle du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — avant l'islam. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq : 'Abd Allâh ibn Abî Najîh m'a rapporté — je pense d'après Mujâhid — que 'Alî ibn Abî Tâlib embrassa l'islam à l'âge de dix ans. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq : Yahyâ ibn Abî al-Ash'ath al-Kindî — originaire de Kûfa — m'a rapporté : Ismâ'îl ibn Iyâs ibn 'Afîf m'a rapporté d'après son père, d'après son grand-père 'Afîf, qui a dit : J'étais un commerçant ; je vins à Minâ pendant les jours du pèlerinage. Al-'Abbâs ibn 'Abd al-Muttalib était un commerçant ; je vins à lui pour acheter et vendre. Il dit : Pendant que nous étions là, un homme sortit d'une tente et se mit à prier, se tournant vers la Ka'ba. Puis une femme sortit et se tint à prier avec lui, puis un jeune garçon sortit et se tint à prier avec lui. Je dis : «Ô 'Abbâs, quelle est cette religion ? C'est une religion que nous ne connaissons pas.» Al-'Abbâs dit : «C'est Muhammad ibn 'Abd Allâh, qui prétend qu'Allah l'a envoyé et que les trésors de Chosroès et de César lui seront ouverts. Voici son épouse Khadîja bint Khuwaylid, qui a cru en lui, et ce jeune garçon est son cousin 'Alî ibn Abî Tâlib, qui a cru en lui.» 'Afîf dit : «Que n'ai-je cru ce jour-là, j'aurais été le deuxième !» Yûnus nous a rapporté d'après Yûsuf ibn Suhayb, d'après 'Abd Allâh ibn Burayda, qui a dit : «Le premier homme à embrasser l'islam fut 'Alî ibn Abî Tâlib, puis le groupe des trois : Abû Dharr, Burayda, et un cousin d'Abû Dharr.» [Conversion d'Abû Bakr as-Siddîq — qu'Allah l'agrée] Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq : Puis Abû Bakr rencontra le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et dit : «Est-ce vrai ce que disent les Qurayshites, ô Muhammad, que tu abandonnes nos divinités, que tu traites nos intelligences de sottes et que tu déclares nos pères mécréants ?» Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : «Ô Abû Bakr, je suis le Messager d'Allah et Son Prophète. Il m'a envoyé pour transmettre Son message et t'appeler à 24 Allah par la vérité. Par Allah, c'est la vérité ! Je t'appelle à Allah, ô Abû Bakr, à Lui seul, sans associé, à n'adorer nul autre que Lui, et à l'alliance basée sur l'obéissance à Ses serviteurs obéissants.» Et il lui récita le Coran. Abû Bakr ne fuit pas et ne nia pas ; il embrassa l'islam, mécrut aux idoles, se dépouilla des divinités, reconnut la vérité de l'islam, et revint croyant et convaincu. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq : Muhammad ibn 'Abd ar-Rahmân ibn 'Abd Allâh ibn al-Husayn at-Tamîmî m'a rapporté que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — a dit : «Je n'ai appelé personne à l'islam sans qu'il n'ait hésité, tergiversé et réfléchi, sauf Abû Bakr : il n'a pas tardé quand je le lui ai mentionné, et il n'a pas hésité.» Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq : Abû Bakr commença donc son affaire, manifesta son islam et appela les gens. 'Alî et Zayd ibn Hâritha (18) manifestèrent leur islam, ce qui pesa lourdement sur les Qurayshites. Les premiers à suivre le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — furent : Khadîja bint Khuwaylid, son épouse ; puis le premier homme à croire en lui fut 'Alî, qui avait alors dix ans ; puis Zayd ibn Hâritha ; puis Abû Bakr as-Siddîq — qu'Allah les agrée. Lorsque Abû Bakr embrassa l'islam, il le manifesta et appela à Allah et à Son Messager. Abû Bakr était un homme affable envers son peuple, aimé 25, doux ; il était le plus savant des Qurayshites sur leur généalogie, le plus savant sur le bien et le mal qui étaient en eux ; c'était un commerçant, doté de bon caractère et de bienfaisance. Les hommes de son peuple venaient à lui et l'appréciaient pour plusieurs raisons : son savoir, son commerce et la qualité de sa compagnie. Il se mit à appeler à l'islam ceux en qui il avait confiance parmi son peuple, ceux qui le fréquentaient et s'asseyaient avec lui. Embrassèrent l'islam par son intermédiaire, d'après ce qui m'est parvenu : az-Zubayr ibn al-'Awwâm, 'Uthmân ibn 'Affân, Talha ibn 'Ubayd Allâh, Sa'd ibn Abî Waqqâs, 'Abd ar-Rahmân ibn 'Awf, et avec eux Abû Bakr. Ils partirent ensemble jusqu'au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — qui leur exposa l'islam, leur récita le Coran, les informa de la vérité de l'islam et de l'honneur qu'Allah leur avait promis. Ils crurent et devinrent convaincus de la vérité de l'islam. Ces huit personnes furent les premiers à embrasser l'islam, à prier, à croire le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et à avoir foi en ce qui venait d'Allah — Exalté soit-Il. [Conversion d'Abû Dharr — qu'Allah l'agrée]
Nous a rapporté Yūnus, d'après Yūsuf ibn Ṣuhayb, d'après ʿAbd Allāh ibn Burayda, qui a dit : Abū Dharr et Burayda, accompagnés d'un cousin d'Abū Dharr, partirent à la recherche du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — alors qu'il se trouvait dans la montagne, caché dans un quartier de La Mecque. Ils le trouvèrent endormi dans la montagne, enveloppé dans son vêtement, ses deux pieds dépassant 25. Or le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — était l'un des hommes aux plus beaux pieds. Abū Dharr dit : « S'il y a un prophète dans ce pays, c'est bien cet homme endormi. » Ils marchèrent jusqu'à se tenir près de lui. Abū Dharr avait un bâton sur lequel il s'appuyait. Abū Dharr dit : « Ô homme endormi ! » — mais le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dormait et ne lui répondit pas. Puis Abū Dharr appela de nouveau : « Ô homme endormi ! » — et il ne lui répondit pas. Abū Dharr répéta une troisième fois : « Ô homme endormi ! » et il piqua 26 avec son bâton la plante du pied du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue 52. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se réveilla et s'assit. Abū Dharr lui dit : « Ô Muḥammad, nous sommes venus à toi pour entendre ce que tu dis et vers quoi tu appelles. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Je dis : Il n'y a de dieu que Dieu et je suis le Messager de Dieu. » Alors Abū Dharr et ses deux compagnons crurent en lui. Quant à ʿAlī — que Dieu l'agrée — il était occupé à une affaire pour le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — qu'il l'avait envoyé accomplir. Nous a rapporté Yūnus, d'après Jaʿfar ibn Ḥayyān, d'après al-Ḥasan, que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « Vous complétez soixante-dix communautés ; vous êtes la meilleure d'entre elles et la plus noble auprès de Dieu. » Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Muḥammad ibn Thābit ibn Sharāḥīl m'a rapporté, d'après Umm al-Dardā', qui a dit : J'ai dit à Kaʿb al-Aḥbār : « Comment trouves-tu la description du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dans la Torah ? » Il dit : « Nous le trouvons comme Muḥammad, le Messager de Dieu, son nom est al-Mutawakkil 26 ; il n'est ni rude ni grossier, ni bruyant dans les marchés ; il a reçu les clés pour qu'à travers lui Dieu rende la vue à des yeux aveugles, fasse entendre 27 des oreilles sourdes et redresse des langues tordues, jusqu'à ce qu'ils témoignent qu'il n'y a de dieu que Dieu, Seul, sans associé ; il secourt l'opprimé et le protège. » Nous a rapporté Yūnus, d'après ʿAbd al-Raḥmān ibn ʿAbd Allāh, d'après ʿAmr ibn Murra, d'après Abū ʿUbayda, d'après Abū Mūsā, qui a dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — nous a nommé ses noms, parmi lesquels ceux que nous avons retenus. Il a dit : « Je suis Muḥammad, Aḥmad, al-Muqaffā 27, al-Ḥāshir 28, le Prophète du repentir et de l'épreuve 29. » Nous a rapporté Yūnus, d'après Yūnus ibn ʿAmr, d'après al-ʿĪzār ibn Ḥurayth, d'après ʿĀʾisha — que Dieu l'agrée — qui a dit : « Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — est décrit dans l'Évangile : ni rude, ni grossier, ni bruyant dans les marchés ; il ne rend pas le mal par le mal, mais il pardonne et se montre indulgent. » Nous a rapporté Yūnus, d'après ʿAbd al-Raḥmān ibn ʿAbd Allāh, d'après Ziyād, affranchi de Muṣʿab, d'après al-Ḥasan, qui a dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « Soixante-neuf communautés ont passé, et vous complétez soixante-dix communautés ; vous êtes la meilleure d'entre elles et la plus noble auprès de Dieu. » Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : al-Zuhrī m'a informé, d'après Muḥammad ibn Jubayr ibn Muṭʿim, d'après son père, qui a dit : J'ai entendu le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dire : « J'ai cinq noms : je suis Muḥammad, Aḥmad, je suis al-Māḥī 30 par qui Dieu efface la mécréance, je suis al-ʿĀqib 31, et je suis al-Ḥāshir 28 qui rassemblera les gens sur mes traces. » [L'islam des émigrants — que Dieu les agrée] Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Puis Abū ʿUbayda ibn al-Ḥārith, Abū Salama ibn ʿAbd al-Asad, ʿAbd Allāh ibn al-Arqam al-Makhzūmī et ʿUthmān ibn Maẓʿūn partirent et vinrent trouver le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Il leur présenta l'islam et leur récita le Coran ; ils embrassèrent l'islam et témoignèrent qu'il était sur la guidée et la lumière. Puis des gens des tribus arabes embrassèrent l'islam, parmi lesquels : Saʿīd ibn Zayd ibn ʿAmr ibn Nufayl, frère des Banū ʿAdī ibn Kaʿb, et son épouse Fāṭima bint al-Khaṭṭāb ibn Nufayl ibn ʿAbd al-ʿUzzā, sœur de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb ; Asmāʾ bint Abī Bakr ; ʿĀʾisha bint Abī Bakr, qui était jeune ; Qudāma ibn Maẓʿūn ; ʿAbd Allāh ibn Maẓʿūn, tous deux des Jumaḥ ; Khabbāb ibn al-Aratt, allié des Banū Zuhra ; ʿUmayr ibn Abī Waqqāṣ al-Zuhrī 53 ; ʿAbd Allāh ibn Masʿūd, allié des Banū Zuhra ; Masʿūd ibn al-Qārī ; Sulayṭ ibn ʿAmr, frère des Banū ʿĀmir ibn Luʾayy ; ʿAyyāsh ibn Abī Rabīʿa al-Makhzūmī et son épouse Asmāʾ bint Salāma ibn Mukhrama al-Tamīmī ; Khunays ibn Ḥudhāfa al-Sahmī ; ʿĀmir ibn Rabīʿa, allié des Banū ʿAdī ibn Kaʿb ; ʿAbd Allāh ibn Jaḥsh al-Asadī ; Abū Aḥmad ibn Jaḥsh ; Jaʿfar ibn Abī Ṭālib et son épouse Asmāʾ bint ʿUmays ; Ḥāṭib ibn al-Ḥārith al-Jumaḥī et son épouse Asmāʾ bint al-Muḥallil, sœur des Banū ʿĀmir ibn Luʾayy ; al-Khaṭṭāb ibn al-Ḥārith et son épouse Fukayha 28 bint Yasār ; Maʿmar ibn al-Ḥārith ibn Maʿmar al-Jumaḥī ; al-Sāʾib ibn ʿUthmān ibn Maẓʿūn ; al-Muṭṭalib ibn Azhar ibn ʿAbd ʿAwf al-Zuhrī et son épouse Ramla bint Abī ʿAwf ibn Ṣubayr ibn Saʿd ibn Sahm ; al-Naḥḥām, dont le nom est Nuʿaym ibn Asad, frère des Banū ʿAdī ibn Kaʿb ; ʿĀmir ibn Fuhayra, affranchi d'Abū Bakr al-Ṣiddīq ; Khālid ibn Saʿīd ibn al-ʿĀṣī et son épouse Umayna bint Khalaf ibn Asʿad ibn ʿĀmir ibn Bayāḍa des Khuzāʿa ; Ḥāṭib ibn ʿAmr ibn ʿAbd Shams, frère des Banū ʿĀmir ibn Luʾayy ; Abū Ḥudhayfa ibn ʿUtba 29 ibn Rabīʿa ; Wāqid ibn Fāʾid ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAzīz ibn Thaʿlaba al-Tamīmī, allié des Banū ʿAdī ibn Kaʿb ; Khālid ibn al-Bukayr ; ʿĀmir ibn al-Bukayr ; ʿĀqil ibn al-Bukayr ; Iyās ibn al-Bukayr ibn ʿAbd Allāh ibn Nāshib des Banū Saʿd ibn Layth, alliés des Banū ʿAdī ibn Kaʿb ; ʿAmmār ibn Yāsir, allié des Banū Makhzūm ; Ṣuhayb ibn Sinān, allié des Banū Tamīm. Puis les gens entrèrent dans l'islam en foule, hommes et femmes, jusqu'à ce que la mention de l'islam se répande et qu'on en parle. Lorsque ces hommes embrassèrent l'islam et que leur affaire se répandit à La Mecque, Quraysh en fut affligée et s'en irrita. L'inimitié et l'envie envers le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se manifestèrent parmi eux. Des hommes se dressèrent contre lui, lui vouant hostilité et cherchant la dispute : Abū Jahl ibn Hishām et ses compagnons ; Abū Lahab ; ʿUbayd ibn ʿAbd Yaghūth ; ʿAmr ibn al-Ṭalāṭila ; al-Walīd ibn al-Mughīra ; al-ʿĀṣī ibn Wāʾil ; Umayya ibn Khalaf ; Ubayy ibn Khalaf — c'est lui qui frappa le visage du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — à La Mecque ; Abū Qays ibn al-Fākiha ibn al-Mughīra ; Abū Qays ibn al-Aslat ; al-Ḥuḍayn ou al-Ḥuḍayr ibn al-Ḥārith ibn Saʿīd ibn al-Ḥajjāj, c'est-à-dire Zuhayr ibn Abī Umayya ibn al-Mughīra ; al-Sāʾib ibn Ṣayfī ibn ʿĀʾidh ; al-Aswad ibn ʿAbd al-Asad ; al-ʿĀṣī ibn Saʿīd ; ʿUtba ibn Rabīʿa ; Shayba ibn Rabīʿa ; Abū Sufyān ibn Ḥarb ; Abū al-ʿĀṣī ibn Hishām ; ʿUqba ibn Abī Muʿayṭ ; Abū al-Aṣad al-Hudhalī — une chamelle 30 le heurta, il tomba et se déchira ; al-Ḥakam ibn Abī al-ʿĀṣī ; ʿAdī ibn Jabr al-Thaqafī ; Zamʿa ibn al-Aswad. Ceux qui lui causaient du tort étaient : Abū Lahab, ʿUqba ibn Abī Muʿayṭ, al-Ḥakam ibn Abī al-ʿĀṣī, ʿAdī ibn Jabr al-Thaqafī, et un autre homme. Parole de Dieu — qu'Il soit exalté : « Et avertis ton clan, les plus proches » 31 54 Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Celui qui menait l'hostilité envers le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et autour duquel on se rassemblait pour cela était Abū Jahl, par envie et par iniquité, en raison de l'honneur que Dieu avait accordé à Son Messager — que Dieu prie sur lui et le salue. Ensuite, Dieu — qu'Il soit exalté — ordonna à Son Messager — que Dieu prie sur lui et le salue — de proclamer ouvertement ce avec quoi il était venu, d'appeler les gens à Son ordre et de les inviter à Dieu. Il avait parfois caché la chose et l'avait tenue secrète jusqu'à ce qu'il reçoive l'ordre de la manifester. Il resta ainsi quelques années après sa mission. Puis Dieu — qu'Il soit exalté — dit : « Proclame donc ce qui t'est ordonné et détourne-toi des associateurs » 32. Et Il dit : « Et avertis ton clan, les plus proches. Et abaisse ton aile pour ceux des croyants qui te suivent. Et dis : Je suis l'avertisseur explicite » 33. Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Celui qui a entendu ʿAbd Allāh ibn al-Ḥārith ibn Nawfal — et il m'a demandé de taire son nom — m'a rapporté, d'après Ibn ʿAbbās, d'après ʿAlī ibn Abī Ṭālib — que Dieu l'agrée — qui a dit : Lorsque ce verset fut révélé au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue : « Et avertis ton clan, les plus proches. Et abaisse ton aile pour ceux des croyants qui te suivent », le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « J'ai su que si je commençais par cela avec mon peuple, je verrais d'eux ce que je déteste. » Il garda donc le silence là-dessus. Alors Gabriel vint à lui et dit : « Ô Muḥammad, si tu ne fais pas ce que ton Seigneur t'a ordonné, ton Seigneur te châtiera. » ʿAlī dit : Alors le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — m'appela et dit : « Ô ʿAlī, Dieu m'a ordonné d'avertir mon clan, les plus proches. J'ai su que si je commençais par cela avec eux, je verrais d'eux ce que je déteste, alors j'ai gardé le silence jusqu'à ce que Gabriel vienne à moi et dise : Ô Muḥammad, si tu ne fais pas ce qui t'est ordonné, ton Seigneur te châtiera. Prépare-nous donc, ô ʿAlī, une cuisse de mouton avec un ṣāʿ 32 de nourriture, et prépare-nous un bol de lait. Puis rassemble les fils de ʿAbd al-Muṭṭalib. » Je le fis. Ils se rassemblèrent auprès de lui ; ils étaient ce jour-là quarante hommes, ni plus ni moins, parmi lesquels ses oncles : Abū Ṭālib, Ḥamza, al-ʿAbbās et Abū Lahab, le mécréant pervers. Je présentai devant eux ce plat. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — en prit un morceau, le fendit avec ses dents, puis le jeta dans les coins du plat. Puis il dit : « Mangez au nom de Dieu. » Les gens mangèrent jusqu'à être rassasiés. On ne voyait que les traces de leurs doigts. Par Dieu, chacun d'eux en aurait mangé autant ! Puis le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Donne-leur à boire, ô ʿAlī. » J'apportai cette coupe et ils burent jusqu'à être rassasiés tous ensemble. Par Dieu, chacun d'eux en aurait bu autant ! Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — voulut leur parler, Abū Lahab le devança en disant : « Malheur 34 ! Votre compagnon vous a ensorcelés ! » Ils se dispersèrent et le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ne leur parla pas. Le lendemain, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Ô ʿAlī, prépare-nous la même chose que tu nous as préparée hier en nourriture et en boisson, car cet homme m'a devancé par ce que tu as entendu avant que je parle au peuple. » Je le fis. Puis il les rassembla de nouveau. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — fit comme la veille : ils mangèrent jusqu'à être rassasiés, puis 35 je leur donnai à boire de cette coupe jusqu'à ce qu'ils soient rassasiés. Par Dieu, chacun d'eux en aurait mangé et bu autant ! Puis le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : 55 « Ô fils de ʿAbd al-Muṭṭalib, par Dieu, je ne connais aucun jeune homme parmi les Arabes qui soit venu à son peuple avec quelque chose de meilleur que ce que je vous apporte. Je vous ai apporté l'affaire de ce monde et de l'au-delà. » [Image de la descente de la révélation sur le Prophète] Nous a rapporté Yūnus, d'après Hishām ibn ʿUrwa, d'après son père, d'après ʿĀʾisha — que Dieu l'agrée — qui a dit : Al-Ḥārith ibn Hishām interrogea le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — en disant : « Comment te vient la révélation ? » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Parfois, l'ange vient à moi comme le tintement d'une cloche, et c'est la forme la plus pénible 36 pour moi ; puis il s'éloigne de moi et j'ai retenu ce qu'il a dit. Parfois, l'ange se présente à moi sous la forme d'un homme et me parle, et je retiens ce qu'il dit. » Nous a rapporté Yūnus, d'après ʿAbbād ibn Manṣūr, d'après ʿIkrima, d'après Ibn ʿAbbās, qui a dit : Lorsque la révélation descendait sur le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — elle lui pesait, sa peau se contractait, et les gens s'abstenaient de lui parler. Nous a rapporté Yūnus, d'après ʿUmar ibn Dharr, d'après Mujāhid, qui a dit : Lorsque le Coran était révélé au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — il le récitait d'abord aux hommes, puis aux femmes.
Nous a rapporté Yūnus, d'après Abū Maʿshar, d'après Saʿīd al-Maqburī, d'après Abū Hurayra, que le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, a dit : « Ô Banī ʿAbd al-Muṭṭalib, ô Fāṭima fille de Muḥammad, ô Ṣafiyya tante du Messager d'Allāh, rachetez vos âmes auprès d'Allāh, je ne vous servirai à rien devant Allāh. Demandez-moi de mes biens ce que vous voulez, et sachez que les premiers à venir 33 au Jour de la Résurrection sont les pieux. Si vous êtes au Jour de la Résurrection avec votre parenté, c'est bien, mais moi, les gens viendront avec leurs œuvres, et vous viendrez avec la vie d'ici-bas que vous porterez sur vos épaules, alors je détournerai mon visage de vous. Vous direz : « Ô Muḥammad », et je dirai ainsi » – il détourna son visage – « puis vous direz : « Ô Muḥammad », et je dirai ainsi » – et il détourna son visage de l'autre côté. Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Les compagnons du Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, lorsqu'ils priaient, allaient dans les ravins et cachaient leurs prières à leur peuple. Alors que Saʿd ibn Abī Waqqāṣ se trouvait avec un groupe de compagnons du Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, dans un ravin des ravins de La Mecque, un groupe d'associateurs apparut soudainement alors qu'ils priaient. Ils les blâmèrent et critiquèrent ce qu'ils faisaient, jusqu'à ce qu'ils les combattent et s'affrontent. Saʿd ibn Abī Waqqāṣ frappa un homme des associateurs avec une mâchoire de chameau et lui fendit la tête. Ce fut le premier sang versé en islam. Lorsque Quraysh vit que le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, ne leur reprochait rien de ce qu'ils lui reprochaient – leur séparation et leur critique de leurs divinités – et qu'ils virent que son oncle Abū Ṭālib le soutenait, se tenait devant lui et ne le livrait pas à eux, des hommes des notables de Quraysh allèrent trouver Abū Ṭālib. Parmi eux : ʿUtba ibn Rabīʿa, Shayba, Abū Sufyān, Abū l-Bakhtarī, al-Aswad ibn al-Muṭṭalib, al-Walīd ibn al-Mughīra, Abū Jahl, al-ʿĀṣī ibn Wāʾil, Munabbih et Nabīh, les deux fils d'al-Ḥajjāj, ou ceux qui marchèrent parmi eux. Ils dirent : « Ô Abū Ṭālib, ton neveu a insulté nos divinités, critiqué notre religion, traité nos esprits de légers, et égaré nos pères. Soit tu le retiens de nous, soit tu nous laisses libre cours avec lui, et nous t'en débarrasserons. Car tu es dans la même situation que nous, en opposition à lui. » Abū Ṭālib leur répondit avec douceur et leur rendit une belle réponse. Ils s'en allèrent, et le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, continua ce qu'il faisait : il proclamait la religion d'Allāh et y appelait. Puis Quraysh se concerta entre eux au sujet de ceux, parmi les tribus, qui étaient compagnons du Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, et qui avaient embrassé l'islam. Chaque tribu s'en prit à ceux des musulmans qui étaient chez elle, les torturant et les éprouvant dans leur religion. Allāh protégea Son Messager par son oncle Abū Ṭālib. Or Abū Ṭālib, lorsqu'il vit Quraysh faire ce qu'elle faisait contre les Banū Hāshim et les Banū l-Muṭṭalib, les appela à ce qu'il faisait lui-même : défendre le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, et se tenir devant lui. Ils se rassemblèrent auprès de lui, se levèrent avec lui et répondirent à son appel de repousser [les attaques] contre le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, sauf ce que fit Abū Lahab, qui excitait les Banū Hāshim. Les Banū l-Muṭṭalib étaient appelés Hāshim lorsqu'on les invoquait, à cause de l'alliance qui existait entre les Banū Hāshim et les Banū l-Muṭṭalib, à l'exclusion des Banū ʿAbd Manāf. Il dit : « Jusqu'à quand serons-nous dans l'épreuve, ô Hāshim, tandis que le peuple est dans une assemblée ? Ils appellent à la cavalerie, sur une nuque 34, de notre part, dans la peur et dans un lieu isolé, comme la plaine noire que domine sa rapidité dans un désert fuyant. Sur eux, les lances, sur leur troupeau, comme les outardes buvant, négligentes. Ô peuple, défendez vos foules avec tout généreux sur un chemin frayé. J'ai assisté à la guerre avec des jeunes gens, au moment du combat, dans la poussière épaisse. » Lorsque les Banū Hāshim et les Banū l-Muṭṭalib se rassemblèrent avec lui, et qu'il vit qu'il était protégé par eux et que Quraysh ne l'attaquerait pas avec eux, Abū Ṭālib dit, et il déclara ouvertement l'hostilité à son peuple et leur déclara la guerre 35 : « Nous avons défendu le Messager, le Messager du Roi, avec des épées blanches qui brillent comme l'éclair, par des coups sur des braises ardentes, par crainte des assauts soudains, comme le petit serpent 36. Je repousse et protège le Messager du Roi, de la protection d'un protecteur affectueux. Je ne suis pas un chameau pour ses ennemis, la démarche des chamelles 37, par crainte du chameau excité 38. Mais je rugis contre eux, hautain, comme rugit un lion dans un fourré étroit. » Lorsqu'Abū Ṭālib vit de son peuple ce qui lui plut – leur sérieux avec lui et leur soutien pour lui – il se mit à les louer, à rappeler leur ancienneté et à mentionner le mérite du Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, parmi eux et sa place parmi eux, afin que leur opinion à son sujet se renforce et qu'ils soutiennent avec lui leur affaire. Abū Ṭālib dit : « Lorsque Quraysh se réunit un jour pour se vanter, ʿAbd Manāf est son secret et sa moelle 39. Et si l'on examine les nobles de ʿAbd Manāf, c'est dans Hāshim que se trouvent ses nobles et son ancienneté. Et si un jour on se vante, Muḥammad est l'élu, de son secret et de son noble. Quraysh, son bas et son gras, s'est liguée contre nous, mais elle n'a pas réussi et ses esprits se sont égarés. Nous étions autrefois, nous ne tolérions aucune injustice ; quand on inclinait les joues, nous les redressions. Nous défendions son territoire chaque jour de combat, et nous frappions autour de ses pierres quiconque cherchait à l'atteindre 40. » Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Puis Abū Ṭālib s'adressa à Abū Lahab lorsque son peuple le soutint et qu'il se dressa pour l'hostilité envers le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, avec ceux qui se dressèrent. Or Abū Lahab était de la tribu des Khuzāʿa, tandis qu'Abū Ṭālib, ʿAbd Allāh – le père du Messager d'Allāh – et al-Zubayr étaient de Fāṭima bint ʿAmr ibn ʿĀʾidh ibn ʿImrān ibn Makhzūm. Abū Ṭālib le blâma à propos d'une mère dont le nom était Ismāḥīj, et lui parla durement : « Il se tient devant les gens, leur annonçant mon excuse, mais je ne suis pas venu avec une excuse. Prends donc telle femme et son fils en échange, des nobles égaux et de la belle lignée. Écoute des récits véridiques, qui te feront oublier comme les rochers solides. Nous sommes les fils d'Umm al-Zubayr et de son étalon ; elle nous a portés pour la bonté et la pureté. Tu t'es privé de nous comme compagnon et soutien, et comme frère dans la prospérité et l'adversité. » Il dit : Lorsqu'Abū Ṭālib persista dans son opposition à son peuple concernant ce que voulait le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, et que Quraysh s'unit dans son hostilité et son opposition, Abū Ṭālib dit à ce sujet : « Nous n'avons commis aucun grand crime contre Quraysh, si ce n'est que nous avons défendu le meilleur de ceux qui foulent la terre, un homme qui affronte les calamités, généreux 41, noble, ni vil ni impudent. Ô nos deux frères, ʿAbd Shams et Nawfal, prenez garde à allumer la guerre entre nous. Et si après l'affection et l'union vous devenez des bandes 42, où chacun de vous se plaint des malheurs, ne savez-vous pas ce qui s'est passé dans la guerre de Dāḥis 43 et le clan d'Abū Yaksūm, quand il remplit le col ? Par Allāh, sans Allāh, rien d'autre que Lui, vous ne posséderiez plus pour nous un chemin 44. » [Al-Walīd ibn al-Mughīra et ce qui fut révélé à son sujet] Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Muḥammad ibn Abī Muḥammad m'a rapporté, d'après Saʿīd ibn Jubayr, ou ʿIkrima, d'après Ibn ʿAbbās, qu'al-Walīd ibn al-Mughīra rassembla autour de lui un groupe de Quraysh – il était âgé parmi eux – et que la saison du pèlerinage était arrivée. Il dit : « Ô gens, la saison du pèlerinage est arrivée, et les délégations des Arabes vont venir chez vous 45. Elles ont entendu parler de l'affaire de votre compagnon. Mettez-vous d'accord sur une opinion unique, ne divergez pas, de peur que les uns ne démentent les autres et que les paroles des uns ne contredisent celles des autres. » Ils dirent : « Toi, ô Abū ʿAbd Shams 46, parle et donne-nous une opinion que nous adopterons. » Il dit : « C'est à vous de parler, j'écouterai. » Ils dirent : « Nous disons : c'est un devin. » Il dit : « Ce n'est pas un devin. J'ai vu les devins, et ce n'est ni le marmonnement du devin ni sa sajʿ 47. » Ils dirent : « Nous disons : c'est un possédé. » Il dit : « Ce n'est pas un possédé. Nous avons vu la possession et nous l'avons reconnue ; ce n'est ni son étouffement, ni son agitation, ni ses suggestions. » Ils dirent : « Nous disons : c'est un poète. » Il dit : « Ce n'est pas un poète. Nous connaissons la poésie, son rajaz 48 et son qarīḍ 49, son concis et son développé ; ce n'est pas de la poésie. » Ils dirent : « Nous disons : c'est un sorcier. » Il dit : « Ce n'est pas un sorcier. Nous avons vu les sorciers et leur sorcellerie ; ce n'est ni son souffle ni ses nœuds. » Ils dirent : « Que disons-nous donc, ô Abū ʿAbd Shams 50 ? » Il dit : « Par Allāh, sa parole a une douceur, sa racine est féconde, sa branche est fructueuse. Vous ne direz rien de cela sans qu'on sache que c'est faux. La parole la plus proche [de la vérité] est que vous disiez : c'est un sorcier. Dites donc : c'est un sorcier qui sépare l'homme de son père, l'homme de son frère, l'homme de sa femme, et l'homme de son clan. » Ainsi, ils se séparèrent de lui sur cette base. Ils se mirent à s'asseoir et à interroger les gens lorsqu'ils arrivèrent à la saison du pèlerinage : ils ne croisaient personne sans le mettre en garde contre lui et lui rappeler son affaire. Allāh, le Très-Haut, révéla alors au sujet d'al-Walīd ibn al-Mughīra et de cette parole : « Laisse-Moi avec celui que J'ai créé seul » jusqu'à Sa parole : « Je le ferai brûler dans Saqar 51 ». Et Allāh, le Puissant et le Glorieux, révéla au sujet du groupe qui était avec lui et qui lui suggérait des paroles sur le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, et sur ce qu'il apportait de la part d'Allāh, le Très-Haut : « Ceux qui ont fait du Coran des fragments 52 », c'est-à-dire des catégories, « Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous 53 ». Ce sont ces gens qui disaient cela au Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, à ceux qu'ils rencontraient parmi les gens. Les Arabes repartirent de cette saison du pèlerinage avec la nouvelle de l'affaire du Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, et sa renommée se répandit dans toutes les contrées des Arabes. Nous a rapporté Yūnus, d'après Abū Maʿshar, d'après Muḥammad ibn Qays, au sujet de Sa parole : « Et ils dirent : Nos cœurs sont dans des enveloppes 54 ». Il dit : Quraysh dit au Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue : « Ce que tu dis est vrai, mais par Allāh, nos cœurs sont dans des enveloppes qui nous empêchent de le comprendre, et dans nos oreilles il y a une lourdeur qui nous empêche de l'entendre, et entre nous et toi il y a un voile, si bien que nous ne savons pas ce que tu dis. » Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Puis, lorsque Quraysh sut qu'Abū Ṭālib refusait d'abandonner le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, et de le livrer, et qu'il était résolu à les quitter à ce sujet et à leur faire opposition, ils allèrent le trouver, emmenant avec eux ʿUmāra ibn al-Walīd ibn al-Mughīra. Ils lui dirent, selon ce qui nous est parvenu : « Ô Abū Ṭālib, nous t'avons apporté le jeune homme de Quraysh, ʿUmāra ibn al-Walīd, pour sa beauté, sa jeunesse et sa force. Il sera pour toi, comme soutien et intelligence. Prends-le comme fils, sans contestation, et laisse-nous libre cours avec ton neveu 55 qui a quitté ta religion et la religion de tes pères, a divisé la communauté de son peuple et a traité leurs esprits de légers. Ce n'est qu'un homme comme un autre, que nous tuerons. Cela sera plus unificateur pour la tribu et meilleur dans les conséquences des affaires. » Abū Ṭālib leur dit : « Par Allāh, vous n'avez pas été équitables envers moi : vous me donnez votre fils pour que je le nourrisse pour vous, et vous me demandez mon neveu pour que vous le tuiez 56 ? Cela, par Allāh, ne sera jamais. Ne savez-vous pas que la chamelle, lorsqu'elle perd son petit, ne désire aucun autre ? » Al-Muṭʿim ibn ʿAdī ibn Nawfal ibn ʿAbd Manāf lui dit : « Ton peuple a été équitable envers toi, ô Abū Ṭālib, mais je ne vois pas que tu veuilles accepter cela d'eux. » Abū Ṭālib dit à al-Muṭʿim ibn ʿAdī : « Par Allāh, ils n'ont pas été équitables envers moi, mais toi, tu as décidé de m'abandonner et d'aider le peuple contre moi. Fais donc ce qu'il te plaît », ou comme dit Abū Ṭālib. Alors l'affaire s'envenima 57 à ce moment-là, on se prépara à la guerre, les gens s'interpellèrent, et les uns déclarèrent ouvertement 58 leur hostilité aux autres. Abū Ṭālib dit alors – et il faisait allusion à al-Muṭʿim et visait ceux qui l'avaient abandonné parmi les Banū ʿAbd Manāf et ceux qui l'avaient combattu parmi les tribus de Quraysh, et il rappelait ce qu'ils lui avaient demandé et combien leur affaire était éloignée – : « Hélas ! Que n'ai-je, de votre protection, un chameau 59 dont l'urine coule sur les jambes, goutte à goutte, parmi les chameaux au poil roux, au grognement abondant, qui, lorsqu'il monte sur le plateau 60, tu le prendrais pour un lièvre. Je vois nos deux frères, de père et de mère, quand on leur demande, ils disent : « L'affaire est à d'autres qu'à nous. » Mais ils ont le pouvoir, mais ils tergiversent, comme on tergiverse 61 du haut du rocher de Dhū l-Falaq 62. Ils ont poussé le peuple contre leurs deux frères, et ils sont restés les mains vides d'eux. Je particularise spécialement ʿAbd Shams et Nawfal : ils nous ont rejetés comme on rejette 63 le charbon ardent. Je jure que jamais ne cessera, parmi eux, un voisin qui nous trompera, tant qu'il restera de notre descendance un ongle 64. »
Ils ont associé à la gloire quelqu'un que je ne considère pas... parmi les gens, à moins que son souvenir ne soit arrosé. Et un enfant dont le père était esclave de notre grand-père... jusqu'à une femme bleue que la mer a vomie. Et Taym, Makhzûm et Zuhra parmi eux... et ils étaient pour nous des alliés quand on cherchait la victoire. Leurs rêves et leurs esprits se sont égarés... et ils étaient comme une jeune chamelle que la pression a écrasée 65. Chapitre sur ce qu'ont subi les Compagnons de l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, comme épreuves et difficultés. Puis les Qurayshites allèrent voir Abû Tâlib une autre fois et lui parlèrent 66, disant : "Ô Abû Tâlib, nous ne sommes pas, bien que tu aies chez nous une position due à ton âge, à ton honneur et à ton rang, disposés à laisser le fils de ton frère agir ainsi jusqu'à ce que nous le tuions ou qu'il cesse ce qu'il a manifesté parmi nous : insulter nos divinités, maudire nos pères, critiquer notre religion 67. Si tu veux, rassemble-toi pour notre guerre, et si tu veux, laisse-nous. Nous t'avons excusé et avons cherché à nous libérer de ta guerre et de ton inimitié. Tout ce que nous pensons être une issue, examine ton affaire, puis donne-nous ta décision." Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq qui a dit : Ya‘qûb ibn ‘Utba ibn al-Mughîra ibn al-Akhnas m'a raconté qu'il a été rapporté que lorsque les Qurayshites dirent ces paroles à Abû Tâlib, celui-ci envoya chercher l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et lui dit : "Ô fils de mon frère, ton peuple est venu à moi et m'a dit telle et telle chose, comme ils le lui ont dit, et ils m'ont déjà importuné auparavant. Épargne-moi et épargne-toi, et ne me charge pas d'une affaire que je ne peux supporter, ni moi ni toi. Cesse ce que ton peuple réprouve de tes paroles qui ont créé la division entre nous et eux." L'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, pensa que son oncle avait changé d'avis à son sujet, qu'il l'abandonnerait et le livrerait, et qu'il était trop faible pour le soutenir et se tenir à ses côtés. L'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit alors : "Ô mon oncle, si l'on plaçait le soleil dans ma main droite et la lune dans ma main gauche, je n'abandonnerais pas cette affaire jusqu'à ce que Dieu la fasse triompher ou que je périsse en la poursuivant." Puis l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, pleura. Lorsqu'il se détourna, Abû Tâlib, voyant l'état dans lequel se trouvait l'Envoyé de Dieu, lui dit : "Reviens, ô fils de mon frère." Il revint vers lui, et il dit : "Poursuis ton affaire et fais ce que tu aimes. Par Dieu, je ne te livrerai jamais à rien." Yûnus nous a rapporté d'après Talha ibn Yahyâ ibn Talha ibn ‘Ubayd Allâh, d'après Mûsâ ibn Talha, qui a dit : ‘Uqayl ibn Abî Tâlib m'a raconté : Les Qurayshites vinrent à Abû Tâlib et dirent : "Ton neveu que voici nous a importunés dans notre assemblée et notre mosquée. Interdis-le-lui." Il dit : "Ô ‘Uqayl, va me chercher Muhammad, que Dieu prie sur lui et le salue." J'allai donc le chercher et le fis sortir d'une petite maison 68, c'est-à-dire une petite demeure. Il vint avec lui en pleine chaleur, sous un soleil ardent, cherchant l'ombre pour marcher à cause de la chaleur intense de la terre brûlante 69. Lorsqu'il arriva auprès d'eux, Abû Tâlib dit : "Tes cousins que voici prétendent que tu les importunes dans leur assemblée et leur mosquée. Cesse donc de les importuner 70." L'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, leva les yeux vers le ciel et dit : "Voyez-vous ce soleil ?" Ils dirent : "Oui." Il dit : "Je ne suis pas plus capable de renoncer à cela que vous ne l'êtes d'allumer une flamme à partir de lui." Abû Tâlib dit : "Par Dieu, mon neveu ne nous a pas menti. Retournez-vous." Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq : Puis Abû Tâlib dit, en poésie, lorsqu'il se résolut à soutenir l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et à le défendre malgré l'hostilité de son peuple et leur séparation d'avec lui : "Par Dieu, ils ne l'atteindront pas avec leur rassemblement... jusqu'à ce que je sois enseveli dans la terre, enterré. Va pour ton affaire, il n'y a en toi aucun défaut... et réjouis-toi, et que cela réjouisse tes yeux. Tu m'as appelé et j'ai su que tu étais sincère... tu as dit vrai, et tu as toujours été 71 digne de confiance. Tu m'as présenté une religion dont j'ai reconnu qu'elle est... la meilleure des religions des hommes, une religion 72. N'eût été le blâme ou la crainte d'un opprobre... tu m'aurais trouvé généreux et clair pour cela." Lorsque les Qurayshites dirent : "Il a traité nos esprits d'insensés, a critiqué notre religion et maudit nos pères. Par Dieu, nous n'accepterons jamais cela." Et Abû Tâlib se tint aux côtés de l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, qui était le plus aimé des gens pour lui. Il se mit en devoir de s'occuper de son affaire et interpella son peuple. Il prononça un poème dans lequel il se réfugia auprès d'eux et les menaça à la fin, disant : "Quand j'ai vu que le peuple n'avait plus d'affection entre eux... et qu'ils avaient rompu tous les liens et les attaches, Et qu'ils nous avaient ouvertement déclaré l'hostilité et le mal... et qu'ils avaient obéi à l'ordre de l'ennemi qui s'éloigne, Et qu'ils s'étaient alliés contre nous à un peuple suspect... qui, dans leur rage, nous montrent du doigt par derrière, J'ai enduré pour eux, avec une âme patiente, une épée jaune 73 généreuse... et une épée blanche, tranchante, des sabres des chefs. Et j'ai fait venir, près de la Maison, ma famille et ma parenté... et je me suis accroché à ses voiles par les attaches. Tous ensemble, tournés vers elle, et parfois... là où tout homme noble prête serment. Et là où les Ash‘arites font reposer leurs montures... au débouché des torrents, entre celui qui donne 74 et celui qui reçoit." [Récit du pacte de boycott.] Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq : Lorsque l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, persévéra dans sa mission, et que les Banû Hâshim et les Banû al-Muttalib se tinrent à ses côtés, refusant de le livrer, bien qu'ils fussent, quant à la divergence avec lui, dans la même position que leur peuple, sauf qu'ils refusaient d'être humiliés et de livrer leur frère à ceux de son peuple qui s'étaient séparés de lui, lorsque les Banû Hâshim et les Banû al-Muttalib agirent ainsi, et que les Qurayshites surent qu'ils ne pouvaient atteindre Muhammad, que Dieu prie sur lui et le salue, tant qu'ils étaient avec lui, ils se réunirent pour écrire entre eux un pacte contre les Banû Hâshim et les Banû al-Muttalib : qu'ils ne leur donneraient pas leurs filles en mariage et n'épouseraient pas les leurs, qu'ils ne vendraient rien et n'achèteraient rien d'eux. Ils écrivirent un pacte à cet effet, et c'est ‘Ikrima ibn Hâshim ibn ‘Abd Manâf ibn ‘Abd al-Dâr qui l'écrivit. Ils le suspendirent à la Ka‘ba. Puis ils s'en prirent à ceux qui avaient embrassé l'islam, les enchaînèrent, les torturèrent. L'épreuve devint sévère pour eux, la tentation grandit parmi eux, et ils furent violemment ébranlés. Abû Lahab, l'ennemi de Dieu, sortit pour soutenir les Qurayshites contre eux, disant : "J'ai secouru al-Lât et al-‘Uzzâ, ô assemblée des Qurayshites !" Dieu, Puissant et Majestueux, révéla alors : « Que périssent les deux mains d'Abû Lahab ! » jusqu'à la fin. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq : Safiyya bint ‘Abd al-Muttalib dit : "Que quelqu'un transmette de ma part aux Qurayshites... pourquoi cette affaire et ce commandement contre nous ? Le commandement suprême nous appartient, vous le savez... et nous n'avons pas allumé pour vous le feu de la trahison. Généreux dans le don, quand nous donnons... et prompts à la générosité quand on cherche la libéralité 75. Toutes les vertus sont en nous... et certaines choses sont une diminution et une honte. Non, par les coursiers 76 au matin du rassemblement... avec leurs sabots, quand la poussière s'élève, Nous endurerons pour l'ordre de Dieu jusqu'à ce que... notre Seigneur montre où est la décision." Et Abû Tâlib dit : "Que l'on transmette de ma part, malgré l'éloignement, à Lu'ayy... et spécialement aux Banû Lu'ayy ibn Ka‘b. Ne savez-vous pas que nous avons trouvé Muhammad... un prophète, comme Moïse, inscrit dans les premiers Livres ? Et qu'il y a pour lui, parmi les serviteurs, un amour... et il n'y a de bien en celui que Dieu a distingué par le mal. Et ce que vous avez ajouté dans votre écrit... sera pour vous un malheur, comme la chamelle qui refuse son petit 77. Revenez à la raison, revenez, avant que vous ne creusiez la terre... et que celui qui n'a pas commis de faute devienne comme le coupable. Ne suivez pas l'ordre des égarés et ne coupez pas... nos liens après l'affection et la parenté. Et ne provoquez pas une guerre déjà éprouvée, et peut-être... que l'épreuve de la guerre sera amère pour qui la goûtera. Par le Seigneur de la Maison, nous ne livrerons pas Ahmad... dans la détresse 78 de la morsure du temps ni dans l'adversité. Notre père Hâshim n'a-t-il pas renforcé son soutien... et recommandé à ses fils le combat et les coups ? Nous ne nous lasserons pas de la guerre jusqu'à ce qu'elle se lasse de nous... et nous ne nous plaindrons pas de ce qui nous arrive comme calamités. Mais nous sommes les gens de la préservation et de la raison... quand les âmes des braves s'envolent de peur." Et Abû Tâlib dit : "Que l'on transmette de ma part à Lu'ayy un message... en vérité, et que sert le message d'un envoyé ? Nos cousins les plus proches, Taym, nous les distinguons... et nos frères de ‘Abd Shams et Nawfal. Vous êtes-vous alliés contre nous à un peuple, par allégeance... et à un ordre d'égaré parmi les égarés et les ignorants ? Ils disent : 'Nous avons tué Muhammad'... les toupets de Hâshim se sont soumis à l'humiliation. Vous mentez, par le Seigneur des offrandes 79 dont les cous saignent... à La Mecque, et par le pilier antique et vénéré. Vous l'atteindrez, ou vous vous exposerez à le tuer, avec des sabres... qui tranchent tout os et toute articulation. Et vous invoquerez le malheur, si vous êtes injustes... en un jour éclatant, marqué de blanc. Doucement, la guerre n'a pas encore réussi à son début... et elle viendra à son terme ou à un autre plus rapide. Et nous, chaque fois que nous la menons avec nos sabres... elle gronde 80 et broie celui qui s'y frotte avec force. Et le printemps des deux al-Abtah 81 s'élève, Muhammad... sur une hauteur, au sommet d'une haute montagne. Et Hâshim s'y réfugie, car Hâshim... est le sommet de Ka‘b, l'un après l'autre 82. Si vous espérez tuer Muhammad... alors essayez, avec ce que vous avez rassemblé, de déplacer la montagne de Dubal 83. Car nous le défendrons avec tout coursier rapide 84... et tout cheval impétueux 85, au poitrail vigoureux, élancé 86. Et toute lance de Khatt, longue et flexible 87... et toute épée tranchante comme l'éclair, bien affûtée. Aux mains de nobles, issus de la descendance de Hâshim... vaillants contre les héros, dans toute assemblée." Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq : Lorsque les Qurayshites entendirent cela, virent sa détermination et désespérèrent de lui, ils manifestèrent de l'hostilité envers les Banû ‘Abd al-Muttalib. Abû Tâlib les emmena et ils se tinrent entre les voiles de la Ka‘ba, invoquant Dieu contre l'injustice de leur peuple envers eux, leur rupture des liens de parenté, leur union pour leur faire la guerre, et leur intention de verser leur sang. Abû Tâlib dit : "Ô Dieu, notre peuple n'a voulu que la victoire sur nous. Hâte donc notre victoire et empêche-les de tuer le fils de mon frère." Puis il se tourna vers l'assemblée des Qurayshites qui le regardaient, lui et ses compagnons, et dit : "Nous invoquons le Seigneur de cette Maison contre celui qui rompt les liens et viole les interdits. Par Dieu, cessez ce que vous voulez faire, ou Dieu fera descendre sur vous, à cause de votre rupture avec nous, une partie de ce que vous détestez." Ils lui répondirent : "Ô Banû ‘Abd al-Muttalib, il n'y a ni paix ni lien de parenté entre nous et vous, sauf la mort de ce jeune insensé." Puis Abû Tâlib fit entrer dans le ravin son neveu, les fils de son père et ceux qui les suivirent, parmi les croyants qui entrèrent pour soutenir Dieu et Son Envoyé, que Dieu prie sur lui et le salue, et parmi les polythéistes qui protégeaient. Ils entrèrent dans leur ravin, un ravin situé dans un quartier de La Mecque. Lorsque ‘Amr – ‘Amr ibn al-‘Âs – et ‘Abd Allâh ibn Abî Rabî‘a revinrent auprès des Qurayshites 88 et leur rapportèrent ce que le Négus avait dit à Muhammad, que Dieu prie sur lui et le salue, et à ses compagnons, leur chagrin s'intensifia. Ils torturèrent le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, et ses compagnons avec une grande violence, les frappèrent sur tous les chemins, les assiégèrent dans leur ravin et leur coupèrent les vivres des marchés. Ils ne laissèrent personne entrer chez eux avec de la nourriture ou quoi que ce soit d'utile. Ils sortaient du ravin pour la saison du pèlerinage, et les Qurayshites se précipitaient vers les marchés, achetaient les marchandises et les leur rendaient chères. Le crieur d'al-Walîd ibn al-Mughîra proclama parmi les Qurayshites : "Quiconque trouve quelqu'un achetant de la nourriture, augmentez le prix pour lui." Yûnus nous a rapporté d'après ‘Îsâ ibn ‘Abd Allâh al-Tamîmî, d'après al-Rabî‘ ibn Anas, qui a dit : Ce verset a été révélé au sujet d'al-Walîd ibn al-Mughîra : « un rude, et de surcroît bâtard » 89. Il dit : "Il était grossier et, de plus, vil." Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq dans son récit sur al-Walîd : "Quiconque vous voyez achetant de la nourriture, augmentez le prix pour lui et empêchez-le de l'obtenir 90. Et que celui qui n'a pas d'argent achète, et j'en paierai le prix." Ils firent ainsi pendant trois ans, jusqu'à ce que le peuple atteigne une extrême difficulté, au point d'entendre les cris de leurs enfants depuis le ravin. Les polythéistes détestaient ce que subissaient les Banû Hâshim, au point que la plupart des Qurayshites en vinrent à détester ce qui arrivait aux Banû Hâshim et manifestèrent leur répulsion pour leur pacte injuste et coupant, sur lequel ils s'étaient engagés.
Voici la traduction fidèle du texte arabe classique fourni : Mouḥammad – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – et sa parenté, jusqu’à ce que certains hommes parmi eux voulurent s’en désolidariser. Abū Ṭālib craignait qu’ils n’assassinent le Messager d’Allah – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – de nuit ou en secret. Ainsi, lorsque le Messager d’Allah – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – prenait sa couche ou se couchait, Abū Ṭālib le faisait lever de (90) son lit et le plaçait entre lui et ses fils, de peur qu’ils ne le tuent. Les Qurayšites entendaient alors, durant la nuit, les voix des enfants des Banū Hāšim qui se trouvaient dans le ravin, criant de faim. Le matin venu, ils s’asseyaient près de la Ka‘ba et s’interrogeaient mutuellement. Un homme disait à son compagnon : « Comment ta famille a-t-elle passé la nuit dernière ? » Il répondait : « Bien. » L’autre disait : « Mais tes frères que voici, ceux qui sont dans le ravin, leurs enfants ont crié de faim jusqu’au matin. » Parmi eux, certains étaient satisfaits de ce qu’enduraient Mouḥammad – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – et sa parenté, tandis que d’autres le réprouvaient. Abū Ṭālib, évoquant ce qu’ils avaient demandé à Mouḥammad – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – et comment ils s’étaient rassemblés contre eux à chaque saison pour les empêcher d’acheter ce qui leur était nécessaire, dit en poésie : « N’y a-t-il personne pour eux, à la fin de la nuit, dans l’obscurité ? ... Il m’a enveloppé, alors que l’autre étoile n’avait pas encore franchi [l’horizon]. Il m’a enveloppé tandis que de nombreux yeux dormaient, et un autre, éveillé, ne dormait pas. (91) À cause des rêves de gens qui voulaient du mal à Mouḥammad ; et celui qui ne craint pas l’injustice sera injuste. Ils ont agi sottement et les ont conduits, par leur mauvais avis, contre un orateur dont l’avis n’était pas ferme. Ils ont espéré des choses dont ils n’ont pas atteint l’ordre, bien qu’ils se soient rassemblés en chaque groupe et à chaque saison. Ils espèrent que nous abandonnions en tuant Mouḥammad, alors que les lances acérées ne se sont pas encore teintes de sang. Ils espèrent de nous une affaire (92) dont l’obtention est précédée de coups et de blessures avec le bois flexible et droit. Vous mentez, par le Seigneur de la Demeure ! Vous ne le tuerez pas, tant que des crânes seront jetés à al-Ḥaṭīm et à Zamzam, que les liens de parenté seront rompus, qu’une épouse (93) oubliera (94) son époux, et que nous commettrons un sacrilège après un autre. Et un peuple cuirassé se lèvera contre vous, repoussant de leurs honneurs tout criminel. » Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq : Les Qurayšites persistèrent dans cette attitude envers les Banū Hāšim et les Banū al-Muṭṭalib 65 pendant deux ou trois ans, jusqu’à ce que le peuple fût extrêmement éprouvé, au point que rien ne leur parvenait, sauf en secret ou de la part de quelqu’un de Qurayš qui voulait maintenir le lien avec eux, agissant en cachette. Il m’est parvenu que Ḥakīm ibn Ḥizām sortit un jour, accompagné d’un homme portant de la nourriture destinée à sa tante Ḫadīǧa bint Ḫuwaylid – qui était l’épouse du Messager d’Allah – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – et se trouvait avec lui dans le ravin. Abū Ǧahl le rencontra et dit : « Tu portes de la nourriture aux Banū Hāšim ? Par Allah, tu ne bougeras pas, toi et ta nourriture, avant que je ne te déshonore auprès des Qurayšites. » Abū al-Baḫtarī ibn Hāšim ibn al-Ḥāriṯ ibn Asad lui dit : « L’empêches-tu d’envoyer à sa tante une nourriture qui lui appartenait et qu’il avait chez lui ? » Abū Ǧahl refusa de le laisser faire. Abū al-Baḫtarī se leva alors contre lui avec un os de la jambe d’un chameau, le frappa à la tête, le piétina violemment, tandis que Ḥamza ibn ‘Abd al-Muṭṭalib, qui était proche, voyait cela. Ils répugnaient à ce que cela parvînt au Messager d’Allah – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – et à ses compagnons, qui se seraient réjouis de leur malheur. Abū al-Baḫtarī ibn Hāšim (95) dit à ce sujet : « Goûte, ô Abū Ǧahl, tu as rencontré une affliction ! Ainsi l’ignorance devient blâmable. Tu verras bientôt mon bâton, s’il s’approche. Ainsi le blâme devient blâmable. Sache que nous dissipons la détresse et que nous protégeons l’illustre (96) d’être submergé. » Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui dit : Ensuite, Allah – Puissant et Majestueux – par Sa miséricorde, envoya le ver de terre sur le parchemin des Qurayšites, sur lequel ils avaient écrit leur alliance contre les Banū Hāšim. Il ne laissa aucun nom qui fût pour Allah – Puissant et Majestueux – sans le dévorer, et il ne resta que l’injustice, la rupture des liens et la calomnie. Allah – Puissant et Majestueux – informa de cela Son Messager – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – qui en informa Abū Ṭālib. Abū Ṭālib dit : « Ô fils de mon frère ! Qui t’a raconté cela, alors que personne n’entre chez nous et que tu ne sors vers personne ? Et je ne me considère pas comme quelqu’un de menteur. » Le Messager d’Allah – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – lui dit : « Mon Seigneur me l’a annoncé. » Son oncle lui dit : « Ton Seigneur est certes la Vérité, et j’atteste que tu es véridique. » Abū Ṭālib rassembla alors sa parenté sans les informer de ce que le Messager d’Allah – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – lui avait annoncé, craignant qu’ils ne divulguent cette nouvelle et que les associateurs n’en soient informés, et qu’ils n’ourdissent contre le parchemin quelque malice et ruse. Abū Ṭālib partit avec sa parenté jusqu’à ce qu’ils entrent dans la mosquée, alors que les associateurs de Qurayš se trouvaient à l’ombre de la Ka‘ba. Lorsqu’ils les virent, ils se réjouirent de leur venue, pensant que le siège et l’épreuve les avaient poussés à leur livrer le Messager d’Allah – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – pour qu’ils le tuent. Lorsqu’Abū Ṭālib et sa parenté arrivèrent près d’eux, ils leur firent bon accueil et dirent : « Il est temps que tu te résignes à la mort d’un homme dont la mort ferait votre bien et votre union, alors que sa vie cause votre division et votre corruption ! » Abū Ṭālib dit : « Je suis venu à vous pour une affaire qui apportera peut-être le bien 66 et l’union. Acceptez donc cela de nous. Apportez votre parchemin sur lequel vous avez fait alliance contre nous. » Ils l’apportèrent, ne doutant pas qu’ils (98) allaient leur livrer le Messager d’Allah – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – lorsqu’ils le dérouleraient. Lorsqu’ils eurent apporté leur parchemin, Abū Ṭālib dit : « Voici votre parchemin entre moi et vous. Mon neveu m’a informé – et il ne m’a pas menti – qu’Allah – Puissant et Majestueux – a envoyé le ver de terre sur votre parchemin, et qu’il n’a laissé aucun nom d’Allah sans le dévorer, ne laissant subsister que l’injustice, la rupture des liens et la calomnie. S’il ment, alors vous avez sur moi que je vous le livre pour que vous le tuiez. Mais s’il dit vrai, cela ne vous dissuadera-t-il pas de votre alliance contre nous ? » Il prit leurs engagements, et ils prirent le sien. Lorsqu’ils déroulèrent le parchemin, il était tel que le Messager d’Allah – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – l’avait dit. Ils étaient plus enclins à la trahison qu’autre chose. Abū Ṭālib et ses compagnons se réjouirent et dirent : « Qui de nous est le plus digne de sorcellerie, de rupture des liens et de calomnie ? » Al-Muṭ‘im ibn ‘Adī ibn Nawfal ibn ‘Abd Manāf et Hišām ibn ‘Amr, frère de ‘Āmir ibn Lu’ayy ibn Ḥāriṯa, dirent : « Nous désavouons ce parchemin, qui rompt les liens, est injuste et tyrannique. Nous ne nous allierons jamais à quiconque pour la corruption de nous-mêmes et de nos nobles. » D’autres nobles de Qurayš les suivirent dans cette position. Des gens sortirent alors de leur ravin, après avoir subi une terrible épreuve (99). Abū Ṭālib dit à ce sujet, concernant l’affaire de Mouḥammad – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – et ce qu’ils voulaient de son meurtre : « Ma nuit s’est allongée à cause d’eux, avec chagrin et larmes comme l’écoulement de l’outre qui fuit. À cause des jeux de Quṣayy avec leurs rêves, et le rêve revient-il après le jeu ? Et l’exil de Quṣayy des Banū Hāšim, comme l’exil des écorcheurs des petits morceaux de bois. Et ils disent à Aḥmad : “Tu es un homme au discours corrompu, de faible lignée.” Et pourtant Aḥmad est venu à eux avec la vérité, et il n’est pas venu avec le mensonge. Car nos frères ont soutenu les Banū Hāšim et les Banū al-Muṭṭalib. Ce sont deux frères comme l’os du bras droit, une affaire pour nous comme le nœud du chagrin. Ô Quṣayy ! N’avez-vous pas été informés de ce qui s’est passé des affaires des Arabes ? Ne vous accrochez donc pas, après les nez, à l’extrémité de la queue. Pourquoi, pourquoi vous êtes-vous réconciliés par une affaire de plaisanterie et un rêve absent ? Et vous avez voulu de Aḥmad ce que vous avez voulu, malgré les liens du sang et la proximité de la parenté. Comment donc – et par Celui qui fait accomplir le pèlerinage à tout cavalier se rendant à la Ka‘ba de La Mecque, dotée de voiles 67 – pourrez-vous atteindre Aḥmad et goûter aux pointes des lances et au tranchant des épées ? Et vous puiserez entre vos maisons les pointes des lances et la corde (100) des nerfs ? Vous les verrez, parmi les [chevaux] au poil lisse, à la sangle courte et au poitrail long, et des cavales décharnées comme des oiseaux, élancées, que les pâturages ont amaigries après la traite. Sur elles, des chefs de Hāšim, les plus nobles et les élus. » Abū Ṭālib dit aussi, à propos du parchemin, lorsqu’il vit que son peuple ne s’arrêtait pas, alors qu’ils avaient vu dans ce parchemin un signe de science parmi ce qu’ils avaient vu : « N’y a-t-il personne pour eux, à la fin de la nuit, qui s’affaire, alors que le bâton de ton peuple est divisé ? Et la guerre de notre père, de Lu’ayy ibn Ġālib, chaque fois que le parchemin l’affronte, elle combat. Lorsqu’un conseiller se lève parmi eux pour une affaire, [c’est] la mèche [devenant] une queue, sans qu’il soit coupable. Et quelle est la faute de celui qui appelle au bien et à la piété, et qui n’a pas pu, ô Seigneur du ravin, réparer ? Ils ont expérimenté, dans le passé, la conséquence de leur affaire. Et celui qui connaît une affaire n’est pas comme celui qui n’a pas expérimenté. Il y avait certes dans l’affaire du parchemin une leçon ; lorsque l’absent du peuple en sera informé, il s’étonnera. Allah a effacé de lui leur mécréance et leur désobéissance, et ce qu’ils ont réprouvé du faux, la vérité s’est manifestée. Ce qu’ils ont dit de l’affaire est donc devenu vain, et celui qui invente ce qui n’est pas vrai ment. Et le fils de ‘Abd Allāh est resté parmi nous, cru, malgré le mécontentement de notre peuple, sans être blâmé. Ne pensez donc pas, ô musulmans, que Mouḥammad soit, pour nous, un étranger ou un exilé. Une main hāšimite le protégera de nous, dont la position parmi les gens est la meilleure position. » Lorsqu’Abū Ṭālib les eut ouvertement défiés par l’hostilité et la guerre, les Qurayšites s’en prirent à ceux qui, parmi eux, avaient embrassé l’Islam : ils les ligotèrent, les torturèrent, l’épreuve s’aggrava pour eux, la tentation devint grande parmi eux, et ils furent violemment ébranlés. Les Banū Ǧumaḥ s’en prirent à ‘Uṯmān ibn Maẓ‘ūn. Abū Salama ibn ‘Abd al-Asad ibn Hilāl ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Umar ibn Maḫzūm s’enfuit auprès d’Abū Ṭālib pour qu’il le protège – car il était son oncle maternel. Les Banū Maḫzūm vinrent pour le reprendre, mais Abū Ṭālib les en empêcha. Ils dirent : « Ô Abū Ṭālib, tu nous as empêchés [de prendre] le fils de ton frère, et tu nous empêches [de prendre] le fils de notre frère ?! » Abū Ṭālib dit : « Je protège le fils de ma sœur comme je protège le fils de mon frère. » Abū Lahab – qui n’avait jamais prononcé une bonne parole, ce jour-là non plus – dit : « Abū Ṭālib a dit vrai, ne le lui livrez pas. » Abū Ṭālib conçut alors de l’espoir en lui, après avoir entendu ce qu’il avait entendu de sa part, et espéra son soutien et qu’il se tiendrait à ses côtés. Il dit alors des vers pour s’attirer ses faveurs 68 : « Et un homme dont Abū ‘Utayba est l’oncle paternel est certes dans un jardin, loin de subir des injustices. Je lui dis – et où est de moi mon conseil ? – : “Ô Abū Mu‘tib, affermis ta noirceur en restant debout. Et n’accepte jamais, tant que tu vivras, une affaire pour laquelle tu seras blâmé, lorsque tu descendras aux lieux de sacrifices. Et combats, car la guerre est la moitié [de la solution], et tu ne verras jamais un frère de la guerre accepter l’humiliation, sauf s’il est pacifique. Et laisse la voie de la faiblesse à d’autres que toi, car tu n’atteindras jamais, par la faiblesse, ce qui est nécessaire.” » Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui dit : Ensuite, en ce qui concerne la rupture du parchemin sur lequel les Qurayšites s’étaient ligués contre les Banū Hāšim et les Banū al-Muṭṭalib, quelques hommes de Qurayš agirent. Personne n’y fit preuve d’une plus belle action (103) que Hišām ibn ‘Amr ibn Rabī‘a ibn al-Ḥāriṯ ibn Ḥabīb ibn Ḫuzayma ibn Naṣr ibn Mālik ibn Ḥisl ibn ‘Āmir ibn Lu’ayy. En effet, il était le fils de Naḍla ibn Hāšim ibn ‘Abd Manāf par sa mère – ‘Amr et Naḍla étaient frères utérins. Hišām était un allié des Banū Hāšim, il était noble parmi son peuple. Il m’est parvenu qu’il se rendait auprès des Banū al-Muġīra, des Banū Hāšim et des Banū al-Muṭṭalib, dans le ravin, de nuit, chargeant un âne de nourriture. Lorsqu’il l’amenait (104) dans le ravin, il défaisait le licol de sa tête, puis frappait son flanc, et l’âne entrait dans le ravin vers eux. Il venait aussi, l’ayant chargé de blé ou d’étoffes (105), et faisait de même. Ensuite, il se rendit auprès de Zuhayr ibn Abī Umayya ibn al-Muġīra ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Umar ibn Maḫzūm – dont la mère était ‘Ātika bint ‘Abd al-Muṭṭalib – et dit à Zuhayr : « Es-tu satisfait de manger de la nourriture, de porter des vêtements et d’épouser des femmes, alors que tes frères, comme tu le sais, ne peuvent ni vendre ni acheter (106), ni se marier ni donner en mariage, et ne sont ni en sécurité ni protégés ? Quant à moi, je jure par Allah que s’ils étaient les oncles maternels d’Abū al-Ḥakam ibn Hišām, et qu’il les invitait à une chose semblable à celle à laquelle il t’invite contre eux, il ne répondrait jamais à ton appel. » [Zuhayr] dit : « Malheur à toi ! Que puis-je faire, moi, un seul homme ? » [Hišām] dit : « J’ai trouvé un second. » [Zuhayr] dit : « Qui est-ce ? » Il dit : « Moi, je me tiendrai avec toi. » Zuhayr lui dit : « Cherche-nous un troisième. » [Hišām] alla trouver al-Muṭ‘im ibn ‘Adī ibn Nawfal ibn ‘Abd Manāf et lui dit : « Ô Muṭ‘im, es-tu satisfait que la branche des Banū ‘Abd Manāf périsse, alors que tu en es témoin et d’accord ? Par Allah, si vous leur permettez cela, tu les trouveras prompts contre vous. » [Al-Muṭ‘im] dit : « Malheur à toi ! Que puis-je faire, moi, un seul homme ? » [Hišām] dit : « J’ai trouvé un second. » [Al-Muṭ‘im] dit : « Qui est-ce ? » Il dit : « Moi. » [Al-Muṭ‘im] dit : « Cherche-nous un troisième. » [Hišām] dit : « Je l’ai fait. » [Al-Muṭ‘im] dit : « Qui est-ce ? » Il dit : « Zuhayr ibn Abī Umayya. » [Al-Muṭ‘im] dit : « Cherche-nous un quatrième. » [Hišām] alla trouver Abū al-Baḫtarī ibn Hāšim et lui dit ce qu’il avait dit aux autres. [Abū al-Baḫtarī] dit : « Y a-t-il un troisième pour cela ? » Il dit : « Oui, Zuhayr et al-Muṭ‘im. » Il dit : « Cherche-nous un cinquième. » [Hišām] alla trouver Zam‘a ibn al-Aswad ibn al-Muṭṭalib ibn Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzā, qui était un allié, et lui parla de la rupture du parchemin et de ce qu’ils voulaient faire. [Zam‘a] dit : « Y a-t-il pour cela quelqu’un d’autre que toi ? » Il dit : « Oui, untel et untel », et il les nomma. Il fixa alors un rendez-vous pour eux, la nuit, à quelque endroit de La Mecque. Lorsqu’ils se réunirent, ils se concertèrent et convinrent de se lever pour déchirer ce parchemin, et ils se donnèrent mutuellement des garanties. Al-Muṭ‘im ibn ‘Adī dit : « Je me lève le premier. » Le lendemain matin, al-Muṭ‘im ibn ‘Adī, vêtu d’une robe, se rendit auprès d’eux alors qu’ils étaient rassemblés autour de la Ka‘ba. Il dit : « Ô gens de Qurayš ! Nous désavouons ce qui est écrit dans ce parchemin d’injustice et de rupture des liens. » Abū Ǧahl dit : « Tu mens. Par Allah, tu n’as fait cela que parce que quelqu’un est venu te voir cette nuit et t’a ordonné cela. » Al-Muṭ‘im dit : « Ce n’est pas toi qui es chargé de cela. » Ensuite, Zuhayr ibn Abī Umayya se leva et dit : « Ô gens de Qurayš ! Sommes-nous leurs mères et eux nos fils ? Par Allah, si nous étions leurs mères, nous ne les abandonnerions pas. Et si nous étions leurs fils, nous ne les délaisserions pas. Je désavoue ce qui est écrit dans ce parchemin d’injustice et de rupture des liens. Je me tiendrai avec al-Muṭ‘im ibn ‘Adī dans ce qu’il a dit. » Abū Ǧahl dit : « Tu mens, et tu n’as fait cela que par crainte de la guerre. » [Zuhayr] dit : « Nous ne sommes pas comme tu le dis. » Ensuite, Abū al-Baḫtarī se leva et dit : « Je désavoue ce qui est écrit dans ce parchemin d’injustice et de rupture des liens. Je me tiendrai avec ces deux hommes dans ce qu’ils ont dit. » Ensuite, Zam‘a ibn al-Aswad se leva et dit : « Je désavoue ce qui est écrit dans ce parchemin d’injustice et de rupture des liens. Je me tiendrai avec ces hommes dans ce qu’ils ont dit. » Ensuite, Hišām ibn ‘Amr se leva et dit : « Je désavoue ce qui est écrit dans ce parchemin d’injustice et de rupture des liens. Je me tiendrai avec ces hommes dans ce qu’ils ont dit. » Abū Ǧahl dit : « Ceci est une affaire qui a été décidée de nuit, en un lieu autre que celui-ci. » Alors, al-Muṭ‘im ibn ‘Adī s’approcha du parchemin, qui se trouvait dans la Ka‘ba, et le déchira.
— Qui est-ce ? dit-il. — Zuhayr ibn Abī Umayya, répondit-il. — Cherche-nous un quatrième qui parle avec nous, dit-il. Il alla donc trouver Abū al-Bakhtarī ibn Hishām, lui rappela leur parenté et leur droit, et lui dit : « Y a-t-il quelqu’un pour nous aider dans cette affaire ? » — Oui, répondit-il, al-Muṭ‘im ibn ‘Adī et Zuhayr ibn Abī Umayya. — Cherche-nous un cinquième, dit-il. Il alla trouver Zam‘a ibn al-Aswad ibn al-Muṭṭalib ibn Asad, lui parla et lui rappela leur parenté et leur droit. Zam‘a lui dit : « Y a-t-il avec toi, dans cette affaire à laquelle tu m’appelles 91, quelqu’un ? » — Oui, répondit-il, et il lui nomma les hommes. Ils se donnèrent rendez-vous de nuit à la limite d’al-Jaḥūn, en haut de la Mecque. Ils s’y réunirent, convinrent de leur affaire et se lièrent par un pacte pour se lever contre le document 92 jusqu’à le déchirer. Zuhayr dit : « Je commence, je serai le premier d’entre vous. » Le lendemain matin, ils se rendirent à leurs assemblées. Zuhayr ibn Abī Umayya, vêtu d’un manteau, fit sept fois le tour de la Maison 93, puis se tourna vers les gens et dit : « Ô habitants de la Mecque ! Mangeons-nous la nourriture, buvons-nous la boisson, portons-nous les vêtements, tandis que les Banū Hāshim et les Banū al-Muṭṭalib périssent, sans qu’on leur vende ni qu’on achète d’eux 94, sans qu’on se marie avec eux ni qu’on les marie ? Par Dieu, je ne goûterai ni nourriture ni boisson jusqu’à ce que ce document injuste et rompu soit déchiré. » Abū Jahl dit : « Tu mens, par Dieu ! » — il était dans un coin de la mosquée — « Ce document ne sera pas déchiré. » Zam‘a ibn al-Aswad dit : « C’est toi, par Dieu, qui es plus menteur ! Nous n’avons pas approuvé son écriture quand il a été écrit. » Abū al-Bakhtarī dit : « Zam‘a ibn al-Aswad a dit vrai ; nous n’approuvons pas ce qui y est écrit et nous ne le reconnaissons pas. » Al-Muṭ‘im ibn ‘Adī dit : « Vous avez dit vrai, et celui qui dit autrement a menti. Nous nous désavouons auprès de Dieu — qu’Il soit exalté — de ce document et de ce qui y est écrit. » Hishām ibn ‘Amr dit la même chose pour le déchirer et le rejeter. Abū Jahl dit : « C’est une affaire décidée de nuit, on y a conspiré » — c’est-à-dire ailleurs qu’ici. Abū Ṭālib était assis dans un coin de la mosquée, observant ce que faisaient les gens. Puis al-Muṭ‘im ibn ‘Adī se leva, prit le document et le déchira. Il trouva que les termites l’avaient mangé 95, sauf la mention « Par Ton nom, ô Dieu ». Celui qui avait écrit le document était Manṣūr ibn ‘Ikrima ibn Hishām ibn ‘Abd Manāf ibn ‘Abd al-Dār ; sa main fut paralysée, dit-on. Dieu sait mieux. Lorsqu’il fut déchiré et que ce qu’il contenait fut annulé, Abū Ṭālib composa à ce sujet, à propos de ce que ces hommes avaient fait en le déchirant, pour les louer : « N’est-il pas parvenu aux ennemis la clémence de notre Seigneur, malgré leur éloignement ? Dieu est lent envers les gens. / Qu’il leur annonce que le document a été déchiré, et que tout ce que Dieu n’agrée pas est corrompu. / S’y sont ligués un mensonge et une magie rassemblée, et l’on ne trouve plus de magie qui monte à la fin des temps. / S’y sont ligués ceux qui n’ont aucun lien de parenté, et leur oiseau 96 voltige en son milieu. / N’était-ce pas une vérité, une bataille décisive, pour y trancher un avant-bras et un collier 97 ? / Et des habitants sédentaires s’en iraient en fuyant, leurs cœurs tremblant de peur de la mort. » [Délégation de Quraysh en Abyssinie.] Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d’après Ibn Isḥāq : ‘Umāra ibn al-Walīd ibn al-Mughīra et ‘Amr ibn al-‘Āṣ, après l’envoi du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et après que Quraysh eut envoyé ‘Umāra à Abū Ṭālib, étaient partis comme commerçants en Abyssinie, qui était pour Quraysh un refuge et un lieu d’honneur. Ils étaient encore dans leur polythéisme, tous deux poètes, guerriers et audacieux. ‘Umāra était un homme beau et élégant, qui séduisait les femmes, et il était causeur. Ils prirent la mer, et ‘Amr ibn al-‘Āṣ avait avec lui sa femme. Après avoir navigué plusieurs nuits, ils burent du vin qu’ils avaient. Lorsque ‘Umāra ibn al-Walīd fut ivre, il dit à la femme de ‘Amr : « Embrasse-moi. » ‘Amr dit : « Embrasse ton cousin. » Elle l’embrassa. Alors ‘Umāra ibn al-Walīd la jeta à terre et tenta de la posséder, mais elle refusa. Ensuite, ‘Amr s’assit sur le plat-bord 98 du bateau pour uriner, et ‘Umāra le poussa à la mer. Lorsqu’il tomba, il nagea jusqu’à attraper le plat-bord du bateau. ‘Umāra lui dit : « Par Dieu, si j’avais su, ‘Amr, que tu savais nager, je ne t’aurais pas jeté, mais je pensais que tu ne savais pas nager. » Quand ‘Umāra dit cela à ‘Amr, ‘Amr conçut de la rancune contre lui dans son cœur, et il sut qu’il avait voulu le tuer. Ils poursuivirent leur route jusqu’à arriver en Abyssinie. ‘Amr écrivit à son père al-‘Āṣī ibn Wā’il : « Désavoue-moi et dégage-toi de ma faute envers les Banū al-Mughīra et tous les Banū Makhzūm. » Il craignait que son père ne soit poursuivi pour sa faute. Lorsque la lettre parvint à al-‘Āṣī, il alla trouver des hommes des Banū Makhzūm et des Banū al-Mughīra et dit : « Ces deux hommes sont partis comme vous le savez, tous deux audacieux, malfaisants, peu sûrs d’eux-mêmes. Je ne sais ce qui arrivera. Je me désavoue auprès de vous de ‘Amr et de sa faute, je l’ai désavoué. » Les Banū al-Mughīra et des hommes des Banū Makhzūm lui dirent alors : « Et toi, tu crains ‘Amr pour ‘Umāra ? Nous avons désavoué ‘Umāra et nous nous sommes dégagés auprès de toi de sa faute. Laisse les deux hommes entre eux. » Il dit : « Je l’ai fait. » Ils les désavouèrent donc, et chacun se dégagea de son compagnon et de ce qu’il leur avait causé. Lorsqu’ils furent installés, ‘Umāra ne tarda pas à s’introduire auprès de la femme du Negus 99. C’était un homme beau et élégant. Elle le fit entrer, et il alla la voir. Chaque fois qu’il revenait de cette visite, il racontait à ‘Amr ce qui s’était passé. ‘Amr disait : « Je ne te crois pas, tu as pu faire cela ? L’affaire d’une femme est plus élevée que cela ! » Comme ‘Umāra insistait, ‘Amr finit par le croire et sut qu’il était entré chez elle. Il vit à son allure 100 et à ce qu’il faisait, à ses départs le soir et à ses nuits passées dehors jusqu’à l’aube, ce qui lui permit de le savoir. Ils habitaient la même maison, mais il voulait lui apporter une preuve irréfutable s’il portait l’affaire devant le Negus. Il lui dit un jour, alors qu’il lui parlait de cette femme : « Si tu es sincère et que tu as obtenu d’elle ce que tu dis, dis-lui de t’oindre avec l’huile du Negus, dont personne d’autre ne se sert. Je la connais. Apporte-m’en un peu pour que je te croie. » Il répondit : « Je le ferai. » Il alla donc chez elle lors d’une de ses visites, elle l’oignit et lui en donna dans une fiole. Lorsque ‘Amr la sentit, il la reconnut et lui dit : « J’atteste que tu as dit vrai. Tu as obtenu une chose que nul Arabe n’a obtenue de pareille 101 : la femme du roi ! Nous n’avons jamais entendu pareille chose. » Ils étaient des gens de l’époque préislamique, et cela était pour eux une distinction pour celui qui l’obtenait et y parvenait. Puis il garda le silence jusqu’à ce qu’il fût rassuré. Ensuite, ‘Amr entra chez le Negus et dit : « Ô roi, j’ai avec moi un insensé parmi les insensés de Quraysh. J’ai craint que son affaire ne devienne grave chez toi. J’ai voulu te révéler son cas, mais je ne t’en ai pas informé avant d’être certain qu’il était entré chez certaines de tes femmes et y était allé souvent. Voici ton huile, qu’elle lui a donnée et dont il s’est oint. » Lorsque le Negus sentit l’huile, il dit : « Tu as dit vrai, c’est mon huile, qui ne se trouve que chez mes femmes. » On fit venir ‘Umāra ibn al-Walīd. On appela des sorcières 102, on le déshabilla, puis on leur ordonna de souffler dans son pénis 103. Ensuite, on le relâcha. Il s’enfuit dans le désert et resta en Abyssinie jusqu’au califat de ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb — que Dieu l’agrée. Des hommes des Banū al-Mughīra, dont ‘Abd Allāh ibn Abī Rabī‘a ibn al-Mughīra, partirent alors à sa recherche. Avant sa conversion, ‘Abd Allāh s’appelait Bujayr ; lorsqu’il se convertit, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — le nomma ‘Abd Allāh. Ils le guettèrent en Abyssinie près d’un point d’eau où il venait boire avec les bêtes sauvages. On raconte qu’il arriva avec des ânes sauvages, buvant avec eux. Lorsqu’il sentit l’odeur humaine, il s’enfuit jusqu’à ce que la soif l’épuise. Il revint alors boire, et quand il fut rassasié, ils partirent à sa poursuite. ‘Abd Allāh ibn Abī Rabī‘a dit : « Je le précédai et le saisis. Il se mit à dire : « Ô Bujayr, laisse-moi, je vais mourir si tu me retiens. » ‘Abd Allāh dit : « Je le maintins fermement, et il mourut dans mes mains sur-le-champ. Je l’enterrai, puis nous repartîmes. » Ses cheveux, dit-on, couvraient tout son corps. ‘Amr composa, évoquant ce qu’il lui avait fait et ce qu’il avait voulu de sa femme : « Apprends, ‘Umāra, que la pire des mauvaises qualités pour quelqu’un comme toi est d’être appelé le cousin de quelqu’un. / Si tu as deux vêtements 104 et un cheval de race, tu ne vois pas pour ton cousin un interdit. / Quand un homme n’abandonne pas la nourriture qu’il aime et ne retient pas un cœur égaré où qu’il aille, / il assouvit un désir passager, puis se retrouve, quand on évoque de tels actes, à en avoir plein la bouche. / Tu as obtenu le subtil et le grave de l’affaire, et une vie, quand tu rencontres quelqu’un que tu as blâmé. / Ô, lève-toi, par crainte, des convoitises, et poursuis l’affaire de la gloire sans regret. / Car le jeune homme, même si ses racines sont nobles, n’est noble que s’il se montre généreux 105. » [Conversion de Ḥamza ibn ‘Abd al-Muṭṭalib — que Dieu l’agrée.] Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d’après Ibn Isḥāq : Un homme d’Aslam, qui était un mémorisateur, m’a raconté qu’Abū Jahl rencontra le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — près d’al-Ṣafā. Il le maltraita, l’insulta et lui dit des choses désagréables, critiquant sa religion et le rabaissant. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ne lui répondit pas. Une esclave affranchie de ‘Abd Allāh ibn Jud‘ān al-Taymī, dans sa maison au-dessus d’al-Ṣafā, entendit cela. Puis il s’éloigna de lui et se rendit à une assemblée de Quraysh près de la Ka‘ba, où il s’assit avec eux. Peu après, Ḥamza ibn ‘Abd al-Muṭṭalib arriva, son arc en bandoulière, revenant d’une chasse. Lorsqu’il faisait cela, il ne passait devant aucune assemblée de Quraysh sans s’arrêter, saluer et parler avec eux. Il était le plus fort et le plus redoutable de Quraysh. Ce jour-là, il était encore polythéiste, suivant la religion de son peuple. Lorsqu’il passa près de l’affranchie, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — s’était levé et était rentré chez lui. Elle lui dit : « Ô Abā ‘Umāra, si tu avais vu ce qu’a subi le fils de ton frère de la part d’Abū al-Ḥakam 106 tout à l’heure ! Il l’a trouvé ici, l’a maltraité, insulté et lui a dit des choses désagréables, puis il est reparti sans que Muḥammad ne lui réponde. » Ḥamza fut pris de colère, car Dieu — qu’Il soit exalté — voulait lui faire cet honneur. Il sortit rapidement, sans s’arrêter devant personne comme il le faisait d’habitude, voulant faire le tour de la Maison, prêt à s’en prendre à Abū Jahl. Lorsqu’il entra dans la mosquée, il le vit assis parmi les gens. Il s’approcha de lui jusqu’à se tenir au-dessus de sa tête, leva son arc et le frappa, lui infligeant une blessure grave à la tête. Des hommes de Quraysh, des Banū Makhzūm, se levèrent pour soutenir Abū Jahl contre lui. Ils dirent : « Que vois-nous, Ḥamza ? Tu as apostasié 107 ? » Ḥamza dit : « Qu’est-ce qui m’en empêcherait, alors que cela m’est devenu clair ? J’atteste qu’il est le Messager de Dieu et que ce qu’il dit est vrai. Par Dieu, je ne cesserai pas ; empêchez-moi si vous êtes sincères. » Abū Jahl dit : « Laissez Abā ‘Umāra, car par Dieu, j’ai gravement insulté le fils de son frère. » Ḥamza persévéra dans son islam et dans ce qu’il avait promis au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — de sa parole. Lorsque Ḥamza se convertit, Quraysh comprit que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avait gagné en force et en protection, et que Ḥamza le défendrait. Ils cessèrent donc une partie de ce qu’ils lui faisaient subir. Il composa à ce sujet des vers, après avoir frappé Abū Jahl et s’être converti : « Goûte, ô Abā Jahl, à ce que tu as mérité, / de ton ordre injuste, quand tu as marché. / Tu recevras de la poudre dans le nez 108 pour ce que tu as fait, / tu as offensé le Messager de Dieu quand tu as interdit / ton ordre injuste, quand tu as été rebelle. / Si tu espérais en Dieu, tu n’aurais pas été malheureux, / et tu n’aurais pas abandonné la vérité quand tu as été appelé, / et tu n’aurais pas aimé après ce que tu as aimé. / Tu as offensé le Messager de Dieu, tu t’es égaré, / tu n’étais pas un ami après avoir trahi, / jusqu’à ce que tu goûtes la honte, tu as rencontré. / J’ai soulagé mon âme et j’ai guéri. »
Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Puis Hamza retourna chez lui, et Satan vint à lui et dit : « Tu es le chef de Quraysh, tu as suivi ce sabéen 109 et abandonné la religion de tes pères ? La mort serait meilleure pour toi que ce que tu as fait. » Hamza se tourna vers lui [Satan] et dit : « Qu'ai-je fait ? Ô Allah, si c'est une guidance, mets-en la confirmation dans mon cœur ; sinon, donne-moi une issue à ce dans quoi je suis tombé. » Il passa une nuit comme il n'en avait jamais passée, à cause des suggestions de Satan et de ses embellissements, jusqu'au matin. Il se rendit alors chez le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et dit : « Ô fils de mon frère, je suis tombé dans une affaire dont je ne connais pas l'issue. Est-il convenable pour quelqu'un comme moi de rester dans une chose dont je ne sais pas si elle est une guidance ou un égarement ? Raconte-moi un récit, car j'ai envie, ô fils de mon frère, que tu me racontes. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) se tourna vers lui, lui rappela, l'exhorta, lui fit craindre [Allah] et lui annonça la bonne nouvelle. Il dit : « Allah (Puissant et Majestueux) jeta dans son âme la foi en ce que le Messager d'Allah avait dit. Il dit : « J'atteste que tu es véridique, du témoignage sincère de celui qui connaît. Ô fils de mon frère, manifeste ta religion. Par Allah, je n'aimerais pas avoir ce que le ciel couvre 110 et être dans ma première religion. » Hamza fut ainsi parmi ceux par qui Allah a rendu puissante la religion. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Hamza ibn Abd al-Muttalib a dit : « Je loue Allah lorsqu'Il a guidé mon cœur vers l'islam et la religion hanif 111, Une religion venue d'un Seigneur Puissant, Connaisseur des serviteurs, Doux avec eux. Lorsque Ses messages nous sont récités, les larmes coulent de celui qui a un esprit solide. Des messages apportés par Ahmad 112, dont la guidance est [contenue] dans des versets aux lettres claires. Ahmad est élu parmi nous et obéi, ne l'approchez pas avec des paroles dures. Par Allah, nous ne le livrerons pas à un peuple avant d'avoir réglé leur compte avec les épées. Nous laisserons d'entre eux des morts sur le sol, sur lesquels les oiseaux se posent comme des roses. J'ai appris ce que Thaqif a fait à lui ; qu'Allah rétribue les tribus de Thaqif de la pire rétribution, et ne leur donne pas à boire la pluie d'automne. » Ce qui est rapporté au sujet de l'émigration des compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) vers la terre d'Abyssinie. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Allah protégea Son Messager (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) par l'intermédiaire d'Abu Talib. Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) vit ses compagnons et ce qu'ils subissaient comme épreuves et difficultés, et qu'Allah (Très-Haut) l'en avait exempté, et qu'il ne pouvait pas les protéger de leur peuple, et qu'il n'y avait personne parmi leur peuple pour les protéger comme son oncle Abu Talib le protégeait, il leur ordonna d'émigrer vers la terre d'Abyssinie. Il leur dit : « Il s'y trouve un roi 113 qui n'opprime personne dans son pays, une terre de vérité. Réfugiez-vous auprès de lui jusqu'à ce qu'Allah (Puissant et Majestueux) vous apporte un soulagement de Sa part et qu'Il me donne, à moi et à vous, une issue. » Des hommes parmi ses compagnons émigrèrent donc vers la terre d'Abyssinie, craignant la sédition 114, et ils s'enfuirent vers Allah (Puissant et Majestueux) avec leur religion. D'autres cachèrent leur conversion à l'islam. Yunus nous a rapporté d'après Isa ibn Abd Allah at-Tamimi, d'après ar-Rabi' ibn Anas, d'après Abu al-Aliya, au sujet de la parole d'Allah (Puissant et Majestueux) : « Allah a promis à ceux d'entre vous qui ont cru et fait de bonnes œuvres qu'Il leur donnera la succession 115... » jusqu'à la fin du verset. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) resta à La Mecque dix ans après la révélation, craignant, lui et ses compagnons, et ils invoquaient Allah (Puissant et Majestueux) en secret et en public. Puis il leur fut ordonné d'émigrer à Médine, et ils y étaient craintifs, passant leurs nuits et leurs matins en armes. Un homme parmi les compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Ô Messager d'Allah, viendra-t-il un jour où nous serons en sécurité et où nous déposerons les armes ? » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Vous ne passerez qu'un peu de temps avant que l'un de vous ne s'assoie dans une grande assemblée sans qu'il y ait de fer 116. » Alors Allah (Puissant et Majestueux) révéla ce verset : « Allah a promis à ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres... » jusqu'à la fin du verset, en réponse à la parole de l'homme et à la parole du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Et Sa parole : « Et quiconque mécroit après cela, alors ceux-là sont les pervers 117 », il dit : « Quiconque mécroit en cette grâce, il ne s'agit pas de mécroire en Allah. » Ils restèrent ainsi jusqu'à ce qu'Allah rappelle Son Messager (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Puis ils restèrent ainsi sous le commandement d'Abu Bakr, de 'Umar et de 'Uthman. Puis ils changèrent, et ce qui était en eux changea ; ils mécrurent en cette grâce, et Allah (Puissant et Majestueux) fit entrer sur eux la peur qu'Il avait éloignée d'eux. Yunus nous a rapporté d'après Hisham ibn Sa'id, d'après Zayd ibn Aslam, qui a dit : Les compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) étaient de trois groupes : un groupe à Médine, et deux groupes à La Mecque. Un groupe était persécuté à La Mecque pendant dix ans et pardonnait aux associateurs 118. Un autre groupe, lorsqu'il était persécuté, se vengeait. Alors Allah (Puissant et Majestueux) révéla à tous : « Ceux qui évitent les grands péchés 119 » – c'est-à-dire l'association 120 – « et les turpitudes 121 » – c'est-à-dire la fornication – « et qui, lorsqu'ils se mettent en colère, pardonnent » – ceux-là sont ceux qui ne se vengeaient pas des associateurs. « Et ceux qui ont répondu à leur Seigneur, accompli la prière et dont les affaires sont une consultation entre eux » – ceux qui étaient à Médine n'avaient pas d'émir ; le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) était à La Mecque et eux à Médine, ils se consultaient dans leurs affaires. « Et ceux qui, lorsqu'ils subissent une injustice, se défendent » – ceux-là sont ceux qui se sont vengés. « Et la rétribution d'une mauvaise action est une mauvaise action équivalente. Mais quiconque pardonne et réforme, sa récompense incombe à Allah » – ceux qui ont pardonné. Et pour celui qui se défend après avoir été lésé... jusqu'à Sa parole : « sur terre sans droit » – les associateurs qui opprimaient les musulmans – « pour eux un châtiment douloureux. » Enumération de ceux qui émigrèrent vers la terre d'Abyssinie depuis La Mecque. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Parmi ceux qui émigrèrent de La Mecque vers la terre d'Abyssinie, avant l'émigration de Ja'far et de ses compagnons des Banu Umayya ibn Abd Shams ibn Abd Manaf, il y eut : 'Uthman ibn 'Affan avec son épouse Ruqayya, fille du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ; Abu Hudhayfa ibn 'Utba ibn Abd Shams avec son épouse Sahla bint Suhayl ibn 'Amr ibn Abd Shams ibn Abd Wudd ibn Nasr ibn Malik ibn Hasl, qui accoucha là-bas de Muhammad ibn Abi Hudhayfa. Parmi leurs alliés : 'Abd Allah ibn Jahsh ibn Ri'ab. Parmi les Banu Nawfal ibn Abd Manaf : 'Utba ibn Ghazwan ibn Jabir, allié à eux, des Qays 'Aylan. Parmi les Banu Asad ibn Abd al-'Uzza ibn Qusayy : az-Zubayr ibn al-'Awwam ibn Khuwaylid ibn Asad. Parmi les Banu Abd ad-Dar ibn Qusayy : Mus'ab ibn 'Umayr ibn 'Amir ibn Hashim ibn Abd Manaf ibn Abd ad-Dar. Parmi les Banu Abd ibn Qusayy : Tulayb ibn 'Umayr ibn Wahb ibn Abi Kathir ibn Abd ibn Qusayy. Parmi les Banu Zuhra ibn Kilab : 'Abd ar-Rahman ibn 'Awf ibn Abd 'Awf ibn Abd ibn al-Harith ibn Zuhra ; 'Abd Allah ibn Mas'ud, allié à eux ; al-Miqdad, allié à eux. Parmi les Banu Makhzum ibn Yaqaza ibn Murra : Abu Salama ibn Abd al-Asad avec son épouse Umm Salama bint Abi Umayya ; Salama ibn Hisham ibn al-Mughira, retenu à La Mecque et ne vint qu'après Badr, Uhud et al-Khandaq ; 'Ayyash ibn Abi Rabi'a ibn al-Mughira émigra avec lui à Médine, mais ses deux frères utérins, Abu Jahl ibn Hisham et al-Harith ibn Hisham, le rejoignirent et le ramenèrent à La Mecque, où ils le retinrent jusqu'après Badr, Uhud et al-Khandaq. Parmi leurs alliés : 'Ammar ibn Yasir – on doute qu'il soit allé en Abyssinie ou non – et Mu'attib ibn 'Awf ibn 'Amir ibn Khuza'a, des Banu 'Adi ibn Ka'b ibn Lu'ayy ibn 'Amir ibn Rabi'a, allié à eux, avec son épouse Layla bint Abi Hathma ibn Ghanim. Parmi les Banu Jumah ibn 'Amr ibn Husays : 'Uthman ibn Maz'un ibn Habib ibn Wahb ibn Hudhafa ibn Jumah, son fils as-Sa'ib, et Qudama ibn Maz'un. Parmi les Banu Sahm ibn 'Amr ibn Husays ibn Ka'b : Khunays ibn Hudhafa ibn Qays ibn 'Adi, et Hisham ibn al-'Asi ibn Wa'il. Parmi les Banu 'Amir ibn Lu'ayy : Hatib ibn 'Amr ibn Abd Shams, qui fut le premier à émigrer, dit-on ; Sulayt ibn 'Amr ibn Abd Shams, avec son épouse Umm Yaqza bint 'Alqama, qui accoucha de lui, puis de Sulayt ibn Sulayt ; as-Sakran ibn 'Amr ibn Abd Shams, avec son épouse Sawda bint Zam'a ibn Qays, qui mourut à La Mecque avant l'émigration du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à Médine, et le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) épousa son épouse Sawda bint Zam'a. Parmi leurs alliés : Sa'id ibn Khawla. Parmi les Banu al-Harith ibn Fihr ibn Malik : Abu 'Ubayda ibn al-Jarrah ; Suhayl ibn Bayda' ; 'Amr ibn Abi Shurayh ibn Rabi'a ; 'Amr ibn al-Harith ibn Zuhayr ibn Abi Shaddad. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Ils restèrent jusqu'à ce que leur parvienne la nouvelle que les gens de La Mecque s'étaient convertis à l'islam et avaient prosterné 122. Cela se produisit lorsque la sourate an-Najm 123 fut révélée au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) la récita, et tout musulman et associateur l'écouta attentivement, jusqu'à ce qu'il arrive à Sa parole : « Avez-vous considéré al-Lat et al-'Uzza 124 ? » Ils l'écoutèrent, et les croyants se réjouissaient. Mais des gens apostasièrent lorsqu'ils entendirent le saj' 125 de Satan. Il dit : « Par Allah, nous les adorerons pour qu'elles nous rapprochent d'Allah 126. » Satan fit connaître ces deux versets à tout associateur, et leurs langues s'y soumirent. Cela pesa lourdement sur le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) jusqu'à ce que Gabriel (sur lui la paix) vienne à lui. Il se plaignit à lui de ces deux versets et de ce qu'il subissait de la part des gens à leur sujet. Gabriel (sur lui la paix) se désavoua d'eux et dit : « J'ai récité aux gens ce que je ne t'ai pas apporté de la part d'Allah (Puissant et Majestueux), et j'ai dit ce qu'Il ne t'a pas dit. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) en fut très triste et eut peur. Alors Allah (Puissant et Majestueux) révéla pour le consoler : « Et Nous n'avons envoyé avant toi aucun messager ni prophète sans que, lorsqu'il a récité 127, Satan n'ait jeté [quelque chose] dans sa récitation... » jusqu'à Sa parole : « Sage. » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Lorsque la nouvelle de la prosternation des gens de La Mecque avec le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) parvint aux musulmans qui étaient en Abyssinie, ils revinrent – ou ceux d'entre eux qu'Allah (Puissant et Majestueux) voulut – pensant qu'ils avaient suivi le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Lorsqu'ils s'approchèrent de La Mecque, ils apprirent l'affaire 128. Il leur fut pénible de retourner en Abyssinie, et ils craignirent d'entrer à La Mecque sans protection 129. Ils restèrent ainsi jusqu'à ce que chacun d'eux entre avec la protection de quelque Mecquois. 'Uthman ibn Maz'un entra sous la protection d'al-Walid ibn al-Mughira, et Abu Salama ibn Abd al-Asad sous la protection d'Abu Talib, qui était son oncle maternel ; la mère d'Abu Salama était Barra bint Abd al-Muttalib. Quant à 'Uthman ibn Maz'un, voici son histoire : Yunus ibn Bukayr nous a rapporté d'après Muhammad ibn Ishaq, qui a dit : Salih m'a rapporté d'après Ibrahim ibn Abd ar-Rahman ibn 'Awf, d'après quelqu'un qui lui a rapporté, qui a dit : Lorsque 'Uthman vit ce que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et ses compagnons subissaient comme préjudices, alors que lui-même allait et venait en sécurité sous la protection d'al-Walid ibn al-Mughira, il dit : « Par Allah, que j'aille et vienne en sécurité sous la protection d'un homme parmi les associateurs, alors que mes compagnons et ma famille subissent des épreuves et des préjudices pour Allah (Puissant et Majestueux) que je ne subis pas, c'est une grande perte pour moi-même. » Il se rendit auprès d'al-Walid ibn al-Mughira, qui était dans la mosquée, et dit : « Ô Abu Abd Shams, tu as rempli ton engagement. J'étais sous ta protection, et j'aimerais en sortir pour rejoindre le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et être comme lui et ses compagnons. » Al-Walid dit : « Ô mon neveu, peut-être as-tu subi un préjudice de la part de quelqu'un ? » Il dit : « Non, mais je suis satisfait de la protection d'Allah (Puissant et Majestueux) et je ne veux de protection de personne d'autre que Lui. » Al-Walid dit : « Va, car tu es libre de ta protection. » Il se leva et partit.
Peut-être, ô mon neveu, as-tu été offensé ou violé ? Il répondit : Non, mais je suis satisfait de la protection de Dieu Très-Haut et je ne veux pas chercher protection auprès d'un autre que Lui. Il dit : Va donc à la mosquée, et rends-moi ma protection publiquement, comme je te l'ai accordée publiquement. Il dit : Allons-y. Ils sortirent jusqu'à arriver à la mosquée. Al-Walîd dit : Voici 'Uthmân ibn Maz'ûn venu pour me rendre ma protection. 'Uthmân dit : Il a dit vrai. Je l'ai trouvé fidèle et généreux dans sa protection, et j'ai aimé ne pas chercher protection auprès d'un autre que Dieu. Je lui ai donc rendu sa protection. Puis 'Uthmân ibn Maz'ûn s'en alla, alors que Labîd ibn Rabî'a ibn Ja'far ibn Kilâb al-Qaysî se trouvait dans une assemblée de Quraysh. 'Uthmân s'assit avec eux. Labîd, qui récitait des vers, dit : « Tout, sauf Dieu, est vain... » 'Uthmân dit : Tu as dit vrai. Labîd dit : « Et tout bienfait, sans aucun doute, est éphémère. » 'Uthmân dit : Tu as menti. Les gens se tournèrent vers lui et dirent à Labîd : Répète-nous cela. Labîd répéta, et 'Uthmân lui répondit en le déclarant vrai une fois et faux une fois. Par là, 'Uthmân voulait dire, quand il dit « Tu as menti », que le bienfait du Paradis ne disparaît pas. Labîd dit : Par Dieu, ô assemblée de Quraysh, vos réunions n'étaient pas ainsi ! Un insensé parmi eux se leva contre 'Uthmân et lui frappa l'œil, qui devint noir. Ceux qui l'entouraient lui dirent : Par Dieu, ô 'Uthmân, tu étais sous une protection puissante, et ton œil sain n'avait pas besoin de ce qu'il a subi ! 'Uthmân dit : La protection de Dieu est plus sûre et plus puissante, et mon œil sain avait besoin de ce qu'a subi son semblable 130. J'ai pour modèle le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et ceux qui sont avec lui. Al-Walîd dit : Veux-tu ma protection ? 'Uthmân dit : Je n'ai nul besoin de la protection de quiconque, sauf de la protection de Dieu. Puis 'Uthmân dit à ce sujet : « Je n'ai nul besoin, ô fils d'al-Mughîra, de ce que tu dis, mais j'ai confiance en Ahmad. / Messager au rang sublime, qui récite Son Livre, que tout amoureux de la récitation aime. / Aimé, chaque jour il a une fraîcheur, et quand il dit une parole, ce qu'il dit est vrai. / Ô Seigneur, je suis croyant en Muhammad et en Jibrîl, quand Jibrîl apporte la révélation. / Et tout verset que le Miséricordieux a fait descendre, tout cœur, quand il se souvient, palpite. / Par crainte de ce que Dieu annonce à Ses créatures, quand l'amoureux se détourne des signes du Maître du Trône. / Tu vois les gens dans l'égarement, et leur effort est perdu, ils sont lésés dans le bien et devancent dans le mal. » (126) [Islam de 'Umar ibn al-Khattâb, que Dieu l'agrée] Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Muhammad ibn Ishâq, qui a dit : L'islam de 'Umar ibn al-Khattâb eut lieu après le départ de ceux qui partirent parmi les compagnons du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, vers la terre d'Abyssinie. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq, qui a dit : 'Abd ar-Rahmân ibn al-Hârith m'a rapporté d'après 'Abd al-'Azîz ibn 'Abd Allâh, d'après 'Abd Allâh ibn 'Âmir ibn Rabî'a, d'après sa mère Laylâ, qui a dit : 'Umar ibn al-Khattâb était parmi les plus durs envers nous dans notre islam. Lorsque nous nous préparâmes à partir pour la terre d'Abyssinie, 'Umar ibn al-Khattâb vint à moi alors que j'étais sur ma chamelle, prête à partir, et dit : Où vas-tu, ô mère de 'Abd Allâh ? Je lui dis : Vous nous avez persécutés dans notre religion, et nous allons vers la terre de Dieu Très-Haut, où nous ne serons pas persécutés dans l'adoration de Dieu. Il dit : Que Dieu vous accompagne. Puis il s'en alla. Ensuite, mon mari 'Âmir ibn Rabî'a vint à moi, et je l'informai de la douceur que j'avais vue chez 'Umar. Il dit : Espères-tu qu'il embrasse l'islam ? Je dis : Oui. Il dit : Par Dieu, il n'embrassera pas l'islam jusqu'à ce que l'âne d'al-Khattâb l'embrasse. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq, qui a dit : Ensuite, les Quraysh envoyèrent 'Umar ibn al-Khattâb — qui était alors associateur — à la recherche du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, alors que le Messager de Dieu se trouvait dans une maison au pied d'as-Safâ. An-Nahhâm, qui est Nu'aym ibn 'Abd ibn Asad, frère des Banû 'Adî ibn Ka'b, qui avait embrassé l'islam avant cela, le rencontra, alors que 'Umar portait son épée en bandoulière. Il dit : Ô 'Umar, où penses-tu aller ? Il dit : Je vais vers Muhammad, celui qui a rendu folles les raisons des Quraysh, a insulté leurs divinités et s'est opposé à leur communauté. An-Nahhâm lui dit : Par Dieu, quel mauvais chemin tu empruntes, ô 'Umar ! Tu as commis une grave erreur et tu veux la perte des Banû 'Adî ibn Ka'b. Penses-tu échapper aux Banû Hâshim et aux Banû Zuhra si tu tues Muhammad — que Dieu prie sur lui et le salue ? 131 Ils échangèrent des propos jusqu'à élever la voix. 'Umar lui dit : Je pense que tu as apostasié, et si je le savais, je commencerais par toi. Quand an-Nahhâm vit qu'il ne s'arrêtait pas, il dit : Je t'informe que ta famille et la famille de ton beau-frère ont embrassé l'islam et t'ont abandonné, toi et ce que tu suis comme égarement. Lorsque 'Umar entendit ces paroles, il dit : Lesquels ? Il dit : Ton beau-frère, ton cousin germain et ta sœur. 'Umar partit donc jusqu'à arriver chez sa sœur. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lorsqu'un groupe de ses compagnons ayant un besoin venait à lui, il regardait celui qui avait de l'espace et disait : Untel est chez toi, qu'il soit avec toi. Il se trouva que le cousin germain de 'Umar et le mari de sa sœur, Sa'îd ibn Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl, était chez lui. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lui avait confié Khabbâb ibn al-Aratt, affranchi de Thâbit ibn Umm Anmâr, allié des Banû Zuhra. Dieu Très-Haut avait révélé : « Tâ Hâ. Nous n'avons pas fait descendre sur toi le Coran pour que tu sois malheureux, mais seulement comme un rappel pour celui qui craint. » Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, avait invoqué le jeudi soir en disant : « Ô Dieu, fortifie l'islam par 'Umar ibn al-Khattâb ou par Abû l-Hakam ibn Hishâm. » Le cousin germain de 'Umar et sa sœur dirent : Nous espérons que l'invocation du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, soit pour 'Umar. Et ce fut le cas. 'Umar arriva jusqu'à la porte de sa sœur pour la réprimander à cause de ce qui lui était parvenu de leur islam. Or, Khabbâb ibn al-Aratt se trouvait chez sa sœur, lui enseignant Tâ Hâ et lui enseignant « Quand le soleil sera enroulé ». Les associateurs appelaient l'étude « le murmure ». 'Umar entra. Quand sa sœur l'aperçut, elle reconnut le mal sur son visage, cacha le feuillet, et Khabbâb se faufila et entra dans la maison. 'Umar dit à sa sœur : Quel est ce murmure dans ta maison ? Elle dit : Ce n'est rien d'autre qu'une conversation que nous avons entre nous. Il la réprimanda et jura qu'il ne sortirait pas avant qu'elle ne lui révèle son affaire. Son mari Sa'îd ibn Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl lui dit : Tu ne peux pas rassembler les gens selon ton désir, ô 'Umar, même si la vérité est autre. 'Umar se jeta sur lui, le piétina violemment, en colère. Sa sœur se leva pour le protéger de son mari, et 'Umar la frappa de la main et la blessa à la tête. Quand elle vit le sang, elle dit : Entends-tu, ô 'Umar ? Tout ce qui t'est parvenu de moi concernant l'abandon de tes divinités et ma mécréance en al-Lât et al-'Uzzâ est vrai. J'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu, l'Unique, sans associé, et que Muhammad est Son serviteur et Son messager. Décide donc de ton affaire et fais ce que tu veux. Quand 'Umar vit cela, il fut consterné. 'Umar dit à sa sœur : Ce que tu étudiais, donne-moi une garantie de Dieu que je ne l'effacerai pas avant de te le rendre, et que je ne te tromperai pas à son sujet. Quand sa sœur vit cela et son empressement pour le Livre, elle espéra que l'invocation du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, serait pour lui. Elle dit : Tu es impur : « Ne le touchent que les purifiés » (127). Je ne suis pas en sécurité avec toi à ce sujet. Lave-toi de ton lavage rituel après l'impureté majeure, et donne-moi une garantie 132 qui rassure mon âme. 'Umar le fit. Elle lui remit le feuillet. 'Umar lisait le Livre. Il lut Tâ Hâ jusqu'à « L'Heure va venir, Je la cache à peine, afin que chaque âme soit rétribuée selon ses efforts » jusqu'à « afin que tu ne périsses pas » (128). Et il lut « Quand le soleil sera enroulé » jusqu'à « toute âme saura ce qu'elle a préparé » (129). Alors 'Umar embrassa l'islam. Il dit à sa sœur et à son beau-frère : Comment est l'islam ? Ils dirent : Tu attestes qu'il n'y a de dieu que Dieu, l'Unique, sans associé, et que Muhammad est Son serviteur et Son messager ; tu rejettes les idoles et tu mécrois en al-Lât et al-'Uzzâ. 'Umar fit cela. Khabbâb sortit, qui était entré dans la maison, et fit le takbîr 133 et dit : Réjouis-toi, ô 'Umar, de l'honneur de Dieu, car le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a invoqué pour toi afin que Dieu fortifie l'islam par toi. 'Umar dit : Indiquez-moi la maison où se trouve le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Khabbâb ibn al-Aratt lui dit : Je t'informe. Il l'informa qu'il était dans la maison au pied d'as-Safâ. 'Umar se dirigea, désireux de rencontrer le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Or, il était parvenu au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, que 'Umar le cherchait pour le tuer, et son islam ne lui était pas parvenu. Quand 'Umar arriva à la maison, il demanda à entrer. Quand les compagnons du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, virent 'Umar portant son épée, ils eurent peur de lui. Quand le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, vit l'inquiétude des gens, il dit : Ouvrez-lui. Si Dieu Très-Haut veut du bien pour 'Umar, il suivra l'islam et croira au Messager ; et s'Il veut autre chose, sa mort ne nous sera pas facile. Des hommes parmi les compagnons du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, se précipitèrent, alors que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, recevait la révélation. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, sortit en entendant la voix de 'Umar, sans manteau, et saisit le col de la chemise de 'Umar et son manteau. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lui dit : Ne vois-tu pas que tu vas t'arrêter, ô 'Umar, jusqu'à ce que Dieu fasse descendre sur toi le châtiment qu'Il a fait descendre sur al-Walîd ibn al-Mughîra ? Puis il dit : Ô Dieu, guide 'Umar. 'Umar rit et dit : Ô Prophète de Dieu, j'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son messager. Les gens de l'islam firent un seul takbîr 133 qui fut entendu de derrière la maison. Les musulmans étaient alors une quarantaine d'hommes et onze femmes. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq, qui a dit : 'Umar dit quand il embrassa l'islam : « Louange à Dieu, le Bienfaiteur, dont les bienfaits sur nous sont innombrables. / Il nous a précédés, nous avons menti, puis Il nous a dit : Véridique est la parole du Prophète qui détient la nouvelle. / J'ai opprimé la fille d'al-Khattâb, puis mon Seigneur m'a guidé, un soir où l'on disait : 'Umar a apostasié. / J'ai regretté ce qui était arrivé comme faute en l'opprimant, quand les sourates étaient récitées chez elle. / Quand elle invoqua son Seigneur, le Maître du Trône, avec ferveur, et que les larmes de ses yeux coulaient abondamment 133, / J'ai su que Celui qu'elle invoquait était son Créateur, et peu s'en fallut que des larmes perlées ne me devancent. / J'ai dit : J'atteste que Dieu est notre Créateur, et qu'Ahmad est aujourd'hui célèbre parmi nous. / Prophète de vérité, venu avec la vérité de la part d'un Digne de confiance, apportant le dépôt, sans faiblesse dans son retour. » Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq, qui a dit : 'Umar dit alors : Par Dieu, nous sommes plus en droit de proclamer l'islam que nous ne l'étions de proclamer la mécréance. Que la religion de Dieu se manifeste donc à La Mecque. Si notre peuple veut nous opprimer, nous les combattrons ; et s'ils sont équitables envers nous, nous accepterons d'eux. 'Umar sortit avec ses compagnons et ils s'assirent dans la mosquée. Quand les Quraysh virent l'islam de 'Umar, ils furent consternés. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq, qui a dit : Nâfi' m'a rapporté d'après Ibn 'Umar, qui a dit : Quand 'Umar ibn al-Khattâb embrassa l'islam, il dit : Qui, parmi les Mecquois, est le plus prompt à répandre une nouvelle ? On dit : Jamil ibn Ma'mar al-Jumahî. 'Umar sortit, et je sortis derrière mon père, alors que j'étais un garçon comprenant tout ce que je voyais, jusqu'à ce qu'il l'atteigne. Il dit : Ô Jamil, sais-tu que j'ai embrassé l'islam ? Par Dieu, il ne lui répondit pas un mot, mais se leva en traînant son manteau. 'Umar sortit avec lui, et moi avec mon père. Quand il se tint à la porte de la mosquée de la Ka'ba, il cria à pleine voix : Ô assemblée de Quraysh, 'Umar a apostasié ! 'Umar dit : Tu mens, mais j'ai embrassé l'islam. Ils se précipitèrent sur lui, il les combattit et ils le combattirent jusqu'à ce que le soleil fût au-dessus de leurs têtes et qu'ils fussent fatigués 134. Il s'assit, et ils se tinrent debout autour de sa tête, tandis qu'il disait : Faites ce qu'il vous plaît. Par Dieu, si nous étions trois cents hommes, vous nous l'auriez laissée ou nous vous l'aurions laissée. Pendant qu'ils étaient ainsi, voici qu'un vieillard de Quraysh arriva, portant une robe rayée et une chemise qûmisî 135.
«Quoi ?» Ils dirent : «Bien. 'Umar ibn al-Khattâb s'est converti 136.» Il dit : «Quoi ?! Un homme qui s'est choisi une religion ! Pensez-vous que les Banû 'Adî ibn Ka'b 137 vous livreront leur compagnon ainsi ?» Par Dieu, c'était comme si un vêtement avait été dévoilé. Lorsque nous arrivâmes à Médine, je dis : «Ô père, quel est l'homme à la belle tunique qui a détourné les gens de toi ?» Il dit : «C'est al-'Âs ibn Wâ'il as-Sahmî 138.» Ahmad nous a rapporté : Yûnus, d'après Ibn Ishâq, a dit : Al-Munkadir m'a raconté qu'un bédouin des Banû ad-Du'il 139 dit, lorsqu'il apprit la nouvelle du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, de son apparition et de la divergence des gens à son sujet : «Qu'a fait le chauve, le grand, le gaucher 140 ? De quel parti est-il ? Par Dieu, demain il la remplira de bien ou de mal», faisant allusion à 'Umar ibn al-Khattâb. Yûnus nous a rapporté, d'après an-Nadr Abû 'Umar, d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbâs, que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : «Ô Dieu, renforce l'islam par Abû Jahl ibn Hishâm 141 ou par 'Umar ibn al-Khattâb.» Le lendemain matin, 'Umar se rendit auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et embrassa l'islam. Puis il sortit et pria dans la mosquée ouvertement. Yûnus nous a rapporté, d'après 'Abd ar-Rahmân ibn 'Abd Allâh, d'après al-Qâsim, d'après 'Abd Allâh ibn Mas'ûd 142 — qu'il a dit : «La conversion de 'Umar ibn al-Khattâb fut une conquête, son émigration 143 un secours, et son califat 144 une miséricorde. Nous ne pouvions prier ouvertement près de la Ka'ba 145 jusqu'à ce que 'Umar — que Dieu lui fasse miséricorde — embrasse l'islam.» [Ce qui est rapporté sur le premier à réciter le Coran à voix haute à La Mecque] Yûnus nous a rapporté, d'après Muhammad ibn Ishâq, qui a dit : Yahyâ ibn 'Urwa ibn az-Zubayr ibn al-'Awwâm m'a raconté, d'après son père, que le premier à réciter le Coran à voix haute à La Mecque après le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — fut 'Abd Allâh ibn Mas'ûd. Un jour, les compagnons du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se réunirent et dirent : «Par Dieu, les Quraysh 146 n'ont jamais entendu ce Coran récité à voix haute. Qui donc va le leur faire entendre ?» 'Abd Allâh ibn Mas'ûd dit : «Moi.» Ils dirent : «Nous craignons pour toi. Nous voulons un homme qui ait une tribu pour le protéger s'ils lui font du mal.» Il dit : «Laissez-moi, car Dieu — Puissant et Majestueux — me protégera.» 'Abd Allâh partit donc au matin et arriva à la Station 147 à la mi-journée, alors que les Quraysh étaient dans leurs assemblées. Il se tint près de la Station et dit, élevant la voix : «Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. «Le Tout Miséricordieux a enseigné le Coran» 148» et il se mit à réciter. Ils l'écoutèrent et se dirent : «Que dit Ibn Umm 'Abd 149 ?» Puis ils dirent : «Il récite une partie de ce qu'a apporté Muhammad — que Dieu prie sur lui et le salue.» Ils se levèrent et se mirent à frapper son visage, tandis qu'il continuait à réciter jusqu'à ce qu'il eût récité ce que Dieu voulut. Puis il retourna vers ses compagnons, le visage marqué. Ils dirent : «C'est ce que nous craignions pour toi.» Il dit : «Les ennemis de Dieu ne m'ont jamais paru aussi méprisables qu'aujourd'hui. Si vous voulez, j'irai demain leur faire entendre la même chose.» Ils dirent : «Cela suffit, tu leur as fait entendre ce qu'ils détestent.» Yûnus nous a rapporté, d'après 'Abd ar-Rahmân ibn 'Abd Allâh, d'après al-Mut'im 150, que le premier à divulguer le Coran à La Mecque et à être torturé pour la cause du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — fut 'Abd Allâh ibn Mas'ûd — que Dieu l'agrée. Fin de la troisième partie. Suivra, si Dieu le veut, [le récit de] ceux qui furent torturés pour Dieu à La Mecque parmi les croyants. Dieu nous suffit. Que Dieu prie sur notre Seigneur le Prophète Muhammad, sur sa famille et qu'Il le salue.
- توكلت على الله : Formule de confiance en Dieu, souvent utilisée en début d'ouvrage.
- بسم الله الرحمن الرحيم : Formule coranique introductive : 'Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux'.
- صلى الله عليه وسلم : Formule de bénédiction sur le Prophète : 'que la prière et la paix d'Allah soient sur lui'.
- ميثاقاً : Engagement solennel, alliance divine.
- وَإِذْ أَخَذَ اللَّهُ مِيثاقَ النَّبِيِّينَ... : Coran, sourate 3 (Âl ‘Imrân), verset 81.
- شَهْرُ رَمَضانَ الَّذِي أُنْزِلَ فِيهِ الْقُرْآنُ : Coran, sourate 2 (al-Baqara), verset 185.
- إِنَّا أَنْزَلْناهُ فِي لَيْلَةِ الْقَدْرِ : Coran, sourate 97 (al-Qadr), verset 1.
- حم. وَالْكِتابِ الْمُبِينِ. إِنَّا أَنْزَلْناهُ فِي لَيْلَةٍ مُبارَكَةٍ... : Coran, sourate 44 (al-Dukhān), versets 1-3.
- إِنْ كُنْتُمْ آمَنْتُمْ بِاللَّهِ وَما أَنْزَلْنا عَلى عَبْدِنا يَوْمَ الْفُرْقانِ يَوْمَ الْتَقَى الْجَمْعانِ : Coran, sourate 8 (al-Anfāl), verset 41.
- قرة بن خالد : Qurra ibn Khālid, transmetteur de hadiths.
- سمعت الله : Expression signifiant 'j'ai entendu Allah' dans le sens de comprendre le Coran.
- سَبْعَ سَماواتٍ وَمِنَ الْأَرْضِ مِثْلَهُنَّ : Coran, sourate 65 (al-Ṭalāq), verset 12.
- شَقَقْنَا الْأَرْضَ شَقًّا... : Coran, sourate 80 (‘Abasa), versets 26-31.
- ابن منبه : Ibn Munabbih, probablement Wahb ibn Munabbih, célèbre transmetteur de récits bibliques et islamiques.
- الربع : Le jeune chameau, symbole de faiblesse.
- قل : Impératif 'dis', indiquant le début de la révélation.
- ulū l-ʿazm : Les messagers doués de fermeté : ceux qui ont enduré avec une résolution inébranlable dans leur mission.
- aḍ-Ḍuḥā : Sourate 93 du Coran, dont le nom signifie 'le Jour montant' ou 'la clarté du matin'.
- yutm : Orphelinat : le Prophète Muhammad perdit son père avant sa naissance et sa mère à six ans.
- rakʿa : Unité de prière comprenant une série de gestes : inclinaison, prosternations, etc.
- sunna : Tradition prophétique ; pratique établie par le Prophète Muhammad.
- thumma : Puis ; marque une séquence temporelle dans le récit.
- al-Lāt wa-l-ʿUzzā : Deux des principales divinités préislamiques adorées par les Qurayshites à La Mecque.
- ilā : Vers ; indique la direction de l'appel.
- muḥabban : Aimé ; qualifie Abû Bakr comme étant apprécié de son peuple.
- al-Mutawakkil : Celui qui s'en remet à Dieu, l'un des noms du Prophète.
- al-Muqaffā : Celui qui suit (les prophètes précédents) ou le dernier des prophètes.
- al-Ḥāshir : Celui qui rassemble (les gens pour la Résurrection).
- Nabī al-tawba wa l-malḥama : Le Prophète du repentir et de l'épreuve (ou du combat).
- al-Māḥī : Celui qui efface (la mécréance).
- al-ʿĀqib : Celui qui vient après, le dernier des prophètes.
- ṣāʿ : Mesure de capacité équivalant à environ 2,5 kg de nourriture.
- ātin : Participe actif de 'atā (venir), signifiant 'ceux qui viennent' ou 'les arrivants'.
- raqaba : Nuque ; ici, métaphore pour 'sur le dos' ou 'en position de faiblesse'.
- bādā : Il a déclaré ouvertement ; forme III du verbe badā (apparaître).
- khunfuqīq : Petit serpent ; terme rare désignant un serpent venimeux.
- dabīb al-bikār : La démarche des chamelles ; métaphore pour une approche lente et prudente.
- fanīq : Chameau excité ou en rut ; métaphore pour un ennemi dangereux.
- ṣamīm : Moelle ; ici, métaphore pour l'essence ou le noyau dur.
- ḥijār : Pierres ; métaphore pour le territoire sacré ou les limites.
- mūr : Généreux ; terme rare, peut-être une variante de mā'ir (qui donne beaucoup).
- aḥābīsh : Bandes ; pluriel de ḥubsh, désignant des groupes hétéroclites ou des mercenaires.
- Dāḥis : Guerre de Dāḥis : célèbre guerre préislamique entre les tribus de ʿAbs et Dhubyān.
- sirb : Chemin, voie ; ici, métaphore pour la liberté de mouvement ou le territoire.
- qadima : Venir ; ici, 'arriveront chez vous'.
- Abū ʿAbd Shams : Surnom d'al-Walīd ibn al-Mughīra ; ʿAbd Shams est un ancêtre.
- sajʿ : Prose rimée et rythmée, caractéristique des devins.
- rajaz : Mètre poétique arabe, souvent utilisé pour les poèmes improvisés ou guerriers.
- qarīḍ : Poésie composée, par opposition à rajaz ; mètre classique.
- Abū ʿAbd Shams : Surnom d'al-Walīd ibn al-Mughīra ; répétition dans le texte.
- Saqar : Nom d'un des niveaux de l'Enfer dans le Coran.
- ʿiḍīn : Fragments ; pluriel de ʿiḍa (morceau), désignant ceux qui divisent le Coran en parties.
- ajmaʿīn : Tous ensemble ; accusatif pluriel de jamīʿ.
- akinnā : Enveloppes ; pluriel de kinān (voile, couverture).
- ibn akhī : Fils de mon frère ; ici, le neveu (le Prophète).
- taqtulūnahu : Vous le tuez ; verbe qatala (tuer) à l'imparfait.
- ḥaqiba : S'envenimer ; littéralement 'devenir grave' ou 's'aggraver'.
- bādā : Déclarer ouvertement ; même verbe que plus haut.
- bikr : Jeune chameau ; ici, métaphore pour un soutien faible ou inutile.
- fayfāʾ : Plateau désertique ; terrain plat et aride.
- tarjama : Tergiverser ; littéralement 'traduire' ou 'interpréter', ici au sens de 'parler de manière évasive'.
- Dhū l-Falaq : Nom d'un rocher ou d'un lieu ; peut-être une montagne.
- nabadha : Rejeter, jeter ; comme on jette un objet inutile.
- shifr : Ongle ; métaphore pour la moindre parcelle de descendance.
- جفر : Jeune chamelle, ou petit d'un animal.
- فكلموه : Ils lui parlèrent, s'adressèrent à lui.
- عيب : Critique, blâme, fait de trouver des défauts.
- خيس : Petite maison, hutte, cabane.
- الرحض : La terre brûlante, le sol très chaud.
- فانته عن : Cesse donc de, arrête de.
- قديماً : Autrefois, depuis longtemps, toujours.
- دينا : Religion, ici dans le sens de foi ou de culte.
- صفراء : Jaune, désignant ici une épée de couleur jaune (peut-être en laiton ou dorée).
- ساف : Celui qui donne, généreux.
- اليسار : Générosité, libéralité, facilité dans le don.
- العاديات : Les coursiers, les chevaux de course.
- كراغبة السقب : Comme la chamelle qui refuse son petit (métaphore de malheur).
- على الحال : Dans la détresse, dans l'état difficile.
- الهدي : Les offrandes, les animaux sacrifiés.
- تجلجل : Gronde, fait du bruit (en parlant de la guerre ou des sabres).
- عنقاء عيكل : Haute montagne, ou nom d'une montagne spécifique.
- عرانين كعب آخر بعد أول : Les sommets (ou les nobles) de Ka‘b, les uns après les autres.
- نقل يدبل : Déplacer la montagne de Dubal (expression pour une tâche impossible).
- طمرة : Coursier rapide, cheval de course.
- ذي ميعة : Impétueux, ardent (en parlant d'un cheval).
- هيكل : Élancé, de haute taille (cheval).
- كعوبة : Lance longue et flexible, faite de bois de Khatt.
- إلى قريش : Vers les Qurayshites, auprès d'eux.
- عُتُلٍّ بَعْدَ ذلِكَ زَنِيمٍ : Coran, sourate 68, verset 13 : « un rude, et de surcroît bâtard ».
- فحولوا بينهم وبينه : Ils les empêchèrent de l'obtenir (la nourriture).
- al-amr : L'affaire, désignant ici le projet de déchirer le document de boycott.
- al-ṣaḥīfa : Le document, faisant référence au pacte de boycott contre les Banū Hāshim.
- al-bayt : La Maison, c'est-à-dire la Ka'ba.
- lā yubā‘ūn wa lā yubā‘ minhum : Ils ne peuvent ni vendre ni acheter, en raison du boycott économique.
- al-arḍa : Les termites, considérées comme un signe divin ayant rongé le document.
- ṭā’iruhā : Leur oiseau, métaphore du sort ou de la destinée.
- sā‘id wa muqallad : Avant-bras et collier, métaphores pour les liens de parenté et les alliances.
- minjāf : Plat-bord ou rebord d'un navire.
- al-Najāshī : Titre du roi d'Abyssinie, ici Ashama ibn Abjar.
- hay’atihi : Son allure ou son apparence, indice de ses visites.
- mithlahu : Pareille chose, c'est-à-dire un tel exploit.
- al-sawāḥir : Sorcières ou femmes pratiquant la magie, ici pour châtier 'Umāra.
- nafakhna fī iḥlīlihi : Soufflèrent dans son pénis, pratique magique visant à le rendre impuissant.
- dhā burdayn : Possédant deux vêtements, symbole de richesse.
- yatakarmam : Se montre généreux, vertu noble chez les Arabes.
- Abū al-Ḥakam : Surnom d'Abū Jahl, signifiant 'père de la sagesse'.
- ṣaba’ta : Tu as apostasié, littéralement 'tu es devenu sabéen', terme pour désigner la conversion à l'islam.
- satus‘aṭu al-ragḥma : Tu recevras de la poudre dans le nez, expression signifiant humiliation.
- ṣābiʾ : Sabéen : terme utilisé par les polythéistes de La Mecque pour désigner les premiers musulmans, les accusant d'avoir abandonné la religion de leurs ancêtres.
- mā aẓallathu s-samāʾ : Ce que le ciel couvre : expression arabe signifiant « tout ce qui existe sous le ciel », c'est-à-dire le monde entier.
- ḥanīf : Hanif : terme désignant le monothéisme pur, la religion d'Abraham, avant toute altération.
- Aḥmad : Ahmad : un des noms du Prophète Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), signifiant « le plus loué ».
- malik : Roi : il s'agit du Négus (al-Najāshī), roi d'Abyssinie, connu pour sa justice.
- fitna : Sédition : épreuve ou tentation pouvant mener à l'abandon de la foi.
- istikhāfa : Succession : le fait de donner la domination sur terre, comme dans le verset coranique 24:55.
- ḥadīd : Fer : métaphore pour les armes.
- fāsiqūn : Pervers : ceux qui sortent de l'obéissance à Allah, ici en mécroissant à la grâce divine.
- mushrikūn : Associateurs : polythéistes qui associent d'autres divinités à Allah.
- kabāʾir al-ithm : Grands péchés : ici interprété comme l'association (shirk).
- shirk : Association : le fait d'associer des partenaires à Allah, considéré comme le plus grand péché.
- fawāḥish : Turpitudes : actes immoraux, ici spécifiquement la fornication.
- sajada : Prosterné : acte d'adoration, ici faisant référence à la prosternation collective lors de la récitation de la sourate an-Najm.
- sūrat an-Najm : Sourate an-Najm : la 53e sourate du Coran, dont la récitation provoqua une prosternation des polythéistes.
- al-Lāt wa l-ʿUzzā : Al-Lat et al-'Uzza : deux des principales divinités féminines adorées par les polythéistes arabes avant l'islam.
- sajʿ : Saj' : prose rimée, style oratoire utilisé par les devins et les poètes, ici attribué à Satan.
- li-yuqarribūnā ilā llāhi zulfā : Pour qu'elles nous rapprochent d'Allah : allusion au verset coranique 39:3, où les polythéistes justifient l'adoration des idoles.
- tamannā : Récité : le verbe tamannā peut signifier « réciter » ou « désirer », ici interprété comme la récitation du Coran.
- al-amr : L'affaire : il s'agit de la nouvelle que la prosternation des Mecquois n'était pas due à une conversion, mais à une intervention satanique.
- jiwār : Protection : contrat de protection accordé par un notable mecquois à un étranger.
- عينها : Littéralement « son œil » ; il s'agit de l'œil sain qui a subi le même sort que l'autre.
- تنفلت : Échapper, se sauver.
- موثقاً : Engagement, promesse solennelle.
- كبر : Il a prononcé le takbîr, c'est-à-dire « Allâhu akbar » (Dieu est le plus grand).
- بلح : Fatigués, épuisés.
- قومسي : Tissu de Qûmis, une région de Perse.
- aslama : Se convertir à l'islam, embrasser l'islam.
- Banū 'Adī ibn Ka'b : Tribu de Quraysh à laquelle appartenait 'Umar ibn al-Khattâb.
- al-'Āṣ ibn Wā'il as-Sahmī : Un des notables de Quraysh, père de 'Amr ibn al-'Āṣ.
- Banū ad-Du'il : Tribu arabe.
- al-aṣla' aṭ-ṭuwāl al-a'sar : Surnoms de 'Umar : le chauve (aṣla'), le grand (ṭuwāl), le gaucher (a'sar).
- Abū Jahl ibn Hishām : Chef des Quraysh, farouche opposant à l'islam, tué à Badr.
- 'Abd Allāh ibn Mas'ūd : Compagnon éminent, connu pour sa connaissance du Coran.
- hijra : Émigration des musulmans de La Mecque à Médine.
- imāra : Commandement, califat.
- Ka'ba : Sanctuaire sacré à La Mecque, direction de la prière.
- Quraysh : Tribu dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète.
- al-Maqām : La Station d'Abraham, lieu près de la Ka'ba.
- Sourate ar-Rahmān, verset 1-2 : Sourate 55, versets 1-2.
- Ibn Umm 'Abd : Surnom de 'Abd Allāh ibn Mas'ūd, signifiant 'fils de la servante de 'Abd'.
- al-Mut'im : Probablement al-Mut'im ibn 'Adī, notable de Quraysh.
Le quatrième volume du livre des Expéditions militaires [1], rapporté par Yūnus ibn…
Le quatrième volume du livre des Expéditions militaires [1], rapporté par Yūnus ibn Bukayr [2] d'après Muḥammad ibn Isḥāq [3].
Quatrième partie du Livre des Expéditions, d'après la narration de Yûnus ibn Bukayr d'après Muhammad ibn Ishâq. Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Je me confie à Allah 1. [Ceux qui furent torturés pour Allah à La Mecque parmi les croyants] Le cheikh Abû al-Husayn Ahmad ibn Muhammad ibn al-Naqqûr al-Bazzâz nous a rapporté, en lecture devant lui et moi écoutant, disant : Abû Tâhir Muhammad ibn ‘Abd al-Rahmân al-Mukhlis nous a rapporté, disant : On lut devant Abû al-Husayn Ridwân ibn Ahmad, moi écoutant, disant : Abû ‘Umar Ahmad ibn ‘Abd al-Jabbâr al-‘Atâridî nous a rapporté, disant : Yûnus ibn Bukayr nous a rapporté d’après Ibn Ishâq, disant : Al-Zuhrî nous a rapporté, disant : Il m’a été rapporté qu’Abû Jahl, Abû Sufyân et al-Akhnas ibn Shurayq sortirent une nuit pour écouter le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – alors qu’il priait la nuit dans sa maison. Chacun d’eux prit une place pour écouter, sans que l’un ne sache où était l’autre. Ils passèrent la nuit à l’écouter jusqu’à l’aube ou l’apparition de l’aube, puis ils se séparèrent. Le chemin les réunit, et ils se blâmèrent mutuellement 2 et se dirent les uns aux autres : « Ne revenez pas ; si certains de vos insensés vous voyaient, ils mettraient quelque chose dans son esprit. » Puis ils s’en allèrent. La deuxième nuit, chacun d’eux retourna à sa place, et ils passèrent la nuit à l’écouter jusqu’à l’aube, puis ils se séparèrent. Le chemin les réunit, et ils se dirent les uns aux autres comme la première fois, puis ils s’en allèrent. La troisième nuit, chacun d’eux prit sa place et ils passèrent la nuit à l’écouter jusqu’à l’aube, puis ils se séparèrent. Le chemin les réunit, et ils dirent : « Nous ne partirons pas avant de nous engager mutuellement à ne pas revenir. » Ils s’engagèrent là-dessus, puis se séparèrent. Le matin, al-Akhnas ibn Shurayq prit un bâton, sortit et alla chez Abû Sufyân dans sa maison. Il dit : « Raconte-moi, ô Abû Hanzala, ton opinion sur ce que tu as entendu de Muhammad. » Il répondit : « Ô Abû Tha‘laba, par Allah, j’ai entendu des choses que je reconnais et dont je sais ce qu’on veut dire, et des choses dont je ne comprends ni le sens ni ce qu’on veut dire. » Al-Akhnas dit : « Moi aussi, par Celui par qui tu as juré 3. » Puis il sortit de chez lui et alla chez Abû Jahl, entra dans sa maison et dit : « Ô Abû al-Hakam, quelle est ton opinion sur ce que tu as entendu de Muhammad ? » Il dit : « Qu’as-tu entendu ? Nous et les Banû ‘Abd Manâf nous disputions l’honneur : ils ont nourri, nous avons nourri ; ils ont porté, nous avons porté ; ils ont donné, nous avons donné. Jusqu’à ce que nous soyons à genoux 4 et que nous soyons comme deux chevaux de course, ils ont dit : “Parmi nous, un prophète à qui la révélation vient du ciel.” Quand atteindrons-nous cela ? Par Allah, nous ne croirons jamais en lui et nous ne le croirons pas. » Al-Akhnas ibn Shurayq se leva alors de chez lui. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d’après Ibn Ishâq, disant : Ensuite, ils s’en prirent à ceux qui avaient embrassé l’Islam et suivi le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – parmi ses Compagnons. Chaque tribu se jeta sur ceux des musulmans qui étaient parmi eux, et ils se mirent à les torturer. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d’après Ibn Ishâq, disant : Hishâm ibn ‘Urwa m’a rapporté d’après son père, disant : Waraqa ibn Nawfal passait par Bilâl alors qu’il était torturé pour l’Islam, et il disait : « Un, Un ! » Alors Waraqa disait : « Un, Un ! Par Allah, ô Bilâl, tu ne périras pas. » Puis il se tournait vers ceux qui lui faisaient cela parmi les Banû Jumah et vers Umayya 86 et disait : « Je jure par Allah que si vous le tuez pour cela, je le prendrai comme une chose sacrée 5. » Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d’après Ibn Ishâq, disant : Il m’est parvenu que ‘Ammâr ibn Yâsir dit, alors qu’il mentionnait Bilâl ibn Rabâh, sa mère Hamâma et ses compagnons, et ce qu’ils subissaient comme épreuves, et l’affranchissement d’Abû Bakr – qu’Allah l’agrée – pour eux : « Qu’Allah récompense en bien, pour Bilâl et ses compagnons, ‘Atîq 6, et qu’Il humilie Fâkih et Abû Jahl, Le soir où ils voulurent 7 faire du mal à Bilâl, sans craindre ce que craint l’homme sensé, Pour son attestation de l’Unicité du Seigneur des hommes et sa parole : “J’atteste qu’Allah est mon Seigneur”, avec sérénité. Si vous me tuez, vous me tuez, mais je n’associerai rien au Tout Miséricordieux par peur de la mort 8. Ô Seigneur d’Abraham, du serviteur Jonas, de Moïse et de Jésus, sauve-moi, puis ne tarde pas, Contre celui qui persiste à suivre l’égarement parmi les Banû Ghâlib, sans fondement ni justice. » Yûnus nous a rapporté d’après Hishâm ibn ‘Urwa d’après son père : Abû Bakr affranchit, parmi ceux qui étaient torturés pour Allah – Puissant et Majestueux – sept personnes : il affranchit Bilâl, ‘Âmir ibn Fuhayra, al-Zannîra, la servante des Banû 9 ‘Amr ibn Mu’ammil 10, al-Hindiyya et sa fille, et Umm ‘Ubayyis. Il mentionna qu’il passa par al-Nahdiyya et sa maîtresse qui la torturait, disant : « Par Allah, je ne t’affranchirai pas avant que ta vie ne t’affranchisse. » Abû Bakr dit : « Certes, ô mère d’Untel. » Elle dit : « Alors affranchis-la, car elle suit ta religion. » Abû Bakr dit : « Combien ? 11 » Elle dit : « Tant et tant. » Il dit : « Je l’ai prise et affranchie. Rends-lui sa farine. » Elle dit : « Laisse-moi la moudre pour elle. » Yûnus nous a rapporté d’après Hishâm ibn ‘Urwa d’après son père, disant : La vue d’al-Zannîra devint faible, et elle était parmi celles qui étaient torturées pour Allah – Puissant et Majestueux – à cause de l’Islam, mais elle refusait tout autre que l’Islam. Les associateurs dirent : « Ce qui a atteint sa vue, c’est seulement al-Lât et al-‘Uzzâ. » Elle dit : « Vraiment ? Par Allah, il n’en est pas ainsi. » Alors Allah lui rendit la vue. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d’après Ibn Ishâq, disant : Abû ‘Abd Allah m’a rapporté d’après Abû ‘Atîq d’après ‘Âmir ibn ‘Abd Allah ibn al-Zubayr, disant : Lorsque Abû Bakr se mit à affranchir ces faibles à La Mecque, Qahâfa lui dit : « Mon fils, si tu affranchis, affranchis des hommes robustes qui te protègent et se tiennent avec toi. » Il lui dit : « Ô père, je ne veux que ce que je veux pour Allah – Puissant et Majestueux. » 12 Il dit : Alors ces versets furent révélés 13 à propos d’Abû Bakr : « Quant à celui qui donne et craint, et croit en la meilleure récompense, Nous lui faciliterons la voie vers la facilité » 14 jusqu’à la fin de la sourate. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d’après Ibn Ishâq, disant : Des hommes de la famille de ‘Ammâr ibn Yâsir m’ont rapporté que Sumayya, la mère de ‘Ammâr, fut torturée par cette tribu des Banû al-Mughîra ibn ‘Abd Allah ibn Makhzûm à cause de l’Islam, alors qu’elle refusait tout autre, jusqu’à ce qu’ils la tuent. Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – passait par ‘Ammâr et sa mère alors qu’ils étaient torturés à al-Abtah 87 sous la chaleur de La Mecque, et il disait : « Patience, famille de Yâsir ! Votre rendez-vous est le Paradis. » Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d’après Ibn Ishâq, disant : Yâsir était un esclave des Banû Bakr des Banû al-Ashja‘ ibn Layth, qui l’avaient acheté d’eux. Ils le marièrent à Sumayya, la mère de ‘Ammâr, et elle enfanta ‘Ammâr. Sumayya était leur servante, et ils affranchirent Sumayya, ‘Ammâr et Yâsir. Yûnus nous a rapporté d’après ‘Abd Allah ibn ‘Awn d’après Muhammad ibn Sîrîn, disant : Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – passa par ‘Ammâr ibn Yâsir alors qu’il pleurait de ses deux yeux. Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – lui dit : « Qu’as-tu ? Les mécréants t’ont pris, t’ont plongé dans l’eau, et tu as dit telle et telle chose. S’ils reviennent à toi, dis comme tu as dit. » Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d’après Ibn Ishâq, disant : Hakîm ibn Jubayr m’a rapporté d’après Sa‘îd ibn Jubayr, disant : Je dis à Ibn ‘Abbâs : « Ô Abâ 15 ‘Abbâs, les associateurs infligeaient-ils aux musulmans, dans le tourment, ce qui les excusait d’abandonner leur religion ? » Il dit : « Oui, par Allah. Ils frappaient l’un d’eux, l’affamaient et le faisaient souffrir de soif jusqu’à ce qu’il ne puisse plus s’asseoir droit, à cause de l’extrême difficulté qu’il subissait, au point qu’il leur donnait ce qu’ils demandaient comme épreuve, jusqu’à ce qu’ils disent : “Al-Lât et al-‘Uzzâ sont-ils ton dieu en dehors d’Allah ?” Il disait : “Oui.” Et même le scarabée passait près d’eux, et ils disaient : “Ce scarabée est-il ton dieu en dehors d’Allah ?” Il disait : “Oui”, pour se racheter de ce qu’il subissait comme effort. » Yûnus nous a rapporté d’après al-‘Ayzâr ibn Hurayth, disant : Khâlid ibn al-Walîd passa devant al-Lât et al-‘Uzzâ et dit : « Mécréance à toi, non pas gloire à toi ! J’ai vu qu’Allah t’a humilié. » Puis il passa. Yûnus nous a rapporté d’après Habîb ibn Hassân al-Asadî d’après Muslim ibn Subayh, disant : Les Compagnons du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – dirent : « Nous sommes nombreux. Si tu ordonnais à chaque groupe de dix d’entre nous d’aller chez un des chefs de Quraysh la nuit, de le prendre et de le tuer, le pays serait à nous au matin ? » Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – en fut réjoui, au point que cela se vit sur son visage. ‘Uthmân ibn ‘Affân se leva et dit : « Ô Messager d’Allah, nos fils, nos pères, nos frères… » ‘Uthmân répéta cela jusqu’à ce que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – abandonne leur première parole, et cela se vit sur son visage, jusqu’à ce qu’il rejette cela. Les associateurs nous prirent le soir venu, et il n’y eut personne parmi les Compagnons du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – qui n’ait cédé à l’épreuve, sauf Bilâl, car il disait : « L’Unique, l’Unique. » Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d’après Ibn Ishâq, disant : Sâlih ibn Kaysân m’a rapporté d’après certains de la famille de Sa‘d d’après Sa‘d ibn Abî Waqqâs, disant : Nous étions un peuple qui subissait la dureté de la vie à La Mecque avec le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – et sa rigueur. Lorsque l’épreuve nous frappa, nous la reconnûmes et nous y endurâmes. Mus‘ab ibn ‘Umayr était le jeune homme le plus favorisé de La Mecque, avec les plus beaux vêtements auprès de ses parents. Puis je le vis, après l’Islam, subir une si grande épreuve que je vis sa peau se détacher 88 comme la peau du serpent, au point que nous le portions sur nos arcs à cause de l’effort qu’il subissait, et il ne manquait à rien de ce que nous avions atteint. Puis Allah – Puissant et Majestueux – l’honora par le martyre le jour d’Uhud. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d’après Ibn Ishâq, disant : Yazîd ibn Ziyâd m’a rapporté d’après Muhammad ibn Ka‘b al-Qurazî, disant : Celui qui a entendu ‘Alî ibn Abî Tâlib – qu’Allah l’agrée – dire m’a rapporté : Nous étions assis avec le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – dans la mosquée, quand Mus‘ab ibn ‘Umayr apparut devant nous, n’ayant sur lui qu’un manteau rapiécé avec de la fourrure. Lorsque le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – le vit, il pleura à cause du bien-être dans lequel il avait été et de ce dans quoi il était aujourd’hui. Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – dit : « Comment serez-vous quand l’un de vous ira le matin dans un habit et reviendra le soir dans un autre, qu’on posera devant lui un plat et qu’on en enlèvera un autre, et que les murs de vos maisons seront recouverts comme on recouvre la Ka‘ba ? » Ils dirent : « Ô Messager d’Allah, serons-nous alors meilleurs que nous ne le sommes aujourd’hui, car nous serons libres pour l’adoration et déchargés des dépenses ? » Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – dit : « Vous êtes aujourd’hui meilleurs que vous ne le serez ce jour-là. » Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d’après Ibn Ishâq, disant : Sâlih ibn Kaysân m’a rapporté d’après certains de la famille de Sa‘d d’après Sa‘d ibn Abî Waqqâs, disant : Je me suis vu avec le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – à La Mecque. Je sortis la nuit pour uriner, et j’entendis un bruit de quelque chose sous mon urine. Je regardai et c’était un morceau de peau de chameau. Je le pris, le lavai, puis le brûlai, le broyai entre deux pierres, puis l’avalai en buvant de l’eau, et cela me donna des forces pour trois jours. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d’après Ibn Ishâq, disant : Yazîd ibn Ziyâd m’a rapporté d’après Muhammad ibn Ka‘b al-Qurazî, disant : Celui qui a entendu ‘Alî ibn Abî Tâlib – qu’Allah l’agrée – dire m’a rapporté : Je sortis un jour d’hiver de la maison du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – et j’avais pris une peau 16 donnée, je l’avais évidée au milieu, je l’avais passée autour de mon cou, serrée à ma taille et attachée avec des feuilles de palmier. J’étais très affamé ; s’il y avait eu de la nourriture dans la maison du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – j’en aurais mangé. Je sortis chercher quelque chose. Je passai près d’un juif qui avait un bien et puisait de l’eau avec une poulie. Je l’observai par une brèche dans le mur. Il dit : « Qu’as-tu, ô Arabe ? Veux-tu, pour chaque seau, une datte ? » Je dis : « Oui. Ouvre pour que j’entre. » Il ouvrit, j’entrai, et il me donna son seau. Chaque fois que je tirai un seau, il me donna une datte, jusqu’à ce que ma main fût pleine. Je lâchai le seau et dis : « Cela me suffit. » Je les mangeai, puis je puisai de l’eau et bus. Ensuite, je vins à la mosquée et trouvai le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue. Yûnus nous a rapporté d’après Hishâm ibn ‘Urwa d’après son père d’après ‘Â’isha, disant : La couche du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – 89 était en cuir rembourré de fibres de palmier.
Nous a rapporté Ahmad : nous a rapporté Yûnus, d'après Ibn Ishâq, d'après al-Zuhrî, d'après 'Ubayd Allâh ibn Abî Thawr, d'après 'Umar ibn al-Khattâb — que Dieu l'agrée — qui a dit : « Je suis entré chez le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — alors qu'il était couché sur une natte 17, et une partie de son corps touchait la terre, ayant pour oreiller une coussin de cuir rembourré de fibres de palmier. Au-dessus de sa tête pendait une peau tannée 18 accrochée au plafond de la chambre haute, et dans un coin il y avait quelque chose de qirt 19. » Nous a rapporté Yûnus, d'après Abû Ma'shar al-Madanî, d'après Sa'îd al-Maqburî, qui a dit : « Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avait une natte qu'il étendait le jour, et quand venait la nuit, il la retirait dans la mosquée et y priait. » Nous a rapporté Yûnus, d'après al-Mas'ûdî, d'après 'Amr ibn Murra, d'après Ibrâhîm, d'après 'Alqama, d'après 'Abd Allâh, qui a dit : « Un jour, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — s'allongea sur une natte, et quand il se leva, elle avait marqué sa peau. À son réveil, je me mis à essuyer la marque et lui dis : 'Pourquoi ne nous as-tu pas prévenus afin que nous étendions pour toi quelque chose sur la natte pour t'en protéger ?' Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit alors : 'Que suis-je et que sont les biens de ce monde ? Que suis-je et que sont les biens de ce monde ? Je suis semblable à un cavalier qui s'est abrité sous un arbre, puis est reparti en le laissant.' » Nous a rapporté Ahmad : nous a rapporté Yûnus, d'après Ibn Ishâq, qui a dit : « M'a rapporté 'Abd al-Malik ibn Abî Sufyân al-Thaqafî, qui a dit : 'Un homme de la tribu d'Arâsh arriva à La Mecque avec des chameaux qu'il voulait vendre. Abû Jahl ibn Hishâm les lui acheta, mais il retarda 20 le paiement. L'homme d'Arâsh vint alors se tenir près du cercle des Qurayshites, alors que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — était assis dans un coin de la mosquée, et dit : « Ô assemblée des Quraysh ! Qui me fera obtenir justice d'Abû al-Hakam ibn Hishâm ? Car je suis un étranger, un voyageur, et il a usurpé mon droit. » Les gens de l'assemblée, se moquant de lui, lui dirent, en désignant le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, sachant l'inimitié entre lui et Abû Jahl : « Va vers cet homme, il te fera obtenir justice. » L'homme d'Arâsh s'avança donc jusqu'à se tenir devant le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et dit : « Ô serviteur de Dieu ! Abû al-Hakam ibn Hishâm a usurpé mon droit que je détiens de lui, et je suis un étranger, un voyageur. J'ai demandé à ces gens quel homme pourrait me faire obtenir justice de lui, et ils m'ont indiqué toi. Prends donc mon droit de lui, que Dieu te fasse miséricorde ! » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Va vers lui », et il se leva avec lui. Quand ils le virent se lever avec lui, ils dirent à un homme qui était avec eux : « Suis-le et vois ce qu'il fait 21. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — sortit donc jusqu'à arriver chez Abû Jahl et frappa à sa porte. Abû Jahl dit : « Qui est-ce ? » Il répondit : « Muhammad. Sors vers moi. » Il sortit vers lui, le visage blême, sans aucune couleur. Le Prophète lui dit : « Donne à cet homme son droit. » Il répondit : « Oui, je ne bougerai pas d'ici avant de lui avoir donné ce qui lui revient. » Il rentra, puis ressortit avec son dû et le lui remit. Ensuite, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — s'en retourna et dit à l'homme d'Arâsh : « Va à tes affaires. » L'homme d'Arâsh revint alors jusqu'à se tenir devant cette assemblée et dit : « Que Dieu le récompense 22 en bien ! Il a pris ce qui m'appartenait. » L'homme qu'ils avaient envoyé avec lui arriva et ils lui dirent : « Malheur à toi ! Qu'as-tu vu ? » Il dit : « Une chose étonnante parmi les choses étonnantes 23 ! Par Dieu, à peine eut-il frappé à sa porte qu'il sortit, l'âme à peine retenue, et il dit : « Donne à cet homme son droit. » Il répondit : « Oui, je ne bougerai pas d'ici avant de lui avoir donné son dû. » Il rentra, sortit son dû et le lui donna. » Peu après, Abû Jahl arriva et ils lui dirent : « Malheur à toi ! Qu'as-tu ? Par Dieu, nous n'avons jamais vu ce que tu as fait ! » Il dit : « Malheur à vous ! Par Dieu, à peine eut-il frappé à ma porte et que j'eus entendu sa voix que je fus rempli de terreur. Puis je sortis vers lui, et voilà qu'au-dessus de ma tête se tenait un chameau mâle 24 tel que je n'ai jamais vu de tête, de cou ni de défenses pareilles chez aucun chameau mâle. Par Dieu, si j'avais refusé, il m'aurait dévoré. » [Hadith du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — alors que les associateurs disputaient avec lui] Nous a rapporté Ahmad : nous a rapporté Yûnus, d'après Ibn Ishâq, qui a dit : « M'a rapporté un vieil homme de La Mecque, âgé d'environ quarante ans, d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbâs, que 'Utba et Shayba, les deux fils de Rabî'a, Abû Sufyân ibn Harb, al-Nadr ibn al-Hârith — frère des Banû 'Abd al-Dâr —, Abû al-Bakhtarî — frère des Banû Asad —, al-Aswad ibn al-Muttalib ibn Asad, Zam'a ibn al-Aswad, al-Walîd ibn al-Mughîra, Abû Jahl ibn Hishâm, 'Abd Allâh ibn Umayya, Umayya ibn Khalaf, al-'Âsî ibn Wâ'il, et Nabîh et Munabbih, les deux fils d'al-Hajjâj al-Sahmiyyîn, se réunirent — ou ceux d'entre eux qui se réunirent — après le coucher du soleil près de la Ka'ba 25. Ils se dirent les uns aux autres : « Envoyez chercher Muhammad, parlez-lui et disputez avec lui, afin que vous soyez excusés à son sujet. » Ils lui envoyèrent donc dire : « Les notables de ton peuple se sont réunis pour te parler. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — vint rapidement, pensant qu'ils avaient changé d'avis à son sujet, car il était désireux de leur bien, il lui était pénible de les voir s'égarer, et il aimait leur guidance. Il s'assit avec eux et ils lui dirent : « Ô Muhammad ! Nous t'avons envoyé chercher pour être excusés à ton sujet. Par Dieu, nous ne connaissons aucun homme parmi les Arabes qui ait apporté à son peuple ce que tu as apporté au tien. Tu as insulté les pères, dénigré la religion, traité les esprits de sottise, insulté les divinités et divisé la communauté. Il n'est rien de blâmable que tu n'aies commis dans ce qui est entre nous et toi. Si c'est pour chercher des biens que tu es venu avec ce discours, nous rassemblerons pour toi de nos biens jusqu'à ce que tu sois le plus riche d'entre nous. Si c'est la gloire que tu recherches, nous te ferons notre chef. Si c'est la royauté, nous te ferons roi sur nous. Si c'est un râ'î 26 qui te domine — ils appelaient le compagnon parmi les djinns râ'î —, alors nous dépenserons nos biens pour te chercher un remède jusqu'à te guérir, ou bien nous serons excusés à ton sujet. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — leur dit : « Je ne sais ce que vous dites 27. Je ne suis pas venu avec ce que je vous ai apporté pour chercher vos biens, ni la gloire parmi vous, ni la royauté sur vous 28. Mais Dieu m'a envoyé vers vous comme messager, a fait descendre sur moi un Livre, et m'a ordonné d'être pour vous un annonciateur et un avertisseur. Je vous ai transmis le message de mon Seigneur et je vous ai donné un conseil sincère. Si vous acceptez de moi ce que je vous ai apporté, c'est votre part dans ce monde et dans l'au-delà. Si vous le refusez, je patienterai pour l'ordre de Dieu jusqu'à ce que Dieu juge entre moi et vous. » — ou comme dit le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Ils dirent : « Ô Muhammad ! Puisque tu n'acceptes pas ce que nous t'avons proposé, sache qu'il n'y a personne parmi les gens dont le pays soit plus resserré, l'eau plus rare et la vie plus dure que nous. Demande donc à ton Seigneur, qui t'a envoyé, de déplacer pour nous ces montagnes qui nous ont à l'étroit, d'étendre notre pays, d'y faire couler des fleuves comme ceux de Syrie et d'Irak, de ressusciter pour nous nos ancêtres défunts, et que parmi ceux qu'il ressuscitera pour nous se trouve Qusayy ibn Kilâb, car c'était un vieillard véridique. Nous les interrogerons sur ce que tu dis, pour savoir si c'est vrai ou faux. Si tu fais pour nous ce que nous te demandons et qu'ils te donnent raison, nous te croirons et nous connaîtrons ainsi ton rang auprès de Dieu, et qu'Il t'a envoyé comme messager, comme tu le prétends. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — leur dit : « Ce n'est pas pour cela que j'ai été envoyé. Je suis seulement venu à vous de la part de Dieu avec ce qu'Il m'a envoyé. Je vous ai transmis ce avec quoi j'ai été envoyé. Si vous l'acceptez de moi, c'est votre part dans ce monde et dans l'au-delà. Si vous le refusez, je patienterai pour l'ordre de Dieu jusqu'à ce que Dieu juge entre moi et vous. » Ils dirent : « Si tu ne fais pas cela pour nous, alors agis pour toi-même. Demande à ton Seigneur d'envoyer avec toi un ange qui te donne raison dans ce que tu dis et qui réponde pour toi à nos questions. Demande-Lui de te faire don de jardins, de trésors et de palais d'or et d'argent, qui te rendent riche et te dispensent de ce que nous te voyons rechercher, car tu te rends sur les marchés et tu cherches ta subsistance comme nous la cherchons. Ainsi nous connaîtrons ta supériorité et ton rang auprès de ton Seigneur, si tu es vraiment un messager comme tu le prétends. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — leur dit : « Je ne ferai pas cela, et je ne demanderai pas cela à mon Seigneur. Ce n'est pas pour cela que j'ai été envoyé vers vous. Mais Dieu m'a envoyé comme annonciateur et avertisseur. Si vous acceptez ce que je vous ai apporté, c'est votre part dans ce monde et dans l'au-delà. Si vous le refusez, je patienterai pour l'ordre de Dieu jusqu'à ce que Dieu juge entre moi et vous. » Ils dirent : « Alors fais tomber le ciel sur nous, comme tu prétends que ton Seigneur peut le faire s'Il veut. Car nous ne croirons en toi que si tu le fais. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Cela Lui appartient. S'Il veut, Il le fera sur vous. » Ils dirent : « Ô Muhammad ! Ton Seigneur sait que nous allons nous asseoir avec toi, te poser les questions que nous t'avons posées et te demander ce que nous te demandons. Qu'Il te dicte donc ce que tu dois nous répondre et t'informe de ce qu'Il fera à notre égard si nous n'acceptons pas ce que tu nous apportes. Il nous est parvenu que c'est un homme de Yamâma, appelé al-Rahmân 29, qui t'enseigne cela. Par Dieu, nous ne croirons jamais au Rahmân. Nous t'avons donc excusé, ô Muhammad. Par Dieu, nous ne cesserons de te combattre, toi et ce que tu as apporté, jusqu'à ce que tu périsses 30 ou que nous périssions. » L'un d'eux dit : « Nous adorons les anges, et ce sont les filles de Dieu. » Un autre dit : « Nous ne croirons en toi que si tu nous amènes Dieu et les anges en personne 31. » Quand ils eurent dit cela, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se leva de chez eux. 'Abd Allâh ibn Abî Umayya ibn al-Mughîra ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar ibn Makhzûm, qui était le fils de sa tante paternelle, 'Âtika bint 'Abd al-Muttalib, se leva avec lui et lui dit : « Ô Muhammad ! Ton peuple t'a fait des propositions que tu n'as pas acceptées. Puis ils t'ont demandé, pour eux-mêmes, des choses par lesquelles ils pourraient connaître ton rang auprès de Dieu, et tu ne les as pas faites. Ensuite, ils t'ont demandé de hâter sur eux une partie du châtiment dont tu les menaces. Par Dieu, je ne croirai jamais en toi, à moins que tu ne te fasses une échelle vers le ciel, que tu y montes sous mes yeux, que tu y arrives, puis que tu reviennes avec un parchemin déployé et quatre anges témoignant que tu es comme tu le dis. Et par Dieu, même si tu faisais cela, je ne penserais pas te croire. » Puis il s'éloigna du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, et le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — retourna chez lui, triste et affligé de ce qui lui échappait de ce qu'il espérait de son peuple lorsqu'ils l'avaient appelé, et de ce qu'il voyait de leur éloignement. Quand le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se fut levé de chez eux, Abû Jahl dit : « Ô assemblée des Quraysh ! Muhammad refuse tout ce que vous voyez : il dénigre notre religion, insulte nos pères, traite nos esprits de sottise et maudit nos divinités. Je fais le pacte avec Dieu que demain je m'assiérai pour lui avec une pierre que je pourrai porter. Quand il se prosternera dans sa prière, je lui fracasserai la tête avec. Alors, livrez-moi et protégez-moi 32 ; après cela, que les Banû 'Abd Manâf fassent ce qu'ils voudront. » Puis il s'assit, attendant le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Le lendemain matin, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se rendit comme à son habitude. À La Mecque, sa direction de prière était vers la Syrie ; quand il priait, il se tenait entre la Pierre noire et le coin yéménite, plaçant la Ka'ba entre lui et la Syrie. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se leva pour prier, tandis que les Qurayshites s'étaient rendus le matin et s'étaient assis dans leurs cercles, attendant ce qu'allait faire Abû Jahl. Quand le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se prosterna, Abû Jahl souleva la pierre, puis s'avança vers lui. Mais lorsqu'il s'approcha de lui, il recula, effrayé, le visage blême, changé, terrifié, sa main desséchée sur la pierre, jusqu'à ce qu'il jette la pierre de sa main. Les hommes des Quraysh se levèrent et lui dirent : « Qu'as-tu, ô Abû al-Hakam ? » Il dit : « Je me suis levé pour faire ce que je vous ai dit hier soir. Mais quand je me suis approché de lui, un chameau mâle s'est interposé entre lui et moi. Par Dieu, je n'ai jamais vu de tête, de cou ni de défenses pareilles chez aucun chameau mâle. Il a failli me dévorer. » Nous a rapporté Ahmad : nous a rapporté Yûnus, d'après Ibn Ishâq, qui a dit : « Il m'a été rapporté que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : 'C'était Jibrîl. S'il s'était approché, il l'aurait saisi.' »
Nous a rapporté Yūnus : Puis le récit revint 33 au premier. Lorsque Abū Jahl lui eut dit cela, al-Naḍr b. al-Ḥārith b. Kalada b. ‘Alqama b. ‘Abd Manāf b. ‘Abd al-Dār b. Quṣayy se leva et dit : « Ô assemblée des Quraysh, par Dieu, un événement vous a frappé dont vous n’avez pas encore bandé la flèche 34. Muhammad était parmi vous un jeune garçon, le plus agréable d’entre vous, le plus véridique en paroles, le plus digne de confiance, jusqu’à ce que vous ayez vu les cheveux blancs à ses tempes et qu’il vous ait apporté ce qu’il vous a apporté. Vous avez dit : “Magicien !” Par Dieu, il n’est pas magicien ; nous avons vu les magiciens, leurs souffles et leurs nœuds. Vous avez dit : “Devins !” Par Dieu, il n’est pas devin ; nous avons vu les devins, leur état et entendu leurs rimes. Vous avez dit : “Poète !” Par Dieu, il n’est pas poète ; nous avons récité la poésie et toutes ses formes, sa légèreté, son rajaz 35 et son qarīḍ 36. Vous avez dit : “Possédé !” Par Dieu, il n’est pas possédé ; nous avons vu la possession, et il n’a ni suffocation, ni obsession, ni confusion. Ô assemblée des Quraysh, examinez votre affaire, car par Dieu, un événement grave vous a frappés. » Al-Naḍr était parmi les démons 37 des Quraysh, et parmi ceux qui nuisaient au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et lui manifestaient de l’hostilité. Il était allé à al-Ḥīra et y avait appris les récits des rois de Perse, les récits de Rustam et d’Isfandiyār. Lorsque le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – tenait une assemblée où il mentionnait Dieu et mettait en garde son peuple contre ce qui avait frappé les nations avant eux comme châtiment 38 de Dieu, al-Naḍr le suivait dans son assemblée après son départ, puis disait : « Par Dieu, ô assemblée des Quraysh, je raconte mieux que lui. Venez, je vais vous raconter mieux que son récit. » Puis il leur racontait les rois de Perse, Rustam et Isfandiyār, puis disait : « En quoi Muhammad raconte-t-il mieux que moi ? » Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : m’a raconté un homme de la Mecque, d’après Sa‘īd b. Jubayr, d’après Ibn ‘Abbās, qui a dit : Dieu a révélé au sujet d’al-Naḍr huit versets, la parole de Dieu Très-Haut : « Quand Nos versets lui sont récités, il dit : “Des légendes des Anciens” » 39 et tout ce qui est mentionné dans le Coran au sujet des légendes 40. Lorsqu’al-Naḍr eut dit cela, ils l’envoyèrent, et avec lui ‘Uqba b. Abī Mu‘ayṭ, auprès des docteurs 41 juifs de Médine. Ils leur dirent : « Interrogez-les au sujet de Muhammad, décrivez-leur son état, informez-les de sa parole, car ils sont les gens du Livre premier, et ils ont une science que nous n’avons pas, la science des prophètes. » Ils partirent donc jusqu’à Médine, interrogèrent les docteurs juifs au sujet du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, lui décrivirent son état, l’informèrent d’une partie de sa parole, et leur dirent : « Vous êtes les gens de la Torah, nous sommes venus pour que vous nous informiez au sujet de notre compagnon. » Les docteurs juifs leur dirent : « Interrogez-le sur trois choses qu’il vous ordonnera. S’il vous informe à leur sujet, c’est un prophète envoyé ; s’il ne le fait pas, c’est un homme qui invente 42. Réfléchissez à votre avis à son sujet. Interrogez-le sur 34 des jeunes gens qui disparurent dans les temps anciens, quelle fut leur histoire, car leur récit est étonnant. Interrogez-le sur un homme voyageur qui a atteint les extrémités de la terre, quel fut son récit. Interrogez-le sur l’Esprit 43, ce qu’il est. S’il vous informe à ce sujet, c’est un prophète, suivez-le ; s’il ne vous informe pas, c’est un homme qui invente, agissez à son égard comme bon vous semble. » Al-Naḍr et ‘Uqba revinrent donc à la Mecque auprès des Quraysh et dirent : « Ô assemblée des Quraysh, nous vous apportons la décision entre vous et Muhammad. Les docteurs juifs nous ont ordonné de l’interroger sur des affaires. » Ils les en informèrent. Ils vinrent alors au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et dirent : « Ô Muhammad, informe-nous. » Ils l’interrogèrent sur ce dont ils avaient été chargés. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – leur dit : « Je vous informerai de ce que vous m’avez interrogé demain », sans dire « si Dieu veut » 44. Ils s’éloignèrent de lui. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – resta quinze nuits sans que Dieu Très-Haut ne lui révèle rien à ce sujet, et sans que Gabriel – sur lui la paix – ne vienne à lui, jusqu’à ce que les gens de la Mecque s’agitent et disent : « Muhammad nous a promis demain, et voilà quinze jours que nous sommes sans qu’il nous informe de rien de ce que nous lui avons demandé. » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – fut attristé par l’absence de la révélation, et peiné par ce que les gens de la Mecque disaient. Puis Gabriel vint à lui de la part de Dieu avec la sourate des Gens de la Caverne 45, contenant un reproche pour sa tristesse et l’information sur ce qu’ils lui avaient demandé au sujet des jeunes gens et de l’homme voyageur. Dieu Très-Haut dit : « Et ils t’interrogent sur l’Esprit. Dis : “L’Esprit procède de l’ordre de mon Seigneur, et il ne vous a été donné que peu de science.” » 46 Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : Il m’est parvenu que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – ouvrit la sourate en disant : « Louange à Dieu qui a fait descendre le Livre sur Son serviteur » 47, signifiant Muhammad, « Tu es un envoyé de Moi », confirmation de ce qu’ils lui avaient demandé au sujet de sa prophétie, « et n’y a point mis de tortuosité. Un guide droit » 48, c’est-à-dire équilibré, sans divergence, « pour avertir d’une dure violence de Sa part » 49 : Il dit : un châtiment immédiat en ce monde, et Son châtiment dans l’autre, de la part de ton Seigneur qui t’a envoyé comme messager. [Chapitre des récits des docteurs et des gens du Livre sur la description du Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue] Nous a rapporté Yūnus, d’après al-A‘mash, d’après Ibrāhīm, d’après ‘Abd Allāh, qui a dit : J’étais avec le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – alors qu’il marchait dans un champ, tenant une branche de palmier 50 sur laquelle il s’appuyait. Il passa près d’un groupe de juifs. Les uns dirent aux autres : « Interrogez-le sur l’Esprit. » Certains dirent : « Ne l’interrogez pas. » L’un d’eux se leva et dit : « Informe-nous, ô Muhammad, sur l’Esprit, qu’est-ce ? » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – se tint debout, silencieux, ne parlant pas. Je sus qu’il recevait la révélation. J’étais derrière lui, je reculai. Puis le Messager de Dieu parla et dit : 35 « Et ils t’interrogent sur l’Esprit. Dis : “L’Esprit procède de l’ordre de mon Seigneur” » 51 jusqu’à Sa parole « peu ». Ils dirent : « Ne vous avions-nous pas interdit de l’interroger ? » Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : m’a raconté un homme à la Mecque, d’après Sa‘īd b. Jubayr, d’après Ibn ‘Abbās, que les docteurs juifs dirent au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – à Médine : « Ô Muhammad, que dis-tu de ta parole : “Et il ne vous a été donné que peu de science” 52 ? Est-ce à nous que tu t’adresses ou à ton peuple ? » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Aux deux. » Ils dirent : « Ne récites-tu pas ce qui t’est venu, que nous avons reçu la Torah où se trouve l’explication de toute chose ? » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Elle est, dans la science de Dieu, peu de chose, et vous avez de cela ce qui vous suffit si vous l’appliquez. » Dieu – Puissant et Glorieux – révéla alors, au sujet de ce qu’ils lui avaient demandé : « Et si tous les arbres de la terre étaient des calames » jusqu’à Sa parole « les paroles de Dieu ne s’épuiseraient pas » 53 : « Je considère que la Torah, dans la science de Dieu, est peu de chose. » Nous a rapporté Yūnus, d’après Bassām, client de ‘Alī b. Abī Ṭālib, d’après Abū l-Ṭufayl, qui a dit : ‘Alī b. Abī Ṭālib se leva sur la chaire et dit : « Interrogez-moi avant que vous ne m’interrogiez plus, et vous n’interrogerez jamais après moi quelqu’un comme moi. » Ibn al-Kawwā’ 54 se leva et dit : « Ô Commandeur des croyants, qu’était Dhū l-Qarnayn 55 ? Un prophète ou un roi ? » Il dit : « Ce n’était ni un roi ni un prophète, mais un serviteur vertueux qui aima Dieu, et Dieu l’aima ; il conseilla Dieu sincèrement, et Dieu le frappa sur la tempe droite, il mourut, puis le ressuscita ; puis il le frappa sur la tempe gauche, il mourut, et parmi vous il y a quelqu’un de semblable. » Nous a rapporté Yūnus, d’après ‘Amr b. Thābit, d’après Simāk b. Ḥarb, d’après un homme des Banū Asad, qui a dit : Un homme interrogea ‘Alī : « Que penses-tu de Dhū l-Qarnayn, comment a-t-il pu atteindre l’Orient et l’Occident ? » Il dit : « Les nuages lui furent soumis, les causes 56 lui furent étendues, la lumière lui fut déployée, et la nuit et le jour furent égaux pour lui. » Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : Lorsque le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – leur apporta la vérité qu’ils connaissaient, qu’ils reconnurent la sincérité de ce qu’il racontait et le lieu de sa prophétie dans ce qu’il leur apportait comme science des choses invisibles, lorsqu’ils l’interrogèrent sur ce qu’ils lui avaient demandé, l’envie qu’ils lui portèrent les empêcha de le suivre et de le croire. Ils se montrèrent insolents envers Dieu, abandonnèrent ouvertement Son ordre, et persistèrent dans leur mécréance. L’un d’eux dit : « N’écoutez pas ce Coran, et faites du bruit pendant sa récitation, peut-être serez-vous vainqueurs » 57, c’est-à-dire : faites-en un jeu et une vanité, et prenez-le comme une moquerie, « peut-être serez-vous vainqueurs », vous le vaincrez par cela, car si vous l’approuvez et êtes équitables avec lui, il vous vaincra. Lorsque certains d’entre eux dirent cela à d’autres, ils se mirent, lorsque le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – récitait le Coran à voix haute pendant sa prière, à se disperser loin de lui et à refuser de l’écouter. L’un d’eux, s’il voulait entendre du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – une partie de ce qu’il récitait du Coran pendant sa prière, se cachait et écoutait à l’insu des autres, par crainte d’eux. S’il voyait qu’ils avaient reconnu qu’il écoutait, il s’en allait par crainte de leur nuisance et n’écoutait pas. Si le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – baissait la voix, ceux qui écoutaient pensaient qu’ils 36 n’avaient rien entendu de sa lecture, et lui, écoutant à leur insu, tendait l’oreille 58 pour l’entendre. Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : m’a raconté Dāwūd b. al-Ḥusayn, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbās, qui a dit : Lorsque le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – récitait le Coran à voix haute pendant sa prière, ils se dispersaient loin de lui et refusaient de l’écouter. L’un d’eux, s’il voulait entendre du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – une partie de ce qu’il récitait pendant sa prière, écoutait en cachette à leur insu, par crainte d’eux. S’il voyait qu’ils avaient reconnu qu’il écoutait, il s’en allait par crainte de leur nuisance et n’écoutait pas. Si le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – baissait la voix, celui qui écoutait pensait qu’ils n’avaient rien entendu de sa lecture, et lui, écoutant à leur insu, tendait l’oreille pour l’écouter. Dieu Très-Haut révéla alors : « Et ne prie pas à voix haute » de peur qu’ils ne se dispersent loin de toi, « et ne prie pas à voix basse » de peur que celui qui veut l’écouter parmi ceux qui écoutent en cachette ne l’entende, peut-être se laissera-t-il guider par une partie de ce qu’il entend et s’en contentera-t-il, « et cherche entre les deux une voie moyenne » 59. Nous a rapporté Yūnus, d’après Hishām b. ‘Urwa, d’après son père, d’après ‘Ā’isha, au sujet de « Et ne prie pas à voix haute et ne prie pas à voix basse » : elle dit : Cela a été révélé au sujet de l’invocation. Nous a rapporté Yūnus, d’après ‘Īsā b. ‘Abd Allāh al-Tamīmī, d’après un homme, d’après Mujāhid, au sujet de la parole de Dieu Très-Haut : « Proclame donc ce qui t’est ordonné » 60 : il dit : Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – reçut l’ordre de réciter le Coran à voix haute à la Mecque. Nous a rapporté Yūnus, d’après Yūnus b. ‘Amr al-Hamdānī, d’après son père, d’après Sa‘d b. ‘Iyāḍ al-Yamānī, qui a dit : Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – était parmi les gens les moins loquaces 61. Lorsqu’il reçut l’ordre de combattre, il retroussa ses manches 62, et fut parmi les gens les plus vaillants. Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : m’a raconté Yazīd b. Ziyād, client des Banū Hāshim, d’après Muḥammad b. Ka‘b, qui a dit : Il m’a été rapporté que ‘Utba b. Rabī‘a était un chef clément. Il dit un jour :
Il était assis dans le cercle des Qurayshites, tandis que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) était assis seul dans la mosquée. [Il dit] : « Ô assemblée des Quraysh, ne vais-je pas me lever vers celui-ci et lui parler de certaines choses, peut-être acceptera-t-il certaines d'entre elles, et nous lui donnerons ce qu'il voudra, et il nous laissera tranquilles ? » Cela se passait après la conversion de Hamza ibn Abd al-Muttalib, et ils voyaient les compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) augmenter et se multiplier. Ils dirent : « Oui, ô Abou al-Walid, lève-toi et parle-lui. » 'Utba se leva et s'assit auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et dit : « Ô fils de mon frère, tu es des nôtres, comme tu le sais, par la position 63 dans le clan et la place dans la lignée. Tu as apporté à ton peuple une affaire grave par laquelle tu as divisé leur communauté, rabaissé leur raison, blâmé leurs divinités et leur religion, et traité d'infidèles leurs ancêtres passés. Écoute donc de moi, je te propose des choses que tu pourras examiner, peut-être en accepteras-tu certaines. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Parle, ô Abou al-Walid, j'écoute. » Il dit : « Ô fils de mon frère, si tu veux par cette parole que tu as apportée des biens, nous rassemblerons de nos biens pour toi jusqu'à ce que tu sois le plus riche d'entre nous. Si tu veux de l'honneur, nous t'honorerons au-dessus de nous, au point que nous ne déciderons rien sans toi. Si tu veux la royauté, nous te ferons roi. Et si ce qui te vient est une vision 64 que tu vois et dont tu ne peux te défaire, nous te chercherons un médecin et dépenserons nos biens pour te guérir, car il arrive que le compagnon 65 domine l'homme au point qu'il doive être soigné. Peut-être ce que tu apportes est-il de la poésie qui agite ta poitrine ; car, par ma vie, ô Banu Abd al-Muttalib, vous en êtes capables comme nul autre. » Lorsque 'Utba eut fini, le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) l'écoutait. Il dit : « As-tu fini, ô Abou al-Walid ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Écoute donc de moi. » Il dit : « Je le ferai. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Hâ. Mîm. [C'est] une révélation descendue du Tout Miséricordieux, du Très Miséricordieux. Un Livre dont les versets sont détaillés, un Coran arabe 66... » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) continua à lui réciter. Lorsque 'Utba l'entendit, il l'écouta attentivement, posa ses mains derrière son dos en s'appuyant dessus, écoutant jusqu'à ce que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) arrive à la prosternation 67 ; il se prosterna, puis dit : « Tu as entendu, ô Abou al-Walid, ce que tu as entendu ; à toi de décider. » 'Utba se leva et retourna vers ses compagnons. Les uns dirent aux autres : « Nous jurons par Allah qu'Abou al-Walid est revenu avec un visage différent de celui avec lequel il était parti. » Lorsqu'il s'assit parmi eux, ils dirent : « Qu'y a-t-il derrière toi, ô Abou al-Walid ? » Il dit : « Derrière moi ? Par Allah, j'ai entendu une parole telle que je n'en ai jamais entendue de pareille. Par Allah, ce n'est ni de la poésie, ni de la sorcellerie, ni de la divination. Ô assemblée des Quraysh, obéissez-moi et laissez-moi la responsabilité 68 ; laissez cet homme et ce en quoi il est, et éloignez-vous de lui. Par Allah, sa parole que j'ai entendue aura une grande nouvelle. Si les Arabes l'emportent sur lui, vous serez débarrassés de lui par d'autres. S'il triomphe des Arabes, alors sa royauté sera votre royauté, sa puissance sera votre puissance, et vous serez les plus heureux des hommes par lui. » Ils dirent : « Il t'a ensorcelé par sa langue, ô Abou al-Walid ! » Il dit : « Voici mon avis pour vous ; faites ce qu'il vous plaît. » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : « Ensuite, l'islam commença à se répandre à La Mecque, devenant nombreux parmi les hommes et les femmes, tandis que les Quraysh emprisonnaient ceux qu'ils pouvaient emprisonner et persécutaient ceux qu'ils pouvaient persécuter. Abou Talib dit, faisant l'éloge de 'Utba ibn Rabi'a pour avoir répondu à Abou Jahl : « Qu'as-tu à nier que Muhammad soit un prophète ?! » Je m'étonne de la patience, ô fils de Shayba... et des esprits de certains peuples auprès de toi, légers. Ils disent : « Suis celui qui veut du mal à Muhammad, et lève-toi contre lui en opposition. » Ne monte jamais sur moi une injustice, car tu es un homme issu des meilleurs de 'Abd Manaf. Ne l'abandonne pas tant que tu vivras par convoitise, et sois un homme de courage et de chasteté. Les ennemis tournent autour d'une tournure hachémite... Eh quoi ! Les gens sont les meilleurs des milliers. Car il a une parenté proche auprès de toi, et il n'est ni un allié ni un étranger 69. Mais il est des Hachim, dans leur substance même, jusqu'à des mers au-dessus des mers, abondantes. Affronte tous les gens pour lui, et sois pour lui un soutien contre les ennemis, sans faiblesse. Si les Quraysh se fâchent à cause de lui, dis-leur : « Ô fils de notre oncle, votre peuple n'est pas faible. » Pourquoi nous infligez-vous une injustice ? Et pourquoi les esprits sont-ils là, légers ? Notre peuple n'est pas un peuple qui nous opprime, et nous ne sommes pas, face à ce qui leur déplaît, légers. Mais nous sommes les gens de la préservation et de la raison, et de la puissance près de la plaine d'al-Hatim 70, abondante. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : « Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Ô assemblée des Quraysh, suivez-moi et obéissez à mon ordre, car c'est la guidance et la religion de vérité ; elle vous rendra puissants et vous protégera des gens, et Il vous accordera des biens et des enfants 71. » Les Quraysh dirent : « Si nous suivons la guidance avec toi, nous serons arrachés de notre terre 72. » Allah révéla : « Ne leur avons-Nous pas établi un sanctuaire sûr 73... » jusqu'à Sa parole : « ...mais la plupart d'entre eux ne savent pas 74. » Yunus nous a rapporté d'après Yunus ibn 'Amr, d'après al-'Ayzār ibn Huraith, qui a dit : « Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) disait : « Ô Allah, j'appelle les Quraysh pour qu'ils possèdent par cela la terre et la mer, mais ils ont fait de ma nourriture comme la nourriture de la perdrix 75. Ô assemblée des Quraysh, obéissez-moi, les gens fouleront vos talons jusqu'au Jour de la Résurrection. » Abou Jahl dit : « Par Allah, si nous te faisons allégeance, ô fils de mon frère, ni Mudar ni Rabi'a ne te feront allégeance. » Il dit : « Si, par Allah, volontairement ou contraints, ainsi que la Perse et les Romains. » Yunus nous a rapporté d'après Muhammad ibn Abi Humayd al-Madani, d'après Muhammad ibn al-Munkadir, qui a dit : « On vint au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et on lui dit : « Les Quraysh se concertent pour te tuer. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) sortit par la porte d'al-Safa et s'arrêta près d'elle. Gabriel (que la paix soit sur lui) vint à lui et lui dit : « Ô Muhammad, Allah a ordonné au ciel de t'obéir, à la terre de t'obéir, et aux montagnes de t'obéir. Si tu veux, ordonne au ciel de faire descendre sur eux un châtiment ; si tu veux, ordonne à la terre de les engloutir ; si tu veux, ordonne aux montagnes de s'écrouler sur eux. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Laisse ma communauté, peut-être Allah leur accordera-t-Il le repentir. » Ahmad ibn 'Abd al-Jabbār nous a rapporté : Abū Mu'āwiya nous a rapporté d'après al-A'mash, d'après Abū al-Minhāl, d'après Sa'īd et 'Abd Allāh ibn al-Hārith, d'après Ibn 'Abbās, qui a dit : « Lorsque Moïse vint à son peuple et leur ordonna la zakāt 76, Qārūn 77 les rassembla et dit : « Celui-ci vous apporte le jeûne, la prière et des choses que vous supportez. Supportez-vous de lui donner vos biens ? » Ils dirent : « Nous ne supportons pas de lui donner nos biens. Qu'en penses-tu ? » Il dit : « Je pense que vous devriez envoyer vers lui une prostituée des enfants d'Israël et lui ordonner de l'accuser d'avoir voulu d'elle. » Elle accusa Moïse devant les gens d'avoir voulu d'elle. Moïse invoqua Allah contre eux, et Allah ordonna à la terre de lui obéir. Il dit à la terre : « Prends-les. » Elle les prit jusqu'aux chevilles ; ils se mirent à dire : « Ô Moïse, ô Moïse ! » Il dit : « Prends-les. » Elle les prit jusqu'aux genoux ; ils se mirent à dire : « Ô Moïse, ô Moïse ! » Il dit : « Prends-les. » Elle les prit jusqu'à la taille 78 ; ils se mirent à dire : « Ô Moïse, ô Moïse ! » Il dit : « Prends-les. » Elle les prit et les engloutit. Allah révéla à Moïse : « Ô Moïse, Mes serviteurs M'ont invoqué et se sont humiliés devant toi, et tu ne les as pas exaucés. S'ils M'avaient invoqué, Je les aurais exaucés. » Yunus nous a rapporté d'après Hishām ibn Sa'īd, d'après Zayd ibn Aslam, d'après al-Mughīra ibn Shu'ba, qui a dit : « Le premier jour où j'ai connu le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), je marchais avec Abou Jahl ibn Hishām dans une des ruelles de La Mecque lorsque nous rencontrâmes le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit à Abou Jahl : « Ô Abou al-Hakam, viens à Allah et à Son Messager, je t'appelle à Allah. » Abou Jahl dit : « Ô Muhammad, cesseras-tu d'insulter nos divinités ? Ne veux-tu que nous témoignions que tu as transmis ? Nous témoignons que tu as transmis. Par Allah, si je savais que ce que tu dis est vrai, je te suivrais. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) s'en alla et se tourna vers moi en disant : « Par Allah, je sais que ce qu'il dit est vrai, mais les Banu Qusayy ont dit : « À nous la garde 79 », nous avons dit : « Oui » ; ils ont dit : « À nous l'assemblée 80 », nous avons dit : « Oui » ; ils ont dit : « À nous l'étendard 81 », nous avons dit : « Oui » ; ils ont dit : « À nous la coupe 82 », nous avons dit : « Oui » ; puis ils ont donné à manger et nous avons donné à manger, jusqu'à ce que les genoux se touchent 83, ils ont dit : « De nous un prophète. » Non, par Allah, je ne le ferai pas. » Yunus nous a rapporté d'après al-Mubārak ibn Fudāla, d'après al-Hasan, que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « Chaque communauté a un Pharaon ; le Pharaon de cette communauté est Abou Jahl. » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Hakīm ibn Hakīm m'a rapporté d'après 'Abbād ibn Hunayf, d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbās, qu'il a récité : « Et l'arbre maudit dans le Coran 84 » et a dit : « Il veut dire le blâmé ; cela a été révélé au sujet d'Abou Jahl ibn Hishām. » Yunus nous a rapporté d'après Yunus ibn 'Amr, d'après son père, d'après 'Amr ibn Maymūn al-Awdī, qui a dit : 'Abd Allāh ibn Mas'ūd nous a rapporté : « Alors que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) priait près de la Station 85, Abou Jahl dit à ses compagnons assis près de lui : « Qui va nous apporter les entrailles de chameau des Banu untel ? » Un pervers parmi eux se leva et les apporta. On lui dit : « Quand tu verras Muhammad prosterné, place-les entre ses omoplates. » Lorsqu'il se prosterna, il les plaça entre ses omoplates. Il ne se releva pas avant d'avoir terminé sa prosternation. Fatima apprit la nouvelle ; elle vint, encore jeune fille, les prit et les enleva du dos du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), puis se tourna vers eux en les insultant. Ils rirent au point de tomber. Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) eut terminé sa prière, il se tourna vers la Ka'ba, leva les mains et invoqua contre eux : « Ô Allah, charge-Toi de 'Amr ibn Hishām, de 'Utba ibn Rabī'a, de Shayba ibn Rabī'a, d'al-Walīd ibn 'Utba, de 'Umāra ibn al-Walīd, d'Umayya ibn Khalaf et de 'Uqba ibn Abī Mu'ayt. » 'Abd Allāh ibn Mas'ūd dit : « Ce jour-là, j'étais un jeune garçon sans protection parmi le peuple. Par Celui qui a fait descendre le Livre sur Muhammad, je les ai vus morts dans le puits, le puits de Badr. » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : « 'Umar ibn al-Khattāb a dit, selon ce qu'ils prétendent, après sa conversion, évoquant ce que les Quraysh virent comme leçon dans ce qu'Abou Jahl avait entrepris contre le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) – et un autre dit que c'est Abou Talib qui les a dites, mais Allah sait mieux qui les a dites : « Revenez à la raison, ô Banu Ghālib, et cessez l'injustice dans une partie de ce discours. Sinon, je crains alors des calamités qui s'abattront sur votre demeure. Elles seront pour votre postérité une leçon, et le Seigneur des orients et des occidents. Comme ont goûté ceux d'avant vous, Thamūd et 'Ād : qui est resté ? Le jour où leur vint un vent violent, et la chamelle du Détenteur du Trône, lorsqu'elle but. Alors s'abattit sur eux une colère d'Allah, par le coup de l'azraq 86. Le jour où il mordit son tendon d'Achille avec une épée indienne brillante. Et plus étonnant que cela, dans votre affaire, des merveilles dans la pierre incrustée. Dans la main de celui qui se leva à l'instant, vers le patient, le véridique, le pieux. Allah la dessécha dans sa main, malgré l'insensé trompeur 87. Le petit insensé de Makhzūm, lorsqu'il s'égara par l'égarement des égarés et ne crut pas. » Yunus nous a rapporté d'après al-Mubārak ibn Fudāla, d'après al-Hasan, que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « Ô gens, attendez-moi avec les Quraysh ; s'ils me vainquent, vous verrez cela ; si Allah les vainc pour moi, alors attendez. » Certains gens s'abstinrent et dirent : « Il a dit vrai : s'il vainc les Quraysh, cela ne vient que d'Allah, non de cela. » Ils s'abstinrent donc de le combattre. D'autres refusèrent et périrent.
Nous tenons de Yūnus, de Qays ibn ar-Rabī‘, de Ḥakīm ibn ad-Daylam, de aḍ-Ḍaḥḥāk ibn Muzāḥim, de ‘Abd Allāh ibn ‘Abbās, au sujet de la parole de Dieu Très-Haut : « et vous vous divertissez 88 » (Coran 53:61) : il a dit : « Ils passaient devant le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — alors qu’il priait. N’as-tu pas vu le chameau au milieu des chamelles ? Tu le vois agiter sa queue en se détournant. » [Le récit de la première émigration vers l’Abyssinie] Nous tenons d’Aḥmad : nous tenons de Yūnus, d’Ibn Isḥāq, qui a dit : « Lorsque l’épreuve s’intensifia et que la tentation devint grande, ils se ruèrent sur les Compagnons du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Ce fut la dernière tentation, celle qui fit sortir ceux qui avaient émigré parmi les musulmans, après ceux qui étaient partis avant eux vers la terre d’Abyssinie. » Nous tenons d’Aḥmad : nous tenons de Yūnus, d’Ibn Isḥāq, qui a dit : « Az-Zuhrī m’a rapporté, d’après Abū Bakr ibn ‘Abd ar-Raḥmān ibn al-Ḥārith ibn Hishām, d’après Umm Salama, l’épouse du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — qu’elle a dit : “Quand la Mecque devint trop étroite pour nous, que les Compagnons du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — furent persécutés et éprouvés, qu’ils virent ce qui les frappait comme calamité et tentation dans leur religion, et que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ne pouvait les en protéger — car lui-même était protégé par son peuple et son oncle, et rien de ce qui atteignait ses Compagnons ne lui parvenait de ce qu’il détestait —, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — leur dit : ‘Il y a en terre d’Abyssinie un roi auprès duquel nul n’est opprimé. Rendez-vous donc dans son pays jusqu’à ce que Dieu vous accorde une délivrance et une issue à ce dans quoi vous êtes.’ Nous y partîmes donc par groupes, jusqu’à nous y rassembler. Nous nous installâmes dans la meilleure demeure, auprès du meilleur voisin, en sécurité dans notre religion, sans craindre d’injustice de sa part. Lorsque Quraysh vit que nous avions trouvé une demeure et une sécurité, ils décidèrent d’un commun accord d’envoyer quelqu’un vers lui à notre sujet, pour nous faire sortir de son pays et nous ramener à eux. Ils envoyèrent ‘Amr ibn al-‘Āṣ et ‘Abd Allāh ibn Abī Rabī‘a. Ils rassemblèrent pour eux des cadeaux et pour ses patrices 89. Ils n’épargnèrent aucun d’entre eux sans lui préparer un cadeau à sa mesure. Ils leur dirent : ‘Donnez à chaque patrice son cadeau avant de leur parler de notre affaire, puis donnez-lui ses cadeaux. Si vous pouvez les lui faire renvoyer avant qu’il ne les entende, faites-le.’ Ils arrivèrent donc chez lui. Ils ne laissèrent aucun de ses patrices sans lui offrir son cadeau et lui parler, en disant : ‘Nous sommes venus trouver ce roi au sujet de quelques insensés parmi les nôtres, qui ont quitté leur peuple dans leur religion sans entrer dans la vôtre. Leur peuple nous a envoyés pour que le roi les leur renvoie. Quand nous lui parlerons, conseillez-lui de le faire.’ Ils répondirent : ‘Nous le ferons.’ Puis ils présentèrent leurs cadeaux au Negus 90. Ce qu’on aimait le plus lui offrir de la Mecque était le cuir 91. Lorsqu’ils lui eurent présenté leurs cadeaux, ils lui dirent : ‘Ô roi, des jeunes gens insensés parmi nous ont quitté la religion de leur peuple sans entrer dans la tienne, et sont venus avec une religion inventée que nous ne connaissons pas. Ils se sont réfugiés dans ton pays. Leurs clans — pères, oncles et peuple — nous ont envoyés vers toi pour que tu les leur renvoies, car ils sont plus compétents à leur sujet.’ Ses patrices dirent : ‘Ils disent vrai, ô roi. Si tu les leur renvoyais, ils seraient plus compétents à leur sujet, car ils ne sont pas entrés dans ta religion pour que tu les protèges par cela.’ Il se fâcha, puis dit : ‘Non, par Dieu, je ne les leur renverrai pas avant de les avoir convoqués, de leur avoir parlé et d’avoir vu ce qu’il en est de leur affaire. Ce sont des gens qui se sont réfugiés dans mon pays et ont choisi ma protection plutôt que celle d’un autre. S’ils sont comme ils disent, je les leur renverrai ; mais s’ils sont autrement, je les protégerai et ne les livrerai pas à eux, et je ne leur accorderai pas ce qu’ils souhaitent.’ Le Negus envoya donc quelqu’un les chercher et les rassembla. Rien n’était plus odieux à ‘Amr ibn al-‘Āṣ et ‘Abd Allāh ibn Abī Rabī‘a que d’entendre leur parole. Lorsque le messager du Negus vint à eux, les gens se rassemblèrent et dirent : ‘Que dites-vous ?’ Ils répondirent : ‘Que dirions-nous ? Par Dieu, nous dirons ce que nous savons et ce sur quoi nous sommes dans notre religion, et ce avec quoi notre Prophète est venu, quoi qu’il advienne.’ Lorsqu’ils entrèrent chez lui, celui qui lui parla parmi eux fut Ja‘far ibn Abī Ṭālib. Le Negus lui dit : ‘Quelle est cette religion que vous pratiquez, vous qui avez quitté la religion de votre peuple sans entrer dans le judaïsme ni le christianisme ? Quelle est donc cette religion ?’ Ja‘far dit : ‘Ô roi, nous étions un peuple voué à l’association 92 : nous adorions les idoles, mangions les bêtes mortes, commettions de mauvais voisinage, et tenions pour licites les choses illicites entre nous, comme verser le sang et autres. Nous ne déclarions rien licite ni illicite. Dieu envoya alors vers nous un Prophète issu de nous-mêmes, dont nous connaissions la loyauté, la sincérité et la probité. Il nous appela à adorer Dieu seul, sans associé, à maintenir les liens de parenté, à bien agir envers le voisin, à prier et à jeûner, et à n’adorer nul autre que Lui.’ Il dit : ‘As-tu avec toi quelque chose de ce avec quoi il est venu ?’ — et il avait convoqué ses évêques, leur ordonnant de déployer les Évangiles autour de lui. Ja‘far dit : ‘Oui.’ Il dit : ‘Allons, récite-moi ce avec quoi il est venu.’ Il lui récita alors le début de Kāf-Hā’-Yā’-‘Ayn-Ṣād 93. Par Dieu, le Negus pleura jusqu’à mouiller sa barbe, et ses évêques pleurèrent jusqu’à mouiller leurs Évangiles. Puis il dit : ‘Certes, cette parole provient de la même source que celle avec laquelle Moïse est venu 94. Allez en paix. Par Dieu, je ne vous renverrai pas à eux et ne leur accorderai pas ce qu’ils souhaitent.’ Ils sortirent donc de chez lui. Le plus pieux des deux hommes à notre égard était ‘Abd Allāh ibn Abī Rabī‘a. ‘Amr ibn al-‘Āṣ lui dit : ‘Par Dieu, j’irai demain chez lui avec de quoi déraciner leur affaire. Je l’informerai qu’ils prétendent que son Dieu qu’il adore — Jésus fils de Marie — est un serviteur.’ ‘Abd Allāh ibn Rabī‘a lui dit : ‘Ne fais pas cela, car bien qu’ils se soient opposés à nous, ils ont des liens de parenté et des droits.’ Il dit : ‘Par Dieu, je le ferai.’ Le lendemain, il entra chez lui et dit : ‘Ô roi, ils disent au sujet de Jésus une parole énorme. Envoie-les chercher et interroge-les à son sujet.’ Il les envoya donc chercher. Rien de tel ne nous était jamais arrivé. Les uns dirent aux autres : ‘Que direz-vous au sujet de Jésus s’il vous interroge ?’ Ils répondirent : ‘Nous dirons, par Dieu, ce que Dieu a dit à son sujet et ce que notre Prophète nous a ordonné de dire à son sujet.’ Ils entrèrent donc chez lui, alors que ses patrices étaient avec lui. Il dit : ‘Que dites-vous au sujet de Jésus fils de Marie ?’ Ja‘far lui dit : ‘Nous disons : il est le serviteur de Dieu, Son messager, Sa parole et Son esprit, qu’Il a déposée en Marie, la vierge, la pure.’ Le Negus baissa alors la main vers le sol, prit un petit bâton entre ses doigts et dit : ‘Jésus fils de Marie n’excède pas ce que tu as dit de la longueur de ce bâton.’ Ses patrices se mirent à renifler 95. Il dit : ‘Même si vous reniflez, par Dieu ! Allez, vous êtes šayyūm 96 dans mon pays.’ — šayyūm signifie ‘en sécurité’. ‘Quiconque vous insulte paiera une amende. Quiconque vous insulte paiera une amende. Quiconque vous insulte paiera une amende’ — trois fois. ‘Je n’aimerais pas avoir un dābīr 97 — et dābīr signifie en leur langue ‘or’ — et que j’aie offensé un homme d’entre vous. Par Dieu, Dieu n’a pas accepté de pot-de-vin de moi lorsqu’Il m’a rendu mon royaume, pour que j’en accepte à son sujet ; et je n’ai pas obéi aux gens pour que je leur obéisse à son sujet. Rendez-leur leurs cadeaux, car nous n’en avons pas besoin. Et sortez de mon pays.’ Ils sortirent donc, honnis, leurs présents refusés. Nous restâmes donc auprès du meilleur voisin, dans la meilleure demeure. Peu de temps après, un homme d’Abyssinie se souleva contre lui pour lui disputer son royaume. Par Dieu, nous n’avions jamais connu de chagrin plus grand que celui-ci, par crainte que cet homme ne triomphe de lui et qu’il vienne un roi qui ne connaîtrait pas de notre droit ce que l’autre connaissait. Nous nous mîmes à invoquer Dieu et à Lui demander la victoire pour le Negus. Il partit en campagne contre lui. Les Compagnons du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se dirent les uns aux autres : ‘Qui va sortir pour assister à la bataille et voir qui l’emporte ?’ Az-Zubayr — qui était le plus jeune d’entre eux — dit : ‘Moi.’ Ils gonflèrent donc une outre pour lui, qu’il plaça sur sa poitrine, puis il sortit en nageant dessus dans le Nil jusqu’à atteindre l’autre rive, là où les gens s’étaient rassemblés. Il assista à la bataille. Dieu vainquit cet homme et le tua, et le Negus triompha de lui. Az-Zubayr vint à nous et se mit à agiter son manteau vers nous en disant : ‘Réjouissez-vous ! Dieu a donné la victoire au Negus.’ Par Dieu, nous n’avions jamais connu de joie plus grande que notre joie pour la victoire du Negus. Nous restâmes chez lui jusqu’à ce que certains d’entre nous repartent vers la Mecque, tandis que d’autres restèrent. Nous tenons d’Aḥmad : nous tenons de Yūnus, d’Ibn Isḥāq, qui a dit : « Az-Zuhrī a dit : ‘J’ai rapporté ce récit à ‘Urwa ibn az-Zubayr, d’après Salama.’ ‘Urwa dit alors : ‘Sais-tu ce que signifie sa parole : “Dieu n’a pas accepté de pot-de-vin de moi lorsqu’Il m’a rendu mon royaume, pour que j’en accepte à son sujet ; et je n’ai pas obéi aux gens pour que je leur obéisse à son sujet” ?’ Az-Zuhrī dit : ‘Non, Abū Bakr ibn ‘Abd ar-Raḥmān ibn al-Ḥārith ne m’a pas rapporté cela d’après Umm Salama.’ ‘Urwa dit alors : ‘‘Ā’isha m’a raconté que son père était le roi de son peuple, et qu’il avait un frère germain qui avait douze fils. Le père du Negus n’avait d’autre enfant que le Negus. Les Abyssins tinrent conseil entre eux et dirent : “Si nous tuions le père du Negus et que nous établissions son frère comme roi — car il a douze fils —, ils hériteraient du royaume, et les Abyssins resteraient sous leur pouvoir longtemps, sans division.” Ils allèrent donc le tuer et établirent son frère comme roi. Le Negus entra alors au service de son oncle, au point de prendre le contrôle de ses affaires, et nul autre que lui ne gérait ses affaires. Il était intelligent. Lorsque les Abyssins virent la place qu’il occupait auprès de son oncle, ils dirent : “Ce jeune homme a pris le contrôle des affaires de son oncle. Nous ne sommes pas à l’abri qu’il devienne roi sur nous, alors qu’il sait que nous avons tué son père et mis l’autre à sa place. Nous ne sommes pas à l’abri qu’il devienne roi sur nous et nous tue. Soit nous le tuons, soit nous l’expulsons de notre pays.” Ils dirent : “Malheur à vous ! Vous avez tué son père hier, et aujourd’hui vous le tueriez ? Expulsez-le plutôt de votre pays.” Ils le firent donc sortir, le placèrent sur le marché et le vendirent à un marchand parmi les marchands, qui l’embarqua sur son navire, pour six cents ou sept cents dirhams. Il partit avec lui. Le soir venu, des nuages d’automne se levèrent. Son oncle sortit pour se mettre à l’abri de la pluie, mais la foudre le frappa et le tua. Ils se tournèrent alors vers ses fils, mais ils étaient stupides, sans aucun bien en eux. Les affaires des Abyssins devinrent confuses. Ils se dirent les uns aux autres : “Sachez, par Dieu, que votre roi, le seul qui puisse mettre de l’ordre dans vos affaires, est celui que vous avez vendu ce matin. Si vous tenez à la direction de l’Abyssinie, rattrapez-le avant qu’il ne parte.” Ils partirent à sa recherche, le rattrapèrent, le ramenèrent, lui ceignirent la couronne, l’assirent sur son trône et le firent roi. Le marchand dit : “Rendez-moi mon argent, comme vous avez pris mon esclave.” Ils dirent : “Nous ne te le donnerons pas.” Il dit : “Alors, par Dieu, je vais lui parler.” Ils dirent : “Et alors ?” Il alla donc le trouver et dit : “Ô roi, j’ai acheté un esclave ; ceux qui me l’ont vendu ont reçu le prix, puis ils ont repris mon esclave sans me rendre mon argent.” La première chose par laquelle il éprouva la fermeté de son jugement et sa justice fut qu’il dit : “Rendez-lui son argent, ou je ferai en sorte que son esclave prenne sa main et aille où il voudra.” Ils dirent : “Non, nous lui rendons son argent.” Ils le lui rendirent. C’est pourquoi il dit : “Dieu n’a pas accepté de pot-de-vin de moi, pour que j’en accepte à son sujet, lorsqu’Il m’a rendu mon royaume ; et je n’ai pas obéi aux gens pour que je leur obéisse à son sujet.”’ Nous tenons d’Aḥmad : nous tenons de Yūnus, d’Ibn Isḥāq, qui a dit : « Yazīd ibn Rūmān m’a rapporté, d’après ‘Urwa ibn az-Zubayr, que c’était ‘Uthmān ibn ‘Affān qui parlait au Negus. » Nous tenons d’Aḥmad : nous tenons de Yūnus, d’Ibn Isḥāq, qui a dit : « Il n’en est pas ainsi ; c’était Ja‘far ibn Abī Ṭālib qui lui parlait. » Nous tenons d’Aḥmad : nous tenons de Yūnus, d’Ibn Isḥāq, qui a dit : « Certains savants m’ont rapporté que des jeunes gens d’Abyssinie avaient vu Ruqayya, fille du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — alors qu’elle était là-bas avec son mari ‘Uthmān ibn ‘Affān. Elle était, dit-on, la plus belle et la plus belle des créatures. Ils s’arrêtaient devant elle pour la regarder, et lui tournaient autour lorsqu’ils la voyaient, émerveillés par elle, au point qu’elle fut gênée par leur comportement. Mais ils évitaient de faire du mal à quiconque parmi eux, à cause de l’exil et de la qualité de leur voisinage. Lorsque le Negus partit en campagne contre son ennemi, ils partirent avec lui, et Dieu les tua tous, sans qu’aucun d’eux n’échappe. »
**Traduction :** Nous a rapporté Ahmad : Nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : Ensuite, une vingtaine d’hommes, ou à peu près ce nombre, parmi les chrétiens, vinrent auprès du Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) alors qu’il se trouvait à La Mecque, lorsque la nouvelle de lui se fut répandue depuis l’Abyssinie. Ils le trouvèrent dans la Mosquée (al-Masjid), s’assirent auprès de lui, lui parlèrent et l’interrogèrent, tandis que des hommes de Quraysh se tenaient dans leurs assemblées autour de la Ka‘ba. Lorsqu’ils eurent fini de questionner le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) sur ce qu’ils voulaient, le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) les appela, récita devant eux le Coran, et lorsqu’ils l’entendirent, leurs yeux débordèrent de larmes. Puis ils répondirent à son appel, crurent en lui, le confirmèrent dans sa véracité, et reconnurent en lui ce qui leur avait été décrit dans leur Livre à son sujet. Lorsqu’ils se levèrent de chez lui, Abū Jahl les interceptera, avec un groupe de Quraysh, et ils dirent : « Qu’Allāh vous déçoive, ô délégation ! Ceux qui vous ont envoyés depuis derrière vous, parmi les gens de votre religion, comptaient sur vous pour leur rapporter des nouvelles de cet homme, et vous n’avez même pas eu la patience de rester assis auprès de lui que vous avez déjà abandonné votre religion et l’avez cru dans ce qu’il vous a dit ! Nous ne connaissons pas de délégation plus stupide que vous » — ou quelque chose de semblable à ce qu’ils leur dirent. Alors ils répondirent : « Paix sur vous (Salāmun ‘alaykum) ! Nous ne recherchons pas l’ignorance (lā najāhulakum). À nous nos œuvres, et à vous vos œuvres. Nous ne voulons que ce qui est bon pour nous-mêmes. » Et l’on dit que ce groupe de chrétiens était originaire de Najrān. Allāh sait mieux ce qu’il en fut. Et l’on dit — et Allāh sait mieux — que c’est à leur sujet que furent révélés ces versets : « Ceux à qui Nous avons donné le Livre avant lui, y croient » jusqu’à Sa parole : « Nous ne recherchons pas les ignorants » (Coran 28:52-55). Nous a rapporté Yūnus, d’après Asbāṭ ibn Naṣr al-Hamdānī, d’après Ismā‘īl ibn ‘Abd ar-Raḥmān, qui a dit : Le Negus (an-Najāshī) envoya au Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) douze hommes pour l’interroger et lui rapporter des nouvelles de lui. Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) récita devant eux le Coran, et ils pleurèrent. Parmi eux se trouvaient sept moines (ruhbān) et cinq prêtres (qissīsīn), ou cinq moines et sept prêtres. C’est à leur sujet qu’Allāh révéla : « Et quand ils entendent ce qui a été descendu vers le Messager, tu vois leurs yeux déborder de larmes » (Coran 5:83) jusqu’à la fin du verset. Nous a rapporté Ahmad : Nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : J’ai interrogé az-Zuhrī au sujet des versets : « Cela, parce que parmi eux se trouvent des prêtres et des moines, et parce qu’ils ne s’enflent pas d’orgueil. Et quand ils entendent ce qui a été descendu vers le Messager… » jusqu’à Sa parole : « avec les témoins » (Coran 5:82-83), et Sa parole : « Et quand les ignorants les interpellent, ils disent : “Paix !” » (Coran 25:63). Il répondit : Je n’ai cessé d’entendre nos savants dire qu’ils furent révélés au sujet du Negus et de ses compagnons. Nous a rapporté Ahmad : Nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : M’a rapporté az-Zuhrī, d’après Sa‘īd ibn al-Musayyab, d’après Abū Hurayra, qui a dit : Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) sortit avec nous vers le lieu de prière (al-Muṣallā), nous aligna derrière lui, prononça quatre takbīrāt (Allāhu Akbar) sur lui. Lorsqu’il se retourna, nous dîmes : Ô Messager d’Allāh, sur qui as-tu prié ? Il répondit : « Sur votre frère, le Negus (an-Najāshī) ; il est mort aujourd’hui. » Nous a rapporté Yūnus, d’après ‘Abd Allāh ibn ‘Umar, d’après Shihāb, qui a dit : Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) prononça quatre takbīrāt sur le Negus. Nous a rapporté Ahmad : Nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : M’a rapporté Yazīd ibn Rūmān, d’après ‘Urwa ibn az-Zubayr, d’après ‘Ā’isha, l’épouse du Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui), qu’elle a dit : On n’a cessé de voir une lumière sur la tombe du Negus. Nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : Le nom du Negus était Aṣḥama (Aṣḥamah), et en arabe, ‘Aṭiyya. En effet, « an-Najāshī » est le titre du roi, comme on dit « Kisrā » (Chosroès) et « Hiraql » (Héraclius). Nous a rapporté Ahmad : Nous a rapporté Yūnus, d’après Yūnus al-Īlī, d’après az-Zuhrī, qui a dit : Ibn ‘Umar dit à un homme assis avec lui : « Forme un souhait (tamanna) ! » Il répondit : « Je ne le ferai pas. » Alors Ibn ‘Umar dit : « Quant à moi, j’aimerais avoir autant d’or que le mont Uḥud, dont je pèserais le poids et dont je m’acquitterais de l’aumône légale (zakāt). » Nous a rapporté Yūnus, d’après Hishām ibn ‘Urwa, d’après son père, d’après ‘Ā’isha, qu’elle a dit : Lorsque l’un de vous forme un souhait (tamannā), qu’il en demande beaucoup, car il ne fait que demander à son Seigneur — Puissant et Majestueux est-Il. Nous a rapporté Ahmad : Nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : M’a rapporté mon père, Isḥāq ibn Yasār, qui a dit : J’ai vu Abū Nayzar, fils du Negus. Je n’ai jamais vu un homme, qu’il soit arabe ou non-arabe, plus grand, plus haut ou plus beau que lui. Son grand-père, ‘Alī ibn Abī Ṭālib, l’avait rencontré chez un commerçant à La Mecque, l’avait acheté et affranchi en récompense du Negus pour ce qu’il avait fait pour Ja‘far et ses compagnons. Je dis à mon père : « Abū Nayzar était-il noir comme le noir des Abyssins ? » Il répondit : « Si tu l’avais vu, tu aurais dit : un homme des Arabes. » Nous a rapporté Ahmad : Nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : M’a rapporté ‘Abd Allāh ibn al-Ḥasan que sa mère, Fāṭima bint al-Ḥusayn, lui a raconté, disant : Des gens d’Abyssinie vinrent auprès d’Abū Nayzar, fils du Negus — et ‘Alī l’avait affranchi — et ils restèrent chez lui un mois. ‘Alī ibn Abī Ṭālib leur sacrifiait des bêtes et leur préparait de la nourriture. Ils lui dirent : « La situation en Abyssinie s’est détériorée pour eux ; pars avec nous, nous te ferons roi sur eux, car tu es le fils de celui que tu sais. » Il répondit : « Puisqu’Allāh m’a honoré par l’Islam, je ne le ferai pas. » Lorsqu’ils désespérèrent de lui, ils repartirent et le laissèrent. C’était un homme bon, mais il avait un défaut : il était sujet à la calomnie et buvait du vin. Nous a rapporté Ahmad : Nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : Parmi ce qui fut dit en poésie au sujet de l’Abyssinie, il y a que ‘Abd al-Muṭṭalib ibn al-Ḥārith ibn Qays ibn ‘Adī ibn Sa‘d ibn Sahm, lorsqu’ils furent en sécurité en terre d’Abyssinie, louèrent la protection du Negus, adorèrent Allāh sans craindre personne pour leur religion, et que le Negus avait bien traité ceux qui avaient cherché refuge chez lui. Il dit : « N’annoncez-vous pas de ma part, en message pénétrant, à quiconque espère la communication d’Allāh et la religion ? Tout homme, parmi les serviteurs d’Allāh, opprimé dans le creux de La Mecque, accablé et tenté, j’ai trouvé la terre d’Allāh vaste, qui sauve de l’humiliation, de la honte et de l’avilissement. Ne demeurez donc pas dans l’humiliation de la vie, ni dans la honte de la mort, ni dans un blâme non garanti. Nous avons suivi le Messager d’Allāh ; rejetez donc la parole du Prophète et exagérez dans les balances. Fais donc tomber Ton châtiment sur le peuple qui a transgressé, et sur ceux qui Te prennent pour protecteur, de peur qu’ils ne s’élèvent et ne deviennent tyranniques. » Il dit aussi, évoquant l’exil que Quraysh leur avait imposé de leur pays, et blâmant certains de leur peuple à ce sujet : « Mon foie refuse — je ne te mens pas — de les combattre, et mes doigts le refusent. Comment pourrais-je combattre un peuple qui les éduque dans la vérité, afin qu’ils ne la mêlent pas au faux ? Vous avez exilé les serviteurs d’Allāh de la terre brûlante de leur pays, et ils sont devenus en proie à de nombreux tourments. S’il y avait eu, chez ‘Adī, un dépôt de confiance — ‘Adī ibn Ka‘b, qui tient ses promesses et maintient les liens — j’aurais pensé que cela se trouvait chez vous, par la louange de Celui qui ne se laisse pas corrompre par des appâts. Mais vous avez échangé un lionceau contre le lion de chaque bataillon, avec son orgueil, refuge des faibles et des veuves. » Et Abū Ṭālib, voyant leur opinion et ce dans quoi ils s’étaient engagés, composa des vers pour le Negus, l’exhortant à bien les traiter et à les défendre : « Ne saurais-je pas comment se portent, dans l’éloignement, Ja‘far et Zayd, et les ennemis des ennemis proches ? Les actions du Negus ont-elles atteint Ja‘far et ses compagnons, ou bien un obstacle les en a-t-il empêchés ? Sache — que je sois maudit si tu es maudit (ubi’ta al-la‘n) — que tu es généreux et noble ; nul ne connaît le malheur auprès de toi, ô protecteur des voisins. Sache qu’Allāh t’a accordé une abondance supplémentaire, et que les causes de tout bien sont liées à toi. Car tu es un flot abondant aux crues généreuses, dont le bienfait atteint les ennemis comme les proches. » Et Abū Ṭālib dit aussi : « Sachez, ô les meilleurs des hommes, que Muḥammad est le vizir de Moïse et du Messie, fils de Marie. Il est venu avec une guidance semblable à celle avec laquelle ils sont venus, et chacun, par l’ordre d’Allāh, guide et préserve. Et vous le récitez dans votre Livre, avec la véracité d’un récit, non d’un récit de traducteur. Et toute délégation qui vient de chez nous vers toi, pour ta vertu, ne revient qu’avec honneur. » Nous a rapporté Yūnus, d’après Zakariyyā ibn Abī Zā’ida, d’après ‘Āmir ash-Sha‘bī, d’après Asmā’ bint ‘Umays, qu’elle se rendit auprès du Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) et dit : Ô Messager d’Allāh, des gens parmi les émigrants (al-muhājirūn) se vantent devant nous et prétendent que nous ne faisons pas partie des premiers émigrants. Alors le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dit : « Vous avez deux émigrations (hijratān) : vous avez émigré vers la terre d’Abyssinie alors que nous étions encore en train de temporiser à La Mecque, et vous avez émigré ensuite. » Ils étaient arrivés auprès de lui à Khaybar. Nous a rapporté Yūnus, d’après Ibrāhīm ibn Ismā‘īl, d’après az-Zuhrī, d’après Qabīṣa ibn Dhu’ayb, d’après Abū Salama ibn ‘Abd al-Asad — qui était le fils de la tante paternelle du Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui), et le premier à émigrer avec sa famille (bi-ẓa‘īnatihi) vers la terre d’Abyssinie, puis vers Médine ; il avait pour épouse Umm Salama, avec qui il avait émigré, et lorsqu’il mourut, le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) l’épousa après lui. Nous a rapporté Ahmad : Nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : M’a rapporté Ṣāliḥ ibn Ibrāhīm, d’après ‘Abd ar-Raḥmān ibn ‘Awf, d’après son père, qui a dit : Nous marchions avec ‘Uthmān ibn ‘Affān sur la route de La Mecque lorsqu’il vit ‘Abd ar-Raḥmān ibn ‘Awf et dit : « Personne ne peut surpasser ce vieillard en mérite dans les deux émigrations (al-hijratayn) ensemble » — c’est-à-dire son émigration vers l’Abyssinie et son émigration vers Médine. **Énumération de ceux qui émigrèrent vers la terre d’Abyssinie** Nous a rapporté Ahmad : Nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : Voici l’énumération de ceux qui émigrèrent vers la terre d’Abyssinie parmi les compagnons du Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) : ceux qui assistèrent à Badr, ceux qui restèrent en arrière jusqu’à leur arrivée après Badr parmi eux, et ceux qui restèrent en arrière jusqu’à ce que le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) leur envoyât ‘Amr ibn Umayya aḍ-Ḍamrī, qui les fit monter sur un bateau puis les lui envoya ; ils arrivèrent l’année de Ḥudaybiyya, en l’an sept. Parmi ceux qui vinrent à lui et assistèrent avec lui à Badr, issus des Banū Umayya ibn ‘Abd Shams ibn ‘Abd Manāf : ‘Uthmān ibn ‘Affān — le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) lui attribua sa part et sa récompense à Badr, car il était resté auprès de Ruqayya, fille du Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui), qui était avec lui en terre d’Abyssinie ; il eut une descendance. Et Abū Ḥudhayfa ibn ‘Utba ibn Rabī‘a ibn ‘Abd Shams ibn ‘Abd Manāf — il fut tué le jour de la Yamāma en martyr ; son épouse, Sahla bint Suhayl ibn ‘Amr, frère des Banū ‘Āmir ibn Lu’ayy, était avec lui en terre d’Abyssinie, et elle lui donna Muḥammad ibn Abī Ḥudhayfa ; il n’eut pas de descendance. Parmi les Banū Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzā : az-Zubayr ibn al-‘Awwām. Parmi les Banū ‘Abd ad-Dār ibn Quṣayy : Muṣ‘ab ibn ‘Umayr. Parmi les Banū Zuhra : ‘Abd ar-Raḥmān ibn ‘Awf. Parmi les Banū Makhzūm : Abū Salama ibn ‘Abd al-Asad ibn Hilāl ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Umar ibn Makhzūm, avec son épouse Umm Salama bint Abī Umayya. Parmi les Banū Jumaḥ ibn ‘Amr ibn Huṣayṣ : ‘Uthmān ibn Maẓ‘ūn. Parmi les Banū ‘Adī ibn Ka‘b : ‘Āmir ibn Rabī‘a, allié (ḥalīf) de la famille d’al-Khaṭṭāb, avec son épouse Laylā bint Abī Ḥathma. Parmi les Banū ‘Āmir ibn Lu’ayy : Abū Sabra ibn Abī Ruhm ibn ‘Abd al-‘Uzzā — et l’on dit : c’est plutôt son père, Ḥāṭib ibn ‘Abd Shams ibn ‘Abd Wadd ibn Naṣr ibn Mālik — et l’on dit : c’est lui qui fut le premier à y arriver. Parmi les Banū al-Ḥārith ibn Fihr : Suhayl ibn Bayḍā’ — et il est Suhayl ibn Rabī‘a ibn Hilāl ibn Uhayb. Ces dix hommes furent les premiers parmi les musulmans à partir vers la terre d’Abyssinie, selon ce qui m’est parvenu. Puis Ja‘far ibn Abī Ṭālib. Parmi les Banū Nawfal ibn ‘Abd Manāf ibn Quṣayy : ‘Utba ibn Ghazwān ibn Jābir ibn Wahb, allié (ḥalīf) pour eux — un homme ; ils eurent une descendance. Parmi les Banū ‘Abd ad-Dār : Suwaybiṭ ibn [Sa‘d ibn Ḥarmala ibn Mālik ibn ‘Umayla ibn as-Sabbāq ibn ‘Abd ad-Dār, et Jahm ibn Qays ibn ‘Abd ibn Shuraḥbīl ibn Hāshim ibn ‘Abd Manāf ibn ‘Abd ad-Dār, avec son épouse Umm] Ḥarmala bint al-Aswad ibn Khuzayma ibn Uqaysh ibn ‘Āmir ibn Bayāḍa ibn Tubay‘ ibn Kha‘thama ibn Khuzā‘a, et ses deux fils ‘Amr ibn Jahm et Abū ar-Rūm ibn ‘Umayr ibn Hāshim ibn ‘Abd Manāf ibn ‘Abd ad-Dār, et Firās ibn an-Naḍr ibn al-Ḥārith ibn Kalada ibn ‘Alqama ibn ‘Abd Manāf ibn ‘Abd ad-Dār. Parmi les Banū ‘Abd ibn Quṣayy : Ṭulayb ibn ‘Umayr ibn Wahb ibn Abī Kabīr ibn ‘Abd ibn Quṣayy — un homme sans descendance. Parmi les Banū Zuhra ibn Kilāb : ‘Abd ar-Raḥmān ibn ‘Awf — il eut une descendance — et ‘Alqama ibn Abī Waqqāṣ, et Waqqāṣ, et Abū Waqqāṣ Mālik ibn Uhayb ibn ‘Abd Manāf ibn Zuhra.
Et al-Muṭṭalib ibn Azhar ibn ʿAbd ʿAwf ibn ʿAbd al-Ḥārith ibn Zuhra, avec son épouse Ramla bint Abī ʿAwf ibn Ḍubayra, qui lui donna en terre d’Abyssinie ʿAbd Allāh ibn al-Muṭṭalib. Et parmi leurs alliés : ʿAbd Allāh ibn Masʿūd et son frère ʿUtba ibn Masʿūd. Et parmi les Bahrāʾ : al-Miqdād ibn ʿAmr, que l’on appelait al-Miqdād ibn al-Aswad ibn ʿAbd Yaghūth ibn Wahb ibn ʿAbd Manāf ibn Zuhra, car celui-ci l’avait adopté et s’était allié à lui. Six hommes. Et parmi les Banū Makhzūm : Shammās ibn ʿUthmān ibn al-Sharīd ibn Suwayd ibn Hirm ibn ʿUmar ibn Makhzūm ; le nom de Shammās était ʿUthmān, et il n’eut pas de descendance. Et Habbār ibn Sufyān ibn ʿAbd al-Asad ibn Hilāl, et son frère ʿAbd Allāh ibn Sufyān, et Hishām ibn Abī Ḥudhayfa. Et parmi leurs alliés : Muʿattib ibn ʿAwf ibn ʿĀmir ibn al-Faḍl ibn ʿAfīf, celui que l’on appelait ʿAyhala, ibn Fulayt ibn Salūl ibn Kaʿb ibn Khuzāʿa. Et parmi les Banū ʿĀmir ibn Luʾayy : ʿAbd Allāh ibn Suhayl ibn ʿAmr, qui eut une descendance ; Abū Sabra ibn Abī Ruhm, avec son épouse Umm Kulthūm bint Suhayl ibn ʿAmr ; et ʿAbd Allāh ibn Makhrama ibn ʿAbd al-ʿUzzā ibn Abī Qays ibn ʿAbd Wudd ; et Sulayṭ ibn ʿAmr ibn ʿAbd Shams ibn ʿAbd Wudd, et son frère al-Sakrān ibn ʿAmr, avec son épouse Sawda bint Zamʿa ; et Mālik ibn Rabīʿa ibn Qays ibn ʿAbd Shams ibn Luʾayy, avec son épouse ʿAmra bint al-Saʿdī ; et Saʿīd, un allié à eux. Et parmi les Banū Jumaḥ ibn ʿAmr ibn Huṣayṣ : ʿUthmān ibn Maẓʿūn, et son fils al-Sāʾib ibn ʿUthmān, sans descendance ; et son frère Qudāma ibn Maẓʿūn, qui eut une descendance ; et Ḥāṭib ibn al-Ḥārith ibn al-Mughīra ibn Ḥabīb ibn Ḥudhāfa, avec son épouse Fāṭima bint al-Muḥajjal ibn ʿAbd Allāh, et ses deux fils Muḥammad ibn Ḥāṭib et al-Ḥārith ibn Ḥāṭib, tous deux de son fils al-Muḥajjal ; et son fils al-Ḥārith ibn Ḥāṭib, avec son épouse Fukayha bint Yasār ; et Sufyān ibn Muʿammar ibn Ḥabīb, avec ses fils Jābir ibn Sufyān et Junāda ibn Sufyān, et avec son épouse Ḥasana, qui était leur mère, et leur frère utérin Shuraḥbīl ibn Ḥasana ; et ʿUthmān 98 ibn Rabīʿa ibn Ahbān. Onze hommes. Et parmi les Banū Sahm ibn ʿAmr ibn Huṣayṣ : Khunays ibn Ḥudhāfa, tué martyr à Badr, sans descendance, seulement son épouse ; il avait eu Ḥafṣa bint ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, que l’Envoyé de Dieu — sur lui la bénédiction et la paix — épousa après lui 110 ; et ʿAbd Allāh ibn al-Ḥārith ibn Qays ; et Hishām ibn al-ʿĀṣī ibn Wāʾil ; et Abū Qays ibn al-Ḥārith ; et al-Ḥajjāj ibn al-Ḥārith ; et Muʿammar ibn al-Ḥārith ; et un frère utérin de lui, des Banū Tamīm, nommé Saʿīd ibn ʿAmr ; et Saʿīd ibn al-Ḥārith ibn Qays ; et al-Sāʾib ibn al-Ḥārith ibn Qays ; et ʿImrān ibn Riʾāb 99 ibn Ḥudhāfa ; et Maḥmiyya ibn Juzʾ, un allié à eux, des Banū Zubayd. Douze hommes. Et parmi les Banū al-Ḥārith ibn Fihr : Abū ʿUbayda, c’est-à-dire ʿĀmir ibn ʿAbd Allāh ibn al-Jarrāḥ, mort à ʿAmawās 100 en Syrie, gouverneur pour ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, sans descendance. Et Suhayl ibn Bayḍāʾ, c’est-à-dire Suhayl ibn Bayḍāʾ ibn Suhayl ibn Wahb ; Bayḍāʾ était sa mère — ainsi dans l’original — et il est Suhayl ibn Wahb ibn Rabīʿa, sans descendance ; mais sa mère prévalut sur sa filiation, et il est attribué à elle ; elle était Daʿd bint Jaḥdam ibn Umayya ibn Ḍarb, et on l’appelait al-Bayḍāʾ ; il fut tué martyr à Badr. Et ʿIyāḍ ibn Zuhayr ibn Abī Shadīd ibn Rabīʿa, sans descendance ; on dit aussi ibn Rabīʿa ibn Hilāl ibn Mālik. Et al-Ḥārith ibn ʿAbd Qays ibn ʿĀmir ibn Umayya ; et ʿAmr ibn Abī Sarḥ ibn Rabīʿa ibn Hilāl. Huit hommes. Puis les musulmans se succédèrent jusqu’à se rassembler en terre d’Abyssinie ; ils y étaient, parmi eux celui qui partit seul et celui qui partit avec sa famille. Parmi les Banū Hāshim ibn ʿAbd Manāf : Jaʿfar ibn Abī Ṭālib, tué martyr à Muʾta, commandant pour l’Envoyé de Dieu — sur lui la bénédiction et la paix —, il eut une descendance ; on disait qu’il fut le premier parmi les musulmans à blesser sa monture en combat, avec son épouse Asmāʾ bint ʿUmays ibn Kaʿb ibn Mālik ibn Qaḥāfa, de Khathʿam ; elle lui donna en terre d’Abyssinie ʿAbd Allāh ibn Jaʿfar. Un homme. Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d’après Ibn Isḥāq, qui dit : Yaḥyā ibn ʿAbbād ibn ʿAbd Allāh ibn al-Zubayr m’a rapporté d’après son père ʿAbbād, d’après un homme des Banū Murra ibn Ribāb — on dit aussi ibn Dhubyān —, qui dit : Comme si je voyais Jaʿfar, quand la bataille l’eut enveloppé 101, blesser un cheval bai qu’il avait, puis combattre jusqu’à être tué. Et parmi les Banū Umayya ibn ʿAbd Shams : Khālid ibn Saʿīd ibn al-ʿĀṣī, avec son épouse Umayna bint Khalaf ibn Asʿad ibn ʿĀmir ibn Bayāḍa, des Banū Subayʿ ibn Khathʿama de Khuzāʿa ; elle lui donna en terre d’Abyssinie Saʿīd ibn Khālid, et sa mère était bint Khālid ; il épousa ensuite Umm al-Zubayr ibn al-ʿAwwām, qui lui donna ʿAmr ibn al-Zubayr et Khālid ibn al-Zubayr ; Khālid fut tué à Marj al-Ṣuffar 102 en Syrie. Et ʿAmr ibn Saʿīd ibn al-ʿĀṣī, avec son épouse Fāṭima bint Ṣafwān ibn Umayya ibn Shafī ibn Muḥrib ibn Shafī al-Kinānī ; il fut tué à Ajnādayn 103. C’est à propos de ʿAmr qu’Abū Saʿīd dit : « Je t’ai pleuré en vers, ô ʿAmr, / demandant, quand il grandit et que ses forces s’affermirent, / tu abandonnes l’affaire du peuple où il y a des troubles, / et tu dissipes une colère qui était dans la poitrine, enflammée. » Et parmi leurs alliés, des Banū Asad ibn Khuzayma : ʿAbd Allāh ibn Jaḥsh, avec son épouse Baraka bint Yasār 111 ; et Muʿayqib ibn Abī Fāṭima, et il est le père de Saʿīd ibn al-ʿĀṣī, et il eut une descendance 104. Et parmi les Banū ʿAbd al-Dār ibn Quṣayy : Jahm ibn Qays ibn ʿAbd Shuraḥbīl ibn Hāshim ibn ʿAbd Manāf ibn ʿAbd al-Dār ; et ʿAmr ibn Jahm ; et Abū al-Rūm ibn ʿUmayr ibn Wahb. Et parmi les Banū ʿAbd ibn Quṣayy : Ṭulayb ibn ʿUmayr ibn Abī Kabīr, sans descendance 105. Et parmi les Banū Asad ibn ʿAbd al-ʿUzzā ibn Quṣayy : al-Aswad ibn Nawfal ibn Khuwaylid. Et parmi les Banū Zuhra ibn Kilāb : ʿĀmir ibn Abī Waqqāṣ, c’est-à-dire Mālik ibn Uhayb ibn ʿAbd Manāf ibn Zuhra, et il eut une descendance ; et ʿUtba ibn Masʿūd ibn al-Ḥārith. Et parmi les Banū Taym ibn Murra : al-Ḥārith ibn Khālid ibn Ṣakhr ibn ʿĀmir ibn Kaʿb ibn Rabīʿa ibn Taym ibn Murra, avec son épouse Rayṭa bint al-Ḥārith, des Banū Tamīm ; elle lui donna en terre d’Abyssinie : Mūsā ibn al-Ḥārith, ʿĀʾisha bint al-Ḥārith, et Zaynab bint al-Ḥārith ; et ʿAmr ibn ʿUthmān ibn Kaʿb ibn Saʿd ibn Taym. Deux hommes. Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d’après Ibn Isḥāq, qui dit : Le total de ceux qui rejoignirent la terre d’Abyssinie et y émigrèrent parmi les musulmans, sans compter leurs enfants qu’ils emmenèrent avec eux ou qui y naquirent, était de plus de quatre-vingts hommes, si ʿAmmār ibn Yāsir était parmi eux — et il en doute. Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d’après Ibn Isḥāq, qui dit : Hind bint ʿUtba dit, en satirisant Abū Ḥudhayfa lorsqu’il se convertit à l’islam : « Le borgne, le bigle, au rein retourné, / Abū Ḥudhayfa est le pire des hommes en religion. / Quelle récompense as-tu donnée à celui qui t’a élevé depuis ton enfance, / puis t’a nourri de la nourriture d’un nourrisson triste 106 ? » Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d’après Ibn Isḥāq, qui dit : Voici la lettre du Prophète — sur lui la bénédiction et la paix — au Negus : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ceci est une lettre de Muḥammad le Prophète au Negus al-Aṣḥam, souverain d’Abyssinie. Paix sur celui qui suit la guidance, croit en Dieu et en Son Envoyé, et atteste qu’il n’y a de dieu que Dieu, l’Unique, sans associé, qui n’a pas pris de compagne ni d’enfant, et que Muḥammad est Son serviteur et Son Envoyé. Je t’appelle à l’appel de Dieu, car je suis Son Envoyé. Convertis-toi à l’islam et tu seras sauvé. “Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n’adorions que Dieu, sans rien Lui associer, et que les uns ne prennent pas les autres pour seigneurs en dehors de Dieu” 107. Si tu refuses, alors sur toi pèse le péché des chrétiens, ton peuple. » Yūnus nous a rapporté d’après Ibn Isḥāq, qui dit : ʿAbd Allāh ibn al-Ḥārith al-Sahmī dit, évoquant l’exil que leur imposèrent les Qurayshites : « Ces Qurayshites renient le droit de Dieu, / comme les ʿĀd, les Madyan et les Ḥijr ont renié. / Si je ne fais pas briller [mon épée], que ne m’accueille / nulle terre spacieuse, ni mer 108. / En une terre où se trouve ʿAbd al-Ilāh Muḥammad, / qui montre ce qu’il a dans l’âme, quand il atteint la frontière 112. » [Récit de ce que l’Envoyé de Dieu — sur lui la bénédiction et la paix — subit comme tourments de la part de son peuple] Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d’après Ibn Isḥāq, qui dit : Yaḥyā ibn ʿUrwa m’a rapporté d’après son père ʿUrwa ibn al-Zubayr, qui dit : Je dis à ʿAbd Allāh ibn ʿAmr ibn al-ʿĀṣī : Quel est le plus grand mal que tu aies vu les Qurayshites infliger à l’Envoyé de Dieu — sur lui la bénédiction et la paix — dans ce qu’ils manifestaient de son hostilité ? Il dit : Je les ai vus, un jour, leurs notables s’étant réunis dans le Ḥijr 109, ils parlèrent et mentionnèrent l’Envoyé de Dieu — sur lui la bénédiction et la paix —, et ils dirent : Nous n’avons jamais vu ce que nous avons enduré de la part de cet homme : il a traité nos esprits de légers, insulté nos pères, critiqué notre religion, divisé notre communauté, maudit nos divinités, et nous avons enduré de lui une chose grave — ou quelque chose d’approchant. Tandis qu’ils étaient ainsi, l’Envoyé de Dieu — sur lui la bénédiction et la paix — apparut, s’avançant en marchant jusqu’à ce qu’il touchât la Pierre noire, puis passa près d’eux en tournant autour de la Maison ; ils le raillèrent par quelques paroles, et je reconnus cela sur le visage de l’Envoyé de Dieu — sur lui la bénédiction et la paix — ; il passa. Quand il passa près d’eux une deuxième fois, ils le raillèrent de la même manière ; je le reconnus sur son visage, et il passa. Puis il passa une troisième fois, et ils le raillèrent de la même manière ; alors il s’arrêta et dit : « M’entendez-vous, ô assemblée de Qurayshites ? Par Celui qui tient mon âme en Sa main, je vous ai apporté le massacre. » Cette parole saisit les gens, au point qu’il n’y avait personne qui n’eût comme un oiseau perché sur sa tête ; et même le plus acharné d’entre eux contre lui auparavant l’abordait avec les meilleures paroles qu’il pouvait trouver, au point qu’il disait : « Va-t’en, Abū al-Qāsim, guidé sur la bonne voie ; par Dieu, tu n’es pas ignorant. » L’Envoyé de Dieu — sur lui la bénédiction et la paix — s’en alla. Le lendemain, ils se réunirent dans le Ḥijr, et j’étais avec eux ; ils se dirent les uns aux autres : « Vous avez mentionné ce que vous avez subi de sa part et ce qu’il vous a fait subir, jusqu’à ce que, lorsqu’il vous a affronté avec ce que vous détestez, vous l’ayez laissé. » Tandis qu’ils étaient ainsi, l’Envoyé de Dieu — sur lui la bénédiction et la paix — apparut ; ils se levèrent d’un bond, l’entourèrent et dirent : « Es-tu celui qui dit telle et telle chose ? » — à propos de ce qui leur parvenait de ses critiques de leurs divinités et de leur religion. L’Envoyé de Dieu — sur lui la bénédiction et la paix — dit : « Oui, je suis celui qui dit cela. » Je vis alors un homme d’entre eux saisir le col de son manteau ; Abū Bakr al-Ṣiddīq se tint devant lui en pleurant et disant : « Malheur à vous ! Tuerez-vous un homme parce qu’il dit : “Mon Seigneur est Dieu” 110 ? » Puis ils s’éloignèrent de lui. Et c’est là le plus grand mal que j’aie jamais vu les Qurayshites lui infliger. Aḥmad nous a rapporté : Yūnus nous a rapporté d’après Ibn Isḥāq, qui dit : Quelqu’un de la famille d’Umm Kulthūm bint Abī Bakr m’a rapporté qu’elle disait : Ce jour-là, Abū Bakr revint, et ils lui avaient fendu la tête en tirant sur ses cheveux ; c’était un homme très chevelu. Yūnus nous a rapporté d’après ʿĪsā ibn ʿAbd Allāh al-Tamīmī, d’après 113 al-Rabīʿ ibn Anas al-Bakrī, qui dit : L’Envoyé de Dieu — sur lui la bénédiction et la paix — priait ; lorsqu’il se prosterna, Abū Jahl vint et lui marcha sur le cou. Dieu révéla à son sujet : « As-tu vu celui qui empêche / un serviteur de prier ? » — Abū Jahl — « As-tu vu s’il est sur la bonne voie » — Muḥammad — « As-tu vu s’il traite de menteur et se détourne » — Abū Jahl — « Non ! S’il ne cesse pas » — Abū Jahl — « Nous appellerons les Zābāniya 111 » — ils sont les dix-neuf gardiens de l’Enfer. L’Envoyé de Dieu — sur lui la bénédiction et la paix — dit : « Par Dieu, s’il recommence, les Zābāniya le saisiront. » Il cessa et ne recommença pas. Yūnus nous a rapporté d’après al-Mubārak ibn Faḍāla, d’après al-Ḥasan, qui dit : Les ignorants du peuple de l’Envoyé de Dieu — sur lui la bénédiction et la paix — passèrent presque toute une nuit à lui dire : « Ô Muḥammad, tu re nies tes pères, tu réprouves leur conduite, tu fais ceci et cela. » Dieu révéla alors : « Dis : “Est-ce un autre que Dieu que vous m’ordonnez d’adorer, ô ignorants ?” » jusqu’à Sa parole : « et sois parmi les reconnaissants » 112.
Nous a rapporté Yūnus, d'après Abū Maʿshar, d'après Muḥammad ibn Qays, qui a dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — était assis, et auprès de lui se trouvaient ʿUtba ibn Rabīʿa et Ibn Umm Maktūm 113, l'aveugle. Celui-ci dit : « Ô Messager de Dieu, enseigne-moi le Coran. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — fronça les sourcils 114 devant lui et se détourna de lui, par crainte que son attention portée sur lui ne détourne ʿUtba de l'islam, car il se disait : « Seuls les aveugles et les pauvres suivent cet homme. » Alors Dieu Très-Haut révéla : « Il a froncé les sourcils et s’est détourné » jusqu’à Sa parole : « Quant à celui qui vient à toi en courant, et qui craint [Dieu] » 115 — il s’agit d’Ibn Umm Maktūm. Et le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ne fut pas excusé pour une telle attitude. Nous a rapporté Yūnus, d'après Misʿar ibn Kidām, d'après Ashʿath ibn Abī al-Shuʿthāʾ, d'après un homme de Kināna, qui a dit : J’ai entendu le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dire : « Ô gens, dites : “Il n’y a de dieu que Dieu”, vous réussirez. » [Histoire du Prophète lorsqu’il se présenta aux Arabes] Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — continua ainsi, appelant les tribus à Dieu et à l’islam, leur présentant sa personne et ce qu’il apportait de la part de Dieu Très-Haut comme guidance et miséricorde. Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : M’a raconté al-Zuhrī : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — vint trouver des gens de Kinda à leurs points d’eau, parmi lesquels se trouvait leur chef nommé Fulayḥ 116. Il les appela à Dieu et leur présenta sa personne, mais ils refusèrent de l’accepter, par hostilité 117 envers lui. Puis il vint trouver une fraction de Kalb appelée les Banū ʿAbd Allāh, et leur dit : « Ô Banū ʿAbd Allāh, Dieu a embelli le nom de votre père. » Mais ils n’acceptèrent pas, et il se détourna d’eux 118. Nous a rapporté Yūnus, d’après Yazīd ibn Ziyād, d’après Abū al-Jaʿdī, d’après Jāfiʿ ibn Shaddād, d’après Ṭāriq, qui a dit : J’ai vu le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — deux fois. Je l’ai vu au marché de Dhū al-Majāz, alors que j’étais avec mes marchandises. Il passa, vêtu d’une tunique rouge 119, et je l’entendis dire : « Ô gens, dites : “Il n’y a de dieu que Dieu”, vous réussirez. » Un homme le suivait, lui lançant des pierres, au point de lui ensanglanter les chevilles, et il disait : « Ô gens, n’écoutez pas cet homme, car c’est un menteur. » Je demandai : « Qui est-ce ? » On me dit : « C’est un jeune homme des Banū ʿAbd al-Muṭṭalib. » Je demandai : « Qui est celui qui lui lance des pierres ? » On me dit : « Son oncle ʿAbd al-ʿUzzā, Abū Lahab, fils de ʿAbd al-Muṭṭalib. » Lorsque Dieu manifesta l’islam, nous sortîmes d’al-Rabadha avec une femme de notre famille, jusqu’à ce que nous descendions près de Médine. Alors que nous étions assis, voilà qu’un homme vêtu de deux habits nous salua et dit : « D’où venez-vous, les gens ? » Je répondis : « D’al-Rabadha. » Nous avions un chameau roux. Il dit : « Vendez-vous le chameau ? » Nous répondîmes : « Oui. » Il dit : « À quel prix ? » Nous dîmes : « Pour tant et tant de ṣāʿ 120 de dattes. » Il dit : « Je l’ai pris, sans que vous nous ayez fait de rabais. » Il saisit la longe du chameau et partit avec, jusqu’à disparaître derrière les murs de Médine. Certains d’entre nous dirent aux autres : « Reconnaissez-vous l’homme ? » Personne parmi nous ne le connaissait. Les gens se blâmèrent les uns les autres et dirent : « Vous donnez votre chameau à quelqu’un que vous ne connaissez pas ! » La femme dit : « Ne vous blâmez pas, car j’ai vu un visage d’homme qui ne vous trahira pas 121. Je n’ai rien vu de plus semblable à la lune dans la nuit de pleine lune que son visage. » Le soir, un homme vint à nous et dit : « Que la paix soit sur vous, ainsi que la miséricorde de Dieu. Êtes-vous ceux qui sont venus d’al-Rabadha ? » Nous répondîmes : « Oui. » Il dit : « Je suis l’envoyé du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — auprès de vous, et il vous ordonne de manger de ces dattes jusqu’à satiété et de mesurer jusqu’à recevoir votre dû. » Nous mangeâmes des dattes jusqu’à satiété et nous mesurâmes jusqu’à recevoir notre dû. Puis nous arrivâmes à Médine le lendemain. Voilà que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se tenait debout, prêchant les gens sur la chaire. Je l’entendis dire : « La main de celui qui donne est la plus haute. Commence par ceux que tu as à charge : ta mère, ton père, ta sœur, ton frère, puis les plus proches, puis les plus proches. » Un homme des Ansār dit alors : « Ô Messager de Dieu, voici les Banū Thaʿlaba ibn Yarbūʿ qui ont tué untel pendant la période préislamique ; alors prive-nous de notre vengeance ? » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — leva la main, au point que je vis la blancheur de ses aisselles, et dit : « Une mère ne porte pas le péché de son enfant, une mère ne porte pas le péché de son enfant. » Yūnus, d’après Yūnus ibn ʿAmr, d’après Abū al-Sufyān Saʿīd ibn Aḥmad al-Thawrī, a dit : Abū Ṭālib envoya dire au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue : « Nourris-moi du raisin de ton jardin. » Abū Bakr al-Ṣiddīq était assis auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Abū Bakr dit : « Dieu les a interdits aux mécréants 122. » Nous a rapporté Yūnus, qui a dit : Ibn Isḥāq a dit : Lorsque Abū Sufyān apprit la conversion à l’islam de Khufāf ibn Īmāʾ ibn Raḥḍa, il dit : « Cette nuit, le chef des Banū Kināna a apostasié 123. » Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : M’a raconté Yaʿqūb ibn ʿUtba, d’après Sālim ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUmar : Un homme de Quraysh vint à La Mecque trouver le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et dit : « Ô Muḥammad, n’ai-je pas appris que tu interdis la captivité 124 ? » — il voulait dire la captivité des Arabes. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Si. » Alors l’homme se tourna et découvrit son postérieur en direction du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — le maudit et invoqua Dieu contre lui. Dieu Très-Haut révéla à son sujet : « Tu n’as aucune part dans cette affaire, qu’Il accepte leur repentir ou qu’Il les châtie, car ils sont injustes 125. » Plus tard, cet homme se convertit à l’islam et fit un bel islam. Nous a rapporté Yūnus, d’après Yūnus ibn ʿAmr, d’après son père, qui a dit : Un jeune homme de Quraysh blessa Fāṭima, fille du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — alors qu’elle sortait le matin. Elle appela : « Ô famille de ʿAbd Shams ! » Abū Sufyān sortit, et Abū Jahl sortit aussi et dit : « Ô Abū Sufyān, voici ma main. » Il se retira 126. Nous a rapporté Yūnus, d’après Zakariyyā ibn Abī Zāʾida, d’après al-Shaʿbī, qu’on l’interrogea sur al-zanīm 127. Il dit : C’est l’homme qui a une marque de méchanceté par laquelle il est connu. C’est al-Akhnas ibn Sharīq al-Thaqafī ; c’est à son sujet que le verset fut révélé. Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : M’a raconté mon père Isḥāq ibn Yasār, d’après des hommes des Banū Saʿd ibn Bakr : Al-Ḥārith ibn ʿAbd al-ʿUzzā, père nourricier du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — vint trouver le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — à La Mecque. Quraysh lui dit, lorsque la révélation lui fut faite : « N’entends-tu pas, ô Ḥārith, ce que dit ton fils ? » Il dit : « Que dit-il ? » Ils dirent : « Il prétend que Dieu ressuscite après la mort, qu’il y a deux demeures de Dieu où Il châtie ceux qui Lui désobéissent et honore ceux qui Lui obéissent, et il a dispersé notre affaire et divisé notre communauté. » Il vint donc à lui et dit : « Mon fils, qu’as-tu à faire avec ton peuple ? Ils se plaignent de toi et prétendent que tu dis que les gens seront ressuscités après la mort, puis iront au Paradis ou en Enfer ! » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Oui, je prétends cela. Et si ce jour arrive, ô père, je te prendrai par la main jusqu’à ce que je te fasse reconnaître ce que je te dis aujourd’hui. » Al-Ḥārith se convertit à l’islam par la suite, et fit un bel islam. Il disait après sa conversion : « Si mon fils me prend par la main et me fait reconnaître ce qu’il a dit, il ne me laissera pas, s’il plaît à Dieu, avant de me faire entrer au Paradis. » Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : M’a raconté al-Zuhrī, d’après ʿUrwa, d’après ʿĀʾisha, qui a dit : Abū Bakr avait une mosquée à l’entrée de sa maison. Lorsqu’il y priait et récitait le Coran, il pleurait abondamment. Les femmes, les enfants et les esclaves se rassemblaient autour de lui, émerveillés par ce qu’ils voyaient de sa sensibilité. Il avait demandé au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — la permission d’émigrer, lorsqu’ils furent persécutés à La Mecque. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — la lui accorda. Il sortit donc et, alors qu’il était à deux jours de La Mecque, il rencontra Ibn al-Daghina, un homme des Banū al-Ḥārith ibn ʿAbd Manāt ibn Kināna, qui était le chef des Aḥābīsh 128. Il lui dit : « Où vas-tu, ô Abū Bakr ? » Il répondit : « Mon peuple m’a persécuté et m’a chassé de mon pays. Je souhaite me rendre dans un pays où je puisse être, me reposer de leurs méfaits et être en sécurité loin d’eux. » Il dit : « Pourquoi ? Par Dieu, tu embellis la tribu, tu aides dans les malheurs, tu fais le bien, tu enrichis le pauvre. Retourne, tu es sous ma protection. » Il retourna donc. Lorsqu’il entra à La Mecque, il se leva et cria à La Mecque : « Ô assemblée de Quraysh, j’ai accordé ma protection à Ibn Abī Quḥāfa ; que personne ne lui fasse de mal. » Ils avaient l’habitude, lorsqu’ils concluaient un pacte, de l’honorer 129. Cette fraction de Quraysh cessa de le tourmenter. Lorsqu’il priait dans son oratoire à La Mecque, il agissait comme je l’ai décrit. Des hommes de Quraysh vinrent trouver Ibn al-Daghina et dirent : « Ô Ibn al-Daghina, cet homme que tu as protégé a une manière qui n’est celle de personne d’autre. Lorsqu’il récite ce que Muḥammad a apporté, il pleure d’une manière que personne ne pleure, et cela émeut nos faibles, nos femmes et nos serviteurs. Ordonne-lui donc de cesser cela et de prendre un autre oratoire dans sa maison. » Ibn al-Daghina vint donc le trouver et dit : « Ô Abū Bakr, je ne t’ai pas protégé pour que tu nuises à ton peuple. Prends un autre oratoire que celui-ci. » Abū Bakr dit : « Ou autre chose ? » Il dit : « Quoi donc ? » Il dit : « Je te rends ta protection et je me contente de la protection de Dieu. » Il dit : « Oui. » Abū Bakr dit : « Je t’ai rendu ta protection. » Ibn al-Daghina dit : « Ô assemblée de Quraysh, Abū Bakr m’a rendu ma protection ; occupez-vous donc de votre compagnon. » [Mort d’Abū Ṭālib et ce qui est rapporté à ce sujet] Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : Abū Jahl, ʿUtba et Shayba, fils de Rabīʿa, al-ʿĀṣī ibn Saʿīd et Umayya ibn Khalaf dirent : « Ô assemblée de Quraysh, cette affaire ne fait que croître. Or Abū Ṭālib a de l’avis, de l’honneur et de l’âge, et il suit votre religion. Aujourd’hui, il est malade. Allez donc le trouver et donnez-lui une compensation 130 qu’il prenne pour vous et contre vous au sujet de son neveu. Car si vous laissez ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb et Ḥamza ibn ʿAbd al-Muṭṭalib, qui ont abandonné votre religion, la guerre éclatera entre vous et votre peuple. » Ils se mirent donc en marche vers Abū Ṭālib jusqu’à ce qu’ils arrivent et dirent : « Tu es notre chef et tu es équitable envers nous-mêmes. Tu as vu ce que ces insensés ont fait avec ton neveu : ils ont abandonné nos divinités, critiqué notre religion, et Muḥammad a divisé [les gens], traité nos divinités de mécréantes et insulté nos pères. Envoie chercher ton neveu ; tu es entre nous un arbitre. » Il dit : Abū Ṭālib envoya chercher le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et il vint. Il dit : « Voici ton peuple, les plus âgés et les plus honorables parmi eux. Ils te donnent une compensation ; ne penche pas trop vers eux. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Dites, j’écoute vos paroles. » Abū Jahl ibn Hishām dit : « Abandonne-nous, ne nous impose rien, ni à nos divinités, et nous te laisserons avec ton Seigneur. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Si je vous donne ce que vous demandez, me donnerez-vous une parole qui contient votre bien, par laquelle vous dominerez les Arabes et les non-Arabes vous seront soumis ? » Abū Jahl, se moquant, dit : « Oui, par le père de Dieu 131 ! Une parole que nous te donnerons, et dix fois son équivalent. » Il dit : « Dites : “Il n’y a de dieu que Dieu, Seul, sans associé.” » Ils s’enfuirent de ses paroles et partirent en le quittant 132, et dirent : « Allez et tenez bon à vos divinités ; c’est là une chose voulue. Nous n’avons pas entendu cela dans la dernière religion ; ce n’est qu’une invention. Est-ce que le Rappel a été révélé à lui parmi nous ? Non, ils sont dans le doute au sujet de Mon Rappel ; mais ils n’ont pas encore goûté Mon châtiment 133. » Et leur démarche vers Abū Ṭālib eut lieu après ce qu’ils avaient subi de la part de ʿUmar et entendu de lui.
Nous avons reçu d’Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Muḥammad ibn Isḥāq, qui a dit : Lorsque le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) vit leur démenti de la vérité, il dit : « J’ai appelé mon peuple à une chose sans avoir été excessif dans mes paroles. » Son oncle dit alors : « Certes, tu n’as pas été excessif. » Alors le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dit à ce moment – et la parole de son oncle lui plut – : « Ô mon oncle, tu as pour moi une dignité et ta main est pour moi bonne, et je ne trouve aujourd’hui rien par quoi je puisse te récompenser, si ce n’est que je te demande une seule parole par laquelle tu me permettes l’intercession (al-shafā‘a) auprès de mon Seigneur : que tu dises : “Il n’y a de dieu qu’Allāh, l’Unique, sans associé.” Tu obtiendras par elle la dignité au moment de la mort, car il y a une séparation entre toi et le monde d’ici-bas, et par cette parole tu atteindras le rang suprême dans l’au-delà. » Son oncle lui dit : « Par Allāh, ô fils de mon frère, n’eût été la crainte que Quraysh ne voie en moi de la faiblesse et de la peur, et que mon engagement après moi ne soit une honte pour toi et une humiliation pour les fils de ton père, j’aurais fait ce que tu dis et j’aurais réjoui ton œil, vu la force de ton affection et de ton conseil pour moi. » Puis Abū Ṭālib appela les fils de ‘Abd al-Muṭṭalib et dit : « Vous ne cesserez d’être dans le bien tant que vous écouterez la parole de Muḥammad et suivrez son ordre. Suivez-le donc et croyez en lui, vous serez guidés. » Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) lui dit alors : « Tu leur ordonnes le conseil sincère et tu le délaisses pour toi-même ?! » Son oncle lui dit : « Oui, si tu m’avais demandé cette parole alors que j’étais en bonne santé, je t’aurais suivi dans ce que tu dis, mais je déteste la faiblesse au moment de la mort et que Quraysh voie que je l’ai prononcée à l’agonie, alors que je l’ai délaissée en bonne santé. » Alors Allāh le Très-Haut révéla : « Tu ne guides pas celui que tu aimes, mais Allāh guide qui Il veut, et Il connaît mieux ceux qui sont bien guidés. » (Coran, 28:56) Nous a rapporté Yūnus, d’après Muḥammad ibn Abī Anīsa, d’après al-Zuhrī, d’après Sa‘īd ibn al-Musayyib, d’après son père, qui a dit : Lorsque la mort se présenta à Abū Ṭālib, le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) vint à lui et trouva auprès de lui Abū Jahl et ‘Abd Allāh ibn Abī Umayya. Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dit à Abū Ṭālib : « Ô mon oncle, dis : “Il n’y a de dieu qu’Allāh”, une parole par laquelle je témoignerai pour toi auprès d’Allāh. » Abū Jahl et ‘Abd Allāh dirent : « Ô Abū Ṭālib, répugnes-tu à la religion de ‘Abd al-Muṭṭalib ? » Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) ne cessa de lui présenter cette parole et de répéter cette proposition jusqu’à ce qu’Abū Ṭālib leur dit, en dernier lieu : « Il est sur la religion de ‘Abd al-Muṭṭalib », et il refusa de dire « Il n’y a de dieu qu’Allāh ». Alors le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dit : « Par Allāh, je demanderai pardon pour toi tant que je n’en serai pas empêché. » Allāh révéla à ce sujet : « Il n’appartient pas au Prophète ni à ceux qui croient de demander pardon pour les associateurs, fussent-ils des proches, après qu’il leur est apparu qu’ils sont les gens de la Fournaise. » (Coran, 9:113) Et Allāh révéla au sujet d’Abū Ṭālib : « Tu ne guides pas celui que tu aimes, mais Allāh guide qui Il veut, et Il connaît mieux ceux qui sont bien guidés. » (Coran, 28:56) Nous a rapporté Yūnus, d’après Qays ibn al-Rabī‘, d’après Ḥabīb ibn Abī Yāsir, qui a dit : M’a rapporté celui qui a entendu Ibn ‘Abbās dire au sujet de la parole d’Allāh le Très-Haut : « Et ils en détournent et s’en éloignent » (Coran, 6:26) : Elle fut révélée au sujet d’Abū Ṭālib : il détournait du mal fait à Muḥammad et s’éloignait de ce qu’il apportait, refusant de le suivre. Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : M’a rapporté al-‘Abbās ibn ‘Abd Allāh ibn Ma‘bad, d’après certains de sa famille, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : Lorsque le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) vint voir Abū Ṭālib dans sa maladie, il lui dit : « Ô mon oncle, dis : “Il n’y a de dieu qu’Allāh”, afin que je puisse par elle obtenir pour toi l’intercession (al-shafā‘a) au Jour de la Résurrection. » Il dit : « Par Allāh, ô fils de mon frère, n’eût été que ce soit une honte pour toi et pour ta famille après moi, et qu’ils pensent que je l’ai dite par peur au moment où la mort m’a saisi, je l’aurais dite. Je ne la dis que pour te réjouir par elle. » Lorsqu’Abū Ṭālib s’alourdit, on le vit remuer les lèvres. Al-‘Abbās se pencha vers lui pour entendre sa parole, puis il se releva et dit : « Ô Messager d’Allāh, par Allāh, il a dit la parole que tu lui as demandée. » Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dit : « Je n’ai pas entendu. » Nous a rapporté Yūnus, d’après Sinān ibn Ismā‘īl al-Ḥanafī, d’après Yazīd al-Raqqāshī, qui a dit : On dit au Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) : « Ô Messager d’Allāh, Abū Ṭālib, son soutien pour toi et sa protection sur toi, quel est son rang ? » Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dit : « Il est dans un bas-fond (ḍaḥḍāḥ) de feu. » On dit : « Y a-t-il donc un bas-fond et une profondeur en lui ? » Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dit : « Oui, le moins élevé des gens du Feu en rang est celui à qui l’on chausse deux sandales de feu, dont la chaleur fait bouillir sa cervelle jusqu’à couler sur ses membres. » Sinān dit : « Il m’est parvenu qu’il s’écrie : “Ne vois-tu pas que nul n’est châtié comme moi, à cause de l’intensité de ce dans quoi il se trouve ?!” » Nous a rapporté Yūnus, d’après Yūnus ibn ‘Amr, d’après son père, d’après Nājiya ibn Ka‘b, d’après ‘Alī ibn Abī Ṭālib, qui a dit : Lorsqu’Abū Ṭālib mourut, je vins au Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) et dis : « Abū Ṭālib, ton oncle mécréant, est mort. » Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dit : « Va et enterre-le. » Je dis : « Par Allāh, je ne l’enterre pas. » Il dit : « Qui l’enterrera si tu ne l’enterres pas ? Va, enterre-le, puis ne fais rien avant de venir à moi. » Je partis, l’enterrai, puis revins au Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui). Il dit : « Va, lave-toi, puis viens à moi. » Je fis ainsi, puis vins à lui. Lorsque je fus venu à lui, il fit pour moi des invocations (du‘ā’) telles que je n’aimerais pas avoir en échange tout ce qui est sur terre. Nous a rapporté Yūnus, d’après Hishām ibn ‘Urwa, d’après son père, que le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) a dit : « Quraysh n’a cessé d’être comme des yeux pour moi jusqu’à la mort d’Abū Ṭālib. » Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : Et ‘Alī ibn Abī Ṭālib composa une élégie pour son père lorsqu’il mourut : J’ai veillé, pleurant la colombe qui gémit à la fin de la nuit, Pour mon vieux père, annoncé par la nouvelle, le chef vénéré. Abū Ṭālib, refuge des pauvres, l’homme de la générosité, De la clémence, non un rustre, et il n’était pas un lâche. Frère de la perte, une brèche s’est ouverte que combleront Les Banū Hāshim, ou elle sera violée et humiliée. Quraysh s’est réjouie de sa perte, Mais je ne vois aucun vivant qui soit éternel pour quoi que ce soit. Ils ont voulu des choses que leurs esprits ont embellies, Qui les mèneront un jour à une source d’égarement. Ils espèrent démentir le Prophète et le tuer, Et ils inventent contre lui des calomnies et un déni. Vous mentez, par la Maison d’Allāh, jusqu’à ce que nous vous fassions goûter Les pointes des lances et le tranchant des épées. Et paraîtra de nous un spectacle terrible, Lorsque nous revêtirons les cottes de mailles serrées. Soit vous nous anéantissez, soit nous vous anéantissons, Soit vous voyez la paix de la tribu comme plus droite. Sinon, le clan, sans Muḥammad, Ce sont les Banū Hāshim, les meilleurs de la création, Muḥammad. Et il a de vous, de la part d’Allāh, un secoureur, Et je ne rencontrerai pas le compagnon d’Allāh seul. Un Prophète est venu, de toute révélation ayant sa part, Son Seigneur l’a nommé dans le Livre : Muḥammad. Éclatant comme la lumière du soleil, la forme de son visage, La nuée s’est écartée de sa lumière, et elle s’est multipliée. Fidèle à ce qu’Allāh a confié à son cœur, Et s’il dit une parole, elle est en lui bien dirigée. Fin de la quatrième partie, par la louange d’Allāh et Son aide. Suit la mort de Khadīja bint Khuwaylid – qu’Allāh l’agrée.
- tawakkaltu 'alā Allāh : Formule de confiance en Dieu, signifiant 'je me confie à Allah'.
- talāwamū : Ils se blâmèrent mutuellement, se reprochant leur action.
- wa-alladhī ḥalafta lahu : Par Celui par qui tu as juré : serment par Dieu.
- tajāthaynā : Nous nous sommes mis à genoux, métaphore pour être à égalité dans la compétition.
- ḥanānan : Chose sacrée, objet de vénération.
- ‘atīq : Surnom d'Abû Bakr, signifiant 'l'affranchi' (du feu de l'Enfer) ou 'le noble'.
- hamū : Ils voulurent, ils eurent l'intention.
- min khawfi l-qatl : Par peur d'être tué.
- jāriyat banī : La servante des Banû (fils de)…
- ‘Amr ibn Mu’ammil : Nom d'une tribu ou d'un individu.
- fa-bi-kā’in? : Combien ? (prix de l'affranchissement).
- li-Llāh ‘azza wa-jall : Pour Allah, Puissant et Majestueux.
- fa-yuḥaddithu : Il dit que ces versets furent révélés.
- Sourate al-Layl, versets 5-7 : Coran 92:5-7 : 'Quant à celui qui donne et craint, et croit en la meilleure récompense, Nous lui faciliterons la voie vers la facilité.'
- Abā : Forme d'adresse respectueuse : 'ô père de…'
- ihāban : Peau (d'animal) non tannée.
- khusfa : Natte faite de feuilles de palmier tressées, utilisée comme literie rudimentaire.
- īhāb ma‘tūn : Peau tannée, probablement une outre ou un récipient en cuir pour l'eau.
- qirṭ : Plante aromatique ou épice, peut-être du carthame ou du safran.
- maṭalahu : Il a retardé le paiement, il a fait traîner les choses.
- mādhā yaṣna‘ : Que fait-il ? ou que va-t-il faire ?
- jazāhu Allāh khayran : Formule de bénédiction : que Dieu le récompense en bien.
- ‘ajaban min al-‘ajab : Expression signifiant une chose extrêmement étonnante.
- faḥl min al-ibil : Chameau mâle adulte, symbole de force et de puissance.
- ẓahr al-ka‘ba : Le dos de la Ka'ba, c'est-à-dire le côté opposé à la porte, ou plus généralement l'enceinte sacrée.
- rā‘ī : Compagnon ou familier parmi les djinns, considéré comme une source d'inspiration ou de possession.
- mā adrī mā taqūlūn : Je ne sais pas ce que vous dites : le Prophète feint l'ignorance ou rejette leurs paroles.
- lā al-sharaf fīkum wa lā al-mulk ‘alaykum : Ni la gloire parmi vous, ni la royauté sur vous : il refuse toute motivation mondaine.
- al-Raḥmān : Le Tout Miséricordieux, nom divin ; les Qurayshites l'attribuent à un homme de Yamâma (Musaylima).
- hattā tahlika : Jusqu'à ce que tu périsses : menace de mort.
- qabīlan : En personne, face à face, ou comme garantie.
- aslimūnī wa imna‘ūnī : Livrez-moi (à la vengeance) et protégez-moi (de représailles).
- na‘ūdhu billāh : Formule de protection, ici utilisée pour marquer un retour au récit principal.
- mā ishtalamtum lahu nablahu : Expression idiomatique signifiant que les Quraysh n'ont pas encore affronté la situation avec les moyens appropriés.
- rajaz : Mètre poétique arabe, souvent utilisé pour des poèmes simples ou des incantations.
- qarīḍ : Poésie arabe classique composée dans les mètres traditionnels.
- shayāṭīn : Pluriel de shayṭān, désignant ici des hommes pervers ou incitateurs au mal, par analogie avec les démons.
- niqma : Châtiment divin, vengeance ou punition infligée par Dieu.
- asāṭīr al-awwalīn : Expression coranique signifiant 'légendes des Anciens', utilisée par les mécréants pour dénigrer le Coran.
- asāṭīr : Pluriel de usṭūra, légendes ou fables des anciens.
- aḥbār : Pluriel de ḥibr, docteur juif, savant religieux.
- mutaqawwil : Celui qui invente des paroles, un imposteur qui prétend être prophète.
- al-rūḥ : L'Esprit, terme coranique désignant l'âme, l'ange Gabriel ou un ordre divin.
- in shā’a llāh : Formule 'si Dieu veut', utilisée pour exprimer la dépendance à la volonté divine.
- sūrat al-kahf : La sourate 18 du Coran, 'La Caverne', qui relate l'histoire des jeunes gens endormis.
- wa yas’alūnaka ‘an al-rūḥ… : Verset coranique 17:85, réponse sur la nature de l'Esprit.
- al-ḥamdu li-llāhi lladhī anzala ‘alā ‘abdihi l-kitāb : Premier verset de la sourate 18 (18:1).
- qayyiman : Terme coranique signifiant 'droit, équilibré, sans déviation'.
- li-yundhira ba’san shadīdan min ladunhu : Verset 18:2, 'pour avertir d'une dure violence de Sa part'.
- ‘asīb : Branche de palmier, utilisée comme canne ou bâton de marche.
- wa yas’alūnaka ‘an al-rūḥ… : Verset 17:85, déjà cité.
- wa mā ūtītum min al-‘ilmi illā qalīlan : Fin du verset 17:85, 'et il ne vous a été donné que peu de science'.
- wa law anna mā fī l-arḍi min shajaratin aqlām… : Verset 31:27, 'Et si tous les arbres de la terre étaient des calames... les paroles de Dieu ne s'épuiseraient pas'.
- Ibn al-Kawwā’ : Personnage connu pour avoir posé des questions à ‘Alī, souvent identifié comme un kharijite.
- Dhū l-Qarnayn : Personnage coranique, souvent identifié à Alexandre le Grand ou à un roi juste, ayant voyagé jusqu'aux extrémités du monde.
- asbāb : Terme coranique (18:84) désignant les moyens, les causes ou les voies par lesquelles Dhū l-Qarnayn a voyagé.
- lā tasma‘ū li-hādhā l-qur’āni wa l-ghaw fīhi la‘allakum taghlibūn : Verset 41:26, 'N'écoutez pas ce Coran, et faites du bruit pendant sa récitation, peut-être serez-vous vainqueurs'.
- ashāḥa : Verbe signifiant 'tendre l'oreille, écouter attentivement'.
- wa lā tajhar bi-ṣalātika wa lā tukhāfit bihā wa btighi bayna dhālika sabīlan : Verset 17:110, 'Et ne prie pas à voix haute, et ne prie pas à voix basse, mais cherche entre les deux une voie moyenne'.
- fa-iṣda‘ bimā tu’mar : Verset 15:94, 'Proclame donc ce qui t'est ordonné'.
- min aqalli l-nāsi manṭiqan : Parmi les gens les moins loquaces, c'est-à-dire parlant peu.
- shammara : Retrousser ses manches, se préparer à agir avec détermination.
- as-sitṭa : Position, rang élevé dans le clan.
- ra'iyy : Vision, apparition ; ici, inspiration ou hallucination.
- at-tābi' : Compagnon, esprit familier ; dans ce contexte, un démon ou un jinn qui possède l'homme.
- Ḥā. Mīm. Tanzīl... Qur'ānan 'arabiyyā : Début de la sourate 41 (Fussilat), versets 1-3.
- as-sajda : Prosternation ; ici, le verset de prosternation dans la sourate 41, verset 37.
- ij'alūhā biya : Littéralement : 'faites-la reposer sur moi' ; c'est-à-dire, laissez-m'en la responsabilité.
- ḥilf wa lā muḍāf : Allié par serment ou étranger adopté ; Muhammad n'est ni l'un ni l'autre, mais un véritable Hachémite.
- al-Ḥaṭīm : Espace semi-circulaire près de la Ka'ba, considéré comme faisant partie du sanctuaire.
- wa yumdidkum bi-amwālin wa banīn : Allusion au verset coranique 71:12 : 'et Il vous accordera des biens et des enfants'.
- nukhtaṭaf min arḍinā : Nous serons arrachés de notre terre ; allusion au verset 28:57.
- awalam numakkin lahum ḥaraman āminā : Début du verset 28:57 : 'Ne leur avons-Nous pas établi un sanctuaire sûr ?'
- aktharuhum lā ya'lamūn : Fin du verset 28:57 : 'mais la plupart d'entre eux ne savent pas'.
- al-ḥajala : Perdrix ; métaphore pour une nourriture maigre ou méprisable.
- az-zakāt : Aumône légale, impôt purificateur obligatoire en islam.
- Qārūn : Coré, personnage biblique et coranique, riche et orgueilleux, englouti par la terre.
- ḥujuz : Taille, ceinture ; partie du corps entre les côtes et les hanches.
- al-ḥijāba : La garde de la Ka'ba ; fonction honorifique.
- an-nadwa : L'assemblée, le conseil ; fonction de direction.
- al-liwā' : L'étendard ; fonction militaire.
- as-siqāya : La fonction de fournir de l'eau aux pèlerins.
- taḥākat ar-rukab : Les genoux se sont touchés ; métaphore pour une compétition ou une rivalité intense.
- ash-shajara al-mal'ūna fī l-Qur'ān : L'arbre maudit dans le Coran ; allusion au verset 17:60.
- al-Maqām : La Station d'Abraham, lieu près de la Ka'ba.
- al-azraq : Le bleu ; peut-être un nom propre ou une épithète pour une épée.
- al-āḥmaq : L'insensé ; désigne Abou Jahl.
- sāmidūn : Terme coranique (53:61) signifiant ‘qui se divertissent’ ou ‘qui chantent’, interprété ici comme une attitude d’insouciance et de moquerie.
- baṭāriqa : Pluriel de ‘baṭrīq’, titre donné aux hauts dignitaires ou chefs religieux en Abyssinie, équivalent de ‘patrice’.
- an-Najāshī : Titre du roi d’Abyssinie à l’époque du Prophète, identifié comme Aṣḥama ibn Abjar. Le terme est souvent utilisé comme nom propre.
- adam : Cuir tanné, souvent utilisé comme marchandise de valeur dans les échanges commerciaux.
- shirk : Association d’autres divinités à Dieu, péché majeur en islam.
- Kāf-Hā’-Yā’-‘Ayn-Ṣād : Lettres isolées ouvrant la sourate 19 (Maryam) du Coran, récitées par Ja‘far.
- mishkāt : Lanterne ou niche, symbole de la source de lumière divine. L’expression ‘sortir de la même mishkāt’ signifie provenir de la même source révélée.
- tanakhkhara : Renifler ou faire du bruit avec le nez, signe de désapprobation ou de mépris.
- šayyūm : Mot abyssin signifiant ‘en sécurité’ ou ‘protégé’.
- dābīr : Mot abyssin signifiant ‘or’.
- ʿUthmān : Nom propre, ici ʿUthmān ibn Rabīʿa ibn Ahbān.
- Riʾāb : Nom propre, Riʾāb ibn Ḥudhāfa.
- ʿAmawās : Localité en Syrie, près de Jérusalem, où une épidémie de peste eut lieu en 18/639.
- lammā laḥamat-hu al-ḥarb : Expression signifiant 'quand la bataille l'eut enveloppé' ou 'quand il fut engagé dans le combat'.
- Marj al-Ṣuffar : Plaine en Syrie, près de Damas, lieu d'une bataille entre musulmans et Byzantins.
- Ajnādayn : Localité en Palestine, lieu d'une bataille entre musulmans et Byzantins en 13/634.
- wa lahu ʿaqab : Expression signifiant 'il eut une descendance'.
- lā ʿaqaba lahu : Expression signifiant 'sans descendance'.
- ghadhā ʿakbar maḥjūn : Expression obscure ; peut-être 'nourri de la nourriture d'un nourrisson triste' ou 'élevé avec soin'.
- Āl ʿImrān 3:64 : Coran, sourate 3, verset 64.
- fa-lā yasaʿanī min al-arḍi barrun dhū faḍāʾin wa lā baḥr : Expression signifiant 'que ne m'accueille nulle terre spacieuse, ni mer' ; peut-être une métaphore pour l'exil ou la mort.
- al-Ḥijr : Espace semi-circulaire attenant à la Kaaba, à La Mecque.
- Ghāfir 40:28 : Coran, sourate 40, verset 28.
- al-Zābāniya : Anges gardiens de l'Enfer, mentionnés dans le Coran (sourate 96, verset 18).
- al-Zumar 39:64-66 : Coran, sourate 39, versets 64 à 66.
- Ibn Umm Maktūm : Compagnon aveugle du Prophète, dont le nom complet est ʿAbd Allāh ibn Umm Maktūm. Il était le fils de la tante maternelle de Khadīja.
- fronça les sourcils : Référence à la sourate 80 (ʿAbasa), verset 1, où Dieu réprimande le Prophète pour avoir froncé les sourcils et s'être détourné de l'aveugle.
- Quant à celui qui vient à toi en courant, et qui craint [Dieu] : Sourate 80 (ʿAbasa), versets 8-9.
- Fulayḥ : Nom du chef de la délégation de Kinda. Certaines sources le nomment al-Fulayḥ.
- par hostilité : Le terme arabe 'naqma' signifie ici 'par vengeance' ou 'par hostilité'.
- il se détourna d’eux : Le Prophète se détourna d'eux après leur refus.
- tunique rouge : Il s'agit d'une tunique rayée ou ornée, pas nécessairement d'une couleur unie.
- ṣāʿ : Unité de mesure de capacité pour les grains, équivalant à environ 2,5 kg.
- ne vous trahira pas : Littéralement 'ne vous trompera pas'.
- Dieu les a interdits aux mécréants : Référence à la sourate 7 (al-Aʿrāf), verset 50, où il est dit que le Paradis est interdit aux mécréants.
- a apostasié : Le terme arabe 'ṣabaʾa' signifie 'a quitté sa religion' ou 's'est converti à l'islam' selon le contexte. Ici, Abū Sufyān, encore mécréant, considère l'islam comme une apostasie.
- la captivité : Le terme arabe 'sibāʾ' signifie 'captivité' ou 'esclavage'. L'homme accusait le Prophète d'interdire de réduire en esclavage les Arabes.
- Tu n’as aucune part dans cette affaire... : Sourate 3 (Āl ʿImrān), verset 128.
- Il se retira : Abū Jahl se retira après avoir offert sa main à Abū Sufyān, peut-être pour éviter un conflit.
- al-zanīm : Terme coranique (sourate 68, verset 13) désignant un homme de mauvaise réputation, marqué par le mal.
- Aḥābīsh : Nom d'une confédération de tribus à La Mecque, alliées de Quraysh.
- l’honorer : Le verbe 'fanakha' signifie 'planter la lance' ou 'honorer un pacte'. Ici, il s'agit de respecter la protection accordée.
- compensation : Le terme 'sawāʾ' signifie 'égalité' ou 'compensation'. Les Qurayshites proposent à Abū Ṭālib de trouver un arrangement équitable.
- par le père de Dieu : Expression de serment arabe préislamique, signifiant 'par Dieu'.
- en le quittant : Le texte dit 'mufāriqīhi', indiquant qu'ils le quittèrent en le rejetant.
- Allez et tenez bon... : Sourate 38 (Ṣād), versets 6-8.
Le cinquième volume du livre des Expéditions [1], rapporté par Yūnus ibn Bukayr [2]…
Le cinquième volume du livre des Expéditions [1], rapporté par Yūnus ibn Bukayr [2] d'après Muḥammad ibn Isḥāq [3].
Le cinquième volume du Livre des Expéditions Militaires, rapporté par Yûnus ibn Bukayr d'après Muhammad ibn Ishâq. Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. [Mort de Khadîja bint Khuwaylid, qu'Allah l'agrée] Le cheikh Abû al-Husayn Ahmad ibn Muhammad ibn al-Naqqûr al-Bazzâz nous a rapporté, en lecture devant lui et moi entendant : Abû Tâhir Muhammad ibn 'Abd al-Rahmân al-Mukhallis nous a rapporté : on a lu devant Abû al-Husayn Ridwân ibn Ahmad, moi entendant : Abû 'Umar Ahmad ibn 'Abd al-Jabbâr al-'Atâridî nous a rapporté : Yûnus ibn Bukayr nous a rapporté d'après Ibn Ishâq qui a dit : Ensuite, Khadîja bint Khuwaylid et Abû Tâlib moururent la même année, et les malheurs s'abattirent successivement sur le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, par la mort de Khadîja et d'Abû Tâlib. Khadîja était une conseillère sincère pour l'islam ; il trouvait auprès d'elle la sérénité 1. Yûnus nous a rapporté d'après Fâyid ibn 'Abd al-Rahmân al-'Abdî d'après 'Abd Allâh ibn Awfâ : Le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, a dit : « Un envoyé d'Allah, Puissant et Majestueux, est venu à moi pour annoncer à Khadîja une maison au Paradis faite de perles creuses 2, sans tumulte ni fatigue. » Yûnus nous a rapporté d'après Hishâm ibn 'Urwa d'après son père d'après 'Â'isha qui a dit : Je n'ai jamais été jalouse d'aucune femme du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, comme je l'ai été de Khadîja, à cause de ce que j'entendais de ses mentions d'elle. Il ne m'a épousée que trois ans après sa mort. Et son Seigneur lui a ordonné de lui annoncer une maison au Paradis faite de perles creuses, sans fatigue ni tumulte. Yûnus nous a rapporté d'après 'Abd al-Wâhid ibn Ayman al-Makhzûmî : Abû Najîh Abû 'Abd Allâh ibn Abî Najîh nous a rapporté : On offrit au Messager d'Allah, paix et salut sur lui, une chamelle et de la viande. Il prit un os de celle-ci et le donna au messager de sa main en disant : « Va porter ceci à une telle. » 'Â'isha lui dit : « Pourquoi ta main s'est-elle fatiguée ? » Le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, dit : « Khadîja m'a recommandé elle. » 'Â'isha en fut jalouse et dit : « On dirait qu'il n'y a pas de femme sur terre autre que Khadîja ! » Le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, se leva en colère, resta un moment, puis revint. Umm Rûmân 3 était là et dit : « Ô Messager d'Allah, qu'as-tu avec 'Â'isha ? Elle est jeune et tu es le plus digne de pardonner. » Il prit la joue de 'Â'isha et dit : « N'es-tu pas celle qui a dit : On dirait qu'il n'y a pas de femme sur terre autre que Khadîja ?! Par Allah, elle a cru en moi quand ton peuple a mécru, et elle a eu de moi des enfants tandis que vous en avez été privés. » Yûnus nous a rapporté d'après Hishâm ibn 'Urwa d'après son père d'après 'Abd Allâh ibn Ja'far d'après 'Alî ibn Abî Tâlib qui a dit : J'ai entendu le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, dire : « La meilleure de ses filles 4 est Marie, fille de 'Imrân, et la meilleure de ses femmes est Khadîja bint Khuwaylid. » Yûnus nous a rapporté d'après al-Hasan ibn Dînâr d'après al-Hasan : Le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, a dit : « Il te suffit, parmi les femmes des mondes, de quatre : Marie, fille de 'Imrân, Âsiya, femme de Pharaon, Khadîja bint Khuwaylid, et Fâtima, fille de Muhammad, paix et salut sur lui. » Yûnus nous a rapporté : Tout ce qui concerne les épouses du Prophète, paix et salut sur lui, est une dictée d'Ibn Ishâq, lettre par lettre. [Mariage du Prophète avec Khadîja et ses enfants d'elle] Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq qui a dit : La première femme que le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, épousa fut Khadîja bint Khuwaylid ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn Qusayy. Khadîja avait été mariée avant le Messager d'Allah, paix et salut sur lui – alors qu'elle était vierge – à 'Atîq ibn 'Â'idh ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar ibn Makhzûm, et elle lui donna une fille, puis il mourut. Ensuite, elle épousa Abû Hâla al-Nabbâshî ibn Zurâra, l'un des Banû 'Amr ibn Tamîm, allié des Banû 'Abd al-Dâr, et elle lui donna un garçon et une fille, puis il mourut. Ensuite, le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, l'épousa, et elle lui donna ses quatre filles : Zaynab, Ruqayya, Umm Kulthûm et Fâtima. Après les filles, elle donna naissance à al-Qâsim, al-Tâhir et al-Tayyib. Tous les garçons moururent en bas âge. Yûnus nous a rapporté d'après Ibrâhîm ibn 'Uthmân ibn al-Hakam d'après Miqsam d'après Ibn 'Abbâs : Khadîja donna au Messager d'Allah, paix et salut sur lui, deux garçons et quatre filles : al-Qâsim, 'Abd Allâh, Fâtima, Umm Kulthûm, Zaynab et Ruqayya. Yûnus nous a rapporté d'après Abû 'Abd Allâh al-Ju'fî d'après Jâbir d'après Muhammad ibn 'Alî : Al-Qâsim, fils du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, avait atteint l'âge de monter la monture et de voyager sur la chamelle rapide. Lorsqu'Allah, Puissant et Majestueux, le reprit, 'Amr ibn al-'Âs 5 dit : « Muhammad est devenu sans postérité 6 à cause de son fils. » Alors Allah, Puissant et Majestueux, révéla : « Nous t'avons certes accordé l'Abondance 7 » en compensation, ô Muhammad, de ton épreuve avec al-Qâsim ; « Accomplis la prière pour ton Seigneur et sacrifie. Celui qui te hait est certes le sans postérité. » 8 Ahmad nous a rapporté d'après Yûnus d'après Ibn Ishâq : Ruqayya vécut jusqu'à ce que 'Uthmân ibn 'Affân l'épouse. Lorsqu'elle mourut, le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, maria Umm Kulthûm à lui. On prétend qu'il lui naquit de Ruqayya un garçon qui mourut en bas âge, et c'est de lui que 'Uthmân était surnommé Abû 'Abd Allâh. Ahmad nous a rapporté : Yûnus d'après Ibn Ishâq : Zaynab était chez Abû al-'Âs ibn al-Rabî', et elle lui donna Umâma et 'Alî. 'Alî mourut jeune, et Umâma resta jusqu'à ce que 'Alî l'épouse après Fâtima. Après le meurtre de 'Alî, elle épousa al-Mughîra ibn Nawfal ibn al-Hârith ibn 'Abd al-Muttalib, et elle mourut chez lui. [Mariage de Fâtima, qu'Allah l'agrée] Ahmad nous a rapporté : Yûnus d'après Ibn Ishâq : 'Abd Allâh ibn Abî Najîh nous a rapporté d'après Mujâhid d'après 'Alî : Je demandai la main de Fâtima auprès du Messager d'Allah, paix et salut sur lui. Une servante à moi me dit : « N'as-tu pas entendu que Fâtima a été demandée en mariage au Messager d'Allah, paix et salut sur lui ? » Je dis : « Non. » Elle dit : « Elle a été demandée. Qu'est-ce qui t'empêche d'aller voir le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, pour qu'il te marie ? » Je dis : « Ai-je quelque chose pour me marier ? » Elle dit : « Si tu vas voir le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, il te mariera. » Par Allah, elle n'a cessé de m'encourager jusqu'à ce que j'entre chez le Messager d'Allah, paix et salut sur lui. Le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, avait majesté et dignité. Lorsque je m'assis devant lui, je fus interdit 9 ; par Allah, je ne pus parler. Le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, dit : « Qu'est-ce qui t'amène ? As-tu un besoin ? » Je me tus. Il dit : « Qu'est-ce qui t'amène ? As-tu un besoin ? » Je me tus. Il dit : « Peut-être es-tu venu demander la main de Fâtima ? » Je dis : « Oui. » Il dit : « As-tu quelque chose pour la rendre licite 10 ? » Je dis : « Non, par Allah, ô Messager d'Allah. » Il dit : « Qu'as-tu fait de la cotte de mailles que je t'ai donnée ? Par Celui qui tient mon âme en Sa main, elle est de fabrication Hatamiyya 11, ne valant pas quatre dirhams. » Je dis : « Je l'ai. » Il dit : « Je te l'ai donnée en mariage ; envoie-la lui pour la rendre licite, car c'est la dot de Fâtima, fille du Messager d'Allah, paix et salut sur lui. » Yûnus nous a rapporté d'après 'Abbâd ibn Mansûr d'après 'Atâ' ibn Abî Rabâh : Lorsque 'Alî demanda la main de Fâtima, le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, vint à elle et dit : « 'Alî a parlé de toi. » Elle se tut. Alors le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, sortit et la maria. Ahmad nous a rapporté : Yûnus a dit : J'ai entendu Ibn Ishâq dire : Fâtima donna à 'Alî : al-Hasan, al-Husayn et Muhsin. Muhsin mourut jeune. Elle lui donna aussi Umm Kulthûm et Zaynab. Yûnus nous a rapporté d'après Yûnus ibn 'Amr d'après son père d'après Hânî' ibn Hânî' d'après 'Alî : Lorsque Hasan naquit, je le nommai Harb. Le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, vint et dit : « Montrez-moi mon fils ; comment l'avez-vous nommé ? » Je dis : « Je l'ai nommé Harb. » Le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, dit : « Non, mais son nom est Hasan. » Lorsque je donnai naissance à Husayn, je le nommai Harb. Le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, vint et dit : « Montrez-moi mon fils ; comment l'avez-vous nommé ? » Je dis : « Je l'ai nommé Harb. » Il dit : « Non, mais son nom est Husayn. » Lorsque je donnai naissance au troisième, je le nommai Harb. Le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, vint et dit : « Montrez-moi mon fils ; comment l'avez-vous nommé ? » Nous dîmes : « Nous l'avons nommé Harb. » Il dit : « Non, mais son nom est Muhsin. » Puis il dit : « Je les ai nommés d'après les fils d'Aaron : Shabbar et Shubayr 12 », c'est-à-dire Hasan et Husayn. [Mariage de 'Umar ibn al-Khattâb avec Umm Kulthûm bint 'Alî, qu'Allah les agrée] Ahmad nous a rapporté : Yûnus d'après Ibn Ishâq : 'Umar ibn al-Khattâb épousa Umm Kulthûm, fille de 'Alî et de Fâtima, fille du Messager d'Allah, paix et salut sur lui. Elle lui donna Zayd ibn 'Umar et une fille. 'Umar mourut alors qu'elle était encore son épouse. Ahmad nous a rapporté : Yûnus d'après Ibn Ishâq : 'Âsim ibn 'Umar ibn Qatâda m'a rapporté : 'Umar ibn al-Khattâb demanda à 'Alî ibn Abî Tâlib la main de sa fille Umm Kulthûm, qui était de Fâtima, fille du Messager d'Allah, paix et salut sur lui. 'Alî s'excusa auprès de lui, disant : « Elle est jeune. » 'Umar dit : « Non, par Allah, ce n'est pas cela, mais tu veux m'empêcher. Si c'est comme tu dis, envoie-la moi. » 'Alî revint, l'appela et lui donna une robe en disant : « Va chez le Commandeur des Croyants et dis-lui : Mon père te dit : Comment trouves-tu cette robe ? » Elle vint à lui et lui dit cela. Il prit le bas de sa robe 13 et la tira vers lui, puis dit : « Lâche. » Il la lâcha et dit : « Chaste et noble. Va lui dire : Comme elle est belle et jolie ! Non, par Allah, ce n'est pas comme tu as dit. » Alors il la lui maria. Yûnus nous a rapporté d'après Khâlid ibn Sâlih d'après Wâqid ibn Muhammad ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar d'après certains de sa famille : 'Umar ibn al-Khattâb demanda à 'Alî ibn Abî Tâlib la main de sa fille Umm Kulthûm, dont la mère était Fâtima, fille du Messager d'Allah, paix et salut sur lui. 'Alî lui dit : « J'ai des chefs à ce sujet jusqu'à ce que je les consulte. » Il vint voir les enfants de Fâtima et leur mentionna cela. Ils dirent : « Marie-le. » Il appela Umm Kulthûm, qui était alors une jeune fille, et dit : « Va chez le Commandeur des Croyants et dis-lui : Mon père te salue et te dit : Nous avons satisfait ton besoin que tu as demandé. » 'Umar la prit et la serra contre lui en disant : « J'ai demandé sa main à son père et il me l'a donnée en mariage. » On dit : « Ô Commandeur des Croyants, que voulais-tu d'elle alors qu'elle est une petite fille ? » Il dit : « J'ai entendu le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, dire : Toute cause 14 sera interrompue le Jour de la Résurrection, sauf ma cause 15. J'ai donc voulu qu'il y ait entre moi et le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, une cause d'alliance 16. » Ahmad nous a rapporté : Yûnus d'après Ibn Ishâq : Abû Ja'far m'a rapporté d'après son père 'Alî ibn al-Husayn : Lorsque 'Umar ibn al-Khattâb épousa Umm Kulthûm bint 'Alî, il vint à une assemblée dans la mosquée du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, entre la tombe et la chaire, réservée aux Émigrés, où personne d'autre ne s'asseyait. Ils invoquèrent la bénédiction sur lui. Il dit : « Par Allah, ce qui m'a poussé à l'épouser, c'est que j'ai entendu le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, dire : Toute cause et toute parenté seront interrompues le Jour de la Résurrection, sauf ce qui est de ma parenté et de ma cause 17. » Yûnus nous a rapporté d'après Hishâm ibn Sa'd al-Qurashî d'après 'Atâ' al-Khurâsânî d'après 'Umar ibn al-Khattâb : Ne fixez pas des dots excessives pour les femmes, car si c'était une piété envers Allah ou un honneur en ce monde, votre Prophète serait le plus digne de cela. Il n'a donné à aucune de ses femmes ni à ses filles une dot supérieure à douze ouqiyas 18, soit quatre cent quatre-vingts dirhams. Puis, après cela, 'Umar ibn al-Khattâb demanda la main d'Umm Kulthûm bint 'Alî ibn Abî Tâlib et lui donna une dot de quarante mille [dirhams]. Ahmad nous a rapporté : Yûnus d'après Ibn Ishâq : Lorsque 'Umar ibn al-Khattâb mourut, laissant Umm Kulthûm bint 'Alî, elle épousa 'Awn ibn Ja'far. 'Awn mourut sans avoir eu d'enfant d'elle. Mariage d'Umm Kulthûm avec 'Awn ibn Ja'far ibn Abî Tâlib.
Ahmad nous a rapporté, de Yunus, d'après Ibn Ishaq, qui a dit : mon père Ishaq ibn Yasar m'a rapporté, d'après Hasan ibn Hasan, d'après Ali ibn Abi Talib 124, qu'il a dit : lorsque Umm Kulthum, fille d'Ali, devint veuve de 'Umar ibn al-Khattab, ses frères Hasan et Husayn entrèrent chez elle et lui dirent : « Tu es, comme tu le sais, la maîtresse des femmes musulmanes et la fille de leur maîtresse. Par Allah, si tu permets à Ali de disposer de ton autorité 19, il te mariera à l'un de ses orphelins ; mais si tu veux obtenir pour toi-même une grande fortune, tu l'obtiendras. » Par Allah, ils n'avaient pas encore fini de parler qu'Ali arriva, s'appuyant sur son bâton. Il s'assit, loua Allah et Le glorifia, puis évoqua leur rang auprès du Messager d'Allah (paix et salut sur lui) et dit : « Vous connaissez votre rang, ô fils de Fatima, et je vous ai préférés à tous mes autres enfants en raison de votre place auprès du Messager d'Allah et de votre parenté avec lui. » Ils dirent : « Tu as dit vrai, qu'Allah te fasse miséricorde et te récompense en bien pour nous. » Il dit : « Ô ma fille, Allah – puissance et majesté – a placé ton affaire entre tes mains, et j'aimerais que tu la mettes entre les miennes. » Elle dit : « Ô père, par Allah, je suis une femme qui désire ce que les femmes désirent, et j'aime obtenir ce que les femmes obtiennent de ce bas monde. Je veux donc réfléchir à mon affaire par moi-même. » Il dit : « Non, par Allah, ma fille, ce n'est pas là ton opinion ; c'est seulement l'opinion de ces deux-là. » Puis il se leva et dit : « Par Allah, je ne parlerai à aucun d'eux tant que tu n'auras pas agi. » Ils saisirent ses vêtements et dirent : « Assieds-toi, ô père, par Allah, nous ne pouvons supporter d'être séparés de toi. Mets ton affaire entre ses mains. » Elle dit : « Je l'ai fait. » Il dit : « Alors je t'ai mariée à 'Awn ibn Ja'far, bien qu'il soit encore jeune. » Puis il retourna chez lui et lui envoya quatre mille [dirhams], et envoya chercher le fils de son frère et le fit entrer chez elle. Hasan dit : « Par Allah, je n'ai jamais entendu parler d'un amour semblable au sien pour lui depuis qu'Allah t'a créé. » Peu de temps après, 'Awn mourut. Ali revint vers elle et dit : « Ô ma fille, mets ton affaire entre mes mains. » Elle le fit, et il la maria à Muhammad ibn Ja'far. Puis il sortit, lui envoya quatre mille dirhams et le fit entrer chez elle. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : 'Awn ibn Ja'far mourut en laissant Umm Kulthum, fille d'Ali, veuve. Alors Muhammad ibn Ja'far ibn Abi Talib l'épousa, mais il mourut sans avoir consommé le mariage avec elle. Mariage de Zaynab, fille d'Ali – sa mère était Fatima, fille du Messager d'Allah (paix et salut sur lui) Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Zaynab, fille d'Ali, était mariée à 'Abdullah ibn Ja'far 23 ibn Abi Talib ; elle lui donna 'Ali ibn 'Abdullah ibn Ja'far et Umm Abiha. 'Abd al-Malik ibn Marwan épousa Umm Abiha, puis la répudia, et 'Ali ibn 'Abdullah ibn 'Abbas 24 l'épousa. Yunus nous a rapporté d'après Thabit ibn Dinar, d'après Abu Ja'far, qui a dit : Mu'awiya ibn Abi Sufyan demanda en mariage à 'Abdullah ibn Ja'far sa fille, née de Zaynab, fille d'Ali – et sa mère était Fatima. Mu'awiya lui dit : « Je paierai ta dette à ta place. » 'Abdullah promit, puis dit : « Mais il y a un émir 20 ; je ne peux la marier sans le consulter. » Mu'awiya lui dit : « Consulte-le donc. » 'Abdullah vint trouver Husayn ibn 'Ali 125 et dit : « Mu'awiya a demandé ma fille en mariage et m'a promis de payer ma dette. Or tu es son oncle maternel, que penses-tu ? » Husayn dit : « J'aimerais que tu mettes son affaire entre mes mains. » Il dit : « Elle est entre tes mains. » Alors Husayn ibn 'Ali entra chez la jeune fille et dit : « Ton père a mis ton affaire entre mes mains ; mets-la donc entre les miennes. » Elle dit : « Elle est entre tes mains. » Husayn sortit et dit : « Ô Allah, destine-lui ce qu'il y a de mieux, Toi qui le sais. » Il rencontra un jeune homme de leur famille et lui dit : « Ô untel, mets ton affaire entre mes mains. » Il dit : « Elle est entre tes mains. » Mu'awiya écrivit à Marwan ibn al-Hakam, alors gouverneur de Médine : « J'ai demandé la fille d'Abu Ja'far en mariage, mais il a posé comme condition l'agrément de Husayn. Convoque-le donc pour qu'il accepte. » Marwan rassembla les gens, apporta un tambourin et du sucre, et fit venir Husayn. Il dit : « Le Commandeur des croyants m'a écrit qu'il a demandé la main de la fille de 'Abdullah ibn Ja'far, et qu'il a posé comme condition ton agrément. Accepte donc. » Husayn loua Allah et Le glorifia, puis dit : « Je vous prends à témoin que je l'ai mariée à untel » – désignant le jeune homme qu'il avait rencontré. Marwan dit : « Vous refusez toujours, ô Banu Hashim, d'agir autrement que par traîtrise ! » Husayn lui dit : « Je t'adjure par Allah : sais-tu que Hasan ibn 'Ali demanda la main de la fille de 'Uthman ibn 'Affan, et les gens s'assemblèrent comme aujourd'hui, et Hasan était présent pour cela ; puis tu vins, tu demandas sa main et tu la mariais à un autre ? » Il dit : « Oui. » Husayn dit : « Qui donc est le traître, nous ou vous ? » Ensuite, Husayn donna à 'Abdullah ibn Ja'far une terre à lui, appelée al-Bughaybigha 26, que celui-ci vendit à Mu'awiya pour deux millions [de dirhams]. Il donna au jeune homme qu'il avait marié une autre de ses terres, estimée à deux millions, et il donna de ses propres biens l'équivalent de quatre millions 27. [Ce qui est rapporté au sujet du mariage de 'Uthman ibn 'Affan – qu'Allah l'agrée] Yunus nous a rapporté d'après al-Hasan ibn Dinar, d'après al-Hasan, qui a dit : Le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) passa près de 'Uthman alors qu'il était soucieux. Le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) lui dit : « Qu'as-tu ? » Il dit : « J'ai demandé la main [d'une femme] à 'Umar, mais il m'a refusé. » Le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) dit : « Ne t'indiquerai-je pas un beau-frère meilleur pour toi que 'Umar, et n'indiquerai-je pas à 'Umar un beau-frère meilleur pour lui que toi ? » Alors le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) épousa Hafsa, fille de 'Umar, et le Prophète (paix et salut sur lui) maria sa fille à 'Uthman ibn 'Affan. Yunus nous a rapporté d'après Hisham ibn Sinbar 28, d'après Yahya ibn Abi Kathir, d'après al-Muhajir ibn 'Ikrima al-Makhzumi, qui a dit : Lorsque le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) voulait marier une de ses filles, il s'asseyait près de son voile 29 et disait : « Un tel veut une telle. » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Celui en qui j'ai confiance m'a rapporté que le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) était très jaloux pour ses filles, et qu'il ne mariait pas ses filles à un homme qui avait déjà une coépouse. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : 'Amr ibn 'Ubayd m'a rapporté d'après al-Hasan que 30 126 le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) dit à la femme de 'Uthman : « Ô ma fille, une femme n'est pas vraiment l'épouse d'un homme si elle ne fait pas ce qu'il désire, alors que le sang [de la colère] est sur son visage. Même si elle doit déménager d'une montagne noire à une montagne rouge, ou d'une montagne rouge à une montagne noire, cherche à plaire à ton mari. » Yunus nous a rapporté d'après Zakariyya ibn Abi Za'ida, d'après 'Amir al-Sha'bi, qui a dit : 'Ali demanda la main de la fille d'Abu Jahl à son oncle al-Harith. Il consulta le Messager d'Allah (paix et salut sur lui), qui dit : « De quoi me questionnes-tu à son sujet ? De sa lignée ? » Il dit : « Non, mais ordonne-moi à son sujet. » Il dit : « Fatima est un morceau de moi 21, et je n'aime pas qu'elle soit troublée. » Il dit : « Je ne ferai rien que tu réprouves. » [Mariage du Prophète (paix et salut sur lui) avec Sawda bint Zam'a] Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Khadija bint Khuwaylid mourut trois ans avant l'émigration du Prophète (paix et salut sur lui). Le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) n'épousa aucune femme de son vivant. Elle et Abu Talib moururent la même année. Ensuite, le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) épousa après Khadija Sawda 31 bint Zam'a. Avant lui, elle était mariée à al-Sakran ibn 'Amr, frère de Suhayl ibn 'Amr. Son cousin l'avait épousée vierge, puis ils émigrèrent en Abyssinie, puis revinrent à La Mecque où il mourut musulman. Le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) l'épousa, mais n'eut pas d'enfant d'elle jusqu'à sa mort. Yunus nous a rapporté d'après al-Nu'man ibn Thabit, d'après al-Haytham, que le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) dit à Sawda bint Zam'a : « Observe ta période de viduité 32. » Elle se posta sur son chemin et lui dit : « Je t'adjure par Allah de me reprendre, et je te donne mon jour 22 pour que tu le donnes à celle de tes femmes que tu voudras ; je veux seulement être ressuscitée parmi tes épouses au Jour de la Résurrection. » Alors le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) la reprit. [Mariage du Prophète (paix et salut sur lui) avec 'A'isha bint Abi Bakr al-Siddiq – qu'Allah les agrée] Yunus nous a rapporté d'après Hisham ibn 'Urwa, d'après son père 'Urwa ibn al-Zubayr, qui a dit : Lorsque Sawda devint âgée, elle donna son jour à 'A'isha, et le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) partageait [ses nuits] en sa faveur. Ibn Ishaq dit : Ensuite, le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) épousa après Sawda bint Zam'a, 'A'isha bint Abi Bakr. Elle était vierge ; il n'épousa aucune vierge à part elle, et n'eut pas d'enfant d'elle jusqu'à sa mort. Yunus nous a rapporté d'après Hisham ibn 'Urwa, d'après son père, qui a dit : Le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) épousa 'A'isha trois ans après la mort de Khadija. 'A'isha avait alors six ans. Le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) consomma le mariage avec elle alors qu'elle avait neuf ans. Le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) mourut alors que 'A'isha avait dix-huit ans. Yunus nous a rapporté d'après Hisham ibn 'Urwa, d'après son père, d'après 'A'isha, que le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) dit : « Tu m'as été montrée en rêve à deux reprises. J'ai vu qu'un homme te portait dans un morceau de soie 33 en disant : “Voici ta femme.” Je découvris et te vis, et je dis : “Si cela vient d'Allah, Il l'accomplira.” » Yunus nous a rapporté d'après Hisham ibn 'Urwa, d'après son père, d'après 'A'isha, qui a dit : Ma mère me soignait, voulant me faire engraisser pour me faire entrer chez le Messager d'Allah (paix et salut sur lui). Mais elle n'y parvint pas avant que je ne mange des dattes avec des concombres ; alors j'engraissai de la plus belle manière. Yunus nous a rapporté : Hisham ibn 'Urwa racontait d'après son père, d'après 'A'isha, qui a dit : Je jouais avec des fillettes des Ansar sur une balançoire entre deux palmiers, quand ma mère vint, me prit par la main – je ne savais pas ce qu'elle allait faire de moi. Je mis ma main sur mon ventre pour retenir mon souffle, afin qu'elle voie mon état. Ma mère m'emmena, me para, et me fit entrer chez le Messager d'Allah (paix et salut sur lui). Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Yahya ibn 'Abbad m'a rapporté d'après son père 'Abbad ibn 'Abdullah ibn al-Zubayr, d'après 'A'isha, qui a dit : Lorsque nous arrivâmes en émigrant, nous empruntâmes une passe difficile. Ma chamelle, que je montais, s'emballa violemment. Par Allah, je n'oublie pas les paroles de ma mère : « Ô ma mariée ! » Elle prit le mors et je l'entendis dire : « Par Allah, je ne pense pas qu'il ait lâché la bride. » Je la lâchai, et elle se mit à tourner autour comme si un homme était assis dessous pour la retenir. [Mariage du Prophète (paix et salut sur lui) avec Hafsa bint 'Umar – qu'Allah les agrée] Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Muhammad ibn Ishaq, qui a dit : Ensuite, le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) épousa après 'A'isha, Hafsa bint 'Umar. Avant lui, elle était mariée à Khunays ibn Hudhafa, l'un des Banu Sahm. Le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) mourut sans avoir eu d'enfant d'elle. Yunus nous a rapporté d'après Sulayman al-A'mash, d'après Abu Salih, d'après Ibn 'Umar, qui a dit : 'Umar entra chez ma sœur Hafsa alors qu'elle pleurait. Il lui dit : « Qu'est-ce qui te fait pleurer ? Peut-être que le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) t'a répudiée ? Il t'a déjà répudiée une fois, puis t'a reprise. Par Allah, s'il te répudie une autre fois, je ne t'adresserai plus jamais la parole. » [Mariage du Prophète (paix et salut sur lui) avec Zaynab bint Khuzayma – qu'Allah l'agrée] Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq : Ensuite, le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) épousa après Hafsa, Zaynab bint Khuzayma al-Hilaliyya, la mère des pauvres 23. Avant lui, elle était mariée à al-Husayn ibn al-Harith ou à son frère al-Tufayl ibn al-Harith ibn 'Abd al-Muttalib ibn 'Abd Manaf. Elle mourut à Médine, la première de ses épouses à mourir. Le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) n'eut pas d'enfant d'elle. Yunus nous a rapporté d'après Zakariyya ibn Abi Za'ida, d'après 'Amir al-Sha'bi, qui a dit : Les femmes dirent au Messager d'Allah (paix et salut sur lui) : « Laquelle d'entre nous te rejoindra le plus vite ? » Il dit : « Celle qui a le plus long bras. » Elles se mirent à mesurer leurs bras pour voir laquelle avait le plus long. Lorsque Zaynab mourut, ils surent que c'était elle qui avait le plus long bras en bien et en aumône. [Mariage du Prophète (paix et salut sur lui) avec Umm Habiba – qu'Allah l'agrée]
Nous a rapporté Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Ensuite, l'Envoyé d'Allah 24 — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — épousa, après Zaynab, Umm Ḥabība bint Abī Sufyān. Elle était auparavant sous l'autorité de 'Ubayd Allāh ibn Jaḥsh ibn Ri'āb, l'un des Banū Asad, frère de 'Abd Allāh ibn Jaḥsh. Il l'avait épousée alors qu'elle était vierge, et elle lui avait donné une fille, Ḥabība bint 'Ubayd Allāh. Il mourut auprès d'elle en terre d'Abyssinie, après s'être converti au christianisme 25 à la suite de son islam. Elle avait émigré avec lui en terre d'Abyssinie. L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — n'eut pas d'enfant d'elle. Nous a rapporté Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Abū Ja'far m'a raconté : L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — envoya 'Amr ibn Umayya al-Ḍamrī auprès du Negus 26, et celui-ci lui maria Umm Ḥabība bint Abī Sufyān, et il versa pour lui quatre cents dinars. [Mariage du Prophète — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — avec Umm Salama — qu'Allah l'agrée] Nous a rapporté Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Ensuite, l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — épousa, après Umm Ḥabība, Umm Salama Hind bint Abī Umayya. Elle était auparavant sous l'autorité d'Abū Salama 'Abd Allāh ibn 'Abd al-Asad ibn Hilāl ibn 'Abd Allāh ibn 'Umar ibn Makhzūm. Ils avaient émigré ensemble en terre d'Abyssinie, puis étaient venus à Médine. Il fut blessé à Uḥud 27 et en mourut. Il l'avait épousée alors qu'elle était vierge, et elle lui donna Salama, 'Umar, Durra et Zaynab. L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — n'eut pas d'enfant d'elle. Nous a rapporté Yūnus, d'après Yūnus ibn 'Amr, d'après son père, d'après Abū Salama ibn 'Abd al-Raḥmān ibn 'Awf, qui a dit : L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — faisait sa demande en mariage à Umm Salama en s'asseyant sur le seuil de la porte, posant son vêtement et s'appuyant dessus, et il disait : « Si c'est que je t'augmente la dot, je t'augmenterai ; si tu veux, je te donnerai les femmes 28. » Nous a rapporté Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Mon père Isḥāq ibn Yasār m'a raconté : L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — recevait chaque jour de Sa'd ibn 'Ubāda un plat de nourriture qui l'accompagnait partout où il allait. Lorsque l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — demandait une femme en mariage, il lui présentait ce qu'il voulait lui spécifier, puis disait : « Et le plat de Sa'd ibn 'Ubāda viendra chez toi chaque matin. » Nous a rapporté Yūnus, d'après Abū Ma'shar al-Madanī, d'après Sa'īd al-Maqburī, qui a dit : L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — envoya demander Umm Salama en mariage. Elle dit : « J'ai des caractéristiques qui m'empêchent de t'épouser, ô Envoyé d'Allah. Je suis une femme âgée, je suis jalouse de mon mari et je crains d'être jalouse de l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix —, je suis une femme dont la part 29 est diminuée, et j'ai des enfants en bas âge. » L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — dit : « Quant à ce que tu mentionnes de la vieillesse, il n'y a pas d'obstacle à ce que tu épouses quelqu'un de plus âgé que toi. Quant à ce que tu mentionnes de la jalousie, j'invoquerai Allah — Puissant et Majestueux — pour qu'il l'éloigne de toi. Quant à ce que tu mentionnes de la part, j'invoquerai Allah pour qu'Il améliore ta part. Quant à ce que tu mentionnes des enfants, celui qui laisse des biens, c'est pour ses héritiers ; celui qui laisse une dette ou des enfants, c'est à Allah et à Son Envoyé de s'en charger. » Alors l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — l'épousa. Nous a rapporté Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : 'Abd Allāh ibn Abī Bakr ibn Ḥazm, 'Abd al-Raḥmān ibn al-Ḥārith et d'autres que je ne soupçonne pas m'ont raconté, d'après 'Abd Allāh ibn Shaddād ibn al-Hād, que celui qui maria l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — à Umm Salama fut son fils Salama. L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — maria la fille de Ḥamza 30 alors qu'ils étaient deux petits enfants, mais ils ne se réunirent pas jusqu'à leur mort. L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — dit : « Ai-je récompensé Salama pour m'avoir marié sa mère ? » Nous a rapporté Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : 'Abd al-Malik ibn Abī Bakr ibn 'Abd al-Raḥmān ibn al-Ḥārith ibn Hishām m'a raconté, d'après son père, que l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — épousa Umm Salama au mois de Shawwāl 31 et la consomma au mois de Shawwāl. Elle lui dit : « Je resterai chez moi. » L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — dit : « Si tu veux, je le ferai, et je passerai sept nuits chez tes coépouses ; si tu veux, trois nuits, puis je ferai la tournée 32 chez elles en un jour. » Elle dit : « Non, plutôt trois. » Nous a rapporté Yūnus, d'après al-Nu'mān ibn Thābit, d'après al-Haytham, que l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — fit un festin de noces pour Umm Salama avec des dattes et du sawīq 33. [Mariage de Zaynab bint Jaḥsh — qu'Allah l'agrée] Nous a rapporté Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Ensuite, l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — épousa, après Umm Salama, Zaynab bint Jaḥsh, sœur de 'Abd Allāh ibn Jaḥsh, l'une des femmes des Banū Asad ibn Khuzayma. Elle était auparavant sous l'autorité de son affranchi Zayd ibn Ḥāritha. Allah la lui maria. L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — mourut sans avoir eu d'enfant d'elle. Elle est Umm al-Ḥakam. Nous a rapporté Yūnus, d'après Abū Salama al-Hamadhānī, affranchi d'al-Sha'bī, d'après al-Sha'bī, qui a dit : Zayd ibn Ḥāritha tomba malade. L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — entra chez lui pour lui rendre visite, tandis que Zaynab bint Jaḥsh, sa femme, était assise à la tête de Zayd. Zaynab se leva pour quelque affaire. L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — la regarda, puis baissa la tête et dit : « Gloire à Allah, Celui qui fait tourner les cœurs et les regards ! » Zayd dit : « Dois-je la répudier pour toi, ô Envoyé d'Allah ? » Il dit : « Non. » Alors Allah — Puissant et Majestueux — révéla : « Et quand tu disais à celui qu'Allah avait comblé de bienfaits et que tu avais comblé de bienfaits... » jusqu'à Sa parole : « ...et l'ordre d'Allah s'accomplit 34. » [Mariage de Juwayriyya bint al-Ḥārith — qu'Allah l'agrée] Nous a rapporté Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — épousa, après Zaynab bint Jaḥsh, Juwayriyya bint al-Ḥārith ibn Abī Ḍirār. Elle était auparavant sous l'autorité d'un cousin germain à elle, appelé Ibn Dhī al-Shifr. L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — mourut sans avoir eu d'enfant d'elle. Nous a rapporté Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Muḥammad ibn Ja'far ibn al-Zubayr m'a raconté, d'après 'Urwa, d'après 'Ā'isha, qui a dit : Lorsque l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — distribua les captives des Banū al-Muṣṭaliq 35, Juwayriyya bint al-Ḥārith échut en part à Thābit ibn Qays et à un cousin germain de celui-ci. Elle conclut avec eux un contrat d'affranchissement 36 pour elle-même. C'était une femme douce et belle ; quiconque la voyait était séduit. Elle vint auprès de l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — pour lui demander son aide pour son contrat. 'Ā'isha dit : « Par Allah, dès que je la vis, je la détestai et je me dis : Il verra d'elle ce que j'ai vu. » Lorsqu'elle entra chez lui, elle dit : « Ô Envoyé d'Allah, je suis Juwayriyya bint al-Ḥārith, le chef de son peuple. J'ai subi un malheur qui ne t'a pas échappé. J'ai conclu un contrat d'affranchissement pour moi-même ; aide-moi donc pour mon contrat. » L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — dit : « Ou mieux que cela : je paierai pour toi ton contrat et je t'épouserai ? » Elle dit : « Oui. » L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — fit ainsi. La nouvelle parvint aux gens que l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — l'avait épousée. Ils dirent : « Les beaux-parents de l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — ! » Alors ils relâchèrent ce qu'ils détenaient des Banū al-Muṣṭaliq. Par elle, cent familles des Banū al-Muṣṭaliq furent affranchies. Je ne connais pas de femme qui ait été une plus grande bénédiction pour son peuple qu'elle. [Mariage de Ṣafiyya bint Ḥuyayy — qu'Allah l'agrée] Nous a rapporté Yūnus, d'après Zakariyyā ibn Abī Zā'ida, d'après 'Āmir al-Sha'bī, qui a dit : Juwayriyya était une captive de l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix —. Il l'affranchit et l'épousa, et il fit de son affranchissement sa dot 37. Nous a rapporté Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Ensuite, l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — épousa, après Juwayriyya, Ṣafiyya bint Ḥuyayy. Elle était auparavant sous l'autorité de Kināna ibn al-Rabī' ibn Abī al-Ḥuqayq. L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — mourut sans avoir eu d'enfant d'elle. Nous a rapporté Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Mon père Isḥāq ibn Yasār m'a raconté : Lorsque l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — conquit la forteresse d'Ibn Abī al-Ḥuqayq 38, on lui amena Ṣafiyya bint Ḥuyayy avec une fille de son oncle paternel. Bilāl les emmena et passa près des tués parmi les Juifs. Lorsque celle qui était avec Ṣafiyya les vit, elle se frappa le visage, cria et jeta de la poussière sur sa tête. L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — dit : « Éloignez de moi cette satanée ! » Il ordonna que Ṣafiyya soit placée derrière lui et la couvrit de son vêtement. Les gens comprirent alors qu'il l'avait choisie pour lui-même. L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — dit à Bilāl, après avoir vu ce qu'il avait vu de la Juive : « Ô Bilāl, la miséricorde t'a-t-elle été enlevée lorsque tu passes devant deux femmes avec leurs tués ? » Ṣafiyya avait vu auparavant en rêve que la lune tombait dans son giron. Elle en parla à son père, qui la frappa au visage, y laissant une marque, et dit : « Tu aspires à être chez le roi des Arabes ! » La marque resta sur son visage jusqu'à ce qu'elle fût amenée à l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix —. Il l'interrogea à ce sujet, et elle l'informa de son histoire. Yūnus, d'après Hishām ibn Abī 'Abd Allāh, d'après Shu'ayb ibn al-Ḥaḥḥāb, d'après Anas ibn Mālik, a dit : L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — affranchit Ṣafiyya et fit de son affranchissement sa dot. Nous a rapporté Yūnus, d'après 'Abd Allāh ibn 'Abd Allāh al-Azdī, d'après Anas ibn Mālik, qui a dit : Lorsque l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — épousa Ṣafiyya bint Ḥuyayy, il invita les gens à son festin de noces, qui consistait ce jour-là en ḥays 39 et en dattes. Yūnus, d'après Sulaymān al-A'mash, a dit : Il m'est parvenu que l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — fit un festin de noces pour l'une de ses femmes avec une mesure de bouillie 40. [Mariage de l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — avec Maymūna bint al-Ḥārith al-Hilāliyya — qu'Allah l'agrée] Nous a rapporté Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Ensuite, l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — épousa, après Ṣafiyya, Maymūna bint al-Ḥārith al-Hilāliyya. Elle était auparavant sous l'autorité d'Abū Ruhm ibn Abī Qays, l'un des Banū Mālik ibn Ḥisl, des Banū 'Āmir ibn Lu'ayy. L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — mourut sans avoir eu d'enfant d'elle. Nous a rapporté Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : Une personne digne de confiance m'a raconté, d'après Sa'īd ibn al-Musayyab, qu'il a dit : 'Abd Allāh ibn 'Abbās prétend que l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — épousa Maymūna alors qu'il était en état de sacralisation 41. Il a menti. L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — n'arriva à La Mecque que lorsqu'il fut désacralisé. La désacralisation et le mariage eurent lieu ensemble, et cela créa une confusion chez les gens. Nous a rapporté Yūnus, d'après Ja'far ibn Burqān, d'après Maymūn ibn Mihrān, d'après Yazīd ibn al-Aṣamm, qui a dit : L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — épousa Maymūna alors qu'il était en état de sacralisation. Il envoya al-Faḍl ibn 'Abbās et un autre homme, et ils la lui marièrent. Nous a rapporté Yūnus, d'après 'Abd Allāh ibn Muḥriz, d'après Yazīd ibn al-Aṣamm, que l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — épousa Maymūna alors qu'il était en état de sacralisation, à Sarif 42, et il consomma le mariage avec elle alors qu'il était en état de sacralisation, dans une tente qui lui appartenait. Elle y mourut. Nous a rapporté Yūnus, d'après 'Abd Allāh ibn Muḥriz, d'après 'Aṭā' ibn Abī Rabāḥ, d'après Ibn 'Abbās, qui a dit : L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — épousa Maymūna alors qu'il était en état de sacralisation. Nous a rapporté Yūnus, d'après Zakariyyā ibn Abī Zā'ida, d'après al-Sha'bī, qui a dit : L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — épousa Maymūna alors qu'il était en état de sacralisation. [Mariage d'Asmā' bint Ka'b al-Jawniyya et de 'Amra bint Yazīd] Nous a rapporté Ahmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — épousa Asmā' bint Ka'b al-Jawniyya, mais il n'entra pas chez elle et la répudia. Il épousa 'Amra bint Yazīd, l'une des femmes des Banū Kilāb, puis des Banū al-Waḥīd. Elle était auparavant sous l'autorité d'al-Faḍl ibn 'Abbās ibn 'Abd al-Muṭṭalib. L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix — la répudia avant d'entrer chez elle. [Une femme de Ghifār] Nous a rapporté Yūnus, d'après Abū Yaḥyā, d'après Ḥumayl ibn Zayd al-Ṭā'ī, d'après Sa'd ibn Zayd al-Anṣārī, qui a dit :
Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, épousa une femme de Ghifâr. Il entra chez elle et lui ordonna d'enlever son vêtement. Il vit alors une tache blanche de lèpre près de sa poitrine. Le Messager d'Allah s'écarta 43 et dit : « Prends ton vêtement et retourne auprès de ta famille. » Et il lui versa l'intégralité de sa dot. Yûnus nous rapporta d'après Ibrâhîm ibn Ismâ'îl, d'après 'Uthmân ibn Ka'b al-Qurazî, que le frère de Tamîma bint Wahb mentionna sa sœur au Messager d'Allah et décrivit sa situation. Le Messager d'Allah lui dit : « Aimerais-tu que je t'épouse ? » Elle répondit : « Je cherche refuge auprès d'Allah contre toi. » Le Messager d'Allah dit alors : « Allah a protégé celle qui cherche refuge. » Ahmad nous rapporta : Yûnus nous rapporta d'après Ibn Ishâq, qui dit : Al-Husayn ibn 'Abd Allah ibn 'Ubayd Allah ibn 'Abbâs me rapporta d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbâs, qui dit : Le Messager d'Allah regarda Umm Habîb bint 'Abbâs alors qu'elle était une jeune fille 44 devant lui. Le Messager d'Allah dit : « Si celle-ci atteint la puberté alors que je suis vivant, je l'épouserai. » Mais le Messager d'Allah mourut avant qu'elle n'atteigne la puberté. Al-Aswad ibn 'Abd al-Asad, le frère d'Abû Salama, l'épousa, et elle lui donna Rizq ibn al-Aswad et Lubâba bint al-Aswad, qu'il nomma d'après Umm al-Fadl, dont le nom était Lubâba. [Le nombre de femmes qui se donnèrent en mariage] Yûnus nous rapporta d'après Zakariyyâ ibn Abî Zâ'ida, d'après al-Sha'bî, qui dit : Des femmes se donnèrent en mariage au Messager d'Allah. Il consomma le mariage avec certaines, en ajourna d'autres sans les approcher jusqu'à sa mort, et elles ne se marièrent pas après lui. Parmi elles se trouvait Umm Sharîk. C'est à ce sujet que fut révélé : « Tu ajournes qui tu veux parmi elles et tu accueilles qui tu veux ; et celle que tu désires parmi celles que tu avais écartées, nul péché sur toi. » 45 Ahmad nous rapporta : Mon père nous rapporta d'après Jarîr ibn 'Abd al-Hamîd, d'après Mansûr ibn Abî Razîn, au sujet de la parole d'Allah : « Tu ajournes qui tu veux parmi elles et tu accueilles qui tu veux. » Il dit : Parmi celles que le Messager d'Allah ajourna se trouvaient Sawda, Umm Habîba et Maymûna. Il voulut les quitter, mais elles dirent : « Ne nous quitte pas, laisse-nous en l'état, et donne-nous ce que tu veux de toi-même et de tes biens. » Il les laissa en l'état et leur donna ce qu'il voulut. Il dit : Parmi celles qu'il accueillit se trouvaient 'Â'isha, Umm Salama, Zaynab et Hafsa. Et son partage de lui-même et de ses biens était égal entre elles. Yûnus nous rapporta d'après Hishâm ibn 'Urwa, d'après son père, d'après 'Â'isha, qui dit : J'étais jalouse. Je dis à une femme parmi celles qui s'étaient données en mariage au Messager d'Allah : « N'as-tu pas honte 46 qu'une femme se donne sans dot ? » Le Messager d'Allah s'était écarté de certaines d'entre elles, et j'espérais. Quand fut révélé : « Tu ajournes qui tu veux parmi elles et tu accueilles qui tu veux ; et celle que tu désires parmi celles que tu avais écartées, nul péché sur toi », je désespérai et dis : « Je vois que ton Seigneur se hâte de satisfaire tes désirs. » Yûnus nous rapporta d'après 'Anbasa ibn al-Azhar, d'après Simâk ibn Harb, d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbâs, qui dit : Il n'y avait pas chez le Messager d'Allah de femme qui se fût donnée à lui. Yûnus nous rapporta d'après Abû Salama al-Hamadhânî, d'après al-Sha'bî : Il fut révélé au Messager d'Allah : « Ô Prophète ! Dis à tes épouses : "Si vous désirez la vie présente et sa parure 47..." » jusqu'à la fin des deux versets. Le Messager d'Allah leur donna le choix, et elles choisirent Allah, Son Messager et la Demeure dernière. Allah leur en fut reconnaissant et révéla : « Il ne t'est plus permis de prendre d'autres femmes, ni d'en changer contre d'autres, même si leur beauté te plaît, à l'exception de ce que possède ta main droite. » 48 [Les concubines que le Prophète prit] Ahmad nous rapporta : Yûnus nous rapporta d'après Ibn Ishâq, qui dit : Le Messager d'Allah mourut alors qu'il avait neuf épouses. Aucune d'elles ne mourut avant lui, excepté Khadîja bint Khuwaylid et Zaynab, mère des pauvres. Il mourut avec les neuf restantes. Aucune d'elles n'émigra vers l'Abyssinie, sauf elle [Khadîja] et les trois : Umm Salama, Umm Habîba et une autre. Il n'eut d'enfants que de Khadîja. Parmi les esclaves que possédait le Messager d'Allah se trouvait Rayhâna bint 'Amr ibn Hudhâfa. Il n'eut pas d'enfant d'elle jusqu'à sa mort. Et Mâriya, la Copte, mère d'Ibrâhîm, lui donna Ibrâhîm. Le Messager d'Allah n'eut d'enfants que de Khadîja et de Mâriya. Ahmad nous rapporta : Yûnus nous rapporta d'après Ibn Ishâq, qui dit : Muhammad ibn Talha me rapporta d'après Yazîd ibn Rukâna, qui dit : Ibrâhîm, le fils du Messager d'Allah, mourut à l'âge de dix-huit mois, et il ne pria pas sur lui. Ahmad nous rapporta : Yûnus nous rapporta d'après Ibn Ishâq, qui dit : 'Abd Allah ibn Abî Bakr me rapporta d'après 'Amra, d'après 'Â'isha, un récit similaire. Yûnus nous rapporta d'après Ibrâhîm ibn 'Uthmân, d'après al-Hâkim, d'après Miqsam, d'après Ibn 'Abbâs, qui dit : Mâriya la Copte donna au Messager d'Allah Ibrâhîm. Le Messager d'Allah dit : « Il aura une nourrice au Paradis. S'il avait vécu, il aurait été un véridique et un prophète. S'il avait vécu, j'aurais affranchi tout Copte. » Yûnus nous rapporta d'après Muhammad ibn 'Abd al-Rahmân ibn Abî Laylâ, d'après 'Atâ' ibn Jâbir, d'après 'Abd al-Rahmân ibn 'Awf, qui dit : Le Messager d'Allah me prit par la main et m'emmena vers les palmiers 49. Il y trouva Ibrâhîm, le fils du Prophète. Il le prit, le mit sur ses genoux, et ses yeux versèrent des larmes. Puis il dit : « Ô mon fils, je ne peux rien pour toi contre Allah. » Je lui dis : « Ô Messager d'Allah, tu pleures ? Ne t'a-t-on pas interdit 50 de pleurer ? » Il dit : « J'ai seulement interdit les lamentations, deux voix insensées et perverses : une voix lors d'un divertissement, de jeu et de flûtes sataniques, et une voix lors d'un malheur : griffer les visages, déchirer les cols et les gémissements sataniques. Ceci est une miséricorde. Celui qui n'a pas de miséricorde ne recevra pas de miséricorde. Ô Ibrâhîm, sans que ce soit une affaire inéluctable, une promesse véridique, et que cette voie est empruntée 51 inévitablement jusqu'à ce que le dernier d'entre nous rejoigne le premier, nous aurions été plus tristes pour toi que cela. Mais nous sommes tristes pour toi : l'œil pleure, le cœur s'attriste, et nous ne disons rien qui mécontente le Seigneur. » Yûnus nous rapporta d'après al-Mubârak ibn Fadâla, d'après al-Hasan, que le Messager d'Allah dit : « Un garçon m'est né cette nuit, et je l'ai nommé du nom de mon père Ibrâhîm. » Ahmad nous rapporta : Yûnus nous rapporta d'après Ibn Ishâq, qui dit : Ibrâhîm ibn Muhammad ibn 'Alî ibn Abî Tâlib me rapporta d'après son père, d'après son grand-père 'Alî ibn Abî Tâlib, qui dit : Le Messager d'Allah m'appela alors qu'il avait conçu des soupçons sur Mâriya, mère d'Ibrâhîm, à cause d'un cousin à elle qui lui rendait visite et venait souvent, un Copte. Il dit : « Prends cette épée et va ; si tu le trouves chez elle, tue-le. » Je dis : « Ô Messager d'Allah, serai-je dans ton affaire comme la braise chauffée 52 que rien ne détourne jusqu'à ce que j'exécute ce que tu m'as ordonné, ou comme le témoin qui voit ce que l'absent ne voit pas ? » Le Messager d'Allah dit : « Plutôt le témoin qui voit ce que l'absent ne voit pas. » Je m'avançai, l'épée ceinte, et je le trouvai chez elle. Quand il me vit dégainer mon épée, il comprit que je le visais. Il grimpa rapidement à un palmier, effrayé, jusqu'à ce qu'il soit à mi-hauteur. Je m'approchai de lui, il se jeta sur le dos, puis leva les jambes 53 : il était châtré 54, sans rien des organes masculins, ni peu ni beaucoup. Je rengainai l'épée 55, puis vins trouver le Messager d'Allah et l'informai de la nouvelle. Il dit : « Louange à Allah qui détourne de nous, les gens de la maison. » [Ce dont Allah dédommagea le Prophète pour son fils] Ahmad nous rapporta : Yûnus nous rapporta d'après Ibn Ishâq, qui dit : Yazîd ibn Rûmân me rapporta : Al-'Âs ibn Wâ'il al-Sahmî, lorsqu'on mentionnait le Messager d'Allah, disait : « Laissez-le, ce n'est qu'un homme sans postérité 56, sans descendance. S'il venait à périr, sa mention cesserait et vous seriez débarrassés de lui. » Alors Allah, Puissant et Majestueux, révéla : « Nous t'avons certes accordé l'Abondance 57. Prie donc pour ton Seigneur et sacrifie. » jusqu'à la fin de la sourate : « Nous t'avons donné l'Abondance, ce qui est meilleur pour toi que le monde et ce qu'il contient, ou l'Abondance immense de l'affaire. » « Celui qui te hait est celui sans postérité 58 » : al-'Âs ibn Wâ'il. Ahmad nous rapporta : Yûnus nous rapporta d'après Ibn Ishâq : Ja'far ibn 'Amr ibn Umayya al-Damrî me rapporta d'après 'Abd Allah ibn Muslim al-Zuhrî, qui dit : J'ai entendu Anas ibn Mâlik dire : On demanda au Messager d'Allah : « Qu'est-ce que l'Abondance que ton Seigneur t'a donnée ? » Il dit : « Un fleuve semblable à ce qui est entre San'â' et Ayla 59 en terre de Syrie ; ses vases sont plus nombreux que le nombre des étoiles du ciel. Des oiseaux aux cous semblables à ceux des chameaux 60 s'y abreuvent. » 'Umar ibn al-Khattâb dit : « Par Allah, ô Messager d'Allah, ils sont bien gras ! » Le Messager d'Allah dit : « Ceux qui les mangent sont encore plus gras. » Yûnus nous rapporta d'après 'Îsâ ibn 'Abd Allah al-Tamîmî, d'après 'Abd Allah ibn Abî Najîh, d'après Anas ibn Mâlik, au sujet de la parole d'Allah : « Nous t'avons certes accordé l'Abondance », il dit : Un fleuve au Paradis. Ibn Abî Najîh dit : 'Â'isha dit : C'est un fleuve au Paradis ; quiconque met ses doigts dans ses oreilles entend le murmure de ce fleuve. Yûnus nous rapporta d'après Yazîd ibn Ziyâd ibn Abî al-Ja'd, d'après 'Âsim al-Jahdarî, d'après 'Alî, au sujet de : « Prie donc pour ton Seigneur et sacrifie », il dit : Placer la main droite sur la gauche dans la prière. Yûnus nous rapporta d'après Fitr ibn Khalîfa 61, qui dit : J'ai interrogé 'Atâ' au sujet de l'Abondance. Il dit : Un fleuve au Paradis. « Prie donc pour ton Seigneur et sacrifie », il dit : Il reçut l'ordre de prier le matin du jour du sacrifice, puis de sacrifier. Récit 62 des railleurs et des signes Ahmad nous rapporta : Yûnus nous rapporta d'après Ibn Ishâq, qui dit : Le Messager d'Allah se tint ferme sur l'ordre d'Allah, comptant sur la récompense, transmettant le conseil à son peuple, malgré l'animosité 63, le tort et la raillerie qu'il rencontrait chez eux. Les grands railleurs du Messager d'Allah, comme me le rapporta Yazîd ibn Rûmân d'après 'Urwa ou un autre savant, étaient au nombre de cinq : al-Aswad ibn 'Abd Yaghûth ibn Wahb, al-Aswad ibn al-Muttalib ibn Asad, al-Walîd ibn al-Mughîra, al-'Âs ibn Wâ'il et al-Hârith ibn al-Talâtila, l'un des [Banû] Khuzâ'a. Ils se moquaient du Messager d'Allah et le raillaient. Gabriel vint à lui et s'arrêta avec lui près de la Ka'ba tandis qu'ils tournaient autour. Al-Aswad ibn 'Abd Yaghûth passa près de lui ; Gabriel pointa son ventre, et il mourut d'hydropisie 64. Al-Aswad ibn al-Muttalib passa ; il lui jeta au visage une feuille verte, et il devint aveugle. Al-Walîd ibn al-Mughîra passa ; il pointa une blessure à sa cheville qu'il avait eue peu auparavant ; elle se rouvrit et le tua. Al-'Âs ibn Wâ'il passa ; il pointa la plante de son pied ; il monta sur un âne pour aller à Tâ'if, l'âne s'accroupit sur une plante épineuse 65, une épine pénétra dans la plante de son pied et le tua. Al-Hârith ibn al-Talâtila passa ; il pointa sa tête ; elle se remplit de pus jusqu'à le tuer. C'est à leur sujet qu'Allah révéla : « Nous t'avons certes suffi contre les railleurs. » 66 Ahmad nous rapporta : Yûnus nous rapporta d'après Ibn Ishâq, qui dit : Al-Zuhrî me rapporta d'après 'Ukâsha ibn 'Abd Allah ibn Abî Ahmad, qu'on lui rapporta que des hommes des Banû Makhzûm allèrent trouver Hishâm ibn al-Walîd 67 lorsque son frère al-Walîd ibn al-Walîd s'était converti à l'islam, alors qu'ils avaient décidé de prendre certains de leurs jeunes gens qui s'étaient convertis : Salama ibn Hishâm et 'Ayyâsh ibn Abî Rabî'a. Ils lui dirent – et ils craignaient son mal – ...
Si Nous avions voulu punir ces jeunes gens pour cette religion qu’ils ont innovée, Nous aurions craint, par cela, [de provoquer la même chose] chez d’autres. Alors il dit : « Que celui qui a fait cela s’en prenne à vous [et voici mon frère] (63), punissez-le, et prenez garde à lui-même. » Et il dit : « Ne tuez pas mon frère Ghubaysh, car il y aurait entre nous une discorde éternelle. » Prenez garde à sa vie, car je jure par Dieu que si vous le tuez, je tuerai le plus noble d’entre vous. Ils dirent : « Que Dieu maudisse celui qui trompe (64) avec ce perfide ! Par Dieu, s’il était blessé entre nos mains, le plus noble d’entre nous serait tué. » Ils le laissèrent donc et se détournèrent de lui. Et ce fut là une des choses par lesquelles Dieu les protégea. Nous a rapporté Yūnus, d’après Abū Ma‘shar, d’après Muḥammad b. Ka‘b, qui a dit : Les Quraysh parlèrent au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et dirent : « Ô Muḥammad, tu nous informes que Moïse avait un bâton avec lequel il frappa la pierre et douze sources en jaillirent ; tu nous informes que Jésus ressuscitait les morts ; tu nous informes que les Thamūd avaient une chamelle. Apporte-nous donc certains de ces signes afin que nous te croyions. » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Qu’aimeriez-vous que je vous apporte ? » Ils dirent : « Fais pour nous de la colline de Ṣafā de l’or. » Il dit : « Si je le fais, me croirez-vous ? » Ils dirent : « Oui, par Dieu, si tu le fais, nous te suivrons tous. » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – se leva pour invoquer, et Gabriel – sur lui la paix – vint à lui et lui dit : « Ce que tu veux : si tu veux, elle deviendra de l’or au matin, mais Je n’ai pas envoyé de signe sans que, s’ils ne croyaient pas alors, Je ne les châtie. Et si tu veux, laisse-les jusqu’à ce que celui d’entre eux qui se repent se repente. » Alors Dieu – Puissant et Majestueux – révéla : « Et ils ont juré par Dieu de leurs serments les plus solennels que si un signe leur venait, ils y croiraient » jusqu’à Sa parole : « Ils ne croiraient pas, à moins que Dieu ne le veuille » (65). Nous a rapporté Yūnus, d’après ‘Īsā b. ‘Abd Allāh al-Tamīmī, d’après al-Rabī‘ b. Anas al-Bakrī, qui a dit : Les gens dirent au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – : « Si seulement tu nous apportais un signe comme ceux qu’apportèrent Ṣāliḥ et les prophètes. » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Si vous voulez, j’invoquerai Dieu pour qu’Il le fasse descendre sur vous ; mais si vous désobéissez, vous serez anéantis », c’est-à-dire : le châtiment descendra. Ils dirent : « Nous ne le voulons pas. » Nous a rapporté Yūnus, d’après Abū Ma‘shar al-Madanī, d’après Muḥammad b. Ka‘b al-Quraẓī, qui a dit : Les Quraysh parlèrent au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et dirent : « Ô Muḥammad, nous sommes dans une vallée étroite et pauvre en eau. Écarte donc de nous, par ton Coran, ces montagnes, fais jaillir pour nous de la terre une source dont nous puissions boire l’eau, et fais sortir pour nous nos pères afin que nous leur parlions et leur demandions ce qu’ils ont rencontré. » Alors Dieu – Puissant et Majestueux – révéla : « Et s’il y avait un Coran par lequel les montagnes seraient mues, ou par lequel la terre serait fendue, ou par lequel les morts seraient fait parler (66) » – Il dit : « Ô Muḥammad, s’il y avait un Coran (137) avec lequel on ferait cela, on l’aurait fait avec ton Coran. » Nous a rapporté Yūnus, d’après Hishām b. ‘Urwa, d’après son père ‘Urwa, qui a dit : Tout ce qui est descendu sur le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – comme Coran contenant la mention des nations et des générations et ce par quoi le Messager est affermi, cela n’est descendu qu’à La Mecque. Et ce qui concerne les obligations et les lois, cela n’est descendu qu’à Médine. Nous a rapporté Yūnus, d’après Mubārak b. Fuḍāla, d’après al-Ḥasan, qui a dit : ‘Abd Allāh vint à Kūfa et vit des gens des Zutṭ (Zutṭ) ; il en fut effrayé et dit : « Qui sont ceux-ci ? » On dit : « Les Zutṭ. » Il dit : « Ceux-ci sont les plus semblables que j’aie vus aux djinns que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – a hébergés. » Nous a rapporté Yūnus, d’après al-A‘mash, qui a dit : Il m’est parvenu que les djinns qui s’adressèrent au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – étaient au nombre de neuf. [Le récit de Rukāna b. ‘Abd Yazīd] Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d’après Ibn Isḥāq, qui a dit : Mon père Isḥāq b. Yasār m’a raconté que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit à Rukāna b. ‘Abd Yazīd : « Embrasse l’islam. » Il dit : « Si je savais que ce que tu dis est vrai, je le ferais. » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – lui dit – et Rukāna était parmi les hommes les plus forts – : « Vois-tu si je te terrasse, sauras-tu que cela est vrai ? » Il dit : « Oui. » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – se leva et le terra. Il lui dit : « Recommence, ô Muḥammad. » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – revint à lui, le saisit une seconde fois et le terra. Rukāna s’en alla en disant : « C’est un sorcier ; je n’ai jamais vu de sorcellerie pareille à celle-ci. Par Dieu, je n’ai plus été maître de moi-même jusqu’à ce qu’il ait posé mon flanc à terre. » [Les signes de la prophétie] Nous a rapporté Yūnus, d’après al-A‘mash, d’après al-Minhāl b. ‘Amr, d’après Ya‘lā b. Murra, d’après son père, qui a dit : Je voyageai avec le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – au cours d’un voyage, et je vis de lui une chose étonnante. Nous descendîmes dans une halte et il dit : « Va vers ces deux arbres (67) et dis : “Le Messager de Dieu vous ordonne de vous rejoindre.” » J’y allai et leur dis cela. Chacun des deux s’arracha de sa racine et se dirigea vers l’autre ; ils se rencontrèrent tous deux. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – satisfit son besoin derrière eux, puis dit : « Va et dis-leur de retourner chacun à sa place. » Je vins à eux et leur dis cela, et chacun repartit jusqu’à revenir à sa place. Une femme vint à lui et dit : « Mon fils que voici est atteint d’une possession (68) depuis sept ans ; elle le prend deux fois par jour. » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Approche-le. » Elle l’approcha de lui. Il cracha dans sa bouche et dit : « Sors, ennemi de Dieu ; je suis le Messager de Dieu. » Puis le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – lui dit : « Quand nous reviendrons, informe-nous de ce qu’il a fait. » Lorsque le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – revint, elle vint à sa rencontre (138) avec deux béliers, du lait caillé (69) et du beurre clarifié. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – me dit : « Prends ce bélier. » Je pris ce qu’il voulut. Elle dit : « Par Celui qui t’a honoré, nous n’avons rien vu de tel depuis que nous t’avons quitté. » Puis un chameau vint à lui et se tint devant lui ; je vis ses yeux pleurer. Il envoya chercher ses compagnons et dit : « Qu’a votre chameau à se plaindre de vous ? » Ils dirent : « Nous travaillions avec lui ; quand il a vieilli et que son travail a cessé, nous avons promis de l’égorger demain. » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Ne l’égorgez pas et mettez-le parmi les chameaux. » Nous a rapporté Yūnus, d’après al-A‘mash, d’après Shumayr b. ‘Aṭiyya, d’après certains de ses maîtres, qui a dit : Une femme vint au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – avec son fils qui était muet. Elle dit : « Ô Messager de Dieu, mon fils que voici n’a pas parlé depuis sa naissance. » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Approche-le. » Elle l’approcha de lui. Il dit : « Qui suis-je ? » Il dit : « Tu es le Messager de Dieu. » Nous a rapporté Yūnus, d’après Ismā‘īl b. ‘Abd al-Malik, d’après Abū al-Zubayr, d’après Jābir, qui a dit : Je sortis avec le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – au cours d’un voyage. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, lorsqu’il voulait se soulager, s’éloignait jusqu’à ce que personne ne le voie. Nous descendîmes dans une halte, dans un désert sans arbre ni arbuste. Il me dit : « Ô Jābir, prends cette outre et viens avec moi. » Je remplis l’outre d’eau et nous partîmes ; nous marchâmes jusqu’à ce que nous ne fussions presque plus visibles. Voici deux arbres entre lesquels il y avait quelques coudées. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Ô Jābir, va et dis à cet arbre : “Le Messager de Dieu te dit de rejoindre ta compagne afin que je m’assoie derrière vous deux.” » Je le fis ; il revint jusqu’à rejoindre sa compagne. Il s’assit derrière eux jusqu’à ce qu’il eût satisfait son besoin. Puis nous revînmes, montâmes nos montures et partîmes, comme si les oiseaux nous ombrageaient. Voici qu’une femme se présenta au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – avec un enfant qu’elle portait. Elle dit : « Ô Messager de Dieu, mon fils que voici, le démon le prend trois fois par jour et ne le laisse pas. » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – s’arrêta, le prit et le plaça entre lui et le devant de la selle. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Tais-toi (70), ennemi de Dieu ; je suis le Messager de Dieu. » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – répéta cela trois fois, puis le lui rendit. Lorsque nous revînmes et que nous fûmes à cette eau, la femme se présenta à nous avec deux béliers qu’elle menait, portant l’enfant. Elle dit : « Ô Messager de Dieu, accepte mon cadeau. Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, cela n’est pas revenu depuis. » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Prenez l’un des deux et laissez l’autre. » Puis nous partîmes, le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – étant parmi nous. Un chameau égaré (71) vint. Lorsqu’il fut entre les deux rangées, il tomba prosterné. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « À qui appartient ce chameau ? » Des jeunes gens des Anṣār dirent : « Il est à nous, ô Messager de Dieu. » Il dit : « Qu’a-t-il ? » Ils dirent : « Nous avons labouré avec lui (139) pendant vingt ans ; quand son âge a avancé et qu’il avait un peu de graisse, nous avons voulu l’égorger pour le partager entre nos serviteurs. » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Le vendez-vous ? » Ils dirent : « Ô Messager de Dieu, il est à toi. » Il dit : « Faites-lui du bien jusqu’à ce que sa mort vienne. » Ils dirent : « Ô Messager de Dieu, nous sommes plus en droit de nous prosterner devant toi que les bêtes ! » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Il ne convient pas qu’un être humain se prosterne devant un être humain ; et si cela devait être, ce seraient les femmes devant leurs maris. » Nous a rapporté Yūnus, d’après al-Mubārak b. Fuḍāla, d’après al-Ḥasan, qui a dit : Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – sortit vers l’un des défilés de La Mecque, alors qu’une tristesse, aussi grande que Dieu le voulut, l’avait envahi, à cause du démenti de son peuple. Il dit : « Seigneur, montre-moi ce qui me rassurera et fera disparaître cette tristesse. » Alors Dieu – Puissant et Majestueux – lui révéla : « Invoque la branche de cet arbre que tu veux. » Il invoqua une branche ; elle s’arracha de sa place, puis traça (72) dans la terre jusqu’à ce qu’elle vînt au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – lui dit : « Retourne à ta place. » La branche retourna, traça dans la terre jusqu’à ce qu’elle fût comme auparavant. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – loua Dieu – Puissant et Majestueux – et son âme s’apaisa. Or les associateurs avaient dit : « Égare-t-il tes pères et tes ancêtres, ô Muḥammad ? » Alors Dieu – Puissant et Majestueux – révéla : « Dis : “Est-ce autre que Dieu que vous m’ordonnez d’adorer, ô ignorants ?” » jusqu’à Sa parole : « Et sois parmi les reconnaissants » (73). Nous a rapporté Yūnus, d’après Mālik b. Mighwal, d’après Ṭalḥa b. Abī Ṣāliḥ, qui a dit : Alors que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – était en voyage, leurs provisions s’épuisèrent, au point que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – faillit égorger certaines de leurs bêtes de somme. ‘Umar b. al-Khaṭṭāb dit : « Ô Messager de Dieu, si tu ordonnais de rassembler ce qui reste des provisions des gens et que tu invoques Dieu pour qu’Il y mette la bénédiction ? » Alors vinrent le propriétaire des dattes et le propriétaire du blé avec son blé – il dit : et Mujāhid dit : et le propriétaire des noyaux avec ses noyaux. Je dis : « Que faisaient-ils des noyaux ? » Il dit : « Ils les mâchaient et buvaient de l’eau par-dessus. » Il invoqua Dieu – Très-Haut – pour qu’Il y mette la bénédiction, et les gens remplirent leurs provisions. Puis il dit à ce moment-là : « Attestez qu’il n’y a de dieu que Dieu et que Muḥammad est le Messager de Dieu. Quiconque croit en Dieu sans en douter ne sera pas voilé du Paradis. » Nous a rapporté Yūnus, d’après al-Qāsim b. al-Faḍl, qui a dit : Abū Naḍra (74) al-‘Abdī m’a raconté, d’après Abū Sa‘īd al-Khudrī, qu’il leur a raconté : Alors qu’un berger faisait paître dans la ḥarra (75), un loup se présenta devant une brebis de son troupeau. Il s’interposa entre le loup et elle. Le loup s’accroupit sur sa queue et dit au berger : « Ne crains-tu pas Dieu, toi qui t’interposes entre moi et la subsistance que Dieu m’a destinée ? » Le berger dit : « Quelle merveille ! Un loup accroupi sur sa queue me parlant comme parlent les humains ! » Le loup lui dit : « Ne t’informé-je pas de quelque chose de plus merveilleux que moi ? Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – raconte aux gens les nouvelles de ce qui a précédé. » Le berger conduisit ses brebis jusqu’à Médine (140), les parqua dans un coin, puis entra chez le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et lui raconta ce que le loup avait dit. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – sortit vers les gens et dit au berger : « Raconte-leur. » Il leur raconta ce que le loup avait dit. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Le berger a dit vrai. Par Celui qui tient mon âme en Sa main, cela fait partie des signes de l’Heure : le parler des bêtes sauvages aux humains. L’Heure ne se lèvera pas avant que les bêtes sauvages ne parlent aux humains, que la lanière de sa sandale ne lui parle, que son fouet ne lui parle, et que sa cuisse ne l’informe de ce que sa famille a fait après lui. »
Nous a rapporté Yūnus, d'après ʿAbd al-Ḥamīd ibn Bahrām al-Fazārī, qui a dit : m'a raconté Shahr ibn Ḥawshab, d'après Abū Saʿīd, qu'il a dit : Alors qu'un homme des Aslam se trouvait parmi son troupeau, le faisant paître dans le désert de Dhū al-Ḥulayfa 68, voilà qu'un loup l'attaqua et lui ravit une brebis de son troupeau. L'homme le poursuivit et le frappa jusqu'à lui reprendre sa brebis. Puis le loup revint, s'accroupit la queue dressée, face à l'homme, et dit : « Ne crains-tu pas Dieu ? Tu m'as empêché de prendre une brebis que Dieu m'avait attribuée ! » L'homme dit : « Par Dieu, je n'ai jamais entendu pareille chose aujourd'hui ! » Le loup dit : « Qu'est-ce qui t'étonne ? » Il dit : « Je m'étonne que tu me parles ! » Le loup dit : « Plus étonnant encore est l'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, entre les deux collines rocheuses 69, parmi les palmiers, qui annonce aux gens ce qui a eu lieu et ce qui va advenir, tandis que toi, tu es ici avec ton troupeau ! » Lorsque l'homme entendit les paroles du loup, il rassembla son troupeau et le conduisit jusqu'à l'entrée de Qubā', le village des Anṣār 70. Il s'enquit de l'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, et le trouva dans la maison d'Abū Ayyūb. Il lui raconta l'histoire du loup. L'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, dit : « Tu as dit vrai. Présente-toi ce soir, et lorsque tu verras les gens rassemblés, raconte-leur cela. » Il le fit. Lorsque l'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, eut prié la prière de midi et que les gens se furent rassemblés, l'homme des Aslam leur raconta l'histoire du loup. L'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, dit : « Il a dit vrai, il a dit vrai, il a dit vrai. Voilà les prodiges qui précèdent l'Heure 71. » Il répéta cela trois fois. « Par Celui qui tient l'âme de Muḥammad dans Sa main, il ne tardera pas que l'homme s'absente de sa famille pour une soirée ou une matinée, puis son fouet, son bâton ou sa sandale l'informe de ce que sa famille a fait après lui 72. » Nous a rapporté Aḥmad : nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : m'a raconté ʿAbd al-Raḥmān al-Aʿraj, d'après Abū Salama ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn ʿAwf, d'après Abū Hurayra, que l'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, a dit – et il a raconté qu'un homme monta une vache et la poussa en la frappant ; elle dit : « Ô serviteur de Dieu, je n'ai pas été créée pour cela ! » Les gens dirent : « Gloire à Dieu ! » L'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, dit : « Vous vous étonnez de cela 73 ? » Ils dirent : « Oui, ô Envoyé de Dieu. » L'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, dit : « Moi, j'y crois, ainsi qu'Abū Bakr et ʿUmar, mais ils n'étaient pas là 74. » Puis l'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, dit : « Un loup attaqua le troupeau d'un homme et en prit une brebis. L'homme la poursuivit jusqu'à la lui arracher 75. Le loup dit : « Toi, aujourd'hui, tu me l'as empêchée ; mais qui l'empêchera le jour du fauve 76, lorsqu'il n'y aura d'autre berger que moi ? » Les gens dirent : « Gloire à Dieu ! » L'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, dit : « Vous vous étonnez de cela ? » Ils dirent : « Oui. » Il dit : « Moi, j'y crois, ainsi qu'Abū Bakr et ʿUmar, mais ils n'étaient pas là. » Nous a rapporté Yūnus, d'après Yaḥyā ibn Abī Anīsa, d'après al-Zuhrī, d'après Saʿīd ibn al-Musayyab, d'après Abū Hurayra, que l'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, a dit : « Alors qu'un berger était avec son troupeau, un loup attaqua et prit une brebis de son troupeau. Le berger la poursuivit jusqu'à la lui reprendre. Le loup se tourna vers lui et dit : « Qui la protégera le jour du fauve, le jour où il n'y aura pas de berger ? » Les gens dirent : « Gloire à Dieu ! » L'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, dit : « Moi, j'y crois, ainsi qu'Abū Bakr et ʿUmar. » Nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Anīsa, d'après al-Zuhrī, d'après Saʿīd ibn al-Musayyab et Abū Salama ibn ʿAbd al-Raḥmān, d'après Abū Hurayra, que l'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, a dit : « Alors qu'un homme conduisait une vache qui lui appartenait, l'ayant chargée, la vache se tourna vers lui et dit : « Je n'ai pas été créée pour cela, mais j'ai été créée pour le labour ! » Les gens dirent : « Gloire à Dieu ! » L'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, dit : « Moi, j'y crois, ainsi qu'Abū Bakr et ʿUmar. » Nous a rapporté Yūnus, d'après al-Sarī ibn Ismāʿīl, d'après al-Shaʿbī, qui a dit : L'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, était dans l'un de ses voyages. Il fit halte et on lui apporta une petite outre d'eau. On lui dit : « Ô Envoyé de Dieu, nous n'avons pas d'autre eau que celle-ci. » Il la versa dans un petit récipient 77, puis mit son doigt au milieu du récipient, le plongea dans l'eau. Les gens venaient alors et faisaient leurs ablutions, puis disaient : « [Cela coule] abondamment 78. » L'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, aperçut les talons de certains d'entre eux que l'eau n'avait pas touchés. Il dit : « Ô Dieu, pardonne à leurs talons ! » Yūnus, d'après Mālik ibn Mighwal, d'après Ṭalḥa, d'après Abū Ṣāliḥ, que l'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, a dit : « Quand rencontrerai-je mes frères ? » On dit : « Ô Envoyé de Dieu, ne sommes-nous pas tes frères ? » Il dit : « Vous êtes mes compagnons ; mes frères sont des gens de ma communauté qui ne m'ont pas vu, qui croient en moi et me déclarent véridique. » Puis l'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, dit : « Quelle créature a la foi la plus étonnante ? » Ils dirent : « Les anges de Dieu. » L'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, dit : « Qu'ont-ils à ne pas croire, alors qu'ils sont auprès de leur Seigneur ! » Ils dirent : « Les prophètes. » Il dit : « Qu'ont-ils à ne pas croire, alors qu'ils reçoivent la révélation ! » Ils dirent : « Les compagnons des prophètes. » L'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, dit : « Qu'ont-ils à ne pas croire, alors que les prophètes de Dieu – qu'Il soit exalté et magnifié – sont parmi eux ! Mais plutôt, des gens de ma communauté qui ne m'ont pas atteint, qui croient en un Livre de leur Seigneur, et y croient et le déclarent véridique. » Nous a rapporté Yūnus, d'après al-Aʿmash, d'après ʿUmāra ibn ʿUmayr, d'après ʿAbd al-Raḥmān ibn Yazīd, qui a dit : Ils évoquèrent le mérite des Compagnons du Prophète, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui. ʿAbd Allāh 79 dit : « Son mérite n'est pas comparable à celui de quiconque l'a vu 80. Par Celui en dehors de qui il n'y a pas de divinité, aucun croyant n'a jamais eu une foi meilleure que celle d'un croyant à l'invisible 81. » Puis ʿAbd Allāh récita : « Alif, Lām, Mīm. Voici le Livre au sujet duquel il n'y a aucun doute... » jusqu'à « ...ceux-là sont les bienheureux 82. » Nous a rapporté Yūnus, d'après Ismāʿīl ibn ʿAbd al-Malik, d'après ʿAṭā', que l'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, dit un jour 83 à ses compagnons alors qu'ils étaient rassemblés autour de lui : « C'est étonnant, mais pas le plus étonnant, qu'un homme parmi vous vous soit envoyé, et que ceux d'entre vous qui croient en lui croient, et que ceux qui le déclarent véridique le déclarent véridique. Voilà qui est étonnant, mais pas le plus étonnant. Mais ce qui est étonnant, et c'est l'étonnement le plus étonnant, ce sont des gens qui croient en moi sans m'avoir vu. » Nous a rapporté Yūnus, d'après Ismāʿīl, qui a dit : m'a raconté Yazīd ibn Abī Ḥabīb, d'après Muzayd ibn ʿAbd Allāh, d'après Abū ʿAbd al-Raḥmān al-Juhanī, qui a dit : Alors que nous étions auprès de l'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, voilà que deux cavaliers du Yémen arrivèrent. Lorsque l'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, les vit, il dit : « Deux Kindites, deux Madhḥijites 84. Ils viennent à l'Envoyé de Dieu pour lui prêter serment d'allégeance. » L'un d'eux, lorsqu'il prit sa main pour lui prêter serment, dit : « Ô Envoyé de Dieu, que dis-tu de celui qui t'a atteint, a cru en toi, t'a déclaré véridique et a attesté que ce que tu as apporté est la vérité ? Qu'a-t-il ? » Il dit : « Bienheureux 85 est-il ! » Puis il lui serra la main et il s'en alla. L'autre s'avança et dit : « Ô Envoyé de Dieu, que dis-tu de celui qui ne t'a pas vu, a cru en toi, t'a déclaré véridique et a attesté que ce que tu as apporté est la vérité ? Qu'a-t-il ? » L'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, dit : « Bienheureux est-il ! » Puis il lui serra la main et il s'en alla. Nous a rapporté Yūnus, d'après Fā'id ibn ʿAbd al-Raḥmān al-ʿAbdī, qui a dit : nous a rapporté ʿAbd Allāh ibn Awfā, que l'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, a dit : « J'ai une grande nostalgie de mes frères. » ʿUmar dit : « Ô Envoyé de Dieu, ne sommes-nous pas tes frères ? » Il dit : « Non, vous êtes mes compagnons ; mes frères sont des gens qui ont cru en moi sans m'avoir vu. » Abū Bakr vint et ʿUmar l'informa de ce que l'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, lui avait dit. L'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, dit : « Ô Abū Bakr, n'aimes-tu pas des gens qui, ayant appris que tu m'aimes, t'ont aimé ? Aime-les, que Dieu les aime. » **L'islam d'Umm Sharīk al-Dawsiyya** Nous a rapporté Yūnus, d'après ʿAbd al-Aʿlā ibn al-Musāwir al-Qurashī, d'après Muḥammad ibn ʿAmr, d'après ʿAṭā', d'après Abū Hurayra, qui a dit : Il y avait une femme de Daws 86 appelée Umm Sharīk qui s'était convertie à l'islam pendant Ramaḍān. Elle se mit en quête de quelqu'un pour l'accompagner auprès de l'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui. Elle rencontra un homme juif qui lui dit : « Qu'as-tu, ô Umm Sharīk ? » Elle dit : « Je cherche un homme pour m'accompagner auprès de l'Envoyé de Dieu. » Il dit : « Viens, je t'accompagne. » Elle dit : « Attends-moi que je remplisse mon outre d'eau. » Il dit : « J'ai avec moi de l'eau, tu n'as pas besoin d'autre chose. » Elle partit donc avec eux. Ils marchèrent tout le jour jusqu'au soir. Le Juif fit halte, posa son repas et dîna. Il dit : « Ô Umm Sharīk, viens dîner. » Elle dit : « Donne-moi à boire de l'eau, car j'ai soif et je ne peux pas manger avant d'avoir bu. » Il dit : « Je ne te donnerai pas à boire tant que tu ne te seras pas faite juive. » Elle dit : « Que Dieu ne te récompense pas en bien ! Tu m'as trompée et tu m'as empêchée d'apporter de l'eau. » Il dit : « Non, par Dieu, je ne t'en donnerai pas une goutte tant que tu ne te seras pas faite juive. » Elle dit : « Non, par Dieu, je ne me ferai jamais juive 87, après que Dieu m'a guidée vers l'islam. » Elle se dirigea vers sa chamelle, l'entrava, posa sa tête sur son genou et s'endormit. Elle dit : « Rien ne me réveilla si ce n'est la fraîcheur d'un seau posé sur mon front. Je levai la tête vers un seau plus blanc que le lait et plus doux que le miel. Je bus jusqu'à être rassasiée, puis j'en aspergeai mon outre jusqu'à ce qu'elle soit mouillée, puis je la remplis. Ensuite, [le seau] s'éleva devant moi tandis que je regardais, jusqu'à disparaître dans le ciel. » Au matin, le Juif vint et dit : « Ô Umm Sharīk. » Elle dit : « Par Dieu, Dieu m'a donné à boire. » Il dit : « D'où ? Est-il descendu sur toi du ciel ? » Elle dit : « Oui, par Dieu, Dieu a fait descendre sur moi [de l'eau] du ciel, puis [le seau] s'est élevé devant moi jusqu'à disparaître dans le ciel. » Puis elle se rendit auprès de l'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, et lui raconta l'histoire. L'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, la demanda en mariage. Elle dit : « Ô Envoyé de Dieu, je ne me juge pas digne de toi, mais ma personne t'appartient ; marie-moi à qui tu voudras. » Il la maria à Zayd et lui ordonna de lui donner trente ṣāʿ 88 de nourriture, en disant : « Mangez et ne mesurez pas 89. » Elle avait avec elle une outre de beurre clarifié 90 en cadeau pour l'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui. Elle dit à sa servante : « Porte cette outre à l'Envoyé de Dieu et dis : Umm Sharīk te salue et dit : voici une outre de beurre clarifié que nous t'offrons. » La servante partit avec. Ils la prirent et la vidèrent. L'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, lui dit : « Suspendez-la et ne la nouez pas 91. » Ils la suspendirent à sa place. Umm Sharīk entra et la vit pleine de beurre clarifié. Elle dit : « Ô une telle, ne t'avais-je pas ordonné de porter cette outre à l'Envoyé de Dieu ? » Elle dit : « Par Dieu, je l'ai portée comme tu m'as dit, puis je l'ai rapportée en la vidant, sans qu'il n'en tombe une goutte. Mais il a dit : « Suspendez-la et ne la nouez pas. » Je l'ai suspendue à sa place. » Umm Sharīk l'avait nouée lorsqu'elle la vit pleine. Ils en mangèrent jusqu'à ce qu'elle soit épuisée, puis ils mesurèrent l'orge et le trouvèrent de trente ṣāʿ, sans qu'il n'en manque rien. **L'islam d'Abū Hurayra de Daws** Nous a rapporté Yūnus, d'après Abū Khalda Khālid ibn Dīnār, d'après Abū al-ʿĀliya, qui a dit : Lorsqu'Abū Hurayra se convertit à l'islam, l'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, dit : « De qui es-tu ? » Il dit : « De Daws. » L'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, posa sa main sur son front, puis la secoua, et dit : « Je ne pensais pas qu'il y eût quelqu'un de bien parmi les Daws. » Nous a rapporté Yūnus, d'après Ibn Isḥāq, qui a dit : m'a raconté l'un de mes compagnons, d'après Abū Hurayra, qui a dit : Mon nom, à l'époque préislamique, était ʿAbd Shams ibn Ṣakhr. Dans l'islam, je me suis nommé ʿAbd al-Raḥmān. Quant au surnom d'Abū Hurayra 92, c'est parce que je gardais ses moutons et que je trouvai des petits d'une chatte sauvage que je mis dans ma manche. Lorsque 93 je ramenai son troupeau le soir, il entendit leurs cris dans ma manche 94 et dit : « Qu'est-ce que cela, ô ʿAbd Shams ? » Je dis : « Des petits d'un chat que j'ai trouvés. » Il dit : « Tu es donc Abū Hurayra 95. » Ce surnom m'est resté. Nous a rapporté Yūnus, qui a dit : Ibn Isḥāq a dit : Il était un intermédiaire 96 à Daws, là où il aimait être parmi eux. Nous a rapporté Yūnus, d'après ʿAbd al-Raḥmān ibn ʿAbd Allāh, d'après Huzān ibn Saʿīd, qui a dit : Je me rendis à Jérusalem et j'y rencontrai ʿAlī ibn ʿAbd Allāh ibn al-ʿAbbās. Je le saluai. Il me dit : « Qui es-tu ? » Je dis : « Un homme d'Édesse 97. » Il dit : « Bienvenue à un homme d'un peuple au sujet duquel l'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, a recommandé le bien. » Puis il dit : « L'Envoyé de Dieu, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui, a dit : « Je vous recommande le bien envers les Édesséniens, les Dawsites et les Dārites 98. » ʿAbd al-Raḥmān prétendait que ce sont des noms de tribus arabes.
L'islam de 'Adī ibn Ḥātim 99 Yūnus nous a rapporté d'après 'Abd al-A'lā ibn Abī al-Musāwir al-Qurashī, d'après 'Āmir al-Sha'bī, d'après 'Adī ibn Ḥātim qui a dit : Le Messager d'Allah ﷺ fut envoyé avec la prophétie alors que je ne connaissais personne parmi les Arabes qui lui était plus hostile et ne le haïssait plus que moi, au point que je rejoignis les Romains. Lorsque me parvint ce à quoi il appelait, à savoir les nobles caractères, et le nombre de gens qui s'étaient rassemblés autour de lui, je partis et vins à lui. Je me tins devant lui alors qu'étaient auprès de lui Ṣuhayb 100, Salmān 101 et Bilāl 102. Le Messager d'Allah ﷺ leva la tête vers moi et dit : « Ô 'Adī ibn Ḥātim, embrasse l'islam et tu seras sauvé. » Je dis : « Ah, ah ! » et je fis agenouiller ma monture. Puis je vins jusqu'à coller mon genou contre le sien. Il me frappa sur la cuisse et dit : « Ô 'Adī ibn Ḥātim, embrasse l'islam et tu seras sauvé. » Je dis : « Qu'est-ce que l'islam ? » Il dit : « Tu attestes qu'il n'y a de dieu qu'Allah et que je suis le Messager d'Allah, et tu crois aux décrets 103 dans leur totalité, leur bien et leur mal, leur doux et leur amer. Ô 'Adī ibn Ḥātim, l'Heure ne viendra pas avant que les trésors de César et de Chosroès 104 ne soient conquis. Ô 'Adī ibn Ḥātim, l'Heure ne viendra pas avant que la femme en palanquin 105 ne parte de al-Ḥīra 106 — et il n'y avait pas encore Kūfa 107 ce jour-là — et ne fasse le tour de cette Ka'ba 108 sans protection. Ô 'Adī ibn Ḥātim, l'Heure ne viendra pas avant que l'homme ne porte une besace d'argent et en fasse le tour sans trouver personne pour l'accepter, et il la frappera contre terre en disant : « Si seulement tu n'avais pas été à moi, si seulement tu avais été poussière. » » Yūnus nous a rapporté d'après Sa'īd ibn 'Abd al-Raḥmān, d'après Muḥammad ibn Sīrīn, d'après Abū 'Ubayda ibn Ḥudhayfa ibn al-Yamān — et je n'ai vu personne plus âgé que lui, et le jour où je le vis il avait quarante ans — d'après un homme surnommé al-Sumayr 109 qui entra chez 'Adī ibn Ḥātim et dit : « Il m'est parvenu à ton sujet un hadith que j'aimerais entendre de ta bouche. » Il dit : « Le Messager d'Allah ﷺ fut envoyé alors que j'étais le plus hostile des gens envers lui, ou parmi les plus hostiles. Je rejoignis les confins de la terre des Arabes du côté des Romains, et je détestais ma situation plus encore que ma première hostilité. Je me dis : « Je vais aller trouver cet homme. S'il est véridique, cela ne m'échappera pas, et s'il est menteur, cela ne m'échappera pas non plus, ou ne me nuira pas. » — Muḥammad [ibn Sīrīn] hésita. Je vins à Médine, et les gens me regardèrent avec intérêt en disant : « 'Adī ibn Ḥātim ! » Je vins trouver le Messager d'Allah ﷺ qui dit : « Ô 'Adī ibn Ḥātim, embrasse l'islam et tu seras sauvé. » Je dis : « J'ai une religion. » Il dit : « Je connais mieux ta religion que toi. » Je dis : « Qu'est-ce qui te fait connaître ma religion mieux que moi ? » Il dit : « N'es-tu pas le chef de ton peuple ? Ne prends-tu pas le quart du butin 110 ? » Je dis : « Si. » Il dit : « Cela ne t'est pas permis dans ta religion. » Cela fit une impression en moi. Il dit : « Ce qui t'empêche d'embrasser l'islam, c'est le dénuement que tu vois [autour de moi], et tu vois les gens se liguer contre nous d'un seul tenant. » — Muḥammad hésita. Je dis : « Oui. » Il dit : « Es-tu allé à al-Ḥīra ? » Je dis : « Non, mais j'en ai entendu parler. » Il dit : « Il se peut que la femme en palanquin parte de al-Ḥīra pour faire le tour de la Maison [la Ka'ba] sans protection, et il se peut que les trésors de Chosroès fils d'Hormuz 111 soient conquis. » Je dis : « Les trésors de Chosroès fils d'Hormuz ? » Il dit : « Les trésors de Chosroès fils d'Hormuz », deux fois. « Et il se peut que l'homme sorte l'aumône de ses biens sans trouver personne pour l'accepter. » Il dit : « J'ai vu la femme en palanquin partir de al-Ḥīra et faire le tour de la Maison sans protection, et j'ai été parmi la première armée à attaquer al-Madā'in 112. Par Allah, la troisième [prédiction] se réalisera certainement, car c'est la parole du Messager d'Allah ﷺ. » Yūnus nous a rapporté d'après Ibrāhīm ibn 'Abd al-Raḥmān al-Shaybānī, d'après Muḥammad ibn Sīrīn, d'après 'Adī ibn Ḥātim qui a dit : Le Messager d'Allah ﷺ nous a dit : « L'Heure ne viendra pas avant que le palais blanc d'al-Madā'in ne soit conquis, et l'Heure ne viendra pas avant que la femme en palanquin ne voyage du Ḥijāz 113 à l'Irak en sécurité sans rien craindre. » Il dit : « J'ai vu ces deux choses. Et l'Heure ne viendra pas avant qu'il n'y ait sur les gens un imam 114 qui distribue l'argent à pleines poignées. » Yūnus nous a rapporté d'après 'Anbasa ibn al-Azhar, d'après Sa'īd ibn Masrūq qui a dit : 'Adī ibn Ḥātim parla à 'Umar 115 d'une affaire, et 'Adī lui dit : « Ô Commandeur des croyants, ne me reconnais-tu pas ? » 'Umar dit : « Si, tu as cru quand ils ont mécru, tu as attesté quand ils ont menti, tu as donné quand ils ont refusé. » [Livre du Prophète pour les Banū Zuhayr ibn Uqaysh.] Yūnus nous a rapporté d'après Qurra ibn Khālid qui a dit : Yazīd ibn 'Abd Allāh ibn al-Shikhkhīr nous a rapporté : Alors que nous étions à ce Mirbad 116, un bédouin aux cheveux ébouriffés passa près de nous, portant un morceau de cuir ou un morceau de besace. Nous dîmes : « On dirait que celui-ci n'est pas du pays. » Il dit : « Oui, c'est une lettre que le Prophète ﷺ m'a écrite. » Les gens dirent : « Donne-la. » Je la pris et la lus. Il y avait : « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ceci est une lettre de Muḥammad le Prophète, Messager d'Allah ﷺ, pour les Banū Zuhayr ibn Uqaysh. » — Abū al-'Alā' 117 dit : « Ce sont une tribu de 'Ukl 118. » — « Si vous attestez qu'il n'y a de dieu qu'Allah, accomplissez la prière, acquittez l'aumône légale, vous séparez des associateurs, et donnez du butin le cinquième, la part du Prophète ﷺ et le ṣafī 119 » — et peut-être dit-il : « et son ṣafī » — « alors vous êtes en sécurité par la sécurité d'Allah et la sécurité de Son Messager ﷺ. » Les gens dirent : « Donne-nous, qu'Allah te bénisse, rapporte-nous ce que tu as entendu du Messager d'Allah ﷺ. » Il dit : « J'ai entendu le Messager d'Allah ﷺ dire : « Le jeûne du mois de la patience 120 et trois jours de chaque mois font disparaître la rancune de la poitrine 121. » » Les gens dirent : « As-tu entendu cela du Messager d'Allah ﷺ ? » Il dit : « Ne pensez-vous pas que je craigne de mentir sur le Messager d'Allah ﷺ ? Non, par Allah, je ne vous rapporterai aucun hadith aujourd'hui. » Puis il se pencha vers la feuille, la prit et s'en alla en tournant le dos. Yūnus nous a rapporté d'après Yūnus ibn 'Amr, d'après son père, d'après Abū Tamīma al-Hujaymī qui a dit : Un bédouin vint au Messager d'Allah ﷺ et dit : « Ô Muḥammad, à quoi appelles-tu ? » Il dit : « Je t'appelle à Celui qui, si un malheur t'atteint et que tu L'invoques, dissipe ton malheur ; à Celui qui, si tu te trouves dans un désert et que tu égares ta monture et que tu L'invoques, te la ramène ; à Celui qui, si une année de sécheresse te frappe et que la terre devient stérile et que tu L'invoques, fait pousser pour toi. » Le bédouin dit : « Qu'il est beau cela ! Donne-moi une recommandation. » Le Messager d'Allah ﷺ dit : « Je te recommande de ne pas envier les gens, de ne pas te détourner du bien, de rencontrer ton frère avec un visage souriant, et si tu n'as qu'un seau d'eau et qu'il te demande de lui en verser, verse-lui. Évite de laisser traîner ton pagne 122, car cela est de l'orgueil, et Allah, le Puissant et Majestueux, n'aime pas l'orgueil. » Yūnus nous a rapporté d'après Yūsuf ibn Maymūn, d'après al-Ḥasan [al-Baṣrī] 123 qui a dit : Un homme des notables des bédouins vint au Messager d'Allah ﷺ et dit : « Ô Muḥammad, à quoi appelles-tu ? » Il dit : « Je t'appelle à Celui qui, si tu es frappé par la sécheresse et que tu L'invoques, fait pousser pour toi ; si tu égares ta monture et que tu L'invoques, te la ramène ; si une détresse, un souci ou une tristesse t'atteint et que tu L'invoques, les dissipe. » Puis il embrassa l'islam, resta aussi longtemps qu'Allah voulut, puis dit : « Ô Messager d'Allah, je veux retourner auprès de ma famille. Donne-moi une recommandation. » Le Messager d'Allah ﷺ dit : « Je te recommande la crainte d'Allah et de faire l'aumône. » Il dit : « De quoi dois-je faire l'aumône ? » Il dit : « De tes chameaux. » Il dit : « Nous avons tous des chameaux. » Il dit : « De tes moutons. » Il dit : « Nous avons tous des moutons. » Il dit : « De tes biens. » Il dit : « Nous avons tous des biens. » Le Messager d'Allah ﷺ dit : « Ô toi, retiens ta langue vis-à-vis des gens, car c'est pour toi une aumône et une bonne action. » L'islam de Jarīr ibn 'Abd Allāh 124 Yūnus nous a rapporté d'après Dāwūd ibn Zayd, d'après 'Āmir al-Sha'bī, d'après Jarīr ibn 'Abd Allāh qui lui a rapporté : Je vins au Messager d'Allah ﷺ pour lui prêter serment d'allégeance. Le Messager d'Allah ﷺ dit : « Montre-moi ta main, ô Jarīr. » Je dis : « Sur quoi ? » Il dit : « Sur le fait que tu te soumettes à Allah et que tu sois sincère envers tout musulman. » Jarīr comprit, car il était un homme intelligent, et dit : « Ô Messager d'Allah, dans la mesure de mon possible. » Cela fut pour lui et pour les gens après lui. Jarīr dit : « J'ai entendu le Messager d'Allah ﷺ dire : « L'islam est bâti sur cinq [piliers] : l'attestation qu'il n'y a de dieu qu'Allah, l'accomplissement de la prière, l'acquittement de l'aumône légale, le pèlerinage à la Maison [la Ka'ba], et le jeûne de Ramadan. » » Yūnus nous a rapporté d'après Qays ibn al-Rabī', d'après Simāk ibn Ḥarb et 'Abd Allāh ibn 'Umar, d'après Jābir ibn Samura qui a dit : J'ai entendu le Messager d'Allah ﷺ dire : « Un groupe de musulmans conquerra certainement la terre de Chosroès. » Yūnus nous a rapporté d'après Qays ibn al-Rabī', d'après Jabala ibn Suḥaym, d'après Mu'aththir ibn Ghifāra al-'Abdī qui a dit : Je descendis chez Ibn al-Khaṣāṣiyya 125 avec une troupe de 'Abd al-Qays 126. Il dit : « Le Messager d'Allah ﷺ m'a fait prêter serment d'allégeance sur les cinq prières, le jeûne de Ramadan, le pèlerinage à la Maison, l'aumône légale de bon gré, et le combat dans le sentier d'Allah. Je dis : « Ô Messager d'Allah, tout cela, je ne le peux pas. Quant à l'aumône légale, je n'ai qu'un bien dont je vis et dont ma famille dépend ; quant au combat, je crains que mon âme ne faiblisse et que je ne fuie, encourant ainsi la colère d'Allah. » Il retira sa main de moi et dit : « Ni combat ni aumône, alors par quoi entreras-tu au Paradis ? » Je dis : « Ô Messager d'Allah, tends ta main, je te prête serment sur tout cela. » Il tendit sa main et je lui prêtai serment. » Yūnus nous a rapporté d'après Yaḥyā ibn Abī Ḥayya al-Kalbī, d'après Zādhān, d'après Jarīr ibn 'Abd Allāh qui a dit : Nous sortîmes avec le Messager d'Allah ﷺ sur des chamelles qui mangeaient du nawā 127. Lorsque nous atteignîmes le désert, un cavalier apparut, se dirigeant vers nous au galop. Le Messager d'Allah ﷺ dit : « Celui-ci vous cherche. » Lorsqu'il s'approcha, le Messager d'Allah ﷺ dit : « D'où viens-tu ? » Il dit : « De mes biens, de ma famille et de ma tribu. » Il dit : « Où veux-tu aller ? » Il dit : « Je veux aller au Messager d'Allah. » Il lui dit : « Tu as bien fait. » Puis il lui dit : « Ô Messager d'Allah, enseigne-moi l'islam. » Lorsque nous vîmes que le Messager d'Allah ﷺ s'était tourné vers lui, nous entourâmes sa chamelle. Il lui dit : « Atteste qu'il n'y a de dieu qu'Allah et que Muḥammad est le Messager d'Allah. » Il dit : « Je l'accepte. » Il dit : « Accomplis les prières prescrites. » Il dit : « Je l'accepte. » Il dit : « Acquitte l'aumône légale obligatoire. » Il dit : « Je l'accepte. » Il dit : « Fais le pèlerinage à la Maison. » Il dit : « Je l'accepte. » Il dit : « Jeûne Ramadan. » Il dit : « Je l'accepte. » Le Messager d'Allah ﷺ dit : « Voilà l'islam. » Il chemina avec le Messager d'Allah ﷺ, puis le pied de sa chamelle se prit dans un trou de rat et elle trébucha, et l'homme tomba sur la tête. Le Messager d'Allah ﷺ dit : « Votre frère ! » Ḥudhayfa 128 et 'Ammār 129 bondirent vers lui et le soutinrent. Ils dirent : « Ô Messager d'Allah, l'homme est mort. » Il se détourna de lui aussi longtemps qu'Allah voulut, puis tourna son visage et dit : « N'avez-vous pas vu quand je me suis détourné ? J'ai vu deux anges qui mettaient dans sa bouche des fruits du Paradis, et j'ai su que l'homme avait faim. » Le Messager d'Allah ﷺ dit : « Il a peu œuvré mais a une grande récompense. Celui-ci, par Allah, est de ceux qui ont cru et n'ont pas entaché leur foi d'injustice ; ceux-là ont la sécurité et ils sont bien guidés 130. Portez votre frère. » Nous le portâmes. Lorsque nous arrivâmes avec lui à l'eau, le Messager d'Allah ﷺ dit : « Lavez-le, enveloppez-le dans un linceul et embaumez-le. » Nous fîmes ainsi. Puis il pria sur lui. Ensuite, le Messager d'Allah ﷺ s'assit au bord de la tombe et dit : « Creusez-lui une niche latérale 131, car la niche est pour nous et la fosse pour les autres. » Yūnus nous a rapporté d'après 'Abd al-Raḥmān ibn Umayn al-Kinānī qui a dit : Muḥammad ibn 'Alī ibn al-Ḥusayn ibn 'Alī ibn Abī Ṭālib 132 m'a rapporté, et al-Zuhrī 133 m'a rapporté, ils ont dit : Un bédouin vint au Messager d'Allah ﷺ et dit : « Mes gens ont embrassé l'islam, mais l'islam n'a fait qu'accroître leur pauvreté. » Le Messager d'Allah ﷺ se tourna vers un homme à qui il avait confié des dépenses et dit : « J'ai dépensé tout ce que j'avais. » Un Juif qui se tenait derrière le Messager
Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : « Cet homme te donne des feuilles 134, il te prête des dattes d'un jardin de tel et tel endroit. » Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : « Nous ne te nommons pas un jardin, mais prête-nous des dattes déterminées, d'une mesure connue, jusqu'à un terme connu. » Le Juif a alors conclu le marché avec lui, puis il a réclamé des feuilles qu'il avait. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : « Donne-les au Bédouin, va secourir ton peuple avec cela. » Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) est sorti pour une funéraille. Lorsque le mort fut placé dans sa tombe et qu'ils eurent jeté de la terre sur lui, le Juif se leva et dit : « Ô Muhammad, ne vas-tu pas me payer mes dattes ? Par Dieu, je ne connais de vous, ô fils de 'Abd al-Muttalib, que le fait de différer les gens dans leurs droits. » 'Umar ibn al-Khattâb (que Dieu l'agrée) dit : « Par Dieu, sans sa présence, je t'aurais frappé le nez. » Al-Zuhrî a dit : « Je t'aurais frappé le museau. » Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : « Ô 'Umar, tu as plus besoin d'autre chose : ordonne-lui de bien demander, et ordonne-moi de bien payer. Va avec lui au jardin de tel et tel endroit – c'est celui que le Juif voulait du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), mais il avait refusé de le lui nommer – fais-le entrer, et dis à untel de découvrir la nourriture pour la lui montrer. S'il l'agrée, ordonne-lui de lui donner son dû, et donne-lui tant et tant de sâ' 135 pour ton insulte envers lui. » 'Umar partit avec lui, le lui montra, et il l'agréa. Il mesura pour lui ce que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui avait ordonné. Le Juif dit à 'Umar : « Il ne restait rien de ce que nous avons trouvé dans notre Livre de ce que Moïse (sur lui la paix) nous a décrit, que nous ne l'ayons vu en Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue), sauf la clémence ; nous l'avons maintenant vue de sa part. Je te prends à témoin que j'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu et que Muhammad est le Messager de Dieu, et j'atteste que la moitié de ce que je possède est une aumône pour ceux qui croient en Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue). » 'Umar lui dit : « Ton conseil est obligatoire, mais cela ne peut les englober tous ; fais-le plutôt pour ceux qui sont avec le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). » Il le fit. Ensuite, ce Juif mourut. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) sortit, porta son brancard sur son épaule droite, et 'Alî porta aussi son brancard sur son épaule gauche. Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq, qui a dit : Muhammad ibn Ibrâhîm ibn al-Hârith al-Taymî m'a raconté : 'Abd Allâh ibn Muzayna, dit Dhû l-Bijâdayn 136, était sous la tutelle de son oncle paternel, qui lui donnait et était bon envers lui. Lorsque son oncle apprit qu'il avait suivi la religion de Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue), il lui dit : « Si tu fais cela et suis Muhammad, je t'enlèverai tout ce que je t'ai donné. » Il dit : « Je suis musulman. » Alors il lui enleva tout ce qu'il lui avait donné, jusqu'à le dépouiller de son vêtement. Il vint chez sa mère, qui coupa pour lui un bijâd 137 en deux : il se ceignit d'une moitié et se couvrit de l'autre. Puis, au matin, il pria avec le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) la prière de l'aube. Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) eut prié, il parcourut les gens du regard pour voir qui était venu – c'est ainsi qu'il faisait. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) le vit et dit : « Qui es-tu ? » Il dit : « Je suis 'Abd al-'Uzzâ. » Il dit : « Mais tu es 'Abd Allâh Dhû l-Bijâdayn. Attache-toi à ma porte. » Il resta donc à la porte du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), et il élevait la voix par la récitation du Coran 138, les sanglots et la glorification. 'Umar ibn al-Khattâb dit : « Ô Messager de Dieu, est-ce mon émir ? » Il dit : « Laisse-le, car il est l'un des Awwâhîn 139. » [Le récit du voyage nocturne du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) à Jérusalem, la nuit où le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) fit le voyage nocturne] Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq, qui a dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) appela des gens à l'islam, leur parla et leur transmit le message, selon ce qui m'est parvenu. Zam'a dit : « Si seulement un ange était avec toi pour parler aux gens et être vu avec toi. » Parole de Dieu Très-Haut : « Si seulement un ange était descendu sur lui » 140. Ensuite, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) fit le voyage nocturne de la Mosquée Sacrée à la Mosquée Lointaine, qui est Jérusalem, à Iliyâ' 141. L'islam s'était répandu à La Mecque et dans toutes les tribus. Son voyage nocturne et ce qui en est mentionné furent une épreuve, une purification, un ordre de Dieu Puissant et Majestueux dans Sa puissance et Son autorité, une leçon pour les doués d'intelligence, une guidance, une miséricorde et une clarification pour ceux qui croient et attestent, et qui sont certains de l'ordre de Dieu. Il fit le voyage nocturne comme Il voulut et comme Il le voulut, pour lui montrer de Ses signes ce qu'Il voulut, jusqu'à ce qu'il vît ce qu'il vit de l'ordre de Dieu Puissant et Majestueux, de Sa grande autorité et de Sa puissance par laquelle Il fait ce qu'Il veut, jusqu'à ce qu'il mentionnât ceux qui le croyaient. Ahmad nous a rapporté : Yûnus nous a rapporté d'après Ibn Ishâq, qui a dit : Certains de la famille d'Abû Bakr m'ont raconté d'après 'Â'isha qu'elle disait : « Le corps du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) n'a pas été perdu, mais Dieu Puissant et Majestueux a fait voyager son esprit. » Puis il décrivit à ses compagnons Abraham, Jésus et les prophètes, ce qui lui fut apporté comme eau, vin et lait, et il but des récipients de Gabriel et de Jésus fils de Marie (sur eux la paix). Il dit : « On m'a montré le Paradis et l'Enfer, et on m'a montré dans le ciel telle et telle chose. » Il dit : « Et la prière m'a été prescrite. » Yûnus nous a rapporté d'après Ibrâhîm ibn Ismâ'îl ibn Majma' al-Ansârî, qui a dit : Ibn Shihâb al-Zuhrî m'a raconté, qui a dit : Sa'îd ibn al-Musayyab m'a informé que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : « J'ai rencontré Abraham, Moïse et Jésus près de Jérusalem. Jésus était un homme rouge, comme s'il sortait d'un dîmâs 142. Moïse était un homme basané 143, robuste, comme s'il était des hommes de Shanû'a 144. Et je suis le plus ressemblant des enfants d'Abraham à lui. On m'apporta deux coupes : une coupe de lait et une coupe de vin. Je choisis la coupe de lait. Gabriel (sur lui la paix) dit : « Tu as été guidé vers la fitra 145. Si tu avais pris la coupe de vin, ta communauté aurait dévié. » Et la prière fut établie, et je les dirigeai. » Ibn Shihâb a dit : 'Abd Allâh ibn 'Umar a dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) n'a pas dit de Jésus fils de Marie qu'il était rouge comme sortant d'un dîmâs, mais il a dit : 'On m'a montré que je tournais autour de la Maison, et voici un homme rouge, décharné, marchant entre deux hommes, sa tête dégouttant, ou de l'eau coulant de sa tête. Je dis : Qui est-ce ? On dit : C'est Jésus fils de Marie. Puis je me retournai, et voici un homme rouge, borgne de l'œil droit, comme si son œil était un grain de raisin flottant. Je dis : Qui est-ce ? On dit : C'est le Dajjâl 146.' » Yûnus nous a rapporté d'après Khâlid ibn Dînâr al-Basrî, d'après Fudayl al-A'war, qui a dit : J'assistai à une funéraille où se trouvait Anas ibn Mâlik. Abû l-'Âliya 147 vint, alors qu'on avait déjà prié sur la funéraille. Il enjamba les gens jusqu'à parvenir à Anas ibn Mâlik et dit : « Ô Abû Hamza, as-tu un burnous ou deux burnous ? Je t'ai vu la nuit dernière dans cet endroit avec deux burnous. » Il dit : « La vérité, tu n'as pas vu. J'ai mon burnous que tu vois, et le burnous de l'islam. » Ils discutèrent du rêve. Anas dit : « J'étais à Médine et je tombai malade d'une maladie qui me fit frôler la mort. Abraham et Moïse (sur eux la paix) vinrent à moi. Abraham s'assit à ma tête et Moïse à mes pieds. Je me réveillai et guéris. » Abû l-'Âliya dit : « Et moi, j'étais au Khorassan et je tombai malade d'une maladie qui me fit frôler la mort. Abraham et Moïse vinrent à moi. L'un s'assit à ma tête et l'autre à mes pieds. Je me réveillai et guéris. » Anas ibn Mâlik dit : « Décris-les-moi, car ton rêve est issu du mien. » Il dit : « Quant à Abraham, c'est un homme blanc, à la tête et à la barbe blanches, à la chair maigre, au long nez. Quant à Moïse, c'est un homme velu, très brun, aux larges épaules, ses cheveux tombant jusqu'à ses épaules. » Anas dit : « C'est ainsi que je les ai vus. » Yûnus nous a rapporté d'après Zakariyyâ, d'après al-Sha'bî, qui a dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a comparé trois hommes de sa communauté : il a dit : « Dihya al-Kalbî ressemble à Gabriel 148, 'Urwa ibn Mas'ûd al-Thaqafî ressemble à Jésus fils de Marie 149, et 'Abd al-'Uzzâ ressemble au Dajjâl. » Yûnus nous a rapporté d'après 'Anbasa ibn al-Azhar, d'après Simâk ibn Harb, d'après 'Ikrima, qui a dit : Lors de l'affaire des Banû Qurayza, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) envoya 'Alî vers eux. Gabriel vint au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) sur un cheval pie. 'Â'isha dit : « Comme si je voyais le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) essuyer la poussière du visage de Gabriel. Je dis : Est-ce Dihya al-Kalbî, ô Messager de Dieu ? Il dit : C'est Gabriel. » Yûnus nous a rapporté d'après al-Mubârak ibn Fudâla, d'après al-Hasan, qui a dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : « Je passai près de Moïse, qui se tenait debout en prière dans sa tombe : un homme basané 150, aux cheveux crépus, le plus ressemblant que j'aie vu aux hommes de Shanû'a. Et je passai près de Jésus : il me salua, un jeune homme grand, bien peigné, avec une teinte de rougeur. » Yûnus nous a rapporté d'après Asbât ibn Nasr, d'après Ismâ'îl al-Suddî, qui a dit : Les cinq prières furent prescrites au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) à Jérusalem la nuit de son voyage nocturne, seize mois avant son émigration. [Le récit de l'appel à la prière] Yûnus nous a rapporté d'après 'Abd al-Rahmân ibn 'Abd Allâh ibn 'Utba, d'après 'Amr ibn Murra, d'après 'Abd al-Rahmân ibn Abî Laylâ, d'après Mu'âdh ibn Jabal, qui a dit : La prière fut modifiée trois fois, et le jeûne fut modifié trois fois. Quant aux modifications de la prière : le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) arriva à Médine et pria en direction de Jérusalem pendant dix-sept mois. Ensuite, Dieu Puissant et Majestueux changea la direction vers la qibla 151 : ce fut une modification. Ils faillirent se diviser 152 au moment de la prière. 'Abd Allâh ibn Zayd al-Ansârî vint et dit : « Ô Messager de Dieu, si je t'informe que je n'étais pas endormi, tu me croiras, si Dieu le veut. Alors que j'étais entre le sommeil et l'éveil, je vis une personne vêtue de vert, qui se tourna vers la qibla et dit : 'Allâhu akbar, Allâhu akbar' deux fois, 'Ashhadu an lâ ilâha illâ Allâh' deux fois, 'Ashhadu anna Muhammadan Rasûl Allâh' deux fois, 'Hayya 'alâ l-salâh' deux fois, 'Hayya 'alâ l-falâh' deux fois, 'Allâhu akbar, Allâhu akbar, Lâ ilâha illâ Allâh'. Puis il attendit un moment, puis se leva et dit la même chose, sauf qu'après 'Hayya 'alâ l-falâh', il dit : 'Qad qâmati l-salâh, qad qâmati l-salâh, Allâhu akbar, Allâhu akbar, Lâ ilâha illâ Allâh' – l'adhan et l'iqâma 153 deux fois deux fois. » Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Enseigne-le à Bilâl. » Il ordonna à Bilâl, qui fit l'adhan ainsi. 'Umar ibn al-Khattâb vint et dit : « Ô Messager de Dieu, j'ai vu la même chose que ce que l'Ansârî a vu, mais il m'a devancé auprès de toi. » Ce fut une autre modification. Un homme, lorsqu'il arrivait auprès des gens alors qu'ils étaient en prière, leur demandait : « Combien avez-vous prié ? » Ils lui indiquaient par un ou deux doigts combien, et il commençait par ce qu'il avait manqué, puis entrait dans le reste de la prière. Mu'âdh vint et trouva le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) ayant déjà prié une partie de sa prière. Il se tint ferme sur ce qu'il avait rattrapé et pria. Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) eut terminé sa prière, Mu'âdh se leva et accomplit ce qu'il avait manqué. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Mu'âdh vous a montré 154 ; faites ainsi. » Ce fut une modification. Quant au jeûne : le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) arriva à Médine et jeûna le jour de 'Âshûrâ' 155 et trois jours de chaque mois. Ensuite, Dieu Puissant et Majestueux prescrivit le mois de Ramadan. Dieu Puissant et Majestueux révéla : « Ô vous qui avez cru, le jeûne vous est prescrit » jusqu'à Sa parole : « et pour ceux qui peuvent le supporter, une rançon : nourrir un pauvre » 156. Ainsi, celui qui voulait jeûnait, et celui qui voulait rompait le jeûne et nourrissait un pauvre. Ensuite, Dieu Puissant et Majestueux rendit le jeûne obligatoire pour le sain résident, et prescrivit la nourriture pour le vieux qui ne peut jeûner. Dieu Puissant et Majestueux révéla : « Quiconque d'entre vous est présent au mois, qu'il jeûne » jusqu'à la fin du verset 157. Ils mangeaient, buvaient et approchaient leurs femmes tant qu'ils ne dormaient pas. Lorsqu'ils dormaient, ils cessaient de manger, boire et approcher les femmes. Un homme des Ansâr, nommé Sarma 158, travaillait dans son champ. Lorsqu'il fut près de rompre le jeûne, il dormit et se réveilla – c'est-à-dire au matin – et se retrouva à jeûner, ce qui lui causa une grande fatigue. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui dit : « Pourquoi te vois-je fatigué ? »
Il lui raconta ce qui lui était arrivé. Un homme se déroba à lui-même en ayant des rapports avec les femmes, alors Allah – Puissant et Majestueux – révéla : « Il vous a été permis, la nuit du jeûne, d'avoir des rapports avec vos femmes » 159 jusqu'à la fin du verset. Yunus nous a rapporté d'après Abd al-Rahman ibn Abd Allah, d'après al-Qasim, qui a dit 160 : Le premier à avoir fait l'appel à la prière fut Bilal. Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Al-Zuhri m'a rapporté : Uthman ibn Maz'un arriva auprès du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – et le trouva en prière. Il le salua, et le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – lui répondit alors qu'il était en prière. Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Abu al-Zinad m'a rapporté d'après Amir al-Sha'bi, d'après Abd Allah ibn Mas'ud : J'entrai et saluai le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – alors qu'il était en prière. Il fit un geste et ne me rendit pas le salut. Je lui dis : « Pourquoi as-tu répondu à Uthman ibn Maz'un et ne m'as-tu pas répondu ? » Il dit – qu'Allah prie sur lui et le salue : « Allah – Puissant et Majestueux – alterne la nuit et le jour 161 comme Il le veut... et... il ne m'arrive rien sans que je ne salue dans la prière. » Ahmad nous a rapporté : Yunus nous a rapporté d'après Ibn Ishaq, qui a dit : Muhammad ibn Abi Muhammad, affranchi de Zayd ibn Thabit, m'a rapporté, qui a dit : ... ou Ikrima – Muhammad ibn Abi Muhammad douta – d'après Ibn Abbas, qui a dit : La direction de la prière fut détournée du Sham 162 vers la Ka'ba au mois de Rajab, après dix-sept mois depuis l'arrivée du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – à Médine... le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – ... Amr et Ka'b ibn al-Ashraf ibn Abi Ka'b ibn al-Ashraf et al-Rabi' ibn al-Rabi' 163 153. Deuxième partie du Livre des Expéditions (feuillets de la bibliothèque al-Zahiriyya à Damas) Troisième partie du Livre des Expéditions D'après Abu Ja'far Abd Allah ibn Muhammad ibn Ali ibn Nufayl al-Harrani, rapporté par Abu Shu'ayb Abd Allah ibn al-Hasan al-Harrani, d'après ce que lui a rapporté Abu Ali Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan al-Sawwaf, rapporté par le cheikh vertueux Abu al-Fath Muhammad ibn Ahmad ibn Abi al-Fawaris, d'après ce que nous a rapporté le cheikh vénérable, l'imam, le mémorisateur Abu Bakr Ahmad ibn Ali ibn Thabit al-Khatib al-Baghdadi – qu'Allah l'agrée – par audition de Tahir ibn Barakat ibn Ibrahim ibn Ali ibn Muhammad ibn Ali al-Khashshu'i al-Qurashi. Qu'Allah lui en fasse profiter. Suit l'expédition d'al-Sawiq, l'expédition de Dhi Amr vers Najd, en l'an trois. Arrêt : Isma'il ibn Ibrahim ibn Salim al-Ansari y lut – qu'Allah lui pardonne. Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Je me confie à Allah. Le cheikh, l'imam, le mémorisateur Abu Bakr Ahmad ibn Ali ibn Thabit al-Khatib al-Baghdadi nous a informés à Damas au mois de Ramadan de l'an quatre cent cinquante-quatre, disant : Abu Nu'aym le mémorisateur nous a informés, disant : Abu Ali Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan al-Sawwaf nous a rapportés, disant : Abu Shu'ayb al-Harrani nous a rapportés : al-Nufayli nous a rapportés : Muhammad ibn Salama nous a rapportés d'après Muhammad ibn Ishaq, qui a dit : Puis Il – Béni et Très-Haut – dit : « Et lorsque le Diable embellit pour eux leurs actions et dit : Nul ne peut vous vaincre aujourd'hui parmi les hommes, et je suis votre protecteur » 164 le verset. Et il mentionna la séduction d'Iblis 165 à leur égard en prenant l'apparence de Suraqa ibn 166 Ja'sham pour eux, lorsqu'il leur rappela ce qui était entre eux et les Banu Bakr ibn Abd Manat ibn Kinana dans la guerre qui avait eu lieu entre eux et lui. Allah – Puissant et Majestueux – dit à Son Prophète – qu'Allah prie sur lui et le salue : « Quand les deux troupes se virent » et que l'ennemi d'Allah vit les armées d'Allah parmi les anges dont Allah avait renforcé Son Messager et les croyants contre leur ennemi, « il tourna les talons et dit : Je vous désavoue, car je vois ce que vous ne voyez pas » et l'ennemi d'Allah dit vrai : il vit ce qu'ils ne voyaient pas. Il dit : « Je crains Allah, et Allah est dur en punition. » Il les mena puis les abandonna. On m'a rapporté qu'ils le voyaient à chaque étape sous l'apparence de Suraqa, sans le reconnaître, jusqu'au jour de Badr, quand les deux armées se rencontrèrent. Celui qui le vit lorsqu'il tourna les talons fut al-Harith ibn Hisham et Umayr ibn Wahb al-Jumahi. L'un d'eux mentionna : « Où es-tu, Suraqa ? » et l'ennemi d'Allah s'enfuit. Puis Allah mentionna les gens de la mécréance et ce qu'ils subissent à leur mort, les décrivant par leur description, jusqu'à ce qu'Il informe Son Prophète à leur sujet, jusqu'à Sa parole : « Si tu les maîtrises à la guerre, inflige-leur un châtiment exemplaire afin de disperser ceux qui sont derrière eux, peut-être se souviendront-ils » 167 c'est-à-dire : châtie-les sévèrement derrière eux, peut-être comprendront-ils. « Et préparez contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, pour effrayer l'ennemi d'Allah et votre ennemi » 168 jusqu'à Sa parole : « Et tout ce que vous dépensez dans le chemin d'Allah vous sera remboursé et vous ne serez pas lésés » 169 c'est-à-dire : votre récompense auprès d'Allah dans l'au-delà ne sera pas perdue, et vous en aurez un prompt remplacement dans ce monde. Puis Il dit : « Et s'ils inclinent à la paix, incline vers elle » 170 c'est-à-dire : s'ils t'invitent à la paix, c'est-à-dire à l'islam, alors fais la paix avec eux là-dessus, « et confie-toi à Allah » car Allah te suffit. Certes, Allah « est Celui qui entend et sait tout ». « Et s'ils veulent te tromper, alors Allah te suffit » 171 Il est garant de cela. « C'est Lui qui t'a soutenu par Son secours » après la faiblesse « et par les croyants » « et Il a uni leurs cœurs » 172 dans la guidée, par ce qu'Il t'a envoyé vers eux. « Si tu avais dépensé tout ce qui est sur terre, tu n'aurais pas uni leurs cœurs, mais Allah les a unis » par Sa religion qui les a rassemblés. « Il est Puissant et Sage. » Et Il dit : « Ô Prophète, Allah te suffit, ainsi que ceux qui te suivent parmi les croyants. Ô Prophète, incite les croyants au combat. S'il y a parmi vous vingt endurants, ils vaincront deux cents ; et s'il y a parmi vous cent, ils vaincront mille de ceux qui ont mécru, parce que ce sont des gens qui ne comprennent pas » 173 c'est-à-dire : ils ne combattent pas avec une intention, ni une vérité, ni une connaissance du bien ou du mal. Abd Allah ibn al-Hasan al-Harrani nous a informés, disant : al-Nufayli nous a rapportés, disant : Muhammad ibn Salama nous a rapportés d'après Muhammad ibn Ishaq, qui a dit : Abu Ja'far Muhammad ibn Ali m'a rapporté, qui a dit : Le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – a dit : « J'ai été secouru par la terreur, la terre m'a été rendue lieu de prière et purificatrice, il m'a été donné les paroles synthétiques, le butin m'a été rendu licite alors qu'il ne l'avait été à aucun prophète avant moi, et il m'a été donné l'intercession. Cinq choses qui n'ont été données à aucun prophète avant moi. » « Il n'appartient pas à un prophète » avant toi « d'avoir des prisonniers » de son ennemi « avant d'avoir dominé sur terre » 174 c'est-à-dire : jusqu'à ce qu'il ait dominé son ennemi au point de le chasser de la terre. « Vous voulez les biens de ce monde » c'est-à-dire les biens, la rançon en prenant des hommes, « tandis qu'Allah veut l'au-delà » 175 c'est-à-dire en les tuant pour faire triompher la religion qu'ils veulent manifester, par laquelle on atteint l'au-delà. « N'eût été un décret préalable d'Allah, un châtiment terrible vous aurait touchés pour ce que vous avez pris » 176 des prisonniers et du butin. C'est-à-dire : n'eût été qu'Il a décrété de ne pas châtier avant d'avoir interdit, et Il ne leur avait pas interdit, Il vous aurait châtiés pour ce que vous avez fait. Puis Il le leur rendit licite par miséricorde, grâce et bienfait de la part du Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, en disant : « Mangez donc de ce que vous avez acquis comme butin, licite et bon, et craignez Allah. Certes, Allah est Pardonneur et Miséricordieux. Ô Prophète, dis à ceux qui sont entre vos mains parmi les prisonniers : Si Allah sait qu'il y a du bien dans vos cœurs, Il vous donnera mieux que ce qui vous a été pris et vous pardonnera. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux » 177. Al-Abbas ibn Abd al-Muttalib disait : C'est à mon sujet, par Allah, que cela a été révélé, lorsque j'ai mentionné au Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – mon islam et lui ai demandé de me compenser 178 pour les vingt onces 179 qu'il avait prises de moi. Il refusa, mais Allah me les compensa par vingt esclaves, chacun commerçant, qui firent fructifier mes biens, en plus de ce que j'espère de Sa miséricorde et de Son pardon 180. Puis Il incita les musulmans à la solidarité et fit des émigrés et des auxiliaires une alliance dans la religion, à l'exclusion des autres. Puis Il fit des mécréants les alliés les uns des autres 181. Il dit : « Si vous ne le faites pas, il y aura une tentation sur terre et un grand désordre » 182 c'est-à-dire : que le croyant prenne pour allié le croyant à l'exclusion du mécréant, même s'il est un parent, « il y aura une tentation » c'est-à-dire un doute sur la vérité et le faux, dans l'apparition du désordre sur terre, par l'alliance du croyant avec le mécréant au lieu du croyant. Puis Il rendit les héritages aux parents proches parmi ceux qui avaient embrassé l'islam après l'alliance des émigrés et des auxiliaires, et les ramena aux liens de parenté entre eux, en disant : « Et ceux qui ont cru après cela, ont émigré et ont lutté avec vous, ceux-là sont des vôtres. Et les liens de parenté sont plus proches les uns des autres dans le Livre d'Allah » 183 c'est-à-dire pour l'héritage. « Certes, Allah est Omniscient » 184. Le nombre total de ceux qui assistèrent à Badr parmi les musulmans, émigrés et auxiliaires, Aws et Khazraj, et pour qui furent fixés sa part et sa récompense, fut de trois cent quatorze hommes. Parmi les émigrés, sans les auxiliaires, quatre-vingt-trois hommes ; parmi les Aws, soixante et un hommes ; parmi les Khazraj, cent soixante-dix hommes. Et furent martyrisés avec le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – parmi les Qurayshites, puis les Banu al-Muttalib ibn Abd Manaf : Ubayda ibn al-Harith ibn al-Muttalib ibn Abd Manaf, dont la jambe fut coupée par Utba ibn Rabi'a ibn Abd Shams, et il mourut à al-Safra' 185. Et parmi les Banu Zuhra ibn Kilab : Umayr ibn Abi Waqqas ibn Uhayb ibn Abd Manaf ibn Zuhra, et Dhu al-Shimalayn Abd Amr ibn Nadla 186, allié à eux, des Banu Ghubshan. Et parmi les Banu Adi ibn Ka'b : Aqil ibn al-Bukayr 187, allié à eux, des Banu Sa'd ibn Layth ibn Bakr ibn Abd Manat ibn Kinana, et Muhja', affranchi de Umar ibn al-Khattab. Et parmi les Banu al-Harith ibn Fihr : Safwan ibn Bayda'. Et parmi les auxiliaires, puis les Banu Amr ibn Awf : Sa'd ibn Khaythama et Mubashshir ibn Abd al-Mundhir ibn Zunbur. Et parmi les Banu al-Harith ibn al-Khazraj : Yazid ibn al-Harith, surnommé Fus-hum 188. Et parmi les Banu Salama, puis les Banu Haram ibn Ka'b ibn Ghanm ibn Ka'b ibn Salama : Umayr ibn al-Humam. Et parmi les Banu Habib ou Khubayb ibn Abd Haritha ibn Malik : Rafi' ibn al-Mu'alla 189. Et parmi les Banu al-Najjar, puis les Banu Adi ibn al-Najjar : Haritha ibn Suraqa ibn al-Harith. Et parmi les Banu Ghanm ibn Malik ibn al-Najjar : Awf et Mu'awwidh, fils d'al-Harith ibn Sawad, tous deux fils d'Afra', huit personnes. Et les jeunes gens qui furent tués avec les Qurayshites le jour de Badr, et à leur sujet fut révélé le Coran, selon ce qui nous a été rapporté : « Ceux que les anges rappellent, ayant été injustes envers eux-mêmes, ils disent : En quoi étiez-vous ? Ils répondent : Nous étions opprimés sur terre. Ils disent : La terre d'Allah n'était-elle pas assez vaste pour que vous émigriez ? Ceux-là, leur refuge est l'Enfer, et quelle mauvaise destination ! » 190 Cela parce qu'ils avaient embrassé l'islam, et lorsque le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – émigra à Médine, leurs pères et leurs tribus à La Mecque les retinrent et les éprouvèrent, et ils succombèrent à la tentation. Puis ils partirent avec leur peuple à Badr et y furent tous tués. Ce sont des jeunes gens qui avaient succombé à la tentation. Et parmi les Banu Asad ibn Abd al-Uzza ibn Qusayy : al-Harith ibn Rabi'a et Uqayl 191 ibn al-Aswad ibn al-Muttalib ibn Asad. Et parmi les Banu Makhzum : Abu Qays ibn al-Fakiha ibn al-Mughira et Abu Qays ibn al-Walid ibn al-Mughira.
Parmi les Banû Jumah : ‘Alî ibn Umayya ibn Khalaf. Parmi les Banû Sahm : al-‘Âs ibn Munabbih ibn al-Hajjâj. (127) Lorsque l’Envoyé de Dieu — sur lui la bénédiction et la paix — revint de Badr à Médine — son retour de Badr eut lieu à la fin de Ramadan ou au début de Shawwâl —, il ne resta à Médine que sept nuits, puis il partit en expédition lui-même contre les Banû Sulaym, jusqu’à atteindre une de leurs eaux appelée al-Kudr (128). Il y demeura trois nuits, puis retourna à Médine sans avoir rencontré d’ennemi. Il resta le reste de Shawwâl et Dhû l-Qa‘da, et pendant ce séjour il rançonna la plupart des captifs quraychites. Expédition d’al-Sawîq Puis Abû Sufyân ibn Harb entreprit l’expédition d’al-Sawîq en Dhû l-Hijja. Cette année-là, les associateurs présidèrent au pèlerinage. ‘Abd Allâh ibn al-Hasan al-Harrânî nous a rapporté : al-Nufaylî nous a dit : Muhammad ibn Salama nous a dit d’après Muhammad ibn Ishâq qui dit : Abû Sufyân — comme me l’ont rapporté Muhammad ibn Ja‘far ibn al-Zubayr, Yazîd ibn Rûmân et d’autres dignes de confiance, d’après ‘Abd Allâh ibn Ka‘b ibn Mâlik, qui était l’un des plus savants parmi les Ansâr —, lorsqu’il retourna à La Mecque et que le reste des Quraychites revint de Badr, jura de ne pas laver sa tête de l’impureté rituelle (129) avant d’avoir attaqué Muhammad — sur lui la paix. Il partit donc avec deux cents cavaliers quraychites pour accomplir son serment. Il prit la route du Najd jusqu’à camper à Sadr Qanât, près d’une montagne appelée Tayt (130), à un barîd 192 de Médine ou à peu près. Puis il sortit de nuit et vint chez les Banû al-Nadîr en pleine nuit. Il alla chez Huyayy ibn Akhtab et frappa à sa porte ; celui-ci eut peur et ne lui ouvrit pas. Il se rendit alors chez Sallâm ibn Mishkam, qui était alors le chef des Banû al-Nadîr et le gardien de leur trésor (131). Il demanda à entrer chez lui ; il lui permit, le nourrit, lui donna à boire et l’informa de la situation des gens. Puis il sortit à la fin de la nuit et rejoignit ses compagnons. Il envoya des hommes quraychites à Médine ; ils vinrent dans un endroit appelé al-‘Arîd, y brûlèrent des palmiers en bottes (132), trouvèrent un homme des Ansâr et un allié à lui dans leur champ et les tuèrent. Puis ils repartirent. Les gens furent avertis ; l’Envoyé de Dieu — sur lui la paix — sortit à leur poursuite jusqu’à atteindre Qarqarat al-Kudr, puis rebroussa chemin, Abû Sufyân et ses compagnons lui ayant échappé. Ils avaient vu des provisions des gens qu’ils avaient jetées dans le champ pour s’alléger et fuir. Les musulmans dirent, lorsque l’Envoyé de Dieu — sur lui la paix — les ramena : « Espères-tu que nous ayons une expédition ? » Il dit : « Oui. » Abû Sufyân, alors qu’il se préparait à partir en expédition de La Mecque vers Médine, composa des vers : « Revenez sur Yathrib avec leur rassemblement, car ce qu’ils ont rassemblé est pour vous un butin (4-w). Si le jour du puits 193 fut pour eux, ce qui vient après est pour vous un changement de fortune. Par al-Lât, je n’approcherai pas les femmes, et ma tête et ma peau ne seront pas lavées, Jusqu’à ce que vous anéantissiez les tribus d’al-Aws et des Khazraj, car mon cœur est en feu. » Ka‘b ibn Mâlik lui répondit : « Ô mère des pleureurs sur l’armée de Ibn Harb dans la Harrat 194 lâche, Quand ils jetaient le sable des souffles des oiseaux, grimpant au reste (133) de la montagne. Ils vinrent avec une troupe dont si l’on mesurait la demeure, elle ne serait que comme le gîte du du’al 195. » Le du’al est un animal plus petit que la caille (134). C’est de lui que tient son nom Abû l-Aswad al-Du’alî. Abû Sufyân ibn Harb dit, lorsqu’il revint de Médine à La Mecque : « J’ai choisi à Médine un homme pour allié, je ne l’ai pas regretté ni ne me suis blâmé. Il m’a abreuvé et m’a rassasié d’un vin vieux, en hâte, Sallâm ibn Mishkam. Quand l’armée s’en alla, je dis — et je n’étais pas pour l’affliger (135) — : Réjouis-toi de gloire et de butin. Regarde, car les gens sont dans leur noblesse, pur sang de Lu’ayy, non pas la racaille de Jurhum (136). Ce ne fut qu’une partie de nuit, un cavalier vint en hâte, sans vêtement, démuni. » Expédition de Dhû Amarr vers le Najd, en l’an trois Lorsque l’Envoyé de Dieu — sur lui la paix — revint de l’expédition d’al-Sawîq (137), il resta à Médine Dhû l-Hijja et al-Muharram, ou à peu près, puis il partit en expédition vers le Najd contre les Banû Ghatafân : c’est l’expédition de Dhû Amarr (138). Il demeura au Najd tout le mois de Safar, ou à peu près, puis retourna à Médine sans avoir rencontré d’ennemi. ‘Abd Allâh ibn al-Hasan al-Harrânî [4-ẓ] nous a rapporté : al-Nufaylî nous a dit : Muhammad ibn Salama nous a dit d’après Muhammad ibn Ishâq qui dit : un homme du Shâm appelé Abû Manzûr m’a rapporté d’après son oncle qui dit : mon oncle m’a rapporté d’après ‘Âmir al-Râm, frère d’al-Nadr, qui dit : J’étais dans notre pays quand on éleva vers moi des étendards et des drapeaux. Je dis : « Qu’est-ce que cela ? » On dit : « C’est l’étendard de l’Envoyé de Dieu — sur lui la paix. » Je vins à lui ; il était sous un arbre, on avait étendu pour lui un manteau dessous, il était assis dessus, et ses compagnons — que Dieu les agrée — s’étaient rassemblés autour de lui. Je m’assis près d’eux. L’Envoyé de Dieu — sur lui la paix — parla des maladies et dit : « Le croyant, quand la maladie l’atteint, puis Dieu l’en guérit, cela est une expiation pour ses péchés passés et un avertissement pour ce qui l’attend. L’hypocrite, quand il tombe malade puis est guéri, est comme un chameau que ses maîtres ont entravé puis relâché, sans savoir pourquoi ils l’ont relâché. » Un homme parmi ceux qui l’entouraient dit : « Quelles maladies ? Par Dieu, je n’ai jamais été malade ! » Il dit : « Lève-toi de chez nous, tu n’es pas des nôtres. » Alors que nous étions auprès de lui, voici qu’arriva un homme portant un manteau, tenant dans sa main quelque chose qu’il avait enveloppé. Il dit : « Ô Envoyé de Dieu, quand je t’ai vu venir, je suis passé par un fourré d’arbres, j’y ai entendu les cris de petits d’un oiseau, je les ai pris et mis dans mon manteau. Leur mère est venue et a tourné autour de ma tête ; j’ai découvert pour elle, elle est tombée avec eux, je les ai enveloppés ; ils sont maintenant avec moi. » Il dit : « Dépose-les. » Il les déposa avec son manteau, mais je refusai de les quitter. L’Envoyé de Dieu — sur lui la paix — dit : « Vous étonnez-vous de la miséricorde de la mère des petits pour ses petits ? » Ils dirent : « Oui. » Il dit : « Par Celui qui m’a envoyé avec la vérité, Dieu est plus miséricordieux envers Ses serviteurs que la mère des petits pour ses petits. Retourne avec eux et dépose-les là où tu les as pris, avec leur mère. » Il retourna avec eux (139). Puis l’Envoyé de Dieu — sur lui la paix — retourna à Médine sans avoir rencontré d’ennemi. Il y resta tout le mois de Rabî‘ al-Awwal, sauf un peu (140). Puis il partit en expédition contre les Quraychites et les Banû Sulaym jusqu’à atteindre Bahrân, une mine du Hijâz du côté d’al-Fur‘. Cette mine appartenait à al-Hajjâj ibn ‘Ilât al-Bahzî. Il y resta le reste de Rabî‘ al-Thânî et Jumâdâ al-Ûlâ (141), puis retourna à Médine sans avoir rencontré d’ennemi. Entre-temps (142) eut lieu l’expédition de l’Envoyé de Dieu — sur lui la paix — contre les Banû Qaynuqâ‘. Voici l’histoire des Banû Qaynuqâ‘ : l’Envoyé de Dieu — sur lui la paix — les rassembla au marché des Banû Qaynuqâ‘ et leur dit : « Ô communauté de juifs, craignez de Dieu un châtiment semblable à celui qui a frappé les Quraychites. Convertissez-vous à l’islam, car vous savez que je suis un prophète envoyé ; vous trouvez cela dans votre Livre et dans l’alliance de Dieu avec vous. » Ils dirent : « Ô Muhammad, tu nous prends pour ton peuple ? Ce qui t’a trompé (143), c’est que tu as rencontré un peuple sans expérience de la guerre et tu as saisi une occasion contre eux ! Par Dieu, si nous te combattions, tu saurais que nous sommes les vrais hommes. » ‘Abd Allâh ibn al-Hasan al-Harrânî nous a rapporté : al-Nufaylî nous a dit : Muhammad ibn Salama nous a dit d’après Muhammad ibn Ishâq qui dit : un affranchi de la famille de Zayd ibn Thâbit m’a rapporté d’après Sa‘îd ibn Jubayr ou ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs, qui dit : Ces versets ne furent révélés qu’à leur sujet : « Dis à ceux qui ont mécru : “Vous serez vaincus et rassemblés vers la Géhenne — quel mauvais lit !” » jusqu’à « Il y eut pour vous un signe dans les deux troupes qui se rencontrèrent » — c’est-à-dire les compagnons de Badr parmi les compagnons de l’Envoyé de Dieu — sur lui la paix — et les Quraychites — « une troupe combattant dans le chemin de Dieu et une autre mécréante » jusqu’à « Il y a là une leçon pour ceux qui sont doués de vision » (144). ‘Abd Allâh ibn al-Hasan al-Harrânî nous a rapporté : al-Nufaylî nous a dit : Muhammad ibn Salama nous a dit d’après Muhammad ibn Ishâq qui dit : ‘Âsim ibn ‘Umar ibn Qatâda m’a rapporté que les Banû Qaynuqâ‘ furent les premiers juifs à rompre le pacte qui les liait à l’Envoyé de Dieu — sur lui la paix — et à lui faire la guerre [5-ẓ] entre Badr et Uhud (145). L’Envoyé de Dieu — sur lui la paix — les assiégea jusqu’à ce qu’ils se rendissent à son jugement. ‘Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl vint à lui, quand Dieu les eut livrés entre ses mains, et dit : « Ô Muhammad, sois bon envers mes alliés » — car ils étaient les alliés des Khazraj. L’Envoyé de Dieu — sur lui la paix — tarda à répondre. Il dit : « Ô Muhammad, sois bon envers mes alliés. » L’Envoyé de Dieu — sur lui la paix — se détourna de lui. Il mit alors la main dans le col de la cotte de mailles de l’Envoyé de Dieu — sur lui la paix. Le Prophète — sur lui la paix — dit, en colère : « Lâche-moi. » Il dit : « Non, par Dieu, je ne te lâcherai pas avant que tu sois bon envers mes alliés : quatre cents hommes sans armure et trois cents cuirassés qui m’ont protégé contre le rouge et le noir, et tu les moissonnerais en une seule matinée ? Par Dieu, je suis un homme qui craint les retournements du sort. » L’Envoyé de Dieu — sur lui la paix — dit : « Ils sont à toi. » ‘Abd Allâh ibn al-Hasan al-Harrânî nous a rapporté : al-Nufaylî nous a dit : Muhammad ibn Salama nous a dit d’après Muhammad ibn Ishâq qui dit : mon père Ishâq ibn Yasâr m’a rapporté d’après ‘Ubâda ibn al-Walîd ibn ‘Ubâda ibn al-Sâmit qui dit : Quand les Banû Qaynuqâ‘ firent la guerre, ‘Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl s’accrocha à leur affaire et prit leur défense. ‘Ubâda ibn al-Sâmit vint auprès de l’Envoyé de Dieu — sur lui la paix — ; il était l’un des Banû ‘Awf ibn al-Khazraj, et ils avaient de lui une alliance semblable à celle qu’ils avaient de ‘Abd Allâh ibn Ubayy. Il les désavoua devant l’Envoyé de Dieu — sur lui la paix — et se déclara innocent devant Dieu et Son Envoyé de leur alliance. Il dit : « Ô Envoyé de Dieu, je prends pour alliés Dieu, Son Envoyé et les croyants, et je me désavoue devant Dieu et Son Envoyé de l’alliance et de la clientèle de ces mécréants. » Il dit : « C’est à son sujet et au sujet de ‘Abd Allâh ibn Ubayy que fut révélé le passage de la sourate al-Mâ’ida : “Ô vous qui avez cru, ne prenez pas les juifs et les chrétiens pour alliés” jusqu’à “Tu vois ceux qui ont une maladie au cœur se hâter vers eux” — c’est-à-dire ‘Abd Allâh ibn Ubayy, à cause de sa parole : “Je crains les retournements du sort” — “disant : ‘Nous craignons qu’un retournement ne nous frappe.’ Mais il se peut que Dieu apporte la victoire ou un ordre de Sa part” [6-w] jusqu’à “tandis qu’ils sont inclinés” — cela à cause de la parole de ‘Ubâda ibn al-Sâmit : “Je prends pour alliés Dieu et Son Envoyé et je me désavoue des Banû Qaynuqâ‘, de leur alliance et de leur clientèle.” “Et quiconque prend pour alliés Dieu, Son Envoyé et ceux qui ont cru, alors le parti de Dieu est le vainqueur” (146). » Expédition de Zayd ibn Hâritha que l’Envoyé de Dieu — sur lui la paix — envoya, lorsqu’il attaqua la caravane des Quraychites où se trouvait Abû Sufyân ibn Harb, à al-Qarada (147), une eau du Najd. Voici son histoire : les Quraychites avaient rendu dangereuse la route qu’ils empruntaient pour le Shâm, après ce qui s’était passé à Badr. Ils prirent donc la route de l’Irak (148). Des commerçants partirent, parmi lesquels Abû Sufyân ibn Harb, avec beaucoup d’argent — c’était l’essentiel de leur commerce. Ils engagèrent un homme des Banû Bakr ibn Wâ’il, appelé Furât ibn Hayyân, pour les guider sur la route. L’Envoyé de Dieu — sur lui la paix — envoya Zayd ibn Hâritha dans cette direction. Il les rencontra à cette eau, s’empara de la caravane et de ce qu’elle contenait, mais les hommes lui échappèrent. Il l’amena à l’Envoyé de Dieu — sur lui la paix. Hassân ibn Thâbit dit (149), évoquant les Quraychites et leur prise sur cette route après Uhud, lors de l’expédition de Badr la dernière : l’Envoyé de Dieu — sur lui la paix — était sorti pour le rendez-vous avec Abû Sufyân à son retour d’Uhud ; il marcha jusqu’à camper à Badr, y resta huit nuits, et Abû Sufyân manqua au rendez-vous. Hassân ibn Thâbit dit (150) :
Laissez-les, car les cols du Shâm 196 sont devenus étroits (151) devant eux... des montures 197 comme les gueules des chamelles en rut 198. Aux mains d'hommes qui ont émigré vers leur Seigneur, et de Ses alliés véritables, et aux mains des anges. Si tu empruntes le Ghawr 199 depuis les sables de 'Âlij 200 (152)... dis-lui que le chemin n'est pas par là. Nous avons campé sur al-Rass 201 huit nuits, avec une troupe nombreuse et puissante, aux larges étendues. Avec chaque cheval bai 202, dont la moitié de la stature est sa robe, et des montures élancées aux longs garrots 203. Tu vois le 'arfaj 204 ancien dont les racines sont dispersées par les sabots des chamelles rapides 205. Si nous rencontrons, dans nos tournées et nos quêtes, Furât ibn Hayyân, il sera voué à la perdition. Et si nous rencontrons Qays ibn Imri' al-Qays après lui, il ajoutera à la noirceur de sa couleur une teinte encore plus sombre. Et le meurtre (153) de Ka'b ibn al-Ashraf. Voici son récit : Lorsque les gens de Badr furent frappés, et que Zayd ibn Hâritha vint aux habitants de la basse région, et que 'Abd Allâh ibn Rawâha vint aux habitants de la haute région, en tant que porteurs de bonnes nouvelles, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — les avait envoyés aux habitants de Médine parmi les musulmans pour annoncer la victoire de Dieu et la mort de ceux qui avaient été tués parmi les associateurs, comme me l'ont rapporté 'Abd Allâh ibn al-Mughîth ibn Abî Burda al-Tufrî, 'Abd Allâh ibn Abî Bakr ibn Muhammad ibn 'Amr ibn Hazm, 'Âsim ibn 'Umar ibn Qatâda, et Sâlih ibn Abî Umâma ibn Sahl — chacun m'a rapporté une partie de son récit (ils dirent :) (154) : Ka'b ibn al-Ashraf, qui était un homme de Tayyi', puis l'un des Banû Nabhân, et dont la mère était des Banû al-Nadîr, lorsqu'il apprit la nouvelle, dit : « Malheur à vous ! Est-ce vrai ? Pensez-vous que Muhammad ait tué ceux que ces deux hommes — c'est-à-dire Zayd et 'Abd Allâh — mentionnent ? Ce sont les nobles des Arabes et les rois des gens. Par Dieu, si Muhammad a frappé ces gens, le ventre de la terre est meilleur que sa surface ! » Lorsque l'ennemi de Dieu fut certain de la nouvelle, il partit jusqu'à la Mecque, et descendit chez al-Muttalib ibn Abî Wadâ'a ibn Dubayra al-Sahmî, auprès duquel se trouvait 'Âtika bint Abî al-'Âs (155) ibn Umayya ibn 'Abd Shams. Elle le logea et l'honora, et il se mit à inciter contre le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, à réciter des poèmes et à pleurer sur les compagnons du puits 206 parmi les Quraysh qui avaient été frappés (156). Puis Ka'b ibn al-Ashraf retourna (157) et courtisa Umm al-Fadl bint al-Hârith (158), puis courtisa les femmes des musulmans. Alors le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit — comme me l'a rapporté 'Abd Allâh ibn al-Mughîth — : « Qui me débarrassera d'Ibn al-Ashraf ? » Muhammad ibn Maslama, frère des Banû 'Abd al-Ashhal, dit : « Je m'en charge pour toi, ô Messager de Dieu. Je le tuerai. » Il dit : « Fais-le si tu en es capable. » Muhammad retourna et resta trois jours sans manger ni boire (7v) sauf ce qui le maintenait en vie. On en parla au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, qui dit (159) : « Pourquoi as-tu abandonné la nourriture et la boisson ? » Il dit : « Ô Messager de Dieu, je t'ai dit une parole dont je ne sais si je la maintiendrai. » Il dit : « Tu n'as que l'effort à fournir. » Il dit : « Ô Messager de Dieu, il nous faudra forcément dire quelque chose. » Il dit : « Dites ce qui vous vient à l'esprit, vous êtes quittes pour cela. » Alors Muhammad ibn Maslama, Salkân ibn Salâma ibn Waqsh — qui est Abû Nâ'ila, l'un des Banû 'Abd al-Ashhal — (160), et al-Hârith ibn Aws ibn Mu'âdh, l'un des Banû 'Abd al-Ashhal, se mirent d'accord pour le tuer.
- yasuku ilayhā : Expression signifiant qu'il trouvait auprès d'elle repos et sérénité, comme un refuge.
- qaṣab : Perles creuses, ou peut-être une demeure faite de perles ou de pierres précieuses creuses, symbole de perfection et de beauté au Paradis.
- Umm Rūmān : Mère de 'Â'isha, épouse du Prophète.
- khayru banātihā : Expression ambiguë : 'la meilleure de ses filles' peut renvoyer à Marie parmi les femmes de son époque, ou à Khadîja parmi les femmes de la communauté.
- ‘Amr ibn al-‘Āṣ : Compagnon du Prophète, connu pour son intelligence et sa ruse, initialement opposant à l'islam avant sa conversion.
- abtar : Sans postérité, sans descendance mâle ; terme utilisé par les polythéistes pour insulter le Prophète après la mort de son fils.
- al-Kawthar : Nom d'une sourate du Coran (108), signifiant 'l'Abondance' ; interprété comme un fleuve au Paradis ou une abondance de biens.
- Sourate al-Kawthar : Sourate 108 du Coran : 'Nous t'avons certes accordé l'Abondance. Accomplis la prière pour ton Seigneur et sacrifie. Celui qui te hait est certes le sans postérité.'
- ufḥimtu : Je fus interdit, muet, incapable de parler par respect ou crainte.
- tastaḥilluhā bihī : Pour la rendre licite pour toi, c'est-à-dire comme dot (mahr) pour le mariage.
- ḥaṭamiyya : Cotte de mailles de fabrication Hatamiyya, peut-être d'une région ou d'un artisan nommé Hatam ; de faible valeur.
- Shabbar wa Shubayr : Noms des fils d'Aaron dans la tradition islamique, correspondant à Hasan et Husayn.
- bi-dir‘ihā : Le bas de sa robe ou de son vêtement ; 'Umar a saisi le bord de son vêtement pour l'attirer.
- sabab : Cause, lien, relation ; ici, tout lien de parenté ou d'alliance sera rompu au Jour du Jugement, sauf ceux liés au Prophète.
- sababī : Ma cause, c'est-à-dire le lien d'alliance ou de parenté avec le Prophète.
- sabab ṣihr : Lien d'alliance par mariage (ṣihr), par opposition à la parenté de sang (nasab).
- nasabī wa sababī : Ma parenté (nasab) et ma cause (sabab), c'est-à-dire les liens de sang et d'alliance avec le Prophète.
- ūqiyya : Unité de poids valant environ 40 dirhams ; douze ouqiyas équivalent à 480 dirhams.
- zimām : Littéralement 'rêne' ou 'licou' ; par extension, autorité ou contrôle sur une affaire, ici le droit de disposer de son propre mariage.
- amīr : Commandeur, prince ; ici, désigne probablement le calife ou un gouverneur, peut-être Mu'awiya lui-même.
- muḍgha : Littéralement 'morceau de chair' ; expression prophétique signifiant que Fatima est une partie de lui-même, indiquant un lien très fort.
- yawm : Jour ; dans le contexte du partage des nuits entre épouses, chaque épouse avait droit à un jour (ou une nuit) chez le Prophète.
- umm al-masākīn : Surnom de Zaynab bint Khuzayma, signifiant 'mère des pauvres', en raison de sa générosité et de ses aumônes.
- Rasūl Allāh : Messager d'Allah, titre du prophète Muhammad.
- tanasṣara : Se convertit au christianisme.
- al-Najāshī : Titre du roi d'Abyssinie (Éthiopie) à l'époque du Prophète.
- Uḥud : Montagne près de Médine, site de la bataille d'Uḥud.
- azd al-nisā' : Littéralement 'augmenter les femmes', expression obscure ; peut-être une offre d'épouser d'autres femmes ou d'augmenter le nombre de ses épouses.
- sahm : Part, lot ; ici, peut-être la part de beauté ou de chance.
- bint Ḥamza : Fille de Ḥamza, oncle du Prophète. Il s'agit d'Umāma bint Ḥamza.
- Shawwāl : Dixième mois du calendrier lunaire islamique.
- adūru 'alayhinna : Je ferai la tournée chez elles, c'est-à-dire que je passerai une nuit chez chacune de mes autres épouses.
- sawīq : Farine de blé ou d'orge grillée, souvent mélangée à de l'eau ou du lait.
- wa kāna amru llāhi maf'ūlan : Coran, Sourate 33 (al-Aḥzāb), verset 37.
- Banū al-Muṣṭaliq : Tribu arabe vaincue lors de l'expédition d'al-Muraysī'.
- kātibathu 'alā nafsihā : Elle conclut avec eux un contrat d'affranchissement (mukātaba) par lequel elle devait payer une somme pour sa liberté.
- ja'ala 'itqahā ṣadāqahā : Il fit de son affranchissement sa dot, c'est-à-dire que l'affranchissement tint lieu de dot.
- ḥiṣn Ibn Abī al-Ḥuqayq : Forteresse juive de Khaybar.
- ḥays : Mélange de dattes, de beurre clarifié (samn) et de farine ou de fromage sec.
- jashīsha : Bouillie de grains concassés.
- muḥrim : En état de sacralisation (iḥrām) pour le pèlerinage (ḥajj ou 'umra), durant lequel le mariage est interdit.
- Sarif : Localité située à environ 10 km de La Mecque.
- inmāza : S'écarta, se retira, exprimant le dégoût ou la désapprobation.
- badr : Jeune fille ayant atteint la puberté, ou jeune fille en âge d'être mariée.
- tujī man tashā'u minhunna wa tu'wī ilayka man tashā'u : Coran, Sourate 33, verset 51. Il s'agit de la permission donnée au Prophète d'ajourner ou d'accueillir ses épouses.
- tastaḥyī : Avoir honte, être pudique.
- yā ayyuhā al-nabiyyu qul li-azwājika in kuntunna turidna al-ḥayāta al-dunyā wa zīnatahā : Coran, Sourate 33, verset 28. Début du verset où le Prophète donne le choix à ses épouses.
- lā yaḥillu laka al-nisā'u min ba'du wa lā an tabaddala bihinna min azwājin : Coran, Sourate 33, verset 52. Interdiction au Prophète d'épouser d'autres femmes après celles-ci.
- al-nakhl : Les palmiers, désignant ici un lieu planté de palmiers, peut-être un jardin ou une palmeraie.
- alam tanha 'an al-bukā' : Interdiction de pleurer sur les morts, mais ici le Prophète distingue les larmes de miséricorde des lamentations interdites.
- sabīl ma'tiyya : Voie empruntée, chemin inévitable, faisant référence à la mort.
- al-mishka al-muḥmāh : La braise chauffée, métaphore pour une personne ardente et déterminée.
- shaghara bi-rijlihi : Leva les jambes, exposant ses parties intimes.
- amsaḥ ajab : Châtré, dépourvu de testicules ou d'organes génitaux masculins.
- ghamadtu al-sayf : Je rengainai l'épée.
- abtar : Sans postérité, sans descendance, se dit d'un homme dont la lignée s'éteint.
- al-kawthar : L'Abondance, nom d'une sourate et d'un fleuve du Paradis.
- al-abtar : Celui qui est sans postérité, sans descendance.
- ayla : Ayla, ancienne ville portuaire sur la mer Rouge, aujourd'hui Aqaba en Jordanie.
- al-bukht : Chameaux de race, à long cou.
- fiṭr ibn khalīfa : Fitr ibn Khalīfa, un transmetteur de hadith.
- ḥadīth : Récit, tradition prophétique.
- al-nā'ira : Animosité, hostilité, discorde.
- ḥubnan : Hydropisie, maladie caractérisée par une accumulation de liquide.
- shubruqa : Plante épineuse, peut-être une variété de chardon.
- innā kafaynāka al-mustahzi'īn : Coran, Sourate 15, verset 95. Signifie : Nous t'avons suffi contre les railleurs.
- hishām ibn al-walīd : Hishām ibn al-Walīd, un notable de Quraysh, frère d'al-Walīd ibn al-Walīd.
- Dhū al-Ḥulayfa : Localité située à environ 10 km au sud-ouest de Médine, point de départ du pèlerinage (mīqāt) pour les habitants de Médine.
- al-ḥarratayn : Les deux collines rocheuses (ḥarra) de Médine, zones volcaniques au nord et au sud de la ville.
- al-Anṣār : Les « Auxiliaires », habitants de Médine ayant accueilli et soutenu le Prophète Muhammad après l'Hégire.
- ashrāṭ al-sāʿa : Signes précurseurs de l'Heure du Jugement dernier, mentionnés dans les hadiths.
- mā aḥdatha ahluhu min baʿdihi : Allusion à un prodige où des objets inanimés parleront pour révéler les actions des gens.
- ʿajibtum : Le Prophète s'étonne de l'étonnement des compagnons face à des prodiges qu'il considère comme vrais.
- wa mā humā thamma : Sous-entendu : Abū Bakr et ʿUmar n'étaient pas présents lors de cet événement, mais ils y croient néanmoins.
- ḥattā nazaʿahā : L'homme a arraché la brebis de la gueule du loup.
- yawm al-sabuʿ : Le jour du fauve, expression désignant un jour de danger où les bêtes sauvages attaquent.
- rakwa : Petit récipient en cuir utilisé pour les ablutions.
- ṣadran : Terme signifiant « abondamment » ou « en grande quantité », décrivant le jaillissement de l'eau.
- ʿAbd Allāh : Il s'agit d'Abdullah ibn Mas'ud, célèbre compagnon du Prophète.
- mā kāna abīhi faḍluhu : Phrase difficile : le mérite de celui qui a vu le Prophète n'est pas comparable à celui qui ne l'a pas vu.
- muʾmin bi-ghayb : Croyant à l'invisible, c'est-à-dire celui qui croit sans avoir vu le Prophète.
- al-mufliḥūn : Les bienheureux, ceux qui réussissent dans l'au-delà. Référence au Coran 2:1-5.
- yawman : Un jour, indéfini, mais le contexte suggère une occasion particulière.
- Kindiyyān, Madhḥijiyyān : Deux tribus yéménites : Kinda et Madhḥij.
- Ṭūbā : Terme coranique désignant une félicité suprême, parfois interprété comme un arbre du Paradis.
- Daws : Tribu yéménite à laquelle appartenait Abū Hurayra.
- lā atahawwadu abadan : Elle refuse catégoriquement de se convertir au judaïsme.
- ṣāʿ : Mesure de capacité pour les céréales, équivalant à environ 2,5 kg.
- wa lā takīlū : Ordre de ne pas mesurer la nourriture, signe de bénédiction divine.
- ʿukka samn : Outre de beurre clarifié (samn), denrée précieuse.
- lā tūkūhā : Ne pas nouer l'outre, geste symbolique pour que la bénédiction se manifeste.
- Abū Hurayra : Surnom signifiant « père du petit chat », car il avait l'habitude de porter un chaton.
- fa-lammā araḥtu ʿalayhi ghanamahu : Lorsqu'il ramena le troupeau le soir auprès de son propriétaire.
- ṣaffayn : Les deux manches du vêtement.
- Abū Hurayra : Le propriétaire lui donne ce surnom en raison des chatons.
- wasīṭan : Intermédiaire, personne influente et respectée au sein de sa tribu.
- al-Ruhā : Édesse, ville de Haute-Mésopotamie (aujourd'hui Şanlıurfa en Turquie).
- al-Ruhāwiyyīn, al-Dawsiyyīn, al-Dāriyyīn : Habitants d'Édesse, de la tribu de Daws, et de la tribu de Dār.
- 'Adī ibn Ḥātim : Compagnon du Prophète, chef de la tribu des Ṭayy, connu pour sa générosité. Il était chrétien avant sa conversion.
- Ṣuhayb : Ṣuhayb ibn Sinān al-Rūmī, compagnon d'origine byzantine, surnommé 'le Romain'.
- Salmān : Salmān al-Fārisī, compagnon d'origine perse, connu comme 'Salmān le Perse'.
- Bilāl : Bilāl ibn Rabāḥ, compagnon abyssin, premier muezzin de l'islam.
- décrets : Réfère au décret divin (al-qadā' wa al-qadar), la prédestination.
- César et Chosroès : Titres des empereurs byzantin et perse sassanide, symboles des grandes puissances de l'époque.
- femme en palanquin : Terme arabe 'al-ẓa'īna' désignant une femme voyageant dans une litière sur un chameau, symbole de sécurité.
- al-Ḥīra : Ancienne ville d'Irak, capitale des Lakhmides, vassaux des Perses.
- Kūfa : Ville fondée après la conquête islamique, près d'al-Ḥīra.
- Ka'ba : Sanctuaire à La Mecque, direction de la prière et lieu de pèlerinage.
- al-Sumayr : Surnom d'un compagnon ou d'un transmetteur, non identifié précisément.
- quart du butin : Terme arabe 'al-mirbā'', coutume préislamique où le chef prenait le quart du butin.
- Chosroès fils d'Hormuz : Roi sassanide Chosroès II (Khusraw Parviz), fils d'Hormuz IV.
- al-Madā'in : Ville sassanide, 'les Cités', près de l'actuelle Bagdad, capitale perse.
- Ḥijāz : Région de l'ouest de l'Arabie incluant La Mecque et Médine.
- imam : Guide, chef de la communauté musulmane.
- 'Umar : 'Umar ibn al-Khaṭṭāb, deuxième calife bien guidé.
- Mirbad : Marché ou enclos à bestiaux à Bassora.
- Abū al-'Alā' : Transmetteur, probablement Abū al-'Alā' al-‘Aṭṭār.
- 'Ukl : Tribu arabe.
- ṣafī : Part choisie par le chef du butin avant le partage.
- mois de la patience : Le mois de Ramadan, appelé ainsi car le jeûne enseigne la patience.
- rancune de la poitrine : Terme arabe 'waḥr al-ṣadr', désignant la haine ou l'animosité.
- laisser traîner ton pagne : Réfère à l'habitude de porter le vêtement en dessous des chevilles, signe d'orgueil.
- al-Ḥasan [al-Baṣrī] : Célèbre savant et ascète musulman de la génération des Suivants.
- Jarīr ibn 'Abd Allāh : Compagnon, chef de la tribu de Bajīla.
- Ibn al-Khaṣāṣiyya : Surnom d'un compagnon, peut-être un des Banū 'Abd al-Qays.
- 'Abd al-Qays : Tribu arabe du Bahreïn.
- nawā : Noyaux de dattes, utilisés comme nourriture pour les chameaux.
- Ḥudhayfa : Ḥudhayfa ibn al-Yamān, compagnon connu pour sa connaissance des signes de l'Heure.
- 'Ammār : 'Ammār ibn Yāsir, compagnon éminent.
- ceux qui ont cru... bien guidés : Citation du Coran, sourate 6, verset 82.
- niche latérale : Type de tombe (al-laḥd) où le corps est placé dans une niche creusée latéralement, préféré en islam.
- Muḥammad ibn 'Alī ibn al-Ḥusayn : Muḥammad al-Bāqir, cinquième imam chiite, arrière-petit-fils du Prophète.
- al-Zuhrī : Ibn Shihāb al-Zuhrī, célèbre savant et traditionniste.
- waraq : Feuilles d'argent, monnaie d'argent.
- sâ' : Mesure de capacité pour les grains, équivalant à environ 2,5 kg.
- Dhû l-Bijâdayn : Surnom signifiant 'l'homme aux deux manteaux' ou 'aux deux vêtements'.
- bijâd : Manteau ou vêtement grossier, souvent en laine.
- al-Qur'ân : Le Coran, livre sacré de l'islam.
- Awwâhîn : Pluriel de 'Awwâh', désignant celui qui est très implorant, qui se repent et invoque beaucoup Dieu.
- Coran 6:8 : Référence au verset coranique : 'Ils disent : Pourquoi un ange n'est-il pas descendu sur lui ?'
- Iliyâ' : Nom ancien de Jérusalem, dérivé du latin Aelia Capitolina.
- dîmâs : Bain public, étuve, ou lieu souterrain ; ici, allusion à la sortie d'un bain.
- shahb : Basané, de teint foncé.
- Shanû'a : Tribu yéménite connue pour sa peau foncée.
- fitra : Nature primordiale, disposition innée conforme à l'islam.
- Dajjâl : L'Antéchrist dans l'eschatologie islamique.
- Abû l-'Âliya : Compagnon et savant, Rufay' ibn Mihrân al-Riyâhî.
- Jibrîl : L'ange Gabriel, messager de Dieu.
- 'Îsâ ibn Maryam : Jésus fils de Marie, prophète en islam.
- âdam : Basané, de couleur brune.
- qibla : Direction de la prière, vers la Kaaba à La Mecque.
- yanqusû : Ils faillirent se diviser ou se quereller.
- adhan et iqâma : Appel à la prière (adhan) et second appel pour commencer la prière (iqâma).
- bayyana : A montré, expliqué clairement.
- 'Âshûrâ' : Le dixième jour de Muharram, jour de jeûne.
- Coran 2:183-184 : Versets sur le jeûne et la rançon.
- Coran 2:185 : Verset rendant le jeûne obligatoire pour le mois de Ramadan.
- Sarma : Nom d'un compagnon ansârite, Sarma ibn Qays.
- الرَّفَثُ : Terme désignant les rapports sexuels, utilisé ici dans le contexte de la permission de les avoir pendant les nuits de jeûne.
- القاسم : Al-Qasim ibn Muhammad ibn Abi Bakr, un des sept juristes de Médine.
- يقلب الليل والنهار : Allusion à la souveraineté d'Allah sur l'alternance du jour et de la nuit, signe de Sa puissance.
- الشام : La Grande Syrie, région incluant Jérusalem, première direction de la prière (qibla) avant la Ka'ba.
- الربيع بن الربيع : Personnage non identifié avec certitude ; peut-être une erreur de copiste.
- وَإِذْ زَيَّنَ لَهُمُ الشَّيْطانُ أَعْمالَهُمْ : Référence au Coran 8:48, où Satan embellit les actions des mécréants avant la bataille de Badr.
- إبليس : Nom d'Iblis, le diable, chef des démons, qui refusa de se prosterner devant Adam.
- سراقة بن جعشم : Suraqa ibn Ja'sham, un chef des Banu Kinana, connu pour avoir poursuivi le Prophète lors de l'émigration.
- فَإِمَّا تَثْقَفَنَّهُمْ فِي الْحَرْبِ فَشَرِّدْ بِهِمْ مَنْ خَلْفَهُمْ : Coran 8:57, ordre de châtier sévèrement les ennemis pour dissuader les autres.
- وَأَعِدُّوا لَهُمْ مَا اسْتَطَعْتُمْ مِنْ قُوَّةٍ وَمِنْ رِباطِ الْخَيْلِ : Coran 8:60, exhortation à se préparer militairement.
- وَما تُنْفِقُوا مِنْ شَيْءٍ فِي سَبِيلِ اللَّهِ يُوَفَّ إِلَيْكُمْ : Coran 8:60, promesse de récompense pour les dépenses dans le chemin d'Allah.
- وَإِنْ جَنَحُوا لِلسَّلْمِ فَاجْنَحْ لَها : Coran 8:61, ordre d'accepter la paix si l'ennemi y incline.
- وَإِنْ يُرِيدُوا أَنْ يَخْدَعُوكَ فَإِنَّ حَسْبَكَ اللَّهُ : Coran 8:62, assurance qu'Allah suffit contre la tromperie.
- هُوَ الَّذِي أَيَّدَكَ بِنَصْرِهِ وَبِالْمُؤْمِنِينَ وَأَلَّفَ بَيْنَ قُلُوبِهِمْ : Coran 8:62-63, rappel du soutien divin et de l'union des cœurs.
- يا أَيُّهَا النَّبِيُّ حَسْبُكَ اللَّهُ وَمَنِ اتَّبَعَكَ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ : Coran 8:64, encouragement au Prophète et aux croyants.
- ما كانَ لِنَبِيٍّ أَنْ يَكُونَ لَهُ أَسْرى حَتَّى يُثْخِنَ فِي الْأَرْضِ : Coran 8:67, règle concernant les prisonniers de guerre.
- تُرِيدُونَ عَرَضَ الدُّنْيا وَاللَّهُ يُرِيدُ الْآخِرَةَ : Coran 8:67, reproche aux croyants de préférer les biens terrestres.
- لَوْلا كِتابٌ مِنَ اللَّهِ سَبَقَ لَمَسَّكُمْ فِيما أَخَذْتُمْ عَذابٌ عَظِيمٌ : Coran 8:68, mention d'un décret préalable d'Allah évitant le châtiment.
- فَكُلُوا مِمَّا غَنِمْتُمْ حَلالًا طَيِّباً : Coran 8:69, permission de consommer le butin.
- يقاصني : Demander une compensation ou un dédommagement.
- الأوقية : Unité de poids, environ 40 dirhams ou 125 grammes d'argent.
- مغفرته : Pardon d'Allah.
- الكفار بعضهم أولياء بعض : Coran 8:73, principe que les mécréants sont alliés entre eux.
- إلا تفعلوه تكن فتنة في الأرض وفساد كبير : Coran 8:73, avertissement contre l'alliance avec les mécréants.
- وَالَّذِينَ آمَنُوا مِنْ بَعْدُ وَهاجَرُوا وَجاهَدُوا مَعَكُمْ فَأُولئِكَ مِنْكُمْ وَأُولُوا الْأَرْحامِ بَعْضُهُمْ أَوْلى بِبَعْضٍ فِي كِتابِ اللَّهِ : Coran 8:75, règle sur l'héritage entre croyants.
- أَنَّ اللَّهَ بِكُلِّ شَيْءٍ عَلِيمٌ : Coran 8:75, conclusion soulignant l'omniscience d'Allah.
- الصفراء : Localité située entre La Mecque et Médine.
- ذو الشمالين عبد عمرو بن نضله : Surnom signifiant 'l'homme aux deux mains gauches', un compagnon martyr à Badr.
- عاقل بن البكير : Compagnon martyr à Badr, allié des Banu Adi.
- فسحم : Surnom de Yazid ibn al-Harith, signifiant peut-être 'au visage sombre'.
- رافع بن المعلى : Compagnon martyr à Badr, des Banu Habib.
- إِنَّ الَّذِينَ تَوَفَّاهُمُ الْمَلائِكَةُ ظالِمِي أَنْفُسِهِمْ : Coran 4:97, verset sur ceux qui n'ont pas émigré et sont morts en état de mécréance.
- عقيل : Probablement 'Uqayl, nom propre.
- barīd : Unité de distance équivalant à environ 22 km (4 parasanges).
- al-qalīb : Le puits de Badr, désignant la bataille de Badr.
- al-ḥarra : Plaine volcanique ou champ de lave, région rocailleuse.
- du'al : Petit animal, plus petit que la caille, mentionné dans la poésie arabe.
- Shâm : Région du Levant, incluant la Syrie, la Palestine, la Jordanie et le Liban actuels.
- Jilâd : Montures robustes, souvent des chameaux ou des chevaux de bataille.
- Makhâd al-awârik : Chamelles en rut, dont les gueules sont comparées à la force des montures.
- Ghawr : Dépression de la vallée du Jourdain, région basse et fertile.
- 'Âlij : Région de dunes de sable en Arabie, souvent associée au Najd.
- al-Rass : Lieu-dit ou point d'eau en Arabie, mentionné dans la poésie préislamique.
- Kumayt : Cheval bai, de couleur rouge-brun avec crinière et queue noires.
- Hawârik : Garrots, partie du dos entre les épaules des chevaux ou chameaux.
- 'Arfaj : Plante du désert (Rhanterium epapposum), utilisée comme fourrage.
- Rawâtik : Chamelles rapides et endurantes, capables de longs trajets.
- Ashhâb al-qalîb : Les compagnons du puits, désignant les polythéistes tués à Badr et jetés dans un puits.
Le cinquième volume du livre des expéditions [1], d'après la transmission de Yūnus ibn…
Le cinquième volume du livre des expéditions [1], d'après la transmission de Yūnus ibn Bukayr [2] d'après Muḥammad ibn Isḥāq [3].
Puis ils envoyèrent à l'ennemi d'Allah, Ibn al-Ashraf, avant qu'ils ne viennent à lui, Salkān ibn Salāma, Abū Nā'ila. Il vint à lui, parla avec lui un moment et ils récitèrent des vers. Abū Nā'ila était poète. Puis il dit : « Malheur à toi, Ibn al-Ashraf ! Je suis venu à toi pour une affaire que je veux te mentionner, mais garde-la secrète pour moi. » Il dit : « Je le ferai. » Il dit : « L'arrivée de cet homme chez nous a été un malheur. Les Arabes se sont ligués contre nous et nous ont tiré d'un seul arc, ont coupé nos routes, si bien que nos familles sont perdues et nos âmes épuisées. Nous sommes devenus dans la gêne, ainsi que nos familles. » Ka'b dit : « Je suis Ibn al-Ashraf. Par Allah, je t'avais bien dit, Ibn Salāma, que les choses tourneraient comme je te le disais. » Salkān dit : « Je voudrais que tu nous vendes de la nourriture, et nous te donnerons en gage et te fournirons des garanties, et nous serons bons en cela. » Il dit : « Me donnerez-vous vos fils en gage ? » Il dit : « Tu voudrais nous couvrir de honte ? J'ai des compagnons qui partagent mon avis, et je voudrais les amener à toi pour que tu leur vendes et sois bon en cela, et nous te donnerons en gage des armes 1 qui te vaudront satisfaction. » Salkān voulait qu'il ne trouve pas étrange qu'ils viennent avec des armes. Il dit : « Les armes sont une garantie suffisante. » Salkān retourna vers ses compagnons, les informa de ce qui s'était passé, et leur ordonna de prendre leurs armes, puis de partir et de se réunir chez lui. Ils se réunirent auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui. 'Abd Allāh ibn al-Ḥasan al-Ḥarrānī nous a rapporté : al-Nufaylī nous a rapporté : Muḥammad ibn Salama nous a rapporté d'après Muḥammad ibn Isḥāq : Thawr m'a rapporté d'après 'Ikrima, l'affranchi d'Ibn 'Abbās, d'après Ibn 'Abbās : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, marcha avec eux jusqu'à Baqī' al-Gharqad 2, puis les orienta et dit : « Partez au nom d'Allah. Ô Allah, aide-les ! » Puis il retourna chez lui par une nuit de pleine lune. Ils arrivèrent à son fort. Abū Nā'ila l'appela. Il venait tout juste de se marier. Il se leva dans son manteau, mais sa femme saisit le bord et dit : « Tu es un homme de guerre, et un homme de guerre ne descend pas à une heure pareille. » Il dit : « Abū Nā'ila, si je l'avais trouvé endormi, il ne m'aurait pas réveillé. » Elle dit : « Par Allah, je reconnais le mal dans sa voix. » Il dit : « Si l'on appelle un jeune homme pour une blessure, il répondra. » (Abū Shu'ayb a dit : al-Tawzī Abū Muḥammad nous a rapporté : al-Aṣma'ī a dit : Personne n'a prononcé cette parole : « Si je l'avais trouvé endormi, il ne m'aurait pas réveillé », en période de jāhiliyya ou d'islam, sans être tué.) Il descendit, parla avec lui un moment, et ils parlèrent avec lui. Puis il dit : « Veux-tu, Ibn al-Ashraf, que nous marchions ensemble vers le ravin de la vieille femme 3 pour passer le reste de cette nuit à parler ? » Il dit : « Si vous voulez. » Ils sortirent et marchèrent un moment. Puis Abū Nā'ila passa sa main dans les cheveux de sa tête 4, puis la sentit, puis dit : « Je n'ai jamais vu une nuit aussi parfumée, plus odorante que jamais. » Puis il marcha un moment, puis recommença, jusqu'à ce qu'il se sente en sécurité. Puis il marcha un moment, puis recommença, et saisit les deux côtés de sa tête, puis dit : « Frappez l'ennemi d'Allah ! » Ils le frappèrent, mais leurs épées se heurtèrent à lui sans effet. Muḥammad ibn Maslama dit : Je me souvins d'un poignard 5 dans mon épée quand je vis que nos épées ne servaient à rien. Je le pris, alors que l'ennemi d'Allah avait poussé un cri tel qu'il ne restait aucun fort autour de nous sans que le feu n'y soit allumé. Je le plaçai dans son aine 6, puis je m'appuyai sur lui jusqu'à atteindre son pubis. L'ennemi d'Allah tomba. Al-Ḥārith ibn Aws ibn Mu'ādh fut blessé à la tête ou au pied par l'une de nos épées. Nous sortîmes et passâmes par les Banū Umayya ibn Zayd, puis par les Banū Qurayẓa, puis par Bu'āth, jusqu'à ce que nous montions sur la ḥarra d'al-'Arīḍ 7. Notre compagnon al-Ḥārith ibn Aws était en retard, le sang coulait de lui. Nous nous arrêtâmes un moment pour lui, puis il vint en suivant nos traces. Nous le portâmes et vînmes au Messager d'Allah, qui priait debout. Nous le saluâmes, il sortit vers nous, nous l'informâmes du meurtre de l'ennemi d'Allah, et il cracha sur la blessure de notre compagnon. Nous retournâmes chez nous. Au matin, les Juifs eurent peur de notre suite, et il n'y avait aucun Juif qui ne craignît pour sa vie. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, dit : « Celui d'entre vous qui trouve un homme juif, qu'il le tue. » Muḥayyiṣa ibn Mas'ūd se jeta sur Abū Sunayna 8, un marchand juif – il fréquentait les Juifs et commerçait avec eux – et le tua. Ḥuwayyiṣa ibn Mas'ūd, qui n'était pas encore musulman, dit à Muḥayyiṣa – il était plus âgé que lui – après qu'il l'eut tué, en le regardant : « Ô ennemi d'Allah, tu l'as tué ? Par Allah, il y a bien de la graisse dans ton ventre provenant de ses biens ! » Muḥayyiṣa dit : « Par Allah, celui qui m'a ordonné de le tuer, s'il m'avait ordonné de te tuer, je t'aurais frappé le cou. » Il dit : « Par Allah, une religion qui t'a amené à ce point est une religion importante. Va vers ton compagnon pour que je l'entende. » Il alla vers le Messager d'Allah, et ce fut le début de l'islam de Ḥuwayyiṣa. Muḥayyiṣa dit : « Mon frère me blâme si j'avais ordonné de le tuer, j'aurais frappé sa nuque 9 avec une épée blanche, tranchante comme le sel, dont le polissage est parfait ; quand je la frappe, elle ne ment pas. Et je n'aurais pas aimé t' avoir tué volontairement, alors que nous possédons ce qui est entre Baṣra et Ma'rib 10. » 'Alī ibn Abī Ṭālib, que la paix soit sur lui, dit à propos du meurtre d'Ibn al-Ashraf : « J'ai reconnu, et celui qui est équitable reconnaît, et j'ai cru en vérité sans me détourner des paroles fermes et claires qui viennent d'Allah, le Clément, le Miséricordieux. Des messages étudiés parmi les croyants, par lesquels Aḥmad l'élu a été choisi. Ainsi Aḥmad est devenu puissant parmi nous, puissant de rang et de position. Ô vous qui le menacez sottement, sans avoir commis de péché ni d'iniquité, ne craignez-vous pas le moindre châtiment ? Et la sécurité d'Allah n'est pas comme la crainte. Et vous serez renversés sous ses épées, comme la chute de Ka'b Abū al-Ashraf, le jour où Allah vit sa tyrannie et se détourna comme un chameau au nez tordu. Alors Jibrīl descendit pour son meurtre, par une révélation à Son serviteur clément. Le Messager envoya un messager vers lui, avec une épée blanche, tranchante et aiguisée. Il passa la nuit avec des yeux de poignard, et des larmes de Ka'b coulèrent. Nous dîmes à Aḥmad : Laisse-nous un peu, car nous n'avons pas encore été rassasiés de ce peuple. Il les chassa, puis dit : Partez en exil, malgré le nez qui se fronce. Ainsi les Banū al-Naḍīr furent exilés vers une terre étrangère, après avoir vécu dans une demeure ornée, jusqu'à Adhri'āt 11, leurs bouches retournées, sur chaque bête bossue et chétive. » Le séjour du Messager d'Allah à Médine après son retour de Baḥrān 12 fut : Jumādā al-Ākhira, Rajab, Sha'bān, Ramaḍān, et son expédition contre Quraysh, l'expédition d'Uḥud, au mois de Shawwāl de l'an trois. **Expédition d'Uḥud** 'Abd Allāh ibn al-Ḥasan al-Ḥarrānī nous a rapporté : al-Nufaylī nous a rapporté d'après Muḥammad ibn Salama d'après Muḥammad ibn Isḥāq : L'histoire d'Uḥud m'a été rapportée par Muḥammad ibn Muslim ibn 'Ubayd Allāh al-Zuhrī, Muḥammad ibn Yaḥyā ibn Ḥibbān, 'Āṣim ibn 'Umar ibn Qatāda, al-Ḥuṣayn ibn 'Abd al-Raḥmān ibn 'Amr ibn Sa'd ibn Mu'ādh, et d'autres de nos savants. Chacun m'a rapporté une partie du récit du jour d'Uḥud, et leur récit s'est réuni dans ce que j'ai rapporté de ce récit du jour d'Uḥud. Il dit : Lorsque Quraysh – ou celui qui l'a dit parmi eux – fut frappé à Badr, ainsi que les compagnons du puits 13 parmi les mécréants de Quraysh, et que leurs chameliers retournèrent à La Mecque, Abū Sufyān ibn Ḥarb (sa chamelle) marcha. 'Abd Allāh ibn Abī Rabī'a, 'Ikrima ibn Abī Jahl et Ṣafwān ibn Umayya parlèrent à des hommes de Quraysh dont les pères, fils et frères avaient été tués à Badr, et ils parlèrent à Abū Sufyān ibn Ḥarb et à ceux qui avaient des marchandises dans cette caravane. Ils dirent : « Ô assemblée de Quraysh, Muḥammad vous a fait du mal, a tué vos hommes et vos meilleurs. Aidez-nous avec cet argent pour le combattre, peut-être pourrons-nous obtenir vengeance de ce qu'il nous a fait. » À leur sujet, selon ce que m'ont rapporté certains savants, Allah révéla : « Ceux qui ont mécru dépensent leurs biens pour détourner du chemin d'Allah. Ils les dépenseront, puis ils en auront des regrets, puis ils seront vaincus. Et ceux qui ont mécru seront rassemblés vers la Géhenne. » 14 Lorsque Abū Sufyān et les propriétaires de cette caravane eurent fait cela, Quraysh se prépara à la guerre contre le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, avec ses alliés 15 et ceux qui les avaient suivis parmi les tribus de Kināna et les habitants de Tihāma. Tous ceux-là s'étaient laissé séduire pour faire la guerre au Messager d'Allah. Abū 'Azīz ibn 'Amr ibn 'Abd Allāh al-Jumaḥī 16 avait été gracié par le Messager d'Allah et avait promis de ne pas lutter contre lui. Quraysh décida de marcher vers Uḥud. Ṣafwān ibn Umayya dit : « Ô Abū 'Azīz, tu es un poète, aide-nous par ta langue et sors avec nous. » Il dit : « Muḥammad m'a gracié, et je ne veux pas lutter contre quiconque. » Il dit : « Si, aide-nous par toi-même. Si tu reviens, je te secourrai ; si tu es tué, je placerai tes filles avec les miennes, elles subiront ce qu'elles subiront de difficulté ou d'aisance. » Abū 'Azīz sortit et parcourut Tihāma en appelant les Banū Kināna, disant : « Ô Banū 'Abd Manāh, les rapides 17, vous êtes les fils de la guerre, frappeurs de têtes, vous êtes les protecteurs, et votre père est le protecteur. Ne me refusez pas votre secours après cette année. Ne me livrez pas, car la reddition n'est pas permise. » Puis Jubayr ibn Muṭ'im ibn 'Adī ibn Nawfal ibn 'Abd Manāh appela un esclave à lui nommé Waḥshī, un Abyssin qui lançait une javeline 18 à la manière des Abyssins, manquant rarement sa cible. Il dit : « Sors avec les gens. Si tu tues l'oncle de Muḥammad – c'est-à-dire Ḥamza – en échange de mon oncle Ṭu'ayma ibn 'Adī, tu seras libre. » Ṭu'ayma était parmi ceux qu'Allah avait tués le jour de Badr. Quraysh sortit avec ses troupes, ses armes, ses alliés et ceux qui les avaient suivis parmi Kināna et les habitants de Tihāma. Ils sortirent avec les femmes pour les inciter à ne pas fuir. Abū Sufyān, qui était le chef des gens, sortit avec Hind bint 'Utba ibn Rabī'a. Ṣafwān ibn Umayya ibn Khalaf sortit avec Barza bint Mas'ūd ibn 'Amr ibn 'Umayr al-Thaqafiyya, mère de 'Abd Allāh ibn Ṣafwān. 'Amr ibn al-'Āṣ sortit avec Rayṭa bint Munya ibn al-Ḥajjāj, mère de 'Abd Allāh ibn 'Amr. Chaque fois que Hind bint 'Utba passait près de Waḥshī ou qu'il passait près d'elle, elle disait : « Abā Dusma, guéris et guéris-toi 19. » Waḥshī était surnommé Abū Dusma. Ils avancèrent jusqu'à camper dans le lit du torrent de Qanāt, sur la rive du wadi, du côté de Médine. Lorsque le Messager d'Allah et les musulmans apprirent qu'ils étaient campés là où ils étaient, le Messager d'Allah dit aux musulmans : « J'ai vu des hommes, j'ai vu une brèche dans le tranchant de mon épée, et j'ai vu que j'avais introduit ma main dans une armure solide. » Il interpréta cela comme Médine. « Si vous voulez rester et les laisser là où ils sont campés, s'ils restent, ils resteront dans une mauvaise position, et s'ils entrent chez nous, nous les combattrons à l'intérieur. » Quraysh campa à Uḥud le mercredi, y resta ce jour-là, le jeudi et le vendredi. Le Messager d'Allah partit après la prière du vendredi et arriva au matin dans le défilé d'Uḥud. Ils se rencontrèrent le samedi, à la mi-Shawwāl de l'an trois. L'avis de 'Abd Allāh ibn Ubayy ibn Salūl était avec le Messager d'Allah, partageant son avis de ne pas sortir contre eux. Le Messager d'Allah répugnait à sortir de Médine. Des hommes parmi les musulmans, qu'Allah honora du martyre le jour d'Uḥud, et d'autres qui avaient manqué Badr et étaient présents, dirent :
Ô Messager d'Allah, sors-nous vers nos ennemis afin qu'ils ne pensent pas que nous avons peur d'eux ou que nous sommes faibles. Abd Allah ibn Ubayy ibn Salul dit : Ô Messager d'Allah, reste à Médine. S'ils restent, ils resteront dans un mauvais lieu, et s'ils repartent, ils repartiront déçus comme ils sont venus. S'ils y entrent, les hommes les combattront en face, et les enfants et les femmes leur lanceront des pierres d'en haut. Les gens ne cessèrent de presser le Messager d'Allah — ceux dont l'affaire était l'amour de la rencontre d'Allah — jusqu'à ce que le Messager d'Allah entre dans sa maison, revêtît sa cotte de mailles 20. C'était un vendredi, après avoir terminé la prière. Ce jour-là, un homme des Ansâr 21 nommé Mâlik ibn 'Amr, l'un des Banû al-Najjâr, était mort. Le Messager d'Allah pria sur lui, puis sortit. Les gens regrettèrent et dirent : Nous avons contraint le Messager d'Allah. Ils dirent : Ô Messager d'Allah, nous t'avons contraint, reste, cela ne nous convenait pas, qu'Allah prie sur toi. Le Messager d'Allah — sur lui la paix — dit : Il ne convient pas qu'un prophète, lorsqu'il a revêtu sa cotte de mailles, l'enlève avant d'avoir combattu. Le Messager d'Allah sortit avec mille de ses compagnons. Lorsqu'il fut à al-Shawt 22, entre Médine et Uhud, Abd Allah ibn Ubayy ibn Salul se retira avec un tiers des gens et dit : Il leur a obéi et m'a désobéi. Par Allah, nous ne savons pas pourquoi nous nous tuons ici, ô gens. Puis il retourna avec ceux de son peuple qui étaient avec lui, parmi les hypocrites et les gens du doute. Abd Allah ibn 'Amr ibn Harâm, frère des Banû Salama, les suivit en disant : Ô mon peuple, je vous adjure par Allah de ne pas abandonner votre Prophète et votre peuple alors que votre ennemi est présent. Ils dirent : Si nous savions que vous alliez combattre, nous ne vous aurions pas laissés, mais nous ne pensons pas que cela arrivera. Lorsqu'il les vit obstinés et refusant de revenir sur leur décision, il dit : Qu'Allah vous éloigne, ennemis d'Allah ! Allah me suffira contre vous. Le Messager d'Allah continua jusqu'à ce qu'il emprunte la ḥarra 23 des Banû Hâritha. Un cheval agita sa queue et heurta le fourreau d'une épée, la dégainant. Le Messager d'Allah — et il aimait les présages favorables et ne les considérait pas comme de mauvais augure — dit au propriétaire de l'épée : Remets ton épée au fourreau, car je vois que les épées seront dégainées aujourd'hui. Puis le Messager d'Allah dit à ses compagnons : Quel homme nous fera sortir vers le peuple par un chemin proche, sans que nous passions près d'eux ? Abû Khaythama, frère des Banû Hâritha ibn al-Hârith, dit : Moi, ô Messager d'Allah. Il le guida à travers la ḥarra des Banû Hâritha et entre leurs plantations, jusqu'à ce qu'il le fasse passer par une plantation appartenant à Rabî' ibn Qaytî, un homme hypocrite et aveugle. Lorsqu'il sentit la présence du Messager d'Allah et de ceux qui l'accompagnaient, il se leva et leur jeta de la poussière au visage en disant : Si tu es le Messager d'Allah, je ne te permets pas d'entrer dans mon jardin. Il m'a été rapporté qu'il prit une poignée de terre dans sa main et dit : Par Allah, si je savais que je n'atteindrais personne d'autre que toi, je te frapperais au visage avec. Les gens s'élancèrent pour le tuer, mais il leur dit : C'est un aveugle, aveugle de cœur et de vue. Sa'd 24, frère des Banû 'Abd al-Ashhal, s'était précipité vers lui avant que le Messager d'Allah ne l'interdise, et le frappa à la tête avec son arc. Le Messager d'Allah poursuivit son chemin jusqu'à ce qu'il campe dans le ravin d'Uhud, sur la rive opposée du lit du torrent, adossé à la montagne. Il plaça son dos et son campement contre Uhud et dit : Que personne ne combatte avant que nous ne l'ordonnions. Les Quraysh 25 avaient lâché les bêtes de somme et les chevaux dans les cultures qui se trouvaient à al-Ṣamgha 26 de Qanât. Un homme des Ansâr dit, alors que le Messager d'Allah avait interdit le combat : Laissez-vous paître les cultures des Banû Qayla 27 sans combattre ? Le Messager d'Allah se prépara au combat avec sept cents hommes. Les Quraysh se préparèrent, au nombre de trois mille, avec deux cents chevaux qu'ils avaient harnachés. Ils placèrent Khâlid ibn al-Walîd à l'aile droite de la cavalerie et 'Ikrima ibn Abî Jahl à l'aile gauche. Le Messager d'Allah nomma 'Abd Allah ibn Jubayr, frère des Banû 'Amr ibn 'Awf, commandant des archers, au nombre de cinquante hommes. Ce jour-là, il portait des vêtements blancs. Il dit : Protège-nous de la cavalerie avec tes flèches, afin qu'ils ne viennent pas par-derrière, que nous ayons le dessus ou non. Tiens ferme à ta place, que nous ne soyons pas attaqués de ton côté. Le Messager d'Allah — sur lui la paix — porta deux cottes de mailles superposées et dit : Qui prend cette épée avec son droit ? Des hommes se levèrent, mais il les retint, jusqu'à ce qu'Abû Dujâna Simâk ibn Kharasha, frère des Banû Sâ'ida, se lève et dise : Quel est son droit, ô Messager d'Allah ? Il dit : Frapper l'ennemi avec jusqu'à ce qu'elle se plie. Il dit : Je la prends, ô Messager d'Allah, avec son droit. Il la lui donna. Abû Dujâna était un homme courageux qui se pavanait à la guerre. Lorsqu'il mettait un bandeau rouge sur sa tête, les gens savaient qu'il allait combattre. Quand il prit l'épée de la main du Messager d'Allah, il sortit son bandeau et s'en enturbanna la tête, puis se mit à se pavaner entre les deux rangs. 'Abd Allah ibn al-Ḥasan al-Ḥarrânî nous a informés : al-Nafîlî nous a dit : Muḥammad ibn Salama nous a dit, d'après Muḥammad ibn Isḥâq, qui a dit : Ja'far ibn 'Abd Allah ibn Aslam, client de 'Umar ibn al-Khaṭṭâb, m'a raconté, d'après un homme des Ansâr des Banû Salama, qui a dit : Le Messager d'Allah — sur lui la paix — dit, en voyant Abû Dujâna se pavaner : C'est une démarche qu'Allah déteste, sauf en cette circonstance. 'Abd Allah ibn al-Ḥasan al-Ḥarrânî nous a informés : al-Nafîlî nous a dit : Ibn Salama nous a dit, d'après Muḥammad ibn Isḥâq, qui a dit : 'Âṣim ibn 'Umar ibn Qatâda m'a raconté qu'Abû 'Âmir ('Abd 'Amr ibn) Ṣayfî ibn Mâlik ibn al-Nu'mân ibn Umayya, l'un des Banû Ḍubay'a, était sorti de La Mecque pour s'éloigner du Messager d'Allah — sur lui la paix — avec cinquante jeunes gens des Aws 28, dont 'Uthmân ibn Ḥunayf. Certains disent qu'ils étaient quinze. Abû 'Âmir promettait aux Quraysh que s'il rencontrait son peuple, pas un seul homme ne resterait en arrière. Lorsque les gens se rencontrèrent, le premier à les affronter fut Abû 'Âmir, parmi les Aḥâbîsh 29 et les esclaves des gens de La Mecque. Il cria : Ô assemblée des Aws, je suis Abû 'Âmir ! Ils dirent : Qu'Allah ne te réjouisse pas, ô pervers ! Abû 'Âmir était appelé al-Râhib 30 à l'époque préislamique, mais le Messager d'Allah l'avait surnommé al-Fâsiq 31. Lorsqu'il entendit leur réponse, il dit : Mon peuple a connu un mal après moi. Puis il les combattit violemment et leur lança des pierres. Lorsque les gens se rencontrèrent et s'approchèrent les uns des autres, Hind bint 'Utba se leva parmi les femmes qui l'accompagnaient. Elles prirent des tambourins et frappèrent derrière les hommes, les encourageant. Hind dit dans ce qu'elle récitait : Nous sommes les filles de Târiq 32 ; si vous avancez, nous embrassons ; nous étendons les coussins ; si vous fuyez, nous nous séparons, d'une séparation sans amour. Les gens combattirent jusqu'à ce que la guerre s'enflamme. Abû Dujâna Simâk ibn Kharasha combattit jusqu'à s'enfoncer profondément chez l'ennemi, ainsi que Ḥamza et 'Alî ibn Abî Ṭâlib, parmi d'autres musulmans. Allah fit descendre Sa victoire et réalisa Sa promesse. Ils les tailladèrent avec les épées jusqu'à les mettre en déroute, et la défaite était certaine. 'Abd Allah ibn al-Ḥasan al-Ḥarrânî nous a informés : al-Nafîlî nous a dit : Muḥammad ibn Salama nous a dit, d'après Muḥammad ibn Isḥâq, qui a dit : Yaḥyâ ibn 'Abbâd ibn 'Abd Allah ibn al-Zubayr m'a raconté, d'après son père, d'après 'Abd Allah ibn al-Zubayr, d'après al-Zubayr, qui a dit : Je me voyais regarder les chevilles de Hind bint 'Utba et de ses compagnes, retroussant leurs vêtements, ne laissant rien paraître de peu ou de beaucoup, lorsque les archers quittèrent le camp, alors que nous avions mis l'ennemi en déroute, voulant le butin. Ils laissèrent nos arrières exposés à la cavalerie, et nous fûmes attaqués par-derrière. Un crieur cria : « Muḥammad a été tué ! » Nous rebroussâmes chemin, et ils se retournèrent contre nous, après que nous eûmes tué les porte-étendards, au point que personne de l'ennemi n'osait s'en approcher. Les musulmans furent mis en déroute, et l'ennemi les frappa. Ce fut un jour d'épreuve et de purification. Allah honora par le martyre ceux qu'Il honora. Ce jour-là, les musulmans, en raison de la dure épreuve qu'ils subirent, furent divisés en trois groupes : un tiers tué, un tiers blessé, et un tiers en fuite, que la guerre avait éprouvé au point qu'il ne savait plus quoi faire, jusqu'à ce que l'ennemi atteigne le Messager d'Allah. On lui lança des pierres jusqu'à ce qu'il tombe sur le côté. Sa dent de devant fut brisée, sa joue fendue et ses lèvres blessées. Celui qui l'avait frappé était 'Utba ibn Abî Waqqâṣ. Le Messager d'Allah dit, lorsque l'ennemi l'encercla : Qui nous vend sa personne ? — comme me l'a raconté Ḥuṣayn ibn 'Abd al-Raḥmân ibn 'Amr ibn Sa'd ibn Mu'âdh, d'après Muḥammad ibn 'Amr ibn Yazîd ibn al-Sakan. Ziyâd ibn al-Sakan se leva avec cinq hommes des Ansâr — certains disent que c'était 'Umâra ibn Ziyâd ibn al-Sakan — et ils combattirent devant le Messager d'Allah, homme après homme, se faisant tuer devant lui, jusqu'à ce que le dernier d'entre eux fût Ziyâd ibn al-Sakan ou 'Umâra ibn Ziyâd. Il combattit jusqu'à ce que les blessures l'immobilisent. Puis un groupe de musulmans revint et les éloigna de lui. Le Messager d'Allah dit : Approchez-le de moi. Il posa sa tête sur son pied, et il mourut, la joue sur le pied du Messager d'Allah. Abû Dujâna protégea le Messager d'Allah de son corps, les flèches tombant sur son dos tandis qu'il était courbé, jusqu'à ce qu'il en soit couvert. Sa'd ibn Abî Waqqâṣ tira des flèches devant le Messager d'Allah. Sa'd dit : Je l'ai vu me passer les flèches en disant : « Tire, que mon père et ma mère soient sacrifiés pour toi ! » Au point qu'il me passait une flèche sans pointe en disant : « Tire-la. » 'Abd Allah ibn al-Ḥasan al-Ḥarrânî nous a informés : al-Nafîlî nous a dit : Muḥammad ibn Salama nous a dit, d'après Muḥammad ibn Isḥâq, qui a dit : 'Âṣim ibn 'Umar ibn Qatâda m'a raconté que le Messager d'Allah tira de son arc jusqu'à ce que sa corde se rompe. Qatâda ibn al-Nu'mân la prit et la garda. Ce jour-là, l'œil de Qatâda ibn al-Nu'mân fut touché et tomba sur sa joue. Ibn Isḥâq dit : 'Âṣim ibn 'Umar ibn Qatâda m'a raconté que le Messager d'Allah le remit en place de sa main, et il devint le meilleur de ses deux yeux et le plus beau.
Mous‘ab ibn ‘Oumayr combattit pour défendre le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – portant son étendard jusqu’à ce qu’il fût tué. Celui qui le frappa fut Ibn Qoumay’a al-Laythî, qui croyait qu’il était le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue. Il retourna donc vers Quraych et dit : « J’ai tué Muhammad. » Lorsque Mous‘ab fut tué, le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – donna l’étendard à ‘Alî ibn Abî Tâlib. Hamza ibn ‘Abd al-Mouttalib combattit jusqu’à ce qu’il tuât Artâh ibn 33 Shurahbîl [13v] ibn Hâshim ibn ‘Abd Manâf ibn ‘Abd al-Dâr ibn Qusayy, qui était l’un des hommes qui portaient l’étendard de Quraych. Ensuite, Sibâ‘ ibn ‘Abd al-‘Ouzzâ al-Fîshânî, surnommé Abou Niyâr, passa près de lui. Hamza lui dit : « Approche-toi, ô fils de celle qui coupe les clitoris ! » Il le frappa, mais manqua sa tête. La mère de Niyâr était une esclave affranchie de Shuraysh ibn ‘Amr ibn Wahb al-Thaqafî, exciseuse à La Mecque. Lorsqu’ils s’affrontèrent, Hamza le frappa et le tua. Wahshî, l’esclave de Jubayr ibn Mut‘im, dit : « Par Allah, je vois encore Hamza tailler dans les rangs avec son épée, ne laissant rien, tel un chameau gris 34 ; alors Sibâ‘ ibn ‘Abd al-‘Ouzzâ s’avança vers lui. Hamza lui dit : “Approche-toi, ô fils de celle qui coupe les clitoris !” Il le frappa, mais manqua sa tête. J’ajustai ma lance, et quand je fus satisfait, je la lançai sur lui ; elle atteignit son aine 35 et ressortit entre ses jambes. Il s’avança puis tomba. Je le laissai jusqu’à ce qu’il fût mort, puis je vins à lui, pris ma lance, et me retirai vers le camp. Je n’avais besoin de rien d’autre que de lui. » ‘Âsim ibn Thâbit ibn al-Aqlah, frère des Banû ‘Amr ibn ‘Awf, tua Musâfi‘ ibn Talha et son frère Jallâs, chacun d’une flèche. Il venait ensuite vers sa mère Soulâfa, posait sa tête sur ses genoux, et elle disait : « Ô mon fils, qu’as-tu ? » Il répondait : « J’ai entendu un homme, lorsqu’il m’a lancé une flèche, dire : “Prends-la, je suis Ibn al-Aqlah.” » Elle dit : « Est-il al-Aqlah ? » Elle fit le vœu que si Allah lui donnait pouvoir sur la tête de ‘Âsim, elle boirait du vin dans son crâne. Or ‘Âsim avait fait à Allah le pacte de ne jamais toucher un polythéiste ni d’être touché par lui 36. » ‘Abd Allah ibn al-Hasan al-Harrânî nous a rapporté : al-Nafîlî nous a rapporté : Muhammad ibn Salama nous a rapporté d’après Muhammad ibn Ishâq : al-Qâsim ibn ‘Abd al-Rahmân ibn Râfi‘, frère des Banû ‘Adî ibn al-Najjâr, m’a rapporté : Anas ibn al-Nadr – l’oncle paternel d’Anas ibn Mâlik, et c’est d’après lui qu’Anas fut nommé Anas – arriva auprès de ‘Omar ibn al-Khattâb et Talha ibn ‘Ubayd Allah – qu’Allah les agrée – parmi des hommes des Émigrés et des Auxiliaires qui avaient baissé les bras. Il dit : « Qu’est-ce qui vous fait rester assis ? » Ils dirent : « Le Messager d’Allah a été tué. » Il dit : « Que pensez-vous 37 de la vie après lui ? Levez-vous et mourez sur ce sur quoi le Messager d’Allah est mort. » Puis il se dirigea vers les gens, combattit jusqu’à être tué. ‘Abd Allah ibn al-Hasan al-Harrânî nous a rapporté : al-Nafîlî nous a rapporté : Muhammad ibn Salama nous a rapporté d’après Muhammad ibn Ishâq : Humayd al-Tawîl m’a rapporté d’après Anas ibn Mâlik : Nous avons trouvé sur Anas ibn al-Nadr, ce jour-là, soixante-dix blessures ; je ne l’ai reconnu que grâce à sa sœur, qui reconnut ses doigts 38. ‘Abd Allah ibn al-Hasan al-Harrânî nous a rapporté : al-Nafîlî nous a rapporté : Muhammad ibn Salama nous a rapporté d’après Muhammad ibn Ishâq : Le premier à reconnaître le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – après la déroute, alors que les gens disaient : « Le Messager d’Allah a été tué », fut, comme me l’a rapporté Ibn Shihâb al-Zuhrî d’après ‘Abd Allah ibn Ka‘b ibn Mâlik, frère des Banû Salama, Ka‘b dit : « Je reconnus ses yeux qui brillaient sous le heaume, et je criai de toute ma voix : “Ô communauté des musulmans, réjouissez-vous ! Voici le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue !” Il me fit signe de me taire. Lorsque les musulmans reconnurent le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – ils se levèrent avec lui, et il se leva avec eux vers le ravin, accompagné d’Abou Bakr ibn Abî Qahâfa, ‘Omar ibn al-Khattâb, ‘Alî ibn Abî Tâlib, Talha ibn ‘Ubayd Allah, al-Zubayr ibn al-‘Awwâm, et al-Hârith ibn al-Simma – qu’Allah les agrée tous – parmi un groupe de musulmans. Lorsque le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – s’appuya dans le ravin, Ubayy ibn Khalaf le rattrapa en disant : « Où es-tu, Muhammad ? Où es-tu, Muhammad ? Tu ne seras pas sauf si je suis sauf. » Les gens dirent : « Ô Messager d’Allah, un homme parmi nous va-t-il se tourner vers lui ? » Il dit : « Laissez-le. » Lorsqu’il s’approcha, le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – prit la lance des mains d’al-Hârith ibn al-Simma – certains disent, d’après ce qui m’a été rapporté [14r]. Lorsqu’il la prit, il la secoua d’une secousse telle que nous nous éparpillâmes loin de lui comme des poils 39 sur le dos d’un chameau lorsqu’il se secoue. Puis il lui fit face et le frappa d’un coup qui le fit tomber de son cheval à plusieurs reprises. ‘Abd Allah ibn al-Hasan al-Harrânî nous a rapporté : al-Nafîlî nous a rapporté : Muhammad ibn Salama nous a rapporté d’après Muhammad ibn Ishâq : Sâlih ibn Ibrâhîm ibn ‘Abd al-Rahmân ibn ‘Awf m’a rapporté : Ubayy ibn Khalaf rencontrait le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – à La Mecque et disait : « Ô Muhammad, j’ai chez moi un cheval que je nourris chaque jour d’un faraq 40 de maïs ; je te tuerai dessus. » Il répondait : « C’est moi qui te tuerai, si Allah le veut. » Il retourna vers Quraych, avec une égratignure au cou, peu profonde, mais le sang s’accumula, et il dit : « Par Allah, Muhammad m’a tué. » Ils dirent : « Par Allah, ton esprit s’en est allé ; il n’y a rien de grave. » Il dit : « Il m’avait dit à La Mecque : “C’est moi qui te tuerai.” Par Allah, s’il avait craché sur moi, il m’aurait tué. » L’ennemi d’Allah mourut à Sarif 40 alors qu’ils le ramenaient à La Mecque. Hassân ibn Thâbit dit, à propos du meurtre d’Ubayy par le Messager d’Allah et de ce qu’il lui avait dit à La Mecque : « Il a hérité de l’égarement de son père… Ubayy, lorsque le Messager l’a affronté 41. » Lorsque le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – arriva à l’entrée du ravin, ‘Alî ibn Abî Tâlib – que la miséricorde d’Allah soit sur lui – sortit avec le bouclier, le remplit d’eau du Mihras 42, puis l’apporta au Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue. Celui-ci en sentit l’odeur et la répugna, donc il n’en but pas. Il lava le sang de son visage et versa de l’eau sur sa tête en disant : « La colère d’Allah s’est intensifiée contre celui qui a ensanglanté le visage de Son Messager. » ‘Abd Allah ibn al-Hasan al-Harrânî nous a rapporté : al-Nafîlî nous a rapporté : Muhammad ibn Salama nous a rapporté d’après Muhammad ibn Ishâq : Sâlih ibn Kaysân m’a rapporté d’après quelqu’un [14v] qui a rapporté d’après Sa‘d ibn Abî Waqqâs qu’il disait : « Je n’ai jamais désiré tuer quelqu’un autant que j’ai désiré tuer ‘Utba ibn Abî Waqqâs, bien que, pour autant que je sache, il fût de mauvais caractère et détesté dans son clan. Mais la parole du Messager d’Allah m’a suffi : “La colère d’Allah s’est intensifiée contre celui qui a ensanglanté le visage de Son Messager.” » Pendant que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – était dans le ravin avec ce groupe de ses Compagnons, une troupe 42 apparut sur la montagne. Le Messager d’Allah dit : « Il ne leur convient pas de nous dominer. » ‘Omar ibn al-Khattâb et un groupe d’Émigrés avec lui combattirent jusqu’à les faire descendre de la montagne. Le Messager d’Allah se dirigea vers un rocher de la montagne pour y monter ; il avait pris de l’embonpoint 43 et portait deux cottes de mailles superposées. Lorsqu’il voulut se lever, il n’y parvint pas. Talha ibn ‘Ubayd Allah s’assit sous lui, et il se leva grâce à lui jusqu’à ce qu’il fût dessus. ‘Abd Allah ibn al-Hasan nous a rapporté : al-Nafîlî nous a rapporté : Muhammad ibn Salama nous a rapporté d’après Muhammad ibn Ishâq : Yahyâ ibn ‘Abbâd ibn ‘Abd Allah ibn al-Zubayr m’a rapporté d’après al-Zubayr 44 : J’ai entendu le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – dire : « Talha a mérité [le Paradis] lorsqu’il a fait ce qu’il a fait pour le Messager d’Allah. » Les gens avaient fui loin du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – au point que certains atteignirent al-Manqâ 45 au-delà d’al-A‘was. ‘Othmân ibn ‘Affân, ‘Uqba ibn ‘Othmân, et Sa‘d ibn ‘Othmân, deux hommes des Auxiliaires, puis des Banû Zurayq, s’enfuirent jusqu’à atteindre al-Jul‘ub, une montagne près de Médine, et y restèrent trois jours avant de revenir vers le Messager d’Allah – que la paix soit sur lui. Le Messager d’Allah dit, selon ce qu’ils prétendent : « Vous êtes allés loin dans cette affaire. » ‘Abd Allah ibn al-Hasan al-Harrânî nous a rapporté : al-Nafîlî nous a rapporté : Muhammad ibn Salama nous a rapporté d’après Muhammad ibn Ishâq : ‘Âsim ibn ‘Omar ibn Qatâda m’a rapporté d’après Mahmûd ibn Labîd d’après Hanzala ibn Abî ‘Âmir, frère des Banû ‘Amr ibn ‘Awf, qu’il rencontra Abou [15r] Sufyân ibn Harb. Lorsque Hanzala le domina, Shaddâd ibn al-Aswad, surnommé Ibn Shu‘rub, le vit dominant Abou Sufyân ; il frappa Hanzala et le tua. Le Messager d’Allah dit : « Si votre compagnon – c’est-à-dire Hanzala – est lavé par les anges, interrogez sa famille sur son état. » On interrogea sa femme, qui dit : « Il est sorti alors qu’il était en état d’impureté majeure lorsqu’il entendit l’appel 46. » Le Messager d’Allah dit : « C’est pour cela que les anges l’ont lavé. » ‘Abd Allah ibn al-Hasan al-Harrânî nous a rapporté : al-Nafîlî nous a rapporté : Muhammad ibn Salama nous a rapporté d’après Muhammad ibn Ishâq : Hind bint ‘Utba, comme me l’a rapporté Sâlih ibn Kaysân, et les femmes qui l’accompagnaient, mutilaient les morts parmi les Compagnons du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – coupant les oreilles et les nez, jusqu’à ce que Hind se fît des colliers et des bracelets avec les oreilles et les nez des hommes. Elle donna ses bracelets, ses colliers et ses boucles d’oreilles à Wahshî, l’esclave de Jubayr ibn Mut‘im. Elle ouvrit le foie de Hamza, le mâcha, mais ne put l’avaler. Puis elle monta sur un rocher élevé et cria de toute sa voix, disant en poésie, lorsqu’ils eurent triomphé de ce qu’ils avaient infligé aux Compagnons du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue : « Nous vous avons payé pour le jour de Badr. » Hind bint Athâtha ibn ‘Abbâd ibn al-Muttalib ibn ‘Abd Manâf lui répondit : « Tu as été humiliée à Badr et après Badr 47. » Puis, lorsque Abou Sufyân voulut partir, il monta sur la montagne et cria de toute sa voix : « Excellent acte 48… La guerre est alternée : un jour pour nous, un jour pour vous. Le jour de Badr compense. Exalte Hubal ! » – c’est-à-dire : que ton dieu triomphe. Le Messager d’Allah dit à ‘Omar – que la miséricorde d’Allah soit sur lui : « Lève-toi et réponds-lui [15v] : “Allah est plus Haut et plus Glorieux… Ils ne sont pas égaux : nos morts sont au Paradis, vos morts sont en Enfer.” » Lorsqu’il eut répondu à Abou Sufyân, celui-ci dit : « Approche-toi de moi, ô ‘Omar. » Le Messager d’Allah lui dit : « Va vers lui et vois ce qu’il veut. » Abou Sufyân lui dit : « Je t’adjure par Allah, ô ‘Omar, avons-nous tué Muhammad ? » Il dit : « Ô Allah, non ! Et il entend ta parole maintenant. » Il dit : « Tu es, par Allah, plus véridique et plus pieux que Ibn Qoumay‘a, car Ibn Qoumay‘a a dit : “J’ai tué Muhammad.” » Puis Abou Sufyân cria : « Il y a eu parmi vos morts des 49… Par Allah, je n’ai été ni satisfait ni mécontent, je n’ai ni ordonné ni interdit. » Lorsque Abou Sufyân et ceux qui étaient avec lui furent partis, il cria : « Notre rendez-vous est à Badr l’année prochaine. » Le Messager d’Allah dit à un homme parmi ses Compagnons : « Dis : “Oui, c’est un rendez-vous entre nous et toi.” » Puis le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – envoya ‘Alî ibn Abî Tâlib en disant : « Sors derrière les gens et vois ce qu’ils font et ce qu’ils veulent. S’ils ont sellé les chevaux et monté les chameaux 50, alors ils veulent La Mecque. S’ils ont monté les chevaux et conduit les chameaux, alors ils veulent Médine. Par Celui qui tient mon âme en Sa main, s’ils la veulent, je marcherai contre eux et les combattrai. » ‘Alî – que la miséricorde d’Allah soit sur lui – dit : « Je sortis derrière eux pour voir ce qu’ils faisaient. Lorsqu’ils sellèrent les chevaux et montèrent les chameaux, et se dirigèrent vers La Mecque, je revins en criant, ne pouvant cacher ce que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – m’avait ordonné, tant j’étais joyeux de les voir s’éloigner de Médine. »
Abd Allah ibn al-Hasan al-Harrani nous a rapporté : al-Nufayli nous a rapporté : Muhammad ibn Salama nous a rapporté d'après Muhammad ibn Ishaq : Les gens s'inquiétèrent pour leurs morts, et le Messager de Dieu — comme me l'a rapporté Muhammad ibn Abd Allah ibn Abd al-Rahman ibn Abi Sa'sa'a al-Mazini, frère des Banu al-Najjar — dit : « Qui ira voir pour moi ce qu'il est advenu de Sa'd ibn al-Rabi' 51, frère des Banu al-Harith ibn al-Khazraj, est-il parmi les vivants ou parmi les morts ? » Un homme des Ansar 52 dit : « Je vais voir pour toi, ô Messager de Dieu, ce qu'il est advenu. » Il le chercha et le trouva blessé parmi les morts, ayant encore un souffle de vie. Il lui dit : « Le Messager de Dieu m'a ordonné de voir pour lui si tu es parmi les vivants ou parmi les morts. » Il répondit : « Je suis parmi les morts. Transmets de ma part le salut au Messager de Dieu, et dis-lui : Sa'd ibn al-Rabi' dit : Que Dieu te récompense pour nous du meilleur dont Il a récompensé un prophète pour sa communauté. Transmets aussi le salut à ton peuple de ma part, et dis : Sa'd ibn al-Rabi' vous dit : Vous n'avez aucune excuse auprès de Dieu si le Prophète est atteint alors qu'un de vos yeux peut encore cligner. » Puis je ne m'éloignai pas avant qu'il ne meure — que Dieu lui fasse miséricorde. Je vins alors trouver le Messager de Dieu et l'informai de son état. Le Messager de Dieu sortit — selon ce qui m'est parvenu — cherchant Hamza ibn Abd al-Muttalib. Il le trouva dans le fond de la vallée, le ventre ouvert jusqu'au foie, mutilé, le nez et les oreilles coupés. Abd Allah ibn al-Hasan al-Harrani nous a rapporté : al-Nufayli nous a rapporté : Muhammad ibn Salama nous a rapporté d'après Muhammad ibn Ishaq : Muhammad ibn Ja'far ibn al-Zubayr m'a rapporté que le Messager de Dieu — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — dit en voyant ce qu'il vit : « Si ce n'était la crainte que Safiyya 53 ne s'afflige, ou que cela ne devienne une tradition après moi, je ne l'aurais pas enterré et je l'aurais laissé jusqu'à ce qu'il soit dans les ventres des bêtes féroces et les jabirs des oiseaux. Et si Dieu me donne la victoire sur Quraysh 54 en un lieu, je mutilerai trente hommes d'entre eux. » Lorsque les musulmans virent la tristesse du Messager de Dieu et sa colère à cause de ce qui avait été fait à son oncle, ils dirent : « Par Dieu, si Dieu nous donne la victoire sur eux, nous les mutilerons d'une mutilation que nul parmi les Arabes n'a jamais infligée à quiconque. » Abd Allah ibn al-Hasan al-Harrani nous a rapporté : al-Nufayli nous a rapporté : Muhammad ibn Salama nous a rapporté d'après Muhammad ibn Ishaq : Burayda ibn Sufyan ibn Farwa al-Aslami m'a rapporté d'après Muhammad ibn Ka'b al-Qurazi, et quelqu'un en qui j'ai confiance m'a rapporté d'après Ibn Abbas que Dieu révéla à ce sujet, à propos de la parole du Messager de Dieu et de celle de ses Compagnons : « Et si vous punissez, punissez de la même manière dont vous avez été punis ; mais si vous êtes patients, cela est meilleur pour les patients » 55 jusqu'à la fin de l'affaire. Alors le Messager de Dieu — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — pardonna, patienta et interdit la mutilation. Abd Allah ibn al-Hasan nous a rapporté : al-Nufayli nous a rapporté : Muhammad ibn Salama nous a rapporté d'après Muhammad ibn Ishaq : Humayd al-Tawil m'a rapporté d'après al-Hasan d'après Samura ibn Jundub qu'il dit : « Le Messager de Dieu — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — ne se tenait jamais devant nous pour un discours sans nous ordonner l'aumône et nous interdire la mutilation. » Suivra, si Dieu le veut, la quatrième partie... Muhammad ibn Salama d'après Muhammad ibn Ishaq a dit : Quelqu'un en qui j'ai confiance m'a rapporté d'après Miqsam. Louange à Dieu, Seigneur des mondes, et que Ses prières et Sa paix soient sur notre maître Muhammad, sa famille et ses Compagnons, abondamment. Dieu nous suffit et Il est le meilleur garant. Écrit par Tahir ibn Barakat al-Khushu'i au mois de Ramadan de l'année 454 de l'Hégire. Dieu est l'Assistant en toute circonstance, si Dieu le veut. Tables des matières générales 1. Index des personnes 2. Index des groupes 3. Index des lieux 4. Versets coraniques 5. Poésie 6. Contenu du livre 7. Corrections Index des personnes Abraham le Bien-Aimé : 51, 94, 95, 98, 99, 100, 106, 115, 116, 118, 120, 134, 191, 195, 295. Ibrahim ibn Isma'il : 96, 134, 222, 268, 295. Ibrahim ibn Abd al-Rahman : 178, 288. Ibrahim ibn Uthman : 270. Ibrahim, fils du Prophète Muhammad : 270, 271. Ibrahim ibn Muhammad ibn Ali : 271. Abraha al-Ashram : 59, 60, 61, 62, 63, 64, 150. Ubayy ibn Khalaf : 144, 331. Umm Abiha bint Abd Allah : 151. Abu Ahmad ibn Jahsh : 143. Uhayha ibn al-Jallah : 52. al-Akhnas ibn Shariq : 189, 190, 234. Adam : 94, 95, 134. Artat ibn Shurahbil : 329. Arwa bint Abd al-Muttalib : 67, 68. Arwa bint Kurayz : 67. Isaf : 24. Asbat ibn Nasr : 95, 219, 297. Ishaq ibn Yasar : 44, 220, 234, 250, 260, 276. Asad ibn Asad : 82. Asad ibn Ubayd : 85. Asfandbad : 201. Asma bint Abi Bakr : 116, 143. Asma bint Salama : 143. Asma bint Umays : 143, 222, 226. Asma bint Ka'b : 267. Asma bint al-Muhallil : 143. Asmahij, mère d'Abu Lahab : 150. Isma'il ibn Iyas : 137. Isma'il ibn Abi Hakim : 133. Isma'il al-Suddi : 297. Isma'il ibn Abd al-Rahman : 95, 219. Isma'il ibn Abd al-Malik : 278, 283. Isma'il le Prophète : 24, 25, 26, 95, 98, 107. al-Aswad ibn Abd al-Asad : 144, 268. al-Aswad ibn Abd Yaghuth : 273. al-Aswad ibn al-Muttalib : 148, 197, 273. al-Aswad ibn Nawfal : 227. Usayd ibn Sa'iya : 85. Asiya, femme de Pharaon : 244. Ash'ath ibn Abi al-Sha'tha' : 195. As'hama al-Najashi. Abu al-Asad al-Hudhali : 144. Ibn Umm Maktum : 230. Umama bint Abi al-As : 246. Amina bint Wahb : 41, 42, 44, 45, 65. Umma bint Khalid : 227. Umayya ibn Khalaf : 144, 197, 211, 236. Umama bint Amir : 82. Umama bint Abd al-Muttalib : 67, 115. Amina bint Khalaf : 144, 227. Anas ibn Malik : 94, 96, 265, 272, 296, 330. Anas ibn al-Nadr : 330. Anisa bint al-Harith : 48. Iyas ibn al-Bukayr : 144. Abu Ayyub al-Ansari : 281. B Abu al-Bakhtari ibn Hashim : 148, 161, 166, 197. Bahira le moine : 70, 73, 74, 75, 76, 77. Barra bint Abd al-Uzza : 42. Barra bint Abd al-Muttalib : 67, 68, 178. Barra bint Awf : 42. Barza bint Mas'ud : 323. Abu Burda al-Ash'ari : 97. Burayda al-Ghifari : 138, 141. Burayda ibn Sufyan al-Aslami : 335. Baraka bint Yasar : 227. Bassam, affranchi d'Ali ibn Abi Talib : 205. Busr ibn Abi Hafs : 130. Bashir ibn al-Khasasiyya : 291. Abu Bakr al-Siddiq : 28, 100, 132, 139, 140, 144, 191, 192, 230, 233, 235, 281, 282, 283, 330. Abu Bakr ibn Abd al-Rahman : 213, 216. Abu Bakr al-Hudhali : 100. Bilal al-Habashi : 130, 190, 191, 264, 287, 298, 299. Binyamin al-Qurazi : 52. al-Bayda', mère de Hakim bint Abd al-Muttalib. T Abu Taqasif al-Khuna'i : 30. Tammam le Scripturaire : 75, 77. Tamima bint Wahb : 268. Abu Tamima al-Hujaymi : 289. Th Thabit ibn Umm Anmar : 182. Thabit ibn Dinar : 94, 251. Thabit ibn Qays : 263. Tha'laba ibn Sa'iya : 85. Abu Tha'laba al-Akhnas ibn Shariq. Thawr ibn Yazid : 51. J Jabir ibn Sufyan : 225. Jabir ibn Samura : 291. Jabir ibn Abd al-Rahman : 65. Jabir ibn Abd Allah : 278. Jariya des Banu Amr ibn Mu'mil : 191. Jami' ibn Shaddad : 232. Jibril : 26, 96, 100, 121, 123, 133, 135, 136, 145, 297. Jabala ibn Suhaym : 291. Jubayr ibn Mut'im : 98, 323. Jarir ibn Abd al-Hamid : 95, 112, 269. Jarir ibn Abd Allah al-Bajali : 291. Ja'da ibn Hubayra : 104. Ja'far ibn Burqan : 266. Ja'far ibn Hayyan : 141. Ja'far ibn Abi Talib : 143, 176, 214, 215, 218, 220, 221, 224, 226. Ja'far ibn Abd Allah : 326. Ja'far ibn Amr : 272. Jallas ibn Talha : 329. Jamil ibn Zayd al-Ta'i : 268. Jamil ibn Ma'mar al-Jumahi : 184. Junada ibn Sufyan : 225. Abu Jahl : 144, 145, 148, 161, 165, 166, 171, 172, 176, 182, 185, 189, 190, 195, 196, 197, 199, 200, 208, 209, 210, 211, 218, 230, 236, 237, 253. Jahm ibn Abi Jum : 48. Jahm ibn Qays : 224, 227. Juwayriyya bint al-Harith : 263, 264. H Al-Harith ibn Hatib : 48, 225. Al-Harith ibn Khalid : 228. Al-Harith ibn al-Simma : 330, 331. Al-Harith ibn al-Talatila : 273. Al-Harith ibn Abd al-Uzza : 48, 49, 234, 235. Al-Harith ibn Abd al-Muttalib : 23, 24, 32. Al-Harith ibn Amir : 103. Al-Harith ibn Fihr : 226. Al-Harith ibn Hisham : 146, 176, 253. Hatib ibn al-Harith : 143, 225. Hatib ibn Abd Shams : 224. Hatib ibn Amr : 144, 177. Umm Habib bint Asad : 42. Habib ibn Abi Thabit : 51. Habib ibn Hassan : 193. Umm Habib bint Abbas : 268. Habib ibn Abi Yasir : 238. Umm Habiba bint Abi Sufyan : 259, 260, 269, 270. Habiba bint Ubayd Allah : 259. Al-Hajjaj ibn al-Harith : 226. Hajl ibn Abd al-Muttalib : 32. Hudhafa bint al-Harith : 48. Abu Hudhayfa ibn Utba : 144, 176, 223, 228. Hudhayfa ibn al-Yaman : 292. Harb ibn Umayya : 69. Umm Harmala bint al-Aswad : 224. Hassan ibn Thabit : 84, 108, 331. Al-Hasan al-Basri : 98, 100. Hasan ibn Hasan : 250. Al-Hasan ibn Dinar : 244, 253. Al-Hasan ibn Ali : 141, 247, 250, 251. Al-Hasan ibn Muhammad ibn Ali : 79. Hasana, mère de Shurahbil : 225. Al-Husayn ibn Abd Allah : 268. Al-Husayn ibn Ali : 247, 250, 251. Al-Husayn ibn al-Harith : 144, 258. Al-Husayn ibn Abd al-Rahman ibn Amr ibn Sa'd : 322, 328. Hafsa bint Umar : 226, 253, 257, 258, 269. Abu al-Hakam ibn Hisham (Abu Jahl). Al-Hakam ibn Abi al-As : 144. Hakim ibn Jubayr : 192. Hakim ibn Hizam : 161. Hakim ibn Hakim : 210. Hakim ibn al-Daylam : 212. Umm Hakim bint Abd al-Muttalib : 67. Halima al-Sa'diyya : 48, 49, 50. Humama, mère de Bilal : 191. Hamza ibn Abd al-Muttalib : 32, 82, 146, 161, 171, 172, 207, 236, 323, 327, 328, 335. Humayd al-Tawil : 330, 335. Abu Hanzala (Abu Sufyan). Hanzala ibn Amir : 332, 333. Kh Khalid ibn al-Bukayr : 144. Khalid ibn Dinar : 66, 286, 296. Khalid ibn al-Zubayr : 227. Khalid ibn Sa'id ibn al-As : 144, 227. Khalid ibn Salih : 248. Khalid ibn Ma'dan : 51. Khalid ibn al-Walid : 193, 327. Khabbab ibn al-Aratt : 143, 182, 183. Khadija bint Khuwaylid : 81, 82, 114, 121, 123, 124, 132, 134, 135, 136, 138, 139, 161, 243, 244, 245, 254, 255, 270. Al-Khattab ibn al-Harith : 143. Al-Khattab ibn Nufayl : 117. Khufaf ibn Ima' ibn Rahda : 233. Abu Khalda (Khalid ibn Dinar). Khunays ibn Hudhafa : 143, 177, 226, 257. Khuwaylid ibn Asad : 54. Abu Khaythama, frère des Banu Haritha : 325. D Danyal le Prophète : 66. Dawud ibn al-Husayn : 206. Dawud ibn Zayd : 291. Dawud le Prophète : 124. Al-Dajjal : 296. Dihya al-Kalbi : 297. Durra bint Umm Salama : 260. Umm al-Darda' : 141. Daris le Scripturaire : 75, 76. Da'd bint Jahdam : 226. Ibn al-Dughunna : 235. Dhu'ib ibn Tabi' : 58. Duwayd (ou Duwayk), voleur du trésor de la Ka'ba : 103. Dh Abu Dharr al-Ghifari : 138, 141. Dhu al-Bijadayn (Abd Allah ibn Muzayna). Dhu Ru'ayn : 57, 58. Dhu Ghamdan : 57. Abu Dhu'ayb (Abd Allah ibn al-Harith ibn Shujna). Ibn Dhi al-Shifr : 263. R Rubayyi' ibn Qayzi : 325. Al-Rabi' ibn Anas : 134, 159, 174, 230, 274. Al-Rabi' ibn al-Rabi' : 299. Rabi'a ibn al-Harith : 108. Abu Raja' al-Utaridi : 123. Rizq ibn al-Aswad : 268. Rustum : 201. Ruqayya, fille du Prophète : 82, 176, 218, 223, 245. Rukana ibn Abd Yazid : 276. Ramla bint Abi Awf : 143, 225. Ruzba : 58, 59. Abu al-Rum ibn Umayr : 224, 227. Umm Ruman, mère d'Aïcha : 244. Abu Ruhm ibn Abi Qays : 266. Riyah al-Mu'mili : 30. Rayhana bint Amr : 27. Rayta bint al-Harith : 228. Rayta bint Ka'b : 82. Rayta bint Munya : 323.
Z al-Zubayr ibn 'Abd al-Muttalib : 32, 33, 109, 110, 150. al-Zubayr ibn al-'Awwam : 133, 140, 176, 216, 223, 227, 330, 332. Zubayr al-Kitabi : 75, 76. Zakariyya ibn Abi Za'ida : 98, 101, 134, 222, 234, 253, 258, 264, 267, 269. Zam'a ibn al-Aswad : 144, 166, 197. al-Zunayra : 191. al-Zuhri Muhammad ibn Muslim ibn Shihab Zuhayr ibn Abi Umayya : 165, 166. al-Zuhayri : 273. Ziyad ibn al-Sakan : 328. Zayd ibn Aslam : 175, 210. Zayd ibn Thabit : 130, 299. Zayd ibn Haritha : 118, 137, 139, 262, 284. Zayd ibn 'Umar ibn al-Khattab : 248. Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl : 115 à 119. Zayd ibn Yuthi' : 101. Zaynab bint Jahsh : 262, 263, 269, 270. Zaynab bint al-Harith : 228. Zaynab bint Khuzayma : 258, 259. Zaynab bint Umm Salama : 260. Zaynab bint 'Ali : 247, 251. Zaynab, fille du Prophète : 82, 245. S Sara, mère d'Ismaël : 26. Salim ibn 'Abd Allah : 234. Salim, affranchi d'Abi al-Muhajir : 136. al-Sa'ib ibn al-Harith : 226. al-Sa'ib ibn Sayfi : 144. al-Sa'ib ibn 'Uthman : 143, 177, 225. Siba' ibn 'Abd al-'Uzza : 328. Abu Sabra ibn Abi Ruhm : 224, 225. al-Sarri ibn Isma'il : 96, 282. Sa'd ibn al-Rabi' : 334. Sa'd ibn Zayd al-Ansari : 268. Sa'd ibn 'Ubada : 260. Sa'd ibn 'Uthman : 332. Sa'd ibn 'Iyad : 206. Sa'd, frère des Banu 'Abd al-Ashhal : 325. Sa'd ibn Abi Waqqas : 140, 147, 193, 194, 328, 332. Sa'id ibn Ahmad al-Thawri : 233. Sa'id ibn Abi Burda : 96. Sa'id ibn Jubayr : 114, 135, 150, 192, 201, 204. Sa'id ibn al-Harith : 226. Sa'id, allié des Banu 'Amir : 225. Sa'id ibn Khalid : 227. Abu Sa'id al-Khudri : 92, 93, 280. Sa'id ibn Khawla : 177. Sa'id ibn Zayd : 119, 143, 182. Sa'id ibn 'Abd al-Rahman : 287. Sa'id ibn 'Amr : 226. Sa'id ibn Masruq : 288. Sa'id ibn al-Musayyab : 134, 219, 237, 266, 281, 282, 295. Sa'id al-Maqburi : 147, 195, 260. Sa'id ibn Maysara : 94, 96. Abu Sufyan ibn Harb : 118, 144, 189, 190, 197, 233, 234, 322, 323, 332 à 334. Sufyan ibn Ma'mar : 225. al-Sakran ibn 'Amr : 177, 225, 254. Salma bint Ghalib : 82. Salman al-Farisi : 87, 91, 92, 124, 125, 287. Umm Salama bint Abi Umayya : 176, 213, 222, 223, 260 à 262, 269, 270. Salama ibn Salama : 84. Salama ibn Umm Salama : 260, 261. Abu Salama ibn 'Abd al-Asad : 143, 164, 176, 178, 222, 223. Abu Salama ibn 'Abd al-Rahman : 260, 281, 282. Salama ibn Kuhayl : 96. Salama ibn Hisham : 176, 273. Abu Salama al-Hamadhani : 262, 269. Sulayt ibn Sulayt : 177. Sulayt ibn 'Amr : 143, 177, 225. Sulayman al-A'mash : 257, 265. Simak ibn Harb : 79, 205, 269, 291, 297. Abu Dujana Simak ibn Kharasha : 326 à 328. Sumayya, mère de 'Ammar : 192. Samura ibn Jundub : 335. Sinān ibn Ismā'īl : 238. Suhla bint Suhayl : 176, 223. Suhayl ibn Bayda' : 177, 224, 226. Suhayl ibn 'Amr : 254. Sawda bint Zam'a : 177, 225, 254, 255, 269. Suwaybit ibn Sa'd : 224. Sh Sharhabil ibn Hasana : 225. Umm Sharik al-Dawsiyya : 269, 284. Shaddad ibn al-Aswad : 332. Shu'ayb ibn al-Habhāb : 265. Shammas ibn 'Uthman : 225. Shimr ibn 'Atiyya : 278. Shahr ibn Hawshab : 280. Shayba ibn Rabi'a : 144, 148, 197, 211, 236. Shayba ibn 'Uthman ibn 'Abd al-Dar : 62. Shayba ibn Hashim 'Abd al-Muttalib ibn Hashim. al-Shayma' Hudhafa bint al-Harith. S Salih ibn Ibrahim : 84, 222, 331. Salih ibn Kaysan : 136, 193, 194, 331. Salih, le Prophète : 95, 115. Sarma ibn Qays : 298. Safiyya bint Huyayy : 264 à 266. Safiyya bint 'Abd al-Muttalib : 67, 147, 156, 335. Safwan ibn Umayya : 322, 323. Suhaib ibn Sinan al-Rumi : 144, 287. D al-Dahhak ibn Muzahim : 212. Dirar ibn 'Abd al-Muttalib : 32. T Abu Talib ibn 'Abd al-Muttalib : 32, 33, 35, 69, 73, 75, 76, 77, 78, 137, 146 à 150, 152, 154, 155 à 162, 164, 166, 167, 174, 208, 211, 221, 222, 233, 236 à 239, 243, 254. al-Tahir ibn al-Nabi : 82, 245. Tu'ayma ibn 'Adi : 323. al-Tufayl ibn al-Harith : 258. Talha ibn Abi Salih : 279. Talha ibn 'Ubayd Allah : 140, 330, 332. Talha ibn Yahya : 155. Tulayb 'Umayr : 176, 224, 227. al-Tayyib ibn al-Nabi : 82, 245. 'A 'Atika bint 'Abd al-'Uzza : 82. 'Atika bint 'Abd al-Muttalib : 67, 165, 199. 'Asim ibn Thabit : 329. 'Asim al-Jahdari : 272. 'Asim ibn 'Umar ibn Qatada : 84, 85, 87, 92, 248, 322, 328, 332. Abu al-'Asi ibn al-Rabi' : 246. al-'Asi ibn Sa'id : 144, 236. Abu al-'Asi ibn Hisham : 144. al-'Asi ibn Wa'il : 144, 148, 168, 185, 197, 272, 273. 'Aqil ibn al-Bukayr : 144. Abu al-'Aliya al-Riyahi : 66, 134, 174, 286, 296. 'Amir ibn al-Bukayr : 144. 'Amir ibn Rabi'a : 143, 181, 223. 'Amir al-Sha'bi : 134, 222, 234, 253, 258, 262, 264, 267, 269, 282, 287, 291, 297, 299. 'Amir ibn 'Abd Allah ibn al-Jarrah Abu 'Ubayda ibn al-Jarrah. 'Amir ibn 'A'idh : 104. 'Amir ibn Fuhayra : 144, 191. 'Amir ibn Kurayz ibn Rabi'a : 67. 'Amir ibn Abi Waqqas : 228. 'A'idh ibn 'Umayr : 94. 'A'isha, Mère des croyants : 65, 97, 99, 120, 132, 136, 142, 143, 146, 195, 206, 216, 219, 235, 243, 244, 255 à 257, 263, 269, 270, 272, 295, 297. 'A'isha bint al-Harith : 228. 'Ubad ibn Hanif : 210. 'Ubad ibn 'Abd Allah ibn al-Zubayr : 106, 226, 256. 'Ubad ibn Mansur : 147, 246. al-'Abbas ibn 'Abd Allah : 65, 238. al-'Abbas ibn 'Abd al-Muttalib : 32, 34, 68, 79, 138, 146. Ibn Umm 'Abd 'Abd Allah ibn Mas'ud. 'Abd al-A'la ibn al-Musawir : 284, 287. 'Abd al-Hamid ibn Bahram : 280. 'Abd al-Rahman al-A'raj : 108, 281. 'Abd al-Rahman ibn Amin : 292. Abu 'Abd al-Rahman al-Juhani : 283. 'Abd al-Rahman ibn al-Harith : 181, 260. 'Abd al-Rahman ibn 'Abd Allah al-Mas'udi : 96, 142, 185, 186, 286, 297. 'Abd al-Rahman ibn 'Awf : 140, 176, 222, 223, 224, 270. 'Abd al-Rahman ibn Qasim : 130. 'Abd al-Rahman ibn Yazid : 282. 'Abd al-'Uzza ibn 'Abd al-Muttalib Abu Lahab. 'Abd al-'Aziz ibn 'Abd Allah : 181. 'Abd al-Karim Abu Umayya : 96. 'Abd Kulal : 57, 58. 'Abd Allah ibn Ubayy : 24, 324. 'Abd Allah ibn al-Arqam : 143. 'Abd Allah ibn Umayya : 197. 'Abd Allah ibn Abi Umayya : 199, 238. 'Abd Allah ibn Awfa : 243, 283. 'Abd Allah ibn Burayda : 138. 'Abd Allah ibn Abi Bakr ibn Hazm : 65, 66, 98, 111, 261, 270. 'Abd Allah al-Tamimi : 174. 'Abd Allah ibn al-Thamir : 66. 'Abd Allah ibn Jubayr : 326. 'Abd Allah ibn Jahsh : 115, 143, 176, 227, 262. 'Abd Allah ibn Hudha'an : 171. 'Abd Allah ibn Ja'far ibn Abi Talib : 48, 226, 244, 251. Abu 'Abd Allah al-Ju'fi : 245. 'Abd Allah ibn al-Harith ibn Shajna : 48, 226. 'Abd Allah ibn al-Harith al-Sahmi : 229. 'Abd Allah ibn al-Harith ibn 'Abd al-'Uzza : 48. 'Abd Allah ibn al-Harith ibn Nawfal : 145. 'Abd Allah ibn al-Hasan : 134, 220, 322, 326, 330, 331. 'Abd Allah ibn Abi Rabi'a : 159, 169, 213, 214, 215, 322. 'Abd Allah ibn al-Zubayr : 106, 326. 'Abd Allah ibn Zayd al-Ansari : 298. 'Abd Allah ibn Sufyan : 225. 'Abd Allah ibn Suhayl : 225. 'Abd Allah ibn Shaddad : 261. 'Abd Allah ibn Safwan : 104. 'Abd Allah ibn 'Amir : 181. 'Abd Allah ibn 'Abbas : 56, 65, 79, 87, 88, 96, 113, 114, 131, 135, 145, 147, 150, 185, 192, 197, 201, 204, 206, 210, 212, 238, 266 à 269, 270, 299, 335. 'Abd Allah ibn 'Abd al-Asad : 260. 'Abd Allah ibn 'Abd Allah al-Azdi : 265. 'Abd Allah ibn 'Abd al-Muttalib : 32 à 35, 37 à 39, 42 à 44, 46, 69, 75, 150, 255. 'Abd Allah ibn 'Uthman : 245. 'Abd Allah ibn 'Umar : 97, 184, 219, 220, 257, 291, 296. Abu 'Amir 'Abd 'Amr ibn Sayfi al-Rahib : 326. 'Abd Allah ibn 'Amr : 95, 100, 229. 'Abd Allah ibn 'Amr ibn Haram : 325. 'Abd Allah ibn 'Awn : 65, 192. 'Abd Allah ibn Ka'b : 330. 'Abd Allah ibn Muhriz : 266, 267. 'Abd Allah ibn Makhrama : 225. 'Abd Allah ibn Muzayna : 293. 'Abd ibn Mas'ud : 143, 176, 185, 186, 211, 225, 299. 'Abd Allah ibn Maz'un : 143. 'Abd Allah ibn Abi Mulayka : 100. 'Abd Allah ibn Abi Najih : 104, 137, 246, 272. 'Abd al-Muttalib ibn al-Harith : 220. 'Abd al-Muttalib ibn Hashim : 23 à 27, 32 à 40, 42, 44, 45 à 47, 62 à 69, 108, 238. 'Abd al-Malik ibn Abi Bakr : 261. 'Abd al-Malik ibn Abi Sufyan : 195. 'Abd al-Malik ibn 'Abd Allah : 120. 'Abd al-Malik ibn Marwan : 251. 'Abd Manaf ibn 'Abd al-Muttalib Abu Talib ibn 'Abd al-Muttalib. 'Abd al-Wahid ibn Ayman : 244. 'Ubayd ibn 'Abd Yaghuth : 144. 'Ubayd ibn 'Utba : 124. 'Ubayd ibn 'Umayr : 65. 'Ubayda al-Nasri : 124. Abu 'Ubayda ibn al-Jarrah : 142, 177, 192, 226. Abu 'Ubayda ibn al-Harith : 143. Abu 'Ubayda ibn Hudhayfa : 287. 'Ubayd Allah ibn Abi Thawr : 195. 'Ubayd Allah ibn Jahsh : 259. 'Ubayd Allah ibn 'Abd Allah : 113. Umm 'Ubayyis : 191. 'Attab ibn Asid : 100. 'Attab al-Bakri : 92. 'Utba ibn Rabi'a : 144, 148, 197, 206, 207, 211, 230, 236. 'Utba ibn Ghazwan : 176, 224. 'Utba ibn Mas'ud : 225, 228. 'Atiq ibn 'A'idh : 245. 'Atiq ibn Abi Quhafa Abu Bakr al-Siddiq. 'Utba ibn Abi Waqqas : 328, 332. Abu 'Atiq : 91. 'Uthman ibn al-Harith : 115. 'Uthman ibn Hunayf : 326. 'Uthman ibn Rabi'a : 225. 'Uthman ibn Abi Sulayman : 98, 111. 'Uthman ibn 'Affan : 67, 140, 176, 193, 218, 222, 223, 245, 251, 332. 'Uthman ibn Ka'b : 268. 'Uthman ibn Maz'un : 143, 164, 177 à 179, 223, 225, 299. 'Adi ibn Jabr : 144. 'Adi ibn Hatim : 287, 288. 'Urwa ibn al-Zubayr : 95, 97, 117, 120, 132, 136, 186, 195, 206, 216, 217, 219, 229, 235, 239, 243, 255, 263, 269, 275. 'Urwa ibn Mas'ud : 297. al-'Uzza : 74, 75, 137, 191, 192, 193. Abu 'Aziz ibn 'Amr ibn 'Abd Allah al-Jumahi : 323. 'Ata' ibn Jabir : 94, 270. 'Ata' al-Khurasani : 249. 'Ata' ibn Abi Rabah : 95, 98, 99, 246, 267, 284. 'Atiyya al-'Awfi : 96. 'Uqba ibn Abi Mu'ayt : 144, 201, 202, 211. 'Uqba ibn 'Uthman : 332. 'Uqayl ibn Abi Talib : 155. 'Ukasha ibn 'Abd Allah : 273. 'Ikrima ibn 'Amir : 107. 'Ikrima, affranchi d'Ibn 'Abbas : 56, 79, 147, 150, 185, 197, 206, 210, 268, 269, 297. 'Ikrima ibn Abi Jahl : 322. 'Ikrima ibn Hashim : 156. 'Alqama ibn Abi Waqqas : 224. 'Ali ibn Husayn : 113, 249. 'Ali ibn Abi Talib : 79, 96, 101, 137, 138, 139, 141, 145, 194, 205, 220, 239, 244, 244, 246 à 248, 250, 253, 271, 293, 297, 327, 329, 330, 331, 334. 'Ali ibn al-'Asi : 246. 'Ali ibn 'Abd Allah : 251. 'Ali ibn 'Abd Allah ibn 'Abbas : 251, 286. 'Ammar ibn Yasir : 144, 177, 228, 292. Abu 'Umara Hamza ibn 'Abd al-Muttalib. 'Umara ibn Ziyad : 328. 'Umara ibn 'Umayr : 282. 'Umara ibn al-Walid : 152, 167, 168, 211.
'Umar ibn al-Khattâb : 29, 30, 31, 66, 96, 98, 119, 131, 143, 169, 181, 182, 183, 184, 185, 195, 211, 226, 236, 237, 248, 249, 253, 257, 272, 279, 281 à 283, 288, 293, 294, 398, 326, 330, 332, 333, 334. 'Umar ibn Dharr : 135, 147. 'Umar ibn Umm Salama : 260. 'Umar ibn Shuraḥbîl : 132. 'Umar ibn 'Abd al-'Azîz : 92, 108, 136. 'Imrân ibn Ri'âb : 226. 'Umra bint 'Abd ar-Raḥmân : 65. 'Umra bint as-Sa'dî : 225. 'Umra bint Yazîd : 267. 'Amr ibn Umayya ath-Thaqafî : 113. 'Amr ibn Umayya aḍ-Ḍamrî : 223, 259. 'Amr ibn Thâbit : 79, 205. 'Amr ibn Jahm : 224, 227. 'Amr ibn al-Ḥârith : 177. 'Amr ibn az-Zubayr : 227. 'Amr ibn Sa'îd : 227. 'Amr ibn Abî Shurayḥ : 177. 'Amr ibn aṭ-Ṭalâṭila : 144. 'Amr ibn al-'Âṣî : 159, 167 à 169, 213 à 215, 245, 323. 'Amr ibn 'Ubayd : 253. 'Amr ibn 'Uthmân ibn Ka'b : 228. 'Amr ibn Murra : 142, 195, 297. 'Amr ibn Maymûn : 68, 211. 'Amr ibn Nufayl : 117. 'Amr ibn Hishâm Abû Jahl. 'Umayr ibn Abî Waqqâṣ : 143. 'Anbasa ibn al-Azhar : 269, 288, 297. 'Awn ibn Ja'far : 249, 250. 'Ayyâsh ibn Abî Rabî'a : 143, 176, 273. 'Iyâḍ ibn Zuhayr : 226. 'Iyâḍ ibn Ṣabghâ' : 29. Al-'Ayzâr ibn Ḥurayth : 142, 193, 209. 'Îsâ ibn 'Abd Allâh at-Tamîmî : 134, 159, 206, 230, 272, 274. 'Îsâ ibn Maryam : 51, 66, 92, 133, 191, 215, 222, 274, 295, 297. Al-'Ayṭâlaja as-Sahmiyya : 112. F Fâṭima bint al-Ḥusayn : 134, 220. Fâṭima bint al-Khaṭṭâb : 143. Fâṭima bint Zayd ibn al-Aṣamm : 82. Fâtima bint Safwân : 227. Fâtima bint ‘Amr : 33, 150. Fâtima bint al-Mihjal : 225. Fâtima bint an-Nabî (la fille du Prophète) : 82, 147, 211, 244 à 246, 248, 250. Fâtima Umm an-Nu‘mân bint ‘Amr : 113. Fâ’id ben ‘Abd ar-Rahmân : 243, 283. Firâs ben an-Nadr : 224. Al-Fadl ben ‘Abbâs : 266, 267. Fudayl al-A‘war : 296. Fitr ben Khalîfa : 272. Fukayha bint Yasâr : 143, 225. Fulâna bint Harb (Une telle, fille de Harb) : 82. Fulâna bint Sa‘îd (Une telle, fille de Sa‘îd) : 82. Fulayh al-Kindî : 232. Q Qârûn (Coré) : 209. Al-Qâsim ben al-Fadl : 279. Al-Qâsim ben ‘Abd ar-Rahmân : 330. Al-Qâsim ben an-Nabî (fils du Prophète) : 82, 245. Umm Qibâl bint Nawfal : 43. Qabîsa ben Dhu’ayb : 222. Qatâda ben an-Nu‘mân : 328. Qahâfa (Abû Quhâfa, père d’Abû Bakr) : 192. Qudâma ben Maz‘ûn : 143, 177, 225. Qurra ben Khâlid : 130, 288. Qusayy ben Kilâb : 198. Ibn Qumay’a al-Laythî : 329, 334. Abû Qays ben al-Aslat : 144. Abû Qays ben al-Hârith : 226. Qays ben ar-Rabî‘ : 65, 86, 97, 212, 238, 291. Abû Qays ben al-Fâkih : 144. Qays ben Makhrama : 48. Qayla bint Hudhâfa : 82. Qaysar (César) : 58, 138. K Kurayz ben Rabî‘a : 67. Kisrâ (Chosroès) : 138, 288. Ka‘b al-Ahbâr : 66, 95, 141. Ka‘b ben al-Ashraf : 299. Ka‘b ben Mâlik : 330. Umm Kulthûm bint Abî Bakr : 230. Umm Kulthûm bint Suhayl : 225. Umm Kulthûm bint ‘Alî : 247 à 250. Umm Kulthûm bint an-Nabî (fille du Prophète) : 82, 245. L Al-Lât : 74, 75, 37, 137, 191 à 193. Lubâba bint al-Aswad : 268. Labîd ben Rabî‘a : 179. Abû Lahab : 32, 128, 144, 146, 150, 156, 232. Laylâ bint Abî Hathma : 177, 223. Laylâ Umm ‘Abd Allâh ben ‘Âmir : 181. M Māriya al-Qibṭiyya : 27, 271. Mālik ibn Uhayb : 224. Mālik ibn ‘Amr : 324. Mālik ibn Rabī‘a : 225. Mālik ibn Mighwal : 279, 282. Al-Mubārak ibn Faḍāla : 212, 230, 271, 275, 279. Mujāhid : 94, 95, 97, 137, 147, 206. Muḥārib ibn Fihr : 82. Muḥsin ibn ‘Alī : 247. Muḥammad ibn Ibrāhīm : 293. Muḥammad ibn Abī Anīsa : 237. Muḥammad ibn Thābit : 141. Muḥammad ibn Jubayr ibn Muṭ‘im : 142. Muḥammad ibn Ja‘far ibn al-Zubayr : 119, 250, 263, 335. Muḥammad ibn Abī Ḥudhayfa : 176, 223. Muḥammad ibn Abī Ḥumayd : 209. Muḥammad ibn Sīrīn : 65, 192, 287. Muḥammad ibn Ṭalḥa : 270. Muḥammad ibn ‘Abd al-Raḥmān ibn ‘Abd Allāh : 119, 139, 270. Muḥammad ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Abd al-Raḥmān al-Māzinī : 334. Muḥammad ibn ‘Abd Allāh ibn Qays : 79. Muḥammad ibn ‘Abd Allāh — le Messager d’Allāh — : 45, 48, 51, 73, 75 à 79, 81 à 83, 86, 90, 96, 98 à 100, 108 à 110, 113, 118, à 124, 129, 130, 132, 134, 135, 137 à 139, 141, 142, 144 à 151, 156, 160, 171, 174, 177, 178, 181, 183, 184, 186, 190, 193 à 195, 197 à 200, 203 à 207, 209 à 213, 219, 226, 228 à 230, 232 à 236, 238, 239, 243, 246, 247, 249, 250, 253 à 268, 271 à 273, 275, 276, 278 à 282, 284, 286, 287, 289, 291, 292, 295, 297, 321 à 336. Muḥammad ibn ‘Alī ibn al-Ḥusayn : 108, 130, 245, 249, 251, 292. Muḥammad ibn ‘Amr : 284, 328. Muḥammad ibn Fuḍayl : 131. Muḥammad ibn Qays : 97, 152, 230. Muḥammad ibn Ka‘b : 193, 194, 206, 274, 335. Muḥammad ibn Abī Muḥammad : 150, 299. Muhammad ibn Muslim ibn Shihāb al-Zuhrī : 113, 120, 132, 142, 189, 195, 212, 216, 219, 220, 222, 232, 235, 237, 272, 281, 282, 292, 295, 299, 322, 330. Muhammad ibn al-Munkadir : 209. Muhammad ibn Yahyā ibn Ḥayyān : 322. Maḥmūd ibn Labīd : 84, 87, 332. Maḥmiyya ibn Juz’ : 226. Marwān ibn al-Ḥakam : 251. Maryam bint ‘Imrān : 244. Mazīd ibn ‘Abd Allāh : 283. Musāfi‘ ibn Ṭalḥa : 329. Mis‘ar ibn Kidām : 231. Mas‘ūd ibn al-Qārī : 143. Muslim ibn Ṣubayḥ : 193. Maslama ibn ‘Abd Allāh : 96. Muṣ‘ab ibn ‘Umayr : 176, 193, 194, 223, 329. al-Muṭṭalib ibn Azhar : 143. Muṭ‘im ibn ‘Adī : 152, 153, 162, 165, 186. al-Muṭṭalib ibn Azhar : 225. al-Muṭṭalib ibn ‘Abd Allāh : 48. Mu‘ādh ibn Jabal : 297, 298. Mu‘āwiya ibn Abī Sufyān : 251. Mu‘attib ibn ‘Awf : 177, 225. Abū Ma‘shar al-Madanī : 97, 152, 195, 230, 260, 274. Mu‘ammar ibn al-Ḥārith : 143, 226. Mu‘ayqib ibn Abī Fāṭima : 227. al-Mughīra ibn Shu‘ba : 210. al-Mughīra ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Amr : 34, 35, 64. al-Mughīra ibn Nawfal : 246. al-Miqdād ibn al-Aswad : 176, 225. al-Muqawwim ibn ‘Abd al-Muṭṭalib : 32. Makhūl : 130. Manāt : 99. Munabbih ibn al-Ḥajjāj : 148, 197. Manṣūr ibn Ibrāhīm : 112. Manṣūr ibn Abī Razīn : 269. Manṣūr ibn ‘Ikrima : 167. al-Minhāl ibn ‘Amr : 277. al-Muhājir ibn ‘Ikrima : 253. Mu’aththir ibn Ghifāra : 291. Abū Mūsā al-Ash‘arī : 96, 142. Mūsā ibn al-Ḥārith : 228. Mūsā ibn Ṭalḥa : 155. Mūsā le Prophète (Mūsā al-Nabī) : 96, 115, 122, 124, 133, 157, 191, 209, 210, 215, 222, 274, 293, 295, 297. Maysara, esclave de Khadija : 81, 114. Mikaïl : 123. Maymūn ibn Mihrān : 136, 266. Maymūna bint al-Ḥārith : 266, 267, 269. N Nājiya ibn Ka‘b : 239. Nāfi‘ ibn Jubayr : 98, 111. Nā’ila : 24. Nubayh ibn al-Ḥajjāj : 148, 197. Najāḥ la Devineresse : 36. Négus d’Abyssinie : 58, 60, 159, 169, 214, 216, 218, 219, 221, 228, 259. Ibn Abī Najīḥ : 100. Abū Najīḥ : 244. Al-Naḥḥām Nu‘aym ibn ‘Abd al-Asad. Al-Naḍr ibn al-Ḥārith : 197, 200 à 202. Abū Naḍra al-‘Abdī : 279. Abū Naḍr Abū ‘Umar : 185. Al-Nu‘mān ibn Thābit : 254, 261. Al-Nu‘mān ibn ‘Amr : 113. Nu‘aym ibn ‘Abd al-Asad : 144, 181. Nufayl al-Hudhalī : 62, 64. Nufayl ibn Hishām : 118. Al-Nahdiyya : 191. Noé le Prophète : 95, 134. Abū Nizr ibn al-Najāshī : 220. H Hājar mère d’Ismaël : 26, 98. Hāla bint ‘Abd Manāf : 82. Abū Hāla al-Nabbāshī : 245. Hāni’ ibn Hāni’ : 247. Habbār ibn Sufyān : 225. Hubal : 23, 32, 40, 45. Al-Hurmuzān : 66. Abū Hurayra : 147, 219, 281, 282, 284, 286. Hazzān ibn Sa‘īd : 286. Hishām ibn Abī Ḥudhayfa : 225. Hishām ibn Sa‘d al-Qurashī : 249. Hishām ibn Sa‘īd : 174, 210. Hishām ibn Sinbar : 253. Hishām ibn al-‘Āṣī : 177, 226. Hishām ibn Abī ‘Abd Allāh : 265. Hishām ibn ‘Urwa : 97, 99, 116, 124, 133, 135, 136, 146, 190, 191, 195, 206, 239, 243, 244, 255, 269, 275. Hishām ibn ‘Amr : 162, 165. Hishām ibn al-Walīd : 273. Hind bint Athātha : 333. Hind bint Abī Umayya Umm Salama. Hind bint ‘Utba : 228, 323, 327, 333. Al-Hindiyya : 191. Bint al-Hindiyya : 191. Houd le Prophète : 95, 115, 134. Ibn al-Haybân : 85, 86. Et Wâqid ibn Fâ’id : 144. Wâqid ibn Muhammad : 248. Wahshî, esclave de Jubayr ibn Mut‘im : 323, 324, 329. Waraqa ibn Nawfal : 42, 43, 114 à 116, 119, 122, 123, 132, 133, 190. Waqqâs ibn Abî Waqqâs : 224. Abû Waqqâs Mâlik ibn Uhayb. Al-Walîd ibn ‘Utba : 211. Al-Walîd ibn al-Mughîra : 104, 105, 110, 144, 148, 150, 151, 159, 178, 179, 184, 197, 273. Abû al-Walîd ‘Utba ibn Rabî‘a. Wahb ibn Sinân : 94. Abû Wahb ibn ‘Abd al-Muttalib : 103. Wahb ibn ‘Abd Manâf ibn Zuhra : 42, 105, 107. Wahb ibn ‘Uqba : 96. Wahb ibn Ka‘b : 124. Y Yahyâ ibn Abî al-Ash‘ath : 137. Yahyâ ibn Abî Unaysa : 100, 281, 282. Yahyâ ibn Ju‘da : 51. Yahyâ ibn Abî Hayya : 291. Yahyâ ibn Salama : 94. Yahyâ ibn ‘Abbâd : 106, 226, 256, 327, 332. Yahyâ ibn ‘Abd Allâh : 84. Yahyâ ibn ‘Urwa : 186, 229. Yahyâ ibn Abî Kathîr : 253. Yazîd ibn al-Asamm : 266. Yazîd ibn Abî Habîb : 92, 283. Yazîd al-Raqqâshî : 96, 238. Yazîd ibn Rukâna : 270. Yazîd ibn Rûmân : 217, 219, 273. Yazîd ibn Ziyâd : 193, 194, 206, 232, 272. Yazîd ibn ‘Abd Allâh : 288. Ya‘qûb ibn ‘Utba : 65, 113, 154, 234. ‘Alî ibn Murra : 277. Umm Yaqaza bint ‘Alqama : 177. Abû Yaksûm Abraha al-Ashram. Yûsuf ibn Suhayb : 141, 138. Yûsuf ibn Maymûn : 98, 99, 289. Yûnus al-Aylî : 220. Yûnus ibn ‘Amr : 114, 124, 132, 142, 206, 209, 211, 233, 234, 239, 247, 260, 289. Yûnus ibn Abî Muslim : 86. Yûnus le Prophète : 136, 191. Notables des groupes. A al-Aḥābīsh (Les Abyssins) : 235, 323, 326. Aḥbār al-Yahūd (Docteurs juifs) : 201, 202, 204. Banū Arrāsh (Fils d’Arrāsh) : 195. Banū Asad ibn Khuzayma (Fils d’Asad ibn Khuzayma) : 105, 197, 205, 227, 259, 262. Banū Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzā (Fils d’Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzā) : 42, 176, 223, 227. Banū Isrā’īl (Fils d’Israël) : 209. Banū Aslam (Fils d’Aslam) : 171, 280. Banū Ismā‘īl (Fils d’Ismaël) : 23, 43. al-Ash‘ariyyūn (Les Ash‘arites) : 61 à 64. Banū Umayya (Fils d’Umayya) : 176, 190, 223, 227. al-Anṣār (Les Auxiliaires) : 113, 255, 278. al-Aws (Les Aws) : 52. B Banū Bakr (Fils de Bakr) : 28. Banū Bakr min Banī al-Ashja‘ (Fils de Bakr issus des Banī al-Ashja‘) : 192. Banū Bahrā’ (Fils de Bahrā’) : 225. T Banū Tamīm (Fils de Tamīm) : 48, 144, 226. Banū Taym (Fils de Taym) : 105, 153, 157, 228. Th Banū Tha‘laba ibn Yarbū‘ (Fils de Tha‘laba ibn Yarbū‘) : 233. Thaqīf (Les Thaqīf) : 62, 113. Thamūd (Les Thamoud) : 211, 274. J Jurhum (Les Jurhum) : 23, 24, 54. Banū Jumaḥ (Fils de Jumaḥ) : 177, 190, 223, 225, 264. Ḥ Banū al-Ḥārith ibn ‘Abd Manāt (Fils d’al-Ḥārith ibn ‘Abd Manāt) : 235. Banū al-Ḥārith ibn Fihr (Fils d’al-Ḥārith ibn Fihr) : 177, 224. Banū Ḥāritha (Fils de Ḥāritha) : 325. al-Ḥabasha (L’Abyssinie) : 174, 176, 181, 213, 216, 218, 222, 254, 259. al-Ḥums (Les Ḥums) : 61, 98, 99, 101, 102. Ḥimyar (Les Ḥimyar) : 55 à 59. Kh Khath‘am (Les Khath‘am) : 61, 63, 64. Khuzā‘a (Les Khuzā‘a) : 102, 103, 120, 144, 177, 273. al-Khazraj (Les Khazraj) : 52, 334. D Daws (Les Daws) : 284, 286. Banū al-Du’il (Fils d’al-Du’il) : 185. R Rabī‘a (Les Rabī‘a) : 209. al-Rūm (Les Romains) : 104, 209, 287. Z Banū Zubayd (Fils de Zubayd) : 226. Banū Zuhra (Fils de Zuhra) : 42, 105, 143, 176, 182, 223, 228, 253. Banū Zuhayr ibn Uqaysh (Fils de Zuhayr ibn Uqaysh) : 289. S Banū Sa‘d ibn Bakr (Fils de Sa‘d ibn Bakr) : 234. Banū Sa‘d ibn Layth (Fils de Sa‘d ibn Layth) : 144. Banū Sa‘d ibn Hudhaym (Fils de Sa‘d ibn Hudhaym) : 24, 25, 49, 51. Banū Sulaym (Fils de Sulaym) : 61. Banū Sahm (Fils de Sahm) : 105, 112, 177, 226, 257.
Chapitre (Shīn) : Shannū'a : 296. (Ṣād) : Banū Ṣabghā' : 29, 30. (ʿAyn) : 'Ād : 211, 229. Banū 'Āmir ibn Lu'ayy : 143, 144, 177, 223 à 225, 266. Banū 'Abd ibn Quṣayy : 176, 224, 227. Banū 'Abd al-Ashhal : 84. Banū 'Abd al-Dār : 105, 107, 176, 197, 223, 224, 227, 245. Banū 'Abd Shams : 150, 153, 157. Banū 'Abd al-Qays : 92, 291. Banū 'Abd Allāh de Kalb : 232. Banū 'Abd al-Muṭṭalib : 146, 147, 159, 207, 232, 237, 293. Banū 'Abd Manāf : 38, 69, 105, 149, 153, 165, 200, 208. Banū 'Adī : 105, 110, 144, 177, 181, 185, 223. Banū 'Adī ibn al-Najjār : 65, 330. 'Akk : 61. 'Ukal : 289. Āl 'Ammār ibn Yāsir : 192. Banū 'Umar ibn Tamīm : 245. (Ghayn) : Banū Ghālib : 191, 211. Ghifār : 268. (Fā') : Fāris : 201, 209. (Qāf) : Quraysh : 23 à 25, 27 à 29, 32, 34, 36, 39, 52, 54, 62, 74, 81, 97, 103, 105 à 107, 110 à 112, 115, 118, 120, 139, 140, 144, 147 à 150, 152 à 155, 158, 161, 165, 171, 179, 181, 184 à 186, 193, 195, 202, 207 à 209, 211 à 213, 218, 221, 229, 234, 235, 237, 239, 240, 274, 275, 321 à 326. Banū Qurayẓa : 52, 85, 86, 90, 297. Qays 'Aylān : 176. Banū Qayla : 90, 326. (Kāf) : Banū Ka'b ibn Lu'ayy : 157. Banū Kilāb ibn Murra : 35, 110. Banū Kilāb : 267. Banū Kalb : 90, 232. Banū Kināna : 61, 102, 120, 231, 233, 323. Kinda : 232. (Lām) : Banū Lu'ayy : 110, 157. (Mīm) : Banū Mālik ibn Ḥisl : 266. Banū Makhzūm : 35, 105, 144, 153, 164, 168, 171, 176, 223, 225, 273. Madyan : 229. **Banū (fils de) / Tribus :** Banū Murra : 110, 226. Banū al-Muṣṭaliq : 263. Muḍar : 209. Banū al-Muṭṭalib : 148, 156, 161. Banū al-Mughīra : 168, 192. Banū Malkān : 61. Banū Mulayḥ ibn ‘Amr : 103. Banū Mu’ammal : 30. N — Banū al-Najjār : 113. Banū al-Naḍīr : 85. Banū Nawfal : 150, 153, 176, 224, 257. H — Banū Hāshim : 148, 156, 157, 160, 161, 163, 165, 166, 181, 206, 226. Hudhayl : 53, 85. W — Banū al-Waḥīd : 267. Y — Yahūd (Juifs) : 52, 75, 85, 86, 113, 204, 264, 284. **Noms de lieux :** A — al-Abwā’ : 65. Ajnādayn : 227. Uḥud : 96, 112, 176, 193, 260, 321, 325. Ayla : 272. B — Badr : 112, 176, 211, 223, 226, 322, 333. Buṣrā : 45, 51, 73, 76, 77, 115, 119. Bayt al-Maqdis (Jérusalem) : 286, 295. Bi’r al-Malik : 52. T — Tustar : 66. Th — Thabīr : 91. J — Judda (Djeddah) : 104. al-Jazīra : 119. Jamdān : 53. Jī : 87. Ḥ — al-Ḥijāz : 36. al-Ḥudaybiyya : 223. Ḥirā’ : 117, 121. al-Ḥīra : 201. Kh — Khaṭm al-Ḥajūn : 166. al-Khandaq : 176. Khaybar : 36, 222. D — al-Daff : 53. Dh — Dhū al-Ḥulayfa : 280. Dhū al-Majāz : 232. R — al-Rabadha : 232. S — Sarif : 266. Sh — al-Shām (Syrie/Grand Syrie) : 24, 25, 45, 50, 73, 75, 81, 85, 88, 94, 118, 119, 200, 226, 272, 299. Ṣ — al-Ṣafā : 53, 98, 99, 171, 181, 183, 209. Ṣan‘ā’ : 59, 66, 272. Ṭ — al-Ṭā’if : 62. Ẓ — Ẓafār : 55. ‘A — ‘Arafāt : 97, 98, 102, 110, 111. ‘Ammūriyya : 89, 92. ‘Amwās : 226. Q — Qubā’ : 52, 90, 280. Abū Qubays : 96. K — al-Kūfa : 137. M — Ma’rib : 55. al-Madīna (Médine) : 52, 65, 91, 174, 176, 201, 202, 204, 222, 233, 258, 275, 280, 287, 324, 334. Marij as-Safar : 227. Al-Marwa : 53, 98, 99. Al-Mughammas : 62, 64. La Mecque : 32, 53, 62, 63, 75, 79 à 81, 85, 94, 97, 101, 103, 105, 117 à 119, 121, 124, 141, 144, 147, 166, 174, 176 à 178, 186, 192 à 195, 197, 200 à 202, 204, 206, 208, 210, 213, 214, 218, 220 à 222, 234, 235, 254, 275, 279, 295, 322, 331, 334. Minâ : 101. Al-Munkadir : 185. Mu’tah : 226. Mossoul : 89, 119. N Nisibin : 89. Najrân : 218. Wâdi al-Qurâ : 90. Wâdi Wajj : 62. Y Al-Yamâmah : 223. Yémen : 59, 85, 95. Index des versets coraniques Nom de la sourate Numéro du verset Verset Numéro de page Gâfir 28 « Alors qu’il tue un homme » 230 Al-Baqara 183-187 « Il vous a été permis, la nuit » 299 Al-Mutaffifîn 13 « Lorsque Nos versets lui sont récités » 201 At-Takwîr 1-14 « Lorsque le soleil » 183 Al-Baqara 1-5 « Alif, Lâm, Mîm. Voici le Livre » 283 Sâd 6-8 « Allez et endurez patiemment » 237 Al-Anfâl 41 « Si vous croyez en Dieu » 130 Al-A‘râf 50 « Dieu les a interdites » 233 Hûd 54 « Nous ne disons rien d’autre » 134 Al-Qadr 1 « Nous l’avons fait descendre » 130 Al-Hijr 95 « Nous te suffisons » 273 Ash-Shu‘arâ’ 214-216 « Avertis ton clan » 145 Al-Qasas 56 « Tu ne guides pas » 237 Al-Jinn 6 « Il y avait des hommes » 112 Al-An‘âm 56 « Dis : « Il m’a été interdit d’adorer » 135 Al-Qasas 57 « Ne leur avons-Nous pas donné » 209 Al-A‘râf 157 « Ceux-là sont » 83 Al-Qamar 46 « Mais l’Heure est » 31 Al-Ahzâb 51 « Tu éloignes celle que tu veux » 269 Al-Baqara 199 « Puis, déferlez » 97, 110 Fussilat 1-3 « Hâ, Mîm. » Voici la traduction fidèle du texte fourni, en respectant le registre classique/religieux, avec translittération et glose des termes intraduisibles entre parenthèses. **Tanzīl (Révélation) 207** **Nom de la sourate - Numéro du verset - Texte du verset - Numéro de la page** Ad-Dukhān (La Fumée) 1-3 : Ḥā Mīm (Ḥā Mīm). Wa-l-kitāb (Par le Livre) 130 Al-Kahf (La Caverne) 1-2 : Al-ḥamdu li-llāh (Louange à Allah) 203 Al-Muddaththir (Le Revêtu d'un manteau) 11-26 : Dharnī wa-man (Laisse-Moi avec celui) 151 Al-Qaṣaṣ (Le Récit) 52-55 : Alladhīna ātaynāhum (Ceux à qui Nous avons donné) 218 Al-Anʿām (Les Bestiaux) 82 : Alladhīna āmanū (Ceux qui ont cru) 292 Al-Ḥijr (Al-Hijr) 91-92 : Alladhīna jaʿalū (Ceux qui ont fait) 152 Ash-Shūrā (La Consultation) 36-42 : Alladhīna yajtanibūn (Ceux qui évitent) 175 Ar-Raḥmān (Le Tout Miséricordieux) 1 : Ar-Raḥmān (Le Tout Miséricordieux) ʿallama (a enseigné) 186 Aṭ-Ṭalāq (La Répudiation) 12 : Sabʿa samāwāt (Sept cieux) 131 Al-ʿAlaq (L'Adhérence) 9-18 : Sanadʿu z-zabāniya (Nous appellerons les gardiens de l'Enfer) 230 ʿAbasa (Il s'est renfrogné) 26-31 : Shaqaqnā l-arḍ (Nous avons fendu la terre) 131 Al-Baqara (La Vache) 185 : Shahru Ramaḍān (Le mois de Ramadan) 130 Ṭā Hā (Ṭā Hā) 1-16 : Ṭā Hā (Ṭā Hā) 183 ʿAbasa (Il s'est renfrogné) 1-9 : ʿAbasa wa-tawallā (Il s'est renfrogné et a tourné le dos) 231 Al-Qalam (La Plume) 13 : ʿUtullin baʿda dhālika (Au dur, et de surcroît) 159 Al-Baqara (La Vache) 200 : Fa-idhā qaḍaytum (Puis quand vous aurez accompli) 98 Al-Aḥqāf (Les Dunes) 35 : Fa-ṣbir kamā (Endure donc comme) 134 Al-Ḥijr (Al-Hijr) 94 : Fa-ṣdaʿ bi-mā (Proclame donc ce qui) 145 Al-Layl (La Nuit) 5-7 : Fa-ammā man aʿṭā (Quant à celui qui donne) 192 Āl ʿImrān (La Famille d'Imran) 106 : Fa-ammā alladhīna (Quant à ceux qui) 86 Al-Kawthar (L'Abondance) 1-3 : Fa-ṣalli li-rabbika (Accomplis la Ṣalāt (prière) pour ton Seigneur) 245 Al-Ḥajj (Le Pèlerinage) 36 : Fa-kulū minhā (Mangez-en donc) 100 Al-Baqara (La Vache) 158 : Fa-lā junāḥa (Il n'y a alors nul péché) 99 An-Nūr (La Lumière) 55 : Fa-man kafara (Quiconque mécroit) 175 Al-Mumtaḥana (L'Éprouvée) 4 : Qad kānat lakum (Il y a eu pour vous) 134 **Nom de la sourate - Numéro du verset - Texte du verset - Numéro de la page** Maryam (Marie) 1 : Kāf Hā Yā ʿAyn Ṣād (Kāf Hā Yā ʿAyn Ṣād) 215 Fuṣṣilat (Les Versets détaillés) 36 : Lā tasmaʿū li-hādhā (N'écoutez pas ceci) 205 Al-Aḥzāb (Les Coalisés) 52 : Lā yaḥillu laka (Il ne t'est pas licite) 269 Āl ʿImrān (La Famille d'Imran) 128 : Laysa laka min (Tu n'as nulle part en) 234 Maryam (Marie) 64 : Mā kāna rabbuka nasiyyan (Ton Seigneur n'oublie rien) 136 At-Tawba (Le Repentir) 113 : Mā kāna li-n-nabiyyi (Il n'appartient pas au Prophète) 238 Luqmān (Luqman) 27 : Mā nafidhat kalimātu (Ne s'épuiseraient les paroles) 204 Al-Fatḥ (La Victoire éclatante) 29 : Muḥammadun rasūlu llāh (Muḥammad est le Messager d'Allah) 83 Al-Isrāʾ (Le Voyage nocturne) 110 : Wa-btaghi bayna dhālika (Et cherche entre cela) 206 Āl ʿImrān (La Famille d'Imran) 81 : Wa-idh akhadha llāhu (Et quand Allah prit) 129 Al-Aḥzāb (Les Coalisés) 37 : Wa-idh taqūlu li-lladhī (Et quand tu disais à celui) 262 Al-Furqān (Le Discernement) 63 : Wa-idhā khāṭabahum (Et quand les adressent) 219 Al-Māʾida (La Table servie) 82-83 : Wa-idhā samiʿū mā (Et quand ils entendent ce qui) 219 Aṣ-Ṣaff (Le Rang) 6 : Wa-idh qāla ʿĪsā (Et quand Jésus dit) 83 Al-Anʿām (Les Bestiaux) 109-111 : Wa-aqsamū bi-llāhi jahda (Et ils ont juré par Allah de toute la force) 274 Al-Fīl (L'Éléphant) 2 : Wa-arsala ʿalayhim ṭayran (Et Il envoya sur eux des oiseaux) 65 An-Najm (L'Étoile) 61 : Wa-antum sāmidūn (Et vous vous divertissez) 212 An-Naḥl (Les Abeilles) 126 : Wa-in ʿāqabtum (Et si vous punissez) 335 Muḥammad (Muḥammad) 17 : Wa-lladhīna ihtadaw (Et ceux qui sont bien guidés) 86 Al-Isrāʾ (Le Voyage nocturne) 60 : Wa-sh-shajarata l-malʿūnata (Et l'arbre maudit) 210 Aḍ-Ḍuḥā (La Clarté du jour) en entier : Wa-ḍ-ḍuḥā (Par la clarté du jour) 135 Fuṣṣilat (Les Versets détaillés) 5 : Wa-qālū qulūbunā (Et ils dirent : "Nos cœurs") 152 Al-Baqara (La Vache) 89 : Wa-kānū min qablu (Et ils étaient auparavant) 84 Az-Zumar (Les Groupes) 64-66 : Wa-kun mina sh-shākirīna (Et sois parmi les reconnaissants) 230 Al-Ḥijr (Al-Hijr) 94 : Wa-lā tajhar bi-ṣalātika wa-lā (Et n'élève pas trop ta voix dans ta Ṣalāt (prière), ni) 206 (As-Siyar wa-l-Maghāzī - Les Biographies et les Expéditions militaires - M : 2) **Nom de la sourate - Numéro du verset - Texte du verset - Numéro de la page** Al-Wāqiʿa (L'Événement) 79 : Lā yamassuhu illā (Ne le touchent que) 183 Al-Aḥqāf (Les Dunes) 29-30 : Wallaw ilā qawmihim (Ils retournèrent vers leur peuple) 112 Ar-Raʿd (Le Tonnerre) 31 : Wa-law anna qurʾānan (Et si un Coran) 275 Al-Ḥajj (Le Pèlerinage) 52 : Wa-mā arsalnā min qablika (Et Nous n'avons envoyé avant toi) 178 Yūsuf (Joseph) 106 : Wa-mā yuʾminu aktharuhum (Et la plupart d'entre eux ne croient) 120 Al-Anʿām (Les Bestiaux) 26 : Wa-hum yanhawna ʿanhu (Et ils en empêchent [les gens]) 238 Āl ʿImrān (La Famille d'Imran) 64 : Wa-yā ahla l-kitābi (Ô gens du Livre !) 228 Al-Isrāʾ (Le Voyage nocturne) 85 : Wa-yasʾalūnaka ʿani r-rūḥi (Et ils t'interrogent au sujet de l'Esprit) 202 Nūḥ (Noé) 11 : Wa-yumdidkum bi-amwālin (Et Il vous accordera en abondance des biens) 209 Yūnus (Jonas) 71 : Yā qawmi in kāna (Ô mon peuple, si [vous est] pénible) 134 Al-Aʿrāf (Les Murailles) 31-32 : Yā banī Ādama khudhū (Ô fils d'Adam, prenez) 111 Al-Ḥujurāt (Les Appartements) 13 : Yā ayyuhā n-nāsu innā (Ô hommes ! Nous vous avons) 98 Al-Aḥzāb (Les Coalisés) 28-29 : Yā ayyuhā n-nabiyyu qul (Ô Prophète ! Dis) 269 **Fihris ash-Shiʿr (Index de la poésie)** **Numéro - Nombre de vers - Page - Rime - Poète - Second hémistiche du premier vers** 68 - 5 - الهمزة (Al-Hamza) - Arwā bint ʿAbd al-Muṭṭalib - ʿalā samḥi sajīyatihi l-ḥibāʾ (sur la générosité de sa nature, la libéralité) 69-70 - 10 - الباء (Al-Bāʾ) - ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim - ʿAbd Manāf wa-huwa dhū tajārib (ʿAbd Manāf, et il est doté d'expériences) 150 - 6 - « Abū Ṭālib ibn ʿAbd al-Muṭṭalib - siwā anna manaʿnā khayra man waṭiʾa t-turbā (si ce n'est que nous avons défendu le meilleur de ceux qui foulent la poussière) 163 - 17 - « Abū Ṭālib ibn ʿAbd al-Muṭṭalib - wa-damʿun ka-saḥi s-siqāʾi s-surubi (et une larme comme l'écoulement de l'outre qui fuit) 109 - 10 - « Az-Zubayr ibn ʿAbd al-Muṭṭalib - ilā l-ʿulʿubāni wa-hiya lahā iḍṭirāb (vers les serpents, et ils sont en agitation) 163-164 - 11 - « Abū Ṭālib ibn ʿAbd al-Muṭṭalib - wa-shaʿbu l-ʿaṣā min qawmika l-munshaʿib (et la réunion du bâton de ton peuple qui se sépare) 157 - 11 - « Abū Ṭālib ibn ʿAbd al-Muṭṭalib - Luʾayyan wa-khuṣṣan min Luʾayyi banī Kaʿb (Luʾayy et distingue de Luʾayy les fils de Kaʿb) 221-222 - 5 - « Abū Ṭālib ibn ʿAbd al-Muṭṭalib - wa-Zaydun wa-aʿdāʾu l-ʿaduwwi l-aqārib (et Zayd, et les ennemis de l'ennemi, les proches) 35 - 12 - « Abū Ṭālib ibn ʿAbd al-Muṭṭalib - wa-rabbu mā anḍā mina r-rikāb (et combien de montures épuisées) 107-108 - 6 - « Wahb ibn ʿAbd Manāf - anā abīnā fa-lā nuʾtīkum ghalabā (Nous sommes nos pères, nous ne vous donnons pas par contrainte) 34-35 - 8 - « Al-Mughīra ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAmr - wa-dhabḥuhu kharqan ka-timthāli dh-dhahab (et son égorgement, une déchirure comme la statue d'or) 47 - 5 - « ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim - wa-niʿma madā s-sāʾili l-makrūb (et quel bon recours pour le demandeur angoissé) 105 - 4 - « Un poète arabe - la-raḥta wa-rāḥat raḥluhā ghayra khāʾib (tu serais parti et sa monture serait partie sans déception) 38 - 3 - التاء (At-Tāʾ) - ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim - anji banī min qidāḥin kutibat (sauve mes fils de flèches qui ont été écrites) 110 - 5 - « Az-Zubayr ibn ʿAbd al-Muṭṭalib - wa-mukhtaṭifuhā th-thuʿbānu ḥīna tadallat (et son ravisseur, le serpent, quand il est descendu) 38 - 3 - « ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim - fa-dhbiḥi dh-dhawda allatī qad ʿuṭṭilat (égorge donc les chamelles qui ont été laissées à l'abandon) 67-68 - 6 - « Al-Bayḍāʾ umm al-Ḥakīm - wa-bkī dhā n-nadā wa-l-makrumāt (et pleure celui de la générosité et des nobles qualités) 172 - 6 - « Ḥamza ibn ʿAbd al-Muṭṭalib - min amriki ẓ-ẓālimu idh mashayt (de ton ordre, l'injuste, quand tu as marché) **Numéro - Nombre de vers - Page - Rime - Poète - Second hémistiche du premier vers** 227 - 2 - الجيم (Al-Jīm) - Saʿīd ibn al-ʿĀṣī - sāʾilan idhā shabba wa-shtaddat bi-dimāhi (interrogeant, quand il grandit et que ses passions s'intensifièrent) 46 - 9 - الحاء (Al-Ḥāʾ) - ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim - daʿwatu mubtāʿin riḍāhu rābiḥ (l'invocation d'un acheteur dont l'agrément est gagnant) 115 - 12 - « Waraqa ibn Nawfal - wa-fī ṣ-ṣadri min iḍmāriki l-ḥaznu qādiḥ (et dans la poitrine, de ton secret, le chagrin est piquant) 33-34 - 3 - « ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim - innī akhāfu an yakūna qadaḥ (je crains que ce ne soit un sort) 274 - 1 - « Ce dont Hishām ibn al-Walīd s'est représenté - fa-yabqā baynanā abadan talāḥ (il restera entre nous à jamais une discorde) 58 - 6 - « ʿAbd Kulāl - wa-qadi tuhimtu fī ghishi n-naṣīḥ (et tu as été accusé dans la tromperie du conseiller sincère) 53 - 3 - الدال (Ad-Dāl) - Tubbaʿ al-Ḥimyarī - ḥattā atānī min Hudhaylin aʿbud (jusqu'à ce que vienne à moi, de Hudhayl, des serviteurs) 29 - 4 - « ʿIyāḍ as-Sulamī - uqtul banī ṣ-ṣibghāʾ illā wāḥidā (tue les fils de la teinture, sauf un) 69 - 9 - « ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim - bi-muwaḥḥadin baʿda abīhi fard (par un unique après son père, seul) 45 - 4 - « Āmina, mère du Prophète - min sharri kulli ḥāsid (du mal de tout envieux) 37 - 5 - « ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim - in shiʾta ulhimta ṣ-ṣawāba wa-r-rushd (si tu veux, tu seras inspiré de la justesse et de la droiture) 78 - 13 - « Abū Ṭālib ibn ʿAbd al-Muṭṭalib - kaʾan lā yarānī rājiʿan li-maʿād (comme s'il ne me voyait pas revenant pour un retour) 52-53 - 3 - « Tubbaʿ al-Ḥimyarī - alā ajūzu wa-bi-l-Ḥijāzi mukhallad (Certes, je passerai, et au Ḥijāz, il y a un immortalisé) 76-77 - 12 - « Abū Ṭālib ibn ʿAbd al-Muṭṭalib - ʿindī bi-mithli manāzili l-awlād (auprès de moi, comme les demeures des enfants) 67 - 2 - « Umayma bint ʿAbd al-Muṭṭalib - wa-sāqī l-ḥajīji l-muḥāmī ʿani l-ḥamd (et celui qui abreuve les pèlerins, le défenseur de la louange) 46-47 - 10 - « ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim - lammā raʾā jaddī wa-ijtihādī (quand il a vu mon sérieux et mon effort) 54 - 6 - « Tubbaʿ al-Ḥimyarī - tarā n-nāsa naḥwahunna wurūdā (tu vois les gens vers elles, comme une arrivée) 239-240 - 16 - « ʿAlī ibn Abī Ṭālib - li-shaykhī bi-naʿyī wa-r-raʾīsi l-musawwadā (pour mon vieux maître, par mon deuil, et le chef, le seigneur) 40 - 5 - « ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim - inna banī thamratu fuʾādī (mes fils sont le fruit de mon cœur) 167 - 8 - « Abū Ṭālib ibn ʿAbd al-Muṭṭalib - ʿalā naʾyihim wa-llāhu bi-n-nāsi arwad (malgré leur éloignement, et Allah est avec les gens, plus lent) 67 - 5 - « Ṣafiyya bint ʿAbd al-Muṭṭalib - ʿalā rajulin bi-qāriʿati ṣ-ṣaʿīd (sur un homme, dans la plaine du haut plateau) 27 - 5 - « ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim - rabbī wa-anta l-mubdī l-muʿīd (mon Seigneur, et Toi es Celui qui commence et Celui qui recommence) 44 - 9 - الراء (Ar-Rāʾ) - ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim - aʿlantu qawlī wa-ḥamidtu ṣ-ṣabrā (j'ai rendu publique ma parole et j'ai loué la patience) **Numéro - Nombre de vers - Page - Rime - Poète - Second hémistiche du premier vers** 38 - 3 - « ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim - wa-rabbu man ḥajja lahu wa-kabbar (et combien de ceux qui ont accompli le Ḥajj (pèlerinage) pour Lui et ont proclamé Sa grandeur) 64 - 5 - « ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim - mina l-liʾāmi fa-lam tukhlaq lahum dārā (des vils, et tu n'as pas été créé pour eux une demeure) 229 - 3 - « ʿAbd Allāh ibn al-Ḥārith as-Sahmī - kamā jaḥadat ʿĀdun wa-Madyanu wa-l-Ḥajar (comme ont nié ʿĀd, Madyan et al-Ḥijr) 150 - 5 - « Abū Ṭālib ibn ʿAbd al-Muṭṭalib - ʿudhrī wa-mā in jiʾtu min ʿudhr (mon excuse, et je ne suis venu avec aucune excuse) 36 - 2 - « ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim - wa-ṣrif ʿanhu sharra hādha l-qadar (et détourne de lui le mal de ce destin) 37 - 2 - « ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim - wa-rabbu man yaʾtī bi-kulli nadhr (et combien de ceux qui viennent avec tout vœu) 68 - 6 - « Barra bint ʿAbd al-Muṭṭalib - ʿalā ṭībi l-khaymi wa-l-muʿtaṣar (sur la bonté de la tente et du pressoir) 41 - 1 - « Āmina, mère du Prophète - fī l-hāshimī wa-l-karīmi l-ʿunṣur (dans le Hāshimite et le noble de lignée) 153 - 11 - « Abū Ṭālib ibn ʿAbd al-Muṭṭalib - yarushshu ʿalā s-sāqayni min bawlihi qaṭr (il asperge sur les deux jambes, de son urine, des gouttes) 110 - 3 - « Al-Walīd ibn al-Mughīra - wa-raʾyun li-man rāma l-umūra ʿalā dhaʿar (et une opinion pour celui qui cherche les affaires, sur une peur) 156-157 - 6 - « Ṣafiyya bint ʿAbd al-Muṭṭalib - fa-fīma l-amru fīnā wa-l-imār (alors en quoi est l'ordre parmi nous et le commandement ?)
Voici la traduction des données fournies. Chaque entrée est structurée comme suit : numéro de page, nombre de vers, rime, poète, second hémistiche du premier vers. 117 8 «Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl Je professe 56 lorsque les affaires sont réparties 184 8 «'Umar ibn al-Khattâb Il a sur nous des bienfaits qui n'ont d'autre 123-124 12 «Waraqa ibn Nawfal Et rien de ce que Dieu a décrété n'est sans 64 2 «al-Mughîra ibn 'Abd Allâh Tu as détruit Abâ Yaksûm et al-Mughallis 39 3 «'Abd al-Muttalib ibn Hâshim Et Seigneur de celui qui repousse au lieu du repoussé 37 3 «'Abd al-Muttalib ibn Hâshim Sauve 'Abd Allâh, Seigneur du profit 30 3 «Abû Taqâṣif al-Khunâ'î Et celui qui entend l'appel de tout appelant 208 12 «Abû Tâlib ibn 'Abd al-Muttalib Et des rêves de gens, auprès de toi, sont légers 321 5 « « « « Et des larmes de Ka'b qui coulent pour elle 173 9 «Hamza ibn 'Abd al-Muttalib Vers l'islam et la religion hanif 57 Numéro Page Nombre Vers Rime Poète Second hémistiche premier vers 179 7 «'Uthmân ibn Maz'ûn Tu dis, mais moi j'ai confiance en Ahmad 58 211-212 11 «Abû Tâlib ibn 'Abd al-Muttalib Contre l'injustice dans une partie de ce discours 49 5 «Abû Tâlib ibn 'Abd al-Muttalib Avec des épées qui brillent comme l'éclair 43 4 «Umm Qibâl bint Nawfal Sur toi, et t'a quitté celui qui t'avait apporté 43 3 «'Abd Allâh ibn 'Abd al-Muttalib Ce qui sera et ce qui est avant cela 62 3 «'Abd al-Muttalib ibn Hâshim Sa solution, alors interdis ton permis 64 2 «'Abd al-Muttalib ibn Hâshim Ô Seigneur, interdis-les de ton sanctuaire 193 1 «Khâlid ibn al-Walîd J'ai vu que Dieu t'a humilié 333 2 «Abû Sufyân ibn Harb La guerre est une alternance 123 7 «Waraqa ibn Nawfal Ton discours pour nous, et Ahmad est envoyé 157-158 15 «Abû Tâlib ibn 'Abd al-Muttalib Par le droit, et que sert le message d'un envoyé 148 6 «Abû Tâlib ibn 'Abd al-Muttalib Ô Hâshim, et le peuple dans une assemblée 117 4 «Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl À lui la terre porte des rochers lourds 221 6 «'Abd al-Muttalib ibn al-Hârith Sur moi, et mes doigts refusent cela 30 2 «Un homme des Banû Mu'assil Et lance sur leurs nuques avec un gourdin 38-39 3 «'Abd al-Muttalib ibn Hâshim Et Seigneur de celui qui vient à toi pour la vénération 334 1 «Hassân ibn Thâbit Mon père, lorsque l'Envoyé l'a affronté 191 6 «'Ammâr ibn Yâsir 'Atîq 59 et humilie Fâkih et Abâ Jahl 179 1 «Labîd ibn 'Âmir Tout bienfait, sans doute, est éphémère 156 7 «Abû Tâlib ibn 'Abd al-Muttalib Ils ont coupé tous les liens et les moyens 40 7 «'Abd al-Muttalib ibn Hâshim Tu as multiplié après peu de mes enfants 61 1 «Un groupe de 'Akk et des Ashâ'ira Le mange 'Akk et les Ash'ariyyûn et l'éléphant Numéro Page Nombre Vers Rime Poète Second hémistiche premier vers 169-170 7 «'Amr ibn al-'Âs Pour quelqu'un comme toi, qu'on appelle fils de quelqu'un, quoi que ce soit 323 3 «Abû 'Azîz al-Jumahî Vous êtes les fils de la guerre, frappeurs de nuques 97 2 «Des rajaz 60 de la circumambulation autour de la Ka'ba Dieu l'a parfait, et il a parfait 160 10 «Abû Tâlib ibn 'Abd al-Muttalib Il m'a enveloppé, et l'autre étoile n'a pas franchi 37 4 «'Abd al-Muttalib ibn Hâshim Accorde-nous la grâce de ne pas être frappés par le sang 107 6 «'Ikrima ibn 'Âmir Et nous tous, ou nous teignons de sang 161 3 «Abû al-Bakhtarî ibn Hâshim Ainsi l'ignorance est un blâme 77 18 «Abû Tâlib ibn 'Abd al-Muttalib Par la séparation des deux parents libres et généreux 47 8 «'Abd al-Muttalib ibn Hâshim Il a donné, malgré l'ennemi, Zamzam 61 97 1 «Des rajaz de la circumambulation autour de la Ka'ba Et tout serviteur à Toi, sans faute 164 5 «Abû Tâlib ibn 'Abd al-Muttalib Dans un jardin, de peur d'être opprimé 43-44 9 «Umm Qibâl bint Nawfal Et Âmina qui a porté un garçon 39 3 «'Abd al-Muttalib ibn Hâshim Et Seigneur de celui qui aime tout lieu marqué 39-40 8 «'Abd al-Muttalib ibn Hâshim Mes fils sont les plus aimés de ceux qui parlent 67 4 «'Â'ika bint 'Abd al-Muttalib Avec vos larmes après le sommeil des dormeurs 102 1 «Un homme des Arabes Il a rencontré, entre les mains des circumambulants, un interdit 222 4 «Abû Tâlib ibn 'Abd al-Muttalib Ministre de Moïse et du Messie, fils de Marie 57-58 9 «'Abd Kulâl Œil rafraîchi, ils ont tué mon généreux 45-46 7 «Âmina, mère du Prophète Cet enfant au bon caractère 38 3 «'Abd al-Muttalib ibn Hâshim De toute chamelle bossue qui n'a pas donné 228 2 «Hind bint 'Utba Abû Hudhayfa est le pire des gens en religion 221 6 «'Abd al-Muttalib ibn al-Hârith Il espère la communication de Dieu et la religion 57 2 «Dhû Ru'ayn L'excuse de Dieu pour Dhû Ru'ayn Numéro Page Nombre Vers Rime Poète Second hémistiche premier vers 64 5 «Nufayl le guide Nous vous avons comblés, avec le matin, d'un œil 155 5 «Abû Tâlib ibn 'Abd al-Muttalib Jusqu'à ce que je sois couché dans la poussière, enterré 55 4 «Khuwaylid ibn Asad Doucement, ô blâmeuse, ne me blâme pas 34 5 «'Abd al-Muttalib ibn Hâshim Les jours où je creuse, et mon fils seul 36 7 «'Abd al-Muttalib ibn Hâshim Je crains mon Seigneur si je désobéis à Son ordre 102 1 «Une femme des Arabes Et ce qui en est apparu, je ne le permets pas 118 2 «Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl Et ma maison est au milieu du quartier 149 6 «Abû Tâlib ibn 'Abd al-Muttalib 'Abd Manâf en est le secret et le noyau 119 3 «Waraqa ibn Nawfal J'ai évité un four de feu ardent Contenu du livre Page Sujet 5 Introduction de l'éditeur 21 Première partie du Livre des Expéditions 23 Creusement de Zamzam par 'Abd al-Muttalib ibn Hâshim. 28 Demande de protection du jeune Bakrite à la Ka'ba. 28 Histoire d'as-Siddîq 62 avec un homme dont une vipère l'avait mordu. 29 Histoire de 'Umar ibn al-Khattâb avec un vieillard aveugle. 30 Abû Taqâṣif al-Khunâ'î et ses frères. 30 Banû Mu'assil et leur cousin. 32 Vœu de 'Abd al-Muttalib. 32 Tirage au sort avec des flèches à la Ka'ba. 42 Mariage de 'Abd Allâh ibn 'Abd al-Muttalib. 48 Naissance du Messager de Dieu. 50 Fente du ventre du Messager. 52 Récit de Tubba' le Himyarite. 57 Meurtre de Tubba'. 61 Récit de l'Éléphant. Page Sujet 65 Voyage de la mère du Messager avec lui à Médine et sa mort. 66 Mort de 'Abd al-Muttalib ibn Hâshim. 66 Découverte de la tombe de 'Abd Allâh ibn ath-Thâmir. 66 Découverte du cadavre de Daniel le Prophète. 69 Leadership de La Mecque après la mort de 'Abd al-Muttalib. Deuxième partie du Livre des Expéditions 73 Récit de Bahîrâ le moine. 73 Prise en charge du Messager par Abû Tâlib. 79 Nouvelles diverses par lesquelles Dieu a protégé le Messager dans son enfance des pratiques de la Jâhiliyya 63 et l'a préservé de sa souillure. 81 Récit de Khadîja bint Khuwaylid. 83 Histoire des rabbins. 87 Conversion de Salmân le Perse. 94 Effet de la Ka'ba. 103 Récit de la construction de la Ka'ba. 111 Récits des rabbins, des moines et des devins au sujet du Prophète. Page Sujet 112 Des nouvelles des djinns. 115 Nouvelle de la Hanîfiyya 64. 120 Première chose par laquelle le Messager de Dieu a commencé la prophétie. 127 Troisième partie 129 Envoi du Prophète, que Dieu le bénisse et le salue. 130 Jour où eut lieu la bataille de Badr. 137 Conversion de 'Alî ibn Abî Tâlib. 139 Conversion d'Abû Bakr as-Siddîq. 141 Conversion d'Abû Dharr. 143 Conversion des Émigrés, que Dieu les agrée. 145 Parole de Dieu, qu'Il soit exalté : « Et avertis ta parenté la plus proche ». 146 Manière de la descente de la Révélation sur le Prophète. 150 Al-Walîd ibn al-Mughîra et ce qui fut révélé à son sujet. 154 Chapitre sur ce que les Compagnons du Messager de Dieu ont subi comme épreuves et difficultés. 156 Nouvelle de l'écrit du boycott. 167 Délégation de Quraysh en Abyssinie. 171 Conversion de Hamza ibn 'Abd al-Muttalib. Page Sujet 174 Ce qui est venu au sujet de l'émigration des Compagnons du Messager de Dieu en terre d'Abyssinie. 176 Nom de ceux qui émigrèrent en terre d'Abyssinie depuis La Mecque. 181 Conversion de 'Umar ibn al-Khattâb. 186 Ce qui est venu au sujet du premier à réciter le Coran à haute voix à La Mecque. 187 Quatrième partie 189 De ceux qui furent torturés pour Dieu à La Mecque parmi les croyants. 197 Récit du Prophète lorsqu'il disputa avec les associateurs. 204 Chapitre des récits des rabbins et des gens du Livre sur la description du Prophète. 213 Récit de la première émigration en Abyssinie. 223 Nom de ceux qui émigrèrent en terre d'Abyssinie. 229 Récit de ce que le Messager de Dieu subit comme torts de la part de son peuple. 232 Histoire du Prophète lorsqu'il se présenta aux Arabes. 236 Mort d'Abû Tâlib et ce qui est venu à son sujet. Page Sujet 241 Cinquième partie 243 Mort de Khadîja bint Khuwaylid, que Dieu l'agrée. 245 Mariage du Prophète avec Khadîja et ses enfants d'elle. 246 Mariage de Fâtima, que Dieu l'agrée. 248 Mariage de 'Umar ibn al-Khattâb avec Umm Kulthûm bint 'Alî, que Dieu les agrée. 250 Mariage d'Umm Kulthûm avec 'Awn ibn Ja'far. 251 Mariage de Zaynab bint 'Alî. 253 Ce qui est venu au sujet du mariage de 'Uthmân ibn 'Affân. 254 Mariage du Prophète avec Sawda bint Zam'a. 255 Mariage du Prophète avec 'Â'isha bint Abî Bakr. 257 Mariage du Prophète avec Hafsa bint 'Umar. 258 Mariage du Prophète avec Zaynab bint Khuzayma. 259 Mariage du Prophète avec Umm Habîba. 260 Mariage du Prophète avec Umm Salama. 262 Mariage de Zaynab bint Jahsh. 263 Mariage de Juwayriyya bint al-Hârith. Page Sujet 264 Mariage de Safiyya bint Huyayy. 266 Mariage du Messager de Dieu avec Maymûna bint al-Hârith. 267 Mariage d'Asmâ' bint Ka'b al-Jawniyya et de 'Amra bint Yazîd. 268 Une femme de Ghifâr que le Prophète épousa. 269 Nombre de femmes qui se donnèrent elles-mêmes. 270 Ce que le Prophète prit comme concubines. 272 Ce que le Prophète reçut en compensation de son fils. 273 Récit des railleurs et des signes. 276 Récit de Rukâna ibn 'Abd Yazîd. 277 Signes de la prophétie. 284 Conversion d'Umm Sharîk ad-Dûsiyya. 286 Conversion d'Abû Hurayra de Dûs. 287 Conversion de 'Adî ibn Hâtim. 289 Lettre du Prophète aux Banû Zuhayr ibn Uqaysh. 291 Conversion de Jarîr ibn 'Abd Allâh. 295 Récit du voyage nocturne du Messager de Dieu à Jérusalem. 298 Nouvelle de l'appel à la prière. Page Sujet 301 Deuxième fragment du Livre des Expéditions (feuillets de la bibliothèque az-Zâhiriyya à Damas). 322 Expédition d'Uhud. 322 Consensus de Quraysh pour faire la guerre au Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue. 324 Consultation sur la sortie de Médine et retour de 'Abd Allâh ibn Ubayy. 327 Nouvelle de la déroute des associateurs. Page Sujet Début de la guerre et abandon des archers du camp. 328 Nouvelle de la déroute des musulmans jusqu'à ce que l'ennemi atteigne le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, jusqu'à ce qu'il tombe. 330 Nouvelle de la fermeté des musulmans autour du Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, jusqu'à la déroute des associateurs. 333 Nouvelle de l'échange de coups entre 'Umar ibn al-Khattâb et Abû Sufyân. Dernière page de la deuxième copie
- al-ḥalqa : Désigne les armes, l'équipement militaire, ou littéralement 'l'anneau' (de la cotte de mailles), par métonymie l'armement.
- Baqī' al-Gharqad : Cimetière de Médine, situé près de la mosquée du Prophète.
- shi'b al-'ajūz : Littéralement 'ravin de la vieille femme', nom d'un lieu près de Médine.
- fawd ra'sihi : Les mèches de cheveux de la tête, ou le sommet de la tête.
- mighwal : Poignard ou couteau court, parfois une épée courte.
- thunna : L'aine, le pli de l'aine, ou le bas-ventre.
- ḥarrat al-'Arīḍ : La région volcanique (ḥarra) d'al-'Arīḍ, près de Médine.
- Abū Sunayna : Surnom d'un marchand juif, littéralement 'père de la petite dent'.
- dhafrā : La nuque, l'arrière du cou.
- mā bayna Baṣra fa-Ma'rib : Expression signifiant 'tout ce qui est entre Bassora et Ma'rib', c'est-à-dire une vaste étendue de territoire.
- Adhri'āt : Ville de Syrie (actuelle Deraa), lieu d'exil des Banū al-Naḍīr.
- Baḥrān : Localité ou oasis, peut-être dans le Najd, où le Prophète fit une expédition.
- aṣḥāb al-qalīb : Les 'compagnons du puits', désignant les mécréants tués à Badr et jetés dans un puits.
- Sourate al-Anfāl, verset 36 : Coran 8:36 : 'Ceux qui ont mécru dépensent leurs biens pour détourner du chemin d'Allah...'
- aḥābīsh : Tribus alliées ou mercenaires, souvent des groupes hétéroclites rassemblés pour la guerre.
- Abū 'Azīz ibn 'Amr al-Jumaḥī : Frère de Mus'ab ibn 'Umayr, fait prisonnier à Badr puis libéré.
- al-zirām : Les rapides, les prompts, qualificatif pour une tribu.
- ḥarba : Javeline, courte lance de jet.
- ishfi wa-ishtaf : Jeu de mots : 'guéris et guéris-toi', ou 'tue et sois satisfait', expression incitant à la vengeance.
- li'amah : Cotte de mailles, armure portée par le Prophète lors des batailles.
- Ansâr : Les 'Auxiliaires', habitants de Médine ayant accueilli et soutenu le Prophète après l'Hégire.
- al-Shawt : Lieu situé entre Médine et le mont Uhud.
- ḥarra : Terrain volcanique rocailleux, typique de la région de Médine.
- Sa'd : Probablement Sa'd ibn Mu'âdh, chef des Banû 'Abd al-Ashhal.
- Quraysh : Tribu dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète, mais qui s'opposait à lui.
- al-Ṣamgha : Lieu près de Médine, dans la vallée de Qanât.
- Banû Qayla : Nom désignant les tribus des Aws et des Khazraj, les Ansâr.
- Aws : L'une des deux principales tribus arabes de Médine, avec les Khazraj.
- Aḥâbîsh : Groupes de combattants mercenaires ou alliés, souvent non-Qurayshites, à La Mecque.
- al-Râhib : Le moine, surnom donné à Abû 'Âmir avant l'islam en raison de sa piété apparente.
- al-Fâsiq : Le pervers, le transgresseur, surnom donné par le Prophète à Abû 'Âmir après son opposition.
- Târiq : Étoile du matin ou nom d'un homme ; ici, expression poétique pour désigner les femmes.
- Arṭāh ibn Shuraḥbīl : Nom d'un combattant mecquois tué par Hamza.
- al-jamal al-awraq : Le chameau gris, métaphore pour la force et la couleur de l'animal.
- thunnatuhu : L'aine, la partie entre la cuisse et le bas-ventre.
- ʿahd : Pacte ou engagement solennel fait à Dieu.
- mā taḍunnūn : Que pensez-vous ? ou Que désirez-vous ?
- banānuhu : Ses doigts, ici les extrémités des doigts.
- al-shaʿr : Les poils, ici métaphore pour la dispersion rapide.
- faraq : Mesure de capacité équivalant à environ 16 litres.
- Sarif : Localité située entre La Mecque et Médine.
- al-Mihras : Puits ou point d'eau à Médine.
- badan : Avoir pris de l'embonpoint, être corpulent.
- al-Zubayr : Al-Zubayr ibn al-‘Awwām, Compagnon du Prophète.
- al-Manqā : Lieu situé près de Médine.
- al-hāʿiʿa : L'appel, la clameur, ici l'appel au combat.
- Hind bint Athātha : Femme de la tribu des Hāshimites, répondant à Hind bint ‘Utba.
- anʿamta faʿāl : Expression signifiant 'Excellent acte' ou 'Tu as bien agi'.
- mithl : Ici, 'semblable' ou 'pareil', peut-être une allusion à des morts notables.
- jannabū al-khayl wa-’mtaṭaw al-ibil : S'ils ont sellé les chevaux et monté les chameaux, signe qu'ils retournent à La Mecque.
- Sa'd ibn al-Rabi' : Compagnon du Prophète, martyr de la bataille d'Uhud.
- Ansar : Les 'Auxiliaires' de Médine, convertis à l'islam, qui accueillirent le Prophète.
- Safiyya : Safiyya bint Abd al-Muttalib, tante du Prophète et sœur de Hamza.
- Quraysh : Tribu mecquoise dominante, à laquelle appartenait le Prophète.
- « Et si vous punissez... » : Coran, Sourate 16, verset 126.
- adīnu : Je professe, je déclare ma religion ou ma croyance.
- al-ḥanīf : Le monothéisme pur, la religion d'Abraham, avant toute altération.
- Aḥmad : Un des noms du Prophète Muhammad, signifiant 'le plus loué'.
- ʿAtīq : Surnom d'Abû Bakr, signifiant 'libéré' ou 'noble'.
- rajaz : Mètre poétique arabe, souvent utilisé pour des poèmes improvisés ou guerriers.
- Zamzam : Puits sacré à La Mecque, associé à Ismaël et à la tradition prophétique.
- aṣ-Ṣiddīq : Surnom d'Abû Bakr, signifiant 'le véridique' ou 'celui qui confirme'.
- al-Jāhiliyya : Période préislamique, caractérisée par l'ignorance religieuse et morale.
- al-Ḥanīfiyya : La religion monothéiste primitive, celle d'Abraham, avant le judaïsme et le christianisme.
Les notes et commentaires
↩ (1) [p.5] Comparer : Naqāʾiḍ Jarīr wa-l-Farazdaq 2/581, 638 ; Dīwān Jarīr 1/261-262 ; G.E. von Grunebaum, “The Nature of Arab Unity before Islam”, Arabica X (1963), p. 5-23 ; W. Caskel, Entdeckungen in Arabien, p. 72-73 ; M.J. Kister, “Mecca and Tamim”, JESHO III (1960), p. 311-361. ↩ (2) [p.6] Comparer : E. Rosenthal, Das Fortleben der Antike im Islam, p. 8 et suiv. ↩ (3) [p.6] Comparer : N. Abbott, The Rise of the North Arabic Script, Chicago, 1939. ↩ (4) [p.6] Comparer : ↩ (5) [p.6] Coran 23/282 ; comparer Nāṣir al-Dīn al-Asad, Maṣādir al-Shiʿr al-Jāhilī, p. 41-133. ↩ (6) [p.6] Ṭabaqāt Ibn Saʿd 3/136 ; Futūḥ al-Buldān 473-477. [p.6] (46) R. Dussaud, La Pénétration des Arabes, p. 313 et suiv. ; F. Altheim et R. Stiehl, Die Araber II, p. 313 et suiv. ; Jawād ʿAlī, al-Mufaṣṣal 3/191 et suiv. ↩ (7) [p.7] Comparer F. Rosenthal, ʿIlm al-Tārīkh ʿinda l-Muslimīn, p. 21-22 (trad. D. al-ʿAlī) ; G.E. von Grunebaum, “The Nature of Arab Unity before Islam”, Arabica X (1963), p. 5-23 ; F. Rosenthal, ʿIlm al-Tārīkh ʿinda l-Muslimīn, p. 33 et suiv. [p.7] (34) G.E. von Grunebaum, “Historical Consciousness in Islam”, in Theology and Law in Islam (W. Braune, E.G. von Grunebaum, éd.), II (1969), p. 83. ↩ (8) [p.8] ʿAbd al-ʿAzīz al-Dūrī, ʿIlm al-Tārīkh ʿinda l-ʿArab, p. 17-20. ↩ (9) [p.8] Publié par G. R. Khoury à Heidelberg. ↩ (10) [p.9] À propos du livre des premières Sīra, comparer les articles de J. Horovitz dans Islamic Culture I-II ; trad. Ḥusayn Naṣṣār sous le titre al-Maghāzī al-Ūwal wa-Muʾallifūhā, 1949. Comparer ʿAbd al-ʿAzīz al-Dūrī, ʿIlm al-Tārīkh ʿinda l-ʿArab, p. 20-27. ↩ (11) [p.9] ʿUyūn al-Athar 1/10-17. ↩ (12) [p.10] J. Fück a écrit une étude sur lui (en 1925) ; Fischer a publié les noms des hommes qui ont rapporté de lui ; J. Horovitz a étudié son œuvre dans ses articles précités ; comparer al-Dūrī, p. 27-32. ↩ (13) [p.10] Les principales biographies dans les sources : Ṭabaqāt Fuḥūl al-Shuʿarāʾ d’Ibn Sallām, p. 8, 11, 206 ; Ṭabaqāt Ibn Saʿd 6/396 ; al-Maʿārif 491 ; al-Fihrist 92 ; Tārīkh Baghdād 1/214 ; Muʿjam al-Udabāʾ 18/5 et suiv. ; Wafayāt al-Aʿyān 4/276-277 ; Tārīkh al-Islām 6/375-378 ; Mīzān al-Iʿtidāl 3/468 ; Tadhkirat al-Ḥuffāẓ 2/172 ; Tahdhīb al-Tahdhīb 9/38 ; ʿUyūn al-Athar 1/10-17. ↩ (14) [p.11] Tārīkh Baghdād 1/216 ; Wafayāt al-Aʿyān 4/277. ↩ (15) [p.11] Muʿjam al-Udabāʾ 18/7-8 ; comparer : Tārīkh al-Islām 6/378 ; Ṭabaqāt Khalīfa 1/402 ; al-Nujūm al-Zāhira 2/165 ; Mirʾāt al-Jinān 1/460. ↩ (16) [p.12] Comparer : Tārīkh al-Islām 6/377 ; Muʿjam al-Udabāʾ 18/7. ↩ (17) [p.12] Muʿjam al-Udabāʾ 18/7-8. ↩ (18) [p.12] al-Muwaffaqiyyāt 332. ↩ (19) [p.12] Muʿjam al-Udabāʾ 18/6 ; Wafayāt al-Aʿyān 4/277. ↩ (20) [p.12] Comparer : al-Bayān wa-l-Tabyīn 4/64-65 ; al-ʿIqd al-Farīd 3/164 ; ʿUyūn al-Akhbār 2/337. ↩ (21) [p.12] Comparer : R. Saiyid, Die Revolte des Ibn al-Asʿat und die Koranleser, Freiburg, 1977, p. 12-90. ↩ (22) [p.13] À propos de la transmission d’al-Bakkāʾī, comparer : al-Rawḍ al-Unuf 3/106. ↩ (23) [p.14] Wafayāt al-Aʿyān 1/290 ; al-Rawḍ al-Unuf 1/7. ↩ (24) [p.16] À propos des divisions de la Sīra d’Ibn Isḥāq, comparer al-Dūrī : ʿIlm al-Tārīkh ʿinda l-ʿArab, p. 27-28. ↩ (25) [p.16] Ibn Sallām : Ṭabaqāt Fuḥūl al-Shuʿarāʾ, p. 8, 11. ↩ (1) [p.23] Il est certain que ce n’est pas le début de la partie ; il en manque une partie dont nous ignorons l’étendue, car la division de chaque livre en parties est parfois liée au désir des copistes et autres plutôt qu’à la volonté de l’auteur. ↩ (2) [p.23] C’est-à-dire depuis la domination des Khuzāʿa sur La Mecque. ↩ (3) [p.23] Il y a un effacement dans l’original ; on a utilisé ce qui se trouve chez Ibn Hishām pour l’éclaircir. ↩ (4) [p.24] On raconte qu’ils étaient un homme et une femme qui forniquèrent dans la Kaʿba et furent métamorphosés ; les Mecquois les exposèrent comme leçon, puis avec le temps ils devinrent des idoles vénérées des Mecquois. ↩ (5) [p.24] Ainsi ; le takbīr 1 est une innovation de l’islam. ↩ (6) [p.26] Selon les récits, les Jurhum, une des tribus arabes disparues, furent les premiers à habiter La Mecque à l’époque d’Ismaël fils d’Abraham – sur eux la paix – et y restèrent jusqu’au déluge de ʿArim 2 ; alors eut lieu la grande migration des Azd du Yémen vers le nord, et un groupe de migrants connu sous le nom de Khuzāʿa s’empara de La Mecque et en chassa les Jurhum. Les Khuzāʿa restèrent à La Mecque jusqu’à ce que Quṣayy b. Kilāb les en chasse et y installe son peuple des Quraysh. ↩ (7) [p.27] Les flèches 3 étaient des flèches en bois sur lesquelles on écrivait ou que l’on colorait ; on les enfouissait dans le sable puis on les sortait une par une ; ce qui était écrit était suivi. Pour plus de détails, voir Sīrat Ibn Hishām 1/345. ↩ (8) [p.27] Les cottes de mailles ne sont pas mentionnées au début du récit. ↩ (9) [p.28] Ainsi dans l’original ; il semble que la réponse du cheikh al-Bakrī soit tombée, de même qu’une partie de la réponse du garçon. ↩ (10) [p.29] C’est-à-dire le nom du chef. ↩ (11) [p.30] Ainsi dans l’original ; cela laisse perplexe ! ↩ (12) [p.30] C’est-à-dire pour accomplir la ʿUmra 4. ↩ (13) [p.31] Sourate al-Qamar : 46. ↩ (14) [p.32] C’est-à-dire le prix du sang 5. ↩ (15) [p.32] C’est-à-dire sans écriture. ↩ (16) [p.33] Ainsi ; peut-être le sens est : à ce moment-là, après lui naquirent al-ʿAbbās et Ḥamza, ou « le plus jeune de ses frères de même mère », car le contexte du récit mentionne ensuite sa mère et ses frères de même mère. ↩ (17) [p.33] La prononciation courante du nom al-Zubayr est avec ḍamma sur le zāʾ, mais certains rapportent une prononciation avec fatḥa sur le zāʾ suivie d’un bāʾ en génitif. ↩ (18) [p.35] Il est dit dans la marge de l’original : « Ainsi a-t-il dit ; en réalité c’est : nous le rançonnons avec les biens, correct. » ↩ (19) [p.35] C’est-à-dire les hautes généalogies. ↩ (20) [p.37] Il est écrit au-dessus dans l’original : « toi ». ↩ (21) [p.37] Il est dit dans la marge de l’original : « Ainsi a-t-il dit ; en réalité c’est : et je suis abreuveur. » ↩ (22) [p.41] L’effet de l’invention sur cette histoire est très évident ; elle semble avoir été inventée par plus d’une personne sur une longue période, et son idée semble inspirée du Coran où le prophète Abraham est mentionné avec l’histoire du sacrifice de son fils et la question de la rançon. Il ne fait aucun doute que ce récit visait à élever le rang du prophète Muḥammad – que Dieu le bénisse et lui accorde la paix – et la sollicitude particulière dont son père était entouré. Parmi les preuves de son invention, l’absence de sacrifices humains dans la société mecquoise préislamique ; le Coran n’a pas mentionné l’existence d’une telle coutume, ni n’a fait allusion à un incident de ce genre arrivé au père du Prophète. Le problème épineux de ce récit est la poésie : elle est d’une métrique faible, impossible à scander, et donc il est absurde d’en expliquer les mots. Ibn Hishām avait déjà rencontré ce problème en rapportant cette histoire ; il en supprima la poésie et dit : « Au milieu de ce récit se trouve un rajaz 6 qui n’a pas été confirmé par nous d’après un savant en poésie. » ↩ (23) [p.42] C’est-à-dire le nom de sa mère : Barra. ↩ (24) [p.42] Il y a une divergence entre le contexte de cette généalogie ici, en termes de longueur et de brièveté, et ce qui se trouve chez Ibn Hishām et d’autres. ↩ (25) [p.43] Les récits des anciens sur la question de la lumière 7 sont nombreux : comment la lumière de la prophétie passa des reins d’Adam aux grands prophètes après lui jusqu’à atteindre ʿAbd Allāh, père du Prophète. Les chiites ont beaucoup développé ces récits, qui constituent un pilier fondamental de leurs croyances sur l’imamat en termes de succession et de lien avec la prophétie. ↩ (26) [p.45] Ce qui est entre crochets a été ajouté d’après Ibn Hishām pour que le contexte soit cohérent. ↩ (27) [p.45] Il est dit dans la marge de l’original : « Ainsi a-t-il dit ; il voulait dire : je le protège par la Maison, correct. » ↩ (28) [p.48] C’est-à-dire les jours des guerres de Fijār 8 ; le récit est célèbre, voir chez Ibn Hishām. ↩ (29) [p.49] C’est-à-dire une sécheresse intense. ↩ (30) [p.51] Il semble que le mot « fadaʿāhu » porte la forme du duel impératif. ↩ (31) [p.52] Il est dit dans la marge de l’original : « Ainsi a-t-il dit ; en réalité c’est : Ibn Kalafa b. ʿAwf. » ↩ (32) [p.52] Voir al-Tījān fī Mulūk Ḥimyar attribué à Wahb b. Munabbih, p. 112, avec quelques divergences. Ce récit de Tubbaʿ constitue une partie des récits des traditionnistes sur le Yémen préislamique ; on y trouve l’influence de l’histoire coranique de Dhū l-Qarnayn ainsi que des résidus historiques des campagnes de certains rois ḥimyarites chrétiens, avant Dhū Nuwās, contre Yathrib et les régions habitées par les Juifs dans le nord de la péninsule. ↩ (33) [p.53] Dans la marge de l’original : « Ainsi a-t-il dit ; en réalité c’est : majḥūra 9. » ↩ (34) [p.54] Dans la marge de l’original : « à lui sa blessure ». ↩ (35) [p.54] C’est-à-dire vers le sud, au Yémen, car Suhayl 10 est yéménite. ↩ (36) [p.54] Ainsi ; il a été mentionné plus haut que les habitants de La Mecque à cette époque étaient les Jurhum. Selon les récits, les Khuzāʿa expulsèrent les Jurhum de La Mecque, puis Quṣayy b. Kilāb expulsa les Khuzāʿa de La Mecque et y installa son peuple des Quraysh. ↩ (37) [p.55] Dans la marge de l’original : « al-ʿAṭāridī a dit : laisse-moi, je ne prendrai pas le khisf 11. » ↩ (38) [p.60] Ce récit contient un résumé très confus, rempli d’erreurs ; on y donne aux Juifs un rôle contraire à ce qui est connu. En effet, ce qui est célèbre et courant selon les récits arabes et syriaques, c’est que ʿAbd Kulāl fut le premier des rois ḥimyarites à se convertir au christianisme ; le christianisme resta actif dans le sud du Yémen et, avec l’activité de ses hommes, l’influence de l’Empire byzantin s’accrut. C’est pourquoi un des princes ḥimyarites fit un coup d’État interne, adopta le judaïsme et combattit le christianisme ; sa campagne la plus célèbre fut celle contre les chrétiens de Najrān, connue sous le nom des massacres du fossé 12 mentionnés dans le Coran. À la suite de ces massacres, Byzance tenta d’intervenir directement contre le Yémen, mais trouva cela difficile. Byzance, instruite par l’expédition romaine de 25 av. J.-C. contre le Yémen menée par Aelius Gallus, ordonna à l’État chrétien d’Abyssinie d’envahir le Yémen et lui fournit une aide navale et du matériel. Les Abyssins réussirent à occuper le Yémen, mais un prince yéménite nommé Sayf b. Dhī Yazan chassa bientôt les Abyssins avec l’aide des Perses. Le Yémen resta sous souveraineté perse jusqu’à l’avènement de l’islam et son entrée dans cette religion. Il est connu que Rūzbah, mentionné dans le texte, est un nom perse porté par le commandant de l’expédition perse ou un haut commandant, tandis que le nom Abraha est abyssin. ↩ (39) [p.61] Les Ḥums 13 ne sont pas les Ḥill 14 ; les Ḥill ne sont pas les gens du Ḥaram 15 ; ce sont les Quraysh qui se distinguèrent des autres, surtout pour les rites du pèlerinage avant la victoire de l’islam. Mais on pense que cette division eut lieu après l’Année de l’Éléphant 16 et à cause d’elle, non avant ; voir ce qui suit p. 98-102. ↩ (40) [p.61] C’est-à-dire il entra dans la Kaʿba du Yémen, par laquelle on entend l’église construite par Abraha. Cette histoire explique la cause de la campagne d’Abraha contre La Mecque, une explication sans valeur historique. La campagne visait à répandre le christianisme dans toute la péninsule ; les Abyssins voulaient contrôler les richesses et le commerce de La Mecque, et d’autre part faire pression sur l’Empire sassanide qui était en conflit intense avec l’Empire byzantin, entre autres raisons. ↩ (41) [p.62] Son nom chez certains traditionnistes : Abū Righāl.
(42) [p.65] Sourate al-Fīl : 2 (43) [p.66] Al-Hurmuzān fut vaincu à l'issue de la bataille de Nihāwand sous le califat de 'Umar ibn al-Khaṭṭāb, et al-Hurmuzān fut amené à Médine où il demeura. Certains estiment qu'il participa au complot d'assassinat de 'Umar. (44) [p.67] Ainsi [dans le texte], mais le plus correct serait de remplacer "cent" par "mille". (45) [p.68] Il est mentionné dans une note marginale du manuscrit original : "Al-'Aṭāridī a dit : le courant des [eaux] du Très-Haut ?" (46) [p.69] Selon certaines traditions aberrantes, le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) serait né plusieurs mois avant la mort de son père. (1) [p.71] Dans le manuscrit 'Ayn (c'est-à-dire la copie de la Bibliothèque Générale de Rabat) : "La deuxième partie des Sīra et Maghāzī de l'imam, chef des spécialistes des Maghāzī et de la Sīra, le cheikh Muḥammad ibn Isḥāq al-Muṭṭalibī, mort en l'an 151 H." Le nombre de l'année est écrit ainsi (151), ce qui indique la modernité de la copie. (2) [p.71] Dans le manuscrit 'Ayn : "D'après Yūnus ibn Bukayr, d'après Muḥammad ibn Isḥāq – qu'Allah les agrée tous." (3) [p.73] Dans le manuscrit 'Ayn : "Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux – et qu'Allah prie sur notre seigneur Muḥammad et sur sa famille." Il n'y a pas de titre. (4) [p.73] Dans al-Rawḍ 1/205 : "al-Masīr" (la marche). (5) [p.73] Il est mentionné dans une note marginale du manuscrit original : "Kha. H.B." Ce qu'ont retenu Ibn Hishām et commenté al-Suhaylī dans al-Rawḍ 1/206 est identique à ce qui est mentionné ici, où il est dit : "al-Ṣabāba (الصبابه) est la ténuité du désir." Al-Suhaylī a mentionné que certains l'ont rapporté comme "Ḍabatha bihi Rasūlu Llāh (ضبث به رسول الله), c'est-à-dire il s'accrocha à lui." (6) [p.74] Il est confirmé dans une note marginale du manuscrit 'Ayn : "Fīhā" (en elle). (7) [p.74] Al-Haṣr (الهصر) : tirer, incliner, briser, pousser, rapprocher, plier une chose humide comme une branche ou similaire, la casser sans la séparer, ou plier n'importe quelle chose. (8) [p.74] Omis dans le manuscrit 'Ayn. (9) [p.74] Ajouté d'après le manuscrit 'Ayn. (10) [p.75] Au sujet du sceau de la prophétie et de ses descriptions, voir al-Rawḍ 1/206. (11) [p.75] Dans le manuscrit 'Ayn : "Yuḥaddithu" (il raconte). (12) [p.75] Dans al-Rawḍ 1/206 : "Zarīran" (زريرا). (13) [p.76] Al-Suhaylī a rapporté dans al-Rawḍ 1/205 un résumé de la matière informative arabe concernant la personnalité de Baḥīrā le moine. La ville de Buṣrā contient parmi ses ruines les vestiges d'une grande église que les habitants croient être les vestiges de l'église de Baḥīrā. Tout cela alors que la majorité des spécialistes de la Sīra de cette époque nient l'existence historique de la personne de Baḥīrā, considérant que les récits à son sujet sont inventés, dictés par le désir de s'aligner sur ce qui est venu dans les vies des prophètes bibliques et autres, en matière de prophéties et d'annonces. (14) [p.76] Il se peut que l'expression "ces hommes-là" (اولئك النفر) était à l'origine une note marginale explicative, puis a été intégrée dans le texte par les transmetteurs et les copistes. De tels cas se produisent fréquemment dans les livres de récits et de littérature, et c'est probablement ce qui est responsable de la disparité des textes des copies d'un même manuscrit original. Il semble également que cela soit la cause de l'enflure de la matière informative tardive concernant des événements rapportés brièvement dans les sources anciennes. (15) [p.76] C'est-à-dire "et ils bondirent" (وثبن). (16) [p.76] Al-Ṭiyya (الطية) : la patrie, la demeure, et le col (الثنية). (17) [p.77] Dans le manuscrit 'Ayn : "Li-furqatin" (pour une séparation/division). (18) [p.77] Dans le manuscrit 'Ayn : "Li-tarḥala idh" (pour qu'elle parte quand). (19) [p.77] Dans le manuscrit 'Ayn : "Najiduhu" (nous le trouvons). (20) [p.78] Dans le manuscrit 'Ayn : "Wa-rāḥa" (et il partit le soir/alla). (21) [p.79] Dans le manuscrit 'Ayn : "Bāta" (il passa la nuit). (22) [p.81] Dans le manuscrit 'Ayn : "Bimā" (avec ce que). (23) [p.82] C'est-à-dire en raison de l'élévation de ta lignée parmi eux. Voir al-Rawḍ 1/212-213. (24) [p.83] Al-A'rāf : 157. (25) [p.83] Al-Ṣaff : 6. (26) [p.83] Al-Fatḥ : 29. (27) [p.83] Al-Baqara : 89-90. (28) [p.84] Al-Baqara : 89. Il est connu que 'Āṣim ibn 'Umar ibn Qatāda était médinois, originaire des Anṣār. (29) [p.84] Dans le manuscrit 'Ayn : "Qawl" (parole/dire). (30) [p.84] Al-Uṭum (الأطم) : une forteresse construite en pierres. On dit aussi que c'est toute maison carrée et plate. (31) [p.84] Dans le manuscrit 'Ayn : "Dhāt" (possédant/douée de). (32) [p.85] Vocalisé dans le manuscrit original avec une ḍamma sur l'alif. Al-Suhaylī a mentionné dans al-Rawḍ 1/247 que c'est ainsi que sa vocalisation a été rapportée d'après Ibn Isḥāq, alors que Yūnus ibn Bukayr et al-Dāraquṭnī l'ont tous deux vocalisé avec une fatḥa. (33) [p.85] Dans le manuscrit 'Ayn : "Wa-usayyid" (واسيد), ce qui est une altération (taṣḥīf). En effet, il est rapporté dans al-Rawḍ 1/246-247 comme dans le manuscrit original ici. (34) [p.85] Dans al-Rawḍ 1/246 : "Hadal" (هدل), ce qui est une altération (taṣḥīf). (35) [p.85] Dans le manuscrit 'Ayn : "Taḥaṭṭunā" (تحطنا). (36) [p.85] Dans al-Rawḍ 1/246 : "Jusqu'à ce que le nuage passe et que nous soyons abreuvés" (حتى تمر السحابة ونسقى). (37) [p.86] Āl 'Imrān : 106. (38) [p.86] Muḥammad : 17. (39) [p.87] Nom d'une ville dans la région d'Iṣfahān. Elle était appelée à l'époque de Yāqūt "Shahristān". Elle était connue chez les Arabes, surtout les traditionnistes (muḥaddithūn), sous le nom d'"al-Madīna" (la ville). C'est à elle qu'est attribué le célèbre savant al-Madīnī. (40) [p.87] Omis dans le manuscrit 'Ayn. (41) [p.88] C'est-à-dire de l'argent (فضة). (42) [p.89] Il est mentionné dans une note marginale : "Al-'Aṭāridī nous a rapporté : Yaḥyā ibn Ādam a dit : 'Celui par qui on scelle est un sceau (khātam), et le Prophète (que la paix soit sur lui) est le Sceau (khātam).'" (43) [p.90] En dehors de Médine. Le Prophète s'y arrêta le jour de l'Hégire. (44) [p.90] C'est-à-dire al-Aws et al-Khazraj. Voir al-Rawḍ 1/249. (45) [p.91] Al-Suhaylī a clarifié dans al-Rawḍ 1/250-251 les noms du palmier et les actions liées à sa plantation à différentes époques. Qu'on s'y réfère. (46) [p.92] Ajouté d'après le manuscrit 'Ayn. (47) [p.94] Dans une note marginale du manuscrit original et du manuscrit 'Ayn : "Nashazan" (نشزا). (48) [p.95] Dans le manuscrit 'Ayn : "Wa-aṣāba" (et il atteignit/toucha). (49) [p.95] Dans le manuscrit 'Ayn : "Al-ākhar" (l'autre). (50) [p.96] Le coton (القطن). (51) [p.96] Une montagne en dehors de La Mecque. (52) [p.97] Al-Baqara : 199. (53) [p.98] Voir al-Rawḍ 1/229-233, car il contient des détails et des explications plus complètes sur la question du quint (al-khumus). Ces détails reviendront quelques pages plus loin ici. (54) [p.98] Omis dans le manuscrit 'Ayn. "Jamm'" (جمع) est al-Muzdalifa. (55) [p.98] La montagne qui domine La Mecque. (56) [p.98] Le lieu de la station à 'Arafa. (57) [p.98] Al-Baqara : 200. (58) [p.98] Al-Ḥujurāt : 13. (59) [p.99] Al-Baqara : 158. (60) [p.99] Al-Baqara : 158. (61) [p.99] Dans le manuscrit 'Ayn : "Fa-kabbara" (alors il prononça le takbīr). (62) [p.100] Al-Ḥajj : 36. (63) [p.101] Voir Sourate al-Tawba. (64) [p.101] Dans le manuscrit 'Ayn : "Al-sha'ā'ir" (les rites/symboles). (65) [p.101] Dans le manuscrit 'Ayn : "Fa-ya'dhanūna" (alors ils permettent/autorisaient). (66) [p.101] Dans le manuscrit 'Ayn : "Yakhruju" (il sort). (67) [p.101] Dans le manuscrit 'Ayn : "Nu'aẓẓimu" (nous magnifions). (68) [p.102] Il est mentionné dans une note marginale du manuscrit original : "Fin de la première partie des Maghāzī. Entendu de... jusqu'ici." (69) [p.103] Al-Nā'ira (النائرة) : la discorde/la fitna. (70) [p.103] Al-Raḍm (الرضم) : empiler des pierres les unes sur les autres sans mortier. (71) [p.104] Dans al-Rawḍ 1/255 : "L'oiseau était un aigle." (72) [p.105] Voir le poème dans al-Rawḍ 1/226, car la narration comporte quelques différences. (73) [p.106] C'est-à-dire en cuivre (نحاس). (74) [p.106] Dans Ibn Hishām, al-Rawḍ 1/227 : "Akhshabāhā" (أخشباها) c'est-à-dire ses deux montagnes. Le texte de la narration d'Ibn Hishām diffère de ce qui est mentionné ici. (75) [p.106] Il est probablement dérivé du mot "takht" (تخت), qui est un mot persan arabisé signifiant l'endroit où l'on conserve les vêtements et les objets. Parmi les expressions courantes encore aujourd'hui : "takhtiyya" (تختية) et "tatakhkhiyya" (تتخيتة), utilisées pour désigner les petits débarras à l'intérieur des maisons, proches du plafond. (76) [p.107] Ainsi dans le manuscrit original et le manuscrit 'Ayn. Il est probablement dérivé de "al-jadd" (le sérieux/l'effort) et "al-nashāṭ" (l'activité). Dans Ibn Hishām, al-Rawḍ 1/227 : "'Alā ḥaddihi" (على حده) – ce qui est plus correct. (77) [p.107] Altéré (ṣuḥḥifa) dans Ibn Hishām, al-Rawḍ 1/227 en "taḥāwarū wa-taḥālafū" (تحاوروا وتحالفوا). (78) [p.108] Ce poème n'est pas rapporté chez Ibn Hishām. (79) [p.108] Muḥammad ibn 'Alī ibn al-Ḥusayn ibn 'Alī ibn Abī Ṭālib. (80) [p.109] Je n'ai pas trouvé cette narration dans une autre source. Certains critiques pourraient l'adopter et la préférer à la narration précédente, en se basant sur le fait qu'il est clair que cette narration visait principalement à dire que Quraysh appelait le Prophète "al-Amīn" (le Digne de Confiance) avant l'Islam. À cela s'ajoute qu'il est logique que Quraysh ait reconstruit la Ka'ba après l'invasion abyssine, soit parce qu'elle s'était fissurée, soit que cela s'inscrivait dans le cadre d'une reconstruction de toute la doctrine quraychite. (81) [p.109] Certains vocalisent ce nom avec une fatḥa sur le zāy. C'est ce qu'a rapporté le vizir al-Maghribī dans son livre al-Īnās fī 'Ilm al-Ansāb (copie Chester Beatty – microfilmée dans ma bibliothèque). (82) [p.110] Le poème se trouve dans Ibn Hishām, al-Rawḍ 1/228-229, avec quelques différences. (83) [p.110] Dans une note marginale du manuscrit 'Ayn : "Peut-être 'amalunā" (عملنا – notre œuvre). Le poème n'est pas rapporté chez Ibn Hishām. (84) [p.110] Dans le manuscrit 'Ayn : "Al-nashr al-mulḥaq" (النشر الملحق – la diffusion annexée). Le poème n'est pas rapporté chez Ibn Hishām. (85) [p.110] Pas chez Ibn Hishām. (86) [p.110] Al-Baqara : 199. (87) [p.111] Al-A'rāf : 31-32. (88) [p.111] "D'après son père, d'après Jubayr ibn Muṭ'im" omis dans le manuscrit 'Ayn. (89) [p.111] Sourate al-Jinn : 1-10. (90) [p.112] Dans le manuscrit 'Ayn : "Al-Qur'ān" (le Coran). (91) [p.112] Ajouté d'après Ibn Hishām, al-Rawḍ 1/235. (92) [p.112] Sourate al-Aḥqāf : 29-30. (93) [p.112] Sourate al-Jinn : 6. (94) [p.112] Dans le manuscrit 'Ayn : "Wa-ghayr" (et autre). (95) [p.112] Dans le manuscrit 'Ayn : "Wa-qawlihi" (et Sa parole). (96) [p.114] Dans le manuscrit 'Ayn : "Qawmunā" (notre peuple). (97) [p.114] Dans le manuscrit 'Ayn : "Fa-tukhbirūna" (alors vous informez). (98) [p.115] Ainsi dans le manuscrit original. Le connu est qu'il est Ibn al-Ḥuwayrith – voir al-Rawḍ 1/253. (99) [p.116] Voir al-Rawḍ 1/262, avec des différences importantes. (100) [p.118] Je n'ai pas trouvé cette information dans une autre source. (101) [p.119] C'est-à-dire "éprouve/teste" (اختبر). (102) [p.120] Sourate Yūsuf : 106. (103) [p.121] Al-Ṭabarī a ajouté 2/301 dans sa narration d'après Ibn Isḥāq : "Dans un vêtement de soie (namat) de brocart (dībāj) contenant un écrit." (104) [p.121] Al-Ṭabarī a ajouté : "Fa-ghattanī ḥattā..." (فغتني حتى), c'est-à-dire il pressa fortement. (105) [p.121] Dans la narration d'al-Ṭabarī : "Comme si c'était écrit dans..." (106) [p.123] Dans une note marginale du manuscrit 'Ayn : "Peut-être aḥad" (أحد – un). (107) [p.124] Dans le manuscrit 'Ayn : "Wa-shayṭān" (وشيطان – et un démon), ce qui est une altération (taṣḥīf). (108) [p.125] Ceci est suivi d'une feuille contenant diverses mentions d'audition (samā'āt), dont certaines datent de l'an 456 H. (1) [p.129] Le manuscrit 'Ayn a ajouté une page de titre complète où il est mentionné : "La troisième partie des Sīra et Maghāzī, de l'imam, chef des spécialistes des Maghāzī et de la Sīra, le cheikh Muḥammad ibn Isḥāq al-Muṭṭalibī, mort en l'an 151. Récit du cheikh Abū al-Ḥusayn Aḥmad ibn Muḥammad ibn al-Naqqūr al-Bazzāz, d'après Abū Ṭāhir al-Mukhalliṣ, d'après Riḍwān, d'après Aḥmad ibn 'Abd al-Jabbār al-'Aṭāridī, d'après Yūnus ibn Bukayr, d'après Muḥammad ibn Isḥāq – qu'Allah les agrée tous." (2) [p.129] Le manuscrit 'Ayn a ajouté le titre suivant : "L'envoi (Bi'tha) du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)." (3) [p.129] Ajout provenant de la fin du feuillet précédent. (4) [p.129] "Kull" (كل) omis dans le manuscrit 'Ayn. (5) [p.129] Sourate Āl 'Imrān : 81. (6) [p.130] Sourate al-Baqara : 185. (7) [p.130] Sourate al-Qadr : 1. (8) [p.130] Sourate al-Dukhān : 1-3. Dans le manuscrit original et le manuscrit 'Ayn : "Munazzalayn" (منزلين – descendus deux fois). (9) [p.130] Sourate al-Anfāl : 41. (10) [p.130] Dans le manuscrit 'Ayn : "'An" (عن – d'après), ce qui est une altération (taṣḥīf). Voir al-Jarḥ wa al-Ta'dīl d'Ibn Abī Ḥātim : 2-3-130. (11) [p.131] "Allāh" (الله) omis dans le manuscrit 'Ayn. (12) [p.131] Sourate al-Ṭalāq : 12. (13) [p.131] Sourate 'Abasa : 26-31. (14) [p.132] C'est-à-dire Wahb ibn Munabbih, le célèbre historien. (15) [p.132] Le chameau qui a atteint sa septième année. (16) [p.133] Dans le manuscrit 'Ayn : "Qāla" (il dit). (17) [p.134] Sourate al-Aḥqāf : 35. (18) [p.134] Sourate Yūnus : 71. (19) [p.134] Sourate Hūd : 54. (20) [p.134] Sourate al-Mumtaḥana : 4. (21) [p.135] Sourate al-An'ām : 56. Et Sourate Ghāfir : 66. (22) [p.136] Sourate Maryam : 64. (23) [p.139] Il n'a pas rapporté la nouvelle de la conversion à l'Islam de Zayd ibn Ḥāritha, bien que Hishām l'ait fait. Voir al-Rawḍ/682. Il l'a placée avant la conversion à l'Islam d'Abū Bakr. (24) [p.140] Dans le manuscrit 'Ayn : "Mujīban" (répondant). (25) [p.141] Dans une note marginale du manuscrit 'Ayn : "Apparemment, ses deux pieds" (قدماه). (26) [p.141] Dans le manuscrit 'Ayn : "Fa-ramaza" (alors il fit un signe). (27) [p.142] Al-Waqr (الوقر) : une lourdeur dans l'oreille. On dit aussi que c'est la perte totale de l'ouïe. Voir Sourate Fuṣṣilat : 5.
↩ (28) [p143] Dans ع : فاكهة, et chez Ibn Hichâm comme dans l'original, voir ar-Rawḍ : 1/291 ↩ (29) [p144] Dans ع : عقبة, et chez Ibn Hichâm comme dans l'original ici, voir ar-Rawḍ : 2/293 ↩ (30) [p144] Femelle du bouquetin ↩ (31) [p145] Sourate ach-Chu‘arâ’ : 214 ↩ (32) [p145] Sourate al-Ḥijr : 94 ↩ (33) [p145] Sourate ach-Chu‘arâ’ : 214, 216 ↩ (34) [p146] al-Lahd : maladie qui frappe les gens aux jambes et aux cuisses ; c'est aussi un coup violent à la poitrine, et lahadahu signifie « il l'a poussé » ↩ (35) [p146] Omis dans ع ↩ (36) [p146] Dans la marge de l'original : وأشد ↩ (37) [p147] Dans ع : أمه ↩ (38) [p148] Dans ع : رقفة ↩ (39) [p149] Dans l'original : « بادوا », dans ع : « تادوا », c'est une altération ; le correct est probablement ce que nous avons établi ↩ (40) [p149] Dans ع : الحارث ↩ (41) [p149] Dans l'original « الجنفقيق », dans ع : « الجنففيق » ; je n'ai trouvé pour aucun des deux un sens ou une mention dans les dictionnaires et livres arabes comme Lisân, Qâmûs, Muḫaṣṣaṣ et Mu‘arrab ; ce sont probablement des altérations de « الخنفقيق » qui signifie « calamité » comme dans Lisân ↩ (42) [p149] Dans ع : دام ↩ (43) [p149] Pluriel de bakra, c'est-à-dire les femelles des chameaux ↩ (44) [p149] Le chameau étalon ↩ (45) [p149] Voir les vers et leurs commentaires dans ar-Rawḍ : 2/10 ↩ (46) [p150] C'est-à-dire prompt à répondre ↩ (47) [p150] Des fragments de ces vers figurent dans un poème rapporté par Ibn Hichâm et commenté par as-Suhaylî dans ar-Rawḍ : 2/18-19 ↩ (48) [p151] Ce qui est entre crochets est ajouté d'après Ibn Hichâm, ar-Rawḍ : 2/11 ↩ (49) [p151] Dans ع : وعرفنا ↩ (50) [p151] Écrit en marge « هزجه » sans aucune indication pour l'insérer dans le texte ; chez Ibn Hichâm, ar-Rawḍ : 2/11 : « برجزه وهزجه وقريضه » ↩ (51) [p151] Ce qui est entre crochets est ajouté d'après Ibn Hichâm, ar-Rawḍ : 2/12, car à cet endroit il y a un effacement dans l'original et un blanc dans ع ↩ (52) [p151] Dans ع : هنا ↩ (53) [p151] Sourate al-Muddaththir : 11-26 ↩ (54) [p151] Dans ع : يصنعون ↩ (55) [p152] Sourate al-Ḥijr : 91-92 ↩ (56) [p152] Sourate Fuṣṣilat : 5 ↩ (57) [p152] Dans ع : يقتلونه ↩ (58) [p152] C'est-à-dire s'intensifia ; dans ع : خفت ↩ (59) [p153] Dans ع : رجعت ↩ (60) [p153] Dans ع : ونادوا في ; chez Ibn Hichâm, ar-Rawḍ 2/5 : « وحميت الحرب، وتنابذ القوم » ↩ (61) [p153] al-Bakr : le jeune chameau ; il veut dire par là : « Un jeune chameau m'est plus utile que vous » ↩ (62) [p153] al-Ḫawr : la faiblesse ; al-Ḥabḥâb : le petit ↩ (63) [p153] al-Fayfâ’ : le désert ; il compare le jeune chameau au lièvre à cause de sa petitesse ↩ (64) [p153] De rajama, c'est-à-dire jeta et lança ; dans ع et Ibn Hichâm, ar-Rawḍ : 2/9 : « تجرجما كما جرجمت » ↩ (65) [p153] Dans ع et Ibn Hichâm, ar-Rawḍ : 2/9 : ينبذ ↩ (66) [p153] Dans ع : شعر هذا ; la version d'Ibn Hichâm, ar-Rawḍ : 2/9, diffère considérablement de ce qui est rapporté ↩ (67) [p153] aḍ-Ḍuġâṭa : l'ignorance et la faiblesse dans l'opinion ; dans ع : خفيطت ; chez Ibn Hichâm, ar-Rawḍ 2/9 : صنعت ↩ (68) [p154] Dans ع : وكلموه ↩ (69) [p155] al-Ḫays : la tanière du lion ; voir at-Talḫîṣ fî asmâ’ al-ashyâ’ : 2/728 ; dans ع : جيش ↩ (70) [p155] Raḥaḍa ar-rajul : il transpira au point que son corps semblait lavé ↩ (71) [p155] Dans ع : على ↩ (72) [p155] Effacé dans ع ↩ (73) [p156] Dans ع : بسمراء ↩ (74) [p156] Dans ع : اساف ; au sujet d'Asâf et Nâ’ila, voir ar-Rawḍ : 1/105 ↩ (75) [p157] Dans ع : العارات ↩ (76) [p157] as-Saqb : le petit de la chamelle ↩ (77) [p157] Dans ع : العزاء ↩ (78) [p157] al-Hady : ce qui est offert à la Maison sacrée [la Ka‘ba] comme bétail pour être sacrifié ↩ (79) [p158] Dans ع : تخلخل ↩ (80) [p158] al-‘Anqâ’ : oiseau légendaire que les Arabes appellent ‘Anqâ’ Mughrib ; al-‘Aykal : le dos de la dune ou la grande masse de sable ↩ (81) [p158] Montagne célèbre au Najd ↩ (82) [p158] Le cheval de race ↩ (83) [p158] Dans ع : نيعه ↩ (84) [p158] Dans ع : يكل ; ce vers décrit le cheval et sa qualité ↩ (85) [p158] ar-Rumḥ ar-Raddînî : la lance attribuée à Raddîn, une femme qui fabriquait des lances ; ṭamâ : couvrit ; al-ku‘ûb : ce qui est entre les deux nœuds du roseau ↩ (86) [p158] al-‘Aḍb : le sabre tranchant ↩ (87) [p159] Le récit de l'émigration vers l'Abyssinie et de ce que firent les Quraychites à cet égard viendra un peu plus tard ↩ (88) [p159] Sourate al-Qalam : 13 ↩ (89) [p159] Le wâw a été omis dans ع ↩ (90) [p160] Dans ع : على ↩ (91) [p160] Dans ع : تنوم ↩ (92) [p160] Dans ع : ساخطة ↩ (93) [p160] Dans ع : وتسبي ↩ (94) [p160] Dans ع : جليلة ↩ (95) [p161] « ابن هشام » omis dans ع ↩ (96) [p161] al-Amr al-ablâḥ : l'affaire claire ; ṭamâ : couvrit ↩ (97) [p162] Dans ع : فاقبوا ↩ (98) [p162] Dans ع : ولا يشركون إلا بهم ↩ (99) [p162] Le lecteur comprend que le blocus s'est terminé par cet incident, mais Ibn Isḥâq continue le récit en suggérant que le blocus a continué ; en examinant le reste du récit, il semble que cette partie constitue le corps d'un nouveau récit ; nous voyons donc qu'Ibn Isḥâq fusionnait les récits ↩ (100) [p163] Dans ع : حب ↩ (101) [p164] Dans ع : متى ↩ (102) [p164] Dans la marge de l'original : أيما ; chez Ibn Hichâm, ar-Rawḍ : 2/121 : « إما » ↩ (103) [p165] Dans ع : فيها بأحسن بلاء من ↩ (104) [p165] Dans ع : أقبل به ↩ (105) [p165] Ainsi dans l'original et chez Ibn Hichâm ; le plus correct serait probablement « tamr » ↩ (106) [p165] Dans ع : يبتاع ↩ (107) [p166] Dans ع : يبتاع ↩ (108) [p167] Dans ع : أكلتها ↩ (109) [p167] Dans la marge de l'original : المقطع ↩ (110) [p167] Voir ar-Rawḍ : 2/124 ; la version d'Ibn Hichâm diffère de celle-ci en longueur et en sens ↩ (111) [p167] On dit que al-Minjâf est le gouvernail du navire, c'est-à-dire sa queue par laquelle on le dirige. Voir an-Nihâya d'Ibn al-Athîr : 4/363, 5/22. Voir aussi la racine N.J.F. dans Lisân al-‘Arab ↩ (112) [p168] Dans ع : هيبته ↩ (113) [p169] Dans ع : ما له ↩ (114) [p170] Ce récit a plusieurs versions, dont celles rapportées dans al-Aghânî et Ansâb al-Ashrâf ↩ (115) [p172] Dans ع : إذا ↩ (116) [p172] Dans ع : بها ↩ (117) [p173] Voir ar-Rawḍ al-Unuf : 2/49 ↩ (118) [p174] Dans la marge de l'original : Ḥ. Nâ Yûnus ibn Bukayr a dit : Mu‘âwiya ibn Abî Sufyân a dit : « Ô gens, demandez vos besoins à d'autres que nous, car nos demandes sont lointaines. » Cela ne fait pas partie du récit ↩ (119) [p175] Sourate an-Nûr : 55 ↩ (120) [p175] Dans ع : فكفروا ↩ (121) [p175] Sourate ach-Chûrâ : 36-42 ↩ (122) [p177] Dans ع : مصدقون. Le résumé du récit est que le Prophète, après avoir récité de la sourate an-Najm : « Avez-vous considéré al-Lât et al-‘Uzzâ, et Manât, la troisième, l'autre ? », Satan jeta dans sa récitation... « Ce sont les hautes déesses 17 et leur intercession est espérée. » Voir ar-Rawḍ : 2/126 ↩ (123) [p178] Dans ع : تلك ↩ (124) [p178] « تعزية له » omis dans ع ↩ (125) [p178] Sourate al-Ḥajj : 52 ↩ (126) [p180] La poésie n'est pas rapportée chez Ibn Hichâm, ar-Rawḍ : 2/120-127 ↩ (127) [p183] Sourate al-Wâqi‘a : 79 ↩ (128) [p183] Sourate Ṭâ Hâ : 1-16 ↩ (129) [p183] Sourate at-Takwîr : 1-14 ↩ (130) [p184] Dans ع : فعاد ↩ (131) [p184] Dans ع : ينادى ↩ (132) [p185] C'est-à-dire il s'arrêta de fatigue et ne put bouger ↩ (133) [p185] al-Ḥibara : vêtement yéménite en coton ou lin rayé ; qamîṣ qûmisî : peut-être attribué à Qûmis, dont Yâqût dit que c'était une grande province comprenant des villes, villages et cultures au pied du mont Tabaristân ; chez Ibn Hichâm, ar-Rawḍ : 2/95-100 : « qamîṣ mûshâ » ↩ (134) [p185] Dans l'original et ع : التي, c'est une altération ↩ (135) [p185] Dans ع : ليملأ بها ↩ (136) [p186] Sourate ar-Raḥmân : 1 ↩ (137) [p186] Dans ع : من ↩ (1) [p189] Dans ع : page de titre portant : « Quatrième partie des Siyar et Maghâzî de l'imam, chef des spécialistes des expéditions et de la biographie, le cheikh Muḥammad ibn Isḥâq al-Muṭṭalibî, mort en 151 H, d'après le cheikh Abû al-Ḥusayn Aḥmad ibn Muḥammad ibn an-Naqqûr al-Bazzâz, d'après Abû Ṭâhir al-Mukhallis, d'après Riḍwân, d'après Aḥmad ibn ‘Abd al-Jabbâr al-‘Uṭâridî, d'après Yûnus ibn Bukayr, d'après Muḥammad ibn Isḥâq — qu'Allâh les agrée tous. » ↩ (2) [p189] Dans ع : فتلاقوا ↩ (3) [p190] Dans ع : به ↩ (4) [p190] Dans ع : تحاذينا ↩ (5) [p190] Dans ع : لن تعنا ثم تقبل على ما يفعل ↩ (6) [p190] C'est-à-dire : « Je prendrai sa tombe comme lieu de dévotion et de recherche de miséricorde. » Rawḍ : 2/78-79 ↩ (7) [p191] Dans ع : خانوا ↩ (8) [p191] Dans ع : هما ↩ (9) [p191] Dans ع : القتل ↩ (10) [p191] Dans l'original et ع : بن ; la correction d'après ar-Rawḍ : 2/68 ↩ (11) [p191] Dans ع : نوفل, c'est une altération ↩ (12) [p191] Dans ع : فبكم هي ↩ (13) [p192] Ajout d'après ar-Rawḍ : 2/68 ↩ (14) [p192] Dans ع : فيتحدث ↩ (15) [p192] Dans ع : نزلت ↩ (16) [p192] Sourate al-Layl : 5-7 ↩ (17) [p192] Dans ع : يابن ↩ (18) [p193] Ainsi dans l'original et ع ; le correct est probablement : سئم ↩ (19) [p193] Dans ع : وقد ↩ (20) [p194] Dans ع : هو ↩ (21) [p194] al-Îhâb : la peau des bovins, ovins et animaux sauvages non tannée ↩ (22) [p195] al-Julla : faite de feuilles de palmier pour les dattes ; vêtement très grossier ↩ (23) [p195] C'est-à-dire puant, non tanné ↩ (24) [p195] Feuilles de Salam [acacia] utilisées pour le tannage ; on dit aussi écorce de chêne ↩ (25) [p195] Dans ع : فما طله ↩ (26) [p196] Dans la marge de ع : Dans une version : ماذا يقول ↩ (27) [p196] Dans ar-Rawḍ : 2/133-134 : « ما هو إلا » ↩ (28) [p197] Voir ar-Rawḍ : 2/49 ↩ (29) [p198] Dans ع : يعذر ↩ (30) [p198] Dans ع : أطلب ↩ (31) [p198] Dans ع : فيكم ↩ (32) [p200] Faḍakhahu : il le brisa ; ne se dit que pour quelque chose de creux ↩ (33) [p200] Ainsi dans l'original et ع ; le correct est probablement « أو امنعوني » comme chez Ibn Hichâm, ar-Rawḍ : 2/38 ↩ (34) [p200] C'est-à-dire : une affaire vous est arrivée que vous n'avez pas estimée à sa juste valeur et pour laquelle vous n'avez pas pris les précautions nécessaires ; chez Ibn Hichâm, ar-Rawḍ : 2/38 : « نزل بكم أمر ما آتيتم له بحيلة بعد » ↩ (35) [p201] Dans ع : نعمه ↩ (36) [p201] Dans ع : فيحدثهم ; au sujet de Rustam et Isfandiyâdh, voir ar-Rawḍ : 2/52-53 ↩ (37) [p201] Sourate al-Muṭaffifîn : 13 ↩ (38) [p201] Voir sourates : al-An‘âm 25, al-Anfâl 31, an-Naḥl 24, al-Mu’minûn 83, al-Furqân 5, an-Naml 68, al-Aḥqâf 17, al-Qalam 15 ↩ (39) [p202] C'est-à-dire : exercez votre opinion à son sujet ↩ (40) [p202] Sourate al-Isrâ’ : 85 ↩ (41) [p203] Sourate al-Kahf : 1-2 ↩ (42) [p204] al-‘Asîb : une branche de palmier droite dont on a enlevé les feuilles ↩ (43) [p204] Sourate al-Isrâ’ : 85 ↩ (44) [p204] Sourate Luqmân : 27 ↩ (45) [p205] C'est ‘Abd Allâh ibn ‘Amr ibn an-Nu‘mân al-Yashkurî, connu sous le nom d'Ibn al-Kawwâ’ ; il était kharijite et posait beaucoup de questions à ‘Alî ibn Abî Ṭâlib — qu'Allâh l'agrée —, le questionnant par esprit de chicane. Voir al-Ishtiqâq : 340, Jamharat ansâb al-‘Arab d'Ibn Ḥazm : 308 ↩ (46) [p205] Sourate Fuṣṣilat : 36
↩ (٤٧) [ص206] Ainsi dans l'original ; on veut probablement dire par là qu'il se tournait vers le Messager d'Allah ﷺ et qu'il était très attentif à l'écoute. Dans 'A et chez Ibn Hichâm, ar-Rawḍ : 2/47, on trouve « aṣāḫa » 18. ↩ (٤٨) [ص206] Ainsi dans l'original ; on veut probablement dire par là qu'il se tournait vers le Messager d'Allah ﷺ et qu'il était très attentif à l'écoute. Dans 'A et chez Ibn Hichâm, ar-Rawḍ : 2/47, on trouve « aṣāḫa » 18. ↩ (٤٩) [ص206] Sourate al-Isrâ' : 110. ↩ (٥٠) [ص206] Sourate al-Ḥijr : 94. ↩ (٥١) [ص206] Dans la marge de 'A : ḫ- awwal. ↩ (٥٢) [ص207] Élévation de rang et de noblesse. ↩ (٥٣) [ص207] Sourate Fuṣṣilat : 1-3. ↩ (٥٤) [ص208] « bayna » a été omis dans 'A. ↩ (٥٥) [ص209] Sourate Nûḥ : 11. ↩ (٥٦) [ص209] Sourate al-Qaṣaṣ : 57. ↩ (٥٧) [ص210] C'est-à-dire jusqu'à leur taille (là où se nouent leurs sarouels). ↩ (٥٨) [ص210] Sourate al-Isrâ' : 60. ↩ (٥٩) [ص212] Il est écrit dans la marge : al-jâ'ir. ↩ (٦٠) [ص212] Sourate an-Najm : 61. ↩ (٦١) [ص214] Le cuir tanné, surtout celui de couleur rouge. Les nombreuses mentions de « al-adam » dans les livres de Sîra et les histoires de La Mecque suggèrent que les Mecquois avaient des tanneries, où ils utilisaient peut-être les peaux des bêtes sacrifiées. ↩ (٦٢) [ص214] Ce qui est entre crochets a été ajouté d'après 'A. ↩ (٦٣) [ص214] Le mot « râ » a été répété dans l'original. ↩ (٦٤) [ص215] Sourate Maryam : 1. ↩ (٦٥) [ص215] Dans Ibn Hichâm, Rawḍ : 2/88, on trouve « 'Îsâ ». ↩ (٦٦) [ص217] Dans Ibn Hichâm, ar-Rawḍ : 2/89 : « pour cent dirhams ». ↩ (٦٧) [ص217] Dans 'A : yastamṭir. ↩ (٦٨) [ص218] Sourate al-Qaṣaṣ : 52-55. ↩ (٦٩) [ص219] Sourate al-Mâ'ida : 82-83. ↩ (٧٠) [ص219] Sourate al-Mâ'ida : 82-83. ↩ (٧١) [ص219] Sourate al-Furqân : 63. ↩ (٧٢) [ص219] Dans l'original « muḍaḫḫaḥa », dans 'A « muḍaḥḥafa », c'est une altération ; la forme correcte est celle que nous avons établie d'après ce qui viendra dans la lettre du Prophète ﷺ à lui, p. 228, et en nous appuyant sur ce qui est dit dans ar-Rawḍ : 2/79 et dans al-Qâmûs, à l'article « najasha ». ↩ (٧٣) [ص220] Ce qui est entre crochets a été ajouté pour que le sens soit correct. ↩ (٧٤) [ص220] Dans 'A : yatamazzaru wa naṣīb, c'est une altération ; yatalamzau vient de al-lamz, qui est le fait de médire ; un homme lammâz est un grand médisant. ↩ (٧٥) [ص221] Dans 'A : ya'dubûnakum. ↩ (٧٦) [ص222] « ilâ » a été répété dans l'original. ↩ (٧٧) [ص222] La phrase « fa-qâla mâ yastaṭî'u aḥad » a été répétée dans l'original. ↩ (٧٨) [ص223] Les jours les plus célèbres des guerres de la Ridda 19 au début du califat d'Abû Bakr. ↩ (٧٩) [ص223] Dans 'A : Khaythama, c'est une altération ; voir ar-Rawḍ : 2/74. ↩ (٨٠) [ص224] Ainsi dans l'original ; dans 'A et chez Ibn Hichâm, ar-Rawḍ : 2/74, on trouve « Ḥâṭib ibn 'Amr ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Wadd », et c'est ce qui est rapporté aussi par Ibn Sa'd : 1/204. ↩ (٨١) [ص224] Il y a une lacune dans l'original et dans 'A ; les copistes qui ont possédé et lu la copie sont passés à côté sans y prêter attention. On a comblé cette lacune d'après la Sîra d'Ibn Hichâm — voir ar-Rawḍ al-Anaf : 2/72. Voir aussi Ṭabaqât Ibn Sa'd, éd. Beyrouth, 3/120, et al-Iṣâba, notice n° 3591. ↩ (٨٢) [ص224] Dans 'A : balîgh, c'est une altération. ↩ (٨٣) [ص225] Dans 'A : 'Umar, c'est une altération ; voir ar-Rawḍ : 2/73. ↩ (٨٤) [ص226] Dans 'A : Ribâb. ↩ (٨٥) [ص226] La peste d'‘Amwâs en l'an 18 H. ↩ (٨٦) [ص227] Il est écrit au-dessus dans l'original : naḥmatuhu ; dans al-Qâmûs : al-intiḥâm = al-i‘tizâm (la détermination). ↩ (٨٧) [ص227] L'an 13 H. ↩ (٨٨) [ص227] L'un des jours des conquêtes du Bilâd ash-Shâm en l'an 13 H. ↩ (٨٩) [ص227] Ainsi dans l'original ; dans 'A et chez Ibn Hichâm, ar-Rawḍ : 2/71, on trouve en plus : « Et ceux-ci sont la famille de Sa‘îd ibn al-‘Âṣ, sept hommes ». ↩ (٩٠) [ص227] La plupart de ceux-ci ont déjà été mentionnés. ↩ (٩١) [ص228] Maḥjûn : tordu. ↩ (٩٢) [ص228] Sourate Âl ‘Imrân : 64. ↩ (٩٣) [ص229] Voir ar-Rawḍ 2/75, avec quelques divergences. ↩ (٩٤) [ص230] Sourate Ghâfir : 28. ↩ (٩٥) [ص230] Sourate al-‘Alaq : 9-18. ↩ (٩٦) [ص230] Sourate az-Zumar : 64-66. ↩ (٩٧) [ص230] Dans 'A : « Kulthûm », c'est une altération. ↩ (٩٨) [ص231] Sourate ‘Abasa : 1-9. ↩ (٩٩) [ص232] Dans ar-Rawḍ : 2/174, on trouve « malîḥ » (beau), et de même chez aṭ-Ṭabarî, éd. Dâr al-Ma‘ârif : 2/349. ↩ (١٠٠) [ص232] Omis dans 'A. ↩ (١٠١) [ص232] C'est-à-dire « de la part du clan » ; il aurait mieux valu dire : « il se détourna d'eux ». Chez Ibn Hichâm, ar-Rawḍ : 2/174, et aṭ-Ṭabarî : 2/349, on trouve : « mâ ‘araḍa ‘alayhim » (il ne leur a pas proposé). ↩ (١٠٢) [ص233] Dans 'A : bighurar. ↩ (١٠٣) [ص233] Sourate al-A‘râf : 50. ↩ (١٠٤) [ص234] Sourate Âl ‘Imrân : 128. ↩ (١٠٥) [ص234] Dans Ansâb al-Ashrâf : 4/1/7, il est dit que celui qui l'a giflée était Abû Jahl. ↩ (١٠٦) [ص234] Voir Sourate al-Qalam : 13. ↩ (١٠٧) [ص235] On a divergé sur l'identité des Aḥâbîsh 20 et leur origine, ainsi que sur les fonctions qu'ils remplissaient à La Mecque ; voir ar-Rawḍ : 2/123-127. ↩ (١٠٨) [ص235] Il a dominé et vaincu. ↩ (١٠٩) [ص236] Dans 'A : fa-fâraqnâ, c'est une altération. ↩ (١١٠) [ص237] Sourate Ṣâd : 6-8. ↩ (١١١) [ص237] Dans 'A : da‘awtanî, c'est une altération. ↩ (١١٢) [ص237] Sourate al-Qaṣaṣ : 56. ↩ (١١٣) [ص238] Sourate at-Tawba : 113. ↩ (١١٤) [ص238] Sourate al-An‘âm : 26. ↩ (١١٥) [ص239] Dans 'A : ḍaḫḍâḫ, c'est une altération ; aḍ-ḍaḥḍâḥ est une eau peu abondante qui arrive aux chevilles ou à mi-mollets, et en général toute eau dans laquelle on ne se noie pas. ↩ (١١٦) [ص239] « thumma » a été omis dans 'A. ↩ (١١٧) [ص239] « qâla » a été omis dans 'A. ↩ (١١٨) [ص239] Ka‘â : lâcheté ; al-kâ‘î : le fuyard. ↩ (١١٩) [ص239] Il est écrit au-dessus dans l'original : ḥîna. ↩ (١٢٠) [ص239] Dans 'A : ta‘dû. Al-qa‘dad : le lâche, l'ignoble, celui qui reste à l'écart des nobles actions et qui est obscur. ↩ (١٢١) [ص240] Dans 'A : wa lâ. ↩ (١٢٢) [ص240] « kadhdhabtum » a été omis dans 'A. ↩ (١٢٣) [ص240] Dans 'A : Muḥammadan. ↩ (١٢٤) [ص240] Il est écrit dans la marge de l'original : « Un prophète qui a apporté la révélation de toute sa part ». ↩ (١) [ص243] « ibn » a été omis dans 'A. ↩ (٢) [ص243] Dans ar-Rawḍ : 2/166, on trouve « yashkû ilayhâ » (il se plaint à elle), c'est une altération ; sakana : se calmer et s'apaiser. Dans le Coran, Allah dit : « Et parmi Ses signes, Il a créé pour vous, de vous-mêmes, des épouses, afin que vous trouviez la tranquillité auprès d'elles » (Sourate ar-Rûm : 21). ↩ (٣) [ص243] Dans 'A : bishr. ↩ (٤) [ص243] Al-qaṣab ici désigne une perle creuse et large, comme un palais élevé. ↩ (٥) [ص244] Dans 'A : bashsharahâ. ↩ (٦) [ص244] Umm Rûmân était sa mère ; son nom était Zaynab bint ‘Abd Duhmân ; voir Ibn Hichâm : 2/299. ↩ (٧) [ص244] Dans la marge de 'A : « c'est-à-dire le bas monde ». ↩ (٨) [ص244] Voir Ansâb al-Ashrâf : 1/406 et al-Muḥabbar : 99-100. ↩ (٩) [ص245] Il est écrit dans la marge : « Le connu est al-‘Âṣî ibn Wâ'il ». Voir aussi ce qui viendra p. 272 sous le titre « Ce par quoi le Prophète ﷺ a été compensé de son fils ». ↩ (١٠) [ص245] Sourate al-Kawthar : 1-3. ↩ (١١) [ص246] « lahu » a été omis dans 'A. ↩ (١٢) [ص246] Dans 'A : « Fâṭima akhṭabat ». ↩ (١٣) [ص246] Dans 'A : turawwijunî. ↩ (١٤) [ص246] Dans 'A : fa-ḥammat. ↩ (١٥) [ص246] Voir ce sujet dans les récits d'az-Zuhrî dans Muṣannaf ‘Abd ar-Razzâq : 5/485-490. ↩ (١٦) [ص248] Dans la marge de l'original : ḥ, bi-dhirâ‘ihâ ; dir‘ al-mar'a est sa chemise. ↩ (١٧) [ص249] Dans 'A : nasab. ↩ (١٨) [ص249] Dans 'A : nasabî. ↩ (١٩) [ص249] Dans 'A : nasab. ↩ (٢٠) [ص249] Dans la marge de 'A : « tout rang et noblesse ». ↩ (٢١) [ص249] « aḥadan » a été omis dans 'A. ↩ (٢٢) [ص250] Dans 'A : tuṣîbî. ↩ (٢٣) [ص251] Dans 'A : Ḥuṣayn, c'est une altération. ↩ (٢٤) [ص251] Voir Ansâb al-Ashrâf : 2/59-60. ↩ (٢٥) [ص251] Ce qui est entre crochets a été ajouté pour que le sens soit correct ; dans 'A, on trouve : « fa-dakhala Ḥusayn ‘alâ al-jâriya ». ↩ (٢٦) [ص252] Voir Mu‘jam al-Buldân, article « Bughaybigha ». ↩ (٢٧) [ص252] Voir Ansâb al-Ashrâf : 4/1/121-122. ↩ (٢٨) [ص253] Dans l'original : shanbar avec un shîn pointé, c'est une altération ; la forme correcte est celle que nous avons établie — voir al-Ikmâl : 4/378. ↩ (٢٩) [ص253] Dans 'A : jiwâruhâ. ↩ (٣٠) [ص253] « an » a été répété dans l'original. ↩ (٣١) [ص254] Dans 'A : bi-Sawda. ↩ (٣٢) [ص254] La femme entre en période de viduité (‘idda) après la séparation d'avec son mari, que ce soit par divorce ou par décès. ↩ (٣٣) [ص255] Dans 'A : « masarratuhu », c'est une altération ; as-saraqa est un morceau de soie de bonne qualité ; voir an-Nihâya d'Ibn al-Athîr, article « saraqa ». ↩ (٣٤) [ص258] Dans 'A : qul. ↩ (٣٥) [ص260] Dans l'original et dans 'A : « thumma » ; je l'ai remplacé par « kâna » pour que le sens soit correct. ↩ (٣٦) [ص261] Dans l'original et dans 'A : « Abû Salama », c'est une erreur ; la forme correcte est celle que nous avons établie ; voir Ansâb al-Ashrâf : 1/429-431. ↩ (٣٧) [ص262] Sourate al-Aḥzâb : 37. ↩ (٣٨) [ص263] Dans Ansâb al-Ashrâf : 1/441, on trouve « Musâfi‘ ibn Ṣafwân ibn Dhî ash-Shufr ». ↩ (٣٩) [ص263] Les Banû al-Muṣṭaliq furent vaincus le jour d'al-Muraysî‘ en la cinquième année de l'Hégire ; voir Maghâzî al-Wâqidî : 1/404-413. ↩ (٤٠) [ص264] Il y a une lacune et un désordre dans la première ligne du récit de 'A ; l'affaire d'Ibn Abî al-Ḥuqayq eut lieu en l'an cinq de l'Hégire, lors de l'expédition contre les Banû Qurayẓa ; voir ar-Rawḍ : 3/267. ↩ (٤١) [ص264] Dans Ansâb al-Ashrâf : 1/433, on trouve « ukhtuhâ » (sa sœur). ↩ (٤٢) [ص265] Al-ḥays : des dattes mélangées à du beurre clarifié (at-Talkhîṣ fî Asmâ' al-Ashyâ' d'Abû Hilâl al-‘Askarî : 1/371). ↩ (٤٣) [ص265] Un type de nourriture des Arabes ; voir at-Talkhîṣ : 1/374 ; dans 'A : « shîsha », c'est une altération. ↩ (٤٤) [ص266] Voir Ansâb al-Ashrâf : 1/445 ; il y a une différence dans les récits. Il est écrit dans la marge de 'A : « Je pense que c'est fa-tashâbaha ». ↩ (٤٥) [ص266] C'est-à-dire qu'elle mourut plus tard à Sarif ; voir Ansâb al-Ashrâf : 1/446, où il est dit : « Maymûna mourut à Sarif, et elle fut la dernière des épouses du Prophète ﷺ à mourir ». Sarif est un endroit à six milles de La Mecque, ou plus, comme le mentionne Yâqût dans Mu‘jam al-Buldân. ↩ (٤٦) [ص268] Dans la marge de 'A : fa-ta'akhkhara. Je n'ai pas trouvé le mot « inmâza » dans les dictionnaires et sources dont je dispose ; il s'agit peut-être d'une altération de « inḥâza ». ↩ (٤٧) [ص268] On dit « badara al-ghulâm » lorsqu'il atteint sa maturité et devient rond, par analogie avec la pleine lune dans sa plénitude et sa perfection. ↩ (٤٨) [ص269] Sourate al-Aḥzâb : 51. ↩ (٤٩) [ص269] Sourate al-Aḥzâb : 28-29. ↩ (٥٠) [ص269] Sourate al-Aḥzâb : 52. ↩ (٥١) [ص270] Al-Balâdhurî rapporte ce récit dans Ansâb al-Ashrâf : 1/451, et y ajoute : « Et voilà qu'Ibrâhîm rendait l'âme ». ↩ (٥٢) [ص271] Dans 'A : nâ'tîhi. ↩ (٥٣) [ص271] Dans la marge de l'original : « as-sikka ». ↩ (٥٤) [ص271] Dans 'A : fa-gharartu. ↩ (٥٥) [ص272] Voir ce qui précède. ↩ (٥٦) [ص272] Parmi les meilleures espèces de chameaux. ↩ (٥٧) [ص272] Dans l'original : « Qaṭar ibn Khalîfa », c'est une altération ; voir at-Târîkh al-Kabîr d'al-Bukhârî : 7/139. ↩ (٥٨) [ص273] Il est écrit au-dessus dans l'original : « qiṣṣa ». ↩ (٥٩) [ص273] La tentation. ↩ (٦٠) [ص273] Une maladie du ventre qui gonfle comme un furoncle et qui donne un abcès. ↩ (٦١) [ص273] Une plante épineuse. ↩ (٦٢) [ص273] Sourate al-Ḥijr : 95. ↩ (٦٣) [ص274] Ce qui est entre crochets a été ajouté pour que le récit soit correct, et cela a été fait d'après ce qui est écrit dans la marge de l'original. ↩ (٦٤) [ص274] Dans 'A : yughaddir. ↩ (٦٥) [ص274] Sourate al-An‘âm : 109-111. ↩ (٦٦) [ص275] Sourate ar-Ra‘d : 31. ↩ (٦٧) [ص277] Les jeunes palmiers. ↩ (٦٨) [ص277] Il a un peu de folie, ou il a été touché par une atteinte des djinns. ↩ (٦٩) [ص277] Du lait séché, durci et pétrifié, avec lequel on cuisine. ↩ (٧٠) [ص278] Dans 'A : ikhsa'. ↩ (٧١) [ص278] Relatif au désert, par opposition à l'homme sédentaire. ↩ (٧٢) [ص279] C'est-à-dire qu'il s'est frayé un chemin ; de là vient al-ukhdûd (le fossé). ↩ (٧٣) [ص279] Sourate az-Zumar : 64-66.
↩ (٧٤) [ص279] Dans l'original : Abū Baṣra, c'est une altération ; la forme correcte est ce que nous avons établi. Voir al-Ikmāl : 1/329-330. ↩ (٧٥) [ص280] Al-Ḥarra : une terre de pierres noires et poreuses comme si elles avaient été brûlées par le feu. Les ḥarrāt sont nombreuses dans les terres arabes ; il veut probablement dire ici Ḥarrat Qubā', au sud de Médine. ↩ (٧٦) [ص280] Écrit au-dessus dans l'original : « baynamā ». ↩ (٧٧) [ص280] Un village situé à six ou sept miles de Médine. ↩ (٧٨) [ص281] Les hadiths sur ces signes sont nombreux et dispersés dans divers livres islamiques de différentes sectes. Le plus grand nombre se trouve probablement dans le Kitāb al-Malāḥim wa al-Fitan de Nu‘aym ibn Ḥammād (mort en 227 H), qui est un manuscrit que j'ai édité et que je vais publier dès que possible. Le lecteur est également invité à se référer au Kitāb Tathbīt Dalā’il al-Nubuwwa d'al-Qāḍī ‘Abd al-Jabbār et au Kitāb Dalā’il al-Nubuwwa d'Abū Nu‘aym. ↩ (٧٩) [ص281] Dans ‘A : « ‘ajabtu ». ↩ (٨٠) [ص282] Dans ‘A : « ṣaddū ». ↩ (٨١) [ص282] C'est-à-dire ‘Abd Allāh ibn ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb. Voir al-Tārīkh al-Kabīr d'al-Bukhārī : 6/499. ↩ (٨٢) [ص282] C'est-à-dire la vertu du Prophète (paix et salut sur lui). ↩ (٨٣) [ص283] Sourate al-Baqara : 1-5. ↩ (٨٤) [ص285] C'est-à-dire : ne lui attachez pas la bouche. ↩ (٨٥) [ص286] C'est-à-dire le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) – ici et là, il y a un vif désaccord sur son nom. Voir Ṭabaqāt Ibn Sa‘d 4/325, Ṭabaqāt Khalīfa ibn Khayyāṭ 1/252, al-Iṣāba 4/200, al-Istī‘āb 4/200. ↩ (٨٦) [ص286] Al-Ṣafan : l'outre dans laquelle se trouve le bagage ; c'est aussi une besace dans laquelle le berger met sa nourriture, son briquet et ce dont il a besoin ; elle peut être comme un seau ou une gourde. ↩ (٨٧) [ص286] Actuellement la ville d'Urfa en Turquie. ↩ (٨٨) [ص288] Le quart du butin. ↩ (٨٩) [ص288] Blanc dans ‘A. ↩ (٩٠) [ص289] Al-Waḥr : la rancune et la colère. Dans ‘A : « wajr », c'est une altération. ↩ (٩١) [ص289] « Thumma » a été omis dans ‘A. ↩ (٩٢) [ص291] C'est Bashīr ibn al-Khaṣāṣiyya, il a eu la compagnie du Prophète. ↩ (٩٣) [ص292] Sourate al-An‘ām : 82. ↩ (٩٤) [ص293] C'est-à-dire de l'argent, ce qui signifie des dirhams. ↩ (٩٥) [ص294] Al-Bijād : le vêtement épais et grossier. Voir Ibn Hishām, al-Rawḍ : 4/179. ↩ (٩٦) [ص294] Ajouté dans ‘A : « wa al-takbīr » après « bi al-Qur’ān » et avant « wa al-naḥīb ». ↩ (٩٧) [ص294] Al-Wāqidī, al-Maghāzī : 3/1013-1014, rapporte son récit avec quelques ajouts et mentionne qu'il est mort alors qu'il accompagnait le Prophète lors de l'expédition de Tabūk. ↩ (٩٨) [ص296] Al-Dīmās : le bain. Al-Rawḍ al-Anf 2/152. ↩ (٩٩) [ص296] « Shaḥiba » : la maigreur ; « al-shuḥūb » : mince, à la chair légère, élancé et effilé. « Shanū’a » : l'une des tribus arabes. ↩ (١٠٠) [ص296] C'est Abū al-‘Āliya al-Riyāḥī, son nom est Rufay‘. Voir à son sujet Ṭabaqāt Ibn Sa‘d : 7/112-117, et Ṭabaqāt Khalīfa : 1/482. ↩ (١٠١) [ص297] Écrit au-dessus dans l'original : « Jibrīl ». Dans ‘A : « Salmā », c'est une altération. ↩ (١٠٢) [ص297] Écrit au-dessus dans l'original : « ‘Īsā ». ↩ (١٠٣) [ص297] Al-Ādam : parmi les hommes, le brun. ↩ (١٠٤) [ص297] Dans ‘A : « yanquṣū », c'est une altération. Ce qui est visé ici : ils faillirent utiliser le naqūs 21. ↩ (١٠٥) [ص298] Écrit au-dessus dans l'original : « sinn ». De même dans ‘A. ↩ (١٠٦) [ص298] Chez Abū Dāwūd : 2/295 : Ṣirma ibn Qays. Voir aussi dans : 1/138-141. ↩ (١٠٧) [ص299] Sourate al-Baqara : 183-187. ↩ (١٠٨) [ص299] « Qāla » a été omis dans ‘A. ↩ (١٠٩) [ص299] Fin de ‘A ; il y a eu une omission d'environ une demi-ligne auparavant. ↩ (١١٠) [ص299] Effacé dans l'original. ↩ (١١١) [ص305] Dans Ibn Hishām, éd. al-Ḥalabī : 1/663 : « Surāqa ibn Mālik ibn Ju‘shum ». Surāqa a une histoire célèbre liée à la migration du Prophète vers Médine ; il a embrassé l'Islam après la conquête de La Mecque. ↩ (١١٢) [ص306] Sourate al-Anfāl : 48, 57, 60. ↩ (١١٣) [ص306] Sourate al-Anfāl : 6-65, 67. ↩ (١١٤) [ص307] Sourate al-Anfāl : 68-69. ↩ (١١٥) [ص307] « Taqāṣṣa al-qawmu » : chacun d'eux a demandé des comptes à son compagnon, c'est-à-dire a exigé la rétribution. ↩ (١١٦) [ص307] Il ne fait aucun doute que cette interprétation indique clairement la déviation d'Ibn Isḥāq vers les ‘Abbassides et sa réponse à leur appel. ↩ (١١٧) [ص307] Il veut dire ici ce qui est venu dans les deux versets 72 et 73 de la sourate al-Anfāl. ↩ (١١٨) [ص307] Sourate al-Anfāl : 73, 75. ↩ (١١٩) [ص308] Une vallée du côté de Médine, entre elle et Badr, à une étape. Yāqūt. ↩ (١٢٠) [ص308] Dans Maghāzī al-Wāqidī : 1/145 : « ‘Umayr ibn ‘Abd ‘Amr ». ↩ (١٢١) [ص308] Dans Maghāzī al-Wāqidī : 1/145 : « ‘Āqil ibn Abī al-Bukayr ». ↩ (١٢٢) [ص308] Dans l'original : « Qashḥam » ; la forme correcte est ce que nous avons établi d'après Maghāzī al-Wāqidī : 1/146, Ibn Hishām : 1/707, et al-Ishtiqāq d'Ibn Durayd : 454, où il est « Aḥmar ibn Ḥāritha » ; Fasaḥam est le nom de sa mère. ↩ (١٢٣) [ص308] Il est chez al-Wāqidī : 1/146 : « des Banū Zurayq ». Il est utile de noter qu'il y a une divergence entre la version d'Ibn Isḥāq en général et ce qui vient chez al-Wāqidī ; qu'on y regarde. ↩ (١٢٤) [ص309] Sourate al-Nisā’ : 97. ↩ (١٢٥) [ص309] Ce qui est entre crochets a été ajouté pour que le discours soit correct. La mention du prédicat a été supprimée dans la version d'Ibn Hishām, et elle n'apparaît pas non plus chez al-Wāqidī. ↩ (١٢٦) [ص309] Ce qui est entre crochets a été ajouté d'après Maghāzī al-Wāqidī 1/148 et Ibn Hishām : 1/709. ↩ (١٢٧) [ص309] Il s'agit maintenant de l'expédition des Banū Sulaym à al-Kudr ; il n'y a pas de titre dans l'original. ↩ (١٢٨) [ص309] Yāqūt rapporte d'après al-Wāqidī qu'entre al-Kudr et Médine il y a huit barīd 22. Il y a un désaccord entre les historiens sur la date de cette expédition et son ordre parmi les expéditions. Voir Maghāzī al-Wāqidī : 1/182-184, al-Rawḍ al-Anf : 3/142, Ibn Sa‘d, éd. Beyrouth : 2/31, al-Ṭabarī : 2/482, al-Sīra al-Ḥalabiyya : 2/217, al-Bidāya wa al-Nihāya d'Ibn Kathīr : 3/344. ↩ (١٢٩) [ص310] Al-Suhaylī a commenté cela dans son Rawḍ : 3/142-143 : « Dans ce hadith, le fait que le bain rituel après les rapports sexuels était pratiqué à l'époque préislamique. » ↩ (١٣٠) [ص310] Dans Ibn Hishām : 2/44 : « Thayb » ; chez al-Ṭabarī : 2/484 : « Tayb » ; dans al-Bidāya wa al-Nihāya 3/344 : « Nīb » ; Yāqūt le donne comme « Tayt », et comme dans le texte, d'après Ibn Isḥāq. ↩ (١٣١) [ص310] L'argent qu'ils collectaient et mettaient de côté pour leurs calamités et ce qui leur arrivait ; c'étaient des bijoux qu'ils prêtaient aux gens de La Mecque. Al-Sīra al-Ḥalabiyya : 2/223. ↩ (١٣٢) [ص311] Al-Suhaylī a dit dans son Rawḍ : 3/142 : « Aṣwār nakhlin : c'est le pluriel de ṣūr, et al-ṣūr : des palmiers groupés. » ↩ (١٣٣) [ص311] Chez al-Ṭabarī : 2/484 : « Laqina ». Ce vers n'apparaît pas dans les Ṭabaqāt d'Ibn Sa‘d, ni chez Ibn Hishām, ni dans al-Sīra al-Ḥalabiyya. ↩ (١٣٤) [ص311] C'est-à-dire : du loup. ↩ (١٣٥) [ص311] Al-Mutarraḥ : celui que la dette accable. Al-Rawḍ al-Anf : 3/142. ↩ (١٣٦) [ص312] Al-Shamāmīṭ : les groupes mêlés de gens. Al-Rawḍ al-Anf : 3/142. Jurhum est l'une des anciennes tribus arabes qui habitaient la région de La Mecque à l'époque du prophète Abraham ; Khuzā‘a les a chassés de La Mecque. ↩ (١٣٧) [ص312] Al-Sawīq : du blé et de l'orge grillés puis moulus, qu'on consomme soit avec de l'eau, soit avec du beurre clarifié, soit avec du miel et du beurre clarifié. ↩ (١٣٨) [ص312] Dhū Amr : un lieu connu au-delà de Baṭn Nakhl ; Baṭn Nakhl est un village proche de Médine sur la route de Bassora. Al-Tanbīh wa al-Ishrāf, éd. al-Ṣāwī : 210, et Marāṣid al-Iṭṭilā‘. ↩ (١٣٩) [ص313] Ce récit n'apparaît pas chez Ibn Hishām, et al-Wāqidī ne l'a pas mentionné. ↩ (١٤٠) [ص313] Le titre de cette expédition, « Expédition d'al-Fur‘ de Najrān », a été omis dans l'original. Il se trouve chez Ibn Hishām : 2/46, Ibn Sa‘d : 2/35, al-Wāqidī : 1/196, al-Ṭabarī : 2/487, al-Sīra al-Ḥalabiyya : 2/224. ↩ (١٤١) [ص313] Le nom du propriétaire de la mine n'apparaît ni chez al-Wāqidī ni chez Ibn Hishām. Al-Wāqidī mentionne : 1/197 que l'absence du Prophète de Médine fut de dix nuits. Al-Fur‘ (avec deux ḍammas) est un village du côté de Médine, où se trouvent deux sources appelées al-Rabaḍ et al-Najaf, irriguant vingt mille palmiers. Baḥrān est un lieu connu du Ḥijāz, entre lui et Médine il y a huit barīd. ↩ (١٤٢) [ص313] Le titre de cette expédition, « L'affaire des Banū Qaynuqā‘ », a été omis dans l'original. Voir Ibn Hishām : 2/47, al-Wāqidī : 1/176-180, al-Ṭabarī : 2/479-483. ↩ (١٤٣) [ص314] Dans Ibn Hishām : 2/47 : « Que ne te trompe pas le fait que tu aies rencontré » ; chez al-Wāqidī : 1/176 : « Que ne te trompe pas celui que tu as rencontré ». ↩ (١٤٤) [ص314] Sourate Āl ‘Imrān : 12-13. ↩ (١٤٥) [ص314] Ibn Hishām : 2/47-48 a coupé le récit d'Ibn Isḥāq pour mentionner la raison du siège par le Messager des Juifs des Banū Qaynuqā‘, à savoir leur agression contre une femme musulmane. Voir aussi Maghāzī al-Wāqidī : 1/176. ↩ (١٤٦) [ص315] Sourate al-Mā’ida : 51-56. ↩ (١٤٧) [ص315] Entre al-Rabadha et al-Ghamr et Dhāt Gharad, sur la route de l'Irak. Al-Tanbīh wa al-Ishrāf, éd. al-Ṣāwī : 210. ↩ (١٤٨) [ص315] Voir des explications ou des commentaires sur cette question chez al-Wāqidī : 1/197-198, Ibn Hishām : 2/50. ↩ (١٤٩) [ص316] Commence maintenant le récit de l'expédition de Badr al-Maw‘id. Voir al-Wāqidī : 1/384-391. ↩ (١٥٠) [ص316] Voir le Dīwān de Ḥassān, éd. Dār Ṣādir : 1/85, Maghāzī al-Wāqidī : 1/390-391, al-Rawḍ al-Anf : 3/249, avec des différences dans la version quant aux mots, au nombre de vers et à leur ordre. ↩ (١٥١) [ص316] Dans toutes les autres versions : « ḥāl ». Al-Falajāt : pluriel de falaj, qui est la source courante. Al-Makhāḍ : les chamelles gestantes. Al-Awārik : celles qui ont mangé de l'arak et dont la bouche a saigné. ↩ (١٥٢) [ص316] ‘Ālij : un endroit avec beaucoup de sable. ↩ (١٥٣) [ص316] Le titre de ce récit, « Le meurtre de Ka‘b ibn al-Ashraf », a été omis dans l'original. Voir Maghāzī al-Wāqidī : 1/184-193, Ibn Hishām : 2/51, Ibn Sa‘d : 2/31, al-Ṭabarī : 2/487. ↩ (١٥٤) [ص317] Ce qui est entre crochets a été ajouté d'après Ibn Hishām : 2/51. ↩ (١٥٥) [ص317] Dans Maghāzī al-Wāqidī : 1/185 : « Bint Usayd ibn Abī al-‘Īṣ ». ↩ (١٥٦) [ص317] Ici, Ibn Hishām : 2/52 rapporte d'après Ibn Isḥāq le poème de Ka‘b pleurant les compagnons du puits, et mentionne la réponse de Ḥassān et d'autres. Al-Wāqidī fait de même dans ses Maghāzī : 1/185-187. ↩ (١٥٧) [ص317] C'est-à-dire vers Médine. ↩ (١٥٨) [ص317] L'épouse d'al-‘Abbās, l'oncle du Messager. Dans al-Ṭabarī : 2/488, il y a quelques propos à son sujet. ↩ (١٥٩) [ص317] Dans Ibn Hishām : 2/54 : « Il l'appela et lui dit ». ↩ (١٦٠) [ص317] Ibn Hishām : 2/55 ajoute : « Il était le frère de lait de Ka‘b ibn al-Ashraf. » ↩ (١) [ص318] Le cimetière des habitants de Médine, situé à l'intérieur de la ville. Yāqūt. ↩ (٢) [ص318] Dans Ibn Hishām : 2/56 : « C'est Abū Nā’ila. » ↩ (٣) [ص318] C'est-à-dire Ka‘b. ↩ (٤) [ص319] Près de Médine. ↩ (٥) [ص319] Al-Mughūl : une lame fine et tranchante. ↩ (٦) [ص319] Dans Maghāzī al-Wāqidī : 1/190 : « dans son nombril ». Al-Sunna : ce qui se trouve entre le bas-ventre et le pubis. ↩ (٧) [ص319] Tous ces lieux sont dans les environs de Médine. ↩ (٨) [ص319] Le titre de ce récit, « L'affaire de Muḥayyiṣa et Ḥuwayyiṣa », a été omis dans l'original. ↩ (٩) [ص319] Dans Maghāzī al-Wāqidī : 1/191 : « Ibn Sunayna ». ↩ (١٠) [ص320] Dans Ibn Hishām : 2/58 : « Ḥuwayyiṣa se mit à le frapper en disant : 'Ô ennemi d'Allah !' » ↩ (١١) [ص320] « Laṭabaqtu » : j'ai coupé. Al-Dhafrā : l'os saillant derrière l'oreille. ↩ (١٢) [ص320] Maghāzī al-Wāqidī : 1/192, avec quelques différences. ↩ (١٣) [ص321] Ce poème n'apparaît ni dans Maghāzī al-Wāqidī, ni chez Ibn Hishām, ni chez al-Ṭabarī.
Voici maintenant le récit de la bataille d'Uhud, dont le titre a été omis dans l'original. Le récit d'Uhud est célèbre ; voir les Maghāzī d'al-Zuhrī dans le Muṣannaf de 'Abd al-Razzāq : 5/363-367, les Maghāzī d'al-Wāqidī : 1/199-334, Ibn Hishām : 2/1060, Ibn Sa'd : 2/36, al-Ṭabarī : 2/499, et al-Sīra al-Ḥalabiyya : 2/228. 23 Ce qui est entre crochets est ajouté d'après Ibn Hishām : 2/60. 24 Sourate al-Anfāl : 36. 25 Dans les Maghāzī d'al-Wāqidī : 1/201 : « Abū 'Azza » ; chez Ibn Hishām : 2/61 : « Abū 'Azza 'Amr ibn 'Abd Allāh » ; de même chez Ibn Sa'd : 2/43, al-Ṭabarī : 2/500, al-Bidāya wa al-Nihāya : 4/10, et al-Sīra al-Ḥalabiyya : 2/229. 26 Ceux qui tiennent ferme au combat et ne fuient pas. 27 Maghāzī d'al-Wāqidī : 1/201, Ṭabaqāt d'Ibn Salām : 213, Ibn Hishām : 2/61, avec des différences dans l'ordre des vers, certains mots et la quantité de poésie. 28 Les « chiens du sabre » sont la partie recourbée du sabre qui se trouve près du fourreau. 29 C'est-à-dire : remets ton sabre au fourreau. 30 Dans Ibn Hishām : 2/65 : « li-murabba' ». 31 Ibn Hishām ajoute : 2/65 : « Ne le tuez pas ». 32 Dans Ibn Hishām : 2/65 : « Sa'd ibn Zayd ». 33 Al-ẓahr : les chameaux ; al-kurā' : les chevaux. 34 Une terre près d'Uhud. 35 Banū Qayla sont les Aws et les Khazraj ; Qayla est une de leurs ancêtres à laquelle ils sont attribués. 36 Ce qui est entre crochets est ajouté d'après Ibn Hishām : 2/67, Ibn Sa'd : 2/40, al-Ṭabarī : 2/511-512, et al-Bidāya wa al-Nihāya : 4/16. 37 Les vers sont expliqués dans al-Rawḍ al-Unuf ; qu'on s'y réfère. 38 Dans Ibn Hishām : 2/81 : « Maḥmūd ibn 'Amra » ; et chez lui manque le passage « Yazīd ibn al-Sakan ». 39 C'est-à-dire : ils les ont délogés et vaincus. 40 Ajouté entre crochets d'après Ibn Hishām : 2/82. 41 Dans Ibn Hishām : 2/69 : « Arṭāh ibn 'Abd Shuraḥbīl ». 42 C'est-à-dire : ce qui ne reste pas. 43 Al-awraq : celui dont la couleur tire sur le gris. 44 La partie entre le bas-ventre et le pubis. 45 'Āṣim fut martyrisé au jour de Bi'r al-Rajī' ; ses meurtriers voulurent prendre sa tête pour la vendre à Sulāfa bint Sa'd, mais les guêpes l'en empêchèrent. Quand elles s'interposèrent entre eux et lui, ils dirent : « Laissez-le jusqu'au soir, que les guêpes s'en aillent, puis nous le prendrons. » Alors Allah envoya le torrent, qui emporta 'Āṣim et le fit disparaître. (Ibn Hishām : 2/170-172). 46 Dans les autres sources : « taṣna'ūn ». 47 Al-banān : les doigts, ou dit-on leurs extrémités (al-Nihāya d'Ibn al-Athīr : 1/157). Dans Ibn Hishām : « bi-banātihi », qui est une altération. 48 Dans Ibn Hishām : 2/84 : « Les guêpes s'envolèrent du dos du chameau » ; al-sha'rā' est une mouche qui pique. 49 Un endroit à six milles de La Mecque, dit-on sept, neuf ou douze (Yāqūt). 50 Dīwān de Ḥassān : 1/158, avec des différences dans la transmission et le nombre de vers. 51 C'est-à-dire : de Quraysh. 52 Badan : vieux et faible. 53 Ajouté entre crochets d'après Ibn Hishām : 2/86. 54 Un lieu entre Uhud et Médine (voir Yāqūt, qui cite Ibn Isḥāq). 55 C'est-à-dire : le cri, le cri de rassemblement. 56 Voir Ibn Hishām : 2/91-92, où il y a plus de poésie et un récit plus complet que ce qui est rapporté ici. 57 Il dit cela en s'adressant à lui-même, signifiant : « J'ai excellé dans cette action et j'ai bien fait. » Voir Sharḥ al-Sīra al-Nabawiyya d'Abū Dharr : 2/230-231. 58 Il désigne les mutilations infligées aux morts musulmans. 59 Ajout d'après Ibn Hishām : 2/94. 60 Ajouté entre crochets d'après Ibn Hishām : 2/94 ; voir aussi al-Tārīkh al-Kabīr d'al-Bukhārī : 5/130-131. 61 L'oncle du Messager et frère de Ḥamza.
- takbīr : Formule rituelle « Allāhu akbar » (Dieu est le plus grand).
- sayl al-ʿArim : Déluge de la digue de Maʾrib, événement légendaire de l’histoire sud-arabique.
- qidāḥ : Flèches divinatoires utilisées pour consulter le sort ou les dieux.
- ʿUmra : Petit pèlerinage à La Mecque, non obligatoire.
- diya : Prix du sang, compensation légale pour un meurtre ou une blessure.
- rajaz : Mètre poétique arabe, souvent utilisé pour des vers improvisés ou didactiques.
- nūr : Lumière de la prophétie, concept théologique sur la transmission de la prophétie.
- Ḥurūb al-Fijār : Guerres sacrilèges, conflits entre tribus arabes à l’époque préislamique.
- majḥūra : Terme non identifié ; peut-être une erreur de copie.
- Suhayl : Étoile Canopus, associée au Yémen dans la tradition arabe.
- khisf : Terme non identifié ; peut-être une erreur de copie.
- Ukhrūd : Fossé ; allusion aux chrétiens de Najrān brûlés vifs, mentionné dans le Coran (sourate al-Burūj).
- Ḥums : Groupe de Quraysh qui se distinguaient par des pratiques religieuses strictes avant l’islam.
- Ḥill : Personne non soumise aux restrictions rituelles du ḥaram (sanctuaire).
- Ḥaram : Sanctuaire de La Mecque, zone sacrée.
- ʿĀm al-Fīl : Année de l’Éléphant, année de naissance du Prophète (vers 570), marquée par l’expédition d’Abraha.
- al-gharânîq al-‘ulâ : Les « hautes déesses » : allusion à l'incident dit « des versets sataniques » où Satan aurait suggéré au Prophète de reconnaître les divinités païennes comme intercesseurs.
- aṣāḫa : Il a écouté attentivement, a tendu l'oreille.
- Ridda : Apostasie ; guerres de la Ridda : campagnes militaires menées par le calife Abû Bakr contre les tribus arabes qui avaient apostasié après la mort du Prophète.
- Aḥâbîsh : Groupes de combattants mercenaires à La Mecque, composés de diverses tribus, notamment des Banû al-Ḥârith ibn ‘Abd Manât et des Banû al-Muṣṭaliq, qui s'alliaient aux Qurayshites.
- al-naqūs : Instrument de bois frappé utilisé par les chrétiens pour appeler à la prière.
- barīd : Unité de distance équivalant à environ 12 miles (environ 19 km).
- Ibn Hishām : Célèbre biographe du Prophète (m. 218/833), auteur d'une recension de la Sīra d'Ibn Isḥāq.
- Sourate al-Anfāl : Le butin, 8e sourate du Coran.
- Abū 'Azza : Poète polythéiste capturé puis relâché par le Prophète, tué plus tard à Uhud.
- al-thābitūn : Ceux qui tiennent ferme au combat, ne fuient pas.
- Maghāzī al-Wāqidī : Ouvrage d'al-Wāqidī (m. 207/822) sur les expéditions du Prophète.
- kilāb al-sayf : Partie recourbée du sabre près du fourreau, litt. 'chiens du sabre'.
- aghmid sayfak : Remets ton sabre au fourreau.
- li-murabba' : Expression signifiant 'pour une demeure' ou 'pour un carré'.
- lā taqtulūhu : Ne le tuez pas.
- Sa'd ibn Zayd : Compagnon, martyr d'Uhud.
- al-ẓahr wa al-kurā' : Al-ẓahr : les chameaux ; al-kurā' : les chevaux.
- arḍ qurb Uḥud : Une terre près d'Uhud.
- Banū Qayla : Les Aws et les Khazraj, tribus de Médine, attribués à Qayla.
- Ibn Sa'd : Auteur des Ṭabaqāt (m. 230/845), biographe.
- al-Rawḍ al-Unuf : Commentaire de la Sīra par al-Suhaylī (m. 581/1185).
- Maḥmūd ibn 'Amra : Compagnon, martyr d'Uhud.
- azālūhum wa ghalabūhum : Ils les ont délogés et vaincus.
- Ibn Hishām : Voir note 15.
- Arṭāh ibn 'Abd Shuraḥbīl : Compagnon, martyr d'Uhud.
- mā yubqī : Ce qui ne reste pas.
- al-awraq : De couleur grisâtre.
- mā bayna asfal al-baṭn wa al-'āna : La partie entre le bas-ventre et le pubis.
- Bi'r al-Rajī' : Puits où des musulmans furent tués ; 'Āṣim ibn Thābit y fut martyrisé.
- taṣna'ūn : Vous faites (pluriel).
- al-banān : Les doigts ou leurs extrémités.
- al-sha'rā' : Mouche piquante, guêpe.
- Bi'r Ma'ūna : Puits à six milles de La Mecque.
- Dīwān Ḥassān : Recueil de poèmes de Ḥassān ibn Thābit, poète du Prophète.
- min Quraysh : De la tribu de Quraysh.
- badan : Vieux et faible.
- Ibn Hishām : Voir note 15.
- Shi'b : Gorge, ravin ; lieu entre Uhud et Médine.
- al-ṣayḥa : Le cri, cri de rassemblement.
- Ibn Hishām : Voir note 15.
- bālghtu fī hādhihi al-waqī'a wa aḥsantu : J'ai excellé dans cette action et bien fait.
- tamthīl : Mutilation des cadavres.
- Ibn Hishām : Voir note 15.
- al-Tārīkh al-Kabīr : Grande histoire d'al-Bukhārī (m. 256/870).
- 'amm al-rasūl wa ukht Ḥamza : L'oncle du Messager et la sœur de Ḥamza ; il s'agit de Ṣafiyya bint 'Abd al-Muṭṭalib.